Knut fait un livre-photo sur Zully : « Traces de danse » (en cours)

C’est la surprise de fin d’année 2021 ! Knut m’invite à boire un chocolat chaud chez Schmidt et il m’offre le livre !

J’ai mis du temps à assimiler l’affaire et donc à écrire cet article. Quand Knut m’a tendu le livre, cela m’a fait comme un coup dans le ventre. J’ai saisi ce que veut dire l’expression « être estomaqué ». Cette locution a pris vie en moi à ce moment-là. Je la connaissais intellectuellement, maintenant, je l’au aussi vécue. C’est fort.

Une exposition, un livre. Cela fait un moment que Knut m’a dit qu’il avait l’intention de faire une exposition avec les photos qu’il avait pris de mes danses. La pandémie s’en est mêlée mais aussi le calendrier du Centre culturel, où il pensait faire l’exposition. Il avait choisi ce lieu parce que ma collaboration avec ce lieu avait duré des années et que l’ambiance s’y prête. Il m’avait aussi dit qu’il ferait un livre. Puis, silence radio, comme on dit parce qu’il y a eu intervention virale.

Knut prhotographe, Knut éditeur, Knut indépendant. Voilà le dernier portrait de Knut. Il s’est dit que puisqu’il ne trouvait pas d’autre solution, il allait tout faire lui-même. Et il me donne le livre. Je vois le titre « Traces de danse ». Il m’en avait parlé, tout comme on mentionne quelque chose sans avoir une idée arrêtée, mais chez lui l’idée s’était arrêtée là. Je n’ai pas de mot à dire et en fait, le livre est bien représentatif du contenu.

Traces de danse se divise en deux parties : une intitulée « Lumière blanche » et l’autre « Lumière noire », cela fait référence aux lumières sur scène et aux danses que j’interprète. Voici un échantillon des photos reprises dans le livre.

Danse « La Laguna »
Danse « Jeu de chaussettes »
Danse « Piano fantasque »
Danse « Les Roses de Picardie »

Toujours estomaquée ! Cela fait quand même une drôle d’impression. Knut est un excellent photographe ; la photo fait partie de son ADN et me voilà dans son livre, dans son premier livre !

Danse classique et imagination

La danse classique pure a une exigence du point de vue anatomique que peu de gens ont. J’ai eu la chance d’avoir des professeurs, en Roumanie, qui m’ont rendue attentive à cet égard et c’est ainsi que j’ai construit mon enseignement.

Aujourd’hui, je me dis que je vais proposer aux adolescents et adultes un cours où la danse classique et l’imagination vont aller de pair. Il s’agira de vivre les mouvements en fonction de divers sujets traités : le vent, la terre, l’eau, le vide etc. Comme dans bien d’autres domaines de ma vie, mon inspiration se nourrit de ceux qui sont présents. Je ne peux pas expliquer cela.

Ce cours est né au fil de mes années d’enseignement et maintenant il est mûr. Imaginez-vous en train de faire un plié et de sentir que vos jambes seremplissent d’eau, La suite dépend de chacun, il n’y a pas de règle. C’est ce qui est fascinant, car la danse classique n’est que rigueur. Mettre les deux ensemble est un vrai plaisir.

En fait, les danseurs professionnels ont des rôles qu’ils préfèrent et je crois bien que c’est là que se trouve le début de mon cours. Je voyais, à l’Opéra de Bucarest ou de Léningrad (aujourd’hui Saint-Péetersbourg) des danseurs être maîtres de la scène dans certains rôles. Puis, j’ai eu des élèves qui avaient telle ou telle personnalité ou qualité physique et je l’ai mise en évidence. Maintenant que les disciplines s’ouvrent, je me dis qu’un cours comme celui que je propose a sa place.

Think to do to others what you would like the others think to do to you : an example.

I make order ; since I know myself I keep making order in different fields. Order is the master of order ! We find our way, we can add, take off, transmute, make changes with full consciousness !

Once again, things get in touch by themselves. You certainly noticed that the maxim goes beyond the other one « Do to others what you would like others would do to you ». The thought is linked. In fact, every action has its roots in the thought. You have here a timely example.

Bobbins for my sewing machine, Singer. I have had different sewing machines and I have used all kind of bobbins for all of them. The last one collapsed, the thread tension from below couldn’t follow anymore. I was explained that using non original bobbins could deteriorate, in the end, a sewing machine. Having now a Singer machine, it is the opportunity to do everything right. I make an order to the only Singer representative in Switzerland, some forty pieces. I wind up the most common threads.

La Boutique Coupons de Saint Pierre, Paris. First of all I look for my first supplier. He doesn’t work here anymore. That is all what I am told. I try in different local stores without success : well, I am looking for 200 bobbins. Finally, a saleswoman from a French store that doesn’t sell anymore Singer items tells me to try the Boutique Coupons de Saint Pierre. I come across Chrystelle, a saleswoman who asks me the right questions and ensures me that I can order the quantity I desire. In a few days, between Christmas and some days after the New Year my problem was solved. When I thanked Chrystelle, she told me she had just done her work. But I can make the difference between an employee who makes just what is needed to be done and the one who likes his job and does it thoroughly. The store is lucky to have her and I am lucky to meet her.

For my 600 threads, the 200 bobbins should be enough. What could I do with those I don’t need anymore ? I have a friend who is passionate by sewing machines. He has at least ten ! Old ones, older ones and very old ones. I tell him about my bobbins, send him some pictures and he looks forward receiving them. With my 200 bobbins I have just enough. I’ll have to buy a few in order to have a reserve.

