Tamara ou la rencontre avec mon miroir – rencontre particulière 17

Eщё нет – en cours de préparation

Chaque fois que je rencontre Tamara en ville, je suis heureuse.

Aujourd’hui, je me disais que ma vie était quand même quelque peu difficile ; sentiment déjà éprouvé bien des fois et qui, en même temps, me disait aussi que solution il y aurait. Et voilà que je rencontre Tamara, Tamara est une personne fort intéressante. Ainsi que je le dis dans d’autres articles, chaque fois que je renontre des Russes, je sens tout simplement que l’amour descend sur terre !

On dit que nous ne rencontrons que nos miroirs, on dit aussi que nous connaissons toutes les questions qui se dressent devant nous et leurs réponses, mais que nous ne savons pas toujours les voir, les entendre ; raison pour laquelle, la vie nous aide en nous envoyant des miroirs sous forme de choses, de situations et de rencontres. Aujourd’hui, mon miroir s’appelle Tamara. Tamara est une femme forte, elle essaie toujours de trouver une solution. Elle a baucoup de patience. Elle est aussi persévérante. Elle a des qualités qui me plaisent et nous avons les mêmes valeurs. C’est tellement important ! Dans une famille, tous les membres portent le même nom, ont le même sang, mais ils peuvent être très différents les uns des autres et parfois nous pouvons nous sentir proches de certaines personnes sans raison apparente. C’est ce qui arrive avec Tamara.

De façon générale, il vaut mieux parler de complications, de difficultés que de problèmes. Pourquoi ? Parce qu’il y a des problèmes sans solution alors qu’une chose lourde peut être soulevée à l’aide d’un levier. C’est bon de le savoir. Comme on le sait, des difficultés, on en a, elles arrivent, parfois, sans invitation. Quand elles sont devant nous ou même dans notre intérieur, il nous faut trouver une solution. Je me rappelle que lorsque mon ami, André Oppel, est parti au ciel, je me suis dit que du temps des pharaons, la femme du pharaon partait avec lui et je me suis dit que je serais aussi bien partie. Pas possible. Maintenant, je me rends compte que depuis lors j’ai appris bien des choses intéressantes, pas seulement intéressantes mais aussi vitales !

Comme déjà dit, il y avait à nouveau des difficultés sur mon chemin. Eh oui ! Une fois de plus, mais, je vois, en même temps, que ma vie change. Comment le sais-je ? Je m’en rends compte parce que lorsque je range des choses chez moi, ou dans mon studio de danse, je leur trouve de nouvelles places et que lorsque j’en répare, je trouve de nouvelles méthodes, de nouvelles solutions, je reçois des aides inattendues, etc. Par exemple : j’ai chez moi des rideaux qui sont suspendus à des anneaux, eux-mêmes suspendus à des petits crochets en plastique. Les premiers crochets que j’ai achetés, il y a des années, étaient solides ; les actuels sont d’une très mauvais qualité – tout comme bien des choses de nos jours – et se cassent rapidement. Cette fois-ci, je les ai remplacés par des rubans et voilà que je n’aurai plus de problème avec des crochets. Ouf ! C’est comme cela que je sais, c’est mon esprit qui me le dit, que de nouvelles solutions sont en chemin et que ma vie va devenir plus simple. Je n’ai pas d’explication pour cela, c’est ainsi. Chez moi tout est lié, l’intérieur comme l’extérieur.

Seulement, dis-je à Tamara, cette fois-ci, je suis quelque peu fatiguée des leçons de la vie. Je trouve que j’ai déjà assez appris et que, tel un bateau, je mérite de voguer au large ! Qu’est-ce que tu racontes ! réplique Tamara – tu as l’air en meilleure forme qu’il y a cinq ans et bien meilleure que lorsque ton ami est parti au ciel. Tamara ne parle jamais en l’air.

Voici le genre de propos qu’elle m’a tenus :

  • « nous devons remercier, chaque jour, ce que nous recevons. Vraiment tous les jours !
  • il faut toujours faire face à ce qui se présente :
  • ceux qui ne nous comprennent pas sont tout simplement autrement, ce n’est pas important ; c’est à nous à faire l’effort de les comprendre » . Cette dernière phrase me rappelle Iossif Leonidovitch , un autre ami russe, qui me disait au sujet du même thème : « Lorsque tu regardes le monde d’en haut, il est tout petit ». Il avait raison.

Au sujet des propos de Tamara, je vous laisse réfléchir. Mes réflexions se réfléchissent dans les articles cités en bas de page.

Voici la rencontre avec Tamara en images. C’est comme dans les réclames : avant et après. Dans le cas présent, avant et après la rencontre avec Tamara.

Avant
Après

Ce qui est certain, c’est qu’une fois que nous avons traversé le tunnel, nous nous apercevons qu’il a valu la peine de tenir debout et on a un sentiment de victoire ! Seul bémol, la durée du tunnel… Mais, alors, la sortie est pleine de lumière !

Liens vers :

Une princesse en détresse…

J’attendais Rogerl’ingénieur pour continuer une série de travaux dans mon studio de danse, studio un peu frais, car c’est une cave. Le soleil de ce mois de février m’a conviée dehors pour découdre une jupe héritée de l’Opéra de Bucarest que je voulais transformer pour l’une des danses de mon prochain spectacle. Je vais donc dehors.

Le soleil ensoleillant un endroit où je ne pouvais m’asseoir, je découds ma jupe debout et voilà qu’arrive par les « Escaliers des prisonniers » renommés « Escaliers de la Sorcière » un passant. En plaisantant, je lui dis qu’enfin je vais pouvoir demander de l’aide. Il me demande de quel genre et je lui montre en rigolant ma jupe. Il me dit au revoir. Mot un peu court, mais il n’y avait peut-être rien à ajouter.

Un passant romantique. Je continue à découdre ma jupe et apparaît un autre passant auquel je sers la même scène. Il me regarde et s’exclame « Vous êtes une princesse en détresse ! ». Je lui dis qu’enfin quelqu’un a tout compris. Je lui dis qu’en plus en face a habité un ami parti au ciel et que je me sens telle une Roméa en bas du balcon de son Juliet. Le passant dit qu’il n’a malheureusement pas de carrosse magique pour m’emmener au pays des.. Il ne trouve pas le mot et j’ajoute « des « rêves », mais qu’il me souhaite une excellente fin de journée. Je lui souhaite la même chose en me disant que ce pays des rêves est peut-être tout proche. C’est quand même beau de rencontrer des passants romantiques !

Liens vers :

De l’art de l’utilisation des épingles de sûreté = rangement en soi et ressources insoupçonnables à notre disposition

Une fois de plus, on retrouve Roger Peeters, l’ingénieur que je qualifie d’ingénieur ingénieux !

C’est bien vrai, ce n’est pas parce que quelqu’un exerce une fonction, un métier et qu’il est professionnellement qualifié qu’il est ingénieux, inventif, réfléchi. Roger est un ingénieur ingénieux.

C’est bien vrai aussi, nous avons parfois des ressouces au-delà de ce que nous croyons avoir.

Mes histoires s’imbriquent les unes dans les autres. J’ai eu l’idée de mettre des rideaux rouges comme fond de scène pour des danses à venir. Le temps que je retourne en Roumanie, que je trouve le bon tissu, que je confectionne les rideaux et que je trouve quelqu’un pour m’aider à les suspendre… a été long. Roger est intervenu dans la dernière étape. Mais, cela fera le sujet d’une histoire séparée. L’objet du jour, pour ainsi dire, est l’utilisation insoupçonable des épingles de sûreté..

Un rideau latéral des deux côtés. J’ai pensé à combler le vide avec des rideaux supplémentaires attachés avec des ficelles afin de pouvoir les enlever facilement lors du nettoyage général du studio. Roger s’est dit qu’il devait exister un système plus simple.

Il m’a demandé si j’avais des trombones, mais je n’en avais pas sur place.

