Fête d’automne d’Hauterive 2026

Cette fête a lieu tous les deux ans et je suis sur la liste d’appel !

Je ne peux que répondra avec joie : présente !

Réseau social. Je disais dans l’article précédent que cette fête est l’incarnation d’un réseau social. Tout ce qui a trait à des échanges dans une société est, en principe, un réseau social ; encore faut-il que les échanges comprennent tout le monde. C’est le cas dans cette fête. Les parents, les grands-parents, les enfants. les petits-enfants, les oncles, les tantes, les amis sont réunis ou se rendent service et cela grâce à ceux qui organisent cet événement. Cette fois j’y ai rencontré des parents, d’anciennes élèves et même le frère d’une ancienne élève. Cela m’a fait revivre des périodes passées dans un temps présent. Fascinant.

Voici mon emplacement.

L’Union des Sociétés locales d’Hauterive (USLH). C’est le nom complet de la société qui m’invite à faire des maquillages. Comme j’aime les mots et que j’aime le français, je ne peux que répéter que j’aime ce nom, bien français, sans anglicisme. C’est, une nouvelle fois, Sylvain Villars, membre du comité, qui a repris le contact, qui m’a accueillie à l’arrivée du bus et qui m’a aidée à m’installer. Sa femme a aussi été de la partie en me préparant un arrosoir plein d’eau pour que je puisse avoir de l’eau propre en suffisance.

Maquillages. J’étais en train de m’installer et une fillette et sa maman se sont approchées, un peu, pas trop, puis à nouveau. J’ai dit qu’en cinq minutes, je serais prête ; alors, elles se sont installées. La vraie vie pouvait commencer.

Les photos. Quand je suis en plein travail et que des personnes attendent, je ne pense pas à faire des photos. Je m’aperçois que je n’ai pas de garçon, hormis le monsieur de la fin. Mais, je peux vous raconter qu’il en est un qui m’a marquée. Je finissais le maquillage et tout à coup, je me suis dit que j’allais le compléter en lui mettant de la peinture sur les cheveux.

Moi, une coquine ? Je crois bien que personne ne m’avait jamais traitée de la sorte jusqu’ici. Mais, l’enfant avait un tel sourire, une telle tendresse qui disait qu’il savait bien que c’était bien moi qui l’avait penturé, que j’ai trouvé la chose vraiment jolie. C’est comme si du soleil entrait dans mon âme.Je ne pourrai pas l’oublier. Alors, ce verbe… l’Académie dit qu’on préférera peindre, toutefois, le verbe existe et il date du xiie siècle ! Ce garçon sait choisir ses mots, je ne peinture pas n’importe qui !

Les commentaires ou attitudes des enfants. Je suis toujours fascinée par ce que les cerveaux d’enfants si jeunes peuvent avoir comme idées. Quand ils me disent : « Je veux ceci ou cela ou telle couleur », je réponds : « Je ne sais pas ce que je vais faire et on va voir. Si jamais le maquillage ne te plaît pas, on pourra l’enlever facilement puisque c’est à l’eau et que j’en ai ». Je n’ai pas eu besoin d’en enlever.

J’aime aussi les yeux qui brillent lorsque ces jeunes personnes se regardent dans le miroir. Certaines regardent et une fois qu’elles ont vu, elles partent tout de suite. Le maquillage a été identifié, accepté et tout se passe en quelques secondes. Cette fois, l’une d’entre elles a passé bien deux minutes à regarder le maquillage dans le miroir et je sentais qu’elle se disait : « Je suis ce maquillage, ce maquillage est moi ; les couleurs sont nettes, les traits sont bien faits, tout cela est moi ». Je lui ai alors dit que si elle le regardait dans le miroir, fermait ensuite les yeux, elle pourrait le voir dans sa tête et qu’il serait toujours là. La fillette s’y est reprise à deux fois avant d’avoir l’image en elle. C’est un succès.

Une grand-maman. Elle arrive chez moi et me dit qu’elle doit se plier aux ordres de sa petite-fille, quatre ans, qui s’est fait maquiller par moi. La fillette lui a dit qu’il fallait qu’elle ait aussi un maquillage. Je me suis pliée aux ordres de la fillette. La dame est repassée pour me dire que les gens avaient trouvé que le maquillage était très bien fait. Ouf !

Une jeune maman à gauche : elle aurait voulu que je fasse un maquillage à sa très jeune enfant. Mais, je ne peux faire de maquillage qu’aux personnes qui décident, qui s’expriment, pour ainsi dire. J’ai vu passer cette maman deux ou trois fois devant mon stand. Finalement, elle s’est approchée et m’a demandé si elle pouvait se faire maquiller. Je lui ai dit que le maquillage était pour les enfants, mais comme je n’avais personne et que sa fille était trop jeune, je pouvais lui en faire un.

Une dame à droite. Elle passait, m’a regardée et je lui ai proposé de lui faire quelque chose. Elle a d’abord dit non, mais quand je lui ai dit que je pouvais lui faire le maquillage sur le décolleté, elle a accepté et est repartie toute contente. J’ai fait un montage pour mieux voir le maquillage.

Ma plaisanterie préférée. Certaines mamans me demandent avec quoi on peut enlever le maquillage. Il m’arrive de répondre : « Avec du pétrole d’Iran cueilli à 3 h de l’après-midi ». Une fois le message décodé, elles me regardent et je finis par dire que c’est avec de l’eau et du savon. Cette fois, il y a une maman qui tardait à réagir et je lui ai dit : « Celui de 15 h 30, va aussi ». Là, elle a répondu tout de suite qu’elle en avait de 16 h. J’ai répliqué que cela devrait quand même aller ! On a bien rigolé.

Un monsieur. J’ai vu ce monsieur faire diverses choses dans le hangar du restaurant et je lui ai proposé de lui faire un maquillage sur le bras. Je ne sais plus ce qu’il a dit, mais finalement, il a été d’accord pour que je le fasse à l’intérieur du bras. J’ai accepté. Lorsque j’étais en train de faire le maquillage, un de ses copains est passé et il a dit que je l’avais piégé. Je me demande si ce n’est pas son bras qui m’a piégée…

Je n’ai pas eu le temps de lui faire le commentaire du maquillage. Il faudra attendre la prochaine fête dans… deux ans…

Le réseau social de la fête. On dit que lorsqu’on part de l’autre côté du miroir, on voit sa vie défiler. C’est un peu ce qu’il m’est arrivé cette fois à la fête : à ma grande surprise plusieurs mamans d’anciennes élèves de danse se trouvaient à la fête. Elles sont venues me dire bonjour et me raconter ce que leurs enfants étaient devenues, ce que la vie leur avait réservé. L’une d’entre elles enseigne à Hauterive, une autre y habite et ses enfants vont à l’école. Comme l’enfant défilait, il y avait sa tante, qui était venue à un cours de callanetics, la fille de cette tante, soit sa cousine germaine, qui avait aussi été mon élève et le père que je connais aussi. Au retour, à l’arrêt du bus, j’ai rencontré une autre maman qui habite à Hauterive et qui m’a raconté également la vie de la famille. De plus, comme je le dis plus haut, l’un des membres du comité est le frère d’une ancienne élève aussi. Voilà ce qui arrive quand on est dans un réseau social, un vrai. C’est quand même troublant.

Se faciliter la vie ou la notion japonaise de kai zen. Chaque langue a ses charmes et ses façons de dire les choses. Les Japonais, par les idéogrammes kai zen veulent dire amélioration constante. Ils ont compris que la vie est mouvement et qu’il y a moyen d’apporter une touche à la chose ou de la revisiter afin de mieux faire. C’est ce qui s’applique à mon cas : j’ai trouvé des solutions pour mieux transporter mes affaires.

Le transport de mes affaires. Autrefois, lorsque je me déplaçais, c’était feu mon ami, André Oppel, qui me transportait dans sa jaguar… Maintenant, je me dois de trouver des combines afin de me faciliter la vie. Je me suis procurée il y a une année un diable. Maintenant que j’écris l’article, je me demande si l’Académie française l’a inclus. Eh oui ! Elle dit : « Par analogie […]  Chariot bas, à deux roues et muni de bras, servant au transport des charges dans les entrepôts, les gares, les aéroports, etc.  » L’Académie a mis etc. mais elle sait bien que c’est pour dire : Zully s’en sert pour transporter son matériel de maquillage !

