Chambaron ou le correcteur qui me comble !

Dans tous les métiers il y a toute sorte de gens, ceux qui font juste ce qu’il faut, d’autres qui appliquent des recettes, d’autres encore qui vivent ce qu’ils font. C’est le cas de Chambaron.

Commençons par dire qu’il se définit lui-même comme un incorrigible correcteur, mangeant langues vivantes et étymons antiques à tous les repas. Dans une vie antérieure il a travaillé dans l’énergie, notamment en Suisse. J’ajoute que s’il a un bac scientifique, il a étudié le grec et le latin. La littérature lui est tombée dessus en étudiant… la gestion. Ah, les voies du destin…

Je l’ai rencontré via la plateforme Question-orthographe.fr, issue du Projet Voltaire lancé par les deux frères Hostachy, que je remercie une nouvelle fois. Pierre, ah, oui, j’ai oublié de vous dire que sous le nom de plume Chambaron il y a Pierre Buffiere de Lair. La graphie du nom est correcte, pas de è ni d’apostrophe.

Portrait fidèle de Pierre, toujours franc et joyeux !

Correcteur – complice – cornac. C’est lui qui m’a appris le mot cornac (guide), c’est aussi un trait de sa personnalité : la délicatesse. Il est devenu le complice de toutes mes révisions de texte qui comprennent tant la mathématique, l’histoire de la Grèce ancienne, la science-fiction, la musique, le Moyen Âge, l’histoire de la France, la typographie, l’horlogerie, ainsi que des livres sur la langue française. Il trouve toujours une explication. C’est fabuleux.

Chambaron l’écrivain. Il est un fervent des nouvelles et c’est un genre où il excelle. Celles qu’il publie, la plupart primées lors de concours, sont des nids de trésors tant par les mots que par les idées. Lors d’un échange de messages, je lui avais écrit : J’ai connu des gens qui connaissaient les règles sur le bout des doigts mais qui n’avaient aucun talent pour l’écriture, vous vous avez les deux et en plus de l’imagination. C’est vrai, Pierre sort du chemin battu. Voici quelques commentaires et extraits tirés du recueil Ni vent ni nouvelle. Dans ce titre assez inattendu, on retrouve l’expression de jadis « je n’ai eu ni vent ni nouvelles de Untel ». Le titre est fait pour intriguer tout en affichant le mot nouvelle. C’est bien le genre de jeu de mots que Pierre aime.

Métamorphose sabbatique. C’est la première nouvelle du recueil et la phrase qui saute à mes yeux est en lien avec le spectacle sur les mots que je prépare. En effet, je monte un spectacle sur la métamorphose des mots. Sacrée coïncidence ou alors c’est cet ami appelé hasard qui me rend visite. L’histoire de la nouvelle se situe à Prague et il est question de Kafka et de situations étranges. Voici le texte : Les mots se suivaient, comme autant de pavés dans une rue de Prague, chacun ne se joignant au précédent que par le lien syntaxique habituel qui unit des noms à des verbes, puis des verbes à d’autres noms qui s’accouplent eux-mêmes à des adjectifs. Et tout le petit peuple obscur d’articles, de conjonctions, de prépositions qui grouillaient entre les mots, s’affairait à lier, articuler, à coordonner les princes de la fête pour en faire phrases, chapitres et un livre… On comprend bien comment naît une phrase, un texte.

Pierre réussit à rendre vivants des pavés et donne une vie à des mots ; les pavés sont des mots et les mots sont des pavés. Je suis comblée !

Et voici encore la séance de rasage du héros de la nouvelle. Se raser n’est pas pour l’homme une opération anodine : c’est souvent la seule vraie confrontation avec son propre regard dans une journée, et l’on se confie oculairement tant de choses pendant que la lame vous redonne l’air imberbe du premier matin du monde. Je trouve le monologue avec le miroir et le premier matin du monde un délice. J’ai déjà vu des hommes se raser et senti qu’il se passait quelque chose, mais Chambaron y met les mots.

Autre qualité de Pierre-Chambaron : s’il respecte les règles, s’il connaît l’étymologie des mots, s’il connaît l’histoire ou l’évolution de ces derniers, il connaît en plus la typographie. C’est un grand atout. Que vient faire la typographie ici ? C’est quand même la mise en pages des textes, comment et quand utiliser des guillemets, ou l’italique, quand mettre une majuscule à un titre, au nom d’un institut. Par exemple, lorsqu’on écrit une lettre on écrira : Cher monsieur ou Chère madame. Je sais, on voit très régulièrement, et ce de la part de toutes classes sociales confondues, une majuscule au nom, mais ce dernier n’est pas un titre, c’est une civilité. Il ne viendrait à l’esprit de personne d’écrire Cher Élève, mais c’est une habitude qui s’est prise et lorsque j’ai suivi des cours de sténo-dactylo, c’était la règle. Cela me met dans de drôles de situations parce que si j’écris à la représentante de ma gérance Chère madame, elle va se dire que je lui manque de respect… De plus, Pierre réfléchit et relève bien des contradictions qui me rendent service.

Le mot orthographe. Je ne peux pas ne pas parler de ce mot qui est si mal utilisé. C’est Pierre qui a attiré mon attention sur le sujet et voici le lien pour l’article que je lui ai consacré, mais en bref : le mot orthographe veut dire j’écris correctement, celui qui sait écrire, tout comme le géographe est celui qui connaît la Terre, le savant de la planète. Il est plus pertinent alors d’utiliser le mot graphie qui veut dire représentation d’un mot ou d’un son par l’écriture. Pierre a fait des émules grâce au compte qu’il a sur Twitter !

Prenons une autre part de dessert dans le recueil de Pierre-Chambaron intitulé Ni vent ni nouvelle. On le trouve dans Correspondance des quatre saisons. Une dame et un monsieur, qui vit dans un endroit isolé, échangent des messages. Le monsieur écrit : Heureusement, vous êtes là. Je reçois vos billets par Partounet, c’est amusant. Celui du 1er novembre m’a vraiment fait sourire : des photos de Vous, entourée de vos chats, avec la Pastorale en fond musical et cet entêtant parfum de cannelle, c’était vraiment… stupéfiant. Vous l’avez compris, Partounet est une version postérieure à Internet puisqu’on peut même s’envoyer des parfums. C’est délicieux !

La même inventivité, le même plaisir, je les retrouve lorsque Pierre m’envoie des éclaircissements sur tel ou tel point relatif à la langue. Le français a des caprices ou des logiques ou des exceptions (heureusement que le dictionnaire est plein de subtilités pour m’aider à mettre un mot sur mes interrogations) que je ne connais pas et Pierre me sort des mauvais pas.

