Cave perdue, notion de « kai zen » et arrière-salle.1

Ceci concerne une partie de l’arrière-salle. Ce n’est pas l’endroit que je vois le plus, mais le fait de lui donner une certaine allure c’est comme si je le faisais en moi.

La notion japonaise de kai zen ou amélioration constante. Elle s’installe ou plutôt elle a toujours été là mais elle a un nom maintenant. De plus, elle prend de l’ampleur et touche mon studio de danse, le lieu qui me représente professionnellement le plus. C’est tout une aventure !

Voici la poutre sous laquelle on passe lorsqu’on sort de la salle d’eau et qu’on se dirige vers la salle. J’ai trouvé chez XX des palmes un peu plus petites que celles de la salle d’eau, je les ai repeintes et elles ont choisi leur emplacement. Je dis qu’elles ont choisi parce que je leur ai proposé d’autres endroits, mais c’est là qu’elles se sont senties à leur place. Je les ai tout simplement suivies.

Des vertus des cartons de Mauler rosé ! On ne sait pas toujours quelles surprises se cachent derrière l’apparence. Cela fait des années que j’ai une fois ou l’autre des cartons de Mauler rosé. Cette fois, ils ont dit « Pas de recyclage dans les bennes, on désire changer de destin et entamer une nouvelle vie. Si tu nous écoutes, tu seras contente ». J’ai écouté et effectivement, je suis contente. Je les habillés et décorés. L’un contient les rouleaux de papier que j’utilise pour faire des photos ou protéger le banc qui reçoit les apéritifs que je sers lors de mes spectacles et l’autre recevra les tubes de lumière noire nécessaires à certains de mes spectacles et que je mettrai là lorsque j’utilise la scène autrement.

Caissons du CCN : la scène du Centre culturel neuchâtelois se composait d’une scène dont le plateau central pouvait tourner et on pouvait agrandir la scène en ajoutant des caissons. J’en ai gardé trois que je viens de repeindre et auxquels j’ai donné un nouveau rôle. Je ne peux m’empêcher de penser à Ernest Grize, premier régisseur du CCN et qui les a construits, qui doit se dire que j’en prends bien soin. C’est aussi certainement lui qui m’a dit à quel moment faire « gaffe » pour qu’il n’y ait pas de coulées de peinture à certains endroits.

Dans la photo on voit un caisson devant et deux derrière dont l’ouverture est du côté de la boîte qui reçoit les rouleaux de papier. J’ai vissé des crochets et ajouté des ficelles pour pouvoir suspendre les costumes.

Voici les deux caissons du fond, l’un sur l’autre.

D’autres photos vont arriver.

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Autres articles liés à au studio Cave perdue :

Cave perdue, notion de « kai zen » et la salle d’eau

Les rangements, modifications, améliorations de mon studio vont de pair avec ce qui se passe en moi ; même quand je ne sais pas exactement de quoi il en retourne, c’est un fait, je le sens en moi.

Cela fait un moment que je sens des choses changer et il y a moins de quinze jours, je me suis dit qu’il fallait fêter le changement, même si là encore je ne savais pas de quoi il s’agissait exactement.

La salle d’eau de mon studio. J’ai toujours trouvé qu’elle pourrait être « jolie ». Maintenant que je suis la seule à l’utiliser, le moment est venu de m’en occuper. Parfois, je sais qu’il faut faire une chose, mais le bon moment n’est pas là. Pour la salle d’eau c’est arrivé la semaine passée. Je viens de finir huit jours après. Autre fait curieux : si quelqu’un me demandait maintenant combien de temps cela m’a pris, je dirais deux ou trois jours. Voici le résultat.

Notion de kai zen. C’est une notion qui vient du Japon et que l’Occident a adoptée pour signifier « amélioration constante ». Cela veut dire que l’on fait une chose, on la crée, on la met en forme, mais que son état n’est pas définitif. Il peut être amélioré et cela sans cesse. Au fond c’est comme dans une relation, elle doit sans cesse être nourrie, sinon, elle dépérit. C’est aussi comme nous-mêmes : quand nous n’avons plus de désirs, de projets, de rêves, on dépérit.

Kai zen et mon studio de danse. Je pense que toute chose doit être bien traitée. Je m’imagine à la place de la chose et fais de mon mieux pour lui donner le meilleur traitement. Il m’est arrivé d’avoit été traitée comme une chose inutile et je ne voudrais pas transmettre un tel état, même pas à des choses qu’on considère inertes parce que tout porte une mémoire. Notre matière est celle qui était au début de la création de notre univers et elle sera là après notre départ de ce monde. Elle porte des mémoires. Sait-on jamais si on doit revenir ou si quelqu’un d’autre va hériter de ce qui a fait partie de notre environnement ? Je ne voudrais pas hériter d’une vilaine matière et ne voudrais pas que quelqu’un d’autre hérite de vilaines choses créées par moi. Tout mérite un beau traitement.

Résultat. Je ne parlerai ici que du résultat. Les éléments se sont liés les uns aux autres. J’avais acheté certaines choses par-ci, par-là, ici ou là et tout à coup tout a trouvé sa place. Les détails feront l’bjet d’un article dans la rubrique « Réparations = de l’ordre en soi ». J’aviserai.

En tous les cas, ma salle d’eau est devenue :

Dernière touche. Il me fallait un miroir et j’en ai trouvé un parmi mes affaires. J’ai repeint le cadre et l’ai décoré comme les autres endroits de la salle.

J’aime les reflets. Je n’ai pas d’explication, j’aime regarder les choses réfléchies ; cela me procure de la joie, un grand plaisir, me met de bonne humeur. Il me semble que c’est une sorte d’image du temps, d’un vortex temporel dans lequel j’ai l’impression d’entrer. Alors, je fais une série de ces effets :

Et un selfie avec des reflets. Je n’ai pas réussi à faire un selfie sans qu’on voie le téléphone, car les reflets auraient disparu.

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La Cave perdue, des trous et la notion japonaise de « kai zen »

Dans l’article sur les fonds de scène, je décris cette notion japonaise qui désigne l’amélioration constante d’une chose. Ce que j’améliore, rends plus « moi », c’est mon studio de danse.

Le plus important dans l’affaire est le fait que trois solutions soient venues à moi pour remédier à trois situations que je pensais inchangeables dans mon studio. Elles sont arrivées quasi simultanément. Il y a des moments dans la vie où l’on cherche une solution à ceci ou à cela et que le temps prenne son temps, parfois une vie. Il est d’autres fois où l’on se dit que la chose est comme cela, point. On ne cherche plus. Et, tout à coup des solutions arrivent. Si cela m’arrive et si vous lisez cet article, gardez la chose en tête. Mes deux autres solutions ont été le plafond et les clous sur le plancher (avant dernier paragraphe).

Alors, les trous, les espaces, le vide. Le studio est creusé dans le rocher et les planches en bois du sol n’épousent pas les murs inégaux. Il y a toujours eu des « espaces ». C’était une donnée, une chose qui n’était pas en mon pouvoir de changer. Les solutions auxquelles j’avais pensé n’en étaient pas vraiment. Pour mémoire, voici la scène.

Le spectateur ne voit pas les espaces. Mais lorsque je fais des exercices avec des élèvss et que l’on utilise des petites balles, par exemple, les espaces deviennent « vivants ». Ils ont ingéré passablement de choses !

Voici l’un de ces fameux « espaces-trous-vides » :

Affaires perdues. Une chose perdue est une chose qu’on ne retrouve pas. Dans le cas présent, je sais où elles sont mais je n’arrive pas à les récupérer. En acheter d’autres ? Nous vivons dans une société où la mode fait que l’on retrouve difficilement des choses qui nous ont plu un temps. Parenthèse : j’aime la langue française et voilà que le participe passé du verbe plaire est invariable; en effet on plaît à quelqu’un et on ne plaît pas quelqu’un. Fin de la parenthèse. Je n’ai pas retrouvé des balles identiques, j’en ai trouvé des semblables, mais pour le jonglage et elles sont molles. Bref. j’encaissais des « pertes de mon avoir de balles » à longueur de temps.

Solution inattendue. C’est le cas de le dire. J’invite Claude Lienher et sa femme à un spectacle. Claude a été le chef du département menuiserie à Évologia et fait quantité d’objets pour moi. Alors, on discute et je montre les espaces. Sa femme me dit que je pourrais faire des espèces de boudins et Claude dit que je pourrais les remplir de mousse et que le tissu pour les boudins devrait plutôt être synthétique à cause de l’humidité. La chose travaille en moi.

Paris. J’aime aller à Paris, j’aime être à Paris. Cela ne s’explique pas. Je vais au Marché Saint-Pierre et y trouve le tissu nécessaire. En sortant, je prends une petite rue et tombe sur un magasin d’ameublement qui a de la mousse. Je passe commande et le monsieur me donne le prix (avant la coupe). Heu… un peu élevé. J’explique alors mon besoin et il me propose du molleton d’une belle qualité.

Sautons des étapes et voyons le résultat. Disons tout de même que si au départ, je devais faire des sortes de tubes, j’ai finalement des bandes et cela va très bien, cela me fait même une décoration. Cela fait partie des belles surprises de la vie.

