Musicien de rue – Pierrick

Dès que j’entends l’orgue de Barbarie en ville, à Neuchâtel tout particulièrement, je fonds ! Mais, en général, les musiciens de rue, je les trouve remarquables parce qu’ils font beaucoup d’efforts afin de faire que l’âme de ceux qui les écoutent résonne avec la musique jouée.

Pierrick, prénom breton, fait partie de la bande qui compose mes musiciens de rue préférés, soient Karl Walter von Laufen (piano), Gilles Rémy et sa Jazz Band, Jean-François Beuchat (accordéon), un groupe de musiciens de l’Est (divers instruments). Chacun de ces derniers m’a apporté de la musique que j’ai pu introduire soit dans mes cours soit dans mes spectacles.

Pierrick joue des morceaux anciens dont certains français et cela me comble. Samedi de Pâques, il était là et il m’a expliqué qu’il jouait sur un orgue suisse, un orgue Hopp. Le voici en personne :

Et voici les morceaux de musique qu’il avait avec lui ce jour-là :

Je pense qu’en lisant les titres, votre mémoire se met en route. Alors, je vous laisse l’écouter.

L’orgue, les orgues. L’orgue fait partie de trois mots qui exceptionnellement en français sont masculins au singulier et féminins au pluriel. Les trois mots sont : orgue, délice et amour. On dit donc un orgue suisse, des orgues anciennes ; un vrai délice, des délices méritées et un amour, de belles amours. Alors, si musique et langue française se mettent ensemble, je suis au paradis. De plus, la semaine passée, l’une des spectatrices de mon spectacle « Lecture-théâtre autour du… mot » les avait mentionnés et cela m’a permis d’ajouter une fiche à celles dédiées aux « curiosités » de la langue française. Dans mon monde, les choses s’interpénètrent.

L’orgue de Barbarie. Je rappelle ici sa définition : « Orgue de Barbarie, Instrument portatif dont les tuyaux et la soufflerie sont actionnés par un cylindre noté qu’on fait mouvoir au moyen d’une manivelle » (Académie française). Quant à l’origine de son appellation, elle reste incertaine et fantaisiste dans diverses sources. Ce qui est sûr c’est que le plus ancien des orgues de Barbarie se trouve à Salzbourg, qu’il a été fabriqué en 1502 et qu’il fonctionne toujours !

Je reviens à Pierrick. Samedi, nous discutions et je vois une jeune femme chercher une pièce pour la mettre dans le panier… panier absent ! On était au milieu de la journée, je ne sais depuis combien de temps Pierrick jouait mais il était parti dans sa musique et oublié de mettre le panier. La chose est réparée, la jeune femme met sa pièce et s’apprête à s’en aller lorsque Pierrick lui demande :


Une fillette. Une maman met une pièce dans le panier avant de rejoindre ses enfants assis sur le rebord du mur du Temple du Bas. Pierrick voit une fillette et lui demande si elle veut tourner la manivelle.

La fillette bouge – Pierrick avait aussi senti que la fillette aurait voulu faire, je n’ai été que la traductrice de la scène. Pierrick m’a quand même remerciée pour la traductioin.

On sent la joie de la fillette. Cet orgue est plein de mémoires !

J’ai appris. Oui, j’ai appris que selon le morceau dans l’appareil, on tourne plus ou moins vite la manivelle. Je ne cesse de m’émerveiller en comprenant, une fois de plus, que chaque métier a ses règles et qu’on ne peut y déroger. Je n’avais pas remarqué ce détail qui est n’est plus un détail. C’est comme dans la vie, il y a des règles qu’on ne doit pas ignorer. Je me suis enrichie.

Une fois. Si la chance me sourit, j’aurai avec moi un enregistreur pour enregistrer la belle voix de Pierrick.

Je voulais mettre le lien vers les musiciens de rue cités et m’aperçois que je n’ai rien écrit sur Karl. Quel dommage ! Pourtant qu’est-ce que nous avons parlé et lui aussi m’a fait cadeau de l’un de ses disques. Il a été mon premier musicien de rue pourtant. La dernière fois que je l’a vu, il m’a dit que les conditions pour venir jouer étaient devenues très compliquées. Je souhaite qu’il aille bien et le remercie ici pour sa musique. J’aurais voulu au moins insérer l’un de se morceaux ici, mais, je n’y arrive pas. Il me faut de l’aide.

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