Il est clair que l’on ne peut réparer que ce qui a déjà vécu. J’avais reçu un vase et un jour, je l’ai laissé tomber. Je n’ai pas su comment le réparer. Je l’ai gardé en souvenir de la dame qui me l’avait donné et posé de telle sorte qu’on ne voyait pas l’ébréchure. Aujourd’hui, la lumière s’est faite dans mon cerveau et j’ai trouvé une solution.
L’environnement et soi. Je suis persuadée que nous sommes le portrait de notre environnement et inversement. D’une façon ou d’une autre. Je ne peux pas toujours faire le lien entre ce qui se répare en moi lorsque je répare quelque chose, mais l’effet est certain.
Le vase (figure no 1). À chaque fois que je le regardais, son message était toujours le même : « Je n’ai pas bonne figure. » Avec le temps, le message était en train de s’effacer. Quand est-ce que je l’ai reçu ? Quand est-ce que je l’ai laissé tomber ? Le temps et moi… Mais, c’était il y a des années. Je le dis souvent, le printemps commence chez moi en janvier. Je revisite, lave, répare des choses de mon appartement. lAujourd’hui, un jour du mois de janvier 2026, désirant remettre un tissu sur un meuble, j’ai enlevé le vase. Son message a été plus clair que jamais et je me suis dit que je pouvais faire quelque chose. D’abord, la solution la plus simple est apparue : recoller les morceaux cassés., mais il m’en manquait et de toutes façons, le résultait aurait été fragile. Puis, je me suis dit qu’il pouvait garder la forme qu’il avait mais que j’allais la rendre jolie. Cela m’a fait penser à la fameuse phrase « Fais de ton point faible une force ». Allez savoir pourquoi !
Des outils (figure no 2). J’ai une bonne quantité d’outils et il m’est venu à l’esprit que j’avais ce qu’il fallait pour couper le bois (ah, oui, le vase est du bois laqué), le limer et qu’ensuite, je pouvais le peindre.
Figure no 3. C’est le résultat. Cela n’a pas été aussi simple que cela et j’ai dû fignoler bien des fois. Les bavures n’étaient pas très grandes, pas très visibles, mais, je me disais que c’était mon portrait… et j’ai donc dû trouver des solutions pour que l’apparence corresponde à un examen plus approfondi.
Figure no 4. Une fois la satisfaction satisfaite (…), je me suis aperçue que le bas de l’ouverture était trop à gauche. J’ai donc rectifié avec de la peinture et ajouté une décoration picturale. Là, il n’y a plus rien à retoucher. Le vase doit être content !
Alors, le fond de l’affaire : le temps qui passe. Ce temps a des effets incontestables, mais on peut soit laisser la chose comme cela, soit la mettre en valeur. Les valeurs changent d’un individu à l’autre, c’est vrai, mais le plus important est de ne faire qu’un avec soi et l’appréciation des autres devient relative. J’ai rencontré des personnes qui avaient beaucoup d’heures au compteur de leur vie mais qui avaient une richesse et une telle chaleur humaine que c’était un plaisir de les côtoyer. Dans cette histoire, mon vase a retrouvé belle allure et il a une nouvelle vie.
Liens vers d’autres articles où réparations et rangement = mettre de l’ordre en soi. C’est sûr qu’à chaque fois que nous réparons et rangeons quelque chose, il y a une correspondance en nous :
Il est quelques fois des périodes compliquées et se on demande si cela va continuer. Dans mon cas, un fauteuil apparaît et ensuite deux chIaises. J’ai tout lieu de penser que la réponse est : voilà une belle assise pour la suite !
Un début à tout. Oui, il y a un début à tout et souvent on l’ignore. Dans le cas des trois meubles entrés dans ma vie, il y a un fil conducteur et il est magnifique. Cela me fait dire que je ne suis pas oubliée dans ce monde.
Histoire du fauteuil. Feu mon ami, André Oppel, premier et unique directeur artistique du Centre culturel neuchâtelois – devenu Le Pommier – a laissé quelques affaires liées à la culture de notre ville. Lors de la célébration du 100e anniversaire de la naissance d’Albert Dürrenmatt, j’ai remis au conseiller communal, Thomas Facchinetti, responsable de la culture et de la cohésion sociale, des écrits d’André. Une année après, Thomas m’a dit qu’il avait remis les documents à la Bibliothèque publique universitaire (BPU) et créé un fonds André Oppel. Je pouvais donc remettre ce qui était en ma possession. Un jour, je passe à la bibliothèque pour dire je ne sais plus quoi à Thierry Chatelain, directeur de la bibliothèque, et vois un magnifique fauteuil.
Qu’est-ce qu’il est beau, ce fauteuil ! dis-je.
Vous le voulez ? répondit Thierry
Mon Dieu… oui…
Je voulais le mettre dans le couloir pour les visiteurs parce qu’il n’y aura plus de place dans mon futur bureau.
Ciel, non ! Vous avez vu comment les gens traitent les choses ? Je le prends !
Thierry ma l’a livré personnellement. Je n’aurais jamais osé penser une telle chose et pour moi ce geste est aussi un signe du destin.
Qui sait quoi à l’avance ? Peu de temps auparavant, l’une de mes amies, Béatrice Bois, était partie au ciel et ses enfants m’ont donné ce magnifique tapis qui s’accorde avec le fauteuil. Alors, qui savait qui allait rejoindre qui ? En tous les cas, ils sont accordés.
Alors le fauteuil. Thierry me dit qu’il avait appartenu à Monika Roulet, décoratrice et personne que j’avais connue autrefois. Je reprends ce que j’écris dans l’article sur mon spectacle lecture-théâtre : « … et avant encore il avait appartenu à sa belle-mère (de Monika) qui est certainement la personne qui lui a fait son canevas. Cette belle-mère était la mère du professeur Eric Roulet, celui qui m’avait engagée pour donner des cours à option à l’école secondaire ! Je saisis l’occasion pour le remercier de son geste, même s’il est au ciel. J’ai l’impression que ce fauteuil me parle et je vais finir par en faire l’objet d’un conte. »
Ce fauteuil encore. Lorsque mon ami avait présenté son spectacle André Oppel lit des contes d’Alphonse Allais, je lui avais procuré, par l’intermédiaire d’une amie, un fauteuil très, très semblable. Alors, ce fauteuil qui relie tant de pans de ma vie me dit aussi que je vais pouvoir l’utiliser pour la présentation de mon spectacle lecture-théâtre, spectacle que je n’avais jamais imaginé pouvoir donner.
