La Cave perdue, le CCN, Ernest Grize, Mado Grize, André Oppel, Jacques de Montmollin – leur histoire à travers Zully (en cours de rédaction)

J’ai une sorte de vertige en écrivant l’histoire de cet endroit, tant les fils de différentes époques, de différentes personnes s’entremêlent. J’ai, une fois de plus, l’impression d’entrer dans un vortex temporel où tout a lieu en même temps.

Un début. Il faut un début à tout, et je prends celui de mon histoire. J’avais une amie qui me prêtait sa cave, en fait c’était la cave de ses parents ; elle avait un joli sol en bois, sol idéal pour mes cours de danse. C’est comme cela que Olivier Soerensen, qui en plus d’être un merveilleux pianiste et d’avoir un caractère joyeux, a pris ses seuls cours de danse. Il avait aussi de très jolies jambes, je les revois. Sa carrière de danseur s’est arrêtée assez vite, à mon grand regret, car il a fait une chute dans un escalier… Bref, je donnais mes cours là. Un jour, les parents de mon amie l’apprennent et se fâchent parce que c’était une cave à vin et la présence de plusieurs personnes augmentait la température… chose nuisible pour le vin. Je me retrouve, pour ainsi dire, à la rue. Cela fait que je marchais dans la rue en pleurant et que je rencontre Ernest Grize.

Un autre bout. Je venais de finir mon école de Danse à Bucarest et donnais mes cours à Neuchâtel dans cette cave en même temps que j’allais à l’uni, section sciences économiques. Je donnais aussi des cours à l’école Supérieure de Jeunes Filles. C’était la première fois que l’on donnait de tels cours à l’école. Madame Lucette Junod donnait des cours de théâtre et avait organisé un spectacle au Théâtre de Poche, Centre culturel neuchâtelois. Mon groupe de danse y participait. Ernest Grize, le régisseur du théâtre, en a fait la régie. Voilà le début du commencement, comme l’on dit.

Cave perdue. Je suis donc en train de pleurer dans la rue, Ernest me voit et me demande ce qu’il m’arrive. Je lui raconte. Il me dit que le théâtre a un local qu’ils n’utilisent pas et qu’il va en parler avec ses collègues. Résultat : j’ai pu occuper la Cave perdue et donner un nom à mon école. Mais, ce n’est qu’il y a quelques mois que j’ai su que c’était sur l’insistance d’Ernest que les membres de la direction, Jacques de Montmollin, directeur administratif, et André Oppel, directeur artistique, avaient donné leur accord. Ernest ne m’a jamais dit le rôle qu’il avait joué. Cela me touche profondément et m’incite à être meilleure.

2020, Mado Grize me rend visite. Mado Grize, la femme d’Ernest, est toujours de ce monde et vient passer deux jours chez moi. C’est une fête que de la recevoir. Elle fait partie de mon monde d’avant et elle est la gentillesse même, une joie de vivre aussi. Il n’y a pas de conversation où elle ne fasse entendre son rire si chaleureux. Elle vient à Neuchâtel pour recevoir un don pour son association « Action chèvre de Mado » (ACHEMA).

Mado me raconte l’histoire d’Ernest, l’aventure du CCN, celle de la Cave perdue. Je suis en joie, car cela fait un moment que je cherche des informations sans en trouver. L’ancien directeur du CCN m’avait dit que les archives n’intéressaient personne, s’en était débarrassé et lors de la célébration des 50 ans du CCN… des miettes. Ce jour-là, Jacques de Montmollin n’a pu y assister. La seule survivante de l’équipe des débuts qui aurait pu le faire n’a pas été invitée. Justement, par manque de connaissance de l’histoire du CCN. Il m’arrive souvent de penser que la branche la plus importante à l’école devrait être l’histoire. Si on ne connaît pas son histoire, on passe à côté de bien des choses.

Histoire d’Ernest -1. Il avait été abandonné à la naissance, pas reconnu par son père biologique et placé dans une pouponnière aux Bayards, puis en pension chez Madame Perret à Neuchâtel et ensuite, il aurait dû aller dans un asile pour orphelins. Heureusement pour lui, la famille Grize, qui habitait la maison à côté, est tombée sous le charme du bambin et l’a adopté. Dès le début de l’adoption, Ernest vit avec la famille. La procédure pour avoir légalement l’enfant dure quand même trois ans ans avec force péripécies dont la reconnaissance officielle du père biologique. Avec l’adoption, la vie semblait sourire à Ernest, mais, il perd son père adoptif peu après l’adoption officielle , il a 9 ans. Trois ans plus tard, il perd sa mère adoptive ; Ernest a 12 ans. Il devient alors un enfant de la Maison de Belmont – institution qui reçoit les enfants qui n’ont plus de famille et il a un tuteur.

