C’est Scooby, le chien de mes voisins anglais du studio de danse qui a favorisé notre rencontre.
Scooby venait d’arriver dans la famille et j’ai demandé à pouvoir le promener. Les promenades se faisaient au Château. Un jour que j’étais en promenade avec lui, j’ai entendu deux personnes d’un certain âge parler en russe ; ils promenaient un bébé dans une poussette. Ni une ni deux, je m’approche et parle avec eux. Ils viennent de Moscou !
C’est une joie immédiate dans mon coeur et dans le leur. Je le sens et cela ne s’explique pas. C’est l’amour qui descend sur Terre ou qui naît dans nos coeurs et nous entoure, c’est manifeste. Il s’établit alors une relation particulière qui me fait me dire qu’on se connaît depuis toujours ! Je les invite à venir à un spectacle que j’organise pour eux avec mon élève adolescente.
Le jour du spectacle, ils me disent qu’en fait leur fille a épousé le monsieur propriétaire du local ! C’est magnifique.
À la fin du spectacle, Micha me dit : « Вы Мистика! » (Vous êtes une mystique !)
C’est alors qu’il explique qu’il a aimé les couleurs, les idées des danses et que le travail musculaire n’avait aucun secret pour lui parce qu’il était peintre et qu’il a beaucoup étudié l’anatomie. Plus tard, il me fera cadeau de quelques esquisses. En réalité, je l’ai appris plus tard, il est un célèbre peintre-graveur. Il est artiste émérite de Russie. C’est un titre qui veut tout dire ! Il m’a dédié la dernière brochure qu’il venait de préparer. Voici son autographe :
Il parle en des termes très élogieux du spectacle.
Quand mon élève a su que c’était un personnage célèbre dans toute la Russie, elle s’est exclamée : J’ai cru que tous les gens célèbres étaient morts !
Il y a bien des choses remarquables chez Mikhail, de son prénom de baptême, mais celle qui m’a touchée le plus est d’avoir appris qu’enfant il avait eu une tuberculose osseuse qui l’a fait rester au lit, pendant près de six ans sur son dos, dans des hôpitaux, afin de lui éviter une déformation qui l’aurait rendu bossu. Il a eu affaire à de très bons médecins. Et, curieusement, comme il le dit, sa génération de sous-alimentés a donné de très bons athlètes qui se sont fait remarquer lors des jeux olympiques de 1956. Lui-même est devenu un très bon coureur et il faut voir la forme qu’il tient ! Quant à son caractère, c’est de l’or !
Sa femme, Olga, n’est pas en reste. Ce n’est pas étonnant que Mikhaïl l’ait choisie, elle chante, elle enseigne le chant. Elle est aussi aimable que lui et c’est un plaisir d’être avec eux. Elle a un rire puissant, pas fort, mais on sent sa force de caractère.
Toutes mes rencontres particulières me sont chères et chacune, pour des raisons différentes, devrait être le no 1 ! Celle-ci, liée à Scooby, est très particulière et j’ai dû attendre que les choses s’assoient en moi. Le déclic a été donné il y a quelques semaines. Je montais à mon studio et me disais qu’il fallait peut-être renvoyer mon message de voeux de Noël à Olga car je n’avais pas reçu de réponse (tout le monde n’est pas obligé de répondre, mais chez eux c’est particulier !) et voilà que je vois un visage qui me sourit, c’est Micha qui vient en sens contraire et qui me dit « Какая замечательная встрече ! » (Quelle magnifique rencontre !) et de parler comme si on s’était quittés la veille. On est en janvier 2019 et notre première rencontre a eu lieu en 2016 !
L’aventure, le lien continue. On arrive à 2021 et je reçois ses voeux sous cette forme :
Ангел с лютней, гравюра на дереве символ творчества2019. Работа сделана для библиотеки Президента Академии художеств Зураба Церетели. Михаил Михайлович член-корреспондент Академии. Soit, « Ange avec le luth », gravute en bois, symbole de la créativité, 2019. Oeuvre faite pour la bibliothèque du président de l’Académie des artsZurab Tsereteli dont Mikaïl est membre correspondant.
On y voit de la finesse et de la force, le sens du détail, la précision en même temps que beaucoup de puissance. Je suis comblée !