Mes outils. Dans le studio, j’avais étalé mes outils et différentes autres affaires nécessaires à l’accrochage des rideaux et à la couture d’anneaux de suspension. Roger s’est approché de mes épingles de sûreté, en a pris une ainsi que la grande pince, a traficoté l’épingle, est monté sur l’échelle avec le rideau et en a accroché un bout sans peine à l’aide de l’épingle modifiée. Il m’a montré comment faire.

Les épingles de sûreté. Voici la tranformation :

Moralité : une épingle peut faire plus qu’une épingle tout en restant une épingle ! C’est-à-dire que l’espace entre les deux barres de l’épingle augmente et permet soit de saisir plus de tissu soit d’embrasser le diamètre d’un câble supérieur à ses capacités originelles – c’est le cas cette fois-ci. C’est ce qui est fabuleux. On pense qu’on n’a pas ce qu’il faut et finalement on a ce qu’il faut.

Système D. On parle du système D ou système de débrouillardise. Ce système fonctionne très bien dans des pays en voie de développement ou anciennement dans les pays de l’Est. C’était presque une norme dans ces derniers pays. Aussi, voir un Hollandais (Roger est hollandais) inventer des choses pratiques est étonnant. On peut dire que son métier l’aide, il est ingénieur en mécanique, mais je sais bien que cela n’explique pas tout ; il faut un certain esprit d’ingéniosité.

Il en va de même avec nous. Il semble que nous n’ayons à faire face qu’à des situations qui sont à notre mesure. Néanmoins, il arrive que nous nous trouvions dans des situations qui semblent nous dépasser, mais tout à coup une solution simple et limpide apparaît. Nous ne nous sommes pas transformés, nous ne sommes pas entrés dans l’habit de quelqu’un d’autre, nous avons simplement eu une éclaircie dans notre esprit et nous trouvons, à l’instar de l’épingle, à faire plus qu’on ne l’avait cru.

La relation avec les autres est toujours porteuse de leçons. Cela me rappelle une leçon de vie d’un de mes autres maîtres de ballet, Maître Oprea Petrescu, un jour que je lui posais une question il m’a dit : tu peux apprendre quelque chose de tous les professeurs de danse, même du pire, car tu apprendras au moins à ne pas faire comme lui. C’est une leçon de vie que je porte en moi et que j’ai transposée à tous les domaines.

Merci Roger et merci Maître Oprea Petrescu !

Liens vers :

Михаил и Ольга Верхоланцев : необычная встреча 7

У меня есть мечта : совсем хорошо говорить по-русски. Я бы хотела провести несколько месяцев в России (два ?). Я уже там была и каждый раз была рада, но я давно не была и когда появляется какая-то возможность, что-то случает и ничего нет. Если кто-нибудь прочитает эту статью и увидит ошибки, я хотела бы знать. Заранее спасибо !

Эту статью я давно писала на французском языке и только сейчас пробую её перевести. Как случает такая вещь ? Вещи у меня завязанные. Они как дерево с разным ветвями, и несколько раз они пересекаются : у меня было ветка с другом Иосиф Леонидович Прут и только несколько дней назад я умела писать на русском языке – я хотела поблагодарить Иосифа, потому что я у него учился урок жизни и потому что он был моим другом ; искала помощи, но не нашла и вдруг решилась делать самостоятельно с помощью бесплатного онлайн-перевода. Благодарю эту службу и помощь. Прут был таким сильным человеком, что думаю, что тот факт, что я думала о нему, писала о нему, победил во мне силы. Я знаю, что кому-то не обязательно нужно быть рядом, даже нет в нашем мире, чтобы помочь.

Это Scooby, собака моих английских соседей из танцевальной студию, которая сделала нашу встречу возможной. Скуби только приехал в семью, и я попросила если ли я могла погулять с нему, Мы погуляли обычно в дворце города Невшатеь, Швейцаря. Однажды мы гуляли, и вдруг услышала двое людей говорят по русский ; они погуляли с ребёнком в коляске. Ни один, не два, я подхожу и говорю с ними. Они из Москвы !

Сразу радость в моём сердце и в их сердце. Я это чувствую, и не нужно объяснить. Это любовь, которая исходит на Землю или рождается в наших сердцах и окружает нас ; это видно. Затем устанавливается особые отношения, которая составляет меня говорить себе, что мы всегда знали друг друга ! Я приглашаю их прийти на спектакль, который я организовываю для них со своей ученицей подростка.

В день спектакле, они говорят, что на самом деле их дочь вышла замуж за человека, которому принадлежало помещение. Это замечательно !

Программа – 2016.02

В конце спектакле, Миша говорит мне : « Вы Мистика!  »

Тогда он объяснил мне, что он любил цвети, мысли, темы танцев, и рассказал, что для него в мускулы секретов не было, так как он художник и он много изучал анатомию. Позже, он будет подарить мне эскизы по анатомию. На самом деле, как я узнала позже, он известный художник-гравёр. Он заслуженный артист России ; это говорит само за себя ! Он посвятил мне последнюю брошюру, которую только он опубликовал. Вот автограф его :

Micha Verkholantsev001

Такой автограф – золото !

Когда ученица мая узнала, что наш зритель был известным персонажам, известен на всю Россию, ученица мая воскликнула : я думала, что вес известные люди мёртвые !

В Михаиле много замечательного, но больше всего меня тронуло то, что я узнала, что в детстве у него был костный туберкулёз, из-за которого он почти шест лет лежал в постели на спине в больницах, чтобы избежать деформацию, которая сделала бы его горбатым. Он имел дело с очень хорошими врачами. И, как это ни странно, по его словам, его недоедающее поколение произвело на свет очень хороших спортсменов, которые выделялись на Олимпийских играх 1956 года. Он сам стал очень хорошим бегунами. Вы должны видеть его форму ! Что касается его характер… золото !

Его жена тоже персонаж, Недаром Михаил её выбрал, Оля поёт и поёт учит. Она такая же милая, как и он, и с ними приятно находится. У неё мощный смех, не сильный, но сила её характера чувствуется,

Все мои необычные встречи мне дороги и каждая по разным причинам должна быть No 1 ! Этот, связанная с собачкой Скубу совсем обычная, и мне пришлась ждать, пока что-то сядет внутри меня. Щелчок был дан несколько недель назад. Я шла в студию, думав, что надо было послать ещё раз рождественское поздравление, потому что я не получила ответ её (знаю, не все должны отвечать, но с их стороны это особенно…) и вот, что вижу какое-то лицо, которое посмотрит на меня с улыбкой. Это Миша, который придёт ко мне в обратном направлении, и который говорит : « Какая замечательная встрече ! » и мы стали говорить, как бы мы расстались накануне. Мы в январе 2019, а наша первая встреча состоялась в 2016 года !

Приключение, ссылка продолжается. Мы приходим в 2021 год, и я получаю пожелания в этой форме :

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est d090d0bdd0b3d0b5d0bb-d181-d0bbd182d0bdd0b5d0b8cc86-d182d0bed180d186-d0bad181d0b8d0bb-2019d098d0b7-d0bad0bdd0b8d0b3-d0a6d0b5d180d0b5d182d0b5d0bbd0b82.jpg
Ангел с лютней, гравюра на дереве символ творчества 2019. Работа сделана для библиотеки Президента Академии художеств Зураба Церетели. Михаил Михайлович  член-корреспондент Академии.

Мы видим изящество и силу, внимание к деталям, точность, одновременно с большой мощностью. У меня любовь !

Я сказала, что я буду показать эскизы… Они скоро являются…

Ссылки :

Иосиф Леонидович Прут. Резерв. Понятие о резерве. Необычная встреча 16.

У меня особое отношение к русскому языку. Этот язык вдохновляет меня любовь. Для меня русский язык = любовь. Поэтому я с большим удовольствием переводу свой текст. Не скрываю, что онлайн-перевод очень помогает. Благодарю эту службу.