Pour le plaisir. J’ai bien sûr essayé la résistance et efficacité de mes bandes. C’est un plaisir que de laisser rouler les balles, de les laisser aller jusqu’au bout de leur trajet sans devoir courir après elles et se dire « pourvu qu’elles n’aiillent pas dans un trou ». Alors, je fais plein d’essais dans un état proche de la béatitude.

Le poids des choses. On ne se rend pas toujours compte du poids des choses qu’on porte, pas seulement des choses physiques, bien entendu, mais des problèmes à résoudre, de ceux insolubles, de ceux qu’on a même oubliés. Et quand il y en a un qui s’en va… C’est un champ libre qui s’ouvre devant nous ! On le sait, les tensions vont se fixer dans le corps, et lorsque ce champ de liberté s’ouvre devant vous, votre corps respire, des voies sont dégagées. Ouf !

Les trois solutions apportent un nouvel air dans ma vie. Ce qui est fabuleux c’est que ces trois choses (le plafond, les clous dans le plancher et les espaces près du mur) ont duré presque toute ma vie et que depuis que j’ai appliqué les solutions apportées par des amis, c’est comme si les difficultés passées n’avaient jamais existé. Je repars dans une nouvelle vie. Je le dis plus d’une fois, nous ne sommes rien sans les autres.

Et voilà la scène avec ses bandes. Toute la salle est ainsi décorée maintenant.

Liens vers :

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Cave perdue – visite guidée avec un minimum de commentaires

Cet endroit, témoin de ma vie, m’est arrivé comme un cadeau. J’avais besoin d’un local pour donner mes cours. Ernest Grize, le premier régisseur du Centre culturel neuchâtelois se bat pour que je puisse occuper la Cave perdue, endroit inoccupé aprés un incendie.

Remerciements à Ernest Grize. Sans lui, je n’aurais pas pu développer mon école, je n’aurais pas pu aider plein d’élèves, de parents, un tas d’autres personnes, et n’aurais pas rencontré le compagnon de ma vie, André Oppel.

Ceux qui ont connu Ernest savent qu’il n’aurait pas été qui il a été sans Mado, sa femme, qui était partie intégrante de toutes ses aventures sur cette terre ! Et Ernest ne se serait pas battu pour moi si Jacques de Montmollin n’était pas tombé amoureux du théâtre, n’avait décidé de créer le TNP à Neuchâtel et si sa mère ne l’avait aidé à avoir le local actuel du Théâtre du Pommier. Et le reste de l’histoire remonte au début des temps. Vertinigeux !

Alors, faisons une visite virtuelle du lieu qui est devenu mon studio de danse, mon atelier, ma Cave perdue. Une fois qu’on est entré (à droite de la photo) on trouve :

  1. Le mur de droite :
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Théâtre du Passage. Les costumes exposés ont habillé les loges du Théâtre du Passage lors de son inauguration ! Les autres costumes que j’avais prêtés se trouvent aussi à la Cave perdue, on les retrouvera plus loin.

Les fils de suspension. Ils proviennent du magasin Au Pêcheur, de Neuchâtel.

Pressing Blanc-Sec. Cet ancien pressing a aussi participé à mon bien-être. Les housses en plastique qui couvrent tous mes costumes ou qui les empêchent de se salir contre le mur proviennent de ce pressing. Je remercie les patrons qui l’ont tenu.

Mes activités. Se trouve aussi, dans ce mur, un panneau avec mes activités, par ordre alphabétique :

2. On finit le mur de droite et on arrive sur la scène :

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Un écriteau composé par André. Des chaises héritées de Freddy Landry.

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Écriteau composé par André et découvert sur place quand j’en suis devenue la locataire principale.
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3. Mur de gauche :

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Une porte. Elle se trouve à la fin du mur de gauche.

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L’arcade au-dessus de la porte a été réparée par des travailleurs de l’entreprise Facchinetti. J’ai connu M. Gilbert Facchinetti et une fois que les travailleurs ont su cela, je suis devenue un membre de la famille !

Atelier de menuiserie d’Evologia. Cet atelier fait aussi partie intégrante de ma vie. Je lui dois bien des conseils avisés et des éléments de rangement pour mon local. J’ai rafraîchi cette porte avec une teinture provenant l’atelier. Je viens d’apprendre que son chef et formateur, Claude Lienher, part à la retraite. J’ai pensé qu’il resterait toujours…

Afin de donner un genre à la porte, je l’ai décorée.

L’année passée, j’ai ramené de Paris l’écriteau sur les Champs-Élysées. J’aime Paris, je m’y sens bien. Je crois bien que c’est l’écriteau qui m’a choisie et pas le contraire.

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4. Mur du sud :

On arrive au dernier mur de la salle. J’y ai accroché deux décors faits par André pour des danses de mes spectacles.

On y voit aussi quatre chaises, trouvées en ville lors d’une promenade. On y voit l’un des costumes utilisé pour l’un de mes spectacles intimistes.

Meubles dessinés par André, faits par Ernest et rajeunis par moi grâce aux conseils de M. Schneitter. Diverses peintures, produits de nettoyage, colophane proviennent de la droguerie Scneitter.

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Des éléments incontournables dans mes cours :

Essence : c’est le squelette. Mais, c’est un squelette qui pense. On le voit penser à droite. Il a des pensées plus ou moins en ordre. Ce qu’il y a d’intéressant ce sont les idées très ordonnées à côté, prêtes à entrer dans sa tête alors que dans sa tête il y a une pensée qui… à vous de décider « une idée qui tombe juste à pic » ou « zut, une idée qui s’en va ». C’est le genre de choses que l’on voit dans mon cours « Visitons les chambres du cerveau », cours donné au sein du Passeport Vacances.

Tout un ensemble !

J’ai des choses très diverses dans mon studio et pourtant elles participent de l’atmosphère qui y règne. Il y a une unité. Je suis moi-même un ensemble de connaissances acquises dans divers endroits et provenant de tous ceux qui ont croisé ma vie. Et pourtant, tout ce que je fais porte mon empreinte. Je ne serais pas qui je suis sans les autres et sans les choses qui ont traversé ma route. Je suis de l’avis que tout est important et qu’on doit prendre soin de tout, tant des choses que des gens. Je remercie tous ceux et toutes les choses qui ont traversé ma vie.

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Cave perdue – visite virtuelle guidée

Cet endroit, témoin de ma vie, m’est arrivé comme un cadeau. J’avais fini mes études de danse à l’École de chorégraphie de Bucarest, suivais les cours d’économie politique à l’université de Neuchâtel et donnais en même temps des cours dans la cave qu’une amie me prêtait. La cave appartenait à ses parents et quand ils ont découvert que j’y donnais des cours et que leurs vins étaient soumis à des hausses de température, j’ai été priée de partir. Bon… Je pleure dans la rue et rencontre Ernest Grize, le premier régisseur du Centre culturel neuchâtelois qui s’appelait à l’époque aussi Théâtre de Poche neuchâtelois (TPN). En plus du bâtiment où était situé le théâtre, il y avait un local un peu plus loin appelé la Cave perdue. Le nom est significatif car il faut savoir où l’endroit se trouve pour y accéder ! À ses débuts, il avait été un endroit pour le bricolage et le dépôt de décors ; puis, des répétitions ont eu lieu. Mais, le lieu est une sous-cave, passablement humide et froide et l’équipe du TPN y avait installé des chauffages roulants. Une fois, ils ont mis une couverture dessus et oublié d’éteindre le chauffage… Alors, elle a retrouvé son vide, si je puis dire. Ernest parle de ma situation, ses collègues hésitent et finalement c’est son point de vue qui l’emporte et le local, retrouve, avec moi, un sens culturel. Encore une fois, c’est à Ernest Grize que je dois d’habiter cet endroit.

Remerciements à Ernest Grize. Sans lui, je n’aurais pas pu développer mon école, je n’aurais pas pu aider plein d’élèves, de parents, un tas d’autres personnes, et n’aurais pas rencontré le compagnon de ma vie, André Oppel. Il n’y aurait pas non plus la reconnaissance posthume d’un des employeurs d’André, M. René Froidevaux, patron de la Fabrique d’Horlogerie Froidevaux S.A Neuchâtel, et il n’y aurait pas eu de documents faits par André pour cette entreprise au musée Des Monts du Locle ni les montres d’André dans ce même musée, ni tant d’autres choses encore. Je trouve cela fantastique. C’est comme des flux qui se lient les uns aux autres. J’essaie d’en faire une image.

Et ceux qui ont connu Ernest savent qu’il n’aurait pas été qui il a été sans Mado, sa femme, qui était partie intégrante de toutes ses aventures sur cette Terre ! Et Ernest ne se serait pas battu pour moi si Jacques de Montmollin n’était pas tombé amoureux du théâtre, n’avait décidé de créer le TNP à Neuchâtel et si sa mère ne l’avait aidé à avoir le local actuel du Théâtre du Pommier. Et le reste de l’histoire remonte au début des temps. Vertigineux !

Le TPN – Centre de culture, 1968, devient en 1971 le Centre culturel neuchâtelois et bien plus tard on y ajoutera Théâtre du Pommier.

