Conversations whatsappéennes

Il y a bien des façons de rencontrer quelqu’un et Whatsapp, je l’ignorais, en est une !

On rencontre quelqu’un pour une raison tout à fait anodine et il suffit d’un échange de numéro de téléphone pour que l’on découvre l’autre et qu’on ait un plaisir indicible à le lire. Voici quelques extraits de ce que j’ai pu évoquer chez l’autre.

Je précise qu’on ne s’est pas envoyé de nuages, c’est ensuite que je me suis dit que j’allais faire un montage ; l’image et les couleurs se sont imposées d’elles-mêmes.

Voici quelques-unes des réflexions que j’ai pu avoir sur l’autre :

C’était aussi une période magique puisqu’elle a eu lieu entre un peu avant Noël et un peu après Nouvel An. Je n’ai même plus pensé à ouvrir ma bouteille de Mauler à Noël ni à mes autres traditions de fin d’année ! Cela n’a pas été un rêve mais une belle rencontre.

J’ai toute une série d’articles consacrés aux conversations de rue. Je vous donne quelques liens. Celle de cet article est une exception :

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Conversations 15

Je suis toujours émerveillée par l’esprit humain. On a tous un même vocabulaire (bon, on suppose !), mais la façon d’agencer les mots me remplit parfois d’un immense plaisir.

Dans un grand supermarché. Je commande quelque chose, vais déposer une bouteille dans le récipient qui les récupère et retourne vers la vendeuse.

  • Suis-je supposée payer ? dis-je avec le sourire.
  • On verra en 2027, pour le moment on est en 2026 et il faut payer.

On éclate de rire. Je vous le dis, l’esprit humain est riche.

Que m’arrive-t-il ? Je me trouve dans un supermarché, à la caisse. Devant moi, une dame assez âgée et vers la caissière une autre dame d’un cinquantaine d’années. Elle se retourne, voit l’autre dame âgée et l’aide à mettre le panier sur le comptoir.. Je me dis que c’est une cliente attentive aux autres. Je dépasse la deuxième cliente et dis à la première qu’elle est une personne attentive aux autres et la remercie. Elle répond que c’est normal. Elle paie son addition, comme elle n’a pas de carte du magasin, elle demande à la dame derrière elle si elle veut les points. Il y en a beaucoup et la dame no 2 la remercie. Je lui dis alors que si elle attend elle aura aussi les miens. La dame range ses achats avec lenteur et au moment de payer, je lui demande sa carte pour qu’on lui mette mes points. C’est alors qu’elle dit : « Que m’arrive-t-il ? » Je lui dis que c’est Noël !

Toujours à la caisse. Je vois un panier mal posé par une cliente inattentive. J’en ai assez de toujours ranger. Pourquoi ne pas ignorer ? Parce que, parce que les choses rendent service et qu’elles méritent d’être bien traitées. Tout a une mémoire. Alors, je vois devant moi une maman et son fils d’environ dix ans. Je demande à ce dernier de me donner un coup de main avec le panier. La façon dont il le fait, me fait penser que ce garçon est débrouille et qu’il doit bien aller à l’école. J’aime toujours savoir ce que les enfants aiment à l’école. Le sort m’est favorable parce qu’une cliente devant nous prend un temps fou dans je ne sais quelle opération. Je m’approche donc du garçon et lui demande comment il va à l’école. Il répond qu’il va bien. Partout, dans toutes les branches ? Oui, dit-il. Et, qu’est-ce que tu aimes le plus ? Les maths, réplique-t-il tout de suite. Je lui demande s’il sait que le signe égal a été inventé par non pas un Anglais, mais un Gallois parce que… Je n’ai pas fini ma phrase qu’il me dit qu’il sait. Je lui demande comment cela se fait et il répond que c’est sur YouTube qu’il a trouvé. Donc, il sait que c’est quelqu’un qui était fatigué de toujours écrire « est égale à « . Sa mère dit qu’elle a appris quelque chose. Je félicite le garçon et lui souhaite une belle suite dans la vie. Il me dit au revoir avec un regard intense.

Au marché. J’attends que ma marmette me serve et vois un garçon d’environ dix ans qui raconte avec beaucoup d’enthousiasme quelque chose à une dame qui pourrait être sa grand-mère et qui est plus occupée à regarder les légumes. J’ai un peu de temps et me dis que je devrais encourager ce garçon. Je lui demande alors de quoi il parlait et il me raconte en long et en large sans aucune faute de français (il faut le faire !) qu’un membre de sa famille en France a loué une grande salle (il a utilisé un autre verbe qui doit vouloir dire « s’approprier », mais je ne sais plus lequel) et il va y retrouver ses cousins – ils s’adorent, etc. Je lui demande s’il aime écrire parce qu’il parle volontiers. Il me dit que l’année précédente, maintenant il est au collège, il y avait une sorte de joute de mots (là encore il a utilisé un autre mot, plus actuel) et les élèves devaient écrire en quelques minutes une histoire vraie ou inventée avec le plus de mots possible. Il était champion. Mais, maintenant, il est très bon en maths et là où il « s’explose le plus » c’est en anglais. Et le français ? Lui ai-je demandé. « J’aime pas le français ». Pourquoi ? Tu n’aimes pas le prof ? »Non, ce n’est pas cela. C’est compliqué. Maintenant on fait le présent de l’indicatif ». Je réfléchis un moment et lui dis que c’est dommage s’il amie écrire. En maths, il y a les chiffres qu’on utilise d’une façon ou d’une autre et en français il y a les lettres et les mots, que d’une certaine façon c’est la même chose.

La date exacte est 1557.

Je ne sais pourquoi, je lui parle de familles et lui dis que les verbes sont comme les familles : il y a des familles qui ne disent pas bonjour (le garçon fait oui de la tête), d’autres qui parlent tout le temps, d’autres encore qui ne sortent jamais, ou d’autres qui sont tout le temps dehors (le garçon me suit). Les verbes c’est pareil, il y a des groupes comme ceci et d’autres comme cela et puisqu’il aime écrire il n’a qu’à s’inventer des histoires avec eux. Lä, le garçon semble s’éveiller. Comme il ne connaît pas la naissance du signe « égale » en mathématique., je le lui explique et il dit qu’il ne savait pas. Je lui ai donné ma carte de visite si une fois il se trouve à court d’idées. En partant il m’a remerciée et dit au revoir. C’était joli.

Mon cornac en français est Chambaron et il est formidable ! Je lui ai fait part de l’explication des signes et il rajoute :

Maintenant tout est clair !

Dans un autre supermarché. J’arrive à la caisse, je paie et un jeune caissier me rend la monnaie en comptant : sept cinquante, huit et deux qui font dix et dix qui font vingt. Je n’en reviens pas. La plupart des caissiers actuels vous mettent l’argent dans les mains ou alors si la caisse marque 8,50 vous disent ce nombre-là. Je le félicite d’agir ainsi et il me dit qu’il l’a appris durant son apprentissage. J’emballe mes affaires, mais la chose tourne en moi. Je retourne vers lui et lui dis : « Vous étiez bon dans votre apprentissage! ». Il est un peu gêné mais dit qu’il a fait de son mieux. Je lui dis que je vais parler de lui parce que j’ai entamé un échange de messages avec le gérant de la Coop de la Maladière. Il me dit qu’il doit peut-être se rappeler de lui parce qu’il y a travaillé. Je lui dis que le monde est petit ! Il sort de sa caisse pour aller chercher un article pour un client.