I prepare the bobbins for my friend. Here is where the famous sentence you see next comes in. I could have put all the bobbins in a package, send it and that would have been all. But they were 200 of them from at least found different shapes. Among the metal ones, some had holes of different diameters and some had no holes on the other side. So, it seemed more reasonable to me take time to sort them and make specific packaging for each sort. Some of these bobbins, I had bought, some others I had inherited in different ways. THe former users had sometimes winded up different colours in one bobbin. I couldn’t imagine my friend sewing and suddenly be stopped because there was no more thread and see in the bobbin another colour. So, I decided to have courage and emptied the most suspicious ones.

Here we see the result : each model is in a different bag and inside each of them there is a smaller bag bobbins of the same sort but with thread. In total there are some hundred.

As for those in plastic. I proceeded diferently and put a nice pink rubban. There too are some hundred. Once I had thought I had bought « Singer » bobbins for my « Singer » machine. It is only recently that I learnt that there are low and high bobbins and even if it is written « Singer » on one side, they are not the right ones foe me. I need the high ones which are marked on both sides. That is the way you learn things ! I also put a bag with some that had a pretty good quantity of thread.

Threads and colours… not always easy. We all know, if we are going to do a seam that requires a lot of thread, we better foresee the necessary quantity because from one colour bath to another, there are differences. But sometimes we can be pleasantly surprised : we pull a bit of thread from the spool, put it on the fabric and there is not much difference. However some of my threats remained single. So I tied them with two laces and will send them to my friend. The laces are nice and my friend will be able to use them on a future cap or on a vest.

Conclusion : I put myself in my friend’s shoes and if I had received such a quantity of bobbins, even as a present, I would like them sorted out and well wrapped. This maxim applies to everything, every situation. It is not always easy to implement it, but it brings a lot of satisfactions. That is why we should keep in mind :

I tell myself also that the matter that sorrounds us is the one that was at the beginning of the creation of the World, even though it is better to speak of information, and that it is my duty to greet it and treat it with respect.

No links in English. If you can French, then go to the French version and you’ll find them some.

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  • if you have a WordPress website, you can easily insert your comment here down.

Pense à faire à autrui ce que tu aimerais qu’autrui pense à te faire : exemple.

Je fais de l’ordre ; je crois bien que depuis que je me connais, je mets de l’ordre dans bien des choses. L’ordre est le garant de l’ordre ! On s’y retrouve, on peut enlever, ajouter, transmuter, changer en toute connaissance de cause !

Une fois de plus, les choses s’enchaînent les unes les autres. Vous aurez noté qu’il s’agit d’aller plus loin que « Ne fais pas à autrui ce que tu n’aimerais pas qu’autrui te fasse », c’est déjà dans la pensée. En effet, toute action est accompagnée d’une pensée. Je donne ici un exemple qui tombe à pic pour la démonstration.

Des canettes pour ma machine à coudre, Singer. J’ai eu différentes machines à coudre et j’ai trouvé que je pouvais mettre toute sorte de canettes pour coudre. Voilà que la dernière machine à coudre rend l’âme, la tension du fil d’en bas ne suivait plus. On m’a expliqué que l’utilisation de canettes qui ne sont pas d’origine finalement détraquent la machine. Étant entrée en possession d’une Singer, je me dis que l’occasion est là. Je commence par commander, auprès du seul représentant de Singer en Suisse, une quarantaine de canettes. J’embobine les fils les plus usuels.

La Boutique Coupons de Saint Pierre, Paris. Tout d’abord, je cherche mon premier fournisseur. Il ne travaille plus là. C’est tout ce qu’on me dit. Je cherche dans divers magasins locaux, mais n’ai pas de succès ; je cherche 200 canettes. Finalement, une vendeuse d’un magasin français qui ne vend plus du Singer me dit de m’adresser à la Boutique Coupons de Saint Pierre. Je tombe sur Chrystelle, une vendeuse qui me pose les bonnes questions au sujet de ma machine et qui m’assure que je peux commander la quantité que je désire. Le tout a pris quelques jours, entre Noël et juste après Nouvel An. Quand j’ai remercié Chrystelle, elle m’a dit qu’elle n’avait fait que son travail. Je sais bien faire la différence entre un employé qui fait juste ce qu’il faut faire et celui qui aime son métier et le fait à fond. C’est le cas de Chrystelle. La boutique a de la chance et j’ai de la chance avec elle.

Pour mes 600 fils, les 200 canettes devraient suffire. Que faire alors avec celles dont je n’ai plus besoin ? J’ai un ami passionné de machines à coudre. Il en a dix ! Des anciennes, des plus anciennes et de très anciennes. Je lui parle de mes canettes, lui envoie des photos et il se dit enchanté de les recevoir. Avec mes 200 canettes, j’ai visé tout juste. Il faudra que j’achète quelques-unes pour avoir des réserves.

L’envoi de canettes. C’est ici qu’intervient la fameuse phrase que vous voyez à côté. J’aurais pu mettre toutes les canettes dans une boîte et le tour était fini. Mais, il y avait près de 200 canettes aussi et d’au moins quatre sortes. Parmi celles en métal, il y en a avec des trous de différents diamètres et certaines ont des trous d’un seul côté. Alors, il m’a semblé plus raisonnable de prendre du temps pour les trier et faire des emballages spécifiques. Parmi ces canettes, certaines, je les avais achetées et d’autres, je les avais « héritées » de diverses façons. Les usagères précédentes ont parfois embobiné diverses couleurs sur une même canette. Je ne voyais pas mon ami commencer une couture avec du fil noir, se retrouver après quelques minutes avec une rupture de couture parce que le fil de la canette était fini et se retrouver avec du vert ou une autre couleur. Aussi, ai-je pris mon courage à deux mains et vidé celles qui étaient très suspectes.

Voici ce que cela donne : chaque sorte est dans un sac séparé. A l’intérieur se trouve un plus petit sac avec des canettes de la même sorte mais avec du fil. En tout il y en a une centaine.

