C’est la photo du tricot que Zully a fait pour moi. C’est aussi , comme toujours, l’occasion de faire des liens avec d’autres choses. Alors, le sous-titre pourrait être :
Le studio « Cave perdue » est un endroit un peu frais et il faut bien s’habiller chaudement. De toutes façons, pour travailler avec les muscles il vaut mieux qu’ils soient au chaud. La circulation se fait mieux.
Mon élève : Zully m’a donc tricoté un bout d’abord, j’ai aimé et j’ai choisi la version de droite. À un moment donné, il y a eu des noeuds dans la laine. Ce n’est pas nécessaire de dire le pourquoi du comment, l’essentiel c’est qu’il y a eu des noeuds et qu’elle s’ingénie à trouver des solutions. Mais, elle ne rate jamais, non plus, l’occasion de me faire participer à ses trouvailles.
Dessins : Zully utilise des dessins que j’ai faits d’elle et de moi pour illustrer ses articles.
Moi : Bien sûr, c’est toujours tentant de faire au plus vite, mais quand même, des moutons se sont donné la peine de faire de la laine (sans parler du fait que des moutons-parents se sont aimés pour donner naissance aux moutons qui ont donné la laine), des gens l’ont tissée, d’autres l’ont teinte, d’autres encore ont préparé les teintures, ensuite, ils l’ont vendue, exportée, etc. De plus, c’est au magasin « Le Bouton d’Or » de Neuchâtel dont la patronne est Ingrid Gueniat que je l’achetée. Cela fait toute une histoire qu’on ne peut pas maltraiter juste comme cela. Mon élève écoute.
Je propose à mon élève de faire une pelote (il faut préciser que j’avais des écheveaux) et là, il n’y aura plus de noeuds !
Voyant que mon élève a compris le principe, je lui dis que je finirai de faire la pelote. Je lui explique que des noeuds, on les trouve aussi ailleurs. On peut avoir des crampes, des noeuds dans les muscles. C’est quelque chose qu’on peut toucher, mais il y a aussi des noeuds qu’on peut sentir, ressentir différemment. Ce sont les noeuds qu’il y a dans les familles par exemple. Anciennement, lorsqu’une personne n’avait pas sa raison, on la cachait dans la famille, et les descendants n’en entendaient même pas parler. C’est un secret de famille. Mais nous portons toute l’information de la famille en nous et cela se ressent d’une façon ou d’une autre.
Avec les copains, un voisin, il peut y avoir des noeuds. Quelqu’un comprend quelque chose de travers, ne le dit pas, fait ce qu’on appelle « la tête », en fait toute une montagne, la partage avec d’autres et cela devient un gros noeud.
C’est partout que cela peut se produire. Dans l’Histoire aussi, il y a plein d’exemples de trahisons, de malentendus qui ont mené à de grosses histoires. On le voit bien quand on revisite l’Histoire, quand des gens font des recherches et qu’on rétablit la vérité.
Alors, quand on peut, on cherche le fil qui peut mener à démonter le noeud. Ce n’est pas toujours facile, mais la pelote de laine doit rester comme une référence. Et quand on réussit, c’est un vrai plaisir !
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Nos cours sont le prétexte pour parler de tout. Je suis convaincue que toute chose irrésolue se manifeste dans le corps, qu’on le sache ou pas. On gagne beaucoup en mettant à plat les choses en suspens. Cela permet de voir quelles sont les possibilités de résolution.
Tilana, mon élève, a fait une nouvelle version de nos portraits. C’est son style actuel.
Cette fois-ci, on parle de l’intention. L’intention c’est la motivation, la conviction avec laquelle on fait quelque chose. C’est ainsi qu’il arrive que lorsqu’on veut prouver quelque chose, on se l’imagine tellement que la chose finit par arriver. L’exemple type est la pièce de théâtre « Othello » de Shakespeare. Othello est induit en erreur et voit finalement ce qui n’existe pas.
Au sujet des certitudes. L’intention et la certitude sont cousines et on a parlé de physique, du fait que si pendant des siècles on a dit que l’atome était la plus petite partie de la matière, qu’il était indivisible, on s’aperçoit de plus en plus qu’on n’est composé que de vide, plutôt d’informations sans corps. Une personne, si on ramène sa matière à ses composantes corpusculaires, n’occupe même pas la surface du pommeau d’une épingle. Ce doit être quelque chose pour un scientifique qui s’intéresse à la matière ! Il étudie, par exemple, le bois, ses qualités lorsqu’il est mouillé, lorsqu’il est sec, ses résistances et lorsqu’il entre de plus en plus dans sa composition, il s’aperçoit peu à peu que la matière disparaît, qu’il se trouve face à beaucoup de vide. Il doit faire face à un paradoxe.
