Corum – Roland Chappatte – horloger

Précisons tout de suite : M. Roland Chappatte a travaillé 46 ans dans l’entreprise horlogère Corum. Si le métier façonne parfois le corps, les mains de M. Chappatte étaient faites pour le métier.

Le hasard, ce fameux hasard que je trouve si souvent ces derniers temps, tout comme je l’ai eu il y a bien des années, intervient. C’est réconfortant. Voici donc que je vais à la Coop de la Maladière, Neuchâtel, et que je demande à parler à un vendeur. L’on m’envoie un monsieur qui est tellement aimable que je me dis que son métier de base doit être autre. Effectivement, il a travaillé dans l’horlogerie de luxe. Cela tombe bien, je lui dis que j’ai écrit des articles sur l’horloger Froidevaux et sur Abraham-Louis Breguet (les liens figurent au bas de cet article). Il me dit que son père a travaillé chez Corum où il a travaillé sur la montre baguette et qu’il habite actuellement à La Sagne. Il ne m’en faut pas plus pour me dire que mon aventure horlogère continue et m’annonce chez M. Chappatte père, Roland Chappatte !

M. Roland Chappatte. Il me dit que la montre baguette ou golden bridge est une montre Corum et que tant qu’il a travaillé, il a été le seul à mettre toutes les pièces ensemble. Didier, le fils, qui nous a rejoints en cours de route dit, oui, c’est Calabrese qui l’a inventée (ceci n’est pas exact. Oui, répond le père, mais c’est nous qui avons rendu fonctionnel le modèle. (J’ai rencontré M. Bannwat, ancien propriétaire de Corum qui m’a donné des informations pour rectifier cette affirmation inexacte). Et quand M. Chapatte dit « nous », c’est lui ! Je lui demande des précisions et il ajoute que c’est lui qui a fait les tests pour savoir quel « mobile » (une pièce spéciale) allait prendre ! Auparavant, il avait aussi été le seul à s’occuper des ultraplattes. Il recevait Frs 5.- par montre et en faisait une centaine par mois.

Le patron de chez Corum. Je m’intéresse à la façon dont les patrons traitent les collaborateurs – pour moi ce ne sont pas des travailleurs, mais des collaboateurs, les uns ne peuvent exister sans les autres ou alors on est indépendant -. Bref, M. Chapatte me dit que tous les ans, les salariés recevaient 1’000.- frs de prime et tous les 25 ans ils avaient un voyage d’une semaine tous frais payés ! Il est allé à Rome avec sa femme qui a aussi bénéficié de la prime.

Toute la famille travaillait dans les montres. Le soir, M. Chapatte rapportait du travail et Didier me dit que lorsqu’ils collaient les bracelets, cela sentait la colle dans toute la maison !

Certificats d’études : je sais combien ces documents sont rares et j’en parle au musée Château des Monts au Locle qui se dit intéressé. M. Chappatte est tout à fait d’accord pour que je les transmette. Pour moi c’est une chance de participer à une telle histoire !

Vous étiez parmi les meilleurs de classe ? Il paraît, répond tranquillement M. Chappatte.

Montre d’études. Lorsqu’on faisait l’apprentissage, on montait une montre de A à Z. M. Chapatte a choisi de faire une montre-chronomètre dont voici quatre pages du plan. À l’époque pas d’ordinateur pour faire les dessins… quand on sait cela on apprécie le travail d’une autre façon !

Roger Peeters. Roger est partie intégrante de mon aventure horlogère. Sans lui, je n’aurais pas pris contact avec le musée horloger Château des Monts, au Locle, et sans lui j’ignorerais bien des choses sur la marche des montres et certaines inventions. Je lui montre les plans de M. Chappatte et grâce à lui, je comrpends de quoi il s’agit et peux mettre des commentaires qui pour M. Chappatte allaient de soi.

Engrenage de roue de 60 dents sur pignon de 6 dents et un profil de denture spécifique avec un module (pas des dents ou espacement) 0,18.
L’étudiant Chappatte montre que la position à droite, dans l’échappement à ancre anglaise, est la bonne.
Il fallait calculer que la levée tombe juste avant la dent.

Et voici, Mesdames et Messieurs, comme on dit dans les grandes occasions, le résultat du lauréat :

M. Chapatte se rappelle avoir prêté sa montre pour une exposition à un musée et qu’elle était revenue avec la tige du remontoir cassée ! Il a fallu qu’il la refasse.

Encore les mains de M. Chapatte :

Monsieur Chappatte reste toujours horloger. Je le dis parce que nous avons mangé ensemble et qu’à la fin du repas, il a plié le set de table, la serviette et qu’il a tout « rangé ». Un vrai travail d’horloger !

Mise sur la Toile de l’article. Je me suis dit que ce moment devait se faire devant les yeux de M. Chappatte. Il a été très content de se voir ainsi sur le réseau. J’ai aussi pensé que ce moment méritait une coupe de Mauler ! Quand j’ai déballé mes coupes (ah, oui ! j’ai mes règles et donc j’étais équipée), donc, au moment où j’ai déballé mes coupes, M. Chappatte a eu un sourire en me disant qu’à la maison il avait aussi eu de telles coupes. Pour moi c’est émouvant. J’avais pu apporter la bouteille toute fraîche parce que M. Frésard, l’ancien comptable de l’horloger Froidevaux venait de m’en faire cadeau. Les choses se lient les unes les autres et pour moi c’est le meilleur des signes que la vie puisse me faire.

Collection de montres. Monsieur Chappatte m’invite à voir sa collection de montres mécaniques, toutes sont mécaniques. Je me dis que je vais aussi m’en procurer une ; les montres à pile présentent l’inconvénient de devoir changer la pile et on ne sait pas toujours s’y prendre. Je l’ai fait une fois, il faudra que je reprenne l’affaire.

Monsieur Chappatte a trois fois cette quantité de montres à gousset. Cela tombe bien, j’ai un faible pour ce genre de montres et le mot me ravit. En voici une autre qui a attiré mon regard et admiration.

Magnifique fin d’article. Je n’ai plus su quoi inventer pour faire bouger les mains de M. Chappatte afin de les photographier. Il y a bien des théories sur le corps humain, cependant, lorsque j’ai demandé à M. Chapatte d’ouvrir ses mains, il a eu ce geste qui est l’image même de l’ouverture et je ne peux que finir l’article avec cette photo.

Suite 1 avec M. Sylvain Froidevaux. Je viens de parler avec M. Froidevaux, le directeur du service Après-Vente de chez Corum (aussi originaire du Noirmont mais d’une autre branche que celle de René Froidevaux, le patron horloger de Neuchâtel. Je me sens quand même en famille !) et il me dit qu’effectivement à l’époque, la formation d’horloger impliquait la création d’une montre : en première année on fabriquait les outils, c’était de la mécanique ; en deuxième année, on s’attaquait aux pièces de pivotage, on tournait les axes à la main ; en troisième année on procédait aux réglages de précision, le balancier spiral qui fait la précision de la montre. En quatrième année l’horloger en formation participait aux réparations pour des clients. Il me dit que les dessins de la montre-chronomètre lui rappellent ceux de son père. Il me dit qu’il a en sa possession un dessin d’une rosace qui devait servir d’exercice pour la précision. La photo (ainsi que la révision de ce paragraphe) va suivre.

Chose promise, chose due. Voici la rosace qui servait à démontrer la dextérité de l’étudiant. Moi qui aime les mots, il n’y a qu’à regarder le dessin pour comprendre qu’il est l’image de la dextérité. Une merveille ! On se croirait en présence de la création du monde.

Rosace faite par le jeune Claude Froidevaux, 17 ans, le 4 juillet 1963 au Technicum neuchâtelois de La Chaux-de-Fonds.

Marc Froidevaux. Il est le père de Claude Froidevaux et il a fait un apprentissage d’horloger. C’est l’héritier de la troisième génération d’horlogers. Sylvain Froidevaux, qui a eu la gentillesse de m’envoyer les documents qui suivent. Les conditions de travail ont bien changé depuis… 1923 !

Vous avez bien lu : pas de salaire.
C’est vite vu.

Voyons ce qu’il a à l’intérieur :

Voilà qui est clair. Le français du rédacteur de contrat est parfois succint, mais on comprend que l’on ne doit pas manquer au travail et que même si on est présent et qu’il n’y a pas de travail à faire, c’est du temps à *rattraper » après la fin de l’apprentissage. Tant pis aussi si on a été malade juste pendant les vacances !

