Journal de l’enseignement de la danse classique adapté à une élève de 5 ans.3

On se demande qui influence qui…  En tous les cas, mon élève et moi nous inspirons l’une de l’autre !

Afin d’aider ma petite élève de cinq ans à savoir si sa jambe est droite ou dans la bonne position lors d’un plié, j’ai pensé à dessiner des yeux et à les mettre sur différents points du corps. Elle a été surprise de voir qu’on pouvait dessiner des yeux différents des « vrais » yeux et qu’on pouvait leur donner un nom.

Nastia par ZS
Xénia par ZS

Voici les yeux dessinés par l’élève :

Macha
Katia

Mon élève a mieux compris que certaines parties de son corps n’allaient pas dans le sens qu’elle pensait et elle a trouvé cela très drôle. Par exemple, elle courait et tout à coup il fallait s’arrêter et observer dans quelle direction regardait Katia ou Macha et elle corrigeait tout de suite. Ce travail, bien sûr, s’accompagne d’une série de manipulations qui libèrent ses articulations.

Au fil des leçons, nos yeux dessinés sont devenus plus beaux, plus décorés, plus sûrs. Je dis « nos yeux », car l’évolution s’est faite tant chez mon élève que chez moi. Voici un résumé sous forme de panneaux :

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Élève de cinq ans.1

Élève de cinq ans.2
Epojak 1003
Епожак (Epojak)
Elionka1004
Елёнька (Elionka)

Je disais que nous nous étions inspirées l’une de l’autre. D’abord, on a pris des prénoms qui existaient et quand l’élève a commencé à en inventer, j’ai suivi. Je n’ai pas de peine à suivre quelqu’un d’intelligent, l’intelligence et l’intuition n’ont pas d’âge !

Les voici  :

  • Наташа, Соня, Маша, Катя, Снежка, Руби, Синила, Епожак, Рарити (Natacha, Sonia, Macha, Katia, Sniejka, Roubi, Sinila, Epojak, Rariti) ;
  • Таня, Ксеня, Настя, Еги, Венги (Tania, Xénia,  Nastia, Eghi, Venghi).
Zully.1 Zully.2

Je n’avais pas prévu que l’élève, à un moment donné, allait procéder à un contrôle et me demander comment s’appelait tel ou tel oeil par elle baptisé… J’ai été surprise, dû faire un effort et mon élève a été toute contente de voir que finalement je savais le prénom de chaque oeil ! Comme on le voit, on ne peut pas tout prévoir.

Liens vers :

Commentaires sur les conversations

Les questions qui restent à la gare : je discutais l’autre soir avec un ami ; après coup, je me suis rappelé qu’il m’avait posé une question qui est restée sans réponse parce qu’une autre chose était venue s’interposer. Cela arrive fréquemment dans les conversations. Comme je n’aime pas donner l’impression que je n’ai pas écouté, je lui ai écrit : « Lors d’une conversation, les choses vont par-ci, par-là et parfois des questions restent à la gare sans que personne ne vienne les prendre. Il y en a une que je viens de voir et donc je m’en occupe ». Quelle chance, elle pensait que personne ne viendrait la prendre !

La retraite : je rencontre une connaissance sur mon chemin. On marche un moment sans rien dire. Puis, je demande :

  • Comment va la vie ?
  • Elle prend son temps et répond : J’ai une nouvelle vie. Je suis à la retraite, mais n’aime pas ce mot.
  • Vous avez tout à fait raison. Auparavant, les personnes arrivaient à la retraite et ils étaient épuisés pour la plupart ; ils portaient leur âge et de plus, l’espérance de vie était moindre. Aujourd’hui, les gens peuvent couper les ponts avec leur ancienne activité, se lancer dans une autre, changer de vie, continuer autrement leur manière de vivre et tout cela dans une joie et un bon état physique.
  • C’est vrai. Mais les gens, quand ils savent que vous êtes à la retraite…
  • Il n’y a pas besoin de le dire. Il y a des gens qui, lorsqu’ils l’apprennent, vous mettent dans une catégorie pleine de sens très lourds. Cela vous charge et les charge eux-mêmes. Cela ne vaut pas la peine. De toutes façons, les gens n’écoutent pas réellement ce que vous dites, ils ramènent souvent les choses à eux. Alors, dites simplement que vous vous investissez un peu plus dans… que vous avez repris telle activité, etc.
  • Qu’est-ce que cela me fait du bien. C’est comme si vous m’offriez une fleur.
  • Oh, mais la fleur était chez vous. Je vous l’ai simplement montrée.
  • Quel cadeau ! Je me sens toute légère ; j’ai comme des ailes qui poussent !
  • Moi aussi !