Je profite pour parler avec deux adolescents qui étaient derrière moi et leur demande : « Comment cela se fait-il que vous utilisiez tellement ce ‘du coup’ ; du coup j’achète un portable (ce sont les mots que l’un d’eux avait utilisés9, du coup je dis, du coup je fais fais… ». Ils sont étonnés mais je les vois chercher une réponse dans leur cerveau. Finalement, l’autre dit qu’il ne sait pas. Je dis alors, que l’on se doit de toujours rester maître de soi, qu’on doit pouvoir être indépendant des modes et savoir ce que l’on dit et fait. Tout cela se passe dans une atmosphère de gentillesse.

Le caissier est revenu, je lui dis au revoir et il me souhaite un bon week-end. Je fais pareil et l’un des ados me souhaite un bon samedi avec le sourire. Je fais de même. J’ai un sentiment de bien-être.

Encore dans un magasin. Je cherchais un produit que je ne trouve pas, j’ai toutes les courses du samedi sur un diable et à l’épaule. Une femme d’une trentaine d’années me laisse passer, je la remercie et elle répond :

Liens vers :

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Conversations de rue à Paris.16 (en cours)

Ces conversations, en réalité, se passent partout, dans le métro, dans le train, dans un magasin, mais c’est en relation avec Paris. On est à fin février et je souhaite encore la bonne année à ceux avec qui j’ai un échange amical.

Voici l’une des nappes !

Dans un premier magasin de tissus. J’avais acheté, l’année passée, un magnifique velours qui a habillé ma table d’une façon royale. Je me suis dit que cette fois-ci, j’allais en acheter d’autres couleurs. Je suis tombée sur un vendeur qui faisait son métier comme une routine. On comprend très bien que prendre des rouleaux, les déplacer, les dérouler, mesurer du tissu, re-enrouler le rouleau et le remettre à sa place toute la journée, n’est pas très créatif. Je ne l’ai pas mis de bonne humeur non plus parce que je lui ai juste montré avec les mains la grandeur approximative de ma table. Il m’a alors dit qu’il aurait mieux valu la mesurer exactement… Il avait raison. Aussi, lui ai-je demandé s’il faisait de la couture. Non, a été sa réponse et vous ? Oui, lui ai-je répliqué et je lui ai monté le top que je portais. Il a alors souri et j’ai senti qu’on faisait partie du même monde. Avant de partir, je lui ai dit qu’on avait encore dix mois dans l’année et que je lui souhaitais la bonne année. Vous auriez dû voir son sourire et ses yeux ! C’est cela la beauté. Tant lui que moi nous sommes quittés de bonne humeur.

Ah, les oreilles… lorsqu’elles entendent la réponse de l’autre, elles savent que votre question a traversé l’espace et est entrée dans le monde de l’autre. Ici, vous avez l’image de l’oreille d’une déesse égyptienne qui joue le même rôle.

Dans un autre magasin de tissu. Je cherchais un voile violet intense et aucun magasin n’en avait. Le vendeur du dernier magasin m’a dit qu’il avait un taffetas. Je lui ai demandé de me le montrer et c’était la couleur convoitée, pas vraiment le tissu, mais la couleur et elle était importante pour s’accorder avec mon pull. On a discuté alors des tissus, selon la trame, la couleur varie et même lorsqu’on commande un même genre de tissu, les bains ne sont pas les mêmes. Bref, il déroule le tissu et me dit qu’il me fait le mètre à € 9.- au lieu de 12.- Je me sens un peu obligée de prendre le mètre dont la largeur est quand même de 1,50 m. Il dit alors à un jeune garçon d’encaisser la somme. Le garçon est un ado qui se déplace avec une sorte d’indifférence… Je dis alors au monsieur que le caissier a l’air très motivé. Ill dit que nous, lui et moi, faisions partie d’une époque qui était meilleure, plus simple, avec de l’humanité. Je suis d’accord avec lui et demande au garçon quelle branche va le mieux à l’école. Il ne comprend pas. Le père (je suppose) lui dit : « Quelle matière ». Le garçon réfléchi et comme rien ne venait, je lui demande ce qu’il aime faire le plus à l’école. Là, il répond : « L’informatique ». Et le français, les maths ? Le français, pas, dit-il. Je lui explique alors qu’en informatique, il a un langage avec lequel il compose des programmes et que s’il regarde le français de la même façon, il pourrait sortir gagnant puisque le français est notre langue de communication. « En français, tu as un alphabet avec lequel tu construits des mots et des phrases, c’est une sorte d’informatique. » Le garçon semble intéressé et je lui demande s’il est d’accord. Il hoche la tête et je lui repose la question, il refait le même geste. Alors, je mets la main à l’oreille pour qu’il comprenne que je veux entendre un oui et il le dit. Je lui souris et lui dis que je passerai dans quelques mois pour vérifier et là il a fait un grand sourire. Il a compris que je lui voulais du bien.

Dans un supermarché. J’arrive à la caisse avec une bouteille de kéfir. Une dame devant moi me voit et me dit de passer devant elle parce qu’elle a plus de produits. Je la remercie et elle répond qu’il n’y a pas de quoi. Je lui dis que si, elle m’a rendu service et lui sers le discours que je débite dans de pareils cas : « Si vous dites ‘de rien’, ‘il n’y a pas de quoi’, votre cerveau enregistre que vous n’avez rien fait et il ne bouge pas. Alors que si vous dites ‘je vous en prie’, ‘avec plaisir’, ‘avec joie’, votre cerveau émet des hormones de santé et de jeunesse dont la dopamine. » La caissière qui n’a entendu que la moitié du discours me demande de répéter. Je lui dis qu’elle peut faire l’expérience avec ses clients : une fois elle dit « de rien » et une autre fois « avec plaisir » ou une autre formule et elle va sentir l’effet sur le corps. Alors, je lui ressers le discours et je la vois sourire jusqu’au fond d’elle-même. C’est le genre de choses qui me ravissent.

Marcher sur les Champs-Élysées. Quelle surprise de voir cette belle avenue qui garde le souvenir de tant de visites illustres, à ma disposition ! Il m’arrive, quand je suis à Paris, de m’imaginer tel ou tel personnage roulant sur cette avenue. Ramsès ii., celui pour qui j’ai un faible, ne l’a pas fait, mais, au fond, il n’en avait pas besoin. Son nom bien inscrit sur l’obélisque de la place de la Concorde le fait à sa place et l’avenue le voit aussi !

Sensation unique que de parcourir le trajet que des personnages historiques comme Charles de Gaulle, Nikita Khrouchtchev, Mandela ou Chirac ont fait.

(Je voudrais mettre une photo de quelques-uns de ces personnages et j’ai pris contact avec des archives. On verra.)

