Abraham-Louis Breguet – Rencontre particulière.12 bis (en cours de rédaction)

Suite de l’article précédent.

Quand on est de ce monde, on ne peut faire autrement que se référer au temps. Et ce temps m’a dit que la descendante de M. Breguet, la dame avec laquelle j’avais eu un contact absolument fabuleux a fini son temps au mois d’avril. Il est des rencontres qui vous marquent comme si elles avaient duré toute une vie. Cela a été le cas cette fois-ci. Les regards échangés, les sourires spontanés, le fait que je m’intéresse réellement à Abraham-Louis Breguet et surtout le fait que nous parlions toutes les deux le russe a créé un lien particulier.

Désirant revoir la maison familiale, je me rends sur les lieux et fais la connaissance d’une autre personne de la famille qui me dit que le vœude la dame qui parlait le russe avait été celui d’écrire l’histoire de la maison. Cela tombe bien, j’aime l’histoire, je trouve que les bâtiments, petits ou grands, sont témoins de bien des histoires, qu’ils rendent service et qu’on se doit de les respecter. Je reprends, dès lors, une photo de la maison.

Dans l’état actuel, les locaux de la manufacture correspondent à l’entrée bleue et à celle vert foncé; la vert olive est celle des papeteries Gaubert, à quelques années près, non pas contemporains de M. Breguet, mais contemporains de la manufacture.

Pour faire une photo de la maison actuelle sans voitures, sans passants et sans arbres… c’est demander la lune ! Mais on reconnaît bien le bâtiment.

La maison Breguet originale était en tous points semblable à celle d’à côté – vitrine entourée en vert avec l’écriteau en jaune – où se trouvent depuis 1830 les Papeteries Gaubert. La maison Breguet abrite encore des membres de la famille. C’est très touchant. Quant au nombre d’étages, le 3e, celui où a habité A.-L. Breguet, a été modifié , avancé, et on a ajouté deux étages.

M. Florent Arnulf, Papeteries Gaubert. Je remercie M. Florent Arnulf, propriétaire des Papeteries Gaubert. En effet, si j’ai pu mettre côte à côte l’allure de la maison du temps de la manufacture – on y voit l’enseigne – et celle d’aujourd’hui, c’est parce qu’il m’a permis de prendre en photo la gravure originale qu’il possède. C’est dire si, une nouvelle fois, je me sens portée par « la chance ». J’ai l’impression d’avoir présenté la carte de visite de M. Breguet.

À l’intérieur de la maison. J’ai eu la chance de pouvoir entrer une nouvelle fois dans la maison et de m’assoir sur le petit banc du deuxième étage. J’ai pu imaginer Abraham-Louis Breguet monter les escaliers pour aller chez lui au 3e étage et lui et les descendre pour se rendre dans sa manufacture. C’est impressionnant. Je sens le bois craquer…

Je n’ai pas pu savoir si l’entrée de la manufacture était devant ou derrière, car il y a des portes des deux côtés. Mais, le nom figure sur le devant et si on est horloger, l’entrée « Quai de l’Horloge » porte bien son nom. De toutes façons, pour monter à son 3e étage, M. Breguet devait monter par les escaliers photographiés et dont l’accès se trouve justement peu après la porte d’entrée.

Voici des photos de l’intérieur de la boutique dont les murs et les marches datent de l’époque d’Abraham-Louis Breguet.

C’est émouvant, en tout cas pour moi, d’imaginer qu’Abraham-Louis Breguet a pu passer par là pour sortir de sa manufacture.

C’est donc au rez-de-chaussée que se trouvait l’atelier d’A.-L. Breguet. Je trouve émouvant de marcher dans ces lieux où toutes les inventions et créations de cet horloger ont vu le jour. J’ai évité à grand regret de surcharger l’article précédent avec des photos des montres, mais du fait qu’on « se trouve » dans les lieux, je ne peux que profiter de la situation pour les mettre ici et m’imaginer qu’elles sont sorties de ces lieux.

Je souligne le sens de l’adaptation de M. Breguet au goût du propriétaire avec cette montre pour le marché turc.

La finesse d’esprit d’A.-L. Breguet. On a lu dans l’autre article que l’horloger ne faisait pas deux montres pareilles. Même pas celles de souscription. Le succès frappant à sa porte, les copieurs, les faussaires sont venus se servir de ses inventions en fabriquant des montres à son insigne pour les vendre plus cher. Mais, Breguet est un fin esprit : chaque montre Breguet est dotée d’une signature en filigrane et d’un nombre individuel qui n’avait aucune logique reproductible. De la sorte, toute contrefaçon était vite mise au jour. De plus, le guillochage artisanal, dont il avait fait une marque de fabrique et les cannelures qui ornaient les montres, soulignant encore le caractère élégant de la montre, rendaient la copie plus que compliquée. C’est un autre aspect de l’esprit d’A.-L. Breguet, auquel je rends hommage.

Château des Monts, Le Locle, Suisse. Comme cette histoire a trouvé ses débuts au château des Monts, musée d’horlogerie du Locle, je ne peux m’empêcher de mettre la photo de deux montres, qui se trouvent au musée et qui ont échappé à l’appétit de M. Hayek, ainsi qu’un portrait du héros (à défaut d’un selfie !).

On reconnaît une montre à tact et une montre de souscription.

J’ai mis volontairement les montres un peu plus haut que le personnage pour indiquer qu’elles sont sorties de son imagination.

M. François Aubert, président du comité du Musée, et Mme Marlène Rüfenacht, archiviste. Ils sont des personnages-clefs dans cette histoire et je les remercie de m’avoir facilité la prise de photos et d’avoir partagé avec moi leur savoir. J’en sors bien enrichie. Je sais par expérience qu’il ne suffit pas d’occuper un poste, il faut encore avoir l’amour de la chose et c’est leur cas.

Maintenant, on peut sortir de la maison et voir l’allure de la maison par derrière.

Vue de derrière, voici la maison qui va depuis la terrasse de « Ma salle à manger » à la boutique « Paire et fils », peinte en bleu. La carte de visite de M. Breguet continue de jouer son rôle et m’a permis d’entrer en relation avec la patronne de « Ma salle à manger » et celui de la boutique de chaussures « Paire et Fils » – très joli nom !

Ma salle à manger. Les choses s’imbriquent les unes dans les autres et Florence Rouffet, la patronne du restaurant, me dit qu’elle a eu un coup de foudre pour ce local il y a dix-huit ans, qu’elle l’a retapé à sa façon pour le mettre en valeur et qu’il avait été fait dans les années 1990 par Jean-Michel Wilmotte. En ces périodes de virus, elle fait au mieux pour le garder ouvert. Cela correspond bien à son caractère joyeux et pratique.

Ce sont quelques uns des paysages quotidiens d’A.-L. Breguet : la Pace Dauphine, la rue Dauphine et la statue d’Henri IV, Henri le Grand, sur le Pont Neuf. À noter que la place, la rue et le pont ont été construits sur ordre de ce grand roi.

Daguerrotype. Le daguerrotype est le premier système – inventé par deux Français, Nicéphore Niépce et Louis Daguerre – qui permet de garder une image de façon permanente. Les dernières informations permettent de croire que le premier daguerrotype d’un être humain fut pris justement au pied de la statue d’Henri IV, sur le Pont Neuf. Il date de 1837, soit après le héros de mon histoire.

L’Histoire. L’Histoire, avec H, ce sont les grands hommes, les grandes personnalités qui la construisent (je range les femmes là dedans aussi, je trouve ennuyeuse l’écriture inclusive. C’est comme si une fois que la soi-disant parité sera établie que les hommes voudront avoir leurs peronnalites, car personnalité sera considéré comme féminin ! On tombe dans le ridicule bien des fois). Mais l’histoire, avec un petit h est faite par des actes irréfléchis, incomplets, chargés parfois de rage, de vengeance. C’est ainsi que la statue d’Henri IV fut jetée à bas lors de la Révolution et remise en place en 1818. L’horloger eut le temps de l’admirer puisqu’il ne quitta notre monde qu’en 1823. Ce qui est intéressant c’est que pour la restaurer des gens de toutes conditions ont cotisé pour remettre le monument sur pied.