Quand on aimerait parler d’une chose : parfois, on a envie de parler de quelque chose parce que, par exemple, nous sommes fiers d’avoir réussi dans une affaire particulièrement délicate et voilà que notre interlocuteur nous dit que cela lui rappelle que son oncle, son ami, son cousin a aussi eu la même chose et ils partent dans leur histoire. Et voilà que notre histoire passe à la trappe ! Il faut beaucoup d’humilité et d’humour pour se quitter en bons termes.

Réflexologie pour les enfants

Sous-titre : La réflexologie ou viens découvrir les lignes de téléphone qui parcourent ton corps et que tu peux appeler depuis tes pieds.

Mon expérience : cela fait des années que j’enseigne la réflexologie aux enfants. J’ai remarqué un changement parmi eux. Au début de l’activité, quand je demandais quel était leur prénom et ce qui les avait poussés à venir passer deux après-midis avec moi alors que c’était les vacances, bien souvent j’entendais : c’est ma maman qui a voulu, ou même, je ne sais pas. Depuis quelques années, j’entends : on m’a déjà fait des massages – ma mère ou une de ses copines en fait – ma maman voudrait que je lui en fasse – j’ai un problème X de santé . C’est un vrai changement !

Résultats :

  • En général, l’activité se déroule dans une salle de classe. D’habitude, je ne mélange pas les âges. On ou je ne parle pas de la même façon à un enfant de 8 ans qu’à un enfant de 12 ou 15 ans, ces derniers étant considérés déjà comme des adolescents. Mais, on ne fait pas toujours comme on voudrait et finalement c’est enrichissant pour tout le monde. Je n’ai jamais eu de problème à cet égard, l’ambiance a toujours été agréable, aucun d’entre eux n’a trouvé à redire parce qu’il devait « travailler » avec quelqu’un qui n’était pas de son âge. C’est un succès !
  • L’autre succès, c’est qu’à la fin de l’activité tous les participants ont appris des choses sur leur corps et ont appris à être indépendants, en tous les cas dans le domaine de la réflexologie. C’est important de savoir qu’on peut faire des choses pour soi, quel que soit notre âge. Il est évident que ces enfants savent se lacer les chaussures, par exemple, mais ils n’ont pas assez conscience du fait qu’ils sont plus indépendants qu’ils ne le croient. Ce cours leur donne confiance en eux, eux pour qui le monde est si grand et dont ils dépendent tellement ; c’est un pas en avant vers l’indépendance.

Remarque : auparavant, l’activité se déroulait sur deux après-midis et on avait le temps de passer chez un pharmacien qui nous disait comment on composait une huile de massage, ou les enfants racontaient comment ils avaient pratiqué la veille. Puis, l’époque du zapping est arrivée… Les enfants ne veulent plus s’inscrire à des activités qui durent deux jours (deux après-midi) ou plutôt, les parents ne les inscrivent plus de cette façon. Il est sûr que lorsqu’on répète quelque chose, on l’apprend mieux. Tout le monde le sait, et pourtant…

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De la relativité des choses : c’est aussi un résultat, un succès pour moi ; les enfants apprennent qu’il y a une relativité.

En effet, il y a bien des façons de reproduire en images et par écrit les points de réflexologie. J’ai ma méthode, celle que j’ai apprise et que je me suis appropriée et celle d’autres personnes et elles donnent, toutes, des résultats. Cela peut laisser perplexe de savoir que l’on presse ici pour soulager une douleur et qu’une autre personne presse ailleurs pour la même chose et que l’effet soit le même ! On peut alors réfléchir et se dire qu’au tout début nous n’étions qu’une seule cellule et qu’elle s’est multipliée. Ce qui ne marche pas, c’est de presser n’importe où tout en sachant que ce n’est pas le bon endroit.

