Converstations de rue en patchwork

Il se passe des choses très profondes avec des personnes que je ne rencontre que quelques instants.

La vie se charge de bien des choses. C’est ainsi que l’on n’a pas besoin de parler la même langue pour s’entendre. C’est ce qui se passe avec les animaux, les plantes et même les objets et que nous pouvons converser avec eux. Voici cinq histoires.

  • No 1. J’arrive à un passage piéton au bon moment et le traverse. En arrivant sur l’autre trottoir, je vois une dame quelque peu âgée, marchant avec difficulté avec deux cannes. Je ne sais pourquoi, je m’approche d’elle et lui dis :
    • Si vous aviez couru, vous auriez pu passer !
    • Oh ! J’ai le temps… mais si je n’avais pas eu le temps, j’aurais couru !
      • On a éclaté de rire ensemble, et son rire était tellement plein de vie et de joie que j’ai été charmée. Je lui ai dit que j’allais écrire notre échange sur ma plateforme, car c’était le genre de choses que les gens devaient lire et pas les catastrophes. Elle a été touchée, car elle a eu un joli mouvement de tête et m’a lancé un regard qui m’est allé droit à l’âme.

  • No 2. Un papillon dans le lac. Je suis dans « mon » lac et tout à coup, je vois arriver un papillon qui aquarrit devant moi, je veux dire qu’il est arrivé sur l’eau (amerrir c’est dans la mer, aquarrir… c’est dans l’eau) ; je le vois se débattre un moment, je sais qu’on ne doit prendre un papillon par les ailes et ne sais que faire ; finalement, le papillon laisse ses ailes reposer sur l’eau. Je ne sais toujours pas quoi faire et tout à coup une plume blanche se matérialise dans mon champ visuel. Je la prends, l’approche de Pap (il a maintenant un prénom) qui comprend, s’y agrippe avec ses pattes, y reste le temps que je m’approche du rivage et d’une grande pierre. Je dépose le véhicule avec Pap et prie pour que les choses s’arrangent.
    • Je retourne dans l’eau et peu après vois un autre petit animal, un insecte brun, je ne connais pas la sorte, me dis que… mais, je ne peux pas le laisser se noyer même s’il est potentiellement « nuisible ». Il doit quand même avoir une utilité que je méconnais. Je cherche une autre plume, mais rien. Plus loin, il y a un bout de branche que je vais chercher. La petite bête s’y accroche aussi avec ses pattes. Elle doit se dire qu’elle est hors d’affaire, car elle me fait confiance pendant le trajet. Je la déponse sur une autre pierre, regarde celle où j’avais déposé Pap… qui n’y est plus. C’est bon signe. À la fin de ma baignade, il n’y avait plus personne sur les pierres. Je me dis que ma baignade n’a pas été inutile.
    • Le lendemain, je retourne pour une nouvelle baignade et lorsque je suis pieds nus, un papillon (différent de celui de la ville, je crois bien) se pose sur mon pied. Je le prends comme un salut, un remerciement, un signe. Je suis contente et salue ce nouveau Pap.
  • No 3. Un délice ! Je consulte ma référence en questions linguistiques, Chambaron – son nom de plume – et il me dit qu’il existe le verbe « aqualir », mais que si mon aventure papiliacée le permet, je peux oser le mot de mon choix, choix qui s’est porté sur « aquarrir ». C’est un pur délice ! Et vous avez vu l’adjectif « papiliacé » ? C’est tout aussi délicieux ! Je raconte à Chambaron que je suis en train de faire en même temps ma comptabilité et ma déclaration d’impôts, il me répond qu’il me laisse papilloner sur mon « net à payer ». Je suis comme dans un rêve !
  • No 4. Les distances en cette période de pandémie. On peut avoir l’avis personnel que l’on veut, mais on ne peut l’imposer aux autres et il faut suivre les règles présentées. Cette fois-ci, je me trouve dans un supermarché, à la caisse. Je suis à une distance raisonnable de la personne qui est devant moi et voilà qu’une dame se met assez près de moi par derrière.
    • Je la regarde… Elle ne bouge pas. Alors, je m’éloigne un peu en diagonale afin de garder la distance par rapport à la personne devant et voilà que celle de derrière avance aussi. Je lui dis que si on respecte les distances marquées au sol, elle est trop près, qu’en fait, je devrais être à sa place.
    • Elle sourit et dit que j’ai raison et elle recule. À dire vrai, elle ne va pas très très loin, je la regarde encore une fois et à nouveau elle sourit et dit, mais ici il n’y a a plus de marque et elle sourit ! Je ne résiste pas et ris. Je lui dis qu’elle est intelligente et lui demande si elle avait aussi agi de la sorte lorqu’elle était à l’école. Elle dit que non, qu’elle était plutôt timide.
    • Je la fécilite parce qu’elle a bien avancé dans la vie et lui dis que je vais mettre notre conversation sur ma plateforme . On se quitte en d’excellents termes.
  • No 5. Solution inespérée. Il y a des histoires qui sont des enseignements pour ceux qui les racontent ou les lisent. Celle-ci en fait partie. La dame dont je vais parler, je la rencontre de temps à autre en ville.
    • La dame n’a pu élever ses filles et qu’elle ne voyait plus l’une d’entre elles depuis près de vingt ans. Cela faisait pourtant des années que nous nous croisions et bavardions de choses quotidiennes, mais voilà qu’il y a quelques mois elle m’en parle. Je suis touchée par la confiance.
    • Il y a quelques semaines, elle me dit qu’elle a revu sa fille, qu’elles ont pu parler et que la relation a pu être rétablie. J’en suis ravie.
    • On est juste après Noël et elle me raconte qu’elle a pu parler plus profondément avec sa fille et que cette dernière s’est rendu compte qu’on lui avait raconté des histoires.

La dame sétait dit que ce ne serait plus possible. En effet, si des mois, des semaines, des jours, des minutes peuvent nous sembler longs, que dire de vingt ans. D’autant plus, me dit-elle, que sa fille ne savait pas qui était sa mère jusqu’à l’âge de 18 ans !

Enseignement. Voilà, lui dis-je. Vous pourrez dire à ceux qui vous racontenront des histoires sans solution qu’il y en aura bien une et que si vous avez une belle fin, cela sera aussi leur cas ! Je lui ai dit que j’allais raconter son histoire et son visage s’est détendu par un sourire.

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