Réparations et rangement = de l’ordre en soi.4

Chaque année, je dois revoir de fond en comble les affaires que j’ai dans mon studio de danse du fait qu’il est humide. C’est un exercice quelques fois démoralisant, mais qui me donne, une fois fait, bien du plaisir.

Cette fois-ci, je range mes cartons contenant des costumes et m’aperçois qu’il y a un tas qui ne repose pas sur une surface de même hauteur. Il n’y a pas d’autre endroit pour les cartons. Il faut trouver une solution.

J’ai fait les photos sur le banc fait par Ernest Grize, le premier régissseur du Centre culturel neuchâtelois, et que j’ai repeint à ma façon.
L’alignement est bon, mais, je pourrais mettre encore un petit carton derrière le papier pour lui donner une apparence lisse. Ce sera une autre fois.

Ce qui me semble intéressant dans cette histoire, c’est que le couvercle d’un carton continue son existence sous un tout autre aspect que celui pour lequel il avait été destiné. Il me semble que c’est ce qui nous arrive quelques fois. On pense qu’on est utile ici et finalement c’est ailleurs que nous le sommes.

Dans cette aventure aussi, le bout de carton aurait pu simplement être plié et remplir le nouveau rôle que je lui ai donné, mais, il m’a paru évident de le remercier pour son service en l’emballant avec soin. Ici aussi, ce n’est pas parce que notre rôle n’est pas majeur que l’on ne doive pas prendre soin de ce qu’on a à faire, ou qu’on ne doive pas traiter avec élégance ceux qui nous rendent service.

Personne ni nulle chose n’est insignifiante, peut être la moralité de cette histoire. Et elle me rappelle celle que est arrivée à l’un de mes amis de Bucarest et à un sac de Zurich. Mon ami Ticu se promenait au centre de Bucarest et voilà qu’il croise une dame portant un sac en plastique avec des illustrations de Zurich. Ni une ni deux, il s’approche de la dame et lui demande s’il pourrait avoir le sac. Elle, on ne sait pas ce qu’elle pense, mais lui donne le sac. Arrivé chez lui, Ticu découpe le sac en fait une bande et décore une de ses lampes. L’effet a été somptueux et tous ceux qui allaient en visite chez Ticu admiraient la lampe. Personne, pas même celui qui avait fait l’image de la ville de Zurich, n’aurait pensé que ce sac pourrait avoir un tel destin. Je trouve cela magnifique !

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Jean-Pierre Garnier Malet, rencontre particulière.14

Précision : J.-P. Garnier Malet n’a pas pris part à cet article et si quelque chose est « de travers » je suis la seule responsable ! J’espère quand même que ce n’est pas le cas. Je reçois vos avis volontiers via mon courriel.

En lisant l’Histoire, je me dis souvent que j’aurais bien voulu être de la partie, rencontrer certains personnages, les apprécier de leur vivant. Cette fois, je suis servie ; mis à part les changements technologiques sont je suis le témoin et l’usagère, il y a un personnage : Jean-Pierre Garnier Malet, un physicien qui s’intéresse à la pensée et qui m’explique comment l’utiliser pour qu’elle ne fasse de tort à personne et pour que ma vie aille mieux. Tout ce que nous pensons a un effet, une conséquence. Tout, absolument tout. On n’y pense pas toujours, ou plutôt, on n’en a pas conscience parce qu’on nous a éduqués à ne voir que les choses extérieures, matérielles, la façade en quelque sorte et que si on ne voit pas une chose, elle n’existe pour ainsi dire pas.

Énergie de la pensée. On ignore que la pensée est une énergie. Je ne vais pas jouer au savant, mais celui qui l’a démontré c’est le fameux Albert Einstein avec son équation que tout le monde connaît : E = mc2.

Une image pour la compréhention de la façon dont la pensée fonctionne : la pensée et un compte en banque. Je suis aussi économiste de formation et si je n’ai pas l’âme commerçante, il y a une image qui explique bien des choses : celle du compte en banque ; quand on y met des sous, le compte augmente. Si on n’y met rien, il est vide. La pensée agit de même. On pense une chose et on augmente le compte en banque de la chose, son énergie, sa présence, son champ d’effet.

Penser que le fait de penser n’a pas d’importance est une erreur que nous ignorons souvent. Il n’y a qu’à voir la joie qui envahit notre corps lorsqu’on a rendu un service à quelqu’un qui nous demandait une faveur et que cela marche, il n’y a qu’à voir comment se sent le corps lorsqu’on reçoit une mauvaise nouvelle. Et si cela a un effet direct sur nous, c’est aussi le cas pour ceux qui sont dans l’entourage et au-delà. Ceux qui le ressentent le plus vite sont les enfants et les animaux de compagnie. Mais, notre corps le premier ; seulement, on ne prend pas le temps de l’écouter.

Alors, comment utiliser la pensée ? Contrairement à ce que l’on dit, il ne suffit pas d’avoir des pensées dites positives. Ce qui est soit disant positif pour l’un peut être négatif pour l’autre. Jean-Pierre Garnier Malet le résume ainsi : « Pense à faire à autrui ce que tu aimerais qu’autrui pense à te faire ». Si on a saisi le sens de cette pensée, on sait qu’il ne suffit pas de dire « ne fais pas à autrui ce que tu aimerais qu’autrui te fasse ». Encore faut-il ne pas vouloir quelque chose pour cet autrui, car on ne connaît pas réellement ce qu’il lui convient. Il faut donc ajouter, quand on veut du bien à quelqu’un : si c’est ce qu’il lui faut, si cela ne lui fait pas de tort, si cela ne fait de tort à personne.

Je me dis aussi que les pensées sont comme des articles dans un magasin. Nous pensons tout le temps et sommes pareils à des créateurs d’articles qu’on pose sur les rayons d’un magasin, en l’occurrence, du magasin de la vie. Je parle du magasin de la vie, car ce n’est pas seulement mon magasin, c’est celui de tout le monde. Les pensées que nous avons sont là, même si on ne le voit pas et constituent donc des articles qui sont à la disposition de tout le monde. Par conséquent, lorsqu’un consommateur entre dans ce magasin pour s’approvisionner, il vaut mieux que j’aie imaginé, créé, produit des choses nourrissantes, belles et utiles plutôt que des poisons. J’aime rendre service, et si je produis des pensées qui rendent service, qui aident les autres, je suis comblée.

