Al-Khwarizmi, le mathématicien par qui la lettre X de nos chères équations est arrivée. Rencontre particulière 30 (en cours)

Je suis fascinée par ceux qui apportent quelque chose au monde. On utilise parfois ou souvent ou même tous les jours des choses que d’autres nous ont apportées et on n’y pense pas. Je reste persuadée que l’histoire est la branche la plus importante. Sans histoire on n’est rien. Le nombre de fois que j’ai utilisé les mots algèbre, équation, l’inconnue X… Voilà que je viens de faire connaissance avec celui qui est au centre, pour ainsi dire, du X.

En cours : oui, j’en suis à la graphie et à la prononciation correctes de son nom parce je vois et entends diverses versions. Dans la version officielle d’aujourd’hui, un W qu’on pourrait supprimer si on suivait la transcription russe : Аль-Хорезми. (Al-Khorezmi mais de prononciation Al-Kharizmi). Le russe est important parce que ce grand homme est né dans la ville de Khiva qui se trouve dans le Kharezm en Ouzbékistan et que c’est l’URSS qui a célébré son 1200e anniversaire par un timbre qui figure plus bas. J’ai demandé à un arabophone de m’écrire le nom en arabe (il a dit qu’en fait c’était Al-khawarizmi, soit Al-khaouarizmi) et de me donner la transcription phonétique ; je n’ai pas eu de suite. Mais, j’ai appris que selon la région où on parle l’arabe, les transcriptions et même les prononciations varient ; j’en touche encore un mot plus loin. Plusieurs choses sont pourtant sûres :

  • le seul auteur, parmi ceux que j’ai consultés, à dire que le mathématicien est né à Khiva est Georges Ifrah dans son magnifique livre Histoire universelle des chiffres. Cette ville se trouve dans la région de Kharezm, dans l’actuel Ouzbékistan ;
  • du fait qu’il procède de cette région, il y a, dans son nom al, qui veut dire celui qui vient de. À l’époque, il n’y avait pas les noms de famille. Cela implique que lorsque l’on commence une phrase en nommant le mathématicien, on devrait écrire Al-Kharizmi, mais si c’est à l’intérieur, on devrait écrire al-Kharizmi. De plus, il y a un i à la fin du nom, cela sert à dire qu’il est de la région de Kharezm. Au fond c’est un génétif ;
  • il est aussi certain qu’il s’est rendu à Bagdad, à la Maison de la sagesse, de la connaissance, du savoir et a travaillé en tant que traducteur et chercheur dans les domaines de la mathématique, de l’astronomie et de la géographie et à ce titre, il a étudié les documents babyloniens, indiens et grecs ;
  • en 825, il a écrit Traité de numérotation des Indiens ;
  • il est encore certain qu’il a écrit le Livre abrégé du calcul par la restauration et la comparaison ainsi que les Tables astronomiques en arabe et c’est un fait important. Malheureusement, les originaux ont été perdus.

En attendant, voici son portrait. Sachant que je m’intéresse réellement à lui, il a demandé à un Russe de m’envoyer son selfie timbré. C’est un timbre qui a été fait à son effigie en URSS, 1983, à l’occasion de son 1200e anniversaire !

Du temps ; il m’en fallu pour faire cette photo que je trouve réussie, mais le résultat efface les difficultés. Le fond bleu roi lui sied mieux que le bleu nuit que j’avais auparavant. Cet article me met en effervescence ! Savoir que cet homme a été mathématicien, astronome, géographe et qu’aujourd’hui encore on utilise des notions qu’il a transmises, constatées ou créées me fascine. Je suis aussi fascinée par la notion du temps et al-Khwarizmi traverse le temps !

Le temps ou la quatrième dimension de notre espace. C’est Albert Einstein qui a démontré que le temps, de même que la largeur, la longueur et la hauteur, était une dimension de notre espace. Au début, j’avais voulu mettre un seul selfie-timbré, mais je n’ai pas eu le coeur de séparer ces timbres unis depuis si longtemps. Finalement, j’ai bien fait parce que je peux faire un lien avec les quatre dimensions et ainsi il y a un selfie-timbré pour chacune d’elles !

