Xamax dans le monde de Zully et Zully dans le monde de Xamax

Enfant, je faisais de la danse et David, mon frère, du foot. Deux mondes et pourtant. puisque la terre est ronde, ces chemins si différents se sont rencontrés !

L’entraîneur Michel Christen chez les juniors de Xamax et maestre Oprea Petrescu à l’Opéra de Bucarest, Roumanie. La vie est vraiment curieuse. Il a fallu des années et des années pour que je sache que l’entraîneur de mon frère et mon maître de ballet avaient la même façon d’observer leurs « sujets » et non seulement cela, mon maître venait vers moi et me disait : « Tu vois cette danseuse ? Elle a des ligaments longs, elle devrait sauter très haut mais elle est flemmarde ; tu vois ce danseur ? Il fait les exercices comme s’il était à l’école, tout est très bien fait, même quand il danse sur scène, il exécute les pas correctement ». Il disait aussi que chaque danseur a son style, son genre (en roumain on dit mănușă lui) et ne devrait y déroger : un danseur qui est le prince Siegfried dans Le lac des cygnes ne doit pas danser Basile dans Don Quichotte. Dans le foot, celui qui est avant-centre n’est pas gardien, celui qui est arrière-central n’est pas un attaquant, ne doit pas jouer au milieu (défensif). Christen disait à David : *Tu vois ce joueur ? Tu vois sur quel pied il a mis son poids ? Il va se jouer de son adversaire. » Voilà donc comment deux mondes aussi différents se sont rejoints.

Xamax lors de mes examens de maître de ballet et de chorégraphe. Si on faisait un film de réclame pour Xamax, que l’action se situe en Roumanie, pas à Fribourg ni au Tessin ni même à Paris, en Roumanie, qu’une candidate à des examens se trouve face à un expert amateur de Xamax, on dirait que c’est exagéré. Et pourtant … à ma grande stupéfaction, lorsque j’ai passé les miens, l’un des experts m’a dit :  » Votre mère habite à Neuchâtel ? – Xamax ! « . Ce moment est, comme une photo temporelle, fixé dans ma mémoire.

Gilbert Facchinetti. J’ai écrit un article sur lui et ne désirant pas répéter ce qui y figure, je dirais que je pense souvent à lui du fait que des travailleurs sur la pierre de son entreprise ont fait des réparations dans mon studio de danse, près du Château. C’étaient des professionnels, je veux dire que lorsqu’ils sont entrés dans mon studio, ils ont tout regardé et dit qu’il y avait eu un incendie. J’ai demandé comment ils le savaient. Mon local est creusé dans du rocher et certains endroits étaient rosés. C’est ce qui leur a indiqué un fait produit avant mon arrivée dans ce lieu. Grâce à eux j’ai appris à mieux observer les rochers. Bref, ces deux employés de Facchinetti ont examiné l’endroit et convenu de faire le nécessaire. Le résultat a été remarquable. On le sait très bien, il y a travailleur et travailleur : celui qui fait ce qu’il doit et celui qui se demande comment faire pour que le résultat soit excellent. Ces deux employés ont exécuté un magnifique travail. La chose aurait pu s’arrêter là, mais il y a eu un plus, c’est qu’au moment où j’ai dit que je connaissais monsieur Facchinetti, j’ai senti que des portes s’ouvraient et que je faisais partie de la famille. Ce sont des moments intenses.

Éditions Alphil. On avait jusqu’ici la danse et monsieur Facchinetti avec le foot. Les éditions Alphil, basées à Neuchâtel, à la rue du Tertre, que nous partageons (ses bureaux ont vue sur cette rue et mon balcon aussi), publient des ouvrages relatifs à des études universitaires et à l’histoire neuchâteloise. Ce qui nous a réunis, Alain Cortat, l’éditeur, et moi, c’est la passion pour l’horlogerie. J’avais acheté un livre dans ce domaine édité par lui et étais allée lui demander un autographe. Il m’a dit qu’il n’en était pas l’auteur… j’ai répondu que c’était l’éditeur qui publiait ou non, qu’il avait droit de vie sur le livre et qu’à ce titre, il pouvait me donner son autographe. C’est comme cela que la relation s’est établie. En lui rendant visite lors de la dernière exposition à l’Hôtel-de-Ville, j’ai vu une revue et un livre sur Xamax. Finalement, j’ai acheté les deux publications pour mon frère, ancien joueur chez les juniors de l’équipe.

Nicolas Bandelier. C’est l’auteur du livre auquel Laurent Weber a apporté une aide relative aux archives. Je suis allée demander un autographe à Nicolas pour mon frère et finalement une relation whatsappienne s’est établie entre lui et moi. Elle a été très dense et j’ai trouvé en lui un être sensible, très drôle et aimant l’histoire – normal pour un professeur d’histoire, direz-vous, car il l’est, mais , ainsi que je l’ai dit, dans tous les métiers, il y a des gens qui font juste ce qu’il faut et d’autres qui aiment ce qu’ils font, l’ont dans le sang, en sont passionnés. C’est son cas. Nicolas est aussi plein de ressources verbales. Or, s’il y a une chose que j’aime c’est la langue et là j’ai eu plein de desserts ! De plus, pour moi l’histoire devrait être une branche principale. Sans histoire on n’est rien, ni individuellement ni socialement. Ces mots sont récurrents dans mes discours.

Pierre Dubois. Pierre a joué un grand rôle dans la politique et chez Xamax. On ne peut écrire l’histoire de Xamax sans parler de lui. Dans les liens ci-dessous, il y a possibilité de trouver les deux articles que j’ai écrits sur lui. Nous nous sommes vus ces dernières années régulièrement. Je lui ai parlé trois jours avant son départ… Alors, Pierre dans ce livre fait que la communication avec Nicolas et Laurent soit chargée d’émotion. Je me trouve à nouveau en famille.

David mon frère. Il a une mémoire hors du commun et peut raconter le match de je ne sais quelle année, dire où se tenait telle personne, à quelle heure et comment il était habillé ! Quand je lui ai parlé de la revue et du livre, il a téléphoné à Nicolas, lui a raconté mille et une choses ; c’était le soir du réveillon (!) et il s’est mis à écrire. Il m’a envoyé un article et puis douze pages encore sur Michel Christen, sa façon d’entraîner, de comprendre les gens et le foot. C’est dire si maintenant j’en connais un rayon sur ce sport.

Pierre Buffiere de Lair, de son nom de plume Chambaron. Il est le compagnon de toutes mes révisions de textes. Je le consulte cette fois-ci et à un moment donné de la révision des pages envoyées par David, je lui dis que j’ai la tête qui tourne et me demande si un bain dans le lac ne me la remettrait pas à l’endroit (pour moi, aller dans le lac, peu importe la saison, est un plaisir et quand il y a plaisir, rien d’autre ne compte). Voici nos messages :

Il n’y a que Pierre pour avoir de pareilles sorties !

Laurent Weber. Comme il a participé au livre sur Xamax, je voulais aussi son autographe. Nicolas a organisé sa visite chez moi le jour où eux deux étaient interrogés par une équipe qui met en ligne des podcasts. Cela s’est très bien passé parce que lorsqu’on est en famille… Laurent est le responsable des archives de Xamax. J’ai eu différentes métiers dans ma vie et bien souvent j’ai été soit responsable d’archives soit eu affaire à eux. C’est la base de l’histoire. Cela faisait très longtemps qu’il avait envie d’écrire le parcours de Xamax et finalement c’est Nicolas qui l’a fait avec l’aide des fameuses archives dont il est le gardien. Son métier est l’informatique, et même s’il n’a pas joué au foot, ce sont ses copains d’école qui l’ont poussé à assister aux matchs et à devenir un passionné de l’équipe de Neuchâtel. Il m’a raconté qu’à l’école sept enfants sur les dix de sa classe étaient des juniots de Xamax. Maintenant, on arrive à un point commun avec Michel Christen : leurs pères détestaient le foot. Tant Michel (raconté dans un chapitre à part) que Laurent ont dû négocier afin de suivre leur passion.

