La danse et le monde de Zully, ou la danse mène à tout.

Ces derniers temps, pour des raisons particulières, je présente des spectacles très souvent et invite des amis, des connaissances, des gens que je trouve intéressants.

Le thème principal est celui de la difficulté. Lorsqu’on se trouve devant l’une d’elles, il y a bien des façons de se comporter, je pense qu’il faut faire face. Ce n’est pas toujours facile, mais il faut quand même se dire qu’on n’est pas né pour être malheureux, qu’il y a toujours une solution. Si je regarde ma vie, je m’en suis toujours sortie et très très souvent à mon avantage bien que parfois j’aie eu l’impression d’avoir laissé des plumes…

Cette semaine, nous avons eu Roger. Un gaillard rencontré au self-service de la Migros, l’un de nos supermarchés. Je l’ai entendu parler avec un ami et j’ai remarqué qu’il parlait très bien. Je suis sensible aux gens qui parlent bien, d’autant plus quand ils sont étrangers, ce qui était son cas. Je le félicite donc et on entre en conversation, on a échangé quelques courriels, puis silence.

Organisant donc mes spectacles, je tombe sur son adresse électronique, reprends contact avec lui et lui demande de venir, avec des amis, si cela lui dit. Il répond qu’il vient seul.

J’ai invité d’autres personnes, neuf, mais… vendredi passé, Roger s’est retrouvé seul dans notre petite salle ; cela ne l’a pas démonté. J’ai expliqué que pour des raisons qui nous échappent, la vie nous réserve des surprises et tant sa présence que l’absence des autres en faisait partie.

Bien nous en a pris, car il a amené une façon de voir la vie très intéressante et l’une d’elles concerne les tables de multiplication. L’élève, quinze ans, avec laquelle je présente ces spectacles a maille à partir avec lesdites tables. Mon élève était déjà partie lorsque nous en avons parlé. Il a fait un schéma sur une petite feuille et je me suis dit que j’allais le refaire. C’est fabuleux. Je l’ai fait deux fois et la deuxième fois, j’y ai découvert d’autres choses, j’ai aussi compris une phrase que Roger avait dite lorsqu’il construisait son schéma et que j’ai comprise sur le moment, comme on comprend une phrase qui est logique, mais ce n’est que maintenant que je la vis. Voici le second schéma que j’ai fait et déjà transmis à mon élève. La phrase est en lien avec la confiance. J’en parlerai une autre fois.

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Quand Roger a fait le schéma, il est parti de l’axe des coordonnées pour montrer  la progression logarithmique. Je me suis dit que j’allais faire le prolongement des lignes à gauche parce qu’elles devaient se croiser et que les lignes allaient s’inverser.  C’est magnifique à voir !
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Et voilà ! Ce graphe me donne une immense joie !
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Le premier graphe

Je viens de refaire le premier graphe, sans la prolongation à gauche, et donc sans le point de rencontre. Je ne peux que dire que sa construction me procure une immense joie, comme si je découvrais quelque chose, puis lorsque je regarde l’image et la laisse entrer en moi c’est comme si je rencontrais l’infini.

Lors de la construction, la première fois, j’ai compté les carreaux. En effet, sur l’abcisse, on reporte les tables, celle du deux est la première. Cela veut dire que sur la l’ordonnée on va retrouver les produits : 2, 4, 6, 8, 10 etc. Ensuite, on a la table du 3, puis celle du 4. En dessinant celle du trois, j’ai compté trois carreaux, six carreaux. On s’aperçoit alors, qu’il n’y a pas besoin de les compter, car le premier nombre de chaque table est décalé d’un nombre par rapport au précédent. C’est logique, 2, 3, 4… 9, 10, etc. Puis, lorsqu’on passe au second terme, soit 6 pour le 3, 8 pour le 4, 10 pour le 5, on s’aperçoit qu’il y a décalage de deux carraux entre deux colonnes, que pour le troisième terme il y a trois carreaux et ainsi on trouve une progression logarithmique. C’est moins compliqué à construire qu’on ne le croit.

Ensuite, en regardant le graphe fini, j’ai eu l’impression de contempler la beauté. Je me suis sentie dans la peau d’un Grec qui travaille avec la perspective. C’est une émotion très profonde, une sorte de vertige. Il doit y avoir autre chose à « voir » dans ce graphe, la construction de quelque chose de grand. Tout cela, parce que j’essaie de trouver la porte qui ouvrira l’appétit de mon élève pour les mathématiques !

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Le personnel à la caisse des grands magasins

C’est un personnel qui est encastré, pour ainsi dire, dans un tout petit espace et qui fait passer des quantités de produits entre ses mains. A la fin d’une journée, la personne a déplacé des kilos et des kilos ; elle a utilisé tout le temps les mêmes muscles qui, à la longue, s’épuisent.