Mohammad Ibn Musa al-Kharizmi. C’est son nom au complet. Il faut savoir qu’à l’époque il n’y avait pas de nom de famille et que l’on était désigné par des particularités en plus du prénom qui, lui, existait. Sa caractéristique était qu’il venait de la région de Kharizm. Si en français on peut avoir des prononciations différentes pour un même mot, avec la même graphie, selon la provenance nationale ou régionale d’une personne, en arabe, de même qu’en hébreu, la chose est plus compliquée parce que les voyelles courtes ne s’écrivent pas et que selon les endroits la prononciation change.

Effet des voyelles courtes. Comme elles ne s’écrivent pas, contrairement aux longues, et qu’elles dépendent de la région et de prononciation qu’on leur donne, on peut rencontrer : al-Khwārizmī, al-Khawārizmī, al-Khowārizmī, al-Khuwārizmī, al-Khwārezmī, al-Khawārezmī, al-Khowārezmī et al-Khuwārezmī, selon que l’on écrive ou pas le a et le premier u court. Même si la communauté internationale a choisi al-Khwarizmi et que les nombreuses variantes citées ont toutes un w, je garde la russe qui me paraît plus logique : région d’où il vient n’a pas de w, c’est le Khorezm.

Pourquoi j’insiste : simplement parce que j’aime savoir et que si jamais je le rencontrais de l’autre côté, je ne voudrais pas estropier son nom. La chose aurait été réglée si ses écrits avaient été conservés. Hélas, trois fois hélas, ils ont été perdus. Il reste des copies.

Autre question : écrit-on al-Kharizm ou al Kharizm ? Exite-t-il un trait d’union en arabe ?

Avant d’aller plus en profondeur, c’est lui qui est à l’origine de l’algèbre et des logarithmes. Quant à la lettre X, elle fait tout un voyage qui commence avec Diophante d’Alexandrie (ah, voilà un autre personnage caractérisé par son lieu de naissance ou « nisba » comme on dit en arabe), continue avec al-Kharizmi, s’accommode des Espagnols avec une transcription, observe François Viète qui met des lettres dans les équations et finit par prendre son dernier costume avec Descartes.

Histoire plus complète de la lettre X :

  • tout au début, dans notre histoire, on a le mathématicien Diophante d’Alexandrie qui a pensé à une inconnue et qu’il a nommé Arithmos, le nombre, ou plutôt « le nombre qui renferme une quantité indéfinie d’unités […] et son signe est une fusion des deux premières lettres du mot en grec, soit de α et ρ qui ont donné :

ζ

  • c’est de ce mot arithmos que vient arithmétique. Cela se passe vers le IIIe siècle après J.-C. ;
  • arrive al-Khwarizmi (780 – 850) qui parle, en mathématique, de șay (chaï), la chose, celle qu’on cherche, l’inconnue, inconnue qui deviendra X bien plus tard. Rappelons que pendant des siècles, les écrits mathématiques s’écrivaient en toutes lettres. On est au IXe siècle ;
  • au XIIe siècle, le mathématicien et arabophone anglais, Robert Chesner, traduisit le texte de al-Khwarizmi Al-jabr w’al-muqabalah en latin. Cela s’est passé à Ségovie en 1145 ; son titre latin est Liber algebrae et almucabala ;
  • pour nommer l’inconnue cernée par al-Kharizmi, la langue espagnole ne possédant pas le son ch du mot șay (chaï), il a été transcrit en xai. C’est le son qui s’est répandu en Europe ;
  • au XVIe siècle, le mathématicien François Viète utilise comme paramètres d’une équation des lettres. Cela a pour effet que les problèmes sont écrits d’une façon plus concise et compréhensible pour tout le monde, mais on a encore le mot xay pour le X ;
  • c’est finalement au XVIIe siècle que Descartes va simplifier xay en X tout court. Il écrira son livre La Géométire, 1637. On y trouvera les coordonnes, X et Y, les fameuses coordonnées cartésiennes. Il a établi un lien entre la géométrie et l’algèbre. Jusqu’à lui, on avait la géométrie euclidienne, soit la relation entre les formes (propriétés des triangles, des cercles). Descartes propose de construire un monde où la géométrie et l’algèbre se rencontrent : on aura les plans à deux dimensions, donc avec deux axes, X et Y – l’une est horizontale et l’autre verticale – soient celle des abscisses et celle des ordonnées. Finalement, on a les équations linéaires sur un plan.

