Réparation et rangement = mettre de l’ordre en soi.7

Il est clair que l’on ne peut réparer que ce qui a déjà vécu. J’avais reçu un vase et un jour, je l’ai laissé tomber. Je n’ai pas su comment le réparer. Je l’ai gardé en souvenir de la dame qui me l’avait donné et posé de telle sorte qu’on ne voyait pas l’ébréchure. Aujourd’hui, la lumière s’est faite dans mon cerveau et j’ai trouvé une solution.

L’environnement et soi. Je suis persuadée que nous sommes le portrait de notre environnement et inversement. D’une façon ou d’une autre. Je ne peux pas toujours faire le lien entre ce qui se répare en moi lorsque je répare quelque chose, mais l’effet est certain.

Le vase (figure no 1). À chaque fois que je le regardais, son message était toujours le même : « Je n’ai pas bonne figure. » Avec le temps, le message était en train de s’effacer. Quand est-ce que je l’ai reçu ? Quand est-ce que je l’ai laissé tomber ? Le temps et moi… Mais, c’était il y a des années. Je le dis souvent, le printemps commence chez moi en janvier. Je revisite, lave, répare des choses de mon appartement. lAujourd’hui, un jour du mois de janvier 2026, désirant remettre un tissu sur un meuble, j’ai enlevé le vase. Son message a été plus clair que jamais et je me suis dit que je pouvais faire quelque chose. D’abord, la solution la plus simple est apparue : recoller les morceaux cassés., mais il m’en manquait et de toutes façons, le résultait aurait été fragile. Puis, je me suis dit qu’il pouvait garder la forme qu’il avait mais que j’allais la rendre jolie. Cela m’a fait penser à la fameuse phrase « Fais de ton point faible une force ». Allez savoir pourquoi !

Des outils (figure no 2). J’ai une bonne quantité d’outils et il m’est venu à l’esprit que j’avais ce qu’il fallait pour couper le bois (ah, oui, le vase est du bois laqué), le limer et qu’ensuite, je pouvais le peindre.

Figure no 3. C’est le résultat. Cela n’a pas été aussi simple que cela et j’ai dû fignoler bien des fois. Les bavures n’étaient pas très grandes, pas très visibles, mais, je me disais que c’était mon portrait… et j’ai donc dû trouver des solutions pour que l’apparence corresponde à un examen plus approfondi.

Figure no 4. Une fois la satisfaction satisfaite (…), je me suis aperçue que le bas de l’ouverture était trop à gauche. J’ai donc rectifié avec de la peinture et ajouté une décoration picturale. Là, il n’y a plus rien à retoucher. Le vase doit être content !

Alors, le fond de l’affaire : le temps qui passe. Ce temps a des effets incontestables, mais on peut soit laisser la chose comme cela, soit la mettre en valeur. Les valeurs changent d’un individu à l’autre, c’est vrai, mais le plus important est de ne faire qu’un avec soi et l’appréciation des autres devient relative. J’ai rencontré des personnes qui avaient beaucoup d’heures au compteur de leur vie mais qui avaient une richesse et une telle chaleur humaine que c’était un plaisir de les côtoyer. Dans cette histoire, mon vase a retrouvé belle allure et il a une nouvelle vie.

Liens vers d’autres articles où réparations et rangement = mettre de l’ordre en soi. C’est sûr qu’à chaque fois que nous réparons et rangeons quelque chose, il y a une correspondance en nous :

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Un fauteuil et des chaises pour l’assise de Zully dans la vie

Il est quelques fois des périodes compliquées et se on demande si cela va continuer. Dans mon cas, un fauteuil apparaît et ensuite deux chIaises. J’ai tout lieu de penser que la réponse est : voilà une belle assise pour la suite !

Un début à tout. Oui, il y a un début à tout et souvent on l’ignore. Dans le cas des trois meubles entrés dans ma vie, il y a un fil conducteur et il est magnifique. Cela me fait dire que je ne suis pas oubliée dans ce monde.

