Documents horlogers d’André Oppel au Musée d’horlogerie des Monts, Le Locle

Une nouvelle fois, je me dis que les histoires ne commencent pas toujours de la même façon car celle-ci ne déroge pas à la règle. Depuis que mon ami André Oppel (graphiste et ancien directeur du Centre culturel neuchâtelois) a quitté ce monde, j’ai gardé les quelques affaires qu’il a laissées tout en me disant qu’elles devaient bien aller au bon endroit. On m’avait dit que cela n’intéressait personne… J’ai bien fait d’attendre.

Photo prise à l’époque où André Oppel travaillait pour l’industrie, 1965.
Magnifique photo de Pierre-W. Henry.

Le départ de cette histoire est la « Fabrique d’horlogerie Froidevaux S.A. » où André a travaillé en tant que graphiste ; puis, c’est Roger Peeters, ingénieur travaillant dans l’horlogerie et dont je parle dans deux autres articles (un = danse et mathématiques – deux = cameraman et body painting ), qui me dit qu’il faudrait que j’aille voir le « Musée d’horlogerie du Locle – Château des Monts ». J’y suis allée cet été et l’ai trouvé très beau, complet, harmonieux. J’y ai lu des noms de famille d’anciens amis ou connaissances neuchâtelois. Cela m’a mise un peu en famille. De plus, le personnel est des plus aimable et cela compte. J’ai cru l’histoire finie, si ce n’est que je me disais que la prochaine fois que j’aurais des amis de l’étranger, j’allais les amener à ce musée.

Rôle du Musée de l’horlogerie du Locle. À un moment donné, je me retrouve avec un catalogue de la fabrique Froidevaux en plus. Jack Froidevaux, le fils du fabricant en a déjà un et je pense au musée. Je téléphone. Une aimable archiviste, Mme Marlène Rüfenacht, prend contact avec ses collègues et me répond qu’ils sont intéressés par tout ce qui pourrait concerner des documents horlogers de la période 1950 – 1970. Cette époque a été d’une grande effervescence dans le monde horloger neuchâtelois, mais il y a eu une crise et bien des maisons ont fermé, emportant avec elles les archives. Le musée n’a pas beaucoup de traces de cette période.

J’organise alors la remise de documents au musée. Pour cela, je réunis Knut, le photographe attitré de mes activités, Roger déjà cité et Jack Froideaux, le fils du fabricant. On monte au Locle et on se trouve à l’entrée du musée.

Roger, Jack, Knut.
Musée des Monts au Locle

Puis, le moment tant attendu arrive. Nous sommes reçus par M. François Aubert, président du comité du Musée des Monts et Mme Marlène Rüfenacht, l’archiviste. Se trouve aussi présente « Canal Alpha« , notre télévision locale dont le rédacteur en chef du journal, M. Etienne Arrivé, a pensé que c’était un événement suffisamment important dans l’histoire de l’horlogerie pour en faire mention dans son journal du 13.09.2019. Nous le remercions, ainsi que son équipe, pour cette collaboration. Le reportage, je l’espère, va inciter d’autres personnes possédant des archives ou des pièces horlogères à les remettre au musée. Le journaliste qui a présenté le reportage a aussi émis le même voeu.

L’accueil que nous réserve M. Aubert est chaleureux et nous passons des moments inoubliables en famille horlogère, car M. Aubert a aussi travaillé dans l’horlogerie et il est passionné par la branche. C’est un plaisir que d’avoir des échanges avec lui ! De plus, nous avons eu droit à une visite commentée par lui. J’ai appris bien des choses et tout cela me rapproche de ma région d’adoption.

J’avais composé un dossier fait avec la couverture du catalogue. En passant dire bonjour à M. Marc Mettler, le libraire et propriétaire du « Cabinet d’Amateur » à l’Escalier du Château, Neuchâtel, il voit mon dossier, remarque que je ne veux pas l’abîmer et me prête une paire de gants qu’il utilise pour son travail ! Les gants ont fait le voyage jusqu’au musée !

Dossier contenant les dessins et catalogue de la « Fabrique d’Horlogerie Froidevaux S.A. Neuchâtel – Suisse, faits par André Oppel, graphiste à l’époque.
M. François Aubert, M. Jack Froidevaux, moi, Mme Marlène Rüfenacht
Montage du catalogue et dessins faits par André Oppel, ainsi qu’une montre Precimax, dont la fabrique se situait à Monruz, Neuchâtel, toujours dans les années 1950-1970.

Ce qu’il y a d’important dans cette histoire, c’est que ce hasard, qui n’existe pas, a permis tellement de choses, que j’en reste étonnée alors que je savais au fond de moi que quelque chose devait arriver avec les documens que mon ami avait laissés. Ainsi :

  • le Musée d’horlogerie du Locle se trouve enrichi avec des pièces pour ses archives. En effet, le musée n’avait pas entendu parler de la fabrique Froidevaux et les témoignages du fils de l’entrepreneur ont été très bienvenus ;
  • Jack Froidevaux finit de remplir sa mission auprès de son père (c’est lui qui a représenté l’entreprise lors de la faillite dont les procès auront duré 20 ans !) ;
  • je participe à l’enrichissement du patrimoine horloger. Cela me procure un très grand plaisir et renforce ma confiance en moi, car j’ai eu raison de garder les documents ;
  • le plus important : le travail d’Adré Oppel se trouve honoré.