Pour ce qui est de celles en plastique. Je les ai réunies différemment. Je leur ai mis un joli ruban rose. Il y en a également une centaine. J’avais cru acheter des canettes « Singer » et les avais embobinées, jusqu’à ce que j’apprenne récemment qu’il y a des canettes basses et des canettes hautes, même si dessus est écrit Singer. Sauf que pour les basses ce n’est écrit que dessus et pour les hautes, en bas et en haut. C’est, comme on dit, le métier qui rentre ! À propos de cette locution, on devrait plutôt dire « C’est le métier qui entre », car pour « rentrer », il faut déjà que l’on soit entré au moins une fois. J’ai également mis un petit sac avec celles contenant encore une bonne quantité de fil.

Certains fils. Les couleurs des fils… toute une histoire. On le sait, si on va faire une couture qui demande beaucoup de fil, il vaut mieux prévoir la quantité nécessaire parce que d’un bain de couleur à l’autre, il y a souvent des différences. Mais, parfois on est surpris en bien parce qu’en tirant un peu de fil de la bobine et en le posant sur le tissu, on ne voit pas grande différence. Toutefois, certains fils sont restés « impairs » et je les ai réunis avec des lacets pour les envoyer à mon ami. J’ai mis deux lacets que je trouve beaux et qu’il pourait utiliser dans une future casquette ou un gilet.

Conclusion : je me suis mise à la place de mon ami et si j’avais reçu une telle quantité de canettes, même en cadeau, j’aurais bien apprécié qu’elles soient triées et bien emballées. Cette maxime s’applique à tout. Elle n’est pas toujours simple à mettre en oeuvre, mais elle apporte plein de satisfactions. C’est pour cela que nous devrions garder à l’esprit :

Je me dis aussi que la matière qui nous entoure est celle qui était au début de la création de ce monde, même si on parle alors plutôt d’information, et que je me dois de la saluer et de la traiter avec respct.

Liens vers :

Spectacles en feu d’artifice pour fin 2021 et début 2022 (en cours de rédaction)

Année compliquée à bien des égards ; cependant, si je regarde les événements qui m’ont concernée, je ne peux que constater que j’ai fait des rencontres particulières, intéressantes, que des événements apparemment sans lien ont continué à trouver des points communs dans la toile de ma vie et que j’ai fini par une série de spectacles imprévus, mais que j’avais préparés parce que d’une façon ou d’une autre je sentais qu’ils devaient avoir lieu !

C’est cela même. L’espace temps se courbe et lie les événements de ma vie. (Une amie me dit qu’il faut préciser que j’interprète une danse, ce qui explique que j’ai la main gantée de rouge)

La synchronicité, les choses qui se lient les unes aux autres, c’est tout un festival que je vis ces derniers temps.

Tout d’abord, pour différentes raisons, je n’ai pas pu beaucoup m’entraîner. Toutefois, les cours que je donne dans le cadre de Midi Tonus m’ont tenue en forme. Puis, je me suis dit que le temps était venu de reprendre la danse; la danse est le fil rouge de ma vie (dixit Anne Kybourg dans le journal de la Ville) et elle réunit toutes mes passions : la langue, la musique, l’esthétique, le partage (de bien des façons) avec les autres. J’y retrouve la diversité, l’ordre, la créativité, les réparations, la mise en valeur d’objets parfois anodins, tout ce qui compose ma vie. Je dois aussi dire que lorsque je prends mes autres passions, par exemple la révision de textes, j’y retrouve mon même monde jusqu’à y voir à chaque fois une danse.

En cours de route. Reprendre un entraînement n’est pas toujours facile et il faut se dire que l’on va réussir, que les choses sont là, que de nouvelles cellules poussent tout le temps et que les choses ne peuvent qu’avancer. Cela a été le cas et c’est pour cela que je peux dire aux personnes qui perdent un peu la forme qu’on peut la retrouver. Parfois, de façon différente mais il y a toujours un approfondissement et si on ne fait pas des « exploits », on a plus conscience des mouvements, il y a un plaisir plus profond.

CInq spectacles. J’écrivais à un ami que j’allais faire des spectacles sans savoir, sauf pour le premier, qui allait pouvoir venir en période de pandémie. J’ai pris des rendez-vous pour faire des tests en prévision, toujours sans savoir quand j’aurais des spectateurs. Finalement, les choses se sont liées les unes les autres.

  • Premier spectacle, le 18.12.2021 : celui pour mes amis Frésard, c’est le spectacle qui était prévu ; M.Frésard avait été le comptable de la Fabrique d’horlogerie Froidevaux S.A., Neuchâtel. Je l’ai fait parce que ce couple ne sort plus et parce que le 18 décembre était le jour anniversaire du patron, René Froidevaux. C’est devenu une tradition ;
  • Deuxième spectacle, le 21.12.2021 : pour Claude Lienher et sa femme. Claude est la personne qui a fait bien des décorations et meubles pour mon studio et mon chez-moi. Le spectacle aurait dû avoir lieu en novembre, mais il s’est glissé ici ;
  • Troisième spectacle, le 23.12.2021 : pour Katia, une amie russe de courte date qui est venue avec son mari, Christian. Il se trouve que ce jour-là, Roger Peeters, l’ingénieur ingénieux qui lance sa propre marque de montres, s’occupait du son et que Christian a vécu au Japon quelques années. Roger, quant à lui, y a passé une année et travaillant tous deux dans l’informatique, ils se sont trouvés bien des points communs. C’est simple, ce sont eux qui ont « mené » la conversation. Cela s’est passé autour d’une bouteille de champagne moldave, nouveauté tant pour Roger que pour moi ;
  • Quatrième spectacle, le 30.12.2021 : pour l’anniversaire de Sonia Bétrix, participante à l’un de mes cours de Midi Tonus, et son mari, Rémy. La veille, j’ai entendu deux hommes parler le russe alors que je montais à la gare, je me retourne, parle avec eux. Résultat : celui qui habite à Neuchâtel, Alexeï, est venu avec Iulia, sa compagne, au spectacle. C’est chose publique, je craque pour la langue russe ! Alexander et Iulia sont passionnés par les médias ; ils ont mis au point un logiciel spécial qui pourrait m’aider à mieux me faire connaître et à une autre connaissance récente ;
  • Cinquième spectalce, le 31.12.2021 : je passe apporter quelque chose au journal de la Ville, rencontre Françoise Küenzi, lui demande ce qu’elle va faire le 31 et organise un spectacle pour l’occasion.