L’Organisation internationale du Travail (OIT). J’y ai travaillé dans divers départements du Bureau international du Travail (BIT), à Genève. L’OIT est la seule organisation tripartite ; les décisions se prennent entre les gouvernements, les employeurs et les travailleurs. C’est magnifique. Et lorsqu’on lit un tel certificat de formation, on mesure combien on doit aux créateurs de l’OIT et en particulier à Albert Thomas, son directeur pendant 13 ans.

Durée du travail. C’est l’une des premières conventions internationales qu’Albert Thomas fait signer aux pays membres parce qu’il faut avoir des valeurs humanitaires dans un monde économique. Rien que pour cela, Albert Thomas a tout mon respect.

Ce qui est passionnant dans ma vie c’est de voir des pans de ma vie apparemment sans lien se trouver réunis. C’est, une fois de plus, le cas ici, le hasard me fait rencontrer M. Chappatte, puis les trois générations Froidevaux et j’arrive au BIT où j’ai travaillé début de ma carrière d’économiste. C’est comme un cercle qui se ferme.

Diplôme de 1924. Voici celui de l’apprenti Marc Froidevax.

J’imagine la loie de l’apprenti Marc Froidevaux quand il a reçu son diplôme de « remonteur.de mécanismes et rouages ». On félicite les personnes qui ont gardé ces documents en aussi bon état ! On voit tout en haut le chiffre 65, je me demande si c’est le 65e diplôme attribué.

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Think to do to others what you would like the others think to do to you : an example.

I make order ; since I know myself I keep making order in different fields. Order is the master of order ! We find our way, we can add, take off, transmute, make changes with full consciousness !

Once again, things get in touch by themselves. You certainly noticed that the maxim goes beyond the other one « Do to others what you would like others would do to you ». The thought is linked. In fact, every action has its roots in the thought. You have here a timely example.

Bobbins for my sewing machine, Singer. I have had different sewing machines and I have used all kind of bobbins for all of them. The last one collapsed, the thread tension from below couldn’t follow anymore. I was explained that using non original bobbins could deteriorate, in the end, a sewing machine. Having now a Singer machine, it is the opportunity to do everything right. I make an order to the only Singer representative in Switzerland, some forty pieces. I wind up the most common threads.

La Boutique Coupons de Saint Pierre, Paris. First of all I look for my first supplier. He doesn’t work here anymore. That is all what I am told. I try in different local stores without success : well, I am looking for 200 bobbins. Finally, a saleswoman from a French store that doesn’t sell anymore Singer items tells me to try the Boutique Coupons de Saint Pierre. I come across Chrystelle, a saleswoman who asks me the right questions and ensures me that I can order the quantity I desire. In a few days, between Christmas and some days after the New Year my problem was solved. When I thanked Chrystelle, she told me she had just done her work. But I can make the difference between an employee who makes just what is needed to be done and the one who likes his job and does it thoroughly. The store is lucky to have her and I am lucky to meet her.

For my 600 threads, the 200 bobbins should be enough. What could I do with those I don’t need anymore ? I have a friend who is passionate by sewing machines. He has at least ten ! Old ones, older ones and very old ones. I tell him about my bobbins, send him some pictures and he looks forward receiving them. With my 200 bobbins I have just enough. I’ll have to buy a few in order to have a reserve.

I prepare the bobbins for my friend. Here is where the famous sentence you see next comes in. I could have put all the bobbins in a package, send it and that would have been all. But they were 200 of them from at least found different shapes. Among the metal ones, some had holes of different diameters and some had no holes on the other side. So, it seemed more reasonable to me take time to sort them and make specific packaging for each sort. Some of these bobbins, I had bought, some others I had inherited in different ways. THe former users had sometimes winded up different colours in one bobbin. I couldn’t imagine my friend sewing and suddenly be stopped because there was no more thread and see in the bobbin another colour. So, I decided to have courage and emptied the most suspicious ones.

Here we see the result : each model is in a different bag and inside each of them there is a smaller bag bobbins of the same sort but with thread. In total there are some hundred.

As for those in plastic. I proceeded diferently and put a nice pink rubban. There too are some hundred. Once I had thought I had bought « Singer » bobbins for my « Singer » machine. It is only recently that I learnt that there are low and high bobbins and even if it is written « Singer » on one side, they are not the right ones foe me. I need the high ones which are marked on both sides. That is the way you learn things ! I also put a bag with some that had a pretty good quantity of thread.

Threads and colours… not always easy. We all know, if we are going to do a seam that requires a lot of thread, we better foresee the necessary quantity because from one colour bath to another, there are differences. But sometimes we can be pleasantly surprised : we pull a bit of thread from the spool, put it on the fabric and there is not much difference. However some of my threats remained single. So I tied them with two laces and will send them to my friend. The laces are nice and my friend will be able to use them on a future cap or on a vest.

Conclusion : I put myself in my friend’s shoes and if I had received such a quantity of bobbins, even as a present, I would like them sorted out and well wrapped. This maxim applies to everything, every situation. It is not always easy to implement it, but it brings a lot of satisfactions. That is why we should keep in mind :

I tell myself also that the matter that sorrounds us is the one that was at the beginning of the creation of the World, even though it is better to speak of information, and that it is my duty to greet it and treat it with respect.

No links in English. If you can French, then go to the French version and you’ll find them some.

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Pense à faire à autrui ce que tu aimerais qu’autrui pense à te faire : exemple.

Je fais de l’ordre ; je crois bien que depuis que je me connais, je mets de l’ordre dans bien des choses. L’ordre est le garant de l’ordre ! On s’y retrouve, on peut enlever, ajouter, transmuter, changer en toute connaissance de cause !

Une fois de plus, les choses s’enchaînent les unes les autres. Le titre, vous aurez noté qu’il s’agit d’aller plus loin que « Ne fais pas à autrui ce que tu n’aimerais pas qu’autrui te fasse », car en fait la pensée est au début de l’action. En effet, toute action est accompagnée d’une pensée. Je donne ici un exemple qui tombe à pic pour la démonstration de cette phrase si souvent dite par Jean-Pierre Garnier Malet. L’exemple est tout à fait symbolique.

Des canettes pour ma machine à coudre, Singer. J’ai eu différentes machines à coudre et j’ai trouvé que je pouvais mettre toute sorte de canettes pour coudre. Voilà que la dernière machine à coudre rend l’âme, la tension du fil d’en bas ne suivait plus. On m’a expliqué que l’utilisation de canettes qui ne sont pas d’origine finalement détraquent la machine. Étant entrée en possession d’une Singer, je me dis que l’occasion est là. Je commence par commander, auprès du seul représentant de Singer en Suisse, une quarantaine de canettes. J’embobine les fils les plus usuels.

La Boutique Coupons de Saint Pierre, Paris. Je désirais une canette pour chaque couleur et tout d’abord, cherche mon premier fournisseur. Il ne travaille plus là. C’est tout ce qu’on me dit. Je cherche dans divers magasins locaux, mais n’ai pas de succès ; je cherche 200 canettes . Finalement, une vendeuse d’un magasin français qui ne vend plus du Singer me dit de m’adresser à la Boutique Coupons de Saint Pierre. Je tombe sur Chrystelle, une vendeuse qui me pose les bonnes questions au sujet de ma machine et qui m’assure que je peux commander la quantité que je désire. Le tout a pris quelques jours, entre Noël et juste après Nouvel An. Quand j’ai remercié Chrystelle, elle m’a dit qu’elle n’avait fait que son travail. Je sais bien faire la différence entre un employé qui fait juste ce qu’il faut faire et celui qui aime son métier et le fait à fond. C’est le cas de Chrystelle. La boutique a de la chance et j’ai de la chance avec elle.

Pour mes 600 fils, les 200 canettes devraient suffire. Que faire alors avec celles dont je n’ai plus besoin ? J’ai un ami passionné de machines à coudre. Il en a dix ! Des anciennes, des plus anciennes et de très anciennes. Je lui parle de mes canettes, lui envoie des photos et il se dit enchanté de les recevoir. Avec mes 200 canettes, j’ai visé tout juste. Il faudra que j’achète quelques-unes pour avoir des réserves.