Le nombre de rayons est infini. Volontairement, je ne décris aucun d’eux, les étiquettes suffisent à la réflexion ! Il n’y à qu’à penser, justement, penser à la manière dont nous agissons dans telle ou telle circonstance pour se rendre compte qu’il y a façon et façon.

Les rayons du magasin de la vie. Ils se remplissent au fur et à mesure de notre histoire. Dans le tableau ci-dessus, je ne mentionne pas les rayons où l’on pourrait déposer les pensées que nous avons quand nous traversons des périodes troubles. Cela ne ferait qu’ajouter des articles dont personne en réalité ne voudrait !

Alors, savoir que je crée mon futur me donne une responsabilité énorme mais me donne aussi un beau rôle à jouer. Cela va même plus loin, comme on le voit dans l’image du magasin de la vie, puisque je crée aussi des futurs pour d’autres personnes.

Cela explique pourquoi, je suis attirée par un Abraham-Louis Breguet, un Serge Alzérat, un Freddy Landry, un André Oppel, un Jacques Collin, un Jean-Pierre Petit, un Didier Raoult, un Pascal Hostachy (créateur du Projet Voltaire, destiné à sauvegarder notre langue), un René Froidevaux (Fabrique d’horlogerie). Ce sont des personnes qui se sont battues ou se battent pour des idées qui améliorent la vie des gens. Il n’y a pas besoin d’être un personnage de l’Histoire, tout le monde participe à notre aventure ; mon élève qui me remercie pour lui avoir fait découvrir quelque chose qui l’aide me fait du bien et je lui fais du bien ; l’hôtelier qui me prépare une belle chambre, embellit ma vie, le gaillard qui répare mon appareil photo pour le plaisir de le faire a toute ma reconnaissance et le magasin de la vie s’enrichit d’un nouvel article. Cela veut aussi dire que la liste des personnages qui ont toute ma reconnaissance n’a pas de fin.

Tout le monde a un rôle à jouer. Il est dommage que je ne sois pas un moteur, un bon moteur de l’humanité, mais même celui qui vend avec plaisir le stylo qui sert à un Garnier Malet pour qu’il puisse écrire ses équations est utile, a augmenté le compte en banque du plaisir, de l’aide à autrui. De plus, si le regard du vendeur et du client s’échangent, ils savent qu’ils sont contents et qu’ils se veulent du bien l’un à l’autre. Je disais qu’il était dommage que je ne sois pas un moteur de l’humanité, mais en fait, j’en suis un, à ma façon et quand on trouve sa voie, on respire un tout autre air !

En écoutant Garnier Malet, cet homme éclairé, on s’aperçoit qu’il y a aussi tout un lexique à revoir. Et moi qui aime les langues, qui aime les mots, je suis ravie. Prenons le mot « amour », issu d’une mauvaise traduction du mot « amoros » en grec ancien. En effet « moros » veut dire celui qui est fou, celui qui a perdu son axe, celui qui a perdu son centre, celui qui ne contrôle pas sa pensée ! Par conséquent, « amoros » signifie celui qui a retrouvé la raison, son centre, son axe et donc celui qui contrôle sa pensée. Il n’a rien à voir avec le sens qu’on lui donne… et on le voit bien car l’amour est une émotion ! Et il y en a un paquet de ces mots !

Il y a encore la théorie du dédoublement du temps et de l’espace – le rôle de la pensée y est lié – mais là, je vous laisse suivre les cours de Jean-Pierre Garnier Malet ou lire ses livres pour comprende que le passé, le présent et le futur sont liés, existent en même temps mais dans des espaces différents. Ce qu’il y a aussi d’intéressant avec lui c’est qu’il ne s’agit d’aucune technique à appliquer mais de retrouver des principes vitaux que les anciens connaissaient et que les enfants pratiquent automatiquement.

Garnier Malet est quelqu’un qui ne se dit pas être celui qui éclaire le monde, mais celui qui rappelle ce que les anciens connaissaient. Il est quand même celui qui a mis tout cela en équations, car oui, le dédoublement du temps et de l’espace passe par des équations. Cela ne doit effrayer personne, le compte en banque de la logique normale suffit. Quand on sait qu’un enfant l’applique…

Changer son mode de penser implique… changer son mode de penser… C’est cela même. En écoutant Garnier Malet, je me suis rappelée qu’un jour d’automne, voulant aider un ami qui avait un jardin, je me suis mise à ramasser les feuilles. Il y en avait un tas. Au bout d’un moment, je me suis dit que cela devait avoir un sens et que c’était l’occasion de ramasser « mes péchés » (dans le sens qu’on lui donne dans notre ère, car le mot d’origine, tout comme amour, a été déformé), de façon symbolique, bien sûr, mais il y en avait tellement que je me suis dit que je cueillais également les péchés de toute ma famille ! C’était il y a fort longtemps. En écoutant Garnier Malet, je n’étais pas loin du compte, à la différence près que les pensées qui nous entourent sont les miennes, celles de ma famille, celles de notre société, celles de notre cycle temporel.

De façon plus précise, lorsqu’on change son mode de pensée, on ne peut plus en vouloir à celui qui réagit d’une façon, disons, contraire à notre humeur ou à nos désirs. Tout notre mode de fonctionnement prend une autre couleur, pour utiliser une métaphore.

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Réparations et rangement = mettre de l’ordre en soi.3

Un jour, je suivais un cours sur le fonctionnement du cerveau et on parle de la mémoire. Ma mémoire s’allume et ni une ni deux, j’annonce que j’ai mis un oeuf à cuire pour mes oiseaux et que je n’ai pas éteint la cuisinière ! Je cours chez moi et, heureusement, mon ami, André Oppel, était allé nourrir les oiseaux et enlevé la casserole du feu. Il y avait plein de fumée dans la cuisine. La casserole était brûlée et l’oeuf aussi. Je remercie mon ami, je rends grâce au ciel, j’enlève l’oeuf, le pose sur le plan de travail et mets la casserole avec de l’eau dans l’évier. Je retourne à mon cours.

De retour de mon cours, je vois l’oeuf, l’enlève pour le mettre dans les déchets et vois un trou sur le plan de travail. Jusque là, j’avais toujours cru que c’était du marbre ; or, s’il y a de la pierre, elle est recouverte d’une sorte de plastique qui donne une très belle illusion. Ah, les illusions de la vie… c’est pareil !

