@3m.ossature. Travail avec une participante.

Une seule participante au cours. Dans un tel cas, je me dis que le destin l’a ainsi voulu et donc je prépare le cours. Ce qui est intéressant, c’est que je connais la personne. Elle vient de suivre celui sur les articulations et voulait aller encore un peu plus loin. Commentaire de la participante : « Je suis seule ? C’est dommage pour vous… Mais tout cela de gagné pour moi ! ». J’apprécie.

Mes cours pour Midi Tonus sont complémentaires. Ils apportent chacun des choses différentes, mais en suivant l’autre (peu importe l’autre), on va plus loin. La personne apprend à mieux écouter son corps, à mieux travailler avec lui et tant le ressenti que la compréhension physique et mentale sont meilleurs. Précision : dans les sessions organisées par le service de la Ville, une personne ne peut suivre un cours qu’une seule fois ; ce sont des cours d’initiation destinés à donner des pistes.

Le contenu de mes cours. Chez moi, on ne vient pas pour transpirer, passer un bon moment et ensuite reprendre sa vie. On vient pour apprendre des choses sur soi et les introduire dans son quotidien. Je me dis que nous vivons une époque où les gens zappent beaucoup, changent souvent d’activité et je fais en sorte qu’en quelques fois, les participants apprennent des choses sur eux qui peuvent les aider. Pour bien faire de la danse classique il faut des années et des années, pour bien poser le pied, il faut quelques fois. Ensuite, c’est une question de désir, de prise de conscience et d’autres nuances impliquant un changement dans sa manière de fonctionner.

Cours en présentiel et via WhatsApp. Cette fois-ci, une partie des cours a été faite en présentiel et le reste via WhatsApp car la personne est partie à l’étranger. Mais, on avait déjà travaillé via WhatsApp lors de la dernière session. Tout se passe bien et aujourd’hui, on arrive vers le milieu de la session.

Je demande à la personne de me dire quelles sont les étapes pour faire les résonances dans le corps. Elle se concentre et les donne au fur et à mesure, presque toujours dans l’ordre. Je lui précise que pendant la session, on va suivre un ordre et qu’ensuite, lorsqu’elle pratiquera toute seule, elle pourra écouter son corps qui parfois lui dira de commencer ici ou là et comme elle connaîtra la routine, elle comblera le reste après. Si on change à chaque fois, on sème le désordre et la possibilité de sauter des étapes.

Selon les personnes avec lesquelles je travaille, c’est plutôt un élément ou un autre qui est mis en exergue. Je sens que le moment est venu d’en ajouter une couche, si je puis dire.

De l’air entre les articulations. C’est ce qui me vient à l’esprit. Je demande à la participante d’imaginer que de l’air circule entre les articulations. La consigne est donnée et on continue les diverses étapes de tapotements dans le corps. Je rappelle de temps en temps que de l’air sépare les articulations. Précision : ce qui me vient à l’esprit n’est pas n’importe quoi, c’est ce qu’on appelle l’intuition et qui en fait est une idée adaptée à la circonstance.

Qu’est-ce que je me sens légère ! Voilà la remarque que j’ai entendu après un moment. Et c’est ce qui est fabuleux, je ne lui ai pas dit de se sentir légère. Cela aurait tout aussi bien pu apporter simplement du bien-être, ou même un effort, donc une tension puisqu’il fallait se rappeler les différentes étapes, ressentir le corps et imaginer en plus de l’air. C’est vrai que l’air est léger, mais il aurait tout aussi bien pu ne pas entrer. Il y a toute sorte de scénarios. Cette fois-ci, on était à l’unisson.

Je ne sais pas si j’aurais eu la même idée si j’avais eu un groupe de personnes, mais elle a été la bienvenue. Je remercie l’idée d’être passée par là !

Photo temporaire d’Essence, le squelette qui me tient compagnie dans mes cours. Je dois en avoir une entière dans mon ordi. Mais où ?

J’ai fini par refaire une photo-montage. Il faut ajouter mentalement de l’air à toutes les autres articulations… !