L’envoi de canettes. C’est ici qu’intervient la fameuse phrase que vous voyez à côté. J’aurais pu mettre toutes les canettes dans une boîte et le tour était fini. Mais, il y avait près de 200 canettes aussi et d’au moins quatre sortes. Parmi celles en métal, il y en a avec des trous de différents diamètres et certaines ont des trous d’un seul côté. Alors, il m’a semblé plus raisonnable de prendre du temps pour les trier et faire des emballages spécifiques. Parmi ces canettes, certaines, je les avais achetées et d’autres, je les avais « héritées » de diverses façons. Les usagères précédentes ont parfois embobiné diverses couleurs sur une même canette. Je ne voyais pas mon ami commencer une couture avec du fil noir, se retrouver après quelques minutes avec une rupture de couture parce que le fil de la canette était fini et se retrouver avec du vert ou une autre couleur. Aussi, ai-je pris mon courage à deux mains et vidé celles qui étaient très suspectes.

Voici ce que cela donne : chaque sorte est dans un sac séparé. A l’intérieur se trouve un plus petit sac avec des canettes de la même sorte mais avec du fil. En tout il y en a une centaine.

Pour ce qui est de celles en plastique. Je les ai réunies différemment. Je leur ai mis un joli ruban rose. Il y en a également une centaine. J’ai également mis un petit sac avec celles contenant encore une bonne quantité de fil. J’avais cru acheter des canettes « Singer » et les avais embobinées, jusqu’à ce que j’apprenne récemment qu’il y a des canettes basses et des canettes hautes, même si dessus est écrit Singer. Sauf que pour les basses ce n’est écrit que dessus et pour les hautes, en bas et en haut. C’est, comme on dit, le métier qui rentre ! À propos de cette locution, on devrait plutôt dire « C’est le métier qui entre », car pour « rentrer », il faut déjà que l’on soit entré au moins une fois. Je consulte un spécialiste, Chambaron de son nom de plume, et il me dit que c’est bien « rentrer », car ici le « re » veut dire avec force.

Certains fils et les couleurs… toute une histoire. On le sait, si on va faire une couture qui demande beaucoup de fil, il vaut mieux prévoir la quantité nécessaire parce que d’un bain de couleur à l’autre, il y a souvent des différences. Mais, parfois on est surpris en bien parce qu’en tirant un peu de fil de la bobine et en le posant sur le tissu, on ne voit pas grande différence. Toutefois, certains fils sont restés « impairs » et je les ai réunis avec des lacets pour les envoyer à mon ami. J’ai mis deux lacets que je trouve beaux et qu’il pourait utiliser dans une future casquette ou un gilet. Il fait de la couture masculine.

Conclusion : je me suis mise à la place de mon ami et si j’avais reçu une telle quantité de canettes, même en cadeau, j’aurais bien apprécié qu’elles soient triées et bien emballées. Cette maxime s’applique à tout. Elle n’est pas toujours simple à mettre en oeuvre, mais elle apporte plein de satisfactions. C’est pour cela que nous devrions garder à l’esprit :

Je me dis aussi que la matière qui nous entoure est celle qui était au début de la création de ce monde, même si on parle alors plutôt d’information, et que je me dois de la saluer et de la traiter avec respct.

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Claude Lienher – personnage clef dans mes rangements et réparations

C’est l’un de mes leitmotifs de ma vie : on n’est rien sans les autres. Claude Lienher est un pilier de mes rangements et réparations. Cela m’a fait un coup quand il m’a annoncé sa retraite de l’atelier de menuiserie de Cernier où il était patron et formateur. Je me dis qu’il y a des personnes qui ne devraient jamais quitter leur fonction… Moi, égoïste ? Jamais !

Les domaines dans lesquels Claude Lienher est présent à travers ses travaux :

  • Chez moi:
  • la volière de mes canaris ;
  • les grands supports qui maintiennent la cage qui est au balcon et qui permet aux canaris de prendre le soleil et de picorer la neige ;
  • les éléments qui me permettent de ranger mes bijoux ;
  • les étagères sur lesquelles reposent mes plantes tant au balcon que chez moi ;
  • les étagères qui reçoivent le surplus de livres que j’ai en ce moment ;
  • l’armature que j’ai transformée en armoire et qui est à la cave.
  • Dans mon studio de danse :
  • les petits bancs pour les spectateurs enfants qui assistent à mes spectacles ;
  • les huiles qui protègent les chaises en cuir héritées de Freddy Landry ;
  • le plot sur lequel repose Essence, le squelette qui m’assiste dans mes cours ;
  • les étagères qui me permettent de doubler l’espace dans les grands casiers du studio ;
  • la boîte où j’installe mon ordinateur lorsque je présente des spectacles ; comme cela les spectateurs ne reçoivent pas la lumière sur la figure ;
  • la teinture de protection qui empêche les insectes en été de finir de manger la porte d’entrée ;
  • les panneaux blancs qui me permettent de mettre les affiches des spectacles dans la rue ;
  • les écritoires qui devraient servir d’appui à ceux qui prennent des cours chez moi ;
  • dernier-né : le chasse-clou qui « garde » les clous au chaud dans le plancher.

Je dois oublier des choses, tellement elles sont devenues miennes.

Caractéristique générale partout : le soin et le côté pratique de la chose.

Claude Lienher, le personnage est franc et son parler aussi. Il n’est pas simple à saisir et préfère qu’on lui dise ce qu’on veut et pourquoi on le veut et alors il vous fait un schéma et un meuble ou élément de meuble qui durera. J’aimais lui décrire ce que je voulais et je voyais son visage devenir neutre et je sentais son cerveau travailler, il faisait alors un pas et posait des questions, riait et disait « cela ne va pas tenir comme cela  » ou « j’ai pensé à ceci », « j’ai ce matériau », « je commande ». Cela allait très vite. C’est arrivé qu’il me dise, ou est-ce qu’il me l’a toujours dit ? « Je suis très occupé, mais dites toujours ». Et, finalement, cela jouait. Quelle chance ! me disais-je à chaque fois.

Voici un festival de ses travaux.

J’aime les bijoux et en ai une collection. Ils ne sont pas chers, mais je les trouve beaux et selon les périodes de ma vie j’en porte un genre ou un autre. De plus, j’ai travaillé à des endroits où une certaine élégance comptait et cela me convenait très bien.

Au fil du temps, ma collection a grandi et les boîtes ou coffres à bijoux faisaient que certains bijoux restaient en bas ou au fond, les bijoux s’accrochaient les uns aux autres, bref, ce n’était plus simple. Un jour, l’illumination me visite. Je me dis que je pourrais commander à Claude Lienher des planches en bois de diverses dimensions. Il me demande à quoi elles vont servir ; ma réponse a fait que dans sa tête il s’est dit quel genre de bois il allait choisir et quelques jours après, j’ai pu prendre livraison des objets de mes désirs. J’avais un velours couleur lie de vin assez foncé que j’aimais beaucoup, j’ai habillé les planches ou plutôt je les ai couvertes devant et derrière avec le tissu ; j’ai mis les bijoux sur les planches pour savoir où mettre des clous et le tour a été joué !

Savoir mesurer. L’un des premiers travaux que j’ai commandés à concernait des panneaux pour la volière de mes canaris. Feu mon ami, André Oppel, et moi avions construit la volière. Nous avions construit des panneaux et les avions assemblés. Avec le temps, j’ai éprouvé le besoin de me simplifier la vie au sujet du nettoyage de la volière. C.L. m’a fait confiance pour la mesure des panneaux. J’en prends livraison… Je crois que je dois m’arrêter, car pour moi cela a été une sorte de révélation. Les panneaux, sortes de cadres qui devaient contenir du treillis, n’avaient aucun clou. C’est la première fois que j’ai observé un travail fait de la sorte. J’ai donc appris à observer comment un objet était fait… Je reprends mon récit : j’arrive à la maison et mets les panneaux. Seulement, seulement tous ne s’encadraient pas parfaitement. J’en parle à C.L. qui m’explique que les planchers des habitations ne sont pas toujours droits… Il est bien connu que nos sens nous trompent. Là, j’ai compris et depuis lors, je mesure à droite, à gauche, en haut, en bas et en profondeur ! Que voulez-vous, chaque métier a son savoir et j’envie Claude Lienher pour le sien.

Mon idée était de montrer la délicatesse du travail de C.L. mais les panneau ont déjà un certain vécu et si j’en démonte un pour voir comment il a été fait… je n’arriverai plus à le remonter. Voici donc une esquisse.

Augmentation d’espace.

Un chasse-clou. Ce chasse-clou a résolu un problème qui était récurrent et contre lequel je me battais depuis presque toujours : les clous qui sortent leur tête du sol en bois et qui font des accrocs à mes chaussons de danse et à mes chaussettes. Claude m’a bien dit qu’il me fallait un chasse-clou (me voilà aussi enrichie d’un nouveau mot) et m’ayant entendue raconter des histoires au sujet de bien des objets dans mon studio, s’est dit que le chasse-clou de son père – qui avait aussi été la propriété de son père à lui – serait très bien chez moi. Alors, il l’a gravé et me l’a envoyé. Je vais faire un montage avec les différentes gravures, mais,le voici dans « l’habit » que je viens de lui confectionner et qui est inspiré de celui que j’ai fait à une montre qui est maintenant au musée d’horlogerie, Château des Monts, au Locle !

