Les travailleurs de chez Zuttion et le chauffage à distance : rencontre particulière 29

Voici quelque mois que des travailleurs de chez Zuttion installent le chauffage à distance dans mon quartier, pas loin de la gare. Ils démontent et remontent, pour ainsi dire, les rues.

Une équipe. C’est une équipe non seulement parce qu’il y a une hiérarchie, mais il y règne un esprit. Chacun est complémentaire de l’autre et ils s’entendent parfaitement bien.

Leur travail. Ils doivent permettre aux propriétaires des bâtiments de se raccorder au réseau du chauffage à distance. Cela a impliqué, dans un premier temps, le démontage de zones de circulation causant des déconvenues à bien des personnes parce qu’elles ne pouvaient plus parquer devant leur maison ou à proximité du travail. Je ne sais pas comment la ville a prévu la chose, mais elles ont dû trouver des solutions parce que les travaux ont été annoncés bien à l’avance. Toujours est-il que la vie des rues concernées a bien changé : pas besoin de décrire l’affaire.

Un »mal » pour un bien. Personne n’aime voir sa vie dérangée, mais dans le cas présent, il s’agit de faciliter la façon dont les maisons et bâtiments sont chauffés. Je ne connais pas le dossier, mais voici ce qu’on en dit :

  • utilisation des sources d’énergie locales et renouvelables pour réduire les émissions de CO₂ ;
  • gain de place dans les bâtiments parce qu’il n’y aura plus besoin ni de chaudière individuelle ni de citerne ni de cheminée. Seul ce qu’on appelle un petit échangeur de chaleur sera nécessaire ;
  • économies d’entretien parce qu’il n’y aura plus besoin de s’occuper de l’approvisionnement en combustible ; plus besoin des coûts de ramonage ni de maintenance lourde de chaudière ;
  • augmentation de la valeur immobilière : le raccordement au réseau de chaleur est une solution éligible aux subventions cantonales qui pérennise et augmente la valeur des biens immobiliers sur le long terme.

C’est comme pour tout. Oui, il faut toujours une idée, des conditions, du matériel, du personnel et du temps : vous faites un repas ? Il faut tout cela ; vous écrivez un article ? Il faut tout cela ; vous préparez un voyage ? Il faut tout cela, etc. Dans la zone où j’habite, je vois les travailleurs depuis un certain temps. Un temps suffisant pour qu’une relation de voisinage s’établisse. Il faudra quand même que je leur demande depuis combien de temps ils sont là. Mais, sachant que parfois des voisins ne comprennent pas le sens de leur travail, je leur ai adressé le mot suivant vers la fin du mois de décembre 2025 :

Je l’ai appris après, les propriétaires qui ont changé leur chaudière il y a peu de temps, ne vont pas se connecter tout de suite à ce réseau, mais ils le feront certainement plus tard.

Relations de voisinage avec les travailleurs. Il est bizarre de constater que je les connais mieux que certains voisins que je ne vois jamais ! C’est pourtant la vérité. .J’ai déjà écrit des articles sur d’autres travailleurs manuels et ceux-ci ne se démarquent pas des autres : ils sont précis, pensent aux différentes étapes, contrôlent le travail fait. Je me dis que bien des intellectuels pourraient s’en inspirer. Il est évident que nous n’avons pas des discussions qui durent longtemps, mais voici une plaisanterie que le chef m’a fait l’autre jour. Je l’ai inscrite dans l’article Conversations de rue 17.

  • Vous allez me manquer ! leur ai-je dit il y a quelques jours en voyant qu’ils étaient en train de remettre de l’asphalte sur la rue. Leur réponse ?
  • Venez avec nous !

Est-ce que ce n’est pas joli ? Cela doit avoir travaillé dans ma tête parce qu’il y a une machine que j’aime particulièrement :

Je suis sous le charme de cette machine. Je suis prête à passer un permis… moi qui ne conduis pas de voiture, c’est dire !
Ici on voit mieux sa taille et le travail qu’elle fait. Elle m’irait bien, j’aime que les choses soient « à plat »!

Et maintenant, l’équipe presque au complet !

Groupe Zuttion. J’admire les entreprises qui par les temps qui courent, se solidifient, grandissent. C’est le cas de Zuttion, qui lorsqu’elle a été créé en 1994 avait six employés et qui, actuellement en compte 250 !

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Jean-Pierre Ghelfi parti au ciel

Les deux côtés de Ghelfi se retrouvent dans cet article, celui de l’économiste rigoureux et celui d’un être qui se laissait toucher par des choses simples.