Les chaises. Comme bien des magasins indépendants, le Tigre royal, ferme ses portes, on est dans les derniers jours de 2025. Dans ce magasin, on y trouvait des manteaux et bonnets en fourrure, en laine, des sacs et des gants ainsi que des jeans pour dames. Il remonte à 1890. Je vais écrire un article à son sujet. Pour faire court, disons que j’ai hérité de deux magnifiques chaises. J’en avais déjà une semblable à la maison et me suis dit que ces deux-là iraient bien dans mon studio. Puis, monsieur Monnier, le propriétaire du magasin, m’a dit qu’elles avaient appartenu à ses grands-parents qui avaient habité la maison jouxtant la mienne et dont la grand-mère, Germaine de son prénom, après le décès de son mari était venue habiter ma maison avec les chaises. Cela me fait un drôle d’effet. Je sens que des fils invisibles de mon histoire se mêlent à ceux de la famille Monnier et donc de Neuchâtel. À chaque fois qu’il m’arrive une chose pareille, je me sens plus… ce n’est pas enracinée, c’est liée par des fils temporels à ma ville. Voici la photo.
Ces fils temporels : quand je me regarde dans une glace, force m’est de constater que je n’ai pas une tête de Neuchâteloise. Dans la dernière photo qu’on m’a prise, on dirait une Chinoise ! Mais les années passées dans Ma ville, les liens tissés avec ses habitants font que mon histoire se croise avec celle neuchâteloise. C’est ainsi que je n’ai pas eu besoin d’être liée généalogiquement à la famille Roulet pour hériter du fauteuil ni à la famille Monnier pour hériter des chaises. Ces meubles habitent mon studio et viennent enrichir l’histoire de mon studio qui est très neuchâteloise. Je voulais écrire un conte sur le fauteuil, mais l’histoire, quand on sait s’y prendre, est un conte. Peut-être en ferais-je une version pour des enfants.
Ah, fauteuil, chaise et siège ! Le premier titre de l’article était Des chaises pour… Mais, j’ai bien senti que le fauteuil tanguait dans le vide, or il est entré le premier dans l’histoire. Je me disais aussi qu’il devait y avoir un nom commun qui refusait de faire son apparition dans mon cerveau. Il devait y avoir une solution. Qui me sort de tels dilemmes ? Chambaron, le correcteur qui me comble et qui me dit : « Le mot générique est siège« . C’est vrai, cela fait des éternités que je n’ai entendu ce mot. Pierre m’explique encore : « Ensuite (et « en dessous ») il y a de nombreux noms pour préciser les caractéristiques, du tabouret au canapé en passant par le siège des ‘salles d’eau’ ! Entre nous, j’ai toujours été étonné du nombre de mots originaires de la culture arabe : canapé, sofa, divan, pouf, ottomane« . Comme il a raison ! En plus ce sont eux qui ont inventé l’algèbre. Chambaron m’a encore donné toute une série d’autres mots : le strapontin, la stalle, la sellette, la… causeuse. On trouve même une escabelle (médiévale) ou une boudeuse (siège pour deux personnes qui se tournent le dos), sans parler du récamier, forme rendue célèbre par la sensualité littéraire de son éponyme ! Ah, la richesse du langage n’a d’égale que la richesse de la vie.
Le monde est une scène de théâtre, aussi y trouvé-je des répliques, des observations très enrichissantes.
Vous êtes courageux ! On est en hiver et je vais dans le lac faire mes ablutions, pour ainsi dire. J’étais dans l’eau et un monsieur kurde ou turc me dit : « Vous êtes courageux, madame. » J’ai trouvé cela tellement charmant que je n’ai pas voulu lui dire que pour une dame c’était « courageuse ». Je me suis dit que dans sa culture, un homme courageux est vraiment quelqu’un de fort, exactement de courageux. Au moment où je grimpais sur les pierres pour retourner sur mon banc, il m’a demandé si j’avais besoin d’aide. « Quelle idée », ai-je pensé. Quand je suis sortie de l’eau, je l’ai vu courir vers moi avec une couverture. J’ai dû le rassurer.
J’ai raconté l’affaire à l’une de mes voisines et je lui ai dit que j’allais garder ce « je suis courageux » dans les moments difficiles. On ne sait pas toujours ce que l’on fabrique, mais peu de temps après, j’ai eu besoin de me dire que j’étais courageux pour arriver au bout de certaines choses. Moi qui aime le français, qui ne perds pas d’occasion pour améliorer celui des autres, je viens d’apprendre quelque chose de la part d’un étranger. Merci !
Un vélo sur un trottoir. Je ne sais plus comment va cette société. Un vélo est un véhicule et sa place est sur la route. Si on a peur des voitures, on va à pied. Punkt. Voici donc que je descends la rue – sur le trottoir – et qu’un vélo vient dans ma direction.
Première leçon d’anatomie. Pendant quelques jours, j’ai remis ma perruque noir-blanc et j’ai suscité pas mal de réactions dont voici quelques-unes :
Un monsieur qui m’a vue en ville a dit : « J’adore ! J’adore ! J’adore ! »
Je faisais la queue pour payer un livre chez Payot et une dame d’un âge certain qui se trouvait devant moi me dit : »J’aime comme vous vivez la vie ! »
Une jeune maman qui montait la rue du Château un peu après moi me dit : « Qu’est-ce que cela vous va bien, cette coupe! » Je lui répondis que c’était une perruque. Elle m’a dit qu’elle s’était demandé comment un coiffeur pouvait réussir un partage de couleurs aussi réussi mais que cela m’allait très bien. Puis, elle a expliqué à ses enfants, trois et cinq ans, que nous nous croisions assez souvent. Comme on arrivait devant leur maison, la maman a dit au garçon qui avait froid de rentrer et qu’elle allait faire encore quelques pas avec la fillette. Au moment où j’ai dit que je pouvais leur montrer ma salle de spectacle, le garçon a demandé si une prochaine fois, il pourrait venir. « Bien sûr », lui ai-je répondu.
