Passeport Vacances Neuchâtel – Réflexologie pour les enfants – Droguerie Schneitter

Un plus pour mon cours destiné aux enfants du Passeport Vacances de Neuchâtel.

La droguerie Schneitter. J’ai demandé à Laurence Schneitter, l’actuelle propriétaire de la droguerie, si elle serait d’accord d’expliquer aux enfants la différence entre une droguerie et une pharmacie. Elle leur a expliqué ceci : « Dans une droguerie, vous trouvez des produits naturels pour la santé, des cosmétiques ainsi que des articles pour le nettoyage. On trouve donc des tisanes, des teintures-mère (solution contenant une très forte concentration d’une plante qu’on peut utiliser en homéopathie ou phytothérapie), des huiles pour le corps, de l’argile et autres médicaments naturels ». J’ai ajouté que lorsque les deux quincailleries de Neuchâtel avaient fermé leurs portes, monsieur Schneitter avait ouvert un département de ce type dans sa droguerie. On y trouve toute sorte de vis, de clous et même du mastic et de la peinture pour faire ses réparations.

Quelle que soit la longueur de la brosse, on ne met que très peu de produit.

À un moment donné, Laurence a mentionné la pâte dentifrice et l’un des plus jeunes enfants du groupe a dit qu’il y avait des marques qui se vantaient d’être extraordinaires dans leur réclame, mais qu’en fait c’était de l’arnaque alors que d’autres marques ne coûtaient pas cher et étaient vraiment bonnes. Comme cet enfant montrait un intérêt manifeste pour les produits dentaires, Laurence a profité pour nous dire qu’une fois, une marque avait agrandi le diamètre du tube afin de vendre plus et avait réellement fait de gros profits. On s’est demandé comment cela avait été possible. Il n’est pas intéressant de savoir quelle est la maison qui a agi ainsi, mais les gens mettent en général de la pâte tout le long de la brosse et avec un trou plus grand, si en apparence la brosse avait la même longueur de produit… il y avait plus de pâte dentifrice… Ah, le monde des affaires ! Mais, grâce à cela on a appris qu’il ne faut pas en mettre beaucoup sur la brosse. Même moi qui n’en mets pas beaucoup, je vais pouvoir faire des économies. Voici une image :

Il a aussi été question de ces produits qui sont supposés rendre les dents plus blanches mais qui en réalité rongent l’émail.

Les tisanes. Lorsque Laurence les a mentionnées, l’une des enfants a dit qu’elle connaissait le karkadé. Alors, j’ai acheté un sachet pour que les enfants goûtent. Comme dans mon atelier-salle de spectacle La Cave perdue, je n’ai pas de théière ni de passoire, Laurence nous en a prêté. C’est un service qui est un signe de confiance et qui en dit long sur la personne. Voici ce que cela a donné.

Infusion de karkadé. J’ai fait bouillir de l’eau, mis une bonne quantité (à mon avis) de karkadé dans la passoire (on ne la voit pas parce qu’elle est dans la théière) et versé le liquide dans de petits verres à thé. La couleur a été plus belle que le goût, j’aurais dû en mettre davantage, m’a dit Laurence. Mais, le liquide rouge est entré dans les cellules de notre corps qui a été bien content. En rendant les articles prêtés, Laurence m’a rappelé que le karkadé était plein d’antioxydants, qu’il faisait fonctionner les reins et qu’il renforçait le système immunitaire.

Maintenant, voici l’intérieur de ma salle : à gauche, la scène transformée en salle de massage et à droite la salle du public transformée en salle de cours.

Le cours : il s’est bien passé ; les enfants ont compris le principe de la réflexologie :

  • on a des points réflexes dans le corps et on peut pratiquer la réflexologie chez les autres et pour soi-même ;
  • lorsqu’un point fait mal, il règle quelque chose dans le corps ;
  • les reproductions des points diffèrent d’une source à l’autre et certaines sont fantaisistes. Il faut savoir choisir.

Au sujet des réflexes : ils sont aussi provoqués par ce qui nous entoure. C’est ainsi que l’un des ados a remarqué que mes chaises avaient des chaussettes. J’ai expliqué que c’était afin d’éviter le bruit. Le garçon a bougé la chaise et conclut que c’était vrai. Il n’y a rien de plus beau que d’être d’accord ! Un autre a vu un papier doré dans la salle d’eau et je lui ai expliqué que c’était une décoration. Il a alors fait le lien avec celui qui décorait le squelette qui se trouve sur la photo de droite. On ne voit pas ici, mais, je lui ai mis la même décoration pour orner son crâne.

Pourquoi venir à ce cours ? ai-je demandé aux enfants. La plupart ont répondu que c’était par intérêt. C’est vrai, je l’ai constaté en écoutant leurs questions et je leur ai proposé un schéma supplémentaire afin de satisfaire leur curiosité. C’est bien le première fois que cela m’arrive. Chose étonnante, l’une des filles était déjà venue au cours. C’est un sacré compliment pour moi.

Les branches que les enfants aiment à l’école. Cela m’intéresse toujours de savoir quelle est la branche que les enfants préfèrent à l’école. Je profite souvent pour leur dire un mot ou un autre d’encouragement. La branche qui les a unis, presque tous, a été la mathématique (depuis que j’ai rencontré le mathématicien Cédric Villani, je l’écris au singulier. Il dit bien qu’il y a la physique – divisée en physique des fluides, physique nucléaire, etc. Pourquoi en irait-il différemment avec l’étude des chiffres et leurs spécialités ?). L’un des ados a dit :

L’axolotl et la régénération. Cette fois, c’est moi qui apprends quelque chose et c’est magnifique. En faisant des recherches sur la Toile, je découvre qu’il y a cinq animaux qui ont cette capacité dont le cerf (il peut faire repousses ses cornes) et l’étole de mer qui peut faire repousser ses branches. J’aurais voulu mettre le lien du National geographic, mais les droits d’auteur sont assez compliqués. Tout ce que je peux dire encore est que cet animal mexicain, à la bouille rigolote, peut aussi faire repousser son coeur, des parties de son cerveau et de sa mâchoire inférieure. C’est passionnant. Ce n’est pas étonnant qu’il soit l’un des animaux préférés pour la recherche.

La symbolique. Dans tous les métiers, il faut des règles, des mesures, des étapes. La mathématique et la couture ne sons pas si éloignés que cela. Je me sers souvent d’images dans mon enseignement et je vais garder cet exemple pour l’enrichir. J’espère que l’ado et les autres enfants qui connaissaient les propriétés de cet animal se sont enrichis pendant le cours autant que moi avec cette nouvelle donnée qui fait maintenant partie de moi.

Encore une chose : lorsque je suis retournée chez Laurence pour lui rendre ses affaires, j’ai vu la table avec les deux chaises pour des clients qui seraient fatigués et une gamelle avec de l’eau pour le chien qui aurait soif. C’est tellement beau de penser à nos amis les animaux que je n’ai pu m’empêcher de faire une photo.

Merci à Laurence Schneitter – elle représente la quatrième génération propriétaire de la droguerie à Neuchâtel. En effet, c’est son arrière-grand-père qui a ouvert la première droguerie (article ici) à la rue des Épancheurs – pour les notions transmises et pour le temps accordé. Elle me fait me sentir dans le Neuchâtel d’autrefois où les commerçants étaient des Neuchâtelois et proches des clients.

Voilà le genre d’aventures que le Passeport Vacances propose aux enfants !

