La danse, toujours la danse, et un musicien de rue (en cours de rédaction).

Les musiciens de rue de Neuchâtel m’ont souvent bien inspirée. C’est le cas avec un musicien que j’ai entendu hier en ville.

Un air de musique populaire, une marche très rapide. Voilà ce que j’entends en allant déposer une partie des costumes de mes spectacles que je viens de laver. Chaque année c’est le même exercice : mon studio est humide et je dois, chaque été, tout sortir, laver, mettre au soleil. Je m’approche du musicien et lui demande s’il a un CD :

  • Malheureusement pas ici, à la maison, oui.
  • Avec ce morceau ?
  • Il y a des musiques populaires, du classique, du clavecin…
  • Mais pas ce morceau ?
  • Non.
  • Vous pourriez l’enregistrer ?
  • Non… mais si vous avez un téléphone portable…
  • J’ai un enregistreur. On fait quand ?
  • Demain ?
  • Oui.
  • On se retrouve à cette place à 11 h ?
  • Parfait !

Le lendemain, soit aujourd’hui, j’arrive avec du retard. J’ai eu beaucoup de travail avec le lavage de mes costumes et ai très peu dormi. Mais, arrivée en ville, j’entends la musique de l’accordéon et me laisse guider par elle. On convient de se retrouver à midi. À 12 h 30, il faut qu’il quitte sa place de parc. C’est calculé un peu juste, me dis-je.

Sur le chemin. Je lui demande comment il en est venu à jouer de l’accordéon. C’est sa mère qui l’a initiié.

Enregistrement. Il entre dans mon studio, a un son d’étonnement et de plaisir en découvrant le lieu ; je lui dis de s’installer sur scène, sur une chaise. Il me demande si je veux le même tempo ou plus lent ou plus rapide que celui d’hier. Je n’y ai pas pensé et lui demande de garder le même. On compte, un, deux, trois et j’enregistre.

Parfait. C’est une musique très entraînante et le musicien est vraiment bon. Je me dis que la même musique un tout petit peu plus lente… Je demande au musicien s’il peut la jouer un peu plus lentement. afin de m’éviter de courir tout le temps sur scène. Il s’exécute et j’enregistre une nouvelle fois. Je lui dis que je me suis inspirée pour bien de mes danses de morceaux interprétés par des musiciens de rue. Je lui dis que je suis à la croisée de chemins et que je reprends mes spectacles intimistes. C’est l’activité qui embrasse tous les domaines de mon existence et qui me permet de communiquer avec plusieurs personnes en même temps.

  • Je voudrais faire un article sur vous sur ma plateforme. Il faut qu’on se revoie.
  • Lundi je reviens en ville et vous apporte une biographie. Je prendrai aussi le 45 tours que je vous offre et le CD.
  • Et pour maintenant ? Je vous dois combien ?
  • RIen, pour cinq minutes, rien.

Je me dis que je suis bien tombée, qu’on agit de la même façon.

  • Je voudrais vous faire une photo pour l’article. Au fait, vous vous appelez comment ?
  • Jean-François,
  • Zully, enchantée !

Voilà, c’est souvent ainsi que cela se passe ; l’art avant tout. Je dois dire que je connais un tas de monde dont j’ignore le nom. Pour moi, le plus important ce sont les messages que nous nous transmettons. Il faudra aussi que demande le titre du morceau.

Il trouve qu’il est habillé en touriste… Ce qui m’intéresse c’est sa tête. C’est quelqu’un de franc, de direct et de jovial. Nous sommes devant la porte de mon studio. Je viens de la huiler et la plaque et les différentes décorations ne sont pas encore posées.