Réflexions sur ma vie, sur la danse et indirectement sur ma banque UBS

J’ai, depuis quelque temps, l’impression que ce n’est qu’aujourd’hui que je comprends ceci ou cela. Ce « aujourd’hui », il faut le préciser, se promène avec les dates du calendrier qui avance. C’est ainsi que ce jour a son moment de lumière et que celui d’hier en a eu un autre et que celui d’il y a un mois en a eu un autre et qu’à chaque fois je me dis que c’est celui du jour qui prime ! C’est comme si c’était à chaque fois une nouvelle vie. C’est fascinant.

Je fais de l’ordre dans mes affaires. Mes affaires… j’en ai tellement… j’ai fait différents métiers et tous à fond et je pourrais les reprendre tous sans hésiter et à nouveau changer pour un autre sans hésiter car, je m’en rends compte aussi, ils se retrouvent tous les uns dans les autres sous différents aspects. Alors, j’ai beaucoup de choses à ranger, régler, réparer, revisiter.

Danse. C’est le titre que j’ai donné à un texte que je viens de retrouver que j’avais mis dans une vitrine de ma banque, bon « ma » n’est qu’une façon de s’exprimer, vous le savez, donc, du temps où « ma » banque exposait des travaux d’artistes. Ce jour-là, je dois m’être dit que j’avais compris ce qu’était le travail du maître de danse, car aujourd’hui, je m’exprimerais à peu de chose près de la même façon.

Pouvoir guider, pouvoir ouvrir des voies. Enseigner c’est cela, rendre service c’est cela. Quand je vois le résultat chez les personnes avec lesquelles j’ai traité, c’est un immense plaisir, car à mon tour, si je sais des choses, si je peux transmettre c’est parce que d’autres ont pris la peine de prendre soin de moi. Je saisis l’occasion pour les remercier tous en même temps.

Alors « ma » banque. Je la remercie de m’avoir offert la possibilité d’exposer, à plusieurs reprises, dans ses locaux.

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Rue des Chavannes – commerce au centre-ville.9

Participer une nouvelle fois à la peinture de la rue des Chavannes me fait revivre une ancienne vie et me fait vivre une nouvelle vie. Une fois de plus, la notion du temps se présente : passé et présent = un !

Mes articles sur le commerce au centre-ville ont, jusqu’ici, été liés à des commerçants. Cette fois-ci, c’est l’une des rues qui accueille des commerçants qui en est l’objet.

Un peu d’histoire d’abord. La rue des Chavannes est fort ancienne. Il semble qu’il y ait deux lectures possibles quant à l’origine de son nom :

  • lorsque l’on a construit la rue des Moulins et ses bâtiments, il a fallu des ouvriers qui se sont installés dans des sortes de cabanes ou baraques et l’endroit a pris le nom de vicus cabannarum (village de cabanes) ;
  • des granges, des écuries et autres bâtiments du même genre auraient eu la forme de cabanes.

Quoi qu’il en soit, au xive siècle, (voir note plus bas au sujet de l’écriture des siècles) c’est un quartier qui prend forme, les habitations deviennent mitoyennes de part et d’autre de la rue qui porte le nom des Chavannes depuis 1353.

Il faut encore imaginer qu’à l’époque, la ville était entourée d’une enceinte et qu’en haut de la rue il y avait une tour, dite la tour des Chavannes qui a vécu jusqu’en 1864.

Depuis que je suis à Neuchâtel, j’ai vu bien des magasins dans cette rue. Dans les années 1980, Anne Monnier, l’une de mes amies, avec un groupe de jeunes dont je faisais partie, a proposé de peindre la rue. J’ai une photo quelque part, mais n’arrive pas à mettre la main dessus pour le moment, de l’un des projets d’Anne avec moi en train de peindre un motif.

Cette rue m’est aussi chère parce que Pierre Schwaab, le grand complice d’Anne, et Laurent Perrenoud habitaient en vis-à-vis dans la rue et avaient suspendu un fil pour se passer des messages. À l’époque, nous étions très liés et le groupe était venu prendre des cours de danse, le dimanche matin, dans ma Cave perdue, tout près du Château.

Actuellement, j’ai un faible pour le magasin Au Pêcheur qui se trouve dans cette rue et où j’ai trouvé un article qui me rend bien service. C’est le magasin de pêche le plus ancien de Suisse et son propriétaire, Denis Demange, est le digne successeur de son fondateur, M. Paul Savoie-Petitpierre. La date ? 1882 !

Il y a quelques jours, en descendant le long de cette rue, je vois un groupe de trois jeunes en train de peindre la rue. Je demande s’ils acceptent une volontaire. Ma demande s’est faite spontanément, réellement, je ne me suis pas posé de question, c’est parti tout seul, et la réponse a été « oui ». J’ai commencé le lendemain.

Le passe et le présent = 1. C’est curieux de revivre certaines situations bien que de façon très différente. Je n’ai pas l’impression de revivre un passé, simplement je sais que j’ai déjà vécu l’histoire, mais en même temps, je la vis comme si c’était la première fois. Cela est bien fascinant pour moi.

Je suis arrivée au moment où le groupe qui peint, soit Jean-Thomas Vannotti, Martial Hunkeler, Julien Elzingre, trois artistes plasticiens, allait rédiger le communiqué de presse et que écrire, composer fait partie de l’un de mes derniers métiers. L’utilisation des mots, leur sens, la structure de la langue, est une passion chez moi. Là aussi la chose s’est passée tout naturellement.

Dans le communiqué envoyé à la presse il est indiqué que « l’oeuvre représente une cascade de carrés qui ondule le long de la rue des Chavannes de façon aléatoire ». C’est vraiment le cas.

Avant d’aller plus loin : le titre de l’oeuvre est Memphis ; elle est un clin d’oeil au mouvement de concepteurs (en anglais « designers ») italiens des années 1980 qui se sert de la couleur comme d’un élément primordial ; Memphis est aussi un clin d’œil au constructivisme russe des années 1910 qui s’inspire souvent du carré.

Tout le monde sait ce qu’est un carré, avec ses quatre côtés égaux et ses quatre angles droits. Cette forme géométrique élémentaire représente l’ordre, la règle, le dépouillement, la stabilité. D’ailleurs le nombre 4 correspond à la structure. C’est intéressant, car on a tous besoin de structure.

La disposition des carrés dans la rue des Chavannes, si carrés soient-ils, mène le promeneur à la rêverie du fait de la composition du dessin ; les enfants, quant à eux, peuvent jouer avec les couleurs, aller d’un carré à l’autre, s’inventer des histoires, des jeux. D’ailleurs, dès qu’un bout de la rue a été rendu au public, les enfants ont tout de suite commencé à jouer. C’est tellement merveilleux, le monde des enfants. Ils ne se posent pas mille et une questions, ils vivent ce qui leur est proposé. Le philosophe ou le scientifique, quant à lui, pourra se dire que s’il entre dans le carré, il trouvera une forme, une matière, des pixels, des atomes et arrivera à une nouvelle dimension. Cela aussi est passionnant.

Et pourquoi le carré ? vous direz-vous. Parce que c’est une forme simple et que notre société tend à tout simplifier. On le constate partout. Mais, l’esprit de l’homme est riche et avec la simplification on peut créer une effervescence, une cascade, un cheminement qui nous mène à l’harmonie. En fait, toute règle, tout problème, une fois bien expliqué est simple.

Jusqu’ici c’était l’association des commerçants qui commanditait l’oeuvre, cette fois-ci, c’est la Ville qui a pris la relève. En cette période si hors du commun de notre histoire, la Ville comprend que les commerçants ne s’en sortent pas avec la pandémie et prévoient de lancer au mois d’août une grande campagne où les musées et les différentes associations de commerçants seront réunis. C’est beau de voir une politique prendre soin des siens.