Понятие резервов в нашем обществе — это понятие скорее часть финансов. Но в восточных странах оно было частью ежедневого. В магазинах не всегда были товары и когда продукты приехали, люди стали на очередь. Обычно они были длинные. Тогда, люди не выходили из дома без сумки на всякий случай. Сейчас, когда пандемия бывает те, кто жили в этих странах попадают в несколько знакомых пейзаж. Это преимущество сложности, значит очень полезно. Испытания часто оказываются благотворными. Именно этот опыт побудила меня предложить курсы, на которых я даю упражнения, которые мы можем практиковать для нашего здоровья и которые позволяют избежать ненужной нервозности, когда нам приходится ждать своей очереди в магазине.

Это понятие тоже является частью повседневной жизнь армии. Надо быть предусмотрительным и необходимо быть дальновидным и ограничивается жизненно важным.

Иосиф Леонидович Прут, 1986 г. Я познакомился с ним, когда ехала в Москву на курсе русского языка. Однажды вечером, наша группа студентов пошла случать оперетту, Катрин, и меня познакомила с автором : Иосиф Леонидович Прут. Он был в своей театральное ложе. Мы стали друзьями. Это не было сложно. Он был очень открытом и любил артисты.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est prout.1003.jpg

Вот первая страница программы с автографом автора сценария и автографом постановщика произведенья.

Понятие резерва. Прут, которого мне представила как генерала Советской Армии и автора сценарии разных жанра, сразу удочерил меня. Я вернусь к его функсям. Мы говорили о многом, о его въезде в Польшу после поражения немцев вместе с маршалом Жуковым и другими людьми, которых он знал. Но что отличало меня, даже сегодня, это понятие « резерв ». У меня есть несколько жизненных уроков, который я училась сознательно, и это один из них. Он сказал мне, что у него в ящиках лежали несколько сценарий разных жанров, по возникшим ситуациям. Он уточнил, что всегда нужно резервы. Это в высшей степени стратегическое понятие. Я вижу момент и его офис. Я также слышу его голос исходящую от его силы. Это понятие проникло во меня, потому что у меня не всегда были средства, чтобы позволить себе то или иное, когда является возможность я делаю резервы. Очень часто думаю о нему. Я не такая стратега как он, но может быть, когда у меня жизнь изменяется, я использую какую-то стратегию, не всегда осознанная, которая направляет меня и приближается к интуиции. Я тот, кто делает вещи для удовольствия, а не из благоразумия, расчётов, обязательств. Не всегда жизнь засевается цветами, но я всегда нахожу удовольствие, символы, который меня питают.

В начале 1990-х. Я вернулась в Москву и посетила Иосифу. Мы пошли в магазин, где продавались балетный тапочки. Было лето и у меня были сандалии и у меня носки не было. Не знаю, думала ли я о покупке балетный тапочек до того, как мы щли из дома или нет, но дело в том, что мне пришлось примерить пуанты, о носки у меня не были. Мой генерал снял свой и отдал их мне. Ещё помню момент, когда он снял его первый носок и дал его мне. Мы не обменялись не какого слов, это произошло очень естественно, как будто мы репетировали сцену из его сценария. Я успела купить много пуантов и у меня ещё бывают. Вот образец.


Танцовщица должна уметь вышивать тапочки, чтобы починить их. Об этих пуантах, они волшебные. У меня некогда не болели ноки с ними и особенно я была сразу на пуанты. Пояснение для тех, кто никогда не носили пуанты : часто необходимо « раздавить » пуанты, чтобы можно было надеть их. Займусь этой тему на днях. Дело в том с этими пуантами всё было легко. Они созданы для меня !
Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est prout.1001.png

Иосиф Деодинович Пруи в портрете. Вот он !

Он излучал силу, полную добросьте с тем, кого он любил, уважения и дистанции, когда это было необходимо с другими людьми, и что-то ещё, что вдохновляло на выполнение его приказов без обсуждения, в другие времена. Он стоял очень прямо, и у него был живот, которому могут позавидовать мужчины, тренирующие мышцы в спортзалах.

Его живот. Иосиф Леонидович показал мне упражнение, которое он сделал каждый день : двумя пальцами одной руки, он поднимал стул. Он заставил меня прикоснуться к его животу, который был твёрдым как галка, и ему было больше 90 лет ! Он тоже показал мне, как защитить себя, если кто-то нападает на меня.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est iossif-prout-1.2.jpeg

Вот что он написал мне за верхней фотографией, которую он прислал мне по почте.

Русский язык. Я объясняю на статье, написанной на русском насколько русские используют сладкие слова. Это не случается по-французски. Когда я встречаюсь со своими русскими друзьями, слова любовь всё время расцветают. Прут очень хорошо говорил по-французски так-как мальчиком учился в Швейцарии. Но он имел в виду, что мы очень хорошо поладили и что он может одолжить свой носки. Более нет !

Анекдоты. К сожалению, я не всё запомню и некогда не думала писать о Пруте, но в наши дни я очень часто думаю о нему, об уроках, которые я использую в своей жизни ; это мои способ поблагодарить его :

  • Пикассо. Однажды Прут встретил Пикассо в Париже. Он рассказывает ему, что в Москве он видел подписанную картину Пикассо, но он не купил её, потому что она была поделка. Ты идиот, Прут, ответил Пикассо. Если бы ты купил её, я бы написал внизу  » Это нет Пикассо », я бы подписал и у тебя был бы Пикассо !
  • это не анекдот, но он общался с деятелями советского режима на вершине пирамиды и сказал мне, что он сожалеет, что у него нет времени рассказать другие стороны Истории ;
  • Он приехал ко мне в Неашатель, Швейцария, на два дня и я приготовила ему что-нибудь поесть. Я видела у него дома, что на тарелке была свёкла и приготовила для него. Когда он видел их, он сказал « я уже достаточно ем дома ! »
  • Дома, у Прута, были картины и рисунки известных людей, и он заказал картину у меня. В то время я рисовала картины, подлобные показанной ниже. Когда я ему принесла, он сказал :  » Цвет народа нет ! » Я задержался секунду во временном пространстве и наконец поняла, что не использовала « красную ». Он всё ещё нашёл место для моей картины ;
  • Он был благодарен Никите Хрущего, потому что последний открыл границы, и Прут смог возобновить отношения своей семьёй через брак ;
Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est lepechinskaicc88a-photo-site.jpeg
  • Ольга Лепешинская. Я была в гостях у Прута, когда сказала ему, что хотела бы поговорить со знаменитой балериной 1950-х годов. Не один, не два, он ей сразу звонит. К сожалению, она больна. Я спросила своего друга Прут просить ей автограф. Двери балерины были открыты для него, и он принёс дамой автограф. Вот он :

Когда я познакомил Иосиф со своим покойным другом Андре Оппел на середине 1990-х, когда он вернулся в Швейцарию, я представил его как генерал и он сразу заметил, что он не только это. Он также приехал, чтобы его художественный работы были более заметными. В Интернете говорят, что он не был генералом. Это не важно. В Большом Театре он праздновал свое 90-летие, он был известны Персонажем н я носила его носки !

Ссылки на :

Iossif Leonidovitch Prout. Réserves. La notion de réserve. Rencontre particulière 16.

J’ai un rapport particulier avec le russe, c’est une langue qui me fait fondre. Aussi c’est avec un plaisir certain que je me suis efforcée de faire la traduction de mon texte. Je ne cache pas que la traduction en ligne aide énormément. Je remercie ce service.

La notion de « réserves » est plutôt du domaine financier dans notre société. Mais, dans les pays de l’Est, elle faisait partie de la vie quotidienne. Il n’y avait pas toujours des produits dans les magasins et il fallait profiter quand il y avait des arrivages. Là, on faisait la queue. Elles étaient souvent longues. D’ailleurs, on ne sortait jamais de la maison sans un sac à provision pour le cas où. Maintenant que la pandémie est arrivée, ceux qui ont vécu dans ces pays se retrouvent dans un paysage quelque peu familier. Voilà un avantage d’un inconvénient ! Les épreuves sont bien souvent salutaires. C’est d’ailleurs cette expérience qui m’a fait proposer un cours où je donne des exercices qu’on peut pratiquer pour notre santé et qui évitent les énervements inutiles lorsqu’on doit attendre notre tour dans un magasin.

