Photo d’André sur le plateau de Franc-Parler, émission de la TSR.
Lorsqu’un être cher quitte ce monde, on a parfois de la peine à comprendre ce que cela veut dire et on cherche par tous les moyens à le faire revivre. C’est ce qui m’est arrivé avec André. Maintenant que j’ai une plateforme et que j’ai pu me procurer une copie de l’émission « Franc-Parler » de notre télévision romande, faite le 29.06.1985, je me fais une joie de la mettre ici-bas. Je profite pour remercier le service des archives qui a été d’une efficacité remarquable !
Lien : je n’arrive pas à télécharger l’enregistrement vidéo, aussi, me suis-je rabattue sur un enregistrement audio pour le plaisir d’entendre la voix d’André en plus de ses arguments pertinents !
Au moment où je n’arrivais pas à télécharger la vidéo, j’ai téléchargé l’enregistrement sous forme audio. Je me suis donné tant de peine, que je laisse les deux versions !
Ah, oui, la culture… Tout comme André, sans que nous ne nous soyons jamais concertés à ce sujet – parenthèse, c’est ce qui a été formidable dans notre relation, nous n’avions pas besoin de nous concerter pour être sur la même longueur d’onde. Et quand je ne savais pas quelque chose, et qu’il me l’expliquait, cela allait de soi. Inversement aussi. C’était le bon temps ! Fin de la parenthèse – (à propos de parenthèses, André était un admirateur de l’humoriste Alphonse Allais qui utilisait justement les parenthèses de cette façon-là ; c’est d’ailleurs la seule façon de faire, mais le fait même de dire « parenthèse » était comique, surtout quand André lisait ses textes, et aussi raffiné. Or André était un être très raffiné) – je disais donc, la culture, oui, tout fait partie de la culture, les modes de communication, si à la mode aujourd’hui, la façon de s’habiller, les codes du trafic routier, le commerce, les réclames, tout. Le discours d’André est concis, intelligent et s’applique encore au monde d’aujourd’hui !
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Ainsi que je le raconte dans « Rencontres particulières11 : Freddy Landry », ce qui a permis que nous nous rencontrions ce sont les articles de journal, parus dans la « Lutte syndicale » en 1960. Voici les deux articles. Le premier est une revue de presse au sujet du premier spectacle du premier TPR « La Cruche cassée ».
Comme on le voit, Freddy a signé l’article en septembre 2019, soit quelques années… après qu’il l’a écrit !
Afin de rendre plus aisée la lecture du second article, j’ai procédé à un montage. Freddy explique l’effort fait par la troupe du TPR pour que le public comprenne le message d’une pièce, à savoit l’utilisation de moyens proches du monde du cinéma. On reconnaît bien là l’homme de cinéma.
Il existe une version signée par Freddy, elle viendra un de ces jours.
« Et elle arriva ! »
La voilà, la fameuse signature ! Elle figure sur le montage original que je ne vais pas découper. Le texte est moins lisible que sur la copie, mais l’important c’est d’avoir la signature du maître !
Je reviens sur l’arrivée de ces articles dans ma vie : je remets à Mado, la femme d’Ernest Grize, premier régisseur du Centre culturel neuchâtelois (CCN), la montre, de son mari, que j’ai trouvée parmi les affaires de mon ami André Oppel, ancien et seul directeur artistique du CCN, parti au ciel il y a des années. C’est une montre Borel, de Neuchâtel, de 1951 (le reste de l’histoire se trouve dans l’article « Une montre parmi les affaires d’André » – voir lien ci-dessous). Je demande à Mado si elle a des documents sur le CCN, elle me dit que oui et en fait me remet les deux articles écrits par Freddy. Curieusement, Ernest et André avaient travaillé au TPR et Freddy avait fait état des activités de la compagnie théâtrale via ces deux articles. Ils sont réunis dans un même monde dont je fais partie. Je suis parcourue par une onde intemporelle.
Si au premier abord je me suis demandé ce que ces articles venaient faire dans mon histoire de vie, je ne tarde pas à remercier Mado du fond du coeur, car ces articles ont ouvert la voie pour que j’aie une rencontre réellement extraordinaire avec Freddy, dont le départ au ciel m’a bien laissée sur ma faim… (voir lien ci-dessous).
Lien vers :
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Pendant des années, j’ai croisé Freddy Landry, l’homme de cinéma, en allant à mon studio de danse, car il habite presque en face. On s’est salués, chacun sachant plus ou moins qui était l’autre. Puis, je l’ai vu aller un peu moins bien. Je lui ai proposé mon aide, une autre voisine aussi. Jack, celui qui fait partie de mes histoires horlogères l’a également proposée, mais Freddy Landry avait ce qu’il lui fallait.
Magnifique photo de Freddy Landry. On le dirait dans un tableau !
Il m’a expliqué, il n’y a pas si longtemps, que puisqu’il devait utiliser un déambulateur, il avait renoncé à son abonnement au journal « Le Monde » afin de s’obliger à aller au kiosque pour l’y acheter. Les fois où j’ai voulu l’aider à manier son appareil, il a répondu qu’il désirait rester le plus indépendant possible. J’ai regretté de ne pas pouvoir l’aider, mais admiré et salué son attitude.
Dernièrement, j’ai reçu des documents relatifs au premier « Théâtre populaire romand », le TPR. André Oppel, mon ami y avait été le graphiste et y avait joué, Ernest Grize régissait et y jouait aussi. C’est Mado, la femme d’Ernest, qui m’a remis les documents parmi lesquels il y avait deux articles écrits par Freddy Landry. L’occasion pour moi d’approcher cet homme toujours si réservé et de lui demander un autographe !
Il a été content de voir ces articles et cela lui a rappelé bien des choses. C’était l’époque où une équipe de comédiens amateurs et d’intellectuels voulait apporter le théâtre et la culture en général au peuple. Il en est résulté deux pièces : « La Cruche cassée » et « Les Fourberies de Scapin ». Il y a eu polémique, car les spectacles ont été jugés trop orientés politiquement. La « Fédération des Ouvriers de la Métallurgie et de l’Horlogerie » (FOMH devenue par la suite la FTMH) avait financé, je ne sais pas si intégralement, la troupe et il fallait justifier l’investissement par un acte culturel. C’est la raison des articles.
Ces deux articles nous ont apporté des choses magnifiques. Freddy Landry et moi nous sommes aperçus que nous avions bien des connaissances en commun. L’un des protagonistes du TPR, Bernard Liègme, avait été mon professeur de littérature étrangère à l’École Supérieure de Jeunes Filles de Neuchâtel. Un professeur qui vivait tellement ce qu’il disait que parfois, sentant très fortement notre attention – comme si elle lui arrivait au visage – s’arrêtait pour nous dire que ce n’était pas son texte mais celui de tel ou tel auteur ! C’est chez lui que j’ai appris à approfondir les matières enseignées en cours. J’ai fait comme l’une de mes amies ; j’ai cherché des informations supplémentaires sur un sujet avant un travail écrit et j’ai vu ma note monter ! Cela a été un déclic pour moi. Je ne peux pas citer toutes les connaissances communes à F.L. et à moi, mais il y en a une en particulier : Sophie Piccard. Il se trouve que Freddy Landry a étudié la mathématique, que Sophie Piccard a été l’un de ses professeurs à l’université et cela a suffi pour que je me sente en famille !