Au fait, Abraham-Louis Breguet s’est installé dans la maison en 1775 et en est devenu le propriétaire après la Révolution. Les générations dont je parle dans le premier article sont passées par là. C’est fabuleux de se dire que tant d’idées dans l’horlogerie, l’électricité, le téléphone ont pris forme dans ces murs. Je suis fascinée.

Breguet à la Tour Eiffel. Après toutes ces histoires, je vais à la Tour Eiffel, m’assieds sur un banc – quelle chance là aussi, pas beaucoup de monde en période de « virus » – je lève le regard et devant moi je lis :

C’est le premier nom que j’ai lu « Breguet ». Il s’agit du petit-fils, Louis François Clément Breguet, le physisien. On est en famille et les Breguet me font signe ! Je remercie Gustave Eiffel d’avoir mis en évidence le nom de savants et autres personnages qui ont fait un apport à l’Histoire de la France. Je me dis qu’A.-L. Breguet y avait aussi sa part.

Écrire l’histoire de la maison. Le russe.

Liens vers :

Einstein, La Maison Einstein et « Les Vies d’Einstein »

Einstein fait partie de la vie de tout le monde, même si bien d’entre nous l’ignorons. Il a fait irruption dans ma vie, sur la pointe des pieds – pour prendre l’image de l’un de mes mondes – lorsque j’étais à  l’« École supérieure de jeunes filles » de Neuchâtel et que j’ai fait un exposé sur lui dans le cadre du cours de physique. Mon professeur, M. Malki, avait été très satisfait. Puis, à chaque fois que j’ai eu l’occasion d’acheter un livre sur lui expliquant de façon simple ses théories, je l’ai acheté. J’en ai une collection et le moment d’en faire la synthèse est arrivé. À dire vrai, j’ai commencé, l’année passée, à prendre des cours de physique avec Knut, le photographe attitré de mes activités et dont la première passion avait été cette matière avant de se tourner vers la médecine. J’ai intitulé nos rencontres « cafés atomiques », le café c’est lui qui le boit et comme nos discussions tournent autour des atomes et autres particules physiques…

Il faut ajouter qu’une série d’événements se sont, en plus, succédé récemment et qu’ils m’ont conduite à aller revoir la maison d’Einstein ; cette fois-ci de façon consciente, à tel point que j’ai eu l’impression qu’il était là. C’est certainement le produit d’une superposition de temps ou de dimensions temporelles et mon désir de le remercier pour ce qu’il m’apporte via d’autres personnes comme le physicien Garnier Malet.

Alors, sa maison. J’ai une affection particulière pour cette maison : le fait que pareil savant ait vécu à Berne a toujours soulevé une émotion en moi ; les savants célèbres avaient toujours une connotation d’un lieu lointain ; là, j’ai sa maison, son appartement, plus précisément, tout près de ma ville et il a respiré, pour ainsi dire, le même air que moi.

Lors de mon avant-dernière « visite » chez Einstein, les fenêtres étaient ouvertes.
C’est un bon signe !

Pour accéder à ce deuxième étage, on gravit une série de volets de marches. Je suis émue en les gravissant et en pensant qu’Einstein les avait aussi utilisées.

Ce sont des meubles qu’on trouvait au début des années 1900 ; c’est une reconstitution de l’ambiance mais c’est très touchant. Les tapisseries sont celles de l’époque, restaurées. Le sol est aussi d’origine.
Toutes les portes sont grises avec des teintes bleutées et des dessins dorés. Ils sont en accord avec ceux du plafond.

Une porte semblable, mais bien plus large conduit du salon à la chambre de l’enfant né à cette période, Hans-Albert et, ensuite, on arrive dans la chambre à coucher du couple Einstein. En fait, on ne s’en rend pas vraiment compte, tellement on est pris par le fait qu’Einstein a habité l’endroit et, de plus, c’est là que se fait l’accueil de la visite, avec les tickets d’entrée et les livres et cartes postales qu’on peut acheter. Mais, si on y prête attention, on est ému de voir qu’on marche sur le plancher d’origine !

Mais, la pièce maîtresse est son bureau ! Le bureau sur lequel Einstein a écrit sa fameuse formule E = mc2 !

La première de couverture montre Einstein en train de réfléchir.
On a tous entendu parler de la formule E = mc2, même si on n’en connaît pas le sens profond ; mais Einstein a travaillé, cherché, s’est interrogé avant de trouver cette équation si claire et si brève. Le dessin est une pure réussite !
J’ai un peu rétréci les images afin d’enlever les chantiers actuels et quelques voitures. C’est aussi, à peu de chose près, la vue qu’Einstein avait depuis les fenêtres de son salon. Il faut simplement imaginer les personnes habillées à la façon des années 1900 et les voitures tirées par les chevaux.

On devine aussi, à côté du cadran astronomique, le carillon qui sonne les heures pleines, spectacle qui fait la joie de tous les touristes.

Un mot au sujet du parc des ours. Pendant des années, il y a eu la fosse aux ours et régulièrement, il y avait des remarques au sujet de la détention de ces animaux qu’on ne sentait pas heureux. Je me rappelle que lors de ma première visite à cet endroit, j’avais trouvé triste cette vue. Il y a eu une amélioration au milieu des années 1990 et finalement, en 2004, il y a eu l’aménagement du parc actuel et les ours sont quasiment en liberté. C’est un tout autre paysage et la preuve que l’on peut changer des choses sans violence.

Ce fameux hasard qui n’existe pas a fait qu’au moment où je suis allée à La Maison d’Einstein pour la troisième fois, il n’y avait pas beaucoup de monde et même si on passe par les mesures inévitables dues au virus qui circule, je suis plus qu’émue en photographiant ce bureau unique et en le touchant. Ce sont des choses qu’on ne peut partager avec autrui, mais je suppose que nous avons tous des moments où les choses nous parlent. Je remercie infiniment le personnel qui m’a si bien accueillie et qui m’a permis d’accomplir une sorte de rêve. De plus, j’ai pu exceptionnellement déposer mes affaires pour aller faire un bain dans l’Aar ; chose que je n’avais jamais faite, tout près des ours dont je viens d’écrire. C’est le genre d’aventures qui me rendent meilleure.

Le livre de Fiami « Les vies d’Einstein » a aussi participé de mon enthousiasme du fait qu’il se situe justement dans la période vécue par Einstein dans cette maison. Désirant en savoir plus, j’ai pris contact avec l’auteur qui a aimablement répondu à mes questions :

  • Non, personne ne m’a proposé d’écrire le livre. Il se trouve que je venais de publier en 2002 la BD « Tous à l’expo »- au moment de notre dernière exposition nationale – et que le responsable de la communication du CERN m’a dit que 2005 serait l’année Einstein en Suisse : on aller fêter les 100 ans de la publication de la théorie de la relativité restreinte. Fiami se dit tout d’abord qu’il n’est pas scientifique, que ce n’est pas son domaine et finalement se dit que s’il arrive à comprendre, il pourra faire que d’autres personnes comme lui s’intéressent à Einstein. On peut très bien suivre le cheminement de la pensée chez Fiami. On pourrait même en faire des images d’une BD !
  • Je pense qu’on peut instruire avec de l’humour, m’explique Fiami et d’ajouter cela m’a incité à continuer sur la lancée et à écrire et publier « Les vies de Galilée » en 2009, année de l’astronomie, « Les vies de Marie Curie » en 2011, année de la chimie et « Les vies de Newton » en 2018, sorte de Post Scriptum aux trois premiers livres, précise Fiami ;
  • Ce dernier livre a été lancé à la fondation Bodmer en présence de Michel Mayor un mois avant qu’il ne reçoive son prix Nobel ! Prix reçu avec Didier Queloz pour avoir découvert en 1995 la première planète hors de notre système solaire et autour d’une étoile de type solaire ;
  • Je dis à Fiami que j’ai été très émue en lisant la reproduction, sous forme de carte postale, de l’annonce d’Einstein dans le journal local : cours privés de physique et de mathématiques pour étudiants et élèves. L’avis finit ainsi « Probestunden – première leçon- séance de mise au point – gratis ». Fiami explique : Einstein se trouvait à cette époque au chômage. Il vivait à la Gerechtigkeitgasse à ce moment-là. Il devait avoir son caractère et personne ne voulait l’avoir auprès de lui. Je sais qu’il est connu qu’Einstein ne voyait pas les choses de la même façon que la majorité et qu’il était « un peu direct…  » Personne n’aime se sentir déstabilisé… Probablement, dit Fiami. Il était donc au chômage avec femme et enfant ! Alors, il donne des cours.