Ce qui est fascinant pour moi : c’est d’avoir trouvé solution à quelque chose pour laquelle je ne voyais d’autre remède que de taper de temps à autre sur les clous saillants. C’est comme si je découvrais une autre dimension dans mon propre monde, parce que si j’avais vu des clous – dans mon studio de danse – qui ne sortaient pas leur tête, je n’avais pas compris qu’ils avaient été « chassés ». Joli jeu de mots, d’ailleurs. Je me dis, que pour toute sorte d’autres « problèmes », il doit aussi y avoir solution. Voilà le cadeau de Claude. On ne sait jamais les services qu’on rend, raison pour laquelle, je me dis qu’il faut faire attention lorsqu’on fait une remarque – aussi justifiée soit-elle.

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Iossif Leonidovitch Prout. Réserves. La notion de réserve. Rencontre particulière 16.2

J’ai un rapport particulier avec le russe, c’est une langue qui me fait fondre. Aussi c’est avec un plaisir certain que je me suis efforcée de faire la traduction de mon texte. Je ne cache pas que la traduction en ligne aide énormément. Je remercie ce service.

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La notion de « réserves » est plutôt du domaine financier dans notre société. Mais, dans les pays de l’Est, elle faisait partie de la vie quotidienne. Il n’y avait pas toujours des produits dans les magasins et il fallait profiter quand il y avait des arrivages. Là, on faisait la queue. Elles étaient souvent longues. D’ailleurs, on ne sortait jamais de la maison sans un sac à provision pour le cas où. Maintenant que la pandémie est arrivée, ceux qui ont vécu dans ces pays se retrouvent dans un paysage quelque peu familier. Voilà un avantage d’un inconvénient ! Les épreuves sont bien souvent salutaires. C’est d’ailleurs cette expérience qui m’a fait proposer un cours où je donne des exercices qu’on peut pratiquer pour notre santé et qui évitent les énervements inutiles lorsqu’on doit attendre notre tour dans un magasin.

C’est aussi une notion qui fait partie de la vie quotidienne de l’armée. Il est nécessaire d’être prévoyant et se limiter à ce qui est vital.

Iossif Leonidovitch Prout, 1986. Je l’ai rencontré lorsque je suis allée à Moscou suivre un cours de russe. Un soir, notre groupe d’étudiants est allé écouter une opérette, Catherine, et on m’a présenté l’auteur du scénario : Iossif Leonidovitch Prout. Il était dans sa loge. Nous sommes devenus proches. Ce n’était pas difficile, il avait une ouverture d’esprit peu commune et aimait les artistes.

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Voici la première page du programme avec son autographe en tant qu’auteur du scénario accompagné de celui du régisseur de l’oeuvre.

La notion de réserve. Prout, qui m’a été présenté en tant que général de l’Armée soviétique et en tant qu’auteur de scénarios de divers genres, m’a immédiatement adoptée. Je reviendrai sur ses fonctions. Nous avons parlé de bien des choses, de son entrée en Pologne après la défaite des Allemands aux côtés du maréchal Joukov et de diverses autres personnalités qu’il avait côtoyées. Mais, ce qui m’a marquée, encore aujourd’hui, c’est la notion de « réserve ». J’ai quelques leçons de vie que j’ai apprises de façon consciente et celle-ci en est une. Il m’a dit qu’il avait dans ses tiroirs des scénarios de divers genres selon ce qui se présentait. Il a précisé « il faut toujours avoir des réserves  » ! C’est une notion éminemment stratégique. Je revois le moment et son bureau. J’entends aussi sa voix et la puissance qui se dégageait de sa personne. Cette notion a fait son chemin en moi, car je n’ai pas toujours eu les moyens de m’offrir ceci ou cela, et lorsque l’occasion se présente, je fais des réserves. Bien souvent, je pense à lui. Je ne suis pas aussi stratège que lui, mais peut-être que lorsque je prends des virages dans ma vie c’est aussi une certaine stratégie, pas toujours consciente, qui me guide et qui s’approche de l’intuition. Je suis quelqu’un qui fait les choses par plaisir plutôt que par prudence, calcul, obligation. La vie n’est pas toujours semée de fleurs, mais je trouve toujours du plaisir, des symboles qui me nourrissent.

Au début des années 1990. Je suis retournée à Moscou et j’ai rendu visite à Iossif. Nous sommes allés dans un magasin qui vendait des chaussons de danse. C’était en été et j’avais des sandales, je ne portais pas de chaussettes. Je ne sais plus si j’avais pensé acheter les chaussons avant qu’on sorte de la maison ou pas, mais le fait est qu’au magasin il fallait essayer les chaussons et que je n’avais pas de chaussettes. Mon général a enlevé las siennes et me les a passées. Je revois aussi le moment où il a enlevé sa première chaussette et qu’il me l’a donnée. On n’a pas échangé de mots, cela s’est fait d’une façon très naturelle, comme si on répétait une scène de ses scénarios. J’ai ainsi acheté une bonne quantité de chaussons. J’en ai encore. Voici un échantillon.

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Une danseuse se doit de pouvoir broder ses chaussons pour les réparer. À propos de ces chaussons, ils sont magiques. Je n’ai jamais eu mal aux pieds avec eux et, surtout, j’étais tout de suite sur pointes. Explication pour ceux qui n’ont jamais porté des pointes : il faut souvent « triturer » les chaussons pour qu’on puisse monter dessus. Je vais traiter le sujet un de ces jours. Le fait est qu’avec eux, il ne fallait pasfaire grand-chose. Ils ont été faits pour moi !
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Iossif Leonidovitch Prout en portrait. Le voici !

Il dégageait une force qui était pleine d’amabilité avec quelqu’un qu’il aimait bien, de respect et de distance quand il le fallait avec d’autres personnes et de quelque chose de plus qui inspirait l’exécution de ses ordres sans discussion à d’autres moments. Il se tenait très droit et avait un ventre d’une solidité à faire pâlir les hommes qui font des abdos dans les gymnases.

Son ventre. Iossif Prout m’a montré un exercice qu’il faisait tous les jours : avec deux doigts d’une seule main, il soulevait une chaise. Il m’a fait toucher son ventre et on aurait dit du caillou, plusieurs cailloux alors qu’il avait dépassé les 90 ans ! Il m’a aussi montré comment me défendre si quelqu’un venait à m’attaquer.

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Un petit mot derrière sa photo. Voici ce qu’il m’a écrit derrière la photo du haut qu’il m’a envoyée par la poste.

Il ne faut pas le prendre à la lettre. Lorsqu’on parle en russe, il y a pleins de mots chaleureux, amicaux qu’on n’utilise pas en français de la même manière. Lorsque je rencontre mes amis russes, des mots d’amour fleurissent à tout bout de champ. Prout parlait le français très bien puisqu’il avait fait ses études en tant que jeune garçon en Suisse, mais ce qu’il a voulu dire ici c’est que nous nous entendions très bien, au point de me passer ses chaussettes. Sans plus !