Histoire du fauteuil. Feu mon ami, André Oppel, premier et unique directeur artistique du Centre culturel neuchâtelois – devenu Le Pommier – a laissé quelques affaires liées à la culture de notre ville. Lors de la célébration du 100e anniversaire de la naissance d’Albert Dürrenmatt, j’ai remis au conseiller communal, Thomas Facchinetti, responsable de la culture et de la cohésion sociale, des écrits d’André. Une année après, Thomas m’a dit qu’il avait remis les documents à la Bibliothèque publique universitaire (BPU) et créé un fonds André Oppel. Je pouvais donc remettre ce qui était en ma possession. Un jour, je passe à la bibliothèque pour dire je ne sais plus quoi à Thierry Chatelain, directeur de la bibliothèque, et vois un magnifique fauteuil.

  • Qu’est-ce qu’il est beau, ce fauteuil ! dis-je.
  • Vous le voulez ? répondit Thierry
  • Mon Dieu… oui…
  • Je voulais le mettre dans le couloir pour les visiteurs parce qu’il n’y aura plus de place dans mon futur bureau.
  • Ciel, non ! Vous avez vu comment les gens traitent les choses ? Je le prends !

Thierry ma l’a livré personnellement. Je n’aurais jamais osé penser une telle chose et pour moi ce geste est aussi un signe du destin.

Qui sait quoi à l’avance ? Peu de temps auparavant, l’une de mes amies, Béatrice Bois, était partie au ciel et ses enfants m’ont donné ce magnifique tapis qui s’accorde avec le fauteuil. Alors, qui savait qui allait rejoindre qui ? En tous les cas, ils sont accordés.

Alors le fauteuil. Thierry me dit qu’il avait appartenu à Monika Roulet, décoratrice et personne que j’avais connue autrefois. Je reprends ce que j’écris dans l’article sur mon spectacle lecture-théâtre : « … et avant encore il avait appartenu à sa belle-mère (de Monika) qui est certainement la personne qui lui a fait son canevas. Cette belle-mère était la mère du professeur Eric Roulet, celui qui m’avait engagée pour donner des cours à option à l’école secondaire ! Je saisis l’occasion pour le remercier de son geste, même s’il est au ciel. J’ai l’impression que ce fauteuil me parle et je vais finir par en faire l’objet d’un conte. »

Ce fauteuil encore. Lorsque mon ami avait présenté son spectacle André Oppel lit des contes d’Alphonse Allais, je lui avais procuré, par l’intermédiaire d’une amie, un fauteuil très, très semblable. Alors, ce fauteuil qui relie tant de pans de ma vie me dit aussi que je vais pouvoir l’utiliser pour la présentation de mon spectacle lecture-théâtre, spectacle que je n’avais jamais imaginé pouvoir donner.

Les chaises. Comme bien des magasins indépendants, le Tigre royal, ferme ses portes, on est dans les derniers jours de 2025. Dans ce magasin, on y trouvait des manteaux et bonnets en fourrure, en laine, des sacs et des gants ainsi que des jeans pour dames. Il remonte à 1890. Je vais écrire un article à son sujet. Pour faire court, disons que j’ai hérité de deux magnifiques chaises. J’en avais déjà une semblable à la maison et me suis dit que ces deux-là iraient bien dans mon studio. Puis, monsieur Monnier, le propriétaire du magasin, m’a dit qu’elles avaient appartenu à ses grands-parents qui avaient habité la maison jouxtant la mienne et dont la grand-mère, Germaine de son prénom, après le décès de son mari était venue habiter ma maison avec les chaises. Cela me fait un drôle d’effet. Je sens que des fils invisibles de mon histoire se mêlent à ceux de la famille Monnier et donc de Neuchâtel. À chaque fois qu’il m’arrive une chose pareille, je me sens plus… ce n’est pas enracinée, c’est liée par des fils temporels à ma ville. Voici la photo.

Ces fils temporels : quand je me regarde dans une glace, force m’est de constater que je n’ai pas une tête de Neuchâteloise. Dans la dernière photo qu’on m’a prise, on dirait une Chinoise ! Mais les années passées dans Ma ville, les liens tissés avec ses habitants font que mon histoire se croise avec celle neuchâteloise. C’est ainsi que je n’ai pas eu besoin d’être liée généalogiquement à la famille Roulet pour hériter du fauteuil ni à la famille Monnier pour hériter des chaises. Ces meubles habitent mon studio et viennent enrichir l’histoire de mon studio qui est très neuchâteloise. Je voulais écrire un conte sur le fauteuil, mais l’histoire, quand on sait s’y prendre, est un conte. Peut-être en ferais-je une version pour des enfants.