J’avais cherché des solutions, mais on me disait toujours qu’il fallait remplacer toute la pièce et cela chiffrait… Un jour, je rencontre une dame qui travaillait dans l’un de nos supermarchés nationaux, la Migros, justement dans le secteur des réparations ou du « Do it yourself ». Elle est venue chez moi et nous avons procédé à une réparation. Mais, j’y étais allée un peu vite et on sentait la différence de surface quand on passait la main dessus. Ce qui fait que j’ai poncé et… la santé de la dame a décliné, son envie aussi et j’ai laissé la chose en l’état pendant des années. Avec quand même une voix qui me disait que c’était une partie de moi et qu’il fallait que…

Hier, en cherchant un cadeau pour une petite fille, j’ai vu des produits qui pouvaient m’aider à réparer la chose.

J’ai poncé et mis du mastic.

J’ai ensuite mis des couleurs acryliques et cela a donné :

Celle de gauche est prise de plus loin que la seconde.
Je n’avais pas l’intention de montrer l’endroit… C’est tout à fait à droite vers le milieu. Mais, si on ne sait pas, on ne voit rien !

Alors, quel rapport avec mon moi ? Je ne sais pas exactement, ce que je sais c’est que j’ai mis des années à faire cette réparation. Je comptais toujours sur la dame que je mentionne plus haut et finalement je me suis dit que j’y arriverais toute seule. Quelques fois on se dit qu’on a besoin d’un appui et finalement ce n’est pas le cas. Dans la vie, c’est la même chose. Parfois on cherche une réponse, on se dit qu’un tel ou un tel devrait être là pour l’apporter et tout à coup elle est là. Ce qui est sûr c’est que je ne peux pas faire une chose si quelque chose en moi que je n’arrive pas à définir n’est pas prêt. C’est comme si je devais être prête à différents degrés, la volonté ou le désir tout seuls ne suffisent pas. Il en va de même dans tout ce que je fais. Il n’y a pas de recette, c’est un tout.

Ce que j’essaie de ne pas oublier à chaque fois que je fais un rangement, une réparation, une danse, une révision de texte, un maquillage, une couture, c’est que c’est grâce au travail en amont d’un tas de gens que je peux trouver une solution. On n’est rien sans l’Histoire.

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Le commerce au centre-ville.3 et la droguerie Schneitter à Neuchâtel

Rangements et réparations. Je le dis dans un article où je parle de rangements, ces rangements qu’on fait chez soi et qui impliquent des réparations, je dis que les réparations qu’on fait ont une résonance avec notre vie. De façon générale, j’aime réparer les choses qui se dégradent parce que le temps passe ou parce que c’est moi-même qui malheureusement le fais, et quand je répare, j’aime trouver des solutions pour que mes choses aient une plus jolie apparence.

Ma chronique sur le commerce au centre-ville. Je ne pensais pas tenir une chronique sur le sujet. J’ai cru qu’après le premier article, je n’aurais plus rien à dire. Mais voilà, le paysage commercial continue à changer et cette fois-ci, c’est M. Schneitter qui est parti au ciel le 6 mars de cette année et avec lui plein d’astuces, plein de conseils, plein de savoir.

La première droguerie Schneitter. Elle avait ses quartiers à la rue des Épancheurs, en face de chez l’ancien opticien Luther, un autre commerçant que j’ai bien aimé. C’est le grand-père de M. Schneitter qui l’a fondée et son fils qui l’a reprise. Le bâtiment n’est plus reconnaissable aujourd’hui. Dans les années 1970, la banque UBS désirant s’agrandir, le père de M. Schneitter est allé s’installer dans le bâtiment que l’on connaît aujourd’hui. Cela fait qu’actuellement nous en sommes à la quatrième génération de droguistes Schneitter. Voici leur photo ainsi que leur enseigne :

C’est formidable d’avoir une lignée de passionnés de droguerie dans une famille. L’héritière, si l’on peut dire, Laurence, est aussi une personne qui aime son métier et qui ne demande qu’à rendre service.

M. Schneitter. M. Schneitter était un homme curieux, il avait un humour que je n’ai bien souvent pas compris, mais j’ai apprécié son aide, toujours désintéressée, pour que je puisse faire mes réparations au mieux. C’est ainsi que ma maison est pleine de ses conseils, toujours pertinents ; il pensait à tout. Il était un homme pratique.

Exemples. J’avais une barre sur laquelle je suspends des habits de l’Opéra de Bucarest. C’est une façon de les exposer. J’ai ensuite ajouté d’autres costumes faits par moi et la barre, accrochée par mes soins, n’a pas tenu. J’ai refait un trou dans le mur, encore un autre, mais le mur est très mince et il n’y avait rien à faire. Je suis allée chez M. Schneitter, lui ai exposé la situation et dit que j’avais le cadre d’une porte où je pouvais planter des clous. Je ne sais plus comment on s’est compris, mais je me suis retrouvée avec une solution des plus élégantes !

De près, on voit une ficelle accrochée à un crochet discret. Il y en a une à chaque bout, mais le regard des visiteurs n’est pas aussi inquisiteur et on ne les remarque pas vraiment. Ces deux ficelles n’étaient pas suffisantes. C’est ici que M. Schneitter m’a été d’une précieuse aide : il m’a suggéré d’utiliser du fil de canne à pêche. J’en ai mis à trois endroits. C’est quasiment invisible et très efficace.

Le rôle d’hier du commerçant en ville à celui d’aujourd’hui. Autrefois, le commerce du centre-ville était aux mains de commerçants locaux, de personnes qui étaient impliquées dans la vie de la ville, et il y avait bien des façons de participer : comités de commerçants, associations, partis politiques. Ces personnages étaient souvent interrogés par les journaux sur des sujets qui touchaient à la ville et leur avis comptait même s’ils ne faisaient pas partie du Conseil général. C’étaient des poids lourds. Avec le temps, ils disparaissent. Les commerces locaux sont remplacés par des enseignes internationales, vidées du substrat local.

