Spectacle de Noël 2022

Depuis quelques années, à cette période, je présente une série de spectacles à des amis et connaissances. Cette année est un peu particulière et je me suis trouvée avec moins de spectacles. Les gens sont occupés jusqu’à fin janvier, début février. Cela me fait bizarre et ai l’impression d’être déjà proche du Noël de 2023 alors que celui de 2022 n’est pas encore là !

Le 24 décembre, je me dis que je vais quand même faire mon spectacle, pour ceux qui m’ont aidée dans la vie et qui ont changé de dimension. En y allant, je rencontre un petit garçon qui me parle. Je m’arrête et il me dit « bonjour ». Je lui répods de même et précise ensuite que c’est le soir, qu’on devrait se dire « bonsoir », mais qu’il a raison de dire « bonjour » car dans le coeur c’est toujours « bonjour » ! La maman intervient et j’apprends que c’est une famille polonaise qui habite à Neuchâtel depuis une année. Polonais ? L’un de mes principaux maîtres de ballet était polonais, maître Anton Romanovski, et son anniversaire venait juste de passer, le 21. Pour moi, il me fait signe !

  • Vous dansez ? me demande la maman.
  • Oui.
  • J’ai baucoup joué du piano. Je cherchais un spectacle de danse pour amener mes enfants, mais n’ai rien trouvé.
  • Ah ? Je vous invite demain à un spectacle. J’ai mon studio tout près. Vous voulez le voir ?

Mon studio. La maman, le papa, la fillette de sept ans et le garçon de quatre ans sont tombés sous le charme. Le papa m’a demandé si le local faisait partie d’un château. Il a dit cela à cause du mobilier, des décors et des murs (du rocher). Les enfants sont allés explorer à droite et à gauche. J’ai raconté l’histoire de mon studio et dit que je les attendais le lendemain à 17 h.

Répétition du spectacle. La chose se vérifie à chaque fois : quand je travaille pour moi, quand je fais mes répétition, tout se passe normalement, mais quand je sais qu’il va y avoir un spectacle… le trac… et forcément, j’oublie une partie de la danse, je ne sais plus où j’en suis et le temps file plus vite que je ne le voudrais ! Bref, 17 h sonnent au clocher et voilà mes ainvités qui arrivent. Je me demande si le petit garçon va pouvoir rester tranquille les 45 minutes du spectacle.

Spectacle. J’ai un avantage, c’est que je peux adapter mon discours ; oui, car pendant mes danses ou avant une danse ou aprés, je parle, je fais des commentaires, donne des pistes et je peux m’adapter à tout public. C’était la première fois, depuis que je présente à nouveau mes spectacles toute seule, que j’avais des enfants.

Danse avec un lotus. Ne sachant pas exactement si la fillette savait ce qu’est un lotus, je lui ai dit que j’allais danser avec une fleur et qu’elle pouvait la voir comme elle voulait et que je lui demanderais après comment elle l’avait vue. La danse finie, je lui demande comment elle était : « Une petite fleur rose ». Je lui dis que le rose est la couleur de l’amour et que je suis contente qu’on partage une telle chose. Maman, qui parle français, dit que sa fleur était violette et papa, qui parle anglais, dit qu’elle était « purple » (violette). Que c’est beau, ces deux personnes sont vraiment faites pour vivre ensemble !

Déroulement du spectacle. Mon spectacle est intimiste et donc le public assiste à la préparation des décors et changements de costume. À aucun moment, je n’ai entendu bouger le petit garçon, sinon papa lui expliquer en polonais ce que je disais tantôt en français, tantôt en anglais.

Ce public m’a ravie. En général, après le spectacle, j’offre un verre et l’on passe directement aux réjouissances terrestres… Je ne demande pas ce qu’il a aimé ou pas. Les gens parlent spontanément. Cette fois-ci, je me sens en pays conquis. Je veux dire que le public des pays dits de l’Est a une forme de culture qui est la mienne et on parle au même niveau.

Joli, magique ! Ce sont les mots du petit garçon à la fin de ma dernière danse. La fillette a aussi dit qu’elle avait aimé la magie – effets de lumière lors des danses. Tous les quatre ont aimé la danse avec les voiles qui les a fait penser à des méduses et celle du piano. Le père a dit que le moment culminant avait été celui des voiles qui pouvaient devenir comme des feux. Les deux enfants ont mis l’accent sur la dernière, celle où je danse avec des gants et où l’on dirait qu’ils dansent tout seuls.