La toile de ma vie. Ce qui est absolument fascinant pour moi, c’est de voir depuis des mois des événements apparemment sans lien s’unir tout à coup. Ainsi, c’est parce que j’ai rendu un service à M. Frésard que j’ai rencontré Alexeï et Alexeï travaille dans un domaine qui interpelle d’autres personnes de mon entourage ; c’est parce que je fais attention à un petit garçon au bord du lac que je rencontre Katia, que je découvre qu’elle parle le russe et qu’au spectacle j’apprends que sa mère travaille dans l’importation de montres – intéressant pour Roger- et que sa cousine est musicienne à l’ochestre de l’Opéra de Kishinau. Ceci peut paraître anodin, mais je prépare un article important sur ma collection de chaussons de danse et ai besoin d’informations. La cousine de Katia est d’accord pour faire le lien avec les danseurs.

Les événements liés en attirent d’autres !

Quant à Claude Lienher, je n’ai jamais pensé qu’il viendrait à l’un de mes spectacles. Seulement, c’était ma façon de le remercier pour les nombreuses choses qu’il a faites pour mon chez-moi et mon studio. Il m’a bien dit, en prenant place, qu’il s’endormait lors des spectacles. Sachant cela, je me suis demandé ce qui allait se passer. Finalement, il ne s’est pas assoupi ! C’est le plus beau des compliments qu’il pouvait me faire. Son esprit obervateur a pris note que tous les éléments exposés dans mon studio ont une histoire. Alors, il m’a envoyé le chasse-clou qui avait appartenu à son grand-père et que son père avait aussi utilisé ! En plus, il l’a gravé. Alors, à chaque fois que je l’ai en main, j’ai l’impression que je communique avec ces générations en même temps.

Solution à un problème récurrent pendant des années ! Vous vous demandez pourquoi un tel outil. C’est que dans mon studio des clous sortent leur tête du sol et lorsque je suis en chaussettes ou avec mes chaussons de danse, il y a des accrocs. J’ai utilisé le chasse clous, pour la première fois lors du quatrième spectacle. J’ai fait sonner la clochette que j’ai afin d’instaurer le silence et dans une atmosphère pleine de gravité, j’ai enfoncé, pour la première fois de ma vie un clou à l’intérieur de la planche. Ensuite, j’ai passé mon pied en chaussette par dessus, encore et encore. Un vrai plaisir !

Informations sur mon studio. Voilà donc que j’invite Françoise et elle me dit que c’est bien la première fois qu’elle y vient, mais que les petits escaliers qui y conduisent depuis le Théâtre du Pommier, elle les a montés régulièrement penant des années alors qu’elle était enfant. Elle allait voir sa grand-mère qui habitait la maison ! Moi qui aime les histoires des bâtiments, me voilà aussi servie. J’ai l’impression de voir sourire la dame à chaque fois que je vais à mon studio. L’horlogerie. Là aussi, je suis servie. Je lui raconte le rôle de René Froidevaux dans l’horlogerie et elle me dit qu’elle s’est occupée de la rubrique de l’horlogerie quand elle travaillait dans le journal local. L’horlogerie est devenue une racine puissante pour moi et je me réjouis d’écouter Françoise !

2022. Solutions inattendues. J’ai trouvé solution à fin 2021 avec le chasse-clou à un problème que je ne pensais jamais résoudre. Je trouve solution en 2021-2022 à un autre problème que j’avais depuis longtemps, bien que pour celui-ci, j’ai découvert en cours de route qu’il pouvait trouver une solution. Tout de suite le résultat : j’ai maintenant 200 canettes pour les 600 fils de ma machine à coudre Singer. C’est, paraît-il, à tort qu’on achète n’importe quelle canette pour une machine à coudre car elles auraient toutes leur personnalité et une fois ou l’autre l’ennui se fait sentir. Forte de cela, depuis que je suis entrée en possession d’une Singer, je n’achète que des canettes Singer. Il m’en fallait, on l’a vu, beaucoup et une fois que j’ai eu les ressources financières nécessaires, je n’ai pas trouvé de solution auprès des centres et magasins suisses consutlés. C’est « Les Coupons de Saint Pierre », Paris, qui m’ont sortie d’affaire en quelques jours. Ils ont dû commander, à leur tour, auprès de leur fournisseur et ils m’ont livré les outils tant recherchés. La vendeuse, Chrystelle, qui m’a servie m’a posé les bonnes questions et s’est assurée que le paquet serait livré. Elle m’a dit qu’elle ne faisait que son métier, toutefois, je sais que son service a été fait avec conscience et je lui suis reconnaissante. 

Spectacles 2022. C’est par des rencontres particulières que j’organise ce mois d’autres spectacles.

Des pieds en période de Noël

Je croise une ancienne élève à la Migros, elle a une jolie décoration de Noël sur la tête, on se salue avec chaleur et elle comprend que je lui fais un compliment.