Je disais que j’avais des esquisses à inclure… Elle vont bientôt venir…
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S’il y a un être qui me touche profondément c’est Scooby. Scooby est le chien de mes voisins anglais. Depuis son arrivée dans la famille, il fait partie de ma vie. Ceux qui ont des animaux ou qui les aiment savent que les animaux nous apportent bien des choses et qu’ils communiquent avec nous.
J’ai eu des chiens, mais il me semble qu’étant enfant, je n’ai pas eu la conscience totale de leur apport et Scooby m’a offert la possibilité de le comprendre mieux que je ne l’ai fait auparavant avec les autres, d’avoir la conscience que nous sommes tous les deux des êtres vivants. En outre, il m’a aussi apporté d’autres bienfaits, dont je parle plus bas.
Voici la photo qui figure dans mon histoire des portes, leur signification dans ma vie :
Nous voici tous les deux :
Il est drôle, attendrissant. La porte qui ouvre sur la cour intérieure permettant l’accès à mon studio de danse a un ancien système de serrure et il faut être passablement adroit pour ne pas faire de bruit. Scooby a une ouïe à toute épreuve ! Parfois, distrait, il n’entend pas mon arrivée, mais il me sent et il aboie. Il aboie de telle sorte que ses maîtres savent que c’est moi et pas quelqu’un d’autre. Il finit par apparaître à la porte et nous nous saluons à notre manière.
Quand il est seul à la maison, il a émet un autre son pour me dire « je sais que tu es là, mais ce n’est pas la peine d’en faire un plat, personne ne va ouvrir la porte ! » Alors, je l’embrasse à distance ou je lui dis que je l’aime. Cela lui suffit et il arrête d’aboyer. Il est magnifique !
Je suis aussi très touchée, car il aime boire dans la soucoupe que j’ai mise sous le rosier dans la cour. Je suppose aussi que l’eau qui tombe du rosier a plein de minéraux et que ce n ‘est pas seulement mon intention qui le comble, tout de même c’est touchant car il a fait comprendre à son entourage que c’était l’endroit où il aimait boire de l’eau. On sait aussi que l’eau de pluie est une eau vivante, par rapport à celle qui sort de nos robinets. Il doit y avoir un mélange de tout cela. Voici la fameuse soucoupe :
C’est Scooby qui m’a permis de rencontrer Micha et Olia Verkholantsev. Ce n’est pas rien ! C’est l’un des bienfaits qu’il m’a apportés.
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Le lac de Neuchâtel fait partie de moi. Lorsque je suis ailleurs et qu’il n’y a pas « d’eau », je sens plus fortement son absence. Même quand je suis au bord de la mer « mon » lac me manque. Pour moi il est tellement vivant qu’il représente une entité, d’ailleurs la variété de ses tons et forces me « parle » . D’après ce qu’on m’a expliqué, c’est dû au fait qu’il est parcouru par des courants, chose exceptionnelle. Maintenant que j’écris cet article, il faudra que je me renseigne. Mais, une chose est sûre, il change de couleur surtout lorsque le vent et les différents courants d’air le traversent, mais pas uniquement. Sa force et sa beauté me fascinent.
Un autre lien particulier. Je lis passablement de choses sur l’eau et lorsque j’ai pris conscience que j’étais remplie à 60 – 70 % d’eau, j’ai dit au lac qu’au fond j’étais un peu comme lui. Cela crée un lien de complicité. J’ai appris, grâce à Jacques Collin, que nous sommes composés à 99,6 % de molécules d’eau ! C’est fascinant. Ce sujet touche la révision de textes que je fais et les cours de danse que je donne.
Knut, le photographe attitré de ma nouvelle aventure terrestre, m’a passé les dernières photos qu’il en a faites. En voici une :
En voyant la force qui se dégage dans cette photo, c’est la mienne que je vois. Je me sens comme les héroïnes russes, pleine d’exaltation, de vitalité, de joie. Je n’ai pas réellement de mot, c’est tout cela en même temps.
Cette magnifique photo de Knut me rappelle les nombreuses promenades que j’ai faites lorsque j’étais à l’École sup. et que le lac était agité. C’était dans le même état d’esprit. Une fois, parlant du lac avec l’un des assistants de l’université de Neuchâtel, il m’a dit qu’il n’allait jamais se promener au bord du lac. J’avais trouvé cela incroyable. On peut supposer qu’il devait se demander ce que je pouvais bien trouver à… de l’eau ! Maintenant, je dirais que l’on a des façons différentes de vivre dans un même endroit. Au fond, c’est comme les points de vue !