Des exemples ? C’est un peu compliqué parce que je ne voudrais mettre qui que ce soit mal à l’aise. Quelqu’un pourrait se reconnaître et personne n’est exempt de commettre une erreur. Parfois on écrit trop vite, parfois on tape à côté, parfois on se fait avoir parce qu’on lit ou entend. Les journaux, tout ce qui touche aux médias, les déclarations des personnalités, les films, les livres… tout contient des abus et des coquilles aujourd’hui. Ah, voici un exemple des explications de Pierre avec le mot aujourd’hui. Autrefois, pour parler du jour, on utilisait le mot hui (du latin hodie). Au Moyen Âge, on a ajouté jour, pourtant issu du même mot, pour différencier la période en journée de celle de la nuit ; cela a donné aujourd’hui qui crée déjà un pléonasme. Si en plus, on ajoute au jour d’aujourd’hui il y a double redondance. Si par exemple, dans le monde de la mode, certains disent la mode au jour d’aujourd’hui désirant mettre en exergue l’époque, on pourrait leur donner raison, mais il vaut mieux être précis et utiliser d’autres mots ou expressions (actuellement, de notre époque, à ce jour, de nos jours, de notre temps, etc.).

Richesse d’esprit et désir d’aider. Je monte un spectacle basé sur deux livres de Jean-Loup Chiflet et cherche à compléter des noms de personnages, des histoires, me pose des questions et Pierre est là avec son imagination. À un moment donné, je lui demande quelque chose, il répond et signe « Al Fabey ». J’ai mis du temps à déchiffrer « Alphabet » ; d’autres fois, il a signé « Inspecteur Gétouluz ». Et on arrive à l’un des sujets traités dans ce spectacle : les homonymes, les homographes, les mots qui ont plusieurs graphies, bref d’un tas de plaisirs pour certains et de tourments pour d’autres ! Je le disais, Pierre n’est pas seulement quelqu’un qui remarque des contradictions, qui regrette certaines mesures prises ou au contraire oubliées, il apporte sa pierre à l’édifice. C’est ainsi que j’ai pu compléter les catégories de mots qui prêtent à confusion et su qu’il avait dans sa base de données 1’200 groupes d’homonymes ; cela doit représenter quelque 5’000 mots (2 ou 3 mots par groupe, avec un record à 6) !

Que dire en conclusion sinon que j’ai beaucoup de chance d’avoir rencontré pareil personnage et que les éditeurs devraient s’arracher un tel réviseur (tout comme moi, il n’aime pas le mot correcteur. Si je le mets parfois, c’est pour être compréhensible par des non-initiés) !

Juin 2025. Un texte de Chambaron remporte le deuxième prix dans un concours littéraire !  Il s’agit de Transhumance, un poème en prose sur le thème imposé du Rhône, fleuve nourricier et destructeur. Une évocation qui a pris un relief surprenant quelques jours avant la catastrophe de Blatten (village valaisan)…

Juillet 2025. Je le dis, Chambaron est le cornac qui me comble ! Voici un exemple : (à suivre)

C’est parfait et là, tout le monde comprend !

2026. Le plaisir que j’ai à poser des questions à mon cornac et à lire ses réponses ne diminue pas. Voici qu’il me fait remarquer que l’on n’utilise pas toujours correctement le terme d’approximation.

Je lui ai demandé si on pouvait dire, lorsqu’on évalue le poids d’un objet : 3 à 4 kg c’est une bonne approximation ? Quel serait alors l’emploi abusif et fréquent ? Le mien ?

Sa réponse : « Il faut ‘qualifier’ l’approximation, en soi ce n’est pas assez parlant. On dira donc par exemple de première approximation ou d’approximation grossière, affinée, fondée sur tel calcul ou telle chose, avec telle marge d’erreur, etc. Bonne ou mauvaise relèvent du jugement par rapport à des critères à définir.

Dans le texte qui suit, vous aurez deux choses : pourquoi ne pas habiller d’une majuscule les écoles et autres institutions d’enseignement et pourquoi éviter l’utilisation des capitales lorsqu’on envoie des messages, une lettre, un texte. Cela vous mettra d’excellente humeur !

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Orthographe – orthographie – graphie

Le français est la langue de communication commune à plusieurs pays, elle a enrichi l’Histoire et les générations actuelles devraient la soigner, mais ce n’est pas toujours le cas. Voici un exemple mis au point avec le cornac qui me sort d’embarras, quand je m’y trouve, tellement la langue est subtile. Il s’appelle Pierre Buffiere de Lair (graphie correcte). Nous y sommes ! Voici pourquoi il ne faudrait pas utiliser le mot ‘orthographe’. Je vous l’explique.

De l’ordre dans ma messagerie électronique. En ce moment, je monte un spectacle lecture-théâtre sur les mots et je fais une compilation de divers textes et tombe sur ceux qui traitent des mots en question. Je saisis l’occasion pour en faire un article.

Je regrette infiniment le relâchement de ce qu’on appelle l’orthographe. Tout le monde sait de quoi je parle ; la langue a beau être compliquée, nous sommes des êtres créateurs, pensants et à ce titre on devrait pouvoir éviter des fautes primaires qu’on voit et entend dans les médias, chez le politiciens, les professeurs, sans parler de la population en général. J’ai aussi parlé d’orthographe jusqu’à ce que mon expert, Chambaron, bien connu sur Twitter, me dise que ce mot est mal utilisé. On devrait plus exactement parler de graphie.

Voici quelques images :

L’orthodontiste, l’orthopède. On retrouve la même racine ortho. Dans le cas présent, il s’agit de médecins qui redressent, posent correctement une partie du corps. L’un s’occupe des dents et l’autre des pieds. Mais, n’oublions pas que le corps est un tout et que les dents, par exemple, sont liées au crâne. Voici un article sur le sujet.

Stylographe : on retrouve le suffixe graphe. Les deux mots viennent du grec et veulent dire « écrire avec un poinçon ».

À vous de trouver d’autres mots qui finissent par graphie.

Bonne ou mauvaise graphie. C’est l’expression correcte pour la représentation écrite de mots ou de sons ; on pourrait aussi penser à « écrire bien ou mal un mot », mais cela pourrait induire en erreur parce qu’on pourrait confondre un mot écrit avec une écriture déformée, donc illisible, par exemple, et un mot écrit avec des fautes orthographiques. Mais, vous l’avez compris, on ne peut certainement pas avoir ni une bonne ni une mauvaise orthographe !