Liens vers :

@articulations – jouons avec elles. Apport des participants.2021

Une fois de plus, je ne peux que constater que ce sont les participants qui nourrissent mon cours ! Chacun a son monde et les mondes qui se croisent et se comprennent s’enrichissent.

Encore le confinement. On est encore dans cette drôle de période bien que certaines activités sportives et artistiques aient repris. Il faut quand même respecter un certain nombre de consignes.

Peu d’inscriptions. Je le constate dans divers domaines : bien que les gens se plaignent de ne pouvoir faire ce qui leur plaît, une fois les portes ouvertes par-ci, par-là, il n’y a pas foule. Cela ne fait rien, on va de l’avant.

Une seule participante à mon cours. Est-ce que vous l’annulez ? Me demande-t-on. Non, réponds-je. Si une personne trouve mon cours intéressant, je ne vais pas la décevoir. Je me mets à sa place et je me dis que lorsque cela m’est arrivé de voir supprimé un cours qui aurait pu m’apporter quelque chose, je me suis dit que quelque chose n’allait pas. Bref, ma participante arrive et me demande si cela ne me gêne pas de n’avoir qu’une personne. Je lui explique mon point de vue et on fait le cours.

La fois suivante. Après le premier cours, ma participante en parle à deux de ses proches connaissances et on se retrouve à trois. C’est magnifique !

Extraordinaire. L’une des nouvelles participantes a connu une partie de « mon monde », celle liée au Centre culturel neuchâtelois, à feu mon ami André Oppel et à tous ceux qui travaillaient avec lui dont Jacques de Montmollin, Ernest Grize et Mado Grize ainsi qu’à tous ceux qui gravitaient autour d’eux ; Freddy, Freddy Landry, est inclus dans la liste ! Je n’en reviens pas. Lorsque j’apprends cela, je me dis que tous ces personnages sont là, leur nom flotte dans l’espace, les meubles et divers aménagements de mon studio liés à eux reprennent vie différemment. Là, les temps sont mélangés pour n’en faire qu’un.

Le temps, ma façon de le vivre. Il est à la mode de dire qu’il faut vivre le temps présent. Mais qu’est-ce que le temps ? Je m’aperçois que bien des choses de mon temps présent sont liées à des temps passés qui me semblent si présents… J’en reviens au physicien Garnier Malet qui dit que le présent, le passé et le futur existent en même temps mais dans des dimensions différentes. Peu importe que l’on comprenne ces mots, il y a des moments où j’ai réellement le sentiment que tout est lié.

Le cours continue. Il se passe des choses très intéressantes. On le sait, nous sommes tous différents et avons des façons différentes de vivre et de ressentir les choses. En danse classique, s’il y a différentes écoles, il n’y a qu’une seule façon de faire correctement tel ou tel exercice. Dans le cours sur les articulations, c’est tout autrement : les ressentis sont très différents d’une personne à l’autre.

Un exemple parmi tant d’autres : une exercice passif pour les genoux. Une personne comprend qu’effectivement les muscles ne dirigent pas le mouvement, une autre encore sent que des tensions disparaissent aux genoux et une autre encore sent ses chevilles allégées. Et les trois ont raison ! C’est cela qui est passionnant.

La semaine passée. L’une des participantes me remercie très profondément parce que les exercices destinés à détendre les mâchoires et à faire travailler les gencives tout en ayant une action sur les dents a été une sorte de révélation. Je lui dis que si c’est moi qui lui ai permis de découvrir quelque chose, je l’ai appris de quelqu’un d’autre et que mon cours n’aurait pas été possible sans tant de liens entre des gens et des institutions, que cela forme comme un arbre. Ce qui est intéressant, c’est que je passe par une période où les événements se lient les uns aux autres et la présence de la participante, ainsi que ses mots, en sont une autre preuve. Je lui dis que j’ai écrit un article sur cette plateforme au sujet des remerciements, que cela rejoint ce qu’elle me dit. Voici comment je peux représenter les liens qui se tissent cette fois-ci :

