Conversations 17 (en cours)

Je ne cesse de m’émerveiller de la richesse de l’esprit humain !

Conversations 1. Je vais vous expliquer pourquoi les Phéniciens ont introduit le P dans l’alphabet !

Dans un supermarché. Je dis à l’un de mes vendeurs préférés que je suis rentrée de Paris où j’ai vu, à l’institut du monde arabe, le premier alphabet de nos langues : le proto-cananéen.

Alphabet protocanéen : il est l’un de nos plus anciens alphabets et ancêtre de nos alphabets cyrilliques et latins. Je lui dis que c’était curieux parce qu’il était composé de 19 lettres mais n’avait ni le P ni le S ni le T. Sa réponse ?

Réponse : « Normal, c’est quand ils ont su que je viendrais au monde qu’ils ont pensé au P ! ». Une telle réponse ne peut que me combler. Notre ami s’appelle Paolo et il a un esprit de répartie qui ne peut s’apprendre même si vous faites un doctorat à l’université. C’est une richesse innée.

Création de l’alphabet. Le premier alphabet s’est inspiré des hiéroglyphes égyptiens. Au lieu d’avoir des images et des sons, les Cananéens ont eu l’idée de ne garder que le premier son de l’image. Ensuite, les Phéniciens se sont dit qu’ils devaient préparer la venue de Paulo et ont donc introduit le P.

Conversation 2. On va rester dans le langage et passer au calembour.

Dans le même supermarché. Il y a une caissière dont l’esprit est plein de gentillesse, de joie, de bonne humeur. Elle est très aimable même avec les personnes qui ne disent ni bonjour ni au revoir et il y an a ! Quand je le lui fais remarquer, elle dit : « Oh, mais ils ont des préoccupations. »

La bonté. C’est parce que je lui faisais voir combien elle était au-dessus de toutes ces choses-là qu’elle m’a dit qu’un client lui avait dit qu’elle était comme une théière : pleine de « bon thé » (bonté). Ah, j’aimerais bien connaître ce client si imaginatif. C’est tout simplement magnifique.

On a un jeu de mots basé sur des homophones, soit un calembour.

De brèves rencontres-conversations. Je descends la rue du Château et rencontre des ados qui vont faire une visite en haut de la ville et deux d’entre elles me disent : « Que vous êtes élégante, madame ! » Je leur réponds avec un sourire pour leur dire que je les remercie et que je leur veux du bien. Au bas de la chaussée de la Boine, une dame d’un âge certain me dit qu’elle trouve que j’ai de belles couleurs et qu’elle aime. Je lui réponds que l’on ne peut résonner avec quelque chose que si on l’a. Elle répète que j’ai de belles couleurs, qu’elle me voit souvent et que j’ai un style particulier. Puis, un peu plus haut, je rencontre une autre dame du même âge qui me dit que je suis élégante. Je lui dis qu’elle aussi (elle porte une belle blouse noire et une veste rouge vif qui vont bien avec ses cheveux blancs. Elle me dit que non, qu’elle me voit souvent (elle aussi… Je n’ai pourtant pas l’impression qu’on me voit) et que j’ai trouvé mon style personnel et finit par me dire : « Je vous congratule ! ». Je suis soufflée et ai de la peine à sortir des mots pour lui dire : « Je vous souhaite une belle vie. » Je me sens comme dans un conte.

Un seul point d’appui. Cette rencontre est à la suite des précédentes. Juste avant d’arriver chez moi, je vois un monsieur qui attend le bus et il a une attitude si particulière que je lui dis :

Fin de la conversation : je suis reconnaissante à ce monsieur pour son appréciation et lui dis que j’ai une plateforme et que je vais y mettre le tout. Je lui donne ma carte. Je bus arrive, je rentre chez moi et il part. Voici la photo :

Un seul point d’appui suffit : oui, n’est-ce pas extraordinaire de voir cette longue figure, tenir sur un pied et n’appuyer le tout que d’une main ? Qui admirer ? Le constructeur du mur ou la confiance du monsieur ou le créateur de l’être humain, ou les trois ? Cette photo va me servir dans mes cours. Ce n’est que maintenant que j’y pense.

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Musicien de rue – Pierrick

Dès que j’entends l’orgue de Barbarie en ville, à Neuchâtel tout particulièrement, je fonds ! Mais, en général, les musiciens de rue, je les trouve remarquables parce qu’ils font beaucoup d’efforts afin de faire que l’âme de ceux qui les écoutent résonne avec la musique jouée.

