Réflexions sur la conduite du ballon de l’extérieur du pied dans le football (David Salas – Michel Christen)

Anecdote 1 de David sur Michel Christen, son entraîneur.

Lorsqu’un footballeur porte le ballon en courant, il peut le faire en le touchant de l’intérieur ou de l’extérieur du pied. Un jour, au début de la saison 1967-1968, alors que je faisais partie de l’équipe des juniors inter-régionaux de Xamax, Michel Christen, qui en était l’entraîneur, m’a fait découvrir l’avantage de conduire la balle avec l’extérieur.

Il citait l’exemple de trois footballeurs qui étaient encore juniors : Daniel Jeandupeux, déjà joueur de l’équipe première de la Chaux-de-Fonds, Eric (?) Oeuvray et Romano de Pietro, deux de mes coéquipiers dans les juniors.

Les trois, en effet,  excellaient dans cette façon de conduire le « cuir ». Il me disait :« Quand tu portes la balle avec l’intérieur du pied et que tu vas faire une passe à un coéquipier, tu changes le mouvement de la jambe avec laquelle tu vas faire la passe, tu dois porter ton pied plus en arrière que quand tu conduis le ballon. Donc tu « téléphones » à l’adversaire ton intention de passer le ballon. Par contre, quand tu utilises l’extérieur, le geste de la conduite et de la passe est le même, donc l’adversaire ne sait pas quelle sera l’action qui va se produire à continuation ».

Il s’agissait là de la première chose à observer, mais ce n’était pas suffisant pour produire le contre-pied. La deuxième phase était encore plus intéressante. L’entraîneur, originaire de Reconvilliers, continuait en parlant de Jeandupeux et de Romi (de Petro) : « Regarde bien, quand ils veulent faire la passe ou dribbler, pour créer le contre-pied, ils observent rapidement quel pied l’adversaire va poser sur le gazon et à ce moment-là, ils passent la balle (évidemment avec l’extérieur du pied), juste à côté de ce pied d’appui. L’adversaire, s’il veut intercepter la passe ou le dribble, essaiera de bouger son pied d’appui et il tombera. Afin d’éviter la chute, il attendra et fera un pas de plus pour contrer le porteur du ballon avec ce pied qui ne sera plus celui d’appui ; ce sera trop tard,  le porteur du ballon se sera envolé !»

En conclusion, deux choses à retenir : porter le ballon de l’extérieur du pied et passer le ballon à côté du pied d’appui de l’adversaire. Jeandupeux et Romi savaient faire les deux choses, Oeuvray  seulement la première. Conduire la balle avec l’extérieur, on peut l’apprendre, détecter la fraction de seconde à laquelle on fait la passe ou on dribble ne s’apprend pas, il faut l’avoir dans le sang, et à ce jeu-là, Jeandupeux et Romi se distinguaient. J’ai essayé de le faire et j’ai seulement appris à conduire la balle de l’extérieur du pied, mais pas à détecter à quel moment faire la passe ou dribbler pour réussir le contre-pied !

Je termine par cette anecdote de Michel Christen à propos de Jacquet,  un junior de Fontainemelon à la même époque : « Il joue bien mais je n’aime pas comme il le fait ». Je lui ai dit de m’expliquer son commentaire et il a ajouté : «  Tu as vu, il conduit la balle avec l’intérieur du pied, il marche comme un canard, à dix heures dix, tout comme moi ! »

***

Commentaire de Zully au sujet de l’utilisation des chaînes articulaires et musculaires. Selon notre caractère et ce qu’on appelle les épreuves de la vie, nous marchons d’une façon ou d’une autre. Ceux qui marchent comme Michel Christen ont un caractère ouvert. Il est évident qu’on ne peut cataloguer les gens d’un seul trait de plume. L’être humain est très complexe, mais, c’est une caractéristique qui décrit très bien Michel.

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