Ces deux mots japonais veulent dire « amélioration » et « travail » ; c’est une notion qui est devenue un mode de gestion dans l’industrie.
En japonais, on voit deux idéogrammes, mais la notion kaizen se présente comme un tout indiquant un processus continu d’améloration et avec des moyens peu onéreux. C’est Roger Peeters, l’ingénieur ingénieux passionné d’horlogerie, qui m’instruit dans ce domaine. En général, je ne me demande pas consciemment comment améliorer telle ou telle chose, simplement, il m’arrive assez souvent de reprendre les choses et de désirer leur rendre plus justice. Parfois cela se passe tout seul et parfois, je cherche une solution. Je veux dire par là qu’on peut toujours traiter mieux les choses, leur donner l’espace qu’il leur faut et – en tout cas dans mon processus – remercier ceux qui ont été les créateurs et intermédiaires de la chose qui est arrivée jusqu’à moi.
Réflexion faite, ce désir d’amélioration, je me dis qu’il vient de l’un de mes métiers, la danse classique. En ces temps de confinement, la réflexion s’invite volontiers et je me rends compte que c’est Maître Oprea Petrescu qui m’a dit un jour qu’on regardait une leçon à l’Opéra de Bucarest : « Tu vois cette danseuse ? Et celle-là ? C’est parce que leur consitution est différente qu’elles font le même mouvement de façon différente. Le mouvement est correct dans les deux cas, mais avec des moyens différents. D’ailleurs, regarde aussi les interprétations des danseurs, chacun a ses qualités qu’il met en avant ». Ces mots sont venus éclairer ce que je voyais sans savoir. Ils sont entrés en moi pour faire partie de ma vie. D’autres notions se sont greffées, mais le départ est là et Roger m’en donne une autre version. Je me dis que je pratique du kai zen mais pas de façon constante ou consciente. SI je regarde les autres articles que j’ai écrits sur le rangement, c’est bien cette notion qu’on y trouve. Cela me fait plaisir de partager quelque chose du monde d’un ingénieur ingénieux.
Mes rideaux de fond. Cette fois-ci, j’installe un nouveau rideau de scène et Roger s’occupe des travaux mécaniques. J’ai un fond noir depuis toujours ; j’ai installé, il y a près de deux ans, une partie d’un fond blanc qui suffisait pour faire des photos et cette fois-ci j’ajoute le reste pour en faire un fond de scène et un autre rouge pour compléter le jeu. C’est ici qu’entre en scène cette notion de kai zen qui s’associe chez moi à faire au mieux avec les moyens du bord.
Le câble d’acier sur lequel je suspendais les rideaux était un peu râpeux et j’en ai trouvé un autre gainé avec du plastique. Les anneaux d’accrochage des rideaux glissent bien mieux. J’ai maintenant trois câbles et trois rideaux de fond.
Les anneaux de suspension : j’en connais un rayon maintenant ! J’avais cinq rideaux supplémentaires à installer et j’ai cousu 23 anneaux à chacun d’eux : 23 X 5 = 115 anneaux. Une fois installés sur le nouveau câble, je me suis aperçue que les anneaux abîmaient la gaîne en plastique… je change les anneaux des trois rideaux noirs et m’aperçois que selon où on se trouve dans la salle, on aperçoit le câble de suspension. Ce n’est pas très joli.
L’aventure aurait pu s’arrêter là, car le public ne vient pas voir comment les rideaux sont suspendus. Mais, je continue à me dire que… Alors, je reprends mon courage à deux mains, tout le monde sait que pour coudre il faut deux mains (!), et découds tous les anneaux, ce qui donne 9 X 23 = 207 et les recouds de façon à couvrir le câble. Cela fait un nombre impressionnant de coutures et de découtures… Mais, avoir un beau résultat n’a pas de prix, sous-entendu « peu importe le temps que cela prend ». C’est un de ces exercices de la vie que la vie aime nous imposer parfois.
À l’origine, il y a une chaîne , je détache les anneaux, les couds, suspends les rideaux et ferme les anneaux.
Alors, combien d’opérations ? Je n’en sais rien. Il a fallu aussi habiller les extrémités des pinces utilisées pour ouvrir et refermer les anneaux avec des bouts de tissu que j’ai cousus sur elles parce qu’autrement, elles abîmaient les anneaux…
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Avoir une plateforme c’est bien, mais pour faire des mises en page c’est compliqué. On est passablement limité. Mais, bon, on a les trois rideaux sur une même image.
Comme je le disais, seul le résultat compte ! Peu importe que les gens qui viennent au studio ne sachent pas le travail que cela a demandé, les choses respirent le bien-être et cela se ressent. C’est le plus important.
Ce n’est pas fini. Le bas des rideaux devrait être aussi plat que le haut. J’ai un système que j’installais au moment où je n’utilisais que le rideau noir pour les spectacles; il prend un certain temps à mettre en place Maintenant que j’ai trois fonds, que je vais les utilser peut-être lors d’un même spectacle, il faudra que je m’invente une façon de faire rapide. Mon esprit travaille. La difficulté vient du fait que le sol n’est pas plat et que lorsque je ramène les rideaux de côté, ils touchent le sol et que quand il pleut dehors… mon local, dont les murs sont de la roche communiquant avec l’extérieur… reçoit aussi de la pluie et les rideaux se mouillent.
Allure du studio lors des cours : on voit combien le rideau rouge donne du relief, de la vie. Le miroir existe, mais ici c’est un montage, car autrement on verrait « la » photographe dont on voit le reflet sur le sol.
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Les musiciens de rue de Neuchâtel m’ont inspirée bien des fois. Il y a un groupe polonais, Le Trio Saxophone, qui vient souvent et qui a une interprétation bien particulière, sans paroles, de New York, New York, composé à l’origine par John Kander, 1977. Le musicien qui a fait l’arrangement qui me comble est Krzysztof Borowski. On sait, bien sûr, que ce morceau musical est emblématique du film de Martin Scorsese.
Voici quelques photos :
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У меня особое отношение к русскому языку. Этот язык вдохновляет меня любовь. Для меня русский язык = любовь. Поэтому я с большим удовольствием переводу свой текст. Не скрываю, что онлайн-перевод очень помогает. Благодарю эту службу.
Понятие резервовв нашем обществе — это понятие скорее часть финансов. Но в восточных странах оно было частью ежедневого. В магазинах не всегда были товары и когда продукты привозили, люди стояли в очереди. Обычно они были длинные. Тогда, люди не выходили из дома без сумки на всякий случай. Сейчас, когда пандемия бывает те, кто жили в этих странах попадают в несколько знакомых пейзаж. Это преимущество сложности, значит очень полезно. Испытания часто оказываются благотворными. Именно этот опыт побудила меня предложить курсы, на которых я даю упражнения, которые мы можем практиковать для нашего здоровья и которые позволяют избежать ненужной нервозности, когда нам приходится ждать своей очереди в магазине.