Des anecdotes. Je n’ai malheureusement pas tout retenu et n’avais jamais pensé écrire sur Prout, mais ces temps-ci, je pense souvent à lui, aux leçons que j’ai apprises dans ma vie et c’est ma façon de le remercier :

  • Picasso. Prout rencontre une fois Picasso à Paris. Il lui dit qu’il a vu à Moscou un tableau signé Picasso mais qu’il ne l’avait pas acheté parce que c’était un faux. Tu es un idiot, Prout, lui répondit Picasso. Si tu l’avais acheté, j’aurais écrit dessous « ceci n’est pas un Picasso », j’aurais signé et tu aurais eu un Picasso !
  • ceci n’est pas une anecdote, mais il avait donc côtoyé des personnalités du régime soviétique, tout en haut de la pyramide et disait qu’il regrettait de ne plus avoir le temps de raconter d’autres versants de l’Histoire ;
  • il est venu me rendre visite à Neuchâtel deux jours et je lui ai fait à manger. J’avais vu chez lui qu’il y avait sur son assiette des betteraves rouges et donc je lui en ai préparé. Lorsqu’il les a vues il m’a dit « j’en mange déjà assez chez moi »!
  • Prout avait chez lui des tableaux et des dessins de gens célèbres et il m’a commandé un tableau. À l’époque, je faisais des tableaux du genre de celui qui figure plus bas. Lorsque je le lui ai apporté, il a dit : mais il n’y a pas la couleur du peuple ! Je suis restée une seconde suspendue au temps et finalement, j’ai compris que je n’avais pas mis de « rouge ». Il a quand même trouvé une place pour mon tableau ;
  • il était reconnaissant à Nikita Khrouchtchev, car ce dernier avait ouvert les frontières et Prout avait pu renouer les relations avec la Suisse et sa famille par alliance.
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  • Olga Lepechinskaïa. J’étais en visite chez Prout lorsque je lui ai dit que j’aurais voulu m’entretenir avec la célèbre danseuse des années 1950. Ni uni ni deux, il lui téléphone tout de suite. Malheureusement, elle était malade et j’ai chargé mon ami Prout de lui faire signer un autographe. Il avait ses entrées chez elle et m’a apporté l’autographe à la maison ! Le voici :

Lorsque j’ai présenté Iossif à feu mon ami André Oppel, vers le milieu des années 1990, lorsqu’il est revenu en Suisse, je le lui ai introduit en tant que général et il s’est empressé de préciser qu’il n’était pas seulement cela. Il était aussi venu pour que ses oeuvres artistiques soient plus mises en valeur. En cherchant des informations sur la toile, je vois qu’on dit qu’il n’était pas général. Cela n’a pas d’importance. Il a fêté ses 90 ans au Bolchoï, il était un personnage connu et j’ai porté ses chaussettes !

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Au sujet de mes activités

Mes activités... elles sont nombreuses et cela m’a quelques fois joué des tours. Les gens sont parfois ainsi faits qu’ils ne pensent pas qu’une personne qui est économiste puisse aussi être artiste ou l’inverse. C’est ainsi que l’on m’a conseillé, lorsque je postulais à un endroit ou à un autre, de ne pas mentionner ceci ou cela. Mais, vous le savez, l’histoire change, la roue tourne, la société évolue, involue… Je pense que le principal est de rester soi-même. Cela n’exclut pas le changement, les prises de conscience, mais se présenter dans des chaussures qui sont trop étroites pour vos pieds…

Alors, comment les présenter ? Si on fait une liste, comme dans le menu déroulant de ma page d’accueil, il faut toujours mettre quelque chose en premier et le dernier aura l’air… de dernier ; or, toutes mes activités sont également importantes. Je ne les pratique pas toutes tous les jours ni tout le temps. La vie s’est arrangée pour qu’elles glissent comme des vagues les unes sur les autres. Je leur accorde la même importance, je les fais avec le même plaisir et toujours dans le but de rendre service. Je n’ai pas le sentiment de désirer une vague plus qu’une autre, simplement elles apparaissent ou s’éloignent.

Mes activités glissent comme des vagues les unes sur les autres. À propos d’éloignement, celle des maquillages fantaisie s’éloigne dans cette période de pandémie. Mais, je dois aussi dire que mes maquillages sont personnalisés, qu’un lien s’établit avec la personne que je maquille et que quelque chose d’elle apparaît dans le maquillage. Ne me demandez pas comment cela se passe. Cela se passe tout seul. J’ai l’impression d’être dans un ailleurs et tout à coup la forme apparaît sous mon pinceau. J’ai bien un style particulier, mais je peux peindre le même modèle trois fois de suite, il sera toujours en relation avec la personne. Alors, ce genre de maquillage ne va pas lorsqu’on en fait juste avant un match de foot ou pour avoir un coeur sur la joue. Je préfère ne pas faire… là, je fais un choix ou plutôt la question ne se pose pas, ce n’est pas mon genre. Point.

Alors donc, comment les présenter, mes activités ? C’est en parlant avec un banquier et en lui envoyant un mot que l’idée m’est venue, ou plutôt qu’elle a atterri, voire émergé dans mon cerveau. Cela fait un moment que je dis qu’il me faudrait inventer un mot pour cela. Comme souvent aussi, l’idée a fait son chemin, pris son temps et aujourd’hui, jour d’automne de la pensée, elle a mûri et est sortie.

Voici un premier schéma qui tient compte de ce que je dis :

100 % et les pourcentages. Ah les pourcentages ! Je me demande où passent les enseignements reçus à l’école. J’ai bien souvent remarqué que des gens apprennent par coeur, répètent ce qu’ils entendent ou lisent mais sans réflexion réelle. Actuellement, par exemple, on entend dire que quelqu’un s’investit à 200 %, qu’on fait une chose à 200 %. Soyons quand même proches de la réalité, je n’ai pas entendu dire que l’on fasse quelque chose à 300 ou 500 %. Mais, on ne peut jamais se dépasser ! Mon intérêt pour quelque chose ne peut jamais dépasser le 100 %. Pourquoi ? Parce que je suis l’unité de mesure. Prenons, pour l’exemple’une bouteille rempie à 100 %. Je peux la vider à 1 %, à 30 %, à 100 %, mais jamais à 150 %, 200 %. Il en va de même pour nous, nous sommes à 100 % nous-mêmes. Nous pouvons donc nous investir à 10 %, 50 % (d’où les emplois à 50 %) et à 100 %. Quand on a travaillé à 150 % c’est qu’on a dépassé le nombre d’heures réglementaires, pas nous-mêmes.

À ce propos. Il y avait un exercice de français sur la Toile avec le sujet des pourcentages et justement l’exemple : Je m’investis à 200%. Celui qui faisait l’exercice devait savoir que l’on ne colle jamais le signe « % » au chiffre. Mais, ai-je fait remarquer, on ne peut s’investir soi-même à plus de 100 % alors qu’un prix, par exemple, peut passer de € 50.- à € 100.-, soit une augmentation de 200 %, soit deux fois € 50.- soit, puisque € 50.- = le prix entier = 100 %, et deux fois 100 % donne 200 %. Là, on peut parler d’une augmentation de 200 % et ceux qui ont vécu l’inflation ou se souviennent de cours d’histoire savent que l’inflation gonfle les prix de façon extraordinaire et, naturellement, le pourcentage dépasse souvent les 100 %. Bref, l’exercice, grâce à mon intervention, a été supprimé !

Une prise de conscience, un axe, un principe vital : celui du rôle de la pensée. Il guide désormais mes activités. Je n’aime pas faire du tort à quelqu’un mais savoir que la pensée même est une énergie et, par conséquent, qu’elle a une réalité, change bien des choses :

Il y a treize « départements », en fait mes activités sont douze, mais comme la vie n’a pas fini son cours et que mes activités sont apparues en cours de route, je laisse du terrain pour une suivante. Il y a tellement de choses passionnantes dans notre monde…

Voici mes activités sous forme de bulles. On va imaginer que ce sont des vagues et qu’elles peuvent glisser les unes sur les autres :

Toutes les activités ne sont pas tout le temps au premier plan ; mais une chose est sûre : dès que l’occasion se présente pour l’une d’entre elles, je la mets en route comme si je l’avais pratiquée la veille. Celles qui sont le plus présentes ces derniers temps sont « révision de textes » – je passe des heures fantastiques à entrer dans des textes et la pensée de différents auteurs dans des domaines très variés. Quant à « @3m.ossature », « @articulations – jouons avec elles » et « danse classique et imagingation », soit les dernières-nées, elles se passent, essentiellement, dans le cadre des cours organisés par la Ville à midi. Là, également, j’ai un très grand plaisir à rencontrer des participants de différents horizons et à les unir par une même activité ; chacun apporte son monde et je m’en sers pour enrichir le cours.

Mes activités sur la Toile. Depuis que j’ai ma plateforme, j’ai une activité qui pourrait déjà être la treizième, celle des « Questions sociales », en fait elle regroupe des questions sociales, des réflexions et la philosophie. C’est sans doute la fibre familiale qui parle, tant mes parents que leurs familles étaient impliqués dans la vie sociale et ont agi pour le bien de passablement de personnes. En plus, j’ai été assistante à l’université de Neuchâtel d’un cours qui s’appelait initialement « Faits socio-économiques » avec le professeur Jean-Pierre Gern et ensuite travaillé au Bureau international du Travail (BIT). Ma plateforme me permet de parler de ce que je fais, mais me présente surtout l’occasion de parler de faits socio-économiques. C’est devenu une activité et c’est une passion. La différence avec les autres, c’est qu’elle n’est pas lucrative ; c’est tout. Elle est tout aussi importante que les autres. Je préfère, en général, parler ou écrire de choses qui sont nourrissantes et qui devraient faire la une plutôt que de choses qui ne vont pas bien. C’est ici que le rôle de la pensée intervient (c.f. Jean-Pierre Garnier Malet). De plus cette activité est l’une de celles qui font que des pans de mon histoire se rejoignent. C’est cela qui est fabuleux, tout fait partie d’un tout.