Je précise que Catherine est venue grâce à Anne. Donc, les remerciements qu’elle me donne, incluent aussi Anne. Pour aller plus loin, mon cours n’aurait pas eu lieu sans l’existence du service des Sports. Je n’aurais jamais proposé de cours audit service si M. Thomas Facchinetti ne me l’avait fait connaître. Je n’aurais jamais parlé avec M. Facchinetti si le directeur, à l’époque, du Théâtre du Pommier, ne m’avait pas mise sur une voie qui m’a permis de me diversifier.
Alors voilà, on croit remercier quelqu’un et en fait les remerciements s’étendent ailleurs. Ce qui est beau c’est que – dans cet exemple – Mado n’a jamais pensé que son amour pour Ernest allait permettre à Catherine de faire une découverte ! Elle n’a jamais pensé que j’allais rencontrer André. Ernest n’a jamais pensé que je prendrais un soin infini de la salle qu’il avait remodelée.

Moralité. C’est comme dans les contes, il faut toujours faire bien ce qu’on a à faire, parce que c’est toujours utile pour quelqu’un.

Le CCN. Je cherchais dans mes affaires une carte de membre du ciné-club de l’époque et suis tombée sur la pochette d’allumettes que je garde depuis très longtemps. Vous remarquerez que la pochette est intacte. Je suppose que je l’ai prise parce que je la trouvais belle. C’est touchant de revoir cet objet qui mentionne la danse. Le sigle du CCN était si représentatif… Et que dire du numéro de téléphone, toujours en activité… Je le dis, le temps est « un ».

Je vois sur la Toile que l’entreprise qui fabriquait ces allumettes est toujours en activité. Je vais téléphoner.

Mado est ravie de tout cela. Elle attend que j’écrive un article sur le CCN et diverses faits de l’époque où elle, son mari et mon ami y travaillaient. C’est en cours !

D’autres fils. Je n’aurais pas écrit l’article si Anne n’avait amené Catherine. Et mes participants n’auraient pas fait la découverte de l’exercice sus mentionné si mon dentiste, Răzvan Duinea, ne me l’avait pas montré. Je le dis à Catherine qui me demande où se trouve le dentiste. Je réponds : à Bucarest, en Roumanie. Ah… répond Catherine un peu désarçonnée en pensant à la distance… Alors, ces fils du remerciement sont en quelque sorte les fils de la vie. Je remercie Anne, le Dr Duinea, un homme d’une finesse et d’une délicatesse remarquables, ainsi que tous les autres qui ont traversé ma vie d’une façon ou d’une autre parce qu’ils participent de ma construction.

Si vous désirez laisser un commentaire, deux façons de procéder :

  • directement par courriel (voir contact sur ma page d’accueil) ;
  • si vous avez une plateforme WordPress, vous pouvez facilement l’insérer au bas de cette page.

Liens vers :

Zully photographie des jambes.2 (en cours de rédaction)

Voilà que je me trouve en ville pour quelques instants et je vois une dame, Christelle, qui bouge ses jambes au bout des quelles elle porte de magnifiques chaussures. Je dis au bout, car ses jambes sont longues et très minces. Une beauté !

J’hésite, puis lui demande si je peux photographier ses pieds. Elle s’y prête volontiers, bien qu’elle n’ait que très peu de temps. Je me dépêche.

Ce n’est pas la première photo, mais c’est la seule où l’on peut apprécier la finesse de la jambe qui va si bien avec ces chaussures. Le fait est que Christelle portait des jeans à la mode, soit déchirés, et que je trouvais que l’élégance du corps et des chaussures n’allait pas ensemble avec cette « mode ».

Pieds fins dans chaussures fines.

Je m’amuse à multiplier les pies

La fontaine de la Justice est devenue la fontaine des la balance de la beauté de pieds chaussés et le pillier est soutenu par des chaussures…

J’espère revoir Christelle pour finir de lui prendre des photos !

Pour laisser un commentaire, deux façons de procéder :

  • directement par courriel (voir contact sur ma page d’accueil) ;
  • si vous avez une plateforme WordPress, vous pouvez facilement l’insérer au bas de cette page.