Ah, fauteuil, chaise et siège ! Le premier titre de l’article était Des chaises pour… Mais, j’ai bien senti que le fauteuil tanguait dans le vide, or il est entré le premier dans l’histoire. Je me disais aussi qu’il devait y avoir un nom commun qui refusait de faire son apparition dans mon cerveau. Il devait y avoir une solution. Qui me sort de tels dilemmes ? Chambaron, le correcteur qui me comble et qui me dit : « Le mot générique est siège« . C’est vrai, cela fait des éternités que je n’ai entendu ce mot. Pierre m’explique encore : « Ensuite (et « en dessous ») il y a de nombreux noms pour préciser les caractéristiques, du tabouret au canapé en passant par le siège des ‘salles d’eau’ ! Entre nous, j’ai toujours été étonné du nombre de mots originaires de la culture arabe : canapé, sofa, divan, pouf, ottomane« . Comme il a raison ! En plus ce sont eux qui ont inventé l’algèbre. Chambaron m’a encore donné toute une série d’autres mots :  le strapontin, la stalle, la sellette, la… causeuse. On trouve même une escabelle (médiévale) ou une boudeuse (siège pour deux personnes qui se tournent le dos), sans parler du récamier, forme rendue célèbre par la sensualité littéraire de son éponyme ! Ah, la richesse du langage n’a d’égale que la richesse de la vie.

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Conversations.14

Le monde est une scène de théâtre, aussi y trouvé-je des répliques, des observations très enrichissantes.

Vous êtes courageux ! On est en hiver et je vais dans le lac faire mes ablutions, pour ainsi dire. J’étais dans l’eau et un monsieur kurde ou turc me dit : « Vous êtes courageux, madame. » J’ai trouvé cela tellement charmant que je n’ai pas voulu lui dire que pour une dame c’était « courageuse ». Je me suis dit que dans sa culture, un homme courageux est vraiment quelqu’un de fort, exactement de courageux. Au moment où je grimpais sur les pierres pour retourner sur mon banc, il m’a demandé si j’avais besoin d’aide. « Quelle idée », ai-je pensé. Quand je suis sortie de l’eau, je l’ai vu courir vers moi avec une couverture. J’ai dû le rassurer.

J’ai raconté l’affaire à l’une de mes voisines et je lui ai dit que j’allais garder ce « je suis courageux » dans les moments difficiles. On ne sait pas toujours ce que l’on fabrique, mais peu de temps après, j’ai eu besoin de me dire que j’étais courageux pour arriver au bout de certaines choses. Moi qui aime le français, qui ne perds pas d’occasion pour améliorer celui des autres, je viens d’apprendre quelque chose de la part d’un étranger. Merci !

Un vélo sur un trottoir. Je ne sais plus comment va cette société. Un vélo est un véhicule et sa place est sur la route. Si on a peur des voitures, on va à pied. Punkt. Voici donc que je descends la rue – sur le trottoir – et qu’un vélo vient dans ma direction.

Première leçon d’anatomie. Pendant quelques jours, j’ai remis ma perruque noir-blanc et j’ai suscité pas mal de réactions dont voici quelques-unes :

  • Un monsieur qui m’a vue en ville a dit : « J’adore ! J’adore ! J’adore ! »
  • Je faisais la queue pour payer un livre chez Payot et une dame d’un âge certain qui se trouvait devant moi me dit : »J’aime comme vous vivez la vie ! »
  • Une jeune maman qui montait la rue du Château un peu après moi me dit : « Qu’est-ce que cela vous va bien, cette coupe! » Je lui répondis que c’était une perruque. Elle m’a dit qu’elle s’était demandé comment un coiffeur pouvait réussir un partage de couleurs aussi réussi mais que cela m’allait très bien. Puis, elle a expliqué à ses enfants, trois et cinq ans, que nous nous croisions assez souvent. Comme on arrivait devant leur maison, la maman a dit au garçon qui avait froid de rentrer et qu’elle allait faire encore quelques pas avec la fillette. Au moment où j’ai dit que je pouvais leur montrer ma salle de spectacle, le garçon a demandé si une prochaine fois, il pourrait venir. « Bien sûr », lui ai-je répondu.
Il a la taille d’un enfant de 12 ans