Les liens pour mes activités figurent dans le menu déroulant. Il reste celle des « services et réparations en période de pandémie » ou « confinement et nouveaux métiers de Zully ». Je complète la présentation de mes activités avec le rôle de la pensée grâce à :

Jean-Pierre Garnier Malet : rencontre particulière 14.

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Converstations de rue en patchwork

Il se passe des choses très profondes avec des personnes que je ne rencontre que quelques instants.

La vie se charge de bien des choses. C’est ainsi que l’on n’a pas besoin de parler la même langue pour s’entendre. C’est ce qui se passe avec les animaux, les plantes et même les objets et que nous pouvons converser avec eux. Voici cinq histoires.

  • No 1. J’arrive à un passage piéton au bon moment et le traverse. En arrivant sur l’autre trottoir, je vois une dame quelque peu âgée, marchant avec difficulté avec deux cannes. Je ne sais pourquoi, je m’approche d’elle et lui dis :
    • Si vous aviez couru, vous auriez pu passer !
    • Oh ! J’ai le temps… mais si je n’avais pas eu le temps, j’aurais couru !
      • On a éclaté de rire ensemble, et son rire était tellement plein de vie et de joie que j’ai été charmée. Je lui ai dit que j’allais écrire notre échange sur ma plateforme, car c’était le genre de choses que les gens devaient lire et pas les catastrophes. Elle a été touchée, car elle a eu un joli mouvement de tête et m’a lancé un regard qui m’est allé droit à l’âme.

  • No 2. Un papillon dans le lac. Je suis dans « mon » lac et tout à coup, je vois arriver un papillon qui aquarrit devant moi, je veux dire qu’il est arrivé sur l’eau (amerrir c’est dans la mer, aquarrir… c’est dans l’eau) ; je le vois se débattre un moment, je sais qu’on ne doit prendre un papillon par les ailes et ne sais que faire ; finalement, le papillon laisse ses ailes reposer sur l’eau. Je ne sais toujours pas quoi faire et tout à coup une plume blanche se matérialise dans mon champ visuel. Je la prends, l’approche de Pap (il a maintenant un prénom) qui comprend, s’y agrippe avec ses pattes, y reste le temps que je m’approche du rivage et d’une grande pierre. Je dépose le véhicule avec Pap et prie pour que les choses s’arrangent.
    • Je retourne dans l’eau et peu après vois un autre petit animal, un insecte brun, je ne connais pas la sorte, me dis que… mais, je ne peux pas le laisser se noyer même s’il est potentiellement « nuisible ». Il doit quand même avoir une utilité que je méconnais. Je cherche une autre plume, mais rien. Plus loin, il y a un bout de branche que je vais chercher. La petite bête s’y accroche aussi avec ses pattes. Elle doit se dire qu’elle est hors d’affaire, car elle me fait confiance pendant le trajet. Je la déponse sur une autre pierre, regarde celle où j’avais déposé Pap… qui n’y est plus. C’est bon signe. À la fin de ma baignade, il n’y avait plus personne sur les pierres. Je me dis que ma baignade n’a pas été inutile.
    • Le lendemain, je retourne pour une nouvelle baignade et lorsque je suis pieds nus, un papillon (différent de celui de la ville, je crois bien) se pose sur mon pied. Je le prends comme un salut, un remerciement, un signe. Je suis contente et salue ce nouveau Pap.
  • No 3. Un délice ! Je consulte ma référence en questions linguistiques, Chambaron – son nom de plume – et il me dit qu’il existe le verbe « aqualir », mais que si mon aventure papiliacée le permet, je peux oser le mot de mon choix, choix qui s’est porté sur « aquarrir ». C’est un pur délice ! Et vous avez vu l’adjectif « papiliacé » ? C’est tout aussi délicieux ! Je raconte à Chambaron que je suis en train de faire en même temps ma comptabilité et ma déclaration d’impôts, il me répond qu’il me laisse papilloner sur mon « net à payer ». Je suis comme dans un rêve !
  • No 4. Les distances en cette période de pandémie. On peut avoir l’avis personnel que l’on veut, mais on ne peut l’imposer aux autres et il faut suivre les règles présentées. Cette fois-ci, je me trouve dans un supermarché, à la caisse. Je suis à une distance raisonnable de la personne qui est devant moi et voilà qu’une dame se met assez près de moi par derrière.
    • Je la regarde… Elle ne bouge pas. Alors, je m’éloigne un peu en diagonale afin de garder la distance par rapport à la personne devant et voilà que celle de derrière avance aussi. Je lui dis que si on respecte les distances marquées au sol, elle est trop près, qu’en fait, je devrais être à sa place.
    • Elle sourit et dit que j’ai raison et elle recule. À dire vrai, elle ne va pas très très loin, je la regarde encore une fois et à nouveau elle sourit et dit, mais ici il n’y a a plus de marque et elle sourit ! Je ne résiste pas et ris. Je lui dis qu’elle est intelligente et lui demande si elle avait aussi agi de la sorte lorqu’elle était à l’école. Elle dit que non, qu’elle était plutôt timide.
    • Je la fécilite parce qu’elle a bien avancé dans la vie et lui dis que je vais mettre notre conversation sur ma plateforme . On se quitte en d’excellents termes.
  • No 5. Solution inespérée. Il y a des histoires qui sont des enseignements pour ceux qui les racontent ou les lisent. Celle-ci en fait partie. La dame dont je vais parler, je la rencontre de temps à autre en ville.
    • La dame n’a pu élever ses filles et qu’elle ne voyait plus l’une d’entre elles depuis près de vingt ans. Cela faisait pourtant des années que nous nous croisions et bavardions de choses quotidiennes, mais voilà qu’il y a quelques mois elle m’en parle. Je suis touchée par la confiance.
    • Il y a quelques semaines, elle me dit qu’elle a revu sa fille, qu’elles ont pu parler et que la relation a pu être rétablie. J’en suis ravie.
    • On est juste après Noël et elle me raconte qu’elle a pu parler plus profondément avec sa fille et que cette dernière s’est rendu compte qu’on lui avait raconté des histoires.

La dame sétait dit que ce ne serait plus possible. En effet, si des mois, des semaines, des jours, des minutes peuvent nous sembler longs, que dire de vingt ans. D’autant plus, me dit-elle, que sa fille ne savait pas qui était sa mère jusqu’à l’âge de 18 ans !

Enseignement. Voilà, lui dis-je. Vous pourrez dire à ceux qui vous racontenront des histoires sans solution qu’il y en aura bien une et que si vous avez une belle fin, cela sera aussi leur cas ! Je lui ai dit que j’allais raconter son histoire et son visage s’est détendu par un sourire.

Suite inattendue : peu après que la dame a récupéré sa fille, le monsieur qui en avait pris soin est parti au ciel. La dame se dit qu’il avait fini son rôle sur terre et qu’il pouvait partir ! Je trouve cela beau.

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Le Jardin botanique de Neuchâtel hérite de livres d’André Oppel.

Lorsque André, mon partenaire de vie, est parti au ciel (pour mémoire, André Oppel a été le seul directeur artistique que le Théâtre du Pommier, Neuchâtel, ait eu), j’ai pris soin des livres qu’il a laissés. Il y avait une petite collection sur les poissons, papillons, mamifères, plantes. J’ai tout de suite pensé au Jardin botanique, mais j’avais besoin de temps pour remettre ma vie sur un autre rail, un rail où j’allais devoir continuer à vivre seule. Cela fait un moment maintenant qu’André a quitté ce monde et je me dis que je ne vais malheureusement rien emporter dans l’au-delà en dehors des expériences qui auront nourri mon existence. Le moment est venu de trouver à ces livres un destin meilleur que celui de reposer sur un rayon de ma bibliothèque.

M. Blaise Mulhauser, le directeur du Jardin botanique. Je téléphone au Jardin botanique, exprime mon désir de donner des livres et on me passe le directeur. Quelle chance ! Il se déclare preneur.