LIens vers :

Spectacles de danse le 6 et le 7 mai 2021

Cela devient un leitmotif dans cette période si compliquée de notre histoire : contre mauvaise fortune bon coeur.

Une ouverture temporelle. Des spectacles peuvent avoir sous certaines conditions et je m’engouffre dans cette ouverture. C’est une chance !

Reprise et renouveau : cela faisait des mois que je n’avais présenté de spectacle. Le spectacle est quand même un exercice différent d’une répétition ou du travail quotidien. J’ai donc repris des numéros, des danses. Ils ont pris du temps à se remettre en place, mais une fois en terrain connu est venue la question d’un renouveau, d’un changement. Pourquoi ? On vit quand même des temps différents et mon public est composé de personnes averties. Il y a aussi le fait que je sens que je peux aller plus loin, et que je sens une certaine unité m’habiter. Une unité entre ce qui m’entoure et moi.

Mon public : comme je le disais, ce sont des personnes averties, des personnes qui me sont aussi proches et que j’ai invitées séparément. Il y a donc eu un spectacle une invitée et un autre pour une autre. Si c’est en partie pour respecter des normes – je suis quand même allée au-delà – c’est aussi parce que chaque personne est un monde et que ce sont des mondes dans lesquels je me sens bien. Ma représentation traite de thèmes peu usuels dans le cadre d’un spectacle et cela crée une atmosphère intimiste. J’aime cela.

Synchronicité. Il y a aussi le fait que j’ai récemment modifié l’allure de la salle grâce à un ami, Roger Peeters. J’insiste sur son aide, car il y a des changements inattendus dans la vie et parmi eux des heureux. Le changement d’aménagement de ma salle en fait partie et j’avais envie de présenter, dans ce nouveau décor, des spectacles à des gens que j’aime. J’ai toujours eu un public choisi et tous ceux qui sont venus me sont chers, vraiment tous, mais cette fois-ci, j’avais besoin de gens qui connaissaient mon histoire et vivent, en quelque sorte, ce changement avec moi. Il me reste une troisième personne. Alors, les circonstances étaient mûres pour que je puisse présenter des spectacles dans mon nouveau décor d’autant plus que je passe moi-même par des changements intéressants. Tout cela arrive dans une même temporalité.

Les coupes à champagne sont toujours celles achetées avec mon amie Ileana Iliescu, ancienne danseuse étoile de l’Opéra de Bucarest. Chez moi, tout fait partie d’un tout.

Le spectacle a été suivi d’un verre et d’un encas. Je n’ai pas pensé à prendre la photo de la « table » du premier spectacle, et une fois que j’y ai pensé… Le temps ne revient jamais en arrière dans notre dimension… ce n’est pas comme une montre. Mais, c’était semblable et surtout, le Mauler rosé était là aussi. Pour moi, il apporte une note magique.

Spectacle-exercice : comme je le disais, cela faisait un moment que je n’avais présenté de spectacle et l’exercice est quelque peu compliqué du fait que je le présente seule. Pour le premier spectacle, j’ai eu la chance d’avoir Roger, le même Roger Peeters qui m’a aidée à donner un autre aspect à ma salle, et qui cette fois-ci a été l’ingénieur du son. Le second, je l’ai présenté sans lui et il faut tout minuter ! C’est faisable et l’atmosphère est tout aussi détendue et intimiste.

Les yeux. La vue, comment l’améliorer, l’entretenir (en cours de rédaction)

C’est simple : il suffit de bien voir, de savoir voir… tout un savoir !

Regarde ! disent les parents aux enfants, tu vois ceci ? et là ? Je me demande si ce n’est pas comme cela que l’on commence à fixer une chose et à l’isoler du contexte. J’ai lu des livres, des articles sur comment améliorer la vue, mais c’est en allant consulter une spécialiste de la méthode Bates que j’ai appris à voir de façon consciente alors qu’il y a des gens qui savent voir de façon naturelle.

Je vous parle de mon expérience.

Dessin : c’est clair que personne n’a les yeux comme cela. Mais, c’est justement cela qui est intéressant. Notre vue est personnelle, tout comme notre visage, tout comme notre corps, tout comme notre personnalité et tout comme nos empreintes digitales. Nous sommes tous uniques et nous nous devons d’avoir une vue qui nous corresponde.