Les reins et la chaleur. Arrivées au studio, elles l’ont trouvé beau et la dame a dit qu’elle y avait pris des cours de théâtre il y avait des années. Cela m’a fait quelque chose car à l’époque j’occupais aussi le lieu. Puis, j’ai demandé à la fillette si elle voulait bien que je lui montre ce qu’elle pourrait faire à son frère lorsqu’il avait froid. Pour ce faire, j’ai pris mon squelette Essence. Me doutant qu’elle ne connaissait pas encore l’anatomie, je lui ai dit que lorsqu’elle respirait, sa poitrine bougeait parce que les poumons se gonflaient et se dégonflaient. Je les lui ai montrés sur Essence. Puis, je lui ai indiqué où se trouvaient les reins et je lui ai dit qu’ils pouvaient donner chaud. Je lui ai demandé si je pouvais montrer sur sa maman ce qu’elle pourrait faire et elle a été d’accord. Sa maman a senti la chaleur tout de suite. Voilà, une première leçon d’anatomie réussie !

Sait-on pourquoi on fait une chose ? J’avais décidé d’aller me baigner au lac. Seulement, ce matin, en voyant sur mon téléphone – 12 °C… Je me suis dit que c’était froid. Le temps que ma mémoire oublie ce nombre, le soleil est sorti et je suis donc allée au lac. Arrivée sur place, des vagues sont venues se jeter contre la place que j’occupe habituellement, autrement dit, contre Ma place. J’ai décidé, une fois de plus, que je n’allais pas me battre, que je n’étais pas là pour battre des records, me suis rhabillée et pris mon chemin de retour. Je me suis demandé pourquoi, pourquoi, pourquoi toute cette affaire. C’est à ce moment que j’ai vu un cycliste s’arrêter près d’un banc (on est toujours au bord du lac) et y poser un pied (le second étant resté sur l’autre pédale).

Je lui fais signe que cela ne va pas. Mais, comme j’avais un manchon au bout de mon bras, il a traduit mon geste par un salut et il me salue. Je m’approche et je lui dis qu’il n’est pas question de salut mais du pied sur le banc qui sera sale lorsque d’autres personnes s’y assoiront. Son visage montre qu’il est désolé et il dit : « Je n’y ai pas pensé » tout en enlevant le pied. Le monsieur a un âge certain. Il me sourit et lors je lui dis : « Je vous embrasse », à quoi il répond : « Pas de soucis ! » Ah, ce « pas de soucis » me sort par le système ! En plus ce n’est pas un ado qui parle. Alors que je partais, je retourne vers lui et lui dis. Comment pas de soucis, j’ai dit que je vous embrassais pour le geste. Je peux ? Alors, il rigole et je dis : « Je vous embrasse » et suis partie.

Réponse à ma question du savoir pourquoi on fait telle chose ? J’avais décidé d’aller me baigner et le destin facétieux ou le dieu des bancs a décidé que je devais plutôt réveiller la conscience d’un cycliste !

Le chariot montre la voie. Un chariot, on le sait ne parle pas, ne pense pas. Et pourtant… Ce matin, j’avais 30 minutes pour aller en ville, au marché, chercher les petites salades pour mes canaris. Le maraîcher, Peter, m’avait dit que je les trouverais à tel endroit. Ledit endroit était vide et j’étais pressée. Je m’avance un peu dans la place du marché et envoie un message à Peter pour savoir quoi faire. C’est à ce moment-là que j’ai entendu un clac ! et que j’ai vu mon chariot bloqué (les roues rentrées et la base collée au support. Je n’avais jamais vu une chose pareille et je ne l’avais pas brusqué non plus. Juste à côté, il y avait un marchand de fromages. Je lui ai demandé s’il savait comment débloquer mon diable (c’est le nom qu’on lui donne). Il ne savait pas. Sa collaboratrice non plus. Ils se sont donné de la peine sans résultat. Finalement, je demande si on ne peut ouvrir les roues en même temps que l’on descendrait la base. Les deux vendeurs s’efforcent et finalement, le diable reprend forme. C’est alors que je dis que je ne sais que faire parce que cherchais Peter qui avait des salades pour moi. C’est aussi alors que le monsieur se penche et prend le cageot avec les salades et me demande si ce sont celles pour mes canaris. Ciel ! Je leur dis que je ne peux sinon remercier ce chariot qui savait où se trouvaient les salades !