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Al-Khwarizm, le mathématicien par qui la lettre X de nos chères équations est arrivée. Rencontre particulière 30 (en cours)

Je suis fascinée par ceux qui apportent quelque chose au monde. On utilise parfois ou souvent ou même tous les jours des choses que d’autres nous ont apportées et on n’y pense pas. Je reste persuadée que l’histoire est la branche la plus importante. Sans histoire on n’est rien. Le nombre de fois que j’ai utilisé les mots algèbre, équation, l’inconnue X… Voilà que je viens de faire connaissance avec celui qui est au centre, pour ainsi dire, du X.

En cours : oui, j’en suis à la prononciation correcte de son nom parce qu’en français il y a un W qu’on pourrait supprimer si on suivait la transcription russe : Аль-Хорезми. (Al-Khorezmi mais de prononciation Al-Kharizmi). J’ai demandé à un arabophone de m’écrire le nom en arabe (il a dit qu’en fait c’était Al-khawarizmi, soit Al-khaouarizmi) et de me donner la transcription phonétique ; je n’ai pas eu de suite. Mais, j’ai appris que selon la région où on parle l’arabe, les transcriptions et même les prononciations varient ; j’en touche encore un mot plus loin. Plusieurs choses sont pourtant sûres :

  • il est né dans la région de Kharizm qui à l’époque concernait divers pays actuels, donc, il pourrait, aujourd’hui, avoir une autre nationalité ;
  • une partie de cette région se trouve actuellement en Ouzbékistan et c’est l’URSS qui a émis un timbre à son effigie – voir plus bas ;
  • du fait qu’il procède de cette région, il y a, dans son nom al, qui veut dire celui qui vient de. À l’époque, il n’y avait pas les noms de famille et mon expert, Chambaron, me dit que dès lors que le mathématicien vient de la région Khazimir, la dernière lettre devrait être m et pas i ;
  • il est aussi certain qu’il s’est rendu à Bagdad, à la Maison de la sagesse, de la connaissance, du savoir et a travaillé en tant que traducteur et chercheur dans les domaines de la mathématique, de l’astronomie et de la géographie et à ce titre, il a étudié les documents babyloniens, indiens et grecs ;
  • il est encore certain qu’il a écrit le Livre abrégé du calcul par la restauration et la comparaison ainsi que les Tables astronomiques en arabe et c’est un fait important. Malheureusement, les originaux ont été perdus.

En attendant, voici son portrait. Sachant que je m’intéresse réellement à lui, il a demandé à un Russe de m’envoyer son selfie timbré. C’est un timbre qui a été fait à son effigie en URSS, 1983, à l’occasion de son 1200e anniversaire !

Du temps ; il m’en fallu pour faire cette photo que je trouve réussie, mais le résultat efface les difficultés. Cet article me met en effervescence ! Savoir que cet homme a été mathématicien, astronome, géographe et qu’aujourd’hui encore on utilise des notions qu’il a transmises, constatées ou créées me fascine. Je suis aussi fascinée par la notion du temps et al-Khwarizm traverse le temps !

Mohammad Ibn Musa al-Kharizm. C’est son nom au complet. Il faut savoir qu’à l’époque il n’y avait pas de nom de famille et que l’on était désigné par des particularités en plus du prénom qui, lui, existait. Sa caractéristique était qu’il venait de la région de Kharizm. Si en français on peut avoir des prononciations différentes pour un même mot selon la provenance nationale ou régionale d’une personne, en arabe, de même qu’en hébreu, la chose est plus compliquée parce que les voyelles courtes ne s’écrivent pas et que selon les endroits la prononciation change.

Effet des voyelles courtes. Comme elles ne s’écrivent pas, contrairement aux longues, et qu’elles dépendent de la région et de prononciation qu’on leur donne, on peut rencontrer : al-Khwārizmī, al-Khawārizmī, al-Khowārizmī, al-Khuwārizmī, al-Khwārezmī, al-Khawārezmī, al-Khowārezmī et al-Khuwārezmī, selon que l’on écrive ou pas le A et le premier U court. On peut donc avoir plusieurs phonèmes.

Où en arrive-t-on : afin de simplifier l’affaire, la communauté internationale a opté pour : Al-Khwarizmi. Il reste à savoir si le dernier i a raison d’y être. Pour moi, il me paraît important de savoir comment il s’appelait en réalité. La chose aurait été réglée si ses écrits avaient été conservés. Hélas, trois fois hélas, ils ont été perdus. Il reste des copies.

Autre question : écrit-on Al-Kharizm ou al-Kharizm ? Je pense que c’est al-Khwarizm mais que si on commence une phrase, c’est Al-Khwarizm.

Avant d’aller plus en profondeur, c’est lui qui est à l’origine de l’algèbre et des logarithmes. Quant à la lettre X, elle fait tout un voyage qui commence avec Diophante d’Alexandrie (ah, voilà un autre personnage caractérisé par son lieu de naissance ou « nisba » comme on dit en arabe), continue avec al-Kharizm, s’accommode des Espagnols avec une transcription, observe François Viète et finit par prendre son dernier costume avec Descartes.

Histoire de la lettre X :

  • tout au début, dans notre histoire, on a le mathématicien Diophante d’Alexandrie qui a pensé à une inconnue et qu’il a nommé Aritmos, le nombre. C’est de là que vient le mot arithmétique. Cela se passe vers le IIIe siècle après J.-C. ;
  • arrive al-Khwarizmi qui parle de șay (chaï), la chose, celle qu’on cherche, l’inconnue. Rappellons que pendant des siècles, les écrits mathématiques s’écrivaient en toutes lettres. On est au IXe siècle ;
  • au XIIe siècle, le mathématicien et arabophone anglais, Robert Chesner, traduisit le texte de al-Khwarizm Al-jabr w’al-muqabalah en latin. Cela s’est passé à Ségovie en 1145 en Segovia. Son titre latin est Liber algebrae et almucabala ;
  • la langue espagnole ne possède pas le son ch et ont transcrit le son șay (chaï) en xai. C’est le son qui s’est répandu en Europe ;
  • au XVIe siècle, le mathématicien François Viète utilise comme paramètres d’une équation des lettres. Cela a pour conséquence que les problèmes sont écrits d’une façon plus concise, claire et générale ;
  • c’est finalement au XVIIe siècle que Descartes va simplifier Xay en X. Il écrira son livre La Géométire, 1637. On y trouvera les coordonnes, X et Y. Il a établi un lien entre la géométrie et l’algèbre. Jusqu’à lui, on avait la géométrie euclidienne, soit la relation entre les formes (propriétés des triangles, des cercles). Descartes propose de construire un monde où la géométrie et l’algèbre se rencontrent : on aura les plans à deux dimensions, donc avec deux axes, X et Y – l’une est horizontale et l’autre verticale – soient celle des abscisses et celle des ordonnées. Finalement, on a les équations linéaires sur un plan.

C’est une suite magnifique, on dirait une musique, une danse.

À la fin de l’article, je vas ajouter :

Je reprends l’histoire de l’écriture et de la phonétique. Il m’est arrivé une chose similiare avec Abraham-Louis Breguet et dans une mesure infiniment moindre avec mon prénom que j’entends prononcer : Suli, Tsouli, Tzoulli, Ziouli, alors qu’il s’orthographie Zully et dont la prononciation est Zouli.

Midi Tonus 2026.1

Je continue de donner quatre cours et, une fois de plus, mon contenu est simple, ce sont les participants qui l’enrichissent ! J’aime avoir des petits groupes parce qu’ainsi une intimité se crée et les avis, conseils, de part et d’autre, passent comme un bateau sur l’eau !