J’ai une affection particulière pour Sophie Piccard. On le sait, elle a été brillante en mathématiques (je reprends le pluriel alors que je suis passée au singulier depuis que je suis la logique du mathématicien Cédric Villani (autre personnage que F.L. et moi admirons), mais c’est pour souligner qu’elle a enseigné plusieurs branches. Elle a eu une vie quelque peu compliquée. En effet, son diplôme universitaire de Smolensk (Russie), n’a pas été reconnu en Suisse, à Neuchâtel plus particulièrement, et elle a dû recommencer ses études depuis le début. Afin de subvenir à ses besoins, elle a été secrétaire du journal local neuchâtelois La Feuille d’avisde Neuchâtel. Elle a été professeur universitaire de mathématique, tout comme un collègue qu’elle avait, mais son salaire était plus bas que le sien et que celui des autres professeurs masculins. Après son départ à la retraite, chaque branche enseignée par elle a été reprise par un professeur distinct. C’est dire !
Freddy Landry me raconte que Sophie Piccard avait son bureau au sous-sol de l’université, qu’il n’avait pas de fenêtre mais des impasses, alors que son collègue, arrivé après elle, avait un bureau au premier étage avec fenêtres… Leurs relations ont été tendues et Sophie Piccard s’est sentie mal appréciée. Elle avait d’ailleurs l’allure d’une personne qui souffrait et faisait penser à une femme de moujik. Je l’ai rencontrée en fin de vie, pour ainsi dire. Ma mère avait traduit les ouvrages que sa mère avait écrits et, à un moment donné, mademoiselle Piccard a été enfermée à « Préfargier », endroit où l’ on « met » ceux qui ne sont plus maîtres de leur pensée. Je me suis dit que si j’allais la voir, lui parler en russe, je pourrais la ramener à ce qu’on appelle « la raison ».
Au moment où j’ai voulu intervenir, elle avait été placée dans un home pour personnes âgées, pas très loin de chez moi. Je lui ai rendu visite, les choses se sont bien passées et tous les lundis après-midi, j’allais pendre un cours de russe avec elle. Nous avions décidé d’étudier les livrets des ballets, notamment les russes.
En ce qui concerne son caractère, on disait qu’elle souffrait d’une sorte de maladie de la persécution, ce qui la poussait à avoir plusieurs serrures dans les différents appartements qu’elle a habités. Il semble que ce n’était pas facile de communiquer avec elle. Mais, j’ai eu de la chance, nous avions des thèmes communs, des amours communes. J’ai eu une frayeur une fois, car je suis partie avec son crayon. Lorsque je suis retournée la semaine suivante, j’ai eu peur qu’elle ne soit très fâchée… Je suis entrée et lui ai annoncé que j’étais partie avec son crayon. « Je sais », a-t-elle simplement répondu. Quel apaisement !
M’intéressant à ces souffrances qu’on disait qu’elle avait, nous en avons parlé et je ne sais plus quel conseil je lui ai donné, mais un jour elle m’a dit qu’elle se sentait soulagée ! Cela a été un moment extraordinaire ; ses yeux, d’un vert magnifique, d’un vert que je ne pourrai jamais oublier, d’un vert qui me fait entrer dans la mer, dans un monde de joie, brillaient. J’ai demandé à la responsable du home de m’avertir si jamais elle partait au ciel. Je voulais lui faire la tresse qu’elle portait toujours. J’ai été avertie trop tard, mais cela a été pour un bien, car les pompes funèbres l’avaient remarquablement coiffée. Elle avait l’air d’une duchesse ! Je suis bien contente, car c’est ainsi que je la considérais. J’ai eu l’honneur d’avoir été la personne qui a parlé lors de son service funèbre. J’ai notamment dit que si elle avait eu un comportement difficile avec certains, avec moi cela n’avait jamais été le cas et ai rapporté l’histoire du crayon.
Freddy raconte qu’il a passé le certificat de géométries (descriptive et une autre), soit 1/4 de la licence, avec Sophie Piccard et que l’épreuve avait été facile. Il en est allé de même avec M. E. Guyot, dit « Pique-Lune« , le professeur d’astronomie. Je suppose que ce sont les gens doués qui parlent ainsi. Il a encore passé le calcul différentiel, 1/8 de licence, avec le professeur Fiala, plus statistiques (1/8) et probabilités (1/8) toujours avec Sophie Piccard. Freddy a été l’assistant du professeur Félix Fiala, lequel, pendant son rectorat a acheté (sous forme de fondation) le foyer des étudiants. Au moment où j’ai rédigé l’article, Freddy n’a pas pensé à me dire qu’à l’époque, il était le président de la Fédération des étudians neuchâtelois (FEN) ! C’est intéressant de savoir qu’il a été l’un des acteurs de l’histoire universitaire. On est en 1955.
Au moment où j’ai su que Freddy Landry était prof de maths, je me suis exclamée :
Mince alors ! Moi qui ai cherché pendant longtemps un prof qui ouvre les portes de la mathématique à mon élève adolescente et m’explique deux ou trois choses alors que vous étiez en face !
Oh ! mais je n’ai jamais été à l’aise devant une seule personne ; j’ai toujours préféré les grandes clases.
Oh, mais là on est deux ! lui ai-je dit. F.L. a attendu que l’image arrive à son cerveau et a éclaté de rire.
En écrivant l’article et en revivant le moment, je ne sais pas si j’ai voulu dire qu’on serait deux au cours ou qu’on était présentement deux ou encore les deux à la fois. C’est probablement cette dernière version que notre conscience a comprise.
A propos de sport, Freddy Landry a fait du football et a joué dans l’équipe du FC Cantonal. Lors des championnats nationaux de 1950, il a joué, même s’il faisait partie de l’équipe de réserve. Il s’est trouvé en milieu de terrain, a senti un joueur de son équipe derrière lui, pour une raison qui lui échappe, il a craint d’être attaqué par le côté et a fait une passe arrière au joueur dont il est question, mais la balle a fait un tour d’arc et est arrivée derrière le dos du gardien… de sa propre équipe. Freddy a arrêté le foot !
J’ai montré à Freddy la photo du bâtiment qui a abrité la première fabrique d’horlogerie du père de Jack Froidevaux (Fabrique d’Horlogerie Froidevaux S.A – Neuchâtel) et cela l’a fait penser à l’ancien impôt français sur les fenêtres : plus on avait de fenêtres, plus c’était le signe qu’on était riche et plus l’impôt était important… Alors, les fabriques, astucieuses, ont misé sur des fenêtres très rapprochées. Ainsi elles étaient considérées comme une seule fenêtre et payaient moins d’impôt ! L’histoire de ces fenêtres est très intéressante, car non seulement les ouvriers avaient plus de lumière, mais elle était naturelle – thérapeutique, ajoute Freddy avec raison. L’impôt sur les fenêtres a disparu, mais les fabriques ont continué à avoir plein de fenêtres et c’est tout au bénéfice des personnes qui y travaillent !