Bref, participer à l’enrichissement du patrimoine horloger est toute une aventure hors du commun !

Toutefois, mon périple horloger ne finit pas là. D’autres éléments vont se greffer :

  • Je devais aller à Paris et voulais y voir quelque chose en lien avec l’horlogerie. C’est une fois de plus Roger qui me dit d’aller voir le musée Breguet. Breguet… J’ai entendu parler des montres Breguet et de l’esprit très spécial d’Abraham-Louis Breguet au Musée des Monts, lors de la visite commentée par M. Aubert. Je décide d’aller le voir ;
  • Lors de la visite guidée du musée Breguet à Paris, je demande où se situait la manufacture Breguet car j’ai soudain l’envie d’aller voir l’endroit. C’est au « Quai de l’Horloge » me dit le guide. J’y vais et il se trouve que j’y étais passée la veille et même étais entrée dans la boutique à côté. Je me mets devant la maison qui n’a pas de sonnette en me disant que quelqu’un va bien sortir. J’attends une demi heure. Je racourcis. Finalement, je me trouve devant la descendante de M. Breguet. On convient d’un rendez-vous plus tard dans l’année ;
  • Je vais revoir le libraire, M. Marc Mettler (le propriétaire des gants !). Un monsieur parle avec lui. Longuement. J’attends. J’attends et j’attends. Finalement, je me dirige vers le rayon d’horlogerie et me demande si je ne vais pas trouver quelque chose sur M. Breguet dont je suis devenue une admiratrice. Arrive Marc avec le monsieur et me le présente. Il s’agit de M. Antoine Simonin, fameux formateur d’horlogers et directeur des « Éditions Simonin » spécialisées dans l’horlogerie. Je lui rends visite à Dombresson et il me dit que c’est lui qui a acheté la maison qui avait été la « Fabrique d’Horlogerie Froidevaux S.A » pour en faire une fondation et le centre de formation que l’on connaît, le WOSTEP (Centre de perfectionnement horloger) dont il a été aussi le directeur. Il ne savait pas non plus que la maison avait été le siège de la fabrique !

Cette aventure où des bouts d’histoire parfois si éloignés les uns des autres se rencontrent sur un même terrain me fait penser aux mots prononcés par la nouvelle déléguée à la culture à Neuchâtel, Mme Gaëlle Métrailler, lorsque je lui ai raconté l’affaire : « Cela prouve que vous êtes dans le juste ».

Effectivement, quelle émotion de voir le périple fini et les documents, ainsi que la montre, commencer une nouvelle vie dans le musée !

Au moment d’apporter la montre au musée, je me suis dit qu’il lui fallait un emballage, un carton, quelque chose. Après plusieurs essais, je me suis dit que j’allais lui fabriquer un « habit » inspiré de celui que je porte le jour de la remise des documents. J’avais un reste de tissu et de dentelle. Le conservateur du musée, M. Morgan Mootoosamy, a trouvé l’idée intéressante et la montre figure ainsi dans la vitrine !

Voir le nom d’André et le mien au musée, me provoque une émotion…

Liens vers :

  1. Fabrique d’Horlogerie Froidevaux S.A, Neuchâtel-Suisse ;
  2. Une montre parmi les affaires d’André ;
  3. Rencontres particulières .12 : Abraham-Louis Breguet ;
  4. Histoires d’entreprises (sujet général).

Zully photographe pour le plaisir de faire des montages…

C’est lors de l’inauguration de la rénovation de l’Hôtel de Ville de Neuchâtel que j’ai pris des photos, certaines sans avoir vraiment de raison et d’autres pour la beauté de la chose. Puis, les choses prennent forme et cela donne, avec Knut, notre photographe attitré ceci :

C’est vrai, Knut passe assez inaperçu malgré son 1,90 et quelques centimètres de hauteur. Il réussit à se fondre dans le paysage. Ici, c’est David de Pury qui le constate dans son tableau suspendu à l’Hôtel de Ville de Neuchâtel.
Cette photo peut donc s’appeler David et Knut ou Knut et David.
Cette photo est prise dans le passage entre PKZ et le Temple-du-Bas, Neuchâtel.
Knut m’a dit qu’il vaudrait mieux avoir une veste en Gore-Tex si je voulais l’accompagner tôt le matin pour faire des photos. J’ai aimé le mot et il va bien à Knut. Il faut prononcer à la « rrrrussse », avec un accent sur la prmière syllabe – en plus le « o » est une sorte de « ouo » et là… le camarade apparaît !

Zully photographie des jambes

Le corps en général dit bien des choses sur les gens. J’ai une section destinée aux mains, cette fois-ci, ce sont des jambes, des chaussures, des pieds qui m’inspirent. Je devrais me promener, tout comme notre ami Knut, avec un appareil photo dans les mains. Heureusement que la qualité des photos prises avec un téléphone portable s’est bien améliorée.

Premier échantillon

Second échantillon ou les jambes de Victoria.

Liens vers :

Zully photographiée par Knut, version 6 (divers) – en cours de rédaction

Nous sommes allés voir l’Hôtel de Ville de Neuchâtel dont les travaux de restauration avaient pris fin. Le bâtiment, en plein centre de Neuchâtel, avait les portes ouvertes pour le public. J’ai profité pour m’asseoir à la place du président. J’avais déjà assisté à des réunions du conseil communal, mais être à la place du président… cela donne une toute autre saveur !