Conversations de rue.12

Tous les endroits sont bons pour échanger quelques mots, faire des observations, s’enrichir.

Au bord du lac. Je courais au bord du lac avant de faire mon bain et je vois un monsieur, assis sur un banc, regarder son téléphone portable. Il était environ 13 h 30 et le soleil était dans toute sa splendeur. Je demande au monsieur s’il voit quelque chose sur son écran. Il répond qu’il l’a passablement éclairci et que donc il peut l’utiliser. Je ne sais plus de quoi on parle et je lui demande :

Dans un magasin. J’entre dans l’ascenseur qui monte au premier étage. Deux hommes, d’une cinquantaine d’années, de belle allure et très bien habillés entrent aussi. Je presse les boutons et l’ascenseur se met en route. Comme ils ne disent rien, je dis :

Restaurant sans déchets ! Le festival des Sports a invité les enseignants à une discussion sur la dernière session et ensuite à un repas. Lors du repas, je me suis trouvée assise à côté d’un enseignant de capoeira, Manuel. On discute de diverses choses et me dit qu’au Brésil il y a un restaurant où l’on commande le plat au poids ; on paie et on ne laisse rien dans l’assiette ou alors… on paie à nouveau ce qui reste ! Cela fait, qu’en principe, il n’y a pas de déchets dans les poubelles du restaurant.

Je raconte l’histoire à l’une de mes amies qui me dit que le restaurant Touring au Lac , Neuchâtel, procède de la même façon. C’est magnifique !

Un mot au sujet du repas : excellent ! Cela s’est passé au restaurant Café des amis. Un repas très bien présenté, de beaux plats et copieux. À un moment, j’ai regretté de ne pouvoir finir l’assiette, mais, tout à coup, Manuel m’a dit que l’une de nos voisines de table venait d’avoir son repas dans une boîte pour la maison. Cette dame ne sait pas combien elle m’aura rendu service. Là, on touche l’un de mes thèmes favoris : rendre service. C’est pour cela que tout ce que nous faisons devrait être bien fait parce qu’il y a toujours des effets, des effets attendus et des effets inattendus. J’ai quand même pu remercier la dame au moment où j’ai quitté la table. C’est ainsi que deux jours plus tard, le lendemain étant jour hebdomadaire de jeûne, j’ai pu me régaler. Je continue d’être reconnaissante à cette dame, au personnel du festival qui nous a invités et au personnel du restaurant qui a si bien travaillé. Un vrai régal que tout cela.

Le personnel d’un grand supermarché de Neuchâtel. J’ai peu d’invités chez moi, mais l’autre fois, j’ai voulu innover mon menu et ai demandé à un traiteur de ce magasin s’il savait faire des sirops qui accompagnent les fruits. Oui, a-t-il dit.

Je l’ai remercié et appliqué la recette avec des pruneaux et des patates douces. Cela a été un délice. Aujourd’hui, j’ai voulu savoir quelle sorte de sucre blanc était le bon, le mien était dans un bocal sans étiquette, il fallait pour le sirop et ne vois qu’un jeune vendeur. Je m’approche et lui demande s’il peut, par hasard, répondre à ma question… Il dit qu’il mange beaucoup de sucre mais qu’il peut venir au rayon avec moi. Il lit les étiquettes… puis dit qu’il va demander à un collègue qui vient de passer. Le monsieur s’occupe plutôt du rayon des viandes mais, sait-on jamais. Quelle chance, il en connaît… un rayon sur l’affaire.

On a bien rigolé. Je lui ai demandé si du sucre brun irait aussi et il a confirmé. Je suis retournée vers le jeune vendeur et lui ai expliqué ce que je venais d’apprendre.

Je suis touchée par ce jeune vendeur et raconte l’affaire à un autre vendeur que je connais et qui s’occupe des légumes. Je lui dis que je n’aurais jamais reçu de pareils conseils de la part d’une machine et cela le met aussi de bonne humeur de savoir que ses collègues m’ont rendu service. J’ai l’impression que ce personnel est très uni. C’est rare de nos jours de voir des gens impliqués et se soucier les uns des autres. De plus, le magasin a fait une affaire parce que j’ai acheté du beurre ; je n’en achète plus depuis longtemps.