M. Schneitter faisait partie de ces poids lourds. Il disait ce qu’il avait à dire, sans fioritures et il aimait son métier. Mais, si ces commerçants aimaient faire le commerce, ils adoptaient, pour la plupart, la philosophie de M. Vautravers, autre commerçant dont je parle ici  (lien) à savoir « je ne suis pas là uniquement pour vendre », je vous rends service et vous me rendez service. C’est cela qui me fait faire des efforts et acheter chez eux plutôt que dans les magasins qui vendent meilleur marché et pas toujours avec les conseils adéquats. Le commerce de détail et local a un rôle et il appartient aux acteurs de la ville de jouer le leur. Ils connaissent leurs clients, leurs habitudes, savent quoi leur proposer et ne se basent pas uniquement sur des chiffres issus de logiciels faits par des technocrates.

Du plaisir avec les commerçants. J’aime aussi les commerçants qui ont leurs racines en ville. C’est peut-être moi qui ai besoin de ces racines, mais ces commerçants connaissent leur ville, ses atouts, son histoire, ses affaires, et on peut passer ensemble un moment à discuter de choses et d’autres comme si on était en famille. C’est comme cela que je me suis procuré la photo de famille des Schneitter. Laurence, la fille et successeur de M. Schneitter m’a dit que je pouvais faire une capture d’écran sur leur compte de Facebook pour mon article.

Politiques commerciales. Je me rappellequ’il y avait une sorte de chocolats que j’achetais habituellement dans un kiosque. Un jour, ne le voyant pas, je demande à la vendeuse ce qu’il en est et elle m’a répondu que « Zurich », soit la maison mère, l’avait supprimé de l’assortiment car il ne se vendait pas en Suisse allemande ! Les agences de voyage CFF (voir lien) ont aussi fermé parce que certaines agences en Suisse allemande ne faisaient pas le chiffre d’affaires, alors que, renseignements pris, Neuchâtel, Yverdon, Lausanne et Genève s’en sortaient très bien ! C’est un phénomène des plus intéressants, car souvent on entend dire qu’il faut suivre les habitudes des consommateurs, c’est un peu l’histoire de l’œuf et de la poule. Mais, la technologie doit être au service de l’homme et pas le contraire !

Pour en revenir au rôle des clients locaux. Tous les bons commerçants que j’ai approchés, et pas seulement à Neuchâtel, m’ont dit que depuis bien longtemps bien des clients vont chez eux pour se renseigner et ensuite vont dans les grands magasins pour acheter moins cher. L’ancienne mercière, Ingrid Gueniat, m’a aussi dit la même chose, les employés de l’ancienne agence de voyages CFF aussi : des personnes ayant des moyens, comme on dit, allaient se renseigner sur les endroits où il y avait des offres spéciales et ensuite allaient acheter les billets et réserver les hôtels sur Internet . Je crois qu’il n’y a pas besoin de faire des commentaires.

Je ne vais pas vous ennuyer avec tout ce que j’ai réparé grâce aux conseils de M. Schneitter, mais il m’a fait des mélanges de peinture pour la table sur laquelle je mange, les chevalets et la planche que j’utilise pour mes maquillages fantaisie et des chaises. Il m’a dit comment utiliser l’alcool ISO 99 % pour nettoyer mes CD, mes vitres et toute sorte de choses, c’est aussi chez lui que je me suis fournie en colophane pour mes chaussons de danse, c’est dire si M. Schneitter est présent à travers tout cela. Puis, une chose en entraînant une autre, les idées de M. Schneitter qui se sont bien implantées dans mon cerveau, pour ainsi dire, ont permis que d’autres idées qui passaient par là s’y accrochent pour trouver encore d’autres solutions pour d’autres problèmes.

Mon goût pour les réparations et modifications. On ne sait pas toujours d’où les idées viennent, mais mon père m’a fait ma première coiffeuse, il construisait des choses à la maison, mon grand-père maternel aussi. Plus tard, lorsque j’étais à l’école de Chorégraphie de Bucarest, j’aidais un professeur en pharmacie à mettre des échantillons dans des enveloppes et on est arrivé au bout de ces dernières. Cela a été l’une de mes grandes leçons de vie : trouver des solutions quand apparemment il n’y en a pas. Et il en va ainsi dans tous les domaines de ma vie.

Un dernier regret. Il est vrai que M. Schneitter marchait avec difficulté et c’est une symbolique que je vois souvent indiquant que le chemin sur Terre est près de finir. Mais, désirant le stimuler à ma façon, je lui ai proposé, quelques mois avant son départ, qu’on organise des cours sur la façon d’utiliser tel ou tel produit, sur les astuces auxquelles on pouvait penser. On aurait pu faire des cours pour les enfants et pour les adultes. J’avais pensé en faire en tout cas un par saison et on aurait vu pour la suite. Il avait été enthousiasmé. J’avais proposé soit de donner les cours soit dans mon studio de danse, soit dans son laboratoire, soit encore les faire et les mettre en ligne. Il avait pensé à deux ou trois sujets qu’il a mis sur le papier mais c’est parti en l’air. Je le regrette vivement parce que cela lui aurait permis de transmettre son savoir et pour moi l’occasion d’apprendre un tas de choses !

Merci. On ne peut pas finir sur une note de déception ! Le plus important est que j’aie appris des tas de choses, que je sache réparer bien des affaires et que j’ai eu plein de gens qui m’ont inspirée. Alors, merci à eux tous !

C’est bien connu, la vie continue. En cette période si curieuse de confinement, je fais les courses pour des amis. Le monsieur a été le comptable de l’entreprise horlogère neuchâteloise Froidevaux. Il m’a chargée de lui trouver une ampoule de remplacement pour sa lampe de poche. Je me dis que c’est tout simple, j’en ai déjà acheté. Je passe à la Migros où une aimable vendeuse m’informe que cela fait trois ans que l’article a été supprimé. Elle me suggère d’aller « chez Schneitter ». Devant faire quelque chose chez Interdiscount, je vais d’abord chez eux. Je pose quand même la question et la réponse a été identique ! Je vais donc « chez Schneitter ». Le jeune homme qui s’occupe de moi me dit qu’il a l’ampoule, mais que non, cela ne va pas marcher, car il manque une petite pièce qui cloisonne l’ampoule. Je téléphone au propriétaire de la lampe mais il n’a plus l’ampoule et me dit d’acheter une autre lampe.

