Fête de la danse 2026

C’est la xe fois que je participe à cette fête et les expériences sont toujours surprenantes.

Atelier du corps et de l’esprit. C’est le cours qui a été retenu pour cette fois. J’ai précisé que je préférais des personnes au-dessus de 25 ans parce qu’il faut une certaine expérience de la vie, vie que nous aimerions égale à un long fleuve tranquille… mais qui s’ingénie à nous faire nager avec le soleil en plein sur la figure, dans le vide, sous l’eau de mille et une autre façons.

La vie, le long fleuve tranquille de nos rêves…

J’ai construit cet atelier autour d’un poème inspiré par les haïku. Comme dans tout autre poème de ce genre, deux scènes sont suivies et la troisième amène un élément de surprise. Ces poèmes sont liés à la nature, mais le contenu peut faire émerger des situations vécues et c’est tout l’intérêt du cours. Ensuite, on voit comment on vit différents états. Le principal est de finir « en beauté », c’est-à-dire en ayant trouvé une solution, une raison favorable pour nous si la situation évoquée a semé le trouble.

J’ai eu trois participantes qui ont été comme un cadeau. Mon cours n’est pas un cours habituel et le fait d’avoir peu de personnes permet de travailler en profondeur, ce qui me comble car j’ai un faible pour ce genre de travail. C’est un plaisir sans fin que d’apporter quelque chose à l’autre. D’emblée, nous nous sommes senties dans un même monde, puis l’une a dit qu’on s’était rencontrées au mariage d’une connaissance commune il y avait des années. Mon Dieu, oui ! J’ai beaucoup aimé cette amie et serais heureuse de la revoir. L’autre a dit avoir enseigné le français et enseigné ainsi que la pédagogie de la langue. Comme l’un de mes métiers est la révision de textes, nous nous sommes trouvées aussi en territoire connu. La dernière est danseuse, depuis toujours pour ainsi dire et cela a suffi aussi pour qu’on se dise que le destin avait bien fait de nous réunir.

Préparation du cours. On a beau enseigner depuis des années, il faut toujours revoir la matière avant de la transmettre et cette fois, j’ai vu la réunion de trois éléments éclairer mon enseignement : l’expérience, la notion de kai zen et les mots d’une connaissance qui travaille dans le domaine de la culture ; tout cela a fait un tout pour ce cours. L’expérience m’a fait dire qu’il fallait quelque chose d’autre, la notion de kai zen m’a permis de simplifier certaines opérations et « lorsque vos différents mondes se croisent, c’est que vous êtes sur la bonne ligne » sont les mots qu’on ma dits une fois et que j’ai vécus au moment où j’ai préparé des fiches pour ce cours en m’inspirant de celles que je suis en train de préparer pour mon spectacle « lecture-théâtre ». Ces trois éléments ont fait un tout.

Pendant le cours. La première chose dont on a parlé c’est l’âge parce que l’une des participantes l’a mentionnée. Il semble que la matière, les particules qui composent ce monde ne font que se recycler. Mais, voici que je viens d’apprendre de la part d’un physicien que l’atome d’oxygène est apparu trois secondes après l’apparition de notre Terre, soit il y a 13 milliards d’années et que celui de l’Hydrogène est apparu il y en a cinq. Cela relativise tant de choses. Puis, nous avons parlé des cellules qui nous habitent, de leur rôle, de leur métabolisme et conclu que nous avions une liberté incroyable parce qu’il y a façon et façon de vivre les choses.

Dans mon cours il est question de poèmes qui sont des prétextes pour vivre différents états émotionnels. Lorsque je leur ai lu les divers poèmes que nous pouvions interpréter, toutes les trois ont souri à celui sur les fleurs. C’est ainsi que nous avons d’abord déambulé autour de fleurs en folie, de désordre et de fête.

Puis, nous sommes passées à de l’air chaud, des branches qui bougent et à nouveau à une fête. En réalité, la fin du poème était différente, mais l’une des participantes avait fini la deuxième partie en voyant un tronc « déplumé » de ses feuilles qui gisaient par terre et avec un sentiment de tristesse. Le cours ne dure que 45 minutes et on était proches de la fin. Alors, j’ai renoué avec la fête et la participante a fait voler les feuilles dans le ciel pour qu’elles retrouvent une nouvelle vie !