C’est ainsi que Raymonde, la compagne de Ghelfi, a ouvert la cérémonie d’au revoir par la lecture d’un texte de Prévert qu’elle avait choisi ; c’est celui de deux escargots qui se préparent, avec leur coquille noire et du crêpe autour des cornes, à aller à l’enterrement d’une feuille morte. Hélas, quand ils arrivent c’est le printemps et toutes les feuilles ont ressuscité. Le soleil les invite alors à prendre l’autocar pour Paris et c’est la vie qui s’invite. C’est si joli ! (Texte entier à la fin de l’article).

Ici on trouve l’autre côté (celui de l’économiste visionnaire). Je note dans l’article consacré à Pierre Dubois que Jean-Pierre Ghelfi est parti le 8 juin, soit un jour avant Pierre. En économiste visionnaire, Jean-Pierre est allé préparer le chemin pour Pierre. C’est une vraie amitié.

Je reprends la cérémonie. J’ai cru arriver avec assez d’avance à la cérémonie… presque toutes les places assises étaient déjà prises ! On a été accueillis par de la musique, puis il y a eu des témoignages de la famille. Celui de Raymonde a été très représentatif du personnage avec ses diverses facettes et elle a raconté comment était arrivé le dernier moment de Jean-Pierre alors qu’ils étaient sur le Danube. Cela a été une vraie épreuve. Je le regrette pour lui et pour la famille. La vie est déjà compliquée, si le dernier moment l’est aussi, c’est dur. Mais, la cérémonie a été empreinte d’une telle chaleur qu’elle doit avoir adouci le parcours vers l’autre côté du miroir de Jean-Pierre.

Il en est ressorti tant des témoignages de la famille que de ceux de ses amis et connaissances que Jean-Pierre avait été un fin cuisinier ! J’ai appris quelque chose. Plusieurs autres personnes ont rapporté ce qui se disait dans l’entourage : « Jean-Pierre avait été comme une bonne bouteille de vin, avec le temps il s’était bonifié ! » C’est si joli et profond. Ils ont eu raison de le relever car, ces dernières années, lorsque je le croisais en ville, son sourire était plus éclatant et ses yeux plus pétillants. L’avant-dernière fois que je l’ai vu, nous avions échangé quelques mots et il m’avait même remerciée pour quelque chose que je lui avais dite. Je l’entends et le vois encore… J’ai eu la nette impression qu’il m’ouvrait les portes de son soi. Cela s’est passé près de l’UBS. Chaque fois que je passe par là, j’ai une belle pensée pour Ghelfi.

La surprise. Lors du premier discours officiel, celui de la conseillère communale Julie Courcier Delafontaine, j’ai eu un moment hors du temps. En effet, elle a commencé par rapporter le bel hommage que Jean-Pierre avait rendu à Freddy Landry, Freddy qui a joué un si grand rôle dans ma vie. Je n’ai plus su où étaient les différences temporelles. Elle a rapporté les paroles suivantes prises dans l’Événement syndical : « Il y a des gens, il sont comme cela : ils ont une passion, ils s’y tiennent, ils veulent la faire partager.  » Si la passion de Freddy avait été celle du cinéma, celle de Jean-Pierre avait été l’intérêt général, le bien public et il partageait cette passion avec les autres.

Sa passion pour l’économie et les gens l’a fait devenir une référence dans l’économie locale et fédérale :

  • membre du Conseil général, puis au Conseil communal de Neuchâtel (1972-1976) ;
  • vice-présidence de la Commission fédérale des banques jusqu’en 2003. Il réclame, avant la FINMA et la chute du Crédit suisse, plus de moyens pour surveiller les banques ;
  • lorsqu’il est à la Caisse de pension de l’État de Neuchâtel, il œuvre pour que les serviteurs de l’État aient une retraite sereine ;
  • présidence de la Banque Cantonale neuchâteloise (BCN) jusqu’en 2011 ;
  • membre fondateur en 1996. de Noël autrement avec Valentine Schafter, présidente, Ghelfi secrétaire, et Thomas Facchinetti, caissier. « Autrement », pour ceux qui sont seuls ou veulent vivre autrement cette période ( Jean-Pierre s’était inspiré de frère Leo de la congrégation de la Salle qui avait fait un Noël pour les prisons CCP [collectif, concert en prison ]- information à compléter).