Bien sûr, nous avons parlé de cinéma. Je ne peux pas combattre sur son terrain, mais là aussi on a trouvé un autre terrain d’entente. J’avais une série de DVD de films classiques russes, une quinzaine, et il y en avait qu’il ne connaissait pas. Quand il les a eus en mains, il a dit « Mais, j’ai encore des choses à faire! ». Cela a été un moment fort. On en a regardé quelques-uns avant qu’il ne parte définitivement à Genève, chez sa fille qui habite au « Passage de la Fin ». Nous avons passé de bons et longs moments ensemble. Mes visites duraient de 2 à 7 heures, car au moment de partir un nouveau sujet de conversation surgissait. Je garde le souvenir d’un homme d’une grande douceur, d’une acuité intellectuelle remarquable et d’une grande écoute. J’ai aussi aimé l’élégance de son discours, chose qui se fait rare de nos jours. J’aime la langue et avec lui c’était un plaisir que de l’entendre. J’ai été conquise.
Je reviens sur les yeux de Sophie Piccard. Freddy m’a dit qu’il ne se souvenait pas d’avoir vu ses yeux verts… Je lui ai expliqué qu’elle portait des lunettes et qu’on ne voit pas toujours la couleur des yeux d’un professeur qui se tient souvent à distance. Ce qui a aussi été le cas pour moi avec lui. Comme dit au début, je l’ai croisé pendant des années et ce n’est que lors de mes visites chez lui que j’ai vu la magnifique couleur bleue de ses yeux, si grands et si purs. J’ai senti que je pouvais y entrer en toute confiance et c’est ce que j’ai fait. Je lui suis profondément reconnaissante pour tous ces moments passés ensemble. J’aurais voulu qu’ils ne finissent pas.
Je ne citerai que l’un des DVD vus ensemble : « Les Gradés et les Hommes ». Il s’agit de trois nouvelles de Tchékhov tournées par Iakov Protozanov, l’un des réalisateurs russes les plus célèbres entre 1915 et 1920. C’était fascinant de suivre les remarques de F.L. car ce sont des films muets, accompagnés de musique – comme il se doit – et où il est finalement question de pouvoir, de qui détient le pouvoir et de ce qu’il en fait. Thème toujours d’actualité. Nous avons senti les films de la même façon. Fascinant !
Voici une autre preuve de son acuité intellectuelle. L’un de mes thèmes favoris est celui du cheminement de la pensée. Je lui parle de l’intuition, et, faisant un raccourci, je lui dis que c’est la réponse à une question qu’on ne s’est pas posée. Et F.L. dit : « Qu’on ne s’est pas encore posée ! » Je reste suspendue en l’air… car c’est vraiment cela. Il ne sait pas combien de choses il sait au sujet des ouvertures temporelles dont le physicien Jean-Pierre Garnier-Maletparle… On est vraiment du même monde !
En parlant du nombre ∏ (pi) et de ses décimales, je lui dis que Pythagore n’avait pas eu connaissance des décimales, mais que l’écrivain Marcos Chicot, dans son livre El Asesinato de Pitágoras (L’Assassinat de Pythagore) fait une démonstration de la façon dont Pythagore aurait pu trouver le fameux nombre. Freddy parle des polygones dans un cercle (méthode mentionnée dans le livre) et j’ai du plaisir à l’entendre me dire cela. À propos des décimales de ∏, Freddy dit que pour se rappeler des dix premières décimales, il y avait la phrase reprise de l’un de ses professeurs qui était : « Que j’aime à faire apprendre un nombre utile aux sages. » = 3 1 4 1 5 2 9 6 5 3 5. Le nombre de lettres correspond au nombre avec dix décimales ! C’est très joli. De plus, elles correspondent à celles que je garde en mémoire. Je trouve tout cela fascinant, même si je me répète ! Je suis tout simplement fascinée.
Lors de l’une de nos dernières conversations, je lui dis que j’ai rencontré un scientifique qui fait une démonstration assez étonnante du théorème de Pythagore avec un cercle inscrit dans un carré duquel on prolonge les coins… et Freddy ajoute « jusqu’à trouver un point ! » Il dit qu’on peut procéder ainsi jusqu’à l’infini. Au moment de la conversation, je n’avais pas le dessin sous les yeux et on s’est dit que j’allais le lui envoyer par la poste. Mais, Freddy est parti au ciel le lendemain… Il a rejoint l’infini et moi, j’ai un vide sans bornes…
J‘ai parfois l’impression que les personnes qui ne sont plus de ce monde continuent à me parler. C’est ainsi que désirant rendre service à mon élève adolescente dans le domaine de la mathématique, je suis tombée sur un article qui parle de Freddy qui m’apprend ce que j’écris plus haut, à savoir qu’il était le président de la Fédération des étudiants neuchâtelois au moment où l’université achète le bâtiment qui servira de foyer pour les étudiants en 1955. C’est comme si je pouvais communiquer avec ce fameux infini…
J’écrivais que j’étais fascinée par l’aventure avec Freddy, je le suis encore plus aujourd’hui, ce 2 juillet 2020. Je viens de recevoir le livre Mon cabinet de curiosités mathématiques de Ian Stewart. J’ai ouvert le livre au hasard – on le sait, le hasard n’existe pas – et suis tombée sur Pythagore, son fameux théorème et sur un chapitre intitulé Mémoire des nombres. Je vais demander à l’auteur si je peux le citer, car il parle de la suite de la phrase que Freddy connaissait au sujet du nombre ∏ ! Je n’ai pas réussi, pas encore…
2022. Les liens de la vie sont bien étonnants. Je viens de retrouver l’un de mes anciens professeurs de dessin, Anne-Charlotte Sahli ; je lui parle de Sophie Piccard qu’elle a bien connue et de Freddy. Elle me met en relation avec un ancien professeur de mathématique, Michel Clémençon. La chose la plus surprenante que j’apprends est que le père de Sophie Piccard, Eugène Ferdinand Piccard (1868-1927), est celui qui a électrifié Moscou ! (voir deux paragraphes dessous). C’est si magnifique… Moscou prend un nouvel éclairage dans mon monde.
Freddy. Je pensais à lui en me dirigeant vers mon studio de danse et vois un peintre en bâtiment travailler dans la maison à côté de mon studio. J’aime les travailleurs manuels et lui demande ce qu’il fait. On discute et j’apprends qu’il est le beau-fils de… Freddy ! Une fois son travail fini, le peintre, Marc, vient dans mon studio et je lui montre les chaises héritées de Freddy. Il les reconnaît. Je lui montre deux endroits que je viens de réparer dans ce qui autrefois avait été un cellier et il me fait un cours sur les différents ciments, mastics et autres matériaux pour réparer les murs souffrant d’humidité. J’en ai appris un bout et même pu réparer d’autres endroits de mon studio. J’ai eu l’impression que Freddy était là !