Les mots de Fiami m’ont rendue curieuse et c’est ce qui a fait que je suis retournée une troisième fois à Berne en trois semaines (un ami m’a demandé si j’avais un abonnement de train !) et j’ai retrouvé la maison. La voici :

Peu de gens, même à Berne, connaissent cette maison. Einstein habitait ici au premier étage dans une chambre « parcimonieusement » meublée » – lis-je dans l’un des livres que je consulte. L’adresse est mentionnée au dos de la carte postale reproduisant son annonce. L’annonce du journal local date du 5 février 1902. Sur l’une des colonnes de l’arcade en face de l’immeuble, on trouve un écriteau qui dit que c’est là qu’Einstein écrivit son article sur les forces moléculaires !

Je fais une parenthèse au sujet des portes. Il me semble que peu de gens accordent de l’attention aux portes et c’est le cas de mes élèves de danse. J’ai fini par créer un exercice intitulé « La danse de la porte ». Les portes sont magiques, elles sont témoin de plein d’histoires. Regardant celles de la maison d’Einstein, elles me disent bien choses et me transportent temporellement ! Il faut bien les traiter et surtout ne pas les claquer.

Voulez-vous savoir combien Einstein demandait par heure (mise à part la première ) ? Fr. 3.- et ma source est Fiami. Il est difficile de se faire une idée de la somme demandée, mais on verra un peu plus loin le salaire qu’il a pu avoir lors de son engagement par la Confédération.

Une des choses fascinantes dans ma vie ce sont les coïncidences – sœurs de ce fameux hasard qui n’existe pas – en l’occurrence, cela fait quelques années que je rends visite à Max, propriétaire d’une boutique « Antics und Puppenklinik » à la Gerechtigkeitsgasse 36, soit la maison qui juxtapose celle d’Einstein (où sont passés les autres numéros ? Ce n’est pas important). Le fait est que, je suis passée bien des fois devant cette maison… Maintenant, je sais.

Fiami m’a aussi dit que c’est grâce à une intervention appuyée de son ami Marcel Grossmann qu’Einstein a pu entrer au Bureau des Brevets. Je cherche l’adresse et me rends sur place. Tout cela me rend Berne encore plus sympathique. Berne est une belle ville avec de très jolies boutiques, dans de petits locaux, des vitrines extrêmement soignées, une rivière magnifique – je suis très sensible aux cours d’eau – et voilà qu’elle prend une autre dimension pour moi.

Albert Einstein est engagé le 22 juin 1902 et le 16 juillet le Conseil fédéral le nomme fonctionnaire fédéral. En effet, à l’époque c’est le Conseil fédéral qui nomme les fonctionnaires. Son salaire mensuel était au début de CHF. 290.-, puis quand il est devenu expert de 2e classe, il s’est élevé à CHF. 375.- Comme je le dis plus haut, on ne peut pas dire grand-chose sans approfondir la question, mais ce salaire l’a bien soulagé. Lors de son engagement, il avait écrit à Miléva, qui n’est pas encore sa femme et qui jouera un si grand rôle dans sa vie professionnelle, qu’ils seront riches à Berne.

En tous les cas, c’est à Berne qu’Einstein dit avoir vécu la période la plus heureuse et la plus productive de sa vie. C’est aussi une période où il ne rend de compte à personne et où il peut suivre son instinct. Liberté de travail et de pensée vont de pair. Nous le savons tous, dès qu’il y a une contrainte, le paysage perd de son harmonie.

Mais revenons au livre si bien écrit par Fiami. Il m’a donné la permission de reproduire ce qui me semblait intéressant pour mon article et cette liberté inespérée rend la chose difficile tellement il y a des trouvailles. Celle d’entrée est le nom d’Einstein lui-même :

D’Enalithos, Einstein devient Al’Bhereinstein quand il rencontre le grand mathématicien Al Khawarizmi, Alberto Unsasso lorsque Fiami le fait voyager à Padoue pour rencontrer Galilée ; je ne mentionne pas tout pour vous laisser la surprise, mais Einstein se dit que sans sa femme Miléva, il n’aurait été que « Halbstein ».
Je trouve tout cela ingénieux !

Je ne résiste pas à l’envie de passer par d’autres endroits qui ont « vu » Einstein. Je me suis rendue à l’endroit qui lui a procuré du bien-être financier et intellectuel, car c’est aussi là qu’il a analysé plein d’autres projets et qu’il a affûté son esprit.

Cette idée lui est aussi venue sur le bureau photographié plus haut et qui se trouvait à l’office des brevets devenu l’Office fédéral de la Propriété intellectuelle. Le bureau d’Einstein était au 3e étage, mais on n’arrive pas à le situer… l’imagination remplira ce manque d’information…

Une fois que je me lance dans un sujet, je n ‘arrive plus à m’arrêter ! Il faut quand même penser à une fin. Disons tout de suite que j’ai commandé et reçu les trois BD sur Galilée, Marie Curie et Newton publiées par Fiami. Je ne peux que les recommander, tant les enfants que les adultes de tout ordre s’y retrouveront !

Je voudrais aussi remercier et féliciter le groupe de physiciens qui a eu l’idée de louer cet appartement et d’en faire un musée.

Un mot sur les théories d’Einstein développées à Berne (à suivre).

Pour finir, reprenons une de ces délicieuses pages de Fiami. J’ai reproduit celles où il y a de l’humour, mais il y a celles où on se rappelle ou apprend que les nombres viennent de l’Inde, que ce sont les Arabes qui les ont fait connaître, et que Démocrite parlait des atomes avant que ceux-ci n’entrent officiellement dans la science, 23 siècles plus tard ! On était alors en 400 av. J.-C.

Parenthèse au sujet des chiffres. On parle des chiffres arabes et des chiffres romains. En fait les chiffres arabes sont nés en Inde. C’est à l’Inde que l’on doit les chiffres de notre système décimal, le zéro y compris. Alors, où est la logique ? La graphie a bien changé, mais le système a son origine là-bas. On ne va pas discourir sur le moment où les chiffres sont nés, c’est une nécessité dans notre monde. Il y a une autre curiosité à relever : dans le grec ancien, les lettres servaient tant à écrire qu’à compter, chaque lettre représentait un nombre. Nous en conservons l’expression l’alpha et l’oméga, soit le début et la fin.

Le physicien Jean-Pierre Garnier Malet. C’est en faisant ses calculs sur le dédoublement du temps et de l’espace qu’il a découvert qu’en réalité, l’alphabet grec devait avoir 27 lettres, or l’alphabet grec moderne n’en a que 24. Après des recherches, elles ont été trouvées et GM a reçu une ovation à Athènes !

Fin de la parenthèse et suite et fin avec Fiami :

J’ai dû faire des découpages afin de rendre le texte compréhensible. La qualité n’est pas géniale, car je n’aime pas éventrer les livres et j’ai fait au mieux pour cela.

Je ne peux que vous recommander une visite à La Maison Einstein, et la lecture des livres de Fiami dont voici le lien.

Autres liens :

Réparations et rangement = de l’ordre en soi.4

Chaque année, je dois revoir de fond en comble les affaires que j’ai dans mon studio de danse du fait qu’il est humide. C’est un exercice quelques fois démoralisant, mais qui me donne, une fois fait, bien du plaisir.

Cette fois-ci, je range mes cartons contenant des costumes et m’aperçois qu’il y a un tas qui ne repose pas sur une surface de même hauteur. Il n’y a pas d’autre endroit pour les cartons. Il faut trouver une solution.

J’ai fait les photos sur le banc fait par Ernest Grize, le premier régissseur du Centre culturel neuchâtelois, et que j’ai repeint à ma façon.
L’alignement est bon, mais, je pourrais mettre encore un petit carton derrière le papier pour lui donner une apparence lisse. Ce sera une autre fois.