Quatre cours. Je les cite en fonction des jours de la semaine où ils ont eu lieu :

  • lundi : @articulations – jouons avec elles ;
  • mercredi : danse classique et imagination ;
  • jeudi : @3m.ossature ;
  • vendredi : À vos pieds !

Quatre cours mais une unité : on vit avec ses articulations physiques et on vit les articulations sociales, on danse avec son corps et on danse avec la vie, on fait résonner le corps et le corps résonne en fonction de ce qui entre en nous, on écoute ses pieds et on prend conscience de la façon dont on les met selon les endroits.

Nouveauté et changement enrichissant. J’avais des jours précis pour les cours, tous les lundis tel cours, les mercredis le deuxième et ainsi de suite. Il se trouve qu’une participante du jeudi aurait voulu suivre le cours du lundi mais qu’elle ne pouvait venir ce jour-là et qu’une participante du lundi aurait voulu suivre le cours du jeudi mais que… vous avez deviné, ce jour-là, elle était prise. Je me suis demandé si j’allais changer ces jours « immuables », mais la demande a été insistante et j’ai fini par céder. Ensuite, j’ai découvert que des personnes qui sont venues m’ont dit : « Ah, cela faisait un moment que je voulais suivre votre cours, mais ce n’était pas le bon jour ». Alors, voilà un effet secondaire remarquable du désir satisfait de deux personnes qui ne se connaissent pas ! C’est l’exemple qui pourrait résumer le contenu de mes cours : on établit une articulation qui fonctionne (= changement de jour), on danse avec les demandes des participantes (= danse classique et imagination), on entre en résonance avec ce que les participantes disent (=@3m.ossature) et finalement on se dit que si on met les pieds du lundi dans un jeudi, etc. cela pourrait jouer (= À vos pieds !). Et voilà, le conte est fini ou plutôt il continue dans la vie de chacune des personnes qui ont assisté aux différents cours.

@articulations – jouons avec elles. On s’est bien rendu compte que nos articulations physiques vont de pair avec celles sociales et que la pensée joue un grand rôle. Je dis souvent : une personne va à un cours de méditation et son partenaire doit venir la chercher à 1 7 h 30. Il est 17 h 40 et la personne dit : « Il est où ce… (inventez le mot que vous voulez) ? » Je pense que c’est tout le temps que l’on doit veiller à ce qu’on laisse pénétrer dans le corps parce que celui-ci réagit « au quart de tour ». Moi qui aime les expressions, celle-ci ne vient pas du monde de l’horlogerie mais de l’automobile ; à l’époque le moteur tournait au premier quart de tour de manivelle.

Ce que le cours leur a encore apporté: : « Prise de conscience que les articulations n’aiment pas être figées et qu’elles ont besoin de mouvement pour êtres libres et nous permettre d’avancer dans la vie, dit l’une d’entre les participantes, avant d’ajouter : selon les exercices, j’ai en effet l’impression qu’elles dansent. »

Une autredes participantes a déjà fait un autre cours et connaît passablement bien son corps. Comme on est en confiance, on a discuté du sujet qui suit.

De la structure du corps. Je lui dis :

Là, je ne sais que dire : je me demande si le Créateur ne m’a pas fait créer le cours pour que Fabienne me donne la réponse que j’arrivais pas à lire en moi !

Danse classique et imagination. Ici on a résolu de prendre conscience du corps, de danser avec lui et de danser avec ce qui nous arrive dans la vie. Les participantes ont aimé l’alternance du travail de concentration par moments avec celui de l’expression libre avec un jeu de lumières. C’était la conscience du corps et la liberté en même temps !

Des photos pour le plaisir de voir la jolie forme des pieds d’Isabelle.

Dans la danse classique, la forme est essentielle et ici on est gâtés. Mais, mettre la forme dans le discours et dans les manières est aussi important.

@3m. ossature. Ici, on a écouté les os dont les messages ont pris de plus en plus d’ampleur au fur et à mesure des cours ; puis on a écouté les messages qu’il nous envoyait lorsqu’on écoutait notre pensée, la pensée des autres et les événements qui croisent notre chemin.

Des ressentis. Il a été fascinant de voir que le ressenti des participantes a bien augmenté au fur et à mesure du temps qui passait. Des sensations comme ancrage dans le sol, ouverture de la cage thoracique, picotements dans tel ou tel endroit ou partout. Voici ce que dit l’une d’elles : *J’ai ressenti beaucoup de vie, de vibrations, de solidité, de densité, de structure, d’espace et même de la fluidité dans mes os et dans mon corps. » Une autre : « Mes ressentis sur mes os sont souvent de la chaleur ainsi que des picotements. Au niveau du crâne et du visage ce sera plutôt une sensation de petites fourmis qui circulent. *

À vos pieds ! Ici, on est allé à l’écoute des pieds et finalement, on a fini par les laisser parler à la musique. Voici le montage de Ghislaine qui a pris conscience de ses points d’appui dans les pieds et du fait que les bouger peut résoudre certains problèmes :

Ghislaine s été surprise de découvrir qu’elle pouvait suivre des mouvements assez facilement. Son commentaire : « Je suis un vrai perroquet du mouvement ! »

Lien vers d’autres articles : je continue avec l’idée de ne faire qu’un seul article pour les cours de la session ; normalement chacun a ses propres liens. Si vous tapez le nom du cours sur la barre de recherche, vous aurez d’autres comptes rendus (cela fait neuf ans que je donne ces cours).

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Les travailleurs de chez Zuttion et le chauffage à distance. Rencontre particulière 29

Voici quelque mois que des travailleurs de chez Zuttion installent le chauffage à distance dans mon quartier, pas loin de la gare. Ils démontent et remontent, pour ainsi dire, les rues.

Une équipe. C’est une équipe non seulement parce qu’il y a une hiérarchie, mais il y règne un esprit. Chacun est complémentaire de l’autre et ils s’entendent parfaitement bien. Cela se sent.

Leur travail. Ils doivent permettre aux propriétaires des bâtiments de se raccorder au réseau du chauffage à distance. Cela a impliqué, dans un premier temps, le démontage de zones de circulation causant des déconvenues à bien des personnes parce qu’elles ne pouvaient plus parquer devant leur maison ou à proximité du travail. Je ne sais pas comment la ville a prévu la chose, mais ces personnes ont dû trouver des solutions parce que les travaux ont été annoncés bien à l’avance. Toujours est-il que la vie des rues concernées a bien changé : pas besoin de décrire l’affaire.

Un « mal » pour un bien. Personne n’aime voir sa vie dérangée, mais dans le cas présent, il s’agit de faciliter la façon dont les maisons et bâtiments sont chauffés. Je ne connais pas le dossier, mais voici ce qu’il en ressort :

  • utilisation des sources d’énergie locales et renouvelables pour réduire les émissions de CO₂ ;
  • gain de place dans les bâtiments parce qu’il n’y aura plus besoin ni de chaudière individuelle ni de citerne ni de cheminée. Seul ce qu’on appelle un petit échangeur de chaleur sera nécessaire ;
  • économies d’entretien parce qu’il n’y aura plus besoin de s’occuper de l’approvisionnement en combustible ; plus besoin des coûts de ramonage ni de maintenance lourde de chaudière ;
  • augmentation de la valeur immobilière : le raccordement au réseau de chaleur est une solution éligible aux subventions cantonales qui pérennise et augmente la valeur des biens immobiliers sur le long terme.