Au bord du lac. J’allais me baigner et vois un couple. L’histoire de l’âge ne m’intéresse pas réellement. Mais pour ceux qui voudraient savoir quel âge a ce monsieur, je dirais qu’il est plus proche du sommeil du soir que du lever du matin. Il lance des cailloux sur la surface du lac calme pour qu’ils rebondissent. Cela ne marche pas, après deux fois, le caillou s’enfonce. Le monsieur dit :

Je remercie le monsieur parce qu’il m’a inspirée pour la définition de l’âge. Il fait maintenant partie de ma vie. Ce passage devrait s’intituler Le Caillou et l’Inspiration.

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Spectacle de danse-théâtre, le 29 décembre 2025

J’ai eu une année compliquée et je me demandais où j’allais, puis, les choses ont commencé à tourner et voilà que des amis sont venus voir mon spectacle de danse-théâtre.

La danse. Lorsqu’on présente une danse, elle a sa chorégraphie et peu importe sur quelle scène on danse, elle ne change pas ; on peut prendre plus ou moins de place mais c’est tout. Dans le cas des danses où je suis en interaction avec le public, je parle en fonction des spectateurs présents. Cette fois, j’avais deux parents, Anne et Stefano, leurs deux enfants, Siméon – 10 ans, Émilie – 8 ans et Roger l’horloger un autre adulte.

Au départ, il n’avait été question que des parents et enfants. J’avais mentionné qu’après le spectacle on aurait un petit en-cas. J’avais vu de jolies boîtes de biscuits dans un magasin mais le jour où j’ai voulu en acheter, le rayon était vide. Il y a un personnage, Roger l’horloger, qui me rend souvent visite au studio et pour lequel, j’achète des framboises. Ce sont ses fruits préférés. Quelque chose m’a dit d’en acheter, mais la raison m’a dit qu’il ne venait pas, qu’il était en train de quitter la Suisse pour rentrer chez lui aux Pays-Bas et que donc cela n’avait pas de sens. Ces mots ont tourné plusieurs fois dans ma tête et finalement, j’ai fini par en acheter.

Le hasard ou cet ami qui me suit souvent. Le jour du spectacle, j’étais en train de répéter avant l’arrivée des invités et voilà que Roger l’horloger s’annonce. Il passait, par hasard, pour savoir si j’étais là. Ni une ni deux, je l’invite au spectacle.

Invités spéciaux. J’ai pensé que trois composantes de ma vie voudraient venir à ce spectacle et grossir le rang des spectateurs. Les voici :

  1. Béria. Il est toujours présent et sa fourrure me rend moins difficile un exercice où j’ai le dessus du pied au sol. Il représente aussi la Russie, essentielle dans ma vie ;
  2. À gauche : le Fils du sultan. C’est le poupon que mon père m’a offert lorsque j’ai eu sept ans. Il est allemand ;
  3. À droite : Mademoiselle Ding-Ding. Elle a été faite par mon arrière-grand mère quand elle a eu cent-huit ans ! Elle a voyagé partout avec moi. Je lui ai fait la robe et le chapeau. Quant au bracelet (fllûte ! j’ai oublié de lui mettre son collier), c’est la bijoutière de la place, Suzanne Dändliker, qui les lui a faits.

Mon spectacle, faut-il le rappeler, est un spectacle intimiste et il se passe des choses comme celles qui se passent en famille. Quand on est en famille, il arrive que l’un des enfants ou des parents soit en retard, qu’il pense qu’il doit préparer quelque chose et part le faire avant de l’oublier, etc. Dans mon spectacle, il en va de même. Cette fois-ci, j’ai eu besoin d’Anne pour mettre un tissu sur ma barre. Pour une raison qui m’échappe, le tissu n’en faisait qu’à sa tête !

Déroulement du spectacle. Je commence par un exercice de danse classique pure et je demande aux enfants s’ils savent ce qu’est la danse classique. Silence. Je demande alors s’ils savent ce qu’est la musique classique et Siméon répond : « La musique normale ! ». J’ai trouvé cette réponse remarquable et lui ai dit que je n’avais jamais entendu de définition plus parfaite que celle-là. Ensuite, j’ai fait un parallèle avec la danse classique et donné les informations pertinentes.

Une autre de mes danses s’appelle La vie est-elle un combat ? Au moment où j’ai annoncé le titre, Émilie a dit : « Non ! ».

