Xamax dans le monde de Zully et Zully dans le monde de Xamax

Enfant, je faisais de la danse et David, mon frère, du foot. Deux mondes et pourtant. puisque la terre est ronde, ces chemins si différents se sont rencontrés !

L’entraîneur Michel Christen chez les juniors de Xamax et maestre Oprea Petrescu à l’Opéra de Bucarest, Roumanie. La vie est vraiment curieuse. Il a fallu des années et des années pour que je sache que l’entraîneur de mon frère et mon maître de ballet avaient la même façon d’observer leurs « sujets » et non seulement cela, mon maître venait vers moi et me disait : « Tu vois cette danseuse ? Elle a des ligaments longs, elle devrait sauter très haut mais elle est flemmarde ; tu vois ce danseur ? Il fait les exercices comme s’il était à l’école, tout est très bien fait, même quand il danse sur scène, il exécute les pas correctement ». Il disait aussi que chaque danseur a son style, son genre (en roumain on dit mănușă lui) et ne devrait y déroger : un danseur qui est le prince Siegfried dans Le lac des cygnes ne doit pas danser Basile dans Don Quichotte. Dans le foot, celui qui est avant-centre n’est pas gardien, celui qui est arrière-central n’est pas un attaquant, ne doit pas jouer au milieu (défensif). Christen disait à David : *Tu vois ce joueur ? Tu vois sur quel pied il a mis son poids ? Il va se jouer de son adversaire. » Voilà donc comment deux mondes aussi différents se sont rejoints.

Xamax lors de mes examens de maître de ballet et de chorégraphe. Si on faisait un film de réclame pour Xamax, que l’action se situe en Roumanie, pas à Fribourg ni au Tessin ni même à Paris, en Roumanie, qu’une candidate à des examens se trouve face à un expert amateur de Xamax, on dirait que c’est exagéré. Et pourtant … à ma grande stupéfaction, lorsque j’ai passé les miens, l’un des experts m’a dit :  » Votre mère habite à Neuchâtel ? – Xamax ! « . Ce moment est, comme une photo temporelle, fixé dans ma mémoire.

Gilbert Facchinetti. J’ai écrit un article sur lui et ne désirant pas répéter ce qui y figure, je dirais que je pense souvent à lui du fait que des travailleurs sur la pierre de son entreprise ont fait des réparations dans mon studio de danse, près du Château. C’étaient des professionnels, je veux dire que lorsqu’ils sont entrés dans mon studio, ils ont tout regardé et dit qu’il y avait eu un incendie. J’ai demandé comment ils le savaient. Mon local est creusé dans du rocher et certains endroits étaient rosés. C’est ce qui leur a indiqué un fait produit avant mon arrivée dans ce lieu. Grâce à eux j’ai appris à mieux observer les rochers. Bref, ces deux employés de Facchinetti ont examiné l’endroit et convenu de faire le nécessaire. Le résultat a été remarquable. On le sait très bien, il y a travailleur et travailleur : celui qui fait ce qu’il doit et celui qui se demande comment faire pour que le résultat soit excellent. Ces deux employés ont exécuté un magnifique travail. La chose aurait pu s’arrêter là, mais il y a eu un plus, c’est qu’au moment où j’ai dit que je connaissais monsieur Facchinetti, j’ai senti que des portes s’ouvraient et que je faisais partie de la famille. Ce sont des moments intenses.

Éditions Alphil. On avait jusqu’ici la danse et monsieur Facchinetti avec le foot. Les éditions Alphil, basées à Neuchâtel, à la rue du Tertre, que nous partageons (ses bureaux ont vue sur cette rue et mon balcon aussi), publient des ouvrages relatifs à des études universitaires et à l’histoire neuchâteloise. Ce qui nous a réunis, Alain Cortat, l’éditeur, et moi, c’est la passion pour l’horlogerie. J’avais acheté un livre dans ce domaine édité par lui et étais allée lui demander un autographe. Il m’a dit qu’il n’en était pas l’auteur… j’ai répondu que c’était l’éditeur qui publiait ou non, qu’il avait droit de vie sur le livre et qu’à ce titre, il pouvait me donner son autographe. C’est comme cela que la relation s’est établie. En lui rendant visite lors de la dernière exposition à l’Hôtel-de-Ville, j’ai vu une revue et un livre sur Xamax. Finalement, j’ai acheté les deux publications pour mon frère, ancien joueur chez les juniors de l’équipe.