C’est comme pour tout. Au départ, il faut toujours une idée, des conditions, du matériel, du personnel et du temps : vous faites un repas ? Il faut tout cela ; vous écrivez un article ? Il faut tout cela ; vous préparez un voyage ? Il faut tout cela, etc. Dans tout aussi, dans un premier temps, il s’agit de faire de la place pour ensuite accueillir ce qui est prévu. Quand je réarrange ma bibliothèque, je sors les livres des rayons, je fais des piles, il faut nettoyer et recalculer les espaces. Dans une rue c’est pareil. Le temps est notre partenaire.

Depuis un certain temps. Dans la zone où j’habite, je vois les travailleurs depuis un certain temps. Un temps suffisant pour qu’une relation de voisinage s’établisse. Il faudra quand même que je leur demande depuis combien de temps ils sont là. Mais, sachant que parfois des voisins ne comprennent pas le sens de leur travail, je leur ai adressé le mot suivant vers la fin du mois de décembre 2025 :

Je l’ai appris après, les propriétaires qui ont changé leur chaudière il y a peu de temps, ne vont pas se connecter tout de suite à ce réseau, mais ils le feront certainement plus tard.

Relations de voisinage avec les travailleurs. Il est bizarre de constater que je les connais mieux que certains voisins de mon immeuble que je ne vois jamais ! C’est pourtant la vérité. .J’ai déjà écrit des articles sur d’autres travailleurs manuels et ceux-ci ne se démarquent pas des autres : ils sont précis, pensent aux différentes étapes, contrôlent le travail fait. Je me dis que bien des intellectuels pourraient s’en inspirer. Il est évident que nous n’avons pas des discussions qui durent longtemps, mais voici une plaisanterie que le chef m’a fait l’autre jour. Je l’ai inscrite dans l’article Conversations de rue 17, mais la voici :

Conversation : on est à la veille d’un week-end prolongé, il est vendredi et près de midi. Je vois le chef et vais vers lui. Ce monsieur est un homme bien posé et quand il dit quelque chose c’est du sérieux. Imaginant que l’équipe vient de finir sa semaine, je dis :

  • Alors, c’est fini ? Je faisais allusion à la semaine.
  • Oui, on a fini ici et ce qui est ouvert derrière va rester comme cela.

Je réfléchis, revois dans ma tête les trous faits derrière la maison, me dis que ce sera d’autres ouvriers qui vont finir parce qu’il faut une spécialité quelconque…

  • Mais non ! dit-il content de m’avoir joué un tour.
  • Vous auriez dû jouer du théâtre, vous avez le ton convainquant ! dis-je ,et on se quitte en rigolant ; lui parce qu’il m’a joué un tour et moi parce que j’admire son talent.

Le temps avance et je sens que « mes » travailleurs vont partir. D’ailleurs, pour moi, ce ne sont pas seulement des travailleurs, mais « mes » musiciens de rue !

  • Vous allez me manquer ! leur ai-je dit il y a quelques jours en voyant qu’ils étaient en train de remettre de l’asphalte sur la rue. Leur réponse ?
  • Venez avec nous !

Est-ce que ce n’est pas joli ? Cela doit avoir travaillé dans ma tête parce qu’il y a une machine que j’aime particulièrement :

Je suis sous le charme de cette machine. Je suis prête à passer un permis… moi qui ne conduis pas de voiture, c’est dire !
Ici on voit mieux sa taille et le travail qu’elle fait. Elle m’irait bien, et en plus, j’aime que les choses soient bien « à plat »!

Et maintenant, l’équipe presque au complet. Je la remercie et considère chaque travailleur comme un ami. C’est ma déclaration d’amitié ! Chaque rue, chaque construction a eu besoin de personnes comme eux, c’est fantastique, or on utilise les choses comme si elles n’étaient que des choses. Elles sont le résultat d’un travail et on pour but, en général, le bien des autres.

Groupe Zuttion. J’admire les entreprises qui par les temps qui courent, se solidifient, grandissent. C’est le cas de Zuttion, qui lorsqu’elle a été créée en 1994 avait six employés et qui, actuellement en compte 250 !

La rue est rendue « propre en ordre ». On se dirait dans un conte parce que la rue est rendue plus propre que lorsqu’ils (les travailleurs) l’ont trouvée. Je me dis qu’ils pourraient aller donner des cours d’instruction civique dans les écoles et universités avant que les « jeunes » aillent manifester pour l’écologie parce que après leur passage, les rues sont dans un état… Le travailleur sur la photo a balayé et des cailloux se sont bloqués dans les grilles. Alors que les passants jettent leurs papiers et bouteilles dans la rue, lui, il nettoie la grille ! C’est l’exemple à suivre.

Et je finis avec « ma » machine !

Dans la photo de gauche, elle travaille et dans celle de droite, elle… m’attend !

En fait de fin… J’avais proposé à mes amis de marquer la fin du chantier. Cela s’est passé vendredi passé, soit le 5 juin. Je suis allée les voir à midi dans leur roulotte qui est rangée comme leur chantier. Chaque veste est à sa place, la table est propre et jolie, bref, on s’y sent bien. C’est magnifique !

Ce vendredi-là, ils étaient quatre. À droite, on voit mieux les plats que je leur a apportés. Ils sont décorés d’une rose.

Les prénoms. Je vous présente depuis la gauche devant Victor, au fond à gauche José (Jusé), au fond à droite Licinio et devant à droite Silvino.

On a bu de l’argile ! J’avais dit à mes amis que l’argile avait toute sorte de vertus sur les articulations, les tissus abîmés, les bactéries et les virus. Je leur avais expliqué qu’il y avait l’argile concassée pour les emplâtres et l’argile surfine pour boire. J’ai donc apporté la mienne et l’un d’eux, en voyant la couleur, a demandé :

  • C’est du béton ? On a tous rigolé.

Un autre a dit :

  • Selon les chantiers, nos machines charrient quelque chose de semblable ! Là aussi, on a tous rigolé.

L’argile. J’ai expliqué que l’argile est composée de minéraux rocheux, uniquement de minéraux et qu’effectivement, on la trouvait dans la nature. Le médecin spécialiste de l’argile qui est venue chez moi, Jade Allègre, m’a expliqué que lorsqu’elle va dans les pays pauvres, elle demande où les animaux vont boire et manger de l’argile. Ils ont un instinct que nous avons perdu. Ils ne mangent pas l’argile que le potier utilise pour ses poteries parce qu’elle n’a pas les même propriétés !

Je pense que c’est la première fois de leur vie qu’ils ont eu un apéro à l’argile !

La conversation a suivi son cours avec la franchise et l’humour qui caractérisent les questions et remarques rapportées. C’est un vrai cadeau. Inutile de dire que tout le monde a survécu à l’argile ; ils ont même dit que c’était buvable. Puis, la cloche du temps a sonné. Avant de les quitter, je leur ai dit que si une fois ils avaient besoin de moi, je serais là et leur ai donné ma carte de visite. Flûte ! Je suis partie avec la cuillère en plastique qu’ils m’ont prêtée pour remuer l’argile dans le verre. Il faudra que je la rende lundi.

La cuillère de mes amis. Quelle chance d’avoir de tels amis. Je leur ai dit que j’étais partie avec la cuillère et ils ont dit que je pouvais la garder ! Conclusion : la cuillère de mes amis est devenue Ma cuillère. Cette cuillère a une histoire commune avec nous !

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Réflexions sur la conduite du ballon de l’extérieur du pied dans le football (David Salas – Michel Christen)

Anecdote 1 de David sur Michel Christen, son entraîneur.

Lorsqu’un footballeur porte le ballon en courant, il peut le faire en le touchant de l’intérieur ou de l’extérieur du pied. Un jour, au début de la saison 1967-1968, alors que je faisais partie de l’équipe des juniors inter-régionaux de Xamax, Michel Christen, qui en était l’entraîneur, m’a fait découvrir l’avantage de conduire la balle avec l’extérieur.