C’est aussi une notion qui fait partie de la vie quotidienne de l’armée. Il est nécessaire d’être prévoyant et se limiter à ce qui est vital.

Iossif Leonidovitch Prout, 1986. Je l’ai rencontré lorsque je suis allée à Moscou suivre un cours de russe. Un soir, notre groupe d’étudiants est allé écouter une opérette, Catherine, et on m’a présenté l’auteur du scénario : Iossif Leonidovitch Prout. Il était dans sa loge. Nous sommes devenus proches. Ce n’était pas difficile, il avait une ouverture d’esprit peu commune et aimait les artistes.

Voici la première page du programme avec son autographe en tant qu’auteur du scénario accompagné de celui du régisseur de l’oeuvre.

La notion de réserve. Prout, qui m’a été présenté en tant que général de l’Armée soviétique et en tant qu’auteur de scénarios de divers genres, m’a immédiatement adoptée. Je reviendrai sur ses fonctions. Nous avons parlé de bien des choses, de son entrée en Pologne après la défaite des Allemands aux côtés du maréchal Joukov et de diverses autres personnalités qu’il avait côtoyées. Mais, ce qui m’a marquée, encore aujourd’hui, c’est la notion de « réserve ». J’ai quelques leçons de vie que j’ai apprises de façon consciente et celle-ci en est une. Il m’a dit qu’il avait dans ses tiroirs des scénarios de divers genres selon ce qui se présentait. Il a précisé « il faut toujours avoir des réserves  » ! C’est une notion éminemment stratégique. Je revois le moment et son bureau. J’entends aussi sa voix et la puissance qui se dégageait de sa personne. Cette notion a fait son chemin en moi, car je n’ai pas toujours eu les moyens de m’offrir ceci ou cela, et lorsque l’occasion se présente, je fais des réserves. Bien souvent, je pense à lui. Je ne suis pas aussi stratège que lui, mais peut-être que lorsque je prends des virages dans ma vie c’est aussi une certaine stratégie, pas toujours consciente, qui me guide et qui s’approche de l’intuition. Je suis quelqu’un qui fait les choses par plaisir plutôt que par prudence, calcul, obligation. La vie n’est pas toujours semée de fleurs, mais je trouve toujours du plaisir, des symboles qui me nourrissent.

Au début des années 1990. Je suis retournée à Moscou et j’ai rendu visite à Iossif. Nous sommes allés dans un magasin qui vendait des chaussons de danse. C’était en été et j’avais des sandales, je ne portais pas de chaussettes. Je ne sais plus si j’avais pensé acheter les chaussons avant qu’on sorte de la maison ou pas, mais le fait est qu’au magasin il fallait essayer les chaussons et que je n’avais pas de chaussettes. Mon général a enlevé las siennes et me les a passées. Je revois aussi le moment où il a enlevé sa première chaussette et qu’il me l’a donnée. On n’a pas échangé de mots, cela s’est fait d’une façon très naturelle, comme si on répétait une scène de ses scénarios. J’ai ainsi acheté une bonne quantité de chaussons. J’en ai encore. Voici un échantillon.

Une danseuse se doit de pouvoir broder ses chaussons pour les réparer. À propos de ces chaussons, ils sont magiques. Je n’ai jamais eu mal aux pieds avec eux et, surtout, j’étais tout de suite sur pointes. Explication pour ceux qui n’ont jamais porté des pointes : il faut souvent « triturer » les chaussons pour qu’on puisse monter dessus. Je vais traiter le sujet un de ces jours. Le fait est qu’avec eux, il ne fallait pasfaire grand-chose. Ils ont été faits pour moi !

Iossif Leonidovitch Prout en portrait. Le voici !

Il dégageait une force qui était pleine d’amabilité avec quelqu’un qu’il aimait bien, de respect et de distance quand il le fallait avec d’autres personnes et de quelque chose de plus qui inspirait l’exécution de ses ordres sans discussion à d’autres moments. Il se tenait très droit et avait un ventre d’une solidité à faire pâlir les hommes qui font des abdos dans les gymnases.

Son ventre. Iossif Prout m’a montré un exercice qu’il faisait tous les jours : avec deux doigts d’une seule main, il soulevait une chaise. Il m’a fait toucher son ventre et on aurait dit du caillou, plusieurs cailloux alors qu’il avait dépassé les 90 ans ! Il m’a aussi montré comment me défendre si quelqu’un venait à m’attaquer.

Un petit mot derrière sa photo. Voici ce qu’il m’a écrit derrière la photo du haut qu’il m’a envoyée par la poste.

Il ne faut pas le prendre à la lettre. Lorsqu’on parle en russe, il y a pleins de mots chaleureux, amicaux qu’on n’utilise pas en français de la même manière. Lorsque je rencontre mes amis russes, des mots d’amour fleurissent à tout bout de champ. Prout parlait le français très bien puisqu’il avait fait ses études en tant que jeune garçon en Suisse, mais ce qu’il a voulu dire ici c’est que nous nous entendions très bien, au point de me passer ses chaussettes. Sans plus !

Des anecdotes. Je n’ai malheureusement pas tout retenu et n’avais jamais pensé écrire sur Prout, mais ces temps-ci, je pense souvent à lui, aux leçons que j’ai apprises dans ma vie et c’est ma façon de le remercier :

  • Picasso. Prout rencontre une fois Picasso à Paris. Il lui dit qu’il a vu à Moscou un tableau signé Picasso mais qu’il ne l’avait pas acheté parce que c’était un faux. Tu es un idiot, Prout, lui répondit Picasso. Si tu l’avais acheté, j’aurais écrit dessous « ceci n’est pas un Picasso », j’aurais signé et tu aurais eu un Picasso !
  • ceci n’est pas une anecdote, mais il avait donc côtoyé des personnalités du régime soviétique, tout en haut de la pyramide et disait qu’il regrettait de ne plus avoir le temps de raconter d’autres versants de l’Histoire ;
  • il est venu me rendre visite à Neuchâtel deux jours et je lui ai fait à manger. J’avais vu chez lui qu’il y avait sur son assiette des betteraves rouges et donc je lui en ai préparé. Lorsqu’il les a vues il m’a dit « j’en mange déjà assez chez moi »!
  • Prout avait chez lui des tableaux et des dessins de gens célèbres et il m’a commandé un tableau. À l’époque, je faisais des tableaux du genre de celui qui figure plus bas. Lorsque je le lui ai apporté, il a dit : mais il n’y a pas la couleur du peuple ! Je suis restée une seconde suspendue au temps et finalement, j’ai compris que je n’avais pas mis de « rouge ». Il a quand même trouvé une place pour mon tableau ;
  • il était reconnaissant à Nikita Khrouchtchev, car ce dernier avait ouvert les frontières et Prout avait pu renouer les relations avec la Suisse et sa famille par alliance.

  • Olga Lepechinskaïa. J’étais en visite chez Prout lorsque je lui ai dit que j’aurais voulu m’entretenir avec la célèbre danseuse des années 1950. Ni uni ni deux, il lui téléphone tout de suite. Malheureusement, elle était malade et j’ai chargé mon ami Prout de lui faire signer un autographe. Il avait ses entrées chez elle et m’a apporté l’autographe à la maison ! Le voici :

Lorsque j’ai présenté Iossif à feu mon ami André Oppel, vers le milieu des années 1990, lorsqu’il est revenu en Suisse, je le lui ai introduit en tant que général et il s’est empressé de préciser qu’il n’était pas seulement cela. Il était aussi venu pour que ses oeuvres artistiques soient plus mises en valeur. En cherchant des informations sur la toile, je vois qu’on dit qu’il n’était pas général. Cela n’a pas d’importance. Il a fêté ses 90 ans au Bolchoï, il était un personnage connu et j’ai porté ses chaussettes !

Liens vers :

Anton Romanovski – danseur, professeur et maître de ballet

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est maestre-romanovski001-2.jpg

21 décembre. C’est le jour anniversaire de maître Romanovski et il me donne l’occasion de le remercier pour tout ce qu’il m’a apporté.