Remerciements. Je ne cesse, ces temps-ci, de me dire qu’il y a plein de gens qui ont fait des choses qui facilitent ma vie. Alors, M. Diable, a-t-il existé à l’instar de M. Diesel ? Hélas non. Son ancêtre est la charrette et peu à peu il y a eu des modifications. N’empêche, ce diable me rend de diables de services parce que je ne pourrais porter à la main le poids que je lui inflige.

Un sac qui contient le reste de mes affaires. Autrefois, j’avais recours à un sac Ikea ; je me suis résolue à faire un sac avec une poche intérieure. Je l’ai fait la veille de la fête. C’est là que l’inspiration, en gestation depuis des mois, est venue.

Le sac mesure 50 cm X 60 cm et le ruban 97 cm de longueur.

La réalité dépasse l’image, si je puis dire. J’ai trouvé le tissu idéal à Paris. Je l’ai décoré avec des rubans achetés folkloriques à Bucarest et le tour a été joué.

Contenu du sac : je peux mettre deux ou trois tableaux légers avec les photos de mes maquillages ainsi que le plastique vert qu’on voit dans la photo de droite. Il sert à protéger la table de travail de tout accident pictural. Je mets également les écriteaux que je colle par-ci, par-là dans la rue pour indiquer ma présence.

Poche intérieure. J’ai fait une grande poche qui contient le reste : petits écriteaux, factures lorsque je suis invitée, de la réclame pour mes maquillages ou pour divers spectacles que je présente ainsi que mes cartes de visite.

Effets secondaires. Vous voyez, cette fête a toute sorte d’effets secondaires très constructifs. Je ne peux que remercier le ciel d’avoir favorisé la composition du comité avec des personnes si soucieuses des autres. Tout seul, on ne peut pas faire grand-chose !

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repair&shop ou réparation miracle du téléphone portable !

Après les mésaventures de mon ancien téléphone, c’est au tour de celui qui l’a remplacé de passer par une mésaventure mais qui, elle, a fini comme dans les contes : avec une fin heureuse et ce, grâce au commerce au centre-ville !

Mon téléphone est un Samsung A-21s. Il lui est arrivé de tomber, mais sans égratignure, pour ainsi dire. Cette fois, je rends visite à un monsieur qui m’a donné deux articles qu’il a écrits et qui iront sur ma plate-forme. Au retour vers la maison, je m’arrête dans un parc pour prendre des fleurs pour mes oiseaux. À un moment donné, je sens que le sac Ikea que je porte à l’épaule glisse sur le bras et va au sol. J’entends un son et me dis que mon téléphone a subi un choc, mais il a une coque et je ne m’inquiète pas.

De retour à la maison. Je sors le téléphone et l’allume. Bizarre : l’écran s’allume et s’éteint sans arrêt, je n’arrive pas à faire marcher les touches pour redémarrer ou l’éteindre… Je l’éteins et l’allume à nouveau… l’écran est dans le même état. Je me dirige vers une personne qui connaît bien les téléphones portables, mais elle me dit que je dois aller vers un réparateur et me donne une adresse. Mince, le réparateur est en vacances. Je vais vers une filiale de mon serveur qui me dit la même chose et me donne une autre adresse. Là, le réparateur me dit, tout comme la vendeuse précédente, que j’ai un modèle ancien et que le coût d’un nouvel écran me coûterait presque autant que d’acheter un nouveau téléphone. De plus, la commande d’un écran demande dix jours. Je n’arrive pas à m’imaginer dix jours sans téléphone. Je ne sais comment j’ai pu vivre auparavant pendant des années sans un appareil semblable. Je demande un temps de réflexion et pars en ayant la sensation que vendeur m’avait fait sentir qu’il avait perdu son temps avec moi. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi il m’arrive une telle chose avec mon téléphone et me dis qu’il doit y avoir un miracle.

repair-shop. Une autre personne sollicitée me tient le même discours et finalement j’arrive au magasin de la rue des Chavannes. Florian, le technicien, me dit la même chose. Finalement, je dis que les anciens vont très bien et pour l’usage que j’en ai, je n’ai pas besoin de mille et une applications ni d’une mémoire de je ne sais combien de gigahertz. Il me dit que sincèrement, cela ne vaut pas la peine de commander un écran. Je lui dis que je suis d’accord pour acheter un nouvel appareil et demande si je peux récupérer mes données. Là, la chose se complique, tout ce qui est dans WhatsApp est perdu – flûte ! et il faut voir ce que je peux récupérer dans Google : les contacts, des SMS. Mon moral tombe au plus bas et m’apprête à partir. Florian me dit de lui laisser mon téléphone inutile. Je me dis que je le veux avec moi, il le prend, fait une dernière manipulation : le téléphone s’éteint, il le rallume et : miracle ! Le miracle que j’attendais est arrivé.

Merci Florian ! Il aurait fallu prendre une photo de nos deux visages au moment où le téléphone a ressuscité. Je n’ai pas eu de mots pour remercier ce réparateur qui est le seul à avoir fait la dernière manipulation dont je parle, soit presser les trois boutons sur le côté en même temps pour tout arrêter. Je lui ai dit que j’allais lui faire de la réclame, que sa dernière opération sur mon téléphone prouvait qu’il était non seulement correct mais qu’il cherchait au maximum à faire ce qui était possible. Là, j’ai vu son âme sourire, je veux dire que c’était un sourire qui venait de l’intérieur.

Mais, mon téléphone a eu encore deux autres mésaventures :

  • je bois de l’argile et me suis décidée à le faire deux fois par jour : matin et soir. Afin de ne pas rater la prise du matin, j’ai préparé un verre la veille et l’ai mis à côté de mon matelas. Je ne sais quel mouvement j’ai fait et j’ai su que le verre s’était renversé. Comme j’avais un linge pas loin, je l’ai pris, j’ai séché et me suis rendormie sans avoir allumé la lampe de chevet. Le lendemain, j’ai vu mon téléphone… baigner dans l’eau argilée. Heureusement pour moi, le téléphone s’est dit que si l’argile était bonne pour moi, elle l’était aussi pour lui. Donc, plus de peur que de mal ;
  • j’achète deux barres de beurre, vais m’entraîner à mon studio pendant près de deux heures et au moment de partir, un ami que je n’avais vu depuis un moment, me téléphone pour me dire qu’il se trouve à Neuchâtel et qu’on pourrait se retrouver. On passe deux heures ensemble ; au début de la rencontre, j’ai bien pensé à mon beurre à quelques reprises, puis, la conversation a suivi son cours. Je lui ai raconté l’aventure de mon téléphone et quoi faire si jamais il lui arrivait pareille histoire ;
  • rentrée chez moi, je mets la main dans mon sac pour chercher le beurre… qui a fondu et je vois mon téléphone beurré ! Là encore, il s’est dit qu’un peu de graisse n’allait pas lui faire de mal.

J’ai vraiment de la chance et remercie les travailleurs de Samsung qui ont fait « mon » téléphone !

Graphie de l’enseigne. Cherchant sur la Toile le nom exact du magasin, je suis tombée sur trois versions… Je vais demander une explication au technicien.

Alors, les graphies : Repair & Shop, repairandshop et repair&shop… C’est vrai, la phonétique est la même pour les trois versions, néanmoins, j’imagine que la raison sociale de l’entreprise ne peut en avoir qu’une seule…

Liens vers des articles sur le commerce au centre-ville ou des personnalités de la ville :

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Une très belle fille

Il y a comme cela des personnes qui nous inspirent.

Une très belle fille. Je l’ai rencontrée dans un grand magasin. Cela faisait un moment qu’on cherchait… un moment pour faire des photos. Le temps propice est arrivé, à ma grande joie. Voici le résultat.