Nicolas Bandelier. C’est l’auteur du livre auquel Laurent Weber a apporté une aide relative aux archives. Je suis allée demander un autographe à Nicolas pour mon frère et finalement une relation whatsappienne s’est établie entre lui et moi. Elle a été très dense et j’ai trouvé en lui un être sensible, très drôle et aimant l’histoire – normal pour un professeur d’histoire, direz-vous, car il l’est, mais , ainsi que je l’ai dit, dans tous les métiers, il y a des gens qui font juste ce qu’il faut et d’autres qui aiment ce qu’ils font, l’ont dans le sang, en sont passionnés. C’est son cas. Nicolas est aussi plein de ressources verbales. Or, s’il y a une chose que j’aime c’est la langue et là j’ai eu plein de desserts ! De plus, pour moi l’histoire devrait être une branche principale. Sans histoire on n’est rien, ni individuellement ni socialement. Ces mots sont récurrents dans mes discours.

Pierre Dubois. Pierre a joué un grand rôle dans la politique et chez Xamax. On ne peut écrire l’histoire de Xamax sans parler de lui. Dans les liens ci-dessous, il y a possibilité de trouver les deux articles que j’ai écrits sur lui. Nous nous sommes vus ces dernières années régulièrement. Je lui ai parlé trois jours avant son départ… Alors, Pierre dans ce livre fait que la communication avec Nicolas et Laurent soit chargée d’émotion. Je me trouve à nouveau en famille.

David mon frère. Il a une mémoire hors du commun et peut raconter le match de je ne sais quelle année, dire où se tenait telle personne, à quelle heure et comment il était habillé ! Quand je lui ai parlé de la revue et du livre, il a téléphoné à Nicolas, lui a raconté mille et une choses ; c’était le soir du réveillon (!) et il s’est mis à écrire. Il m’a envoyé un article et puis douze pages encore sur Michel Christen, sa façon d’entraîner, de comprendre les gens et le foot. C’est dire si maintenant j’en connais un rayon sur ce sport.

Pierre Buffiere de Lair, de son nom de plume Chambaron. Il est le compagnon de toutes mes révisions de textes. Je le consulte cette fois-ci et à un moment donné de la révision des pages envoyées par David, je lui dis que j’ai la tête qui tourne et me demande si un bain dans le lac ne me la remettrait pas à l’endroit (pour moi, aller dans le lac, peu importe la saison, est un plaisir et quand il y a plaisir, rien d’autre ne compte). Voici nos messages :

Il n’y a que Pierre pour avoir de pareilles sorties !

Laurent Weber. Comme il a participé au livre sur Xamax, je voulais aussi son autographe. Nicolas a organisé sa visite chez moi le jour où eux deux étaient interrogés par une équipe qui met en ligne des podcasts. Cela s’est très bien passé parce que lorsqu’on est en famille… Laurent est le responsable des archives de Xamax. J’ai eu différentes métiers dans ma vie et bien souvent j’ai été soit responsable d’archives soit eu affaire à eux. C’est la base de l’histoire. Cela faisait très longtemps qu’il avait envie d’écrire le parcours de Xamax et finalement c’est Nicolas qui l’a fait avec l’aide des fameuses archives dont il est le gardien. Son métier est l’informatique, et même s’il n’a pas joué au foot, ce sont ses copains d’école qui l’ont poussé à assister aux matchs et à devenir un passionné de l’équipe de Neuchâtel. Il m’a raconté qu’à l’école sept enfants sur les dix de sa classe étaient des juniots de Xamax. Maintenant, on arrive à un point commun avec Michel Christen : leurs pères détestaient le foot. Tant Michel (raconté dans un chapitre à part) que Laurent ont dû négocier afin de suivre leur passion.

Rôle de certains pères : si on peut regretter leur autorité qui empêche un désir de s’accomplir, on peut les remercier. Le pourquoi n’est pas aisé à expliquer. Il n’y a qu’à voir dans notre vie, on a envie de faire une chose et apparaît un obstacle, un retard se faufile, une réponse tarde et finalement on s’en sort très bien. Je me dis que ces deux enfants qu’ils étaient à l’époque ont su faire preuve de caractère et quand leur père a cédé ou compris, plutôt compris, c’est parce que c’était le bon moment.