2024. Encore le hasard, cette fois-ci, c’est Jean-Jacques Clémençon, celui qui a été le directeur de notre ancien gymnase devenu Lycée Denis-de-Rougemont. Je le rencontre au home des Myosotis, où il était de passage, parce que je suis allée rendre visite à la femme du droguiste Schneitter. On se reverra quelques fois avant son départ au ciel. C’est une manie, tous ces gens qui s’en vont là-haut ! Il m’apprend que son frère et lui avaient eu une très bonne relation avec Sophie Piccard et rectifie l’histoire de l’électricité, il s’agissait non pas de la ville, mais du métro, et non pas de son père, mais de son oncle. Tout de même, c’est magnifique ! Quant à moi, je lui ai appris que Sophie Piccard avait fini sa vie aux Myosotis. Monsieur Clémençon a réussi à jouir pendant quelques mois d’un appartement protégé avant de s’en aller. J’ai aimé l’entendre me raconter des épisodes de sa vie avec plein d’humour.
Commentaire, deux façons de procéder :
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Pendant des années, j’ai croisé Freddy Landry, l’homme de cinéma, en allant à mon studio de danse, car il habite presque en face. On s’est salués, chacun sachant plus ou moins qui était l’autre. Puis, je l’ai vu aller un peu moins bien. Je lui ai proposé mon aide, une autre voisine aussi. Jack, celui qui fait partie de bien de mes histoires l’a également proposée, mais M. Landray avait ce qu’il lui fallait.
Magnifique photo de Freddy Landry. On le dirait dans un tableau !
Il m’a expliqué, il n’y a pas si longtemps, que puisqu’il devait utiliser un déambulateur, il avait renoncé à son abonnement au journal « Le Monde » afin de s’obliger à aller au kiosque pour l’y acheter. Les fois où j’ai voulu l’aider à manier son appareil, il a répondu qu’il désirait rester le plus indépendant possible. J’ai regretté de ne pas pouvoir l’aider, mais admiré et salué son attitude.
Dernièrement, j’ai reçu des documents relatifs au premier « Théâtre populaire romand », le TPR. André Oppel, mon ami y avait été le graphiste, Ernest Grize régissait et y jouait. C’est Mado, la femme d’Ernest, qui m’a remis les documents parmi lesquels il y avait deux articles écrits par Freddy Landry. L’occasion pour moi d’approcher cet homme toujours si réservé et de lui demander un autographe !
Il a été content de voir ces articles et cela lui a rappelé bien des choses. C’était l’époque où une équipe de comédiens amateurs et d’intellectuels voulait apporter le théâtre et la culture en général au peuple. Il en est résulté deux pièces : « La Cruche cassée » et « Les Fourberies d’Escapin ». Il y a eu polémique, car les spectacles ont été jugés trop orientés politiquement. La « Fédération des Ouvriers de la Métallurgie et de l’Horlogerie » (FOMH devenue par la suite la FTMH) avait financé, je ne sais pas si intégralement, la troupe et il fallait justifier l’investissement par un acte culturel. C’est la raison des articles.
Ces deux articles nous ont apporté des choses magnifiques. Freddy Landry et moi nous sommes aperçus que nous avions bien des connaissances en commun. L’un des protagonistes du TPR, Bernard Liègme, avait été mon professeur de littérature étrangère à l’École Supérieure de Jeunes Filles de Neuchâtel. Un professeur qui vivait tellement ce qu’il disait que parfois, sentant très fortement notre attention – comme si elle lui arrivait au visage – s’arrêtait pour nous dire que ce n’était pas son texte mais celui de tel ou tel auteur ! C’est chez lui que j’ai appris à approfondir les matières enseignées en cours. J’ai fait comme l’une de mes amies ; j’ai cherché des informations supplémentaires sur un sujet avant un travail écrit et j’ai vu ma note monter ! Cela a été un déclic pour moi. Je ne peux pas citer toures les connaissances communes à F.L. et à moi, mais il y en a une en particulier : Sophie Piccard. Il se trouve que Freddy Landry a étudié la mathématique, que Sophie Piccard a été l’un de ses professeurs à l’université et cela a suffi pour que je me sente en famille !
J’ai une affection particulière pour Sophie Piccard. On le sait, elle a été brillante en mathématiques (je reprends le pluriel alors que je suis passée au singulier depuis que je suis la logique du mathématicien Cédric Villani, autre personnage que F.L. et moi admirons), mais c’est pour souligner qu’elle a enseigné plusieurs branches. Elle a eu une vie quelque peu compliquée. En effet, son diplôme universitaire d’Odessa, Ukraine, n’a pas été reconnu en Suisse, à Neuchâtel plus particulièrement, et elle a dû recommencer ses études depuis le début. Afin de subvenir à ses besoins, elle a été secrétaire du journal local neuchâtelois « La Feuille d’Avis ». Elle a été professeur de mathématiqiue, tout comme un collègue qu’elle avait, mais son salaire était plus bas que le sien et que celui d’autres professeurs masculins. Après son départ à la retraite, chaque branche enseignée par elle a été reprise par un professeur distinct. C’est dire !
Freddy Landry me raconte que Sophie Piccard avait son bureau au sous-sol de l’université, qu’il n’avait pas de fenêtre mais des impasses, alors que son collègue, arrivé après elle avait un bureau au premier étage avec fenêtres… Leurs relations ont été tendues et Sophie Piccard s’est sentie mal appréciée. Elle avait d’ailleurs l’allure d’une personne qui souffrait et faisait penser à une femme de moujik. Je l’ai rencontrée en fin de vie, pour ainsi dire, Ma mère avait traduit les ouvrages que sa mère avait écrits et, à un moment donné, Mademoiselle Piccard a été enfermée à « Préfargier », endroit où l’ on « met » ceux qui ne sont plus maîtres de leur pensée. Je me suis dit que si j’allais la voir, lui parler en russe, je pourrais la ramener à ce qu’on appelle « la raison ».
Au moment où j’ai voulu intervenir, elle avait été placée dans un home pour personnes âgées, pas très loin de chez moi. Je lui ai rendu visite, les choses se sont bien passées et tous les lundis après-midi, j’allais pendre un cours avec elle. Nous avions décidé d’étudier les livrets des ballets, notamment les russes.
En ce qui concerne son caractère, on disait qu’elle souffrait d’une sorte de maladie de la persécution, ce qui la poussait à avoit plusieurs cerrures dans les différents appartements qu’elle a habités. Il semble que ce n’était pas facile de communiquer avec elle. Mais, j’ai eu de la chance, nous avions des thèmes communs, des amours communes. J’ai eu une frayer une fois, car je suis partie avec son crayon. Lorsque je suis retournée la semaine suivante, j’ai eu peur qu’elle ne soit très fâchée… Je suis entrée et lui ai annoncé que j’étais partie avec son crayon. « Je sais », a-t-elle simplement répondu. Quel soulagement !
M’intéressant à ces souffrances qu’on disait qu’elle avait, nous en avons parlé et je ne sais plus quel conseil je lui ai donné, mais un jour elle m’a dit qu’elle se sentait soulagée ! Cela a ét un moment extraordinaire ; ses yeux, d’un vert magnifique, d’un vert que je ne pourrai jamais oublier, d’un vert qui me fait entrer dans la mer, dans un monde de joie, brillaient. J’ai demandé à la responsable du home de m’avertir si jamais elle partait au ciel. Je voulais lui faire la tresse qu’elle portait toujours. J’ai été avertie trop tard, mais cela a été pour un bien, car les pompes funèbres l’avaient remarquablement coiffée. Elle avait l’air d’une duchesse ! Je suis bien contente, car c’est ainsi que je la considérais. J’ai eu l’honneur d’avoir été la personne qui a parlé lors de son sevice funèbre. J’ai notamment dit que si elle avait eu un comportement difficile avec certains, avec moi cela n’avait jamais été le cas et ai rapporté l’histoire du crayon.