Rôle de certains pères : si on peut regretter leur autorité qui empêche un désir de s’accomplir, on peut les remercier. Le pourquoi n’est pas aisé à expliquer. Il n’y a qu’à voir dans notre vie, on a envie de faire une chose et apparaît un obstacle, un retard se faufile, une réponse tarde et finalement on s’en sort très bien. Je me dis que ces deux enfants qu’ils étaient à l’époque ont su faire preuve de caractère et quand leur père a cédé ou compris, plutôt compris, c’est parce que c’était le bon moment.

Nicolas Bandelier. Encore lui. C’est parce que j’ai un spectacle de lecture-théâtre dans lequel, je traite du… mot (voir lien ci-dessous) ; en complément du texte, j’ai des fiches avec le vocabulaire qui vient de divers domaines et qui a envahi ou pourrait enrichir la vie de tous les jours. C’est ainsi que si quelqu’un ne répond pas à une question ou joue avec les mots, soit il fait une feinte, soit il dribble. Cela me comble ! J’ai demandé à Nicolas de me donner un coup de main afin de compléter la liste que j’ai. On verra quand il aura du temps.

Michel Christen. Encore lui aussi. Grâce à Laurent Weber, j’ai pu parler avec lui au téléphone. Cela a été une rencontre qui m’a fait me sentir comme… vous l’avez deviné, comme si on était de la famille et qu’on ne s’était plus vus-entendus depuis des lustres. Il m’a raconté pourquoi il n’a jamais ni fumé ni bu de l’alcool. C’est absolument incroyable, dans le milieu du foot, d’avoir quelqu’un ainsi. Je raconte l’anecdote séparément de même que celles qu’il va me confier lorsque je lui aurai rendu visite.

Xamax. Il vient en dernier même si c’est lui qui est à la base de cette histoire. L’équipe a fait vibrer le coeur de Neuchâtel, de la Suisse ! À l’étranger, la Suisse était connue par sa paix du travail, ses banques, ses gardes du Vatican et Xamax et parfois même d’abord par Xamax. C’est une aventure extraordinaire et c’est ce qui a convaincu Alain Cortat d’écouter Nicolas. C’est aussi ce qui me fascine.

Xamax dans mon studio de danse. Parmi mes décorations, il y a un sac avec le logo de Xamax. C’est Gilbert Facchinetti qui me l’a donné. Ses empreintes doivent être quelque part dessus ou alors, sous les miennes. Pour rien au monde, je ne donnerais ce souvenir. Ce qui est rigolo c’est que ce n’est qu’aujourd’hui que je comprends une remarque de Nicolas faite le jour où il m’a rendu visite. Il avait dit qu’il connaissait ce logo, en montrant le sac (normal, c’est celui de Xamax, me suis-je dit), mentionné l’équipe du Real Madrid et dit que quand même Xamax avait battu cette équipe considérée comme la meilleure au monde ! Je me suis demandé pourquoi il disait cela et un point d’interrogation s’est glissé dans mon esprit, mais je n’avais rien répliqué parce que le sachant c’était lui. C’est maintenant, en analysant le logo de Xamax que je vois en bas, à droite, celui de l’équipe espagnole et la date : 19 mars 1986. C’est la date de la victoire de l’équipe neuchâteloise par 2 – 0 au stade de la Maladière ! Je n’ai pas n’importe quoi dans mon studio ! Je le dis assez souvent : on n’est rien sans les autres et Nicolas m’apprend des choses sur mes « avoirs ». C’est magnifique !

Une idée : représenter dans un tableau les personnages qui font partie de cette histoire. Lequel est celui qui devrait figurer en premier ? Celui que presque tous les protagonistes ont connu est Gilbert Facchinetti, celui qui a condensé en un livre l’histoire de Xamax qui a fait battre le coeur de Neuchâtel est Nicolas Bandelier, mais les uns n’existeraient pas ou pas de la même façon sans les autres et surtout pas sans Xamax.

C’est un arbre : le tronc est Xamax et les personnages sont les branches.
Exemplaire vendu par Alain directement ! Ce livre a donc encore plus de valeur pour moi.

Le livre. Les façons d’évaluer une même chose varient en fonction des personnes. Dans mon cas, le livre est précieux parce qu’y figurent des personnes qui font partie de ma vie qu’ils soient de ce monde ou non. Vous les avez dans l’arbre. Un autre fait qui compte est celui de l’histoire de Neuchâtel. J’habite à Neuchâtel, je suis partie prenante de Neuchâtel, mon identité se trouve liée à celle de Neuchâtel. Alors, lorsque Nicolas trace l’histoire du club au travers de 130 événements, en fait un arbre généalogique commenté, je suis ravie. De plus, de plus lorsque j’ai ouvert le livre, au hasard, je suis tombée sur Cantonal, le Cantonal où Freddy Landry, l’homme de cinéma et celui qui a illuminé ma vie, a joué. Il fallait vraiment que j’achète un livre pour moi ! Oui, parce que Cantonal, même s’il était une équipe plus ancienne que Xamax, fait partie de l’arbre généalogique du fait de leur fusion, sorte de mariage. En tout, j’ai compté sept mariages et ceux qui sont au début de l’histoire sont FC Neuchâtel et FC Châtelaine qui datent de… 1895 ! Mon Cantonal est né en 1906 et le club qui allait devenir légendaire, Xamax, en 1912. Parcourant ces dates, je retrouve la notion temporelle qui me fascine.

Alain Cortat. À nouveau lui aussi parce qu’il m’a dit qu’il avait trouvé très intéressant de savoir qu’i y avait eu une équipe de foot dans presque chaque quartier dans les années 1910, époque qu’il n’avait pas vécue mais qu’il était content de savoir qu’il y avait eu un précédent sportif au phénomène des clubs de tennis créés ou soutenus par la Migros dans les années 1960. C’est une sorte de écho de l’histoire. Alain, Nicolas et moi sommes passionnés par l’histoire et la promouvoir est un plaisir sans fin.

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Xamax – Pierre Dubois – par David Salas

.Dirigeant pendant de nombreuses années, professeur au Gymnase et à l’École de Commerce, Pierre visitait fréquemment le restaurant City (près du parking de la poste), lieu de rassemblement de la fin des années 60 des joueurs et dirigeants du club. Je me rappelle aussi qu’il est venu avec nous, les juniors inter-régionaux, en avril 1968 à Barcelone.

