Rencontres particulières 6 : Paul du Marchie van Voorthuysen

For those friends who speak English, here is the link for the English version.

L’émission « Passe-moi les jumelles » a tourné un reportage sur un personnage hors du commun, le philosophe Paul du Marchie van Voorthuysen et présenté cet automne à la télévision suisse romande. J’ai été très impressionnée par cette personnalité si hors de notre époque qui court après la rentabilité, les choses superficielles et vite consommées. J’ai été enthousiasmée de savoir qu’un être aussi plein de talents et si simple en même temps vive dans un endroit pas si lointain du mien.

Arrivée. Je me suis dit qu’il fallait que j’aille le voir. J’ai aussi pensé que je devrais aller avec mon élève de danse de 15 ans parce qu’une rencontre avec lui ne pouvait que lui faire du bien. M. du Marchie a 95 ans, des articulations, un physique et un esprit parfaitement sains. Son être respire la bienveillance bien que son oeil soit perçant . Il semble dire : soyez en harmonie avec vous-même et vous irez bien ; l’âge ? Je ne sais pas ce que cela veut dire, je vais chaque année dans le désert, en Inde, au Japon ou à New York, j’exerce plusieurs métiers, je ne connais pas l’ennui ; il est aussi celui qui dit : je pratique une philosophie qui m’est propre et qui me rend libre, indépendant de toute croyance, je n’ai peur de rien et ne possède rien de valeur au sens qu’on donne habituellement à ce mot.

M. du Marchie habite avec sa compagne, Nicole, laquelle exerce elle aussi plusieurs métiers, dans un endroit magnifique près du lac Léman et entouré de montagnes, Le Liboson, près de Haut-de-Caux. Nous sommes allées aujourd’hui, samedi 15 décembre 2018. Il y avait de la neige sur le chemin. Voici quelques images :

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En prenant des photos le long du chemin, je me disais que je me trouvais comme dans un conte de fées où il y avait des tentations sur le passage (paysages plus beaux les uns que les autres) auxquelles je cédais au lieu de me rendre tout de suite à l’endroit où je savais que j’allais rencontrer un être comme il en existe peu, un de ces êtres que tout le monde devrait rencontrer. Mais, je me disais aussi que cet endroit lui correspondait bien !

Visite. Nous avons eu de la chance. Nous avons été accueillies les bras grands ouverts par M. du Marchie et sa compagne qui partage sa vie depuis trente-cinq ans. M. du Marchie a été notre cicérone dans ce qui fut une ferme et qu’il a mis vingt-cinq ans à transformer en une demeure médiévale avec toutes les commodités modernes. On ne peut pas tout citer, mais il y a la porte en granit qui pèse 480 Kg, qui s’ouvre et se ferme soigneusement, en épousant le mur, sans bruit grâce à un système hydraulique fabriqué par lui ! et qui mène à la crypte égyptienne également creusée et sculptée par lui afin d’y installer la copie exacte d’une statue égyptienne qui baigne quotidiennement dans la lumière.

Chaque partie de la maison a été soigneusement étudiée et aménagée. M. du Marchie nous a encore montré un château médiéval miniature fait pour une enfant de dix ans qui a passé une année chez lui. Ce château a été fait en deux mois ! C’est à peine croyable. En effet, la fillette ne voulait pas d’une simple maison de poupées, mais d’un château et M. du Marchie en a fait un où tout est une réplique d’un vrai château. Tout fonctionne : le feu où l’on peut chauffer de l’eau, le puits d’où on peut la puiser, les gardes qui se chauffent sur le haut de la tour, une presse de Gutenberg, les meubles, et j’en passe. En plus, ce château est fait sur un mécanisme qui permet de le faire pivoter.

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Comme on le voit, chaque objet est une réplique d’un élément réel. On y voit même M. du Marchie qui joue de l’orgue, ce qui correspond aussi à la réalité, étant lui-même organiste. De plus, à sa gauche il y a la reproduction miniature d’un vitrail fait par lui et qu’il a dans sa maison !

Copie de la statue de Nefertiti qui se trouve au musée de Berlin.