Il citait l’exemple de trois footballeurs qui étaient encore juniors : Daniel Jeandupeux, déjà joueur de l’équipe première de la Chaux-de-Fonds, Eric (?) Oeuvray et Romano de Pietro, deux de mes coéquipiers dans les juniors.

Les trois, en effet,  excellaient dans cette façon de conduire le « cuir ». Il me disait :« Quand tu portes la balle avec l’intérieur du pied et que tu vas faire une passe à un coéquipier, tu changes le mouvement de la jambe avec laquelle tu vas faire la passe, tu dois porter ton pied plus en arrière que quand tu conduis le ballon. Donc tu « téléphones » à l’adversaire ton intention de passer le ballon. Par contre, quand tu utilises l’extérieur, le geste de la conduite et de la passe est le même, donc l’adversaire ne sait pas quelle sera l’action qui va se produire à continuation ».

Il s’agissait là de la première chose à observer, mais ce n’était pas suffisant pour produire le contre-pied. La deuxième phase était encore plus intéressante. L’entraîneur, originaire de Reconvilliers, continuait en parlant de Jeandupeux et de Romi (de Petro) : « Regarde bien, quand ils veulent faire la passe ou dribbler, pour créer le contre-pied, ils observent rapidement quel pied l’adversaire va poser sur le gazon et à ce moment-là, ils passent la balle (évidemment avec l’extérieur du pied), juste à côté de ce pied d’appui. L’adversaire, s’il veut intercepter la passe ou le dribble, essaiera de bouger son pied d’appui et il tombera. Afin d’éviter la chute, il attendra et fera un pas de plus pour contrer le porteur du ballon avec ce pied qui ne sera plus celui d’appui ; ce sera trop tard,  le porteur du ballon se sera envolé !»

En conclusion, deux choses à retenir : porter le ballon de l’extérieur du pied et passer le ballon à côté du pied d’appui de l’adversaire. Jeandupeux et Romi savaient faire les deux choses, Oeuvray  seulement la première. Conduire la balle avec l’extérieur, on peut l’apprendre, détecter la fraction de seconde à laquelle on fait la passe ou on dribble ne s’apprend pas, il faut l’avoir dans le sang, et à ce jeu-là, Jeandupeux et Romi se distinguaient. J’ai essayé de le faire et j’ai seulement appris à conduire la balle de l’extérieur du pied, mais pas à détecter à quel moment faire la passe ou dribbler pour réussir le contre-pied !

Je termine par cette anecdote de Michel Christen à propos de Jacquet,  un junior de Fontainemelon à la même époque : « Il joue bien mais je n’aime pas comme il le fait ». Je lui ai dit de m’expliquer son commentaire et il a ajouté : «  Tu as vu, il conduit la balle avec l’intérieur du pied, il marche comme un canard, à dix heures dix, tout comme moi ! »

***

Commentaire de Zully au sujet de l’utilisation des chaînes articulaires et musculaires. Selon notre caractère et ce qu’on appelle les épreuves de la vie, nous marchons d’une façon ou d’une autre. Ceux qui marchent comme Michel Christen ont un caractère ouvert. Il est évident qu’on ne peut cataloguer les gens d’un seul trait de plume. L’être humain est très complexe, mais, c’est une caractéristique qui décrit très bien Michel.

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Madame Marylène Schneitter est partie au ciel

Voilà le texte qui accompagnait l’avis de décès de Marylène Schneitter, née Hirschi, survenu le vendredi 23 février 2026

L’annonce est parue dans ArcInfo. Comme dans tous les cas, les membres de la famille sont cités pour dire leur chagrin. La personne en tête de liste est feu son mari. Je n’avais jamais vu la façon dont la famille de madame Schneitter a choisi de le mentionner :

Le signe avant le prénom indique qu’il est au ciel.

C’est si joli ! Il n’est plus là, mais il est là. En effet, il est parti en novembre 2020 et n’avait pas voulu l’annoncer. Lui et sa femme, deux figures de mon Neuchâtel d’autrefois qui ont quitté cette dimension. Cela me fait un vide, même si ma relation avec leur fille Laurence et le beau-fils Michel est excellente.

Le départ de madame Schneitter. Je passe à la droguerie dire un mot à Laurence au sujet du départ de sa mère et elle me raconte qu’elle est partie tranquillement. Elle a précisé que lorsqu’elle l’avait vue au début du mois de janvier, après une grippe, son visage lui a dit qu’elle allait partir. Quand on a une pareille sensation, il est évident qu’on voudrait éviter ce moment mais il donne aussi du temps pour se préparer. Laurence me dit ne pas avoir de prémonitions ni de signes de l’autre monde, néanmoins, il s’est passé une chose qu’on peut attribuer au hasard bien que certains disent qu’il n’existe pas. Une certitude pour moi est un signe pour Laurence qui sait comprendre, c’est physique, il n’y a pas de mystère !

Le signe . Une dame d’origine roumaine va à la droguerie et raconte à Laurence que lorsqu’elle était dans son pays, un jour une fillette de quatre ans est venue dire qu’il fallait dire quelque chose à Mihai après l’incendie de son village qui avait eu lieu à telle date. La dame raconte que personne ne comprenait ce que la fillette racontait, mais cette dernière insistait. Les parents ont fait des recherches et effectivement dans le village en question il y avait eu un incendie et donc ils décident d’aller avec la fillette sur place et cherchent le fameux Mihai. La fillette, qui ne savait pas quelle tête avait ledit Mihai, est allée directement vers lui et lui a dit : « Je n’ai pas eu le temps de te dire au revoir, mais tout va bien ! » Une fois que la fillette a délivré le message, elle n’en a plus parlé et quand on essayait de lui rappeler l’affaire, elle ne savait pas de quoi il s’agissait. Laurence s’est dit que cette histoire était pour elle.

Résultat du signe. C’est ainsi qu’elle a eu l’idée d’enregister un message d’adieu de la part de ses deux enfants pour leur grand-maman. Madame Schneitter était dans le coma, mais au moment où elle a entendu la voix du premier fils de Laurence, son corps a tressailli. Cela a été un moment fort. Elle s’en est allée une heure après. On peut dire ce qu’on veut, il y a des ressentis et bien des personnes présentes se sont dit que madame Schneitter avait besoin d’entendre l’au revoir de ses petits enfants.

Un parfum. C’est à ce moment que la jeune droguiste Jennifer nous dit que lorsque sa grand-mère est partie au ciel, sa famille est allée habiter la maison. Ils l’ont bien nettoyée, aérée et fait tout le nécessaire pour leur installation. Mais, chose curieuse, de temps en temps, l’odeur du parfum de la grand-mère se répand dans la maison. C’est une façon de leur dire qu’elle est toujours là. Précisons que personne d’autre que Mémé n’utilisait ce parfum

Les grands-‘parents. Laurence, entendant la façon dont Jennifer appelait ses grands-parents, dit que chez elle c’était Papy et Mamy et que le jour où elle a appris qu’ils avaient de « vrais » prénoms, cela lui avait fait drôle.

