Une princesse en détresse…

J’attendais Rogerl’ingénieur pour continuer une série de travaux dans mon studio de danse, studio un peu frais, car c’est une cave. Le soleil de ce mois de février m’a conviée dehors pour découdre une jupe héritée de l’Opéra de Bucarest que je voulais transformer pour l’une des danses de mon prochain spectacle. Je vais donc dehors.

Le soleil ensoleillant un endroit où je ne pouvais m’asseoir, je découds ma jupe debout et voilà qu’arrive par les « Escaliers des prisonniers » renommés « Escaliers de la Sorcière » un passant. En plaisantant, je lui dis qu’enfin je vais pouvoir demander de l’aide. Il me demande de quel genre et je lui montre en rigolant ma jupe. Il me dit au revoir. Mot un peu court, mais il n’y avait peut-être rien à ajouter.

Un passant romantique. Je continue à découdre ma jupe et apparaît un autre passant auquel je sers la même scène. Il me regarde et s’exclame « Vous êtes une princesse en détresse ! ». Je lui dis qu’enfin quelqu’un a tout compris. Je lui dis qu’en plus en face a habité un ami parti au ciel et que je me sens telle une Roméa en bas du balcon de son Juliet. Le passant dit qu’il n’a malheureusement pas de carrosse magique pour m’emmener au pays des.. Il ne trouve pas le mot et j’ajoute « des « rêves », mais qu’il me souhaite une excellente fin de journée. Je lui souhaite la même chose en me disant que ce pays des rêves est peut-être tout proche. C’est quand même beau de rencontrer des passants romantiques !

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Les choses parlent…

Ceci n’est pas vraiment un conte, mais il y a bien des éléments qui font partie des contes.

La façon dont nous voyons le monde est curieuse. Après avoir suivi le cours « Le dédoublement du temps et de l’espace » de Jean-Pierre Garnier Malet, je me dis que l’on voit ce que l’on veut… Quand même, il y a des choses étonnantes.

J’ai souvent dit aux petits élèves de mon école de danse que les chaussures laissées un peu n’importe comment pleurent. Elles pleurent parce qu’elles nous rendent bien des services (nous empêchent de nous salir, de nous blesser, nous facilitent la marche, etc.) et qu’on ne s’en rend pas compte et on ne les traite pas bien. Il est arrivé qu’une élève me dise – ce que certainement d’autres ont pensé sans oser le dire – que les chaussures n’avaient pas de bouche pour parler. J’ai alors mis la main à l’oreille et dit : Tu n’entends pas ? C’est parce que tu ne sais pas entendre, mais tes chaussures aujourd’hui t’ont aidée et je lui ai décrit tout le travail accompli ainsi que la peine éprouvée parce que leur petite propriétaire ne se rendait compte de rien. Cela a marché et mon élève a ensuite mis ses chaussures l’une à côté de l’autre. J’ai aussi précisé que cela se passait ainsi dans mon école de danse mais qu’à la maison, on pouvait appliquer d’autres façons de voir…

De façon générale, je me dis que si j’étais la chose, je n’aimerais pas être jetée, lancée, ignorée. J’aime donner une place à chaque chose et si possible bien la traiter, la mettre en évidence. Pas seulement les choses, les plantes aussi. Et là, il m’est arrivé une drôle de chose une fois. Je me trouvais dans l’ancien appartement et je devais déménager. J’ai alors dit à tous mes amis que j’étais ennuyée, que je devais déménager et qu’il me faudrait un appartement où je pourrais mettre mes canaris (en volière intérieure et extérieure !). Je n’arrêtais pas de parler du nouvel appartement qui devait avoir une place pour mes canaris. À un moment donné, je vais sur mon balcon et remarque que toutes mes plantes avaient la tête en bas… J’ai senti qu’elles me disaient à ce moment -là : On n’a donc pas de place dans ta vie ? Je les ai vite consolées et corrigé mon discours. Elles ont retrouvé leur tenue !

Lorsque je n’ai plus besoin d’une chose, je la remercie, la mets au recyclage ou la donne à une personne qui en aura soin.

Le magasin « Bouton d’Or, à Neuchâtel, va fermer fin mai. En parlant avec Ingrid Gueniat, la propriétaire du magasin, de la fin de son magasin (lien pour connaître les raisons de la fermeture), elle me dit que bizarrement, elle a des choses qui « lâchent », une ampoule ici, deux là-bas, une autre chose ici, la première chose ayant été sa caisse enregistreuse. Ingrid a pensé à remplacer le ruban encreur et a voulu en commander un nouveau. Cela a mis des mois et des mois pour enfin s’entendre dire que ce genre de machines était ancien et qu’on ne trouvait plus de rubans. Les tickets portent le jour et le mois, mais pas l’année… C’est comme si la machine se disait hors du temps. Même l’horloge s’est arrêtée une heure pour recommencer ensuite. C’est comme si toutes ces choses se disaient, bon on sait qu’on ne va pas durer ici, on commence à prendre du repos !

Horloge Boton d'Or.3
L’horloge devrait marquer 11 h 21…

Et à propos des plantes, Ingrid a eu une expérience similaire à la mienne. Une de ses plantes est liée à une personne qu’elle aime bien. La vie a fait en sorte que la relation change et la plante a décidé de s’en aller aussi. Mais, elle ne connaissait pas suffisamment Ingrid qui s’est dit qu’elle allait récupérer sa plante, que la relation avec la personne pourrait reprendre ; après des essais infructueux, et sans grand espoir, Ingrid a planté de tous petits bouts en terre… qui ont bien repris. Elle remercie sa plante !