Reprenons l’oeuvre. La composition, les carrés ne tombent pas tout seuls. Il y a tout un travail derrière ce qui nous est présenté.

J’aime la minutie. Je me dis que tout dans l’univers a un sens et que rien n’est de travers. Je ne comprends pas les gens qui font les choses « à peu près » et qui ajoutent « c’est pas grave ». Déjà, du point de vue de la langue ce n’est pas fameux ! Quant au contenu… c’est simple, il n’y en a pas. J’ai eu beaucoup de plaisir à donner une belle allure au carré. Quelqu’un m’a dit qu’il fallait beacoup de patience pour cela. Je ne sais que dire, la patience c’est justement quand on n’en a pas et qu’il faut recourir à la patience pour faire quelque chose. Dans le cas présent, je ne me pose même pas la question, je fais, je « suis » (du verbe « être ») la forme dont je prend soin. En fait, je prends soin de moi, les autres sont « moi ».

Tout demande du travail, une structure, un savoir.

Comme je le disais, il faut toute une structure pour tout.

De l’aide. Que c’est appréciable d’avoir de l’aide spontannée ! Comment dire la chose sans la dire… Les gens marchent, disons, sans trop regarder où ils marchent. Alors, on (« on » c’est la bande des trois peintres et moi) a mis des rubans de signalisation, mais d’autres gens, disons je ne sais quoi, les arrachent et il faut réparer. Anne-Claude est sortie de la boutique Calamity où elle travaille et Clémentine est sortie de sa boutique Alegria pour m’aider. Une autre commerçante, Laxmi, est aussi sortie de sa boutique Goa et a participé au déplacement des barrières, mais elle a été si rapide que je n’ai pas eu le temps de sortir mon appareil photo.

Javier et le ruban de signalisation. Comme dit plus haut, il y a des gens qui et des gens qui, pas besoin d’explications. Ce dimanche matin, en retournant au « chantier », les barrières étaient par terre et les rubans aussi. C’est normal, disent certains, car samedi soir… Pas besoin d’explications non plus. Bref, je vois un groupe de gens en début d’après-midi qui font des photos de la rue et un jeune homme a le ruban entre les mains. Ne comprenant pas ce qui se passe, je vais vers eux et le jeune homme m’explique qu’il monte la rue et profite pour monter aussi le ruban qui gisait par terre afin que les gens comprennent qu’il ne faut pas marcher sur la peinture. Je n’en reviens pas ! Je le félicite de penser aux autres, c’est si rare, et lui demande de poser pour moi afin de rendre ce moment plus long. Merci Javier !

Ruban de signalisation. Nous n’avons pas assez de ruban de signalisation et j’ai pris contact avec le service de la Voirie qui a délégué l’un de ses employés pour nous l’apporter. C’est tellement inattendu ! Je remercie le Service pour ce service qui nous rend bien service ! Et voilà en une phrase trois des acceptions du mot « service ». Je ne cesse de m’émerveiller de cette si belle langue qu’est le français.

Les escaliers devant l’ABC. Le patron a dit qu’il allait changer le motif pour qu’il ressemble aux pavés. il a aussi ajouté que son « agencement » n’abîmait pas les pavés dessous. Il reste que la hauteur des marches modifiées augmente du double…

Les terrasses temporaires. On le sait, afin d’aider certains tenanciers, les autorités ont permis que des établissements sans terrasse puissent « agencer » une terrasse provisoire pendant la pandémie. On le voit, il y a différentes façons de procéder. J’ai vu d’autres restaurants qui ont des installations mobiles et tout est rangé en fin de service. Le sujet mérite à lui tout seul un article, car les effets secondaires sont nombreux tant pour les commerces avoisinants que pour les habitants locaux.

C’est Julien qui a pris la photo. Et moi qui disais que je ne figurais nulle part du fait que c’est moi qui ai pris les autres photos de mon article ! En plus, je me trouve devant le magasin Au Pêcheur ! Je remercie Julien. Je me trouve avec Jean-Thomas en train de perfectionner certains écarts dus à l’infractuosité du terrain.

Un compliment parmi d’autres. Nous avons reçu bien des compliments, mais il y en a un qui a retenu mon attention parce qu’il était bien tourné et qu’il s’adressait à moi. C’est un passant qui m’a dit : Le carré est aussi bien fait que votre rouge à lèvres est posé… et il a souri. Voilà un compliment que je garde précieusement.

Anecdote. Je passe chez Clémentine pour lui dire que j’ai commencé à écrire un article sur ma plateforme et lui demande si sa patronne est là. Elle répond : la patronne c’est moi ! Je ne sais plus pourquoi l’on parle de ses origines et elle me dit qu’elles sont diverses ; elles vont de l’ancienne Prusse à l’Algérie en passant par le Sud de la France. On parle d’héritages génétiques et de ce que cela implique pour certains. Je lui dis que ce qui importe c’est ce qu’on fait de sa vie et que lorsqu’elle affirme « la patronne c’est moi », elle est prusienne, algérienne et française. Elle éclate de rire et c’est comme si ses branches prusienne, algérienne et française de son ADN se manifestaient à travers son rire. C’est un beau moment.

Note au sujet de l’écriture des siècles : on le sait, un siècle s’écrit en petites capitales. Le logiciel de ma plateforme ne connaît pas ce format. C’est dommage, mais ce n’est pas une raison pour que j’utilise des capitales. Pour mémoire, on sait aussi qu’on ne dit pas « écrire en majuscules », puisque la majuscule est la première lettre d’un mot, uniquement.

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Le coq de mon dentiste : réparations = mettre de l’ordre en soi.6

Je le dis souvent, les choses n’ont pas besoin d’avoir un « propriétaire » pour que je m’intéresse à elles et en prenne soin. Il en va ainsi du coq de mon dentiste.

Je pense encore et toujours que lorsqu’on répare quelque chose, on le fait aussi en soi et cela se traduit par un certain ordre dans notre monde intérieur. Cela fait que les réparations, dans mon monde, doivent se faire au mieux car tout a une résonance en nous.

Chez le dentiste. Les dents, c’est précieux. Tout est précieux dans notre corps, mais les dents… Le hasard, ce fameux hasard qui me suit comme mon ombre et qui en fait n’existe pas, fait que je sois obligée d’aller chez un dentiste de la place, et pas n’importe lequel, car il est excellent. Son nom ? Philippe-Denis Roth. Il ne s’occupe que des cas compliqués. Lorsqu’on a un objet en porcelaine à faire réparer, l’apprenti peut prendre les objets du quotidien, mais le vase ming ou de l’époque Ming sera confié au maître. C’est une image, bien sûr. Pas besoin d’explications. Il me traite avec grand soin et je lui demande s’il a toujours le coq que j’avais vu la dernière fois. Je voudrais le réparer.

Comme dans les réclames pour la lessive ou d’autres produits qui promettent monts et merveilles, on aura une photo de « avant », une autre photo de « pendant » et celle de « après ».

1. AVANT

Le coq. Si on ne peut pas dire qu’il manque de plumes, manque de matière. On observe aussi que les yeux ne sont pas pareils. C’est comme chez l’être humain.

2. PENDANT

Le coq a l’ait tout étonné… comme je le comprends ! Les réparations, remises en état, révisions, sèment souvent le désordre. Quand on va ranger un tiroir, il vaut mieux tout sortir et en apparence il y a plus de désordre que le contraire. Dans la vie c’est pareil. Il faudra que le le dise au coq !