C’est une suite magnifique, on dirait une musique, une danse. En plus, si vous allez dans les articles sur les signes  » =  » et  » +  » dont vous avez les liens en bas, vous aurez les origines des notes musicales qui nous permettent de faire ces équations. Il me reste le signe  » –  » et celui de la division.

Fascination pour l’histoire, pour la façon dont les choses se construisent. Il y a toujours une chaîne : les Sumériens, les Babyloniens, les Indiens, les Arabes… leur fil conducteur dans cette histoire sont les nombres…

À la fin de l’article, je vas ajouter :

Je reprends l’histoire de l’écriture et de la phonétique. Il m’est arrivé une chose similiare avec Abraham-Louis Breguet et dans une mesure infiniment moindre avec mon prénom que j’entends prononcer : Suli, Tsouli, Tzoulli, Ziouli, alors qu’il s’orthographie Zully et dont la prononciation est Zouli. Je peux encore ajouter Zelly (c’est une dame aujourd’hui qui m’a appllée ainsi). Je ne tressaute pas lorsque j’entends qu’on m’appelle comme ceci ou comme cela ; ce n’est pas la peine d’en faire un plat. Mais, il reste une version qui me comble. Elle suit.

Mon nom à la mode d’Al-Kharizmi donne : Zully de Neuchâtel ou Zhullÿ Al-Qasr Jadidi (château neuf), soit, Zully provenant de Neuchâtel. C’est mon expert, mon cornac en français, celui qui a toujours réponse à mes questions dans quelque domaine que ce soit de la langue. C’est lui qui a commencé à mettre mon nom à l’arabe et j’ai fini par trouver la fin. C’est inexplicable, mais mon nom, ainsi, me cause une immense joie ! De plus, si j’ajoute fille de David (Davidovna en russe), cela donne Zhullÿ ibnat David Al-Qasr Jadidi.

Liens pour des articles similaires :

Midi Tonus 2026.1

Je continue de donner quatre cours et, une fois de plus, mon contenu est simple, ce sont les participants qui l’enrichissent ! J’aime avoir des petits groupes parce qu’ainsi une intimité se crée et les avis, conseils, de part et d’autre, passent comme un bateau sur l’eau !

Quatre cours. Je les cite en fonction des jours de la semaine où ils ont eu lieu :

  • lundi : @articulations – jouons avec elles ;
  • mercredi : danse classique et imagination ;
  • jeudi : @3m.ossature ;
  • vendredi : À vos pieds !

Quatre cours mais une unité : on vit avec ses articulations physiques et on vit les articulations sociales, on danse avec son corps et on danse avec la vie, on fait résonner le corps et le corps résonne en fonction de ce qui entre en nous, on écoute ses pieds et on prend conscience de la façon dont on les met selon les endroits.

Nouveauté et changement enrichissant. J’avais des jours précis pour les cours, tous les lundis tel cours, les mercredis le deuxième et ainsi de suite. Il se trouve qu’une participante du jeudi aurait voulu suivre le cours du lundi mais qu’elle ne pouvait venir ce jour-là et qu’une participante du lundi aurait voulu suivre le cours du jeudi mais que… vous avez deviné, ce jour-là, elle était prise. Je me suis demandé si j’allais changer ces jours « immuables », mais la demande a été insistante et j’ai fini par céder. Ensuite, j’ai découvert que des personnes qui sont venues m’ont dit : « Ah, cela faisait un moment que je voulais suivre votre cours, mais ce n’était pas le bon jour ». Alors, voilà un effet secondaire remarquable du désir satisfait de deux personnes qui ne se connaissent pas ! C’est l’exemple qui pourrait résumer le contenu de mes cours : on établit une articulation qui fonctionne (= changement de jour), on danse avec les demandes des participantes (= danse classique et imagination), on entre en résonance avec ce que les participantes disent (=@3m.ossature) et finalement on se dit que si on met les pieds du lundi dans un jeudi, etc. cela pourrait jouer (= À vos pieds !). Et voilà, le conte est fini ou plutôt il continue dans la vie de chacune des personnes qui ont assisté aux différents cours.