Это понятие тоже является частью повседневной жизнь армии. Надо быть предусмотрительным дальновидным в жизненно важном.
Иосиф Леонидович Прут, 1986 г. Я познакомился с ним, когда ехала в Москву на курсе русского языка. Однажды вечером, наша группа студентов пошла случать оперетту, Катрин, и я познакомилась с автором : Иосиф Леонидович Прут. Он был в своей театральное ложе. Мы стали друзьями. Это не было сложно. Он был очень открытом и любил артистов.
Вот первая страницапрограммы с автографом автора сценария и автографом постановщика произведенья.
Понятие резерва. Прут, которого мне представила как генерала Советской Армии и автора сценария разных жанра, сразу подружился со мной. Я вернусь к его деятельности позже. Мы говорили о многом, о его поездке в Польшу после поражения немцев вместе с маршалом Жуковым и другими людьми, которых он знал. Но что отличало меня, даже сегодня, это понятие « резерв ». У меня есть несколько жизненных уроков, который я училась сознательно, и это один из них. Он сказал мне, что у него в ящиках лежали несколько сценариев разных жанров, в зависимости от ситуаций. Он уточнил, что всегда нужны резерва (запас). Это в высшей степени стратегическое понятие. Я вижу его в его кабинете. Я также слышу его голос и его силу исходящую от него. Это понятие проникло в меня, потому что у меня не всегда были средства, чтобы позволить себе что-то, когда появляется возможность, я делаю резервы. Очень часто думаю о нем. Я не такая стратег как он, но может быть, когда у меня жизнь изменяется, я использую разные стратегии, которые мне подсказывает моя интуиция. Я тот, кто делает вещи для удовольствия, а не из благоразумия, расчётов, обязательств. Не всегда жизнь украшена цветами, но я всегда нахожу удовольствия и символы, который меня питают.
В начале 1990-х. Я вернулась в Москву и посетила Иосифа. Мы пошли в магазин, где продавались балетные тапочки. Было лето и я была в сандалях на босу ногу. Не знаю, думала ли я о покупке балетный тапочек до того, как мы вышли из дома или нет, но дело в том, что мне пришлось примерить пуанты, о носков у меня не были. Мой генерал снял свой и отдал его мне. Мы не обменялись словами, это произошло очень естественно, как будто мы репетировали сцену из его сценария. Я смогла купить много пуантов и они уменя ещё остались. Вот пример запасливости.
Танцовщица должна уметь зашивать тапочки, чтобыпочинить их. Касатетльно этих пуантов, они волшебные. У меня некогда не болели ноги в них и особенно я могла сразу встать на пуанты. Пояснение для тех, кто никогда не носили пуанты : часто необходимо « раздавить » пуанты, чтобы можно было надеть их. Займусь этим делом на днях. Дело в том что эти пуанты очень подходят мне . Они созданы для меня !
Портрёт Иосифа Леодиновича Прута. Вот он !
Он излучал силу и дружескую симпатию тем кого он любил, и уважение, когда это было необходимо с другими людьми, и что-то ещё, что вдохновляло на выполнение его приказов без обсуждения, в другие времена. Он стоял очень прямо, и у него был живот, которому могут позавидовать мужчины, тренирующие мышцы в спортзалах.
Его живот. Иосиф Леонидович показал мне упражнение, которое он делал каждый день : двумя пальцами одной руки, он поднимал стул. Он заставил меня прикоснуться к его животу, который был твёрдым как камень, и ему было больше 90 лет ! Он тоже показал мне, как защитить себя, если кто-то нападает на меня.
Вот что он написал мне за верхней фотографией, которую он прислал мне по почте.
Русский язык. Я объясняю в статье, написанной на русском насколько русские используют ласковые слова. Это не случается по-французски. Когда я встречаюсь со своими русскими друзьями, слова любовь всё время расцветает. Прут очень хорошо говорил по-французски так-как мальчиком учился в Швейцарии. Но он имел в виду, что мы очень хорошо поладили и что он может одолжить мне свой носки. Не более того !
Анекдоты. К сожалению, я не всё запомню и некогда не думала писать о Пруте, но в наши дни я очень часто думаю о нему, об уроках, которые я использую в своей жизни ; это мои способ поблагодарить его :
Пикассо. Однажды Прут встретил Пикассо в Париже. Он рассказывает ему, что в Москве он видел картину Пикассо, но он не купил её, потому что это была поделка. Ты идиот, Прут, ответил Пикассо. Если бы ты купил её, я бы написал внизу » Это нет Пикассо », я бы подписал и у тебя был бы Пикассо !
это не анекдот, но он общался с деятелями советского режима на вершине пирамиды и сказал мне, что он сожалеет, что у него нет времени рассказать другие стороны Истории ;
Он приезжал ко мне в Неашатель, Швейцария, на два дня и я приготовила ему что-нибудь поесть. Я видела у него дома на тарелке была свёкла и приготовила её для него. Когда он увидел свеклу, он сказал « я уже достаточно ем её дома ! »
Дома, у Прута, были картины и рисунки известных людей, и он заказал картину у меня. В то время я рисовала картины, подобные показанной ниже. Когда я ему принесла, он сказал : » Нет народного цвета ! » Я задержалась на секунду и наконец поняла, что не использовала « красный ». Он всё таки нашёл место для моей картины ;
Он был благодарен Никите Хрущеву, потому что последний открыл границы, и Прут смог возобновить отношения с родственниками своей семьи ;
Ольга Лепешинская. Я была в гостях у Прута, когда сказала ему, что хотела бы поговорить со знаменитой балериной 1950-х годов. Не один, не два, он ей сразу звонит. К сожалению, она больна. Я спросила своего друга Прут просить ей автограф. Двери балерины были открыты для него, и он принёс дамой автограф. Вот он :
Когда я познакомил Иосиф со своим покойным другом Андре Оппел на середине 1990-х, когда он вернулся в Швейцарию, я представил его как генерал и он сразу заметил, что он не только это. Он также приехал, чтобы его художественный работы были более заметными. В Интернете говорят, что он не был генералом. Это не важно. В Большом Театре он праздновал свое 90-летие, он был известны Персонажем н я носила его носки !
21 décembre. C’est le jour anniversaire de maître Romanovski et il me donne l’occasion de le remercier pour tout ce qu’il m’a apporté.
MaîtreAnton Romanovski, je l’ai connu vers la fin de sa vie. C’est une de mes amies de l’Opéra de Bucarest qui m’a amenée chez lui, Marta Herzeg, une ballerine qui dansait avec plaisir et qui exécutait chaque pas avec soin. C’était une bonne technicienne, un être fin, chaleureux, une amie. Je ne l’ai jamais vue sans un sourire, peu importe par quels moments elle passait.