C’est quand même terrible : dans un premier temps, il est abandonné et pas reconnu par son père, dans un deuxième temps, la vie prend un cours paisible et dans un troisième temps, le voilà tout seul à nouveau. On voit les mémoires s’installer dans le corps et l’esprit d’Ernest, de tristes mémoire, mais la chance a aussi une place.

À son décès, sa maman adoptive lui laisse la somme de presque Fr. 8 000 sur un compte bancaire. J’ai le relevé. À l’époque c’était une grosse somme. Il devrait la toucher à sa majorité. Ernest a un rêve, devenir photographe, mais son tuteur ne le suit pas. Il entre alors à l’École des Arts et Métiers pour devenir serrurier constructeur. À l’école, il a un copain de classe dont la maman tient une pension. Ernest devient pensionnaire chez elle. La dame a une amie qui s’appelle Nina – Nina est la dame qui tenait feu le kiosque du Fbg de l’Hôpital (j’ai bien connu Nina, car j’habitais dans la feue maison des Meubles Meyer, à côté du kiosque. Eh oui, tout s’entrecoupe, se mêle pour ne faire qu’un) – et Nina loge dans une pension où Mado, qui venait de quitter la maison, comme on dit, louait une chambre. Il n’en faut pas plus pour réunir des protagonistes pour une histoire. On devine la suite : Ernest et Mado tombent amoureux, vivent ensemble un temps et un jour Ernest se dit qu’il ferait bien d’épouser Mado. Il a suvi son intuition et il a bien fait. C’est sa chance. La chose arrive en 1957.

Histoire d’Ernest-2. Depuis qu’Ernest a rencontré Mado, il n’a plus été seul pour faire face aux difficultés qui sont venues entraver son chemin. Peu avant son mariage, Ernest est devenu majeur et a pu quitter sa tutelle. Il avait raconté à Mado que sa mère lui avait laissé la somme susmentionnée. à la banque ainsi qu’une vigne à Auvernier, mais que le tuteur disait qu’il n’avait que Fr. 1 000.- Mado lui a dit qu’il fallait porter plainte et ils ont pris un avocat. Celui-ci est arrivé à la conclusion que personne n’allait dénoncer personne ! (cela laissait entrevoir qu’il y avait connivence entre diverses institutions… Pas joli !) Mado et Ernest ont été convoqués par l’Office des tutelles. Proposition de ceux-ci : « Si vous acceptez, on oublie tout et on vous donne Fr. 1 000.- « . À l’époque Ernest et Mado n’avaient pas 20 ans. Ils n’ont eu d’autre choix que d’accepter. Je trouve cela triste. À cela s’ajoute le fait qu’il n’a connu la façon dont sa mère était morte que peu après son mariage ; elle avait été assassinnée.

Mais toutes ces tristesses sont illuminées par la rencontre avec Mado ; il n’a plus été seul ! Mado sera là pour l’encourager à faire de nouvelles expériences. C’est son ange. C’est magnifique.

***

Ernest et Mado ne font plus qu’un depuis qu’ils se sont rencontrés.

Formation d’Ernest.1. Le rêve d’Ernest aurait été d’aller à l’école de Photographie de Vevey. Son tuteur n’y a pas donné suite. Mais, il ne laisse pas tomber son rêve. Dès qu’il peut, il s’inscrit à l’école dont la carte d’immatriculation est ici à droite. C’est magnifique d’imaginer Ernest en train de recevoir ses cours par la poste et de poster ses devoirs. Je sens sa joie.

Formation d’Ernest.2 Afin d’en savoir plus, il part à Paris suivre l’École technique de photographie et de cinéma (ETPC). C’est fabuleux. Il transmettra plus tard son savoir puisqu’il formera les premiers régisseurs de la région. Il fallait quand même un caractère particulier. Ernest a dû avoir un sentiment de satisfaction énorme. C’est une reconnaissance professionnelle qui doit lui faire beaucoup de bien.

Départ d’Ernest au ciel. Ernest n’a pas prêté grande attention à la vie spirituelle tant qu’il a vécu, mais après avoir fait la connaissance d’une femme pasteur lors d’un spectacle à La Cité universitaire, il a dit à Mado : si je pars avant toi, j’aimerais que ce soit elle qui parle le jour de ma cérémonie ! Mado, quant à elle, a déjà tout proganisé pour son dernier départ. Elle a même pensé à acheter des enveloppes, y inscrire le nom des personnes à avertir et à les affranchir. Comme cela , il n’y aura plus qu’à mettre l’avis de décès, dit Mado ! Elle est décidément impayable !