3. APRÈS

Le coq doit se dire que cela valait la peine. En tous les cas, son propriétaire l’a trouvé très beau !

Tout cela pour dire que je prends soin des choses. Il arrive que je me trouve dans un magasin et que des clients remettent mal les choses en place, laissent les vitres coulissantes des frigidaires mal fermées, qu’ils ouvrent les portes, prennent un produit pour lire tout ce qui est écrit, etc. Je me permets de fermer les vitres, d’attirer l’attention sur le fait que toute la marchandise subit des changements de température ; je dis aussi parfois « oh ! le pull est tombé ! », « je crois bien que l’article n’est pas à la bonne place », etc. Je ne me fais pas toujours bien voir et reçois parfois des remarques. De quoi me mêlé-je ? Ben…

Un second conq. Coq no 2 voyant arriver Coq no 1 en si bonne forme lui demande comment il a fait. Celui-ci lui raconte et Coq no 2 se dit prêt à faire de même. Je suis si touchée que je ne peux résister et le prends chez moi.

Des plumes à retordre. On sait bien qu’un coq, fût-il celui du Dr Roth, n’a pas de fils (dans le sens de l’expression  » du fil à retordre »), mais des plumes. Cela n’a pas été facile. Une fois un bout réparé, un autre apparaissait ou revenait. C’est aussi mon savoir-faire qui était en jeu et je me suis dit qu’on allait réussir. « On », car c’était le coq et moi.

Remerciements. Je remercie le coq pour sa collaboration et les matériaux utilisés ainsi que tous ceux qui les ont produits, transportés, vendus. C’est vrai, on n’est rien sans les autres.

Shakespeare. Comme le disait mon collègue de banc, William (Shakespeare, de son nom de famille), « Tout est bien qui finit bien ». Quelle chance de l’avoir côtoyé !

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Café atomique 1. La vitesse de la Terre (en cours de rédaction)

Comme je le dis dans l’article consacré à Knut : On le sait, l’appétit vient en mangeant. Il en va de même dans les relations. Knut est devenu « le » photographe de mon école et ma curiosité pour les sciences, la mathématique en particulier et la physique par conséquent, a trouvé où se nourrir, chez lui, puisque son premier choix d’études fut la physique ! Eh oui ! la photo, la danse, la mathématique, la physique, tout cela va ensemble. La série d’articles commence aujourd’hui.

Café atomique – définition : Knut m’invite à boire un café, en fait c’est lui qui boit le café, moi, je prends de l’eau chaude et on discute physique, atomes, particules, énergie, etc. Spontanément m’est venu le nom de « café atomique » pour désigner nos conversations.

La vitesse de la Terre. Je ne sais plus comment cela s’est fait que j’ai choisi ce premier thème. Il me semble me rappeler que je cherchais à expliquer à une élève que les choses sont relatives et que je me suis dit que c’était curieux que la Terre tourne et que je ne le sente pas.

Raison : nous ne sommes pas sensibles à des vitesses constantes. Je sais bien que la Terre tourne autour du Soleil, etc. Mais, c’est fascinant de voir surgir à mon esprit les astres et galaxies quand Knut les nomme : la Terre, notre planète bleue, tourne autour d’elle-même, à une vitesse = 1 000 km/h ; elle tourne aussi autour du Soleil, notre étoile, à une vitesse supérieure = 107 000 km/h ; le Soleil lui-même tourne autour du centre de notre Galaxie, en même temps que les autres 100 à 200 milliards d’étoiles, à une vitesse encore supérieure à celle de la Terre, soit = 850 000 km/h ; la Galaxie, la nôtre et toutes les autres, tourne à son tour à une vitesse encore plus rapide = 2,3 millions km/h. Cela continue, car notre amas de galaxies tourne lui aussi !

Vitesses constantes : nous ne ressentons donc rien, car ce sont des vitesses contantes. On le remarque lorsqu’on est dans une voiture fermée, immobile ou a une vitesse constante, on ne ressent rien du tout. C’est quand même fabuleux ! Nous ne sommes sensibles qu’à des accélérations et des descélérations. Au fond, c’est comme dans une relation, un couple, quand tout va bien, on vit tout simplement et quand il y a des disparités, cela tangue…

Remarque : la Terre tourne sur elle-même dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, elle tourne autour du Soleil aussi à gauche. On se demande pourquoi les aiguilles d’une montre tournent à droite. J’ai déjà vu des horloges tourner à gauche. Certains courants philosophiques disent que le temps vient de la gauche, raison aussi pour laquelle, on traite parfois certaines parties du corps d’abord à gauche.

La Lune : on ne la voit pas dans ce dessin car elle est en éclipse. Mais elle est là !

Dans ce dessin, il nous faut ajouter mentalement les planètes et leurs lunes tournant autour du Soleil. C’est vertigineux !

Conséquences de quelques changements. Si la Terre venait à perdre de sa masse, elle serait absorbée par le Soleil. Si elle gagnait en masse, elle irait ailleurs.

Ce qui me fascine : l’harmonie, la mathématique qu’il y a dans cet univers.

Au fond, c’est une danse continuelle : la Lune tourne autour de la Terre, la Terre tourne autour d’elle-même et en même temps autour du Soleil, le Soleil tourne autour de la Galaxie et les galaxies tournent aussi. Quand j’imagine cette danse, elle me procure une immense joie !

Les astres et la langue française. Moi qui aime tant les langues, je ne peux m’empêcher de citer quelques expressions : être dans l’orbite de quelqu’un, par conséquent « être hors orbite », être le soleil de quelqu’un, avoir une place au soleil, être bien luné, être dans la lune. On aura remarqué que l’astre s’écrit avec majuscule et que lorsqu’on en fait un usage dans notre langage courant il est habillé d’une minuscule. Ah oui ! Je demande conseil par moments soutenus à un expert en langue française, Chambaron de son nom de plume, un personnage remarquable, et comme cela faisait un moment que je n’avais plus fait signe il m’a dit « je sais que vous êtes à éclipses ». C’est tellement joli. Heureusement que je ne suis pas tout le temps à me rappeler aux uns et aux autres.

Je me cite : « Eh oui ! la photo, la danse, la mathématique, la physique, tout cela va ensemble. »

Dès que l’occasion se présente… Les notions bien ancrées n’hésitent pas à revenir à la surface à la première occasion. Cette fois-ci, c’est pendant le cours que j’ai créé « @articulations – jouons avec elles ». Nous avons un exercice où l’on fait faire un cercle à une articulation. L’idée m’est venue d’imaginer que toutes les articulations tournaient. En fait, c’est vrai, elles tournent toutes, mais on n’en est pas conscient. Dans le cas présenti, chaque articulation a eu son « orbite » à faire, même celles entre les vertèbres. C’était un spectacle magnifique ! Ici bas, vous avez une vague représentation de ce que nous avons vécu au cours.

  • No 1 le corps avant de partir « en orbite » ;
  • No 2 le corps « en orbite ».

On tourne un certain nombre de fois et ensuite, on se couche par terre pour écouter ce que le corps dit. En plus d’imaginer les articulations tourner, il fallait être conscient que la synovie se répandait dant chaque articulation… Tout aussi vertigineux que les planètes, les lunes, les soleils et les galaxies qui tournent… C’est un moment très intense et particulier pour chacune des personnes qui le fait. Il n’y a pas de règle pour le ressenti.

