Le lac de Neuchâtel, mon lac et mes clefs.

Le lac de Neuchâtel fait partie de moi. Lorsque je suis ailleurs et qu’il n’y a pas « d’eau », je sens plus fortement son absence. Même quand je suis au bord de la mer « mon » lac me manque. Pour moi il est tellement vivant qu’il représente une entité, d’ailleurs la variété de ses tons et forces me « parle » . D’après ce qu’on m’a expliqué, c’est dû au fait qu’il est parcouru par des courants, chose exceptionnelle. Maintenant que j’écris cet article, il faudra que je me renseigne. Mais, une chose est sûre, il change de couleur surtout lorsque le vent et les différents courants d’air le traversent, mais pas uniquement. Sa force et sa beauté me fascinent.

Knut, le photographe attitré de ma nouvelle aventure terrestre, m’a passé les dernières photos qu’il en a faites. En voici une :

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En voyant la force qui se dégage dans cette photo, c’est la mienne que je vois. Je me sens comme les héroïnes russes, pleine d’exaltation, de vitalité, de joie. Je n’ai pas réellement de mot, c’est tout cela en même temps.

Cette magnifique photo de Knut me rappelle les nombreuses promenades que j’ai faites lorsque j’étais à l’École sup. et que le lac était agité. C’était dans le même état d’esprit. Une fois, parlant du lac avec l’un des assistants de l’université de Neuchâtel, il m’a dit qu’il n’allait jamais se promener au bord du lac. J’avais trouvé cela incroyable. On peut supposer qu’il devait se demander ce que je pouvais bien trouver à… de l’eau ! Maintenant, je dirais que l’on avait des façons différentes de vivre dans un même endroit. Point.

J’ai aussi un lien particulier avec le lac parce qu’il m’a rendu mon trousseau de clefs !

Un premier août, je suis allée me baigner au bord du lac. En rangeant mon pantalon, mes clefs sont tombées entre les rochers et allées dans le lac… Pas possible de les voir ni bien sûr de les récupérer. Les rares passants qui ont montré de l’empathie n’ont guère été encourageants. Connaissant l’histoire des courants, j’ai prié le lac de ne pas trop bouger et de m’attendre le lendemain. Je ne savais pas très bien comment j’allais m’en sortir, mais il fallait que je trouve une solution. L’idée du coût d’un expert et de nouvelles clefs m’angoissait. Le lendemain, je me suis arrêtée au hangar des trams qui est sur mon chemin quand je vais me baigner et j’ai emprunté une tige en fer avec un crochet. J’ai passé un bon moment à essayer de trouver mes clefs et à chaque fois j’avais peur qu’elles n’aillent plus profondément. Finalement, je les ai vues (ce moment de ma vie est comme une photo, je revois les clefs) et c’est avec la main que je les ai repêchées. Cela a été une grande joie et j’ai éprouvé une immense reconnaissance envers le lac. Je la lui ai manifestée avec des gestes et des mots.

Avant cet incident, j’avais pour principe de ramasser les choses en plastique que les inconscients laissent traîner, de même que les cannettes et bouteilles. Je trouvais que le lac ne méritait pas cela. En effet, les gens qui se promènent sur son bord vont pour y trouver une certaine tranquillité, mais leurs remerciements sont loin d’être équivalents à ce qu’ils en tirent. Il y a quelque deux ou trois ans, une dame m’a dit qu’elle ramassait aussi les couvercles des bouteilles, car elles peuvent blesser les pattes des chiens. J’ai décidé de l’imiter et d’ajouter cet autre déchet à ma liste.

Je me plais à croire que le lac a reçu le message  (une sorte de SMS !) et qu’il s’est dit qu’il allait me remercier pour le soin que je prenais de lui en me rendant mes clefs.