Alors, faisons une visite virtuelle du lieu qui est devenu mon studio de danse, mon atelier, ma Cave perdue. Une fois qu’on est entré (à droite de la photo) on trouve :

  1. Le mur de droite :

Le rideau du Théâtre de Poche neuchâtelois. À ses débuts, la scène avait été conçue comme celle d’un théâtre à l’italienne, avec un rideau qu’on ouvrait et fermait. Je me rappelle très bien les mouvements de ce rideau lorsque j’assistais à des spectacles. Puis, il y a eu des transformations et le rideau a disparu. C’est une grande chance que j’aie pu le récupérer. On l’a déjà dit, la Cave perdue est quelque peu fraîche… et le rideau qui était posé à ses débuts n’était pas idéal. C’est Jean-Luc Charpilloz, l’administrateur du CCN qui l’a sorti du sac où il avait séjourné pendant bien des années. Je lui ai donné une seconde vie et suis émue à chaque fois que je le vois, car je le sens porteur d’histoire.

Costumes. J’ai eu la chance d’entrer en possession de costumes qui ont été sur diverses scènes : Bucarest, Saint-Pétersbourg, Moscou. Ils donnent une belle atmosphère à l’endroit.

Décors. André a fait la plupart des éléments de décor de mes spectacles. Je me fais un plaisir d’en exposer quelques-uns.

Photos de Knut. Knut est devenu « le » photographe de l’école et de bien de mes activités.

Théâtre du Passage. Les costumes exposés ont habillé les loges du Théâtre du Passage lors de son inauguration ! Les autres costumes que j’avais prêtés se trouvent aussi à la Cave perdue, on les retrouvera plus loin.

Les fils de suspension. Ils proviennent du magasin Au Pêcheur, de Neuchâtel. Je suis végétarienne et pourtant… je dois une fière chandelle à son aimable patron, M. Demange !

Pressing Blanc-Sec. Cet ancien pressing a aussi participé à mon bien-être. Les housses en plastique qui couvrent tous mes costumes ou qui les empêchent de se salir contre le mur proviennent de ce pressing. Je remercie les patrons qui l’ont tenu.

Mes activités. Se trouve aussi, dans ce mur, un panneau avec mes activités, par ordre alphabétique :

Les activités qui actuellement prennent le plus d’ampleur ce sont les spectacles intimistes que je propose à des petits groupes, les cours pour l’ossature et les articulations ainsi que la révision de textes. Je suis ainsi faite, je m’intéresse à bien des choses, alors, je propose et le destin dispose ! Mais, on retrouve partout le même fil conducteur : apporter quelque chose de nourrissant aux autres.

2. On finit le mur de droite et on arrive sur la scène :

Le sol. Depuis qu’Ernest a posé ce sol, bien des amateurs et professionnels du théâtre, dont Laurent Terzieff, Robert Bouvier, directeur du Théâtre du Passage, ont marché sur ce sol. Je viens d’apprendre que l’actuel directeur du Jardin botanique de Neuchâtel, Blaise Mulhauser, y a également joué ! Des élèves de mon école, de l’École de chorégraphie de Bucarest – dont l’une, Greta Niță, est devenue soliste et vient d’interpréter Giselle pour la première fois (Opéra de Bucarest), dont une autre, Miruna Miciu, est danseuse étoile au théâtre de Zagreb, ont aussi utilisé ce sol. Mais, tous ceux qui l’ont foulé ont gagné quelque chose ; tout le monde a appris quelque chose. Et toujours sur le même sol. Fantastique !

Le miroir. Tout danseur a besoin d’un miroir, non point par besoin narcissique ; tout simplement parce que le miroir lui dit si l’image qu’il donne correspond au mouvement qu’il imagine. Tout danseur a aussi besoin d’un maître de ballet. C’est un avantage par rapport à bien des professions. Les corrections font partie du quotidien d’un danseur et tout avis lui est utile. Cela favorise l’ouverture de l’esprit. J’avais donc besoin d’un miroir, c’est le magasin ABM qui me l’a fourni lors de sa fermeture. Je l’ai transporté avec l’aide d’amis. Avec le temps, l’humidité a déformé le mur en bois de soutien et c’est Jean-Luc Charpilloz qui a eu l’idée de renforcer son armature. Je le remercie.

Les fonds de scène, les rideaux. Le premier rideau avait eu pour fonction de cacher le miroir lors des spectacles et filmages. Puis, je me suis dit que ce serait bien d’avoir un fond de scène. Par la suite, le répertoire s’enrichissant, j’ai eu le besoin et l’idée d’avoir un fond rouge et un fond blanc. De plus, Knut, le photographe, a aussi eu besoin de varier le fond de ses photos. Le premier système c’est aussi Jean-Luc qui l’a posé. Le dernier c‘est Roger, cet ingénieur si pratique qui s’est dévoué. Les rideaux roulent ! pour ainsi dire.

Le plafond de la scène. On retrouve ma vielle compagne : l’humidité. Lorsque je suis arrivée à la Cave perdue, le plafond était celui d’une cave du xviiie siècle, soit poutres visibles et sable. Lorsque le voisin du dessus marchait, le sable tombait sur mes 33 tours… Jean-Luc, le même personnage pratique du CCN déjà mentionné, a alors posé un faux plafond. Mais, l’humidité l’a dégradé. Cela s’est fait peu à peu et personne n’a apporté de solution sans devoir tout démonter et changer ou faire des travaux importants. Voilà que Roger me suggère d’y mettre du tissu. Il aurait voulu un autre système que j’ai trouvé très compliqué et suis arrivée à celui qu’on voit. Cela donne des allures d’un palais impérial, n’est-il pas ? comme diraient les Anglais.

Nouvel éclairage de scène. L’ancien système posé par Ernest revenait vraiment très cher. J’ai demandé à Gilles Pernoud, le patron de Sound Patch, de me donner un coup de main. Il a été remarquable tant avec les idées qu’avec sa manière de procéder. La lumière tamisée trouve son origine chez Ticu, l’un de mes amis à Bucarest. Il voit dans la rue, du temps du socialisme, une dame avec un sac en plastique avec une image de la ville de Zurich. Il lui demande le sac. On ne sait ce que la dame a pensé, mais elle le lui donne. Il le découpe et entoure l’abat-jour de sa lampe. Tous les amis allaient admirer sa lampe. Retour à Neuchâtel, maintenant. J’ai des lampes Ikea que je voudrais rendre plus jolies, reçois un sac en papier de chez Cighélio, le bureau d’impression de Neuchâtel, il est rose… La chose doit travailler dans ma tête car j’en demande un second et habille mes lampes. J’aurais voulu en avoir une réserve, mais il n’y en a plus. Je les traite avec beaucoup de soin.

Les chaises de Freddy Landry :

Lorsque j’ai repris la Cave perdue, il m’a manqué des chaises. Le sort a voulu que j’hérite des chaises de Freddy, des chaises dignes d’un palais. J’en ai sept, nombre magique s’il en est ! Je dois en prendre soin assez constamment car l’humidité, une fois de plus, se fait sentir. Mais, j’ai trouvé une parade grâce à Claude Lienher de l’atelier de menuiserie d’Évologia et les choses vont bien. Les chaises sont contentes d’assister à toute sorte de choses et je suis contente de montrer celles qui sont devenues mes Freddy-chaises !

Un écriteau fait par André :

Écriteau composé par André et découvert sur place quand j’en suis devenue la locataire principale.

Bon, les usagers sont avertis… J’aime cet écriteau parce que le texte abonde dans mon sens et surtout parce que l’écriture est tellement représentative d’André, du graphiste qu’il était, du personnage si présent et dont l’écriture est le portrait.

3. Mur de gauche :

Ileana Iliescu. Elle a été danseuse étoile à Bucarest. Ce qui m’a marqué chez elle, c’est sa présence sur scène, elle la dominait. De plus, elle dansait naturellement. Je dirais aussi qu’elle était une danseuse racée. Le port naturel qu’elle avait sur scène, elle le garde encore aujourd’hui. Elle l’avait de naissance, mais Maître Anton Romanovski, l’avait aussi et il l’a aidée à le mettre en évidence.

Rudolf Noureev. Danseur dont la personnalité prenait toute la scène. Je l’ai aussi vu danser et la netteté de ses pas était le reflet de l’école Vaganova. Sa photo, ainsi que celles d’Ileana Iliescu, ont été « montées » par l’atelier Cighélio.

Photos de Knut. Knut a photographié les danses de ces dernières années et fait de très jolis effets.

Affiches des années 1990. Lorsque j’ai repris le local, j’ai trouvé des affiches de Bernard Haller et d’autres affiches de la Cité universitaire. Il faudra voir à qui je peux les transmettre.

Une porte. Elle se trouve à la fin du mur de gauche.

L’arcade au-dessus de la porte a été réparée par des travailleurs de l’entreprise Facchinetti. J’ai connu M. Gilbert Facchinetti et une fois que les travailleurs ont su cela, je suis devenue un membre de la famille !

Atelier de menuiserie d’Evologia. Cet atelier fait aussi partie intégrante de ma vie. Je lui dois bien des conseils avisés et des éléments de rangement pour mon local. J’ai rafraîchi cette porte avec une teinture provenant de l’atelier. Je viens d’apprendre que son chef et formateur, Claude Lienher, part à la retraite. J’ai pensé qu’il resterait toujours…

Afin de lui donner un genre, je l’ai décorée.

L’année passée, j’ai ramené de Paris l’écriteau sur les Champs-Élysées. J’aime Paris, je m’y sens bien. Je crois bien que c’est l’écriteau qui m’a choisie et pas le contraire.