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Rangements Cave perdue 2025

Comme tous les étés, je dois m’occuper de mon studio : tout sortir, laver, mettre au soleil, réparer, revoir…

Remerciements spéciaux (par ordre alphabétique) à feu Gilbert Facchinetti, Jean-Paul Fallet, un inconnu, Marc Othenin-Girard, Pierre-Yves Gavillier, Pierrette, Rémi Schneider, feu monsieur Schneitter. Grâce à eux, mon studio s’embellit. Une fois de plus, c’est la preuve qu’on ne peut tout faire tout seul. On dépend toujours des autres. Cette histoire (dépendre des autres) me fascine. On ne sait pas toujours l’effet, l’influence que l’on a et c’est pourquoi, il faut faire de son mieux.

L’humidité. Mon studio, situé dans une cave, a tendance à copiner avec l’humidité. Je dois jouer à la surveillante et mettre en oeuvre un tas d’astuces pour éviter des « problèmes » !

Kai zen. Cette notion (amélioration constante) qui se prononce ainsi en japonais et qui est entrée dans le langage du marketing, du vrai marketing, de celui qui améliore un produit et non pas de celui qui fait croire que… est arrivée chez moi via l’ingénieur en mécanique devenu horloger, Roger Peeters, créateur d’une montre qu’on n’avait jamais faite !

La notion de kai zen dans mon monde. Je ne savais pas qu’une telle notion existait, mais elle était présente chez ma mère qui à chaque fois qu’elle rangeait le salon y apportait des modifications. Elle ne disait pas : « J’ai changé ceci ou cela pour que ce soit plus agréable à l’oeil ou parce que c’est mieux », elle faisait et j’assimilais. J’en ai fait de même dans mes affaires et voilà que maintenant je sais qu’une telle notion existe. En ce qui concerne mon studio, ce lieu qui m’abrite et m’inspire, ma façon de le remercier est d’en prendre soin et de le rendre plus confortable et beau. C’est instinctif.

Moustiquaire.1. J’ai des voisins qui ont des objets qui attirent les mouches et cela m’a ennuyée à bien des reprises. Ce n’est que cette année que j’ai eu l’idée, en revisitant le stock de mes tissus, d’utiliser un long métrage de tulle pour en faire un moustiquaire. Il a fallu être inventif pour le poser sans l’abîmer.

Moustiquaire.1.2. Lorsque je regarde à travers le tulle depuis l’intérieur du studio, j’ai l’impression que c’est ainsi que les dimensions temporelles se séparent. Alors, je finis par remercier les voisins parce que comme on dit « à quelque chose malheur est bon ».

Moustiquaire.2. J’ai une petite fenêtre que je laisse ouverte tout l’été afin de laisser passer l’air ; je lui ai aussi mis j’ai aussi mis un moustiquaire. Cela facilite bien ma vie. Les voici :

L’hibiscus agrandi, à gauche, a ouvert ses pétales pour assister aux travaux estivaux.

Mes plantes et la confiance. Afin de donner un air plus joli à mon entrée, j’ai mis des plantes. Qui dit plantes dit aussi arrosage. Or, cet été, je devais m’absenter une quinzaine de jours. J’ai fait appel à un voisin, Rémi, mais il m’a dit qu’il serait absent pendant la même période. Il m’a donné alors le nom d’un monsieur habitant la maison connexe, Jean-Paul Fallet, inconnu dans mon bataillon,. On s’est rencontrés, on s’est trouvé des amis communs, dont Freddy Landry (oh, joie !) et cela a très bien marché. C’est incroyable comment on peut rencontrer quelqu’un et que tout de suite la confiance s’installe. Bon, ici un autre dicton va entrer en jeu  » dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es ». Le premier voisin, Rémi, et Freddy ne pouvaient avoir que des semblables dans leur environnement.