Le plaisir et l’émerveillement. Le plaisir est celui de trouver un bon destin à tout ce que mon ami a laissé entre mes mains. L’émerveillement vient lorsque je feuillette ces livres qui ne feront plus partie de mon paysage et que je prends conscience de la beauté des images, du travail qu’il y a dans ces livres. Nous vivons grâce à la nature, je le sais et je l’admire en général, mais il me semble qu’une autre dimension s’ouvre en regardant ces livres. C’est comme si je participais à la découverte qu’à fait le petit André lorsqu’il les avait entre ses mains. Le temps, on le sait, a plusieurs dimensions.

André Oppel n’a pas encore trois ans et demi. Ses parents ont écrit deux cahiers au sujet de la découverte du monde par André. Il est écrit qu’à cet âge, André connaît déjà le nom des « fleurs, mamifères, poissons, oiseaux petits ou grands, des forêts de chez nous ; ceux des mers ou du pôle Sud, ce sont ses connaissances aussi ». En regardant les images, j’ai l’impression de sentir la joie du petit garçon. Je me dis que ces livres ont bien nourri mon ami parce que si André était graphiste, si le dessin était inné chez lui, les reproductions de ces livres l’ont marqué. Je le dis parce que je lui demandais de temps à autre des dessins d’animaux ou de champignons et qu’il me semble voir les « racines » dans ces livres. Il faut aussi savoir que le petit André avait appris à lire bien avant l’école. Il demandait à l’une de ses tantes (tante Emma, celle qui lui montrait les livres mais dont j’ignore le nom de famille) comment on lisait ceci ou cela et il retenait. Alors, à l’école, c’était lui qui lisait les histoires à ses copains de classe. Je vois aussi que certains livres ont été plus « visités » que d’autres. Il me semble voir la curiosité d’André se satisfaire au fur et à mesure de ses lectures. C’est comme un cadeau pour moi ; un cadeau auquel je ne m’y attendais pas. Si je n’avais pas décidé de donner ces livres, je n’aurais pas ce cadeau. C’est magnifique.

Des souvenirs. Je me dis que je vais photographier ces livres et choisir une image de chacun. Je commence.

Les livres sont écrits par des sommités, je mettrai la liste en bas. Ils sont entrés dans la famille, pour la plupart en 1920, mais le premier que j’ai photographié est de 1924. Ils ont tous la signature de Willy Ravenel.

Présentation des livres. Parfois les idées qu’on voudrait mettre sur « papier » ne donnent pas le résultat escompté et il faut s’adapter. C’est le cas ici, alors, je procède différemment.

Le premier est une édition améliorée, le second et le troisième sont d’une deuxième édition.

Le dernier volume réserve toutefois des surprises. Il met en dernières pages ses publications, dont la toute dernière à paraître en octobre 1914. On est en septembre ; les curieux devront attendre un mois…

Surprise ! Je viens de voir le premier volume sur la Toile ! J’ai pu passer commande après bien des péripécies sur différents sites. C’est une collaboratrice, Samantha R. de la plate-forme AbeBooks, qui met en ligne des livres anciens, divers objets de collection en tous genres, qui l’a cherché et trouvé pour moi sans que je le lui demande. Je lui suis reconnaissante parce que j’ai cru que je ne l’aurais jamais. Elle m’a donné envie de faire un tour plus approfondi sur la plate-forme en question et je viens de trouver un tas de trésors. Comme souvent, je rends service et finis par recevoir de belles surprises. AbeBooks m’a donné son accord pour mettre le lien de sa plateforme.

Le dernier-né, si je puis dire. Il ne s’est pas passé une semaine depuis que Samantha R. a trouvé le fameux premier volume et le voilà qu’il « débarque » chez moi. Il est en parfaite santé et se réjouit de commencer une nouvelle vie dans le Jardin botanique. Le voici :

Merises et cerises. La merise est une cerise sauvage. La sorte de l’image, prunus avium, a servi à produire des cerisiers doux.

Une image de chaque livre dans l’ordre où ils apparaissent dans l’article.

Il est possible que le dessinateur de la mésange et des oisesaux du premier livre soit son auteur, le baron L. D’Amonville.

Un conte de fées. On se dirait dans un conte de fées avec ces champignons si « craquants ». Je n’avais pas une affection particulière pour les champignons, mais j’ai eu la chance de travailler à Mycorama, le musée des champignons qui a brièvement existé à Évologia, Cernier. J’ai appris tellement de choses sur le sujet que je me dis aussi que la Suisse a raté une industrie intéressante en fermant cette institution. En effet, à partir du champignon, mis à part le fait qu’on peut en manger directement, on peut fabriquer des tissus, des encres, des médicaments, des protéines qui n’ont pas la graisse de celles animales, du poison. Cela aurait été une industrie propre. J’ai aussi appris que le champignon faisait partie du 5e règne, du fait qu’il se situe entre le végétal et l’animal. Mais, j’en reviens aux images, au cortinaire rouge cinabre qui porte un si beau rouge que j’en suis fascinée !

Le hasard a bien fait les choses. À chaque fois, j’ai ouvert les ouvrages au hasard pour choisir les images. Dans le dernier, le muguet me dit que j’en ai dans mon balcon. C’est une sorte qui vient du jardin de la secrétaire de l’Opéra de Bucarest lorsque j’y étais. Il est plus fourni que celui que je vois parfois ici. La carotte sauvage, je la connais parce que je la ramasse dans les champs pour la donner à mes canaris en volière intérieure et extérieure (c’est important de le préciser). Je viens d’apprendre son nom grâce à André et au Jardin botanique. Une fois de plus je m’enrichis en donnant quelque chose. Quant au chardon, je ne sais pas pourquoi il est sorti, il pique, mais je trouve tellement joli son nom « chardon penché » et il a un cou si gracile que je me dis qu’il danse. De plus, il a des couleurs si belles que je craque là aussi !

Au Jardin botanique. J’arrive avec mes livres, rencontre le directeur, M. Blaise Mulhauser, lui donne les livres qu’il trouve intéressants et qu’il va installer dans la bibliothèque de son institution ; en tant que connaisseur il regarde l’éditeur, l’année de parution et se déclare ravi. On discute et il m’apprend qu’il a connu André, qu’il a fait du théâtre à la « Cave perdue », local qui est devenu mon studio de danse ! Je n’en reviens pas de voir se relier divers pans de mon histoire. Tout cela me procure une immense joie.

Plantes médicinales. Au Jardin botanique, il y a actuellement une exposition sur les plantes médicinales et M. Mulhauser va chercher le livre dans lequel figurent des témoignages de personnes qui connaissent une plante, ses propriétés et fournissent la recette de préparation.

Le livre. Quand on l’ouvre, à droite il y a le texte, écrit dans la langue maternelle de la personne – on y trouve du persan, du japonais, du portugais du Brésil – et à gauche un dessin de la plante, dessin fait par M. Mulhauser en personne. Je lui demande s’il a fait des études particulières, mais non, cela s’est fait naturellement au cours de son existence. C’est remarquable !

Le livre encore. M. Olivier Molleyres a fait un magnifique livre. Quand je l’ai vu et que j’ai imaginé que je pouvais y écrire quelque chose, j’ai eu une émotion, une sorte de crainte, tellement le papier est beau. On ne voit plus tellement un aussi beau papier. On sent le savoir-faire et cela me touche. Sur sa plate-forme il est indiqué qu’il est le dernier relieur de la ville – il y a tant de métiers artisanaux qui disparaissent, qu’il faut soutenir ceux que la passion nourrit – et, chose magnifique, son atelier est devenu centenaire en 2017.

Liste des sommités :

  • Oiseaux de France, Suisse et Belgique, volumes I et II, le Baron L. D’Hamonville ;
  • Papillons de France, Suisse et Belgique, Dr Paul Girod, professeur à l’Université de Clermond-Ferrand ;
  • Champigons comestibles et vénéneux, séries I et II ; Paul Dumée, membre des sociétés botanique et mycologique de France ;
  • Poissons de Mer de la France et de la Belgique, C. Raveret-Wattel, directeur de la station aquicole du Nid-du Verdier, près Fécamp ;
  • Mamifètres de France, Suisse et Belgique, René Martin ;
  • Les Arbres, Arbustes et Arbrisseaux forestiers, C. L. Gatin, ingénieur agronome, docteur ès sciences, préparateur à la Sorbonne ;
  • Les Fleurs des Bois, C. L. Gatin, ingénieur agronome, docteur ès sciences, préparateur à la Sorbonne ;
  • Les Fleurs des Pâturages, E.G. Camus, lauréat de l’Institut, Académie des Sciences ;
  • Les Fleurs des Moissons et des Cultures, Émile Gadeceau, correspondant du Muséum national d’Histoire naturelle.