Ah, l’histoire de l’horloge d’Ingrid n’est pas finie ! Après notre conversation, Ingrid se dit qu’elle a besoin de voir l’heure et que l’horloge va fonctionner. Elle lui met une pile neuve, neuve de chez neuve! la met à l’heure et la voit qui repart.  Tout va bien, se dit-elle. C’était un vendredi matin. Le lendemain Ingrid arrive au magasin vers 09 h et voit son horloge comme ceci :

Horloge Bouton d'Or.5

Ingrid se met à rigoler et dit « d’accord, le temps est révolu et les choses parlent ! » En effet, l’horloge s’est arrêtée.

Mais encore : l’artisane, Mme Nicole Mouche, qui a vendu l’horloge à Ingrid est passée à la boutique et forcément il a été question de l’horloge. Ingrid se disait que quand même, s’il était vrai qu’une période finissait, eh bien, une autre allait commencer, peut-être même que l’écheveau était déjà un peu déroulé… et que les choses allaient s’enchaîner ; alors, finalement elle demande à Mme Mouche de la réparer. C’est chose faite. En fin de compte, tant l’horloge qu’Ingrid ont eu raison : le moteur de l’hologe était mort, il avait fait son temps, son aventure de machine du temps était finie, l’horloge avait raison ; mais avec un moteur tout neuf, l’horloge fonctionne à nouveau et Ingrid l’emporte puisque la trame de la vie est toujours là !

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Le conte de Poisson Rouge

Je ne sais pas très bien comment  ni où cette histoire trouve son origine. Quand j’étais petite, mon père avait acheté des poissons d’ornement, du moins c’est ainsi qu’on les appelait. Parmi eux il y avait les « ballerines ». Arrivée en Suisse, j’ai appris que leur nom était « poisson rouge ». Je trouvais quand même plus romantique « ballerine », car leur queue est comme un voile, transparent, fluide, gracieux.

Un jour, la vie met sur mon chemin le livre « Connaissez-vous votre fréquence, votre vibration ? », écrit par Michel Gautier. Je le trouve intéressant, prends contact avec l’écrivain et lui demande si je peux lui faire des propositions afin de mieux mettre en valeur son texte. Il accepte.

Travail passionnant. Au chapitre où il traite des fréquences utilisées par les animaux pour communiquer entre eux, le hasard, qui n’existe pas, met sur mon chemin des informations sur le poisson rouge. C’est lui qui utilise les infrasons  les plus bas et dans son cas on dit qu’il émet un son de bulle ! Je l’intègre dans un tableau du livre à côté d’autres animaux et raconte tout cela à mon élève de quinze ans qui est tout étonnée de savoir que ce poisson parle ! Comment fait-il ? demande-t-elle. C’est simple, lui dis-je ; pour dire bonjour il dit « bou », un son court et quand il dit « je t’aime », il fait  « bouuuuuu », un son long.

Un jour, Michel me raconte que sa fille a reçu un poisson rouge, lequel vit dans un bocal. Michel dit tout de suite que le poisson ne peut rester dans un si petit endroit, qu’il lui faut de la place et qu’il le mettra dans un étang lorsque les beaux jours seront revenus. Poisson Rouge, nom que je lui ai donné, demande au dieu des poissons de faire quelque chose, car les beaux jours ne sont pas pour tout de suite. Le dieu cherche autour de Michel quelqu’un qui soit sensible à sa famille de poissons et me trouve.

Alors, je ne sais pas si je me suis dit ou si c’est le dieu des poissons qui me l’a dit, mais j’ai senti qu’il fallait faire quelque chose. Je savais déjà qu’un bocal n’est pas la « maison » idéale pour un poisson. Ils finissent fous. Je suis allée voir une vendeuse dans un magasin spécialisé et elle m’explique que ce qui les rend fous ce sont leurs sons qui leur reviennent en retour du fait que la surface contre laquelle ils résonnent est ronde ! Curieux, comme les infrasons et la résonance dans le livre se trouvaient dans la bouche de Poisson Rouge.

J’en parle à Michel qui se dit d’accord avec moi et met Poisson Rouge dans un bac. Imaginons Poisson Rouge tout à coup avoir plus d’espace et ne plus entendre ce bruit. Ce doit être un magnifique changement. D’après ce que j’ai compris, au début, il n’a pas bougé, puis il a exploré son nouveau territoire.

Le temps passe et il me vient une autre suggestion que je transmets à Michel : ajouter un peu de la vase qui se trouve dans l’étang afin de l’habituer aussi à un autre environnement.

Puis, le destin ou le dieu des poissons faisant bien les choses, je vais rendre visite à Michel en Bretagne. Je demande où se trouve Monsieur Poisson et il me dit que sa fille a fait toute une cérémonie avec des copines et l’ont mis dans l’étang. Je suis allée voir. Je n’ai pas trouvé l’endroit exact, mais j’ai demandé au dieu des poissons de faire en sorte que Poisson Rouge puisse voir dans cette eau un peu plus foncée que celle qu’il avait vue pendant des années et qu’il se trouve une copine pour partager des moments heureux.

Au moment où j’ai voulu écrire ce conte, je suis allée voir dans le livre quel était le nom du chapitre en question et je me rends compte que la version PDF que j’ai transmise de son livre pour impression à Michel n’est pas la bonne : Poisson Rouge « miaule » au lieu d’émettre le son de sa bulle…  Je rectifie le tir et remercie Poisson Rouge ainsi que le dieu des poissons de m’avoir permis de corriger une erreur de transmission de version. J’ai envie d’émettre le son d’une bulle !

Zully Salas – écrit le 23.06.2018

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