Pierrick, prénom breton, fait partie de la bande qui compose mes musiciens de rue préférés, soient Karl Walter von Laufen (piano), Gilles Rémy et sa Jazz Band, Jean-François Beuchat (accordéon), un groupe de musiciens de l’Est (divers instruments). Chacun de ces derniers m’a apporté de la musique que j’ai pu introduire soit dans mes cours soit dans mes spectacles.

Pierrick joue des morceaux anciens dont certains français et cela me comble. Samedi de Pâques, il était là et il m’a expliqué qu’il jouait sur un orgue suisse, un orgue Hopp. Le voici en personne :

Et voici les morceaux de musique qu’il avait avec lui ce jour-là :

Je pense qu’en lisant les titres, votre mémoire se met en route. Alors, je vous laisse l’écouter.

L’orgue, les orgues. L’orgue fait partie de trois mots qui exceptionnellement en français sont masculins au singulier et féminins au pluriel. Les trois mots sont : orgue, délice et amour. On dit donc un orgue suisse, des orgues anciennes ; un vrai délice, des délices méritées et un amour, de belles amours. Alors, si musique et langue française se mettent ensemble, je suis au paradis. De plus, la semaine passée, l’une des spectatrices de mon spectacle « Lecture-théâtre autour du… mot » les avait mentionnés et cela m’a permis d’ajouter une fiche à celles dédiées aux « curiosités » de la langue française. Dans mon monde, les choses s’interpénètrent.

L’orgue de barbarie. Je rappelle ici sa définition : « Orgue de Barbarie, Instrument portatif dont les tuyaux et la soufflerie sont actionnés par un cylindre noté qu’on fait mouvoir au moyen d’une manivelle » (Académie française). Vous noterez que c’est écrit avec une majuscule. J’y reviendrai. Quant à l’origine de son appellation, elle reste incertaine et varie selon les sources. Ce qui est sûr c’est que l’orgue à manivelle le plus ancien se trouve à Salzbourg, qu’il a été fabriqué en 1502, et qu’il fonctionne toujours !

Chambaron, mon cornac en français, me dit que la majuscule est optionnelle puisque c’est une déformation et non pas un nom propre. En effet, ce n’est ni une région ni un nom propre. Il m’a fait lire la définition de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert où l’instrument s’appelle serinette avec comme synonyme orgue de Barbarie (avec majuscule), 1747. On est au clair maintenant.

Je reviens à Pierrick. Samedi, nous discutions et je vois une jeune femme chercher une pièce pour la mettre dans le panier… panier absent ! On était au milieu de la journée, je ne sais depuis combien de temps Pierrick jouait mais il était parti dans sa musique et oublié de mettre le panier. La chose est réparée, la jeune femme met sa pièce et s’apprête à s’en aller lorsque Pierrick lui demande :


Une fillette. Une maman met une pièce dans le panier avant de rejoindre ses enfants assis sur le rebord du mur du Temple du Bas. Pierrick voit une fillette et lui demande si elle veut tourner la manivelle.

La fillette bouge – Pierrick avait aussi senti que la fillette aurait voulu faire, je n’ai été que la traductrice de la scène. Pierrick m’a quand même remerciée pour la traductioin.

On sent la joie de la fillette. Cet orgue est plein de mémoires !

J’ai appris. Oui, j’ai appris que selon le morceau dans l’appareil, on tourne plus ou moins vite la manivelle. Je ne cesse de m’émerveiller en comprenant, une fois de plus, que chaque métier a ses règles et qu’on ne peut y déroger. Je n’avais pas remarqué ce détail qui est n’est plus un détail. C’est comme dans la vie, il y a des règles qu’on ne doit pas ignorer. Je me suis enrichie.

Une fois. Si la chance me sourit, j’aurai avec moi un enregistreur pour enregistrer la belle voix de Pierrick.

Je voulais mettre le lien vers les musiciens de rue cités et m’aperçois que je n’ai rien écrit sur Karl. Quel dommage ! Pourtant qu’est-ce que nous avons parlé et lui aussi m’a fait cadeau de l’un de ses disques. Il a été mon premier musicien de rue pourtant. La dernière fois que je l’a vu, il m’a dit que les conditions pour venir jouer étaient devenues très compliquées. Je souhaite qu’il aille bien et le remercie ici pour sa musique. J’aurais voulu au moins insérer l’un de se morceaux ici, mais, je n’y arrive pas. Il me faut de l’aide.

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