Je retiens de ce qui est écrit sur le nom de l’avenue de Paris qu’elle « signifie aux promeneurs qu’ils ont le privilège de pouvoir se reposer dans les jardins du roi ». À l’origine, c’est le lieu où les héros et les gens vertueux goûtent au repos après leur trépas. Chez moi, personne n’a trépassé, mais comme la porte mène aux coulisses, on peut dire que là reposent les costumes et décors de mes spectacles. Comme la porte mène aussi à la salle d’eau, tous ceux qui ont fréquenté mon local sont aussi passés par là. C’est en tous les cas un endroit qui respire la tranquillité.

4. Mur du sud :

On arrive au dernier mur de la salle. J’y ai accroché deux décors faits par André pour des danses de mes spectacles.

On y voit aussi quatre chaises, trouvées en ville lors d’une promenade. On y voit l’un des costumes utilisés pour l’un de mes spectacles intimistes.

Meubles dessinés par André, faits par Ernest et rajeunis par moi :

Chaque fois que je vois ces meubles, ils me ramènent dans une dimension où André et Ernest sont présents. J’ai toujours eu soin de toute chose, mais, je me surprends à chaque fois à me dire que ce n’est qu’aujourd’hui que j’en suis vraiment consciente. C’est ainsi qu’au début, afin de protéger la table de divers usages, je l’ai couverte d’une toile noir brillant. Lorsque j’ai repris le local, j’ai enlevé la toile qui avait passablement souffert, j’ai lavé la table et l’ai repeinte. De même que le banc. Je leur ai peint une décoration de mon genre. Aujourd’hui, je les ai cirés et brillés et une fois de plus, je me suis dit que c’était à ce moment-là que je prenais conscience de tout ce qu’ils représentaient.

Droguerie Schneitter. Diverses peintures, produits de nettoyage, colophane, ainsi que des conseils proviennent de chez Schneitter.

Des éléments incontournables dans mes cours :

Essence : c’est le squelette. Mais, c’est un squelette qui pense. On le voit penser à droite. Il a des pensées plus ou moins en ordre. Ce qu’il y a d’intéressant ce sont les idées très ordonnées à côté, prêtes à entrer dans sa tête alors que dans sa tête il y a une pensée qui… à vous de décider « une idée qui tombe juste à pic » ou « zut, une idée qui s’en va ». C’est le genre de choses que l’on voit dans mon cours « Visitons les chambres du cerveau », cours donné au sein du Passeport Vacances.

Tout un ensemble !

J’ai des choses très diverses dans mon studio et pourtant elles participent de l’atmosphère qui y règne. Il y a une unité. Je suis moi-même un ensemble de connaissances acquises dans divers endroits et provenant de tous ceux qui ont croisé ma vie. Et pourtant, tout ce que je fais porte mon empreinte. Je ne serais pas qui je suis sans les autres et sans les choses qui ont traversé ma route. Je suis de l’avis que tout est important et qu’on doit prendre soin de tout, tant des choses que des gens. Nous ne sommes rien sans les autres il n’y a pas besoin de faire appel à des théories philosophiques, le simple bon sens suffit !

5. Après la porte qui mène aux Champs-Élysées.

C’est l’arrière-salle, c’est l’endroit où l’on trouve les costumes utilisés lors des spectacles, les réserves de chaussons, les supports de musique, du matériel divers.

J’ai mis un rideau pour continuer avec une atmosphère de château et aussi, disons-le, pour couper le froid en hiver.

À droite. Divers décors : un poisson qui rêve dans les airs, une jupe de répétition de l’Opéra de Bucarest, des affiches du « Lac des cygnes », dont mon amie, Ileana Iliescu, ancienne danseuse étole de ce même théâtre, a fait la chorégraphie, et divers objets d’autres spectacles.

À gauche. La porte ouvre sur des escaliers que j’ai utilisés pour des rangements de costumes.

À droite, le corps humain. J’ai pu suspendre ces deux affiches inspirée par les systèmes d’accrochage des rideaux par Roger.

À gauche, la salle d’eau. Je l’ai aussi décorée avec une réclame ancienne de savon de Marseille et d’autres éléments de spectacles.

Les costumes, des réserves de tout genre et des décors se trouvent aussi dans l’arrière-salle. Mais, cela prend trop de place ici. Ce sera une autre fois.

Je ferme la boucle : sans le geste d’Ernest, rien de tout cela n’aurait eu lieu. Il n’a pas pensé jouer un tel rôle et c’est cela qui est magnifique. Je le remercie. Prendre conscience de tout cela me force à faire de mon mieux pour que son geste reste vivant.

Articles liés à la Cave perdue :

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La Cave perdue, le CCN, Ernest Grize, Mado Grize, André Oppel, Jacques de Montmollin – leur histoire à travers Zully

Un début. Il faut un début à tout, et je prends celui de mon histoire. J’avais une amie qui me prêtait sa cave, en fait c’était la cave de ses parents ; elle avait un joli sol en bois, sol idéal pour mes cours de danse. C’est comme cela qu’Olivier Soerensen, qui en plus d’avoir été un merveilleux pianiste et doté d’un joyeux caractère, a pris ses seuls cours de danse. Il avait aussi de très jolies jambes, je les vois encore dans le collant noir que je lui avais prêté. Sa carrière de danseur s’est arrêtée assez vite, à mon grand regret, car il a fait une chute dans un escalier… Bref, je donnais mes cours là. Un jour, les parents de mon amie l’apprennent et se fâchent parce que c’était une cave à vin et que la présence de plusieurs personnes augmentait la température… chose nuisible pour le vin. Je me retrouve, pour ainsi dire, à la rue. Cela fait que je marchais dans la rue en pleurant et que je rencontre Ernest Grize.

Un autre bout. J’avais mon diplôme de l’école de Chorégraphie de Bucarest, Roumanie, et donnais des cours de danse à Neuchâtel dans cette cave en même temps que j’allais à l’université, section sciences économiques. Je donnais aussi des cours à l’École Supérieure de Jeunes Filles. C’était la première fois que l’on enseignait de tels sujets à l’école. Madame Lucette Junod dispensait des cours de théâtre et avait organisé un spectacle au Théâtre de Poche, Centre culturel neuchâtelois. Mon groupe de danse y participait. Ernest Grize, le régisseur du théâtre, en avait fait la régie. Voilà le début du commencement, comme l’on dit.

Cave perdue. Je suis donc en train de pleurer dans la rue, Ernest me voit et me demande ce qu’il m’arrive. Je lui raconte. Il me dit que le théâtre a un local qu’ils n’utilisent pas et qu’il va en parler avec ses collègues. Résultat : j’ai pu occuper la Cave perdue et donner un nom à mon école. Mais, ce n’est qu’il y a quelques mois que j’ai su, par Mado, la femme d’Ernest, que cela avait été sur l’insistance de ce dernier que les membres de la direction, Jacques de Montmollin, directeur administratif, et André Oppel, directeur artistique, avaient donné leur accord. Ernest ne m’a jamais dit le rôle qu’il avait joué. Cela me touche profondément et m’incite à être meilleure.

2020, Mado Grize me rend visite. Mado Grize, la femme d’Ernest, est toujours de ce monde et vient passer deux jours chez moi. C’est une fête que de la recevoir. Elle fait partie de mon monde d’avant et elle est la gentillesse même, une joie de vivre aussi. Il n’y a pas de conversation où elle ne fasse entendre son rire si chaleureux. Elle vient à Neuchâtel pour recevoir un don pour son association « Action chèvre de Mado » (ACHEMA).

Mado me raconte l’histoire d’Ernest, l’aventure du CCN, celle de la Cave perdue. Je suis en joie, car cela fait un moment que je cherche des informations sans en trouver. L’ancien directeur du CCN m’avait dit que les archives n’intéressaient personne, s’en était débarrassé et lors de la célébration des 50 ans du CCN… des miettes. Ce jour-là, Jacques de Montmollin, le premier directeur administratif, n’avait pu y assister. La seule survivante de l’équipe des débuts, Mado, qui aurait pu le faire, n’a pas été invitée ; justement, par manque de connaissance de l’histoire du CCN. Il m’arrive souvent de penser que la branche la plus importante à l’école devrait être l’histoire. Si on ne connaît pas son histoire, on passe à côté de bien des choses.

Histoire d’Ernest 1. Il avait été abandonné à la naissance, pas reconnu par son père biologique et placé dans une pouponnière aux Bayards, puis en pension chez Madame Perret à Neuchâtel. Son futur était tracé, il irait dans un asile pour orphelins. Heureusement pour lui, la famille Grize, qui habitait la maison à côté, est tombée sous le charme du bambin et l’a adopté. L’adoption lancée, Ernest vit avec la famille. La procédure pour avoir légalement l’enfant dure quand même trois ans ans avec force péripéties dont la reconnaissance officielle du père biologique. Avec l’adoption, la vie semblait sourire à Ernest, mais, il perd son père adoptif peu après l’adoption officielle , il a 9 ans. Trois ans plus tard, c’est sa mère adoptive qui meurt ; Ernest a 12 ans. Il devient alors un enfant de la Maison de Belmont – institution qui reçoit les enfants qui n’ont plus de famille et il a un tuteur.