De plus, il existe bien le verbe :

La logique : on sait que l’on parle de géographie, par exemple, pour l’étude de la terre et de géographe pour celui qui étudie la terre ; en conséquence, on devrait avoir orthographie pour l’étude des signes correctement écrits et avoir une bonne ou mauvaise graphie. D’ailleurs le verbe est bien « orthographier ». Alors, que s’est-il passé dans l’Histoire ? Les architectes avaient pris les devants ! En effet, le mot « orthographie » désignait la représentation sans perspective de la façade d’un bâtiment. Au moment de l’édition du dictionnaire, l’Académie n’a pas voulu avoir maille à partir avec les architectes. Voici une belle explication du Littré. Depuis le xvie siècle, la chose est restée en l’état. Comme je parle plusieurs langues, la curiosité m’a poussée à faire des comparaisons. C’est ainsi qu’en italien, en portugais, en espagnol, en roumain et même en russe, il est question de… Oui, vous avez raison : ortografia !

Et voilà, le conte est fini. Mais, ne perdons pas espoir. Chambaron fait des siennes sur Twitter et je vois de plus en plus de monde, et même des dictionnaires, parler de… graphie !

Lorsque j’étais en train d’écrire cet article, j’ai reçu les mots suivants de la part de Pierre, mon cornac. Ils sont un beau résumé de ce qu’on vient de voir : « L’orthographie c’est la discipline, comme la typographie, la cartographie, etc. C’est la manière d’écrire de manière raisonnée, ordonnée et normée : l‘orthographie du français est complexeFaire des erreurs d’orthographie (orthographiques).Pour tout le reste, il s’agit de « graphie », de manière spécifique d’écrire un mot : la graphie phonétique d’un motles graphies médiévales désordonnéesla bonne graphie de mon nom est…,  Buffière de L’air est une mauvaise graphie. »

Lien pour le spectacle que je prépare : Spectacle lecture-théâtre.

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Soliloque d’une élève de danse de 14 ans.

Liens vers :

Jean-Loup Chiflet-Clément Drouin-Pierre Buffiere de Lair-Zully ou un pas de quatre. Rencontre particulière 21.

Je ne sais quel est le premier protagoniste de ce pas de quatre, tout est relatif, mais ces hasards de la vie qui n’en sont pas m’ont fait acheter une fois un livre du magnifique écrivain qu’est Jean-Loup. Puis les choses se sont enchaînées sur une très belle musique au rythme de la vie.

Pas de quatre. Un pas de quatre est bien sûr dansé et celui-ci l’est mais il est aussi littéraire et aussi un croisement de personnes remarquables. Cependant je crois avoir une préférence pour le pas de quatre dansé parce qu’on danse avec la vie. Sur une scène, les personnages apparaissent, s’en vont, reviennent, tout comme dans cette histoire.

J’aime la langue française. J’aime les gens qui s’efforcent de lui faire garder sa place, de lui redonner de la force. Souvent, on me dit que la langue évolue. Cela a été vrai jusqu’à ce qu’on établisse des règles. Les règles ? Bien des gens les rejettent, mais n’oublions pas qu’elles existent dans le règne minéral, végétal, animal ; alors, il en faut aussi dans le langage afin que chacun possède les mêmes clefs de communication. Cela n’empêche pas la création de mots, mais rien ne justifie leur destruction.

Paris. Paris est une ville qui me ravit, je m’y sens vivante, c’est une histoire d’amour et l’amour n’a pas besoin d’explications. J’y vais surtout pour suivre des cours et pour profiter de bien des choses. Je ne manque jamais, par exemple, de faire une visite à la maison qu’Abraham-Louis Breguet a habitée. De même, à chaque fois que le destin le veut, je rencontre Jean-Loup. En fait l’histoire d’amour est née avec Le Figaro où Jean-Loup a été chroniqueur et c’est là que j’ai rencontré pour la première fois le nom de l’auteur.

Le hasard et début du pas de quatre. Comme je le disais, le hasard, ce grand ami, m’a fait acheter plusieurs livres de Jean-Loup Chiflet, dont J’ai un mot à vous dire et le désir de faire la connaissance de l’auteur est né. Le temps m’a joué des tours, mais finalement, j’ai vu de la publicité pour son livre Attention à la marcheJ’ai 80 ans et alors ? livre publié chez Bouquins en novembre 2022. J’ai téléphoné à l’édition qui m’a conseillé d’envoyer un courrier. C’est tellement plus personnel ! À quelques jours de là, Jean-Loup m’a envoyé un message électronique. Je dois des remerciements profonds à l’édition d’avoir fait suivre mon courrier. C’est ainsi que le pas de quatre a commencé à prendre forme.

Résultat de la deuxième rencontre : l’accord de Jean-Loup Chiflet pour l’utilisation de cette belle photo, la citation d’extraits de ses ouvrages et pour l’article qui suit. « Ce n’est pas rien », comme dirait un Anglais.

Pourquoi parler d’un Anglais ? Tout simplement parce que Jean-Loup est bilingue, qu’il a écrit une trentaine de livres sur l’humour anglais et américain et qu’il s’intéresse à la traduction. Il déconseille de traduire mot à mot parce que Ciel mon mari ! donnerait Sky my husband ! (tItre de l’un de ses ouvrages) ; vous voyez bien que si la traduction littérale est correcte, le sens n’y est pas du tout. Une Anglaise dirait : My God, my husband ! ou alors My God !My husband ! Cela dépend du temps qu’elle a… Lorsque je cherchais à entrer en contact avec l’écrivain, l’une des personnes qui l’avaient côtoyé m’avait dit qu’il avait eu un bateau sur la Seine qui s’appelait… devinez ? Sky my husband ! C’est tout le portrait de Jean-Loup : il est raffiné et il a le sens de l’humour.

Le genre littéraire de Jean-Loup. Il écrit beaucoup sur le français, sur ses difficultés, parfois pénibles, mais aussi sur son charme. Il a publié une septantaine de livres, dont la majorité sur le sujet (j’en ai 42 !) ; le reste traite de sujets dont je vous ai parlé plus haut : l’humour anglais ainsi que des adaptations et traductions de l’intégrale des dessins du célèbre New Yorker américain (j’en ai 12 en commençant par Sky my husband ! Ciel mon mari !). Le tout saupoudré d’humour, c’est sa touche personnelle et bien souvent j’ai l’impression de prendre des desserts en le lisant.

Voici quelques extraits de livres sur le français qui m’ont ravie : En fichier séparé (à venir).