MaîtreAnton Romanovski, je l’ai connu vers la fin de sa vie. C’est une de mes amies l’Opéra de Bucarest qui m’a amenée chez lui, Marta Herzeg, une ballerine qui dansait avec plaisir et qui exécutait chaque pas avec soin. C’était une bonne technicienne, un être fin, chaleureux, une amie. Je ne l’ai jamais vue sans un sourire, peu importe par quels moments elle passait.

Maître Romanovski était à la retraite depuis passablement de temps. Il me recevait à la maison et me donnait des cours, assis sur une chaise, le dos bien droit. Si par malheur, j’avais la jambe droite derrière, il disait : jambe droite devant ! Je n’ai jamais compris comment il pouvait le savoir puisqu’il ne voyait pas très bien ; néanmoins… Il m’a expliqué comment tenir les mains pour qu’elles aient l’air plus belles sur scène : allonger la main, c’est une chose, mais si on tourne les doigts un tout petit peu pour donner l’impression qu’elle va vers l’infini… c’en est une autre ! C’est pour cela qu’Anna Pavlova, qui a dansé avec lui à Londres, lui a dit qu’elle n’avait jamais vu un danseur avec d’aussi belles mains. Il me semble entendre maître Romanovski me rapporter les mots de la célèbre danseuse. Il disait encore « qu’au studio c’était bien de faire trois ou quatre pirouettes, mais sur scène une de moins, question de sécurité » . Une vraie leçon de diplomatie à ne pas oublier. Il m’a encore expliqué que si par hasard quelqu’un criait mon nom, ne jamais me retourner parce que ce n’est pas poli ; et si quelqu’un t’appelle par derrière, ne tourne que la tête, pas plus  » ! Je me rappelle très clairement ses conseils et je les applique. C’est aussi chez lui que j’ai appris la gargouillade, pas qui ne se fait que dans Giselle, acte I. À l’école, à cette époque, on ne l’étudiait pas.

La leçon la plus importante que j’ai apprise chez lui et que, par conséquent, j’applique encore est liée à une variation qu’on exécute sur scène et où on rate quelque chose. Conseil : « Si tu rates quelque chose dans une variation, finis-là avec brio ! Tu vas prouver que tu domines la situation et le public va te suivre ». C’est une leçon que j’applique dans ma vie depuis longtemps sans toutefois en être consciente.

En réalité, ce n’est que maintenant que je comprends que je me suis appropriée de la phrase de maître Romanovski. Au moment où j’écris ces lignes, je me rends compte combien ses mots sont ancrés en moi. Pourquoi ? Parce que à chaque fois que je dois faire face à une situation compliquée, même si au début je suis déroutée, remise en question, voire, complètement retournée, je reste debout. Je fais face. Je me dis que toutes les choses sont liées et la rédaction de cet article en ce moment est un exemple idoine. Cela faisait longtemps que j’avais envie de l’écrire et les souvenirs que je couche sur le papier prouvent ce que je disais plus haut, à savoir que les choses sont liées dans notre vie.

Pourquoi ? Je ne sais combien de fois les gens ont trouvé bizarre que je sois économiste et danseuse en même temps. Cela ne fait pas « sérieux ». En fait, leur réaction ne m’a finalement fait que du bien. Chez moi, les choses vont de soi, elles se présentent, je les prends et les fait miennes sans me demander si c’est utile, si cela vaut la peine, si cela me rapporte quelque chose ou pas. La chose me plaît et je fais, c’est tout. Cette phrase non seulement je l’applique, mais je l’enseigne aussi. Je dis souvent : si tu as une difficulté, quelque chose de compliqué, il te faut rester debout ! Il y a quelque temps, j’ai eu un gros problème avec mon studio de danse et je me suis dit : si je n’ai pas le choix, je ferai comme les autres l’ont décidé mais jusqu’au dernier moment, je danse ! J’ai alors organisé une série de spectacles pour un public restreint, des amis, des connaissances. Le comble a été que la donne a totalement changé et que je suis restée dans le studio. La solution qui vient n’est pas toujours celle qu’on désire, raison pour laquelle il faut rester ouvert et faire ce qui est en notre pouvoir sans compromis, sans tricherie. Autre exemple : j’avais gardé des dessins et catalogues liés à l’horlogerie laissés par feu mon ami. On m’a dit que cela n’intéressait personne et qu’il fallait les jeter. Déjà que je n’aime pas le verbe « jeter »… La vie s’est chargée de me faire croiser quelques personnes qui ont fait que les documents font maintenant partie du patrimoine du Musée d’Horlogerie du Locle et que la télévision locale, Canal Alpha, a fait un compte rendu de la cérémonie. En conclusion, j’applique ce que maître Romanovski m’a enseigné. Je lui dois bien des choses de ma vie.

Je reprends le fil avec maître Romanovski. Je le remercie pour tout ce que j’ai appris de lui, du temps précieux qu’il m’a offert. J’ai eu l’honneur d’avoir été sa dernière élève ! J’étais en Suisse au moment où sa vie est venue à terme sur cette terre, mais quelques jours auparavant, j’avais pensé à lui et avais commencé une lettre. Le lendemain de son départ, Madame Elena Oprescu, la secrétaire de l’Opéra – encore quelqu’un à qui je dois énormément de choses – m’a téléphoné pour me donner la nouvelle. Je me rappelle de ce moment comme d’une photo d’un album temporel. Cela a été comme si j’avais su. De retour à Bucarest, j’ai apporté la lettre à Mme Romanovski, laquelle m’a invitée à passer la nuit chez elle ; j’ai dormi dans le lit de maître Romanovski. Je sais, bien des gens sont superstitieux ou ont peur, mais rien de ce genre ne m’effleure. Le fait est que le lendemain à 7 heures du matin, j’ai entendu un « toc-toc », j’ai dit « oui ? » et à nouveau, j’ai entendu « toc-toc ». Je suis allée à la porte, j’ai ouvert, personne ; je suis allée dans la chambre où dormait Mme Romanovskil, laquelle… dormait. J’ai compris que maître Romanovski me faisait signe. J’ai été très heureuse. Je peux vous dire que je pense à lui à chaque fois que j’ai un spectacle.

Ileana Iliescu est la danseuse qui me rappelle le plus maître Romanovski : son port, sa technique, sa vitesse dans les chaînés, la façon dont elle finit ses variations, son élégance sur scène et dans la vie sont un prolongement des enseignements du maître. J’ai assisté aux leçons qu’elle donne et j’y ai vu le sens artistique et les différentes poses qui font penser à lui. Quand j’ai vu les ballets montés par elle à Iași, j’ai vu que chaque pas classique et de caractère avait de la vie, un sens, une plastique, une harmonie. J’ai toujours eu de la difficulté avec les danses de caractère dans les ballets bien que ce soit une tradition et une obligation. Ce qui leur donnait vie, c’était le plaisir des danseurs. Dans les chorégraphies de Luly, les danseurs jouent visiblement en même temps que les danses gardent leur caractère spécifique. Tout est lié, intéressant, beau, dansant. Luly a appliqué dans son métier de danseuse, de professeur et de chorégraphe tout ce qu’elle s’est appropriée de maître Romanovski.

Une phrase qui revenait comme le pendule d’une horloge pendant les répétitions : « Idiote, la danseuse qui ne tombe jamais ! » C’est vrai, quelques fois, quand on perd l’équilibre on a tendance à vouloir se contrôler et on se blesse au lieu de se laisser aller, tout comme les enfants chez lesquels la chute est quelque chose de naturel. Cette phrase aussi, avec l’accent de la voix de maître Romanovski est dans la mémoire de toutes les danseuses qui ont travaillé avec lui.

Si celui ou celle qui lit cet article a des photos ou des souvenirs de leçons, de répétitions avec maître Romanovski, je serais ravie de les inclure ici.