Il n’y a rien à ajouter, les photos parlent d’elles-mêmes.

Voici une première mosaïque avec une partie des photos.

L’autre mosaïque avec la première partie des photos.

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Passeport Vacances Neuchâtel – Réflexologie pour les enfants – Droguerie Schneitter

Un plus pour mon cours destiné aux enfants du Passeport Vacances de Neuchâtel.

La droguerie Schneitter. J’ai demandé à Laurence Schneitter, l’actuelle propriétaire de la droguerie, si elle serait d’accord d’expliquer aux enfants la différence entre une droguerie et une pharmacie. Elle leur a expliqué ceci : « Dans une droguerie, vous trouvez des produits naturels pour la santé, des cosmétiques ainsi que des articles pour le nettoyage. On trouve donc des tisanes, des teintures-mère (solution contenant une très forte concentration d’une plante qu’on peut utiliser en homéopathie ou phytothérapie), des huiles pour le corps, de l’argile et autres médicaments naturels ». J’ai ajouté que lorsque les deux quincailleries de Neuchâtel avaient fermé leurs portes, monsieur Schneitter avait ouvert un département de ce type dans sa droguerie. On y trouve toute sorte de vis, de clous et même du mastic et de la peinture pour faire ses réparations.

Quelle que soit la longueur de la brosse, on ne met que très peu de produit.

À un moment donné, Laurence a mentionné la pâte dentifrice et l’un des plus jeunes enfants du groupe a dit qu’il y avait des marques qui se vantaient d’être extraordinaires dans leur réclame, mais qu’en fait c’était de l’arnaque alors que d’autres marques ne coûtaient pas cher et étaient vraiment bonnes. Comme cet enfant montrait un intérêt manifeste pour les produits dentaires, Laurence a profité pour nous dire qu’une fois, une marque avait agrandi le diamètre du tube afin de vendre plus et avait réellement fait de gros profits. On s’est demandé comment cela avait été possible. Il n’est pas intéressant de savoir quelle est la maison qui a agi ainsi, mais les gens mettent en général de la pâte tout le long de la brosse et avec un trou plus grand, si en apparence la brosse avait la même longueur de produit… il y avait plus de pâte dentifrice… Ah, le monde des affaires ! Mais, grâce à cela on a appris qu’il ne faut pas en mettre beaucoup sur la brosse. Même moi qui n’en mets pas beaucoup, je vais pouvoir faire des économies. Vous le voyez sur l’image :

Il a aussi été question de ces produits qui sont supposés rendre les dents plus blanches mais qui en réalité rongent l’émail.

Les tisanes. Lorsque Laurence les a mentionnées, l’une des enfants a dit qu’elle connaissait le karkadé. Alors, j’ai acheté un sachet pour que les enfants goûtent. Comme dans mon atelier-salle de spectacle La Cave perdue, je n’ai pas de théière ni de passoire, Laurence nous en a prêté. C’est un service qui est un signe de confiance et qui en dit long sur la personne. Voici ce que cela a donné.

Infusion de karkadé. J’ai fait bouillir de l’eau, mis une bonne quantité (à mon avis) de karkadé dans la passoire (on ne la voit pas parce qu’elle est dans la théière) et versé le liquide dans de petits verres à thé. La couleur a été plus belle que le goût, j’aurais dû en mettre davantage, m’a dit Laurence. Mais, le liquide rouge est entré dans les cellules de notre corps qui a été bien content. En rendant les articles prêtés, Laurence m’a rappelé que le karkadé était plein d’antioxydants, qu’il faisait fonctionner les reins et qu’il renforçait le système immunitaire.

Maintenant, voici l’intérieur de ma salle : à gauche, la scène transformée en salle de massage et à droite la salle du public transformée en salle de cours.

Le cours : il s’est bien passé ; les enfants ont compris le principe de la réflexologie :

  • on a des points réflexes dans le corps et on peut pratiquer la réflexologie chez les autres et pour soi-même ;
  • lorsqu’un point fait mal, il règle quelque chose dans le corps ;
  • les reproductions des points diffèrent d’une source à l’autre et certaines sont fantaisistes. Il faut savoir choisir.

Au sujet des réflexes : ils sont aussi provoqués par ce qui nous entoure. C’est ainsi que l’un des ados a remarqué que mes chaises avaient des chaussettes. J’ai expliqué que c’était afin d’éviter le bruit. Le garçon a bougé la chaise et conclut que c’était vrai. Il n’y a rien de plus beau que d’être d’accord ! Un autre a vu un papier doré dans la salle d’eau et je lui ai expliqué que c’était une décoration. Il a alors fait le lien avec celui qui décorait le squelette qui se trouve sur la photo de droite. On ne voit pas ici, mais, je lui ai mis la même décoration pour orner son crâne.

Pourquoi venir à ce cours ? ai-je demandé aux enfants. La plupart ont répondu que c’était par intérêt. C’est vrai, je l’ai constaté en écoutant leurs questions et je leur ai proposé un schéma supplémentaire afin de satisfaire leur curiosité. C’est bien le première fois que cela m’arrive. Chose étonnante, l’une des filles était déjà venue au cours. C’est un sacré compliment pour moi.

Les branches que les enfants aiment à l’école. Cela m’intéresse toujours de savoir quelle est la branche que les enfants préfèrent à l’école. Je profite souvent pour leur dire un mot ou un autre d’encouragement. La branche qui les a unis, presque tous, a été la mathématique (depuis que j’ai rencontré le mathématicien Cédric Villani, je l’écris au singulier. Il dit bien qu’il y a la physique – divisée en physique des fluides, physique nucléaire, etc. Pourquoi en irait-il différemment avec l’étude des chiffres et leurs spécialités ?). L’un des ados a dit :

L’axolotl et la régénération. Cette fois, c’est moi qui apprends quelque chose et c’est magnifique. En faisant des recherches sur la Toile, je découvre qu’il y a cinq animaux qui ont cette capacité dont le cerf (il peut faire repousses ses cornes) et l’étole de mer qui peut faire repousser ses branches. J’aurais voulu mettre le lien du National geographic, mais les droits d’auteur sont assez compliqués. Tout ce que je peux dire encore est que cet animal mexicain, à la bouille rigolote, peut aussi faire repousser son coeur, des parties de son cerveau et de sa mâchoire inférieure. C’est passionnant. Ce n’est pas étonnant qu’il soit l’un des animaux préférés pour la recherche.

La symbolique. Dans tous les métiers, il faut des règles, des mesures, des étapes. La mathématique et la couture ne sons pas si éloignérs que cela. Je me sers souvent d’images dans mon enseignement et je vais garder cet exemple pour l’enrichir. J’espère que l’ado et les autres enfants qui connaissaient les propriétés de cet animal se sont enrichis pendant le cours autant que moi avec cette nouvelle donnée qui fait maintenant partie de moi.

Encore une chose : lorsque je suis retournée chez Laurence pour lui rendre ses affaires, j’ai vu, à l’entrée de son commerce, la table avec les deux chaises pour des clients qui seraient fatigués et une gamelle avec de l’eau pour le chien qui aurait soif. C’est tellement beau de penser à nos amis les animaux que je n’ai pu m’empêcher de faire une photo.

Merci à Laurence Schneitter – elle représente la quatrième génération propriétaire de la droguerie à Neuchâtel. En effet, c’est son arrière-grand-père qui a ouvert la première droguerie (article ici) à la rue des Épancheurs – pour les notions transmises et pour le temps accordé. Elle me fait me sentir dans le Neuchâtel d’autrefois où les commerçants étaient des Neuchâtelois et proches des clients.

Voilà le genre d’aventures que le Passeport Vacances propose aux enfants !

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Al-Khwarizmi, le mathématicien par qui la lettre X de nos chères équations est arrivée. Rencontre particulière 30 (en cours)

Je suis fascinée par ceux qui apportent quelque chose au monde. On utilise parfois ou souvent ou même tous les jours des choses que d’autres nous ont apportées et on n’y pense pas. Je reste persuadée que l’histoire est la branche la plus importante. Sans histoire on n’est rien. Le nombre de fois que j’ai utilisé les mots algèbre, équation, l’inconnue X… Voilà que je viens de faire connaissance avec celui qui est au centre, pour ainsi dire, du X.