Mon élève a toujours été d’une intelligence remarquable. S’il fut un temps où elle m’a trouvée pénible parce que je la reprenais « tous les trois mots » (cf. mon élève), elle s’approprie la langue, les connaissances d’une façon qui fait plaisir.
Mon élève se dit que cela lui rappelle qu’en mathématiques, on prévoit des choses, on fait des hypothèses et on finit par trouver ce qu’on avait prédit. Elle parle d’un travail qu’elle doit rendre à l’école et dont le sujet est « L’Infini selon Cantor ». On verra ce travail en temps opportun.
On parle aussi de la manière d’être, de la marge que nous avons pour interagir avec les autres. Mon élève est très sensible et elle se trouve souvent coincée entre le désir de dire et celui de ne pas dire afin de ne pas heurter l’autre ; heurter, car ses sensations, ses intuitions, ses pensées sont tellement autres, qu’elle préfère se taire. Je propose qu’elle puisse quand même s’exprimer en disant « je fais une parenthèse et me demande si… » ou alors, qu’elle garde ce qu’elle pourrait dire en se disant que la personne n’a pas sa porte ouverte, pour le moment. Mais, il faut, toujours, si possible, rester debout et savoir où l’on en est.
Autre chose dont on a discuté, la liberté. La liberté et avoir le droit de… sont des notions fort utilisées à notre époque. Si mon élève est souvent perplexe devant certains comportements, elle me dit :
Mon élève, que je connais depuis des années, est une fille intelligente – je sais, il est difficile de définir l’intelligence, mais l’intelligence est une capacité à comprendre des choses même si on n’a ni l’âge, ni les mots. Ce qu’elle dit correspond à un très haut niveau de connaissance de la marche de l’évolution. Elle est passée par bien des événements et en l’écoutant, je retrouve la personne que je connais depuis toujours. C’est fabuleux ! Tous les parents, tous les enseignants rêvent de transmettre des valeurs, rêvent d’entendre les enfants ou élèves dire des choses profondes et belles.
Ce qui nous unit c’est la distance qu’on prend face à ce qui nous est proposé que ce soit écrit, dit, suggéré dans notre culture, car, en fait tout est culturel, comme le dit feu mon ami André Oppel dans une courte émission de télévision.
Ce n’est pas parce que la majorité des gens adopte une position qu’on doit l’adopter sans se poser de questions. Ce n’est pas non plus parce que personne ne pense pas à une chose qu’on ne doit pas non plus se poser de questions. J’ai la chance de connaître bien des domaines et de m’intéresser à tout, car dans tous les domaines il y a une structure, des données de départ, une manière de faire, un dessein.
Cela me rappelle un cours public de mathématiques donné par Werner Soerensen où je n’ai pas compris une bonne partie de sa démonstration, mais où j’ai suivi la logique pas à pas et ne pouvais mettre en question ses explications. Voilà, il arrive qu’on ne comprenne pas une chose, mais les explications étant logiques, notre esprit les accepte. C’est aussi ce que dit le physicien Jean-Pierre Garnier Malet quand il explique la théorie du dédoublement du temps et de l’espace à des personnes qui ne sont pas physiciennes.
C’est ainsi qu’aujourd’hui, pour je ne sais quelle raison, je lui parle d’ADN. Elle me dit que c’est justement le sujet qu’elle étudie en ce moment en biologie. Cela fait longtemps, lui dis-je, que lorsque quelqu’un me dit que c’est génétique, que cela a toujours été dans sa famille, que c’est dans l’ADN, je lui dis : alors, Adam et Ève l’avaient aussi, et ils étaient noirs, blancs, roux à la fois, épileptiques, pas épileptiques et j’énumère un tas de caractéristiques « familiales ». Les gens sont interloqués et alors j’explique ce que j’ai compris en lisant je ne sais plus qui – que je remercie au passage pour ses lumières – qu’à un certain moment, une personne vit un événement et réagit de telle façon que son comportement change et le marque physiquement. Ensuite…
En effet, l’information se transmet à certains membres de la famille et pas nécessairement à tous. C’est très intéressant. Et là, il faudrait lire ce que dit le biologiste américain Bruce Lipton qui dit que l’information de l’ADN n’est pas déterminante, que l’environnement est un facteur important et qu’on peut changer nos informations par divers moyens. Elle me demande les références que je lui donne.