Pour resituer ce dessin : je donnais un cours de danse à une petite fille qui avait de la peine à savoir où ses genoux allaient lorsqu’elle bougeait. J’ai eu l’idée de dessiner avec elle des yeux et de les lui coller sur les genoux. Les dessins de la fillette avaient des couleurs « traditionnelles » ; lorsqu’elle a vu les miens, elle m’a dit que les yeux n’avaient pas ces couleurs. Je lui ai répondu qu’elle avait tout à fait raison, mais que comme c’était un dessin, on pouvait les dessiner comme on le voulait. Cela a travaillé dans son esprit, car peu après, non seulement elle en a dessiné de très décorés, mais encore elle leur a donné des prénoms. Elle est allée plus loin que moi. Fabuleux ! Je raconte l’histoire ici. Cette histoire semble hors contexte, mais elle est plus profonde qu’il n’y paraît. La fillette a appris à regarder les choses de façon différente et c’est l’un des moteurs de la vue.

La vue en tant que l’un de nos sens : je trouve fabuleux le fait que nous prenions contact avec le monde essentiellement par les yeux. Aucun de nos sens n’est en trop et chacun a son rôle à jouer, c’est comme dans un orchestre. Mais la plupart des choses nous parviennent à travers les yeux. Laissons pour le moment la pensée et son rôle de côté. On n’y échappera pas, mais, pour le moment, on va la laisser de côté. Quand on se réveille le matin, quand on ouvre les yeux, on reprend contact avec le monde : les couleurs, les formes, les attitudes des gens sont décriptés par nos yeux.

Mon expérience.1 : la première fois que j’ai eu des problèmes de vue, je venais de passer à un emploi où il fallait beaucoup lire et écrire. Je suis allée chez le médecin de l’institution qui m’a dit que je devrais porter des lunettes. J’en ai porté un moment, puis j’ai appris que la respiration pouvait faire bien des choses. En effet, lorsque les épaules, la nuque sont tendus, le sang circule moins bien et j’ai commencé à faire des respirations. Au bout d’une année environ , je ne sais plus, mais bien quelques mois d’exercices, je suis retournée chez le médecin en lui disant que je n’avais plus besoin de lunettes. Il a dit : très bien. Il ne m’a pas posé de questions et mes explications sont passées par la fenêtre (qui était ouverte !).

Mon expérience.2 : bien des années plus tard, j’ai à nouveau eu la vue qui… j’ai eu recours à de l’homéopatie. Cela s’est rétabli.

Mon expérience.3 : je n’avais pas de problème particulier, mais je me suis intéressée à la vue parce que je donne divers cours et que je vois que les élèves et participants ont parfois des problèmes de vue. J’ai eu la grande chance de rencontrer le Dr Eva Lothar. Elle applique la méthode Bates.

L’oeil. Eva me dit que l’oeil est une bille et une bille est faite pour rouler. Elle pèse de 7 à 8 gr et a un diamètre de quelque 2 cm. C’est impressionnant que quelques grammes nous permettent de « voir le monde » ! Cette bille baigne dans du liquide. Ah, l’eau ! Élement précieux de notre vie. Nous sommes composés de beaucoup d’eau. Notre matière, si on la condense correspond à une surface inférieure à la paume d’une épingle ! En fait, nous sommes essentiellement de l’information. Et la vision c’est de l’information. On retombe, sans le vouloir, dans la pensée.

Fascination pour les yeux et première parenthèse de cet article. En fait mes parenthèses et apartés, on l’a déjà vu, sont liés au sujet mais pas directement : je trouve fascinant qu’un si petit organe laisse passer l’image d’objets, de choses, d’êtres bien plus grands que sa taille et même que la nôtre ! Essayant de faire comprendre à mes petits élèves que nous avons des capacités surprenantes, je leur demandais d’imaginer le soleil, par exemple. Ils pouvaient tous le faire. Venait ensuite la question : pouvez-vous toucher le soleil que vous voyez dans la nature ? C’était souvent un étonnement pour eux de se dire que les choses étaient relatives. On ne peut pas tout toucher. Puis, je leur demandais d’imaginer leur chambre. Ils pouvaient facilement me la décrire. À la suite de quoi, je leur faisais comprendre que tout ce qu’ils avaient décrit était bien plus grand que leur tête et que pourtant c’était là. Je voyais aussi l’étonnement sur leur visage, suivi d’un sourire, d’un air entendu.