Il a la taille d’un enfant de 12 ans
Les reins et la chaleur. Arrivées au studio, elles l’ont trouvé beau et la dame a dit qu’elle y avait pris des cours de théâtre il y avait des années. Cela m’a fait quelque chose car à l’époque j’occupais aussi le lieu. Puis, j’ai demandé à la fillette si elle voulait bien que je lui montre ce qu’elle pourrait faire à son frère lorsqu’il avait froid. Pour ce faire, j’ai pris mon squelette Essence. Me doutant qu’elle ne connaissait pas encore l’anatomie, je lui ai dit que lorsqu’elle respirait, sa poitrine bougeait parce que les poumons se gonflaient et se dégonflaient. Je les lui ai montrés sur Essence. Puis, je lui ai indiqué où se trouvaient les reins et je lui ai dit qu’ils pouvaient donner chaud. Je lui ai demandé si je pouvais montrer sur sa maman ce qu’elle pourrait faire et elle a été d’accord. Sa maman a senti la chaleur tout de suite. Voilà, une première leçon d’anatomie réussie !
Sait-on pourquoi on fait une chose ? J’avais décidé d’aller me baigner au lac. Seulement, ce matin, en voyant sur mon téléphone – 12 °C… Je me suis dit que c’était froid. Le temps que ma mémoire oublie ce nombre, le soleil est sorti et je suis donc allée au lac. Arrivée sur place, des vagues sont venues se jeter contre la place que j’occupe habituellement, autrement dit, contre Ma place. J’ai décidé, une fois de plus, que je n’allais pas me battre, que je n’étais pas là pour battre des records, me suis rhabillée et pris mon chemin de retour. Je me suis demandé pourquoi, pourquoi, pourquoi toute cette affaire. C’est à ce moment que j’ai vu un cycliste s’arrêter près d’un banc (on est toujours au bord du lac) et y poser un pied (le second étant resté sur l’autre pédale).
Je lui fais signe que cela ne va pas. Mais, comme j’avais un manchon au bout de mon bras, il a traduit mon geste par un salut et il me salue. Je m’approche et je lui dis qu’il n’est pas question de salut mais du pied sur le banc qui sera sale lorsque d’autres personnes s’y assoiront. Son visage montre qu’il est désolé et il dit : « Je n’y ai pas pensé » tout en enlevant le pied. Le monsieur a un âge certain. Il me sourit et lors je lui dis : « Je vous embrasse », à quoi il répond : « Pas de soucis ! » Ah, ce « pas de soucis » me sort par le système ! En plus ce n’est pas un ado qui parle. Alors que je partais, je retourne vers lui et lui dis. Comment pas de soucis, j’ai dit que je vous embrassais pour le geste. Je peux ? Alors, il rigole et je dis : « Je vous embrasse » et suis partie.
Réponse à ma question du savoir pourquoi on fait telle chose ? J’avais décidé d’aller me baigner et le destin facétieux ou le dieu des bancs a décidé que je devais plutôt réveiller la conscience d’un cycliste !
Le chariot montre la voie. Un chariot, on le sait ne parle pas, ne pense pas. Et pourtant… Ce matin, j’avais 30 minutes pour aller en ville, au marché, chercher les petites salades pour mes canaris. Le maraîcher, Peter, m’avait dit que je les trouverais à tel endroit. Ledit endroit était vide et j’étais pressée. Je m’avance un peu dans la place du marché et envoie un message à Peter pour savoir quoi faire. C’est à ce moment-là que j’ai entendu un clac ! et que j’ai vu mon chariot bloqué (les roues rentrées et la base collée au support. Je n’avais jamais vu une chose pareille et je ne l’avais pas brusqué non plus. Juste à côté, il y avait un marchand de fromages. Je lui ai demandé s’il savait comment débloquer mon diable (c’est le nom qu’on lui donne). Il ne savait pas. Sa collaboratrice non plus. Ils se sont donné de la peine sans résultat. Finalement, je demande si on ne peut ouvrir les roues en même temps que l’on descendrait la base. Les deux vendeurs s’efforcent et finalement, le diable reprend forme. C’est alors que je dis que je ne sais que faire parce que cherchais Peter qui avait des salades pour moi. C’est aussi alors que le monsieur se penche et prend le cageot avec les salades et me demande si ce sont celles pour mes canaris. Ciel ! Je leur dis que je ne peux sinon remercier ce chariot qui savait où se trouvaient les salades !
Au bord du lac. J’allais me baigner et vois un couple. L’histoire de l’âge ne m’intéresse pas réellement. Mais pour ceux qui voudraient savoir quel âge a ce monsieur, je dirais qu’il est plus proche du sommeil du soir que du lever du matin. Il lance des cailloux sur la surface du lac calme pour qu’ils rebondissent. Cela ne marche pas, après deux fois, le caillou s’enfonce. Le monsieur dit :
Je remercie le monsieur parce qu’il m’a inspirée pour la définition de l’âge. Il fait maintenant partie de ma vie. Ce passage devrait s’intituler Le Caillou et l’Inspiration.
J’ai eu une année compliquée et je me demandais où j’allais, puis, les choses ont commencé à tourner et voilà que des amis sont venus voir mon spectacle de danse-théâtre.
La danse. Lorsqu’on présente une danse, elle a sa chorégraphie et peu importe sur quelle scène on danse, elle ne change pas ; on peut prendre plus ou moins de place mais c’est tout. Dans le cas des danses où je suis en interaction avec le public, je parle en fonction des spectateurs présents. Cette fois, j’avais deux parents, Anne et Stefano, leurs deux enfants, Siméon – 10 ans, Émilie – 8 ans et Roger l’horloger un autre adulte.