Mon élève dit qu’il y a quand même des choses inscrites en nous. Elle parle de la peur instinctive devant certains animaux, les araignées, par exemple. Je lui dis que justement, c’est un excellent exemple que je peux démontrer. Je lui raconte que moi aussi j’avais peur des araignées et que mon ami, toujours en parlant d’André, les prenait dans ses mains. Cela avait été un premier pas. Ensuite, une amie m’a donné un appareil que voici.
L’appareil a un manche et une tête, le haut de la tête est transparent et le dessous, la base en vert, glisse.
Lorsque je vois un hôte indésirable dans mon appartement et qu’il ne vole pas, je prépare l’appareil, pose la tête sur la petite bête, comme cela elle voit son environnement et n’a pas peur. Puis, peu à peu, je glisse la languette en demandant à la visiteuse de monter dessus. Je lui dis que je vais la déposer dans un endroit où elle sera mieux que chez moi et le tour est joué.
Chose curieuse, je n’ai plus eu peur des araignées. Je dis simplement, viens on va déménager et tu seras plus heureuse ailleurs. Je la prends dans l’appareil et nous partons en promenade. Je choisis toujours des endroits où ces petites bêtes ne risquent pas de tomber sur quelqu’un qui les écrase, car je me mets à leur place. Et, dis-je à mon élève, si la scène se présentait et que tu avais une araignée sur toi, je serais capable de la prendre dans mes mains pour que tu n’aies pas peur. Elle reste tout étonnée. Elle dit qu’elle va garder l’histoire.
Je lui dis aussi que j’avais horreur des trucs pourris au frigo. C’est aussi André qui m’a dit une fois « ce ne sont que des champignons ». J’ai, heureusement, la capacité de garder en moi tant les choses qui me rendent service que celles que je ne comprends pas ou ne font pas partie de ma vie. J’ai donc porté le commentaire de mon ami en moi. Là aussi, le temps a passé et je me retrouve à travailler dans un musée dédié aux champignons. Alors, je ne sais pas si ce sont les champignons qui se sont dit que je devais parfaire mon éducation, ou si c’est le hasard, mais plus j’avance et plus je comprends que le hasard n’existe pas. Toujours est-il que j’apprends beaucoup de choses intéressantes sur les champignons. Ils ont leur propre règne et ont des caractéristiques de reproduction, d’existence qui soulèvent mon admiration. On peut se nourrir, s’habiller, écrire, se guérir, s’empoisonner, se désaltérer, s’hydrater, se vacciner rien qu’avec eux. Et voilà donc que lorsque, par malheur, quelque chose pourrit dans mes réserves, je me dis « ah ! voilà une belle culture. Tu vas rejoindre le compost ! ». Mon élève doute qu’elle fera comme moi, elle n’aime pas les trucs pourris.
Bref, c’est un régal que de discuter avec elle. Mais, le temps passe, bien que nous nous soyons étirées, massé le corps, et on se dit qu’on va quand même répéter au moins l’une de nos danses !
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J’amène une barquette avec des tomates. Je la présente et demande à des élèves de 8 et de 12 ans de me dire ce qu’elles diraient si elles étaient les tomates. Je suis curieuse de savoir comment elles « se vivent » en tant que tomates.
Présentation de toutes les tomates rouges.
Premiers commentaires : Elles ont l’air semblables, mais certaines sont plus rondes, d’autres plus allongées, certaines « grosses dans le ventre ».
Je précise que ce qui m’intéresse ce n’est pas la description, mais ce qu’elles diraient si elles étaient les tomates.
J’ajoute une tomate jaune :
Myriam : cette tomate (jaune) voudrait être comme les autres (rouges).
Fanny : elle est triste.
Sarah : elle est seule.
Zully : Oh ! mais elle se dit qu’elle se sent très bien et qu’elle a plein de place. Elle a de la chance, elle va bien !
Autre présentation : cette fois-ci, les tomates rouges entourent une fraise qui est au milieu
Myriam : Elles voudraient être comme la fraise, elles aiment sa couleur et ses cheveux, elle a de petits cheveux.
