Fête d’automne d’Hauterive 2026

Cette fête a lieu tous les deux ans et je suis sur la liste d’appel !

Je ne peux que répondra avec joie : présente !

Réseau social. Je disais dans l’article précédent que cette fête est l’incarnation d’un réseau social. Tout ce qui a trait à des échanges dans une société est, en principe, un réseau social ; encore faut-il que les échanges comprennent tout le monde. C’est le cas dans cette fête. Les parents, les grands-parents, les enfants. les petits-enfants, les oncles, les tantes, les amis sont réunis ou se rendent service et cela grâce à ceux qui organisent cet événement. Cette fois j’y ai rencontré des parents, d’anciennes élèves et même le frère d’une ancienne élève. Cela m’a fait revivre des périodes passées dans un temps présent. Fascinant.

Voici mon emplacement.

L’Union des Sociétés locales d’Hauterive (USLH). C’est le nom complet de la société qui m’invite à faire des maquillages. Comme j’aime les mots et que j’aime le français, je ne peux que répéter que j’aime ce nom, bien français, sans anglicisme. C’est, une nouvelle fois, Sylvain Villars, membre du comité, qui a repris le contact, qui m’a accueillie à l’arrivée du bus et qui m’a aidée à m’installer. Sa femme a aussi été de la partie en me préparant un arrosoir plein d’eau pour que je puisse avoir de l’eau propre en suffisance.

Maquillages. J’étais en train de m’installer et une fillette et sa maman se sont approchées, un peu, pas trop, puis à nouveau. J’ai dit qu’en cinq minutes, je serais prête ; alors, elles se sont installées. La vraie vie pouvait commencer.

Les photos. Quand je suis en plein travail et que des personnes attendent, je ne pense pas à faire des photos. Je m’aperçois que je n’ai pas de garçon, hormis le monsieur de la fin. Mais, je peux vous raconter qu’il en est un qui m’a marquée. Je finissais le maquillage et tout à coup, je me suis dit que j’allais le compléter en lui mettant de la peinture sur les cheveux.

Moi, une coquine ? Je crois bien que personne ne m’avait jamais traitée de la sorte jusqu’ici. Mais, l’enfant avait un tel sourire, une telle tendresse qui disait qu’il savait bien que c’était bien moi qui l’avait penturé, que j’ai trouvé la chose vraiment jolie. C’est comme si du soleil entrait dans mon âme.Je ne pourrai pas l’oublier. Alors, ce verbe… l’Académie dit qu’on préférera peindre, toutefois, le verbe existe et il date du xiie siècle ! Ce garçon sait choisir ses mots, je ne peinture pas n’importe qui !

Les commentaires ou attitudes des enfants. Je suis toujours fascinée par ce que les cerveaux d’enfants si jeunes peuvent avoir comme idées. Quand ils me disent : « Je veux ceci ou cela ou telle couleur », je réponds : « Je ne sais pas ce que je vais faire et on va voir. Si jamais le maquillage ne te plaît pas, on pourra l’enlever facilement puisque c’est à l’eau et que j’en ai ». Je n’ai pas eu besoin d’en enlever.

J’aime aussi les yeux qui brillent lorsque ces jeunes personnes se regardent dans le miroir. Certaines regardent et une fois qu’elles ont vu, elles partent tout de suite. Le maquillage a été identifié, accepté et tout se passe en quelques secondes. Cette fois, l’une d’entre elles a passé bien deux minutes à regarder le maquillage dans le miroir et je sentais qu’elle se disait : « Je suis ce maquillage, ce maquillage est moi ; les couleurs sont nettes, les traits sont bien faits, tout cela est moi ». Je lui ai alors dit que si elle le regardait dans le miroir, fermait ensuite les yeux, elle pourrait le voir dans sa tête et qu’il serait toujours là. La fillette s’y est reprise à deux fois avant d’avoir l’image en elle. C’est un succès.

Une grand-maman. Elle arrive chez moi et me dit qu’elle doit se plier aux ordres de sa petite-fille, quatre ans, qui s’est fait maquiller par moi. La fillette lui a dit qu’il fallait qu’elle ait aussi un maquillage. Je me suis pliée aux ordres de la fillette. La dame est repassée pour me dire que les gens avaient trouvé que le maquillage était très bien fait. Ouf !

Une jeune maman à gauche : elle aurait voulu que je fasse un maquillage à sa très jeune enfant. Mais, je ne peux faire de maquillage qu’aux personnes qui décident, qui s’expriment, pour ainsi dire. J’ai vu passer cette maman deux ou trois fois devant mon stand. Finalement, elle s’est approchée et m’a demandé si elle pouvait se faire maquiller. Je lui ai dit que le maquillage était pour les enfants, mais comme je n’avais personne et que sa fille était trop jeune, je pouvais lui en faire un.

Une dame à droite. Elle passait, m’a regardée et je lui ai proposé de lui faire quelque chose. Elle a d’abord dit non, mais quand je lui ai dit que je pouvais lui faire le maquillage sur le décolleté, elle a accepté et est repartie toute contente. J’ai fait un montage pour mieux voir le maquillage.