Je regarde la lampe à laquelle le monsieur a mis de nouvelles piles et demande au jeune homme s’il n’a pas une combine et il me dit que justement il était en train d’y réfléchir. Il va chercher une ampoule, entoure le culot d’un élastique, l’insère dans la lampe, pousse l’interrupteur et « la lumière fut » une nouvelle fois ! Quel soulagement. Je suis bien « chez Schneitter », celui qui a les solutions et combines pour un tas de choses. Comme je le disais « la vie continue » !

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Spectacle improvisé et autres surprises

Comme je le dis souvent, les choses ont parfois une drôle de façon de s’enchaîner les unes aux autres. Cette fois-ci, c’est le cameraman, Roger Peeters, qui en est le moteur.

Il faut savoir qu’aux mois de juillet et août, je m’occupe de mon studio de danse, soit, je fais des nettoyages de fond à tous les niveaux car il est humide – c’est une cave, à l’origine. Alors, tout sortir, mettre au soleil, laver, réparer, réviser, etc. c’est un gros travail. Voilà que cette année-ci, j’ai un problème avec certains de mes chaussons de danse neufs. Je les prends pour les amener à la maison et les nettoyer lorsque je rencontre Roger et un copain qui visite tous les pays de l’Union européenne. Il fait cela sans un sou en poche dans le cadre d’un projet appelé « Je cherche la vie » qu’il s’est créé. Le fond de l’affaire est que notre vie est de plus en plus basée sur l’argent ; le terme « rentabilité » s’applique à toutes les sauces et c’est là le problème, tout est ramené à ce que l’activité exercée ou le produit vendu rapporte. Arie , c’est son nom, s’est dit qu’il allait approcher les gens, leur dire qu’il vit sans argent et leur demander s’ils peuvent l’aider ou lui offrir un de leurs produits. Cela a l’air curieux, mais ce qui l’intéresse c’est le rapport que les gens entretiennent avec les choses qu’ils vendent, ce qu’ils produisent ou revendent.

C’est sûr qu’une personne qui aime son métier, est bien plus heureuse et productive qu’une personne qui fait la chose parce que c’est ce qui lui permet de payer ses charges ou parce qu’il n’a pas les moyens de faire autrement.

On s’est bien entendus à cet égard. J’ai de la peine avec l’argent, moyen qui permet de régler bien des choses mais qui a été créé par l’homme. Nous venons sur Terre sans argent et nous partons sans argent. Certains disent que ce n’est qu’un moyen d’échange, sorte de troc, mais cela ne m’enlève pas ce drôle de malaise qui m’envahit à chaque fois que je dois me faire payer. Non pas que je minimise mes services, mais c’est la valeur monétaire qui me dérange, car comment faire payer un plaisir ? Or, la plupart du temps, je fais les choses par plaisir.

Comme Arie ne restait que trois jours à Neuchâtel, j’ai invité Roger et Arie à un apéritif pour le lendemain. Roger a été ravi et a dit qu’il arriverait avec un autre de ses amis en vacances chez lui et son amie.

Du fait que je suis en plein rangement dans mon studio… J’ai dû inventer du temps et donner de l’allure aux plats de l’apéritif ! Les voici :

J’ai préparé les deux plats avec soin. Il m’a manqué un peu de couleurs. J’aurais mis du organge et du rouge, mais n’ai pas eu le temps de tout faire. J’ai pensé à leur demander d’imaginer des fleurs de couleurs tout au tour des plats, mais la rencontre a été tellement naturelle, chaleureuse, intéressante que j’ai oublié de le faire !
En guise de boisson, nous avons eu du kéfir et du Mauler rosé, notre champagne local, dont il ne reste que les deux bouchons ci-dessus !

Je disais donc que le thème du projet d’Arie m’intéresse. Je ne fais pas de voyage comme lui, mais lorsque je rencontre quelqu’un, j’aime trouver les portes qui sont ouvertes et parfois en ouvrir d’autres. Ainsi, l’autre jour, j’ai demandé le prix d’un produit à un caissier. Je n’ai pas compris si le 40% était déjà déduit ou pas, il m’a dit que c’était le cas, a pris sa calculette et m’a donnée celui à 100%. Cela s’est fait en deux temps, trois mouvements ! J’ai trouvé cela remarquable et lui ai demandé s’il était bon en calcul et mathématique à l’école. C’était le cas. Je lui ai dit qu’il y avait en France un mathématicien qui fait actuellement de la politique et dont j’étais en quelque sorte amoureuse, Cédric Villani, homme fort intelligent qui parle de « la mathématique », de même qu’on parle de « la physique », « la chimie ». Le caissier a réfléchi une seconde et a dit que le mathématicien en questioin avait raison. La prochaine fois, je vais lui demander quels sont ses intérêts professionnels et peut-être l’encourager, si besoin est, à continuer avec une branche utilisant la mathématique.

J’ai déjà fait ce genre d’exercice avec succès. J’aime aider.

À un moment donné de la conversation est venu le thème des maquillages et j’ai montré le genre que je fais. Cela a intéressé l’autre ami de Roger, Marcel – en fait copain d’études. Il désirait despuis longtemps une peinture corporelle, un body painting. De fil en aiguille, on s’est donné rendez-vous pour une séance. Lire la suite dans la rubrique « Body painting ».

Voilà les quatre amis :Arie, Roger, Marcel , Leidi, à l’entrée de mon studio la « Cave perdue ». De là à penser que ce serait la bande des quatre… Il y a un pas qu’on ne saurait franchir !

Je m’aperçois que j’ai oublié de parler du spectacle. J’ai d’abord voulu présenter uniquement le « Piano fantasque », puis, voyant la qualité du public et son ouverture, j’ai présenté presque toutes les danses du spectacle de cette année ! Arie s’est fait l’interprète en disant qu’ils avaient aimé ce que je faisais et la façon dont je le faisais. Je leur ai donné l’impression d’être dans mon élément. C’est un compliment que j’apprécie (j’ai l’impression d’avoir passé l’examen d’Arie…) !

Et à propos du caissier dont je parlais plus haut, il m’a expliqué, lors d’un autre passage dans son magasin, qu’il partait en Amérique (USA ou Canada, je ne sais plus), étudier le marketing. Après avoir écouté ce que je pensais du marketing actuel, il m’a dit qu’il ferait en sorte d’avoir un marketing honnête. Chapeau !

Les difficultés de la vie, comment s’y prendre, une image.