À son décès, sa maman adoptive lui laisse la somme de presque Fr. 8 000.- sur un compte bancaire. J’ai le relevé. À l’époque c’était une grosse somme. Il devait la toucher à sa majorité. Écolier, Ernest a un rêve, devenir photographe, mais son tuteur ne le suit pas. Il entre alors à l’École des Arts et Métiers pour devenir serrurier constructeur. À l’école, il a un copain de classe dont la maman tient une pension. Ernest devient pensionnaire chez elle. La dame a une amie qui s’appelle Nina – Nina est la dame qui tenait feu le kiosque du Fbg de l’Hôpital (j’ai bien connu Nina, car j’habitais dans la feue maison des Meubles Meyer, à côté du kiosque. Eh oui, tout s’entrecoupe, se mêle pour ne faire qu’un) – et Nina loge dans une pension où Mado, qui était devenue une jeune fille indépendante, et avait donc quitté la maison, louait une chambre. Il n’en faut pas plus pour réunir des protagonistes pour une histoire. Mado va manger tous le dimanches à midi avec Nina dans la pension où Ernest loge.On devine la suite : Ernest et Mado tombent amoureux, vivent ensemble un temps et un jour Ernest se dit qu’il ferait bien d’épouser Mado. Il a bien fait. Il a suivi son intuition. C’est sa chance. La chose arrive en 1957.

Histoire d’Ernest 2. Depuis qu’Ernest a rencontré Mado, il n’a plus été seul pour faire face aux difficultés qui sont venues entraver son chemin. Peu avant son mariage, Ernest est devenu majeur et a pu quitter sa tutelle. Il avait raconté à Mado que sa mère lui avait laissé la somme susmentionnée à la banque ainsi qu’une vigne à Auvernier, mais que le tuteur disait qu’il n’avait que Fr. 1 000.- Mado lui a dit qu’il fallait se renseigner et porter plainte ; ils ont pris un avocat. Celui-ci est arrivé à la conclusion que personne n’allait dénoncer personne ! (cela laissait entrevoir qu’il y avait connivence entre diverses institutions… Pas joli, joli !) Mado et Ernest ont été convoqués par l’Office des tutelles. Proposition : « Si vous acceptez, on oublie tout et on vous donne la somme de Fr. 1 000.- « . À l’époque Ernest et Mado n’avaient pas 20 ans. Ils n’ont eu d’autre choix que d’accepter. Je trouve cela triste. À cela s’ajoute le fait qu’Ernest apprend, peu après son mariage, la façon dont sa mère était morte: elle avait été assassinée.

Ernest et Mado ne font plus qu’un depuis qu’ils se sont rencontrés.

Formation d’Ernest 1. Le rêve d’Ernest aurait été d’aller à l’école de Photographie de Vevey. Son tuteur n’y a pas donné suite. Mais, Ernest ne laisse pas tomber son rêve grâce à Mado qui sait l’épauler au propre comme au figuré. Alors, il s’inscrit à l’école dont la carte d’immatriculation est ici à droite. C’est magnifique d’imaginer Ernest en train de recevoir ses cours par la poste et de poster ses devoirs. Je sens sa joie.

Formation d’Ernest 2. Afin d’en savoir plus, il part à Paris suivre l’École technique de photographie et de cinéma (ETPC). C’est fabuleux. Il transmettra plus tard son savoir puisqu’il formera les premiers régisseurs de la région. Il fallait quand même un caractère particulier. Ernest a dû avoir un sentiment de satisfaction énorme. C’est une reconnaissance professionnelle, reconnaissance officielle, qui doit lui avoir fait beaucoup de bien.

Départ d’Ernest au ciel. Ernest n’a pas prêté grande attention à la vie spirituelle tant qu’il a vécu, mais après avoir fait la connaissance d’une femme pasteur lors d’un spectacle à La Cité universitaire, il a dit à Mado : si je pars avant toi, j’aimerais que ce soit elle qui parle le jour de ma cérémonie ! Mado, quant à elle, a déjà tout proganisé pour son dernier départ. Elle a même pensé à acheter des enveloppes, y inscrire le nom des personnes à avertir et à les affranchir. Comme cela , il n’y aura plus qu’à mettre l’avis de décès, dit Mado ! Elle est décidément impayable !

L’histoire d’Ernest et de Mado se mêlent à d’autres histoires qui font la mienne :

  1. Je travaillais donc à la Cave perdue et présentais mes spectacles au Théâtre de Poche devenu le Théâtre du Pommier, mais toujours aussi Centre culturel neuchâtelois. Je croisais André Oppel, le directeur artistique, forcément. Le destin nous a unis après le décès de sa femme. Cela s’est fait sans qu’on y pense ;
  2. André est parti au ciel et a laissé quelques affaires que je garde avec soin. Je me dis qu’une fois ou l’autre, elles iront à la bonne place. Parmi ces affaires, il y a une montre. De temps en temps, je regarde la montre et la remets dans sa boîte. Un jour, je la montre à Jack Froidevaux (il a travaillé dans l’horlogerie et a connu André qui a été graphiste dans l’entreprise de son père !). En expert, il retourne la montre (ce je n’ai jamais eu l’idée de faire) et il lit « Grize Ernest, Noël 1951 ». Ernest a 16 ans ;
  3. Les choses s’arrangent de telle façon que je peux rendre visite à Jacques de Montmollin , cofondateur du CCN, qui est près de quitter ce monde et qui ne veut voir personne. J’ai de la chance ; on me conduit dans sa chambre et Jacques me salue comme si on s’était quittés la veille. Je lui raconte l’histoire de la montre et dis que je cherche à entrer en contact avec la femme d’Ernest, Mado. Mais son prénom au complet ? Madeleine, me dit Jacques ;
  4. Nouvelle chance, Mado a gardé un téléphone fixe et je peux la localiser via Local.ch. Mado dit qu’elle vit au bout du monde, au Sentier, dans le canton de Vaud. Je me débrouille et des connaissances me conduisent chez elle ;
  5. Mado reçoit la montre d’Ernest. Elle est tout émue mais n’arrive pas à s’expliquer comment Ernest avait pu avoir une telle montre qu’elle ne l’a jamais vue au poignet d’Ernest. À l’époque, elle avait dû coûter fort cher, et en plus elle est gravée à son nom. Le mystère sera résolu quand Mado retrouvera Ernest dans l’autre monde ;
  6. Je dis à Mado que je suis friande d’informations au sujet du CCN. Elle me donne des articles qu’Ernest avati gardés. Je prends ;
  7. Flûte ! me dis-je en parcourant ces articles. Ils ne parlent pas du CCN mais du TPR, du premier Théâtre populaire romand. Je lis quand même parce qu’André y a travaillé en tant que décorateur et acteur dans cette troupe et qu’Ernest y a aussi joué. À ma grande surprise, ces articles sont des commentaires sur le TPR et signés Freddy Landry ;
  8. Décidément, c’est comme si le monde tournait autour de moi et me comprenant avait décidé de m’aider ! Freddy Landry, cela fait des années que je cherche à lui rendre service parce que je le vois bien « décliner ». Mais, rien à faire. Il désire rester indépenant. Je salue son attitude à regret. Les articles de Mado me fournissent un autre angle d’entrée en matière. Cela marche à merveille. On se découvre un tas de gens communs et des passions communes. Freddy illumine ma vie, c’est un miracle ;
  9. Mado revient à Neuchâtel afin de recevoir un don pour son association. Elle me fait l’honneur de loger chez moi et m’apporte encore un dossier d’Ernest. Une fois de plus, j’espère trouver des choses sur le CCN… À leur place, je trouve des documents sur l’histoire personnelle d’Ernest. Une nouvelle fois, je lis quand même et suis récompensée, car, moi qui aime l’histoire et qui aime remercier ceux qui ont participé à ma vie, j’ai de la matière pour remercier Ernest par le biais de cet article. Je suis servie et ravie !
  10. En parlant de la Fabrique d’Horlogerie Froidevaux, Mado me dit que son père, Jules Yerly, y avait travaillé en tant que chef d’équipe dans les années 1945 !

Le désert. Le désert a été un autre ciment entre Mado et Ernest. La toute première fois qu’Ernest y est allé a été pour accompagner dea amis qui voulaient être filmés et Ernest allait en être le réalisateur. Il hésitait, car cela signifiait un long voyage, des frais, mais Mado lui a dit « c’est une expérience formidable, vas-y ! » Ernest – le film terminé – a dû rentrer plus tôt que prévu car il était tombé malade. Il avait attrapé une dysenterie, perdu 20 kilos en 3 jours et avait dû être rapatrié. Il tenait à peine debout, raconte Mado. Le temps passe et Mado lui dit qu’il faudrait retenter l’expérience et mieux s’organiser. Cela a marché et donc, chaque année, ils y asont allés passer les deux mois d’été. Deux ans après le départ d’Ernest au ciel, Mado retourne dans le désert et arrive en Mauritanie, pays qu’ils n’avaient pas visité mais qu’Ernest aurait bien voulu voir. La meilleure ? Elle y reste dix ans (2004 – 2014) ! Sa montre terrestre avait déjà tourné 70 cycles au moment où elle arrive dans ce pays et quand nous discutons elle y retourne tous les ans pour passer trois mois.

Pendant les dix années mentionnées, elle tient une auberge pour étrangers avec un associé mauritanien (c’est magnifique !) et revient en Suisse pendant deux mois afin de vendre les articles artisanaux faits par des femmes mauritaniennes sous sa direction. Elle raconte qu’à l’époque on voyait traîner des sacs en plastique partout. Mado est une personne pratique et sait mettre les autres en évidence. Elle a l’idée de ramasser autant de sacs qu’elle peut, les coupe en fines lanières et enseigne le macramé aux femmes de l’un des quartiers les plus pauvres d’Atar. Ces femmes ont produit des sacs, des sets de table, etc. Je suis admirative.