M. du Marchie possède également une bibliothèque avec des ouvrages uniques, dont le seul exemplaire du Livre des Nibelungen ( Das Nibelungen Buch) écrit par Thea von Harbou et dont sa compagne est la seule personne à l’avoir traduit en français, sur du papier parchemin fait par M. du Marchie lui-même et relié en cuir, reliure également faite par lui ! Ce livre fait partie de son enseignement philosophique. Voici une page avec l’écriture gothique et des enluminures.

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Le thé. À la fin de la visite, nous avons été conviées à prendre le thé avec ce couple si particulier dont j’ai pu prendre une photo.

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Une danse. Nous avons été ravies de cette rencontre qui va nous marquer. Avant de partir, nous avons eu l’honneur d’interpréter notre danse « Les Souffles » sur une musique de Vivaldi.

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Le souffle est là avant notre arrivée, il est là pendant notre existence et il est là après notre départ.

Elle a été bien accueillie et j’ai eu la surprise de recevoir un cadeau des mains de M. de Marchie, un CD « Reflets d’infini », improvisations de Jean-Philippe le Trévou sur l’orgue du Liboson.

Je précise que M. du Marchie et sa compagne limitent le nombre de leurs visiteurs. Alors, c’est tout un symbole pour nous !

Autre moment particulier. Lors de cette visite, il y a eu un autre moment particulier. J’ai apporté, en signe de remerciements, un signet, fait par moi, pour chacun. Au moment où je préparais mon présent, j’ai pris soin de prendre divers modèles dont certains à double pour le cas où ils aimeraient le même dessin. Il se trouve qu’il y en avait un dont je n’arrivais pas à trouver un second exemplaire. J’ai dû chercher dans mes réserves et j’en ai trouvé un autre. Ce qui est fantastique c’est qu’ils ont choisi ce modèle-là, sans se concerter, quasiment instantanément ! Là, j’ai été projetée dans une autre dimension !

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@3m.ossature : témoignage

Une des participantes au cours donné dans le cadre du service des Sports de la Ville de Neuchâtel, Marie-Ange, dit qu’elle a « découvert avec plaisir cette technique de résonance, qui a pour but de redynamiser nos os. La pratique est facile à réaliser, donc accessible à tous. Je trouve essentiel d’accorder de l’attention à notre corps et d’en prendre soin. C’est aussi l’occasion de canaliser notre attention sur le moment présent. Personnellement, j’ai pu relâcher des tensions dans certaines parties de mon corps ainsi que distinguer clairement la différence entre mon côté gauche et mon côté droit. Au fil du temps, j’ai également ressenti les résonances plus intensément et profondément. Après les dix cours proposés, j’ai pu les sentir jusque dans ma cage thoracique en partant du dos. Ces cours donnés tout en douceur et bienveillance m’ont apporté un mieux-être. Ce furent des moments de partage riches et paisibles. Merci à ma chère Zully et au destin qui a fait nos chemins se croiser à nouveau ». (Je précise que Marie-Ange a été l’une de mes élèves lorsqu’elle a eu une dizaine d’années. C’est magnifique de se rencontrer plus tard, de voir que le souvenir laissé est bon et de pouvoir encore transmettre quelque chose).

Marie-Ange travaille avec des personnes en situation de handicap et on va organiser une ou deux rencontres afin que je puisse leur transmettre quelques outils qui leur rendront service. C’est un privilège pour moi !

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Giovanni, 5 ans, apprend un mot à Zully

La conversation est réellement un échange de propos, de connaissances, d’avis, de savoir. Je discutais un jour avec le petit frère d’une élève. Je mentionne, en passant, que ce garçon avait un sens de l’observation très aigu et que finalement je lui ai proposé de se joindre à sa soeur pour suivre les cours. Il connaissait tellement bien les pas et la musique qu’il pouvait faire le technicien du son pendant les répétitions et dire quand sa soeur s’était trompée !

Cela mis à part, il était passionné par les dinosaures.  Il se trouve que je discute aussi des choses qui passionnent les élèves. Je lui ai passé un petit livre que mon ami, André Oppel, avait laissé avant de quitter cette dimension terrestre. Le livre en question n’était pas réellement destiné à des enfants, il avait peu d’illustrations, mais Giovanni s’est montré intéressé, l’a pris et même m’a prêté l’un des siens !