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Moi, une fleur, et Zully

Je vois Zully descendre la rue où le destin m’a mise à terre. Quelle chance ! Elle me voit. J’ai entendu dire que Zully ramasse les fleurs qu’elle trouve par terre. Je me dis que mon destin ne va pas me faire finir n’importe comment, et j’ai eu raison !

Zully me prend, me dit de gentils mots et me dit qu’elle va prendre soin de moi. Elle m’amène à son studio de danse, où elle allait faire ses exercices et répétitions, me met tout de suite dans un verre avec de l’eau et me fait baigner dans de la belle musique dont celle jouée par Gilles Rémy and his Jazz Band. Elle doit l’écouter souvent, car elle connaît les paroles, surtout celles de « Roses de Picardie ».

L’atmosphère est plaisante dans son studio, c’est calme et on est dans un tout autre monde. Tout à coup, elle fait des danses qu’elle prévoit pour un spectacle et je comprends pourquoi elle connaît si bien les paroles de la chanson dont je parle plus haut. Elle fait partie du spectacle.

Le temps passe et elle décide de rentrer. Elle m’enlève du verre, sent mon désarroi parce que ma tige reste en l’air tout sec, réfléchit et décide de me prendre avec le verre. Ouf ! Je suis soulagée.

Dans son bureau, dans sa bibliothèque. Elle me prend en photo et me pose sur un rayon de sa bibliothèque qu’elle vient de nettoyer, d’arranger une nouvelle fois. J’ai vraiment de la chance !

Ma couleur. Oui, je voulais encore dire que ma couleur se mariait bien avec celle des habits que Zully porte aujourd’hui. Nous étions vraiment faites pour nous rencontrer !

Quelle aventure ! Je me réjouis de voir ce que demain va m’apporter. En attendant, je vais dormir. Dans mon rêve, je vais aller dans l’ordinateur de Zully pour choisir les articles qui vont figurer en bas. Dans la catégorie « Mes histoires » elle en a déjà un paquet, mais, je vais faire un tri et demain elle aura les idées claires pour les mettre. Comme vous voyez, le sommeil n’est pas synonyme de repos.

Après une nuit de sommeil bien pleine, je me réveille avec le chant des canaris de Zully. Je reviens sur mon sommeil. J’ai pu discuter avec les livres, meubles, décors et les mille et une choses qu’elle a chez elle. J’ai pu aussi entrer dans son ordinateur et lire tout ce qu’elle a écrit. Je peux affirmer que je pars de l’autre côté du miroir avec une culture bien supérieure à celle que j’avais jusqu’ici.

Résultat. Si vous regardez attentivement ma première photo, j’ai un pétale qui se dresse comme une antenne et si vous regardez la photo prise aujourd’hui, tous mes pétales reposent délicieusement sur l’eau. Effectivement, je n’ai plus de tensions et je suis dans une détente qui présage de ce qui m’attend de l’autre côté et tout cela sur le fond du chant des canaris de Zully, car elle m’a installée à côté de leur volière !

M. Charles Frésard. Les histoires de Zully se lient les unes les autres… « juste comme ça ». Elle va chez M. Frésard, l’ancien comptable de M. Froidevaux, pour lui montrer comment il pourrait connecter un ordinateur s’il en achetait un et pour lui montrer mon histoire. Quand elle arrive à la photo du zeppelin, elle demande à M. Frésard s’il a vu l’aéronef et effectivement, il l’a vu en 1936. C’est fabuleux d’imaginer que le petit André Oppel, le petit Charles Frésard et le jeune René Froidevaux, qui plus tard allaient travailler ensemble, étaient déjà unis par un même événement ! Tout cela, Zully le sait maintenant, grâce à moi. Je suis ravie de lui avoir rendu service. Je quitte ce monde avec plein d’histoires inhabituelles !

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Thomas Wälti oder Orgeln in Bern

Bern. Es ist eine Stadt, die mich mit Freude erfüllt wenn ich da bin. Ich spaziere gern dort. Ausserdem ist es die Stadt wo A. Einstein lebte und, die ihm die nötige Ruhe gab um in Zusammenarbeit mit seiner Frau Milena seine berühmten Gleichungen zu Papier zu bringen !

Kirche des heiligen Geistes. Letzten Freitag verlasse ich den Bahnhof, betrete die Hauptstrasse und sehe die Türe der Kirche geöffnet. Ich war nie drinnen. Die Neugiriegkein siegt und ich sehe Leute, die gesessen sind und ein Mann der ein Papier verteilt. Ich fühle dass etwas geht um und entscheidet mich zusetzen. Das Gewölbe des Kirchenschiffs zieht mich an. Ich finde es sehr schön und mache ein Foto. Ich denke, dass ich es in meinen Knochenkursen benützen verwerden wird. Es ist eine wunderbare Struktur. Ich erfahre, dass die Kirche aus dem Jahre 1729 stammt. Ich mag den Barok und diese Kirche macht mich satt.

Orgelkonzert. Ich habe Glück, es ist eines der Konzerte, die im Rahmen der Veranstaltungen zum 40-jährigen Jubiläum der Orgel organisiert sind. Das Konzert dauert 30 Minuten und wir hören drei Fantasien des Komponisten Krebs, gespielt von einem Konstanzer Organist, Herrn Johannes Bleicher. Musik durchdrignt mein ganzes Wesen. Wir merken es nicht immer, aber alles, was uns umgibt und unsere Sinne berührt, schwingt in uns mit.

Ausstellung. Nachher, der Mann, der die Papiere verteilt hat, das heisst, der Organist der Kirche, Herrn Marc Fitze, der Öffentlichkeit die Funktionsweise einer Orgel erklären wird und dass er auch der Maler der Gemälde, die in die Seitenschiffen ausgestellt sind, und deren Thema die Orgel ist.

Gemälde. Alles ist klar, man braucht keine Erklärungen. Aber in den Bildern sieht man Poesie ; man fülhlt den Wind, die Luft. Man sieht Formen, Leuchter, Schiffe. Man könnte sogar sie verwenden, um Geschichte zu erzählen.

Meine Foto. Die Gemälde sind unter reflektierenden Glas gerahmt und man kann manchmal die Spiegelung der Fenster auf der anderen Seite sehen. Ich weiss nicht, was der Maler davon hält, aber es macht manchmal einen glücklichen Effekt.

Position der Organe in den Gemälden. Ich fragte den Maler warum die Orgel « gekippt » seien. Er erklärte, dass ihn die Leute manchmal kritisierten, aber eine gerade Orgel zu malen sei « langweilig ». Mehr brauchte er nicht sagen, den das ist « le charme » seiner Bilder. Ich wollte nur eine Bestätigun hören. Ich wurde bedient !

Es ist ein Festival, ein Feuerwerk ! Man gratuliert den Organisatoren der Ausstellung und natürlich dem Maler zu diesen ausgestellten Träumen.

Klammer. Herr Wälti hat viel über den Bau einer Orgel und die gewünschten Effekte erzählt. Obwohl die Geschichte auf Schweizerdeutsch war, konnte ich mitverfolgen und mir sagen, dass in den Rohren und und Luftdrücken viel Physik steckt. Aber es waren seine Hände, die meine Aufmerksamkeit erregten. Freundlicherweise posierte er für mich. Was für ein Glück !

Und wir enden mit einem anderen Gemälde mit einer Orgel, die uns einlädt, als ob sie ein Schiff wäre, darauf zu klettern und in eine traumhafte Welt einzutauchen.

Am überraschendsten. Ich lebe eine Zeit meines Lebens, in der viele scheibar unzusammenhängende Dinge zusammen kommen, um ein Ganzes zu ergeben oder mir Antworten geben. Ich verstand nicht, warum mich das Schicksal in diese Ausstellung gedrängt hatte. Ich erinnerte mich, dass ich « Rumänien » hörte aber hatte nicht wirklich verstanden. Ich kehre nach Bern zurück, schaue die Ausstellung noch einmal und verstehe, dass der Orgelbau in Rumänien war und, dass von den zwölf bemalten Orgeln, die Hälfte (Fotos 1, 2, 4 und 6, das letzte ist nicht gezeigt) aus Rumänien sind ! Rumänien erinnert sich an mein Gedächtnis und ich erinnere mich an das erste Mal, als ich in der Kirchen betrat, deren Orgel von Herrn Wälti reproduziert ist. Ich atme als auch diese Austellung ein Teil meines Geschichtes ist ! Rumänien ist meine Ausbildung im klassischen Ballett und viele Dinge, die mich aufgebaut haben.

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