Le temps passe et une idée atterrit dans mon cerveau : faire un spectacle « lecture-théâtre » à partir de certains de ses textes. Il y a deux livres qui ont retenu mon attention et dont vous avez une photo ci-dessous. Bien qu’ils traitent du même sujet, à la différence des autres livres, il n’y a qu’une trame ; Ils traitent de la naissance du mot, de sa formation, de sa vie sociale et mondaine ainsi que des problèmes qui peuvent surgir lorsqu’il est malmené par le destin. C’est un vrai délice. Je me suis dit qu’on pourrait en faire une lecture sur scène. Puisque ces textes sont humoristiques, je me suis demandé si l’une de mes connaissances, qui fait des spectacles d’humour, ne serait pas intéressée par eux. Je lui en parle et elle se dit intéressée. Mais, comme souvent, il se trouve que je me parlais à moi-même parce que l’idée a grandi en moi et que je vais introduire à côté de mes spectacles intimistes de danse un genre « lecture-théâtre ». En fait, j’ai déjà commencé à lire des extraits ici ou là et les gens ont aimé. Voici les deux livres qui m’inspirent :

Ces deux livres ont été publiés respectivement par les éditions Mots et Cie et Chiflet et Cie. Eh oui, Jean-Loup a eu ses propres éditions !

Une fois que je cherchais des informations sur l’auteur, je suis tombée sur un texte que Le Figaro avait commandé à Jean-Loup après le décès de Claude Duneton en mars 2012, un autre écrivain et personnalité remarquable qui a aussi collaboré avec Le Figaro. La copie que j’avais n’était pas très lisible et afin de la compléter, j’avais lu le texte par téléphone à Jean-Loup. J’entends encore la voix de ce dernier me dire, avec un certain étonnement, que je lisais très bien. Je n’avais pourtant rien fait d’autre que de me mettre dans la peau des personnages. Je suppose que c’est le secret de toute bonne lecture.

J’ai cru arriver à la fin de mon article, mais ce fameux hasard a plus d’un tour dans son sac ! Un jour, Jean-Loup m’a dit que le même éditeur qui lui avait transmis mes coordonnées (Bouquins) lui avait proposé de publier une dizaine de ses ouvrages en un seul volume, un seul… bouquin ! L’un des premiers livres que j’avais révisés de l’écrivain avait été J’ai un mot à vous dire. C’est un automatisme chez moi de me poser des questions quand je vois un mot écrit d’une drôle de façon, une ponctuation étrange, une expression faisant du tourisme au mauvais endroit. Aussi, lorsque j’ai su que le livre ferait partie du lot, je l’ai envoyé à Jean-Loup qui l’a remis à Clément Drouin, directeur littéraire de l’édition, lequel a trouvé mes remarques pertinentes. Cela a été une occasion inespérée de pouvoir rendre service à Jean-Loup. De plus, il se trouve que j’avais lu la plupart des livres qui figuraient dans ce choix – à croire que l’éditeur et moi avons des goûts semblables ! Je suis allée rencontrer Clément à Paris et le courant a passé. Je lui suis reconnaissante de m’avoir fait confiance. Je considère cela comme un privilège. Je me suis sentie dans une sorte de paradis. Maintenant on est trois dans ce pas de quatre.

Pas de quatre au complet. Avec Jean-Loup, j’ai appris bien des choses. Le goût du bien parler me vient de la maison, de professeurs passionnés par l’enseignement et de feu mon ami André Oppel qui était féru de cette langue ; je le dois encore aux frères Hostachy qui ont construit le logiciel du Projet Voltaire ainsi que Question-orthographe.fr et à Pierre Buffiere de Lair qui y figure comme expert et qui publie sous le nom de Chambaron. Il est devenu mon cornac ; je le consulte à chaque fois que je ne sais pas quelque chose ou que je m’interroge. Il est fort ! Je suis attirée par toute sorte de domaines : la mathématique – les romans historiques – la Grèce ancienne – la science-fiction – les ouvrages sur le français – la vulgarisation scientifique – le bien-être… À chaque fois, Pierre me sort d’embarras. Il en est allé de même avec les questions que j’avais en révisant les livres de Jean-Loup et c’est ainsi qu’on a maintenant un pas de quatre au complet.

Pierre, en personne (!). Il est comme sur la photo, toujours de bonne humeur !

Ce qui unit les quatre protagonistes de ce pas de quatre est l’amour du français !

Récompense : Clément et Jean-Loup se sont dit qu’ils allaient me remercier publiquement dans le livre publié ! Je suis aux anges. Cela justifie ma vie en grande partie. On ne sait pas toujours pourquoi on vit, mais là, il y a une bonne raison. Mon nom, ainsi que celui de Pierre, figurent dans le dernier paragraphe.

Encore le hasard. Il est intéressant de mentionner que ce livre aurait dû paraître début 2023. Comme je n’avais pas lu tous les livres du recueil, le destin ou le hasard ou les deux se sont dit qu’il fallait m’accorder du temps. Dans leur monde tout est possible et j’ai pu faire d’autres propositions jusqu’en août 2024. C’est une victoire pour mon intuition.

Les amitiés de Clément sont « chocolatées » parce que lorsqu’on se voit on partage un bout de chocolat noir. Clément est un poète !

Les embranchements de la révision de texte. Dans mon monde, les branches de mon arbre de vie se croisent et fleurissent de façon inattendue. Cette fois-ci la révision de textes est le tronc et les branches qui poussent ou s’y rattachent sont assez curieuses. Je ne me demande pas tout le temps « qu’est-ce que ceci ou cela représente dans ma vie ? », mais c’est une fois que les choses sont là que je vois la branche.

Voici quelques-unes de ces branches :

  • réorganisation de mes bibliothèques . Les livres de Jean-Loup formaient diverses piles avec encore d’autres livres tant dans ma chambre que dans mon bureau. Lorsque mon ami est parti au ciel, je me suis dit que j’allais arranger ma bibliothèque d’une façon définitive et je l’avais fait en prenant soin de laisser des espaces soit entre des catégories de livres soit dans la quantité d’un même sujet pour donner une jolie impression et pour y joindre, si le cas se présentait un livre ou deux. Je ne voyais pas ce qui pourrait encore me forcer à revoir la chose. Mais, les soixante et quelques livres de Jean-Loup, plus ceux de Jacques Collin, plus ceux sur les nombres, plus ceux sur Ramsès II., plus ceux sur l’horlogerie, plus encore d’autres… m’ont dit que ma vie prenait un autre tournant et j’ai commencé à réorganiser mes bibliothèques. Le fait d’avoir révisé les livres de près d’une vie de Jean-Loup, m’a poussée à revoir mes bibliothèques et des pans de ma vie ;
  • nouveau genre de spectacles que je vais présenter « lecture-théâtre ». J’ai non seulement les textes de Jean-Loup, mais, j’ai aussi de très belles explications sur les mots fournies par Pierre Buffiere de Lair qui est un fin connaisseur de la langue française. Non seulement il connaît, mais il raisonne et fait résonner les mots de façon inattendue ;
  • Pierre se remet à écrire. Il a été frappé par la covid, non pas par la maladie, mais par l’absence soudaine et massive de livres à réviser. Les éditeurs ont semblé subitement paralysés. Lorsque j’en suis venue à lui dire que finalement les livres de Jean-Loup allaient être republiés, j’ai eu de la peine à le réveiller pour me donner ses conseils avisés, mais là aussi il m’a surprise puisqu’il s’est remis à écrire. Il a commencé à rédiger Musardises – Flâneries linguistiques dans les champs lexicaux, recueil de travaux de recherches sur des mots à l’étymologie obscure ou méconnue ;
  • nouvelle vie. J’ai souvent l’impression que ma vie ne commence que maintenant. Mais, en revisitant ma bibliothèque, j’ai revécu différentes périodes de mon existence. Parfois on est adepte d’un genre littéraire, on a travaillé dans tel domaine, ou autre chose encore. J’ai de la peine à me séparer de certains de ces ouvrages parce que même si je ne les consulte plus, ils font partie de moi. Bref, je me suis dit que si j’avais lu tant de livres de Jean-Loup et que Clément avait jugé bon d’en publier dix dans un seul volume, il devait y avoir quelque chose en commun avec mon histoire. Je ne sais pas encore comment elle est ou sera, mais la sensation est forte.