Voici quelques extraits du texte du discours que son ami Nicolas Rousseau a tenu ce même jour et qu’il m’a aimablement transmis : « Ses adversaires n’ont jamais manqué de critiquer sa (cette) liberté d’esprit,  affirmant qu’elle aurait empêché Jipé de conduire une carrière politique au plus haut échelon. »

Et encore : « … j’en atteste, les honneurs, Jipé s’en moquait ; il est toujours resté modeste, refusant ainsi de montrer la vidéo d’Archives pour demain qui lui a été consacrée en 2016. Il se faisait appeler Le roi de Suisse, avec là un zeste de dérision qui n’était pas pour lui déplaire ; loin d’être des courtisans, ses amis pouvaient le charrier, cela sans qu’il s’en formalise. Et s’il a été vice-président du PSS, il n’a pas cherché les lumières du poste. […] son influence n’en a pas moins été marquante. Au plan suisse, il avait l’oreille du président du PSS, Helmut Hubacher, et il a aussi aidé à l’accession de René Felber au Conseil fédéral. Au plan cantonal, il  a encouragé les candidatures au Conseil d’État de Pierre Dubois, puis de Jean Studer, entre autres. Dans sa ville, il est aussi resté actif, aux côtés notamment de son ami le conseiller communal Blaise Duport, du directeur artistique du Centre culturel neuchâtelois André Oppel. ainsi qu’à ceux de certains de ses anciens camarades, dont son cher Jean-Jacques Delémont. »

Merci Nicolas d’avoir mentionné André, feu mon ami, qui participait aux séances de rédaction du Canard Bleu (même le jour de son anniversaire !) et qui ornait le journal de ses dessins assez humoristiques (c’est sous ma remarque un peu insistante qu’il a fini par les signer A. O.).

Côté syndical. Celui qui m’apporte une belle synthèse est l’un de ses autres grands amis, Jean-Claude Rennwald. Ce dernier a une plume très dense qui qualifie si bien Ghelfi. Tout d’abord, il dit de lui qu’il est l’économiste des travailleurs. C’est magnifique ! Voici quelques extraits de l’article qu’il a publié après le départ de Jean-Pierre sur l’Événement syndical » (je ne peux m’empêcher de penser que ce journal a été habillé par le plume de Ghelfi sur Freddy et que cette fois c’est par celle de Jean-Claude sur Ghelfi… Voici donc les extraits :

  • il avait notamment la capacité d’expliquer les mécanismes économiques les plus complexes aux travailleuses et aux travailleurs ;
  • il était aussi régulièrement sollicité par des journalistes pour qu’il leur explique les tenants et aboutissants d’un problème difficile à comprendre ;
  • à la FTMH comme à Unia, Jean-Pierre Ghelfi avait effectué des travaux pour la branche des machines et de l’industrie chimique. Mais il mit surtout ses compétences au service des travailleuses et des travailleurs de l’horlogerie ;
  • comme expert économique, il participa à de très nombreuses négociations salariales et à plusieurs renouvellements de la convention collective de travail (CCT) de la branche ;
  • sur de nombreux sujets, ses démonstration étaient époustouflantes, à tel point que même la délégation patronale en était souvent impressionnée ;
  • Jean-Pierre Ghelfi aimait aussi prendre du recul par rapport à l’actualité immédiate. Cela explique pourquoi il avait participé à l’écriture de quelques livres. En particulier Témoignages d’ouvriers (FTMH, 1987), qui rassemble des points de vue de salariés sur la paix sociale dans l’horlogerie ;
  • dans un entretien au Temps, 13 mai 2012, Jean-Pierre Ghelfi avait souligné que la paix du travail, conclue en 1937, avait aussi eu des effets négatifs, alors qu’une politique plus combative aurait eu pour résultat de meilleures conditions de travail ;
  • Européen convaincu, mais tout en étant partisan des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes (on lui doit d’ailleurs l’idée des salaires minimaux dans la CCT de l’horlogerie), il fut l’un des auteurs de deux ouvrages collectifs, Europe mon amour ? (CJE, 2000), publié avant la  votation de l’an 2000 sur les accords bilatéraux, et Suisse-Union européenne. Les 44 questions qui irritent les Helvètes (CJE, 2005) ;
  • Jean-Pierre Ghelfi écrivait régulièrement dans La Lutte syndicale puis dans l’Evénement syndical. Sa plume pouvait être parfois très piquante.

Si ceux qui ont lu l’article de Jean-Claude se diront qu’en fait d’extraits… il y a presque la totalité de l’article, ils auront raison. Je n’ai pas pu passer sous silence tellement de faits marquants.