J’ai aussi un lien particulier avec le lac parce qu’il m’a rendu mon trousseau de clefs !
Un premier août, je suis allée me baigner au bord du lac. En rangeant mon pantalon, mes clefs sont tombées entre les rochers et allées dans le lac… Pas possible de les voir ni bien sûr de les récupérer. Les rares passants qui ont montré de l’empathie n’ont guère été encourageants. Connaissant l’histoire des courants, j’ai prié le lac de ne pas trop bouger et de m’attendre le lendemain. Je ne savais pas très bien comment j’allais m’en sortir, mais il fallait que je trouve une solution. L’idée du coût d’un expert et de nouvelles clefs m’angoissait. Le lendemain, je me suis arrêtée au hangar des trams qui est sur mon chemin quand je vais me baigner et j’ai emprunté une tige en fer avec un crochet. J’ai passé un bon moment à essayer de trouver mes clefs et à chaque fois j’avais peur qu’elles n’aillent plus profondément. Finalement, je les ai vues (ce moment de ma vie est comme une photo, je revois les clefs) et c’est avec la main que je les ai repêchées. Cela a été une grande joie et j’ai éprouvé une immense reconnaissance envers le lac. Je la lui ai manifestée avec des gestes et des mots.
Avant cet incident, j’avais pour principe de ramasser les choses en plastique que les inconscients laissent traîner, de même que les cannettes et bouteilles. Je trouvais que le lac ne méritait pas cela. En effet, les gens qui se promènent sur son bord vont pour y trouver une certaine tranquillité, mais leurs remerciements sont loin d’être équivalents à ce qu’ils en tirent. Il y a quelque deux ou trois ans, une dame m’a dit qu’elle ramassait aussi les couvercles des bouteilles, car elles peuvent blesser les pattes des chiens. J’ai décidé de l’imiter et d’ajouter cet autre déchet à ma liste.
Je me plais à croire que le lac a reçu le message (une sorte de SMS !) et qu’il s’est dit qu’il allait me remercier pour le soin que je prenais de lui en me rendant mes clefs.
C’est donc avec un sentiment très spécial que je regarde « mon » lac. Je m’y baigne assez souvent, toute saison confondue – moins en été car il y a trop de monde et l’eau est aussi passablement chaude – à l’endroit « des clefs » et je parle avec l’eau, je joue avec elle et je la remercie pour le bien qu’elle me fait. Je remercie aussi les rochers, le soleil qui vient assez fréquemment quand je me baigne, tout ce qu’il y a autour et tout cela me rend de très bonne humeur.
En observant et ressentant la photo de Knut, je me dis que je vais reprendre un cours que j’ai donné quelques fois et que j’ai intitulé « Rêves éveillés » avant de savoir qu’une technique similaire existait. C’est un autre des bienfaits que le lac me donne. Il faudra que je le lui dise la prochaine fois que j’irai me baigner !
D’autres photos de Knut :
Cet endroit, la passerelle de l’ « Utopie ». est particulier pour moi. Mon ami, André Oppel, a joué un rôle pour qu’elle subsiste après qu’elle a été construite afin de célébrer, avec onze autres constructions architecturales temporaires, le 700e anniversaire de la Confédération helvétique en 1991.
Voilà que je suis en train de faire mes exercices dans « mon » lac et je perçois un personnage qui fait des photos du lac. Il faut dire que cet hiver 2020 est assez particulier et que le beau temps règne. Cela donne un air assez féerique au lac avec de la brume, de la lumière qui la traverse ou la met en valeur. Je regrette de ne pas avoir mon appareil photo avec moi. Au retour de ma baignade, je revois le photographe et lui demande s’il peut m’envoyer quelques-unes de ses photos par la Toile. Il accepte, c’est un Danois, et je suis ravie.
On dirait trois peintures.
Ces trois magnifiques photos me font penser au peintre Raymond L’Epée par les teintes que l’on y trouve, par la fusion qu’il y a entre les couleurs, par la délicatesse de la composition. La nature est absolument remarquable. D’ailleurs, aujourd’hui, les gens au bord du lac avaient l’air épanoui. Je remercie le photographe et la nature pour ce qu’elle offre.