Mon discours du paragraphe du supermarché avec des souhaits pour 2026 en prime. J’ai servi le même discours à diverses personnes qui m’ont rendu service : porté une valise, donné un renseignement, etc. Il y a eu entre autres, le monsieur qui m’a expliqué que désormais, tous les premiers dimanches du mois, l’avenue serait piétonne de 9 h à 17 h. Lui, comme ceux qui m’ont entendue dire ; « Je me dis que nous avons encore dix mois dans cette année et il vaut la peine de souhaiter qu’ils se passent bien », ont eu la même réaction, à savoir un air surpris et ensuite une sorte de soulagement du corps que j’ai vu « s’agrandir » – une sorte de rayonnement. C’était beau à voir.

Effet Driss no 2. C’est le numéro deux parce que je parle de ce vendeur sur le boulevard de Clichy. Il est absolument remarquable. Nous avons établi une belle relation et à chaque fois, je lui rends visite et enrichis mon stock d' »ampoules aux effets Driss ». C’est l’équivalent des boules à neige. Dans le cas présent, ce sont des ampoules, avec une lumière et des paillettes à la place des flocons de neige. Je les utilise dans mes cours sur les articulations et sur les résonances osseuses.

À droite c’est quand le corps est statique, lorsque nous ne faisons rien, ne pensons à rien, ne projetons rien. En bref, quand il ne se passe rien ou lorsque l’on garde quelque chose en soi, enfui. On ne vois pas bien sur la photo, mais le pied de la Tour Eiffel baigne dans les paillettes condensées, compactes, sans vie.

À gauche c’est quand le corps est dynamisé par une pensée, une action, un bien-être, un résultat, un accomplissement. Tout le corps est concerné et les paillettes (particules du corps) dansent partout. Tout le monde peut en faire l’expérience.

Einstein, Albert, me donne rendez-vous à Paris. C’est comme cela lorsqu’on a une vie internationale. Il sait que j’ai un faible pour lui et a arrangé quelque chose. J’ai un ami bouquiniste sur les quais de la Seine, Jean-François Medioni et il connaît mes goûts et parmi eux se trouve Einstein. Aussi, cette fois, avait-il mis de côté le Paris Match publié lors de la mort du savant. Il avait aussi un numéro de la revue L’Illustration publié en 1921. Il se trouve qu’un journal américain, le Scientific American avait lancé un concours où le lauréat qui aurait expliqué en moins de 3’000 mots les théories d’Einsteins verrait son travail publié. La publication n’a pas été comprise par le public et c’est alors L’Illustration qui a décidé de commander à Charles Nordmann, astronome de l’observatoire de Paris de faire l’exercice. Il a réussi, en quatre pages à tout expliquer dans un langage simple.

(Je viens d’entrer en contact avec la revue et c’est exaltant !)

Quelques liens :

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Xamax dans le monde de Zully et Zully dans le monde de Xamax

Enfant, je faisais de la danse et David, mon frère, du foot. Deux mondes et pourtant. puisque la terre est ronde, ces chemins si différents se sont rencontrés !

L’entraîneur Michel Christen chez les juniors de Xamax et maestre Oprea Petrescu à l’Opéra de Bucarest, Roumanie. La vie est vraiment curieuse. Il a fallu des années et des années pour que je sache que l’entraîneur de mon frère et mon maître de ballet avaient la même façon d’observer leurs « sujets » et non seulement cela, mon maître venait vers moi et me disait : « Tu vois cette danseuse ? Elle a des ligaments longs, elle devrait sauter très haut mais elle est flemmarde ; tu vois ce danseur ? Il fait les exercices comme s’il était à l’école, tout est très bien fait, même quand il danse sur scène, il exécute les pas correctement ». Il disait aussi que chaque danseur a son style, son genre (en roumain on dit mănușă lui) et ne devrait y déroger : un danseur qui est le prince Siegfried dans Le lac des cygnes ne doit pas danser Basile dans Don Quichotte. Dans le foot, celui qui est avant-centre n’est pas gardien, celui qui est arrière-central n’est pas un attaquant, ne doit pas jouer au milieu (défensif). Christen disait à David : *Tu vois ce joueur ? Tu vois sur quel pied il a mis son poids ? Il va se jouer de son adversaire. » Voilà donc comment deux mondes aussi différents se sont rejoints.

Xamax lors de mes examens de maître de ballet et de chorégraphe. Si on faisait un film de réclame pour Xamax, que l’action se situe en Roumanie, pas à Fribourg ni au Tessin ni même à Paris, en Roumanie, qu’une candidate à des examens se trouve face à un expert amateur de Xamax, on dirait que c’est exagéré. Et pourtant … à ma grande stupéfaction, lorsque j’ai passé les miens, l’un des experts m’a dit :  » Votre mère habite à Neuchâtel ? – Xamax ! « . Ce moment est, comme une photo temporelle, fixé dans ma mémoire.

Gilbert Facchinetti. J’ai écrit un article sur lui et ne désirant pas répéter ce qui y figure, je dirais que je pense souvent à lui du fait que des travailleurs sur la pierre de son entreprise ont fait des réparations dans mon studio de danse, près du Château. C’étaient des professionnels, je veux dire que lorsqu’ils sont entrés dans mon studio, ils ont tout regardé et dit qu’il y avait eu un incendie. J’ai demandé comment ils le savaient. Mon local est creusé dans du rocher et certains endroits étaient rosés. C’est ce qui leur a indiqué un fait produit avant mon arrivée dans ce lieu. Grâce à eux j’ai appris à mieux observer les rochers. Bref, ces deux employés de Facchinetti ont examiné l’endroit et convenu de faire le nécessaire. Le résultat a été remarquable. On le sait très bien, il y a travailleur et travailleur : celui qui fait ce qu’il doit et celui qui se demande comment faire pour que le résultat soit excellent. Ces deux employés ont exécuté un magnifique travail. La chose aurait pu s’arrêter là, mais il y a eu un plus, c’est qu’au moment où j’ai dit que je connaissais monsieur Facchinetti, j’ai senti que des portes s’ouvraient et que je faisais partie de la famille. Ce sont des moments intenses.

Éditions Alphil. On avait jusqu’ici la danse et monsieur Facchinetti avec le foot. Les éditions Alphil, basées à Neuchâtel, à la rue du Tertre, que nous partageons (ses bureaux ont vue sur cette rue et mon balcon aussi), publient des ouvrages relatifs à des études universitaires et à l’histoire neuchâteloise. Ce qui nous a réunis, Alain Cortat, l’éditeur, et moi, c’est la passion pour l’horlogerie. J’avais acheté un livre dans ce domaine édité par lui et étais allée lui demander un autographe. Il m’a dit qu’il n’en était pas l’auteur… j’ai répondu que c’était l’éditeur qui publiait ou non, qu’il avait droit de vie sur le livre et qu’à ce titre, il pouvait me donner son autographe. C’est comme cela que la relation s’est établie. En lui rendant visite lors de la dernière exposition à l’Hôtel-de-Ville, j’ai vu une revue et un livre sur Xamax. Finalement, j’ai acheté les deux publications pour mon frère, ancien joueur chez les juniors de l’équipe.