Au départ, il n’avait été question que des parents et enfants. J’avais mentionné qu’après le spectacle on aurait un petit en-cas. J’avais vu de jolies boîtes de biscuits dans un magasin mais le jour où j’ai voulu en acheter, le rayon était vide. Il y a un personnage, Roger l’horloger, qui me rend souvent visite au studio et pour lequel, j’achète des framboises. Ce sont ses fruits préférés. Quelque chose m’a dit d’en acheter, mais la raison m’a dit qu’il ne venait pas, qu’il était en train de quitter la Suisse pour rentrer chez lui aux Pays-Bas et que donc cela n’avait pas de sens. Ces mots ont tourné plusieurs fois dans ma tête et finalement, j’ai fini par en acheter.
Le hasard ou cet ami qui me suit souvent. Le jour du spectacle, j’étais en train de répéter avant l’arrivée des invités et voilà que Roger l’horloger s’annonce. Il passait, par hasard, pour savoir si j’étais là. Ni une ni deux, je l’invite au spectacle.
Invités spéciaux. J’ai pensé que trois composantes de ma vie voudraient venir à ce spectacle et grossir le rang des spectateurs. Les voici :
Béria. Il est toujours présent et sa fourrure me rend moins difficile un exercice où j’ai le dessus du pied au sol. Il représente aussi la Russie, essentielle dans ma vie ;
À gauche : le Fils du sultan. C’est le poupon que mon père m’a offert lorsque j’ai eu sept ans. Il est allemand ;
À droite : Mademoiselle Ding-Ding. Elle a été faite par mon arrière-grand mère quand elle a eu cent-huit ans ! Elle a voyagé partout avec moi. Je lui ai fait la robe et le chapeau. Quant au bracelet (fllûte ! j’ai oublié de lui mettre son collier), c’est la bijoutière de la place, Suzanne Dändliker, qui les lui a faits.
Mon spectacle, faut-il le rappeler, est un spectacle intimiste et il se passe des choses comme celles qui se passent en famille. Quand on est en famille, il arrive que l’un des enfants ou des parents soit en retard, qu’il pense qu’il doit préparer quelque chose et part le faire avant de l’oublier, etc. Dans mon spectacle, il en va de même. Cette fois-ci, j’ai eu besoin d’Anne pour mettre un tissu sur ma barre. Pour une raison qui m’échappe, le tissu n’en faisait qu’à sa tête !
Déroulement du spectacle. Je commence par un exercice de danse classique pure et je demande aux enfants s’ils savent ce qu’est la danse classique. Silence. Je demande alors s’ils savent ce qu’est la musique classique et Siméon répond : « La musique normale ! ». J’ai trouvé cette réponse remarquable et lui ai dit que je n’avais jamais entendu de définition plus parfaite que celle-là. Ensuite, j’ai fait un parallèle avec la danse classique et donné les informations pertinentes.
Une autre de mes danses s’appelle La vie est-elle un combat ? Au moment où j’ai annoncé le titre, Émilie a dit : « Non ! ».
Inutile de vous dire que ces deux réponses ont amené des rires dans la salle.
Arrivée à la danse Cueillir un lotus, j’ai demandé à chacun de me dire, à la fin de la danse, comment il avait vu la fleur : couleur, forme, autre chose. Voici la récolte de cette fois :
C’est le moment de préciser que Roger l’horloger a fait le tour du monde à vélo pendant trois ans. Alors, son parallèle me fait fondre.
Dernière danse Sérénade de Schubert. À la fin, Siméon s’est exclamé : « C’est trop beau! »
Appréciation de Stefano : « Un spectacle poétique, plein de magie ».
On arrive à l’en-cas :
J’explique aux enfants pourquoi j’ai acheté des framboises et comment le hasard a fait que Roger vienne au spectacle :
Commentaire de Roger : *J’ai senti de loin l’odeur des framboises et c’est pour cela que j’ai tapé à la porte ! *Tout le monde a rigolé.
Commentaire de Stefano : « Le hasard n’existe pas ».
Ce qui a eu le plus de succès auprès des enfants : les chocolats (deuxième plan à partir du haut). Ce sont des chocolats en forme de coquillages. Ils n’en avaient jamais vu (ça c’est un succès, montrer à des enfants de la génération actuelle quelque chose qu’ils ne connaissent pas ! C’est l’une des variables de mon spectacle : apporter quelque chose aux autres).
Conversation. Ensuite, la conversation s’est engagée.
Émilie regarde mon studio-salle de spectacle et me demande si j’habite là. Tout le monde a rigolé, mais je lui ai dit que j’ai bien pensé plusieurs fois à le faire tellement je me sens bien dans mon local, mais, j’ai des canaris dans une volière et ils ne pourraient survivre. Je suis touchée qu’elle ait senti que quelque chose de moi habitait ces murs.
Une leçon de vie. Je le dis souvent, j’aime transmettre et j’aime voir transmettre. Roger raconte que pendant son tour du monde, il est passé par une frontière asiatique où il y avait un guichet de change. Roger a vu que l’employé le trompait et comme ce dernier faisait la sourde oreille, Roger l’a pris par le col – précisons que Roger est très très grand, qu’il a beaucoup de force et surtout qu’il n’a pas peur, alors si on imagine un asiatique à côté de lui, ne lui arrivant même pas au cou… – et l’a obligé à lui donner la somme officielle. Un ami japonais qui voyageait avec lui a profité pour se faire rembourser aussi. Puis, sont arrivés dix autres gardiens. Roger s’est dit que si les dix l’attaquaient, il n’avait aucune chance, mais de leur côté, chacun des gardiens se disait : « Il est grand et s’il me tape… Je ne veux pas être le premier, j’attends ». Finalement, Roger a pu passer et son ami aussi. J’ai dit aux enfants que c’était une leçon de vie : ne pas avoir peur devant dans des situations compliquées quand on a raison. Même si ces enfants pratiquent du jiu-jiutsu, je pense que c’est entré en eux.
