Les portes du monde de Zully, métaphore.

Tout a commencé avec les élèves et parents d’élèves qui arrivaient à mon studio de danse et qui ouvraient intempestivement la porte sans avertissement. Comment dire les choses sans heurter les gens, même s’ils ont tort ? C’est qu’il arrive qu’on ne sache pas qu’on a tort. Voilà comment est née la longue histoire des portes.

Voici ce que j’ai dit à mes élèves :

Savez-vous qu’une porte est très utile ? À la maison, elle te permet d’entrer chez toi, de laisser entrer ceux que tu invites et ne laisse pas entrer ceux qui ne sont pas invités. La porte te protège du vent, de la pluie, d’un tas de choses que tu n’as pas envie d’inviter. De plus, il y a porte et porte. Celle de ta chambre, par exemple, elle laisse entrer encore autrement, car tu es plus chez toi, c’est plus privé. Alors, s’il n’y a plus de porte, comment fait-on ?

La porte, même s’il te semble qu’elle ne parle pas, elle est très utile. Il faut bien la traiter, c’est une amie, on lui demande la permission d’entrer, on ne la claque pas et on la remercie pour son travail. Une porte travaille !

Et, c’est ainsi qu’on a fait la danse-exercice de la porte.

Puis, je me suis aperçue qu’en en faisant un jeu pour les élèves, je pouvais aussi l’appliquer dans ma vie de tous les jours. Je m’y retrouve très bien dans le monde de la communication. C’est vrai, lorsqu’on parle avec quelqu’un et que la communication ne passe pas, on s’y prend autrement si on désire réellement avoir une relation, faire passer un message. Peu à peu l’image des portes s’est imposée. D’abord, je l’ai utilisée comme image. Il est possible que je l’aie employée avant d’en être consciente, mais, je me rappelle très bien du jour où je m’en suis servie dans un cas très précis. C’était une fois où un papa tout neuf se plaignait qu’à la maison sa femme ne parlait que de son travail à lui et pas d’autre chose. Je lui ai expliqué que c’était parce que sa femme était tout le temps avec le bébé et désirant établir un dialogue avec lui, elle frappait à la fenêtre et pas à la porte d’entrée. Aujourd’hui, je laisserais la fenêtre tranquille pour dire tout simplement que ce n’était pas la bonne porte ; car, quand même, la porte du travail existe.

Tiens ! Je viens juste de me rappeler que mon professeur d’histoire de la pensée économique, Jean-Pierre Gern, a dit une fois au cours que chez les Occidentaux, la porte était ouverte ou fermée et que chez les Orientaux elle pouvait être entre les deux ! Là, j’avais vu l’image de la porte entrouverte.

Au fil du temps et des portes rencontrées me voici avec toute une liste de portes. C’est un peu compliqué à présenter, mais il y en a qui sont :

  • grandes ouvertes ; elles nous permettent d’entrer et de sortir à notre guise ;
  • fermées ; elles nous imposent des limites, des frontières. Elles sont intéressantes, car parfois trompeuses. Il arrive qu’elles ne soient fermées qu’en apparence et si on revient tout doucement, elles s’entrouvrent, s’ouvrent ; il y en a qui ne vont pas s’ouvrir du tout parce qu’on n’a pas frappé au bon endroit. Celui-ci peut se trouver derrière la maison, pour ainsi dire, ou au premier étage, voire au sous-sol. Les maisons sont étonnantes ;
  • parfois ouvertes et parfois fermées ; c’est qu’elles ont aussi leur tempérament et ne désirent pas être dérangées, être vues quand elles ont leurs bigoudis, pas en forme, au repos. Là, la liste est longue ;
  • entrouvertes ; elles sont toujours aux aguets et exigent un contrôle d’identité avant de décider de quel côté elles vont aller. Il y en a des rigolotes ;
  • toujours fermées ; là, il n’y a rien à faire et il m’est arrivé de les remercier après coup, car elles m’ont évité d’entrer dans des endroits qui n’étaient pas pour moi.

Et, je viens d’en découvrir une nouvelle catégorie : celle des portes qui disparaissent.  Il y avait une porte grande ouverte et tout à coup, elle a disparu ! Là, je ne sais pas du tout comment faire. La vie est tout un apprentissage, ou devrais-je dire « les portes c’est tout un apprentissage » ?

Il faut quand même dire que les portes ce n’est pas seulement chez les autres, j’ai aussi les miennes et j’en ai de toutes catégories, sauf de la dernière. Bien que, bien que… le jour où je partirai de ce monde ma porte disparaîtra… Bon, cela me fait voir la chose différemment.

Et voici Scooby, le chien des voisins de mon studio de danse et avec lequel j’ai une relation très particulière. Lui, il a sa porte tout le temps ouverte pour moi. J’aime ! Il mérite à lui tout seul un article, car il fait partie de ma vie.

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