Le hasard, ce compagnon qui se présente quand je ne l’attends pas, fait que mon ancienne élève se trouve devant moi à la sortie du magasin. J’ai une vue d’ensemble et remarque ses chaussures, en fait ce sont les chaussettes qui font tout le charme. Elle me dit qu’il fallait mettre un peu de couleur à Noël.

Photos. Je lui demande si elle est d’accord pour que je prenne ses pieds en photo. Elle accepte de bonne grâce. Le problème en ville, comme déjà mentionné dans d’autres articles du même genre, c’est que les trottoirs et rues de la ville sont pleines de taches, de chicklette, de plein de choses. Nous nous sommes rabattues sur l’entrée d’un magasin.

Du goût. Il faut féliciter cette jeune personne pour son goût et pour ne pas céder à ce que tout le monde porte ou fait. Cela s’appelle avoir de la personnalité, avoir confiance en soi et c’est précieux. Je célèbre ce genre de choses !

Liens vers des articles similaires :

Claude Lienher – personnage clef dans mes rangements et réparations (en cours de rédaction)

C’est l’un de mes leitmotifs de ma vie : on n’est rien sans les autres. Claude Lienher est un pilier de mes rangements et réparations. Cela m’a fait un coup quand il m’a annoncé sa retraite de l’atelier de menuiserie de Cernier où il était patron et formateur. Je me dis qu’il y a des personnes qui ne devraient jamais quitter leur fonction… Moi, égoïste ? Jamais !

Les domaines dans lesquels Claude Lienher est présent à travers ses travaux :

  • Chez moi:
  • la volière de mes canaris ;
  • les grands supports qui maintiennent la cage qui est au balcon et qui permet aux canaris de prendre le soleil et de picorer la neige ;
  • les éléments qui me permettent de ranger mes bijoux ;
  • les étagères sur lesquelles reposent mes plantes tant au balcon que chez moi ;
  • les étagères qui reçoivent le surplus de livres que j’ai en ce moment ;
  • l’armature que j’ai transformée en armoire et qui est à la cave.
  • Dans mon studio de danse :
  • les petits bancs pour les spectateurs enfants qui assistent à mes spectacles ;
  • les huiles qui protègent les chaises en cuir héritées de Freddy Landry ;
  • le plot sur lequel repose Essence, le squelette qui m’assiste dans mes cours ;
  • les étagères qui me permettent de doubler l’espace dans les grands casiers du studio ;
  • la boîte où j’installe mon ordinateur lorsque je présente des spectacles ; comme cela les spectateurs ne reçoivent pas la lumière sur la figure ;
  • la teinture de protection qui empêche les insectes en été de finir de manger la porte d’entrée ;
  • les panneaux blancs qui me permettent de mettre les affiches des spectacles dans la rue ;
  • les écritoires qui devraient servir d’appui à ceux qui prennent des cours chez moi.

Je dois oublier des choses, tellement elles sont devenues miennes.

Caractéristique générale partout : le soin et le côté pratique de la chose.

Claude Lienher, le personnage est franc et son parler aussi. Il n’est pas simple à saisir et préfère qu’on lui dise ce qu’on veut et pourquoi on le veut et alors il vous fait un schéma et un meuble ou élément de meuble qui durera. J’aimais lui décrire ce que je voulais et je voyais son visage devenir neutre et je sentais son cerveau travailler, il faisait alors un pas et posait des questions, riait et disait « cela ne va pas tenir comme cela  » ou « j’ai pensé à ceci », « j’ai ce matériau », « je commande ». Cela allait très vite. C’est arrivé qu’il me dise, ou est-ce qu’il me l’a toujours dit ? « Je suis très occupé, mais dites toujours ». Et, finalement, cela jouait. Quelle chance ! me disais-je à chaque fois.

Voici un festival de ses travaux.

J’aime les bijoux et en ai une collection. Ils ne sont pas chers, mais je les trouve beaux et selon les périodes de ma vie j’en porte un genre ou un autre. De plus, j’ai travaillé à des endroits où une certaine élégance comptait et cela me convenait très bien.

Au fil du temps, ma collection a grandi et les boîtes ou coffres à bijoux faisaient que certains bijoux restaient en bas ou au fond, les bijoux s’accrochaient les uns aux autres, bref, ce n’était plus simple. Un jour, l’illumination me visite. Je me dis que je pourrais commander à Claude Lienher des planches en bois de diverses dimensions. Il me demande à quoi elles vont servir ; ma réponse a fait que dans sa tête il s’est dit quel genre de bois il allait choisir et quelques jours après, j’ai pu prendre livraison des objets de mes désirs. J’avais un velours couleur lie de vin assez foncé que j’aimais beaucoup, j’ai habillé les planches ou plutôt je les ai couvertes devant et derrière avec le tissu ; j’ai mis les bijoux sur les planches pour savoir où mettre des clous et le tour a été joué !

Savoir mesurer. L’un des premiers travaux que j’ai commandés à concernait des panneaux pour la volière de mes canaris. Feu mon ami, André Oppel, et moi avions construit la volière. Nous avions construit des panneaux et les avions assemblés. Avec le temps, j’ai éprouvé le besoin de me simplifier la vie au sujet du nettoyage de la volière. C.L. m’a fait confiance pour la mesure des panneaux. J’en prends livraison… Je crois que je dois m’arrêter, car pour moi cela a été une sorte de révélation. Les panneaux, sortes de cadres qui devaient contenir du treillis, n’avaient aucun clou. C’est la première fois que j’ai observé un travail fait de la sorte. J’ai donc appris à observer comment un objet était fait… Je reprends mon récit : j’arrive à la maison et mets les panneaux. Seulement, seulement tous ne s’encadraient pas parfaitement. J’en parle à C.L. qui m’explique que les planchers des habitations ne sont pas toujours droits… Il est bien connu que nos sens nous trompent. Là, j’ai compris et depuis lors, je mesure à droite, à gauche, en haut, en bas et en profondeur ! Que voulez-vous, chaque métier a son savoir et j’envie Claude Lienher pour le sien.