Nicolas Bandelier. Encore lui. C’est parce que j’ai un spectacle de lecture-théâtre dans lequel, je traite du… mot (voir lien ci-dessous) ; en complément du texte, j’ai des fiches avec le vocabulaire qui vient de divers domaines et qui a envahi ou pourrait enrichir la vie de tous les jours. C’est ainsi que si quelqu’un ne répond pas à une question ou joue avec les mots, soit il fait une feinte, soit il dribble. Cela me comble ! J’ai demandé à Nicolas de me donner un coup de main afin de compléter la liste que j’ai. On verra quand il aura du temps.

Michel Christen. Encore lui aussi. Grâce à Laurent Weber, j’ai pu parler avec lui au téléphone. Cela a été une rencontre qui m’a fait me sentir comme… vous l’avez deviné, comme si on était de la famille et qu’on ne s’était plus vus-entendus depuis des lustres. Il m’a raconté pourquoi il n’a jamais ni fumé ni bu de l’alcool. C’est absolument incroyable, dans le milieu du foot, d’avoir quelqu’un ainsi. Je raconte l’anecdote séparément de même que celles qu’il va me confier lorsque je lui aurai rendu visite.

Xamax. Il vient en dernier même si c’est lui qui est à la base de cette histoire. L’équipe a fait vibrer le coeur de Neuchâtel, de la Suisse ! À l’étranger, la Suisse était connue par sa paix du travail, ses banques, ses gardes du Vatican et Xamax et parfois même d’abord par Xamax. C’est une aventure extraordinaire et c’est ce qui a convaincu Alain Cortat d’écouter Nicolas. C’est aussi ce qui me fascine.

Xamax dans mon studio de danse. Parmi mes décorations, il y a un sac avec le logo de Xamax. C’est Gilbert Facchinetti qui me l’a donné. Ses empreintes doivent être quelque part dessus ou alors, sous les miennes. Pour rien au monde, je ne donnerais ce souvenir. Ce qui est rigolo c’est que ce n’est qu’aujourd’hui que je comprends une remarque de Nicolas faite le jour où il m’a rendu visite. Il avait dit qu’il connaissait ce logo, en montrant le sac (normal, c’est celui de Xamax, me suis-je dit), mentionné l’équipe du Real Madrid et dit que quand même Xamax avait battu cette équipe considérée comme la meilleure au monde ! Je me suis demandé pourquoi il disait cela et un point d’interrogation s’est glissé dans mon esprit, mais je n’avais rien répliqué parce que le sachant c’était lui. C’est maintenant, en analysant le logo de Xamax que je vois en bas, à droite, celui de l’équipe espagnole et la date : 19 mars 1986. C’est la date de la victoire de l’équipe neuchâteloise par 2 – 0 au stade de la Maladière ! Je n’ai pas n’importe quoi dans mon studio ! Je le dis assez souvent : on n’est rien sans les autres et Nicolas m’apprend des choses sur mes « avoirs ». C’est magnifique !

Une idée : représenter dans un tableau les personnages qui font partie de cette histoire. Lequel est celui qui devrait figurer en premier ? Celui que presque tous les protagonistes ont connu est Gilbert Facchinetti, celui qui a condensé en un livre l’histoire de Xamax qui a fait battre le coeur de Neuchâtel est Nicolas Bandelier, mais les uns n’existeraient pas ou pas de la même façon sans les autres et surtout pas sans Xamax.

C’est un arbre : le tronc est Xamax et les personnages sont les branches.
Exemplaire vendu par Alain directement ! Ce livre a donc encore plus de valeur pour moi.

Le livre. Les façons d’évaluer une même chose varient en fonction des personnes. Dans mon cas, le livre est précieux parce qu’y figurent des personnes qui font partie de ma vie qu’ils soient de ce monde ou non. Vous les avez dans l’arbre. Un autre fait qui compte est celui de l’histoire de Neuchâtel. J’habite à Neuchâtel, je suis partie prenante de Neuchâtel, mon identité se trouve liée à celle de Neuchâtel. Alors, lorsque Nicolas trace l’histoire du club au travers de 130 événements, en fait un arbre généalogique commenté, je suis ravie. De plus, de plus lorsque j’ai ouvert le livre, au hasard, je suis tombée sur Cantonal, le Cantonal où Freddy Landry, l’homme de cinéma et celui qui a illuminé ma vie, a joué. Il fallait vraiment que j’achète un livre pour moi ! Oui, parce que Cantonal, même s’il était une équipe plus ancienne que Xamax, fait partie de l’arbre généalogique du fait de leur fusion, sorte de mariage. En tout, j’ai compté sept mariages et ceux qui sont au début de l’histoire sont FC Neuchâtel et FC Châtelaine qui datent de… 1895 ! Mon Cantonal est né en 1906 et le club qui allait devenir légendaire, Xamax, en 1912. Parcourant ces dates, je retrouve la notion temporelle qui me fascine.