Le hasard. Il s’est présenté quelques fois lors de ce spectacle. Mais, c’est Stefano qui l’a mis en exergue au moment où la pris sa fillette dans les bras et fait un tour de la salle pour voir les différentes photos et décorations. À un moment, il tombe sur une photo-montage que j’ai faite du livre de Karl-Otto Schmidt Le Hasard n’existe pas et il me regarde d’un regard qui embrasse tous les hasards du spectacle et me dit : « Le hasard n’existe pas ! »
Les enfants de retour à la maison : « Oh, mais les costumes de Zully sont incroyables, surtout celui de Roses de Picardie. La danse Le Piano fantasque a fait dire à Émilie qu’elle voulait apprendre à jouer le piano.
Une suite. Comme déjà dit, je m’intéresse à la langue et forcément à la typographie et à l’imprimerie. Or Stefano travaille dans la dernière imprimerie du canton, chez Baillod S.A. J’irai faire un tour quand l’occasion se présentera. C’est passionnant !
Question d’Émilie :
Dernière chose qui m’a touchée. Le lendemain, la famille est allée voir un film où une fillette cueille des lotus. Ils se sont exclamés ensemble : « Elle fait comme Zully! ». Que dire sinon que je suis ravie. C’est une belle façon de finir l’année et prémonitoire pour celle qui vient.
J’ai donc droit de cité depuis l’année passée ! La mésaventure de 2024 a été un choc et me dire que maintenant j’ai droit de cité crée en moi un sentiment assez extraordinaire. Tout cela me fait penser à lla notion temporelle qui, pour moi, est fascinante et me suis livrée à l’exercice de savoir depuis combien d’années exactement je faisais partie de la fête des Vendanges.
Bon, les années, ce n’est pas si important pour moi, mais en revoyant mon histoire, c’est quand même la neuvième incarnation que je vis au sein de la fête des Vendanges… J’ai commencé avec la fête du Neubourg. Ah, la commune du Neubourg… à l’époque Aldo Bussi en était le président, puis ce sont les Joyeux célibataires qui m’ont hébergée, version Fausses-Brayes, puis version vers le Temple-du-Bas – où je suis restée pour être accueillie à leur départ par le stand de Scouts en deux versions aussi, puis par le stand des Brésiliens encore en deux autres versions et quand ils ont cessé leurs activités, c’est Xamax qui est venu les remplacer et j’ai été à côté d’eux ; cette année c’est The Pulse qui m’a accueillie comme auparavant les autres stands même si je suis indépendante maintenant. J’ai l’impression de reprendre le cours de ma vie et c’est magnifique !
Il faut préciser que lorsque je suis arrivée pour m’installer, j’ai eu la surprise de ne plus voir Xamax mais The Pulse comme je viens de le dire. Ce sont eux qui sonorisent bien des stands à la fête des Vendanges. Le chef, Mica, non seulement m’a dit bonjour, mais, a fait en sorte que je puisse occuper un coin dans son périmètre et m’a fait prêter une rallonge afin que je puisse avoir de l’électricité. Autrement, j’aurais été derrière le stand et donc… invisible… J’ai fait connaissance avec tout le personnel et le troisième jour, ceux qui travaillaient au stand se sont fait maquiller par moi. Cela a été un grand plaisir ! C’est en voyant travailler les gens que leur caractère se voit, Mica sait faire face aux imprévus. C’est magnifique !
Voici quelques montages.
Pendant la fête, il se passe plein de choses : c’est la période où je rencontre des « clients » que je ne vois pas du tout pendant l’année. Je les suis depuis des années et une fois ou l’autre, comme cette fois-ci, deux m’ont amené leurs enfants et, pendant que je les maquillais, les mamans leur ont dit « Je me faisais maquiller ici aussi quand j’étais enfant ! » Mon Dieu, j’ai l’impression de faire partie de la famille. D’autres fois, je ne sais pourquoi je dis une chose et cela correspond à ce que la personne est ou vit. Cela crée une intimité. Quelqu’un a dû faire une remarque à ce sujet parce que tout à coup, un monsieur est venu s’assoir devant moi et m’a demandé de lui prédire son avenir ! Drôle d’histoire. Comme je le disais au début, le personnel du stand, dont Franck (nom à vérifier), s’est fait maquiller. Il figure sur la photo ci-dessus ; un personnage dont la photo est représentative. Il était présent au stand « dès le matin de l’aube » comme on aime à dire parfois. On arrivait à peu près en même temps et j’ai pu lui rendre un service ou un autre parce que c’est normal et que rendre service rime avec plaisir dans ma vie.
Autre belle surprise. Une dame s’est approchée de moi et m’a dit qu’elle avait siégé au conseil communal aux côtés de feu mon ami André Oppel. Cela m’a fait un tel bien que j’ai eu l’impression qu’il me faisait signe. Je n’avais jamais vu cette dame et que cela arrive à la fête des Vendanges me fait me sentir au ciel.
Trois gaillards. J’ai énormément de plaisir à maquiller les adultes. J’en ai eu peu parce qu’il suffit qu’une fois vous soyez absente (comme l’année passée) pour que les gens changent leurs habitudes. On ne refait pas l’histoire et la vie est mouvement. Voici le montage que j’ai pu faire.
Un verre. Le stand proposait diverses boissons et la personne chargée de faire des cocktails, Cécile (nom à vérifier), m’en a offert un qui a été plus que bienvenu parce que je ne m’y attendais pas. Cela a été une belle surprise. En fait, quand Cécile a vu le plaisir qu’elle m’avait procuré, elle m’en a offert un second. Voici ce qu’il en est resté ! Je vous le dis, je me suis sentie réellement accueillie et c’est cette sensation qui l’emporte.