Voilà le résultat, en tout cas à ce jour.

Autres hasards liés d’une façon ou une autre à Jean-Loup. ils n’ont de signification que pour moi encore que je ne les comprenne pas toujours. Le premier : il a eu lieu lors de notre première rencontre. Il avait la main gauche bandée parce qu’il avait eu un accident sur sa mobylette et moi, la veille j’avais fait une planée dans le parc des Champs-Élysées, j’avais la main gauche abîmée et un doigt, le majeur, blessé. C’était une drôle de chose ; le second : un jour à Paris, je dis à Jean-Loup que je venais de revoir une dame qui comme moi corrigeait ce qu’elle lisait et que le hasard avait fait qu’elle avait corrigé un livre de Jacques Collin, le conférencier et écrivain, que j’allais revoir. C’est alors que Jean-Loup m’a dit qu’il était grand ami de l’une des sœurs de Jacques ! Le troisième : j’ai rencontré une jeune femme qui lisait dans le métro parisien ; des ados parlaient trop fort et l’empêchaient de se concentrer. Je suis intervenue ; les ados ont compris et la jeune femme et moi avons entamé une amitié. Elle travaille dans une édition et on a convenu qu’une fois j’irais y faire un tour. Une année après, j’apprends que la fille de Jean-Loup est son chef ! Le quatrième : lorsque je cherchais des informations au sujet de la prononciation de la lettre X dans différentes langues, notamment dans le langage mathématique, un professeur de l’institut de Mathématiques de Neuchâtel, voyant mon intérêt pour les chiffres, m’a conseillée de lire L’Histoire universelle des chiffres, publié chez… vous avez déjà deviné et ne devrais pas l’écrire… quand même je le fais, publié chez Bouquins ! Clément a eu l’élégance de me l’offrir. C’est quand même extraordinaire !

Une coïncidence avec Pierre. Je dis à Pierre que je vais aussi écrire un article sur lui et il m’envoie ceci : Grand merci ! Pour la terminologie, j’utilise « révision » comme variante enrichie de relecture-correction qui est le terme habituel voire consacré en France mais que je trouve réducteur. Ce sont les Québécois qui en ont fait un métier plus valorisant (avec diplôme) que le correcteur d’imprimerie ou même le secrétaire de rédaction (S.R) à la française. Ici aussi le hasard s’en mêle puisque sans savoir cela, je propose aux auteurs que je croise de réviser leur texte. Je trouve le mot plus beau et mes révisions prennent souvent l’allure d’un dialogue avec l’écrivain concerné.

Maintenant qu’on arrive à la fin, Jean-Loup Chiflet vous tend sa carte de visite, un autre délice du point de vue des mots auquel s’ajoute le plaisir du toucher puisque la carte est imprimée en relief.

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Dialogue sur la lettre « i » et dessins avec une élève de 12 ans

Cela fait… un peu plus d’une année que Zully m’a demandé de faire un dessin de chacune de nous afin de les utiliser lorsqu’elle fait des résumés de nos conversations, échanges verbaux au sujet de ce que je sens, vois, observe, aime, n’aime pas, apprends, comprends, ne comprends pas, fais, ne fais pas, etc.

Zully sait que j’aime dessiner et que je suis passionnée par les mangas. Voilà le pourquoi de ces dessins. Ils permettent aussi de donner un autre ton aux histoires que nous écrivons.

Alors, je vous présente :

L’autre jour, je suis arrivée et lui ai dit « je sais que tu t’intéresses un peu à la langue et j’ai appris que le point sur la lettre « i » s’appelle « iota » !

Au moment de la rédaction de ce « résumé », mon élève a été chargée de raconter au public présent ce qu’elle avait appris. Elle raconte, après quelques explications de ma part, qu’en fait la lettre « i » n’a pas toujours porté un point. Il a été introduit lorsqu’on a commencé à utiliser l’écriture cursive, c’est-à-dire, l’écriture liée parce qu’il était difficile de distinguer un « u » suivi d’un « i » ou si c’était la lettre « m », voire un « n » suivi d’un i ». Bref, il y avait des difficultés et au xie siècle (je sais, les siècles s’écrivent en petites capitales, mais cette plateforme n’en tient pas compte), les copieurs ont décidé de la différencier en lui mettant un signe un peu oblique « í », puis l’imprimerie s’est répandue au xve siècle et le signe a été réduit à un point dans de nombreuses polices de caractères.

Je profite de la situation pour parler du tréma et de l’expression « ne pas bouger d’un iota ». On le sait, cette lettre était tellement petite, la plus petite de l’alphabet grec… qu’il a fallu lui mettre un signe pour la distinguer.

Magnifique !

Le thème étant acquis, on peut passer à autre chose et on danse !

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Giovanni, 5 ans, apprend un mot à Zully

La conversation est réellement un échange de propos, de connaissances, d’avis, de savoir. Je discutais un jour avec le petit frère d’une élève. Je mentionne, en passant, que ce garçon avait un sens de l’observation très aigu et que finalement je lui ai proposé de se joindre à sa soeur pour suivre les cours. Il connaissait tellement bien les pas et la musique qu’il pouvait faire le technicien du son pendant les répétitions et dire quand sa soeur s’était trompée !