Alain Cortat. À nouveau lui aussi parce qu’il m’a dit qu’il avait trouvé très intéressant de savoir qu’i y avait eu une équipe de foot dans presque chaque quartier dans les années 1910, époque qu’il n’avait pas vécue mais qu’il était content de savoir qu’il y avait eu un précédent sportif au phénomène des clubs de tennis créés ou soutenus par la Migros dans les années 1960. C’est une sorte de écho de l’histoire. Alain, Nicolas et moi sommes passionnés par l’histoire et la promouvoir est un plaisir sans fin.

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Xamax – Pierre Dubois – par David Salas

.Dirigeant pendant de nombreuses années, professeur au Gymnase et à l’École de Commerce, Pierre visitait fréquemment le restaurant City (près du parking de la poste), lieu de rassemblement de la fin des années 60 des joueurs et dirigeants du club. Je me rappelle aussi qu’il est venu avec nous, les juniors inter-régionaux, en avril 1968 à Barcelone.

Anecdote 1. Quelques années auparavant il avait effectué le même voyage avec la cuvée des Manzoni, Mantoan, Favre et autres joueurs. Un match s’est programmé contre une équipe de la ville. L’entraîneur des juniors, Michel Christen, a voulu que Pierre joue quelques minutes. Pierre n’a pas entré au début du match mais un show s’est réalisé avec la complicité des dirigeants espagnols. (Je = Zully vous renvoie à la description que j’en fais dans l’article que j’ai consacré à Pierre – paragraphe 9 environ, vous ne pourrez le rater, il y figure en tenue de footballeur !) ;

Anecdote 2. Lors de notre voyage, nous avons eu l’occasion d’assister à un  Clásico  (derby) entre le Barcelone F.C. et le Real Madrid, son grand rival. Le match devait se jouer quelques jours avant notre arrivée, mais fut reporté à cause du décès de Benitez, un joueur barcelonais. En allant au stade, nous avons pris le métro. Pierre avait l’habitude de marcher la tête assez penchée en avant comme monsieur Hulot, personnage du film de Truffaut ( Les vacances de monsieur Hulot). En essayant d’aborder le wagon, Pierre marcha lentement (trop), ce qui eut pour résultat que les portes coulissantes se refermèrent et la tête de Pierre avec sa pipe, à l’intérieur du wagon, resta attrapée, le reste du corps demeurant…à l’extérieur ! On a crié afin que le métro ne démarre pas. On a eu peur, mais on a terminé par un gros rire général ;

Anecdote 3. On a eu la chance aussi de voyager à Palma de Majorque en avion. Pierre s’est assis à côté de son copain Freddy Moulin. En atterrissant sur la piste, un grand bruit s’est produit, et soudain Pierre cria : « Freddy, ne traîne pas les pieds » Pierre et Freddy se taquinaient souvent. Je crois que Pierre devait gagner la partie comme dans un match de basket : 68-54 ;

Anecdote 4. Un soir d’été on a mangé vers le Mail. En sortant du restaurant Pierre m’a dit : « Tu sais David, le monde est plein de contradictions : ce qui est bon marché est rare, ce qui est rare est cher, donc ce qui est bon marché est rare ! »