Anecdote 1. Quelques années auparavant il avait effectué le même voyage avec la cuvée des Manzoni, Mantoan, Favre et autres joueurs. Un match s’est programmé contre une équipe de la ville. L’entraîneur des juniors, Michel Christen, a voulu que Pierre joue quelques minutes. Pierre n’a pas entré au début du match mais un show s’est réalisé avec la complicité des dirigeants espagnols. (Je = Zully vous renvoie à la description que j’en fais dans l’article que j’ai consacré à Pierre – paragraphe 9 environ, vous ne pourrez le rater, il y figure en tenue de footballeur !) ;

Anecdote 2. Lors de notre voyage, nous avons eu l’occasion d’assister à un  Clásico  (derby) entre le Barcelone F.C. et le Real Madrid, son grand rival. Le match devait se jouer quelques jours avant notre arrivée, mais fut reporté à cause du décès de Benitez, un joueur barcelonais. En allant au stade, nous avons pris le métro. Pierre avait l’habitude de marcher la tête assez penchée en avant comme monsieur Hulot, personnage du film de Truffaut ( Les vacances de monsieur Hulot). En essayant d’aborder le wagon, Pierre marcha lentement (trop), ce qui eut pour résultat que les portes coulissantes se refermèrent et la tête de Pierre avec sa pipe, à l’intérieur du wagon, resta attrapée, le reste du corps demeurant…à l’extérieur ! On a crié afin que le métro ne démarre pas. On a eu peur, mais on a terminé par un gros rire général ;

Anecdote 3. On a eu la chance aussi de voyager à Palma de Majorque en avion. Pierre s’est assis à côté de son copain Freddy Moulin. En atterrissant sur la piste, un grand bruit s’est produit, et soudain Pierre cria : « Freddy, ne traîne pas les pieds » Pierre et Freddy se taquinaient souvent. Je crois que Pierre devait gagner la partie comme dans un match de basket : 68-54 ;

Anecdote 4. Un soir d’été on a mangé vers le Mail. En sortant du restaurant Pierre m’a dit : « Tu sais David, le monde est plein de contradictions : ce qui est bon marché est rare, ce qui est rare est cher, donc ce qui est bon marché est rare ! »

Anecdote 5. Le dernier souvenir avec Pierre date du début mars de 1970. Je venais de rentrer d’un camp de ski aux Collombs. Une semaine complète où l’on avait fait du ski toute la journée et où l’on avait consommé pas mal de bières. En arrivant ce samedi en fin d’après-midi j’avais appris que l’on m’avait convoqué pour jouer avec les réserves contre Thoune ce qui n’était pas prévu. Ce même samedi, je m’étais mis d’accord avec Madeleine, une amie de l’école de commerce, pour aller au château de Boudry au bal des étudiants de Neocomia. C’était déjà incompatible si je tenais compte de la fatigue accumulée pendant toute la semaine. J’ai décidé d’aller de toute façon et suis resté jusque vers 1 h du matin. Peu avant de quitter le lieu, j’ai rencontré Pierre Dubois que je n’avais pas aperçu depuis mon arrivée. Comme il était dirigeant de Xamax, je me suis vu dans l’obligation de lui dire que j’avais été convoqué le lendemain à la toute dernière heure alors que j’avais déjà un compromis au bal. Je ne sais si Paul Garbani l’a su, mais j’ai quand même pu jouer après la mi-temps !

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Réflexions sur la conduite du ballon de l’extérieur du pied dans le football (David Salas – Michel Christen)

Anecdote 1 de David sur Michel Christen, son entraîneur.

Lorsqu’un footballeur porte le ballon en courant, il peut le faire en le touchant de l’intérieur ou de l’extérieur du pied. Un jour, au début de la saison 1967-1968, alors que je faisais partie de l’équipe des juniors inter-régionaux de Xamax, Michel Christen, qui en était l’entraîneur, m’a fait découvrir l’avantage de conduire la balle avec l’extérieur.

Il citait l’exemple de trois footballeurs qui étaient encore juniors : Daniel Jeandupeux, déjà joueur de l’équipe première de la Chaux-de-Fonds, Eric (?) Oeuvray et Romano de Pietro, deux de mes coéquipiers dans les juniors.

Les trois, en effet,  excellaient dans cette façon de conduire le « cuir ». Il me disait :« Quand tu portes la balle avec l’intérieur du pied et que tu vas faire une passe à un coéquipier, tu changes le mouvement de la jambe avec laquelle tu vas faire la passe, tu dois porter ton pied plus en arrière que quand tu conduis le ballon. Donc tu « téléphones » à l’adversaire ton intention de passer le ballon. Par contre, quand tu utilises l’extérieur, le geste de la conduite et de la passe est le même, donc l’adversaire ne sait pas quelle sera l’action qui va se produire à continuation ».

Il s’agissait là de la première chose à observer, mais ce n’était pas suffisant pour produire le contre-pied. La deuxième phase était encore plus intéressante. L’entraîneur, originaire de Reconvilliers, continuait en parlant de Jeandupeux et de Romi (de Petro) : « Regarde bien, quand ils veulent faire la passe ou dribbler, pour créer le contre-pied, ils observent rapidement quel pied l’adversaire va poser sur le gazon et à ce moment-là, ils passent la balle (évidemment avec l’extérieur du pied), juste à côté de ce pied d’appui. L’adversaire, s’il veut intercepter la passe ou le dribble, essaiera de bouger son pied d’appui et il tombera. Afin d’éviter la chute, il attendra et fera un pas de plus pour contrer le porteur du ballon avec ce pied qui ne sera plus celui d’appui ; ce sera trop tard,  le porteur du ballon se sera envolé !»

En conclusion, deux choses à retenir : porter le ballon de l’extérieur du pied et passer le ballon à côté du pied d’appui de l’adversaire. Jeandupeux et Romi savaient faire les deux choses, Oeuvray  seulement la première. Conduire la balle avec l’extérieur, on peut l’apprendre, détecter la fraction de seconde à laquelle on fait la passe ou on dribble ne s’apprend pas, il faut l’avoir dans le sang, et à ce jeu-là, Jeandupeux et Romi se distinguaient. J’ai essayé de le faire et j’ai seulement appris à conduire la balle de l’extérieur du pied, mais pas à détecter à quel moment faire la passe ou dribbler pour réussir le contre-pied !

Je termine par cette anecdote de Michel Christen à propos de Jacquet,  un junior de Fontainemelon à la même époque : « Il joue bien mais je n’aime pas comme il le fait ». Je lui ai dit de m’expliquer son commentaire et il a ajouté : «  Tu as vu, il conduit la balle avec l’intérieur du pied, il marche comme un canard, à dix heures dix, tout comme moi ! »

***

Commentaire de Zully au sujet de l’utilisation des chaînes articulaires et musculaires. Selon notre caractère et ce qu’on appelle les épreuves de la vie, nous marchons d’une façon ou d’une autre. Ceux qui marchent comme Michel Christen ont un caractère ouvert. Il est évident qu’on ne peut cataloguer les gens d’un seul trait de plume. L’être humain est très complexe, mais, c’est une caractéristique qui décrit très bien Michel.

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Xamax – Michel Christen.1

Michel Christen a été l’entraîneur de David Salas (joueur de l’équipe des juniors), mon frère, et il l’a beaucoup marqué. Cela a permis que Michel et moi soyons sur la même longueur d’onde au téléphone (les ondes hertziennes et celles de l’amitié se sont rejointes) et que me dise que j’allais publier sur la Toile ses anecdotes et les articles que David a écrits sur lui.

Dans l’article intitulé Xamax dans le monde de Zully ou Zully dans le monde de Xamax (à venir), je raconte comment on s’est rencontrés. Voici sa première anecdote.

Michel n’a jamais fumé une cigarette ni bu de l’alcool

Avant d’entrer dans l’équipe de Reconvilliers, son village natal. Michel aimait le foot, il l’aimait tellement qu’il rêvait d’en jouer. Il était enfant. Mais voilà, son père ne l’entendait pas de la même oreille.

