Le classeur de mes élèves en danse classique

Au cours, nous avons fait des exercices, parlé de divers sujets et de danseurs qui ont été importants soit dans l’histoire de la danse soit dans ma vie. Nous avions un classeur divisé en sujets. Voici quelques danseurs.

Les danseurs du classeur de mes élèves. L’idée m’en est venue un jour et j’ai commencé par les deux premières danseuses que j’ai vues sur scène. Il est clair que la vie de chaque danseur mérite un livre. Dans le classeur il y a la photo et un texte racontant des faits de la vie de l’artiste. Ici, je vais rapporter des anecdotes. Pour Danilova et Toumanova, j’ai encore en mémoire leur personnage sur scène en tête. Les autres personnages du monde de la danse, importants pour moi, figurent dans d’autres articles.

Chez elles. Je suis allée , en compagnie de feu mon ami, André Oppel, leur rendre visite alors qu’elles étaient près de quitter ce monde. Cela a été une rencontre très forte. Je leur ai fait revivre une partie de leur vie d’artiste. Pour Danilova, nous sommes allés deux fois chez elle à New York. Nous nous sommes liés d’amitié. Je l’avais cherchée pendant des années et je croyais que je n’allais jamais la revoir jusqu’à ce que je voie une de ses photographies à l’école de Chorégraphie de Saint-Petersbourg avec un autographe récent ! Quand elle ma vue, elle m’a dit que j’étais le portrait de la femme de Fokine ! J’ai eu l’impression de faire partie de la famille ; et lorsqu’elle a raconté les ballets dans lesquels elle avait dansé et dont les décors avaient été conçus par Picasso, André avait dit qu’il avait eu l’impression que Picasso était derrière la porte ! Elle avait aimé les boucles d’oreilles que je portais et dès mon retour à la maison, je me suis procuré une deuxième paire et la lui ai envoyée. Lorsque je lui ai dit que je préparais la variation de la Fée de la grâce avec une élève, elle m’a montré comment surmonter une difficulté technique. Elle se trouvait dans le couloir, a laissé son bâton de côté et s’est mise en 4e position ! Quant à Tamara, le voyage à Hollywood a été aussi inoubliable. Elle nous a remerciés de la visite, a sorti des photos et a raconté que la période était compliquée pour elle parce qu’il y avait eu un tremblement de terre et que ses archives s’étaient éparpillées. J’aurais bien voulu l’aider…

Deux autres danseuses. Marie Taglioni est l’une des premières danseuses à avoir eu une renommée internationale. C’est parce qu’elle avait des bras très longs que son père, Philippe Taglioni, chorégraphe, lui a réglé La Sylphide avec les bras dans la position que l’on connaît. Elle est même devenue la règle, même pour les danseuses qui sont petites. Elle incarne la danseuse romantique. Moira Shaerer a dansé dans le film Les Chaussons rouges. Je ne pourrai l’oublier.

Moscou. Galina Oulanova, bien que formée à Saint-Pétersbourg, a fait carrière à Moscou et a incarné la première génération de danseuses étoiles du temps du communisme. Maximova est la génération qui lui suit.

Anna Pavlova. Celui qui s’y connaît un peu en danse connaît son nom. Elle est la première danseuse à avoir fait le tour du monde pour faire connaître le ballet classique. Elle est la danseuse classique par excellence. Michel Fokine, le chorégraphe russe, a créé pour elle La Mort du cygne. On ne peut rien ajouter d’autre !

Alla et Irina. J’ai eu la chance d’aller rendre visite à Alla Chelest chez elle à Saint-Pétersbourg. Elle figure ici dans le portrait que lui a fait Viktor M. Oriechnikov. Là non plus, il n’y a rien d’autre à ajouter. Irina, je l’ai rencontrée à Vienne lorsque j’ai rendu visite à l’un de mes anciens maîtres de ballet, Oprea Petrescu qui enseignait à ce moment-là à l’Opéra de Vienne et qui logeait chez Irina et son mari Karl Musil. Irina, on le voit ici était très belle et son âme l’était aussi. Je l’ai revue lorsque je suis retournée à Vienne avec André qui était un peu fatigué d’avoir marché. Elle lui a alors offert de s’allonger sur le lit sur lequel Roudolf Nureiev avait dormi ! André a été aux anges !

Kreutzberg. Il a été le danseur expressionniste par excellence et a donné naissance au style de Martha Graham. J’ai eu la chance d’avoir un cours avec lui et me rappellerai toujours que dans une diagonale, il fallait interpréter un certain personnage, chose que je n’avais jamais faite. Sa photo est tellement belle qu’elle mérite une place à part.

Deux danseurs. Je vais à Berne avec André et entre dans une librairie de livres anciens. Je demande s’il y a quelque chose sur la danse et le vendeur parle de danse avec moi. Il me dit qu’il a dansé au théâtre de Berne et me dédicace sa photo. Pietro Antonio y est magnifique ! Karl Musil était donc le mari d’Irina et danseur étoile à Vienne. Il était venu une fois à Interlaken avec la troupe, je lui avais rendu visite et il m’a offert la chambre de l’un des musiciens de l’orchestre pour la nuit !

Alexandra. Je l’ai connue lorsque je faisais un stage de pédagogie à l’école Vaganova. J’avais eu la permission de faire mes maquillages fantaisie à des élèves de l’école et Alexandra était venue. Je lui avais parlé de sa tenue si belle lorsqu’elle avait le dos droit. Elle m’avait répondu qu’elle était trop grande pour entrer au Mariinsky. Je lui avais dit qu’on ne pouvait jamais savoir. J’ai eu raison, elle a été engagée, est même venue danser avec la troupe à Neuchâtel au théâtre du Passage et fait une magnifique carrière de soliste. Elle est l’une des rares danseuses des années 1990 à encore y danser. Félicitations !

Quand on veut, on peut ! Ces deux danseurs ont rencontré des difficultés au départ de leur carrière, mais chacun est devenu une étoile et c’est ce qu’il faut retenir. Les difficultés sont souvent un moyen pour s’enrichir.

Cette photo exerce une facination sur moi. On n’a pas toujours besoin de faire de la danse classique pour avoir de l’esthétique.

Les années 1990. J’étais retournée à Bucarest à cette période et Magdalena était en pleine ascension. Elle a été une danseuse soliste arrivée à maturité grâce à un grand travail. Quant à Natalia, je l’ai rencontrée un peu plus tard, lors d’un second séjour à Saint-Pétersbourg, en regardant les cours de danse des danseurs du Mariinksy. Elle est aussi venue danser avec Alexandra à Neuchâtel. Elle continue sa carrière à Dresde.

Danseuse étoile. Je ne peux pas ne pas finir avec Ileana Iliescu, la danseuse de l’époque où j’étais à Bucarest, la danseuse dont l’attitude dans la vie et sur scène est visible sur cette photo.

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