Ah… monsieur Schneitter et madame Schneitter avaient aussi un prénom ? C’est un peu la question que je me suis posée en lisant l’avis. Il y a une différence entre Laurence et moi : pour l’enfant qu’elle était, Papy et Mamy incarnaient des personnes, pour moi monsieur Schneitter et madame Schneitter, même si logiquement ils devaient avoir un prénom, leur identité était liée à la droguerie. Je n’ai jamais eu l’idée de leur demander quel était leur prénom. Je n’ai connu celui de monsieur Schneitter que lorsque j’ai rédigé l’article sur lui et la droguerie en 2020 ! Celui de sa femme est arrivé maintenant. Le fait de connaître leur prénom me les rend plus proches. Ils avaient tous les deux un caractère taquin. Monsieur Schneitter de façon plus marquée et j’imagine que c’était lui qui menait la barque à la maison…

Leur rencontre. Désirant savoir comment ces deux personnes s’étaient rencontrées, Laurence me dit que c’était à l’école secondaire de Neuchâtel. Cela s’est passé comme dans la chanson Tourbillon : « On s’est connu, on s’est reconnu, on s’est perdu de vue, on s’est reperdu de vue […] Chacun est reparti dans le tourbillon de la vie […] Quand on s’est connu, quand on s’est reconnu pourquoi se perdre de vue, se reperdre de vue ? » C’est cela, ils se sont connus à l’école secondaire, puis il est devenu droguiste et elle dessinateur en bâtiment. Puis ils ont décidé de ne pas se reperdre de vue, se sont mariés, sont « repartis dans le tourbillon de la vie » et elle s’est convertie au métier de droguiste. Voici le lien pour la chanson chantée par Jeanne Moreau. Rappelons que la chanson fut composée par Serge Rezvani et qu’elle a marqué un nouveau départ dans sa vie. Or, madame Schneitter vient aussi d’avoir un nouveau départ.

Les commerçants de Neuchâtel. Autrefois, lorsqu’un événement concernait la ville, les médias allaient demander leur point de vue à Margot, Walder, Schneitter. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, la vie a changé.

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Conversations.14

Le monde est une scène de théâtre, aussi y trouvé-je des répliques, des observations très enrichissantes.

Vous êtes courageux ! On est en hiver et je vais dans le lac faire mes ablutions, pour ainsi dire. J’étais dans l’eau et un monsieur kurde ou turc me dit : « Vous êtes courageux, madame. » J’ai trouvé cela tellement charmant que je n’ai pas voulu lui dire que pour une dame c’était « courageuse ». Je me suis dit que dans sa culture, un homme courageux est vraiment quelqu’un de fort, exactement de courageux. Au moment où je grimpais sur les pierres pour retourner sur mon banc, il m’a demandé si j’avais besoin d’aide. « Quelle idée », ai-je pensé. Quand je suis sortie de l’eau, je l’ai vu courir vers moi avec une couverture. J’ai dû le rassurer.

J’ai raconté l’affaire à l’une de mes voisines et je lui ai dit que j’allais garder ce « je suis courageux » dans les moments difficiles. On ne sait pas toujours ce que l’on fabrique, mais peu de temps après, j’ai eu besoin de me dire que j’étais courageux pour arriver au bout de certaines choses. Moi qui aime le français, qui ne perds pas d’occasion pour améliorer celui des autres, je viens d’apprendre quelque chose de la part d’un étranger. Merci !

Un vélo sur un trottoir. Je ne sais plus comment va cette société. Un vélo est un véhicule et sa place est sur la route. Si on a peur des voitures, on va à pied. Punkt. Voici donc que je descends la rue – sur le trottoir – et qu’un vélo vient dans ma direction.

Première leçon d’anatomie. Pendant quelques jours, j’ai remis ma perruque noir-blanc et j’ai suscité pas mal de réactions dont voici quelques-unes :

  • Un monsieur qui m’a vue en ville a dit : « J’adore ! J’adore ! J’adore ! »
  • Je faisais la queue pour payer un livre chez Payot et une dame d’un âge certain qui se trouvait devant moi me dit : »J’aime comme vous vivez la vie ! »
  • Une jeune maman qui montait la rue du Château un peu après moi me dit : « Qu’est-ce que cela vous va bien, cette coupe! » Je lui répondis que c’était une perruque. Elle m’a dit qu’elle s’était demandé comment un coiffeur pouvait réussir un partage de couleurs aussi réussi mais que cela m’allait très bien. Puis, elle a expliqué à ses enfants, trois et cinq ans, que nous nous croisions assez souvent. Comme on arrivait devant leur maison, la maman a dit au garçon qui avait froid de rentrer et qu’elle allait faire encore quelques pas avec la fillette. Au moment où j’ai dit que je pouvais leur montrer ma salle de spectacle, le garçon a demandé si une prochaine fois, il pourrait venir. « Bien sûr », lui ai-je répondu.
Il a la taille d’un enfant de 12 ans

Les reins et la chaleur. Arrivées au studio, elles l’ont trouvé beau et la dame a dit qu’elle y avait pris des cours de théâtre il y avait des années. Cela m’a fait quelque chose car à l’époque j’occupais aussi le lieu. Puis, j’ai demandé à la fillette si elle voulait bien que je lui montre ce qu’elle pourrait faire à son frère lorsqu’il avait froid. Pour ce faire, j’ai pris mon squelette Essence. Me doutant qu’elle ne connaissait pas encore l’anatomie, je lui ai dit que lorsqu’elle respirait, sa poitrine bougeait parce que les poumons se gonflaient et se dégonflaient. Je les lui ai montrés sur Essence. Puis, je lui ai indiqué où se trouvaient les reins et je lui ai dit qu’ils pouvaient donner chaud. Je lui ai demandé si je pouvais montrer sur sa maman ce qu’elle pourrait faire et elle a été d’accord. Sa maman a senti la chaleur tout de suite. Voilà, une première leçon d’anatomie réussie !

Sait-on pourquoi on fait une chose ? J’avais décidé d’aller me baigner au lac. Seulement, ce matin, en voyant sur mon téléphone – 12 °C… Je me suis dit que c’était froid. Le temps que ma mémoire oublie ce nombre, le soleil est sorti et je suis donc allée au lac. Arrivée sur place, des vagues sont venues se jeter contre la place que j’occupe habituellement, autrement dit, contre Ma place. J’ai décidé, une fois de plus, que je n’allais pas me battre, que je n’étais pas là pour battre des records, me suis rhabillée et pris mon chemin de retour. Je me suis demandé pourquoi, pourquoi, pourquoi toute cette affaire. C’est à ce moment que j’ai vu un cycliste s’arrêter près d’un banc (on est toujours au bord du lac) et y poser un pied (le second étant resté sur l’autre pédale).

Je lui fais signe que cela ne va pas. Mais, comme j’avais un manchon au bout de mon bras, il a traduit mon geste par un salut et il me salue. Je m’approche et je lui dis qu’il n’est pas question de salut mais du pied sur le banc qui sera sale lorsque d’autres personnes s’y assoiront. Son visage montre qu’il est désolé et il dit : « Je n’y ai pas pensé » tout en enlevant le pied. Le monsieur a un âge certain. Il me sourit et lors je lui dis : « Je vous embrasse », à quoi il répond : « Pas de soucis ! » Ah, ce « pas de soucis » me sort par le système ! En plus ce n’est pas un ado qui parle. Alors que je partais, je retourne vers lui et lui dis. Comment pas de soucis, j’ai dit que je vous embrassais pour le geste. Je peux ? Alors, il rigole et je dis : « Je vous embrasse » et suis partie.

Réponse à ma question du savoir pourquoi on fait telle chose ? J’avais décidé d’aller me baigner et le destin facétieux ou le dieu des bancs a décidé que je devais plutôt réveiller la conscience d’un cycliste !