Maître Romanovski était à la retraite depuis passablement de temps. Il me recevait à la maison et me donnait des cours, assis sur une chaise, le dos bien droit. Si par malheur, j’avais la jambe droite derrière, il disait : jambe droite devant ! Je n’ai jamais compris comment il pouvait le savoir puisqu’il ne voyait pas très bien ; néanmoins… Il m’a expliqué comment tenir les mains pour qu’elles aient l’air plus belles sur scène : allonger la main, c’est une chose, mais si on tourne les doigts un tout petit peu pour donner l’impression qu’elle va vers l’infini… c’en est une autre ! C’est pour cela qu’Anna Pavlova, qui a dansé avec lui à Londres, lui a dit qu’elle n’avait jamais vu un danseur avec d’aussi belles mains. Il me semble entendre maître Romanovski me rapporter les mots de la célèbre danseuse. Il disait encore « qu’au studio c’était bien de faire trois ou quatre pirouettes, mais sur scène une de moins, question de sécurité » . Une vraie leçon de diplomatie à ne pas oublier. Il m’a encore expliqué que si par hasard quelqu’un criait mon nom, ne jamais me retourner parce que ce n’est pas poli ; et si quelqu’un t’appelle par derrière, ne tourne que la tête, pas plus » ! Je me rappelle très clairement ses conseils et je les applique. C’est aussi chez lui que j’ai appris la gargouillade, pas qui ne se fait que dans Giselle, acte I. À l’école, à cette époque, on ne l’étudiait pas.
La leçon la plus importante que j’ai apprise chez lui et que, par conséquent, j’applique encore est liée à une variation qu’on exécute sur scène et où on rate quelque chose. Conseil : « Si tu rates quelque chose dans une variation, finis-là avec brio ! Tu vas prouver que tu domines la situation et le public va te suivre ». C’est une leçon que j’applique dans ma vie depuis longtemps sans toutefois en être consciente.
En réalité, ce n’est que maintenant que je comprends que je me suis appropriée de la phrase de maître Romanovski. Au moment où j’écris ces lignes, je me rends compte combien ses mots sont ancrés en moi. Pourquoi ? Parce que à chaque fois que je dois faire face à une situation compliquée, même si au début je suis déroutée, remise en question, voire, complètement retournée, je reste debout. Je fais face. Je me dis que toutes les choses sont liées et la rédaction de cet article en ce moment est un exemple idoine. Cela faisait longtemps que j’avais envie de l’écrire et les souvenirs que je couche sur le papier prouvent ce que je disais plus haut, à savoir que les choses sont liées dans notre vie.
Pourquoi ? Je ne sais combien de fois les gens ont trouvé bizarre que je sois économiste et danseuse en même temps. Cela ne fait pas « sérieux ». En fait, leur réaction ne m’a finalement fait que du bien. Chez moi, les choses vont de soi, elles se présentent, je les prends et les fais miennes sans me demander si c’est utile, si cela vaut la peine, si cela me rapporte quelque chose ou pas. La chose me plaît et je fais, c’est tout. Cette phrase non seulement je l’applique, mais je l’enseigne aussi. Je dis souvent : si tu as une difficulté, quelque chose de compliqué, il te faut rester debout ! Il y a quelque temps, j’ai eu un gros problème avec mon studio de danse et je me suis dit : si je n’ai pas le choix, je ferai comme les autres l’ont décidé mais jusqu’au dernier moment, je danse ! J’ai alors organisé une série de spectacles pour un public restreint, des amis, des connaissances. Le comble a été que la donne a totalement changé et que je suis restée dans le studio. La solution qui vient n’est pas toujours celle qu’on désire, raison pour laquelle il faut rester ouvert et faire ce qui est en notre pouvoir sans compromis, sans tricherie. Autre exemple : j’avais gardé des dessins et catalogues liés à l’horlogerie laissés par feu mon ami. On m’a dit que cela n’intéressait personne et qu’il fallait les jeter. Déjà que je n’aime pas le verbe « jeter »… La vie s’est chargée de me faire croiser quelques personnes qui ont fait que les documents font maintenant partie du patrimoine du Musée d’Horlogerie du Locle et que la télévision locale, Canal Alpha, a fait un compte rendu de la cérémonie. En conclusion, j’applique ce que maître Romanovski m’a enseigné. Je lui dois bien des choses de ma vie.
Je reprends le fil avec maître Romanovski. Je le remercie pour tout ce que j’ai appris de lui, du temps précieux qu’il m’a offert. J’ai eu l’honneur d’avoir été sa dernière élève ! J’étais en Suisse au moment où sa vie est venue à terme sur cette terre, mais quelques jours auparavant, j’avais pensé à lui et avais commencé une lettre. Le lendemain de son départ, Madame Elena Oprescu, la secrétaire de l’Opéra – encore quelqu’un à qui je dois énormément de choses – m’a téléphoné pour me donner la nouvelle. Je me rappelle de ce moment comme d’une photo d’un album temporel. Cela a été comme si j’avais su. De retour à Bucarest, j’ai apporté la lettre à Mme Romanovski, laquelle m’a invitée à passer la nuit chez elle ; j’ai dormi dans le lit de maître Romanovski. Je sais, bien des gens sont superstitieux ou ont peur, mais rien de ce genre ne m’effleure. Le fait est que le lendemain à 7 heures du matin, j’ai entendu un « toc-toc », j’ai dit « oui ? » et à nouveau, j’ai entendu « toc-toc ». Je suis allée à la porte, j’ai ouvert, personne ; je suis allée dans la chambre où dormait Mme Romanovskil, laquelle… dormait. J’ai compris que maître Romanovski me faisait signe. J’ai été très heureuse. Je peux vous dire que je pense à lui à chaque fois que j’ai un spectacle.
Ileana Iliescu est la danseuse qui me rappelle le plus maître Romanovski : son port, sa technique, sa vitesse dans les chaînés, la façon dont elle finit ses variations, son élégance sur scène et dans la vie sont un prolongement des enseignements du maître. J’ai assisté aux leçons qu’elle donne et j’y ai vu le sens artistique et les différentes poses qui font penser à lui. Quand j’ai vu les ballets montés par elle à Iași, j’ai vu que chaque pas classique et de caractère avait de la vie, un sens, une plastique, une harmonie. J’ai toujours eu de la difficulté avec les danses de caractère dans les ballets bien que ce soit une tradition et une obligation. Ce qui leur donnait vie, c’était le plaisir des danseurs. Dans les chorégraphies de Luly, les danseurs jouent visiblement en même temps que les danses gardent leur caractère spécifique. Tout est lié, intéressant, beau, dansant. Luly a appliqué dans son métier de danseuse, de professeur et de chorégraphe tout ce qu’elle s’est appropriée de maître Romanovski.