Négociations de Michel. Il a promis à son père, que s’il signait la feuille qui lui permettrait de jouer dans l’équipe, il sortirait la poubelle, rangerait la table, qu’il ferait la vaisselle. Bref, il a promis ciel et terre, mais rien à faire ; son père trouvait idiot de courir après un ballon ! Un jour, de guerre lasse, le père signe. Michel, heureux lui dit : « Papa, sache que jamais je ne fumerai ni ne boirait de l’alcool ». Le papa lui a dit que c’étaient des paroles en l’air parce qu’on ne peut prévoir ce qu’on va faire.

19 janvier 2026 et contrat avec la vie. Michel me dit qu’il a 88 ans et qu’il n’a jamais mis ni une cigarette dans sa bouche ni bu un verre d’alcool. Il m’a raconté que la négociation avait été plus un contrat avec lui- même ou entre le destin et lui plutôt qu’une promesse faite à son père. C’est profond.

Je trouve admirable que dans un milieu comme celui du foot, plutôt accompagné de soirées bien arrosées, personne ne l’ait embêté. Il m’a dit que tout le monde savait et qu’arrivés au restaurant on commandait X bières ou du vin et une eau minérale. C’est tout juste s’il boit un verre de cidre et encore, a-t-il ajouté… Je remercie tous ces joueurs, même si je n’ai rien à voir dans cette histoire, de leur attitude réellement noble.

Une suite de deux façons : (à venir)

  • autres anecdotes que Michel me racontera lorsqu’on se rencontrera ;
  • articles écrits par David.

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Madame Marylène Schneitter est partie au ciel

Voilà le texte qui accompagnait l’avis de décès de Marylène Schneitter, née Hirschi, survenu le vendredi 23 février 2026

L’annonce est parue dans ArcInfo. Comme dans tous les cas, les membres de la famille sont cités pour dire leur chagrin. La personne en tête de liste est feu son mari. Je n’avais jamais vu la façon dont la famille de madame Schneitter a choisi de le mentionner :

Le signe avant le prénom indique qu’il est au ciel.

C’est si joli ! Il n’est plus là, mais il est là. En effet, il est parti en novembre 2020 et n’avait pas voulu l’annoncer. Lui et sa femme, deux figures de mon Neuchâtel d’autrefois qui ont quitté cette dimension. Cela me fait un vide, même si la relation avec leur fille Laurence et le beau-fils Michel sont excellentes.

Le départ de madame Schneitter. Je passe à la droguerie dire un mot à Laurence au sujet du départ de sa mère et elle me raconte qu’elle est partie tranquillement. Elle a précisé que lorsqu’elle l’avait vue au début du mois de janvier, après une grippe, son visage lui a dit qu’elle allait partir. Quand on a une pareille sensation, il est évident qu’on voudrait éviter ce moment mais il donne aussi du temps pour se préparer. Laurence me dit ne pas avoir de prémonitions ni de signes de l’autre monde, néanmoins, il s’est passé une chose qu’on peut attribuer au hasard bien que certains disent qu’il n’existe pas. Une certitude pour moi, c’était un signe pour Laurence qui sait entendre, c’est physique, il n’y a pas de mystère !

Le signe . Une dame d’origine roumaine va à la droguerie et raconte à Laurence que lorsqu’elle était dans son pays, un jour une fillette de quatre ans est venue dire qu’il fallait dire quelque chose à Mihai après l’incendie de son village qui avait eu lieu à telle date. La dame raconte que personne ne comprenait ce que la fillette racontait, mais cette dernière insistait. Les parents ont fait des recherches et effectivement dans le village en question il y avait eu un incendie et donc ils décident d’aller avec la fillette sur place et cherchent le fameux Mihai. La fillette, qui ne savait pas quelle tête avait ledit Mihai, est allée directement vers lui et lui a dit : « Je n’ai pas eu le temps de te dire au revoir, mais tout va bien ! » Une fois que la fillette a délivré le message, elle n’en a plus parlé et quand on essayait de lui rappeler l’affaire, elle ne savait pas de quoi il s’agissait. Laurence s’est dit que cette histoire était pour elle.

Résultat du signe. C’est ainsi qu’elle a eu l’idée d’enregister un message d’adieu de la part de ses deux enfants pour leur grand-maman. Madame Schneitter était dans le coma, mais au moment où elle a entendu la voix du premier fils de Laurence, son corps a tressailli. Cela a été un moment fort. Elle s’en est allée une heure après. On peut dire ce qu’on veut, il y a des ressentis et bien des personnes présentes se sont dit que madame Schneitter avait besoin d’entendre l’au revoir de ses petits enfants.

Un parfum. C’est à ce moment que la jeune droguiste Jennifer nous dit que lorsque sa grand-mère est partie au ciel, sa famille est allée habiter la maison. Ils l’ont bien nettoyée, aérée et fait tout le nécessaire pour leur installation. Mais, chose curieuse, de temps en temps, l’odeur du parfum de la grand-mère se répand dans la maison. C’est une façon de leur dire qu’elle est toujours là. Précisons que personne d’autre que Mémé n’utilisait ce parfum

Les grands-‘parents. Laurence, entendant la façon dont Jennifer appelait ses grands-parents, dit que chez elle c’était Papy et Mamy et que le jour où elle a appris qu’ils avaient de « vrais » prénoms, cela lui avait fait drôle.

Ah… monsieur Schneitter et madame Schneitter avaient aussi un prénom ? C’est un peu la question que je me suis posée en lisant l’avis. Il y a une différence entre Laurence et moi : pour l’enfant qu’elle était, Papy et Mamy incarnaient des personnes, pour moi monsieur Schneitter et madame Schneitter, même si logiquement ils devaient avoir un prénom, leur identité était liée à la droguerie. Je n’ai jamais eu l’idée de leur demander comment ils s’appelaient. Je n’ai connu les prénoms de monsieur Schneitter que lorsque j’ai rédigé l’article sur lui et la droguerie en 2020 ! Celui de sa femme est arrivé maintenant. Le fait de connaître leur prénom me les rend plus proches. Ils avaient tous les deux un caractère taquin. Monsieur Schneitter de façon plus marquée et j’imagine que c’était lui qui menait la barque à la maison…

Leur rencontre. Désirant savoir comment ces deux personnes s’étaient rencontrées, Laurence me dit que c’était à l’école secondaire de Neuchâtel. Cela s’est passé comme dans la chanson Tourbillon : « On s’est connu, on s’est reconnu, on s’est perdu de vue, on s’est reperdu de vue […] Chacun est reparti dans le tourbillon de la vie […] Quand on s’est connu, quand on s’est reconnu pourquoi se perdre de vue, se reperdre de vue ? » C’est cela, ils se sont connus à l’école secondaire, puis il est devenu droguiste et elle dessinateur en bâtiment. Puis ils ont décidé de ne pas se reperdre de vue, se sont mariés, sont « repartis dans le tourbillon de la vie » et elle s’est convertie au métier de droguiste. Voici le lien pour la chanson chantée par Jeanne Moreau. Rappelons que la chanson fut composée par Serge Rezvani et qu’elle a marqué un nouveau départ dans sa vie. Or, madame Schneitter vient aussi d’avoir un nouveau départ.

Les commerçants de Neuchâtel. Autrefois, lorsqu’un événement concernait la ville, les médias allaient demander leur point de vue à Margot, Walder, Schneitter. Aujourd’hui, la vie a changé.