Les difficultés de la vie prennent mille et une formes. On en sort d’une, on en a appris la leçon et voilà qu’une autre apparaît tout à fait différente.

J’avais besoin d’un fil violet pour coudre un rideau dans mon studio de danse et j’ai sorti un écheveau de fils de soie que j’avais dans mes affaires. C’était tout à fait ce qu’il me fallait. Je le prends, commence à le démonter pour trouver le début et voilà que je me suis retrouvée avec ceci :

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Une masse de fils sans queue ni tête, c’est le cas de le dire ! Cela m’a tout de suite fait penser aux difficultés de la vie, à cette impression qu’on éprouve lorsqu’on est dans une situation inconfortable qui nous entoure, nous englobe et qui nous échappe.

Cela ne sert à rien de se plonger dans le noir, de s’en vouloir, d’en vouloir aux autres. Dans mon cas, rares sont les fois où la solution est venue immédiatement vers moi et il me faut, en général, « vivre » avec « la chose » un moment. Il faut seulement se dire qu’il doit y avoir une solution, l’appeler pour qu’elle vienne vous éclairer. Il ne s’agit donc pas de nier la réalité ni de croire que les choses vont changer sans qu’on n’y travaille.

Quand le moment se présente et qu’on peut prendre un peu de recul, tout à coup on voit une ou plusieurs façons de résoudre l’affaire. Il en est allé ainsi avec la masse de fils que j’avais créée, car dans ce cas précis c’est bien moi qui avais créé le « noeud ».

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J’ai simplement retourné la masse dans plusieurs sens, je l’ai secouée et tout à coup, j’ai vu un bout par-ci, un bout par-là. Il restait à savoir lequel prendre. C’est tout à fait comme dans une problématique de la vie de tous les jours : certains bouts ont été « récalcitrants » et d’autres pas. Il faut savoir « écouter » ce que le fil dit et le lâcher quand il n’est pas prêt à venir. Il en va de même avec les difficultés que nous pouvons avoir avec certaines personnes ou dans certaines situations, on essaie une chose, une façon de résoudre la situation, une autre et tout à coup l’affaire se dénoue. C’est ce qu’il est arrivé avec les bouts de fil ( j’ai quand même dû couper à quelques endroits…).

J’ai pris « mon » mal en patience et ai commencé par enrouler les fils, les uns après les autres, autour d’un bout de carton :

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Comme on le voit, certains bouts se sont échappés et il y avait le risque de retrouver une situation presque similaire à celle du début. J’aurais pu laisser l’affaire ainsi, car le principal avait été résolu.

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Mais, je me suis dit que je pouvais enrouler les fils de façon plus harmonieuse. En fin de compte, j’ai six bouts de carton, plus ou moins longs, avec les fils de soie et c’est un happy end : j’ai perdu très peu de fil et les fils enroulés le sont de façon pratique en plus de l’être harmonieusement.

Ma joie est celle que j’éprouve lorsque j’ai trouvé la solution à une difficulté. Encore que « trouver la solution » est une expression curieuse, car ladite solution peut parfois apparaître sans qu’on ne s’y attende et de façon tout à fait surprenante ! Là, on rejoint des penseurs comme le physicien Jean-Pierre Garnier Malet.

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Conditions de travail des employés qui ont affaire au public

Je remercie ce personnel.

Ce ne sont pas seulement les employés du service public ; il y a d’autres secteurs où les employés ont affaire au public : les vendeurs, les chauffeurs des transports en commun, les caissiers.

De façon générale, on leur demande de faire plus et plus vite.

Prenons les employés de la poste. Les facteurs : ils sont minutés ; ils n’ont plus le temps de dire bonjour, de faire connaissance avec les gens auxquels ils apportent leur courrier. D’après ce que m’a confié l’un d’eux, les machines qui les minutent ont été achetées à un pays voisin qui les avait essayées mais ne les avait pas trouvées adéquates !

Quand j’allais relever le courrier à la case postale, je pouvais échanger un mot ou deux avec l’un ou l’autre des employés, qui étaient des employés de qualité. Puis, leurs heures de présence ont été réduites une première fois, une seconde fois. Maintenant, ils ne sont plus là qu’une partie du matin ; les petits colis sont encore déposés à la case postale, mais les moyens et les autres plus du tout.

Quant aux employés qui se trouvent au guichet où on effectue des paiements ou envoie le courrier au sens général, ils vendent maintenant des bijoux, des assurances, des sacs poubelle, des livres… D’après ce qu’on m’a dit il n’a a plus d’apprentissage exclusif d’employé des postes, mais un cursus général. Je dois encore vérifier.

Le personnel soignant qui se déplace à domicile. Tout comme les facteurs, ils ont tant de minutes pour laver les dents à quelqu’un ou lui faire sa douche ou l’habiller, etc., etc., etc. Or, les personnes âgées qui sont encore à leur domicile, qui ont été indépendantes et qui peut à peu n’arrivent plus à se débrouiller seules ; alors comment calcule-t-on le temps nécessaire ? Faire un soin ce n’est pas seulement laver les dents, c’est aussi attendre que la personne dont on va s’occuper aie le temps d’entrer en communication avec vous, qu’elle accepte d’être aidée, qu’elle soit prête pour qu’on puisse lui laver les dents, les gencives ne sont pas toujours en bon état ; elle a des habitudes ou attend des égards, elle doit avoir le temps de remercier ou de dire qu’elle a telle chose qui ne va pas ou que justement telle chose va mieux. Ce n’est pas non plus facile d’accepter que l’on ne peut plus faire telle ou telle chose et de confier son corps à un étranger ! Avec le système actuel, on ne devrait plus parler de soins, mais d’actes, car un soin c’est pour prolonger le bien-être d’une personne. De la façon dont ces personnes sont généralement traitées, il y a de fortes chances pour qu’elles se sentent en trop et aient envie de partir au ciel plus vite !

Une de mes amies qui travaillait dans ce secteur a fini par donner sa démission en sachant que sa retraite serait moindre et une autre en a fait une dépression. Ce sont des cas isolés mais révélateurs.