Je reviens au sujet de la conversation que nous avons eue et voici le résultat :

Soliloque Giovanni 2017

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Soliloques d’une élève de danse de 14 ans

Le jeu de la vie se retrouve dans tous les domaines qui la composent. Ainsi, le cours de danse est-il un prétexte ou une occasion pour comprendre la vie, qu’elle a des règles, qu’on se doit de les connaître pour les assimiler et ensuite pouvoir jouer avec elles. Ce n’est pas toujours facile d’être élève, ce n’est pas non plus toujours facile d’être professeur.

Professeur – élève ou élève – professeur on l’est à tour de rôle tout au long de la vie, parfois même de la journée !

Le texte, ci-dessous, a été exposé sur un panneau lors du spectacle annuel 2017.

Soliloques Tili 2017

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Photos des danses ZS par Knut.2

Omar Tekbilek et Brian Keane m’ont inspirée pour la danse « Âmes du désert ». Elle fait également partie des danses présentées dans le cadre de mes spectacles intimistes. C’est la rencontre de deux âmes qui se trouvent dans le désert.

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Photos des danses ZS par Knut.1

Parmi les danses que mon élève et moi présentons lors de nos spectacles intimistes, il y a « Jeu de chaussettes » sur une musique traditionnelle sicilienne du plus bel effet.

Knut a bien voulu nous photographier et il y mis son grain de sel en désirant des photos d’effet et asymétriques. Rien de plus facile que de lui faire plaisir, Voici celles qu’il a choisies pour son compte Facebook :

Son titre : Traces de danse

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.Cette expérience m’a amenée à revoir ma danse et à y introduire ce que j’appellerai désormais la « norme Knut » afin de satisfaire cet oeil photographique !

Conditions de travail des employés qui ont affaire au public

Je remercie ce personnel.

Ce ne sont pas seulement les employés du service public ; il y a d’autres secteurs où les employés ont affaire au public : les vendeurs, les chauffeurs des transports en commun, les caissiers.

De façon générale, on leur demande de faire plus et plus vite.

Prenons les employés de la poste. Les facteurs : ils sont minutés ; ils n’ont plus le temps de dire bonjour, de faire connaissance avec les gens auxquels ils apportent leur courrier. D’après ce que m’a confié l’un d’eux, les machines qui les minutent ont été achetées à un pays voisin qui les avait essayées mais ne les avait pas trouvées adéquates !

Quand j’allais relever le courrier à la case postale, je pouvais échanger un mot ou deux avec l’un ou l’autre des employés, qui étaient des employés de qualité. Puis, leurs heures de présence ont été réduites une première fois, une seconde fois. Maintenant, ils ne sont plus là qu’une partie du matin ; les petits colis sont encore déposés à la case postale, mais les moyens et les autres plus du tout.

Quant aux employés qui se trouvent au guichet où on effectue des paiements ou envoie le courrier au sens général, ils vendent maintenant des bijoux, des assurances, des sacs poubelle, des livres… D’après ce qu’on m’a dit il n’a a plus d’apprentissage exclusif d’employé des postes, mais un cursus général. Je dois encore vérifier.

Le personnel soignant qui se déplace à domicile. Tout comme les facteurs, ils ont tant de minutes pour laver les dents à quelqu’un ou lui faire sa douche ou l’habiller, etc., etc., etc. Or, les personnes âgées qui sont encore à leur domicile, qui ont été indépendantes et qui peut à peu n’arrivent plus à se débrouiller seules ; alors comment calcule-t-on le temps nécessaire ? Faire un soin ce n’est pas seulement laver les dents, c’est aussi attendre que la personne dont on va s’occuper aie le temps d’entrer en communication avec vous, qu’elle accepte d’être aidée, qu’elle soit prête pour qu’on puisse lui laver les dents, les gencives ne sont pas toujours en bon état ; elle a des habitudes ou attend des égards, elle doit avoir le temps de remercier ou de dire qu’elle a telle chose qui ne va pas ou que justement telle chose va mieux. Ce n’est pas non plus facile d’accepter que l’on ne peut plus faire telle ou telle chose et de confier son corps à un étranger ! Avec le système actuel, on ne devrait plus parler de soins, mais d’actes, car un soin c’est pour prolonger le bien-être d’une personne. De la façon dont ces personnes sont généralement traitées, il y a de fortes chances pour qu’elles se sentent en trop et aient envie de partir au ciel plus vite !