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Réparation et rangement = mettre de l’ordre en soi.7

Il est clair que l’on ne peut réparer que ce qui a déjà vécu. J’avais reçu un vase et un jour, je l’ai laissé tomber. Je n’ai pas su comment le réparer. Je l’ai gardé en souvenir de la dame qui me l’avait donné et posé de telle sorte qu’on ne voyait pas l’ébréchure. Aujourd’hui, la lumière s’est faite dans mon cerveau et j’ai trouvé une solution.

L’environnement et soi. Je suis persuadée que nous sommes le portrait de notre environnement et inversement. D’une façon ou d’une autre. Je ne peux pas toujours faire le lien entre ce qui se répare en moi lorsque je répare quelque chose, mais l’effet est certain.

Le vase (figure no 1). À chaque fois que je le regardais, son message était toujours le même : « Je n’ai pas bonne figure. » Avec le temps, le message était en train de s’effacer. Quand est-ce que je l’ai reçu ? Quand est-ce que je l’ai laissé tomber ? Le temps et moi… Mais, c’était il y a des années. Je le dis souvent, le printemps commence chez moi en janvier. Je revisite, lave, répare des choses de mon appartement. lAujourd’hui, un jour du mois de janvier 2026, désirant remettre un tissu sur un meuble, j’ai enlevé le vase. Son message a été plus clair que jamais et je me suis dit que je pouvais faire quelque chose. D’abord, la solution la plus simple est apparue : recoller les morceaux cassés., mais il m’en manquait et de toutes façons, le résultait aurait été fragile. Puis, je me suis dit qu’il pouvait garder la forme qu’il avait mais que j’allais la rendre jolie. Cela m’a fait penser à la fameuse phrase « Fais de ton point faible une force ». Allez savoir pourquoi !

Des outils (figure no 2). J’ai une bonne quantité d’outils et il m’est venu à l’esprit que j’avais ce qu’il fallait pour couper le bois (ah, oui, le vase est du bois laqué), le limer et qu’ensuite, je pouvais le peindre.

Figure no 3. C’est le résultat. Cela n’a pas été aussi simple que cela et j’ai dû fignoler bien des fois. Les bavures n’étaient pas très grandes, pas très visibles, mais, je me disais que si c’était mon portrait… et j’ai donc dû trouver des solutions pour que l’apparence corresponde à un examen plus approfondi.

Figure no 4. Une fois la satisfaction satisfaite (…), je me suis aperçue que le bas de l’ouverture était trop à gauche. J’ai donc rectifié avec de la peinture et ajouté une décoration picturale. Là, il n’y a plus rien à retoucher. Le vase doit être content !

Alors, le fond de l’affaire : le temps qui passe. Ce temps a des effets incontestables, mais on peut soit laisser la chose comme cela, soit la mettre en valeur. Les valeurs changent d’un individu à l’autre, c’est vrai, mais le plus important est de ne faire qu’un avec soi et l’appréciation des autres devient relative. J’ai rencontré des personnes qui avaient beaucoup d’heures au compteur de leur vie mais qui avaient une richesse et une telle chaleur humaine que c’était un plaisir de les côtoyer. Dans cette histoire, mon vase a retrouvé belle allure et il a une nouvelle vie.

Liens vers d’autres articles où réparations et rangement = mettre de l’ordre en soi. C’est sûr qu’à chaque fois que nous réparons et rangeons quelque chose, il y a une correspondance en nous :

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Un fauteuil et des chaises pour l’assise de Zully dans la vie

Il est quelques fois des périodes compliquées et se on demande si cela va continuer. Dans mon cas, un fauteuil apparaît et ensuite deux chIaises. J’ai tout lieu de penser que la réponse est : voilà une belle assise pour la suite !

Un début à tout. Oui, il y a un début à tout et souvent on l’ignore. Dans le cas des trois meubles entrés dans ma vie, il y a un fil conducteur et il est magnifique. Cela me fait dire que je ne suis pas oubliée dans ce monde.

Histoire du fauteuil. Feu mon ami, André Oppel, premier et unique directeur artistique du Centre culturel neuchâtelois – devenu Le Pommier – a laissé quelques affaires liées à la culture de notre ville. Lors de la célébration du 100e anniversaire de la naissance d’Albert Dürrenmatt, j’ai remis au conseiller communal, Thomas Facchinetti, responsable de la culture et de la cohésion sociale, des écrits d’André. Une année après, Thomas m’a dit qu’il avait remis les documents à la Bibliothèque publique universitaire (BPU) et créé un fonds André Oppel. Je pouvais donc remettre ce qui était en ma possession. Un jour, je passe à la bibliothèque pour dire je ne sais plus quoi à Thierry Chatelain, directeur de la bibliothèque, et vois un magnifique fauteuil.

  • Qu’est-ce qu’il est beau, ce fauteuil ! dis-je.
  • Vous le voulez ? répondit Thierry
  • Mon Dieu… oui…
  • Je voulais le mettre dans le couloir pour les visiteurs parce qu’il n’y aura plus de place dans mon futur bureau.
  • Ciel, non ! Vous avez vu comment les gens traitent les choses ? Je le prends !

Thierry ma l’a livré personnellement. Je n’aurais jamais osé penser une telle chose et pour moi ce geste est aussi un signe du destin.

Qui sait quoi à l’avance ? Peu de temps auparavant, l’une de mes amies, Béatrice Bois, était partie au ciel et ses enfants m’ont donné ce magnifique tapis qui s’accorde avec le fauteuil. Alors, qui savait qui allait rejoindre qui ? En tous les cas, ils sont accordés.

Alors le fauteuil. Thierry me dit qu’il avait appartenu à Monika Roulet, décoratrice et personne que j’avais connue autrefois. Je reprends ce que j’écris dans l’article sur mon spectacle lecture-théâtre : « … et avant encore il avait appartenu à sa belle-mère (de Monika) qui est certainement la personne qui lui a fait son canevas. Cette belle-mère était la mère du professeur Eric Roulet, celui qui m’avait engagée pour donner des cours à option à l’école secondaire ! Je saisis l’occasion pour le remercier de son geste, même s’il est au ciel. J’ai l’impression que ce fauteuil me parle et je vais finir par en faire l’objet d’un conte. »

Ce fauteuil encore. Lorsque mon ami avait présenté son spectacle André Oppel lit des contes d’Alphonse Allais, je lui avais procuré, par l’intermédiaire d’une amie, un fauteuil très, très semblable. Alors, ce fauteuil qui relie tant de pans de ma vie me dit aussi que je vais pouvoir l’utiliser pour la présentation de mon spectacle lecture-théâtre, spectacle que je n’avais jamais imaginé pouvoir donner.

Les chaises. Comme bien des magasins indépendants, le Tigre royal, ferme ses portes, on est dans les derniers jours de 2025. Dans ce magasin, on y trouvait des manteaux et bonnets en fourrure, en laine, des sacs et des gants ainsi que des jeans pour dames. Il remonte à 1890. Je vais écrire un article à son sujet. Pour faire court, disons que j’ai hérité de deux magnifiques chaises. J’en avais déjà une semblable à la maison et me suis dit que ces deux-là iraient bien dans mon studio. Puis, monsieur Monnier, le propriétaire du magasin, m’a dit qu’elles avaient appartenu à ses grands-parents qui avaient habité la maison jouxtant la mienne et dont la grand-mère, Germaine de son prénom, après le décès de son mari était venue habiter ma maison avec les chaises. Cela me fait un drôle d’effet. Je sens que des fils invisibles de mon histoire se mêlent à ceux de la famille Monnier et donc de Neuchâtel. À chaque fois qu’il m’arrive une chose pareille, je me sens plus… ce n’est pas enracinée, c’est liée par des fils temporels à ma ville. Voici la photo.

