La Cave perdue, des trous et la notion japonaise de « kai zen »

Dans l’article sur les fonds de scène, je décris cette notion japonaise qui désigne l’amélioration constante d’une chose. Ce que j’améliore, rends plus « moi », c’est mon studio de danse.

Le plus important dans l’affaire est le fait que trois solutions soient venues à moi pour remédier à trois situations que je pensais inchangeables dans mon studio. Elles sont arrivées quasi simultanément. Il y a des moments dans la vie où l’on cherche une solution à ceci ou à cela et que le temps prenne son temps, parfois une vie. Il est d’autres fois où l’on se dit que la chose est comme cela, point. On ne cherche plus. Et, tout à coup des solutions arrivent. Si cela m’arrive et si vous lisez cet article, gardez la chose en tête. Mes deux autres solutions ont été le plafond et les clous sur le plancher (avant dernier paragraphe).

Alors, les trous, les espaces, le vide. Le studio est creusé dans le rocher et les planches en bois du sol n’épousent pas les murs inégaux. Il y a toujours eu des « espaces ». C’était une donnée, une chose qui n’était pas en mon pouvoir de changer. Les solutions auxquelles j’avais pensé n’en étaient pas vraiment. Pour mémoire, voici la scène.

Le spectateur ne voit pas les espaces. Mais lorsque je fais des exercices avec des élèvss et que l’on utilise des petites balles, par exemple, les espaces deviennent « vivants ». Ils ont ingéré passablement de choses !

Voici l’un de ces fameux « espaces-trous-vides » :

Affaires perdues. Une chose perdue est une chose qu’on ne retrouve pas. Dans le cas présent, je sais où elles sont mais je n’arrive pas à les récupérer. En acheter d’autres ? Nous vivons dans une société où la mode fait que l’on retrouve difficilement des choses qui nous ont plu un temps. Parenthèse : j’aime la langue française et voilà que le participe passé du verbe plaire est invariable; en effet on plaît à quelqu’un et on ne plaît pas quelqu’un. Fin de la parenthèse. Je n’ai pas retrouvé des balles identiques, j’en ai trouvé des semblables, mais pour le jonglage et elles sont molles. Bref. j’encaissais des « pertes de mon avoir de balles » à longueur de temps.

Solution inattendue. C’est le cas de le dire. J’invite Claude Lienher et sa femme à un spectacle. Claude a été le chef du département menuiserie à Évologia et fait quantité d’objets pour moi. Alors, on discute et je montre les espaces. Sa femme me dit que je pourrais faire des espèces de boudins et Claude dit que je pourrais les remplir de mousse et que le tissu pour les boudins devrait plutôt être synthétique à cause de l’humidité. La chose travaille en moi.

Paris. J’aime aller à Paris, j’aime être à Paris. Cela ne s’explique pas. Je vais au Marché Saint-Pierre et y trouve le tissu nécessaire. En sortant, je prends une petite rue et tombe sur un magasin d’ameublement qui a de la mousse. Je passe commande et le monsieur me donne le prix (avant la coupe). Heu… un peu élevé. J’explique alors mon besoin et il me propose du molleton d’une belle qualité.

Sautons des étapes et voyons le résultat. Disons tout de même que si au départ, je devais faire des sortes de tubes, j’ai finalement des bandes et cela va très bien, cela me fait même une décoration. Cela fait partie des belles surprises de la vie.

Pour le plaisir. J’ai bien sûr essayé la résistance et efficacité de mes bandes. C’est un plaisir que de laisser rouler les balles, de les laisser aller jusqu’au bout de leur trajet sans devoir courir après elles et se dire « pourvu qu’elles n’aiillent pas dans un trou ». Alors, je fais plein d’essais dans un état proche de la béatitude.

Le poids des choses. On ne se rend pas toujours compte du poids des choses qu’on porte, pas seulement des choses physiques, bien entendu, mais des problèmes à résoudre, de ceux insolubles, de ceux qu’on a même oubliés. Et quand il y en a un qui s’en va… C’est un champ libre qui s’ouvre devant nous ! On le sait, les tensions vont se fixer dans le corps, et lorsque ce champ de liberté s’ouvre devant vous, votre corps respire, des voies sont dégagées. Ouf !

Les trois solutions apportent un nouvel air dans ma vie. Ce qui est fabuleux c’est que ces trois choses (le plafond, les clous dans le plancher et les espaces près du mur) ont duré presque toute ma vie et que depuis que j’ai appliqué les solutions apportées par des amis, c’est comme si les difficultés passées n’avaient jamais existé. Je repars dans une nouvelle vie. Je le dis plus d’une fois, nous ne sommes rien sans les autres.

Et voilà la scène avec ses bandes. Toute la salle est ainsi décorée maintenant.

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