C’est donc avec un sentiment très spécial que je regarde « mon » lac. Je m’y baigne assez souvent, toute saison confondue – moins en été car il y a trop de monde et l’eau aussi passablement chaude –  à l’endroit « des clefs » et je parle avec l’eau, je joue avec elle et je la remercie pour le bien qu’elle me fait. Je remercie aussi les rochers, le soleil qui vient assez fréquemment quand je me baigne, tout ce qu’il y a autour et tout cela me rend de très bonne humeur.

En observant et ressentant la photo de Knut, je me dis que je vais reprendre un cours que j’ai donné quelques fois et que j’ai intitulé « Rêves éveillés » avant de savoir qu’une technique similaire existait. C’est un autre des bienfaits que le lac me donne. Il faudra que je le lui dise la prochaine fois que j’irai me baigner !

D’autres photos de Knut :

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Cet endroit, la passerelle de l’ « Utopie ». est particulier pour moi. Mon ami, André Oppel, a joué un rôle pour qu’elle subsiste après qu’elle a été construite afin de célébrer, avec onze autres constructions architecturales temporaires, le 700e anniversaire de la Confédération helvétique en 1991.

Voilà que je suis en train de faire mes exercices dans « mon » lac et je perçois un personnage qui fait des photos du lac. Il faut dire que cet hiver 2020 est assez particulier et que le beau temps règne. Cela donne un air assez féerique au lac avec de la brume, de la lumière qui la traverse ou la met en valeur. Je regrette de ne pas avoir mon appareil photo avec moi. Au retour de ma baignade, je revois le photographe et lui demande s’il peut m’envoyer quelques-unes de ses photos par la toile. Il accepte, c’est un Danois, et je suis ravie.

On dirait trois peintures.

Ces trois magnifiques photos me font penser au peintre Raymond L’Epée par les teintes que l’on y trouve, par la fusion qu’il y a entre les couleurs, par la délicatesse de la composition. La nature est absolument remarquable. D’ailleurs, aujourd’hui, les gens au bord du lac avaient l’air épanoui. Je remercie le photographe et la nature pour ce qu’elle offre.

Mon lac et le brouillard. Il y a un autre aspect du lac que j’aime et qui me remplit de bonheur. C’est quand il est couvert de brouillard. Je sais, bien des connaissances me disent que le brouillard les déprime. Ce n’est pas mon cas. J’ai toujours aimé le brouillard, il me rappelle les montagnes de mon pays d’origine et depuis toujours je sais que derrière le brouillard il y a le soleil, la lumière, au sens spirituel. Je n’ai pas d’explication, c’est une évidence pour moi. Voici un exemplaire :

Mon lac est en vacances ! Façon de dire, car il est sous le btouillar. C’est comme dans la vie, on croit que parce qu’on ne voit pas quelqu’un ou une chose, il n’y a rien.

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Zully photographie son élève ado.1 et un décor du studio « Cave perdue »

J’ai trouvé deux troncs d’arbre de décoration chez Globus. Je les ai trouvés magnifiques et je me suis dit qu’ils iraient très bien dans mon studio. Pour faire quoi ? Je n’en sais rien. Je savais seulement que leur place était dans mon studio.

Mon élève adolescente est arrivée pour son cours, nous avons discuté de diverses choses et elle a eu besoin de faire des étirements musculaires, ceux que le Dr. Benoît Lesage nous a montrés. Elle les aime beaucoup, elle ressent leur effet. Je l’écoute et nous étirons nos muscles.

Tout à coup, je m’aperçois que les troncs en arrière-plan créent un fond magnifique pour des photos. Je prends mon téléphone portable et prends mon élève en photo. Voici un premier résultat. Les photos ne sont pas toutes très nettes, mais c’est un premier essai.

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Zully photographiée par Knut, version 5.a

Le talent de Knut. Nous avons repris les poses avec le costume de la danse « La Laguna » sur fond noir, cette fois. Je salue le talent de Knut. J’apprends bien des choses à ses côtés.

Pour l’anecdote : les pointes sur lesquelles je danse, proviennent du stock d’un atelier de Saint-Petersbourg, stock datant de l’époque de l’URSS. Ces pointes avaient été faites pour Nina Timofeieva ! danseuse moscovite. Je me les suis procurées à la fin des années 1990. Cependant, elles étaient un peu petites pour moi.