Si cet article concerne Jean-Pierre, je voudrais ajouter un mot de remerciement pour Raymonde qui a toujours été présente dans le parcours de son compagnon et qui me touche toujours plus chaque fois que je la rencontre.

Il n’y a rien à ajouter à ce magnifique poème choisi par Raymonde. Il dit plein de choses dont le fait que nous sommes marqués par la façon dont nous vivons les événements. On ne peut éviter ces derniers, mais c’est à nous de leur donner une façon. C’est un thème récurant dans mes cours et tant Prévert que Raymonde vont me permettre d’ajouter de la poésie à mon discours. De plus, il est question de Paris, ville qui a toutes mes faveurs et là, je craque.

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Fête de la danse 2026

C’est la xe fois que je participe à cette fête et les expériences sont toujours surprenantes.

Atelier du corps et de l’esprit. C’est le cours qui a été retenu pour cette fois. J’ai précisé que je préférais des personnes au-dessus de 25 ans parce qu’il faut une certaine expérience de la vie, vie que nous aimerions égale à un long fleuve tranquille… mais qui s’ingénie à nous faire nager avec le soleil en plein sur la figure, dans le vide, sous l’eau de mille et une autre façons.

La vie, le long fleuve tranquille de nos rêves…

J’ai construit cet atelier autour d’un poème inspiré par les haïku. Comme dans tout autre poème de ce genre, deux scènes sont suivies et la troisième amène un élément de surprise. Ces poèmes sont liés à la nature, mais le contenu peut faire émerger des situations vécues et c’est tout l’intérêt du cours. Ensuite, on voit comment on vit différents états. Le principal est de finir « en beauté », c’est-à-dire en ayant trouvé une solution, une raison favorable pour nous si la situation évoquée a semé le trouble.

J’ai eu trois participantes qui ont été comme un cadeau. Mon cours n’est pas un cours habituel et le fait d’avoir peu de personnes permet de travailler en profondeur, ce qui me comble car j’ai un faible pour ce genre de travail. C’est un plaisir sans fin que d’apporter quelque chose à l’autre. D’emblée, nous nous sommes senties dans un même monde, puis l’une a dit qu’on s’était rencontrées au mariage d’une connaissance commune il y avait des années. Mon Dieu, oui ! J’ai beaucoup aimé cette amie et serais heureuse de la revoir. L’autre a dit avoir enseigné le français et enseigné ainsi que la pédagogie de la langue. Comme l’un de mes métiers est la révision de textes, nous nous sommes trouvées aussi en territoire connu. La dernière est danseuse, depuis toujours pour ainsi dire et cela a suffi aussi pour qu’on se dise que le destin avait bien fait de nous réunir.

Préparation du cours. On a beau enseigner depuis des années, il faut toujours revoir la matière avant de la transmettre et cette fois, j’ai vu la réunion de trois éléments éclairer mon enseignement : l’expérience, la notion de kai zen et les mots d’une connaissance qui travaille dans le domaine de la culture ; tout cela a fait un tout pour ce cours. L’expérience m’a fait dire qu’il fallait quelque chose d’autre, la notion de kai zen m’a permis de simplifier certaines opérations et « lorsque vos différents mondes se croisent, c’est que vous êtes sur la bonne ligne » sont les mots qu’on ma dits une fois et que j’ai vécus au moment où j’ai préparé des fiches pour ce cours en m’inspirant de celles que je suis en train de préparer pour mon spectacle « lecture-théâtre ». Ces trois éléments ont fait un tout.

Pendant le cours. La première chose dont on a parlé c’est l’âge parce que l’une des participantes l’a mentionnée. Il semble que la matière, les particules qui composent ce monde ne font que se recycler. Mais, voici que je viens d’apprendre de la part d’un physicien que l’atome d’oxygène est apparu trois secondes après l’apparition de notre Terre, soit il y a 13 milliards d’années et que celui de l’Hydrogène est apparu il y en a cinq. Cela relativise tant de choses. Puis, nous avons parlé des cellules qui nous habitent, de leur rôle, de leur métabolisme et conclu que nous avions une liberté incroyable parce qu’il y a façon et façon de vivre les choses.

Dans mon cours il est question de poèmes qui sont des prétextes pour vivre différents états émotionnels. Lorsque je leur ai lu les divers poèmes que nous pouvions interpréter, toutes les trois ont souri à celui sur les fleurs. C’est ainsi que nous avons d’abord déambulé autour de fleurs en folie, de désordre et de fête.