Ce qui me semble intéressant dans cette histoire, c’est que le couvercle d’un carton continue son existence sous un tout autre aspect que celui pour lequel il avait été destiné. Il me semble que c’est ce qui nous arrive quelques fois. On pense qu’on est utile ici et finalement c’est ailleurs que nous le sommes.

Dans cette aventure aussi, le bout de carton aurait pu simplement être plié et remplir le nouveau rôle que je lui ai donné, mais, il m’a paru évident de le remercier pour son service en l’emballant avec soin. Ici aussi, ce n’est pas parce que notre rôle n’est pas majeur que l’on ne doive pas prendre soin de ce qu’on a à faire, ou qu’on ne doive pas traiter avec élégance ceux qui nous rendent service.

Personne ni nulle chose n’est insignifiante, peut être la moralité de cette histoire. Et elle me rappelle celle que est arrivée à l’un de mes amis de Bucarest et à un sac de Zurich. Mon ami Ticu se promenait au centre de Bucarest et voilà qu’il croise une dame portant un sac en plastique avec des illustrations de Zurich. Ni une ni deux, il s’approche de la dame et lui demande s’il pourrait avoir le sac. Elle, on ne sait pas ce qu’elle pense, mais lui donne le sac. Arrivé chez lui, Ticu découpe le sac en fait une bande et décore une de ses lampes. L’effet a été somptueux et tous ceux qui allaient en visite chez Ticu admiraient la lampe. Personne, pas même celui qui avait fait l’image de la ville de Zurich, n’aurait pensé que ce sac pourrait avoir un tel destin. Je trouve cela magnifique !

Liens vers :

À quelque chose malheur est bon

Cette drôle d’expression s’applique tout à fait aux deux états par lesquels je suis passée en quelques heures : d’un « mince alors ! Il ne manquait plus que cela », à « quelle chance, maintenant, je sais comment faire ! »

Tout a commencé parce que mon studio de danse a été inondé lors de la dernière grande pluie et que je fais des allers-retours avec des choses pour les laver, sécher au soleil, réparer. À un moment donné, je mets diverses choses dans mon sac, dont une avec de l’eau et vais à mon studio. Je trouve une astuce pour suspendre des cilindres dans une armoire, je trie mon matériel de réparations et me dis qu’il faudrait que j’envoie un message à ma voisine du studio pour savoir si elle a arrosé les plantes ou si je dois le faire. Je regarde dans mon sac, m’aperçois qu’il y a un peu d’eau, sors mon portable ; il a un drôle d’air, il a l’air de sortir du bain et affiche « votre carte Sim est bloquée, veuillez introduire votre code Puck ». Je tapote sur le clavier sans succès. C’est là que je me dis « Il ne manquait plus que cela ! » Sans le vouloir, j’imagine une dépense supplémentaire… un film désagréable.

Je sonne chez ma voisine, lui explique la situation et elle me dit que sa fille a laissé tomber son téléphone dans le lac et qu’elle l’a récupéré avec ses fonctions après l’avoir laissé une nuit dans du riz. C’est vrai, je me rappelle que le riz a des propriétés fantastiques.

Après avoir regardé une vidéo sur la Toile, je réussis à enlever la carte Sim. Je passe ensuite chez mon fournisseur téléphonique et le vendeur me dit que mon téléphone est fichu et que je dois en acheter un autre. Mais, miracle, il le manipule et l’appareil s’allume. Il me dit d’attendre le lendemain pour remettre la carte Sim. Je passe chez les vendeurs d’Inter Discount qui me conseillent la même chose que ma voisine anglaise, à savoir, de le laisser 24 heures dans du riz.

Une lumière s’allume dans mon esprit et je demande à l’un des vendeurs que je connais bien si je peux faire des petits sacs de riz pour absorber l’humidité de mon studio de danse. Il répond affirmativement. Je demande si je peux les faire en plastique, il dit que le riz ne va pas pouvoir agir (c’est évident, ai-je pensé une fois qu’il m’a donné son explication) et que le mieux serait des sacs en papier.

Je passe au supermarché, achète du riz en bonne quantité. J’ai de la chance, il y a une promotion et je bénéficie d’un rabais. La chance tourne !

Je rentre chez moi et plonge mon téléphone dans du riz.

Entre temps, les idées se sont bousculées dans ma tête et j’ai une image pour les sacs ; je cherche la boîte où j’ai rangé un tas de petits bouts de tissu blancs. Je me dis que je vais faire des petits coussins. J’ai besoin d’au moins 50 petits paquets… Je voudrais quand même les faire jolis. Ce n’est pas parce qu’ils ne vont contenir « que du riz », « que personne ne va les voir », qu’ils doivent être faits n’importe comment. Mais, je ne vais pas non plus passer des heures…

Je trouve une solution. Les ciseaux achetés dans un magasin qui n’existe plus en ville coupent en zigzag, les bordures seront ainsi jolies. J’ai coupé et cousu des petits sacs pendant une heure et passé une heure et demie à les remplir et à les fermer à la main. Ce sont deux heures et demie mais je ne vois pas le temps passer car je me dis « quelle chance, avec cette histoire du portable mouillé, j’ai trouvé une solution à mes problèmes d’humidité à bas prix et en plus jolie ! ».

Le hasard, qui, je le dis une fois de plus, n’existe pas, a fait que mes sacs sont en majorité de la bonne grandeur, à savoir qu’ils peuvent contenir les 40 gr de grains de riz recommandés sur la Toile. Pour les petits, j’en mettrai deux selon les endroits. C’est connu, l’appétit vient en mangeant et d’autres idées surgissent pour que des jolies formes avec des grains de riz décorent ma salle, certaines se fondront avec des objets et d’autres seront en relief.

Pour en revenir à l’histoire du hasard. Je ne peux faire autrement que de parler du physicien Jean-Pierre Garnier Malet qui rappelle que nos idées parviennent à notre cerveau 0,7 à 0,5 secondes avant que nous n’en soyons conscients. C’est Benjamin Libet qui l’a démontré. C’est fantastique quand on y pense. Cela explique bien des choses.

Fin de l’histoire et lien avec une autre histoire. En parlant de fin, cela a été la fin de mon téléphone. Il s’est plus ou moins réveillé, mais a décidé de rester endormi. J’ai dû me résoudre à en acheter un autre et je ne me rappelais pas que c’était si compliqué de retrouver les données, les applications, les mots de passe, les codes de ceci et de cela. C’est ici que commence une nouvelle histoire avec « Le rôle du commerce au centre-ville. 5 et Inter Discout ».

Moralité de tout cela : dommage que mon télélphone soit devenu le beau téléphone dormant sur son lit de riz. Je n’ai plus retrouvé le même modèle dans cette société où il faut toujours du neuf, du plus. J’ai un téléphone qui fait de meilleures photos, qui a plus de mémoire et qui prend aussi plus de temps à envoyer mes photos sur mon portable via le courriel. En effet, j’ai un Mac et les Mac ne font pas bon ménage avec les Samsung. Quant à un supplément de mémoire, je n’en avais pas besoin et pour ce qui est de la qualité des photos précédentes, elle était très bonne. De plus, j’ai deux très bons appareils photo, un Canon T 70 avec film argentique et un Sony cyber-shot qui est excellent ! Mais, je n’ai pas le choix, sans téléphone portable aujourd’hui… c’est comme mon Samsung sur son lit de riz !

Surprise ! Je n’arrêtais pas de me dire qu’il devait être possible de récupérer quelque chose de mon téléphone dormant. J’ai amené mon téléphone dormant à un réparateur qui a su entrer dans les rêves de mon appareil et récupérer certaines adresses, certains messages et des photos. Le prix à payer a été élevé, mais je me suis dit que le fait de retrouver certaines informations n’avait pas de prix. On le sait, l’annuaire téléphonique est quasiment inutile tellement le téléphone portable est utilisé et plus répertorié. On est presque comme dans un conte où tout finit presque bien (le prix… entre le nouvel appareil et la récupération… a été fort élevé). Avec le temps, cela ira mieux.

Lien avec :

@articulations – jouons avec elles

Il y a bien des façons de travailler, mobiliser, faire bouger les articulations : en position assise, debout, au bureau, en file d’attente. Et comme les choses ne sont jamais séparées, on travaille les chaînes musculaires, l’ossature, les fascias, les méridiens. La pensée joue un rôle primordial.