Freddy raconte qu’il a passé le certificat de géométries (descriptive et une autre), soit 1/4 de la licence, avec Sophie Piccard et que l’épreuve avait été facile. Il en est allé de même avec M. Guyot, dit « Pique-Lune« , le professeur d’astronomie. Je suppose que ce sont les gens doués qui parlent ainsi. Il a encore passé le calcul différentiel, 1/8 de licence, avec le professeur Fiala, plus statistiques (1/8) et probabilités (1/8) toujours avec Sophie Piccard. Freddy a été l’assistant du professeur Félix Fiala, lequel, pendant son rectorat a acheté (sous forme de fondation) le foyer des étudiants. Au moment où j’ai rédigé l’article, Freddy n’a pas pensé à me dire qu’à l’époque, il était le président de la Fédération des étudians neuchâtelois (FEN) ! C’est intéressant de savoir qu’il a été l’un des acteurs de l’histoire universitaire. On est en 1955.
Au moment où j’ai su que Freddy Landry était prof de maths, je me suis exclamée :
Mince alors ! Moi qui ai cherché pendant longtemps un prof qui ouvre les portes de la mathématique à mon élève adolescente et m’explique deux ou trois choses alors que vous étiez en face !
Oh ! mais je n’ai jamais été à l’aise devant une seule personne ; j’ai toujours préféré les grandes clases.
Oh, mais là on est deux ! lui ai-je dit. F.L. a attendu que l’image arrive à son cerveau et a éclaré de rire.
En écrivant l’article et en revivant le moment, je ne sais pas si j’ai voulu dire qu’on serait deux au cours ou qu’on était présentement deux ou encore les deux à la fois. C’est probablement cette dernière version que notre conscience a comprise.
A propos de sport, Freddy Landry a fait du football et a joué dans l’équipe du FC Cantonal. Lors des championnats nationaux de 1950, il a joué, même s’il faisait partie de l’équipe de réserve. Il s’est trouvé en milieu de terrain, a senti quelqu’un derrière lui, pour une raison qui lui échappe, il a craint d’être attaqué par le côté et a fait une passe arrière au joueur dont il est question, mais la balle a fait un tour d’arc et est arrivée derrière le dos du gardien… de sa propre équipe. Freddy a arrêté le foot !
J’ai montré à Freddy la photo du bâtiment qui a abrité la première fabrique d’horlogerie du père de Jack Froidevaux (Fabrique d’Horlogerie Froidevaux S.A – Neuchâtel) et cela l’a fait penser à l’ancien impôt français sur les fenêtres : plus on avait de fenêtres, plus c’était le signe qu’on était riche et plus l’impôt était important… Alors, les fabriques, astucieuses, ont misé sur des fenêtres très rapprochées. Ainsi elles étaient considérées comme une seule fenêtre et payaient moins d’impôt ! L’histoire de ces fenêtres est très intéressante, car non seulement les ouvriers avaient plus de lumière, mais elle était naturelle – thérapeutique, ajoute Freddy avec raison. L’impôt sur les fenêtres a disparu, mais les fabriques ont continué à avoir plein de fenêtres et c’est tout au bénéfice des personnes qui y travaillent !
Bien sûr, nous avons parlé de cinéma. Je ne peux pas combattre sur son terrain, mais là aussi on a trouvé un autre terrain d’entente. J’avais une série de DVD de films classiques russes, une quinzaine, et il y en avait qu’il ne connaissait pas. Quand il les a eus en mains, il a dit « Mais, j’ai encore des choses à faire! ». Cela a été un moment fort. On en a regardé quelques-uns avant qu’il ne parte définitivement à Genève, chez sa fille qui habite au « Passage de la Fin ». Nous avons passé de bons et longs moments ensemble. Mes visites duraient de 2 à 7 heures, car au moment de partir un nouveau sujet de conversation surgissait. Je garde le souvenir d’un homme d’une grande douceur, d’une acuité intellectuelle remarquable et d’une grande écoute. J’ai aussi aimé l’élégance de son discours, chose qui se fait rare de nos jours. J’aime la langue et avec lui c’était un plaisir que de l’entendre. J’ai été conquise.
Je reviens sur les yeux de Sophie Piccard. Freddy m’a dit qu’il ne se souvenait pas d’avoir vu ses yeux verts… Je lui ai expliqué qu’elle portait des lunettes et qu’on ne voit pas toujours la couleur des yeux d’un professeur qui se tient souvent à distance. Ce qui a aussi été le cas pour moi avec lui. Comme dit au début, je l’ai croisé pendant des années et ce n’est que lors de mes visites chez lui que j’ai vu la magnifique couleur bleue de ses yeux, si grands et si purs. J’ai senti que je pouvais y entrer en toute confiance et c’est ce que j’ai fait. Je lui suis profondément reconnaissante pour tous ces moments passés ensemble. J’aurais voulu qu’ils ne finissent pas.
Je ne citerai que l’un des DVD vus ensemble : « Les Gradés et les Hommes ». Il s’agit de trois nouvelles de Tchékhov tournées par Iakov Protozanov, l’un des réalisateurs russes les plus célèbres entre 1915 et 1920. C’était fascinant de suivre les remarques de F.L. car ce sont des films muets, accompagnés de musique – comme il se doit – et où il est finalement question de pouvoir, de qui détient le pouvoir et de ce qu’il en fait. Thème toujours d’actualité. Nous avons senti les films de la même façon. Fascinant !
Voici une autre preuve de son acuité intellectuelle. L’un de mes thèmes favoris est celui du cheminement de la pensée. Je lui parle de l’intuition, et, faisant un racourci, je lui dis que c’est la réponse à une question qu’on ne s’est pas posée. Et F.L. dit : « Qu’on ne s’est pas encore posée ! » Je reste suspendue en l’air… car c’est vraiment cela. Il ne sait pas combien de choses il sait au sujet des ouvertures temporelles dont le physicien Jean-Pierre Garnier-Malet parle… On est vraiment du même monde !
En parlant du nombre ∏ (pi) et de ses décimales, je lui dis que Pythagore n’avait pas eu connaissance des décimales, mais que l’écrivain Marcos Chicot, dans son livre « El Asesinato de Pitágoras » (L’Assassinat de Pythagore) fait une démonstration de la façon dont Pythagore aurait pu trouver le fameux nombre. Freddy parle des polygones dans un cercle (méthode mentionnée dans le livre) et j’ai du plaisir à l’entendre me dire cela. À propos des décimales de ∏, Freddy dit que pour se rappeler des dix premières décimales, il y avait la phrase reprise de l’un de ses professeurs qui était : « Que j’aime à faire apprendre un nombre utile aux sages. » = 3 1 4 1 5 2 9 6 5 3 5. Le nombre de lettres correspond au nombre avec dix décimales ! C’est très joli. De plus, elles correspondent à celles que je garde en mémoire. Je trouve tout cela fascinant, même si je me répète ! Je suis tout simplement fascinée.