Autre chose que je trouve fascinante et belle chez tout le monde : l’iris. Nous n’avons pas tous les mêmes goûts, heureusement, d’ailleurs, et si je peux trouver un être beau, pas beau, l’iris des yeux est, dans mon monde, toujours beau ; il a des couleurs magnifiques, des reflets que je ne saurais reproduire, il se contracte, se dilate et j’y vois des paysages, des mondes, une profondeur fantastique. J’ai aussi eu l’occasion de voir l’oeil d’une personne décédée, il n’est pas du tout la même chose, il n’y a plus de vie, alors que le corps, dans ce même état, peut être beau.

Utilisation des yeux. Il y a plein d’exercices pour les yeux. Certains de ceux que j’ai pratiqués ne sont en fait pas conseillés. Si on pense à un exercice qui s’appelle le « qi gong des yeux », il ne faudrait pas le pratiquer parce qu’on tombe dans le travers du contrôle, sauf en cas d’astigmatisme, car là, l’exercice peut être bénéfique. Mais, prenons alors les choses par le début :

  • l’oeil est donc une boule et une boule est faite pour rouler ; elle s’adapte aux mouvements de la tête. C’est sa fonction physiologique ;
  • lorsqu’on regarde une chose, nous avons tendance à la fixer et à l’isoler du champ visuel. On fixe un crayon sur le bureau et le reste disparaît. En bref, on contrôle la chose, on contrôle la vue et on contrôle la situation ;
  • la vie actuelle nous contraint à utiliser des ordinateurs, des téléphones portables qui nous obligent à regarder à une distance fixe pendant longtemps ; là aussi, notre environnement tend à disparaître ;
  • si on prête attention, qu’on regarde devant soi et qu’ensuite on tourne la tête à droite, par exemple, la vue balaye le paysage ; on le voit défiler, tout comme si on était dans un train. Avec le temps on sent la présence et le déplacement de cette boule qui forme les yeux, alors que si on laisse la tête immobile et qu’on regarde à droite, à gauche, en haut, dans quelque direction que ce soit, on sent une tension dans les yeux. D’habitude, on ne la sent pas parce qu’on est focalisé sur la chose qu’on regarde ;

L’oeil :