Mon idée était de montrer la délicatesse du travail de C.L. mais les panneau ont déjà un certain vécu et si j’en démonte un pour voir comment il a été fait… je n’arriverai plus à le remonter. Voici donc une esquisse.

Un chasse-clou. Ce chasse-clou a résolu un problème qui était récurrent et contre lequel je me battais depuis presque toujours : les clous qui sortent leur tête du sol en bois et qui font des accrocs à mes chaussons de danse et à mes chaussettes. Claude m’a bien dit qu’il me fallait un chasse-clou (me voilà aussi enrichie d’un nouveau mot) et m’ayant entendue raconter des histoires au sujet de bien des objets dans mon studio, s’est dit que le chasse-clou de son père – qui avait aussi été la propriété de son père à lui – serait très bien chez moi. Alors, il l’a gravé et me l’a envoyé. Je vais faire un montage avec les différentes gravures, mais,le voici dans « l’habit » que je viens de lui confectionner et qui est inspiré de celui que j’ai fait à une montre qui est maintenant au musée d’horlogerie, Château des Monts, au Locle !

Ce qui est fascinant pour moi : c’est d’avoir trouvé solution à quelque chose à laquelle je ne voyais pas d’autre solution que de taper de temps à autre sur les clous saillants. C’est comme si je découvrais une autre dimension dans mon propre monde, parce que si j’avais vu des clous – dans mon studio de danse – qui ne sortaient pas leur tête, je n’avais pas compris qu’ils avaient été « chassés ». Joli jeu de mots, d’ailleurs. Je me dis, que pour toute sorte d’autres « problèmes », il doit aussi y avoir solution. Voilà le cadeau de Claude. On ne sait jamais les services qu’on rend, raison pour laquelle, je me dis qu’il faut faire attention lorsqu’on fait une remarque – aussi justifiée soit-elle.

Liens vers :

Spectacle décembre 2021 et l’horlogerie

Dans cette drôle de période qui se prolonge, je voyais le 18 décembre avancer à toute vitesse. C’est le jour anniversaire de feu M. René Froidevaux, le patron horloger dont je parle dans deux autres articles (voir liens en bas).

C’est vrai, l’horlogerie, racine de mon canton, est devenue aussi une racine pour moi tellement je suis touchée par les actions de M. Froidevaux.

Comme son comptable, M. Charles Frésard et sa femme sont encore de ce monde et qu’ils ne vont plus à des spectacles, je me suis dit que j’allais en faire un pour eux. Ils ont eu la gentillesse de venir.

Je ne peux m’empêcher de me dire que M. Froidevaux est là aussi. C’est quand même son anniversaire !

Voici le programme :

Le spectacle a été très bien accueilli. C’est une chance que de toucher son public et cela a été le cas. De plus, mes amis connaissaient la chanson « New York New York » et comme ils étaient les seuls spectateurs, j’ai entendu leurs réactions. L’artiste que je suis est comblée.

Alors ce spectacle en cette période… J’avais envie, depuis un moment, de monter de nouvelles danses mais il y a eu des complications, d’abord cette atmosphère qui pèse et puis, ne trouvant plus le tissu que je désirais dans le seul magasin de tissus qui reste à Neuchâtel, j’ai passé commande à l’un de ces grands vendeurs sur la Toile. Déception totale. Je ne sais comment font les gens qui commandent des tissus et des habits de cette façon. Une photo c’est une chose, la dimension ou la taille sont bien mentionnés mais la qualité du tissu, son rendu, son effet… Dans le cas présent le tissu laissait passer la lumière et cela ne convenait pas du tout pour mon costume. Bref, il faudra que j’attende de retourner à Paris.

Reprise de danses. Alors, j’ai repris d’anciennes danses que j’ai modifiées pour l’occasion. Il y a parfois des choses que l’on peut reprendre telles quelles et d’autres qui n’ont plus le même goût. Cela a été le cas et je n’ai pu qu’avoir des remerciements pour mes amis Frésard qui m’ont permis de faire du neuf avec de l’ancien ; c’est bien la preuve qu’on le peut.

Le thé. Ensuite, nous sommes passés à table, si je puis dire. En fait, mon studio a bien une table, celle qui sert à poser les CD, les affaires pour les cours et cette fois-ci elle est devenue table pour le thé. Cela me touche, car la table a été dessinée par feu mon ami André Oppel, réalisée par feu le premier régisseur du Centre culturel neuchâtelois devenu Le Pommier maintenant et repeinte par moi. Bref, on s’installe, mais quand j’apporte les plats et les tasses, il faut revoir la chose et j’ai placé une nouvelle fois Mme Frésard pendant que son mari allait poser sa canne qui le gênait. Mme Frésard s’est vue toute seule et a demandé : « Et Charlie ? » C’était tellement joli. Ils vivent ensemble depuis X années et voilà que si l’un ne voit pas l’autre, il s’inquiète. De même, pour accéder à mon studio il faut descendre et monter à diverses reprises quelques marches et là c’est M. Frésard qui ouvre la marche et qui annonce ce qui arrive. C’est vraiment très joli, un autre genre de spectacle.