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BBK Stores. Commerce au centre-ville 8. De la beauté dans un magasin. (en cours de rédaction)

Je me promène en ville et suis attirée par une vitrine, par l’élégance que j’y vois. C’est plutôt rare ; de nos jours, les magasins en ville, surtout les grandes enseignes, sont, disons, pratiques et ne font plus de belles vitrines. Ce magasin si. J’ai un côté un peu baroque et j’aime les moulures, les miroirs et cette vitrine me procure un grand plaisir.

C’est bien connu, les vitrines réfléchissent son environnement. Ici j’ai pris une partie.

La simplicité n’exclue pas l’élégance. Tout le monde le sait et pourtant les gens semblent manquer d’imagination. C’est une simple question de goût.

Après avoir pris langue avec le personnel du magasin, j’apprends qu’il s’agit d’une boutique pour hommes, où l’on confectionne des costumes sur mesure. Les articles proviennent d’Europe et la confection se fait aussi en Europe. C’est un discours qui éveille mon attention. Je trouve courageux et intelligent d’ouvrir un tel magasin. Cela me donne envie d’en savoir plus.

Je suis invitée à visiter l’intérieur de la boutique « BBK Stores ». Peu d’articles sur les rayons et, par conséquent, ils sont mis en évidence. Les chemises sont allemandes et suédoises et les chaussures sont faites en Italie.

J’aperçois des flûtes à champagne. Lorsque je fais des célébrations, je les fais avec du Mauler rosé en flûtes à champagne. Aussi, lorsque je vois ces flûtes, je m’extasie. La jeune vendeuse m’explique que tout nouveau client est reçu avec une flûte de champagne. Heureux client !

Je parle de la vitrine, des articles vendus, mais derrière il y a les propriétaires du magasin, l’architecte ou décorateur qu’il faut remercier et féliciter.

Politique du magasin : en voyant une telle élégance, on peut se dire que les prix sont élevés, mais, non. Les propriétaires du magasin se sont dit qu’ils allaient propose des articles faits sur mesure au prix d’un prêt à porter européen. C’est toute la différence.

Il y a encore d’autres belles choses, mais je vous laisse aller admirer le magasin à la Grand’Rue 3, Neuchâtel. En plus de cette boutique, deux portes plus loin, il y a une autre boutique, même propriétaire, qui fait du prêt à porter pour femmes.

Quelques mots avec la propriétaire : – Comment avez-vous eu l’idée d’ouvrir ce magasin ? « Les choses se sont présentées, pour ainsi dire, toutes seules. J’avais besoin de changement, tout en désirant rester dans le domaine de la vente d’habits. J’aime apporter de belles choses aux gens, cela fait partie de moi. Après avoir occupé deux autres locaux en ville, la vie m’offert la possibilité d’occuper celui où nous nous trouvons l. »

J’en reviens à la beauté du magasin, à la beauté qui se dégage des articles exposés, à la beauté de la décoration. Je pourrais passer des heures à regarder ces choses. Je donne un atelier « Mouvement du corps et de l’esprit ». Il s’agit d’interpréter un poème de différentes façons. Je me dis que je pourrais le donner devant la vitrine du magasin avec comme thème « promendade dans le magasin » et voir ce que cela crée chez les participants…

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Au Pêcheur – commerce au centre-ville de Neuchâtel 7

Comment j’ai découvert le magasin d’articles de pêche le plus ancien de Suisse, de toute la Suisse ! Il se trouve à Neuchâtel, Ma ville, et il est sis à la rue des Chavannes 3, rue que j’ai peinte il y a longtemps avec feu le peintre neuchâtelois, Anne Monnier.

Je n’aurais jamais pensé que j’entrerais dans un magasin qui vend des articles pour la pêche ! Tout simplement parce que je suis végétarienne et que je ne mange pas de poisson non plus. Mais, pour mes diverses décorations, j’utilise du fil de pêche, ce fil nylon transparent si mince et si résistant ! Et, surprise, je suis tombée sur le propriétaire, M. Denis Demange, un personnage comme on en avait avant ; je me suis crue dans un conte de fées, tellement il est aimable, à l’écoute et serviable. Il est l’équivalent de M. Vautravers et d’autres personnages dont je parle dans mes articles sur le commerce au centre-ville.

Dans mon studio de danse, que je réaménage à l’aide de l’ingénieur et homme de grande inventivité, Roger Peeters, j’ai suspendu des planches avec des photos, des costumes et des éléments de spectacle. Afin de donner un aspect quelque peu magique, j’ai utilisé du fil de pêche. C’est M. Schneitter qui le premier m’en a suggéré l’utilisation. Puis, de fil en aiguille, je l’ai utilisé pour bien des choses.

Formatage général. Vous l’avez certainement remarqué, les choses deviennent standard, formatées, uniformisées et les gens suivent. Cela me fait penser à l’époque du communisme où en Occident les gens disaient « ce n’est pas possible, il n’y a qu’à dire… » et voilà que nous sommes soumis à des normes de formatage qui font qu’on ne trouve plus telle ou telle forme, tel ou tel produit qui nous était cher, pas seulement cher mais aussi utile, tout cela parce qu’une centrale, un centre de décideurs a décidé que… et personne ne dit rien. Ainsi va-t-il avec mon fil de pêche que j’achetais dans les grands magasins. Cette fois-ci, je cherchais un diamètre de 0,35 ou 0,4 mm pour une charge de 10 kg. Pourquoi ? Parce que l’élasticité de ce fil est moindre que celle du fil à 0,7 ou 1 mm. Il faudra que je demande à Roger la formule pour la calculer. Mais il n’y a pas besoin de formule, c’est visible ! Le tableau suspendu à une certaine hauteur il y a un mois ne cesse de descendre…

Au Pêcheur. Je me dis que le seul qui peut me sortir d’affaire est le magasin de pêche de Neuchâtel. J’ai bien fait d’y aller. J’ai été servie par le propriétaire et il a trouvé chaussure à mon pied pour ne pas dire le fil de pêche rêvé ! Le temps qu’il trouve ce qu’il me fallait, j’ai pu me rendre compte que le magasin était très joliment arrangé, avec des meubles pratiques et anciens. C’est là que j’ai appris qu’ils dataient de l’époque de son père. Je lui ai dit qu’il y a un autre magasin qui a des meubles du même genre à Peseux, la Quincaillerie de la Côte. Le hasard a voulu que j’aille ensuite à cette quincaillerie pour acheter des vis à bois à oeillet et j’ai appris que son propriétaire avait aussi vu une fois le magasin de Neuchâtel et remarqué les meubles. C’est normal, quand on a quelque chose de bien chez soi, on regarde chez les autres aussi.

Mon fil de pêche. On continue à discuter, M. Demange me montre plusieurs articles et finalement ouvre un tiroir où il a des articles isolés. Tout est magnifiquement classé. Cela tombe bien, j’aime le classement, les choses à leur place. J’explique à M. Demange que je suis végétarienne, mais que cela ne m’empêche pas d’apprécier un magasin bien tenu, où les choses sont bien traitées, posées et qu’on y sent le plaisir, le plaisir du patron pour son métier. Et, finalement, il me propose un fil qui fera mon affaire. C’est un cadeau du ciel ! Son diamètre est de 0,3 mm et sa charge de 8 kg, Cela me va parfaitement. Je n’ai pas dû aller à Marin, St-Blaise ou encore ailleurs pour trouver le fil de pêche convoité. C’est un sujet à traiter une fois, le rôle d’une capitale… avant, on y trouvait de tout, maintenant… Mais continuons avec le magasin Au pêcheur.