Une phrase qui revenait comme le pendule d’une horloge pendant les répétitions : « Idiote, la danseuse qui ne tombe jamais ! » C’est vrai, quelques fois, quand on perd l’équilibre on a tendance à vouloir se contrôler et on se blesse au lieu de se laisser aller, tout comme les enfants chez lesquels la chute est quelque chose de naturel. Cette phrase aussi, avec l’accent de la voix de maître Romanovski est dans la mémoire de toutes les danseuses qui ont travaillé avec lui.
Si celui ou celle qui lit cet article a des photos ou des souvenirs de leçons, de répétitions avec maître Romanovski, je serais ravie de les inclure ici.
J’ai toujours aimé avoir des photos. Je regrette que j’en ai donné une avec l’autographe du maître à un étudiant qui ne me l’a jamais rendue. Mais, grâce à Liliana Cojanu, j’ai pu agrandir me collection :
J’aime bien que maître Romanovski et sa femme se regardent.
J’ai la chance d’avoir son tout dernier autographe, 24 janvier 1971, mais je le garde pour moi !
Comme c’est l’anniversaire de maître Romanovski, j’ai bu en son honneur du Mauler rosé dans une flûte à champagne achetée avec Luly.
Dans le fond, on voit les voeux de Noël et de Nouvel An de Luly. Nous sommes en famille.
J’ai en ma possession toute la biographie du maître et les faits mentionnés ont été comparés à ceux de ses archives personnelles, mais, je trouve plus intéressant de partager avec les lecteurs mes souvenirs liés à lui. Si quelqu’un a une autre opinion…
Bien souvent, j’ai cherché des informations sur la Toile au sujet de maître Romanovski sans rien trouver d’intéressant. Aujourd’hui, j’ai eu de la chance et suis tombée sur une plateforme qui transcrit des témoignages. Les mots qui correspondent le plus à ce que je cherche sont ceux d’Ileana Iliescu. Elle m’a donné la permission de les reproduire ici. Il y avait un numéro de téléphone sur la plateforme, j’ai appelé et suis tombée sur une personne extrêmement chaleureuse et aimable qui m’a aussi accordé sa permission pour les mots de Luly. En fait, cela n’aurait pas pu être autrement parce que ceux qui s’intéressent à connaître l’apport de ceux qui ont construit la danse et notre culture en général sont ouverts et aimables. Je vais lui demander la permission de citer son nom.
Témoignage d’Ileana Iliescu (extrait) :
il avait le profil comme celui d’un personnage d’un médaillon et un port impeccable en dépit de son âge. Ce port, je dois le reconnais, je l’ai hérité de lui ; les ports de bras élégants, expressifs aussi, de même que la technique de virtuose qui m’a permis d’aborder des rôles de force. Les succès de ma carrière, je les dois à ce professeur et maître admirable ;
je n’oublierai jamais ses conseils dans tous les domaines de la vie et artistiques qui ont été des guides précieux. Il ne parlait pas correctement le roumain et disait « Chère amie, dans la vie ne fais jamais des excès, en aucun genre ; c’est ainsi que que tu auras une belle et longue carrière, jusqu’à arriver à la pointe de la pyramide artistique – pas de petits amis, pas de distractions, seulement le travail, la maison, le repos et une vie équilibrée de tout point de vue » . Cela est devenu mon crédo.
c’est lui qui m’a aidée à me perfectionner et à réaliser toutes mes aspirations, jusqu’à devenir danseuse étole sur la scène roumaine et internationale. Je ne peux oublier que maître Romanovski nous faisait faire beaucoup de relevés, ce qu’il considérait comme du ,,pain bénit” pour une danseuse parce qu’ils renforcent les chevilles et qu’ainsi le travail sur pointes devient un jeu.
Cette dernière phrase est particulièrement intéressante et profonde. Le travail, le métier et le plaisir doivent aller main dans la main. Le public le ressent et le public l’a bien senti lorsque Luly était sur scène.
Le destin m’a été favorable et j’ai trouvé dans mes archives encore une photo du maître. Elle date de 1927, ce qui correspond à sa première période professionnelle à l’Opéra Roumaine où il a été engagé en tant que danseur étoile et maître de ballet.
On le voit dans la photo, le maître est en pleine possession de ses moyens. Il est magnifique !
Autographe. On voit l’autographe du maître, écrit en polonais. Cela me donne l’occasion de dire que maître Anton Romanovski est né à Varsovie et donc était polonais. Pour déchiffrer l’autographe, j’ai eu recours à l’amabiité du Premier Secrétaire de l’Ambassade de Pologne à Berne, M. Jakóbiec Wojciech. Il et il est écrit : Na pamiątkę p. Perecia…ofiaruje A. Romanowski. Traduction : En souvenir à M. Perecia (nom incomplet), de la part d’A. Romanowski. On voit aussi que maître Romanovski écrivait son nom avec « w » mais, par la suite on l’a écrit avec « v ».
Il est près de minuit. Bon anniversaire Maître Romanovski !
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Liens pour des articles en roumain sauf l’avant-dernier :
J’avais prévu de faire une série de spectacles intimistes en cette période de confinement, mais même si on est trois personnes en tout, ce n’est pas possible. Alors, je travaille seule et profite pour monter un prochain spectacle. Je demande à Roger Peeters, celui qui fait les films de mes danses, de venir faire quelques photos.
Centre commercial Bucur. La dernière fois que je suis allée à Bucarest, je suis allée à ce centre et y ai acheté du tissu rouge pour faire un rideau parce que j’ai l’intention de faire des danses sur un tel fond. Le tissu est magnifique. Pour le moment, je n’ai suspendu qu’un pan.
Musique dérangeante. Je précise que dans ce centre commercial on entendait de la musique – selon les endroits c’était trop fort – toute la journée et certains vendeurs avaient mal à la tête, étaient de mauvaise humeur et lorsqu’ils rentraient à la maison, un rien les énervait.
J’ai expliqué l’affaire au directeur. Cela s’est passé il y a près de deux ans, au mois de novembre. Il m’a expliqué qu’ils allaient faire quelque chose mais après Noël. Au printemps suivant, je suis allée et la promesse avait été tenue. Je félicite ce directeur commercial qui a compris la problématique. C’est plutôt rare.
Les choses se lient les unes les autres dans mon monde. Cela se passe tout seul. J’ai présidé une association qui s’est occupée de nuisances sonores et autres incivilités à Neuchâtel et donc je connais le sujet. J’ai même créé une fédération car des habitants d’autres villes ont été confrontés à la même expérience engendrée par des émissions sonores trop fortes. Le bruit de ce type n’a rien de subjectif. Les effets des vendeurs du centre commercial de Bucarest en font partie, n’importe quel médecin vous le dira. Alors, quand je suis entrée dans le centre, je n’ai pas eu besoin de beaucoup d’explications. J’ai pu intervenir et c’est un soulagement.