Les chauffeurs de bus ? Il y avait une jolie ambiance de réelle convivialité autrefois et j’avais du plaisir à dire bonjour au chauffeur. Maintenant ils sont minutés, tout comme les postiers, les aides à domicile et tant d’autres. À croire que peu importe le secteur, il n’y a que la rentabilité qui vaille ! Dans les transports en commun, les chauffeurs ont à faire à des passagers qui saluent de moins en moins ou qui les agressent quand quelque chose leur déplaît. L’autre jour, j’ai demandé à des jeunes élèves (12 ans ?) de parler moins fort parce qu’à la fin de la journée la tête du chauffeur… J’ai eu de la chance, ils ont parlé plus bas. Le chauffeur m’a dit qu’il n’avait jamais eu une passagère comme moi et que c’était un jour à marquer d’une pierre blanche. Moi, je trouve normal de penser aux autres.

Mais, je remarque aussi que les chauffeurs ne vous saluent plus toujours non plus, certains ne vous regardent même pas. Et si vous dites quand même bonjour, bien d’entre eux ont maintenant des trucs dans les oreilles pour écouter de la musique ou ont leur regard et attention plongés dans leur téléphone portable, vous n’obtenez pas de réponse. Il y en a quand même de la vielle garde, ceux-là, il faut les soigner et je le leur fais savoir !

Je suppose que les chauffeurs se sont adaptés à la réalité qu’ils vivent ; ce ne sont pas seulement les passagers qui leur manquent le respect, ce sont aussi les automobilistes qui sont pressés, qui leur passent devant. Ils ne comptent plus le nombre d’infractions qu’ils constatent par jour, c’est dire…

Les vendeurs dans les magasins. Il y a plusieurs phénomènes qui entrent en jeu. Tout d’abord, l’extension d’ouverture des horaires n’a pas créé de nouveaux emplois. Je me rappelle la campagne politique qui prônait l’extension des horaires afin de faciliter la vie de ceux qui travaillent en semaine et qui allait créer des emplois… Je me disais que les politiciens n’y étaient pas. Cela s’est révélé vrai ! Par ailleurs, le commerce dit en ligne joue aussi un rôle. Les exploitants de ce type de commerce ont moins de frais de personnel et leurs produits coûtent par conséquent moins cher.  Cela fait monter la pression chez les vendeurs dans les les magasins : ils sont de plus en plus stressés, travaillent à une vitesse supérieure, sont de moins en moins nombreux pour le même travail, les cas d’absence pour raison de maladie accentuée sont plus nombreux. Je vois des vendeurs en mauvais état qui essaient de résister. Car, s’ils disent quelque chose, le chef leur dit qu’ils ne sont pas obligés de travailler et qu’ils peuvent partir. Dans un grand magasin, après la rénovation de ce dernier, on a vu moins de personnel, plus de rayons, donc de marchandise et, par conséquent, plus de travail. Sans parler du fait que la chaîne du froid a été augmentée et que les vendeurs qui y passent la journée ont froid !

Dans ce cas, tant les employeurs que les consommateurs sont responsables. C’est un cas de conscience.

Les caissiers. C’est une catégorie du personnel à part. Une rubrique spéciale se trouve ici.

Un autre problème, l’éducation des gens. Si on pourrait écrire un chapitre pour détailler le nombre invraisemblable de situations auxquelles ce personnel est exposé, on peut aussi le dire en peu de mots :  l’éducation des gens, toute catégorie et âges confondus, laisse à désirer.

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Déviation de certains mots courants (en cours d’enrichissement)

Les gens ne se rendent pas toujours compte qu’ils utilisent certains mots dans un sens qui n’est pas le leur. En voici quelques-uns :