Inutile de vous dire que ces deux réponses ont amené des rires dans la salle.

Arrivée à la danse Cueillir un lotus, j’ai demandé à chacun de me dire, à la fin de la danse, comment il avait vu la fleur : couleur, forme, autre chose. Voici la récolte de cette fois :

C’est le moment de préciser que Roger l’horloger a fait le tour du monde à vélo pendant trois ans. Alors, son parallèle me fait fondre.

Dernière danse Sérénade de Schubert. À la fin, Siméon s’est exclamé : « C’est trop beau! »

Appréciation de Stefano : « Un spectacle poétique, plein de magie ».

On arrive à l’en-cas :

J’explique aux enfants pourquoi j’ai acheté des framboises et comment le hasard a fait que Roger vienne au spectacle :

Commentaire de Roger : *J’ai senti de loin l’odeur des framboises et c’est pour cela que j’ai tapé à la porte ! *Tout le monde a rigolé.

Commentaire de Stefano : « Le hasard n’existe pas ».

Ce qui a eu le plus de succès auprès des enfants : les chocolats (deuxième plan à partir du haut). Ce sont des chocolats en forme de coquillages. Ils n’en avaient jamais vu (ça c’est un succès, montrer à des enfants de la génération actuelle quelque chose qu’ils ne connaissent pas ! C’est l’une des variables de mon spectacle : apporter quelque chose aux autres).

Conversation. Ensuite, la conversation s’est engagée.

Émilie regarde mon studio-salle de spectacle et me demande si j’habite là. Tout le monde a rigolé, mais je lui ai dit que j’ai bien pensé plusieurs fois à le faire tellement je me sens bien dans mon local, mais, j’ai des canaris dans une volière et ils ne pourraient survivre. Je suis touchée qu’elle ait senti que quelque chose de moi habitait ces murs.

Une leçon de vie. Je le dis souvent, j’aime transmettre et j’aime voir transmettre. Roger raconte que pendant son tour du monde, il est passé par une frontière asiatique où il y avait un guichet de change. Roger a vu que l’employé le trompait et comme ce dernier faisait la sourde oreille, Roger l’a pris par le col – précisons que Roger est très très grand, qu’il a beaucoup de force et surtout qu’il n’a pas peur, alors si on imagine un asiatique à côté de lui, ne lui arrivant même pas au cou… – et l’a obligé à lui donner la somme officielle. Un ami japonais qui voyageait avec lui a profité pour se faire rembourser aussi. Puis, sont arrivés dix autres gardiens. Roger s’est dit que si les dix l’attaquaient, il n’avait aucune chance, mais de leur côté, chacun des gardiens se disait : « Il est grand et s’il me tape… Je ne veux pas être le premier, j’attends ». Finalement, Roger a pu passer et son ami aussi. J’ai dit aux enfants que c’était une leçon de vie : ne pas avoir peur devant dans des situations compliquées quand on a raison. Même si ces enfants pratiquent du jiu-jiutsu, je pense que c’est entré en eux.

Le hasard. Il s’est présenté quelques fois lors de ce spectacle. Mais, c’est Stefano qui l’a mis en exergue au moment où la pris sa fillette dans les bras et fait un tour de la salle pour voir les différentes photos et décorations. À un moment, il tombe sur une photo-montage que j’ai faite du livre de Karl-Otto Schmidt Le Hasard n’existe pas et il me regarde d’un regard qui embrasse tous les hasards du spectacle et me dit : « Le hasard n’existe pas ! »

Les enfants de retour à la maison : « Oh, mais les costumes de Zully sont incroyables, surtout celui de Roses de Picardie. La danse Le Piano fantasque a fait dire à Émilie qu’elle voulait apprendre à jouer le piano.

Une suite. Comme déjà dit, je m’intéresse à la langue et forcément à la typographie et à l’imprimerie. Or Stefano travaille dans la dernière imprimerie du canton, chez Baillod S.A. J’irai faire un tour quand l’occasion se présentera. C’est passionnant !

Question d’Émilie :

Dernière chose qui m’a touchée. Le lendemain, la famille est allée voir un film où une fillette cueille des lotus. Ils se sont exclamés ensemble : « Elle fait comme Zully! ». Que dire sinon que je suis ravie. C’est une belle façon de finir l’année et prémonitoire pour celle qui vient.

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