Réparations et rangement = de l’ordre en soi.4

Chaque année, je dois revoir de fond en comble les affaires que j’ai dans mon studio de danse du fait qu’il est humide. C’est un exercice quelques fois démoralisant, mais qui me donne, une fois fait, bien du plaisir.

Cette fois-ci, je range mes cartons contenant des costumes et m’aperçois qu’il y a un tas qui ne repose pas sur une surface de même hauteur. Il n’y a pas d’autre endroit pour les cartons. Il faut trouver une solution.

J’ai fait les photos sur le banc fait par Ernest Grize, le premier régissseur du Centre culturel neuchâtelois, et que j’ai repeint à ma façon.
L’alignement est bon, mais, je pourrais mettre encore un petit carton derrière le papier pour lui donner une apparence lisse. Ce sera une autre fois.

Ce qui me semble intéressant dans cette histoire, c’est que le couvercle d’un carton continue son existence sous un tout autre aspect que celui pour lequel il avait été destiné. Il me semble que c’est ce qui nous arrive quelques fois. On pense qu’on est utile ici et finalement c’est ailleurs que nous le sommes.

Dans cette aventure aussi, le bout de carton aurait pu simplement être plié et remplir le nouveau rôle que je lui ai donné, mais, il m’a paru évident de le remercier pour son service en l’emballant avec soin. Ici aussi, ce n’est pas parce que notre rôle n’est pas majeur que l’on ne doive pas prendre soin de ce qu’on a à faire, ou qu’on ne doive pas traiter avec élégance ceux qui nous rendent service.

Personne ni nulle chose n’est insignifiante, peut être la moralité de cette histoire. Et elle me rappelle celle que est arrivée à l’un de mes amis de Bucarest et à un sac de Zurich. Mon ami Ticu se promenait au centre de Bucarest et voilà qu’il croise une dame portant un sac en plastique avec des illustrations de Zurich. Ni une ni deux, il s’approche de la dame et lui demande s’il pourrait avoir le sac. Elle, on ne sait pas ce qu’elle pense, mais lui donne le sac. Arrivé chez lui, Ticu découpe le sac en fait une bande et décore une de ses lampes. L’effet a été somptueux et tous ceux qui allaient en visite chez Ticu admiraient la lampe. Personne, pas même celui qui avait fait l’image de la ville de Zurich, n’aurait pensé que ce sac pourrait avoir un tel destin. Je trouve cela magnifique !

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À quelque chose malheur est bon

Cette drôle d’expression s’applique tout à fait aux deux états par lesquels je suis passée en quelques heures : d’un « mince alors ! Il ne manquait plus que cela », à « quelle chance, maintenant, je sais comment faire ! »

Tout a commencé parce que mon studio de danse a été inondé lors de la dernière grande pluie et que je fais des allers-retours avec des choses pour les laver, sécher au soleil, réparer. À un moment donné, je mets diverses choses dans mon sac, dont une avec de l’eau et vais à mon studio. Je trouve une astuce pour suspendre des cilindres dans une armoire, je trie mon matériel de réparations et me dis qu’il faudrait que j’envoie un message à ma voisine du studio pour savoir si elle a arrosé les plantes ou si je dois le faire. Je regarde dans mon sac, m’aperçois qu’il y a un peu d’eau, sors mon portable ; il a un drôle d’air, il a l’air de sortir du bain et affiche « votre carte Sim est bloquée, veuillez introduire votre code Puck ». Je tapote sur le clavier sans succès. C’est là que je me dis « Il ne manquait plus que cela ! » Sans le vouloir, j’imagine une dépense supplémentaire… un film désagréable.

Je sonne chez ma voisine, lui explique la situation et elle me dit que sa fille a laissé tomber son téléphone dans le lac et qu’elle l’a récupéré avec ses fonctions après l’avoir laissé une nuit dans du riz. C’est vrai, je me rappelle que le riz a des propriétés fantastiques.

Après avoir regardé une vidéo sur la Toile, je réussis à enlever la carte Sim. Je passe ensuite chez mon fournisseur téléphonique et le vendeur me dit que mon téléphone est fichu et que je dois en acheter un autre. Mais, miracle, il le manipule et l’appareil s’allume. Il me dit d’attendre le lendemain pour remettre la carte Sim. Je passe chez les vendeurs d’Inter Discount qui me conseillent la même chose que ma voisine anglaise, à savoir, de le laisser 24 heures dans du riz.

Une lumière s’allume dans mon esprit et je demande à l’un des vendeurs que je connais bien si je peux faire des petits sacs de riz pour absorber l’humidité de mon studio de danse. Il répond affirmativement. Je demande si je peux les faire en plastique, il dit que le riz ne va pas pouvoir agir (c’est évident, ai-je pensé une fois qu’il m’a donné son explication) et que le mieux serait des sacs en papier.

Je passe au supermarché, achète du riz en bonne quantité. J’ai de la chance, il y a une promotion et je bénéficie d’un rabais. La chance tourne !

Je rentre chez moi et plonge mon téléphone dans du riz.