Cela mis à part, il était passionné par les dinosaures.  Il se trouve que je discute aussi des choses qui passionnent les élèves. Je lui ai passé un petit livre que mon ami, André Oppel, avait laissé avant de quitter cette dimension terrestre. Le livre en question n’était pas réellement destiné à des enfants, il avait peu d’illustrations, mais Giovanni s’est montré intéressé, l’a pris et même m’a prêté l’un des siens !

Je reviens au sujet de la conversation que nous avons eue et voici le résultat :

Soliloque Giovanni 2017

Les années passent. Je raconte, aujourd’hui, 8 février 2024, l’histoire à deux personnes : la première est un historien qui n’avait pas fait le rapport entre la Pangée et l’époque des dinosaures et la seconde à quelqu’un qui a eu un poste important dans le canton, féru de langue française mais qui ne connaissait pas le mot. Tous les deux remercient le petit garçon. Voilà, c’est le genre de choses que j’aime dans ce monde. Giovanni a semé une graine quand il avait cinq ans et, des années après, elle porte encore des fruits. C’est si plein d’enseignement… Tout ce qu’on fait et dit a des répercussions.

Sens et origine du mot. Je me suis dit que j’allais en savoir un peu plus et viens de voir que le mot dans Wikipédia qu’il est issu du grec et qu’il signifie littéralement « toutes les terres ». Il vient du grec ancien πᾶν (pân), « tout », et γαῖα (gaïa), « terre », qui devient en latin pangaea.

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Soliloques d’une élève de danse de 14 ans

Le jeu de la vie se retrouve dans tous les domaines qui la composent. Ainsi, le cours de danse est-il un prétexte ou une occasion pour comprendre la vie, qu’elle a des règles, qu’on se doit de les connaître pour les assimiler et ensuite pouvoir jouer avec elles. Ce n’est pas toujours facile d’être élève, ce n’est pas non plus toujours facile d’être professeur.

Professeur – élève ou élève – professeur on l’est à tour de rôle tout au long de la vie, parfois même de la journée !

Le texte, ci-dessous, a été exposé sur un panneau lors du spectacle annuel 2017.

Soliloques Tili 2017

Quelques années plus tard… Mon élève raconte qu’elle s’occupe du français de sa meilleure copine… Elle lui fait des dictées et lui explique en cours de route les mots qu’elle ne comprend pas. Une fois l’épreuve passée, mon élève choisit un mot ou un autre que sa copine n’a pas relevé et lui demande de le lui expliquer :

– Heuh.. je n’ai pas les mots pour le dire…

– Alors, tu ne sais pas !

Cela pour dire que mon élève joue mon rôle. Voyant qu’elle n’allait pas bien en mathématique, je l’avais invitée quelques fois pour revoir la matière. Après avoir expliqué l’affaire, je demandais à mon élève si elle avait compris. Elle répondait : « Oui ». Alors, redis-moi. – C’est difficile. – Dis-moi avec tes propres mots. – Heuh, je n’ai pas les mots pour le dire… – Alors, tu n’a pas compris ! et je trouvais une autre façon de lui expliquer la chose. Mon élève n’aimait pas toujours mes remarques, mais elle a appris la leçon ! Je le disais au début de l’article : « Professeur – élève ou élève – professeur on l’est à tour de rôle tout au long de la vie, parfois même de la journée ! » Mon élève a eu bien du plaisir à me raconter l’aventure avec sa copine et moi j’en éprouve aussi maintenant que je vous la raconte.

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Liste de mots à soigner (en cours d’enrichissement)

Les gens ne se rendent pas toujours compte qu’ils utilisent certains mots dans un sens qui n’est pas le leur. En voici quelques-uns :

  1. Au final.  On préférera : finalement, en fin de compte, tout compte fait ;
  2. Collaborer ensemble. Collaborer, issu du latin « laborare + cum », soit travailler avec quelqu’un. On évitera de dire collaborer avec quelqu’un ensemble car « collaborer » avec quelqu’un suffit.
  3. Concernant. L’Académie française préfère « en ce qui concerne ». En effet, « concernant » est le participe présent du verbe « concerner » et a le sens « qui concerne ». C’est ainsi que l’on ne dira pas : concernant madame X, il faut savoir… On dira : au sujet de madame X. Si on désire utiliser « concernant », il faut lui donner un complément du genre : concernant la fin du livre, par exemple ;
  4. Concerné. On ne dit pas non plus « il est concerné », on dit « cela le concerne en partie » ou, à la forme passive « il est touché par telle chose » ;
  5. Conséquent.   Cet adjectif est parfois utilisé dans le sens de « grand, important », or il est issu du substantif conséquence – qui est lié à la logique – pour se rendre compte de son véritable sens.  Ce mot trouve tout à fait sa place dans des expressions comme : « je suis conséquent avec moi-même », qui veut dire je suis logique avec moi-même. On évitera de dire : une somme conséquente, une erreur conséquente. Il convient, dans ces cas de dire : une somme importante, une grande somme ; une terrible erreur…
  6. De suite.  Cette expression est utilisée à la place de tout de suite. On évitera de dire : il est venu de suite. On dira il est venu tout de suite ;
  7. Esthétisme et esthétique :
    1. Esthétisme : c’est la théorie au sujet du beau, c’est une tendance artisique qui a existé vers la fin du xixe siècle en Angleterre. C’est un courant. C’est peut-être plus clair si on fait un parallèle avec le mot « communisme » ; on comprend bien qu’il s’agit de la théorie du communisme, de son organisation politique. L’esthétisme a existé à u moment de l’histoire, c’était, une fois de plus, un courant ;
    2. Esthétique : c’est la qualité, en terme de beauté, d’un obejet. On parlera de l’esthétique d’un bâtiment, d’une figure.
    3. En conclusion : on ne dira pas l’esthétisme d’une chose ;
  8. Feedback. Mot venu des États-Unis qui en français se traduit souvent par « retour d’expérience », « retour circonstancié », « retour d’information ». L’Académie française conseille plutôt : voici ce que j’en ai retiré, ce que cela a provoqué en moi, voici mon expérience, etc. Plus simplement , on peut demander ou proposer une réponse, un commentaire ou avoir une réaction. La langue française est bien riche.
    • Il arrive aussi de lire : merci pour votre retour. On peut simplement remercier pour la réponse, la remarque, l’observation, le complément d’information ;
    • Retour, sa définition. Le retour implique un mouvement, un départ d’un endroit pour un autre où l’on a été précédemment.
  9. Finaliser. On le voit souvent dans son sens anglais « mener à terme », « finir », or en français son sens est tout autre  » donner un sens, une ligne, un cap, une finalité ». Il vaut mieux éviter les confusions et utiliser une autre tournure. C’est ainsi qu’on dira qu’on est en train de finir un article, qu’on lui donne la dernière touche, par exemple ;
  10. Intégrer. On lit fréquemment que telle personne a intégré une école ou qu’elle n’a pas intégré telle information. Le verbe « intégrer » est un verbe transitif, qui demande, par conséquent, un objet direct. On peut, par exemple, intégrer un élément dans un ensemble, une partie dans un tout. Mais, une personne ne peut intégrer quelque chose (sauf en argot). En conséquence, on dira : je suis entré à telle ou telle école, je n’ai pas saisi l’information, je me suis intrégré à mon nouvel environnement, par exemple ;
  11. Opportunité. Ce mot, en français a un sens différent de celui de l’anglais ; raison pour laquelle on ne dit pas « j’ai l’opportunité de prendre cet emploi », mais « j’ai la possibilité, l’occasion, de prendre cet emploi ». On peut aussi tourner la phrase autrement et dire « on me présente la possibilité de prendre cet emploi, on me propose, on m’offre, j’ai la chance de, j’ai l’occasion de », « c’est une aubaine », etc. On peut encore penser à « une situation favorable se présente », « c’est le moment propice ». La seule fois où l’on peut utiliser opportunité, c’est dans des tournures du type : je réfléchis à l’opportunité de fixer la date de mon mariage au mois de mai ; ce qui correspond au sens de pertinence.   En conclusion : saisir une opportunité, donner l’opportunité n’est pas français !
  12. Près de – prêt à. Ne pas confondre les deux usages et chacun a sa proposition (« à » et « de » :
    • près de : c’est proche de, tout près de. Je suis près de la maison, près de toi, cela est près d’arriver ;
    • prêt à : on est disposé à, on est d’accord de : je suis prêt à te suivre, prêt à investir, prêt à faire une action ;
  13. Rentrer.  Rentrer veut dire qu’on entre à nouveau ; dans ce sens on rentre à la maison, au bureau. Mais on entre dans un monde, dans une dimension, dans une vie, dans un cycle, dans une période, dans un magasin ; on fait entrer un mot dans un dictionnaire ;
  14. Retour.1. Avoir un retour, remercier pour un retour (voir « feedback ») ;
  15. Revenir vers. On lit bien souvent dans un courriel « je reviens vers vous », or, revenir est un verbe qui indique un déplacement ! Il n’y a pas à réfléchir deux fois, on écrit tout simplement : je redonnerai des nouvelles, je reprendrai contact, je reviens sur le sujet, j’ai réfléchi aux propos échangés, pensant que l’on pourrait encore ajouter ceci à notre projet, etc. Les voies sont ouvertes pour trouver d’autres tournures !
  16. Suite à.  On entend parfois dire et on lit aussi très souvent dans toutes sortes de textes : suite à ce que j’ai vu – suite à votre remarque, suite à bien des choses.  L’expression d’origine est à la suite de. On dira donc : à la suite de votre intervention, à la suite de votre amendement, à la suite de la fausse interprétation, etc.   On pourra aussi utiliser : par suite de (par suite de certains imprévus) – pour donner suite à (pour donner suite à votre courrier du…) – faisant suite à votre intervention, par exemple.