Anecdote 5. Le dernier souvenir avec Pierre date du début mars de 1970. Je venais de rentrer d’un camp de ski aux Collombs. Une semaine complète où l’on avait fait du ski toute la journée et où l’on avait consommé pas mal de bières. En arrivant ce samedi en fin d’après-midi j’avais appris que l’on m’avait convoqué pour jouer avec les réserves contre Thoune ce qui n’était pas prévu. Ce même samedi, je m’étais mis d’accord avec Madeleine, une amie de l’école de commerce, pour aller au château de Boudry au bal des étudiants de Neocomia. C’était déjà incompatible si je tenais compte de la fatigue accumulée pendant toute la semaine. J’ai décidé d’aller de toute façon et suis resté jusque vers 1 h du matin. Peu avant de quitter le lieu, j’ai rencontré Pierre Dubois que je n’avais pas aperçu depuis mon arrivée. Comme il était dirigeant de Xamax, je me suis vu dans l’obligation de lui dire que j’avais été convoqué le lendemain à la toute dernière heure alors que j’avais déjà un compromis au bal. Je ne sais si Paul Garbani l’a su, mais j’ai quand même pu jouer après la mi-temps !

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Réflexions sur la conduite du ballon de l’extérieur du pied dans le football (David Salas – Michel Christen)

Anecdote 1 de David sur Michel Christen, son entraîneur.

Lorsqu’un footballeur porte le ballon en courant, il peut le faire en le touchant de l’intérieur ou de l’extérieur du pied. Un jour, au début de la saison 1967-1968, alors que je faisais partie de l’équipe des juniors inter-régionaux de Xamax, Michel Christen, qui en était l’entraîneur, m’a fait découvrir l’avantage de conduire la balle avec l’extérieur.

Il citait l’exemple de trois footballeurs qui étaient encore juniors : Daniel Jeandupeux, déjà joueur de l’équipe première de la Chaux-de-Fonds, Eric (?) Oeuvray et Romano de Pietro, deux de mes coéquipiers dans les juniors.

Les trois, en effet,  excellaient dans cette façon de conduire le « cuir ». Il me disait :« Quand tu portes la balle avec l’intérieur du pied et que tu vas faire une passe à un coéquipier, tu changes le mouvement de la jambe avec laquelle tu vas faire la passe, tu dois porter ton pied plus en arrière que quand tu conduis le ballon. Donc tu « téléphones » à l’adversaire ton intention de passer le ballon. Par contre, quand tu utilises l’extérieur, le geste de la conduite et de la passe est le même, donc l’adversaire ne sait pas quelle sera l’action qui va se produire à continuation ».

Il s’agissait là de la première chose à observer, mais ce n’était pas suffisant pour produire le contre-pied. La deuxième phase était encore plus intéressante. L’entraîneur, originaire de Reconvilliers, continuait en parlant de Jeandupeux et de Romi (de Petro) : « Regarde bien, quand ils veulent faire la passe ou dribbler, pour créer le contre-pied, ils observent rapidement quel pied l’adversaire va poser sur le gazon et à ce moment-là, ils passent la balle (évidemment avec l’extérieur du pied), juste à côté de ce pied d’appui. L’adversaire, s’il veut intercepter la passe ou le dribble, essaiera de bouger son pied d’appui et il tombera. Afin d’éviter la chute, il attendra et fera un pas de plus pour contrer le porteur du ballon avec ce pied qui ne sera plus celui d’appui ; ce sera trop tard,  le porteur du ballon se sera envolé !»

En conclusion, deux choses à retenir : porter le ballon de l’extérieur du pied et passer le ballon à côté du pied d’appui de l’adversaire. Jeandupeux et Romi savaient faire les deux choses, Oeuvray  seulement la première. Conduire la balle avec l’extérieur, on peut l’apprendre, détecter la fraction de seconde à laquelle on fait la passe ou on dribble ne s’apprend pas, il faut l’avoir dans le sang, et à ce jeu-là, Jeandupeux et Romi se distinguaient. J’ai essayé de le faire et j’ai seulement appris à conduire la balle de l’extérieur du pied, mais pas à détecter à quel moment faire la passe ou dribbler pour réussir le contre-pied !

Je termine par cette anecdote de Michel Christen à propos de Jacquet,  un junior de Fontainemelon à la même époque : « Il joue bien mais je n’aime pas comme il le fait ». Je lui ai dit de m’expliquer son commentaire et il a ajouté : «  Tu as vu, il conduit la balle avec l’intérieur du pied, il marche comme un canard, à dix heures dix, tout comme moi ! »

***

Commentaire de Zully au sujet de l’utilisation des chaînes articulaires et musculaires. Selon notre caractère et ce qu’on appelle les épreuves de la vie, nous marchons d’une façon ou d’une autre. Ceux qui marchent comme Michel Christen ont un caractère ouvert. Il est évident qu’on ne peut cataloguer les gens d’un seul trait de plume. L’être humain est très complexe, mais, c’est une caractéristique qui décrit très bien Michel.