Du gui et du houx. M. Frésard m’avait passsé commande de ces deux articles auprès de Mme Brodard. Il se trouve que Mme Brodard est l’approvisionneuse en fleurs pour mes canaris les jours de marché, que je mentionne l’affaire une fois à M. Frésard et qu’il me dit qu’il connait les Brodard ! Bon, Neuchâtel n’est pas très grand, il faut quand même voir que dans ma vie bien des choses et des gens bien séparés ont des liens qui composent la toile de ma vie et je trouve cela fantastique. On dit que les gens qui passent de l’autre côté du miroir voient défiler leur vie, chez moi c’est quelque chose de semblable et de différent : je vois cette trame de ma vie si clairement que c’est comme si je la touchais ; elle me fait penser à cette trame qui règne dans l’espace et qui se modifie lorsqu’une planète bouge.

Je disais que grâce à mes amis Frésard j’avais repris des danses. Ces temps-ci, j’ai présenté d’autres spectacles et à chaque fois que je fais la danse chinoise, j’entends la voix de M. Frésard dire : « C’est beau ! ». C’est un honneur de pouvoir marquer une âme qui a beaucoup vécu, mais en retour, il a aussi touché la mienne.

Une information de plus sur l’activité de M. Frésard. Il a été caissier pendant 20 ans à la Showband Les Armourins. Il a fait des tours dans toute l’Europe ! Et comment faisiez vous avez le travail chez M. Froidevaux ? Ah, cela se passait en fin de semaine, répond M. Frésard. Je trouve cela magnifique, je le lui dis et mon admiration le rend heureux.

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Iossif Leonidovitch Prout. Réserves. La notion de réserve. Rencontre particulière 16.2

J’ai un rapport particulier avec le russe, c’est une langue qui me fait fondre. Aussi c’est avec un plaisir certain que je me suis efforcée de faire la traduction de mon texte. Je ne cache pas que la traduction en ligne aide énormément. Je remercie ce service.

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La notion de « réserves » est plutôt du domaine financier dans notre société. Mais, dans les pays de l’Est, elle faisait partie de la vie quotidienne. Il n’y avait pas toujours des produits dans les magasins et il fallait profiter quand il y avait des arrivages. Là, on faisait la queue. Elles étaient souvent longues. D’ailleurs, on ne sortait jamais de la maison sans un sac à provision pour le cas où. Maintenant que la pandémie est arrivée, ceux qui ont vécu dans ces pays se retrouvent dans un paysage quelque peu familier. Voilà un avantage d’un inconvénient ! Les épreuves sont bien souvent salutaires. C’est d’ailleurs cette expérience qui m’a fait proposer un cours où je donne des exercices qu’on peut pratiquer pour notre santé et qui évitent les énervements inutiles lorsqu’on doit attendre notre tour dans un magasin.

C’est aussi une notion qui fait partie de la vie quotidienne de l’armée. Il est nécessaire d’être prévoyant et se limiter à ce qui est vital.

Iossif Leonidovitch Prout, 1986. Je l’ai rencontré lorsque je suis allée à Moscou suivre un cours de russe. Un soir, notre groupe d’étudiants est allé écouter une opérette, Catherine, et on m’a présenté l’auteur du scénario : Iossif Leonidovitch Prout. Il était dans sa loge. Nous sommes devenus proches. Ce n’était pas difficile, il avait une ouverture d’esprit peu commune et aimait les artistes.

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Voici la première page du programme avec son autographe en tant qu’auteur du scénario accompagné de celui du régisseur de l’oeuvre.

La notion de réserve. Prout, qui m’a été présenté en tant que général de l’Armée soviétique et en tant qu’auteur de scénarios de divers genres, m’a immédiatement adoptée. Je reviendrai sur ses fonctions. Nous avons parlé de bien des choses, de son entrée en Pologne après la défaite des Allemands aux côtés du maréchal Joukov et de diverses autres personnalités qu’il avait côtoyées. Mais, ce qui m’a marquée, encore aujourd’hui, c’est la notion de « réserve ». J’ai quelques leçons de vie que j’ai apprises de façon consciente et celle-ci en est une. Il m’a dit qu’il avait dans ses tiroirs des scénarios de divers genres selon ce qui se présentait. Il a précisé « il faut toujours avoir des réserves  » ! C’est une notion éminemment stratégique. Je revois le moment et son bureau. J’entends aussi sa voix et la puissance qui se dégageait de sa personne. Cette notion a fait son chemin en moi, car je n’ai pas toujours eu les moyens de m’offrir ceci ou cela, et lorsque l’occasion se présente, je fais des réserves. Bien souvent, je pense à lui. Je ne suis pas aussi stratège que lui, mais peut-être que lorsque je prends des virages dans ma vie c’est aussi une certaine stratégie, pas toujours consciente, qui me guide et qui s’approche de l’intuition. Je suis quelqu’un qui fait les choses par plaisir plutôt que par prudence, calcul, obligation. La vie n’est pas toujours semée de fleurs, mais je trouve toujours du plaisir, des symboles qui me nourrissent.

Au début des années 1990. Je suis retournée à Moscou et j’ai rendu visite à Iossif. Nous sommes allés dans un magasin qui vendait des chaussons de danse. C’était en été et j’avais des sandales, je ne portais pas de chaussettes. Je ne sais plus si j’avais pensé acheter les chaussons avant qu’on sorte de la maison ou pas, mais le fait est qu’au magasin il fallait essayer les chaussons et que je n’avais pas de chaussettes. Mon général a enlevé las siennes et me les a passées. Je revois aussi le moment où il a enlevé sa première chaussette et qu’il me l’a donnée. On n’a pas échangé de mots, cela s’est fait d’une façon très naturelle, comme si on répétait une scène de ses scénarios. J’ai ainsi acheté une bonne quantité de chaussons. J’en ai encore. Voici un échantillon.