Mon lac et le brouillard. Il y a un autre aspect du lac que j’aime et qui me remplit de bonheur. C’est quand il est couvert de brouillard. Je sais, bien des connaissances me disent que le brouillard les déprime. Ce n’est pas mon cas. J’ai toujours aimé le brouillard, il me rappelle les montagnes de mon pays d’origine et depuis toujours je sais que derrière le brouillard il y a le soleil, la lumière, au sens spirituel. Je n’ai pas d’explication, c’est une évidence pour moi. Voici un exemplaire :
Mon lac est en vacances ! Façon de dire, car il est sous le btouillard. C’est comme dans la vie, on croit que parce qu’on ne voit pas quelqu’un ou une chose, il n’y a rien.
2021 Noël. Je reviens de ma baignade traditionnelle et arrivée à la baie de l’Évole, je vois un couple et m’extasie devant la beauté du lac. Je suis bien tombée, ces deux personnes sont du même avis et, en plus, amateurs de photo. Quelle chance ! Je vais avoir une série de photos comme cadeau de Noël. Voici un échantillon. Et ce qui est aussi beau c’est que je ne sais pas comment ils s’appellent, voilà les miracles du lac, de Mon lac !
Il n’y a pas besoin de commentaire, l’âme vous parle tout de suite de beauté !
2022. En sortant de mon studio de danse, je rencontre l’une de mes voisines, Véronique. Elle vient de rentrer de faire un bain dans le lac. Elle est ravie et me montre des photos. Je n’hésite pas à lui demander de me les transmettre. En voici une :
Le lac, Mon lac ne cesse de me surprendre. Du temps a passé depuis que j’ai commencé cet article et j’ai continué à lire des choses sur l’eau, sur son rôle. La photo de Véronique est un résumé : on voit l’eau tranquille, dans le présent, les tourbillons qui permettent à l’eau de se dynamiser et de transporter des informations. En fait, il n’y a pas besoin de commentaire, la photo se suffit à elle-même.
Une courte vidéo de la part de Véronique. Lorsque je la regarde, elle me fait penser au parcours d’une vie. Je vais l’utiliser dans mes cours…
Sans Véronique, pas de vidéo. On est toujours dépendants les uns des autres ; on l’oublie souvent.C’est aussi un sujet que je traite dans mes cours.
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J’ai trouvé deux troncs d’arbre de décoration chez Globus. Je les ai trouvés magnifiques et je me suis dit qu’ils iraient très bien dans mon studio. Pour faire quoi ? Je n’en sais rien. Je savais seulement que leur place était dans mon studio.
Mon élève adolescente est arrivée pour son cours, nous avons discuté de diverses choses et elle a eu besoin de faire des étirements musculaires, ceux que le Dr. Benoît Lesage nous a montrés. Elle les aime beaucoup, elle ressent leur effet. Je l’écoute et nous étirons nos muscles.
Tout à coup, je m’aperçois que les troncs en arrière-plan créent un fond magnifique pour des photos. Je prends mon téléphone portable et prends mon élève en photo. Voici un premier résultat. Les photos ne sont pas toutes très nettes, mais c’est un premier essai.
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Le talent de Knut. Nous avons repris les poses avec le costume de la danse « La Laguna » sur fond noir, cette fois. Je salue le talent de Knut. J’apprends bien des choses à ses côtés.
Pour l’anecdote : les pointes sur lesquelles je danse, proviennent du stock d’un atelier de Saint-Petersbourg, stock datant de l’époque de l’URSS. Ces pointes avaient été faites pour Nina Timofeieva ! danseuse moscovite. Je me les suis procurées à la fin des années 1990. Cependant, elles étaient un peu petites pour moi.
L’année passée, enfin!, j’ai trouvé un atelier de chaussons de danse en Roumanie qui me les a agrandies. Cela a été comme un miracle ! Une fois de plus, je me dis qu’il ne faut pas perdre espoir. Ces pointes sont légères, élégantes. Je précise qu’à ces pointes, j’ai enlevé la semelle intérieure et que je si tiens sur pointe c’est parce que les chaussons sont excellents ! Je parle des pointes blanches.
Les chaussons roses sont d’un autre pays. Ils sont plus lourds, moins esthétiques et mon pied est moins à l’aise.
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Les difficultés de la vie prennent mille et une formes. On en sort d’une, on en a appris la leçon et voilà qu’une autre apparaît tout à fait différente.