Un peu de chronologie pour mettre de l’ordre : 2004 – 2014 Mado vit en Mauritanie. De 2004 à 2007, elle tient une auberge pour étrangers avec un associé mauritanien. L’affaire prend fin parce qu’il y a des attentats et que le tourisme chute. La même année, elle rencontre Amiod de Dardel, un autre Neuchâtelois digne d’admiration, député au Grand Conseil dans les années 1970-1980, qui lui donne de l’argent pour aider des personnes en état de détresse. Elle crée son l’association des chèvres, décrite plus bas et dont le premier président est le même M. de Dardel, ouvre un centre de soutien alimentaire pour des enfants et leur fait donner des cours de rattrapage scolaire.

Anecdotes :

  • Quand Jacques de Montmollin râlait, Mado lui disait qu’il avait une crise de directeur et la chose s’arrangeait !
  • L’histoire du trompettiste oublié. Je la raconte, car ce sont des choses qui arrivent à tout le monde. Un jour, en fin de journée, Mado et Jacques voient arriver un monsieur avec une drôle de valise et il dit « Bonjour, je viens pour le spectacle de ce soir »… C’était un trompettiste dont la présentation était passée à la trappe ! Jaques court à l’hôtel du Marché réserver une chambre et chercher du monde pour le spectacle qui avait été oublié. Quelle chance, tout a bien marché !
  • Mado décide de tester la « solidité » de sa tête dans le désert. Elle demande à un Touareg de la conduire à 150 km de toute civilisation. Elle y est reste deux semaines toute seule. Elle a survécu. Elle n’avait pas pris de livres, seulement des crayons et du papier, un sac de couchage pour dormir à la belle étoile, de l’eau et du bois pour faire du feu. Pour les repas ? Des conserves de sardines, du thon, des potages, des dattes. Pendant ces deux semaines, Mado a consommé 40 l d’eau. Les deux premiers jours, elle s’est demandé ce qu’elle faisait là et puis les choses sont rentrées dans l’ordre. Elle est contente de s’être testée. Cela s’est passé à sa cinquantaine. Pas besoin de commentaires, mais mon admiration arrive tout en haut de l’échelle !
  • André et Ernest avaient une voiture en commun. Chacun l’utilisait à tour de rôle le week-end ! Je trouve cela tellement joli.

Relation Mado – Ernest. Citation : « Depuis que je l’ai rencontré, je ne me suis jamais dit, c’est mon Ernest, et quand on s’est mariés, je ne me suis pas dit ‘ c’est mon mari ‘, c’est Ernest. Il ne m’appartient pas. Les gens disent : c’est ma voiture, c’est mon frigo, c’est mon mari. Alors le mari est comme le frigo ! Ce n’est pas comme cela. Je vis avec Ernest, mais il n’est pas « mon » mari.

Le restaurant brûle et Mado prend la relève. Le restaurant du Marché est entré dans la vie du CCN par Falik, Henry de son prénom, un passioné de théâtre qui plus tard deviendra professeur à l’École de théâtre du CCN. Il en était le tenancier et avec les copains a fondé l’associaion « Mimosa » dont les bénéfices étaient destinés au Théâtre de Poche. J’ouvre une parenthèse pour remercier Henry d’avoir trouvé les fonds nécessaires pour installer une salle d’eau à la Cave perdue ! Quand je suis arrivée, il n’y avait rien. Fin de la parenthèse (l’ouverture et fermeture de la parenthèse, je les emprunte à André qui les utilisait lorsqu’il lisait au public les écrits d’Alphonse Allais. C’était un pur plaisir !). Je reprends l’histoire du restaurant : un jour, il y a un incendie et les habitués ne savent où aller. Mado est là ! Elle raconte qu’elle quittait le bureau du Centre à 11 h, allait chez elle et à 13 h, tout le monde mangeait du frais. Il y avait entre 10 et 15 personnes tous les jours. Je demande à Mado comment elle faisait pour calculer les quantités. Elle demandait aux gens de dire la veille s’ils prenaient le repas et elle multipliait. « C’est tout simple », dit-elle. Je reste admirative, car pour moi cela a l’air très compliqué. Elle ne me comprend pas. Elle préparait une entrée, un plat et le dessert. Elle avait arrangé une grande table pour cela, soit une grande plache avec deux chevalets. Mado avait été très claire : je m’occupe du repas, mais pour les boissons, chacun se débrouille. Cela avait très bien fonctionné. Il faut ajouter que Mado et Ernest habitaient un deuxième étage sans ascenseur. Mado raconte que l’ambiance avait été magnifique pendant les deux mois de l’expérience. Quels bénéfices financiers ? Oh, dit Mado, Ernest et moi avons pu manger gratuitement pendant ce temps. C’est tout.

Quand Mimosa a été liquidée, il restait Fr. 25 000.- Lors de l’assemblée de liquidation, il avait été décidé de donner cet argent à l’association de Mado. Elle ne les a jamais vus… Mais, dit-elle, ce qui compte c’est l’intention.

ACHEMA, l’association de Mado. Voici quelques mots. Mado dit que pendant les premières dix années de son association, elle avait eu tous les ans Fr. 50 000.- sur son compte. Des donateurs sont peu à peu décédés et la situation est devenue plus difficile. Elle doit absolument trouver Fr. 15 000.- par année pour nourrir les 100 enfants de son association (repas du matin et de midi), payer les frais de location, de personnel et pouvoir aussi donner des cours de rattrapage scolaire. Elle me dit que pour obtenir une fois une aide de Fr. 10 000, elle a dû remplir 28 feuilles et y travailler tout un mois. Elle sait aussi qu’après son décès, son association… Cette dernière se situe à Atar, dans un quartier pauvre. Depuis que Mado s’y est installée, il n’y a plus de malnutrition et un infirmier y va tous les mois peser les enfants. Je félicite Mado qui répond que c’est une petite goutte d’eau, mais une goutte d’eau nécessaire.

Mado et la réclame pour son association. Elle a vu sur place, en Mauritanie, à Atar, qu’il y avait des enfants dans un état assez terrible. Mais, dit-elle, « je trouve que ce n’est pas bien de faire de la réclame avec des photos de ce genre. Jamais, je ne ferai une telle chose. Cela a un côté marchand de bas étage ». Mado est classe ! Toujours.

L’association en 2020. Mado vient de confier la démarche des chèvres aux Mauritaniennes. Elle se dit qu’elle a assez fait, que cela roule et estime que les femmes mauritaniennes peuvent prendre la relève.

Mado et sa relation à l’argent. Elle dit qu’elle a vu beaucoup d’argent, mais qu’elle a toujours tout distribué. Elle me dit, en toute confidence, que l’argent de son association est uniquement pour son association. Les voyages annuels qu’elle effectue dans ce pays sont payés de sa poche.

La Cave perdue. Jacques me dit en 2019, le 14 juin, qu’André ne voulait pas de la Cave perdue. C’est Ernest qui connaissait quelqu’un qui connaissait quelqu’un qui l’a fait entrer au bercail. Au début, c’était un lieu de bricolage et de dépôt de décors, puis, elle a été transformée. Je ne sais pas comment elle était au tout début. Quand j’y suis arrivée, il y avait le sol et la scène actuels. C’est Ernest qui les a posés et Alain Jelmi, a été son assistant ! Je suppose que cela a été la première transformation pour qu’il puisse y avoir des répétitions. Puis, il y a eu un incendie. Il faut savoir que ce local est une sous-cave et donc de température « plutôt fraîche ». Alors, il y avait des chauffages mobiles, bruns, et qu’une fois quelqu’un les avait laissés allumés avec une couverture dessus… Pas besoin de dire la suite. La « Cave perdue », ainsi nommée du fait qu’elle se trouve dans un endroit difficile à trouver, a été laissée à son sort. C’est avec ma venue qu’elle a retrouvé un sens culturel.

Le TPN – compagnie Salamalec. Jaques dit « Il y a d’abord la Compagnie Salamalec, ma compagnie de théâtre qui date de 1953. En 1960, je fusionne avec le TPN de Pierre von Allmen, et on arrive au Centre de culture, Théâtre de poche neuchâtelois qui par ma volonté est devenu le Centre culturel neuchâtelois. Le changement de nom s’est fait pour des raisons politiques, parce qu’il y avait le TPR et afin d’éviter les confusions… Nous avons ainsi l’histoire du premier nom du Théâtre du Pommier« . C’est Jacques de Montmollin qui a désiré avoir un théâtre en ville. Sa compagnie amateur était à Peseux où Ernest Grize et Alain Jelmi étaient régisseurs. Jacques me dit que sa mère, Antoinette Freymond, avait une culture considérable. En fait c’est elle qui a fait les démarches nécessaires avec un conseiller d’Etat et le chef des impôts (le local était occupé par les archives du service des Contributions). Cela a pris bien des années avant de pouvoir disposer du local.