  1. Au final.  On préférera : finalement, en fin de compte, tout compte fait ;
  2. Collaborer ensemble. Collaborer, issu du latin « laborare + cum », soit travailler avec quelqu’un. On évitera de dire travailler avec quelqu’un ensemble et donc « collaborer » avec quelqu’un suffit.
  3. Concernant. L’Académie française préfère « en ce qui concerne ». En effet, « concernant » est le participe présent du verbe « concerner » et a le sens « qui concerne ». C’est ainsi que l’on ne dira pas : concernant Mme x, il faut savoir… On dira : au sujet de Mme X. Si on désire utiliser « concernant », il faut lui donner un complément du genre : concernant la fin du livre, par exemple ;
  4. Concerné. On ne dit pas non plus « il est concerné », on dit « cela le concerne en partie » ou, à la forme passive « il est touché par telle chose » ;
  5. Conséquent.   Cet adjectif est parfois utilisé dans le sens de « grand, important », or il est issu du substantif conséquence – qui est lié à la logique – pour se rendre compte de son véritable sens.  Ce mot trouve tout à fait sa place dans des expressions comme : « je suis conséquent avec moi-même », qui veut dire je suis logique avec moi-même. On évitera de dire : une somme conséquente, une erreur conséquente. Il convient, dans ces cas de dire : une somme importante, une grande somme ; une terrible erreur…
  6. De suite.  Cette expression est utilisée à la place de tout de suite. On évitera de dire : il est venu de suite. On dira il est venu tout de suite ;
  7. Esthétisme et esthétique :
    1. Esthétisme : c’est la théorie au sujet du beau, c’est une tendance artisique qui a existé vers la fin du xixe siècle en Angleterre. C’est un courant. C’est peut-être plus clair si on fait un parallèle avec le mot « communisme » ; on comprend bien qu’il s’agit de la théorie du communisme, de son organisation politique. L’esthétisme a existé à u moment de l’histoire, c’était, une fois de plus, un courant ;
    2. Esthétique : c’est la qualité, en terme de beauté, d’un obejet. On parlera de l’esthétique d’un bâtiment, d’une figure.
    3. En conclusion : on ne dira pas l’esthétisme d’une chose ;
  8. Feedback. Mot venu des États-Unis qui en français se traduit par « retour d’expérience », « retour circonstancié », « retour d’information ». On pourrait aussi dire : voici ce que j’en ai retiré, ce que cela a provoqué en moi, etc. Plus simplement , on peut demander ou proposer une réponse, un commentaire ou avoir une réaction. La langue française est bien riche.
    • Il arrive aussi de lire : merci pour votre retour. On peut simplement remercier pour la réponse, la remarque, l’observation, le complément d’information ;
    • Retour, sa définition. Le retour implique un mouvement, un départ d’un endroit pour un autre où l’on a été précédemment.
  9. Finaliser. On le voit souvent dans son sens anglais « mener à terme », « finir », or en français son sens est tout autre  » donner un sens, une ligne, un cap, une finalité ». Il vaut mieux éviter les confusions et utiliser une autre tournure. C’est ainsi qu’on dira qu’on est en train de finir un article, qu’on lui donne la dernière touche, par exemple ;
  10. Intégrer. On lit fréquemment que telle personne a intégré une école ou qu’elle n’a pas intégré telle information. Le verbe « intégrer » est un verbe transitif, qui demande, par conséquent, un objet direct. On peut, par exemple, intégrer un élément dans un ensemble, une partie dans un tout. Mais, une personne ne peut intégrer quelque chose (sauf en argot). En conséquence, on dira : je suis entré à telle ou telle école, je n’ai pas saisi l’information, je me suis intrégré à mon nouvel environnement, par exemple ;
  11. Opportunité. Ce mot, en français a un sens différent de celui de l’anglais ; raison pour laquelle on ne dit pas « j’ai l’opportunité de prendre cet emploi », mais « j’ai la possibilité, l’occasion, de prendre cet emploi ». On peut aussi tourner la phrase autrement et dire « on me présente la possibilité de prendre cet emploi, on me propose, on m’offre, j’ai la chance de, j’ai l’occasion de », etc. On peut encore penser à « une situation favorable se présente ». La seule fois où l’on peut utiliser opportunité, c’est dans des tournures du type : je réfléchis à l’opportunité de fixer la date de mon mariage au mois de mai ; ce qui correspond au sens de pertinence.   En conclusion : saisir une opportunité, donner l’opportunité n’est pas français !
  12. Près de – prêt à. Ne pas confondre les deux usages et chacun a sa proposition (« à » et « de » :
    • près de : c’est proche de, tout près de. Je suis près de la maison, près de toi, cela est près d’arriver ;
    • prêt à : on est disposé à, on est d’accord de : je suis prêt à te suivre, prêt à investir, prêt à faire une action ;
  13. Rentrer.  Rentrer veut dire qu’on entre à nouveau ; dans ce sens on rentre à la maison, au bureau. Mais on entre dans un monde, dans une dimension, dans une vie, dans un cycle, dans une période, dans un magasin ; on fait entrer un mot dans un dictionnaire ;
  14. Retour.1. Avoir un retour, remercier pour un retour (voir « feedback ») ;
  15. Revenir vers. On lit bien souvent dans un courriel « je reviens vers vous », or, revenir est un verbe qui indique un déplacement ! Il n’y a pas à réfléchir deux fois, on écrit tout simplement : je redonnerai des nouvelles, je reprendrai contact, je reviens sur le sujet, j’ai réfléchi aux propos échangés, pensant que l’on pourrait encore ajouter ceci à notre projet, etc. Les voies sont ouvertes pour trouver d’autres tournures !
  16. Suite à.  On entend parfois dire et on lit aussi très souvent dans toutes sortes de textes : suite à ce que j’ai vu – suite à votre remarque, suite à bien des choses.  L’expression d’origine est à la suite de. On dira donc : à la suite de votre intervention, à la suite de votre amendement, à la suite de la fausse interprétation, etc.   On pourra aussi utiliser : par suite de (par suite de certains imprévus) – pour donner suite à (pour donner suite à votre courrier du…) – faisant suite à votre intervention, par exemple.

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Les objectifs dans le monde de Zully

Bon, quels sont vos objectifs ? Me demanda-t-on un jour que je suis allée voir un responsable de l’orientation professionnelle.

Je n’ai pas su que répondre. Je n’ai jamais eu d’objectifs dans ma vie. Je sais que tout au long de mon existence, j’ai entendu mes amies, amis, dire « je serai ceci, cela » ; moi, jamais. Je me suis toujours demandé comment on pouvait se projeter de la sorte. Je revois, comme des photos dans le temps, les moments où cela est arrivé. Je fais les choses parce qu’elles se présentent et qu’elles me plaisent. Quand je n’ai pas le choix, je cherche quand même une raison, un sens, un symbole et cela me va très bien.

Le responsable en question m’a quand même rassurée en me disant qu’il y avait d’autres gens qui fonctionnaient comme moi. Après des examens, il a dit que j’étais faite pour l’enseignement.

Cependant, quand je regarde ma vie, je me dis que tout participe d’un tout ; que tout ce que j’ai fait s’emboîte d’une façon ou une autre en moi, dans ma façon de voir le monde et que les événements de ma vie font un tout. Ce que j’aime avant tout c’est comprendre, m’améliorer, aider. L’idée de l’évolution est assez complexe. Je suppose que la notion de devenir meilleur pour soi et pour les autres est celle qui me convient. J’ai trouvé beaucoup de réponses chez Bernard Michel Boissier, chercheur en neuroscience (qui à la différence des neurosciences prend l’esprit en compte) et chez Jean-Pierre Garnier-Malet, physicien. Ce dernier m’a conquise. Je dois quand même dire que je ne serais pas arrivée chez eux sans avoir auparavant été nourrie par bien d’autres sources. Je remercie, au passage, tous ceux qui m’ont aidée à mieux avancer dans ce monde. La façon d’expliquer notre rôle dans ce monde n’est pas aussi simple que cela et il faut laisser de côté bien des choses qu’on nous présente comme des dogmes irréfutables.

Par rapport aux objectifs, je pourrais bien en avoir un : j’aimerais quand même quitter ce monde en laissant mon corps dans un aussi bon état que possible. Quand je l’ai reçu, il était en très bon état. Je n’aimerais pas non plus laisser de dettes de quelque genre que ce soit. Quand les relations, les choses arrivent à leur terme, je fais de mon mieux pour que cela se passe bien. Je rends les choses matérielles en bon état et si parfois j’ai des regrets parce que les relations avec les gens ne vont pas comme je le voudrais, je ne peux en vouloir à personne. Ce n’est pas que je sois « positive ». Dire que les choses vont bien quand ce n’est pas le cas où qu’on se sent blessé, ne marche pas pour moi. C’est une compréhension de la chose, une certitude que les choses ne peuvent pas réellement mal se passer qui est la base chez moi. À cet égard, Jean-Pierre Garnier Malet m’a apporté une explication, en parlant du dédoublement du temps et de l’espace, qui me fait mieux comprendre les événements de la vie.

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