Ces fils temporels : quand je me regarde dans une glace, force m’est de constater que je n’ai pas une tête de Neuchâteloise. Dans la dernière photo qu’on m’a prise, on dirait une Chinoise ! Mais les années passées dans Ma ville, les liens tissés avec ses habitants font que mon histoire se croise avec celle neuchâteloise. C’est ainsi que je n’ai pas eu besoin d’être liée généalogiquement à la famille Roulet pour hériter du fauteuil ni à la famille Monnier pour hériter des chaises. Ces meubles habitent mon studio et viennent enrichir l’histoire de mon studio qui est très neuchâteloise. Je voulais écrire un conte sur le fauteuil, mais l’histoire, quand on sait s’y prendre, est un conte. Peut-être en ferais-je une version pour des enfants.

Ah, fauteuil, chaise et siège ! Le premier titre de l’article était Des chaises pour… Mais, j’ai bien senti que le fauteuil tanguait dans le vide, or il est entré le premier dans l’histoire. Je me disais aussi qu’il devait y avoir un nom commun qui refusait de faire son apparition dans mon cerveau. Il devait y avoir une solution. Qui me sort de tels dilemmes ? Chambaron, le correcteur qui me comble et qui me dit : « Le mot générique est siège« . C’est vrai, cela fait des éternités que je n’ai entendu ce mot. Pierre m’explique encore : « Ensuite (et « en dessous ») il y a de nombreux noms pour préciser les caractéristiques, du tabouret au canapé en passant par le siège des ‘salles d’eau’ ! Entre nous, j’ai toujours été étonné du nombre de mots originaires de la culture arabe : canapé, sofa, divan, pouf, ottomane« . Comme il a raison ! En plus ce sont eux qui ont inventé l’algèbre. Chambaron m’a encore donné toute une série d’autres mots :  le strapontin, la stalle, la sellette, la… causeuse. On trouve même une escabelle (médiévale) ou une boudeuse (siège pour deux personnes qui se tournent le dos), sans parler du récamier, forme rendue célèbre par la sensualité littéraire de son éponyme ! Ah, la richesse du langage n’a d’égale que la richesse de la vie.

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Conversations.14

Le monde est une scène de théâtre, aussi y trouvé-je des répliques, des observations très enrichissantes.

Vous êtes courageux ! On est en hiver et je vais dans le lac faire mes ablutions, pour ainsi dire. J’étais dans l’eau et un monsieur kurde ou turc me dit : « Vous êtes courageux, madame. » J’ai trouvé cela tellement charmant que je n’ai pas voulu lui dire que pour une dame c’était « courageuse ». Je me suis dit que dans sa culture, un homme courageux est vraiment quelqu’un de fort, exactement de courageux. Au moment où je grimpais sur les pierres pour retourner sur mon banc, il m’a demandé si j’avais besoin d’aide. « Quelle idée », ai-je pensé. Quand je suis sortie de l’eau, je l’ai vu courir vers moi avec une couverture. J’ai dû le rassurer.

J’ai raconté l’affaire à l’une de mes voisines et je lui ai dit que j’allais garder ce « je suis courageux » dans les moments difficiles. On ne sait pas toujours ce que l’on fabrique, mais peu de temps après, j’ai eu besoin de me dire que j’étais courageux pour arriver au bout de certaines choses. Moi qui aime le français, qui ne perds pas d’occasion pour améliorer celui des autres, je viens d’apprendre quelque chose de la part d’un étranger. Merci !

Un vélo sur un trottoir. Je ne sais plus comment va cette société. Un vélo est un véhicule et sa place est sur la route. Si on a peur des voitures, on va à pied. Punkt. Voici donc que je descends la rue – sur le trottoir – et qu’un vélo vient dans ma direction.

Première leçon d’anatomie. Pendant quelques jours, j’ai remis ma perruque noir-blanc et j’ai suscité pas mal de réactions dont voici quelques-unes :

  • Un monsieur qui m’a vue en ville a dit : « J’adore ! J’adore ! J’adore ! »
  • Je faisais la queue pour payer un livre chez Payot et une dame d’un âge certain qui se trouvait devant moi me dit : »J’aime comme vous vivez la vie ! »
  • Une jeune maman qui montait la rue du Château un peu après moi me dit : « Qu’est-ce que cela vous va bien, cette coupe! » Je lui répondis que c’était une perruque. Elle m’a dit qu’elle s’était demandé comment un coiffeur pouvait réussir un partage de couleurs aussi réussi mais que cela m’allait très bien. Puis, elle a expliqué à ses enfants, trois et cinq ans, que nous nous croisions assez souvent. Comme on arrivait devant leur maison, la maman a dit au garçon qui avait froid de rentrer et qu’elle allait faire encore quelques pas avec la fillette. Au moment où j’ai dit que je pouvais leur montrer ma salle de spectacle, le garçon a demandé si une prochaine fois, il pourrait venir. « Bien sûr », lui ai-je répondu.
Il a la taille d’un enfant de 12 ans

Les reins et la chaleur. Arrivées au studio, elles l’ont trouvé beau et la dame a dit qu’elle y avait pris des cours de théâtre il y avait des années. Cela m’a fait quelque chose car à l’époque j’occupais aussi le lieu. Puis, j’ai demandé à la fillette si elle voulait bien que je lui montre ce qu’elle pourrait faire à son frère lorsqu’il avait froid. Pour ce faire, j’ai pris mon squelette Essence. Me doutant qu’elle ne connaissait pas encore l’anatomie, je lui ai dit que lorsqu’elle respirait, sa poitrine bougeait parce que les poumons se gonflaient et se dégonflaient. Je les lui ai montrés sur Essence. Puis, je lui ai indiqué où se trouvaient les reins et je lui ai dit qu’ils pouvaient donner chaud. Je lui ai demandé si je pouvais montrer sur sa maman ce qu’elle pourrait faire et elle a été d’accord. Sa maman a senti la chaleur tout de suite. Voilà, une première leçon d’anatomie réussie !

Sait-on pourquoi on fait une chose ? J’avais décidé d’aller me baigner au lac. Seulement, ce matin, en voyant sur mon téléphone – 12 °C… Je me suis dit que c’était froid. Le temps que ma mémoire oublie ce nombre, le soleil est sorti et je suis donc allée au lac. Arrivée sur place, des vagues sont venues se jeter contre la place que j’occupe habituellement, autrement dit, contre Ma place. J’ai décidé, une fois de plus, que je n’allais pas me battre, que je n’étais pas là pour battre des records, me suis rhabillée et pris mon chemin de retour. Je me suis demandé pourquoi, pourquoi, pourquoi toute cette affaire. C’est à ce moment que j’ai vu un cycliste s’arrêter près d’un banc (on est toujours au bord du lac) et y poser un pied (le second étant resté sur l’autre pédale).

Je lui fais signe que cela ne va pas. Mais, comme j’avais un manchon au bout de mon bras, il a traduit mon geste par un salut et il me salue. Je m’approche et je lui dis qu’il n’est pas question de salut mais du pied sur le banc qui sera sale lorsque d’autres personnes s’y assoiront. Son visage montre qu’il est désolé et il dit : « Je n’y ai pas pensé » tout en enlevant le pied. Le monsieur a un âge certain. Il me sourit et lors je lui dis : « Je vous embrasse », à quoi il répond : « Pas de soucis ! » Ah, ce « pas de soucis » me sort par le système ! En plus ce n’est pas un ado qui parle. Alors que je partais, je retourne vers lui et lui dis. Comment pas de soucis, j’ai dit que je vous embrassais pour le geste. Je peux ? Alors, il rigole et je dis : « Je vous embrasse » et suis partie.