Entre temps, les idées se sont bousculées dans ma tête et j’ai une image pour les sacs ; je cherche la boîte où j’ai rangé un tas de petits bouts de tissu blancs. Je me dis que je vais faire des petits coussins. J’ai besoin d’au moins 50 petits paquets… Je voudrais quand même les faire jolis. Ce n’est pas parce qu’ils ne vont contenir « que du riz », « que personne ne va les voir », qu’ils doivent être faits n’importe comment. Mais, je ne vais pas non plus passer des heures…

Je trouve une solution. Les ciseaux achetés dans un magasin qui n’existe plus en ville coupent en zigzag, les bordures seront ainsi jolies. J’ai coupé et cousu des petits sacs pendant une heure et passé une heure et demie à les remplir et à les fermer à la main. Ce sont deux heures et demie mais je ne vois pas le temps passer car je me dis « quelle chance, avec cette histoire du portable mouillé, j’ai trouvé une solution à mes problèmes d’humidité à bas prix et en plus jolie ! ».

Le hasard, qui, je le dis une fois de plus, n’existe pas, a fait que mes sacs sont en majorité de la bonne grandeur, à savoir qu’ils peuvent contenir les 40 gr de grains de riz recommandés sur la Toile. Pour les petits, j’en mettrai deux selon les endroits. C’est connu, l’appétit vient en mangeant et d’autres idées surgissent pour que des jolies formes avec des grains de riz décorent ma salle, certaines se fondront avec des objets et d’autres seront en relief.

Pour en revenir à l’histoire du hasard. Je ne peux faire autrement que de parler du physicien Jean-Pierre Garnier Malet qui rappelle que nos idées parviennent à notre cerveau 0,7 à 0,5 secondes avant que nous n’en soyons conscients. C’est Benjamin Libet qui l’a démontré. C’est fantastique quand on y pense. Cela explique bien des choses.

Fin de l’histoire et lien avec une autre histoire. En parlant de fin, cela a été la fin de mon téléphone. Il s’est plus ou moins réveillé, mais a décidé de rester endormi. J’ai dû me résoudre à en acheter un autre et je ne me rappelais pas que c’était si compliqué de retrouver les données, les applications, les mots de passe, les codes de ceci et de cela. C’est ici que commence une nouvelle histoire avec « Le rôle du commerce au centre-ville. 5 et Inter Discout ».

Moralité de tout cela : dommage que mon télélphone soit devenu le beau téléphone dormant sur son lit de riz. Je n’ai plus retrouvé le même modèle dans cette société où il faut toujours du neuf, du plus. J’ai un téléphone qui fait de meilleures photos, qui a plus de mémoire et qui prend aussi plus de temps à envoyer mes photos sur mon portable via le courriel. En effet, j’ai un Mac et les Mac ne font pas bon ménage avec les Samsung. Quant à un supplément de mémoire, je n’en avais pas besoin et pour ce qui est de la qualité des photos précédentes, elle était très bonne. De plus, j’ai deux très bons appareils photo, un Canon T 70 avec film argentique et un Sony cyber-shot qui est excellent ! Mais, je n’ai pas le choix, sans téléphone portable aujourd’hui… c’est comme mon Samsung sur son lit de riz !

Surprise ! Je n’arrêtais pas de me dire qu’il devait être possible de récupérer quelque chose de mon téléphone dormant. Je l’ai amené à un réparateur qui a su entrer dans les rêves de mon appareil et récupérer certaines adresses, certains messages et des photos. Le montant à payer a été élevé, mais je me suis dit que le fait de retrouver certaines informations n’avait pas de prix. On le sait, l’annuaire téléphonique est quasiment inutile tellement le téléphone portable est utilisé et plus répertorié. On est presque comme dans un conte où tout finit bien. Avec le temps, cela ira mieux.

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@articulations – jouons avec elles

Il y a bien des façons de travailler, mobiliser, faire bouger les articulations : en position assise, debout, au bureau, en file d’attente. Et comme les choses ne sont jamais séparées, on travaille les chaînes musculaires, l’ossature, les fascias, les méridiens. La pensée joue un rôle primordial.

Pour cela les objets de notre quotidien peuvent devenir des outils de travail.

Pratiquement : on fait bouger les articulations dans tous les sens, en prenant conscience de leur structure, de leur anatomie, des possibilités de chacune. C’est un travail minutieux mais il peut aussi être amusant, et le plaisir, on le sait, est un élixir pour le cerveau !

Nous avons un corps et prenons pour acquis son fonctionnement. Ce n’est que lorsque quelque chose ne va pas qu’on se demande comment cela se fait que…

Les articulations sont comme toute chose, il faut en prendre soin :

  • une serrure, on la nettoie, on la huile ;
  • une porte, on ne la tape pas ;
  • un livre, on ne le laisse pas ouvert ;
  • un crayon, on le taille ;
  • etc.

Entre 200 et 360 : c’est le nombre de nos articulations.

La mobilité du corps va de pair avec celle de l’esprit, on le sait. Cependant, les routines, même dans le mouvement, peuvent mener à une certaine rigidité. La pluralité est toujours saine.

Ce cours, comme tous ceux que je donne, est personnalisé. En effet, chaque participant amène son monde, on le visite ensemble et on essaie de voir où l’on peut agir. On peut faire un parallèle avec le verbe être, il se conjugue simplement, mais il décrit une infinité d’états.

Une des choses que j’aime dans ma vie ce sont les coïncidences dues à ce hasard qui fait si bien les choses, hasard qui n’en est pas un. Voilà donc que j’achète un livre sur des expressions françaises « Ma grand-mère disait toujours ça… » et en le feuilletant « au hasard » je tombe sur l’explication suivante : Le mot nerf est issu du latin « nervus » qui signifie « ligament » au sens propre, «  force et vigueur » au sens figuré. Le ligament est réellement fort, puisqu’il lie les os entre eux. Cela tombe bien, le sujet fait partie du cours et tout est lié, on peut faire des parallèles dans toute sorte de domaines !

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