J’ai toujours aimé avoir des photos. Je regrette que j’en ai donné une avec l’autographe du maître à un étudiant qui ne me l’a jamais rendue. Mais, grâce à Liliana Cojanu, j’ai pu agrandir me collection :

J’aime bien que maître Romanovski et sa femme se regardent.

J’ai la chance d’avoir son tout dernier autographe, 24 janvier 1971, mais je le garde pour moi !

Comme c’est l’anniversaire de maître Romanovski, j’ai bu en son honneur du Mauler rosé dans une flûte de champagne achetée avec Luly.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est 20201221_174014.jpg
Dans le fond, on voit les voeux de Noël et de Nouvel An de Luly. Nous sommes en famille.

J’ai en ma possession toute la biographie du maître et les faits mentionnés ont été comparés à ceux de ses archives personnelles, mais, je trouve plus intéressant de partager avec les lecteurs mes souvenirs liés à lui. Si quelqu’un a une autre opinion…

Bien souvent, j’ai cherché des informations sur la Toile au sujet de maître Romanovski sans rien trouver d’intéressant. Aujourd’hui, j’ai eu de la chance et suis tombée sur une plateforme qui transcrit des témoignages. Les mots qui correspondent le plus à ce que je cherche sont ceux d’Ileana Iliescu. Elle m’a donné la permission de les reproduire ici. Il y avait un numéro de téléphone sur la plateforme, j’ai appelé et suis tombée sur une personne extrêmement chaleureuse et aimable qui m’a aussi accordé sa permission pour les mots de Luly. En fait, cela n’aurait pas pu être autrement parce que ceux qui s’intéressent à connaître l’apport de ceux qui ont construit la danse et notre culture en général sont ouverts et aimables. Je vais lui demander la permission de citer son nom.

Témoignage d’Ileana Iliescu (extrait) :

  • il avait le profil comme celui d’un personnage d’un médaillon et un port impeccable en dépit de son âge. Ce port, je dois le reconnais, je l’ai hérité de lui ; les ports de bras élégants, expressifs aussi, de même que la technique de virtuose qui m’a permis d’aborder des rôles de force. Les succès de ma carrière, je les dois à ce professeur et maître admirable ;
  • je n’oublierai jamais ses conseils dans tous les domaines de la vie et artistiques qui ont été des guides précieux. Il ne parlait pas correctement le roumain et disait « Chère amie, dans la vie ne fais jamais des excès, en aucun genre ; c’est ainsi que que tu auras une belle et longue carrière, jusqu’à arriver à la pointe de la pyramide artistique – pas de petits amis, pas de distractions, seulement le travail, la maison, le repos et une vie équilibrée de tout point de vue » . Cela est devenu mon crédo.
  • c’est lui qui m’a aidée à me perfectionner et à réaliser toutes mes aspirations, jusqu’à devenir danseuse étole sur la scène roumaine et internationale. Je ne peux oublier que maître Romanovski nous faisait faire beaucoup de relevés, ce qu’il considérait comme du ,,pain béni” pour une danseuse parce qu’ils renforcent les chevilles et qu’ainsi le travail sur pointes devient un jeu.

Cette dernière phrase est particulièrement intéressante et profonde. Le travail, le métier et le plaisir doivent aller main dans la main. Le public le ressent et le public l’a bien senti lorsque Luly était sur scène.

Le destin m’a été favorable et j’ai trouvé dans mes archives encore une photo du maître. Elle date de 1927, ce qui correspond à sa première période professionnelle à l’Opéra Roumaine où il a été engagé en tant que danseur étoile et maître de ballet.

On le voit dans la photo, le maître est en pleine possession de ses moyens. Il est magnifique !

Autographe. On voit l’autographe du maître, écrit en polonais. Cela me donne l’occasion de dire que maître Anton Romanovski est né à Varsovie et donc était polonais. Pour déchiffrer l’autographe, j’ai eu recours à l’amabiité du Premier Secrétaire de l’Ambassade de Pologne à Berne, M. Jakóbiec Wojciech. Il et il est écrit : Na pamiątkę p. Perecia… ofiaruje A. Romanowski. Traduction : En souvenir à M. Perecia (nom incomplet), de la part d’A. Romanowski. On voit aussi que maître Romanovski écrivait son nom avec « w » mais, par la suite on l’a écrit avec « v ».

Il est près de minuit. Bon anniversaire Maître Romanovski !

Liens pour des articles en roumain sauf l’avant-dernier :

Remerciements I. On ne sait pas toujours qui et combien on aide !

Je vous invite, après lecture de l’article, à une réflexion du genre de la mienne.

Les embranchements des remerciements. Je n’y avait pas pris garde, mais, les remerciements, tels des arbres, ont des embranchements. Lorsqu’un objet me rend service, je le remercie et je me dis que quelqu’un l’a inventé, un autre l’a produit, un autre encore l’a amélioré, ensuite quelqu’un l’a transporté, un autre encore l’a vendu et il se forme toute une chaîne dans le temps et dans l’espace ; c’est vertigineux. En fait, mon remerciement comprend toutes ces étapes qui vont loin dans ces dimensions. C’est l’une des raisons pour lesquelles je trouve qu’il faut faire les choses bien car on ne sait pas qui va les utiliser et, chose curieuse, elles nous reviennent parfois. C’est tant au propre qu’au figuré.

Je suis sidérée bien des fois en me rendant compte des effets qu’un remerciement peut avoir. Si on connaît les travaux du physicien Garnier Malet, on sait que le passé, le présent et le futur existent en même temps bien que dans des espaces différents. Les remerciements me permettent d’entrer en contact, façon de parler, avec des personnes qui ne sont plus de ce monde mais qui pour une raison ou une autre me rendent service. C’est le cas, par exemple, lorsque je me rappelle d’un conseil, d’un commentaire, d’un geste, d’un regard qui, parfois, sur le moment vécu est passé inaperçu ou n’a apparemment été présent que quelques secondes dans mon monde.

Les effets d’un geste, d’un mot, d’un exemple, de tout ce qui nous entoure de façon visible ou non peuvent se manifester de bien des façons et à des moments tout à fait inattendus.

Alan et ma plateforme : un très beau garçon à l’allure d’un poète effilé m’a proposé de m’aider à monter ma plateforme. Depuis des années et des années, j’avais envie d’en avoir une, mais les différentes personnes approchées m’avaient dit qu’il fallait payer ceci et cela et je n’arrivais pas. Le sort a voulu que je rencontre Alan, que j’expose ma situation et immédiatement il a dit qu’il allait m’aider ; il l’a fait. C’est grâce à lui que j’ai une plateforme et que j’ai pu mettre des articles qui rendent service, qui me rendent service et qui rendent service à d’autres. Je le vérifie assez souvent. Je le remercie. En l’occurrence, lorsqu’un article que j’écris rend service à quelqu’un, au début de cette chaîne il y a Alan.

Mais, Alan n’aurait pas traversé ma vie si Philippe Girardin, le luthier, ne l’avait pas amené à l’un de mes spectacles et je n’aurais jamais présenté un spectacle à Philippe si je ne m’étais pas trouvée dans une situation « compliquée » due à une drôle d’intervention de la part d’une connaissance et que pour marquer le fait que je faisais front, je n’avais organisé une série de spectacles pour des amis. Mes remerciements vont à Alan, à Philippe et à celui que j’ai qualifié de « trouble fête » de ma vie alors que, tout compte fait, il m’a rendu service. Suivant la logique présentée, derrière cette dernière personne il y a un tas d’événements et de gens qui y ont aussi participé à leur insu. Je remercie donc tout le monde parce que finalement je sors gagnante !