@articulations – jouons avec elles. On s’est bien rendu compte que nos articulations physiques vont de pair avec celles sociales et que la pensée joue un grand rôle. Je dis souvent : une personne va à un cours de méditation et son partenaire doit venir la chercher à 1 7 h 30. Il est 17 h 40 et la personne dit : « Il est où ce… (inventez le mot que vous voulez) ? » Je pense que c’est tout le temps que l’on doit veiller à ce qu’on laisse pénétrer dans le corps parce que celui-ci réagit « au quart de tour ». Moi qui aime les expressions, celle-ci ne vient pas du monde de l’horlogerie mais de l’automobile ; à l’époque le moteur tournait au premier quart de tour de manivelle.

Ce que le cours leur a encore apporté: : « Prise de conscience que les articulations n’aiment pas être figées et qu’elles ont besoin de mouvement pour êtres libres et nous permettre d’avancer dans la vie, dit l’une d’entre les participantes, avant d’ajouter : selon les exercices, j’ai en effet l’impression qu’elles dansent. »

Une autredes participantes a déjà fait un autre cours et connaît passablement bien son corps. Comme on est en confiance, on a discuté du sujet qui suit.

De la structure du corps. Je lui dis :

Là, je ne sais que dire : je me demande si le Créateur ne m’a pas fait créer le cours pour que Fabienne me donne la réponse que j’arrivais pas à lire en moi !

Danse classique et imagination. Ici on a résolu de prendre conscience du corps, de danser avec lui et de danser avec ce qui nous arrive dans la vie. Les participantes ont aimé l’alternance du travail de concentration par moments avec celui de l’expression libre avec un jeu de lumières. C’était la conscience du corps et la liberté en même temps !

Des photos pour le plaisir de voir la jolie forme des pieds d’Isabelle.

Dans la danse classique, la forme est essentielle et ici on est gâtés. Mais, mettre la forme dans le discours et dans les manières est aussi important.

@3m. ossature. Ici, on a écouté les os dont les messages ont pris de plus en plus d’ampleur au fur et à mesure des cours ; puis on a écouté les messages qu’il nous envoyait lorsqu’on écoutait notre pensée, la pensée des autres et les événements qui croisent notre chemin.

Des ressentis. Il a été fascinant de voir que le ressenti des participantes a bien augmenté au fur et à mesure du temps qui passait. Des sensations comme ancrage dans le sol, ouverture de la cage thoracique, picotements dans tel ou tel endroit ou partout. Voici ce que dit l’une d’elles : *J’ai ressenti beaucoup de vie, de vibrations, de solidité, de densité, de structure, d’espace et même de la fluidité dans mes os et dans mon corps. » Une autre : « Mes ressentis sur mes os sont souvent de la chaleur ainsi que des picotements. Au niveau du crâne et du visage ce sera plutôt une sensation de petites fourmis qui circulent. *

À vos pieds ! Ici, on est allé à l’écoute des pieds et finalement, on a fini par les laisser parler à la musique. Voici le montage de Ghislaine qui a pris conscience de ses points d’appui dans les pieds et du fait que les bouger peut résoudre certains problèmes :

Ghislaine s été surprise de découvrir qu’elle pouvait suivre des mouvements assez facilement. Son commentaire : « Je suis un vrai perroquet du mouvement ! »

Lien vers d’autres articles : je continue avec l’idée de ne faire qu’un seul article pour les cours de la session ; normalement chacun a ses propres liens. Si vous tapez le nom du cours sur la barre de recherche, vous aurez d’autres comptes rendus (cela fait neuf ans que je donne ces cours).

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Conversations 18 (en cours)

Le plaisir d’entendre les remarques, les réponses des autres ne s’éteint pas.

Une dame dans le restaurant d’un supermarché. Je venais de commander un ramequin chaud lorsqu’une dame d’un âge respectable s’est approchée avec un plateau et des restes de vaisselle en carton.