L’histoire d’Ernest et de Mado se mêlent à d’autres histoires qui font la mienne :

  1. Je travaillais donc à la Cave perdue et présentais mes spectacles au Théâtre de Poche devenu le Théâtre du Pommier, mais toujours Centre culturel neuchâtelois. Je croisais André, forcément. Le destin nous a unis après le décès de sa femme. Cela s’est fait sans qu’on y pense ;
  2. André est parti au ciel et a laissé quelques affaires que je garde avec soin. Je me dis qu’une fois ou l’autre, elles iront à la bonne place. Parmi ces affaires, il y a une montre. De temps en temps, je regarde la montre et la remets dans sa boîte. Un jour, je la montre à Jack Froidevaux (il a travaillé dans l’horlogerie et a connu André qui a été graphiste dans l’entreprise de son père). En expert, il retourne la montre (je n’ai jamais eu l’idée de le faire) et il lit « Grize Ernest, Noël 1951 ». Ernest a 16 ans ;
  3. Je rends visite à Jacques de Montmollin qui est près de quitter ce monde et ne veut voir personne. J’ai de la chance ; on me donduit dans sa chambre et on discute comme si on s’était quittés la veille. Je lui raconte l’histoire de la montre et que je cherche à entrer en contact avec la femme d’Ernest, Mado. Mais son prénom au complet ? Madelaine, me dit Jacques ;
  4. Nouvelle chance, Mado a gardé un téléphone fixe et je peux la localiser via Local.ch. Mado dit qu’elle vit au bout du monde, au Sentier, dans le canton de Vaud. Je me débrouille et des connaissances me conduisent chez elle ;
  5. Mado reçoit sa montre. Elle est tout émue mais n’arrive pas à s’expliquer comment Ernest avait pu avoir une telle montre (pas vue ?). À l’époque, cela a dû coûter fort cher, et en plus elle est gravée à son nom. Le mystère sera résolu quand Mado retrouvera Ernest dans l‘autre monde ;
  6. Je dis à Mado que je suis friande d’informations au sujet du CCN. Elle me donne des articles qu’Ernest avati gardés. Je prends ;
  7. Flûte ! me dis-je. Ces articles ne parlent pas du CCN mais du TPR, du premier Théâtre populaire romand. Je lis quand même parce que André a travaillé en tant que décorateur et acteur dans cette troupe. À ma grande surprise, ces articles sont des commentaires sur le TPR et signés Freddy Landry ;
  8. Freddy Landry, cela fait des années que je cherche à lui rendre service parce que je le vois bien « décliner ». Mais, rien à faire. Il désire rester indépenant. Je salue son attitude à regret. Les articles de Mado me fournissent un autre angle d’entrée en matière. Cela marche à merveille. On se découvre un tas de gens communs et des passions communes. Freddy illumine ma vie ;
  9. Mado revient à Neuchâtel afin de recevoir un don pour son association. Elle me fait l’honneur de loger chez moi et m’apporte encore un dossier d’Ernest. Une fois de plus, j’espère trouver des choses sur le CCN… À leur place, je trouve des documents sur l’histoire personnelle d’Ernest. Une nouvelle fois, je lis quand même et suis récompensée, car, moi qui aime l’histoire et qui aime remercier ceux qui ont participé à ma vie, j’ai de la matière pour remercier Ernest par le biais de cet article. Je suis servie et ravie !

Le désert. Le désesrt a été un autre ciment entre Mado et Ernest. La toute première fois qu’Ernest y est allé a été pour accompagner dea amis qui voulaient être filmés. Ernest, le réalisteur du film – achevé – est rentré plus tôt que prévu car il était tombé malade… Il avait perdu un nombre considérable de kilos et tenait à peine debout. Le temps passe et Mado lui dit qu’il faudrait retenter l’expérience et mieux s’organiser. Cela a marché et donc, chaque année, ils y asont allés passer les deux mois d’été. Deux ans après le départ au ciel d’Ernest, Mado retourne dans le désert et arrive en Mauritanie, pays qu’ils n’avaient pas visité. La meilleure ? Elle y reste dix ans (2004 – 2014) ! Sa montre avait déjà fait 70 cycles au moment où elle arrive dans ce pays et quand nous discutons, elle me dit que toutes les années elle y retourne pour passer trois mois. Auberge pour étrangers. Elle vit son 85e printemps ! Pendant les dix années en question, elle revenait en Suisse pendant deux mois afin de vendre les articles artisanaux faits par des femmes sous sa direction. Elle raconte qu’à l’époque on voyait traîner des sacs en plastique partout. Mado est une personne pratique et sait mettre les autres en évidence. Elle a l’idée de ramasser autant de sacs qu’elle peut, les coupe en fines lanières et enseigne le macramé aux femmes du quartier où elle XXXX . On trouve de tout, des sacs, des sets de table, etc. Je l’admire. Pendant … ans fait la compta et le secrétariat de l’association. Chapeau !