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Xamax – Michel Christen.1

Michel Christen a été l’entraîneur de David Salas (joueur de l’équipe des juniors), mon frère, et il l’a beaucoup marqué. Cela a permis que Michel et moi soyons sur la même longueur d’onde au téléphone (les ondes hertziennes et celles de l’amitié se sont rejointes) et que me dise que j’allais publier sur la Toile ses anecdotes et les articles que David a écrits sur lui.

Dans l’article intitulé Xamax dans le monde de Zully ou Zully dans le monde de Xamax (à venir), je raconte comment on s’est rencontrés. Voici sa première anecdote.

Michel n’a jamais fumé une cigarette ni bu de l’alcool

Avant d’entrer dans l’équipe de Reconvilliers, son village natal. Michel aimait le foot, il l’aimait tellement qu’il rêvait d’en jouer. Il était enfant. Mais voilà, son père ne l’entendait pas de la même oreille.

Négociations de Michel. Il a promis à son père, que s’il signait la feuille qui lui permettrait de jouer dans l’équipe, il sortirait la poubelle, rangerait la table, qu’il ferait la vaisselle. Bref, il a promis ciel et terre, mais rien à faire ; son père trouvait idiot de courir après un ballon ! Un jour, de guerre lasse, le père signe. Michel, heureux lui dit : « Papa, sache que jamais je ne fumerai ni ne boirait de l’alcool ». Le papa lui a dit que c’étaient des paroles en l’air parce qu’on ne peut prévoir ce qu’on va faire.

19 janvier 2026 et contrat avec la vie. Michel me dit qu’il a 88 ans et qu’il n’a jamais mis ni une cigarette dans sa bouche ni bu un verre d’alcool. Il m’a raconté que la négociation avait été plus un contrat avec lui- même ou entre le destin et lui plutôt qu’une promesse faite à son père. C’est profond.

Je trouve admirable que dans un milieu comme celui du foot, plutôt accompagné de soirées bien arrosées, personne ne l’ait embêté. Il m’a dit que tout le monde savait et qu’arrivés au restaurant on commandait X bières ou du vin et une eau minérale. C’est tout juste s’il boit un verre de cidre et encore, a-t-il ajouté… Je remercie tous ces joueurs, même si je n’ai rien à voir dans cette histoire, de leur attitude réellement noble.

Une suite de deux façons : (à venir)

  • autres anecdotes que Michel me racontera lorsqu’on se rencontrera ;
  • articles écrits par David.

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Madame Marylène Schneitter est partie au ciel

Voilà le texte qui accompagnait l’avis de décès de Marylène Schneitter, née Hirschi, survenu le vendredi 23 février 2026

L’annonce est parue dans ArcInfo. Comme dans tous les cas, les membres de la famille sont cités pour dire leur chagrin. La personne en tête de liste est feu son mari. Je n’avais jamais vu la façon dont la famille de madame Schneitter a choisi de le mentionner :

Le signe avant le prénom indique qu’il est au ciel.

C’est si joli ! Il n’est plus là, mais il est là. En effet, il est parti en novembre 2020 et n’avait pas voulu l’annoncer. Lui et sa femme, deux figures de mon Neuchâtel d’autrefois qui ont quitté cette dimension. Cela me fait un vide, même si la relation avec leur fille Laurence et le beau-fils Michel sont excellentes.

Le départ de madame Schneitter. Je passe à la droguerie dire un mot à Laurence au sujet du départ de sa mère et elle me raconte qu’elle est partie tranquillement. Elle a précisé que lorsqu’elle l’avait vue au début du mois de janvier, après une grippe, son visage lui a dit qu’elle allait partir. Quand on a une pareille sensation, il est évident qu’on voudrait éviter ce moment mais il donne aussi du temps pour se préparer. Laurence me dit ne pas avoir de prémonitions ni de signes de l’autre monde, néanmoins, il s’est passé une chose qu’on peut attribuer au hasard bien que certains disent qu’il n’existe pas. Une certitude pour moi, c’était un signe pour Laurence qui sait entendre, c’est physique, il n’y a pas de mystère !