Lors de l’une de nos dernières conversations, je lui dis que j’ai rencontré un scientifique qui fait une démonstration assez étonnante du théorème de Pythagore avec un cercle inscrit dans un carré duquel on prolonge les coins… et Freddy ajoute « jusqu’à trouver un point ! » Il dit qu’on peut procéder ainsi jusqu’à l’infini. Au moment de la conversation, je n’avais pas le dessin sous les yeux et on s’est dit que j’allais le lui envoyer par la poste. Mais, Freddy est parti au ciel le lendemain… Il a rejoint l’infini et moi, j’ai un vide sans bornes…
J‘ai parfois l’impression que les personnes qui ne sont plus de ce monde continuent parfois à me parler. C’est ainsi que désirant rendre service à mon élève adolescente dans le domaine de la mathématique, je suis tombée sur un article qui parle de Freddy qui m’apprend ce que j’écris plus haut, à savoir qu’il était le président de la Fédération des étudiants neuchâtelois au moment où l’université achète le bâtiment qui servira de foyer pour les étudiants en 1955. C’est comme si je pouvais communiquer avec ce fameux infini…
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Liens vers :
@3m.ossature : apport d’un participant particulier : Freddy Landry ;
Le moteur des histoires que François me raconte est feu Ernest Grize. ancien régisseur du Centre culturel neuchâtelos. Je raconte à François que j’ai rendu à sa femme la montre qu’il avait reçue en 1951, à Noël, et cela ouvre la porte des souvenirs de François.
Souvenirs de Madrid : François travaillait chez un bijoutier fort connu de la place. Un jour, entre Luis Miguel Dominguin, le fameux torero, avec une montre. Il désire qu’on repolisse la surface du dos sur laquelle figurait l’inscription afin de l’effacer :
Eh, oui ! Il s’agit bien du torero et d’Ava Gardner et de leur mouvementée histoire d’amour.
La même Ava a acheté dans cette même bijouterie un bijou et a demandé qu’un jeune homme qui était vendeur le lui apporte ; « lui et personne d’autre » a-t-elle précisé. La « livraison » a dure quelque deux à trois heures ! Le vendeur est rentré tout content.
Pour la suite des histoires, il faudra attendre que François ait du temps !
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Life has sometimes funny ways to put things together. This story begins when I was working at the International Labour Organisation, Geneva, in the 1980s and continues in Neuchâtel in 2018.
I was in charge of analysing the survey done by the international dockers union based in London. It was the time when different ports were facing the introduction of containers which obliged the ports to construct special platforms for the containers that were moved by cranes and not any more by dockers. The unions hoped to be able to do something and wanted to have a worldwide view before acting. The questionnaires I had to analyse were in different languages and I remember that I went to ask a few questions to my neighbour, Mrs Bourquin, whose husband was the son of one of my former mathematics teachers, she was Hungarian. By the way, Mr Bourquin, the teacher, had been my teacher, my friend’s (André) teacher and the teacher of Gilbert Facchinetti ! Life is so funny sometimes…
The results were to be presented by the department for which I was working at that time, « Maritime », in London. So I went to London. At the seating I only saw men and I could see from far who was a docker and who was working with a crane. There was such a difference between those from Liverpool and those from Vienna! Those from Liverpool looked like the movies dockers, solid and with a whisky bottle in the pocket (I precise that I never saw anybody drinking) besides the slim ones working on cranes and in some way « alone ». Between those from Liverpool I could feel a real union. I cannot explain why I was marked by those examples as there were much more at the seating.
You already know the result. Liverpool had resisted and refused to see containers landing in their port… and the port had been bypassed, the situation was really difficult. Hereby you have a picture of some dockers in the 1950s. You can see their strength, their personality, they are just « one ».
Liverpool had been the major port of the British Empire and the first enclosed commercial dock of the world and a pioneer in the development of port technology, transportation systems, port management and building construction. So, you can imagine the situation with the new technology…
I was sad feeling that I could do nothing in this situation. I have been carrying this in my heart, in my « self » until 2018.
Years later after the survey, working at my ballet studio I see an English family take place into the apartment next to my studio in Neuchâtel. We had a nice relationship for a longtime. I had put some plants into their court yard that leads to my studio, they had appreciated and that was all. At Christmas 2016 I saw Do’s parents (Do and Martin are the names of my neighbours) and that was nice. In 2018 I see them again, it was the Summer, we have a talk and I discover that Albert, Do’s father, had been one of those Liverpool dockers that was working at the port by the time I had analysed the survey… In the end he had been obliged to change his profession! I couldn’t believe that I had in face of me one of these wonderful dockers. Immediately a love story started. His wife is not jealous, his daughter neither! It is as if I had History in face of me. And hereby you have Albert, my favorite docker, posing before the recent Liverpool football victory and wearing a T-shirt with « Never give up » written! That is fabulous ! Somehow I feel much better and have not any more this sadness I had for years. I cannot explain how it happened but it is so.
2022 ! Time has passed by and I would like to thank my favorite dock for he cured me of that sadness that had inhabited me for years. Now I can explain the why. It is linked to the way Albert E. appeared to me. Of course, we all have a whole range of sounds in our voice according to the situations we face, but the times I saw Albert Golding, I only saw tenderness and kindness. He is a tall and very imposing man and that is what is magic, he is (still for me) a docker from whom tenderness and kindness emanate. That is the way I see him. He was strong enough during his life to remain on his feet and keep calm. He incarnates the sentence « Never give up » alive ! That helps me a lot in life.
When we go through the history of kings, important men, there is always a woman, a wife behind. A warm thought goes for Albert’s wife.
C’est Scooby, le chien de mes voisins anglais du studio de danse qui a favorisé notre rencontre.
Scooby venait d’arriver dans la famille et j’ai demandé à pouvoir le promener. Les promenades se faisaient au Château. Un jour que j’étais en promenade avec lui, j’ai entendu deux personnes d’un certain âge parler en russe ; ils promenaient un bébé dans une poussette. Ni une ni deux, je m’approche et parle avec eux. Ils viennent de Moscou !
C’est une joie immédiate dans mon coeur et dans le leur. Je le sens et cela ne s’explique pas. C’est l’amour qui descend sur Terre ou qui naît dans nos coeurs et nous entoure, c’est manifeste. Il s’établit alors une relation particulière qui me fait me dire qu’on se connaît depuis toujours ! Je les invite à venir à un spectacle que j’organise pour eux avec mon élève adolescente.
Le jour du spectacle, ils me disent qu’en fait leur fille a épousé le monsieur propriétaire du local ! C’est magnifique.
À la fin du spectacle, Micha me dit : « Вы Мистика! » (Vous êtes une mystique !)
C’est alors qu’il explique qu’il a aimé les couleurs, les idées des danses et que le travail musculaire n’avait aucun secret pour lui parce qu’il était peintre et qu’il a beaucoup étudié l’anatomie. Plus tard, il me fera cadeau de quelques esquisses. En réalité, je l’ai appris plus tard, il est un célèbre peintre-graveur. Il est artiste émérite de Russie. C’est un titre qui veut tout dire ! Il m’a dédié la dernière brochure qu’il venait de préparer. Voici son autographe :
Il parle en des termes très élogieux du spectacle.