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Une danseuse se doit de pouvoir broder ses chaussons pour les réparer. À propos de ces chaussons, ils sont magiques. Je n’ai jamais eu mal aux pieds avec eux et, surtout, j’étais tout de suite sur pointes. Explication pour ceux qui n’ont jamais porté des pointes : il faut souvent « triturer » les chaussons pour qu’on puisse monter dessus. Je vais traiter le sujet un de ces jours. Le fait est qu’avec eux, il ne fallait pasfaire grand-chose. Ils ont été faits pour moi !
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Iossif Leonidovitch Prout en portrait. Le voici !

Il dégageait une force qui était pleine d’amabilité avec quelqu’un qu’il aimait bien, de respect et de distance quand il le fallait avec d’autres personnes et de quelque chose de plus qui inspirait l’exécution de ses ordres sans discussion à d’autres moments. Il se tenait très droit et avait un ventre d’une solidité à faire pâlir les hommes qui font des abdos dans les gymnases.

Son ventre. Iossif Prout m’a montré un exercice qu’il faisait tous les jours : avec deux doigts d’une seule main, il soulevait une chaise. Il m’a fait toucher son ventre et on aurait dit du caillou, plusieurs cailloux alors qu’il avait dépassé les 90 ans ! Il m’a aussi montré comment me défendre si quelqu’un venait à m’attaquer.

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Un petit mot derrière sa photo. Voici ce qu’il m’a écrit derrière la photo du haut qu’il m’a envoyée par la poste.

Il ne faut pas le prendre à la lettre. Lorsqu’on parle en russe, il y a pleins de mots chaleureux, amicaux qu’on n’utilise pas en français de la même manière. Lorsque je rencontre mes amis russes, des mots d’amour fleurissent à tout bout de champ. Prout parlait le français très bien puisqu’il avait fait ses études en tant que jeune garçon en Suisse, mais ce qu’il a voulu dire ici c’est que nous nous entendions très bien, au point de me passer ses chaussettes. Sans plus !

Des anecdotes. Je n’ai malheureusement pas tout retenu et n’avais jamais pensé écrire sur Prout, mais ces temps-ci, je pense souvent à lui, aux leçons que j’ai apprises dans ma vie et c’est ma façon de le remercier :

  • Picasso. Prout rencontre une fois Picasso à Paris. Il lui dit qu’il a vu à Moscou un tableau signé Picasso mais qu’il ne l’avait pas acheté parce que c’était un faux. Tu es un idiot, Prout, lui répondit Picasso. Si tu l’avais acheté, j’aurais écrit dessous « ceci n’est pas un Picasso », j’aurais signé et tu aurais eu un Picasso !
  • ceci n’est pas une anecdote, mais il avait donc côtoyé des personnalités du régime soviétique, tout en haut de la pyramide et disait qu’il regrettait de ne plus avoir le temps de raconter d’autres versants de l’Histoire ;
  • il est venu me rendre visite à Neuchâtel deux jours et je lui ai fait à manger. J’avais vu chez lui qu’il y avait sur son assiette des betteraves rouges et donc je lui en ai préparé. Lorsqu’il les a vues il m’a dit « j’en mange déjà assez chez moi »!
  • Prout avait chez lui des tableaux et des dessins de gens célèbres et il m’a commandé un tableau. À l’époque, je faisais des tableaux du genre de celui qui figure plus bas. Lorsque je le lui ai apporté, il a dit : mais il n’y a pas la couleur du peuple ! Je suis restée une seconde suspendue au temps et finalement, j’ai compris que je n’avais pas mis de « rouge ». Il a quand même trouvé une place pour mon tableau ;
  • il était reconnaissant à Nikita Khrouchtchev, car ce dernier avait ouvert les frontières et Prout avait pu renouer les relations avec la Suisse et sa famille par alliance.
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  • Olga Lepechinskaïa. J’étais en visite chez Prout lorsque je lui ai dit que j’aurais voulu m’entretenir avec la célèbre danseuse des années 1950. Ni uni ni deux, il lui téléphone tout de suite. Malheureusement, elle était malade et j’ai chargé mon ami Prout de lui faire signer un autographe. Il avait ses entrées chez elle et m’a apporté l’autographe à la maison ! Le voici :

Lorsque j’ai présenté Iossif à feu mon ami André Oppel, vers le milieu des années 1990, lorsqu’il est revenu en Suisse, je le lui ai introduit en tant que général et il s’est empressé de préciser qu’il n’était pas seulement cela. Il était aussi venu pour que ses oeuvres artistiques soient plus mises en valeur. En cherchant des informations sur la toile, je vois qu’on dit qu’il n’était pas général. Cela n’a pas d’importance. Il a fêté ses 90 ans au Bolchoï, il était un personnage connu et j’ai porté ses chaussettes !

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Zully photographie des jambes.4 – un homme

Quand on va au marché de la ville, on a des surprises. Je regarde par terre, agrandis mon champ de vision et tombe sur deux chaussures absolument remarquables. Je demande au propriétaire si je peux les prendre en photo et, très élégamment, il accepte. C’est un plasir de savoir que des chaussures élégantes sont portées par un homme aux manières élégantes !

  • Quelles belles chaussures vous avez !
  • Merci, je trouve qu’il faut faire un effort. Je vois peu d’hommes élégants ici (le propriétaire des chaussures a un accent étranger). J’ai vu quelques hommes élégants à Paris, mais surtout à Florence.
  • C’est vrai, l’élégance se perd. Avant, lorsque j’allais à Paris, on reconnaissait tout de suite les Parisiennes. Aujourd’hui, les jeunes ont une mode…
    • Nous sommes interrompus par l’un des vendeurs du marché qui n’arrive pas à croire que ma demande au sujet de la photo des chaussures se soit transformée en une séance-photo. De toutes façons, j’étais pressée et devais partir. C’est maintenant que je fais la composition que je me dis que j’aurais encore pu prendre telle ou telle photo…

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