Puis, nous sommes passées à de l’air chaud, des branches qui bougent et à nouveau à une fête. En réalité, la fin du poème était différente, mais l’une des participantes avait fini la deuxième partie en voyant un tronc « déplumé » de ses feuilles qui gisaient par terre et avec un sentiment de tristesse. Le cours ne dure que 45 minutes et on était proches de la fin. Alors, j’ai renoué avec la fête et la participante a fait voler les feuilles dans le ciel pour qu’elles retrouvent une nouvelle vie !

La solution pour la participante et Rémy Gilles. C’est parce que je cherchais non pas à apporter une solution à la participante mais à l’aider à la trouver elle-même que Gilles est venu à mon secours. Nous avons toujours des idées pour résoudre les problèmes des autres, mais elles ne conviennent pas toujours ou ne correspondent pas à la réalité de l’autre. Gilles Rémy est un musiciens qui a animé nos rues neuchâteloises pendant des années avec sa « Jazz Band ». Dans mon répertoire, j’ai une danse sur l’une de ses compositions : « Les Roses de Picardie ». Je venais justement de la répéter pour la fête de quartier de la rue du Château qui avait eu lieu la veille de la fête de la danse. Désirant en savoir un peu plus sur la façon dont Gilles avait eu l’idée de sa version, j’avais cherché son adresse sur la Toile et lui avais envoyé un message. C’est sa compagne, Céline, qui m’a répondu et appris qu’il avait quitté ce monde en 2024. Mais, a-t-elle ajouté, il a joué de la musique jusqu’au bout. Céline se rappelait de moi (un miracle !) et on a convenu qu’une fois qu’elle reviendrait avec la troupe recomposée, je leur ferai un spectacle avec ma danse. Je reprends le début du paragraphe pour préciser que c’est la musique de Rémy, du jazz New-Orleans, qui aidé la participante à trouver une solution. Il va de soi qu’on a remercié Rémy !

Les contraintes, les données, les événements. Chaque poème est un monde, un cadre accompagné d’une musique. Chacun vit les mots et la musique à sa façon. On peut se laisser porter par la musique, sentir inspiré, limité ou obligé par des mots, on peut se donner des libertés, etc. L’une des participantes a expliqué à une autre, qui se sentait limitée par une image, que les contraintes aidaient à trouver des solutions. Cela a ouvert une porte chez la première personne. C’était beau.

L’ambiance. Elle était la même pour les différentes personnes. C’est bien la première fois que j’ai vu les participantes avoir des interactions, danser ensemble. Ce n’était pas chacune vivant son état, elles ont dialogué. Cela s’est fait tout seul.

Fin du cours. Comme il fallait libérer la salle, j’ai proposé qu’on discute des dernières interprétations autour d’une table à l’entrée du théâtre, mais l’un d’elles, celle qui est danseuse moderne, a trouvé qu’on se devait d’avoir une sorte de fin de cours et m’a remerciée et ajouté qu’elle avait eu un « amuse-bouche » de mon riche enseignement, de ce que je pouvais transmettre. De la part de quelqu’un qui pratique le même art que moi c’est un immense compliment !

La scène ouverte du dimanche, m’a permis de danser « Cueillir un lotus ». Le matin, il y a eu une répétition générale et, passant la première, je suis arrivée assez tôt et ai pu échanger deux mots avec Nassim, le technicien son. J’ai ainsi appris qu’il travaille pour Sound Patch et que donc il travaillait avec Gilles (curieux comme deux Gilles peuvent se retrouver dans un même texte), Gilles Perrenoud. On se connaît presque depuis toujours et il a fait l’installation technique de mon studio de travail. Je venais justement de penser à lui la veille l’avais remercié une fois de plus pour son travail.

La fête de la danse. Elle m’a permis de faire un tour au théâtre du Passage, théâtre dont la motion politique a été rédigée par feu mon ami André Oppel et que j’ai tapée à l’ordinateur, théâtre aussi dont j’ai habillé les loges avec les costumes de ma collection le jour de l’ouverture – j’y ai aussi fait des maquillages – théâtre aussi qui a vu le dernier spectacle qu’André a présenté « Alphonse Allais ». Quant au théâtre du Concert, autrefois le théâtre de Neuchâtel, j’y ai vu André jouer et j’y ai aussi dansé. Merci aux organisateurs de cet événement, spécialement Mehdi Berdal, au personnel présent et au régisseur son Nassim. Sans eux, je n’aurais pas revécu ces moments, je n’aurais pas non plus enrichi mon expérience ni pu apporter de ce que je décris dans cet article.

Photo prise par la photographe officielle de la fête Thalie Rossetti que je remercie.

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