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Révision de textes 4 : Forum Figaro

Histoire 2018 – 2020 .

Cette rubrique ne concerne pas réellement la révision de textes. Je donne un coup de main à un traducteur dont la langue française n’est pas sa langue maternelle. C’est plus une explication de certaines phrases, de contexte culturel, d’usages particuliers de la langue que je propose. C’est une autre facette de l’un de mes derniers métiers. Voici l’histoire.

2018. Le hasard, qui comme on le sait n’existe pas, m’a guidée vers le forum Figaro où des gens posent des questions sur la langue, la grammaire, etc.  J’ai été attirée par quelqu’un qui posait des questions sur le sens de certaines phrases. Il m’a dit qu’il traduisait le roman La Délicatesse de David Foenkinos en persan. Je lui ai donné quelques coups de main et pensais en avoir pour au moins une année et voilà qu’il a fini.

Pour me remercier, il me dit qu’il allait signaler dans la préface de sa traduction que je l’ai aidé alors que l’on ne se connaissait ni d’Ève ni d’Adam. Il ne l’a pas dit ainsi, mais c’était le sens. J’en suis toute retournée, car je l’ai fait par instinct, comme si cela avait été normal.

J’ai profité de lui dire qu’il fallait alors aussi remercier le forum qui a été mis à notre disposition gratuitement. Sans le forum… rien. Je trouve que le traducteur, Parsa Haji Hosseini, est d’une élégance rare. À mon tour de le remercier.

2019, début. Le temps est passé et je viens de recevoir des nouvelles de Parsa. Il a publié son livre et mon nom y figure ! Cela me donne une grande joie.

Pour ceux qui lisent le persan, pas de problème, pour les autres, je suis tout en bas de la page !

2020, début, J’envoie un mot pour nouvel an à la plateforme Figaro et le lien vers cet article. J’ai reçu une jolie réponse et par la même occasion j’ai appris que la cheffe du département est originaire de Suisse. On est en famille ! Voici la réponse :

Le Figaro – équipe d’animation (FAQ Le Figaro) 6 janv. 10:19 Oh merci de partager avec nous cette «belle histoire»! Nous faisons suivre aux animateurs du forum. 
Cordialement, Le Figaro
En ce même début d’année, j’ai reçu cette vidéo de la part de Parsa.
On ne peut s’empêcher de se dire que Parsa a de très belles mains ! Elles vont si bien avec l’écriture persane, c’est toute une poésie.

Je suis ravie de cette aventure et me réjouis que Parsa commence la traduction d’un autre livre, Ghost in love, de Marc Lévy pour continuer notre collaboration.

2020, juillet. C’est fait, la traduction est finie et j’ai eu la joie de pouvoir expliquer quelques tournures et sens de mots à Parsa qui est décidément très méticuleux dans son travail. Le seul regret de cette dernière aventure c’est qu’il n’y ait eu pas tant de questions que cela !

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Voir aussi :

Révision de textes 3 : mon élève de danse de 15 ans

 Il n’y a pas si longtemps, mon élève parlait comme la plupart de ses copains… un français un peu limité et décoré de bien de fautes : mots, accords, grammaire, style. Les remarques à ce sujet n’ont pas très bien passé et j’ai dû laisser l’eau couler sous les ponts… pendant un certain temps.