Anecdotes : Quand Jacques râlait, Mado lui disait qu’il avait une crise de directeur et la chose s’arrangeait ! L’histoire du trompettiste oublié. Mado décide de tester la « solidité » de sa tête dans le désert. Elle demande à un Touareg de la conduire à 150 km de toute civilisation. Elle y est restée deux semaines. Elle a survécu. Elle n’a pas pris de livres, seulement des crayons et du papier, un sac de couchage pour dormir à la belle étoile, de l’eau et du bois pour faire du feu. Et pour les repas ? Des conserves de sardines, du thon, des potages, des dattes. Pendant ces deux semaines, Mado a consommé 40 l d’eau. Les deux premiers jours elle s’est demandé ce qu’elle faisait là et puis les choses sont rentrées dans l’ordre. Elle est contente de s’être testée. Cela s’est passé à sa cinquantaine. Pas besoin de commentaires, mais mon admiration arrive tout en haut de l’échelle !

Relation Mado – Ernest. Citation : « Depuis que je l’ai rencontré, je me suis dit, ce n’est pas mon Ernest, et quand on s’est mariées, je ne me suis pas dit ‘ c’est mon mari ‘, c’est Ernest. Il ne m’appartient pas. Les gens disent : c’est ma voiture, c’est mon frigo, c’est mon mari. Alors le mari est comme le frigo ! Ce n’est pas comme cela. Je vis avec Ernest, mais il n’est pas « mon » mari.

Le restaurant brûle et Mado prend la relève. Elle quittait le bureau du Centre à 11 h, allait chez elle et à 13 h, tout le monde mangeait du frais. Il y avait entre 10 et 15 personnes tous les jours. Je demande à Mado comment elle faisait pour calculer les quantités. Elle demandait aux gens de dire la veille s’ils prenaient le repas et elle multipliait. « C’est tout simple », dit-elle. Je reste admirative, car pour moi cela a l’air très compliqué. Elle ne me comprend pas. Elle préparait une entrée, un plat et le dessert. Elle avait arragné une grande table pour cela, soit une grande plache avec deux chevalets. Mado avait été très claire : je m’occupe du repas, mais pour les boissons, chacun se débrouille. Cela avait très bien fonctionné. Il faut ajouter que Mado et Ernest habitaient un deuxième étage sans ascenceur. Mado raconte que l’ambiance avait été magnifique pendant les deux mois de l’expérience. Quels bénéfices financiers ? Oh, dit Mado, Ernest et moi avons pu manger gratuitement pendant ce temps. C’est tout.

Les clients ? Bouvier, Dominique Ferry qui travaillait à la pharmacie Tripet et son copain, Marco le grand barbu, toute une équipe. Quand Mimosa a été liquidé, il restait Fr. 25 000.- Lors de l’assemblée de liquidation, il avait été décidé de donner cet argent à l’association de Mado. Elle ne les a jamais vus… Mais, dit-elle, ce qui compte c’est l’intention.

ACHEMA, l’association de Mado. Elle dit que pendant les premières dix années de son association, elle avait tous les ans Fr. 50 000.- sur son compte. Des donateurs sont décédés et la situation est plus difficile. Elle doit absolument trouver Fr. 15 000.- par année pour nourrir les 100 enfants de son association (repas du matin et de midi), ainsi que des cours de rattrapage scolaire. Elle me dit que pour obtenir une fois une aide de Fr. 10 000, elle a dû remplir 28 feuilles et y travailler tout un mois. Elle sait aussi qu’après son décès, son association… Cette dernière se situe à Atar, dans un quartier pauvre. Depuis que Mado s’y est installée, il n’y a plus de malnutrition. Un infirmier y va tous les mois, peser les enfants. Je félicite Mado qui répond que c’est une petite goutte d’eau, mais une goutte d’eau nécessaire.

Mado et la réclame pour son association. Elle a vu sur place, en Mauritanie, à Atar, qu’il y avait des enfants dans un état assez terrible. Mais, dit-elle, « je trouve que ce n’est pas bien de faire de la réclame avec des photos de ce genre. Jamais, je ne ferai une telle chose. Cela a un côté marchand de basse classe ». Mado est classe ! Toujours.