Nicolas Bandelier. C’est l’auteur du livre auquel Laurent Weber a apporté une aide relative aux archives. Je suis allée demander un autographe à Nicolas pour mon frère et finalement une relation whatsappienne s’est établie entre lui et moi. Elle a été très dense et j’ai trouvé en lui un être sensible, très drôle et aimant l’histoire – normal pour un professeur d’histoire, direz-vous, car il l’est, mais , ainsi que je l’ai dit, dans tous les métiers, il y a des gens qui font juste ce qu’il faut et d’autres qui aiment ce qu’ils font, l’ont dans le sang, en sont passionnés. C’est son cas. Nicolas est aussi plein de ressources verbales. Or, s’il y a une chose que j’aime c’est la langue et là j’ai eu plein de desserts ! De plus, pour moi l’histoire devrait être une branche principale. Sans histoire on n’est rien, ni individuellement ni socialement. Ces mots sont récurrents dans mes discours.

Pierre Dubois. Pierre a joué un grand rôle dans la politique et chez Xamax. On ne peut écrire l’histoire de Xamax sans parler de lui. Dans les liens ci-dessous, il y a possibilité de trouver les deux articles que j’ai écrits sur lui. Nous nous sommes vus ces dernières années régulièrement. Je lui ai parlé trois jours avant son départ… Alors, Pierre dans ce livre fait que la communication avec Nicolas et Laurent soit chargée d’émotion. Je me trouve à nouveau en famille.

David mon frère. Il a une mémoire hors du commun et peut raconter le match de je ne sais quelle année, dire où se tenait telle personne, à quelle heure et comment il était habillé ! Quand je lui ai parlé de la revue et du livre, il a téléphoné à Nicolas, lui a raconté mille et une choses ; c’était le soir du réveillon (!) et il s’est mis à écrire. Il m’a envoyé un article et puis douze pages encore sur Michel Christen, sa façon d’entraîner, de comprendre les gens et le foot. C’est dire si maintenant j’en connais un rayon sur ce sport.

Pierre Buffiere de Lair, de son nom de plume Chambaron. Il est le compagnon de toutes mes révisions de textes. Je le consulte cette fois-ci et à un moment donné de la révision des pages envoyées par David, je lui dis que j’ai la tête qui tourne et me demande si un bain dans le lac ne me la remettrait pas à l’endroit (pour moi, aller dans le lac, peu importe la saison, est un plaisir et quand il y a plaisir, rien d’autre ne compte). Voici nos messages :

Il n’y a que Pierre pour avoir de pareilles sorties !

Laurent Weber. Comme il a participé au livre sur Xamax, je voulais aussi son autographe. Nicolas a organisé sa visite chez moi le jour où eux deux étaient interrogés par une équipe qui met en ligne des podcasts. Cela s’est très bien passé parce que lorsqu’on est en famille… Laurent est le responsable des archives de Xamax. J’ai eu différentes métiers dans ma vie et bien souvent j’ai été soit responsable d’archives soit eu affaire à eux. C’est la base de l’histoire. Cela faisait très longtemps qu’il avait envie d’écrire le parcours de Xamax et finalement c’est Nicolas qui l’a fait avec l’aide des fameuses archives dont il est le gardien. Son métier est l’informatique, et même s’il n’a pas joué au foot, ce sont ses copains d’école qui l’ont poussé à assister aux matchs et à devenir un passionné de l’équipe de Neuchâtel. Il m’a raconté qu’à l’école sept enfants sur les dix de sa classe étaient des juniots de Xamax. Maintenant, on arrive à un point commun avec Michel Christen : leurs pères détestaient le foot. Tant Michel (raconté dans un chapitre à part) que Laurent ont dû négocier afin de suivre leur passion.

Rôle de certains pères : si on peut regretter leur autorité qui empêche un désir de s’accomplir, on peut les remercier. Le pourquoi n’est pas aisé à expliquer. Il n’y a qu’à voir dans notre vie, on a envie de faire une chose et apparaît un obstacle, un retard se faufile, une réponse tarde et finalement on s’en sort très bien. Je me dis que ces deux enfants qu’ils étaient à l’époque ont su faire preuve de caractère et quand leur père a cédé ou compris, plutôt compris, c’est parce que c’était le bon moment.

Nicolas Bandelier. Encore lui. C’est parce que j’ai un spectacle de lecture-théâtre dans lequel, je traite du… mot (voir lien ci-dessous) ; en complément du texte, j’ai des fiches avec le vocabulaire qui vient de divers domaines et qui a envahi ou pourrait enrichir la vie de tous les jours. C’est ainsi que si quelqu’un ne répond pas à une question ou joue avec les mots, soit il fait une feinte, soit il dribble. Cela me comble ! J’ai demandé à Nicolas de me donner un coup de main afin de compléter la liste que j’ai. On verra quand il aura du temps.

Michel Christen. Encore lui aussi. Grâce à Laurent Weber, j’ai pu parler avec lui au téléphone. Cela a été une rencontre qui m’a fait me sentir comme… vous l’avez deviné, comme si on était de la famille et qu’on ne s’était plus vus-entendus depuis des lustres. Il m’a raconté pourquoi il n’a jamais ni fumé ni bu de l’alcool. C’est absolument incroyable, dans le milieu du foot, d’avoir quelqu’un ainsi. Je raconte l’anecdote séparément de même que celles qu’il va me confier lorsque je lui aurai rendu visite.

Xamax. Il vient en dernier même si c’est lui qui est à la base de cette histoire. L’équipe a fait vibrer le coeur de Neuchâtel, de la Suisse ! À l’étranger, la Suisse était connue par sa paix du travail, ses banques, ses gardes du Vatican et Xamax et parfois même d’abord par Xamax. C’est une aventure extraordinaire et c’est ce qui a convaincu Alain Cortat d’écouter Nicolas. C’est aussi ce qui me fascine.

Xamax dans mon studio de danse. Parmi mes décorations, il y a un sac avec le logo de Xamax. C’est Gilbert Facchinetti qui me l’a donné. Ses empreintes doivent être quelque part dessus ou alors, sous les miennes. Pour rien au monde, je ne donnerais ce souvenir. Ce qui est rigolo c’est que ce n’est qu’aujourd’hui que je comprends une remarque de Nicolas faite le jour où il m’a rendu visite. Il avait dit qu’il connaissait ce logo, en montrant le sac (normal, c’est celui de Xamax, me suis-je dit), mentionné l’équipe du Real Madrid et dit que quand même Xamax avait battu cette équipe considérée comme la meilleure au monde ! Je me suis demandé pourquoi il disait cela et un point d’interrogation s’est glissé dans mon esprit, mais je n’avais rien répliqué parce que le sachant c’était lui. C’est maintenant, en analysant le logo de Xamax que je vois en bas, à droite, celui de l’équipe espagnole et la date : 19 mars 1986. C’est la date de la victoire de l’équipe neuchâteloise par 2 – 0 au stade de la Maladière ! Je n’ai pas n’importe quoi dans mon studio ! Je le dis assez souvent : on n’est rien sans les autres et Nicolas m’apprend des choses sur mes « avoirs ». C’est magnifique !

Une idée : représenter dans un tableau les personnages qui font partie de cette histoire. Lequel est celui qui devrait figurer en premier ? Celui que presque tous les protagonistes ont connu est Gilbert Facchinetti, celui qui a condensé en un livre l’histoire de Xamax qui a fait battre le coeur de Neuchâtel est Nicolas Bandelier, mais les uns n’existeraient pas ou pas de la même façon sans les autres et surtout pas sans Xamax.