La solution pour la participante et Rémy Gilles. C’est parce que je cherchais non pas à apporter une solution à la participante mais à l’aider à la trouver elle-même que Gilles est venu à mon secours. Nous avons toujours des idées pour résoudre les problèmes des autres, mais elles ne conviennent pas toujours ou ne correspondent pas à la réalité de l’autre. Gilles Rémy est un musiciens qui a animé nos rues neuchâteloises pendant des années avec sa « Jazz Band ». Dans mon répertoire, j’ai une danse sur l’une de ses compositions : « Les Roses de Picardie ». Je venais justement de la répéter pour la fête de quartier de la rue du Château qui avait eu lieu la veille de la fête de la danse. Désirant en savoir un peu plus sur la façon dont Gilles avait eu l’idée de sa version, j’avais cherché son adresse sur la Toile et lui avais envoyé un message. C’est sa compagne, Céline, qui m’a répondu et appris qu’il avait quitté ce monde en 2024. Mais, a-t-elle ajouté, il a joué de la musique jusqu’au bout. Céline se rappelait de moi (un miracle !) et on a convenu qu’une fois qu’elle reviendrait avec la troupe recomposée, je leur ferai un spectacle avec ma danse. Je reprends le début du paragraphe pour préciser que c’est la musique de Rémy, du jazz New-Orleans, qui aidé la participante à trouver une solution. Il va de soi qu’on a remercié Rémy !

Les contraintes, les données, les événements. Chaque poème est un monde, un cadre accompagné d’une musique. Chacun vit les mots et la musique à sa façon. On peut se laisser porter par la musique, sentir inspiré, limité ou obligé par des mots, on peut se donner des libertés, etc. L’une des participantes a expliqué à une autre, qui se sentait limitée par une image, que les contraintes aidaient à trouver des solutions. Cela a ouvert une porte chez la première personne. C’était beau.

L’ambiance. Elle était la même pour les différentes personnes. C’est bien la première fois que j’ai vu les participantes avoir des interactions, danser ensemble. Ce n’était pas chacune vivant son état, elles ont dialogué. Cela s’est fait tout seul.

Fin du cours. Comme il fallait libérer la salle, j’ai proposé qu’on discute des dernières interprétations autour d’une table à l’entrée du théâtre, mais l’un d’elles, celle qui est danseuse moderne, a trouvé qu’on se devait d’avoir une sorte de fin de cours et m’a remerciée et ajouté qu’elle avait eu un « amuse-bouche » de mon riche enseignement, de ce que je pouvais transmettre. De la part de quelqu’un qui pratique le même art que moi c’est un immense compliment !

La scène ouverte du dimanche, m’a permis de danser « Cueillir un lotus ». Le matin, il y a eu une répétition générale et, passant la première, je suis arrivée assez tôt et ai pu échanger deux mots avec le technicien son. J’ai ainsi appris qu’il travaille pour Sound Patch et que donc il travaillait avec Gilles (curieux comme deux Gilles peuvent se retrouver dans un même texte), Gilles Perrenoud. On se connaît presque depuis toujours et il a fait l’installation technique de mon studio de travail. Je venais justement de penser à lui et de le remercier une fois de plus pour ton travail.

La fête de la danse. Elle m’a permis de faire un tour au théâtre du Passage, théâtre dont la motion politique a été rédigée par feu mon ami André Oppel et que j’ai tapée à l’ordinateur, théâtre aussi dont j’ai habillé les loges avec les costumes de ma collection le jour de l’ouverture – j’y ai aussi fait des maquillages – théâtre aussi qui a vu le dernier spectacle qu’André a présenté « Alphonse Allais ». Quant au théâtre du Concert, autrefois le théâtre de Neuchâtel, j’y ai vu André jouer et j’y ai aussi dansé. Merci aux organisateurs de cet événement, spécialement Mehdi Berdal, au personnel présent et au régisseur son. Sans eux, je n’aurais pas revécu ces moments, je n’aurais pas non plus enrichi mon expérience ni pu apporter de ce que je décris dans cet article.

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