Journal de l’enseignement de la danse classique adapté à une élève de cinq ans, page 2.

C’est absolument passionnant de voir s’éveiller une intelligence, une compréhension, un monde chez un enfant. Lors de la dernière leçon, on a parlé du corps et de ce qu’on peut faire pour lui.

  • Bien que tu sois petite, tu comprends beaucoup de choses, pas vrai ?
  • Oui.
  • Tu sais que dans presque chaque partie de ton corps tu as des muscles ?
  • Oui.
  • Maintenant, prenons cette chaise. Si elle a trois pattes, que lui arrive-t-il?
  • Elle tombe.
  • Exact. La chaise ne peut pas se réparer toute seule, il lui faut notre aide. Chez nous, lorsque quelque chose ne va pas, il nous faut aussi de l’aide. Mais, nous pouvons aussi faire quelque chose pour nous, pour notre corps. Tu sais que nous avons des cellules ?
  • Oui.
  • Ces cellules sont comme des petits personnages.
  • Mais, ils ne peuvent pas parler. Et puis une cellule n’a pas la forme d’un personnage.
  • Cela dépend. Tu sais, les cellules, ces petits personnages mangent tout comme nous. Ils boivent, ils respirent, ils bougent, ils travaillent, ils se reposent. Tu te rappelles du livre « Le corps humain » où on voit des petits personnages qui travaillent ?
  • Oui. Ils sont là. Il y en a qui tirent ou qui sont fatigués. Il y en a qui naissent et il y en a qui  meurent.
  • Alors, si on va dans notre corps et qu’on frappe à leur porte en faisant toc-toc, ils vont répondre.

On commence une séance de résonances dans le corps. Une fois qu’on a fini les pieds, je demande :

  • Alors, que disent les personnages de ton pied ?
  • Rien.
  • Dans le mien ils sont tout contents. Ils respirent très bien. Mais, je pense que si tu sais écouter, ils vont aussi te dire quelque chose.
  • On continue avec la jambe.
  • Que dit-on dans ta jambe ?
  • Говорят « привет » ! (Ils disent « salut ! » ). Je ne résiste pas à l’envie de l’écrire en russe tellement les mots résonnent encore en moi. Ce moment est gravé en moi comme une photo dans le temps. De plus, j’aime la langue russe !

Quand on arrive à l’autre jambe, la fillette dit spontanément en souriant :

  • Ils disent salut et qu’ils sont contents !

Et voilà comment on commence un voyage dans le corps. Il ne faut nullement croire que la fillette a voulu me faire plaisir en disant des choses qu’elle ne sentait pas. Sa personnalité est très forte et si quelque chose lui échappe, elle le dit.

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La danse classique, anatomie et maître boucher René Margot

Afin de rendre plus conscients les élèves de leur corps... Oh, mais pas seulement les élèves, les parents aussi, j’ai demandé à mon ami René Margot, maître boucher à Neuchâtel et personnage bien connu du fait de l’excellente qualité de ses produits, de son franc parler et de son amour pour la ville de Neuchâtel, de m’aider à faire comprendre à mes élèves comment le corps était composé. Il n’a pas hésité une minute.

Cela fait des années que René Margot est le maître en la matière auprès de mes élèves. Cette fois-ci, ce sont les participants au cours « @3m.ossature » qui se sont joints à mes élèves afin d’admirer les os, leur structure et leur beauté.

La beauté des os… En effet, j’ai bien conscience que nous sommes tous égaux, l’histoire, le droit, la psychologie, la politique nous le dit. Même la littérature. S’il y a un passage qui m’a marqué à ce sujet, c’est celui-ci :

Extrait de la tirade de Shylock dans « Le Marchand de Venise  » de Shakespeare (acte III, scène 1), dans la traduction de François-Victor Hugo, fils de Victor Hugo : Il m’a couvert d’opprobre, il m’a fait tort d’un demi-million, il a ri de mes pertes, il s’est moqué de mes gains, il a conspué ma nation, il m’a fait manquer des marchés, refroidi mes amis, échauffé mes ennemis ; et Extrait de la tirade de Shylock dans « Le Marchand de Venise » de Shakespeare (acte III, scène 1), dans la traduction de François-Victor Hugo, fils de Victor Hugo : Il m’a couvert d’opprobre, il m’a fait tort d’un demi-million, il a ri de mes pertes, il s’est moqué de mes gains, il a conspué ma nation, il m’a fait manquer des marchés, refroidi mes amis, échauffé mes ennemis ; et quelle est sa raison ? … Je suis un juif !  Un juif n’a-t-il pas des yeux, des organes, des proportions, des sens, des affections, des passions ? N’est-il pas nourri de la même nourriture, blessé des mêmes armes, sujet aux mêmes maladies, guéri par les mêmes moyens, échauffé et refroidi par le même été et par le même hiver qu’un chrétien ? Si vous nous piquez, est-ce-que nous ne saignons pas ? Si vous nous chatouillez, est-ce-que nous ne rions pas ? Si vous nous empoisonnez, est-ce-que nous ne mourons pas ? […]. Source : michel.balmont.free.fr/cav_docs/films/lubitsch…/Monologue_Shylock.pdf

C’est lors d’une de mes visites au laaboratoire de René que j’ai vu, réellement vu les os si beaux, si nacréc, que j’ai compris, senti, qu’on était tous égaux. L’une de mes élèves a ajouté que même les animaux étaient comme nous. C’était évident. C’était devant nous. Alors, quand je marche, quand je pense à l’intérieur de mon corps, je vois combien c’est beau, combien nous avons tous des belles choses.

Pour ce qui est du voyage à l’intérieur de mon corps, j’ai mis des années, des années et des années à pouvoir y entrer. Et pourtant Dieu sait si je l’ai travaillé, mais toujours avec la forme, avec l’extérieur ; même lorsque je plaçais les muscles et les os correctement ou que je les sentais… Maintenant c’est bon, j’ai réussi à faire ce petit bout de chemin en moi.

Voici des images :

Il y a encore des choses à dire sur le rôle de la moelle jaune. Ce sera pour plus tard.

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