  • Je ne vois pas où je peux déposer les affaires. Est-ce que vous pourriez vous en occuper ? demanda-t-elle à la vendeuse.
  • Je peux m’en occuper, lui dis-je
    • La dame m’a regardée avec étonnement et dit :
  • Réellement ? Vous feriez cela ?
  • Oui.
  • Et comment puis-je vous remercier ?
  • Vous dites simplement que vous souhaitez que j’aille au paradis.
  • Vous reviendrez me dire comment c’est ! dit-elle en rigolant et en partant.
    • Je suis restée un peu interdite parce que je ne m’attendais pas à pareille sortie. Je suis allée ranger le plateau de la dame qui me voit et qui dit à son mari :
  • C’est la dame qui ira au paradis.
  • Oui, j’irai au paradis et ne reviendrai pas mais je vous ferai signe depuis là-bas. Nous avons tous rigolé.

Une fillette de huit ans environ. Je la connais depuis quelques années. Son père travaillait dans un supermarché. Chaque fois qu’elle me voit c’est une fête pour elle et pour moi ; elle a le don de me sentir parfaitement heureuse. Ses gestes sont empreints de noblesse et de grandeur d’âme. C’est hors du commun. Il en est allé de même il y a quelques jours. Je la vois en arrivant près de chez moi.

  • Salut, salut ! dit-elle avec son sourire attendrissant.
  • Salut, lui répondis-je.
    • Elle s’approche de moi et pose sa tête contre moi. Je craque.
  • Tu es magnifique !
  • Toi aussi, tu es magnifique, dit-elle.
  • Tout va bien à l’école ?
  • Oui.
  • Si jamais tu as un problème, tu me dis. Je souhaite que tout aille bien pour toi, et nous nous sommes quittées avec un sourire dans les yeux. J’ai dit à son père qu’il avait une fille remarquable et il a eu le sourire de celui qui sait. Il y a des enfants ou des personnes qui vous saluent par politesse, parce qu’on se connaît. Cette fillette a quelque chose d’autre qui m’émeut et qui ne fait ressortir que ce qui est bon en moi.

Le même vendeur d’un supermarché dont j’ai déjà parlé dans d’autres articles. Je le vois et lui dis que j’ai fait la maîtresse d’école avec une maman étrangère et ses deux enfants, 10 et 4 ans. Je lui raconte que garçon s’est arrêté devant les conteneurs pour les bouteilles en plastique, a pris le sac que sa maman portait et sorti une bouteille pour la mettre dans un conteneur. Je lui dis que ce n’était pas le bon endroit parce que le contenu ne se boit pas, il est fait pour la cuisine. Alors, il a introduit la bouteille au bon endroit. Je suis intervenue encore une ou deux fois, mais le garçon a vite compris. Puis, il a sorti un emballage de biscuits, aussi en plastique, je lui dis que ce genre de choses va dans la poubelle de la maison. Une fois qu’il a fini, je lui ai demandé comment il allait à l’école, mais là, il a parlé à sa maman dans une langue étrangère – j’ai compris qu’il n’allait pas à l’école ici ; sa mère me dit merci et ils sont partis.

  • Mais, ne vous cassez pas la tête, de toutes façons le contenu est trié à la centrale ! dit-il.
  • Ce n’est pas possible ! Il y a quand même des dessins pour indiquer ce qu’il faut faire…
  • Oh, si vous saviez…
  • Mon dieu, je ne pourrai jamais travailler dans un magasin !
  • Et vous ne savez pas tout.
  • Quoi encore ?
  • Le matin, quand on arrive, il y a des sacs avec des affaires en plastique que nous devons trier.
  • Ce n’est pas possible !
  • Mais, si. Il n’y a pas que des prix Nobel au travail, il s’en perd ailleurs !

Là, je n’ai pu que rire devant l’esprit ce cet homme. C’est magnifique d’avoir un tel humour.

Un « adolescent » qui traverse la rue. J’attends que le feu passe au vert et à côté de moi il y a un jeune homme d’une trentaine d’années. Arrive un personnage d’environ septante ans et qui traverse sans autre.

  • Ah, ces adolescents, tous les mêmes ! dis-je au jeune homme.
  • Euh… oui, c’est à désespérer, dit-il en me regardant après avoir compris que je pratiquais un peu l’humour.
  • Je ne sais pas ce que cette génération va devenir, ai-je ajouté.
  • En effet, dit-il et on a traversé au vert en rigolant.