Équipement 1 et 2 : deux chaises supplémentaires et un tuyau d’arrosage. J’ai hérité de deux chaises en métal et tissu d’un chantier proche. Elles étaient belles mais avec des taches de chantier dessus. Mon premier nettoyage à la main n’a pas suffi. Voici que Jean-Paul, m’a prêté son tuyau d’arrosage et l’a installé. Mes chaises ont recouvré un aspect de neuf et finalement Jean-Paul m’a dit que je pouvais garder le tuyau ! Cela a été une belle surprise. Je n’ai jamais pensé en avoir un dans mon studio. Ensuite, il a fallu penser à un endroit pour le suspendre. C’est également Jean-Paul qui a percé le mur. Nouvelle chance !

Les deux chaises comme neuves – le tuyau installé au mur (au centre), devient invisible une fois des costumes de mes danses placés devant (à droite).

Travaux de peinture. Il y a quelque deux ans, j’avais repeint le sol de l’arrière-salle mais il m’avait manqué de la peinture pour finir un bout. Le temps que je repasse commande et que la situation se prête, ce n’est que maintenant que j’ai pu le faire et j’en ai profité pour redonner une couche partout.

On le sait, les photos ne réfléchissent pas toujours les couleurs. Le bleu de l’arrière-salle est celui de la première photo à gauche.

L’humidité et mes astuces – équipements 3 et 4. Je crois bien que c’est feu monsieur Schneitter qui m’a dit de faire des sacs remplis de grains de riz pour absorber l’humidité. Chaque année, je remets l’ouvrage… Pour ce faire, j’utilise un entonnoir pour remplir les sachets et voilà que le mien fait la tête. C’est Pierrette, amie de longue date, qui me sort d’embarras un soir, à 22 h, en me faisant cadeau de l’un des siens. Depuis lors, je dis que les meilleurs entonnoirs sont ceux de 22 h (équipement 3). Un autre personnage de ma vie est feu Gilbert Facchinetti dont les ouvriers ont fait de magnifiques travaux dans mon studio. Il y a des années, il m’a donné des sacs de Xamax que je n’ai pas utilisés pour ne pas les abîmer. Mais, je ne veux pas non plus quitter se monde sans m’en servir… Le jour est arrivé pour l’un d’eux (équipement 4) qui m’a servi à transporter mes petits sacs de riz et des bouts de bois de cèdre contre les mites.

En tout, j’utilise une centaine de ces sachets… et autant de morceaux de cèdre rouge…

La chape. J’ai rencontré Pierre-Yves il y a quelques années, lorsqu’il faisait un travail dans un chantier voisin. Je lui avais montré mon entrée et lui avais dit que j’avais pensé mettre du ciment. Il m’a alors dit qu’il allait craquer. C’est à des moments comme ceux-là que je me dis qu’il faut toujours se renseigner auprès d’un spécialiste. Il est arrivé avec son équipement et a fait la chape en un rien de temps. J’aurais bien voulu participer, mais je n’ai pu qu’aider à transporter une partie du matériel jusqu’à son camion. Là. je me suis aperçue que les sac contenant la poudre pour la chape pesait 25 kg. Ma chape en a consommé un.

Il n’y a plus qu’à laisser sécher et peindre (à suivre)
L’endroit étant obscur, j’ai fait un dessin

Meilleure installation d’un câble. J’ai une guirlande de lumières devant ma porte d’entrée et le câble avait une allure quelque peu relâchée. M’inspirant du travail que Jean-Paul a fait pour un autre câble, je prends ma perceuse à percussion et commence à faire le trou. L’endroit n’est pas facile d’accès et ma force ne suffit pas. Je sors pour chercher de l’aide auprès d’un passant compatissant… Je vois une dame. Elle sent que je vais parler mais ne dis rien. Alors, je lui explique que j’avais préparé une phrase destinée à un passant qui serait fort, bricoleur et avec trois minutes pour me rendre service. La dame dit regretter de ne point correspondre à mes critères. On rit. Comme personne n’apparaît, je me dis que je dois pouvoir m’en sortir avec un peu d’effort. Je réussis et mon plaisir est immense parce que je pensais ne pas pouvoir m’en sortir. C’est une sorte de leçon de vie.