L’année passée, enfin!, j’ai trouvé un atelier de chaussons de danse en Roumanie qui me les a agrandies. Cela a été comme un miracle ! Une fois de plus, je me dis qu’il ne faut pas perdre espoir. Ces pointes sont légères, élégantes. Je précise qu’à ces pointes, j’ai enlevé la semelle intérieure et que je si tiens sur pointe c’est parce que les chaussons sont excellents ! Je parle des pointes blanches.

Les chaussons roses sont d’un autre pays. Ils sont plus lourds, moins esthétiques et mon pied est moins à l’aise.

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Les difficultés de la vie, comment s’y prendre, une image.

Les difficultés de la vie prennent mille et une formes. On en sort d’une, on en a appris la leçon et voilà qu’une autre apparaît tout à fait différente.

J’avais besoin d’un fil violet pour coudre un rideau dans mon studio de danse et j’ai sorti un écheveau de fils de soie que j’avais dans mes affaires. C’était tout à fait ce qu’il me fallait. Je le prends, commence à le démonter pour trouver le début et voilà que je me suis retrouvée avec ceci :

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Une masse de fils sans queue ni tête, c’est le cas de le dire ! Cela m’a tout de suite fait penser aux difficultés de la vie, à cette impression qu’on éprouve lorsqu’on est dans une situation inconfortable qui nous entoure, nous englobe et qui nous échappe.

Cela ne sert à rien de se plonger dans le noir, de s’en vouloir, d’en vouloir aux autres. Dans mon cas, rares sont les fois où la solution est venue immédiatement vers moi et il me faut, en général, « vivre » avec « la chose » un moment. Il faut seulement se dire qu’il doit y avoir une solution, l’appeler pour qu’elle vienne vous éclairer. Il ne s’agit donc pas de nier la réalité ni de croire que les choses vont changer sans qu’on n’y travaille.

Quand le moment se présente et qu’on peut prendre un peu de recul, tout à coup on voit une ou plusieurs façons de résoudre l’affaire. Il en est allé ainsi avec la masse de fils que j’avais créée, car dans ce cas précis c’est bien moi qui avais créé le « noeud ».

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J’ai simplement retourné la masse dans plusieurs sens, je l’ai secouée et tout à coup, j’ai vu un bout par-ci, un bout par-là. Il restait à savoir lequel prendre. C’est tout à fait comme dans une problématique de la vie de tous les jours : certains bouts ont été « récalcitrants » et d’autres pas. Il faut savoir « écouter » ce que le fil dit et le lâcher quand il n’est pas prêt à venir. Il en va de même avec les difficultés que nous pouvons avoir avec certaines personnes ou dans certaines situations, on essaie une chose, une façon de résoudre la situation, une autre et tout à coup l’affaire se dénoue. C’est ce qu’il est arrivé avec les bouts de fil ( j’ai quand même dû couper à quelques endroits…).

J’ai pris « mon » mal en patience et ai commencé par enrouler les fils, les uns après les autres, autour d’un bout de carton :

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Comme on le voit, certains bouts se sont échappés et il y avait le risque de retrouver une situation presque similaire à celle du début. J’aurais pu laisser l’affaire ainsi, car le principal avait été résolu.

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Mais, je me suis dit que je pouvais enrouler les fils de façon plus harmonieuse. En fin de compte, j’ai six bouts de carton, plus ou moins longs, avec les fils de soie et c’est un happy end : j’ai perdu très peu de fil et les fils enroulés le sont de façon pratique en plus de l’être harmonieusement.

Ma joie est celle que j’éprouve lorsque j’ai trouvé la solution à une difficulté. Encore que « trouver la solution » est une expression curieuse, car ladite solution peut parfois apparaître sans qu’on ne s’y attende et de façon tout à fait surprenante ! Là, on rejoint des penseurs comme le physicien Jean-Pierre Garnier Malet.

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