Pour cela les objets de notre quotidien peuvent devenir des outils de travail.

Pratiquement : on fait bouger les articulations dans tous les sens, en prenant conscience de leur structure, de leur anatomie, des possibilités de chacune. C’est un travail minutieux mais il peut aussi être amusant, et le plaisir, on le sait, est un élixir pour le cerveau !

Nous avons un corps et prenons pour acquis son fonctionnement. Ce n’est que lorsque quelque chose ne va pas qu’on se demande comment cela se fait que…

Les articulations sont comme toute chose, il faut en prendre soin :

  • une serrure, on la nettoie, on la huile ;
  • une porte, on ne la tape pas ;
  • un livre, on ne le laisse pas ouvert ;
  • un crayon, on le taille ;
  • etc.

Entre 200 et 360 : c’est le nombre de nos articulations.

La mobilité du corps va de pair avec celle de l’esprit, on le sait. Cependant, les routines, même dans le mouvement, peuvent mener à une certaine rigidité. La pluralité est toujours saine.

Ce cours, comme tous ceux que je donne, est personnalisé. En effet, chaque participant amène son monde, on le visite ensemble et on essaie de voir où l’on peut agir. On peut faire un parallèle avec le verbe être, il se conjugue simplement, mais il décrit une infinité d’états.

Une des choses que j’aime dans ma vie ce sont les coïncidences dues à ce hasard qui fait si bien les choses, hasard qui n’en est pas un. Voilà donc que j’achète un livre sur des expressions françaises « Ma grand-mère disait toujours ça… » et en le feuilletant « au hasard » je tombe sur l’explication suivante : Le mot nerf est issu du latin « nervus » qui signifie « ligament » au sens propre, «  force et vigueur » au sens figuré. Le ligament est réellement fort, puisqu’il lie les os entre eux. Cela tombe bien, le sujet fait partie du cours et tout est lié, on peut faire des parallèles dans toute sorte de domaines !

Liens vers :

Le commerce au centre-ville.4. Une vendeuse remarquable

La notoriété. Notre société met en avant les gens qui battent des records, ceux qui gagnent le plus, mais il y a d’autres faits qui méritente la première place.

Une relation de longue date. Je connais une personne qui travaille dans le domaine de la vente. L’évolution ou plutôt, les changements du commerce au centre-ville ont fait qu’elle est passée par plusieurs domaines d’activité. Ce n’est pas la première fois que je le dis, le commerce familial, le commerce indépendant disparaît à vue d’oeil. Cette personne reste pour moi une figure familière dans ce monde de changement.

Ces dernières années, elle a dû faire face à des problèmes de santé et là aussi, elle s’est battue pour pouvoir garder le cap. Peu avant cela, elle s’était occupée de sa mère, toujours avec courage, lucidité et affection. Pendant toutes ces épreuves, je l’ai vue sereine, pas avec une acceptation de défaitisme, mais avec une attitude qui dit « je dois trouver une solution ».

La politique en matière de gérance. Il se trouve que dans son lieu de travail, les gérants se suivent et qu’ils ne sont pas toujours bien choisis. J’en ai connu un qui aimait son métier, qui aimait sa ville, qui s’était investi pour faire que le commerce et la population s’y retrouvent. La direction n’a rien trouvé de mieux que de le changer de ville. J’avais appris qu’à l’époque, les gérants des filaiales avaient pratiquement tous été mutés d’une ville à l’autre, comme dans un jeu de quilles où les boules giclent à droite et à gauche. Finalement, ce monsieur est revenu, mais il avait perdu une partie de sa santé. Tout dernièrement, le dernier en place avait créé une situation, disons, compliquée.

C’est ici que nous entrons dans le vif du sujet. Le nouveau gérant est une personne qui a fait son apprentissage sur place. C’est déjà un bon point. En effet, je pense que l’on se doit de connaître l’endroit où l’on travaille, les données de l’ordinateur ne suffisent pas. Ce dernier gérant semble aller dans le bon sens. Les détails du comment appartiennent à l’histoire.

Attitude remarquable de la personne dont je vous parle dans cet article : elle a non seulement exposé sa situation, mais aussi toutes les incohérences et difficultés de tous les autres départements. Elle risquait de ne pas se faire « bien voir », mais elle a trouvé que c’était ce qu’il fallait dire. C’est ce que je trouve remarquable, cette personne n’a pas fini de résoudre ses problèmes de santé, mais elle trouve la force de dire tout ce qui ne va pas dans son secteur et dans les autres. Elle a notamment regreté le départ d’anciens collègues mis à tort à la porte. Je lui tire mon chapeau !

Liens vers :

Jean-Pierre Garnier Malet, rencontre particulière.14

Précision : J.-P. Garnier Malet n’a pas pris part à cet article et si quelque chose est « de travers » je suis la seule responsable ! J’espère quand même que ce n’est pas le cas. Je reçois vos avis volontiers via mon courriel.

En lisant l’Histoire, je me dis souvent que j’aurais bien voulu être de la partie, rencontrer certains personnages, les apprécier de leur vivant. Cette fois, je suis servie ; mis à part les changements technologiques sont je suis le témoin et l’usagère, il y a un personnage : Jean-Pierre Garnier Malet, un physicien qui s’intéresse à la pensée et qui m’explique comment l’utiliser pour qu’elle ne fasse de tort à personne et pour que ma vie aille mieux. Tout ce que nous pensons a un effet, une conséquence. Tout, absolument tout. On n’y pense pas toujours, ou plutôt, on n’en a pas conscience parce qu’on nous a éduqués à ne voir que les choses extérieures, matérielles, la façade en quelque sorte et que si on ne voit pas une chose, elle n’existe pour ainsi dire pas.

Énergie de la pensée. On ignore que la pensée est une énergie. Je ne vais pas jouer au savant, mais celui qui l’a démontré c’est le fameux Albert Einstein avec son équation que tout le monde connaît : E = mc2.

Une image pour la compréhention de la façon dont la pensée fonctionne : la pensée et un compte en banque. Je suis aussi économiste de formation et si je n’ai pas l’âme commerçante, il y a une image qui explique bien des choses : celle du compte en banque ; quand on y met des sous, le compte augmente. Si on n’y met rien, il est vide. La pensée agit de même. On pense une chose et on augmente le compte en banque de la chose, son énergie, sa présence, son champ d’effet.

Penser que le fait de penser n’a pas d’importance est une erreur que nous ignorons souvent. Il n’y a qu’à voir la joie qui envahit notre corps lorsqu’on a rendu un service à quelqu’un qui nous demandait une faveur et que cela marche, il n’y a qu’à voir comment se sent le corps lorsqu’on reçoit une mauvaise nouvelle. Et si cela a un effet direct sur nous, c’est aussi le cas pour ceux qui sont dans l’entourage et au-delà. Ceux qui le ressentent le plus vite sont les enfants et les animaux de compagnie. Mais, notre corps le premier ; seulement, on ne prend pas le temps de l’écouter.

Alors, comment utiliser la pensée ? Contrairement à ce que l’on dit, il ne suffit pas d’avoir des pensées dites positives. Ce qui est soit disant positif pour l’un peut être négatif pour l’autre. Jean-Pierre Garnier Malet le résume ainsi : « Pense à faire à autrui ce que tu aimerais qu’autrui pense à te faire ». Si on a saisi le sens de cette pensée, on sait qu’il ne suffit pas de dire « ne fais pas à autrui ce que tu aimerais qu’autrui te fasse ». Encore faut-il ne pas vouloir quelque chose pour cet autrui, car on ne connaît pas réellement ce qu’il lui convient. Il faut donc ajouter, quand on veut du bien à quelqu’un : si c’est ce qu’il lui faut, si cela ne lui fait pas de tort, si cela ne fait de tort à personne.