En BD : voici celle que mon ami, André Oppel, parti au ciel a fait pour les enfants quand il participait à mon activité :

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Visitons les chambres du cerveau

Cette activité est destinée à des enfants de 8 – 14 ans. La visite des chambres du cerveau ne demande pas de connaissance particulière. Les enfants sont capables d’assimiler ou de revoir des notions d’anatomie, d’imaginer des situations, d’interpréter des ressentis ou des idées et de suivre une musique, car j’utilise bien souvent de la musique pour donner le ton.

Comment est née cette activité ? Une fois de plus, ce sont mes élèves qui m’ont inspirée. Si nous avons tous une tête, notre »personnalité » qui utilise le cerveau interprète une seule et même chose de façon différente selon notre culture, notre âge, etc.

Peu à peu m’est venue l’idée d’assimiler le cerveau à un palais avec beaucoup, beaucoup de chambres. Les petits élèves sont surpris de savoir que même un médecin ne sait pas combien de chambres notre cerveau possède.

Contenu : j’ai imaginé qu’on allait visiter certaines d’entre elles et que chacun avait le droit de la voir, de la sentir, de l’imaginer à sa façon. J’en ai encore eu une preuve au moment où j’ai choisi un extrait du ballet « Petrouchka », de Strawinski, pour la chambre du désordre. Une de mes élèves a dit que pour elle, la musique correspondait à la chambre de la curiosité et pas à celle du désordre. C’est la preuve par neuf !

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 Voici quelques unes de ces chambres :

de l’imagination – de la force – du sommeil – de l’oubli – de la paresse – de la tristesse – du rire – des peurs – des émotions – du goût – de l’illusion – de la concentration – du calcul – de l’écoute – des réflexes – du toucher – de la vision – de l’odorat – de la coordination – des doutes – des croyances – de la mémoire – des souvenirs – du temps. Comme vous le voyez, on n’en finit pas !

À la fin de l’activité, avec les photos qu’on aura prises avec les élèves dans les différentes chambres, on fera un montage que chacun pourra prendre avec lui.

Voici des photos-montage avec quelques-uns de mes élèves :

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On remercie aussi le petit cochon qui nous a donné son cerveau !

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@3m.ossature : apport des participants 1

Quel que soit le domaine dans lequel je travaille et-ou m’investisse, je trouve remarquables les apports directs et indirects des participants.

Ainsi, lorsque j’essayais de faire comprendre que nos os sont construits, à leurs extrémités, de sortes d’arches afin de les rendre plus résistants que s’ils avaient été totalement remplis de matière et aussi plus souples, puisqu’ils s’adaptent à nos positions, l’une des participantes, Sophie, a vu surgir en elle une cathédrale. J’ai cherché une image et cela donne :

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J’aurais voulu l’image dune voûte. Je devrai le faire la prochaine fois que j’irai dans une cathédrale.

En sortant du cours et en pensant à mes os, j’avais des cathédrales partout. C’était magnifique.

Aujourd’hui, j’ai mis l’accent sur la façon dont on pouvait entrer dans les os au moment où on fait la résonance. On a parlé d’imagination et d’imaginaire.  La différence ? Il faut savoir que tous les mots qui finissent en « tion » sont en relation avec l’extérieur :

  • L’imagination, on la crée. On fabrique une image. On s’imagine la chose.
  • Imaginaire : elle sort du dedans. Elle nous apparaît sans que la volonté n’intervienne.

Pour la séance, on avait le choix entre plusieurs possibilités :

  • voir l’os tout blanc et imaginer que ses différentes cellules vibrent ;
  • voir l’os en lien avec les différents autres tissus du corps et donc si on fait résonner l’os, le reste va aussi résonner ;
  • laisser venir une image qui va surgir en nous ;
  • imaginer qu’on n’est que du vide, laisser venir une image et la laisser vivre en nous.

Résultat : une des participantes a vu des petites bulles de toutes les couleurs qui se promenaient ; un autre a vu les phrases de son travail qui s’y promenaient. Là on s’est dit qu’il était important qu’elles aient de la place et puissent circuler librement. Chez moi, il y avait ce fameux vide où de touts petits points se promenaient dans le vide et cherchaient leur bonne place. Là, j’avais choisi le mode, car en général, je laisse la chose venir et ce sont des fleurs de différentes couleurs qui apparaissent.