Une de mes amies qui travaillait dans ce secteur a fini par donner sa démission en sachant que sa retraite serait moindre et une autre en a fait une dépression. Ce sont des cas isolés mais révélateurs.

Les chauffeurs de bus ? Il y avait une jolie ambiance de réelle convivialité autrefois et j’avais du plaisir à dire bonjour au chauffeur. Maintenant ils sont minutés, tout comme les postiers, les aides à domicile et tant d’autres. À croire que peu importe le secteur, il n’y a que la rentabilité qui vaille ! Dans les transports en commun, les chauffeurs ont à faire à des passagers qui saluent de moins en moins ou qui les agressent quand quelque chose leur déplaît. L’autre jour, j’ai demandé à des jeunes élèves (12 ans ?) de parler moins fort parce qu’à la fin de la journée la tête du chauffeur… J’ai eu de la chance, ils ont parlé plus bas. Le chauffeur m’a dit qu’il n’avait jamais eu une passagère comme moi et que c’était un jour à marquer d’une pierre blanche. Moi, je trouve normal de penser aux autres.

Mais, je remarque aussi que les chauffeurs ne vous saluent plus toujours non plus, certains ne vous regardent même pas. Et si vous dites quand même bonjour, bien d’entre eux ont maintenant des trucs dans les oreilles pour écouter de la musique ou ont leur regard et attention plongés dans leur téléphone portable, vous n’obtenez pas de réponse. Il y en a quand même de la vielle garde, ceux-là, il faut les soigner et je le leur fais savoir !

Je suppose que les chauffeurs se sont adaptés à la réalité qu’ils vivent ; ce ne sont pas seulement les passagers qui leur manquent le respect, ce sont aussi les automobilistes qui sont pressés, qui leur passent devant. Ils ne comptent plus le nombre d’infractions qu’ils constatent par jour, c’est dire…

Les vendeurs dans les magasins. Il y a plusieurs phénomènes qui entrent en jeu. Tout d’abord, l’extension d’ouverture des horaires n’a pas créé de nouveaux emplois. Je me rappelle la campagne politique qui prônait l’extension des horaires afin de faciliter la vie de ceux qui travaillent en semaine et qui allait créer des emplois… Je me disais que les politiciens n’y étaient pas. Cela s’est révélé vrai ! Par ailleurs, le commerce dit en ligne joue aussi un rôle. Les exploitants de ce type de commerce ont moins de frais de personnel et leurs produits coûtent par conséquent moins cher.  Cela fait monter la pression chez les vendeurs dans les les magasins : ils sont de plus en plus stressés, travaillent à une vitesse supérieure, sont de moins en moins nombreux pour le même travail, les cas d’absence pour raison de maladie accentuée sont plus nombreux. Je vois des vendeurs en mauvais état qui essaient de résister. Car, s’ils disent quelque chose, le chef leur dit qu’ils ne sont pas obligés de travailler et qu’ils peuvent partir. Dans un grand magasin, après la rénovation de ce dernier, on a vu moins de personnel, plus de rayons, donc de marchandise et, par conséquent, plus de travail. Sans parler du fait que la chaîne du froid a été augmentée et que les vendeurs qui y passent la journée ont froid !

Dans ce cas, tant les employeurs que les consommateurs sont responsables. C’est un cas de conscience.

Les caissiers. C’est une catégorie du personnel à part. Une rubrique spéciale se trouve ici.

Un autre problème, l’éducation des gens. Si on pourrait écrire un chapitre pour détailler le nombre invraisemblable de situations auxquelles ce personnel est exposé, on peut aussi le dire en peu de mots :  l’éducation des gens, toute catégorie et âges confondus, laisse à désirer.

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