Quand mon élève a su que c’était un personnage célèbre dans toute la Russie, elle s’est exclamée : J’ai cru que tous les gens célèbres étaient morts !
Il y a bien des choses remarquables chez Mikhail, de son prénom de baptême, mais celle qui m’a touchée le plus est d’avoir appris qu’enfant il avait eu une tuberculose osseuse qui l’a fait rester au lit, pendant près de six ans sur son dos, dans des hôpitaux, afin de lui éviter une déformation qui l’aurait rendu bossu. Il a eu affaire à de très bons médecins. Et, curieusement, comme il le dit, sa génération de sous-alimentés a donné de très bons athlètes qui se sont fait remarquer lors des jeux olympiques de 1956. Lui-même est devenu un très bon coureur et il faut voir la forme qu’il tient ! Quant à son caractère, c’est de l’or !
Sa femme, Olga, n’est pas en reste. Ce n’est pas étonnant que Mikhaïl l’ait choisie, elle chante, elle enseigne le chant. Elle est aussi aimable que lui et c’est un plaisir d’être avec eux. Elle a un rire puissant, pas fort, mais on sent sa force de caractère.
Toutes mes rencontres particulières me sont chères et chacune, pour des raisons différentes, devrait être le no 1 ! Celle-ci, liée à Scooby, est très particulière et j’ai dû attendre que les choses s’assoient en moi. Le déclic a été donné il y a quelques semaines. Je montais à mon studio et me disais qu’il fallait peut-être renvoyer mon message de voeux de Noël à Olga car je n’avais pas reçu de réponse (tout le monde n’est pas obligé de répondre, mais chez eux c’est particulier !) et voilà que je vois un visage qui me sourit, c’est Micha qui vient en sens contraire et qui me dit « Какая замечательная встрече ! » (Quelle magnifique rencontre !) et de parler comme si on s’était quittés la veille. On est en janvier 2019 et notre première rencontre a eu lieu en 2016 !
L’aventure, le lien continue. On arrive à 2021 et je reçois ses voeux sous cette forme :
Ангел с лютней, гравюра на дереве символ творчества2019. Работа сделана для библиотеки Президента Академии художеств Зураба Церетели. Михаил Михайлович член-корреспондент Академии. Soit, « Ange avec le luth », gravute en bois, symbole de la créativité, 2019. Oeuvre faite pour la bibliothèque du président de l’Académie des artsZurab Tsereteli dont Mikaïl est membre correspondant.
On y voit de la finesse et de la force, le sens du détail, la précision en même temps que beaucoup de puissance. Je suis comblée !
Je disais que j’avais des esquisses à inclure… Elle vont bientôt venir…
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S’il y a un être qui me touche profondément c’est Scooby. Scooby est le chien de mes voisins anglais. Depuis son arrivée dans la famille, il fait partie de ma vie. Ceux qui ont des animaux ou qui les aiment savent que les animaux nous apportent bien des choses et qu’ils communiquent avec nous.
J’ai eu des chiens, mais il me semble qu’étant enfant, je n’ai pas eu la conscience totale de leur apport et Scooby m’a offert la possibilité de le comprendre mieux que je ne l’ai fait auparavant avec les autres, d’avoir la conscience que nous sommes tous les deux des êtres vivants. En outre, il m’a aussi apporté d’autres bienfaits, dont je parle plus bas.
Voici la photo qui figure dans mon histoire des portes, leur signification dans ma vie :
Nous voici tous les deux :
Il est drôle, attendrissant. La porte qui ouvre sur la cour intérieure permettant l’accès à mon studio de danse a un ancien système de serrure et il faut être passablement adroit pour ne pas faire de bruit. Scooby a une ouïe à toute épreuve ! Parfois, distrait, il n’entend pas mon arrivée, mais il me sent et il aboie. Il aboie de telle sorte que ses maîtres savent que c’est moi et pas quelqu’un d’autre. Il finit par apparaître à la porte et nous nous saluons à notre manière.
Quand il est seul à la maison, il a émet un autre son pour me dire « je sais que tu es là, mais ce n’est pas la peine d’en faire un plat, personne ne va ouvrir la porte ! » Alors, je l’embrasse à distance ou je lui dis que je l’aime. Cela lui suffit et il arrête d’aboyer. Il est magnifique !
Je suis aussi très touchée, car il aime boire dans la soucoupe que j’ai mise sous le rosier dans la cour. Je suppose aussi que l’eau qui tombe du rosier a plein de minéraux et que ce n ‘est pas seulement mon intention qui le comble, tout de même c’est touchant car il a fait comprendre à son entourage que c’était l’endroit où il aimait boire de l’eau. On sait aussi que l’eau de pluie est une eau vivante, par rapport à celle qui sort de nos robinets. Il doit y avoir un mélange de tout cela. Voici la fameuse soucoupe :
C’est Scooby qui m’a permis de rencontrer Micha et Olia Verkholantsev. Ce n’est pas rien ! C’est l’un des bienfaits qu’il m’a apportés.
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L’émission « Passe-moi les jumelles » a tourné un reportage sur un personnage hors du commun, le philosophe Paul du Marchie van Voorthuysen et présenté cet automne à la télévision suisse romande. J’ai été très impressionnée par cette personnalité si hors de notre époque qui court après la rentabilité, les choses superficielles et vite consommées. J’ai été enthousiasmée de savoir qu’un être aussi plein de talents et si simple en même temps vive dans un endroit pas si lointain du mien.
Arrivée. Je me suis dit qu’il fallait que j’aille le voir. J’ai aussi pensé que je devrais aller avec mon élève de danse de 15 ans parce qu’une rencontre avec lui ne pouvait que lui faire du bien. M. du Marchie a 95 ans, des articulations, un physique et un esprit parfaitement sains. Son être respire la bienveillance bien que son oeil soit perçant . Il semble dire : soyez en harmonie avec vous-même et vous irez bien ; l’âge ? Je ne sais pas ce que cela veut dire, je vais chaque année dans le désert, en Inde, au Japon ou à New York, j’exerce plusieurs métiers, je ne connais pas l’ennui ; il est aussi celui qui dit : je pratique une philosophie qui m’est propre et qui me rend libre, indépendant de toute croyance, je n’ai peur de rien et ne possède rien de valeur au sens qu’on donne habituellement à ce mot.
M. du Marchie habite avec sa compagne, Nicole, laquelle exerce elle aussi plusieurs métiers, dans un endroit magnifique près du lac Léman et entouré de montagnes, Le Liboson, près de Haut-de-Caux. Nous sommes allées aujourd’hui, samedi 15 décembre 2018. Il y avait de la neige sur le chemin. Voici quelques images :
En prenant des photos le long du chemin, je me disais que je me trouvais comme dans un conte de fées où il y avait des tentations sur le passage (paysages plus beaux les uns que les autres) auxquelles je cédais au lieu de me rendre tout de suite à l’endroit où je savais que j’allais rencontrer un être comme il en existe peu, un de ces êtres que tout le monde devrait rencontrer. Mais, je me disais aussi que cet endroit lui correspondait bien !