Porte huilée. Je me suis dit que je pouvais aussi faire quelque chose pour la porte qui joue un si grand rôle dans mon aventure. Je l’avais traitée par deux fois avec un produit anti-fongique, cette fois-ci, je me suis dit que j’allais la laver et la huiler. Les portes jouent un si grand rôle dans nos vies : celles des maisons et celles des gens. J’ai écrit deux articles sur le sujet : métaphore et dans un compte-rendu d’un cours.

Le dieu des portes est content !

Les celliers. Ils sont recouverts de chaux et avec le temps, il s’effrite. Un jour, j’ai rencontré Marc Othenin-Girard qui travaillait dans un chantier voisin. J’ai découvert qu’il était le beau-fils de Freddy Landry, l’homme de cinéma qui a joué un si beau rôle dans ma vie, et le contact s’est établi tout de suite. Il m’avait expliqué comment appliquer un mortier pour faire face aux ennuis que j’avais. Cette fois-ci, j’ai des réparations plus importantes et une fissure à combler. Ni une ni deux, je l’appelle et il me donne un cours par téléphone. C’est si magnifique !

L’inconnu. Il reste l’inconnu à remercier. Lors de mes travaux de peinture, j’ai vidé l’arrière-salle où j’ai des caissons qui ont fait partie de la première scène du Centre culturel neuchâtelois devenu le Pommier. Deux sont très lourds et je n’arrivais pas à les déplacer. Je me suis dit que si je sortais, j’allais rencontrer quelqu’un qui me prêterait main forte. Je suis sortie et effectivement ai vu un monsieur. Je lui ai demandé s’il voulait bien me donner un coup de main. Il m’a aidée et on a discuté. On s’est trouvé un lien commun avec la Fondation suisse pour la recherche en microtechnique (FSRM), institution pour laquelle j’ai travaillé des années auparavant. En fait, le monsieur venait de la Collégiale, où l’on avait rendu hommage à Philippe Fischer, le directeur de la FSRM, parti au ciel trois jours auparavant. Je l’avais rencontré une fois. Drôle de coïncidence… j’ai eu l’impression qu’il me disait au revoir.

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Denis Froidevaux est parti au ciel

Ce qui fait la valeur d’un homme c’est sa bonté.

Proverbe. C’est celui que ses deux soeurs, Danièle et Madeleine, ont choisi pour caractériser Denis. Tout le monde a été d’accord. C’est vrai, je n’ai jamais entendu Denis critiquer quelqu’un ; je l’ai toujours vu de bonne humeur ou, si la situation pouvait être sujette à caution, il disait : « Ouf ! », levait les bras, tournait un peu la tête et rigolait. Il n’y avait pas besoin d’en savoir plus. Il voulait dire que l’on ne pouvait rien faire et que ce n’était pas la peine de perdre son temps et son énergie à débattre d’une chose qui nous échappait. Denis était le savoir-vivre même. D’ailleurs, parmi les gens qui sont venus lui dire un dernier au-revoir, il y avait la conservatrice des archives privées et des manuscrits de la bibliothèque de Neuchâtel, Martine de Ceuninck Noirjean, que je connais bien et trois autres anciens collègues. Elle a dit combien elle avait eu du plaisir à travailler avec Denis. J’ai trouvé cela significatif d’autant plus que cela faisait une vingtaine d’années que Denis était à la retraite…

Il semble toutefois qu’il n’a pas toujours été ainsi. Denis a été turbulent dans sa jeunesse. Il y a eu quelques anecdotes racontées lors de la verrée qui a suivi le dépôt de ses cendres au jardin du souvenir de Beauregard. En voici quelques-unes :