Voici les photos de Roger ; montage fait par moi.
Entrée au temple.
Les danses. Pour en revenir aux danses que je pensais monter sur un fond rouge, je trouve peu à peu l’inspiration. L’une sera « Entrée au temple » et une autre sera une danse de cour. Mais, pour le moment, il faut que je puisse suspendre les deux autres pans du rideaux et, quelle chance ! Roger va me donner un coup de main car il faut percer un trou dans le mur qui est en pierre calcaire.
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21 decembrie. Astăzi este ziua Maestrului Romanovski și îmi permite în sfârșit să-i spun mulțumesc.
Pe Maestrul Anton Romanovski l-am cunoscut spre sfârșitul vieții lui. M-a adus la el o prietenă de la Opera din București, Marta Herzeg, o balerină care dansa cu plăcere, executând fiecare mișcare cu atenție. Era o tehniciană bună și o ființă fină, caldă, o prietenă. N-am văzut-o niciodată fără un zâmbet, indiferent prin ce trecea.
Maestrul Romanovski ieșise la pensie cu mult timp în urmă. Mă primea la el acasă și îmi dădea lecții șezând pe un scaun. Dacă cumva aveam piciorul drept la spate, spunea : piciorul drept în față ! Nu înțeleg cum știa pentru că el nu prea vedea bine, totuși… Mi a explicat cum să țin mâinile că să arate cât mai frumoase ; o mână alungită este una dar dacă mai și întorci un pic degetele că să dai impresia că mâna ta merge la nesfârșit… este altceva ! De aceea Anna Pavlova, care a dansat cu el la Londra, i-a spus că nu văzuse niciodată un bărbat cu mâini atât de frumoase ! Mai spunea că « la studio era bine să faci trei sau patru piruete, dar pe scenă întotdeauna una mai puțin că să fii sigur unde mergi « ! O lecție de diplomație de neuitat. Mi-a mai explicat că « dacă cumva cineva, pe stradă, te striga, nu te întoarce pentru că să strigi în gura mare pe stradă nu e politicos; iar, dacă cumva cineva te cheamă din spate, întoarce doar capul, nu mai mult ! » Chiar și azi îmi aduc aminte de sfaturile lui. Apoi, de la el am învățat la gargouillade, pas care doar se face în Giselle, în actul I. La Școală, pe vremea aceea, nu s-a vorbit de acest pas.
Lecția cea mai importantă învățată de la dânsul și pe care încă acum o aplic în viața mea este legată de situația în care o variație executată pe scenă nu iese bine. Spunea Maestrul « dacă cumva ceva nu iese bine la o variație, termin-o cu brio ! Vei dovedi că domini situația și publicul va fi cu tine ». Asta este o lecție pe care o aplic de mai mult în viață, dar fără să fiu conștientă.
Acum, de fapt, înțeleg că m-am însușit fraza Maestrului Romanovski. În clipă în care scriu aceste rânduri îmi dau seama cât de adînc au pătruns cuvintele lui în mine. Explic : când am de înfruntat o situație grea, chiar dacă la început sunt deranjată, pusă la încercare sau « dată peste cap », rămân în picioare, îi fac față. Îmi spun mereu că în viață toate lucrurile sunt legate între ele, iar decizia de a scrie acum acest articol este un exemplu foarte potrivit. De mult voiam să o fac și amintirile mele legate de Maestrul Romanovski vin să dovedească fraza dinainte despre relația dintre lucruri de-a lungul vieții fiecăruia dintre noi.
De ce ? Nu știu de câte ori oamenii au considerat ciudat că sunt economistă și că fac balet în același timp. Motiv pentru care uneori nu m-au luat în serios, dar de fapt mi au făcut un bine. Da, la mine lucrurile merg de la sine, se prezint, le primesc și merg mai departe fără să mă gândesc dacă este util sau nu, dacă merită sau nu, dacă îmi aduc ceva sau nu. Doar simt că îmi place și atunci mă implic. Fraza asta nu doar o aplic ci chiar o și predau. Mereu spun : dacă ai o greutate, ceva complicat în viață, trebuie să rămâi în picioare. Am avut acum câtva timp o mare problemă legată de studioul meu de balet și mi- am zis : dacă n-am încotro voi face cum decid ceilalți dar până în ultima clipă dansez ! Și am montat spectacole pentru un public restrâns, prieteni, cunoștințe. Culmea a fost că lucrurile s-au schimbat de la sine și-am rămas cu studioul. Nu totdeauna soluția care vine este cea pe care o dorim, de aceea trebuie să rămânem deschiși și să facem ce ne stă în putere fără compromisuri sau diverse tertipuri. Un alt exemplu : păstrăm niște desene lăsate de prietenul meu înainte de a părăsi lumea asta. Mi s-a spus că n-avea rost să le păstrez, însa viața a legat niște fire de pe aici și de pe acolo, a scos o persoană-două în drumul meu și, pînă la urmă, desenele lui au ajuns la Musée d’Horlogerie du Locle și despre ele s-a făcut chiar o emisiune specială la televiziune. Așadar, aplic ceea ce Maestrul mi a predat. Îi datorez multe lucruri din viața mea.
Să revin la Maestrul Romanovki. Îi mulțumesc pentru tot ceea ce am învățat de la el, de timpul prețios pe care mi l-a oferit. Am avut onorarea să fiu ultima lui elevă ! Eram în Elveția când și-a încheiat viața pe pământ, dar cu câteva zile înainte mă gândisem la el și începusem o scrisoare. A doua zi după plecarea lui, doamna Elena Oprescu, secretara Operei – o altă persoană căreia îi datorez enorm – m-a sunat să mă anunțe vestea. Îmi amintesc acel moment ca o poză dintr-un album temporal. A fost ca și cum aș fi știut. Când m-am întors la București i-am adus scrisoarea doamnei Romanovski care m-a invitat să dorm la ea și am dormit în patul Maestrului. Știu, mulți oameni sunt superstițioși, dar eu nu mă tem de nimic de genul astă. Faptul a fost doar că la ora 7 dimineața am auzit un « toc-toc », am zis « da ? » și din nou am auzit un « toc-toc ». M-am dus la ușă, am deschis, nimeni ; m-am dus la camera unde dormea doamna Romanovski care… dormea. Am înțeles că Maestrul îmi dăduse un semn. Am fost foarte fericită. De fapt, eu îl pomenesc de fiecare dată când am un spectacol.