Ce même temps a fait son oeuvre. Voilà que mon élève écrit des poèmes. Je viens de les lire et les trouve remarquables. Le hasard a fait que j’ai donné hier un « Atelier de mouvement du corps et de l’esprit » où interviennent de courts poèmes inspirés des haïkus (courts poèmes japonais liés à la nature). Ces poèmes ont un lien avec les événements de la vie et n’ont pas de but littéraire. Je les lui ai montrés et elle les a aimés ! Ce n’est pas rien. J’ai proposé à mon élève de publier sur ma plateforme ses poèmes et elle a été ravie. « Du coup », comme elle dit, je publie les siens et les miens.

Voici quatre des miens :

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Mon élève : son poème « Comptine » est écrit sur deux diapositives.

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Mon élève : son autre poème « Mireille a le bout du nez rouge » est également écrit sur deux diapositives.

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On ne peut qu’admirer !

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Voir également :

Révision de textes 2 : synchronicités

Les choses s’enchaînent toutes seules à nouveau dans ma vie. J’ai vécu longtemps ainsi et puis, je suis passée par une drôle de période, pas uniquement composée de difficultés, mais quand même…

Ma vie reprend du vif et c’est un immense plaisir. Au mois de février, le Théâtre du Pommier, anciennement le Centre culturel neuchâtelois, a fêté ses 50 ans. Mon ami, parti au ciel il y a près de dix ans, André Oppel, a été son premier directeur artistique. Les choses ne se sont pas bien passées lors de son départ à ce qu’on appelle la retraite. Mais, on ne refait pas l’histoire et on prend ce qui est. J’ai été invitée à cette célébration. Il y avait, comme moment théâtral, une conférence extravagante écrite et déclamée par le comédien français Pierre Cleitman. Titre: Quiprocos & Imposteurs divers avariés. C’est tout un jeu entre l’apparence, la méfiance envers les apparences et comment il faut ses méfier de sa propre méfiance, mais même là, des quiprocos peuvent s’installer et des faux faire leur apparition. C’est absolument remarquable. Il y est question de deux hommes avec une barbe, l’un a une longue barbe et l’autre une barbe courte. Pierre dessine les portraits. Lequel des deux personnages a la plus longue barbe ? Il vous faut écouter la conférence pour le savoir.

Bon, quand on sait qu’il faut se méfier des apparences… On se dit que c’est la petite barbe qui est la plus longue (en effet, celui qui apparemment a la plus longue barbe, lorsqu’on le rase a un menton très très long… ) ; puis, on découvre qu’en fait, celui qui porte la petite barbe utilise un postiche ! Absolument remarquable.

J’ai une élève de danse qui a 15 ans et qui aime l’écriture. J’ai demandé à Pierre de me faire parvenir son texte pour qu’on le lise pendant notre cours. J’ai alors appris qu’il présenterait d’autres conférences sur le territoire helvétique ces temps-ci. Je suis donc allée à Lausanne avec mon élève pour écouter L’esprit du labyrinthe dans le cappucino européen et aujourd’hui, je suis allée à Bâle, j’avais pourtant hésité à me déplacer si loin, écouter L’humour du râleur est-il toujours en retard ? Fascinant aussi.

Alors, les synchronicités ? C’est que malgré que le climat ait été quelque peu tendu avec le directeur du CCN, je sois allée à la célébration, que j’y aie rencontré Pierre Cleitman, qu’il écrive des textes intéressants et qu’aujourd’hui, alors que j’avais hésité à aller à Bâle, j’y sois allée en me disant que je devais y aller, que c’était normal d’y aller tout en me disant que c’était curieux que j’y aille… et qu’il me dise, à la fin de la conférence, qu’il va me envoyer ses textes pour que je les révise. C’est magnifique ! Voilà, j’ai la réponse à mon déplacement. De plus, cela tombe bien, je suis en train de finir de réviser un livre sur les fréquences vibratoires.

Autre chose, il n’y avait pas beaucoup de chances pour que Pierre C. écrive sur Jung et la synchronicité. Et pourtant il l’a fait (il se trouve que je suis allée auparavant à Berne dans le but d’écouter Pierre, mais n’ai pas trouvé le bon endroit et donc raté la conférence. Ce sont des choses qui arrivent. Pour la peine, a dit Pierre, quand vous viendrez à Lausanne, je vous donnerai l’un de mes livres !). Donc, de retour de Bâle dans le train, j’ouvre le livre et tombe sur Jung et la synchronicité. Là, je ne me dis pas que c’est curieux, mais que c’est normal d’avoir des synchronicités dans sa vie et que ma vie est sur les bons rails. Je me permets de citer Pierre : « La synchronicité » étant selon le psychologue zurichois Gustave Jung qui en a forgé le concept (il n’était pas cheminot, mais aimait beaucoup voir passer les trains – C’est le moment de préciser que c’est un extrait de la conférence extravagante « L’amour platonique dans les trains », d’où la mention des cheminots -) la perception de coïncidences remarquablement subjectives dégageant un sens remarquablement objectif combinée avec la perception de coïncidences remarquablement objectives engageant un sens remarquablement subjectif. Pour le dire plus simplement c’est quand le réel nous parle à nous personnellement et que ce qu’il nous dit nous sommes littéralement ravis de l’entendre. »

Pourquoi Jung ? Par ce que je suis une formation de dynamique mentale, que son inventeur, Bernard Michel Boissier (BMB), a rencontré Jung et qu’il parle de synchronicités. Lors de la conférence Histoires inédites sur l’alchimie – quand le savoir et la sagesse rejoignent la science, BMB dit que Jung serait allé à un séminaire qui  réunissait les alchimistes héritiers de ceux de la Renaissance, en Bavière, en 1934. Le thème avait été  » Les Trois Mondes » et Jung en est sorti avec les notions suivantes :

  • l’inconscient collectif
  • les archétypes ;
  • la synchronicité ;
  • l’animus et l’anima.

C’est absolument fascinant de connaître l’histoire des gens, des choses (la conférence est actuellement sur youtube). En plus, on vient d’ouvrir le musée Jung dans sa propre maison à Küsnacht. Par ailleurs, le livre sur les fréquences vibratoires que j’ai mentionné plus haut parle du « Soi » au sens jungien et que je me suis plongée chez Jung pour mieux comprendre cette notion qui englobe l’être spirituel, physique et mental. Alors, retrouver Jung via Pierre c’est curieux…

Alors, avec ces synchronicités, je me retrouve, je me retrouve au sens où je me sens à nouveau bien ancrée au sol, moi qui aime faire différentes choses apparemment sans lien entre elles et quand elles se relient sans que je le fasse volontairement, c’est le signe que tout va bien !

Puis, j’ai rencontré le physicien Jean-Pierre Garner Malet qui a une autre façon d’expliquer les synchronicités, il y a une autre dimension qui s’introduit, celle de la pensée et de son rôle créateur. C’est une façon plus logique. Il n’y a pas besoin d’ajouter autre chose.

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