Le chariot montre la voie. Un chariot, on le sait ne parle pas, ne pense pas. Et pourtant… Ce matin, j’avais 30 minutes pour aller en ville, au marché, chercher les petites salades pour mes canaris. Le maraîcher, Peter, m’avait dit que je les trouverais à tel endroit. Ledit endroit était vide et j’étais pressée. Je m’avance un peu dans la place du marché et envoie un message à Peter pour savoir quoi faire. C’est à ce moment-là que j’ai entendu un clac ! et que j’ai vu mon chariot bloqué (les roues rentrées et la base collée au support. Je n’avais jamais vu une chose pareille et je ne l’avais pas brusqué non plus. Juste à côté, il y avait un marchand de fromages. Je lui ai demandé s’il savait comment débloquer mon diable (c’est le nom qu’on lui donne). Il ne savait pas. Sa collaboratrice non plus. Ils se sont donné de la peine sans résultat. Finalement, je demande si on ne peut ouvrir les roues en même temps que l’on descendrait la base. Les deux vendeurs s’efforcent et finalement, le diable reprend forme. C’est alors que je dis que je ne sais que faire parce que cherchais Peter qui avait des salades pour moi. C’est aussi alors que le monsieur se penche et prend le cageot avec les salades et me demande si ce sont celles pour mes canaris. Ciel ! Je leur dis que je ne peux sinon remercier ce chariot qui savait où se trouvaient les salades !

Au bord du lac. J’allais me baigner et vois un couple. L’histoire de l’âge ne m’intéresse pas réellement. Mais pour ceux qui voudraient savoir quel âge a ce monsieur, je dirais qu’il est plus proche du sommeil du soir que du lever du matin. Il lance des cailloux sur la surface du lac calme pour qu’ils rebondissent. Cela ne marche pas, après deux fois, le caillou s’enfonce. Le monsieur dit :

Je remercie le monsieur parce qu’il m’a inspirée pour la définition de l’âge. Il fait maintenant partie de ma vie. Ce passage devrait s’intituler Le Caillou et l’Inspiration.

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Cordonnerie du Trésor (en cours)

Cela fait une dizaine d’années qu’Anis Saadi a repris la cordonnerie de feu monsieur Antonio Boletta, lequel m’a rendu de grands services, et il est toujours aussi passionné par son métier. Il est non seulement habité par la passion du métier, il a aussi le sens du commerce et un esprit d’entrepreneur !

D’abord un mot sur monsieur Boletta . Il aimait aussi son métier et il trouvait des astuces pour réparer des chaussures ou autres affaires qui nous étaient chères. Je lui suis toujours reconnaissante. Nous avons parfois des émotions liées aux choses, aux affaires et monsieur Boletta le comprenait. Quand j’ai dit à Anis que j’allais écrire deux mots sur monsieur Boletta, il a dit : « Ah, monsieur Boletta ! » et j’ai compris qu’il avait du respect pour lui.

Anis est du même cru : il aime la qualité, la qualité sous toutes ses formes : dans sa profession, dans ce qu’il achète, dans les relations avec les autres. L’autre jour, je suis arrivée et une cliente lui racontait ses déboires. Voilà, les commerçants d’autrefois avaient des relations plus profondes que celles d’un vendeur à un acheteur. Le magasin était un vrai réseau social : on connaît le métier de l’autre, ses goûts, sa famille, on sait quelles sont ses préoccupations, etc. Dans son local, on rencontre des habitués et on se rend des services. Chez Anis c’est comme cela. Quelle chance !

Voici l’allure que son magasin a eue au long des années.

2017-2022
2021-2023
2025

Cordonnier et serrurier ! J’avais un problème avec la serrure d’une porte. Seule une clef sur quatre tournait dans le cylindre. Ni une ni deux, il m’explique que si on a des clefs faites sur un gabarit * différent du cylindre d’origine (en Suisse on parle de « chablon », mot issu de l’allemand Schablone), on risque un jour des ennuis du genre de celui que j’avais. J’ouvre une parenthèse : j’ai eu le même problème avec ma machine à coudre Singer. Je lui ai mis des cannettes de toutes sortes et cela a fonctionné pendant des années jusqu’à ce qu’un jour elle en ait eu assez ! J’ai dû m’équiper en cannettes Singer et depuis tout roule ! Fin de la parenthèse. Anis m’a aussi dit que lorsque qu’on a, par exemple, fermé une porte et laissé la clef dedans ou qu’on l’a perdue ou que la serrure a été forcée, des services de dépannage enlèvent le tout et remplacent le cylindre directement pour des sommes assez élevées alors que lui, il sait enlever un cylindre sans l’abîmer. Voilà, la aussi on trouve la notion de probité. C’est beau. Je retrouve feus monsieur Vautravers et monsieur Schneitter. Anis est de leur lignée.

Anis a trouvé chaussure à son pied ! J’aime le français et les expressions sont parfois si représentatives… Alors, trouver chaussure à son pied, c’est le summun pour un pied ; quand celui-ci est à l’aise, il peut aller loin à la ronde. C’est le cas d’Anis qui a trouvé chaussure à son pied en Elena, une jeune femme pleine de gentillesse et d’adresse dans tous les domaines. Ils font une belle paire !

Je parlais de l’esprit d’entrepreneur d’Anis. Il ne se contente pas d’aller regarder sur la Toile ce que les autres font ou proposent, il se déplace en famille aux foires de Paris et de Milan !

Voici les services de la Cordonnerie du Trésor :

Le couple, Anis et Elena, au travail. Anis s’occupe d’une paire de chaussures et Elena répare les anses d’un sac. Elle se sert d’une machine (à compléter).

Anis et les clients ou action sociale. On le constate, la clientèle évite de venir en ville depuis que l’on a supprimé un tas de places de parc à 0,30 centimes la demi-heure. On ne va pas débattre du sujet ici, mais c’est un fait : la clientèle des villages avoisinants, notamment les personnes d’un âge certain ou qui n’ont pas de voiture, sont ennuyées. Ils ont dit leur désarroi à Anis. Celui-ci est à l’écoute et avec Elena, sa femme, sont en train de mettre un système en route. Lorsque Elena aura son permis de conduire, elle ira dans les villages pour chercher et rapporter les chaussures. Une personne qui s’est sentie bien dans ses chaussures, qui désire les garder, va pouvoir les faire réparer grâce au sens entrepreneurial et social d’Anis. C’est magnifique !

Le trésor de la cordonnerie du Trésor : Anaïs, venue au monde en 2021.

Gabarit : c’est mon expert, Chambaron qui m’a expliqué que « chablon » venait de l’allemand. Il me dit encore que les gabarits sont des pièces massivement standardisées en usine et qu’on ne personnalise pour le client qu’au dernier moment. Je cherche alors à savoir ce qu’est une ébauche. Cette dernière est une première version, un début, une esquisse ou un projet initial, souvent imparfait ou sujet à des modifications. Je comprends alors pourquoi certaines entreprises se fournissent des ébauches. Maintenant c’est clair et je me suis enrichie en écrivant cet article.

Pour des articles sur d’autres commerces au centre-ville ou des personnalités de la ville : cliquer ici.

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@articulations – jouons avec elles. Automne 2024

Nous pouvons tous avoir le même capital du point de vue des articulations, nous le manions chacun à notre manière. Le plus important c’est de savoir qu’il peut, tout comme un capital financier, produire un résultat.

Le capital. En affinant la pensée, le capital du squelette est l’égal d’un capital financier mais aussi d’un capital social et encore d’un capital au sens figuré.