Je me dis aussi que les pensées sont comme des articles dans un magasin. Nous pensons tout le temps et sommes pareils à des créateurs d’articles qu’on pose sur les rayons d’un magasin, en l’occurrence, du magasin de la vie. Je parle du magasin de la vie, car ce n’est pas seulement mon magasin, c’est celui de tout le monde. Les pensées que nous avons sont là, même si on ne le voit pas et constituent donc des articles qui sont à la disposition de tout le monde. Par conséquent, lorsqu’un consommateur entre dans ce magasin pour s’approvisionner, il vaut mieux que j’aie imaginé, créé, produit des choses nourrissantes, belles et utiles plutôt que des poisons. J’aime rendre service, et si je produis des pensées qui rendent service, qui aident les autres, je suis comblée.

Le nombre de rayons est infini. Volontairement, je ne décris aucun d’eux, les étiquettes suffisent à la réflexion ! Il n’y à qu’à penser, justement, penser à la manière dont nous agissons dans telle ou telle circonstance pour se rendre compte qu’il y a façon et façon.

Les rayons du magasin de la vie. Ils se remplissent au fur et à mesure de notre histoire. Dans le tableau ci-dessus, je ne mentionne pas les rayons où l’on pourrait déposer les pensées que nous avons quand nous traversons des périodes troubles. Cela ne ferait qu’ajouter des articles dont personne en réalité ne voudrait !

Alors, savoir que je crée mon futur me donne une responsabilité énorme mais me donne aussi un beau rôle à jouer. Cela va même plus loin, comme on le voit dans l’image du magasin de la vie, puisque je crée aussi des futurs pour d’autres personnes.

Cela explique pourquoi, je suis attirée par un Abraham-Louis Breguet, un Serge Alzérat, un Freddy Landry, un André Oppel, un Jacques Collin, un Jean-Pierre Petit, un Didier Raoult, un Pascal Hostachy (créateur du Projet Voltaire, destiné à sauvegarder notre langue), un René Froidevaux (Fabrique d’horlogerie). Ce sont des personnes qui se sont battues ou se battent pour des idées qui améliorent la vie des gens. Il n’y a pas besoin d’être un personnage de l’Histoire, tout le monde participe à notre aventure ; mon élève qui me remercie pour lui avoir fait découvrir quelque chose qui l’aide me fait du bien et je lui fais du bien ; l’hôtelier qui me prépare une belle chambre, embellit ma vie, le gaillard qui répare mon appareil photo pour le plaisir de le faire a toute ma reconnaissance et le magasin de la vie s’enrichit d’un nouvel article. Cela veut aussi dire que la liste des personnages qui ont toute ma reconnaissance n’a pas de fin.

Tout le monde a un rôle à jouer. Il est dommage que je ne sois pas un moteur, un bon moteur de l’humanité, mais même celui qui vend avec plaisir le stylo qui sert à un Garnier Malet pour qu’il puisse écrire ses équations est utile, a augmenté le compte en banque du plaisir, de l’aide à autrui. De plus, si le regard du vendeur et du client s’échangent, ils savent qu’ils sont contents et qu’ils se veulent du bien l’un à l’autre. Je disais qu’il était dommage que je ne sois pas un moteur de l’humanité, mais en fait, j’en suis un, à ma façon et quand on trouve sa voie, on respire un tout autre air !

En écoutant Garnier Malet, cet homme éclairé, on s’aperçoit qu’il y a aussi tout un lexique à revoir. Et moi qui aime les langues, qui aime les mots, je suis ravie. Prenons le mot « amour », issu d’une mauvaise traduction du mot « amoros » en grec ancien. En effet « moros » veut dire celui qui est fou, celui qui a perdu son axe, celui qui a perdu son centre, celui qui ne contrôle pas sa pensée ! Par conséquent, « amoros » signifie celui qui a retrouvé la raison, son centre, son axe et donc celui qui contrôle sa pensée. Il n’a rien à voir avec le sens qu’on lui donne… et on le voit bien car l’amour est une émotion ! Et il y en a un paquet de ces mots !

Il y a encore la théorie du dédoublement du temps et de l’espace – le rôle de la pensée y est lié – mais là, je vous laisse suivre les cours de Jean-Pierre Garnier Malet ou lire ses livres pour comprende que le passé, le présent et le futur sont liés, existent en même temps mais dans des espaces différents. Ce qu’il y a aussi d’intéressant avec lui c’est qu’il ne s’agit d’aucune technique à appliquer mais de retrouver des principes vitaux que les anciens connaissaient et que les enfants pratiquent automatiquement.

Garnier Malet est quelqu’un qui ne se dit pas être celui qui éclaire le monde, mais celui qui rappelle ce que les anciens connaissaient. Il est quand même celui qui a mis tout cela en équations, car oui, le dédoublement du temps et de l’espace passe par des équations. Cela ne doit effrayer personne, le compte en banque de la logique normale suffit. Quand on sait qu’un enfant l’applique…

Changer son mode de penser implique… changer son mode de penser… C’est cela même. En écoutant Garnier Malet, je me suis rappelée qu’un jour d’automne, voulant aider un ami qui avait un jardin, je me suis mise à ramasser les feuilles. Il y en avait un tas. Au bout d’un moment, je me suis dit que cela devait avoir un sens et que c’était l’occasion de ramasser « mes péchés » (dans le sens qu’on lui donne dans notre ère, car le mot d’origine, tout comme amour, a été déformé), de façon symbolique, bien sûr, mais il y en avait tellement que je me suis dit que je cueillais également les péchés de toute ma famille ! C’était il y a fort longtemps. En écoutant Garnier Malet, je n’étais pas loin du compte, à la différence près que les pensées qui nous entourent sont les miennes, celles de ma famille, celles de notre société, celles de notre cycle temporel.

De façon plus précise, lorsqu’on change son mode de pensée, on ne peut plus en vouloir à celui qui réagit d’une façon, disons, contraire à notre humeur ou à nos désirs. Tout notre mode de fonctionnement prend une autre couleur, pour utiliser une métaphore.

Liens vers :

Serge Alzérat et son restaurant L’Opportun, suite, rencontre 13.2

Début du déconfinement. La France vient d’ouvrir ses frontières et je saisis l’occasion pour aller à Paris suivre un cours du physicien Garnier Malet et pour faire un saut chez Serge Alzérat. Je me demande comment il va dans cette période. Il fait au mieux et s’adapte comme tout un chacun, répond-il de son air toujours tranquille.

Je me dis que je vais manger chez lui. Lorsque je suis en voyage, je mange plutôt peu, j’achète des choses dans la rue et me nourris de tout de que je vois et entends. Mais, cette fois-ci, je tiens à marquer le passage chez Serge Alzérat et j’ai la chance que le restaurant ne soit pas plein. Avec l’histoire du confinement, les affaires reprennent plutôt lentement, les gens ne savent plus tout à fait où ils en sont. C’est ma chance ! Quand même, le restaurant est quasi plein et une bonne ambiance règne. Je profite pour reprendre une photo du seigneur des lieux.

En attendant de passer commande, je fais le tour de la salle et fais des photos des différents diplômes, photos, autographes qui ornent ses murs. C’est un pan de l’Histoire qui y figure. Les clients sont tous très aimables et se déplacent volontiers pour que je prenne mes clichés. J’ai, bien sûr, demandé la permission de faire des photos. Je n’aime pas les gens qui prennent des photos chez moi sans rien demander et donc ne procède pas ainsi avec autrui.

On le voit, les viandes, les vins, Serge Alzérat est bien paré ! Ces diplômes, émanant de confréries investissent Serge Alzérat d’une auréole d’un savoir profond. Les confréries, on le sait, choisissent ses adeptes, ont des exigences bien particulières et celui qui en est membre est un représentant digne.

Ma commande est arrivée !

Je ne bois malheureusement pas de vin au repas. J’ai commandé une eau chaude avec du citron et j’ai eu la jolie surprise de voir arriver une théière de la maison Richard. Quant à mon repas, ce sont des ravioles. J’ai demandé à Serge Alzérat si c’étaient des raviolis et il m’a aimablement précisé que c’étaient des ravioles, un plat du Dauphiné !