Visite. Nous avons eu de la chance. Nous avons été accueillies les bras grands ouverts par M. du Marchie et sa compagne qui partage sa vie depuis trente-cinq ans. M. du Marchie a été notre cicérone dans ce qui fut une ferme et qu’il a mis vingt-cinq ans à transformer en une demeure médiévale avec toutes les commodités modernes. On ne peut pas tout citer, mais il y a la porte en granit qui pèse 480 Kg, qui s’ouvre et se ferme soigneusement, en épousant le mur, sans bruit grâce à un système hydraulique fabriqué par lui ! et qui mène à la crypte égyptienne également creusée et sculptée par lui afin d’y installer la copie exacte d’une statue égyptienne qui baigne quotidiennement dans la lumière.
Chaque partie de la maison a été soigneusement étudiée et aménagée. M. du Marchie nous a encore montré un château médiéval miniature fait pour une enfant de dix ans qui a passé une année chez lui. Ce château a été fait en deux mois ! C’est à peine croyable. En effet, la fillette ne voulait pas d’une simple maison de poupées, mais d’un château et M. du Marchie en a fait un où tout est une réplique d’un vrai château. Tout fonctionne : le feu où l’on peut chauffer de l’eau, le puits d’où on peut la puiser, les gardes qui se chauffent sur le haut de la tour, une presse de Gutenberg, les meubles, et j’en passe. En plus, ce château est fait sur un mécanisme qui permet de le faire pivoter.
Comme on le voit, chaque objet est une réplique d’un élément réel. On y voit même M. du Marchie qui joue de l’orgue, ce qui correspond aussi à la réalité, étant lui-même organiste. De plus, à sa gauche il y a la reproduction miniature d’un vitrail fait par lui et qu’il a dans sa maison !
Copie de la statue de Nefertiti qui se trouve au musée de Berlin.
M. du Marchie possède également une bibliothèque avec des ouvrages uniques, dont le seul exemplaire du Livre des Nibelungen ( Das Nibelungen Buch) écrit par Thea von Harbou et dont sa compagne est la seule personne à l’avoir traduit en français, sur du papier parchemin fait par M. du Marchie lui-même et relié en cuir, reliure également faite par lui ! Ce livre fait partie de son enseignement philosophique. Voici une page avec l’écriture gothique et des enluminures.
Le thé. À la fin de la visite, nous avons été conviées à prendre le thé avec ce couple si particulier dont j’ai pu prendre une photo.
Une danse. Nous avons été ravies de cette rencontre qui va nous marquer. Avant de partir, nous avons eu l’honneur d’interpréter notre danse « Les Souffles » sur une musique de Vivaldi.
Le souffle est là avant notre arrivée, il est là pendant notre existence et il est là après notre départ.
Elle a été bien accueillie et j’ai eu la surprise de recevoir un cadeau des mains de M. de Marchie, un CD « Reflets d’infini », improvisations de Jean-Philippe le Trévou sur l’orgue du Liboson.
Je précise que M. du Marchie et sa compagne limitent le nombre de leurs visiteurs. Alors, c’est tout un symbole pour nous !
Autre moment particulier. Lors de cette visite, il y a eu un autre moment particulier. J’ai apporté, en signe de remerciements, un signet, fait par moi, pour chacun. Au moment où je préparais mon présent, j’ai pris soin de prendre divers modèles dont certains à double pour le cas où ils aimeraient le même dessin. Il se trouve qu’il y en avait un dont je n’arrivais pas à trouver un second exemplaire. J’ai dû chercher dans mes réserves et j’en ai trouvé un autre. Ce qui est fantastique c’est qu’ils ont choisi ce modèle-là, sans se concerter, quasiment instantanément ! Là, j’ai été projetée dans une autre dimension !
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J’étais un jour au marché lorsqu’un monsieur avec un appareil photo m’a demandé s’il pouvait me prendre en photo. Il a dit que j’avais une allure je ne sais plus comment et il m’a photographiée. Il m’a donné sa carte que j’ai mise dans une poche. J’ai pensé que j’avais passé l’âge des photos et qu’on ne se reverrait pas.
Des mois plus tard, alors que j’écoutais en ville un concert public donné par Gilles Rémy et sa Jazz Band, je retrouve le photographe. Nous discutons. Je me dis que j’ai besoin d’un photographe pour les danses que fais avec mon élève et l’invite à l’un de mes spectacles. Il me redonne sa carte. Quelle chance pour moi !
Knut Vibe, puisque tel est le nom du photographe, vient et prend des photos du spectacle. Je les trouve très bien et nous convenons d’un rendez-vous pour en faire d’autres. L’entente est parfaite, tant l’un que l’autre avons du plaisir, l’une à poser et l’autre à prendre des photos, l’une à reposer, l’autre à refaire la photo, le tout dans le plaisir et la bonne humeur. Quelle chance pour les deux !
En voici une :
Ce qu’il y a de remarquable chez Knut c’est son caractère : simple, joyeux, désireux de faire au mieux, généreux. Au cours d’une de nos conversations, j’apprends qu’il a été photographe pendant une dizaine d’années et qu’il a gagné par trois fois la bourse fédérale des arts appliqués ! Ensuite, il est devenu médecin, chef de clinique assez connu et, à sa retraite, il y a sept ans, il est redevenu photographe. Quelle chance pour moi !
Les autres photos sont dans la série, eh oui ! série, car les séances se sont multipliées et que lors de mes portes ouvertes en janvier de cette année, j’ai exposé quelques-unes de ses photos : « Zully photographiée par Knut« .
On le sait, l’appétit vient lorsqu’on mange (le proverbe original est « l’appétit vient en mangeant », mais ‘mangeant’ est un gérondif et donc, suivant le conseil d’un internaute que je ne retrouve plus, j’ai changé le temps verbal). Il en va de même dans les relations. Knut est devenu « le » photographe de mon école et ma curiosité pour les sciences, la mathématique en particulier et la physique par conséquent, a trouvé où se nourrir chez lui puisque son premier choix d’études fut la physique ! Eh oui ! la photo, la danse, la mathématique, la physique, tout cela va ensemble. Cela mérite un article séparé qui viendra sous peu. Ce sera le résumé de nos rencontres sous forme de « Café atomique » !
La terre tourne et Knut avec. Je le retrouve, en mai 2024, à l’exposition qui a lieu à l’Hôtel de Ville où il participe avec des photos d’animaux emblématiques d’Europe. Son domaine est celui du pôle Nord. On retrouve un photographe absolument élégant. Des photos exposées, trois on attiré mon attention et il se trouve que c’était les préférées de Knut ! On voit en première une photo de ce que j’appellerais un gène de Knut. Il se trouve que son arrrière-arrière-arrière grand-oncle de Knut qui avait habité le premier une certaine baie norvégienne et l’avait même cartographiée :
Cette baie porte le nom de famiille de Knut , soit la baie de VIbe. Tout cela est dans les gènes de Knut !
Légende à venir, mais la magnificence de l’endroit rendue par la photo se suffit à elle-même.
L’aigle. Il n’y a pas besoin d’ajouter de mots. La force de l’aigle, son élégance, les nuances or-brun, les bulles, l’eau qui coule, tout vous envoûte.
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