L’association en 2020. Mado vient de confier la démarche des chèvres aux Mauritaniennes. Elle se dit qu’elle a assez fait, que cela roule et estime que les femmes mauritaniennes peuvent prendre la relève.

l’adjudant « tu es mieux autrement ? D’accord. Mado y gagne l’adjudant.

La Cave perdue. Jacques me dit en 2019, le 14 juin, qu’André ne voulait pas de la Cave perdue. Cest Ernest qui connaissait quelqu’un qui connaissait quelqu’un qui l’a fait entrer au bercail. Au début, c’était un lieu de bricolage et de dépôt de décors, puis, elle a été transformée. Je ne sais pas comment elle était au tout début. Quand j’y suis arrivée, il y avait le sol et la scène actuels. Je suppose que c’était la première transformation, une fois que le local est devenu un endroit de répétitions jusqu’à ce qu’il y ait un incendie. Il faut savoir que ce local est une sous-cave et plutôt « fraîche » de température. Alors, il y avait des chauffages mobiles, bruns, et qu’une fois quelqu’un les avait laissés allumés et mis une couverture dessus… Pas besoin de dire la suite. La « Cave perdue », ainsi nommée du fait qu’elle se trouve dans un endroit difficile à trouver, a été laissée à son sort. C’est avec ma venue qu’elle a retrouvé un sens culturel. Ernest lui a mis un plancher et une scène. Alain Jelmi a été son assistant. Il me dit qu’il lui avait tendu les clous !

On n’arrive pas à comprendre comment Ernest a eu sa montre à Noël 1951

Le TPN – compagnie Salamalec, premier nom et la Compagnie Salamalec date de 1953 . En 1960 il fusionne avec le TPN de Pierre von Allmen Centre de culture, soit Théâtre de Poche neuchâtelois qui par ma volonté est devenu le Centre culturel neuchâtelois. Le changement s’est fait pour des raisons politiques, parce qu’il y avait le TPR et afin d’éviter les confusions… C’est le premier nom du Théâtre du Pommier. C’est Jacques de Montmollin qui a désiré avoir un théâtre en ville. Il avait une compagnie amateur à Peseux, où Ernest et Alain Jelmi étaient régisseurs. Jacques me dit que sa mère avait une culture considérable, son nom de jeune fille était Frémont (?). En fait c’est elle qui a fait les démarches nécessaires avec un conseiller d’Etat et le chef des impôts (le local était occupé par le services des contributions). Cela a pris bien des années avant de pouvoir disposer du local.

André a fait les décors du premier spectacle du CCN. La pièce était « Le Révizor » de Gogol. Or, quand nous sommes allés en Union soviétique, à Léningrad, nous sommes allés chez un antiquaire (contrairement à chez nous, un antiquaire dans les pays de l’Est vendait des livres et des gravures), je suis tombée sur un livre que j’ai voulu acheter « Le Réviseur ». Le livre retrace les 100 ans de mises en scène de la pièce depuis ses débuts. André me dit que c’est la première pièce pour laquelle il a fait les décors au CCN… la boucle est bouclée. J’achète ou André Achète, à cette époque c’était lui qui achetait pour moi, le livre. Il est tojours avec moi.

Anecdote d’André au sujet d’Ernest. Le char de la fête des Vendanges – voiture à deux.

Départs du CCN : Ernest a eu

Jacques dit que Mado était une femme adorable. Jacques dit qu’il l’a formée à la comptabilité et à un tas de choses dont le théâtre avait besoin.

Jacques dit « Thomas Facchinetti est un très très chic type ». Alain Jelmi est un type adorable, charmant

Il existe un « aprés ici », une autre dimension ; c’est sûr. Toutes ces choses qui se sont réunies pour que je puisse retrouver Mado et qu’on voie tous ces fils tisser la trame d’une bonne partie de notre vie… c’est magique. En tous les cas Mado et moi sommes émerveillées.

Quand on quitte ce monde, dit-on, on revoit sa vie. C’est l’impression que jai ; je vois et vis tout en même temps. Dernier cadeau de Mado : son père a travaillé aux touts débuts dans la Fabrique d’Horlogerie Froidevaux S.A. – On Neuchâtel en tant que chef d’atelier (on est dans les années 1945) et le premier métier de Mado a été « régleuse ». André Oppel, feu mon ami, y a travaillé aussi et c’est par les dessins et catalogue de l’entreprise…

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