Fanny : Elles trouvent rigolo d’avoir une fraise au milieu.
Sarah : C’est drôle d’être en rond, et qu’il y ait une fraise au milieu.
Tilana : Elles sont en colère contre la fraise qui est au milieu et qui prend tant de place alors qu’elles sont toutes serrées.
C’est fascinant d’entendre de tels commentaires. Cela va de soi, ensuite on travaille ces remarques, les émotions, on finit par comprendre qu’être différent n’est pas un problème et que finalement tout le monde a de la place.
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Cela fait… un peu plus d’une année que Zully m’a demandé de faire un dessin de chacune de nous afin de les utiliser lorsqu’elle fait des résumés de nos conversations, échanges verbaux au sujet de ce que je sens, vois, observe, aime, n’aime pas, apprends, comprends, ne comprends pas, fais, ne fais pas, etc.
Zully sait que j’aime dessiner et que je suis passionnée par les mangas. Voilà le pourquoi de ces dessins. Ils permettent aussi de donner un autre ton aux histoires que nous écrivons.
Alors, je vous présente :
L’autre jour, je suis arrivée et lui ai dit « je sais que tu t’intéresses un peu à la langue et j’ai appris que le point sur la lettre « i » s’appelle « iota » !
Au moment de la rédaction de ce « résumé », mon élève a été chargée de raconter au public présent ce qu’elle avait appris. Elle raconte, après quelques explications de ma part, qu’en fait la lettre « i » n’a pas toujours porté un point. Il a été introduit lorsqu’on a commencé à utiliser l’écriture cursive, c’est-à-dire, l’écriture liée parce qu’il était difficile de distinguer un « u » suivi d’un « i » ou si c’était la lettre « m », voire un « n » suivi d’un i ». Bref, il y avait des difficultés et au xie siècle (je sais, les siècles s’écrivent en petites capitales, mais cette plateforme n’en tient pas compte), les copieurs ont décidé de la différencier en lui mettant un signe un peu oblique « í », puis l’imprimerie s’est répandue au xve siècle et le signe a été réduit à un point dans de nombreuses polices de caractères.
Je profite de la situation pour parler du tréma et de l’expression « ne pas bouger d’un iota ». On le sait, cette lettre était tellement petite, la plus petite de l’alphabet grec… qu’il a fallu lui mettre un signe pour la distinguer.
Magnifique !
Le thème étant acquis, on peut passer à autre chose et on danse !
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A avut cândva Luly un contract în Italia (din cele multe pe care le-a avut acolo) și când a vrut să se întoarcă în țară, la graniță, vameșul italian îi cere actul de seggiorno :
Luly : n-am.
V : trebuie să aveți. N-ați putut intra fără nimic.
Luly : —
În ce domeniu lucrați ?
Balet.
Dovediți-mi !… Altfel nu veți mai putea intra în Italia timp de cinci ani !
Luly spune că i s-a făcut rău, a ieșit din mașină și că niciodată n-a mulțumit atât piruetelor și rond-de-jambe-urilor ca atunci. Povestește că toți turiștii și cei care erau la graniță se uitau încântați la acel specacol gratuit.
Și ? – o întreb.
Am trecut !
Odată, am invitat-o pe Luly la mine la Neuchâtel, în Elveția. A venit cu mașina ei – apropo, Luly a fost prima femeie-șofer din București ! Și-a luat permisul de conducere, cu numărul 111, în 1956! Nu mai știu unde, dar Luly spune că mașinile sunt, de asemenea, o pasiune pentru ea. Fapt ce corespunde cu caracterului ei.
La întoarcere în țară, am călătorit împreună. Eu eram căpitanul de bord, nu că aș fi vrut sau că aș fi avut vreun dar pentru așa ceva. Știam ce e aceea o hartă… dar atât. Luly mi-a pus-o în mână și a zis : tu indici drumul ! La acea vreme n-aveam puterea de a o contrazice. Și azi ? De multe ori nici azi ! În sfârșit, am plecat și trebuia să ajungem la granița cu Austria (Luly avea viză atunci pentru această țară). Și vă inchipuiți că, dacă scriu, este pentru că n-am ajuns acolo, ci în Italia ! Cine o știe pe Luly și-o poate imagina perfect: « Dar, cum de n-ai citit bine ? » Vameșul a venit la noi. Am explicat că am greșit, Luly a explicat că ea era balerină și eu am zis că eram judoka… Ce puteam să spun? Așa am reușit să trecem de la un punct de graniță la altul fără amenzi sau alte cheltuieli.