C’est un arbre : le tronc est Xamax et les personnages sont les branches.
Exemplaire vendu par Alain directement ! Ce livre a donc encore plus de valeur pour moi.

Le livre. Les façons d’évaluer une même chose varient en fonction des personnes. Dans mon cas, le livre est précieux parce qu’y figurent des personnes qui font partie de ma vie qu’ils soient de ce monde ou non. Vous les avez dans l’arbre. Un autre fait qui compte est celui de l’histoire de Neuchâtel. J’habite à Neuchâtel, je suis partie prenante de Neuchâtel, mon identité se trouve liée à celle de Neuchâtel. Alors, lorsque Nicolas trace l’histoire du club au travers de 130 événements, en fait un arbre généalogique commenté, je suis ravie. De plus, de plus lorsque j’ai ouvert le livre, au hasard, je suis tombée sur Cantonal, le Cantonal où Freddy Landry, l’homme de cinéma et celui qui a illuminé ma vie, a joué. Il fallait vraiment que j’achète un livre pour moi ! Oui, parce que Cantonal, même s’il était une équipe plus ancienne que Xamax, fait partie de l’arbre généalogique du fait de leur fusion, sorte de mariage. En tout, j’ai compté sept mariages et ceux qui sont au début de l’histoire sont FC Neuchâtel et FC Châtelaine qui datent de… 1895 ! Mon Cantonal est né en 1906 et le club qui allait devenir légendaire, Xamax, en 1912. Parcourant ces dates, je retrouve la notion temporelle qui me fascine.

Alain Cortat. À nouveau lui aussi parce qu’il m’a dit qu’il avait trouvé très intéressant de savoir qu’i y avait eu une équipe de foot dans presque chaque quartier dans les années 1910, époque qu’il n’avait pas vécue mais qu’il était content de savoir qu’il y avait eu un précédent sportif au phénomène des clubs de tennis créés ou soutenus par la Migros dans les années 1960. C’est une sorte de écho de l’histoire. Alain, Nicolas et moi sommes passionnés par l’histoire et la promouvoir est un plaisir sans fin.

Mise en forme par Zully

Le magasin Coop Maladière et Xamax. Le département pâtisserie-boulangerie de notre Coop locale participe à la vie neuchâteloise à sa façon. C’est d’abord Nicolas qui m’a envoyé la photo. Une fois celle-ci en ma possession, j’ai téléphoné à la Coop Maladière pour demander la permission de l’inclure dans l’article. La réponse a été affirmative. J’ai demandé que des remerciements soient transmis au personnel qui fait les gâteaux. C’est magnifique !

Puis, j’ai voulu savoir comment l’idée avait atterri dans le cerveau du gérant et de l’équipe pâtissière. C’est le gérant qui me l’a expliqué : ils sont co-locataires d’un même espace avec Xamax, les pompiers et le Nuc. Afin de leur faire savoir qu’ils participaient de leur vie, ils ont fait un gâteau en l’honneur de chacun d’eux. Je suis ravie d’entendre pareille explication et ne peux que remercier le personnel de penser aux autres, leur faire plaisir or, le plaisir est l’un des liens qui relie les personnages de cet article.

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Xamax – Pierre Dubois – par David Salas

.Dirigeant pendant de nombreuses années, professeur au Gymnase et à l’École de Commerce, Pierre visitait fréquemment le restaurant City (près du parking de la poste), lieu de rassemblement de la fin des années 60 des joueurs et dirigeants du club. Je me rappelle aussi qu’il est venu avec nous, les juniors inter-régionaux, en avril 1968 à Barcelone.

Anecdote 1. Quelques années auparavant il avait effectué le même voyage avec la cuvée des Manzoni, Mantoan, Favre et autres joueurs. Un match s’est programmé contre une équipe de la ville. L’entraîneur des juniors, Michel Christen, a voulu que Pierre joue quelques minutes. Pierre n’a pas entré au début du match mais un show s’est réalisé avec la complicité des dirigeants espagnols. (Je = Zully vous renvoie à la description que j’en fais dans l’article que j’ai consacré à Pierre – paragraphe 9 environ, vous ne pourrez le rater, il y figure en tenue de footballeur !) ;

Anecdote 2. Lors de notre voyage, nous avons eu l’occasion d’assister à un  Clásico  (derby) entre le Barcelone F.C. et le Real Madrid, son grand rival. Le match devait se jouer quelques jours avant notre arrivée, mais fut reporté à cause du décès de Benitez, un joueur barcelonais. En allant au stade, nous avons pris le métro. Pierre avait l’habitude de marcher la tête assez penchée en avant comme monsieur Hulot, personnage du film de Truffaut ( Les vacances de monsieur Hulot). En essayant d’aborder le wagon, Pierre marcha lentement (trop), ce qui eut pour résultat que les portes coulissantes se refermèrent et la tête de Pierre avec sa pipe, à l’intérieur du wagon, resta attrapée, le reste du corps demeurant…à l’extérieur ! On a crié afin que le métro ne démarre pas. On a eu peur, mais on a terminé par un gros rire général ;

Anecdote 3. On a eu la chance aussi de voyager à Palma de Majorque en avion. Pierre s’est assis à côté de son copain Freddy Moulin. En atterrissant sur la piste, un grand bruit s’est produit, et soudain Pierre cria : « Freddy, ne traîne pas les pieds » Pierre et Freddy se taquinaient souvent. Je crois que Pierre devait gagner la partie comme dans un match de basket : 68-54 ;

Anecdote 4. Un soir d’été on a mangé vers le Mail. En sortant du restaurant Pierre m’a dit : « Tu sais David, le monde est plein de contradictions : ce qui est bon marché est rare, ce qui est rare est cher, donc ce qui est bon marché est rare ! »

Anecdote 5. Le dernier souvenir avec Pierre date du début mars de 1970. Je venais de rentrer d’un camp de ski aux Collombs. Une semaine complète où l’on avait fait du ski toute la journée et où l’on avait consommé pas mal de bières. En arrivant ce samedi en fin d’après-midi j’avais appris que l’on m’avait convoqué pour jouer avec les réserves contre Thoune ce qui n’était pas prévu. Ce même samedi, je m’étais mis d’accord avec Madeleine, une amie de l’école de commerce, pour aller au château de Boudry au bal des étudiants de Neocomia. C’était déjà incompatible si je tenais compte de la fatigue accumulée pendant toute la semaine. J’ai décidé d’aller de toute façon et suis resté jusque vers 1 h du matin. Peu avant de quitter le lieu, j’ai rencontré Pierre Dubois que je n’avais pas aperçu depuis mon arrivée. Comme il était dirigeant de Xamax, je me suis vu dans l’obligation de lui dire que j’avais été convoqué le lendemain à la toute dernière heure alors que j’avais déjà un compromis au bal. Je ne sais si Paul Garbani l’a su, mais j’ai quand même pu jouer après la mi-temps !

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Réflexions sur la conduite du ballon de l’extérieur du pied dans le football (David Salas – Michel Christen)

Anecdote 1 de David sur Michel Christen, son entraîneur.