André a fait les décors du premier spectacle du CCN. La pièce était « Le Révizor » de Gogol. Or, quand André et moi sommes allés en Union soviétique, à Léningrad, nous sommes entrés chez un antiquaire (contrairement à chez nous, un antiquaire dans les pays de l’Est vendait des livres et des gravures), je suis tombée sur un livre que j’ai voulu acheter « Le Réviseur ». Le livre retrace les 100 ans de mises en scène de la pièce depuis ses débuts. André me dit que c’est la première pièce pour laquelle il a fait les décors au CCN ! La boucle est bouclée. J’achète ou André Achète, à cette époque c’était lui qui achetait pour moi, le livre. Il est tojours avec moi.

Départ 1 du CCN : celui d’Ernest. Ernest a eu tendance à « lever le coude », comme on dit. Il faut dire que dans certains milieux on associe volontiers le plaisir de se réunir à un verre. Mais, je dois dire que les fois où Ernest s’est occupé de mes spectacles, jamais il n’a commis d’erreur ; jamais, de plus, Ernest a toujours fait une régie très lumineuse de mes spectacles. Ils dégageaient une sorte de soleil. Seulement, certaines personnes du Conseil de fondation ont trouvé à redire et un lundi matin, alors qu’Ernest était rentré de « son » désert, il retourne au travail et tout de go, le directeur administratif lui annonce qu’il n’est plus le bienvenu. Une telle attitude n’a pas d’excuses surtout dans un milieu culturel, où l’on sait, en principe, s’adresser aux autres. C’était aussi oublier qu’il n’y aurait jamais eu de Centre culturel neuchâtelois ni de Conseil de fondation sans le travail accompli par les précédesseurs dont Ernest avait été un rouage important.

Départ 2 du CCN : celui d’André. Il s’est passé dans des circonstances tout aussi désolantes que celles d’Ernest. Je m’en souviens, car le hasard a fait que j’aie eu une répétition générale le même soir que le Conseil de fondation se réunissait au centre. André est entré à la séance en ayant eu la promesse que son mandat serait recondtuit car on ne voyait personne pouvoir lui succéder et il en est ressorti avec rien du tout. Il n’y a plus jamais eu de directeur artistique d’ailleurs.

Tous les grands théâtres que je connais ont un directeur artistique et soit un directeur administratif soit un administrateur, car ces deux fonctions demandent des qualités différentes. Il en va de même dans les associations, il y a le président, le meneur et ceux qui s’occupent des comptes. C’est rare de voir ces deux capacités en une seule personne, cela arrive qu’on soit artitste et comptable, mais c’est rare. D’ailleurs, il y a bien des formations commerciales et des formations artistiques. Ou est-ce que je me trompe ?

Départ -1 du CCN : celui de Mado. Je mets « -1 », car ce n’est que maintenant que j’en connais la raison. Mado a vu une certaine passion s’éteindre chez ses collègues. Elle les a vus « assis » alors qu’avant il y avait une « course », une « recherche ». Elle quitte le centre en 1981. Je me dis que le centre des préoccupations avait changé, de lutte pour la survie, ils étaient passés à une situation où il fallait rendre des comptes, faire une programmation et justifier des choix.

Mado est partie à la Cité universitaire (il restait un lien avec le centre puisque la salle de spectacles de la Cité était gérée par le CCN) où elle a pu, à nouveau, reprendre son rôle « d’épaule ». Elle devait se débrouiller pour trouver des logements, des appartements pour les étudiants ; elle était le réconfort de ceux qui avaient des problèmes ; elle était la banque qui avançait les sous lorsque les étudiants n’avaient pas reçu l’argent de la maison et qu’ils devaient payer leur loyer – je demande à Mado si elle a toujours été remboursée et elle répond que c’est le cas. Même le dimanche, alors que tout était fermé, si un étudiant arrivait, elle lui trouvait où loger. Mado me dit que c’était passionnant !

Départ de Mado de la Cité universitaire : les étudiants se sont réunis, des anciens et des nouveaux, environ 150, lui ont fait un magnifique couscous et une soirée dansante formidable !

Il existe un « aprés ici », une autre dimension ; c’est sûr. Toutes ces choses qui se sont réunies pour que je puisse retrouver Mado et qu’on voie tous ces fils tisser la trame d’une bonne partie de notre vie… c’est magique. En tous les cas Mado et moi sommes émerveillées.

Quand on quitte ce monde, dit-on, on revoit sa vie. C’est l’impression que j’ai ; je vois et vis tout en même temps.

Finalement, Mado a remis son association ! Je viens de parler avec Mado qui me dit qu’elle a présenté sa démission à l’association et qu’elle part en Mauritanie au mois d’octobre. C’est fantastique ! Il y a moins d’un an elle me disait qu’après son départ, l’association ne survivrait pas… Je lui demande si c’est toujours dans le cadre de l’association – cela m’étonne quand même – et elle dit « Non, c’est fini. Avant, j’ai vécu pour les autres, maintenant, je ne vis que pour moi, très égoïstement ». D’ailleurs, elle vivra dans un tout autre endroit. C’est dire s’il y a un nouveau départ !

Curieuse, je demande à Mado quels ont été ses emplois : régleuse dans l’horlogerie – gérante du feu kiosque près de la Poste (juste avant d’arriver à la Poste quand on va en direction de Marin) – CCN : secrétaire, comptable, barmaid, accueil, billetterie et caisse des spectacles, et Cité universitaire : administratrice du logement des étudiants. À la suite d’autres questions, Mado ajoute : le métier de régleuse était très bien payé, je n’aurais pas pu aider Ernest autrement. Ensuite, j’ai voulu voir autre chose.

Trois jours avant son départ au ciel, Jacques me dit des mots que je ne sais où placer, je le fais ici :

  • Mado était une femme adorable. Je l’auî formée à la comptabilité et à un tas de choses dont le théâtre avait besoin ;
  • Thomas Facchinetti est un très très chic type ;
  • Alain Jelmi est un type adorable, charmant.

Conclusion de Mado. C’est la fin d’un très long chapitre et le commencement d’un autre. La vie c’est une chaîne, parfois il y a des anneaux qui se détachent, il faut espérer qu’ils créent une chaîne ailleurs. C’est l’ensemble des éléments qui fait la solidité d’une chaîne.

Voici Timiane la magnifique !

Timiane. J’avais pensé ne rien devoir ajouter à mon article et voilà qu’en parlant avec le chef d’orchestre neuchâtelois, Valentin Reymond, il me dit qu’Ernest avait un chien du désert. Je profite du fait que Mado ne retourne au désert que demain pour lui demander des détails. Effectivement, une fois qu’ils étaient au Niger, une chienne s’était jointe à eux. Au moment de repartir en Suisse, la chienne se couche, lève les yeux comme seuls les chiens savent le faire. Mado et Ernest demandent si elle a un propriétaire ; personne. On leur dit que s’ils le désirent, ils peuvent la prendre. Il n’en fallait pas plus pour que la chienne fasse partie de leur vie et devienne un membre de leur famille pendant 16 ans. Quel prénom ? Et quand vous retourniez en été au désert ? Demandè-je. Comme on l’a trouvée dans un village du nom de Timian et que c’était une femelle, on l’aappelée Timiane et, bien sûr, elle retournait dans le désert avec nous. La race ? Mado doit épeler car je n’en ai jamais entendu parler – sloughi. Mado raconte encore qu’elle avait cherché un maître de chien pour qu’il lui dise comment lui donner une sorte d’éducation et, elle rit en me racontant l’affaire, ce dresseur lui a dit que c’était une race qui n’acceptait aucune sorte de dressage ! Le fait est qu’ils se sont bien entendus.

Suite de la Cave perdue. Depuis que je suis entrée à la Cave perdue, j’ai pris autant de soin que possible du local, mais il est clair que depuis que j’en suis la seule locataire, c’est un autre chez-moi. Je peux librement appliquer ma devise « prendre soin des autres et des choses comme de moi-même ». Je remercie tous ceux qui ont permis que je travaille dans cet endroit et espère le rendre dans un bel état le jour de mon départ au ciel. Voici d’autres articles en lien avec la « Cave perdue« .

La notion japonaise de « kai zen » (amélioration continue) de la Cave perdue :

Célébration avec Roger Peeters au studio la « Cave perdue » (en cours de rédaction)

Mes articles sont de plus en plus fondus les uns dans les autres.

Tout cela parce que si mon intention première avait été la célébration de quelque chose de nouveau en moi, les remerciements sont toujours de mise et que lorsque je commence à décortiquer des remerciements, j’en arrive presque, sinon certainement, à la création de l’univers tellement les choses sont liées les unes aux autres dans ma vision ; que si je ne suis pas petite, Roger, quant à lui, mesure 1 m 89 et ses conseils et avis du haut de ses 1 m 89 si étonnants soient-ils me sont fort utiles ; de plus, les réparations et rangements que je fais en appliquant lesdits avis et conseils, parfois à ma façon, dans mon studio ont une très grande résonance en moi et tout cela me fait me dire qu’une nouvelle ère commence dans mon studio la Cave perdue.

J’invite Roger à boire du Mauler et il demande : que fête-t-on ? Je lui explique que depuis quelques années, au mois de janvier, je sens une nouvelle force arriver en moi. Je me rappelle la première fois que j’en ai été consciente. C’est comme une photo prise dans le temps. Ce jour-là suis allée, je ne sais pourquoi, sur mon balcon et ai constaté que certaines plantes étaient en fleur et que d’autres commençaient leur travail printanier. Je me suis dit que c’était la force du printemps avant la date officielle. Cette année-ci cela n’a pas été le cas – bon, de toutes façons cette année est hors du commun – mais, quand même, les derniers changements que j’ai apportés à mon studio ont commencé cet hiver, ils s’enchaînent les uns aux autres et réellement je me sens différente, neuve, avec des ressources, des voies ouvertes.