Le magasin Au Pêcheur date de 1882. M. Demange m’apprend que le magasin date de 1882. Cent ans plus tôt, M. Abraham-Louis Breguet (j’ai un faible pour lui), qui a quitté Paris entre 1793 et 1795 pour revenir en Suisse – Genève, Neuchâtel, Le Locle – aurait fort bien pu avoir visité le magasin puisqu’il a passé près d’une année à Neuchâtel. Je suis à la recherche d’autres personnalités qui auraient pu avoir visité ce magasin si plein avec des articles de qualité à des prix raisonnables.

Articles du magasin en 1882. Je ne dois pas me tromper, M. Breguet aurait fort bien pu entrer dans ce magasin. J’ai d’autant plus raison que ce magasin vendait aussi « des gants, des chapeaux, des corsets,des vêtements en général, des couvertures de lit, des tapis en soie d’Italie, de la soie pour tricoter ». Fait intéressant, afin de promouvoir les articles arrivés par voie maritime, notamment les habits, des défilés étaient organisés au « grand hôtel le Beau-Rivage« .

Le nom du magasin. M. Demange me dit qu’auparavant, les magasins portaient le nom du propriétaire. Cela m’explique bien des choses et donc, tout au début le magasin de pêche s’appelait Savoie-Petitpierre et il se situait à la rue du Seyon 1. Cette habitude perdure de nos jours puisqu’on dit : on va chez Schneitter, chez Wildhaber, chez Margot, chez Walder, etc. Le prénom du premier propriétaire du magasin de pêche était Paul, soit Paul Savoie-Petitpierre. Il était déjà commerçant avant d’acquérir le fonds de commerce – les articles de pêche – de la Maison F. Mack, de Vevey. Dans l’annonce faite par voie de presse, il dit qu’il vendra les articles au même prix que la maison mère. C’est touchant.

Source : M. Denis Demange
J’ai fait un montage du catalogue de M. Savoie-Petitpierre. On voit la couverture à gauche, dessous c’est la date du catalogue qui en fait figure au dos de la page où il y a la photo de droite avec la vitrine du magasin à la rue du Seyon 1. On remarque que le magasin s’appelait déjà Au Pêcheur, mais que sur la vitrine c’est Savoie-Petitpierre qui s’annonce.

Voici le premier numéro de Le Traîneur, 4e trimestre 1953, et le dernier, mars 2021 ; ce dernier réunit sept associations de trois cantons – NE, VD et FR.

Ci-après, la photo du meuble qui permet de si bien ranger les articles. Au-dessus, d’autres articles tout aussi bien rangés. Leur vue me donne un plaisir particulier, c’est que dans le monde, dans l’univers chaque chose a sa place et l’ordre du magasin participe à cet ordre-là. J’aurais bien voulu savoir quel menuisier l’a conçu. Ce doit être le même du joli meuble en cylindre de la Quincaillerie de la Côte, à Peseux ; je reconnais la faction et le bois. En tous les cas, je le félicite.

On finit avec la tête du propriétaire !

Nous avons évoqué d’autres sujets. Je lui ai dit que je m’étais occupée un temps du développement du commerce au centre-ville. C’était vers la fin des années 1990. L’une des personnes travaillant à la Ville avait dit que les commerçants devraient faire des rabais pour attirer les clients et qu’il faillait faire des animations. J’avais répliqué que je ne voyais pas pourquoi les commerçants devaient toujours faire des rabais, et que les animations musicales créaient des agroupements, amenaient parfois du monde dans les restaurants sauf quand il y avait des stands dans la rue et qu’il fallait plutôt des animations particulières. J’en avais un certain nombre à proposer. On ne va pas en débattre ici, mais en cette période si bizarre de notre histoire avec la pandémie, les personnes qui d’habitude jouissent d’un rabais chez les commerçants locaux et particuliers devraient faire l’inverse.

Que dire de la « Black Friday Week » ! On doit déjà se dire que ceux qui utilisent cette terminologie ne parlent pas anglais parce qu’une semaine ne peut être composée de vendredis uniquement, même avec un rabais ! et précisément ce sont huit jours de rabais. En pleine pandémie et confinement, le bon sens aurait voulu que les magasins qui avaient ouvert à Neuchâtel – ailleurs, je ne connais pas la situation – demandent un 10 % de plus pour compenser le manque à gagner, et sans salaire pour beaucoup, dû à la fermeture sanitaire. Je crois qu’un magasin a demandé aux gens de verser un certain pourcentage pour une affaire de bienfaisance. Chapeau ! Mais, quel a été le comportement du public ? Pour ma part, bien que ma situation ne soit pas des plus brillantes, j’ai fait un geste à ceux qui suivaient des cours avec moi dans un domaine sportif. Je ne suis pas commerçante, mais j’avais une commerçante comme élève et cela a été ma façon de lui dire que j’étais à ses côtés.

Les nuisances nocturnes. En sortant du magasin, j’ai remarqué les restes d’une porte en métal que M. Demange devait mettre lorsqu’il fermait son magasin. Il m’a dit qu’il avait installé une grille qui avait eu pour fonction d’éviter un certain nombre de désagréments dus à la vie nocturne, mais il y avait tellement de déchets derrière ladite grille qu’il a finalement décidé de l’enlever. La solution avait été pire que le mal. Je connais bien le sujet et je vais le traiter ailleurs. Je trouve dommage que des gens comme lui subissent les effets du manque d’application de lois qui existent. La loi ? Le bon sens, le respect devraient suffire, mais ce sont des notions inconnues dans certains bataillons !

Mon fil de pêche et mes racines à Neuchâtel. On finit sur une bonne note, celle liée à mon fil de pêche qui me sort d’affaire, au fait que j’ai fait la connaissance d’un commerçant très aimable de la place, M. Denis Demange, lequel m’a fourni l’article désiré et qui m’a aussi permis d’entrer en contact avec M. Paul Savoie-Petitpierre, un contact que je ne peux expliquer mais que je sens. Tout cela renforce mes racines à Neuchâtel et cela me fait respirer mieux !

Une bonne note en appelle une autre ! C’est l’effet bien connu de la résonance. C’est pour cela qu’il faut faire attention à la pensée et aux mots qu’on utilise. J’ai donc soumis mon article à Denis Demange – pour vérification, c’est la moindre des choses – et il répond « Je vous remercie infiniment d’avoir eu un intérêt pour mon petit monde, pas celui de Don Camillo, mais celui qui est le mien, La Pêche. Quand je dis « je », dans ma tête c’est plutôt « nous » ,je pense à tous mes prédécesseurs qui ont mis leurs passion dans cette petite boutique qui ne demande qu’à survivre. Alors “nous“ vous disons un grand MERCI » . Ces mots sont beaux et représentent bien le patron du magasin !

La fête de la Danse 2021 et le magasin. Quel rapport ? Aucun, si ce n’est que je participe à la fête en proposant deux activités dont l’une est « Atelier de mouvement pour le corps et l’esprit ». L’ordre qui règne dans le magasin de M. Demange continue de m’habiter et je me dis que je pourrais prendre une nouvelle photo du meuble avec ses tiroirs et d’autres vitrines afin de les utiliser lors du cours. On parle de l’ordre et il me montre des sachets qu’il a préparés avec divers articles pour la vente. Chacun contient 100 éléments comptés par lui. Je lui dis que je compte les marches de l’escalier étroit qui mène depuis la rue du Pommier à mon studio, situé juste avant la rue du Château. Je lui dis qu’il y en a 52 et que parfois il y en a moins. C’est comme cela. Il s’étonne puis commente : « La nuit, il doit y avoir des gens qui ont besoin d’une marche et hop ! ils la prennent !  » C’est tellement joli… On se dirait dans un conte. Je pars d’excellente humeur.