Nu pot să nu vorbesc despre Ileana Iliescu, marea balerină care a iluminat toată adolescența și formarea mea în dans clasic la București, România.
Personaj sclipitor, vioi, Ilenana Iliescu avea o ținută regală pe scenă pe care și-a păstrat-o și în viața ei de toate zilele.
Am văzut mulți dansatori și balerine, fiecare cu calitățile lui, dar cea care m-a marcat cel mai mult, cea care întruchipa « dansul », « personajul » pe scenă este Luly. Până și acum, când ascult muzica baletelor pe care le-am văzut cu ea, o văd; chiar în pas de deux-ul « Anton și Cleopatra » din « Faust », un pasaj scurt dar foarte expresif, o văd pe ea când aud muzica.
Viața a decis să-i aducâ un omagiu în sensul că Opera din Iași, prin Beatrice Rancea, directoarea generalà, a invitat-o să colaboreze cu ei. Acolo a montat un « Lacul Lebedelor » absolut formidabil. Se știe că coregraful Oleg Danovski a montat cea mai frumoasă coregrafie a acestui balet, mai ales la actul IV. Dacă Ileana Iliescu a pâstrat idea lui de lebede albe în acel act, fiecare mișcare din tot baletul este un dans. Se simpte influența Maestrului Romanovski, pentru care fiecare mișcare era un dans; absolut nimic nu este gratuit, forțat, muzica și dansul sunt unul și același lucru !
Mi-a fost totdeauna greu să mă uit la dansurile așa numite de caracter, care mi se par adăugate la balete tradiționale, deși la vremea lor era normal și în libret sunt logice. La Ileana Iliescu, aceste dansuri curg de la sine; fiecare pas, fiecare mișcare est un dans, armonios, frumos.
Am avut onoarea de a-l cunoaște și de a lucra cu Maestrul Romanovski care atunci era pensionar și aproape de plecarea de pe lumea asta. Și el și-a păstrat o ținută foarte elegantă pînă la sfârșit. Anna Pavlova, care a dansat cu el la Londra, i-a spus că nu văzuse nicodată un bărbat cu mâini atât de frumoase! Și într-adevăr, avea și el o manieră de a le mișca pe pare i-a tranmis-o Ilienei Iliescu.
Transmiterea cunoștiințelor este o știință complexă. Întâi trebuie să știm să transmitem, apoi, cel care primește cunoștințele trebuie să aibă talent sau, echivalentul acestuia, o știință inconștientâ și cel care o scoate la suprafață este maestrul. Niciodată nu s-a putut face un artist din cineva fără călitâți.
Ileana Iliescu în « Florea de Piatră ». O poză extraordinar de frumoasă (comentariu într-un alt articol mai târziu).
De ani de zile o cunosc pe Ileana Iliescu, Luly, pentru cei apropiați, care sunt o mulțime !
Luly are o poză făcută la ea acasă, de la care nu are negativul. Pe vremea când a făcut-o, nu se dădea prea multă importanță acestor treburi, deci n-a păstrat negativul.
La un moment dat, am avut o cunoștință care lucra la Kodak în București, Călin, un băiat foarte talentat la retuș de poze. El este primul care a aranjat mai bine poza ei, cu un fundal negru prelungit și, din eroare, a făcut și o a doua, pe un fond alb. Uneori erorile pot fi o reușită ! N-am păstrat copia celei albe, i-am dat tot lui Luly.
Când am vrut să pun pozele lui Luly pe saitul meu, m-am revezuit tema, că să zic așa : pozele de mai jos au fos retușate de Mathilde, o altă persoană foarte talentată care lucrează la Cighelio, la Neuchâtel. Mi se par superbe !
În aceste ultime versiuni, Luly pare că zboară și arabescul ei este perfect : linia picioarelui de bază, a spatelei și a gâtului sunt paralele !