Pierre Dubois. Je discute avec mon frère qui a joué dans Xamax junior, je lui pose des questions au sujet de M. Gilbert Facchinetti et il me dit que la personne qui peut le mieux me répondre est Pierre Dubois. Je téléphone à ce dernier quelques fois et son répondeur dit toujours la même chose « Vous êtes bien chez-moi, mais pas moi !  » C’est bien lui. Il ajoute « Laissez-moi un message, si vous le voulez bien, et je l’écouterai religieusement ». Une fois de plus, je me dis que c’est bien lui. Cela me rappelle une anecdote que feu mon ami André Oppel m’a racontée à son sujet : Pierre Dubois passe en voiture sous le tunnel de Prébarreau et au lieu de continuer sur le tracé autoroutier, tourne tout de suite à gauche et circule sur la rue de la Promenade noire vers le centre-ville. Il se fait arrêter par un policier qui lui demande s’il n’a pas vu la signalisation. Pierre Dubois répond : oui, c’est vous que je n’ai pas vu ! Je trouve cela magnifique. Mais, je disais donc que Pierre Dubois n’avait pas répondu à mes appels. J’étais un peu perplexe et me demandais comment allait sa santé.

À la suite de ce qui précède, je courais le long du lac, je croise deux personnes, deux hommes, qui parlent et entends « le conseiller d’État Dubois… » Je fais semblant de rien, mais c’est quand même curieux… Cela fait très longtemps que je n’ai pensé à Pierre Dubois et tout à coup son nom me vient par différents biais. Je retourne sur mes pas et demande s’ils parlent de Pierre Dubois. C’est le cas. Ils me racontent des faits de leurs vies, car on se sent en confiance. L’une des personnes a fait le trajet Neuchâtel – Rome à pied l’année précédente, connaît Facchinetti par le biais du football et l’autre a travaillé avec André Facchinetti, l’un des frères de Gilbert Facchinetti, au restaurant Boccalino. Pas de doute, nous faisons partie du même monde. Il me dit que Frédéric Dard, l’auteur de San Antonio, allait souvent chez lui et qu’il a parlé du Boccalino dans l’un de ses livres. Il me dit qu’après le Boccalino il a tenu le Vieux-Vapeur et ensuite le restaurant des Halles, devenu le meilleur restaurant de Neuchâtel. Mes sens s’aiguisent et je lui dis que j’aime écrire ce genre de choses sur ma plateforme et que s’il est d’accord, je vais le faire. Il me répond qu’il a plein d’articles et de choses pour en faire un livre et que si cela me dit… C’est là que le remerciement à Pierre Dubois intervient. L’un de mes derniers métiers est la révision de textes et même leur écriture. Cette histoire est l’exemple même du cas où une personne n’a pas besoin d’être physiquement présente pour qu’elle agisse – en l’occurrence en ma faveur – et que je songe à la remercier. J’ai eu la même aventure avec M. Facchinetti. Cela se passe par des fils invisibles.

Je m’aperçois que ce genre de fils sont nombreux dans ma vie. Je vis une période particulière et je vois des fils partout, des fils qui composent la trame de ma vie. Je viens d’en découvrir un autre avec mon maître de ballet Anton Romanovski. À lui, je dois une leçon de vie. À un autre maître de ballet, Oprea Petrescu, aussi. Finalement, je suis un patchwork. Je comprends mieux que la notion de « hasard » n’est pas la bonne. Une fois de plua Garnier Malet a raison.

Toutes ces situations me font penser à un vortex. Le temps s’écoule tel un vortex et quand je vois un vortex dans les bouteilles qui me servent à dynamiser l’eau, je suis ravie ; ravie au sens ou je me sens prise dans l’espace et aussi envahie de joie.

Lien vers :

Un garçonnet de trois ans et l’eau du lac de Neuchâtel

Je courais le long du lac pour aller me baigner et j’entends une maman dire à son garçonnet d’environ trois ans de ne pas aller dans la flaque d’eau. Je m’arrête et l’enfant montre toujours des signes d’aller vers l’endroit interdit. La maman répète et l’enfant poursuit. Je vais vers le garçon et lui dis que s’il écoute maman, je pourrai alors lui apprendre quelque chose sur l’eau.

L’enfant doit se demander pourquoi j’interviens. On ne se connaît pas. Je lui demande s’il voit l’eau qu’il y a dans le lac (le lac est légèrement agité même s’il n’y a pas de vent ou alors, je ne le sens pas). Je lui dis que l’eau bouge et que dans le corps on a aussi de l’eau et qu’elle bouge comme celle du lac. En fait on a aussi des lacs qui bougent dans notre corps. Il regarde son corps et fait non de la tête. Je comprends qu’il me dit qu’il ne voit rien bouger. J’explique qu’on ne voit rien parce qu’on a de la peau dessus, mais qu’on est vraiment comme le lac et que même quand on dort, l’eau bouge. L’enfant désigne d’un petit doigt la flaque d’eau. Je comprends qu’il me dit que l’eau de la flaque ne bouge pas et je lui dis, c’est vrai, dans la flaque l’eau ne bouge pas. Il me montre une autre flaque et je le félicite parce qu’il a compris que l’eau de son corps est comme celle du lac et pas comme celle de la flaque. Je dis au revoir et il fait signe avec la main.

Au revoir avec la main, en fait l’enfant bouge tout son bras. En regardant son geste, je profite pour lui dire que lorsqu’on bouge le corps, l’eau de nos lacs bouge encore plus et lui montre un endroit où le petit Seyon va se répandre dans le lac et lui dis que c’est comme cela. L’enfant dit quelque chose que la maman interprète et lui répond, non, ici il n’y a pas d’orques. L’enfant dit encore quelque chose et la maman traduit « les orques mangent les phoques ». Je dis au garçon que je ne savais pas que les orques mangeaient des phoques et le remercie de m’avoir appris cela. On le sait, il n’y a pas d’âge ni pour apprendre ni pour enseigner.

Aujourd’hui. Deux jours sont passés et je rencontre le petit gaçon avec sa maman et son papa. Il s’arrête et la maman me sourit. Je lui dis que j’ai pensé à lui et aux lacs de nos corps. Je dis à la maman que grâce à ce que j’ai dit au petit garçon, je vois mieux mes lacs et que c’est pour cela qu’il faut porter une attention particulière lorsqu’on enseigne, car tout nous revient. Il ne faut jamais enseigner juste pour un salaire. Je le sais mais je suis toujours étonnée de la prise de conscience chaque fois plus profonde qui se fait en moi toutes les fois que j’explique quelque chose. D’ailleurs, il en va ainsi de tous les mots et de toutes les pensées que nous avons.

Une boule en chocolat. Le garçonnet ouvre sa main droite et me montre une boule en chocolat enroulée dans du papier alluminium violet. Un magnifique violet. Je le prends comme un signe, lui dis que c’est très beau et on se dit au revoir.

Un de ces jours, je ferai une photo de l’endroit où le Seyon va se jeter dans le lac.

Le marché de Neuchâtel. Le monde de Zully ne saurait exister sans les autres mondes (en cours de rédaction)

C’est une évidence, personne n’existe tout seul. On est tous reliés, interdépendants. Cela me rappelle le professeur Jean-Pierre Gern de l’université de Neuchâtel (faculté des sciences économiques) qui parlait du sujet il y a… des années et nous, les étudiants, on se disait… je ne sais quoi, car il était évident que l’économie se nourrissait de chiffres, de nombres, de pourcentages, de rapports et que les relations humaines ne figuraient qu’à la fin des équations sous forme de résidus… De plus son cours n’était pas une branche principale. Or, finalement, c’est bien la qualité des interactions qui est à la base de notre économie. Notre vie, notre instinct nous le dit et pourtant… qu’est-ce qui guide les dirigeants des entreprises ? Qu’est-ce qui fait la puissance d’une nation ? Vous connaissez la réponse. Espérons que cela change.

Toujours est-il qu’au marché de Neuchâtel je trouve cette interdépendance, de l’amitié, du respect, de la chaleur dans les échanges ; je suis dans mon monde et je peux respirer librement ! Pour moi, le marché est l’une des puissantes racines de la ville. Ce marché, je l’avais toujours vu à la Place du Marché. Le nom de la place… On voit dans la première photo du bas qu’il est question de « La Place du Marché » et dans la suivante « Place des Halles »… Après enquête, j’apprends que le marché se tenait tout au début, au Moyen Âge, à la Croix-du-Marché, carrefour de la rue qui mène au Château (autrefois le château seingeurial) et de celle qui mène au centre de la ville basse. Cela s’explique aussi parce que le Seyon et le lac formaient un estuaire. Je n’ai pas trouvé de photo ou image. Dommage.