Alors, oui, que célébré-je ? Tout plein de choses et elles sont en grande partie liées aux conseils avisés et judicieux de Roger qui est, j’ai l’impression, tout le temps en train de penser. Je l’ai déjà dit, il est ingénieur en mécanique et connaît un tas de choses scientifiques et philosophiques.

Parmi ces choses que je célèbre :

  • l’histoire des épingles de sûreté. En bref : une épingle a une certaine utilité, on peut la transformer et elle reste épingle mais a tout à coup d’autres possibiltés. Il en va de même avec nous. Nous avons des capacités d’adaptation absolument étonnantes ; l’histoire a même permis à l’une de mes amies roumaines de mieux comprendre le rôle qu’elle doit endosser ces temps-ci. Magnifique ;
  • mes nouveaux rideaux au studio : ils sont bien suspendus, permettent des variantes lors des spectacles et donnent une autre allure au studio ;
  • mes panneaux décoratifs sont élégamment suspendus ;
  • les magnifiques chaises héritées de Freddy Landry participent d’une atmosphère de château dans mon studio ;
  • le nouveau décor du plafond donne une allure de palais impérial à la scène quand on la regarde de face et de bateau impérial lorsque je fais des exercices au sol ;
  • un renouveau de musiques pour mon usage grâce au conseil donné par un gaillard rencontré, par ce fameux hasard qui me rend si souvent visite, dans un magasin de musique ;
  • une nouvelle vitalité physique. Cette dernière année, à la suite d’une série de difficultés, j’ai peu travaillé, mais ces derniers mois, j’ai repris mon entraînement et je ressens mes muscles d’une telle façon que c’est comme si c’était la première fois. Cela me donne une nouvelle force ;
  • je retrouve ma créativité dans les exercices, les danses, le traitement avec les autres, en bref, dans toutes mes activités et elles sont nombreuses.

Les changements et moi. Ces changements ont demandé du temps, du travail. Ils ont impliqué des difficultés à vaincre, des solutions à trouver, comme tous les parcours normaux mais, enfin, je me suis dit que j’allais arriver au bout et que le temps apporte les récompenses. J’ai aussi appris qu’une certaine tendance que j’ai : revisiter mes affaires, leur trouver de nouvelles places, les réparer autrement, mieux les mettre en évidence correspond à une notion japonaise, ken zai. C’est Roger qui m’en parle. Cela veut dire « amélioration continuelle et à peu de frais ». Je ne suis pas tout le temps en train de me demander comment améliorer mes affaires, mais je m’aperçois que lorsque je les revisite, je trouve toujours de nouvelles formes, solutions, positions et que cela me procure une grande joie, une grande joie parce que je sens qu’en traitant les choses et les autres au mieux de mes possibilités c’est comme si je le faisais avec moi-même, en fait c’est cela, je me le fais à moi-même.

Pause ! Faisons une pause au milieu de ces considérations pour admirer la voiture de Roger et son propriétaire.

Fin de la pause !

Le changement le plus remarquable ou plutôt les deux choses qui me marquent le plus : ce sont les épingles et la décoration du plafond. Les épingles, parce que justement, alors qu’il faut trouver une solution, Roger modifie un outil banal pour lui donner une autre dimension et utilité. Tout à coup, je l’assimile à plein de changements par lesquels je suis passée ou passe et qui font que malgré tout je reste moi-même, redeviens moi-même ou m’améliore. Et la décoration du plafond c’est parce que depuis les nombreuses années que je travaille dans ce studio, personne auparavant n’a eu l’idée de Roger. Une fois installée, elle devient naturelle. Mais voilà, personne n’y a pensé avant lui. Et cela change ma scène, un endroit que je pensais immuable. C’est tellement inattendu que je me dis que tout ce que nous appelons miracle est possible. Illustration :

D’abord la seconde imgage : on voit un ruban. Celui-ci est attaché au rideau de scène qui n’arrive pas jusquau bout du mur. Le ruban comble la distance. Maintenant qu’on est en terrain connu, on peut continuer avec l’histoire de l’épingle. L’illustration de l’épingle transformée par Roger permet deux choses : 1. d’enlacer le ruban et l’oeillet ; 2. lorsque j’enlèverai le rideau pour le laver, je n’aurai qu’à ouvrir l’épingle et lorsque je le reposerai, je n’aurai plus besoin de passer du temps à mesurer une fois de plus la bonne distance entre le rideau et l’anneau de l’oeillet. Astucieux !

Je raconte à Roger les considérations que la transformation de l’épingle m’inspirent et il répond : mais cela ne m’a pris qu’un instant. Je ne peux pas dire le contraire, mais justement, cet instant est très porteur et toute chose « parle » si on sait écouter. Je vois, ici aussi, un lien avec la métaphore des miroirs.

Constat : mes articles se fondent de plus en plus les uns dans les autres. La notion du temps s’invite une nouvelle fois. Je comprends de mieux en mieux ce que le physicien Garnier Malet veut dire avec le dédoublement du temps. En effet, les nombreuses années (quelques dizaines, quand même) où j’ai vu le vilain plafond ont disparu, je ne peux même plus m’y transposer et en un instant, pour ainsi dire, j’ai une autre vision. C’est le passage d’une dimension temporelle à une autre.

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Studio « Cave Perdue » – Zully Salas (en cours de rédaction)

Cela fait de très longues années que je travaille dans ce studio. J’y ai développé mon école de danse et actuellement je diversifie mes activités :

  • @3m.ossature ; @articulations – jouons avec elles ;
  • atelier de mouvement pour le corps et l’esprit ;
  • enseignement de la réflexologie pour sportifs et travailleurs du bâtiment ;
  • la valse comme chemin de vie ;
  • révision de textes en français. Cette dernière activité se déroule chez moi mais a bien des implications dans mon enseignement.

Par ailleurs, je continue avec mes cours de danse classique personnalisée avec de très petits groupes :

  • danse classique adaptée pour enfants ;
  • danse classique adaptée pour adolescents ;
  • danse classique adaptée pour adultes ;
  • danse classique et imagination.

Mon enseignement est toujours personnalisé. Je m’adapte aux personnes, à ce qu’elles vivent et c’est toujours un enrichissement pour moi. Il n’y a pas de meilleure récompense que de voir le regard de celui qui a compris une notion et se l’est appropriée.

Pendant des années, j’ai été sous-locataire du Centre culturel neuchâtelois. Je deviens maintenant la locataire et à ce titre, donne une touche personnelle au lieu qui porte bien son nom « Cave perdue », car l’endroit n’est visible que pour celui qui sait où il se trouve. Il faut, en quelque sorte, avoir été initié.

Si on va par la rue du Château : arrivé au no 21, vous partez à gauche dans la petite cour pavée et voyez au fond une grande porte grise. Vous l’ouvrez en tirant vers vous afin d’éviter de faire du bruit, vous traversez  une cour privée et arrivez à la « Cave perdue »  (finalement « trouvée ») !

Plan Cave perdue - photo

Voici un plan :

Plan dessiné par André Oppel et fléché pr moi.

Quelques-unes des touches que j’ai apportées à l’intérieur :

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Nous voici devant la porte qui mène à l’arrière-fond du studio. Je l’ai décorée avec des restes du tissu qui composait les rideaux originaux du Centre culturel neuchâtelois. Lorsque la scène, style italien, a été rénovée, les rideaux ont été mis de côté. Je leur ai redonné vie : une partie est à l’entrée et le reste décore par-ci par-là le studio. Les pompons, je les ai récupérés parmi mes propres affaires.
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Quelqu’un a laissé cette bouteille qui trouve une nouvelle vie. Les petites bougies faisaient partie de la mise en scène d’une danse que j’ai montée pour moi.
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Encore un bout de tissu surmonté du couvercle d’une boîte récupérée dans mes affaires.
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J’aime les plantes. Depuis que j’ai repris la « Cave perdue », je me disais qu’il manquait encore une locataire. La voilà. Elle est nichée en haut d’un mur qui a une petite fenêtre par où elle reçoit de la lumière. Elle va très bien !
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Cet automne nous a apporté la neige. Ma voisine immédiate, Do, une anglaise, était désolée pour sa plante en pleine floraison. Comme j’avais une deuxième niche avec une fenêtre, j’ai proposé de l’accueillir. De plus, j’avais dans mes affaires deux petites planches en bois. Elles ont trouvé leur destin en empêchant les plantes de glisser de leur base un peu en pente. Tout est bien qui finit bien. pourrait-on dire.
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Porte d’entrée. C’est aussi André qui a fait mettre la plaque de cet endroit que les gens avaient de la peine à trouver !

Nous avons, bien sûr, une scène sur laquelle se déroulent tant les cours que les spectacles. Tout dernièrement, j’ai apporté un éclairage plus intimiste pour des cours où l’on va à l’intérieur de soi.

Je viens d’hériter de sept chaises qui retrouvent une nouvelle vie dans mon studio aux allures de château.
La dernière touche, en ce début 2022, consiste à avoir posé des bandes en bas, le long des murs.

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