Réponse à ma question du savoir pourquoi on fait telle chose ? J’avais décidé d’aller me baigner et le destin facétieux ou le dieu des bancs a décidé que je devais plutôt réveiller la conscience d’un cycliste !

Le chariot montre la voie. Un chariot, on le sait ne parle pas, ne pense pas. Et pourtant… Ce matin, j’avais 30 minutes pour aller en ville, au marché, chercher les petites salades pour mes canaris. Le maraîcher, Peter, m’avait dit que je les trouverais à tel endroit. Ledit endroit était vide et j’étais pressée. Je m’avance un peu dans la place du marché et envoie un message à Peter pour savoir quoi faire. C’est à ce moment-là que j’ai entendu un clac ! et que j’ai vu mon chariot bloqué (les roues rentrées et la base collée au support. Je n’avais jamais vu une chose pareille et je ne l’avais pas brusqué non plus. Juste à côté, il y avait un marchand de fromages. Je lui ai demandé s’il savait comment débloquer mon diable (c’est le nom qu’on lui donne). Il ne savait pas. Sa collaboratrice non plus. Ils se sont donné de la peine sans résultat. Finalement, je demande si on ne peut ouvrir les roues en même temps que l’on descendrait la base. Les deux vendeurs s’efforcent et finalement, le diable reprend forme. C’est alors que je dis que je ne sais que faire parce que cherchais Peter qui avait des salades pour moi. C’est aussi alors que le monsieur se penche et prend le cageot avec les salades et me demande si ce sont celles pour mes canaris. Ciel ! Je leur dis que je ne peux sinon remercier ce chariot qui savait où se trouvaient les salades !

Au bord du lac. J’allais me baigner et vois un couple. L’histoire de l’âge ne m’intéresse pas réellement. Mais pour ceux qui voudraient savoir quel âge a ce monsieur, je dirais qu’il est plus proche du sommeil du soir que du lever du matin. Il lance des cailloux sur la surface du lac calme pour qu’ils rebondissent. Cela ne marche pas, après deux fois, le caillou s’enfonce. Le monsieur dit :

Je remercie le monsieur parce qu’il m’a inspirée pour la définition de l’âge. Il fait maintenant partie de ma vie. Ce passage devrait s’intituler Le Caillou et l’Inspiration.

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Spectacle de danse-théâtre, le 29 décembre 2025

J’ai eu une année compliquée et je me demandais où j’allais, puis, les choses ont commencé à tourner et voilà que des amis sont venus voir mon spectacle de danse-théâtre.

La danse. Lorsqu’on présente une danse, elle a sa chorégraphie et peu importe sur quelle scène on danse, elle ne change pas ; on peut prendre plus ou moins de place mais c’est tout. Dans le cas des danses où je suis en interaction avec le public, je parle en fonction des spectateurs présents. Cette fois, j’avais deux parents, Anne et Stefano, leurs deux enfants, Siméon – 10 ans, Émilie – 8 ans et Roger l’horloger un autre adulte.

Au départ, il n’avait été question que des parents et enfants. J’avais mentionné qu’après le spectacle on aurait un petit en-cas. J’avais vu de jolies boîtes de biscuits dans un magasin mais le jour où j’ai voulu en acheter, le rayon était vide. Il y a un personnage, Roger l’horloger, qui me rend souvent visite au studio et pour lequel, j’achète des framboises. Ce sont ses fruits préférés. Quelque chose m’a dit d’en acheter, mais la raison m’a dit qu’il ne venait pas, qu’il était en train de quitter la Suisse pour rentrer chez lui aux Pays-Bas et que donc cela n’avait pas de sens. Ces mots ont tourné plusieurs fois dans ma tête et finalement, j’ai fini par en acheter.

Le hasard ou cet ami qui me suit souvent. Le jour du spectacle, j’étais en train de répéter avant l’arrivée des invités et voilà que Roger l’horloger s’annonce. Il passait, par hasard, pour savoir si j’étais là. Ni une ni deux, je l’invite au spectacle.

Invités spéciaux. J’ai pensé que trois composantes de ma vie voudraient venir à ce spectacle et grossir le rang des spectateurs. Les voici :

  1. Béria. Il est toujours présent et sa fourrure me rend moins difficile un exercice où j’ai le dessus du pied au sol. Il représente aussi la Russie, essentielle dans ma vie ;
  2. À gauche : le Fils du sultan. C’est le poupon que mon père m’a offert lorsque j’ai eu sept ans. Il est allemand ;
  3. À droite : Mademoiselle Ding-Ding. Elle a été faite par mon arrière-grand mère quand elle a eu cent-huit ans ! Elle a voyagé partout avec moi. Je lui ai fait la robe et le chapeau. Quant au bracelet (fllûte ! j’ai oublié de lui mettre son collier), c’est la bijoutière de la place, Suzanne Dändliker, qui les lui a faits.

Mon spectacle, faut-il le rappeler, est un spectacle intimiste et il se passe des choses comme celles qui se passent en famille. Quand on est en famille, il arrive que l’un des enfants ou des parents soit en retard, qu’il pense qu’il doit préparer quelque chose et part le faire avant de l’oublier, etc. Dans mon spectacle, il en va de même. Cette fois-ci, j’ai eu besoin d’Anne pour mettre un tissu sur ma barre. Pour une raison qui m’échappe, le tissu n’en faisait qu’à sa tête !

Déroulement du spectacle. Je commence par un exercice de danse classique pure et je demande aux enfants s’ils savent ce qu’est la danse classique. Silence. Je demande alors s’ils savent ce qu’est la musique classique et Siméon répond : « La musique normale ! ». J’ai trouvé cette réponse remarquable et lui ai dit que je n’avais jamais entendu de définition plus parfaite que celle-là. Ensuite, j’ai fait un parallèle avec la danse classique et donné les informations pertinentes.

Une autre de mes danses s’appelle La vie est-elle un combat ? Au moment où j’ai annoncé le titre, Émilie a dit : « Non ! ».

Inutile de vous dire que ces deux réponses ont amené des rires dans la salle.

Arrivée à la danse Cueillir un lotus, j’ai demandé à chacun de me dire, à la fin de la danse, comment il avait vu la fleur : couleur, forme, autre chose. Voici la récolte de cette fois :

C’est le moment de préciser que Roger l’horloger a fait le tour du monde à vélo pendant trois ans. Alors, son parallèle me fait fondre.

Dernière danse Sérénade de Schubert. À la fin, Siméon s’est exclamé : « C’est trop beau! »

Appréciation de Stefano : « Un spectacle poétique, plein de magie ».

On arrive à l’en-cas :

J’explique aux enfants pourquoi j’ai acheté des framboises et comment le hasard a fait que Roger vienne au spectacle :

Commentaire de Roger : *J’ai senti de loin l’odeur des framboises et c’est pour cela que j’ai tapé à la porte ! *Tout le monde a rigolé.

Commentaire de Stefano : « Le hasard n’existe pas ».

Ce qui a eu le plus de succès auprès des enfants : les chocolats (deuxième plan à partir du haut). Ce sont des chocolats en forme de coquillages. Ils n’en avaient jamais vu (ça c’est un succès, montrer à des enfants de la génération actuelle quelque chose qu’ils ne connaissent pas ! C’est l’une des variables de mon spectacle : apporter quelque chose aux autres).