En cours : oui, j’en suis à la graphie et à la prononciation correctes de son nom parce je vois et entends diverses versions. Dans la version officielle d’aujourd’hui, un W qu’on pourrait supprimer si on suivait la transcription russe : Аль-Хорезми. (Al-Khorezmi mais de prononciation Al-Kharizmi). Le russe est important parce que ce grand homme est né dans la ville de Khiva qui se trouve dans le Kharezm en Ouzbékistan et que c’est l’URSS qui a célébré son 1200e anniversaire par un timbre qui figure plus bas. J’ai demandé à un arabophone de m’écrire le nom en arabe (il a dit qu’en fait c’était Al-khawarizmi, soit Al-khaouarizmi) et de me donner la transcription phonétique ; je n’ai pas eu de suite. Mais, j’ai appris que selon la région où on parle l’arabe, les transcriptions et même les prononciations varient ; j’en touche encore un mot plus loin. Plusieurs choses sont pourtant sûres :

  • le seul auteur, parmi ceux que j’ai consultés, à dire que le mathématicien est né à Khiva est Georges Ifrah dans son magnifique livre Histoire universelle des chiffres. Cette ville se trouve dans la région de Kharezm, dans l’actuel Ouzbékistan ;
  • du fait qu’il procède de cette région, il y a, dans son nom al, qui veut dire celui qui vient de. À l’époque, il n’y avait pas les noms de famille. Cela implique que lorsque l’on commence une phrase en nommant le mathématicien, on devrait écrire Al-Kharizmi, mais si c’est à l’intérieur, on devrait écrire al-Kharizmi. De plus, il y a un i à la fin du nom, cela sert à dire qu’il est de la région de Kharezm. Au fond c’est un génétif ;
  • il est aussi certain qu’il s’est rendu à Bagdad, à la Maison de la sagesse, de la connaissance, du savoir et a travaillé en tant que traducteur et chercheur dans les domaines de la mathématique, de l’astronomie et de la géographie et à ce titre, il a étudié les documents babyloniens, indiens et grecs ;
  • en 825, il a écrit Traité de numérotation des Indiens ;
  • il est encore certain qu’il a écrit le Livre abrégé du calcul par la restauration et la comparaison ainsi que les Tables astronomiques en arabe et c’est un fait important. Malheureusement, les originaux ont été perdus.

En attendant, voici son portrait. Sachant que je m’intéresse réellement à lui, il a demandé à un Russe de m’envoyer son selfie timbré. C’est un timbre qui a été fait à son effigie en URSS, 1983, à l’occasion de son 1200e anniversaire !

Du temps ; il m’en fallu pour faire cette photo que je trouve réussie, mais le résultat efface les difficultés. Le fond bleu roi lui sied mieux que le bleu nuit que j’avais auparavant. Cet article me met en effervescence ! Savoir que cet homme a été mathématicien, astronome, géographe et qu’aujourd’hui encore on utilise des notions qu’il a transmises, constatées ou créées me fascine. Je suis aussi fascinée par la notion du temps et al-Khwarizmi traverse le temps !

Le temps ou la quatrième dimension de notre espace. C’est Albert Einstein qui a démontré que le temps, de même que la largeur, la longueur et la hauteur, était une dimension de notre espace. Au début, j’avais voulu mettre un seul selfie-timbré, mais je n’ai pas eu le coeur de séparer ces timbres unis depuis si longtemps. Finalement, j’ai bien fait parce que je peux faire un lien avec les quatre dimensions et ainsi il y a un selfie-timbré pour chacune d’elles !

Mohammad Ibn Musa al-Kharizmi. C’est son nom au complet. Il faut savoir qu’à l’époque il n’y avait pas de nom de famille et que l’on était désigné par des particularités en plus du prénom qui, lui, existait. Sa caractéristique était qu’il venait de la région de Kharizm. Si en français on peut avoir des prononciations différentes pour un même mot, avec la même graphie, selon la provenance nationale ou régionale d’une personne, en arabe, de même qu’en hébreu, la chose est plus compliquée parce que les voyelles courtes ne s’écrivent pas et que selon les endroits la prononciation change.

Effet des voyelles courtes. Comme elles ne s’écrivent pas, contrairement aux longues, et qu’elles dépendent de la région et de prononciation qu’on leur donne, on peut rencontrer : al-Khwārizmī, al-Khawārizmī, al-Khowārizmī, al-Khuwārizmī, al-Khwārezmī, al-Khawārezmī, al-Khowārezmī et al-Khuwārezmī, selon que l’on écrive ou pas le a et le premier u court. Même si la communauté internationale a choisi al-Khwarizmi et que les nombreuses variantes citées ont toutes un w, je garde la russe qui me paraît plus logique : région d’où il vient n’a pas de w, c’est le Khorezm.

Pourquoi j’insiste : simplement parce que j’aime savoir et que si jamais je le rencontrais de l’autre côté, je ne voudrais pas estropier son nom. La chose aurait été réglée si ses écrits avaient été conservés. Hélas, trois fois hélas, ils ont été perdus. Il reste des copies.

Autre question : écrit-on al-Kharizm ou al Kharizm ? Exite-t-il un trait d’union en arabe ?

Avant d’aller plus en profondeur, c’est lui qui est à l’origine de l’algèbre et des logarithmes. Quant à la lettre X, elle fait tout un voyage qui commence avec Diophante d’Alexandrie (ah, voilà un autre personnage caractérisé par son lieu de naissance ou « nisba » comme on dit en arabe), continue avec al-Kharizmi, s’accommode des Espagnols avec une transcription, observe François Viète qui met des lettres dans les équations et finit par prendre son dernier costume avec Descartes.

Histoire plus complète de la lettre X :

  • tout au début, dans notre histoire, on a le mathématicien Diophante d’Alexandrie qui a pensé à une inconnue et qu’il a nommé Arithmos, le nombre, ou plutôt « le nombre qui renferme une quantité indéfinie d’unités […] et son signe est une fusion des deux premières lettres du mot en grec, soit de α et ρ qui ont donné :

ζ

  • c’est de ce mot arithmos que vient arithmétique. Cela se passe vers le IIIe siècle après J.-C. ;
  • arrive al-Khwarizmi (780 – 850) qui parle, en mathématique, de șay (chaï), la chose, celle qu’on cherche, l’inconnue, inconnue qui deviendra X bien plus tard. Rappelons que pendant des siècles, les écrits mathématiques s’écrivaient en toutes lettres. On est au IXe siècle ;
  • au XIIe siècle, le mathématicien et arabophone anglais, Robert Chesner, traduisit le texte de al-Khwarizmi Al-jabr w’al-muqabalah en latin. Cela s’est passé à Ségovie en 1145 ; son titre latin est Liber algebrae et almucabala ;
  • pour nommer l’inconnue cernée par al-Kharizmi, la langue espagnole ne possédant pas le son ch du mot șay (chaï), il a été transcrit en xai. C’est le son qui s’est répandu en Europe ;
  • au XVIe siècle, le mathématicien François Viète utilise comme paramètres d’une équation des lettres. Cela a pour effet que les problèmes sont écrits d’une façon plus concise et compréhensible pour tout le monde, mais on a encore le mot xay pour le X ;
  • c’est finalement au XVIIe siècle que Descartes va simplifier xay en X tout court. Il écrira son livre La Géométire, 1637. On y trouvera les coordonnes, X et Y, les fameuses coordonnées cartésiennes. Il a établi un lien entre la géométrie et l’algèbre. Jusqu’à lui, on avait la géométrie euclidienne, soit la relation entre les formes (propriétés des triangles, des cercles). Descartes propose de construire un monde où la géométrie et l’algèbre se rencontrent : on aura les plans à deux dimensions, donc avec deux axes, X et Y – l’une est horizontale et l’autre verticale – soient celle des abscisses et celle des ordonnées. Finalement, on a les équations linéaires sur un plan.