C’est très poétique, ces petites bulles et ces phrases. C’est le genre de choses qu’on ne peut pas inventer tout seul. Cela me comble !

Voici deux illustrations :

Fémur 1003
Fémur 1002

Conscience des os. Quand on donne un cours, on ne sait pas ce que cela peut susciter chez l’autre. C’est ainsi que l’une des participantes a eu une sorte de révélation en prenant conscience que ses os avaient été endormis pendant longtemps et que maintenant ils étaient réveillés. Elle ne peut pas donner une explication claire, elle suppose que c’est lorsqu’elle a procédé à des tapotements sur les os qu’une vibration subtile a fait office de caisse de résonance. C’est beau et cela me fait penser à « La Belle au bois dormant ». En l’occurrence, c’est elle-même qui est son prince !

Plusieurs façons de s’adresser au corps. Il est clair qu’il y a bien des techniques et que parfois elles sont complémentaires. Cette fois, l’une des participantes, Nathalie, a parlé de la relaxation que provoquait le fait de mettre un bâton le long des muscles dorsaux. André essaie et cela lui fait travailler le sinus frontal. Il raconte alors les péripéties incroyables qui lui sont arrivées il y a des années et que le bâton va bien pouvoir l’aider. C’est magnifique !

Comment les aubergines s’arrangent pour se faire remarquer J’ai mentionné que j’allais rendre visite à l’un des écrivains pour lequel je travaille, que j’allais y passer quatre jours et qu’il m’avait annoncé qu’il mangeait essentiellement du cru. Nathalie, l’une des participantes a dit qu’elle avait fait une mousse au chocolat sans crème, sans oeufs, sans sucre (j’ai bien cru qu’elle allait dire aussi « sans chocolat » !). Toutefois, la base est l’aubergine. Tout le monde a été curieux d’en goûter… Vendredi suivant, Nathalie arrive avec ses mousses au chocolat. Un délice !

Alors, si je dis que les aubergines se sont arrangées pour se faire remarquer, c’est que les autres participants se sont dit qu’ils allaient faire la mousse à la maison et André a dit qu’il allait planter des aubergines dans son jardin ! Par ailleurs, j’avais raconté à mon élève de quinze ans qui vient à mon cours de danse classique adaptée toute l’histoire. Je n’avais malheureusement pas pensé à lui en garder un peu, mais, elle a dit qu’elle avait dû écrire un texte, je ne me rappelle plus exactement sur quoi, mais son pull dont la couleur était aubergine y était pour quelque chose. Cela lui a rappelé l’affaire aubergine qu’elle a intégrée à son texte. De plus, elle a regardé sur la toile la composition du légume : très riche en vitamines et minéraux. C’est mieux de manger des aubergines que de se mettre de la crème sur le visage ! déclama-t-elle. Alors, qui remercier ? L’écrivain, Nathalie ? Les deux et l’aubergine bien sûr ! Ce qui est aussi sûr, c’est qu’on ne sait jamais à qui on rend service.

Aubergine 2

De mon côté, j’ai aussi acheté une aubergine. Elle vient du marché.

Lien vers :

Journal de l’enseignement de la danse classique adapté à une élève de cinq ans, page 2.

C’est absolument passionnant de voir s’éveiller une intelligence, une compréhension, un monde chez un enfant. Lors de la dernière leçon, on a parlé du corps et de ce qu’on peut faire pour lui.

  • Bien que tu sois petite, tu comprends beaucoup de choses, pas vrai ?
  • Oui.
  • Tu sais que dans presque chaque partie de ton corps tu as des muscles ?
  • Oui.
  • Maintenant, prenons cette chaise. Si elle a trois pattes, que lui arrive-t-il?
  • Elle tombe.
  • Exact. La chaise ne peut pas se réparer toute seule, il lui faut notre aide. Chez nous, lorsque quelque chose ne va pas, il nous faut aussi de l’aide. Mais, nous pouvons aussi faire quelque chose pour nous, pour notre corps. Tu sais que nous avons des cellules ?
  • Oui.
  • Ces cellules sont comme des petits personnages.
  • Mais, ils ne peuvent pas parler. Et puis une cellule n’a pas la forme d’un personnage.
  • Cela dépend. Tu sais, les cellules, ces petits personnages mangent tout comme nous. Ils boivent, ils respirent, ils bougent, ils travaillent, ils se reposent. Tu te rappelles du livre « Le corps humain » où on voit des petits personnages qui travaillent ?
  • Oui. Ils sont là. Il y en a qui tirent ou qui sont fatigués. Il y en a qui naissent et il y en a qui  meurent.
  • Alors, si on va dans notre corps et qu’on frappe à leur porte en faisant toc-toc, ils vont répondre.