J’avais besoin d’un fil violet pour coudre un rideau dans mon studio de danse et j’ai sorti un écheveau de fils de soie que j’avais dans mes affaires. C’était tout à fait ce qu’il me fallait. Je le prends, commence à le démonter pour trouver le début et voilà que je me suis retrouvée avec ceci :
Une masse de fils sans queue ni tête, c’est le cas de le dire ! Cela m’a tout de suite fait penser aux difficultés de la vie, à cette impression qu’on éprouve lorsqu’on est dans une situation inconfortable qui nous entoure, nous englobe et qui nous échappe.
Cela ne sert à rien de se plonger dans le noir, de s’en vouloir, d’en vouloir aux autres. Dans mon cas, rares sont les fois où la solution est venue immédiatement vers moi et il me faut, en général, « vivre » avec « la chose » un moment. Il faut seulement se dire qu’il doit y avoir une solution, l’appeler pour qu’elle vienne vous éclairer. Il ne s’agit donc pas de nier la réalité ni de croire que les choses vont changer sans qu’on y travaille.
Quand le moment se présente et qu’on peut prendre un peu de recul, tout à coup on voit une ou plusieurs façons de résoudre l’affaire. Il en est allé ainsi avec la masse de fils que j’avais créée, car dans ce cas précis c’est bien moi qui avais créé le « noeud ».
J’ai simplement retourné la masse dans plusieurs sens, je l’ai secouée et tout à coup, j’ai vu un bout par-ci, un bout par-là. Il restait à savoir lequel prendre. C’est tout à fait comme dans une problématique de la vie de tous les jours : certains bouts ont été « récalcitrants » et d’autres pas. Il faut savoir « écouter » ce que le fil dit et le lâcher quand il n’est pas prêt à venir. Il en va de même avec les difficultés que nous pouvons avoir avec certaines personnes ou dans certaines situations, on essaie une chose, une façon de résoudre la situation, une autre et tout à coup l’affaire se dénoue. C’est ce qu’il est arrivé avec les bouts de fil ( j’ai quand même dû couper à quelques endroits… C’est le symbole des choses dont on doit se défaire pour avancer…).
J’ai pris « mon » mal en patience et ai commencé par enrouler les fils, les uns après les autres, autour d’un bout de carton :
Comme on le voit, certains bouts se sont échappés et il y avait le risque de retrouver une situation presque similaire à celle du début. J’aurais pu laisser l’affaire ainsi, car le principal avait été résolu.
Mais, je me suis dit que je pouvais enrouler les fils de façon plus harmonieuse. En fin de compte, j’ai six bouts de carton, plus ou moins longs, avec les fils de soie et c’est un happy end : j’ai perdu très peu de fil et les fils enroulés le sont de façon pratique en plus de l’être harmonieusement.
Ma joie est celle que j’éprouve lorsque j’ai trouvé la solution à une difficulté. Encore que « trouver la solution » est une expression curieuse, car ladite solution peut parfois apparaître sans qu’on s’y attende et de façon tout à fait surprenante ! Là, on rejoint des penseurs comme le physicien Jean-Pierre Garnier Malet.
L’émission « Passe-moi les jumelles » a tourné un reportage sur un personnage hors du commun, le philosophe Paul du Marchie van Voorthuysen et présenté cet automne à la télévision suisse romande. J’ai été très impressionnée par cette personnalité si hors de notre époque qui court après la rentabilité, les choses superficielles et vite consommées. J’ai été enthousiasmée de savoir qu’un être aussi plein de talents et si simple en même temps vive dans un endroit pas si lointain du mien.
Arrivée. Je me suis dit qu’il fallait que j’aille le voir. J’ai aussi pensé que je devrais aller avec mon élève de danse de 15 ans parce qu’une rencontre avec lui ne pouvait que lui faire du bien. M. du Marchie a 95 ans, des articulations, un physique et un esprit parfaitement sains. Son être respire la bienveillance bien que son oeil soit perçant . Il semble dire : soyez en harmonie avec vous-même et vous irez bien ; l’âge ? Je ne sais pas ce que cela veut dire, je vais chaque année dans le désert, en Inde, au Japon ou à New York, j’exerce plusieurs métiers, je ne connais pas l’ennui ; il est aussi celui qui dit : je pratique une philosophie qui m’est propre et qui me rend libre, indépendant de toute croyance, je n’ai peur de rien et ne possède rien de valeur au sens qu’on donne habituellement à ce mot.