Ah, les nombres, les positifs et les négatifs, sans oublier le zéro, inventé par les Indiens. Au mois de décembre, depuis des années, je fais des maquillages pour la fête de Noël des enfants des organisations internationales qui se déroule au BIT, Genève. Cette année… on va dire que le père Noël a eu congé et la manifestation n’a pas eu lieu. C’est ici qu’intervient le zéro qui signifie tout à tour l’absence (ce sont les Babyloniens qui lui ont donné ce sens en premier et il correspond bien à la situation parce que la fête est absente), le vide (c’est la sensation que provoque l’absence de la fête), le néant (c’est aussi le cas parce que nos repères disparaissent), mais c’est aussi le départ de quelque chose de nouveau (là, nous sautons à pieds joints et saisissons l’occasion pour faire un montage de photos d’années précédentes). Alors, si j’écris -2025 c’est parce qu’on n’a pas la fête, mais 2025 est là et on fait la fête à notre façon.
Peu de photos. C’est vrai, j’ai cru que j’en avais plus mais, je ne peux que répéter que je n’ai pas le temps de faire le maquillage et de faire la photo. Je n’ai pas non plus voulu reprendre celles d’autres articles. De plus, il y a eu des années où je n’ai pas pris de photos du tout sans compter qu’il y a eu la période de la covid… Mais, l’essentiel est de donner le ton.
L’arbre de Noël. Chaque année il y a un magnifique arbre de Noël à la fête. Cette fois-ci, on fera comme dans un conte et ceux qui liront l’article pourront prendre un cadeau dans l’arbre.
C’est écrit dans les sept langues que j’ai utilisées lorsque j’ai travaillé au BIT.
Un arbre de Noël très riche. On a toujours le même arbre, mais, si on le regarde différemment (inutile de répéter qu’on est toujours dans un conte – mais qui sait où se trouve la réalité ?), on trouve le nom de personnes (explication dans le paragraphe qui suit) qui ont participé ou sont des acteurs de l’organisation de la fête. Chaque nom est un cadeau tant pour le BIT, que pour les autres organisations, les enfants inscrits, les parents des enfants, les employés qui voient tant de joie et les artistes invités (dont moi).
En bas de l’arbre on voit Pierre Sayour, celui qui, le premier, a pensé à organiser cette fête. Et dessous il y a celui d’Albert Thomas, le premier directeur de l’Organisation internationale du Travail et qui a choisi Genève comme siège.
L’Histoire. Sans elle, il n’y a rien. On le voit, sans Albert Thomas, pas de Pierre Sayour et sans lui pas de fête. C’est aussi le moment d’expliquer que bien d’autres personnes font partie ou ont fait partie de l’organisation de la fête sans que leur nom apparaisse ; mais ils sont à l’intérieur de l’arbre ; de même que celui des nombreux fils, filles et maris d’employées du BIT qui ont aussi été parties prenantes pour tout mettre en place. Toutes ces personnes, absolument toutes, sont des cadeaux pour les autres.
Je continue de proposer quatre cours : @articulations-jouons avec elles ; @3m.ossature ; à vos pieds ; danse classique et imagination.
Cours @articulations-jouons avec elles. Il s’agit de comprendre les articulations du corps, de les rendre plus vivantes, de les utiliser différemment et d’étendre ce jeu aux articulations sociales que la vie nous présente. Il va de soi qu’entre les participants et moi s’établit aussi une articulation et on se doit de jouer avec elle (tant les participants que moi).
Dans le cas présent, la vie c’est moi. Les participantes m’avaient demandé de préparer quelque chose pour faire travailler les articulations des doigts de la main. C’était bien tombé parce que j’avais passé commande de quelques pierres luminescentes (je rappelle que ce terme s’applique aux objets qui émettent de la lumière sans produire de la chaleur). L’exercice se prête à la métaphore.
Au départ : chaque participante a un tas devant elle.
Première consigne : séparer les pierres par couleur en utilisant différentes doigts et différentes positions.
Commentaire des participantes :
pour la participante no 3, il y a des formes dans la première image – la seconde est chaotique – la troisième est claire ;
la participante no 1 a vu chez les deux autres des organismes vivants, des cellules, la transformation ;
la participante no 2, moi, est étonnée de voir comment des formes émergent alors qu’il n’était question que de séparation, mais voilà, cela fait partie de la richesse de ce monde.
Remarque. Il est intéressant de voir comment trois personnes interprètent une même consigne : séparer les pierres par couleur en utilisant les articulations des doigts de manière différente. Ce qu’on voit aussi c’est que des pierres d’une couleur se promènent chez d’autres pierres. C’est comme dans la vie : il y a le jour, il y a la nuit et il y a les levers et couchers de soleil où la lumière et l’obscurité jouent ; même pendant la journée il y a des moments nuageux et d’autres ensoleillés, mais il y a aussi des nuits noires et des nuits claires, étoilées. De même, lorsque dans notre esprit une pensée devient claire et qu’on remonte le parcours, on s’aperçoit qu’elle était sous-jacente ici ou là.
Consigne suivante : donner une forme aux pierres.
Commentaire des participantes :
pour la participante no 3 : l’image 1 est drôle et originale mais le point d’interrogation la perturbe ; dans l’image 2, elle aime la simplicité et la puissance qui s’en dégage ; dans l’image 3 il lui est difficile d’avoir une impression d’ensemble, mais elle y voit la joie dans le bonhomme à droite, l’amour dans cœur, la perfection dans la figure avec des cercles et l’abondance dans la grappe ;
pour la participante no 1 : les images 2 sont le système solaire, les planètes ; les deux autres sont un retour au réalisme, à la signification ;
pour la participante no 2 : j’ai donné deux images de l’idée que nous faisons partie d’un tout.
Cours @ossature.3m : ici il s’agit de faire vibrer tout le squelette. Les cours de Midi Tonus sont solidaires du calendrier scolaire et à cette saison il y a eu les vacances d’automne et le lundi du jeûne. Heureusement pour moi, les personnes présentes ont pu venir sans interruption et cela a un impact direct sur le ressenti corporel d’une semaine à l’autre. Cela fait que vers la fin de la session, dès le début du cours, les participants ressentent les résonances se faire écho dans tout le corps. C’est une réussite. Là aussi il y a un parallèle avec ce que nous vivons dans la vie.