  • il était avec un groupe de garçons et ne voulaient pas de filles. Cela arrive dans les meilleures familles ! Mais voilà qu’une fillette les suit. Denis se tient à une rampe, fait semblant de la lécher et dit : « Mmm, c’est bon ! ». La fillette l’imite, mais sa langue reste collée à la rampe. C’est le moment de préciser que c’était en plein hiver… L’un des garçons a couru appeler la maman au secours qui est arrivée avec un seau d’eau chaude. Voilà le genre de plaisanteries auxquelles il pouvait se prêter ;
  • il y avait une employée que bien des gens n’aimaient pas. Denis et Jules (le fils de l’avocat Jules Biétry) ont crevé les pneus avec de gros clous ; les quatre, et cela par deux fois. Jules me raconte que feu mon ami, André Oppel, les regardait par la fenêtre et les saluait de la main. Je reconnais bien là André ;
  • Denis et Jules se trouvent à la gare et voient un tas de colis. Comme le service des Objets trouvés ne se trouve pas loin, ils prennent des paquets et les y apportent peu à peu. C’est au bout d’un moment que l’employé des CFF s’est posé des questions en recevant tant d' »objets perdus » !
  • ceci n’est pas une plaisanterie mais l’effet aurait pu être dévastateur. Je crois bien que cela se passait à la fabrique et Denis était avec un groupe de copains. Il faisait froid et pour se réchauffer, Denis a eu l’idée d’allumer un tas de bois dans une chambre. Un quart d’heure plus tard, le feu a embrasé la chambre et il a fallu bien des efforts pour éviter que la fabrique ne prenne feu ;
  • ici non plus, il ne s’agit pas d’une plaisanterie, mais un fait assez remarquable : Denis a parcouru toute la Suisse sur son Solex. Il en a fait de même à la retraite en train. Quand même, je reste admirative de l’imaginer sur son Solex.

Encore un mot sur le caractère de Denis. Je le dis plus haut, Denis était la bonté et la gentillesse mêmes. Il a eu un rôle important dans la famille. Cela a été rapporté dans les paroles prononcées lors de la cérémonie : « Dans une famille où les relations n’ont pas toujours été simples, Denis avait trouvé une position rare : il savait, tel un diplomate, maintenir la juste distance avec chacun. Sans jamais prendre parti, il a su être l’élément d’équilibre ; celui que reliait sans juger, celui qui apaisait par sa présence tranquille. Il était ce point d’ancrage qui relie sans contraindre. « 

Quelques jours avant son départ. Lors d’un moment de confidences avec Danièle « qui lui disait combien elle l’admirait pour la manière dont il avait surmonté les difficultés de sa vie, Denis avait alors répondu, avec la sincérité qui était la sienne : ‘J’ai simplement essayé de ne pas oublier de vivre le meilleur entre tout ce qui ne l’était pas’. »

Denis et les Frésard. Charles Frésard a été le comptable de la Fabrique d’horlogerie Froidevaux S.A. Neuchâtel. Denis était son employé. Entre monsieur Frésard et Denis s’est établi une belle relation filiale qui a duré toute une vie. Lorsque les affaires de monsieur Froidevaux ont commencé à péricliter et que monsieur Frésard s’est vu obligé à trouver un travail ailleurs, il a pris Denis avec lui. De plus, les deux habitaient dans des appartements mitoyens dans la maison que monsieur Froidevaux avait fait construire près de sa fabrique. Ils avaient aussi l’amour du sport en commun. Ils regardaient les courses à vélo, les matches de foot et de tennis ensemble et tous les fins d’après-midi, ils prenaient leur apéro ensemble. C’est rare d’avoir une telle relation. Et pour clore la chose, Denis est né un 3 juillet, le même jour que Charles Frésard. Ils étaient prédestinés !