Lorsqu’un footballeur porte le ballon en courant, il peut le faire en le touchant de l’intérieur ou de l’extérieur du pied. Un jour, au début de la saison 1967-1968, alors que je faisais partie de l’équipe des juniors inter-régionaux de Xamax, Michel Christen, qui en était l’entraîneur, m’a fait découvrir l’avantage de conduire la balle avec l’extérieur.

Il citait l’exemple de trois footballeurs qui étaient encore juniors : Daniel Jeandupeux, déjà joueur de l’équipe première de la Chaux-de-Fonds, Eric (?) Oeuvray et Romano de Pietro, deux de mes coéquipiers dans les juniors.

Les trois, en effet,  excellaient dans cette façon de conduire le « cuir ». Il me disait :« Quand tu portes la balle avec l’intérieur du pied et que tu vas faire une passe à un coéquipier, tu changes le mouvement de la jambe avec laquelle tu vas faire la passe, tu dois porter ton pied plus en arrière que quand tu conduis le ballon. Donc tu « téléphones » à l’adversaire ton intention de passer le ballon. Par contre, quand tu utilises l’extérieur, le geste de la conduite et de la passe est le même, donc l’adversaire ne sait pas quelle sera l’action qui va se produire à continuation ».

Il s’agissait là de la première chose à observer, mais ce n’était pas suffisant pour produire le contre-pied. La deuxième phase était encore plus intéressante. L’entraîneur, originaire de Reconvilliers, continuait en parlant de Jeandupeux et de Romi (de Petro) : « Regarde bien, quand ils veulent faire la passe ou dribbler, pour créer le contre-pied, ils observent rapidement quel pied l’adversaire va poser sur le gazon et à ce moment-là, ils passent la balle (évidemment avec l’extérieur du pied), juste à côté de ce pied d’appui. L’adversaire, s’il veut intercepter la passe ou le dribble, essaiera de bouger son pied d’appui et il tombera. Afin d’éviter la chute, il attendra et fera un pas de plus pour contrer le porteur du ballon avec ce pied qui ne sera plus celui d’appui ; ce sera trop tard,  le porteur du ballon se sera envolé !»

En conclusion, deux choses à retenir : porter le ballon de l’extérieur du pied et passer le ballon à côté du pied d’appui de l’adversaire. Jeandupeux et Romi savaient faire les deux choses, Oeuvray  seulement la première. Conduire la balle avec l’extérieur, on peut l’apprendre, détecter la fraction de seconde à laquelle on fait la passe ou on dribble ne s’apprend pas, il faut l’avoir dans le sang, et à ce jeu-là, Jeandupeux et Romi se distinguaient. J’ai essayé de le faire et j’ai seulement appris à conduire la balle de l’extérieur du pied, mais pas à détecter à quel moment faire la passe ou dribbler pour réussir le contre-pied !

Je termine par cette anecdote de Michel Christen à propos de Jacquet,  un junior de Fontainemelon à la même époque : « Il joue bien mais je n’aime pas comme il le fait ». Je lui ai dit de m’expliquer son commentaire et il a ajouté : «  Tu as vu, il conduit la balle avec l’intérieur du pied, il marche comme un canard, à dix heures dix, tout comme moi ! »

***

Commentaire de Zully au sujet de l’utilisation des chaînes articulaires et musculaires. Selon notre caractère et ce qu’on appelle les épreuves de la vie, nous marchons d’une façon ou d’une autre. Ceux qui marchent comme Michel Christen ont un caractère ouvert. Il est évident qu’on ne peut cataloguer les gens d’un seul trait de plume. L’être humain est très complexe, mais, c’est une caractéristique qui décrit très bien Michel.

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Xamax – Michel Christen.1

Michel Christen a été l’entraîneur de David Salas (joueur de l’équipe des juniors), mon frère, et il l’a beaucoup marqué. Cela a permis que Michel et moi soyons sur la même longueur d’onde au téléphone (les ondes hertziennes et celles de l’amitié se sont rejointes) et que me dise que j’allais publier sur la Toile ses anecdotes et les articles que David a écrits sur lui.

Dans l’article intitulé Xamax dans le monde de Zully ou Zully dans le monde de Xamax (à venir), je raconte comment on s’est rencontrés. Voici sa première anecdote.

Michel n’a jamais fumé une cigarette ni bu de l’alcool

Avant d’entrer dans l’équipe de Reconvilliers, son village natal. Michel aimait le foot, il l’aimait tellement qu’il rêvait d’en jouer. Il était enfant. Mais voilà, son père ne l’entendait pas de la même oreille.

Négociations de Michel. Il a promis à son père, que s’il signait la feuille qui lui permettrait de jouer dans l’équipe, il sortirait la poubelle, rangerait la table, qu’il ferait la vaisselle. Bref, il a promis ciel et terre, mais rien à faire ; son père trouvait idiot de courir après un ballon ! Un jour, de guerre lasse, le père signe. Michel, heureux lui dit : « Papa, sache que jamais je ne fumerai ni ne boirait de l’alcool ». Le papa lui a dit que c’étaient des paroles en l’air parce qu’on ne peut prévoir ce qu’on va faire.

19 janvier 2026 et contrat avec la vie. Michel me dit qu’il a 88 ans et qu’il n’a jamais mis ni une cigarette dans sa bouche ni bu un verre d’alcool. Il m’a raconté que la négociation avait été plus un contrat avec lui- même ou entre le destin et lui plutôt qu’une promesse faite à son père. C’est profond.

Je trouve admirable que dans un milieu comme celui du foot, plutôt accompagné de soirées bien arrosées, personne ne l’ait embêté. Il m’a dit que tout le monde savait et qu’arrivés au restaurant on commandait X bières ou du vin et une eau minérale. C’est tout juste s’il boit un verre de cidre et encore, a-t-il ajouté… Je remercie tous ces joueurs, même si je n’ai rien à voir dans cette histoire, de leur attitude réellement noble.

Une suite de deux façons : (à venir)

  • autres anecdotes que Michel me racontera lorsqu’on se rencontrera ;
  • articles écrits par David.

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Madame Marylène Schneitter est partie au ciel

Voilà le texte qui accompagnait l’avis de décès de Marylène Schneitter, née Hirschi, survenu le vendredi 23 février 2026

L’annonce est parue dans ArcInfo. Comme dans tous les cas, les membres de la famille sont cités pour dire leur chagrin. La personne en tête de liste est feu son mari. Je n’avais jamais vu la façon dont la famille de madame Schneitter a choisi de le mentionner :

Le signe avant le prénom indique qu’il est au ciel.

C’est si joli ! Il n’est plus là, mais il est là. En effet, il est parti en novembre 2020 et n’avait pas voulu l’annoncer. Lui et sa femme, deux figures de mon Neuchâtel d’autrefois qui ont quitté cette dimension. Cela me fait un vide, même si la relation avec leur fille Laurence et le beau-fils Michel sont excellentes.

Le départ de madame Schneitter. Je passe à la droguerie dire un mot à Laurence au sujet du départ de sa mère et elle me raconte qu’elle est partie tranquillement. Elle a précisé que lorsqu’elle l’avait vue au début du mois de janvier, après une grippe, son visage lui a dit qu’elle allait partir. Quand on a une pareille sensation, il est évident qu’on voudrait éviter ce moment mais il donne aussi du temps pour se préparer. Laurence me dit ne pas avoir de prémonitions ni de signes de l’autre monde, néanmoins, il s’est passé une chose qu’on peut attribuer au hasard bien que certains disent qu’il n’existe pas. Une certitude pour moi, c’était un signe pour Laurence qui sait entendre, c’est physique, il n’y a pas de mystère !