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De l’art de l’utilisation des épingles de sûreté = rangement en soi et ressources insoupçonnables à notre disposition

Une fois de plus, on retrouve Roger Peeters, l’ingénieur que je qualifie d’ingénieur ingénieux !

C’est bien vrai, ce n’est pas parce que quelqu’un exerce une fonction, un métier et qu’il est professionnellement qualifié qu’il est ingénieux, inventif, réfléchi. Roger est un ingénieur ingénieux.

C’est bien vrai aussi, nous avons parfois des ressouces au-delà de ce que nous croyons avoir.

Mes histoires s’imbriquent les unes dans les autres. J’ai eu l’idée de mettre des rideaux rouges comme fond de scène pour des danses à venir. Le temps que je retourne en Roumanie, que je trouve le bon tissu, que je confectionne les rideaux et que je trouve quelqu’un pour m’aider à les suspendre… a été long. Roger est intervenu dans la dernière étape. Mais, cela fera le sujet d’une histoire séparée. L’objet du jour, pour ainsi dire, est l’utilisation insoupçonable des épingles de sûreté..

Un rideau latéral des deux côtés. J’ai pensé à combler le vide avec des rideaux supplémentaires attachés avec des ficelles afin de pouvoir les enlever facilement lors du nettoyage général du studio. Roger s’est dit qu’il devait exister un système plus simple.

Il m’a demandé si j’avais des trombones, mais je n’en avais pas sur place.

Mes outils. Dans le studio, j’avais étalé mes outils et différentes autres affaires nécessaires à l’accrochage des rideaux et à la couture d’anneaux de suspension. Roger s’est approché de mes épingles de sûreté, en a pris une ainsi que la grande pince, a traficoté l’épingle, est monté sur l’échelle avec le rideau et en a accroché un bout sans peine à l’aide de l’épingle modifiée. Il m’a montré comment faire.

Les épingles de sûreté. Voici la tranformation :

Moralité : une épingle peut faire plus qu’une épingle tout en restant une épingle ! C’est-à-dire que l’espace entre les deux barres de l’épingle augmente et permet soit de saisir plus de tissu soit d’embrasser le diamètre d’un câble supérieur à ses capacités originelles – c’est le cas cette fois-ci. C’est ce qui est fabuleux. On pense qu’on n’a pas ce qu’il faut et finalement on a ce qu’il faut.

Système D. On parle du système D ou système de débrouillardise. Ce système fonctionne très bien dans des pays en voie de développement ou anciennement dans les pays de l’Est. C’était presque une norme dans ces derniers pays. Aussi, voir un Hollandais (Roger est hollandais) inventer des choses pratiques est étonnant. On peut dire que son métier l’aide, il est ingénieur en mécanique, mais je sais bien que cela n’explique pas tout ; il faut un certain esprit d’ingéniosité.

Il en va de même avec nous. Il semble que nous n’ayons à faire face qu’à des situations qui sont à notre mesure. Néanmoins, il arrive que nous nous trouvions dans des situations qui semblent nous dépasser, mais tout à coup une solution simple et limpide apparaît. Nous ne nous sommes pas transformés, nous ne sommes pas entrés dans l’habit de quelqu’un d’autre, nous avons simplement eu une éclaircie dans notre esprit et nous trouvons, à l’instar de l’épingle, à faire plus qu’on ne l’avait cru.

La relation avec les autres est toujours porteuse de leçons. Cela me rappelle une leçon de vie d’un de mes autres maîtres de ballet, Maître Oprea Petrescu, un jour que je lui posais une question il m’a dit : tu peux apprendre quelque chose de tous les professeurs de danse, même du pire, car tu apprendras au moins à ne pas faire comme lui. C’est une leçon de vie que je porte en moi et que j’ai transposée à tous les domaines.

Merci Roger et merci Maître Oprea Petrescu !

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Iossif Leonidovitch Prout. Réserves. La notion de réserve. Rencontre particulière 16.

J’ai un rapport particulier avec le russe, c’est une langue qui me fait fondre. Aussi c’est avec un plaisir certain que je me suis efforcée de faire la traduction de mon texte. Je ne cache pas que la traduction en ligne aide énormément. Je remercie ce service.

La notion de « réserves » est plutôt du domaine financier dans notre société. Mais, dans les pays de l’Est, elle faisait partie de la vie quotidienne. Il n’y avait pas toujours des produits dans les magasins et il fallait profiter quand il y avait des arrivages. Là, on faisait la queue. Elles étaient souvent longues. D’ailleurs, on ne sortait jamais de la maison sans un sac à provision pour le cas où. Maintenant que la pandémie est arrivée, ceux qui ont vécu dans ces pays se retrouvent dans un paysage quelque peu familier. Voilà un avantage d’un inconvénient ! Les épreuves sont bien souvent salutaires. C’est d’ailleurs cette expérience qui m’a fait proposer un cours où je donne des exercices qu’on peut pratiquer pour notre santé et qui évitent les énervements inutiles lorsqu’on doit attendre notre tour dans un magasin.

C’est aussi une notion qui fait partie de la vie quotidienne de l’armée. Il est nécessaire d’être prévoyant et se limiter à ce qui est vital.

Iossif Leonidovitch Prout, 1986. Je l’ai rencontré lorsque je suis allée à Moscou suivre un cours de russe. Un soir, notre groupe d’étudiants est allé écouter une opérette, Catherine, et on m’a présenté l’auteur du scénario : Iossif Leonidovitch Prout. Il était dans sa loge. Nous sommes devenus proches. Ce n’était pas difficile, il avait une ouverture d’esprit peu commune et aimait les artistes.

Voici la première page du programme avec son autographe en tant qu’auteur du scénario accompagné de celui du régisseur de l’oeuvre.

La notion de réserve. Prout, qui m’a été présenté en tant que général de l’Armée soviétique et en tant qu’auteur de scénarios de divers genres, m’a immédiatement adoptée. Je reviendrai sur ses fonctions. Nous avons parlé de bien des choses, de son entrée en Pologne après la défaite des Allemands aux côtés du maréchal Joukov et de diverses autres personnalités qu’il avait côtoyées. Mais, ce qui m’a marquée, encore aujourd’hui, c’est la notion de « réserve ». J’ai quelques leçons de vie que j’ai apprises de façon consciente et celle-ci en est une. Il m’a dit qu’il avait dans ses tiroirs des scénarios de divers genres selon ce qui se présentait. Il a précisé « il faut toujours avoir des réserves  » ! C’est une notion éminemment stratégique. Je revois le moment et son bureau. J’entends aussi sa voix et la puissance qui se dégageait de sa personne. Cette notion a fait son chemin en moi, car je n’ai pas toujours eu les moyens de m’offrir ceci ou cela, et lorsque l’occasion se présente, je fais des réserves. Bien souvent, je pense à lui. Je ne suis pas aussi stratège que lui, mais peut-être que lorsque je prends des virages dans ma vie c’est aussi une certaine stratégie, pas toujours consciente, qui me guide et qui s’approche de l’intuition. Je suis quelqu’un qui fait les choses par plaisir plutôt que par prudence, calcul, obligation. La vie n’est pas toujours semée de fleurs, mais je trouve toujours du plaisir, des symboles qui me nourrissent.

Au début des années 1990. Je suis retournée à Moscou et j’ai rendu visite à Iossif. Nous sommes allés dans un magasin qui vendait des chaussons de danse. C’était en été et j’avais des sandales, je ne portais pas de chaussettes. Je ne sais plus si j’avais pensé acheter les chaussons avant qu’on sorte de la maison ou pas, mais le fait est qu’au magasin il fallait essayer les chaussons et que je n’avais pas de chaussettes. Mon général a enlevé las siennes et me les a passées. Je revois aussi le moment où il a enlevé sa première chaussette et qu’il me l’a donnée. On n’a pas échangé de mots, cela s’est fait d’une façon très naturelle, comme si on répétait une scène de ses scénarios. J’ai ainsi acheté une bonne quantité de chaussons. J’en ai encore. Voici un échantillon.