Ileana Iliescu este balerina care mi l-a amintit cel mai mult pe Maestrul Romanovski : ținuta ei, tehnica ei, viteza ei la chaîné, sfârșitul variațiilor ei, eleganța ei pe scenă și în viață sunt o prelungire a învățămintelor Maestrului. Am asistat la orele ei predate cu un sens artistic elegant și cu multe poze. Apoi, când am văzut baletele montate de Luly la Iași, am remarcat că fiecare pas clasic și de caracter are viață, un scop, o plastică, o armonie. Am avut totdeauna greutăți cu dansurile de caracter care sunt o tradiție dar și o obligație. Ce punea viața acolo era plăcerea dansatorilor. La Luly, dansatorii se joacă păstrând în același timp caracterul specific. Totul este legat, interesant, frumos, dansant. Luly a adus în meseria ei de balerina, de profesoară si de coregrafă tot ceea ce a însușit de la Maestru.
O frază care venea ceas la ore și la repetiții : Proastă balerina care nu cade niciodată ! Într-adevăr, uneori când ne pierdem echilibru avem tendința a ne controla corpul și ne rânim, în loc să-l lăsăm în voia lui, pentru că atunci căderea va fi ca la copii, ceva natural. Fraza asta, cu accentul Maestrului Romanovski este gravată în memoria fiecărei balerine care a lucrat cu el.
Dacă cumva cei sau cele care citesc acest articol au fotografii sau amintire de studii, repetiții cu Maestrul Romanovski, aș fi fericită să-le includ aici.
Mie mi a plăcut totdeauna să păstrez poze. Regret că am dat una, cu autograful Maestrului, unui student care nu mi-a mai restituit-o. Dar datorită Lilianei Cojanu, am mărit colecția mea :
Îmi place că Maestrul Romanovski și soția lui se privesc.
Am și ultimul autograf din partea lui, 24 ianuarie 1971, dar astă îl păstrez pentru mine.
Fiind ziua Maestrului Romanovski, am băut un pahar de Mauler rosé într-o cupă de șampanie, una din cele cumpărate împreună cu Luly la Iași, în cinstea lui.
În spate se vede felicitarea de Crăciun și de Anul Nou primită de la Luly. Suntem în familie.
Autograful Maestrului este în limba poloneză, ceea ce îmi da ocazia să spun că el s-a născut la Varșovia, așadar era polonez. Pentru a descifra autograful am primit un neobișnuit și amabil ajoutor din partea Primului Secretar al Ambasadei Poloniei, D-ul Jakóbiec Wojciech. Scrie Maestrul : Na pamiątkę p. Perecia…ofiaruje A. Romanowski. Traducerea : Ca amintire domnului Perecia (numele incomplet), din partea lui A. Romanowski. De observat că Maestrul își scria numele cu « w », dar mai târziu numele lui s-a scris cu « v ».
Posed și toată biografia Maestrului și faptele sunt verificate după arhivele acestuia dar mi se pare mai interesant să împărtășesc câteva din amintirile mele legate de Domnia Sa. Dacă altcineva are o altă idee…
Adeseori am căutat informații despre Maestrul Romanovski pe Internet fără să dau de ceva interesant. Astăzi am avut noroc și nimerit peste un site unde sunt reproduse niște mărturii. Cuvintele care corespund cel mai mult intențiilor mele – felul cum lucra Maestrul și referințe precise – sunt ale lui Luly, care mi-a dat voie să-le reproduc aici. Am văzut un număr de telefon al acelui site și am sunat. M-am explicat și am dat de o persoană extrem de caldă și de amabilă care și ea mi-a permis să transcriu mărturia lui Luly. De fapt, nici nu s-ar fi putut altfel, cei interesați să cunoască aportul celor care au construit baletul și cultura noastră în general sunt deschiși și amabili. Am să-i cer permisiunea de a-i menționa numele ei.
Mărturia Ilianei Iliescu (extracte) :
avea un profil de medalie și o ținută impecabilă, în ciuda vârstei lui înaintate, ținută pe care, trebuie să recunosc, am moștenit-o; dar nu numai atât, ci și port de bras-urile elegante, expresive și o tehnică virtuoză care mi-a permis să abordez roluri de mare forță. Succesele carierei mele le datorez acestui admirabil dascăl și maestru ;
n-o să uit niciodată sfaturile sale în toate domeniile de viață și de artă care mi-au fost călăuză neprețuită. Nevorbind corect limba română, îmi spunea ,,Draga, în viață să nu faci niciodată excese în niciun domeniu, așa vei trăi mult și bine, până îți vei atinge țelul de a fi în vârful piramidei artistice – nu logodnici, nu distracții, numai studiu, casă, odihnă și viață echilibrată din toate punctele de vedere” ;
acesta a devenit și crezul meu, iar el m-a ajutat să mă desăvârșesc și să-mi ating toate aspirațiile, devenind prim-balerină a scenelor românești și internaționale. Nu pot să uit că Romanovski ne dădea să facem multe relevé-uri, pe care le considera ,,pâine cu unt” pentru balerine, pentru că întăreau gleznele și astfel poantele deveneau o joacă.
Această ultimă frază este extrem de interesantă și profundă. Meseria și plăcere trebuie să meargă mână în mână. Publicul simte și publicul a simțit-o foarte bine pe Luly pe scenă.
Destinul mi-a fost favorabil, căci am descoperit încă o poză a Maestrului în arhiva mea. Este din 1927 și corespunde primei lui perioade profesionale la Opera Română, când a fost angajat ca prim balerin și maestru de balet (1925 – 1928).
Fostografia ni-l înfățișează în deplinătatea forțelor vârstei. Este superb !
P.S. Cu mare plăcere spun că textul a fost revizuit de prietena mea Liliana Iacob, care pe vremea când eram la Școală și la Operă, se numea Liliana Ștefănescu. Transcriu cuvintele ei « Text revizuit (cu interes și plăcere) ». De fapt cu ea împart pasiunea pentru cuvinte, dragul limbilor. Ea este o traducătoare excelentă din spaniolă în română. Nu pentru că e prietena mea, dar asta este. !. A recunoscut-o și Uniunea Scriitorilor din România, din partea căreia a primit Premiul „pentru o traducere de vis″ a romanului Colecționarul de sunete al spaniolului Fernando Trías de Bes.
Sunt convinsă că printre cei care citesc acest articol sunt unii care au citit o carte tradusă de Liliana.
Dacă mai rămâne câte ceva necorect este doar vina mea pentru că trece ziua Maestrului (apoi am mai adăugat câteva paragrafe pe care ea nu le a văzut încă) ! Este aproape 12 noaptea la mine. La mulți ani Maestre !
Mes spectacles sont des spectacles intimistes et les propos échangés sont toujours liés à la vie personnelle des spectateurs, aux propres expériences. Cela a été une nouvelle fois le cas.