Ma plus grande joie c’est de permettre à quelqu’un de découvrir quelque chose qu’il a et qu’il peut utiliser pour son propre bénéfice ou pour celui des autres. Dans ce cours, c’est réussi. En effet, je n’ai fait que dire comment on peut jouer avec ses articulations physiques pour que le jeu s’installe. Il en est allé de même avec les articulations (=situations) sociales. Ainsi que je l’ai dit auparavant, chacun est différent ; cette fois, j’ai eu des participants avec des corps, des métiers, des caractères différents et pourtant une sorte de symbiose s’est créée.

Photo hivernale. L’une des participantes m’a envoyé cette photo un jour de novembre alors qu’on venait d’être enneigé de façon inattendue. Je me suis dit que c’était l’occasion de lier l’articulation de ce qui entre par les yeux avec ce que nous avons en nous. Voici le résultat de l’exercice :

  • un grand espace ;
  • la respiration ;
  • un grand ciel ;
  • je suis née entourée de montagnes alors qu’ici, je les vois de loin ; tout comme à Neuchâtel et cela me donne un sentiment de liberté ;
  • souvenirs d’enfance ;
  • sensation de quelque chose de magnifique ;
  • espace infini.

Remerciements. Je remercie la personne qui m’a envoyé la photo. Elle l’a fait de façon spontanée, sans savoir qu’elle me serait utile pour mes cours. En effet, nous voyons la vie à travers notre prisme et ce dernier me permet de mieux comprendre les personnes. Mais, je vais laisser de côté ce sujet si complexe ; pour le moment, le principal est de savoir qu’il y a une articulation entre ce qui pénètre par nos sens et notre interprétation.

Tout de même, un mot au sujet des interprétations : l’une des participantes a mentionné le grand espace et une autre l’espace infini. Je dis que ces deux personnes s’unissent et la seconde ajoute qu’en fait elle a repris les mots de la première. C’est ici que la chose est intéressante : il n’y a pas de copiage, comme on pourrait le penser ; simplement, la seconde personne a résonné aux mots de la première, les a reconnus et a pu les sortir. En bref, la première a été le révélateur de la seconde et je trouve cela magnifique ! Mon cours est réussi.

Un autre exemple : le fameux jour où il a neigé, l’une des participantes se trouvait dans un bus qui a mis un temps infini pour un trajet passablement court. Elle a raconté que tout le monde était fâché. Arrivés sur place, les enfants sont sortis en criant : La neige ! La neige ! Cette joie a aussi envahi la participante. Voilà, elle aurait pu choisir l’articulation du retard, de l’énervement, ce qui aurait eu des conséquences de tension dans son corps alors que celles de la joie l’ont détendue.

Je me suis crue à Noël : caramels faits maison – miel de la Chaux-de-Fonds – chocolats au gingembre – miel du Valais pris à différentes altitudes – oignons de Berne – un Amaryllis – des messages électroniques de remerciements. De plus, le kéfir, fait par moi (bouteille tout à gauche) a aussi été de la partie parce qu’il était délicieux !

Remerciements de la part des participants : il est rare que des participants pensent à dire comment ils trouvent l’endroit où je donne les cours. Ils le sentent mais ne le disent pas toujours. Cette fois-ci, je ne peux m’empêcher d’en reproduire quelques-uns :
Vous m’ avez offert une écoute attentive qui m’a permis  de prendre conscience de toutes mes articulations et ce au sein d’un petit groupe où il était possible de s’exprimer et d’échanger des points de vue. L’ambiance était détendue, pleine d’humour et de créativité. Et encore : L’expérience a enrichi ma vie. Le côté ludique était délicieux et je retournais au bureau chaque vendredi avec un sourire sur le visage. J’ai aussi aimé cette Cave perdue avec son ambiance unique et magique !

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Conversations en patchwork.7 (en cours)

Il n’y a pas d’endroit qui ne puisse servir de source de curiosité ou de savoir.

  1. Salle de lecture des archives de l’Etat de Neuchâtel : bataille de Morat. Deux messieurs font des recherches généalogiques et je les entends se raconter des découvertes. Je suis en train de faire des recherches sur les horlogers à Neuchâtel dans les années 1970 et leurs mots « C’est comme cela que les Suisses ont gagné la bataille de Morat* me parviennent. Je redresse la tête et demande qu’on me raconte le tout que voici :

– Un copain (le monsieur qui parle a un âge certain et à tout âge on peut avoir des copains !) était fasciné par la bataille de Morat et avait fait des recherches qui ont démontré que Charles le Téméraire avait demandé à un devin de lui dire quelle était le moment favorable pour faire la guerre aux Suisses et remporter la victoire. Le devin lui dit que les Suisses n’avaient jamais engagé une bataille le samedi matin et que donc son système de défense mis en place suffisait. Charles le Téméraire a été rassuré et n’a rien changé à son dispositif. Or, les Suisses de Morat avaient reçu de l’aide dont des renforts des confédérés ; ceux de Zurich avaient été retenus parce qu’il avait plu et ils avaient dû attendre toute la journée de vendredi pour que la poudre sèche mais ils sont arrivés à temps (le monsieur précise qu’ils avaient parcouru… – je ne sais plus, il faut que je vérifie, mais il a ajouté : « C’était le temps où on savait marcher ! ») et… voilà comment les Suisses sont sortis victorieux de la bataille le samedi matin !

2. Historien de la même salle. Je suis toujours en train de faire des recherches sur les horlogers à Neuchâtel et une des voisines de mon immeuble me dit que sa mère avait travaillé chez Favag en tant qu’étainière.

Je retourne à la salle et trouve effectivement un René Devenoges, 31 rue des Moulins et téléphone : 422 57 en 1970. Mais, la maman de ma voisine ne figure pas comme personne active. Elle a disparu derrière le mari. Je raconte l’affaire à l’historien de la salle et il me dit qu’il avait fait des recherches pour une dame d’une famille connue et lors d’une discussion avec son mari, elle disait qu’elle était adulte, avait sa profession mais qu’on l’appelait sous le nom de son mari. Cela m’a rappelé que lorsque je vivais chez les de Meuron, Madame de Meuron s’appelait Mme Henri de Meuron ! J’avais trouvé qu’elle n’avait pas la tête d’un monsieur et que son vrai prénom, Valérie, lui allait bien mieux. L’historien me dit que c’est exactement cela et que le mari de la dame avait dit à sa femme :

Je trouve tout cela savoureux. Et l’historien de me préciser que la dame ne retrouvait son nom qu’au moment du décès : « Décès de madame Fernand de Montmollin, née Marie Chautens », pour donner un nom fictif. Je lui raconte encore que du temps de la Grèce ancienne, la femme était la femme de et la fille, la fille de. Elles n’avaient pas de prénom en dehors de la maison. Il se trouve que la première femme à avoir revendiqué son prénom a été Aspasie, une grecque (suite ici bas).

Je m’appelle Aspasie – titre du livre écrit par Franck Senninger. Aspasie a vécu de -470 à -400 av. J.-C. Elle est l’unique femme dont l’antiquité ait gardé le nom en mémoire ! Elle a pris des cours de philosophie et a donné des cours de rhétorique. Elle a été la première femme à réunir philosophes et politiciens pour des discussions uniquement. À l’époque, il y avait des banquets où seuls les hommes étaient habilités à participer et le rôle des femmes était de les amuser. Elle a été la femme de Périclès et il la consultait avant de prendre des décisions. Il la respectait publiquement. On sait que Périclès a joué un rôle déterminant dans l’installation de la démocratie. Elle a connu Anaxagore, Hippodamos, Phidias, Leucippe, Thucydide, Socratte, dont elle a été une interlocutrice privilégiée et admirée. C’est remarquable. Je sais tout cela parce que j’ai révisé la version électronique du livre Je m’appelle Aspasie que Franck Senninger a écrit.

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