Une danseuse se doit de pouvoir broder ses chaussons pour les réparer. À propos de ces chaussons, ils sont magiques. Je n’ai jamais eu mal aux pieds avec eux et, surtout, j’étais tout de suite sur pointes. Explication pour ceux qui n’ont jamais porté des pointes : il faut souvent « triturer » les chaussons pour qu’on puisse monter dessus. Je vais traiter le sujet un de ces jours. Le fait est qu’avec eux, il ne fallait pasfaire grand-chose. Ils ont été faits pour moi !

Iossif Leonidovitch Prout en portrait. Le voici !

Il dégageait une force qui était pleine d’amabilité avec quelqu’un qu’il aimait bien, de respect et de distance quand il le fallait avec d’autres personnes et de quelque chose de plus qui inspirait l’exécution de ses ordres sans discussion à d’autres moments. Il se tenait très droit et avait un ventre d’une solidité à faire pâlir les hommes qui font des abdos dans les gymnases.

Son ventre. Iossif Prout m’a montré un exercice qu’il faisait tous les jours : avec deux doigts d’une seule main, il soulevait une chaise. Il m’a fait toucher son ventre et on aurait dit du caillou, plusieurs cailloux alors qu’il avait dépassé les 90 ans ! Il m’a aussi montré comment me défendre si quelqu’un venait à m’attaquer.

Un petit mot derrière sa photo. Voici ce qu’il m’a écrit derrière la photo du haut qu’il m’a envoyée par la poste.

Il ne faut pas le prendre à la lettre. Lorsqu’on parle en russe, il y a pleins de mots chaleureux, amicaux qu’on n’utilise pas en français de la même manière. Lorsque je rencontre mes amis russes, des mots d’amour fleurissent à tout bout de champ. Prout parlait le français très bien puisqu’il avait fait ses études en tant que jeune garçon en Suisse, mais ce qu’il a voulu dire ici c’est que nous nous entendions très bien, au point de me passer ses chaussettes. Sans plus !

Des anecdotes. Je n’ai malheureusement pas tout retenu et n’avais jamais pensé écrire sur Prout, mais ces temps-ci, je pense souvent à lui, aux leçons que j’ai apprises dans ma vie et c’est ma façon de le remercier :

  • Picasso. Prout rencontre une fois Picasso à Paris. Il lui dit qu’il a vu à Moscou un tableau signé Picasso mais qu’il ne l’avait pas acheté parce que c’était un faux. Tu es un idiot, Prout, lui répondit Picasso. Si tu l’avais acheté, j’aurais écrit dessous « ceci n’est pas un Picasso », j’aurais signé et tu aurais eu un Picasso !
  • ceci n’est pas une anecdote, mais il avait donc côtoyé des personnalités du régime soviétique, tout en haut de la pyramide et disait qu’il regrettait de ne plus avoir le temps de raconter d’autres versants de l’Histoire ;
  • il est venu me rendre visite à Neuchâtel deux jours et je lui ai fait à manger. J’avais vu chez lui qu’il y avait sur son assiette des betteraves rouges et donc je lui en ai préparé. Lorsqu’il les a vues il m’a dit « j’en mange déjà assez chez moi »!
  • Prout avait chez lui des tableaux et des dessins de gens célèbres et il m’a commandé un tableau. À l’époque, je faisais des tableaux du genre de celui qui figure plus bas. Lorsque je le lui ai apporté, il a dit : mais il n’y a pas la couleur du peuple ! Je suis restée une seconde suspendue au temps et finalement, j’ai compris que je n’avais pas mis de « rouge ». Il a quand même trouvé une place pour mon tableau ;
  • il était reconnaissant à Nikita Khrouchtchev, car ce dernier avait ouvert les frontières et Prout avait pu renouer les relations avec la Suisse et sa famille par alliance.

  • Olga Lepechinskaïa. J’étais en visite chez Prout lorsque je lui ai dit que j’aurais voulu m’entretenir avec la célèbre danseuse des années 1950. Ni uni ni deux, il lui téléphone tout de suite. Malheureusement, elle était malade et j’ai chargé mon ami Prout de lui faire signer un autographe. Il avait ses entrées chez elle et m’a apporté l’autographe à la maison ! Le voici :

Lorsque j’ai présenté Iossif à feu mon ami André Oppel, vers le milieu des années 1990, lorsqu’il est revenu en Suisse, je le lui ai introduit en tant que général et il s’est empressé de préciser qu’il n’était pas seulement cela. Il était aussi venu pour que ses oeuvres artistiques soient plus mises en valeur. En cherchant des informations sur la toile, je vois qu’on dit qu’il n’était pas général. Cela n’a pas d’importance. Il a fêté ses 90 ans au Bolchoï, il était un personnage connu et j’ai porté ses chaussettes !

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Remerciements I. On ne sait pas toujours qui et combien on aide !

Je vous invite, après lecture de l’article, à une réflexion du genre de la mienne.

Les embranchements des remerciements. Je n’y avait pas pris garde, mais, les remerciements, tels des arbres, ont des embranchements. Lorsqu’un objet me rend service, je le remercie et je me dis que quelqu’un l’a inventé, un autre l’a produit, un autre encore l’a amélioré, ensuite quelqu’un l’a transporté, un autre encore l’a vendu et il se forme toute une chaîne dans le temps et dans l’espace ; c’est vertigineux. En fait, mon remerciement comprend toutes ces étapes qui vont loin dans ces dimensions. C’est l’une des raisons pour lesquelles je trouve qu’il faut faire les choses bien car on ne sait pas qui va les utiliser et, chose curieuse, elles nous reviennent parfois. C’est tant au propre qu’au figuré.

Je suis sidérée bien des fois en me rendant compte des effets qu’un remerciement peut avoir. Si on connaît les travaux du physicien Garnier Malet, on sait que le passé, le présent et le futur existent en même temps bien que dans des espaces différents. Les remerciements me permettent d’entrer en contact, façon de parler, avec des personnes qui ne sont plus de ce monde mais qui pour une raison ou une autre me rendent service. C’est le cas, par exemple, lorsque je me rappelle d’un conseil, d’un commentaire, d’un geste, d’un regard qui, parfois, sur le moment vécu est passé inaperçu ou n’a apparemment été présent que quelques secondes dans mon monde.

Les effets d’un geste, d’un mot, d’un exemple, de tout ce qui nous entoure de façon visible ou non peuvent se manifester de bien des façons et à des moments tout à fait inattendus.

Alan et ma plateforme : un très beau garçon à l’allure d’un poète effilé m’a proposé de m’aider à monter ma plateforme. Depuis des années et des années, j’avais envie d’en avoir une, mais les différentes personnes approchées m’avaient dit qu’il fallait payer ceci et cela et je n’arrivais pas. Le sort a voulu que je rencontre Alan, que j’expose ma situation et immédiatement il a dit qu’il allait m’aider ; il l’a fait. C’est grâce à lui que j’ai une plateforme et que j’ai pu mettre des articles qui rendent service, qui me rendent service et qui rendent service à d’autres. Je le vérifie assez souvent. Je le remercie. En l’occurrence, lorsqu’un article que j’écris rend service à quelqu’un, au début de cette chaîne il y a Alan.