Des cadeaux pour moi. Denis savait que j’ai de l’admiration pour Einstein et s’est dit que c’était l’occasion de me faire parvenir deux choses que bien des gens ignorent à son sujet. Il s’est ingénié à faire parler Marlyse Biétry, la soeur de Jules. Il ne faut pas faire beaucoup d’efforts pour faire parler Marlyse, mais là, j’ai bien senti que les anecdotes qui suivent étaient pour moi. Merci Denis ! :

  1. La marraine de Marlyse avait habité dans la même maison qu’Albert Einstein, là où il y a le musée à Berne. Lorsqu’elle a eu six ans, elle a perdu sa maman. Albert Einstein allait les chercher, elle et son frère, pour les promener. Il vaut la peine de mentionner que la marraine, Nina Guillaume, était la petite nièce d’un autre physicien, Charles-Édouard Guillaume, qui a eu le prix Nobel en 1920 ( ses travaux sur la dilatation des métaux ont été utiles pour la métrologie, l’horlogerie et même contribué à l’invention de la télévision !) ;
  2. Lorsqu’on allait au restaurant, nous avons croisé madame Rossel, la femme de feu le professeur Paul-René Rossel. Or, le professeur avait été l’étudiant d’Einstein au poly de Zurich.

Ce sont des choses qui me rendent Einstein (voir le lien pour l’article que je lui dédie) plus proche encore. Mais, Denis m’avait aussi permis de compléter l’article sur les montres Froidevaux en me montrant celles qu’il avait en sa possession. C’est dans l’article sur l’homme Froidevaux dont le lien figure plus bas.

Denis et la musique : Denis aimait le folklore suisse et la musique douce. C’est ainsi que Danièle a choisi la valse no 17 de Chopin pour finir la cérémonie. Or cette musique a aussi une grande signification pour moi et je l’écoute presque tous les jours. Un autre cadeau ! Voici une interprétation sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=eN5z1mu6j4M&list=RDeN5z1mu6j4M&start_radio=1&ab_channel=Kassia

Voici Denis il y a un peu plus d’une année, à Noël, chez monsieur Frésard. C’est touchant. Son regard accompagné de son sourire si particulier est celui de toujours, chaleureux et si plein de *j’ai saisi et je comprends ». Les lumières roses des bougies et de la lampe lui vont si bien… et il est assis à la place qu’il occupait lors des apéritifs.

Commentaires : certains anciens collègues ont aimé l’article et ajouté qu’ils étaient émus de le retrouver de cette façon ; une personne a rappelé que « Denis avait été une belle personne, pleine d’humanité et qu’elle avait eu de la chance d’avoir partagé une partie de sa vie professionnelle avec lui ». Je me dis que c’est une belle carte de visite pour aller au ciel !

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Spectacle de la rentrée 2025

Les événements s’entremêlent et se suivent les uns les autres sans que j’intervienne.

Nettoyage de mon studio et rencontre. J’étais en train de finir les nettoyages et réparations estivales de mon studio de danse (quelque peu humide et donc ce n’est qu’en été que certaines choses peuvent et doivent être faites) lorsque j’ai rencontré en ville, grâce à un stand de nourriture du Buskers festival de Neuchâtel, Véronique, l’une des élèves de mon premier groupe d’élèves de danse, et sa maman. Cette dernière avait quitté la Suisse pour l’Espagne lorsque son mari et elle étaient entrés à la retraite. Je n’ai jamais pensé que j’allais la revoir…

Comme si cela avait été la veille. La rencontre s’est faite naturellement. Véronique, je l’avais revue il y a quelque deux ou trois ans au festival des Sports où je donnais un cours. Elle a toujours le même sourire qui dit « je savais qu’on allait se revoir » et cela fait toute la différence. La rencontre a été pleine d’amitié et, sans que je prenne le temps de réfléchir, je leur ai proposé de venir à mon studio de danse pour que je leur présente l’un de mes spectacles.