Le signe . Une dame d’origine roumaine va à la droguerie et raconte à Laurence que lorsqu’elle était dans son pays, un jour une fillette de quatre ans est venue dire qu’il fallait dire quelque chose à Mihai après l’incendie de son village qui avait eu lieu à telle date. La dame raconte que personne ne comprenait ce que la fillette racontait, mais cette dernière insistait. Les parents ont fait des recherches et effectivement dans le village en question il y avait eu un incendie et donc ils décident d’aller avec la fillette sur place et cherchent le fameux Mihai. La fillette, qui ne savait pas quelle tête avait ledit Mihai, est allée directement vers lui et lui a dit : « Je n’ai pas eu le temps de te dire au revoir, mais tout va bien ! » Une fois que la fillette a délivré le message, elle n’en a plus parlé et quand on essayait de lui rappeler l’affaire, elle ne savait pas de quoi il s’agissait. Laurence s’est dit que cette histoire était pour elle.

Résultat du signe. C’est ainsi qu’elle a eu l’idée d’enregister un message d’adieu de la part de ses deux enfants pour leur grand-maman. Madame Schneitter était dans le coma, mais au moment où elle a entendu la voix du premier fils de Laurence, son corps a tressailli. Cela a été un moment fort. Elle s’en est allée une heure après. On peut dire ce qu’on veut, il y a des ressentis et bien des personnes présentes se sont dit que madame Schneitter avait besoin d’entendre l’au revoir de ses petits enfants.

Un parfum. C’est à ce moment que la jeune droguiste Jennifer nous dit que lorsque sa grand-mère est partie au ciel, sa famille est allée habiter la maison. Ils l’ont bien nettoyée, aérée et fait tout le nécessaire pour leur installation. Mais, chose curieuse, de temps en temps, l’odeur du parfum de la grand-mère se répand dans la maison. C’est une façon de leur dire qu’elle est toujours là. Précisons que personne d’autre que Mémé n’utilisait ce parfum

Les grands-‘parents. Laurence, entendant la façon dont Jennifer appelait ses grands-parents, dit que chez elle c’était Papy et Mamy et que le jour où elle a appris qu’ils avaient de « vrais » prénoms, cela lui avait fait drôle.

Ah… monsieur Schneitter et madame Schneitter avaient aussi un prénom ? C’est un peu la question que je me suis posée en lisant l’avis. Il y a une différence entre Laurence et moi : pour l’enfant qu’elle était, Papy et Mamy incarnaient des personnes, pour moi monsieur Schneitter et madame Schneitter, même si logiquement ils devaient avoir un prénom, leur identité était liée à la droguerie. Je n’ai jamais eu l’idée de leur demander comment ils s’appelaient. Je n’ai connu les prénoms de monsieur Schneitter que lorsque j’ai rédigé l’article sur lui et la droguerie en 2020 ! Celui de sa femme est arrivé maintenant. Le fait de connaître leur prénom me les rend plus proches. Ils avaient tous les deux un caractère taquin. Monsieur Schneitter de façon plus marquée et j’imagine que c’était lui qui menait la barque à la maison…

Leur rencontre. Désirant savoir comment ces deux personnes s’étaient rencontrées, Laurence me dit que c’était à l’école secondaire de Neuchâtel. Cela s’est passé comme dans la chanson Tourbillon : « On s’est connu, on s’est reconnu, on s’est perdu de vue, on s’est reperdu de vue […] Chacun est reparti dans le tourbillon de la vie […] Quand on s’est connu, quand on s’est reconnu pourquoi se perdre de vue, se reperdre de vue ? » C’est cela, ils se sont connus à l’école secondaire, puis il est devenu droguiste et elle dessinateur en bâtiment. Puis ils ont décidé de ne pas se reperdre de vue, se sont mariés, sont « repartis dans le tourbillon de la vie » et elle s’est convertie au métier de droguiste. Voici le lien pour la chanson chantée par Jeanne Moreau. Rappelons que la chanson fut composée par Serge Rezvani et qu’elle a marqué un nouveau départ dans sa vie. Or, madame Schneitter vient aussi d’avoir un nouveau départ.

Les commerçants de Neuchâtel. Autrefois, lorsqu’un événement concernait la ville, les médias allaient demander leur point de vue à Margot, Walder, Schneitter. Aujourd’hui, la vie a changé.

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Réparation et rangement = mettre de l’ordre en soi.7

Il est clair que l’on ne peut réparer que ce qui a déjà vécu. J’avais reçu un vase et un jour, je l’ai laissé tomber. Je n’ai pas su comment le réparer. Je l’ai gardé en souvenir de la dame qui me l’avait donné et posé de telle sorte qu’on ne voyait pas l’ébréchure. Aujourd’hui, la lumière s’est faite dans mon cerveau et j’ai trouvé une solution.

L’environnement et soi. Je suis persuadée que nous sommes le portrait de notre environnement et inversement. D’une façon ou d’une autre. Je ne peux pas toujours faire le lien entre ce qui se répare en moi lorsque je répare quelque chose, mais l’effet est certain.

Le vase (figure no 1). À chaque fois que je le regardais, son message était toujours le même : « Je n’ai pas bonne figure. » Avec le temps, le message était en train de s’effacer. Quand est-ce que je l’ai reçu ? Quand est-ce que je l’ai laissé tomber ? Le temps et moi… Mais, c’était il y a des années. Je le dis souvent, le printemps commence chez moi en janvier. Je revisite, lave, répare des choses de mon appartement. lAujourd’hui, un jour du mois de janvier 2026, désirant remettre un tissu sur un meuble, j’ai enlevé le vase. Son message a été plus clair que jamais et je me suis dit que je pouvais faire quelque chose. D’abord, la solution la plus simple est apparue : recoller les morceaux cassés., mais il m’en manquait et de toutes façons, le résultait aurait été fragile. Puis, je me suis dit qu’il pouvait garder la forme qu’il avait mais que j’allais la rendre jolie. Cela m’a fait penser à la fameuse phrase « Fais de ton point faible une force ». Allez savoir pourquoi !

Des outils (figure no 2). J’ai une bonne quantité d’outils et il m’est venu à l’esprit que j’avais ce qu’il fallait pour couper le bois (ah, oui, le vase est du bois laqué), le limer et qu’ensuite, je pouvais le peindre.

Figure no 3. C’est le résultat. Cela n’a pas été aussi simple que cela et j’ai dû fignoler bien des fois. Les bavures n’étaient pas très grandes, pas très visibles, mais, je me disais que si c’était mon portrait… et j’ai donc dû trouver des solutions pour que l’apparence corresponde à un examen plus approfondi.

Figure no 4. Une fois la satisfaction satisfaite (…), je me suis aperçue que le bas de l’ouverture était trop à gauche. J’ai donc rectifié avec de la peinture et ajouté une décoration picturale. Là, il n’y a plus rien à retoucher. Le vase doit être content !