Fiecare dansator are ritualul lui : ajunge cu o oră, două înantea spectacolului, se încalzește, se machiază, repetă ce este mai greu sau marchează totul. Luly după ce odată la Lac a repetat diagonală din actul doi, ceea cu soutenu, doublu dégagé, și așa mai departe și nu i a ieșit așa bine pe scena, spune că astă i a ramăs în memorie coroporală și la spectacol, indiferent că publicul n-a văzut nimic, ea a știut că nu i-a ieșit cum ar fi vrut. De atunci a decis că nu mai repeta nimic ! Gen de decizie care cei pe care o știu pe Luly cunosc… De atunci, nimic ! Citesc cuvintele, si aud vocea lui Luly !
Complimente pentru Luly după după spectacolele ei.
Rolul preferat a lui Luly este de a spune lucrurile așa cum le vede ea: clare și curate. Cei care se duceau la ea în cabină după sepctacol să i facă complimente din gen « Vai, ați dansat extraordinar ! » sau « Zău că dansezi mai bine decât cutare sau cutare » se înșelau. Ai ultimi i spunea: să nu mă cumparați cu altcineva, nimeni n-are totul, fiecare are câteceva. Iar, la cei primi, ea spunea : știu eu că acolo sau acolo ceva n-a ieșit cum ar fi trebuit.
Luly spune că seara după spectacolul, acasă închidea ochii și vedea ca un film tot baletul, toți pași făcuți și revedea lucrurile bine făcute și cele unde un ceva lipsiseră.
Eu mențin că Luly a fost o regină pe scenă. Tot se plînge că maeștri cu care a lucrat nu au pus-so să lucreze coup-de-pied-ul. Există însă o explicație legată de teoria lui GDS (Godelieve Denys Struyf – lanțurile mușchiulare și articolare – pe care o practic și predau) și care corespunde cu personalitatea lui Luly. Nu oasele făc formă corpului. Lungimea tendoanelor, ligamentelor, felul cum folosim, prin personalitatea noastră, mușchii făc că avem un corp așa sau așa. Astă merită un capitol separat.
De fapt, cei care n-au coup-de-pied se chinuiesc cu tot felul de poziții, chinuri, dar de geaba. Rezultatul este deformarea labei cu consecințe grave mai târziu. Sunt poziții mai favorabile, un unghiu mai estetic, un endehors foarte pronunțat, șmecherie de meserie care ajută, dar atât. Prima mea surpriză a fost când l-am observat pe un bărbat care încrucișase picioarelor și i-am văzut un coup-de-pied extrem de frumos. M-am gândit că el nu îl folosea… și că ar fi stat mult mai bine la mine… Acum, după ani de zile, și după cursuri de educație permanentă cu Dr Benoît Lesage, am înțeles !
Voiam doar să spun că eu nu m-am uitat la labele lui Luly, pentru că personalitatea ei, ținută ei domneau. O regină scenei ca ea n-am mai întâlnit. Astă se vede și azi, când se plimbă pe stradă, când vorbește cu un director la hotel, un portar. Luly păstrează aliura ei de regina dar în același timp este de o amabilitate și o apropiere care face că omul se simte aproape de ea.
Comme je le dis souvent, les choses ont parfois une drôle de façon de s’enchaîner les unes aux autres. Cette fois-ci, c’est le cameraman, Roger Peeters, qui en est le moteur.
Il faut savoir qu’aux mois de juillet et août, je m’occupe de mon studio de danse, soit, je fais des nettoyages de fond à tous les niveaux car il est humide – c’est une cave, à l’origine. Alors, tout sortir, mettre au soleil, laver, réparer, réviser, etc. c’est un gros travail. Voilà que cette année-ci, j’ai un problème avec certains de mes chaussons de danse neufs. Je les prends pour les amener à la maison et les nettoyer lorsque je rencontre Roger et un copain qui visite tous les pays de l’Union européenne. Il fait cela sans un sou en poche dans le cadre d’un projet appelé « Je cherche la vie » qu’il s’est créé. Le fond de l’affaire est que notre vie est de plus en plus basée sur l’argent ; le terme « rentabilité » s’applique à toutes les sauces et c’est là le problème, tout est ramené à ce que l’activité exercée ou le produit vendu rapporte. Arie , c’est son nom, s’est dit qu’il allait approcher les gens, leur dire qu’il vit sans argent et leur demander s’ils peuvent l’aider ou lui offrir un de leurs produits. Cela a l’air curieux, mais ce qui l’intéresse c’est le rapport que les gens entretiennent avec les choses qu’ils vendent, ce qu’ils produisent ou revendent.