  • il faut savoir que l’oeil n’est pas la vision, il est pareil à un appareil photo, il réagit à la lumière. C’est un récepteur sans sentiments ! Il ne fait que laisser passer la lumière, laquelle pénètre par la pupille, traverse le cristallin (soutenu par deux ligaments et deux muscles) et arrive au fond de l’oeil sur la rétine. C’est là que tous les points sont rassemblés et envoyés, via le nerf optique, vers le cerveau, qui, lui, va faire le travail de la reconnaissance et interprétation de ce que nous « voyons » ;
  • Eva m’explique que la lumière arrive sur les objets, lesquels vont la réfléchir vers nos yeux. Cela fait qu’en fait nous recevons une lumière « incidente ». C’est cette lumière réfléchie qui nous permet de savoir qu’à tel endroit il y a tel ou tel objet ;
  • cette lumière, une fois qu’elle a franchi la limite entre le monde extérieur et nous par la cornée de l’œil et l’humeur acqueuse va traverser l’oeil et arriver sur la rétine ; d’abord, elle va entrer par la pupille, traverser le cristallin, sorte de lentille biconvexe qui concentre toute l’information. L’oeil étant composé d’organes transparents, la lumière peut le traverser. La transparence s’arrête à la rétine. Influencée par un roman que je viens de réviser « Héritage sur ordonnance », de Franck Senninger, je ferai un jeu de mots simpliste en disant que la rétine retient la lumière. Je n’ai pas pu me retenir ! Mais, on n’oubilera pas l’image de la lumière qui arrive à une limite ;
  • la lumière arrive sous la forme d’un pinceau lumineux au centre même de la rétine, qu’on appelle  » la macula « .  Au centre de la macula il y a une petite cuvette, la fovéa, tapissée d’une dizaine de millions de cellules appelées cônes et qui nous donne l’acuité visuelle maximale = la vision centrale. Le trajet entre le trou de la pupuille et le centre de la rétine est direct ; la macula, quant à elle, nous donne la vision des détails en lumière diurne. Si on veut lire, on met le texte face à nous, pas sur le côté.
  • le reste de la lumière est reçue par une autre forme de cellules, les bâtonnets qui tapissent le reste de la rétine. Ce sont ces cellules qui s’occupent de la vision périphérique et qui nous permettent la vision nocturne ou sous faible éclairage ;
  • la rétine reçoit une image inversée de l’objet que nous regardons. Pour moi c’est un mystère, pourquoi ne pas voir directement dans la bonne position ? En fait c’est la trajectoire des rayons lumineux qui veut cela et ensuite le cerveau remet l’image à l’endroit. On le voit bien dans les boîtes obscures qui ont un tout petit trou. La lumière réfléchie par l’objet extérieur passe par le trou et reproduit sur la paroi parallèle une image inversée. C’est l’égal de la rétine. Ensuite, comme déjà dit, le cerveau rétablit l’objet dans la bonne position ;
  • tout cela fait que la rétine est l’équivalent du film des vieux appareils de photographie.

Ce qui améliore la vue :

  • Indéniablement c’est le relâchement de tensions. C’est vrai que personne n’aime se limiter, fait exprès de se limiter, reconnaît qu’il se limite ; mais changeons notre mode respiratoire, nos pensées (ça y est, la voilà, la pensée qui revient déjà) et on sent un mieux être, une relaxation, une légèreté. Cela fait que notre sang circule mieux, que nos voies se dégagent et qu’on retrouve une certaine souplesse. Et qu’est-ce que l’oeil ? Une boule essentiellement composée de liquide et maintenue par six paires de muscles. Qui dit muscle dit aussi mouvement, contraction, relaxation et tension. Le cristallin est lui-même tenu par deux autres muscles et l’on se doit de suivre le même raisonnement ;
  • faisons un aparté d’un autre genre, une digression, en apparence, car ce n’est qu’un parallèle : ce qui se passe avec l’allux valgus ou communément appelé « l’oignon ». C’est une déviation du gros orteil. Souvent il est opéré, l’os raboté. Or, un os ne peut jamais se déplacer tout seul, ce sont les muscles qui se raccourcissant ou s’allongeant permettent le mouvement. C’est sur les muscles qu’il faudrait agir ainsi que sur les causes de la tension, et, en ce sens, le travail sur les chaînes articulaires et musculaires donne des résultats spectaculaires, donc, sans opération. Ma plateforme n’est pas une tribune de querellle d’écoles, c’est simplement un lieu où je présente des réflexions, car, on le sait bien, des opérations sont parfois nécessaires. Ce serait idiot de dire le contraire. Mais, il y a d’autres cas où l’on peut réfléchir différemment. Tout cela pour dire que lorsque des muscles sont impliqués, de tensions et de relaxation il y a lieu de tenir compte ;
  • il en va de même avec les appareils dentaires. Je raconte une histoire ici.

Voici le champ visuel que nous avons devant nous. En réalité chaque oeil a un champ de plus de 90° et les deux ensemble arrivent à avoir plus de 180°, quand la vision est normale. Il faut donc comprendre mon dessin comme le champ visuel en général. Pourquoi plus de 180° ? simplement parce que les yeux sont bombés, avec des yeux plats, le champ aurait été de 180°. La vison centrale se situe devant soi et la vison périphérique est celle qui couvre le reste du champ. Cette dernière est extrêmement importante ; elle indique qu’on n’est pas en train de fixer le regard.