Ma plaisanterie préférée. Certaines mamans me demandent avec quoi on peut enlever le maquillage. Il m’arrive de répondre : « Avec du pétrole d’Iran cueilli à 3 h de l’après-midi ». Une fois le message décodé, elles me regardent et je finis par dire que c’est avec de l’eau et du savon. Cette fois, il y a une maman qui tardait à réagir et je lui ai dit : « Celui de 15 h 30, va aussi ». Là, elle a répondu tout de suite qu’elle en avait de 16 h. J’ai répliqué que cela devrait quand même aller ! On a bien rigolé.

Je n’ai pas eu le temps de lui faire le commentaire du maquillage. Il faudra attendre la prochaine fête dans… deux ans…

Un monsieur. J’ai vu ce monsieur faire diverses choses dans le hangar du restaurant et je lui ai proposé de lui faire un maquillage sur le bras. Je ne sais plus ce qu’il a dit, mais finalement, il a été d’accord pour que je le fasse à l’intérieur du bras. J’ai accepté. Lorsque j’étais en train de faire le maquillage, un de ses copains est passé et il a dit que je l’avais piégé. Je me demande si ce n’est pas son bras qui m’a piégée…

Le réseau social de la fête. On dit que lorsqu’on part de l’autre côté du miroir, on voit sa vie défiler. C’est un peu ce qu’il m’est arrivé cette fois à la fête : à ma grande surprise plusieurs mamans d’anciennes élèves de danse se trouvaient à la fête. Elles sont venues me dire bonjour et me raconter ce que leurs enfants étaient devenues, ce que la vie leur avait réservé. L’une d’entre elles enseigne à Hauterive, une autre y habite et ses enfants vont à l’école. Comme l’enfant défilait, il y avait sa tante, qui était venue à un cours de callanetics, la fille de cette tante, soit sa cousine germaine, qui avait aussi été mon élève et le père que je connais aussi. Au retour, à l’arrêt du bus, j’ai rencontré une autre maman qui habite à Hauterive et qui m’a raconté également la vie de la famille. De plus, comme je le dis plus haut, l’un des membres du comité est le frère d’une ancienne élève aussi. Voilà ce qui arrive quand on est dans un réseau social, un vrai. C’est quand même troublant.

Se faciliter la vie ou la notion japonaise de kai zen. Chaque langue a ses charmes et ses façons de dire les choses. Les Japonais, par les idéogrammes kai zen veulent dire amélioration constante. Ils ont compris que la vie est mouvement et qu’il y a façon d’apporter une touche ou de revoir la chose afin de mieux faire. C’est ce qui s’applique à mon cas : j’ai trouvé des solutions pour mieux transporter mes affaires.

Le transport de mes affaires. Je ne sais que dire, le fait est que je dois trouver des combines afin de me faciliter la vie. Je me suis procurée il y a une année un diable. Maintenant que j’écris l’article, je me demande si l’Académie française l’a inclus. Eh oui ! Elle dit : « Par analogie […]  Chariot bas, à deux roues et muni de bras, servant au transport des charges dans les entrepôts, les gares, les aéroports, etc.  » L’Académie a mis etc. mais elle sait bien que c’est pour dire : Zully s’en sert pour transporter son matériel de maquillage !

Remerciements. Je ne cesse, ces temps-ci, de me dire qu’il y a plein de gens qui ont fait des choses qui facilitent ma vie. Alors, M. Diable, a-t-il existé à l’instar de M. Diesel ? Hélas non. Son ancêtre est la charrette et peu à peu il y a eu des modifications. N’empêche, ce diable me rend de diables de services parce que je ne pourrais porter à la main le poids que je lui inflige.

Un sac qui contient le reste de mes affaires. Autrefois, j’avais recours à un sac Ikea ; je me suis résolue à faire un sac avec une poche intérieure. Je l’ai fait la veille de la fête. C’est là que l’inspiration, en gestation depuis des mois, est venue.

Le sac mesure 50 cm X 60 cm et le ruban 97 cm de longueur.

La réalité dépasse l’image, si je puis dire. J’ai trouvé le tissu idéal à Paris. Je l’ai décoré avec des rubans achetés folkloriques à Bucarest et le tour a été joué.

Contenu du sac : je peux mettre deux ou trois tableaux légers avec les photos de mes maquillages ainsi que le plastique vert qu’on voit dans la photo de droite. Il sert à protéger la table de travail de tout accident pictural. Je mets également les écriteaux que je colle par-ci, par-là dans la rue pour indiquer ma présence.

Poche intérieure. J’ai fait une grande poche qui contient le reste : petits écriteaux, factures lorsque je suis invitée, de la réclame pour mes maquillages ou pour divers spectacles que je présente ainsi que mes cartes de visite.

Effets secondaires. Vous voyez, cette fête a toute sorte d’effets secondaires très constructifs. Je ne peux que remercier le ciel d’avoir favorisé la composition du comité avec des personnes si soucieuses des autres. Tout seul, on ne peut pas faire grand-chose !

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