Cours danse classique et imagination. Si on a parlé et fait de la danse classique, on a aussi vu comment on pouvait danser avec les éléments que la vie nous propose. Comme ce qui s’est passé concerne des choses très personnelles, je ne vais pas les reproduire, mais une chose est certaine, la danse classique se prête à merveille à ce genre d’exercice.
Cours À vos pieds ! Ici aussi, si on visite le pied, si on le bouge dans tous les sens, le principal est de savoir où et comment on le pose.
Cours réussis : les participants sont partis avec des outils qui leur seront utiles dans la vie.
Liens : cette fois-ci, j’ai repris l’idée de ne faire qu’un seul article pour les cours de la session ; normalement chacun a ses propres liens. Si vous tapez le nom du cours sur la barre de recherche, vous aurez d’autres comptes rendus.
Comme je le disais dans l’article précédent, tous les endroits sont bons pour échanger quelques mots, faire des observations, s’enrichir.
Quand je donne un cours, mon désir est d’enrichir les autres. Il arrive aussi que je m’enrichisse. C’est ce qui s’est passé il y a peu de temps. J’utilise toute sorte de choses pour donner mes cours et voici que je donne une sorte de petit disque – au centre d’une ficelle circulaire – qui tourne lorsqu’on tend la ficelle une fois qu’on l’a enroulée. Il donne l’occasion d’utiliser diverses articulations. Tout d’abord, il faut faire passer la ficelle à travers le disque qui doit rester au milieu et faire un noeud pour que ledit disque ne tombe pas. La ficelle n’est pas d’une très bonne qualité et il m’est arrivé de la remplacer par une plus solide. Cette fois-ci, on est trois personnes et chacune fait son noeud. On fait le cours et une fois que je vais ranger les disques, je vois le noeud fait par l’une des participantes. Il est bien plus beau que ceux que je fais. C’est celui tout à droite de l’image no 1.
Quelle importance ? Les noeuds tiennent et cela devrait suffire. Oui, mais… Je me dis que toute chose devrait être bien faite. Pour moi, tout fait partie d’un tout. Je me dis que si j’étais le noeud, j’aimerais être celui de la première image tout à droite. C’est pourquoi, je lui ai mis un soleil. On voit mieux les noeuds dans l’image no 1.2.
Que faire avec les autres noeuds ? Je les ai défaits et, m’inspirant de celui de la participante, les ai refaits. C’est l’image no 2. Là, tous les noeuds sont contents et donc brillent comme un soleil.
Mes noeuds vont changer et d’ores en avant, ils auront meilleure allure. J’ajoute un quatrième disque et on en voit le détail dans l’image no 3.1, toujours avec un soleil. Je pourrais même brûler le bout afin qu’i ne s’effiloche point !
Oui, encore une fois, quelle importance ? Une nouvelle fois, je répète, tout fait partie d’un tout. La participante en faisant son noeud n’a pas pensé à l’effet qu’il pourrait produire. Voilà, c’est comme cela qu’on devrait tout faire, bien ou au mieux. Je remercie la participante à mon cours.
Dans un magasin. Je rencontre une dame qui travaille à 70 %. Elle m’explique qu’elle a en plus du travail à la maison. Je lui dis :
Et voilà une articulation sociale en parfait état : pas de rigidité, ni d’inflammation. Elle est huilée !
Cette fête, dont le nom Halloween est une contraction de All Hallows Eve, soit la veille du jour de tous les saints, a lieu le 31 octobre. L’origine de cette fête remonte aux Celtes (il y a 2000 ans) qui fêtaient la fin de la récolte et le début de l’hiver à cette même date. Pour eux, cette nuit-là, les esprits revenaient sur terre et afin d’effrayer ceux qui étaient mauvais, les habitants se déguisaient avec des peaux d’animaux et sculptaient des visages sur des navets. Et alors, les citrouilles ? se demande-t-on. Eh bien ce sont les Irlandais émigrés aux États-Unis qui ont trouvé que la citrouille était plus grande et plus facile à sculpter ! J’ajoute que la notion de « veille » a été introduite lorsque le christianisme s’est répandu et a introduit la Toussaint, le 1er novembre, qui en anglais est la All Hallows Day , voilà comment on passe de l’une à l’autre… Si quelqu’un a une meilleure explication que le résumé que je viens de présenter, je suis preneuse.
C’est le comité de l’association Fête des Vendanges qui m’a invitée à participer avec mes maquillages à l’après-midi de Halloween qu’ils organisent depuis trois ans à la maison de la fête des Vendanges à Hauterive. C’est un concours de circonstances un peu étrange qui est à l’origine de cette invitation. Mais, l’étrange fait partie de Halloween et donc tout est bien qui finit bien ! Je remercie Naveen Begni de son geste.
Avant de faire un florilège des quelques photos que j’ai eu le temps de prendre et que je présente dans un montage à ma façon, j’aimerais dire que j’ai fait connaissance de l’équipe organisatrice et que le courant est passé ; on était sur le même bateau, pour ainsi dire. De plus, j’ai vu à l’oeuvre une vraie équipe où les générations ne font qu’un : des parents, des ados et des enfants. Chacun faisait quelque chose. À un moment donné, Joëlle Sandoz collait les fameuses toiles d’araignée de Halloween d’une façon très méthodique, je l’aidais je ne sais plus comment et on a eu besoin de bande collante supplémentaire. Maxime, le neveu, 12 ans, est arrivé, a détaché plusieurs morceaux et les a collés sur le bord de la chaise sur laquelle sa tante était montée. Il a été d’une efficacité incroyable. Je suis restée un moment suspendue dans le temps parce que j’avais l’impression que les gènes familiaux qui les unissaient dansaient dans l’air.