Le signe . Une dame d’origine roumaine va à la droguerie et raconte à Laurence que lorsqu’elle était dans son pays, un jour une fillette de quatre ans est venue dire qu’il fallait dire quelque chose à Mihai après l’incendie de son village qui avait eu lieu à telle date. La dame raconte que personne ne comprenait ce que la fillette racontait, mais cette dernière insistait. Les parents ont fait des recherches et effectivement dans le village en question il y avait eu un incendie et donc ils décident d’aller avec la fillette sur place et cherchent le fameux Mihai. La fillette, qui ne savait pas quelle tête avait ledit Mihai, est allée directement vers lui et lui a dit : « Je n’ai pas eu le temps de te dire au revoir, mais tout va bien ! » Une fois que la fillette a délivré le message, elle n’en a plus parlé et quand on essayait de lui rappeler l’affaire, elle ne savait pas de quoi il s’agissait. Laurence s’est dit que cette histoire était pour elle.

Résultat du signe. C’est ainsi qu’elle a eu l’idée d’enregister un message d’adieu de la part de ses deux enfants pour leur grand-maman. Madame Schneitter était dans le coma, mais au moment où elle a entendu la voix du premier fils de Laurence, son corps a tressailli. Cela a été un moment fort. Elle s’en est allée une heure après. On peut dire ce qu’on veut, il y a des ressentis et bien des personnes présentes se sont dit que madame Schneitter avait besoin d’entendre l’au revoir de ses petits enfants.

Un parfum. C’est à ce moment que la jeune droguiste Jennifer nous dit que lorsque sa grand-mère est partie au ciel, sa famille est allée habiter la maison. Ils l’ont bien nettoyée, aérée et fait tout le nécessaire pour leur installation. Mais, chose curieuse, de temps en temps, l’odeur du parfum de la grand-mère se répand dans la maison. C’est une façon de leur dire qu’elle est toujours là. Précisons que personne d’autre que Mémé n’utilisait ce parfum

Les grands-‘parents. Laurence, entendant la façon dont Jennifer appelait ses grands-parents, dit que chez elle c’était Papy et Mamy et que le jour où elle a appris qu’ils avaient de « vrais » prénoms, cela lui avait fait drôle.

Ah… monsieur Schneitter et madame Schneitter avaient aussi un prénom ? C’est un peu la question que je me suis posée en lisant l’avis. Il y a une différence entre Laurence et moi : pour l’enfant qu’elle était, Papy et Mamy incarnaient des personnes, pour moi monsieur Schneitter et madame Schneitter, même si logiquement ils devaient avoir un prénom, leur identité était liée à la droguerie. Je n’ai jamais eu l’idée de leur demander comment ils s’appelaient. Je n’ai connu les prénoms de monsieur Schneitter que lorsque j’ai rédigé l’article sur lui et la droguerie en 2020 ! Celui de sa femme est arrivé maintenant. Le fait de connaître leur prénom me les rend plus proches. Ils avaient tous les deux un caractère taquin. Monsieur Schneitter de façon plus marquée et j’imagine que c’était lui qui menait la barque à la maison…

Leur rencontre. Désirant savoir comment ces deux personnes s’étaient rencontrées, Laurence me dit que c’était à l’école secondaire de Neuchâtel. Cela s’est passé comme dans la chanson Tourbillon : « On s’est connu, on s’est reconnu, on s’est perdu de vue, on s’est reperdu de vue […] Chacun est reparti dans le tourbillon de la vie […] Quand on s’est connu, quand on s’est reconnu pourquoi se perdre de vue, se reperdre de vue ? » C’est cela, ils se sont connus à l’école secondaire, puis il est devenu droguiste et elle dessinateur en bâtiment. Puis ils ont décidé de ne pas se reperdre de vue, se sont mariés, sont « repartis dans le tourbillon de la vie » et elle s’est convertie au métier de droguiste. Voici le lien pour la chanson chantée par Jeanne Moreau. Rappelons que la chanson fut composée par Serge Rezvani et qu’elle a marqué un nouveau départ dans sa vie. Or, madame Schneitter vient aussi d’avoir un nouveau départ.

Les commerçants de Neuchâtel. Autrefois, lorsqu’un événement concernait la ville, les médias allaient demander leur point de vue à Margot, Walder, Schneitter. Aujourd’hui, la vie a changé.

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