L’Opportun est un bouchon lyonnais ! J’ai fait une pause après ces délicieuses ravioles où le goût du fromage était bien prononcé et ai continué à prendre des photos. Je me suis immiscée dans la conversation de mes des voisins de table, un couple tout à fait charmant. Ils savaient que le restaurant proposait une cuisine lyonnaise, mais le serveur a précisé que « L’Opportun » était un vrai bouchon lyonnais. J’ai voulu en savoir plus. Il nous a expliqué que Lyon avait joué un grand rôle dans la cuisine française et que sous l’Ancien régime, dans les auberges où les diligences s’arrêtaient pour le repas ou la nuit, on prenait soin des chevaux en les frictionnant avec un bouchon, une poignée, de paille ! Le sens du mot a glissé et s’est vu assimilé à l’auberge, à un restaurant. Aujourd’hui, il désigne les restaurants qui servent la vraie cuisine lyonnaise.

L’Opportun. On le sait, une chose en entraîne une autre. Je suis allée demander à Serge Alzérat l’origine du nom du restaurant. Il m’a expliqué qu’il cherchait une bonne affaire et que le local était arrivé à un moment opportun. Voilà !

Je reprends mon appareil photo et voici les résultats :

Les photos parlent d’elles-mêmes !

Je passe commande du dessert, une simple glace vanille – caramel et voici la photo :

De très bonnes glaces avec des gavottes de Bretagne. Je connaissais la danse « la gavotte » mais pas les délicates crêpes qui m’ont été servies avec ma glace !

Jacques Chirac. J’ai un faible pour ce président. On ne peut pas toujours expliquer ses penchants, mais Jacques Chirac m’a toujours plu, sa façon d’être, sa façon de parler. J’ai bien sûr lu le livre « Jaques et Jacqueline » et j’ai le plaisir de voir deux photos de lui au restaurant ! En voici une :

Je suis plus que comblée et m’apprête à payer l’addition, mais Serge Alzérat me dit que je suis invitée ! Je suis très touchée, car je voulais faire un geste en cette période de reprise économique et par son attitude il me fait comprendre qu’il reste confiant. C’est magnifique par ces temps où tellement de gens ont peur. Son élégance me va droit au coeur et je ne peux que lui souhaiter le meilleur chemin qui soit !

La Goulue. Je viens de voir l’émission de « Sous les jupons de l’Histoire » dédiée à cette magnifique femme et danseuse que fut La Goulue et viens d’apprendre que c’est Jacques Chirac qui a fait déménager les restes de cette personnalité du cimetière de Pantin à celui de Montmartre. Le faible que j’ai pour Jacques Chirac… que dire… de plus c’est Serge Alzérat qui sert d’intermédiaire… J’aime ce genre de choses !

Lien vers : Serge Alzérat et « Sous les jupons de l’Histoire », rencontre particulière 13.

Réparations et rangement = mettre de l’ordre en soi.3

Un jour, je suivais un cours sur le fonctionnement du cerveau et on parle de la mémoire. Ma mémoire s’allume et ni une ni deux, j’annonce que j’ai mis un oeuf à cuire pour mes oiseaux et que je n’ai pas éteint la cuisinière ! Je cours chez moi et, heureusement, mon ami, André Oppel, était allé nourrir les oiseaux et enlevé la casserole du feu. Il y avait plein de fumée dans la cuisine. La casserole était brûlée et l’oeuf aussi. Je remercie mon ami, je rends grâce au ciel, j’enlève l’oeuf, le pose sur le plan de travail et mets la casserole avec de l’eau dans l’évier. Je retourne à mon cours.

De retour de mon cours, je vois l’oeuf, l’enlève pour le mettre dans les déchets et vois un trou sur le plan de travail. Jusque là, j’avais toujours cru que c’était du marbre ; or, s’il y a de la pierre, elle est recouverte d’une sorte de plastique qui donne une très belle illusion. Ah, les illusions de la vie… c’est pareil !

J’avais cherché des solutions, mais on me disait toujours qu’il fallait remplacer toute la pièce et cela chiffrait… Un jour, je rencontre une dame qui travaillait dans l’un de nos supermarchés nationaux, la Migros, justement dans le secteur des réparations ou du « Do it yourself ». Elle est venue chez moi et nous avons procédé à une réparation. Mais, j’y étais allée un peu vite et on sentait la différence de surface quand on passait la main dessus. Ce qui fait que j’ai poncé et… la santé de la dame a décliné, son envie aussi et j’ai laissé la chose en l’état pendant des années. Avec quand même une voix qui me disait que c’était une partie de moi et qu’il fallait que…

Hier, en cherchant un cadeau pour une petite fille, j’ai vu des produits qui pouvaient m’aider à réparer la chose.

J’ai poncé et mis du mastic.

J’ai ensuite mis des couleurs acryliques et cela a donné :

Celle de gauche est prise de plus loin que la seconde.
Je n’avais pas l’intention de montrer l’endroit… C’est tout à fait à droite vers le milieu. Mais, si on ne sait pas, on ne voit rien !

Alors, quel rapport avec mon moi ? Je ne sais pas exactement, ce que je sais c’est que j’ai mis des années à faire cette réparation. Je comptais toujours sur la dame que je mentionne plus haut et finalement je me suis dit que j’y arriverais toute seule. Quelques fois on se dit qu’on a besoin d’un appui et finalement ce n’est pas le cas. Dans la vie, c’est la même chose. Parfois on cherche une réponse, on se dit qu’un tel ou un tel devrait être là pour l’apporter et tout à coup elle est là. Ce qui est sûr c’est que je ne peux pas faire une chose si quelque chose en moi que je n’arrive pas à définir n’est pas prêt. C’est comme si je devais être prête à différents degrés, la volonté ou le désir tout seuls ne suffisent pas. Il en va de même dans tout ce que je fais. Il n’y a pas de recette, c’est un tout.

Ce que j’essaie de ne pas oublier à chaque fois que je fais un rangement, une réparation, une danse, une révision de texte, un maquillage, une couture, c’est que c’est grâce au travail en amont d’un tas de gens que je peux trouver une solution. On n’est rien sans l’Histoire.

Liens vers :

Le commerce au centre-ville.3 et la droguerie Schneitter à Neuchâtel

Rangements et réparations. Je le dis dans un article où je parle de rangements, ces rangements qu’on fait chez soi et qui impliquent des réparations, je dis que les réparations qu’on fait ont une résonance avec notre vie. De façon générale, j’aime réparer les choses qui se dégradent parce que le temps passe ou parce que c’est moi-même qui malheureusement le fais, et quand je répare, j’aime trouver des solutions pour que mes choses aient une plus jolie apparence.

Ma chronique sur le commerce au centre-ville. Je ne pensais pas tenir une chronique sur le sujet. J’ai cru qu’après le premier article, je n’aurais plus rien à dire. Mais voilà, le paysage commercial continue à changer et cette fois-ci, c’est M. Schneitter qui est parti au ciel le 6 mars de cette année et avec lui plein d’astuces, plein de conseils, plein de savoir.

La première droguerie Schneitter. Elle avait ses quartiers à la rue des Épancheurs, en face de chez l’ancien opticien Luther, un autre commerçant que j’ai bien aimé. C’est le grand-père de M. Schneitter qui l’a fondée et son fils qui l’a reprise. Le bâtiment n’est plus reconnaissable aujourd’hui. Dans les années 1970, la banque UBS désirant s’agrandir, le père de M. Schneitter est allé s’installer dans le bâtiment que l’on connaît aujourd’hui. Cela fait qu’actuellement nous en sommes à la quatrième génération de droguistes Schneitter. Voici leur photo ainsi que leur enseigne :

C’est formidable d’avoir une lignée de passionnés de droguerie dans une famille. L’héritière, si l’on peut dire, Laurence, est aussi une personne qui aime son métier et qui ne demande qu’à rendre service.

M. Schneitter. M. Schneitter était un homme curieux, il avait un humour que je n’ai bien souvent pas compris, mais j’ai apprécié son aide, toujours désintéressée, pour que je puisse faire mes réparations au mieux. C’est ainsi que ma maison est pleine de ses conseils, toujours pertinents ; il pensait à tout. Il était un homme pratique.

Exemples. J’avais une barre sur laquelle je suspends des habits de l’Opéra de Bucarest. C’est une façon de les exposer. J’ai ensuite ajouté d’autres costumes faits par moi et la barre, accrochée par mes soins, n’a pas tenu. J’ai refait un trou dans le mur, encore un autre, mais le mur est très mince et il n’y avait rien à faire. Je suis allée chez M. Schneitter, lui ai exposé la situation et dit que j’avais le cadre d’une porte où je pouvais planter des clous. Je ne sais plus comment on s’est compris, mais je me suis retrouvée avec une solution des plus élégantes !