On commence une séance de résonances dans le corps. Une fois qu’on a fini les pieds, je demande :

  • Alors, que disent les personnages de ton pied ?
  • Rien.
  • Dans le mien ils sont tout contents. Ils respirent très bien. Mais, je pense que si tu sais écouter, ils vont aussi te dire quelque chose.
  • On continue avec la jambe.
  • Que dit-on dans ta jambe ?
  • Говорят « привет » ! (Ils disent « salut ! » ). Je ne résiste pas à l’envie de l’écrire en russe tellement les mots résonnent encore en moi. Ce moment est gravé en moi comme une photo dans le temps. De plus, j’aime la langue russe !

Quand on arrive à l’autre jambe, la fillette dit spontanément en souriant :

  • Ils disent salut et qu’ils sont contents !

Et voilà comment on commence un voyage dans le corps. Il ne faut nullement croire que la fillette a voulu me faire plaisir en disant des choses qu’elle ne sentait pas. Sa personnalité est très forte et si quelque chose lui échappe, elle le dit.

Liens vers :

Les portes du monde de Zully, métaphore.

Tout a commencé avec les élèves et parents d’élèves qui arrivaient à mon studio de danse et qui ouvraient intempestivement la porte sans avertissement. Comment dire les choses sans heurter les gens, même s’ils ont tort ? C’est qu’il arrive qu’on ne sache pas qu’on a tort. Voilà comment est née la longue histoire des portes.

Voici ce que j’ai dit à mes élèves :

Savez-vous qu’une porte est très utile ? À la maison, elle te permet d’entrer chez toi, de laisser entrer ceux que tu invites et ne laisse pas entrer ceux qui ne sont pas invités. La porte te protège du vent, de la pluie, d’un tas de choses que tu n’as pas envie d’inviter. De plus, il y a porte et porte. Celle de ta chambre, par exemple, elle laisse entrer encore autrement, car tu es plus chez toi, c’est plus privé. Alors, s’il n’y a plus de porte, comment fait-on ?

La porte, même s’il te semble qu’elle ne parle pas, elle est très utile. Il faut bien la traiter, c’est une amie, on lui demande la permission d’entrer, on ne la claque pas et on la remercie pour son travail. Une porte travaille !

Et, c’est ainsi qu’on a fait la danse-exercice de la porte.

Puis, je me suis aperçue qu’en en faisant un jeu pour les élèves, je pouvais aussi l’appliquer dans ma vie de tous les jours. Je m’y retrouve très bien dans le monde de la communication. C’est vrai, lorsqu’on parle avec quelqu’un et que la communication ne passe pas, on s’y prend autrement si on désire réellement avoir une relation, faire passer un message. Peu à peu l’image des portes s’est imposée. D’abord, je l’ai utilisée comme image. Il est possible que je l’aie employée avant d’en être consciente, mais, je me rappelle très bien du jour où je m’en suis servie dans un cas très précis. C’était une fois où un papa tout neuf se plaignait qu’à la maison sa femme ne parlait que de son travail à lui et pas d’autre chose. Je lui ai expliqué que c’était parce que sa femme était tout le temps avec le bébé et désirant établir un dialogue avec lui, elle frappait à la fenêtre et pas à la porte d’entrée. Aujourd’hui, je laisserais la fenêtre tranquille pour dire tout simplement que ce n’était pas la bonne porte ; car, quand même, la porte du travail existe.

Tiens ! Je viens juste de me rappeler que mon professeur d’histoire de la pensée économique, Jean-Pierre Gern, a dit une fois au cours que chez les Occidentaux, la porte était ouverte ou fermée et que chez les Orientaux elle pouvait être entre les deux ! Là, j’avais vu l’image de la porte entrouverte.