Mais, comme déjà dit, j’ai toujours connu le marché à la Place du Marché et les grands parents de mes amis y allaient là pour acheter des produits frais. Cela fait plus d’un siècle, raison pour laquelle, je sens le marché comme une racine. C’est simple. Si on change d’endroit le marché… Mais, restons encore dans cet environnement et voyons quelques unes des photos des premiers marchés photographiés de la ville :

J’ai agrandi la date : 1901.
On voit qu’il y avait déjà une boulangerie à l’angle de la rue du Coq-d’Inde. Quand je suis arrivée à Neuchâtel, c’était la boulangerie Knecht. Ici, je me demande qui la tenait à cette époque. Je ne peux même pas demander au photographe, son nom est tronqué… bon, même si je l’avais, il y a fort à parier qu’il est dans un autre monde.

Mes ralations au marché. Les stands où je vais sont des stands où je trouve des aliments qui nourrissent mes canaris qui sont chez moi en volière intérieure et extérieure. Mes oiseaux connaissent la pluie, le soleil, la neige qu’ils picorent. Certains ont même dormi sur le balcon par -9° ! Ils ont également des conversations avec des moineaux qui viennent leur rendre visite le matin, la journée et juste avant d’aller se coucher. J’aime mes oiseaux et essaie de leur procurer ce qu’il y a de mieux. Bref, si un stand vend des brocolis, des endives, des salades, du cresson et si en plus il a des fanes de carottes, c’est le rêve (voici une image) ! C’est le premier critère de choix d’un stand. Ensuite viennent des choses pour moi. N’étant pas une cuisinière passionnée, j’achète des légumes que je mets dans ma casserole dans une rosette pour faire cuire à la vapeur et basta. Mais, c’est sans compter avec certains horticulteurs et vendeurs passionnés par leur métier qui me font découvrir des aliments qui me permettent de mieux me nourrir.

Le gingembre : c’est le dernier aliment à être entré dans ma courte liste d’aliments. J’ai rendu je ne sais quel service à Michaël, l’un des horticulteurs dont la famille tient un stand depuis 1900 (!), et il m’a remerciée avec un rhizome de gingembre. Chose curieuse, je venais de découvrir chez Lidl des biscuits au gingembre que j’avais beaucoup aimés et voilà que Michaël m’offre du gingembre. Je ne peux refuser, c’était dans la logique des choses – la vie a des logiques qui nous échappent mais qu’on ferait bien de suivre. Le voici :

Michaël me l’a offert avec un tel sourire (derrière le masque, mais c’était visible) et il me l’a tellement vanté que je me suis dit qu’il me voulait du bien. Alors, j’ai pris.

Gengis Khan ! Le soir, en faisant je ne sais quoi, je me dis que c’est le moment de boire de l’eau chaude avec un peu de citron – cela je le fais souvent – et, suivant le conseil de Michael, de lui ajouter un tout petit peu de gingembre. J’ai donc râpé un rien de gingembre et j’ai bu. C’est allé. À un certain moment, je laisse passer dans la bouche un rien de gingembre, je le mâche et là… c’est Gengis Khan le conquérant, l’envahisseur de terres qui envahit mon système lacrimal. Tonneau, que c’est fort ! J’envoie un mot à Michaël pour lui parler de ce conquérant et il m’envoie une description des vertus de la plante. Après quoi je réponds qu’effectivement, ils avaient oublié de parler de Gengis Khan. On a bien rigolé.

Taxe douanière. Maintenant que je sais qui est Gengis Khan déguisé en gingembre ou l’inverse, dès que me dents le trouvent, il passe tout droit sans payer de douane !

Voici quelques unes des têtes des horticulteurs et vendeurs du marché avec lesquels je traite :

Certains horticulteurs n’aimant pas les photos et donc n’y figurent pas. Je les comprends, moi pas toujours non plus.

Au milieu : Michaël. C’est d’abord avec sa grand-mère que j’ai traité. Avec cette histoire de pandémie, je ne la vois plus et je le regrette. Elle a en tête le nom de chaque client, le prénom du fils ou du petit fils et pense même à mes canaris. J’ai beucoup d’affection pour tous les horticulteurs du marché, mais avec elle c’est particulier.

À droite : Pierre-André. Il y a un humour particulier. J’aurais dû noter « ses sorties ». Il faudra attendre la prochaine. Son stand en période de pandémie est très élégant, de plus c’est lui-même qui l’a construit. Chapeau ! Il faudra que je fasse une photo.

À gauche : on y voit Steve et Loïc. C’est le stand où travaille Paul, un étudiant toujours souriant, ici sur la photo à droite, portant un bac où il y a un sac avec du cresson et du pourpier qui feront les délices de mes canaris ! La photo est la reproduction fidèle de Paul. Je lui dois de grands services. Le stand où il travaille est le plus grand du marché. Un autre lien s’est établi lorsqu’une partie du personnel de ce stand est venue voir l’un de mes spectacles de danse. J’organise avec une élève des spectacles intimistes pour des amis et j’en ai fait un pour eux. À ce moment-là, Steven (à gauche sur la photo d’en haut) ne faisait pas encore partie du groupe et comme il a manifesté le désir de voir ce que je faisais, j »organise un autre spectacle. On verra quand cela sera possible.

La communauté formée par les stands. On peut réellement dire qu’ils forment une communauté. Quand le marché était uniquement à la Place du Marché, je voyais l’un des horticulteurs aller vers un autre pour lui dire qu’il lui manquait tel ou tel produit et je voyais qu’il était dépanné. C’était très joli. Il y avait une réelle entraide. C’était plus que joli, c’était magnifique et c’est comme cela que nous devrions tous fonctionner. Maintenant que le marché est dispersé – je présenterai la chose plus loin – l’harmonie et unité qui se dégageait de l’endroit est aussi dispersée. Disons que je ne la sens plus, car je vois quand même aller un horticulteur vers l’autre pour se rendre des services. On me dira que tout change et notre corps, l’air, la nature sont toujours en mouvement, mais on a aussi des choses stables, la main droite reste toujours à droite, par exemple.

Neuchâtel, ma ville, Ma ville, change. Comme je le disais plus haut, on me dit que tout change et je répète que si changement nécessaire il y a, des repères, des points stables sont nécessaires, c’est pour cela que la main droite reste à droite. Il devrait en être ainsi de Mon marché. Je n’aime pas les polémiques, et ceux qui connaissent la situation savent ce qu’il en est. Je me dis que le marché était là le premier et qu’il devrait y rester. Il apporte une stabilité à cette ville, laquelle – comme bien d’autresà – subit de grands changements dans sa zone commerciale et sociale. Ce que j’ai entendu dire de la part de bien des horticulteurs c’est qu’on leur a fait comprendre qu’ils n’étaient que locataires des places occupées… j’ai aussi entendu dire que s’il y avait plus de monde dans la zone, il y avait moins de clients, donc moins de ventes qu’auparavant. clients peu imaginatifs, faut-il le dire…-les clients aussi sont inconséquents ; c’est comme lorsqu’on a un partenaire-

Voici deux stands :

L’autre stand, le plus grand du marché est tenu par Xavier et autrefois par M. et Mme Reubi. Ces derniers ont été mes premières amours dans ce marché. Pourquoi ? Parce qu’ils m’amenaient du mouron, plante considérée comme une mauvaise herbe, mais qui doit avoir ses qualités que seuls mes canaris connaissent. Ils se précipitent dessus lorsqu’ils l’aperçoivent. M. et Mme Reubi me l’ont introduite sous son nom allemand « Vogelmiere », très joli. J’avais trois amours : le couple Reubi, Mme Pellet et Mme Brodard qui vient encore au marché avec ses confitures et des fleurs pour mes oiseaux (pas les confitures, seules les fleurs).