Le personnel à la caisse finit par avoir des problèmes d’épaules et de poignets. La plupart finit par être opéré et ses activités en sont affectées. Cela s’appelle des troubles musculo-squelettiques (TMS) et donc maladie du travail. J’ai connu le cas de personnes qui ont dû changer d’emploi ou diminuer leur temps de travail parce que l’assurance invalidité ne voulait pas les prendre en charge.

De plus, ce personnel est à l’entrée des magasins et mal protégé contre le froid. Tout dernièrement, un magasin d’une de ces chaînes a procédé à des travaux dans ses locaux afin de les « moderniser ». Résultat : la chaîne du froid a été augmentée et le personnel à la caisse a encore plus froid. Les responsables de la chaîne, qui n’y travaillent pas, leur ont distribué des gilets… Un autre magasin n’a pas d’aération et en été ils ont trop chaud. Dans un autre magasin encore, l’aération a provoqué une maladie chez un employé. Cela coûte plus d’argent au magasin de remplacer le système que de mettre l’employé en congé maladie. Que dire ?

Préoccupée par le cas du personnel aux caisses, j’ai envoyé une lettre à l’une des directions de ces magasins en disant qu’il y avait des exercices tout à fait simples qui ne nécessitaient pas de faire une pause spéciale et que je pourrais montrer au personnel afin de lui éviter les problèmes musculaires et articulaires mentionnés. Réponse : Nous vous remercions pour votre information et la transmettons au service concerné. Depuis… Rien !

Commentant l’affaire avec un gérant, il m’a répondu : ce personnel va disparaître ! Les caisses automatiques vont les remplacer.

Ce serait pourtant si simple de pratiquer certains exercices…

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Les agences de voyage CFF

Les agences de voyage CFF (Chemins de fer fédéraux) ont fermé en Suisse. Je me suis battue pour  les maintenir ouvertes. Il y a eu deux étapes à Neuchâtel, Suisse :

1. D’abord, il y a eu la fermeture de l’agence qui se trouvait au centre-ville. Elle rendait bien des services aux gens qui venaient en ville faire leurs achats et qui passaient à l’agence pour prendre leurs billets ; parmi ces clients, il y en avait qui venaient en tram depuis les villages environnants.

Il y a eu une pétition lancée par le syndicat des moyens de transport. J’ai pris contact avec les différents médias neuchâtelois pour qu’ils en fassent un sujet. Certains d’entre eux n’ont pas pu le faire parce que le sujet était « sensible ».

Pendant ce temps, un groupe de citoyens, dont moi, a été entendu par les responsables des CFF. Je me suis même déplacée aux quartiers généraux des CFF, à Berne. Peine perdue, les CFF ont déclaré qu’ils avaient un local à la gare. Or, celle-ci est située tout en haut de la ville et donc incommode tant pour ceux qui font leurs courses en ville que pour ceux qui viennent en tram.

2. Même pas une année après le déménagement à la gare, toutes les agences de voyage CFF ont été fermées en Suisse. Je me suis renseignée, c’est en Suisse allemande que certaines agences ne fonctionnaient pas bien. Celles de Neuchâtel, Yverdon, Lausanne et Genève étaient en chiffres noirs ! Là aussi, j’ai pris contact avec différents médias, mais le ton était donné et au lieu d’envoyer un journaliste chevronné au front, le journal de la ville a envoyé une stagiaire qui ne connaissait pas bien le sujet.

Par courriel ! En plus, les employés des CFF ont reçu l’annonce de la fermeture de leur agence par courriel ! C’est un manque total d’égards.

Voici un extrait de mon intervention devant les responsables des CFF qui ont accueilli le groupe qui s’est occupé de la pétition à Neuchâtel en juillet 2012. Après avoir parlé des moyens de faire des économies, thème tellement à la mode, j’ai ajouté : « Et maintenant, vous vous trouvez devant le dilemme d’augmenter la entabilité ou…. Mais, non, vous n’êtes pas dans un dilemme, vous avez pris le train, pour utiliser une image de votre monde, le train de la rentabilité ; c’est un TGV qui va à toute vitesse et qui, pour des raisons d’économie, tout comme vous le faites, n’a pas de fenêtres. Car à quoi bon une fenêtre, on pourrait voir des choses, une vue globale et ce serait une perte de temps ! »

Il est vrai que personne n’a été licencié. Mais, de voir ce personnel avec des connaissances qui dépassent le cadre de la vente de billets de train locaux au guichet ou même les voir accueillir les personnes qui vont acheter un billet pour les guider vers les automates… Me met très mal à l’aise et me fâche.

Une dernière nouvelle. Je viens d’apprendre que la personne qui a procédé à la fermeture des agences avait été engagée juste pour cela, elle n’est plus dans les parages ! Je ne reconnais pas la Suisse.

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Lien vers : Questions sociales