Conditions pour avoir une meilleure vue :

  • voici ce que me dit encore Eva : « Le travail de base de la méthode Bates est d’acquérir et de cultiver un état de conscience, d’attention de façon à utiliser tout ce qui nous tombe sous les yeux littéralement et qui nous servira d’exercice ». Cela tombe bien ! Dans mon monde, j’accorde de l’importance à toute chose qui traverse mon chemin. Je trouve qu’il faut traiter au mieux de ses possibilités tout ce qui vient à nous. Je suis tentée de faire des parenthèses, mais me retiens, car on en aurait pour des pages. En bref : je fais attention non seulement à mes choses mais aussi à celles des autres. Il en va de même avec les personnes. Ce sont deux notions différentes, mais elles feraient bien d’aller ensemble car toutes deux visent un état général ;
  • du contraste : « Les lectures avec un imprimé noir sur du blanc sont les meilleures. Elles permettent le contraste ». Je dis à Eva que lorsque je fais des exercices qui demandent une minute, je feme les yeux et vois défiler les nombres sous différentes formes et divers endroits, dans un noir plus accentué. Elle trouve que c’est excellent parce que cela ravive la réalité du noir ;
  • du mouvement : « Le cillement ( différent du clignotement !) en est la base, mais il y a aussi celui de la tête, du tronc et du corps. L’essentiel est de ne point fixer ». En fait c’est comme si on était tout le temps dans un train et de faire roules les billes que sont les yeux ;
  • de l’oxygène : « La respiration ! Elle est tellement importante. Un ceveau ne survit pas au manque d’oxygène ! »
  • de l’eau : « L »oeil est l’organe le plus liquide. Boire est important » ;
  • tous ces éléments vont ensemble, mais l’eau et l’oxygène vont la main dans la main. Une eau qui stagne ne remplit plus son rôle de transmetteur d’information (cf. Jacques Collin et J.-P. Garnier Malet).

Conseils pour améliorer ou entretenir la vue. En principe, il ne faudrait rien ajouter à mon article, car tout est dit. Ceux qui ont suivi les cours du Dr Eva Lothar ou d’autres ateliers liés à la méthode Bates, s’y retrouvent. Mais, nous sommes ainsi faits qu’il faut parfois nous rappeler de façon parfois répétitive ou différente les choses. Je me surprends moi-même à mieux comprendre l’utilisation des yeux lorsque j’explique l’une ou l’autre de ces notions dans mes cours et même en écrivant cet article. Mes cours, ainsi que déjà dit, ne sont pas liés à la vue, mais tout fait partie d’un tout.

Il y a des exercices précis, mais difficiles à décrire parce que c’est selon la réponse des gens à une directive ou à une autre qui fait que l’on peut réellement guider quelqu’un. Mais, deux exercices faciles à mettre en oeuvre sans difficulté autune. Ils sont d’une grande aide.

  • Les yeux dans le noir. Ce sont les exercices qu’on appelle « palming ». Vous trouvez les directives d’Eva sur Youtube ;
  • Afin d’ajouter encore du contraste, on peut laisser défiler des figures encore plus noires en gardant toujours les yeux fermés. Dans mon cas, lorsque je fais des exercices d’étirement au sol, je ferme les yeux et les nombres de 1 à 60 défilent. Cela fait que je vois plus noir que noir (tout le contraire des réclames des produits de lessive qui lavent plus bland que blanc !) et cela aide ;
  • Ne jamais forcer la vue. Jamais, jamais. Cela ne fait qu’augmenter les tensions. On regarde et on attend que l’écrit ou la forme apparaisse. Si ce n’est pas le cas, on peut toujours converger la vue ;

En résumé : La question, c’est comment mettre en pratique les conseils qui suivent alors que nous vivons « la vue » autrement… On peut aussi discuter de la place de chaque rubrique, mais elles vont toutes ensemble.

Pour laisser un commentaire, deux façons de procéder :

  • directement par courriel (voir contact sur ma page d’accueil) ;
  • si vous avez une plateforme WordPress, vous pouvez facilement l’insérer au bas de cette page.