Mais, Alan n’aurait pas traversé ma vie si Philippe Girardin, le luthier, ne l’avait pas amené à l’un de mes spectacles et je n’aurais jamais présenté un spectacle à Philippe si je ne m’étais pas trouvée dans une situation « compliquée » due à une drôle d’intervention de la part d’une connaissance et que pour marquer le fait que je faisais front, je n’avais organisé une série de spectacles pour des amis. Mes remerciements vont à Alan, à Philippe et à celui que j’ai qualifié de « trouble fête » de ma vie alors que, tout compte fait, il m’a rendu service. Suivant la logique présentée, derrière cette dernière personne il y a un tas d’événements et de gens qui y ont aussi participé à leur insu. Je remercie donc tout le monde parce que finalement je sors gagnante !

Pierre Dubois. Je discute avec mon frère qui a joué dans Xamax junior, je lui pose des questions au sujet de M. Gilbert Facchinetti et il me dit que la personne qui peut le mieux me répondre est Pierre Dubois. Je téléphone à ce dernier quelques fois et son répondeur dit toujours la même chose « Vous êtes bien chez-moi, mais pas moi !  » C’est bien lui. Il ajoute « Laissez-moi un message, si vous le voulez bien, et je l’écouterai religieusement ». Une fois de plus, je me dis que c’est bien lui. Cela me rappelle une anecdote que feu mon ami André Oppel m’a racontée à son sujet : Pierre Dubois passe en voiture sous le tunnel de Prébarreau et au lieu de continuer sur le tracé autoroutier, tourne tout de suite à gauche et circule sur la rue de la Promenade noire vers le centre-ville. Il se fait arrêter par un policier qui lui demande s’il n’a pas vu la signalisation. Pierre Dubois répond : oui, c’est vous que je n’ai pas vu ! Je trouve cela magnifique. Mais, je disais donc que Pierre Dubois n’avait pas répondu à mes appels. J’étais un peu perplexe et me demandais comment allait sa santé.

À la suite de ce qui précède, je courais le long du lac, je croise deux personnes, deux hommes, qui parlent et entends « le conseiller d’État Dubois… » Je fais semblant de rien, mais c’est quand même curieux… Cela fait très longtemps que je n’ai pensé à Pierre Dubois et tout à coup son nom me vient par différents biais. Je retourne sur mes pas et demande s’ils parlent de Pierre Dubois. C’est le cas. Ils me racontent des faits de leurs vies, car on se sent en confiance. L’une des personnes a fait le trajet Neuchâtel – Rome à pied l’année précédente, connaît Facchinetti par le biais du football et l’autre a travaillé avec André Facchinetti, l’un des frères de Gilbert Facchinetti, au restaurant Boccalino. Pas de doute, nous faisons partie du même monde. Il me dit que Frédéric Dard, l’auteur de San Antonio, allait souvent chez lui et qu’il a parlé du Boccalino dans l’un de ses livres. Il me dit qu’après le Boccalino il a tenu le Vieux-Vapeur et ensuite le restaurant des Halles, devenu le meilleur restaurant de Neuchâtel. Mes sens s’aiguisent et je lui dis que j’aime écrire ce genre de choses sur ma plateforme et que s’il est d’accord, je vais le faire. Il me répond qu’il a plein d’articles et de choses pour en faire un livre et que si cela me dit… C’est là que le remerciement à Pierre Dubois intervient. L’un de mes derniers métiers est la révision de textes et même leur écriture. Cette histoire est l’exemple même du cas où une personne n’a pas besoin d’être physiquement présente pour qu’elle agisse – en l’occurrence en ma faveur – et que je songe à la remercier. J’ai eu la même aventure avec M. Facchinetti. Cela se passe par des fils invisibles.

Je m’aperçois que ce genre de fils sont nombreux dans ma vie. Je vis une période particulière et je vois des fils partout, des fils qui composent la trame de ma vie. Je viens d’en découvrir un autre avec mon maître de ballet Anton Romanovski. À lui, je dois une leçon de vie. À un autre maître de ballet, Oprea Petrescu, aussi. Finalement, je suis un patchwork. Je comprends mieux que la notion de « hasard » n’est pas la bonne. Une fois de plua Garnier Malet a raison.

Toutes ces situations me font penser à un vortex. Le temps s’écoule tel un vortex et quand je vois un vortex dans les bouteilles qui me servent à dynamiser l’eau, je suis ravie ; ravie au sens ou je me sens prise dans l’espace et aussi envahie de joie.

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Un garçonnet de trois ans et l’eau du lac de Neuchâtel

Je courais le long du lac pour aller me baigner et j’entends une maman dire à son garçonnet d’environ trois ans de ne pas aller dans la flaque d’eau. Je m’arrête et l’enfant montre toujours des signes d’aller vers l’endroit interdit. La maman répète et l’enfant poursuit. Je vais vers le garçon et lui dis que s’il écoute maman, je pourrai alors lui apprendre quelque chose sur l’eau.

L’enfant doit se demander pourquoi j’interviens. On ne se connaît pas. Je lui demande s’il voit l’eau qu’il y a dans le lac (le lac est légèrement agité même s’il n’y a pas de vent ou alors, je ne le sens pas). Je lui dis que l’eau bouge et que dans le corps on a aussi de l’eau et qu’elle bouge comme celle du lac. En fait on a aussi des lacs qui bougent dans notre corps. Il regarde son corps et fait non de la tête. Je comprends qu’il me dit qu’il ne voit rien bouger. J’explique qu’on ne voit rien parce qu’on a de la peau dessus, mais qu’on est vraiment comme le lac et que même quand on dort, l’eau bouge. L’enfant désigne d’un petit doigt la flaque d’eau. Je comprends qu’il me dit que l’eau de la flaque ne bouge pas et je lui dis, c’est vrai, dans la flaque l’eau ne bouge pas. Il me montre une autre flaque et je le félicite parce qu’il a compris que l’eau de son corps est comme celle du lac et pas comme celle de la flaque. Je dis au revoir et il fait signe avec la main.

Au revoir avec la main, en fait l’enfant bouge tout son bras. En regardant son geste, je profite pour lui dire que lorsqu’on bouge le corps, l’eau de nos lacs bouge encore plus et lui montre un endroit où le petit Seyon va se répandre dans le lac et lui dis que c’est comme cela. L’enfant dit quelque chose que la maman interprète et lui répond, non, ici il n’y a pas d’orques. L’enfant dit encore quelque chose et la maman traduit « les orques mangent les phoques ». Je dis au garçon que je ne savais pas que les orques mangeaient des phoques et le remercie de m’avoir appris cela. On le sait, il n’y a pas d’âge ni pour apprendre ni pour enseigner.

Aujourd’hui. Deux jours sont passés et je rencontre le petit gaçon avec sa maman et son papa. Il s’arrête et la maman me sourit. Je lui dis que j’ai pensé à lui et aux lacs de nos corps. Je dis à la maman que grâce à ce que j’ai dit au petit garçon, je vois mieux mes lacs et que c’est pour cela qu’il faut porter une attention particulière lorsqu’on enseigne, car tout nous revient. Il ne faut jamais enseigner juste pour un salaire. Je le sais mais je suis toujours étonnée de la prise de conscience chaque fois plus profonde qui se fait en moi toutes les fois que j’explique quelque chose. D’ailleurs, il en va ainsi de tous les mots et de toutes les pensées que nous avons.

Une boule en chocolat. Le garçonnet ouvre sa main droite et me montre une boule en chocolat enroulée dans du papier alluminium violet. Un magnifique violet. Je le prends comme un signe, lui dis que c’est très beau et on se dit au revoir.

Un de ces jours, je ferai une photo de l’endroit où le Seyon va se jeter dans le lac.

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