C’est une suite magnifique, on dirait une musique, une danse. En plus, si vous allez dans les articles sur les signes  » =  » et  » +  » dont vous avez les liens en bas, vous aurez les origines des notes musicales qui nous permettent de faire ces équations. Il me reste le signe  » –  » et celui de la division.

Fascination pour l’histoire, pour la façon dont les choses se construisent. Il y a toujours une chaîne : les Sumériens, les Babyloniens, les Indiens, les Arabes… leur fil conducteur dans cette histoire sont les nombres…

À la fin de l’article, je vas ajouter :

Je reprends l’histoire de l’écriture et de la phonétique. Il m’est arrivé une chose similiare avec Abraham-Louis Breguet et dans une mesure infiniment moindre avec mon prénom que j’entends prononcer : Suli, Tsouli, Tzoulli, Ziouli, alors qu’il s’orthographie Zully et dont la prononciation est Zouli. Je peux encore ajouter Zelly (c’est une dame aujourd’hui qui m’a appllée ainsi). Je ne tressaute pas lorsque j’entends qu’on m’appelle comme ceci ou comme cela ; ce n’est pas la peine d’en faire un plat. Mais, il reste une version qui me comble. Elle suit.

Mon nom à la mode d’Al-Kharizmi donne : Zully de Neuchâtel ou Zhullÿ Al-Qasr Jadidi (château neuf), soit, Zully provenant de Neuchâtel. C’est mon expert, mon cornac en français, celui qui a toujours réponse à mes questions dans quelque domaine que ce soit de la langue. C’est lui qui a commencé à mettre mon nom à l’arabe et j’ai fini par trouver la fin. C’est inexplicable, mais mon nom, ainsi, me cause une immense joie ! De plus, si j’ajoute fille de David (Davidovna en russe), cela donne Zhullÿ ibnat David Al-Qasr Jadidi.

Liens pour des articles similaires :

Midi Tonus 2026.1

Je continue de donner quatre cours et, une fois de plus, mon contenu est simple, ce sont les participants qui l’enrichissent ! J’aime avoir des petits groupes parce qu’ainsi une intimité se crée et les avis, conseils, de part et d’autre, passent comme un bateau sur l’eau !

Quatre cours. Je les cite en fonction des jours de la semaine où ils ont eu lieu :

  • lundi : @articulations – jouons avec elles ;
  • mercredi : danse classique et imagination ;
  • jeudi : @3m.ossature ;
  • vendredi : À vos pieds !

Quatre cours mais une unité : on vit avec ses articulations physiques et on vit les articulations sociales, on danse avec son corps et on danse avec la vie, on fait résonner le corps et le corps résonne en fonction de ce qui entre en nous, on écoute ses pieds et on prend conscience de la façon dont on les met selon les endroits.

Nouveauté et changement enrichissant. J’avais des jours précis pour les cours, tous les lundis tel cours, les mercredis le deuxième et ainsi de suite. Il se trouve qu’une participante du jeudi aurait voulu suivre le cours du lundi mais qu’elle ne pouvait venir ce jour-là et qu’une participante du lundi aurait voulu suivre le cours du jeudi mais que… vous avez deviné, ce jour-là, elle était prise. Je me suis demandé si j’allais changer ces jours « immuables », mais la demande a été insistante et j’ai fini par céder. Ensuite, j’ai découvert que des personnes qui sont venues m’ont dit : « Ah, cela faisait un moment que je voulais suivre votre cours, mais ce n’était pas le bon jour ». Alors, voilà un effet secondaire remarquable du désir satisfait de deux personnes qui ne se connaissent pas ! C’est l’exemple qui pourrait résumer le contenu de mes cours : on établit une articulation qui fonctionne (= changement de jour), on danse avec les demandes des participantes (= danse classique et imagination), on entre en résonance avec ce que les participantes disent (=@3m.ossature) et finalement on se dit que si on met les pieds du lundi dans un jeudi, etc. cela pourrait jouer (= À vos pieds !). Et voilà, le conte est fini ou plutôt il continue dans la vie de chacune des personnes qui ont assisté aux différents cours.

@articulations – jouons avec elles. On s’est bien rendu compte que nos articulations physiques vont de pair avec celles sociales et que la pensée joue un grand rôle. Je dis souvent : une personne va à un cours de méditation et son partenaire doit venir la chercher à 1 7 h 30. Il est 17 h 40 et la personne dit : « Il est où ce… (inventez le mot que vous voulez) ? » Je pense que c’est tout le temps que l’on doit veiller à ce qu’on laisse pénétrer dans le corps parce que celui-ci réagit « au quart de tour ». Moi qui aime les expressions, celle-ci ne vient pas du monde de l’horlogerie mais de l’automobile ; à l’époque le moteur tournait au premier quart de tour de manivelle.

Ce que le cours leur a encore apporté: : « Prise de conscience que les articulations n’aiment pas être figées et qu’elles ont besoin de mouvement pour êtres libres et nous permettre d’avancer dans la vie, dit l’une d’entre les participantes, avant d’ajouter : selon les exercices, j’ai en effet l’impression qu’elles dansent. »

Une autredes participantes a déjà fait un autre cours et connaît passablement bien son corps. Comme on est en confiance, on a discuté du sujet qui suit.

De la structure du corps. Je lui dis :

Là, je ne sais que dire : je me demande si le Créateur ne m’a pas fait créer le cours pour que Fabienne me donne la réponse que j’arrivais pas à lire en moi !

Danse classique et imagination. Ici on a résolu de prendre conscience du corps, de danser avec lui et de danser avec ce qui nous arrive dans la vie. Les participantes ont aimé l’alternance du travail de concentration par moments avec celui de l’expression libre avec un jeu de lumières. C’était la conscience du corps et la liberté en même temps !

Des photos pour le plaisir de voir la jolie forme des pieds d’Isabelle.

Dans la danse classique, la forme est essentielle et ici on est gâtés. Mais, mettre la forme dans le discours et dans les manières est aussi important.

@3m. ossature. Ici, on a écouté les os dont les messages ont pris de plus en plus d’ampleur au fur et à mesure des cours ; puis on a écouté les messages qu’il nous envoyait lorsqu’on écoutait notre pensée, la pensée des autres et les événements qui croisent notre chemin.

Des ressentis. Il a été fascinant de voir que le ressenti des participantes a bien augmenté au fur et à mesure du temps qui passait. Des sensations comme ancrage dans le sol, ouverture de la cage thoracique, picotements dans tel ou tel endroit ou partout. Voici ce que dit l’une d’elles : *J’ai ressenti beaucoup de vie, de vibrations, de solidité, de densité, de structure, d’espace et même de la fluidité dans mes os et dans mon corps. » Une autre : « Mes ressentis sur mes os sont souvent de la chaleur ainsi que des picotements. Au niveau du crâne et du visage ce sera plutôt une sensation de petites fourmis qui circulent. *

À vos pieds ! Ici, on est allé à l’écoute des pieds et finalement, on a fini par les laisser parler à la musique. Voici le montage de Ghislaine qui a pris conscience de ses points d’appui dans les pieds et du fait que les bouger peut résoudre certains problèmes :

Ghislaine s été surprise de découvrir qu’elle pouvait suivre des mouvements assez facilement. Son commentaire : « Je suis un vrai perroquet du mouvement ! »

Lien vers d’autres articles : je continue avec l’idée de ne faire qu’un seul article pour les cours de la session ; normalement chacun a ses propres liens. Si vous tapez le nom du cours sur la barre de recherche, vous aurez d’autres comptes rendus (cela fait neuf ans que je donne ces cours).

Pour laisser un commentaire, deux possibilités :

  • directement par courriel (voir contact sur ma page d’accueil) ;
  • si vous avez une plateforme WordPress, vous pouvez facilement l’insérer au bas de cette page.

Conversations 18 (en cours)

Le plaisir d’entendre les remarques, les réponses des autres ne s’éteint pas.

Une dame dans le restaurant d’un supermarché. Je venais de commander un ramequin chaud lorsqu’une dame d’un âge respectable s’est approchée avec un plateau et des restes de vaisselle en carton.

  • Je ne vois pas où je peux déposer les affaires. Est-ce que vous pourriez vous en occuper ? demanda-t-elle à la vendeuse.
  • Je peux m’en occuper, lui dis-je
    • La dame m’a regardée avec étonnement et dit :
  • Réellement ? Vous feriez cela ?
  • Oui.
  • Et comment puis-je vous remercier ?
  • Vous dites simplement que vous souhaitez que j’aille au paradis.
  • Vous reviendrez me dire comment c’est ! dit-elle en rigolant et en partant.
    • Je suis restée un peu interdite parce que je ne m’attendais pas à pareille sortie. Je suis allée ranger le plateau de la dame qui me voit et qui dit à son mari :
  • C’est la dame qui ira au paradis.
  • Oui, j’irai au paradis et ne reviendrai pas mais je vous ferai signe depuis là-bas. Nous avons tous rigolé.

Une fillette de huit ans environ. Je la connais depuis quelques années. Son père travaillait dans un supermarché. Chaque fois qu’elle me voit c’est une fête pour elle et pour moi ; elle a le don de me sentir parfaitement heureuse. Ses gestes sont empreints de noblesse et de grandeur d’âme. C’est hors du commun. Il en est allé de même il y a quelques jours. Je la vois en arrivant près de chez moi.

  • Salut, salut ! dit-elle avec son sourire attendrissant.
  • Salut, lui répondis-je.
    • Elle s’approche de moi et pose sa tête contre moi. Je craque.
  • Tu es magnifique !
  • Toi aussi, tu es magnifique, dit-elle.
  • Tout va bien à l’école ?
  • Oui.
  • Si jamais tu as un problème, tu me dis. Je souhaite que tout aille bien pour toi, et nous nous sommes quittées avec un sourire dans les yeux. J’ai dit à son père qu’il avait une fille remarquable et il a eu le sourire de celui qui sait. Il y a des enfants ou des personnes qui vous saluent par politesse, parce qu’on se connaît. Cette fillette a quelque chose d’autre qui m’émeut et qui ne fait ressortir que ce qui est bon en moi.

Le même vendeur d’un supermarché dont j’ai déjà parlé dans d’autres articles. Je le vois et lui dis que j’ai fait la maîtresse d’école avec une maman étrangère et ses deux enfants, 10 et 4 ans. Je lui raconte que garçon s’est arrêté devant les conteneurs pour les bouteilles en plastique, a pris le sac que sa maman portait et sorti une bouteille pour la mettre dans un conteneur. Je lui dis que ce n’était pas le bon endroit parce que le contenu ne se boit pas, il est fait pour la cuisine. Alors, il a introduit la bouteille au bon endroit. Je suis intervenue encore une ou deux fois, mais le garçon a vite compris. Puis, il a sorti un emballage de biscuits, aussi en plastique, je lui dis que ce genre de choses va dans la poubelle de la maison. Une fois qu’il a fini, je lui ai demandé comment il allait à l’école, mais là, il a parlé à sa maman dans une langue étrangère – j’ai compris qu’il n’allait pas à l’école ici ; sa mère me dit merci et ils sont partis.

  • Mais, ne vous cassez pas la tête, de toutes façons le contenu est trié à la centrale ! dit-il.
  • Ce n’est pas possible ! Il y a quand même des dessins pour indiquer ce qu’il faut faire…
  • Oh, si vous saviez…
  • Mon dieu, je ne pourrai jamais travailler dans un magasin !
  • Et vous ne savez pas tout.
  • Quoi encore ?
  • Le matin, quand on arrive, il y a des sacs avec des affaires en plastique que nous devons trier.
  • Ce n’est pas possible !
  • Mais, si. Il n’y a pas que des prix Nobel au travail, il s’en perd ailleurs !

Là, je n’ai pu que rire devant l’esprit ce cet homme. C’est magnifique d’avoir un tel humour.

Un « adolescent » qui traverse la rue. J’attends que le feu passe au vert et à côté de moi il y a un jeune homme d’une trentaine d’années. Arrive un personnage d’environ septante ans et qui traverse sans autre.

  • Ah, ces adolescents, tous les mêmes ! dis-je au jeune homme.
  • Euh… oui, c’est à désespérer, dit-il en me regardant après avoir compris que je pratiquais un peu l’humour.
  • Je ne sais pas ce que cette génération va devenir, ai-je ajouté.
  • En effet, dit-il et on a traversé au vert en rigolant.

Les travailleurs de chez Zuttion et le chauffage à distance. Rencontre particulière 29

Voici quelque mois que des travailleurs de chez Zuttion installent le chauffage à distance dans mon quartier, pas loin de la gare. Ils démontent et remontent, pour ainsi dire, les rues.

Une équipe. C’est une équipe non seulement parce qu’il y a une hiérarchie, mais il y règne un esprit. Chacun est complémentaire de l’autre et ils s’entendent parfaitement bien. Cela se sent.

Leur travail. Ils doivent permettre aux propriétaires des bâtiments de se raccorder au réseau du chauffage à distance. Cela a impliqué, dans un premier temps, le démontage de zones de circulation causant des déconvenues à bien des personnes parce qu’elles ne pouvaient plus parquer devant leur maison ou à proximité du travail. Je ne sais pas comment la ville a prévu la chose, mais ces personnes ont dû trouver des solutions parce que les travaux ont été annoncés bien à l’avance. Toujours est-il que la vie des rues concernées a bien changé : pas besoin de décrire l’affaire.

Un « mal » pour un bien. Personne n’aime voir sa vie dérangée, mais dans le cas présent, il s’agit de faciliter la façon dont les maisons et bâtiments sont chauffés. Je ne connais pas le dossier, mais voici ce qu’il en ressort :

  • utilisation des sources d’énergie locales et renouvelables pour réduire les émissions de CO₂ ;
  • gain de place dans les bâtiments parce qu’il n’y aura plus besoin ni de chaudière individuelle ni de citerne ni de cheminée. Seul ce qu’on appelle un petit échangeur de chaleur sera nécessaire ;
  • économies d’entretien parce qu’il n’y aura plus besoin de s’occuper de l’approvisionnement en combustible ; plus besoin des coûts de ramonage ni de maintenance lourde de chaudière ;
  • augmentation de la valeur immobilière : le raccordement au réseau de chaleur est une solution éligible aux subventions cantonales qui pérennise et augmente la valeur des biens immobiliers sur le long terme.

C’est comme pour tout. Au départ, il faut toujours une idée, des conditions, du matériel, du personnel et du temps : vous faites un repas ? Il faut tout cela ; vous écrivez un article ? Il faut tout cela ; vous préparez un voyage ? Il faut tout cela, etc. Dans tout aussi, dans un premier temps, il s’agit de faire de la place pour ensuite accueillir ce qui est prévu. Quand je réarrange ma bibliothèque, je sors les livres des rayons, je fais des piles, il faut nettoyer et recalculer les espaces. Dans une rue c’est pareil. Le temps est notre partenaire.

Depuis un certain temps. Dans la zone où j’habite, je vois les travailleurs depuis un certain temps. Un temps suffisant pour qu’une relation de voisinage s’établisse. Il faudra quand même que je leur demande depuis combien de temps ils sont là. Mais, sachant que parfois des voisins ne comprennent pas le sens de leur travail, je leur ai adressé le mot suivant vers la fin du mois de décembre 2025 :

Je l’ai appris après, les propriétaires qui ont changé leur chaudière il y a peu de temps, ne vont pas se connecter tout de suite à ce réseau, mais ils le feront certainement plus tard.

Relations de voisinage avec les travailleurs. Il est bizarre de constater que je les connais mieux que certains voisins de mon immeuble que je ne vois jamais ! C’est pourtant la vérité. .J’ai déjà écrit des articles sur d’autres travailleurs manuels et ceux-ci ne se démarquent pas des autres : ils sont précis, pensent aux différentes étapes, contrôlent le travail fait. Je me dis que bien des intellectuels pourraient s’en inspirer. Il est évident que nous n’avons pas des discussions qui durent longtemps, mais voici une plaisanterie que le chef m’a fait l’autre jour. Je l’ai inscrite dans l’article Conversations de rue 17, mais la voici :

Conversation : on est à la veille d’un week-end prolongé, il est vendredi et près de midi. Je vois le chef et vais vers lui. Ce monsieur est un homme bien posé et quand il dit quelque chose c’est du sérieux. Imaginant que l’équipe vient de finir sa semaine, je dis :

  • Alors, c’est fini ? Je faisais allusion à la semaine.
  • Oui, on a fini ici et ce qui est ouvert derrière va rester comme cela.

Je réfléchis, revois dans ma tête les trous faits derrière la maison, me dis que ce sera d’autres ouvriers qui vont finir parce qu’il faut une spécialité quelconque…

  • Mais non ! dit-il content de m’avoir joué un tour.
  • Vous auriez dû jouer du théâtre, vous avez le ton convainquant ! dis-je ,et on se quitte en rigolant ; lui parce qu’il m’a joué un tour et moi parce que j’admire son talent.

Le temps avance et je sens que « mes » travailleurs vont partir. D’ailleurs, pour moi, ce ne sont pas seulement des travailleurs, mais « mes » musiciens de rue !

  • Vous allez me manquer ! leur ai-je dit il y a quelques jours en voyant qu’ils étaient en train de remettre de l’asphalte sur la rue. Leur réponse ?
  • Venez avec nous !

Est-ce que ce n’est pas joli ? Cela doit avoir travaillé dans ma tête parce qu’il y a une machine que j’aime particulièrement :

Je suis sous le charme de cette machine. Je suis prête à passer un permis… moi qui ne conduis pas de voiture, c’est dire !
Ici on voit mieux sa taille et le travail qu’elle fait. Elle m’irait bien, et en plus, j’aime que les choses soient bien « à plat »!

Et maintenant, l’équipe presque au complet. Je la remercie et considère chaque travailleur comme un ami. C’est ma déclaration d’amitié ! Chaque rue, chaque construction a eu besoin de personnes comme eux, c’est fantastique, or on utilise les choses comme si elles n’étaient que des choses. Elles sont le résultat d’un travail et on pour but, en général, le bien des autres.

Groupe Zuttion. J’admire les entreprises qui par les temps qui courent, se solidifient, grandissent. C’est le cas de Zuttion, qui lorsqu’elle a été créée en 1994 avait six employés et qui, actuellement en compte 250 !

La rue est rendue « propre en ordre ». On se dirait dans un conte parce que la rue est rendue plus propre que lorsqu’ils (les travailleurs) l’ont trouvée. Je me dis qu’ils pourraient aller donner des cours d’instruction civique dans les écoles et universités avant que les « jeunes » aillent manifester pour l’écologie parce que après leur passage, les rues sont dans un état… Le travailleur sur la photo a balayé et des cailloux se sont bloqués dans les grilles. Alors que les passants jettent leurs papiers et bouteilles dans la rue, lui, il nettoie la grille ! C’est l’exemple à suivre.

Et je finis avec « ma » machine !

Dans la photo de gauche, elle travaille et dans celle de droite, elle… m’attend !

En fait de fin… J’avais proposé à mes amis de marquer la fin du chantier. Cela s’est passé vendredi passé, soit le 5 juin. Je suis allée les voir à midi dans leur roulotte qui est rangée comme leur chantier. Chaque veste est à sa place, la table est propre et jolie, bref, on s’y sent bien. C’est magnifique !

Ce vendredi-là, ils étaient quatre. À droite, on voit mieux les plats que je leur a apportés. Ils sont décorés d’une rose.

Les prénoms. Je vous présente depuis la gauche devant Victor, au fond à gauche José (Jusé), au fond à droite Licinio et devant à droite Silvino.

On a bu de l’argile ! J’avais dit à mes amis que l’argile avait toute sorte de vertus sur les articulations, les tissus abîmés, les bactéries et les virus. Je leur avais expliqué qu’il y avait l’argile concassée pour les emplâtres et l’argile surfine pour boire. J’ai donc apporté la mienne et l’un d’eux, en voyant la couleur, a demandé :

  • C’est du béton ? On a tous rigolé.

Un autre a dit :

  • Selon les chantiers, nos machines charrient quelque chose de semblable ! Là aussi, on a tous rigolé.

L’argile. J’ai expliqué que l’argile est composée de minéraux rocheux, uniquement de minéraux et qu’effectivement, on la trouvait dans la nature. Le médecin spécialiste de l’argile qui est venue chez moi, Jade Allègre, m’a expliqué que lorsqu’elle va dans les pays pauvres, elle demande où les animaux vont boire et manger de l’argile. Ils ont un instinct que nous avons perdu. Ils ne mangent pas l’argile que le potier utilise pour ses poteries parce qu’elle n’a pas les même propriétés !

Je pense que c’est la première fois de leur vie qu’ils ont eu un apéro à l’argile !

La conversation a suivi son cours avec la franchise et l’humour qui caractérisent les questions et remarques rapportées. C’est un vrai cadeau. Inutile de dire que tout le monde a survécu à l’argile ; ils ont même dit que c’était buvable. Puis, la cloche du temps a sonné. Avant de les quitter, je leur ai dit que si une fois ils avaient besoin de moi, je serais là et leur ai donné ma carte de visite. Flûte ! Je suis partie avec la cuillère en plastique qu’ils m’ont prêtée pour remuer l’argile dans le verre. Il faudra que je la rende lundi.

La cuillère de mes amis. Quelle chance d’avoir de tels amis. Je leur ai dit que j’étais partie avec la cuillère et ils ont dit que je pouvais la garder ! Conclusion : la cuillère de mes amis est devenue Ma cuillère. Cette cuillère a une histoire commune avec nous !

Liens vers :

Commentaire, deux façons de procéder :

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Jean-Pierre Ghelfi parti au ciel

Les deux côtés de Ghelfi se retrouvent dans cet article, celui de l’économiste rigoureux et celui d’un être qui se laissait toucher par des choses simples.

C’est ainsi que Raymonde, la compagne de Ghelfi, a ouvert la cérémonie d’au revoir par la lecture d’un texte de Prévert qu’elle avait choisi ; c’est celui de deux escargots qui se préparent, avec leur coquille noire et du crêpe autour des cornes, à aller à l’enterrement d’une feuille morte. Hélas, quand ils arrivent c’est le printemps et toutes les feuilles ont ressuscité. Le soleil les invite alors à prendre l’autocar pour Paris et c’est la vie qui s’invite. C’est si joli ! (Texte entier à la fin de l’article).

Ici on trouve l’autre côté (celui de l’économiste visionnaire). Je note dans l’article consacré à Pierre Dubois que Jean-Pierre Ghelfi est parti le 8 juin, soit un jour avant Pierre. En économiste visionnaire, Jean-Pierre est allé préparer le chemin pour Pierre. C’est une vraie amitié.

Je reprends la cérémonie. J’ai cru arriver avec assez d’avance à la cérémonie… presque toutes les places assises étaient déjà prises ! On a été accueillis par de la musique, puis il y a eu des témoignages de la famille. Celui de Raymonde a été très représentatif du personnage avec ses diverses facettes et elle a raconté comment était arrivé le dernier moment de Jean-Pierre alors qu’ils étaient sur le Danube. Cela a été une vraie épreuve. Je le regrette pour lui et pour la famille. La vie est déjà compliquée, si le dernier moment l’est aussi, c’est dur. Mais, la cérémonie a été empreinte d’une telle chaleur qu’elle doit avoir adouci le parcours vers l’autre côté du miroir de Jean-Pierre.

Il en est ressorti tant des témoignages de la famille que de ceux de ses amis et connaissances que Jean-Pierre avait été un fin cuisinier ! J’ai appris quelque chose. Plusieurs autres personnes ont rapporté ce qui se disait dans l’entourage : « Jean-Pierre avait été comme une bonne bouteille de vin, avec le temps il s’était bonifié ! » C’est si joli et profond. Ils ont eu raison de le relever car, ces dernières années, lorsque je le croisais en ville, son sourire était plus éclatant et ses yeux plus pétillants. L’avant-dernière fois que je l’ai vu, nous avions échangé quelques mots et il m’avait même remerciée pour quelque chose que je lui avais dite. Je l’entends et le vois encore… J’ai eu la nette impression qu’il m’ouvrait les portes de son soi. Cela s’est passé près de l’UBS. Chaque fois que je passe par là, j’ai une belle pensée pour Ghelfi.

La surprise. Lors du premier discours officiel, celui de la conseillère communale Julie Courcier Delafontaine, j’ai eu un moment hors du temps. En effet, elle a commencé par rapporter le bel hommage que Jean-Pierre avait rendu à Freddy Landry, Freddy qui a joué un si grand rôle dans ma vie. Je n’ai plus su où étaient les différences temporelles. Elle a rapporté les paroles suivantes prises dans l’Événement syndical : « Il y a des gens, il sont comme cela : ils ont une passion, ils s’y tiennent, ils veulent la faire partager.  » Si la passion de Freddy avait été celle du cinéma, celle de Jean-Pierre avait été l’intérêt général, le bien public et il partageait cette passion avec les autres.

Sa passion pour l’économie et les gens l’a fait devenir une référence dans l’économie locale et fédérale :

  • membre du Conseil général, puis au Conseil communal de Neuchâtel (1972-1976) ;
  • vice-présidence de la Commission fédérale des banques jusqu’en 2003. Il réclame, avant la FINMA et la chute du Crédit suisse, plus de moyens pour surveiller les banques ;
  • lorsqu’il est à la Caisse de pension de l’État de Neuchâtel, il œuvre pour que les serviteurs de l’État aient une retraite sereine ;
  • présidence de la Banque Cantonale neuchâteloise (BCN) jusqu’en 2011 ;
  • membre fondateur en 1996. de Noël autrement avec Valentine Schafter, présidente, Ghelfi secrétaire, et Thomas Facchinetti, caissier. « Autrement », pour ceux qui sont seuls ou veulent vivre autrement cette période ( Jean-Pierre s’était inspiré de frère Leo de la congrégation de la Salle qui avait fait un Noël pour les prisons CCP [collectif, concert en prison ]- information à compléter).

Voici quelques extraits du texte du discours que son ami Nicolas Rousseau a tenu ce même jour et qu’il m’a aimablement transmis : « Ses adversaires n’ont jamais manqué de critiquer sa (cette) liberté d’esprit,  affirmant qu’elle aurait empêché Jipé de conduire une carrière politique au plus haut échelon. »

Et encore : « … j’en atteste, les honneurs, Jipé s’en moquait ; il est toujours resté modeste, refusant ainsi de montrer la vidéo d’Archives pour demain qui lui a été consacrée en 2016. Il se faisait appeler Le roi de Suisse, avec là un zeste de dérision qui n’était pas pour lui déplaire ; loin d’être des courtisans, ses amis pouvaient le charrier, cela sans qu’il s’en formalise. Et s’il a été vice-président du PSS, il n’a pas cherché les lumières du poste. […] son influence n’en a pas moins été marquante. Au plan suisse, il avait l’oreille du président du PSS, Helmut Hubacher, et il a aussi aidé à l’accession de René Felber au Conseil fédéral. Au plan cantonal, il  a encouragé les candidatures au Conseil d’État de Pierre Dubois, puis de Jean Studer, entre autres. Dans sa ville, il est aussi resté actif, aux côtés notamment de son ami le conseiller communal Blaise Duport, du directeur artistique du Centre culturel neuchâtelois André Oppel. ainsi qu’à ceux de certains de ses anciens camarades, dont son cher Jean-Jacques Delémont. »

Merci Nicolas d’avoir mentionné André, feu mon ami, qui participait aux séances de rédaction du Canard Bleu (même le jour de son anniversaire !) et qui ornait le journal de ses dessins assez humoristiques (c’est sous ma remarque un peu insistante qu’il a fini par les signer A. O.).

Côté syndical. Celui qui m’apporte une belle synthèse est l’un de ses autres grands amis, Jean-Claude Rennwald. Ce dernier a une plume très dense qui qualifie si bien Ghelfi. Tout d’abord, il dit de lui qu’il est l’économiste des travailleurs. C’est magnifique ! Voici quelques extraits de l’article qu’il a publié après le départ de Jean-Pierre sur l’Événement syndical » (je ne peux m’empêcher de penser que ce journal a été habillé par le plume de Ghelfi sur Freddy et que cette fois c’est par celle de Jean-Claude sur Ghelfi… Voici donc les extraits :

  • il avait notamment la capacité d’expliquer les mécanismes économiques les plus complexes aux travailleuses et aux travailleurs ;
  • il était aussi régulièrement sollicité par des journalistes pour qu’il leur explique les tenants et aboutissants d’un problème difficile à comprendre ;
  • à la FTMH comme à Unia, Jean-Pierre Ghelfi avait effectué des travaux pour la branche des machines et de l’industrie chimique. Mais il mit surtout ses compétences au service des travailleuses et des travailleurs de l’horlogerie ;
  • comme expert économique, il participa à de très nombreuses négociations salariales et à plusieurs renouvellements de la convention collective de travail (CCT) de la branche ;
  • sur de nombreux sujets, ses démonstration étaient époustouflantes, à tel point que même la délégation patronale en était souvent impressionnée ;
  • Jean-Pierre Ghelfi aimait aussi prendre du recul par rapport à l’actualité immédiate. Cela explique pourquoi il avait participé à l’écriture de quelques livres. En particulier Témoignages d’ouvriers (FTMH, 1987), qui rassemble des points de vue de salariés sur la paix sociale dans l’horlogerie ;
  • dans un entretien au Temps, 13 mai 2012, Jean-Pierre Ghelfi avait souligné que la paix du travail, conclue en 1937, avait aussi eu des effets négatifs, alors qu’une politique plus combative aurait eu pour résultat de meilleures conditions de travail ;
  • Européen convaincu, mais tout en étant partisan des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes (on lui doit d’ailleurs l’idée des salaires minimaux dans la CCT de l’horlogerie), il fut l’un des auteurs de deux ouvrages collectifs, Europe mon amour ? (CJE, 2000), publié avant la  votation de l’an 2000 sur les accords bilatéraux, et Suisse-Union européenne. Les 44 questions qui irritent les Helvètes (CJE, 2005) ;
  • Jean-Pierre Ghelfi écrivait régulièrement dans La Lutte syndicale puis dans l’Evénement syndical. Sa plume pouvait être parfois très piquante.

Si ceux qui ont lu l’article de Jean-Claude se diront qu’en fait d’extraits… il y a presque la totalité de l’article, ils auront raison. Je n’ai pas pu passer sous silence tellement de faits marquants.

Si cet article concerne Jean-Pierre, je voudrais ajouter un mot de remerciement pour Raymonde qui a toujours été présente dans le parcours de son compagnon et qui me touche toujours plus chaque fois que je la rencontre.

Le temps… Cet article a pris du temps parce que… c’est le temps qui a décidé qu’il en irait ainsi et parce qu’il s’est dit qu’il était aussi temps que j’aie une magnifique photo de Jean-Pierre et de Raymonde et que c’était Nicolas qui pourrait me la fournir. Elle est pleine de poésie !

Voici la magnifique photo aimablement proposée par Nicolas et que je trouve si… si… si pleine de poésie, je n’ai pas d’autre mot.
Il n’y a rien à ajouter à ce magnifique poème choisi par Raymonde. Il dit plein de choses dont le fait que nous sommes marqués par la façon dont nous vivons les événements. On ne peut éviter ces derniers, mais c’est à nous de leur donner une façon. C’est un thème récurant dans mes cours et tant Prévert que Raymonde vont me permettre d’ajouter de la poésie à mon discours. De plus, il est question de Paris, ville qui a toutes mes faveurs et là, je craque.

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