Conversations.14 (en cours)

Le monde est une scène de théâtre, aussi y trouvé-je des répliques, des observations très enrichissantes.

Vous êtes courageux ! On est en hiver et je vais dans le lac faire mes ablutions, pour ainsi dire. J’étais dans l’eau et un monsieur kurde ou turc me dit : « Vous êtes courageux, madame. » J’ai trouvé cela tellement charmant que je n’ai pas voulu lui dire que pour une dame c’était « courageuse ». Je me suis dit que dans sa culture, un homme courageux est vraiment quelqu’un de fort, exactement de courageux. Au moment où je grimpais sur les pierres pour retourner sur mon banc, il m’a demandé si j’avais besoin d’aide. « Quelle idée », ai-je pensé. Quand je suis sortie de l’eau, je l’ai vu courir vers moi avec une couverture. J’ai dû le rassurer.

J’ai raconté l’affaire à l’une de mes voisines et je lui ai dit que j’allais garder ce « je suis courageux » dans les moments difficiles. On ne sait pas toujours ce que l’on fabrique, mais peu de temps après, j’ai eu besoin de me dire que j’étais courageux pour arriver au bout de certaines choses. Moi qui aime le français, qui ne perds pas d’occasion pour améliorer celui des autres, je viens d’apprendre quelque chose de la part d’un étranger. Merci !

Un vélo sur un trottoir. Je ne sais plus comment va cette société. Un vélo est un véhicule et sa place est sur la route. Si on a peur des voitures, on va à pied. Punkt. Voici donc que je descends la rue – sur le trottoir – et qu’un vélo vient dans ma direction.

Première leçon d’anatomie. Pendant quelques jours, j’ai remis ma perruque noir-blanc et j’ai suscité pas mal de réactions dont voici quelques-unes :

  • Un monsieur qui m’a vue en ville a dit : « J’adore ! J’adore ! J’adore ! »
  • Je faisais la queue pour payer un livre chez Payot et une dame d’un âge certain qui se trouvait devant moi me dit : »J’aime comme vous vivez la vie ! »
  • Une jeune maman qui montait la rue du Château un peu après moi me dit : « Qu’est-ce que cela vous va bien, cette coupe! » Je lui répondis que c’était une perruque. Elle m’a dit qu’elle s’était demandé comment un coiffeur pouvait réussir un partage de couleurs aussi réussi mais que cela m’allait très bien. Puis, elle a expliqué à ses enfants, trois et cinq ans, que nous nous croisions assez souvent. Comme on arrivait devant leur maison, la maman a dit au garçon qui avait froid de rentrer et qu’elle allait faire encore quelques pas avec la fillette. Au moment où j’ai dit que je pouvais leur montrer ma salle de spectacle, le garçon a demandé si une prochaine fois, il pourrait venir. « Bien sûr », lui ai-je répondu.

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