De près, on voit une ficelle accrochée à un crochet discret. Il y en a une à chaque bout, mais le regard des visiteurs n’est pas aussi inquisiteur et on ne les remarque pas vraiment. Ces deux ficelles n’étaient pas suffisantes. C’est ici que M. Schneitter m’a été d’une précieuse aide : il m’a suggéré d’utiliser du fil de canne à pêche. J’en ai mis à trois endroits. C’est quasiment invisible et très efficace.

Le rôle d’hier du commerçant en ville à celui d’aujourd’hui. Autrefois, le commerce du centre-ville était aux mains de commerçants locaux, de personnes qui étaient impliquées dans la vie de la ville, et il y avait bien des façons de participer : comités de commerçants, associations, partis politiques. Ces personnages étaient souvent interrogés par les journaux sur des sujets qui touchaient à la ville et leur avis comptait même s’ils ne faisaient pas partie du Conseil général. C’étaient des poids lourds. Avec le temps, ils disparaissent. Les commerces locaux sont remplacés par des enseignes internationales, vidées du substrat local.

M. Schneitter faisait partie de ces poids lourds. Il disait ce qu’il avait à dire, sans fioritures et il aimait son métier. Mais, si ces commerçants aimaient faire le commerce, ils adoptaient, pour la plupart, la philosophie de M. Vautravers, autre commerçant dont je parle ici  (lien) à savoir « je ne suis pas là uniquement pour vendre », je vous rends service et vous me rendez service. C’est cela qui me fait faire des efforts et acheter chez eux plutôt que dans les magasins qui vendent meilleur marché et pas toujours avec les conseils adéquats. Le commerce de détail et local a un rôle et il appartient aux acteurs de la ville de jouer le leur. Ils connaissent leurs clients, leurs habitudes, savent quoi leur proposer et ne se basent pas uniquement sur des chiffres issus de logiciels faits par des technocrates.

Du plaisir avec les commerçants. J’aime aussi les commerçants qui ont leurs racines en ville. C’est peut-être moi qui ai besoin de ces racines, mais ces commerçants connaissent leur ville, ses atouts, son histoire, ses affaires, et on peut passer ensemble un moment à discuter de choses et d’autres comme si on était en famille. C’est comme cela que je me suis procuré la photo de famille des Schneitter. Laurence, la fille et successeur de M. Schneitter m’a dit que je pouvais faire une capture d’écran sur leur compte de Facebook pour mon article.

Politiques commerciales. Je me rappellequ’il y avait une sorte de chocolats que j’achetais habituellement dans un kiosque. Un jour, ne le voyant pas, je demande à la vendeuse ce qu’il en est et elle m’a répondu que « Zurich », soit la maison mère, l’avait supprimé de l’assortiment car il ne se vendait pas en Suisse allemande ! Les agences de voyage CFF (voir lien) ont aussi fermé parce que certaines agences en Suisse allemande ne faisaient pas le chiffre d’affaires, alors que, renseignements pris, Neuchâtel, Yverdon, Lausanne et Genève s’en sortaient très bien ! C’est un phénomène des plus intéressants, car souvent on entend dire qu’il faut suivre les habitudes des consommateurs, c’est un peu l’histoire de l’œuf et de la poule. Mais, la technologie doit être au service de l’homme et pas le contraire !

Pour en revenir au rôle des clients locaux. Tous les bons commerçants que j’ai approchés, et pas seulement à Neuchâtel, m’ont dit que depuis bien longtemps bien des clients vont chez eux pour se renseigner et ensuite vont dans les grands magasins pour acheter moins cher. L’ancienne mercière, Ingrid Gueniat, m’a aussi dit la même chose, les employés de l’ancienne agence de voyages CFF aussi : des personnes ayant des moyens, comme on dit, allaient se renseigner sur les endroits où il y avait des offres spéciales et ensuite allaient acheter les billets et réserver les hôtels sur Internet . Je crois qu’il n’y a pas besoin de faire des commentaires.

Je ne vais pas vous ennuyer avec tout ce que j’ai réparé grâce aux conseils de M. Schneitter, mais il m’a fait des mélanges de peinture pour la table sur laquelle je mange, les chevalets et la planche que j’utilise pour mes maquillages fantaisie et des chaises. Il m’a dit comment utiliser l’alcool ISO 99 % pour nettoyer mes CD, mes vitres et toute sorte de choses, c’est aussi chez lui que je me suis fournie en colophane pour mes chaussons de danse, c’est dire si M. Schneitter est présent à travers tout cela. Puis, une chose en entraînant une autre, les idées de M. Schneitter qui se sont bien implantées dans mon cerveau, pour ainsi dire, ont permis que d’autres idées qui passaient par là s’y accrochent pour trouver encore d’autres solutions pour d’autres problèmes.

Mon goût pour les réparations et modifications. On ne sait pas toujours d’où les idées viennent, mais mon père m’a fait ma première coiffeuse, il construisait des choses à la maison, mon grand-père maternel aussi. Plus tard, lorsque j’étais à l’école de Chorégraphie de Bucarest, j’aidais un professeur en pharmacie à mettre des échantillons dans des enveloppes et on est arrivé au bout de ces dernières. Cela a été l’une de mes grandes leçons de vie : trouver des solutions quand apparemment il n’y en a pas. Et il en va ainsi dans tous les domaines de ma vie.

Un dernier regret. Il est vrai que M. Schneitter marchait avec difficulté et c’est une symbolique que je vois souvent indiquant que le chemin sur Terre est près de finir. Mais, désirant le stimuler à ma façon, je lui ai proposé, quelques mois avant son départ, qu’on organise des cours sur la façon d’utiliser tel ou tel produit, sur les astuces auxquelles on pouvait penser. On aurait pu faire des cours pour les enfants et pour les adultes. J’avais pensé en faire en tout cas un par saison et on aurait vu pour la suite. Il avait été enthousiasmé. J’avais proposé soit de donner les cours soit dans mon studio de danse, soit dans son laboratoire, soit encore les faire et les mettre en ligne. Il avait pensé à deux ou trois sujets qu’il a mis sur le papier mais c’est parti en l’air. Je le regrette vivement parce que cela lui aurait permis de transmettre son savoir et pour moi l’occasion d’apprendre un tas de choses !

Merci. On ne peut pas finir sur une note de déception ! Le plus important est que j’aie appris des tas de choses, que je sache réparer bien des affaires et que j’ai eu plein de gens qui m’ont inspirée. Alors, merci à eux tous !

C’est bien connu, la vie continue. En cette période si curieuse de confinement, je fais les courses pour des amis. Le monsieur a été le comptable de l’entreprise horlogère neuchâteloise Froidevaux. Il m’a chargée de lui trouver une ampoule de remplacement pour sa lampe de poche. Je me dis que c’est tout simple, j’en ai déjà acheté. Je passe à la Migros où une aimable vendeuse m’informe que cela fait trois ans que l’article a été supprimé. Elle me suggère d’aller « chez Schneitter ». Devant faire quelque chose chez Interdiscount, je vais d’abord chez eux. Je pose quand même la question et la réponse a été identique ! Je vais donc « chez Schneitter ». Le jeune homme qui s’occupe de moi me dit qu’il a l’ampoule, mais que non, cela ne va pas marcher, car il manque une petite pièce qui cloisonne l’ampoule. Je téléphone au propriétaire de la lampe mais il n’a plus l’ampoule et me dit d’acheter une autre lampe.

Je regarde la lampe à laquelle le monsieur a mis de nouvelles piles et demande au jeune homme s’il n’a pas une combine et il me dit que justement il était en train d’y réfléchir. Il va chercher une ampoule, entoure le culot d’un élastique, l’insère dans la lampe, pousse l’interrupteur et « la lumière fut » une nouvelle fois ! Quel soulagement. Je suis bien « chez Schneitter », celui qui a les solutions et combines pour un tas de choses. Comme je le disais « la vie continue » !

Liens vers: