Al-Khwarizm, le mathématicien par qui la lettre X de nos chères équations est arrivée. Rencontre particulière 30 (en cours)

Je suis fascinée par ceux qui apportent quelque chose au monde. On utilise parfois ou souvent ou même tous les jours des choses que d’autres nous ont apportées et on n’y pense pas. Je reste persuadée que l’histoire est la branche la plus importante. Sans histoire on n’est rien. Le nombre de fois que j’ai utilisé les mots algèbre, équation, l’inconnue X… Voilà que je viens de faire connaissance avec celui qui est au centre, pour ainsi dire, du X.

En cours : oui, j’en suis à la prononciation correcte de son nom parce qu’en français il y a un W qu’on pourrait supprimer si on suivait la translation russe : Аль-Хорезми. (Al-Khorezmi mais prononciation Al-Kharizmi). J’ai demandé à un arabophone de m’écrire le nom en arabe (il a dit qu’en fait c’était Alkhawarizmi) et de me donner la transcription phonétique ; je n’ai pas eu de suite. Mais, j’ai appris que selon la région où on parle l’arabe, les transcriptions et même les prononciations varient ; j’en touche encore un mot plus loin. Plusieurs choses sont pourtant sûres :

  • il est né dans la région de Kharizm qui à l’époque concernait divers pays actuels, donc, il pourrait, aujourd’hui, avoir une autre nationalité ;
  • une partie de cette région se trouve actuellement en Ouzbékistan et c’est l’URSS qui a émis un timbre à son effigie – voir plus bas ;
  • du fait qu’il procède de cette région, il y a, dans son nom Al, qui veut dire celui qui vient de. À l’époque, il n’y avait pas les noms de famille et mon expert, Chambaron, me dit que dès lors que le mathématicien vient de la région Khazimir, la dernière lettre devrait être M et pas I ;
  • il est aussi certain qu’il s’est rendu à Bagdad et a travaillé en tant que traducteur et chercheur dans les domaines de la mathématique, de l’astronomie et de la géographie ;
  • il est encore certain qu’il a écrit le Livre abrégé du calcul par la restauration et la comparaison ainsi que les Tables astronomiques en arabe et c’est un fait important.

En attendant, voici son portrait. Sachant que je m’intéresse réellement à lui, il a demandé à un Russe de m’envoyer son selfie timbré. C’est un timbre qui a été fait à son effigie en URSS, 1969, à l’occasion de son 1200e anniversaire !

Je dois pouvoir faire une meilleure photo, mais je ne résiste pas à commencer cet article qui me met en effervescence ! Je peux déjà dire qu’il a été mathématicien, astronome et géographe. Cet homme me fascine !

Midi Tonus 2026.1

Je continue de donner quatre cours et, une fois de plus, mon contenu est simple, ce sont les participants qui l’enrichissent ! J’aime avoir des petits groupes parce qu’ainsi une intimité se crée et les avis, conseils, de part et d’autre, passent comme un bateau sur l’eau !

Quatre cours. Je les cite en fonction des jours de la semaine où ils ont eu lieu :

  • lundi : @articulations – jouons avec elles ;
  • mercredi : danse classique et imagination ;
  • jeudi : @3m.ossature ;
  • vendredi : À vos pieds !

Quatre cours mais une unité : on vit avec ses articulations physiques et on vit les articulations sociales, on danse avec son corps et on danse avec la vie, on fait résonner le corps et le corps résonne en fonction de ce qui entre en nous, on écoute ses pieds et on prend conscience de la façon dont on les met selon les endroits.

Nouveauté et changement enrichissant. J’avais des jours précis pour les cours, tous les lundis tel cours, les mercredis le deuxième et ainsi de suite. Il se trouve qu’une participante du jeudi aurait voulu suivre le cours du lundi mais qu’elle ne pouvait venir ce jour-là et qu’une participante du lundi aurait voulu suivre le cours du jeudi mais que… vous avez deviné, ce jour-là, elle était prise. Je me suis demandé si j’allais changer ces jours « immuables », mais la demande a été insistante et j’ai fini par céder. Ensuite, j’ai découvert que des personnes qui sont venues m’ont dit : « Ah, cela faisait un moment que je voulais suivre votre cours, mais ce n’était pas le bon jour ». Alors, voilà un effet secondaire remarquable du désir satisfait de deux personnes qui ne se connaissent pas ! C’est l’exemple qui pourrait résumer le contenu de mes cours : on établit une articulation qui fonctionne (= changement de jour), on danse avec les demandes des participantes (= danse classique et imagination), on entre en résonance avec ce que les participantes disent (=@3m.ossature) et finalement on se dit que si on met les pieds du lundi dans un jeudi, etc. cela pourrait jouer (= À vos pieds !). Et voilà, le conte est fini ou plutôt il continue dans la vie de chacune des personnes qui ont assisté aux différents cours.

@articulations – jouons avec elles. On s’est bien rendu compte que nos articulations physiques vont de pair avec celles sociales et que la pensée joue un grand rôle. Je dis souvent : une personne va à un cours de méditation et son partenaire doit venir la chercher à 1 7 h 30. Il est 17 h 40 et la personne dit : « Il est où ce… (inventez le mot que vous voulez) ? » Je pense que c’est tout le temps que l’on doit veiller à ce qu’on laisse pénétrer dans le corps parce que celui-ci réagit « au quart de tour ». Moi qui aime les expressions, celle-ci ne vient pas du monde de l’horlogerie mais de l’automobile ; à l’époque le moteur tournait au premier quart de tour de manivelle.

Ce que le cours leur a encore apporté: : « Prise de conscience que les articulations n’aiment pas être figées et qu’elles ont besoin de mouvement pour êtres libres et nous permettre d’avancer dans la vie, dit l’une d’entre les participantes, avant d’ajouter : selon les exercices, j’ai en effet l’impression qu’elles dansent. »

Une autredes participantes a déjà fait un autre cours et connaît passablement bien son corps. Comme on est en confiance, on a discuté du sujet qui suit.

De la structure du corps. Je lui dis :

Là, je ne sais que dire : je me demande si le Créateur ne m’a pas fait créer le cours pour que Fabienne me donne la réponse que j’arrivais pas à lire en moi !

Danse classique et imagination. Ici on a résolu de prendre conscience du corps, de danser avec lui et de danser avec ce qui nous arrive dans la vie. Les participantes ont aimé l’alternance du travail de concentration par moments avec celui de l’expression libre avec un jeu de lumières. C’était la conscience du corps et la liberté en même temps !

Des photos pour le plaisir de voir la jolie forme des pieds d’Isabelle.

Dans la danse classique, la forme est essentielle et ici on est gâtés. Mais, mettre la forme dans le discours et dans les manières est aussi important.

@3m. ossature. Ici, on a écouté les os dont les messages ont pris de plus en plus d’ampleur au fur et à mesure des cours ; puis on a écouté les messages qu’il nous envoyait lorsqu’on écoutait notre pensée, la pensée des autres et les événements qui croisent notre chemin.

Des ressentis. Il a été fascinant de voir que le ressenti des participantes a bien augmenté au fur et à mesure du temps qui passait. Des sensations comme ancrage dans le sol, ouverture de la cage thoracique, picotements dans tel ou tel endroit ou partout. Voici ce que dit l’une d’elles : *J’ai ressenti beaucoup de vie, de vibrations, de solidité, de densité, de structure, d’espace et même de la fluidité dans mes os et dans mon corps. » Une autre : « Mes ressentis sur mes os sont souvent de la chaleur ainsi que des picotements. Au niveau du crâne et du visage ce sera plutôt une sensation de petites fourmis qui circulent. *

À vos pieds ! Ici, on est allé à l’écoute des pieds et finalement, on a fini par les laisser parler à la musique. Voici le montage de Ghislaine qui a pris conscience de ses points d’appui dans les pieds et du fait que les bouger peut résoudre certains problèmes :

Ghislaine s été surprise de découvrir qu’elle pouvait suivre des mouvements assez facilement. Son commentaire : « Je suis un vrai perroquet du mouvement ! »

Lien vers d’autres articles : je continue avec l’idée de ne faire qu’un seul article pour les cours de la session ; normalement chacun a ses propres liens. Si vous tapez le nom du cours sur la barre de recherche, vous aurez d’autres comptes rendus (cela fait neuf ans que je donne ces cours).

Pour laisser un commentaire, deux possibilités :

  • directement par courriel (voir contact sur ma page d’accueil) ;
  • si vous avez une plateforme WordPress, vous pouvez facilement l’insérer au bas de cette page.

Conversations 18 (en cours)

Le plaisir d’entendre les remarques, les réponses des autres ne s’éteint pas.

Une dame dans le restaurant d’un supermarché. Je venais de commander un ramequin chaud lorsqu’une dame d’un âge respectable s’est approchée avec un plateau et des restes de vaisselle en carton.

  • Je ne vois pas où je peux déposer les affaires. Est-ce que vous pourriez vous en occuper ? demanda-t-elle à la vendeuse.
  • Je peux m’en occuper, lui dis-je
    • La dame m’a regardée avec étonnement et dit :
  • Réellement ? Vous feriez cela ?
  • Oui.
  • Et comment puis-je vous remercier ?
  • Vous dites simplement que vous souhaitez que j’aille au paradis.
  • Vous reviendrez me dire comment c’est ! dit-elle en rigolant et en partant.
    • Je suis restée un peu interdite parce que je ne m’attendais pas à pareille sortie. Je suis allée ranger le plateau de la dame qui me voit et qui dit à son mari :
  • C’est la dame qui ira au paradis.
  • Oui, j’irai au paradis et ne reviendrai pas mais je vous ferai signe depuis là-bas. Nous avons tous rigolé.

Une fillette de huit ans environ. Je la connais depuis quelques années. Son père travaillait dans un supermarché. Chaque fois qu’elle me voit c’est une fête pour elle et pour moi ; elle a le don de me sentir parfaitement heureuse. Ses gestes sont empreints de noblesse et de grandeur d’âme. C’est hors du commun. Il en est allé de même il y a quelques jours. Je la vois en arrivant près de chez moi.

  • Salut, salut ! dit-elle avec son sourire attendrissant.
  • Salut, lui répondis-je.
    • Elle s’approche de moi et pose sa tête contre moi. Je craque.
  • Tu es magnifique !
  • Toi aussi, tu es magnifique, dit-elle.
  • Tout va bien à l’école ?
  • Oui.
  • Si jamais tu as un problème, tu me dis. Je souhaite que tout aille bien pour toi, et nous nous sommes quittées avec un sourire dans les yeux. J’ai dit à son père qu’il avait une fille remarquable et il a eu le sourire de celui qui sait. Il y a des enfants ou des personnes qui vous saluent par politesse, parce qu’on se connaît. Cette fillette a quelque chose d’autre qui m’émeut et qui ne fait ressortir que ce qui est bon en moi.

Le même vendeur d’un supermarché dont j’ai déjà parlé dans d’autres articles. Je le vois et lui dis que j’ai fait la maîtresse d’école avec une maman étrangère et ses deux enfants, 10 et 4 ans. Je lui raconte que garçon s’est arrêté devant les conteneurs pour les bouteilles en plastique, a pris le sac que sa maman portait et sorti une bouteille pour la mettre dans un conteneur. Je lui dis que ce n’était pas le bon endroit parce que le contenu ne se boit pas, il est fait pour la cuisine. Alors, il a introduit la bouteille au bon endroit. Je suis intervenue encore une ou deux fois, mais le garçon a vite compris. Puis, il a sorti un emballage de biscuits, aussi en plastique, je lui dis que ce genre de choses va dans la poubelle de la maison. Une fois qu’il a fini, je lui ai demandé comment il allait à l’école, mais là, il a parlé à sa maman dans une langue étrangère – j’ai compris qu’il n’allait pas à l’école ici ; sa mère me dit merci et ils sont partis.

  • Mais, ne vous cassez pas la tête, de toutes façons le contenu est trié à la centrale ! dit-il.
  • Ce n’est pas possible ! Il y a quand même des dessins pour indiquer ce qu’il faut faire…
  • Oh, si vous saviez…
  • Mon dieu, je ne pourrai jamais travailler dans un magasin !
  • Et vous ne savez pas tout.
  • Quoi encore ?
  • Le matin, quand on arrive, il y a des sacs avec des affaires en plastique que nous devons trier.
  • Ce n’est pas possible !
  • Mais, si. Il n’y a pas que des prix Nobel au travail, il s’en perd ailleurs !

Là, je n’ai pu que rire devant l’esprit ce cet homme. C’est magnifique d’avoir un tel humour.

Un « adolescent » qui traverse la rue. J’attends que le feu passe au vert et à côté de moi il y a un jeune homme d’une trentaine d’années. Arrive un personnage d’environ septante ans et qui traverse sans autre.

  • Ah, ces adolescents, tous les mêmes ! dis-je au jeune homme.
  • Euh… oui, c’est à désespérer, dit-il en me regardant après avoir compris que pratiquais un peu l’humour.
  • Je ne sais pas ce que cette génération va devenir, ai-je ajouté.
  • En effet, dit-il et on a traversé au vert en rigolant.

Les travailleurs de chez Zuttion et le chauffage à distance. Rencontre particulière 29

Voici quelque mois que des travailleurs de chez Zuttion installent le chauffage à distance dans mon quartier, pas loin de la gare. Ils démontent et remontent, pour ainsi dire, les rues.

Une équipe. C’est une équipe non seulement parce qu’il y a une hiérarchie, mais il y règne un esprit. Chacun est complémentaire de l’autre et ils s’entendent parfaitement bien. Cela se sent.

Leur travail. Ils doivent permettre aux propriétaires des bâtiments de se raccorder au réseau du chauffage à distance. Cela a impliqué, dans un premier temps, le démontage de zones de circulation causant des déconvenues à bien des personnes parce qu’elles ne pouvaient plus parquer devant leur maison ou à proximité du travail. Je ne sais pas comment la ville a prévu la chose, mais ces personnes ont dû trouver des solutions parce que les travaux ont été annoncés bien à l’avance. Toujours est-il que la vie des rues concernées a bien changé : pas besoin de décrire l’affaire.

Un « mal » pour un bien. Personne n’aime voir sa vie dérangée, mais dans le cas présent, il s’agit de faciliter la façon dont les maisons et bâtiments sont chauffés. Je ne connais pas le dossier, mais voici ce qu’il en ressort :

  • utilisation des sources d’énergie locales et renouvelables pour réduire les émissions de CO₂ ;
  • gain de place dans les bâtiments parce qu’il n’y aura plus besoin ni de chaudière individuelle ni de citerne ni de cheminée. Seul ce qu’on appelle un petit échangeur de chaleur sera nécessaire ;
  • économies d’entretien parce qu’il n’y aura plus besoin de s’occuper de l’approvisionnement en combustible ; plus besoin des coûts de ramonage ni de maintenance lourde de chaudière ;
  • augmentation de la valeur immobilière : le raccordement au réseau de chaleur est une solution éligible aux subventions cantonales qui pérennise et augmente la valeur des biens immobiliers sur le long terme.

C’est comme pour tout. Au départ, il faut toujours une idée, des conditions, du matériel, du personnel et du temps : vous faites un repas ? Il faut tout cela ; vous écrivez un article ? Il faut tout cela ; vous préparez un voyage ? Il faut tout cela, etc. Dans tout aussi, dans un premier temps, il s’agit de faire de la place pour ensuite accueillir ce qui est prévu. Quand je réarrange ma bibliothèque, je sors les livres des rayons, je fais des piles, il faut nettoyer et recalculer les espaces. Dans une rue c’est pareil. Le temps est notre partenaire.

Depuis un certain temps. Dans la zone où j’habite, je vois les travailleurs depuis un certain temps. Un temps suffisant pour qu’une relation de voisinage s’établisse. Il faudra quand même que je leur demande depuis combien de temps ils sont là. Mais, sachant que parfois des voisins ne comprennent pas le sens de leur travail, je leur ai adressé le mot suivant vers la fin du mois de décembre 2025 :

Je l’ai appris après, les propriétaires qui ont changé leur chaudière il y a peu de temps, ne vont pas se connecter tout de suite à ce réseau, mais ils le feront certainement plus tard.

Relations de voisinage avec les travailleurs. Il est bizarre de constater que je les connais mieux que certains voisins de mon immeuble que je ne vois jamais ! C’est pourtant la vérité. .J’ai déjà écrit des articles sur d’autres travailleurs manuels et ceux-ci ne se démarquent pas des autres : ils sont précis, pensent aux différentes étapes, contrôlent le travail fait. Je me dis que bien des intellectuels pourraient s’en inspirer. Il est évident que nous n’avons pas des discussions qui durent longtemps, mais voici une plaisanterie que le chef m’a fait l’autre jour. Je l’ai inscrite dans l’article Conversations de rue 17, mais la voici :

Conversation : on est à la veille d’un week-end prolongé, il est vendredi et près de midi. Je vois le chef et vais vers lui. Ce monsieur est un homme bien posé et quand il dit quelque chose c’est du sérieux. Imaginant que l’équipe vient de finir sa semaine, je dis :

  • Alors, c’est fini ? Je faisais allusion à la semaine.
  • Oui, on a fini ici et ce qui est ouvert derrière va rester comme cela.

Je réfléchis, revois dans ma tête les trous faits derrière la maison, me dis que ce sera d’autres ouvriers qui vont finir parce qu’il faut une spécialité quelconque…

  • Mais non ! dit-il content de m’avoir joué un tour.
  • Vous auriez dû jouer du théâtre, vous avez le ton convainquant ! dis-je ,et on se quitte en rigolant ; lui parce qu’il m’a joué un tour et moi parce que j’admire son talent.

Le temps avance et je sens que « mes » travailleurs vont partir. D’ailleurs, pour moi, ce ne sont pas seulement des travailleurs, mais « mes » musiciens de rue !

  • Vous allez me manquer ! leur ai-je dit il y a quelques jours en voyant qu’ils étaient en train de remettre de l’asphalte sur la rue. Leur réponse ?
  • Venez avec nous !

Est-ce que ce n’est pas joli ? Cela doit avoir travaillé dans ma tête parce qu’il y a une machine que j’aime particulièrement :

Je suis sous le charme de cette machine. Je suis prête à passer un permis… moi qui ne conduis pas de voiture, c’est dire !
Ici on voit mieux sa taille et le travail qu’elle fait. Elle m’irait bien, et en plus, j’aime que les choses soient bien « à plat »!

Et maintenant, l’équipe presque au complet. Je la remercie et considère chaque travailleur comme un ami. C’est ma déclaration d’amitié ! Chaque rue, chaque construction a eu besoin de personnes comme eux, c’est fantastique, or on utilise les choses comme si elles n’étaient que des choses. Elles sont le résultat d’un travail et on pour but, en général, le bien des autres.

Groupe Zuttion. J’admire les entreprises qui par les temps qui courent, se solidifient, grandissent. C’est le cas de Zuttion, qui lorsqu’elle a été créée en 1994 avait six employés et qui, actuellement en compte 250 !

La rue est rendue « propre en ordre ». On se dirait dans un conte parce que la rue est rendue plus propre que lorsqu’ils (les travailleurs) l’ont trouvée. Je me dis qu’ils pourraient aller donner des cours d’instruction civique dans les écoles et universités avant que les « jeunes » aillent manifester pour l’écologie parce que après leur passage, les rues sont dans un état… Le travailleur sur la photo a balayé et des cailloux se sont bloqués dans les grilles. Alors que les passants jettent leurs papiers et bouteilles dans la rue, lui, il nettoie la grille ! C’est l’exemple à suivre.

Et je finis avec « ma » machine !

Dans la photo de gauche, elle travaille et dans celle de droite, elle… m’attend !

En fait de fin… J’avais proposé à mes amis de marquer la fin du chantier. Cela s’est passé vendredi passé, soit le 5 juin. Je suis allée les voir à midi dans leur roulotte qui est rangée comme leur chantier. Chaque veste est à sa place, la table est propre et jolie, bref, on s’y sent bien. C’est magnifique !

Ce vendredi-là, ils étaient quatre. À droite, on voit mieux les plats que je leur a apportés. Ils sont décorés d’une rose.

Les prénoms. Je vous présente depuis la gauche devant Victor, au fond à gauche José (Jusé), au fond à droite Licinio et devant à droite Silvino.

On a bu de l’argile ! J’avais dit à mes amis que l’argile avait toute sorte de vertus sur les articulations, les tissus abîmés, les bactéries et les virus. Je leur avais expliqué qu’il y avait l’argile concassée pour les emplâtres et l’argile surfine pour boire. J’ai donc apporté la mienne et l’un d’eux, en voyant la couleur, a demandé :

  • C’est du béton ? On a tous rigolé.

Un autre a dit :

  • Selon les chantiers, nos machines charrient quelque chose de semblable ! Là aussi, on a tous rigolé.

L’argile. J’ai expliqué que l’argile est composée de minéraux rocheux, uniquement de minéraux et qu’effectivement, on la trouvait dans la nature. Le médecin spécialiste de l’argile qui est venue chez moi, Jade Allègre, m’a expliqué que lorsqu’elle va dans les pays pauvres, elle demande où les animaux vont boire et manger de l’argile. Ils ont un instinct que nous avons perdu. Ils ne mangent pas l’argile que le potier utilise pour ses poteries parce qu’elle n’a pas les même propriétés !

Je pense que c’est la première fois de leur vie qu’ils ont eu un apéro à l’argile !

La conversation a suivi son cours avec la franchise et l’humour qui caractérisent les questions et remarques rapportées. C’est un vrai cadeau. Inutile de dire que tout le monde a survécu à l’argile ; ils ont même dit que c’était buvable. Puis, la cloche du temps a sonné. Avant de les quitter, je leur ai dit que si une fois ils avaient besoin de moi, je serais là et leur ai donné ma carte de visite. Flûte ! Je suis partie avec la cuillère en plastique qu’ils m’ont prêtée pour remuer l’argile dans le verre. Il faudra que je la rende lundi.

La cuillère de mes amis. Quelle chance d’avoir de tels amis. Je leur ai dit que j’étais partie avec la cuillère et ils ont dit que je pouvais la garder ! Conclusion : la cuillère de mes amis est devenue Ma cuillère. Cette cuillère a une histoire commune avec nous !

Liens vers :

Commentaire, deux façons de procéder :

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Jean-Pierre Ghelfi parti au ciel

Les deux côtés de Ghelfi se retrouvent dans cet article, celui de l’économiste rigoureux et celui d’un être qui se laissait toucher par des choses simples.

C’est ainsi que Raymonde, la compagne de Ghelfi, a ouvert la cérémonie d’au revoir par la lecture d’un texte de Prévert qu’elle avait choisi ; c’est celui de deux escargots qui se préparent, avec leur coquille noire et du crêpe autour des cornes, à aller à l’enterrement d’une feuille morte. Hélas, quand ils arrivent c’est le printemps et toutes les feuilles ont ressuscité. Le soleil les invite alors à prendre l’autocar pour Paris et c’est la vie qui s’invite. C’est si joli ! (Texte entier à la fin de l’article).

Ici on trouve l’autre côté (celui de l’économiste visionnaire). Je note dans l’article consacré à Pierre Dubois que Jean-Pierre Ghelfi est parti le 8 juin, soit un jour avant Pierre. En économiste visionnaire, Jean-Pierre est allé préparer le chemin pour Pierre. C’est une vraie amitié.

Je reprends la cérémonie. J’ai cru arriver avec assez d’avance à la cérémonie… presque toutes les places assises étaient déjà prises ! On a été accueillis par de la musique, puis il y a eu des témoignages de la famille. Celui de Raymonde a été très représentatif du personnage avec ses diverses facettes et elle a raconté comment était arrivé le dernier moment de Jean-Pierre alors qu’ils étaient sur le Danube. Cela a été une vraie épreuve. Je le regrette pour lui et pour la famille. La vie est déjà compliquée, si le dernier moment l’est aussi, c’est dur. Mais, la cérémonie a été empreinte d’une telle chaleur qu’elle doit avoir adouci le parcours vers l’autre côté du miroir de Jean-Pierre.

Il en est ressorti tant des témoignages de la famille que de ceux de ses amis et connaissances que Jean-Pierre avait été un fin cuisinier ! J’ai appris quelque chose. Plusieurs autres personnes ont rapporté ce qui se disait dans l’entourage : « Jean-Pierre avait été comme une bonne bouteille de vin, avec le temps il s’était bonifié ! » C’est si joli et profond. Ils ont eu raison de le relever car, ces dernières années, lorsque je le croisais en ville, son sourire était plus éclatant et ses yeux plus pétillants. L’avant-dernière fois que je l’ai vu, nous avions échangé quelques mots et il m’avait même remerciée pour quelque chose que je lui avais dite. Je l’entends et le vois encore… J’ai eu la nette impression qu’il m’ouvrait les portes de son soi. Cela s’est passé près de l’UBS. Chaque fois que je passe par là, j’ai une belle pensée pour Ghelfi.

La surprise. Lors du premier discours officiel, celui de la conseillère communale Julie Courcier Delafontaine, j’ai eu un moment hors du temps. En effet, elle a commencé par rapporter le bel hommage que Jean-Pierre avait rendu à Freddy Landry, Freddy qui a joué un si grand rôle dans ma vie. Je n’ai plus su où étaient les différences temporelles. Elle a rapporté les paroles suivantes prises dans l’Événement syndical : « Il y a des gens, il sont comme cela : ils ont une passion, ils s’y tiennent, ils veulent la faire partager.  » Si la passion de Freddy avait été celle du cinéma, celle de Jean-Pierre avait été l’intérêt général, le bien public et il partageait cette passion avec les autres.

Sa passion pour l’économie et les gens l’a fait devenir une référence dans l’économie locale et fédérale :

  • membre du Conseil général, puis au Conseil communal de Neuchâtel (1972-1976) ;
  • vice-présidence de la Commission fédérale des banques jusqu’en 2003. Il réclame, avant la FINMA et la chute du Crédit suisse, plus de moyens pour surveiller les banques ;
  • lorsqu’il est à la Caisse de pension de l’État de Neuchâtel, il œuvre pour que les serviteurs de l’État aient une retraite sereine ;
  • présidence de la Banque Cantonale neuchâteloise (BCN) jusqu’en 2011 ;
  • membre fondateur en 1996. de Noël autrement avec Valentine Schafter, présidente, Ghelfi secrétaire, et Thomas Facchinetti, caissier. « Autrement », pour ceux qui sont seuls ou veulent vivre autrement cette période ( Jean-Pierre s’était inspiré de frère Leo de la congrégation de la Salle qui avait fait un Noël pour les prisons CCP [collectif, concert en prison ]- information à compléter).

Voici quelques extraits du texte du discours que son ami Nicolas Rousseau a tenu ce même jour et qu’il m’a aimablement transmis : « Ses adversaires n’ont jamais manqué de critiquer sa (cette) liberté d’esprit,  affirmant qu’elle aurait empêché Jipé de conduire une carrière politique au plus haut échelon. »

Et encore : « … j’en atteste, les honneurs, Jipé s’en moquait ; il est toujours resté modeste, refusant ainsi de montrer la vidéo d’Archives pour demain qui lui a été consacrée en 2016. Il se faisait appeler Le roi de Suisse, avec là un zeste de dérision qui n’était pas pour lui déplaire ; loin d’être des courtisans, ses amis pouvaient le charrier, cela sans qu’il s’en formalise. Et s’il a été vice-président du PSS, il n’a pas cherché les lumières du poste. […] son influence n’en a pas moins été marquante. Au plan suisse, il avait l’oreille du président du PSS, Helmut Hubacher, et il a aussi aidé à l’accession de René Felber au Conseil fédéral. Au plan cantonal, il  a encouragé les candidatures au Conseil d’État de Pierre Dubois, puis de Jean Studer, entre autres. Dans sa ville, il est aussi resté actif, aux côtés notamment de son ami le conseiller communal Blaise Duport, du directeur artistique du Centre culturel neuchâtelois André Oppel. ainsi qu’à ceux de certains de ses anciens camarades, dont son cher Jean-Jacques Delémont. »

Merci Nicolas d’avoir mentionné André, feu mon ami, qui participait aux séances de rédaction du Canard Bleu (même le jour de son anniversaire !) et qui ornait le journal de ses dessins assez humoristiques (c’est sous ma remarque un peu insistante qu’il a fini par les signer A. O.).

Côté syndical. Celui qui m’apporte une belle synthèse est l’un de ses autres grands amis, Jean-Claude Rennwald. Ce dernier a une plume très dense qui qualifie si bien Ghelfi. Tout d’abord, il dit de lui qu’il est l’économiste des travailleurs. C’est magnifique ! Voici quelques extraits de l’article qu’il a publié après le départ de Jean-Pierre sur l’Événement syndical » (je ne peux m’empêcher de penser que ce journal a été habillé par le plume de Ghelfi sur Freddy et que cette fois c’est par celle de Jean-Claude sur Ghelfi… Voici donc les extraits :

  • il avait notamment la capacité d’expliquer les mécanismes économiques les plus complexes aux travailleuses et aux travailleurs ;
  • il était aussi régulièrement sollicité par des journalistes pour qu’il leur explique les tenants et aboutissants d’un problème difficile à comprendre ;
  • à la FTMH comme à Unia, Jean-Pierre Ghelfi avait effectué des travaux pour la branche des machines et de l’industrie chimique. Mais il mit surtout ses compétences au service des travailleuses et des travailleurs de l’horlogerie ;
  • comme expert économique, il participa à de très nombreuses négociations salariales et à plusieurs renouvellements de la convention collective de travail (CCT) de la branche ;
  • sur de nombreux sujets, ses démonstration étaient époustouflantes, à tel point que même la délégation patronale en était souvent impressionnée ;
  • Jean-Pierre Ghelfi aimait aussi prendre du recul par rapport à l’actualité immédiate. Cela explique pourquoi il avait participé à l’écriture de quelques livres. En particulier Témoignages d’ouvriers (FTMH, 1987), qui rassemble des points de vue de salariés sur la paix sociale dans l’horlogerie ;
  • dans un entretien au Temps, 13 mai 2012, Jean-Pierre Ghelfi avait souligné que la paix du travail, conclue en 1937, avait aussi eu des effets négatifs, alors qu’une politique plus combative aurait eu pour résultat de meilleures conditions de travail ;
  • Européen convaincu, mais tout en étant partisan des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes (on lui doit d’ailleurs l’idée des salaires minimaux dans la CCT de l’horlogerie), il fut l’un des auteurs de deux ouvrages collectifs, Europe mon amour ? (CJE, 2000), publié avant la  votation de l’an 2000 sur les accords bilatéraux, et Suisse-Union européenne. Les 44 questions qui irritent les Helvètes (CJE, 2005) ;
  • Jean-Pierre Ghelfi écrivait régulièrement dans La Lutte syndicale puis dans l’Evénement syndical. Sa plume pouvait être parfois très piquante.

Si ceux qui ont lu l’article de Jean-Claude se diront qu’en fait d’extraits… il y a presque la totalité de l’article, ils auront raison. Je n’ai pas pu passer sous silence tellement de faits marquants.

Si cet article concerne Jean-Pierre, je voudrais ajouter un mot de remerciement pour Raymonde qui a toujours été présente dans le parcours de son compagnon et qui me touche toujours plus chaque fois que je la rencontre.

Le temps… Cet article a pris du temps parce que… c’est le temps qui a décidé qu’il en irait ainsi et parce qu’il s’est dit qu’il était aussi temps que j’aie une magnifique photo de Jean-Pierre et de Raymonde et que c’était Nicolas qui pourrait me la fournir. Elle est pleine de poésie !

Voici la magnifique photo aimablement proposée par Nicolas et que je trouve si… si… si pleine de poésie, je n’ai pas d’autre mot.
Il n’y a rien à ajouter à ce magnifique poème choisi par Raymonde. Il dit plein de choses dont le fait que nous sommes marqués par la façon dont nous vivons les événements. On ne peut éviter ces derniers, mais c’est à nous de leur donner une façon. C’est un thème récurant dans mes cours et tant Prévert que Raymonde vont me permettre d’ajouter de la poésie à mon discours. De plus, il est question de Paris, ville qui a toutes mes faveurs et là, je craque.

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Fête de la danse 2026

C’est la xe fois que je participe à cette fête et les expériences sont toujours surprenantes.

Atelier du corps et de l’esprit. C’est le cours qui a été retenu pour cette fois. J’ai précisé que je préférais des personnes au-dessus de 25 ans parce qu’il faut une certaine expérience de la vie, vie que nous aimerions égale à un long fleuve tranquille… mais qui s’ingénie à nous faire nager avec le soleil en plein sur la figure, dans le vide, sous l’eau de mille et une autre façons.

La vie, le long fleuve tranquille de nos rêves…

J’ai construit cet atelier autour d’un poème inspiré par les haïku. Comme dans tout autre poème de ce genre, deux scènes sont suivies et la troisième amène un élément de surprise. Ces poèmes sont liés à la nature, mais le contenu peut faire émerger des situations vécues et c’est tout l’intérêt du cours. Ensuite, on voit comment on vit différents états. Le principal est de finir « en beauté », c’est-à-dire en ayant trouvé une solution, une raison favorable pour nous si la situation évoquée a semé le trouble.

J’ai eu trois participantes qui ont été comme un cadeau. Mon cours n’est pas un cours habituel et le fait d’avoir peu de personnes permet de travailler en profondeur, ce qui me comble car j’ai un faible pour ce genre de travail. C’est un plaisir sans fin que d’apporter quelque chose à l’autre. D’emblée, nous nous sommes senties dans un même monde, puis l’une a dit qu’on s’était rencontrées au mariage d’une connaissance commune il y avait des années. Mon Dieu, oui ! J’ai beaucoup aimé cette amie et serais heureuse de la revoir. L’autre a dit avoir enseigné le français et enseigné ainsi que la pédagogie de la langue. Comme l’un de mes métiers est la révision de textes, nous nous sommes trouvées aussi en territoire connu. La dernière est danseuse, depuis toujours pour ainsi dire et cela a suffi aussi pour qu’on se dise que le destin avait bien fait de nous réunir.

Préparation du cours. On a beau enseigner depuis des années, il faut toujours revoir la matière avant de la transmettre et cette fois, j’ai vu la réunion de trois éléments éclairer mon enseignement : l’expérience, la notion de kai zen et les mots d’une connaissance qui travaille dans le domaine de la culture ; tout cela a fait un tout pour ce cours. L’expérience m’a fait dire qu’il fallait quelque chose d’autre, la notion de kai zen m’a permis de simplifier certaines opérations et « lorsque vos différents mondes se croisent, c’est que vous êtes sur la bonne ligne » sont les mots qu’on ma dits une fois et que j’ai vécus au moment où j’ai préparé des fiches pour ce cours en m’inspirant de celles que je suis en train de préparer pour mon spectacle « lecture-théâtre ». Ces trois éléments ont fait un tout.

Pendant le cours. La première chose dont on a parlé c’est l’âge parce que l’une des participantes l’a mentionnée. Il semble que la matière, les particules qui composent ce monde ne font que se recycler. Mais, voici que je viens d’apprendre de la part d’un physicien que l’atome d’oxygène est apparu trois secondes après l’apparition de notre Terre, soit il y a 13 milliards d’années et que celui de l’Hydrogène est apparu il y en a cinq. Cela relativise tant de choses. Puis, nous avons parlé des cellules qui nous habitent, de leur rôle, de leur métabolisme et conclu que nous avions une liberté incroyable parce qu’il y a façon et façon de vivre les choses.

Dans mon cours il est question de poèmes qui sont des prétextes pour vivre différents états émotionnels. Lorsque je leur ai lu les divers poèmes que nous pouvions interpréter, toutes les trois ont souri à celui sur les fleurs. C’est ainsi que nous avons d’abord déambulé autour de fleurs en folie, de désordre et de fête.

Puis, nous sommes passées à de l’air chaud, des branches qui bougent et à nouveau à une fête. En réalité, la fin du poème était différente, mais l’une des participantes avait fini la deuxième partie en voyant un tronc « déplumé » de ses feuilles qui gisaient par terre et avec un sentiment de tristesse. Le cours ne dure que 45 minutes et on était proches de la fin. Alors, j’ai renoué avec la fête et la participante a fait voler les feuilles dans le ciel pour qu’elles retrouvent une nouvelle vie !

La solution pour la participante et Rémy Gilles. C’est parce que je cherchais non pas à apporter une solution à la participante mais à l’aider à la trouver elle-même que Gilles est venu à mon secours. Nous avons toujours des idées pour résoudre les problèmes des autres, mais elles ne conviennent pas toujours ou ne correspondent pas à la réalité de l’autre. Gilles Rémy est un musiciens qui a animé nos rues neuchâteloises pendant des années avec sa « Jazz Band ». Dans mon répertoire, j’ai une danse sur l’une de ses compositions : « Les Roses de Picardie ». Je venais justement de la répéter pour la fête de quartier de la rue du Château qui avait eu lieu la veille de la fête de la danse. Désirant en savoir un peu plus sur la façon dont Gilles avait eu l’idée de sa version, j’avais cherché son adresse sur la Toile et lui avais envoyé un message. C’est sa compagne, Céline, qui m’a répondu et appris qu’il avait quitté ce monde en 2024. Mais, a-t-elle ajouté, il a joué de la musique jusqu’au bout. Céline se rappelait de moi (un miracle !) et on a convenu qu’une fois qu’elle reviendrait avec la troupe recomposée, je leur ferai un spectacle avec ma danse. Je reprends le début du paragraphe pour préciser que c’est la musique de Rémy, du jazz New-Orleans, qui aidé la participante à trouver une solution. Il va de soi qu’on a remercié Rémy !

Les contraintes, les données, les événements. Chaque poème est un monde, un cadre accompagné d’une musique. Chacun vit les mots et la musique à sa façon. On peut se laisser porter par la musique, sentir inspiré, limité ou obligé par des mots, on peut se donner des libertés, etc. L’une des participantes a expliqué à une autre, qui se sentait limitée par une image, que les contraintes aidaient à trouver des solutions. Cela a ouvert une porte chez la première personne. C’était beau.

L’ambiance. Elle était la même pour les différentes personnes. C’est bien la première fois que j’ai vu les participantes avoir des interactions, danser ensemble. Ce n’était pas chacune vivant son état, elles ont dialogué. Cela s’est fait tout seul.

Fin du cours. Comme il fallait libérer la salle, j’ai proposé qu’on discute des dernières interprétations autour d’une table à l’entrée du théâtre, mais l’un d’elles, celle qui est danseuse moderne, a trouvé qu’on se devait d’avoir une sorte de fin de cours et m’a remerciée et ajouté qu’elle avait eu un « amuse-bouche » de mon riche enseignement, de ce que je pouvais transmettre. De la part de quelqu’un qui pratique le même art que moi c’est un immense compliment !

La scène ouverte du dimanche, m’a permis de danser « Cueillir un lotus ». Le matin, il y a eu une répétition générale et, passant la première, je suis arrivée assez tôt et ai pu échanger deux mots avec Nassim, le technicien son. J’ai ainsi appris qu’il travaille pour Sound Patch et que donc il travaillait avec Gilles (curieux comme deux Gilles peuvent se retrouver dans un même texte), Gilles Perrenoud. On se connaît presque depuis toujours et il a fait l’installation technique de mon studio de travail. Je venais justement de penser à lui la veille l’avais remercié une fois de plus pour son travail.

La fête de la danse. Elle m’a permis de faire un tour au théâtre du Passage, théâtre dont la motion politique a été rédigée par feu mon ami André Oppel et que j’ai tapée à l’ordinateur, théâtre aussi dont j’ai habillé les loges avec les costumes de ma collection le jour de l’ouverture – j’y ai aussi fait des maquillages – théâtre aussi qui a vu le dernier spectacle qu’André a présenté « Alphonse Allais ». Quant au théâtre du Concert, autrefois le théâtre de Neuchâtel, j’y ai vu André jouer et j’y ai aussi dansé. Merci aux organisateurs de cet événement, spécialement Mehdi Berdal, au personnel présent et au régisseur son Nassim. Sans eux, je n’aurais pas revécu ces moments, je n’aurais pas non plus enrichi mon expérience ni pu apporter de ce que je décris dans cet article.

Photo prise par la photographe officielle de la fête Thalie Rossetti que je remercie.

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Conversations 17

Je ne cesse de m’émerveiller de la richesse de l’esprit humain !

Conversations 1. Je vais vous expliquer pourquoi les Phéniciens ont introduit le P dans l’alphabet !

Dans un supermarché. Je dis à l’un de mes vendeurs préférés que je suis rentrée de Paris où j’ai vu, à l’institut du monde arabe, le premier alphabet de nos langues : le proto-cananéen.

Alphabet protocanéen : il est l’un de nos plus anciens alphabets et ancêtre de nos alphabets cyrilliques et latins. Je lui dis que c’était curieux parce qu’il était composé de 19 lettres mais n’avait ni le P ni le S. Sa réponse ?

Réponse : « Normal, c’est quand ils ont su que je viendrais au monde qu’ils ont pensé au P ! ». Une telle réponse ne peut que me combler. Notre ami s’appelle Paolo et il a un esprit de répartie qui ne peut s’apprendre même si vous faites un doctorat à l’université. C’est une richesse innée.

Création de l’alphabet. Le premier alphabet s’est inspiré des hiéroglyphes égyptiens. Au lieu d’avoir des images et des sons, les Cananéens ont eu l’idée de ne garder que le premier son de l’image. Ensuite, les Phéniciens se sont dit qu’ils devaient préparer la venue de Paulo et ont donc introduit le P.

Conversation 2. On va rester dans le langage et passer au calembour.

Dans le même supermarché. Il y a une caissière dont l’esprit est plein de gentillesse, de joie, de bonne humeur. Elle est très aimable même avec les personnes qui ne disent ni bonjour ni au revoir et il y an a ! Quand je le lui fais remarquer, elle dit : « Oh, mais ils ont des préoccupations. »

La bonté. C’est parce que je lui faisais voir combien elle était au-dessus de toutes ces choses-là qu’elle m’a dit qu’un client lui avait dit qu’elle était comme une théière : pleine de « bon thé » (bonté). Ah, j’aimerais bien connaître ce client si imaginatif. C’est tout simplement magnifique.

On a un jeu de mots basé sur des homophones, soit un calembour.

De brèves rencontres-conversations. Je descends la rue du Château et rencontre des ados qui vont faire une visite en haut de la ville et deux d’entre elles me disent : « Que vous êtes élégante, madame ! » Je leur réponds avec un sourire pour leur dire que je les remercie et que je leur veux du bien. Au bas de la chaussée de la Boine, une dame d’un âge certain me dit qu’elle trouve que j’ai de belles couleurs et qu’elle aime. Je lui réponds que l’on ne peut résonner avec quelque chose que si on l’a. Elle répète que j’ai de belles couleurs, qu’elle me voit souvent et que j’ai un style particulier. Puis, un peu plus haut, je rencontre une autre dame du même âge qui me dit que je suis élégante. Je lui dis qu’elle aussi (elle porte une belle blouse noire et une veste rouge vif qui vont bien avec ses cheveux blancs. Elle me dit que non, qu’elle me voit souvent (elle aussi… Je n’ai pourtant pas l’impression qu’on me voit) et que j’ai trouvé mon style personnel et finit par me dire : « Je vous congratule ! ». Je suis soufflée et ai de la peine à sortir des mots pour lui dire : « Je vous souhaite une belle vie. » Je me sens comme dans un conte.

Encore une – conversation 3 : je discute souvent avec les ouvriers qui travaillent sur la route près de chez moi. Leur chef est un homme bien posé et quand il dit quelque chose c’est du sérieux. Je le vois aujourd’hui, vendredi, à midi et, imaginant que l’équipe a fini sa semaine, lui dis :

  • Alors, c’est fini ? Je faisais allusion à la semaine.
  • Oui, on a fini ici et ce qui est ouvert derrière va rester comme cela.

Je réfléchis, revois dans ma tête les trous faits derrière la maison, me dis que ce sera d’autres ouvriers qui vont finir parce qu’il faut une spécialité quelconque…

  • Mais non ! dit-il content de m’avoir joué un tour.
  • Vous auriez dû jouer du théâtre, vous avez le ton convainquant ! dis-je ,et on se quitte en rigolant ; lui parce qu’il m’a joué un tour et moi parce que j’admire son talent.

Un seul point d’appui. Conversation 4. Cette rencontre est à la suite des précédentes. Juste avant d’arriver chez moi, je vois un monsieur qui attend le bus et il a une posture si particulière que je lui dis :

Fin de la conversation : je suis reconnaissante à ce monsieur pour son appréciation et lui dis que j’ai une plateforme et que je vais y mettre le tout. Je lui donne ma carte. Je bus arrive, je rentre chez moi et il part. Voici la photo :

Un seul point d’appui suffit : oui, n’est-ce pas extraordinaire de voir cette longue figure, tenir sur un pied et n’appuyer le tout que d’une main ? Qui admirer ? Le constructeur du mur ou la confiance du monsieur ou le créateur de l’être humain, ou les trois ? Cette photo va me servir dans mes cours. Ce n’est que maintenant que j’y pense.

Lien vers d’autres conversations :

Une tout à fait à part : conversations whatsapéennes.

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Musicien de rue – Pierrick

Dès que j’entends l’orgue de Barbarie en ville, à Neuchâtel tout particulièrement, je fonds ! Mais, en général, les musiciens de rue, je les trouve remarquables parce qu’ils font beaucoup d’efforts afin de faire que l’âme de ceux qui les écoutent résonne avec la musique jouée.

Pierrick, prénom breton, fait partie de la bande qui compose mes musiciens de rue préférés, soient Karl Walter von Laufen (piano), Gilles Rémy et sa Jazz Band, Jean-François Beuchat (accordéon), un groupe de musiciens de l’Est (divers instruments). Chacun de ces derniers m’a apporté de la musique que j’ai pu introduire soit dans mes cours soit dans mes spectacles.

Pierrick joue des morceaux anciens dont certains français et cela me comble. Samedi de Pâques, il était là et il m’a expliqué qu’il jouait sur un orgue suisse, un orgue Hopp. Le voici en personne :

Et voici les morceaux de musique qu’il avait avec lui ce jour-là :

Je pense qu’en lisant les titres, votre mémoire se met en route. Alors, je vous laisse l’écouter.

L’orgue, les orgues. L’orgue fait partie de trois mots qui exceptionnellement en français sont masculins au singulier et féminins au pluriel. Les trois mots sont : orgue, délice et amour. On dit donc un orgue suisse, des orgues anciennes ; un vrai délice, des délices méritées et un amour, de belles amours. Alors, si musique et langue française se mettent ensemble, je suis au paradis. De plus, la semaine passée, l’une des spectatrices de mon spectacle « Lecture-théâtre autour du… mot » les avait mentionnés et cela m’a permis d’ajouter une fiche à celles dédiées aux « curiosités » de la langue française. Dans mon monde, les choses s’interpénètrent.

L’orgue de barbarie. Je rappelle ici sa définition : « Orgue de Barbarie, Instrument portatif dont les tuyaux et la soufflerie sont actionnés par un cylindre noté qu’on fait mouvoir au moyen d’une manivelle » (Académie française). Vous noterez que c’est écrit avec une majuscule. J’y reviendrai. Quant à l’origine de son appellation, elle reste incertaine et varie selon les sources. Ce qui est sûr c’est que l’orgue à manivelle le plus ancien se trouve à Salzbourg, qu’il a été fabriqué en 1502, et qu’il fonctionne toujours !

Chambaron, mon cornac en français, me dit que la majuscule est optionnelle puisque c’est une déformation et non pas un nom propre. En effet, ce n’est ni une région ni un nom propre. Il m’a fait lire la définition de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert où l’instrument s’appelle serinette avec comme synonyme orgue de Barbarie (avec majuscule), 1747. On est au clair maintenant.

Je reviens à Pierrick. Samedi, nous discutions et je vois une jeune femme chercher une pièce pour la mettre dans le panier… panier absent ! On était au milieu de la journée, je ne sais depuis combien de temps Pierrick jouait mais il était parti dans sa musique et oublié de mettre le panier. La chose est réparée, la jeune femme met sa pièce et s’apprête à s’en aller lorsque Pierrick lui demande :


Une fillette. Une maman met une pièce dans le panier avant de rejoindre ses enfants assis sur le rebord du mur du Temple du Bas. Pierrick voit une fillette et lui demande si elle veut tourner la manivelle.

La fillette bouge – Pierrick avait aussi senti que la fillette aurait voulu faire, je n’ai été que la traductrice de la scène. Pierrick m’a quand même remerciée pour la traductioin.

On sent la joie de la fillette. Cet orgue est plein de mémoires !

J’ai appris. Oui, j’ai appris que selon le morceau dans l’appareil, on tourne plus ou moins vite la manivelle. Je ne cesse de m’émerveiller en comprenant, une fois de plus, que chaque métier a ses règles et qu’on ne peut y déroger. Je n’avais pas remarqué ce détail qui est n’est plus un détail. C’est comme dans la vie, il y a des règles qu’on ne doit pas ignorer. Je me suis enrichie.

Une fois. Si la chance me sourit, j’aurai avec moi un enregistreur pour enregistrer la belle voix de Pierrick.

Je voulais mettre le lien vers les musiciens de rue cités et m’aperçois que je n’ai rien écrit sur Karl. Quel dommage ! Pourtant qu’est-ce que nous avons parlé et lui aussi m’a fait cadeau de l’un de ses disques. Il a été mon premier musicien de rue pourtant. La dernière fois que je l’a vu, il m’a dit que les conditions pour venir jouer étaient devenues très compliquées. Je souhaite qu’il aille bien et le remercie ici pour sa musique. J’aurais voulu au moins insérer l’un de se morceaux ici, mais, je n’y arrive pas. Il me faut de l’aide.

Liens vers d’autres articles :

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Conversations whatsappéennes

Il y a bien des façons de rencontrer quelqu’un et Whatsapp, je l’ignorais, en est une !

On rencontre quelqu’un pour une raison tout à fait anodine et il suffit d’un échange de numéro de téléphone pour que l’on découvre l’autre et qu’on ait un plaisir indicible à le lire. Voici quelques extraits de ce que j’ai pu évoquer chez l’autre.

Je précise qu’on ne s’est pas envoyé de nuages, c’est ensuite que je me suis dit que j’allais faire un montage ; l’image et les couleurs se sont imposées d’elles-mêmes.

Voici quelques-unes des réflexions que j’ai pu avoir sur l’autre :

C’était aussi une période magique puisqu’elle a eu lieu entre un peu avant Noël et un peu après Nouvel An. Je n’ai même plus pensé à ouvrir ma bouteille de Mauler à Noël ni à mes autres traditions de fin d’année ! Cela n’a pas été un rêve mais une belle rencontre.

Même période. Les roses… Elles durent une semaine si je change l’eau tous les jours, parfois moins et dans des cas exceptionnels, deux semaines. Cette fois-ci, il y a eu quelque chose de magique et elles en ont duré trois. Je n’ai pas pensé à les prendre en photo, mais voici leurs cousines.

J’ai toute une série d’articles consacrés aux conversations de rue. Je vous donne quelques liens. Celle de cet article est une exception :

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Conversations 15

Je suis toujours émerveillée par l’esprit humain. On a tous un même vocabulaire (bon, on suppose !), mais la façon d’agencer les mots me remplit parfois d’un immense plaisir.

Dans un grand supermarché. Je commande quelque chose, vais déposer une bouteille dans le récipient qui les récupère et retourne vers la vendeuse.

  • Suis-je supposée payer ? dis-je avec le sourire.
  • On verra en 2027, pour le moment on est en 2026 et il faut payer.

On éclate de rire. Je vous le dis, l’esprit humain est riche.

Que m’arrive-t-il ? Je me trouve dans un supermarché, à la caisse. Devant moi, une dame assez âgée et vers la caissière une autre dame d’un cinquantaine d’années. Elle se retourne, voit l’autre dame âgée et l’aide à mettre le panier sur le comptoir.. Je me dis que c’est une cliente attentive aux autres. Je dépasse la deuxième cliente et dis à la première qu’elle est une personne attentive aux autres et la remercie. Elle répond que c’est normal. Elle paie son addition, comme elle n’a pas de carte du magasin, elle demande à la dame derrière elle si elle veut les points. Il y en a beaucoup et la dame no 2 la remercie. Je lui dis alors que si elle attend elle aura aussi les miens. La dame range ses achats avec lenteur et au moment de payer, je lui demande sa carte pour qu’on lui mette mes points. C’est alors qu’elle dit : « Que m’arrive-t-il ? » Je lui dis que c’est Noël !

Toujours à la caisse. Je vois un panier mal posé par une cliente inattentive. J’en ai assez de toujours ranger. Pourquoi ne pas ignorer ? Parce que, parce que les choses rendent service et qu’elles méritent d’être bien traitées. Tout a une mémoire. Alors, je vois devant moi une maman et son fils d’environ dix ans. Je demande à ce dernier de me donner un coup de main avec le panier. La façon dont il le fait, me fait penser que ce garçon est débrouille et qu’il doit bien aller à l’école. J’aime toujours savoir ce que les enfants aiment à l’école. Le sort m’est favorable parce qu’une cliente devant nous prend un temps fou dans je ne sais quelle opération. Je m’approche donc du garçon et lui demande comment il va à l’école. Il répond qu’il va bien. Partout, dans toutes les branches ? Oui, dit-il. Et, qu’est-ce que tu aimes le plus ? Les maths, réplique-t-il tout de suite. Je lui demande s’il sait que le signe égal a été inventé par non pas un Anglais, mais un Gallois parce que… Je n’ai pas fini ma phrase qu’il me dit qu’il sait. Je lui demande comment cela se fait et il répond que c’est sur YouTube qu’il a trouvé. Donc, il sait que c’est quelqu’un qui était fatigué de toujours écrire « est égale à « . Sa mère dit qu’elle a appris quelque chose. Je félicite le garçon et lui souhaite une belle suite dans la vie. Il me dit au revoir avec un regard intense.

Au marché. J’attends que ma marmette me serve et vois un garçon d’environ dix ans qui raconte avec beaucoup d’enthousiasme quelque chose à une dame qui pourrait être sa grand-mère et qui est plus occupée à regarder les légumes. J’ai un peu de temps et me dis que je devrais encourager ce garçon. Je lui demande alors de quoi il parlait et il me raconte en long et en large sans aucune faute de français (il faut le faire !) qu’un membre de sa famille en France a loué une grande salle (il a utilisé un autre verbe qui doit vouloir dire « s’approprier », mais je ne sais plus lequel) et il va y retrouver ses cousins – ils s’adorent, etc. Je lui demande s’il aime écrire parce qu’il parle volontiers. Il me dit que l’année précédente, maintenant il est au collège, il y avait une sorte de joute de mots (là encore il a utilisé un autre mot, plus actuel) et les élèves devaient écrire en quelques minutes une histoire vraie ou inventée avec le plus de mots possible. Il était champion. Mais, maintenant, il est très bon en maths et là où il « s’explose le plus » c’est en anglais. Et le français ? Lui ai-je demandé. « J’aime pas le français ». Pourquoi ? Tu n’aimes pas le prof ? »Non, ce n’est pas cela. C’est compliqué. Maintenant on fait le présent de l’indicatif ». Je réfléchis un moment et lui dis que c’est dommage s’il aime écrire. En maths, il y a les chiffres qu’on utilise d’une façon ou d’une autre et en français il y a les lettres et les mots, que d’une certaine façon c’est la même chose.

La date exacte est 1557.

Je ne sais pourquoi, je lui parle de familles et lui dis que les verbes sont comme les familles : il y a des familles qui ne disent pas bonjour (le garçon fait oui de la tête), d’autres qui parlent tout le temps, d’autres encore qui ne sortent jamais, ou d’autres qui sont tout le temps dehors (le garçon me suit). Les verbes c’est pareil, il y a des groupes comme ceci et d’autres comme cela et puisqu’il aime écrire il n’a qu’à s’inventer des histoires avec eux. Lä, le garçon semble s’éveiller. Comme il ne connaît pas la naissance du signe « égale » en mathématique., je le lui explique et il dit qu’il ne savait pas. Je lui ai donné ma carte de visite si une fois il se trouve à court d’idées. En partant il m’a remerciée et dit au revoir. C’était joli.

Mon cornac en français est Chambaron et il est formidable ! Je lui ai fait part de l’explication des signes et il rajoute :

Maintenant tout est clair !

Dans un autre supermarché. J’arrive à la caisse, je paie et un jeune caissier me rend la monnaie en comptant : sept cinquante, huit et deux qui font dix et dix qui font vingt. Je n’en reviens pas. La plupart des caissiers actuels vous mettent l’argent dans les mains ou alors si la caisse marque 8,50 vous disent ce nombre-là. Je le félicite d’agir ainsi et il me dit qu’il l’a appris durant son apprentissage. J’emballe mes affaires, mais la chose tourne en moi. Je retourne vers lui et lui dis : « Vous étiez bon dans votre apprentissage! ». Il est un peu gêné mais dit qu’il a fait de son mieux. Je lui dis que je vais parler de lui parce que j’ai entamé un échange de messages avec le gérant de la Coop de la Maladière. Il me dit qu’il doit peut-être se rappeler de lui parce qu’il y a travaillé. Je lui dis que le monde est petit ! Il sort de sa caisse pour aller chercher un article pour un client.

Je profite pour parler avec deux adolescents qui étaient derrière moi et leur demande : « Comment cela se fait-il que vous utilisiez tellement ce ‘du coup’ ; du coup j’achète un portable (ce sont les mots que l’un d’eux avait utilisés), du coup je dis, du coup je fais fais… ». Ils sont étonnés mais je les vois chercher une réponse dans leur cerveau. Finalement, l’autre dit qu’il ne sait pas. Je dis alors, que l’on se doit de toujours rester maître de soi, qu’on doit pouvoir être indépendant des modes et savoir ce que l’on dit et fait. Tout cela se passe dans une atmosphère détendue.

Le caissier est revenu, je lui dis au revoir et il me souhaite un bon week-end. Je fais pareil et l’un des ados me souhaite un bon samedi avec le sourire. Je fais de même. J’ai un sentiment de bien-être.

Encore dans un magasin. Je cherchais un produit que je ne trouve pas, j’ai toutes les courses du samedi sur un diable et à l’épaule. Une femme d’une trentaine d’années me laisse passer, je la remercie et elle répond :

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