Conversation. Ensuite, la conversation s’est engagée.

Émilie regarde mon studio-salle de spectacle et me demande si j’habite là. Tout le monde a rigolé, mais je lui ai dit que j’ai bien pensé plusieurs fois à le faire tellement je me sens bien dans mon local, mais, j’ai des canaris dans une volière et ils ne pourraient survivre. Je suis touchée qu’elle ait senti que quelque chose de moi habitait ces murs.

Une leçon de vie. Je le dis souvent, j’aime transmettre et j’aime voir transmettre. Roger raconte que pendant son tour du monde, il est passé par une frontière asiatique où il y avait un guichet de change. Roger a vu que l’employé le trompait et comme ce dernier faisait la sourde oreille, Roger l’a pris par le col – précisons que Roger est très très grand, qu’il a beaucoup de force et surtout qu’il n’a pas peur, alors si on imagine un asiatique à côté de lui, ne lui arrivant même pas au cou… – et l’a obligé à lui donner la somme officielle. Un ami japonais qui voyageait avec lui a profité pour se faire rembourser aussi. Puis, sont arrivés dix autres gardiens. Roger s’est dit que si les dix l’attaquaient, il n’avait aucune chance, mais de leur côté, chacun des gardiens se disait : « Il est grand et s’il me tape… Je ne veux pas être le premier, j’attends ». Finalement, Roger a pu passer et son ami aussi. J’ai dit aux enfants que c’était une leçon de vie : ne pas avoir peur devant dans des situations compliquées quand on a raison. Même si ces enfants pratiquent du jiu-jiutsu, je pense que c’est entré en eux.

Le hasard. Il s’est présenté quelques fois lors de ce spectacle. Mais, c’est Stefano qui l’a mis en exergue au moment où la pris sa fillette dans les bras et fait un tour de la salle pour voir les différentes photos et décorations. À un moment, il tombe sur une photo-montage que j’ai faite du livre de Karl-Otto Schmidt Le Hasard n’existe pas et il me regarde d’un regard qui embrasse tous les hasards du spectacle et me dit : « Le hasard n’existe pas ! »

Les enfants de retour à la maison : « Oh, mais les costumes de Zully sont incroyables, surtout celui de Roses de Picardie. La danse Le Piano fantasque a fait dire à Émilie qu’elle voulait apprendre à jouer le piano.

Une suite. Comme déjà dit, je m’intéresse à la langue et forcément à la typographie et à l’imprimerie. Or Stefano travaille dans la dernière imprimerie du canton, chez Baillod S.A. J’irai faire un tour quand l’occasion se présentera. C’est passionnant !

Question d’Émilie :

Dernière chose qui m’a touchée. Le lendemain, la famille est allée voir un film où une fillette cueille des lotus. Ils se sont exclamés ensemble : « Elle fait comme Zully! ». Que dire sinon que je suis ravie. C’est une belle façon de finir l’année et prémonitoire pour celle qui vient.

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Fête des Vendanges 2025 (en cours)

J’ai donc droit de cité depuis l’année passée ! La mésaventure de 2024 a été un choc et me dire que maintenant j’ai droit de cité crée en moi un sentiment assez extraordinaire. Tout cela me fait penser à lla notion temporelle qui, pour moi, est fascinante et me suis livrée à l’exercice de savoir depuis combien d’années exactement je faisais partie de la fête des Vendanges.

Bon, les années, ce n’est pas si important pour moi, mais en revoyant mon histoire, c’est quand même la neuvième incarnation que je vis au sein de la fête des Vendanges… J’ai commencé avec la fête du Neubourg. Ah, la commune du Neubourg… à l’époque Aldo Bussi en était le président, puis ce sont les Joyeux célibataires qui m’ont hébergée, version Fausses-Brayes, puis version vers le Temple-du-Bas – où je suis restée pour être accueillie à leur départ par le stand de Scouts en deux versions aussi, puis par le stand des Brésiliens encore en deux autres versions et quand ils ont cessé leurs activités, c’est Xamax qui est venu les remplacer et j’ai été à côté d’eux ; cette année c’est The Pulse qui m’a accueillie comme auparavant les autres stands même si je suis indépendante maintenant. J’ai l’impression de reprendre le cours de ma vie et c’est magnifique !

Il faut préciser que lorsque je suis arrivée pour m’installer, j’ai eu la surprise de ne plus voir Xamax mais The Pulse comme je viens de le dire. Ce sont eux qui sonorisent bien des stands à la fête des Vendanges. Le chef, Mica, non seulement m’a dit bonjour, mais, a fait en sorte que je puisse occuper un coin dans son périmètre et m’a fait prêter une rallonge afin que je puisse avoir de l’électricité. Autrement, j’aurais été derrière le stand et donc… invisible… J’ai fait connaissance avec tout le personnel et le troisième jour, ceux qui travaillaient au stand se sont fait maquiller par moi. Cela a été un grand plaisir ! C’est en voyant travailler les gens que leur caractère se voit, Mica sait faire face aux imprévus. C’est magnifique !

Voici quelques montages.

Pendant la fête, il se passe plein de choses : c’est la période où je rencontre des « clients » que je ne vois pas du tout pendant l’année. Je les suis depuis des années et une fois ou l’autre, comme cette fois-ci, deux m’ont amené leurs enfants et, pendant que je les maquillais, les mamans leur ont dit « Je me faisais maquiller ici aussi quand j’étais enfant ! » Mon Dieu, j’ai l’impression de faire partie de la famille. D’autres fois, je ne sais pourquoi je dis une chose et cela correspond à ce que la personne est ou vit. Cela crée une intimité. Quelqu’un a dû faire une remarque à ce sujet parce que tout à coup, un monsieur est venu s’assoir devant moi et m’a demandé de lui prédire son avenir ! Drôle d’histoire. Comme je le disais au début, le personnel du stand, dont Franck (nom à vérifier), s’est fait maquiller. Il figure sur la photo ci-dessus ; un personnage dont la photo est représentative. Il était présent au stand « dès le matin de l’aube » comme on aime à dire parfois. On arrivait à peu près en même temps et j’ai pu lui rendre un service ou un autre parce que c’est normal et que rendre service rime avec plaisir dans ma vie.

Autre belle surprise. Une dame s’est approchée de moi et m’a dit qu’elle avait siégé au conseil communal aux côtés de feu mon ami André Oppel. Cela m’a fait un tel bien que j’ai eu l’impression qu’il me faisait signe. Je n’avais jamais vu cette dame et que cela arrive à la fête des Vendanges me fait me sentir au ciel.

Trois gaillards. J’ai énormément de plaisir à maquiller les adultes. J’en ai eu peu parce qu’il suffit qu’une fois vous soyez absente (comme l’année passée) pour que les gens changent leurs habitudes. On ne refait pas l’histoire et la vie est mouvement. Voici le montage que j’ai pu faire.

Un verre. Le stand proposait diverses boissons et la personne chargée de faire des cocktails, Cécile (nom à vérifier), m’en a offert un qui a été plus que bienvenu parce que je ne m’y attendais pas. Cela a été une belle surprise. En fait, quand Cécile a vu le plaisir qu’elle m’avait procuré, elle m’en a offert un second. Voici ce qu’il en est resté ! Je vous le dis, je me suis sentie réellement accueillie et c’est cette sensation qui l’emporte.

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