C’est sûr qu’une personne qui aime son métier, est bien plus heureuse et productive qu’une personne qui fait la chose parce que c’est ce qui lui permet de payer ses charges ou parce qu’il n’a pas les moyens de faire autrement.
On s’est bien entendus à cet égard. J’ai de la peine avec l’argent, moyen qui permet de régler bien des choses mais qui a été créé par l’homme. Nous venons sur Terre sans argent et nous partons sans argent. Certains disent que ce n’est qu’un moyen d’échange, sorte de troc, mais cela ne m’enlève pas ce drôle de malaise qui m’envahit à chaque fois que je dois me faire payer. Non pas que je minimise mes services, mais c’est la valeur monétaire qui me dérange, car comment faire payer un plaisir ? Or, la plupart du temps, je fais les choses par plaisir.
Comme Arie ne restait que trois jours à Neuchâtel, j’ai invité Roger et Arie à un apéritif pour le lendemain. Roger a été ravi et a dit qu’il arriverait avec un autre de ses amis en vacances chez lui et son amie.
Du fait que je suis en plein rangement dans mon studio… J’ai dû inventer du temps et donner de l’allure aux plats de l’apéritif ! Les voici :
J’ai préparé les deux plats avec soin. Il m’a manqué un peu de couleurs. J’aurais mis du organge et du rouge, mais n’ai pas eu le temps de tout faire. J’ai pensé à leur demander d’imaginer des fleurs de couleurs tout au tour des plats, mais la rencontre a été tellement naturelle, chaleureuse, intéressante que j’ai oublié de le faire !
En guise de boisson, nous avons eu du kéfir et du Mauler rosé, notre champagne local, dont il ne reste que les deux bouchons ci-dessus !
Je disais donc que le thème du projet d’Arie m’intéresse. Je ne fais pas de voyage comme lui, mais lorsque je rencontre quelqu’un, j’aime trouver les portes qui sont ouvertes et parfois en ouvrir d’autres. Ainsi, l’autre jour, j’ai demandé le prix d’un produit à un caissier. Je n’ai pas compris si le 40% était déjà déduit ou pas, il m’a dit que c’était le cas, a pris sa calculette et m’a donnée celui à 100%. Cela s’est fait en deux temps, trois mouvements ! J’ai trouvé cela remarquable et lui ai demandé s’il était bon en calcul et mathématique à l’école. C’était le cas. Je lui ai dit qu’il y avait en France un mathématicien qui fait actuellement de la politique et dont j’étais en quelque sorte amoureuse, Cédric Villani, homme fort intelligent qui parle de « la mathématique », de même qu’on parle de « la physique », « la chimie ». Le caissier a réfléchi une seconde et a dit que le mathématicien en questioin avait raison. La prochaine fois, je vais lui demander quels sont ses intérêts professionnels et peut-être l’encourager, si besoin est, à continuer avec une branche utilisant la mathématique.
J’ai déjà fait ce genre d’exercice avec succès. J’aime aider.
À un moment donné de la conversation est venu le thème des maquillages et j’ai montré le genre que je fais. Cela a intéressé l’autre ami de Roger, Marcel – en fait copain d’études. Il désirait despuis longtemps une peinture corporelle, un body painting. De fil en aiguille, on s’est donné rendez-vous pour une séance. Lire la suite dans la rubrique « Body painting ».
Voilà les quatre amis :Arie, Roger, Marcel , Leidi, à l’entrée de mon studio la « Cave perdue ». De là à penser que ce serait la bande des quatre… Il y a un pas qu’on ne saurait franchir !
Je m’aperçois que j’ai oublié de parler du spectacle. J’ai d’abord voulu présenter uniquement le « Piano fantasque », puis, voyant la qualité du public et son ouverture, j’ai présenté presque toutes les danses du spectacle de cette année ! Arie s’est fait l’interprète en disant qu’ils avaient aimé ce que je faisais et la façon dont je le faisais. Je leur ai donné l’impression d’être dans mon élément. C’est un compliment que j’apprécie (j’ai l’impression d’avoir passé l’examen d’Arie…) !
Et à propos du caissier dont je parlais plus haut, il m’a expliqué, lors d’un autre passage dans son magasin, qu’il partait en Amérique (USA ou Canada, je ne sais plus), étudier le marketing. Après avoir écouté ce que je pensais du marketing actuel, il m’a dit qu’il ferait en sorte d’avoir un marketing honnête. Chapeau !
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