Au fil du temps et des portes rencontrées me voici avec toute une liste de portes. C’est un peu compliqué à présenter, mais il y en a qui sont :

  • grandes ouvertes ; elles nous permettent d’entrer et de sortir à notre guise ;
  • fermées ; elles nous imposent des limites, des frontières. Elles sont intéressantes, car parfois trompeuses. Il arrive qu’elles ne soient fermées qu’en apparence et si on revient tout doucement, elles s’entrouvrent, s’ouvrent ; il y en a qui ne vont pas s’ouvrir du tout parce qu’on n’a pas frappé au bon endroit. Celui-ci peut se trouver derrière la maison, pour ainsi dire, ou au premier étage, voire au sous-sol. Les maisons sont étonnantes ;
  • parfois ouvertes et parfois fermées ; c’est qu’elles ont aussi leur tempérament et ne désirent pas être dérangées, être vues quand elles ont leurs bigoudis, pas en forme, au repos. Là, la liste est longue ;
  • entrouvertes ; elles sont toujours aux aguets et exigent un contrôle d’identité avant de décider de quel côté elles vont aller. Il y en a des rigolotes ;
  • toujours fermées ; là, il n’y a rien à faire et il m’est arrivé de les remercier après coup, car elles m’ont évité d’entrer dans des endroits qui n’étaient pas pour moi.

Et, je viens d’en découvrir une nouvelle catégorie : celle des portes qui disparaissent.  Il y avait une porte grande ouverte et tout à coup, elle a disparu ! Là, je ne sais pas du tout comment faire. La vie est tout un apprentissage, ou devrais-je dire « les portes c’est tout un apprentissage » ?

Il faut quand même dire que les portes ce n’est pas seulement chez les autres, j’ai aussi les miennes et j’en ai de toutes catégories, sauf de la dernière. Bien que, bien que… le jour où je partirai de ce monde ma porte disparaîtra… Bon, cela me fait voir la chose différemment.

Et voici Scooby, le chien des voisins de mon studio de danse et avec lequel j’ai une relation très particulière. Lui, il a sa porte tout le temps ouverte pour moi. J’aime ! Il mérite à lui tout seul un article, car il fait partie de ma vie.

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Révision de textes 4 : Forum Figaro

Histoire 2018 – 2020 .

Cette rubrique ne concerne pas réellement la révision de textes. Je donne un coup de main à un traducteur dont la langue française n’est pas sa langue maternelle. C’est plus une explication de certaines phrases, de contexte culturel, d’usages particuliers de la langue que je propose. C’est une autre facette de l’un de mes derniers métiers. Voici l’histoire.

2018. Le hasard, qui comme on le sait n’existe pas, m’a guidée vers le forum Figaro où des gens posent des questions sur la langue, la grammaire, etc.  J’ai été attirée par quelqu’un qui posait des questions sur le sens de certaines phrases. Il m’a dit qu’il traduisait le roman La Délicatesse de David Foenkinos en persan. Je lui ai donné quelques coups de main et pensais en avoir pour au moins une année et voilà qu’il a fini.

Pour me remercier, il me dit qu’il va signaler dans la préface de sa traduction que je l’ai aidé alors que l’on ne se connaissait ni d’Ève ni d’Adam. Il ne l’a pas dit ainsi, mais c’était le sens. J’en suis toute retournée, car je l’ai fait par instinct, comme si cela avait été normal.

J’ai profité de lui dire qu’il fallait alors aussi remercier le forum qui a été mis à notre disposition gratuitement. Sans le forum… rien. Je trouve que le traducteur, Parsa Haji Hosseini, est d’une élégance rare. À mon tour de le remercier.

2019, début. Le temps est passé et je viens de recevoir des nouvelles de Parsa. Il a publié son livre et mon nom y figure ! Cela me donne une grande joie.

Pour ceux qui lisent le persan, pas de problème, pour les autres, je suis tout en bas de la page !

2020, début, J’envoie un mot pour nouvel an à la plateforme Figaro et le lien vers cet article. J’ai reçu une jolie réponse et par la même occasion j’ai appris que la cheffe du département est originaire de Suisse. On est en famille ! Voici la réponse :

Le Figaro – équipe d’animation (FAQ Le Figaro) 6 janv. 10:19 Oh merci de partager avec nous cette «belle histoire»! Nous faisons suivre aux animateurs du forum. 
Cordialement, Le Figaro
En ce même début d’année, j’ai reçu cette vidéo de la part de Parsa.
On ne peut s’empêcher de se dire que Parsa a de très belles mains ! Elles vont si bien avec l’écriture persane, c’est toute une poésie.