Alors, le fond de l’affaire : le temps qui passe. Ce temps a des effets incontestables, mais on peut soit laisser la chose comme cela, soit la mettre en valeur. Les valeurs changent d’un individu à l’autre, c’est vrai, mais le plus important est de ne faire qu’un avec soi et l’appréciation des autres devient relative. J’ai rencontré des personnes qui avaient beaucoup d’heures au compteur de leur vie mais qui avaient une richesse et une telle chaleur humaine que c’était un plaisir de les côtoyer. Dans cette histoire, mon vase a retrouvé belle allure et il a une nouvelle vie.

Liens vers d’autres articles où réparations et rangement = mettre de l’ordre en soi. C’est sûr qu’à chaque fois que nous réparons et rangeons quelque chose, il y a une correspondance en nous :

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Un fauteuil et des chaises pour l’assise de Zully dans la vie

Il est quelques fois des périodes compliquées et se on demande si cela va continuer. Dans mon cas, un fauteuil apparaît et ensuite deux chIaises. J’ai tout lieu de penser que la réponse est : voilà une belle assise pour la suite !

Un début à tout. Oui, il y a un début à tout et souvent on l’ignore. Dans le cas des trois meubles entrés dans ma vie, il y a un fil conducteur et il est magnifique. Cela me fait dire que je ne suis pas oubliée dans ce monde.

Histoire du fauteuil. Feu mon ami, André Oppel, premier et unique directeur artistique du Centre culturel neuchâtelois – devenu Le Pommier – a laissé quelques affaires liées à la culture de notre ville. Lors de la célébration du 100e anniversaire de la naissance d’Albert Dürrenmatt, j’ai remis au conseiller communal, Thomas Facchinetti, responsable de la culture et de la cohésion sociale, des écrits d’André. Une année après, Thomas m’a dit qu’il avait remis les documents à la Bibliothèque publique universitaire (BPU) et créé un fonds André Oppel. Je pouvais donc remettre ce qui était en ma possession. Un jour, je passe à la bibliothèque pour dire je ne sais plus quoi à Thierry Chatelain, directeur de la bibliothèque, et vois un magnifique fauteuil.

  • Qu’est-ce qu’il est beau, ce fauteuil ! dis-je.
  • Vous le voulez ? répondit Thierry
  • Mon Dieu… oui…
  • Je voulais le mettre dans le couloir pour les visiteurs parce qu’il n’y aura plus de place dans mon futur bureau.
  • Ciel, non ! Vous avez vu comment les gens traitent les choses ? Je le prends !

Thierry ma l’a livré personnellement. Je n’aurais jamais osé penser une telle chose et pour moi ce geste est aussi un signe du destin.

Qui sait quoi à l’avance ? Peu de temps auparavant, l’une de mes amies, Béatrice Bois, était partie au ciel et ses enfants m’ont donné ce magnifique tapis qui s’accorde avec le fauteuil. Alors, qui savait qui allait rejoindre qui ? En tous les cas, ils sont accordés.

Alors le fauteuil. Thierry me dit qu’il avait appartenu à Monika Roulet, décoratrice et personne que j’avais connue autrefois. Je reprends ce que j’écris dans l’article sur mon spectacle lecture-théâtre : « … et avant encore il avait appartenu à sa belle-mère (de Monika) qui est certainement la personne qui lui a fait son canevas. Cette belle-mère était la mère du professeur Eric Roulet, celui qui m’avait engagée pour donner des cours à option à l’école secondaire ! Je saisis l’occasion pour le remercier de son geste, même s’il est au ciel. J’ai l’impression que ce fauteuil me parle et je vais finir par en faire l’objet d’un conte. »

Ce fauteuil encore. Lorsque mon ami avait présenté son spectacle André Oppel lit des contes d’Alphonse Allais, je lui avais procuré, par l’intermédiaire d’une amie, un fauteuil très, très semblable. Alors, ce fauteuil qui relie tant de pans de ma vie me dit aussi que je vais pouvoir l’utiliser pour la présentation de mon spectacle lecture-théâtre, spectacle que je n’avais jamais imaginé pouvoir donner.

Les chaises. Comme bien des magasins indépendants, le Tigre royal, ferme ses portes, on est dans les derniers jours de 2025. Dans ce magasin, on y trouvait des manteaux et bonnets en fourrure, en laine, des sacs et des gants ainsi que des jeans pour dames. Il remonte à 1890. Je vais écrire un article à son sujet. Pour faire court, disons que j’ai hérité de deux magnifiques chaises. J’en avais déjà une semblable à la maison et me suis dit que ces deux-là iraient bien dans mon studio. Puis, monsieur Monnier, le propriétaire du magasin, m’a dit qu’elles avaient appartenu à ses grands-parents qui avaient habité la maison jouxtant la mienne et dont la grand-mère, Germaine de son prénom, après le décès de son mari était venue habiter ma maison avec les chaises. Cela me fait un drôle d’effet. Je sens que des fils invisibles de mon histoire se mêlent à ceux de la famille Monnier et donc de Neuchâtel. À chaque fois qu’il m’arrive une chose pareille, je me sens plus… ce n’est pas enracinée, c’est liée par des fils temporels à ma ville. Voici la photo.

Ces fils temporels : quand je me regarde dans une glace, force m’est de constater que je n’ai pas une tête de Neuchâteloise. Dans la dernière photo qu’on m’a prise, on dirait une Chinoise ! Mais les années passées dans Ma ville, les liens tissés avec ses habitants font que mon histoire se croise avec celle neuchâteloise. C’est ainsi que je n’ai pas eu besoin d’être liée généalogiquement à la famille Roulet pour hériter du fauteuil ni à la famille Monnier pour hériter des chaises. Ces meubles habitent mon studio et viennent enrichir l’histoire de mon studio qui est très neuchâteloise. Je voulais écrire un conte sur le fauteuil, mais l’histoire, quand on sait s’y prendre, est un conte. Peut-être en ferais-je une version pour des enfants.

Ah, fauteuil, chaise et siège ! Le premier titre de l’article était Des chaises pour… Mais, j’ai bien senti que le fauteuil tanguait dans le vide, or il est entré le premier dans l’histoire. Je me disais aussi qu’il devait y avoir un nom commun qui refusait de faire son apparition dans mon cerveau. Il devait y avoir une solution. Qui me sort de tels dilemmes ? Chambaron, le correcteur qui me comble et qui me dit : « Le mot générique est siège« . C’est vrai, cela fait des éternités que je n’ai entendu ce mot. Pierre m’explique encore : « Ensuite (et « en dessous ») il y a de nombreux noms pour préciser les caractéristiques, du tabouret au canapé en passant par le siège des ‘salles d’eau’ ! Entre nous, j’ai toujours été étonné du nombre de mots originaires de la culture arabe : canapé, sofa, divan, pouf, ottomane« . Comme il a raison ! En plus ce sont eux qui ont inventé l’algèbre. Chambaron m’a encore donné toute une série d’autres mots :  le strapontin, la stalle, la sellette, la… causeuse. On trouve même une escabelle (médiévale) ou une boudeuse (siège pour deux personnes qui se tournent le dos), sans parler du récamier, forme rendue célèbre par la sensualité littéraire de son éponyme ! Ah, la richesse du langage n’a d’égale que la richesse de la vie.

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