Un verre, des salés et des bisquits. J’avais préparé une bouteille de Mauler rosé, tout le monde finira par savoir que j’ai un faible pour cette boisson… Je me demande si le jour de mon départ de ce monde, je ne vais pas demander de mettre une bouteille (pleine !) à ma droite. Avant de lever le verre, j’ai voulu savoir comment s’appelaient les uns et les autres : maman c’est Karolina, la fillette c’est Helena (prononcer le « H » comme en allemand), le garçonnet c’est « Félix » et papa a un nom qu’il faudrait que je redemande, car long et jamais entendu. À mon tour, j’ai donné le mien. C’était le bon moment pour les présentations ! C’est à l’inverse de l’étiquette, mais quand enfin on se dit les noms, on peut tout de suite leur donner un contenu. J’avais une réserve de salés et une belle boîte de biscuits que les enfants ont portée, ensemble, tellement elle était lourde pour eux.

La voici. Je la trouve très belle.
No 1 ce sont des salés et no 2 les biscuits.

Le petit garçon et la danse des biscuits. Une fois la boîte ouverte, elle s’est trouvée à côté des salés. Le garçonnet passe devant les salés, en prend un et le repose pour se diriger vers les biscuits. Je lui dis que s’il a pris quelque chose, il doit le prendre… et que c’est important de bien regarder d’abord pour choisir. Le petit garçon reprend alors le salé, papa se charge de le manger (magnifique papa) et le garçon regarde les biscuits avant d’en choisir un. Lorsqu’il l’a fini, il a compris comment cela fonctionnait chez moi, il a bien regardé et a fait des choix. À un moment donné, l’un des biscuits était collé à celui d’en dessous. Il le secoue pour le séparer et ne prendre que celui du haut ; mais celui resté dans la boîte n’était plus bien placé. Le garçon le prend alors et le remet en place. Maman me regarde prête à intervenir et je dis, oui, c’est vrai, il a touché le biscuit de la boîte, mais c’était parce qu’il n’était pas en ordre ; cela dénote un fonctionnement intéressant de votre fils, l’ordre pour lui est important. Je partage son point de vue et le félicite. Ce que je m’empresse de dire à ce dernier. C’est alors que papa me dit que le gaçon s’intéresse à la mécanique et qu’il joue avec des kits pour des enfants de 8 ans. Il a tout de suite fait fonctionner un ventilateur ! Je lui parle alors de Roger, l’ingénieur en mécanique qui fait actuellement sa propre marque de montre, à qui je dois de nombreuses solutions dans mon studio, et qu’il serait bien digne d’être son fils.

Le garçon n’a pas été perturbé par ces commentaires et est allé inspecter d’autres choses. Il a vu des coussinets sur les chaises héritées de Freddy Landry, en a pris un et est venu me le montrer, j’ai compris qu’il désirait savoir ce qu’il y avait dedans parce que mis sous son nez il n’y avait pas de parfum et je lui ai dit que c’était du riz pour absorber l’humidité. J’ai alors expliqué à Helena que nos sens nous trompaient. Je lui ai montré le mur, la roche, et lui ai dit que nous croyions qu’il était très dur et infranchissable, mais qu’en réalité il y avait plein de trous, plein, plein, tout comme dans notre peau, par exemple et que l’eau de la pluie s’infiltrait dans le studio pour donner de l’humidité. Les petits sacs de riz avaient pour fonction d’absorber cette humidité (en plus d’une bonne couche de fongicide sur le cuir des chaises une seule fois ). J’ai senti les sens de Helena absorber mes mots, tout comme les coussinets absorbent l’humidité.

Les enfants. Cela fait un long moment que je ne travaille plus avec des enfants. Les raisons sont diverses, mais cela s’est fait peu à peu, il ne me reste que les enfants du Passeport Vacances auxquels je donne des cours en été. Je me rends compte que j’aime toujours travailler avec eux et que leur soif de savoir me fascine encore et toujours.

Remerciements. Il est le moment de se séparer. La famille doit encore faire ses bagages pour partir en vacances le lendemain très tôt. Maman me dit que c’était le premier spectacle des enfants, qu’ils en sont heureux et surtout que c’était la première fois que Felix restait si tranquille pendant si longtemps. Je ne pouvais rêver de meilleur compliment !

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