Disons d’emblée que les danses, se sont bien déroulées. Cela faisait des mois que je n’en avais plus présenté publiquement et cela fait toujours une émotion. De plus, étant seule, je dois penser à tout : costumes et chaussons en ordre, musique bien enregistrée, accessoires prêts, tout à la bonne place, impression du programme et de la fiche technique, nettoyage de la salle, disposition des chaises, préparation de la scène, mise en place des lumières, ne pas oublier d’ouvrir la porte d’entrée à la cour intérieure qui mène à mon studio car j’ai des voisins avec un chien et qu’il leur arrive souvent de faire du télétravail – il faut donc éviter de faire du bruit, sans quoi Scooby, le chien avec lequel j’ai un lien particulier, se manifeste bruyamment et interrompt le travail de ses propriétaires, sans parler de bien répéter les chorégraphies et textes de mes danses.
Les spectateurs de ce soir. C’est un couple de personnes, M. et Mme Frésard, qui sont devenus mes amis. Bien des liens de mon histoire se croisent avec les leurs : M. Frésard a été le comptable de la Fabrique d’Horlogerie Froidevaux S.A – Neuchâtel, feu mon ami André Oppel y a travaillé en tant que graphiste a laissé des catalogues et dessins de montres avant de partir au ciel sans que je puisse faire le lien avec l’entreprise, l’un de mes voisins du studio de danse est l’un des fils de l’entrepreneur Froidevaux, et quelque 15 ans après, j’ai aussi fait le lien entre les travaux de mon ami et l’entreprise de son père. René Margot, notre maître boucher qui est notre fournisseur en os pour mes cours liés à l’anatomie, est un ami de toujours du couple Froidevaux. Je l’ai appris il y a un mois. J’ai mis tout cela ensemble et ai pu donner les documents au Musée d’Horlogerie du Locle.
L’ingénieur son et lumières de ce soir, Roger Peeters, travaille dans l’horlogerie et il était la personne idéale pour s’entretenir avec mon public et pendant que je changeais de costume d’une danse à l’autre, il a bavardé avec M. Frésard de leur domaine du travail. Quand êtes-vous entré dans l’entreprise ? En 1949 et y est resté 25 ans. Et après ? Il est allé travailler pour la Confédération à un bureau qui attribuait les certificats de qualité des montres et quand ce bureau a été fermé, il est allé XXX. Combien de personnes travaillaient dans l’entreprise ? 150, dit M. Frésard et on avait plus de mille points de vente en Italie, mais il y avait aussi des relations commerciales avec la Hollande (Roger est néerlandais ; combien de montres fabriquiez-vous ? (il faudra que je demande à nouveau, je ne sais plus). Roger est admiratif. Combien coûtait une montre ? Environ 70.- francs. Combien gagnait un ouvrier ? M. Frésard dit qu’il gagnait Fr. 400.- et qu’un bon ouvrier pouvait arriver à Fr. 1’000.- Pourquoi la faillite ?
Et c’est ici que la magie opère : M. Frésard dit qu’il y avait crise économique. Ce qui était vrai. On m’avait expliqué que M. Froideaux, homme très avisé en matière commerciale avait senti que l’Italie était le marché à viser après la guerre ; raison pour laquelle il y avait ses mille points de vente mais qu’il n’avait pas vu venir la crise. Je me rappelle qu’à l’Uni on nous avait expliqué que l’horlogerie avait dû faire face à la crise pétrolière, aux taux de change et au fait que l’industrie ne s’était pas adaptée aux nouvelles méthodes de production, celles en chaîne. Je viens de lire un article écrit par Pierre-Yves Donzé, journaliste au Temps, et il rappelle les causes de la crise horlogère. Pour information, l’analyse est celle que le professeur René Erbé nous a faite en cours :
l’horlogerie suisse est restée cantonnée dans sa technique ancestrale ;
l’ignorance de nouvelles technologies, notamment la montre à quartz ;
l’introduction tardive des chaînes de montage et surtout uniquement appliquée à des articles de bas de gamme ;
la production en masse, notamment au Japon, a « mangé » des parts de marché énormes du secteur d’importation des principaux partenaires commerciaux de la Suisse ;
le choc pétrolier ;
l’abandon du système de taux de change fixes et par conséquent cherté du franc suisse.
La magie intervient, parce que M. Froidevaux avait anticipé certains de ces écueils : il a été le premier horloger à commander une chaîne de montage (lire l’article) et il a produit des montres de la catégorie haut moyen de gamme. Là où il n’a pu lutter cela a été contre le choc pétrolier, les taux de change et l’indélicatesse de certains de ses proches et de certains concurrents.
Autre renseignement sorti du chapeau du temps : ce soir, je regardais un film de fiction « Des gens s’embrassent » de la réalisatrice Danièle Thomson, 2013. et j’y vois Ivry Gitlis qui fait l’acteur. Ivry, le violoniste, je l’ai rencontré à Bucarest, il y a longtemps, lorsqu’il y est allé pour présenter un concert. Cela avait été une rencontre extrêmement amicale et amusante. Je désire depuis longtemps le revoir et cela n’a pas été possible. Je me rappelle avoir hésité à voir le film car j’avais trouvé le titre bizarre. Ce soir donc, je « vois » Ivry et il parle des montres à quartz qui s’arrêtent lorsqu’on ne les porte pas pendant un certain temps. C’est là que je comprends que M. Froidevaux produisait des montres à quartz, car lorsque j’ai mis sa montre à mon poignet, elle a fonctionné à nouveau. On m’avait dit que c’était probablement une automatique. Je me dis qu’elle était alors une à quartz, mais il semble que non, c’était une automatique, mais d’excellente qualité Cela faisait 47 ans qu’elle n’avait plus fonctionné ! Tout de même, je trouve cela fantastique.
Alors, aujourd’hui le temps a réuni diverses années, diverses personnes ainsi que deux pays : feu mon ami André Oppel sans lequel rien ne se serait produit, M. Froidevaux, Ivry Gitlis, Freddy Landry (pour une raison banale, mais c’est lui qui m’a expliqué quels films étaient les films de fiction. Alors, à chaque fois que je vois ce genre de film, il me semble que Freddy me fait un clin d’oeil et me rappelle son passage lumineux dans ma vie). Quant au pays, c’est la Suisse et la Roumanie, pays où nous deux, M. Froidevaux et moi, avons vécu dans des temps différents.
Je ne l’ai pas fait exprès. La présentation du spectacle était nourrie par le fait que cette année je n’en avais présenté qu’un seul spectacle, mon intention était de pouvoir me dire que je pouvais agir malgré la situation sanitaire, que je pouvais encore faire quelque chose et voilà que j’ai trouvé des réponses qui lient divers fils de mon histoire. Je suis plus que comblée et c’est bien là le sens de mes spectacles. Pas prévisible mais qui arrive tout seul.