Je suis ravie de cette aventure et me réjouis que Parsa finisse la traduction de Ghost in love de Marc Lévy pour continuer.

2020, juillet. C’est fait, la traduction est finie et j’ai eu la joie de pouvoir expliquer quelques tournures et sens de mots à Parsa qui est décidément très méticuleux dans son travail. Le seul regret de cette dernière aventure c’est qu’il n’y ait eu pas tant de questions que cela !

Voir aussi :

La danse classique, anatomie et maître boucher René Margot

Afin de rendre plus conscients les élèves de leur corps… Oh, mais pas seulement les élèves, les parents aussi, j’ai demandé à mon ami René Margot, maître boucher à Neuchâtel et personnage bien connu du fait de l’excellente qualité de ses produits, de son franc parler et de son amour pour la ville de Neuchâtel, de m’aider à faire comprendre à mes élèves comment le corps était composé. Il n’a pas hésité une minute.

Cela fait des années qu’il est le maître en la matière auprès de mes élèves. Cette fois-ci, ce sont les participants au cours « @3m.ossature » qui se sont joints à mes élèves afin d’admirer les os, leur structure et leur beauté.

Leur beauté… En effet, j’ai bien conscience que nous sommes tous égaux, l’histoire, le droit, la psychologie, la politique nous le dit. Même la littérature. S’il y a un passage qui m’a marqué à ce sujet, c’est celui-ci :

Extrait de la tirade de Shylock dans « Le Marchand de Venise  » de Shakespeare (acte III, scène 1), dans la traduction de François-Victor Hugo, fils de Victor Hugo : Il m’a couvert d’opprobre, il m’a fait tort d’un demi-million, il a ri de mes pertes, il s’est moqué de mes gains, il a conspué ma nation, il m’a fait manquer des marchés, refroidi mes amis, échauffé mes ennemis ; et Extrait de la tirade de Shylock dans « Le Marchand de Venise » de Shakespeare (acte III, scène 1), dans la traduction de François-Victor Hugo, fils de Victor Hugo : Il m’a couvert d’opprobre, il m’a fait tort d’un demi-million, il a ri de mes pertes, il s’est moqué de mes gains, il a conspué ma nation, il m’a fait manquer des marchés, refroidi mes amis, échauffé mes ennemis ; et quelle est sa raison ? … Je suis un juif !  Un juif n’a-t-il pas des yeux, des organes, des proportions, des sens, des affections, des passions ? N’est-il pas nourri de la même nourriture, blessé des mêmes armes, sujet aux mêmes maladies, guéri par les mêmes moyens, échauffé et refroidi par le même été et par le même hiver qu’un chrétien ? Si vous nous piquez, est-ce-que nous ne saignons pas ? Si vous nous chatouillez, est-ce-que nous ne rions pas ? Si vous nous empoisonnez, est-ce-que nous ne mourons pas ? […]. Source : michel.balmont.free.fr/cav_docs/films/lubitsch…/Monologue_Shylock.pdf

C’est lors d’une de mes visites au laaboratoire de René que j’ai vu, réellement vu les os si beaux, si nacréc, que j’ai compris, senti, qu’on était tous égaux. L’une de mes élèves a ajouté que même les animaux étaient comme nous. C’était évident. C’était devant nous. Alors, quand je marche, quand je pense à l’intérieur de mon corps, je vois combien c’est beau, combien nous avons tous des belles choses.

Pour ce qui est du voyage à l’intérieur de mon corps, j’ai mis des années, des années et des années à pouvoir y entrer. Et pourtant Dieu sait si je l’ai travaillé, mais toujours avec la forme, avec l’extérieur ; même lorsque je plaçais les muscles et les os correctement ou que je les sentais… Maintenant c’est bon, j’ai réussi à faire ce petit bout de chemin en moi.

Voici des images :

Il y a encore des choses à dire sur le rôle de la moelle jaune. Ce sera pour plus tard.

Lien vers : @3m.ossature.