M. du Marchie habite avec sa compagne, Nicole, laquelle exerce elle aussi plusieurs métiers, dans un endroit magnifique près du lac Léman et entouré de montagnes, Le Liboson, près de Haut-de-Caux. Nous sommes allées aujourd’hui, samedi 15 décembre 2018. Il y avait de la neige sur le chemin. Voici quelques images :
En prenant des photos le long du chemin, je me disais que je me trouvais comme dans un conte de fées où il y avait des tentations sur le passage (paysages plus beaux les uns que les autres) auxquelles je cédais au lieu de me rendre tout de suite à l’endroit où je savais que j’allais rencontrer un être comme il en existe peu, un de ces êtres que tout le monde devrait rencontrer. Mais, je me disais aussi que cet endroit lui correspondait bien !
Visite. Nous avons eu de la chance. Nous avons été accueillies les bras grands ouverts par M. du Marchie et sa compagne qui partage sa vie depuis trente-cinq ans. M. du Marchie a été notre cicérone dans ce qui fut une ferme et qu’il a mis vingt-cinq ans à transformer en une demeure médiévale avec toutes les commodités modernes. On ne peut pas tout citer, mais il y a la porte en granit qui pèse 480 Kg, qui s’ouvre et se ferme soigneusement, en épousant le mur, sans bruit grâce à un système hydraulique fabriqué par lui ! et qui mène à la crypte égyptienne également creusée et sculptée par lui afin d’y installer la copie exacte d’une statue égyptienne qui baigne quotidiennement dans la lumière.
Chaque partie de la maison a été soigneusement étudiée et aménagée. M. du Marchie nous a encore montré un château médiéval miniature fait pour une enfant de dix ans qui a passé une année chez lui. Ce château a été fait en deux mois ! C’est à peine croyable. En effet, la fillette ne voulait pas d’une simple maison de poupées, mais d’un château et M. du Marchie en a fait un où tout est une réplique d’un vrai château. Tout fonctionne : le feu où l’on peut chauffer de l’eau, le puits d’où on peut la puiser, les gardes qui se chauffent sur le haut de la tour, une presse de Gutenberg, les meubles, et j’en passe. En plus, ce château est fait sur un mécanisme qui permet de le faire pivoter.
Comme on le voit, chaque objet est une réplique d’un élément réel. On y voit même M. du Marchie qui joue de l’orgue, ce qui correspond aussi à la réalité, étant lui-même organiste. De plus, à sa gauche il y a la reproduction miniature d’un vitrail fait par lui et qu’il a dans sa maison !
Copie de la statue de Nefertiti qui se trouve au musée de Berlin.
M. du Marchie possède également une bibliothèque avec des ouvrages uniques, dont le seul exemplaire du Livre des Nibelungen ( Das Nibelungen Buch) écrit par Thea von Harbou et dont sa compagne est la seule personne à l’avoir traduit en français, sur du papier parchemin fait par M. du Marchie lui-même et relié en cuir, reliure également faite par lui ! Ce livre fait partie de son enseignement philosophique. Voici une page avec l’écriture gothique et des enluminures.
Le thé. À la fin de la visite, nous avons été conviées à prendre le thé avec ce couple si particulier dont j’ai pu prendre une photo.
Une danse. Nous avons été ravies de cette rencontre qui va nous marquer. Avant de partir, nous avons eu l’honneur d’interpréter notre danse « Les Souffles » sur une musique de Vivaldi.
Le souffle est là avant notre arrivée, il est là pendant notre existence et il est là après notre départ.
Elle a été bien accueillie et j’ai eu la surprise de recevoir un cadeau des mains de M. de Marchie, un CD « Reflets d’infini », improvisations de Jean-Philippe le Trévou sur l’orgue du Liboson.
Je précise que M. du Marchie et sa compagne limitent le nombre de leurs visiteurs. Alors, c’est tout un symbole pour nous !
Autre moment particulier. Lors de cette visite, il y a eu un autre moment particulier. J’ai apporté, en signe de remerciements, un signet, fait par moi, pour chacun. Au moment où je préparais mon présent, j’ai pris soin de prendre divers modèles dont certains à double pour le cas où ils aimeraient le même dessin. Il se trouve qu’il y en avait un dont je n’arrivais pas à trouver un second exemplaire. J’ai dû chercher dans mes réserves et j’en ai trouvé un autre. Ce qui est fantastique c’est qu’ils ont choisi ce modèle-là, sans se concerter, quasiment instantanément ! Là, j’ai été projetée dans une autre dimension !
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