Anniversaire de M. Froidevaux. Je viens d’apprendre par sa fille cadette, Danièle, qu’aujourd’hui 18 décembre était l’anniversaire de M. Froidevaux. C’est à peine croyable car à la fin du spectacle j’ai bien dit « M. Froidevaux aurait aimé ce spectacle » et M. Frésard l’a confirmé. Le fameux hasard dont je parle si souvent et qui n’en est pas… Alors, j’ai fini par déboucher, chez moi, une bouteille de Mauler rosé ! J’ai bu à la santé de tout ce monde.
Une fois de plus, on retrouve la Roumanie avec une coupe achetée à Iași avec Ileana Ilisecu, ancienne danseuse étoile. De plus, les dieux de la longévité, de la prospérité et des honneurs nous, vous aussi lecteur, accompagnent. De plus, la Russie – autre pays que j’aime – n’est pas loin avec une enveloppe d’une plaque de chocolat dont le contenu était aussi bon que l’extérieur est beau !
Année compliquée pour les activités artistiques publiques (entre autres). Je n’ai pas présenté de spectacle cette année, mais je me dis qu’avant fin 2020 j’en présenterai pour des amis, une personne, deux ou trois. Il faut toujours faire face avec ce qu’on peut et j’ai de la chance d’avoir un couple d’amis qui va venir. Je peux aussi compter sur Roger Peeters – il a déjà travaillé dans des théâtres – et il fera le technicien de scène. C’est magnifique.
C’est un spectacle sorti du chapeau pour ainsi dire !
Photo de Roger Peters mise en scene par mes soins.
Bon, sorti du chapeau… Mon chapeau, comme celui des magiciens, n’était pas vide. En fait, je traverse une période quelque peu compliquée de restructuration – en plus la pandémie s’y est mise – et cela m’oblige à revoir bien des choses. Alors, je me dis que je peux quand même faire un spectacle, inspiré de ceux que je fais depuis deux ans avec une élève, mais cette fois-ci seule. Une fois de plus, je vois que les choses se lient les unes les autres dans ma vie et je me dis que je suis sur la bonne route.
L’idée m’est venue peu à peu, j’ai hésité et finalement me dis que j’ai une carte à jouer. On verra bien. De plus, en réfléchissant, je ne fais que reprendre une tradition que j’avais il y a fort longtemps. Le sens de cela, je vous le laisse, pour le moment, je me contente de danser !
Voici la structure :
Exercices danse-théâtre ;
Les Roses de Picardie – musique interprétée par Gille Rémy and his Jazz Band;
Piano fantasque – musique de Peter Kubik ;
Ständchen – musique de Franz Schubert.
Le tout s’accompagne de commentaires et d’interaction avec le public
Au fond, je reprends une tradition que j’avais il y a fort longtemps pour la fin de l’année. Et comme nous sommes autour de Noël, j’ajoute une belle carte de voeux que je viens de recevoir. Je la partage avec ceux qui lisent cet article : que votre vie soit celle qui vous comble le plus et de la meilleure façon possible !
Commentaire, deux façons de procéder :
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C’est le moment d’appliquer ce fameux proverbe. Les difficultés arrivent ? On reste debout et on fait face. Aussi, je propose des cours, tout comme certains de mes collègues, à ceux qui le désirent. Une différence toutefois, je les propose dans ma salle, à raison de quatre personnes par cours, pour respecter les consignes en vigueur. Ma salle ne capte pas Internet et mes cours sont personnalisés. Alors, si cela vous tente, voici mes propositions pour le samedi 16 mai (le dimanche 17 reste ouvert) :
COURS PROPOSÉS SAMEDI 16 MAI – QUATRE PERSONNES PAR LEÇON :
Danse classique adaptée ;
Atelier de mouvement pour le corps et l’esprit ;
La valse comme chemin de vie.
Comment s’inscrire :
Par courriel : zully.salasy@bluewin.ch ;
Par téléphone : 076 / 433 43 27.
Danse classique adaptée :
Horaire : 10 h à 11 h
Âge : adolescents et adultes ;
Tenue : chaussons de danse ou chaussettes ;
Recommandation : être habillé chaudement, mon local est plutôt frais.
Atelier de mouvement pour le corps et l’esprit :
Horaire : 12 h – 13 h et 16 h 17 h ;
Âge : adultes ;
Tenue : tenue confortable, de préférence pantalons, chaussettes ;
Recommandation : être habillé chaudement, mon local est plutôt frais.
La valse comme chemin de vie :
Horaire : 14 h – 15 h et 18 h – 19 h ;
Âge : adultes ;
Tenue : tenue confortable, de préférence pantalons, chaussettes ;
Recommandation : être habillé chaudement, mon local est plutôt frais.
Autres activités que la danse. Il m’arrive d’inviter des élèves chez moi pour leur donner l’occasion de voir, à travers d’autres activités, que partout il y a une structure, des règles, des possibilités de créer et d’avoir du plaisir.
Cette fois-ci, il s’agit de faire des habits pour des Barbies. Les Barbies, on le sait, ont un corps qui n’est pas celui d’une poupée habituelle, mais je m’adapte.
Pour faire un habit à une Barbie, on se demande quel genre d’habit on va lui faire, quel genre de tissu on peut utiliser parmi les bouts que j’ai préparés, s’il y en a suffisamment (pour une Barbie il n’en faut pas des masses, oui, mais des rubans, des sacs, des accessoires et il ne s’agit pas d’être en manque). Il faut aussi se dire qu’une fois ou l’autre on va le laver et qu’il ne faudrait pas qu’il perde sa couleur ou qu’on mélange des couleurs qui vont déteindre ou même qu’il se découse.
Cela fait qu’il faut aussi chercher le fil qui va avec le tissu.
On a tout prévu, mais il faut encore faire un patron, car on ne coupe pas le tissu n’importe comment.
On fait les préparatifs, on coupe, on coud, on mesure, on fignole et une première robe est prête. On passe à la seconde.
Mon élève prend conscience du fait qu’il faut penser à bien des choses avant de de faire la robe. C’est comme au cours de danse. On prépare le corps, on apprend bien des exercices, et ensute, on peut faire une danse. Même une fleur, d’abord ell est une graine, elle entre dans la terre, elle boit et s’alimente de minéraux et de soleil, pousse comme une plante, et finalement elle montre son visage de fleur !
Commentaires de l’élève : Je ne pensais pas que cela prendrait autant de temps, mais finalement c’est bien. Je suis contente d’avoir appris tout cela. Maintenant, j’ai deux patrons et pourrais les utiliser pour d’autres robes !
Photos prises par mon élève et montage fait par moi !
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