Pour faire des maquillages aussi élaborés que ceux qu’on y voit, il faut du temps. Pour un visage complet, cela peut prendre deux heures afin d’éviter que les couleurs se mélangent et pour laisser aussi du temps à l’imagination de faire son chemin… Je ne fais jamais un plan d’avance ; j’y vais, me laisse guider par ne je sais quoi et cela fait un tout. Lors de cette fête, la question de savoir ce que j’allais faire n’a pas manqué. Certaines personnes, les enfants sont des personnes, veulent marcher sur un terrain connu et je ne peux que dire : je me laisse inspirer par ton visage et si cela ne te plaît pas, on peut vite l’enlever parce que j’utilise des peintures à l’eau. Je n’ai pas eu à en enlever.
Dans le cas présent, celui de Halloween, je suis limitée en quelque sorte, je dois utiliser un thème, mais une fois la chose entrée en moi, la liberté est là . La photo de l’affiche avec la toile d’araignée autour des yeux n’est pas la mienne. Comme j’ai essentiellement eu des enfants, il est évident qu’on ne peut leur faire un tel maquillage. J’ai quand même fait des toiles d’araignée et ai expliqué aux enfants que l’araignée fait un fil que bien des fabricants de textile aimeraient reproduire tellement il est souple et résistant ; de plus, la toile attrape bien des insectes, soit des choses utiles. J’ai fait un parallèle avec le cerveau qui « attrape », s’imprègne d’informations utiles dans la vie et cela a marché ! J’ai vu les yeux des enfants briller et cela vaut bien des choses.
Faits intéressants. Cette fête n’a pas de but commercial. C’est Raphaël Sandoz qui me l’a expliqué. Ceux qui y travaillent sont des membres de la commission Événementiel de la fête des Vendanges et des bénévoles. Je trouve cette démarche très intéressante dans un monde où la plupart des gens ne font que courir après l’argent. Je suis touchée et me sens proche de toute l’équipe. Nous n’avons pas eu du temps pour discuter afin de faire connaissance, mais le fait de les voir travailler et de montrer comment je travaille a été l’équivalent d’un passeport. De plus, vendredi soir, après la préparation de la salle et samedi après le rangement de la salle, j’ai été conduite en voiture à la maison. Je me suis sentie comme une reine ! Je dois aussi remercier un inconnu : samedi, pour me rendre à la salle, j’ai pris le bus avec mon matériel – assez important et lourd, mais, je me suis trompée de ligne et suis arrivée aux piscines… J’ai arrêté une voiture et ai demandé au conducteur où je devais aller pour prendre le bus. Il a réfléchi un instant, est sorti de sa voiture et m’a dit qu’il allait me conduire à la salle. Il s’était demandé ce que je faisais au bord de la route avec tout mon matériel… J’en reviens très souvent à la comptabilité de la vie, celle où l’on ne rend pas directement le bien à celui qui vous le fait, mais je suis très reconnaissante à ceux qui m’aident.
Encore des remerciements. Je les adresse aux trois enfants de 12 et 13 ans qui ont bien voulu me prêter leur main pour… me faire la main… tout au début de ma prestation. Là, je touche un autre thème qui ne cesse de tourner dans ma tête : on dépend toujours des autres, plus grands ou plus petits.
Hauterive… Lieu qui m’est devenu cher parce que feu mon ami, André Oppel, ancien directeur du Centre culturel neuchâtelois et constructeur de chars à la fête des Vendanges y a vécu ; lieu aussi où j’ai maquillé pendant des années à la fête d’Automne et où je suis retournée depuis quelques années grâce à l’invitation de Sylvain Villars qui m’a appris que la population d’Hauterive était altaripienne. J’aime le français et chaque fois que j’apprends un mot c’est une joie. Cette fois, j’ai été à Hauterive mais dans le bas… Je me demande si la population a un autre nom…
Qui dit Swarovski, dit de très beaux bijoux en cristal fabriqué. Sa composition (sable, quartz et minéraux) est tenue secrète. À l’origine de ce qu’est devenue la marque connue, on trouve Daniel Swarovski, né en Bohème, région célèbre pour son cristal.C’est en 1892 qu’il conçoit une machine pour fabriquer son cristal et en 1895, il va s’installer à Wattens, dans le Tyrol, parce que c’était un endroit présentant de grands avantages : un cours d’eau qui lui fournirait de l’énergie hydraulique et un chemin de fer qui reliait les principales capitales européennes : Paris, Prague, Vienne et Moscou. Tous les ingrédients étaient réunis pour que le l’aventure de D. Swarovski se mette en route.
Comment est né cet article : je suis allée à Paris pour suivre un cours et lors d’une promenade le long de l’avenue des Champs-Élysées ai aperçu une pagode dorée avec l’enseigne Swarovski tout près de l’Arc de Triomphe. J’y suis entrée et ai été chaleureusement accueillie par le personnel qui m’a informée que la boutique que je connaissais sur l’avenue se faisait une beauté et qu’en attendant la fin du traitement, ils s’étaient installés en ce lieu. J’ai commencé la visite et tout à coup ai vu un jeune homme qui portait de magnifiques bijoux Swarovski aux doigts. Il était de la maison. Je lui ai demandé si je pouvais prendre ses mains en photo et il a été d’accord. Voici le montage de ses mains bijoutées :
Le modèle et les bijoux Swarovski. Comme on le voit, le modèle et les bijoux ne font qu’un. Je vous laisse admirer.
Au sujet des bijoux Swarovski. Ils ont une qualité qui me fait fondre : ce sont des bijoux qui ont une très belle allure, qui font penser à quelque chose de luxueux mais à des prix abordables. Je pense qu’il existe de très belles choses en ce monde, qu’on peut avoir de très beaux gestes envers les autres sans que cela coûte cher. J’aime aussi les traditions et cette marque en transmet.
J’aime l’histoire et j’aime les mots : je vais essayer de parler du verre, du cristal et du strass. On le sait, celui qui sort du lot est le cristal et dans le domaine des bijoux c’est le cristal Swarovski qui l’emporte. (à suivre)