25 août 2025 à 17 h. Le nombre cinq est partout… Elles sont arrivées un peu avant l’heure, juste au moment où je finissais mes répétitions. Une chose c’est de danser pour soi et une autre pour un public, car tout est alors différent et une certaine tension s’installe. Bref, elles sont arrivées et je leur ai proposé une visite du lieu. Depuis le nombre d’années que je l’occupe, j’ai amélioré bien des choses et la conclusion de Véronique a été : « Tu pourrais y vivre ! ». Oui, c’est vrai. J’y ai pensé une fois ou l’autre, mais j’ai d’autres activités qui demandent plus d’espace. Cependant, s’il prenait fantaisie à la vie de m’y mettre, je le ferais avec grand plaisir. Puis, Véronique a regardé la scène et s’est exclamée : « Oh, quand j’étais petite, je la voyais si grande ! » Effectivement, quand on est petit, les repères sont différents. Je lui ai dit qu’elle a la même grandeur que celle du théâtre du Pommier. C’est d’ailleurs Ernest Grize, le premier régisseur de ce théâtre, qui les a faites.

Le spectacle. J’ai présenté mes danses dont certaines sont interactives. Cela veut dire que je discute avec le public ou lui pose des questions. L’une des danses consiste à cueillir un lotus et voici les commentaires de Véronique : « …. Il est enraciné » et celui de Kéna, sa maman : « Je l’ai vu changer et s’ouvrir ». Lors d’une autre danse, je fais appel à un jeu de lumières et Kéna a dit que cela lui avait rappelé un souvenir alors qu’elle avait sept ans et était à l’école : c’était lors d’une chorale ; les lumières avaient été éteintes et les élèves, avec une lampe de poche, avaient fait des figures. Pour moi c’est comme si la page actuelle de son livre de vie avait rejoint celle de ses sept ans. J’ai trouvé cela fantastique.

Leurs commentaires : (à venir). Mais Kéna m’a demandé à deux reprises en cours de spectacle si tout cela (histoires, chorégraphies et costumes) sortait de mon imagination. Je pense qu’elle savait que c’était oui.

Ma reconnaissance-1. Je suis reconnaissante à Véronique d’avoir suivi avec plaisir mes cours. Elle m’a dit que si elle avait de la discipline c’était parce que je la lui avais inculquée. J’ai répondu que l’on peut dire et montrer bien des choses à des personnes, si la chose n’est pas en elle… Comme Véronique aime les conclusions, elle a dit pour finir : « Disons alors que tu m’as sensibilisée ! ». Elle a aussi dit que parfois, lorsqu’elle écoute du Chopin, il lui prend l’envie de danser. C’est beau. Elle a demandé si c’était la même barre et dit qu’elle se rappelait lorsqu’on massait les pieds avec la balle. Je suis touchée.

Reconnaissance-2. Je ne sais laquelle est la première, parce qu’il s’agit de Kéna. C’est elle qui a inscrit Véronique et sa  sœur Brigitte à mes cours. Elle s’est dit que ses filles seraient dans de bonnes mains et elle m’a payée. Je suis qui je suis en partie grâce à elle. Nous sommes la résultante de centaines de rencontres, mais certaines nous touchent plus que d’autres. Je remercie Kéna et toutes les autres mamans. Avoir la confiance de quelqu’un est précieux.

Après le spectacle : un verre de Mauler rosé. C’est ma façon de remercier le public qui répond à mes invitations.

Des photos et des programmes. J’avais pris des photos prises à l’époque et des programmes du temps où Véronique avait dansé. Elle s’est souvenue des danses et de certaines copines. Je lui ai dit qu’elle avait dansé sur de la musique chinoise et que je continuais sur la lancée puisque dans ma présentation il y avait une danse du même genre. Elle a dit :  » Tu vois, tu m’as aussi influencée là puisque la Chine joue un rôle dans ma vie.  » En effet, l’une de ses filles a habité plusieurs années dans ce pays et Véronique lui y a rendu visite. En plus, Véronique pratique le taï chi (moi, j’ai pratiqué du qi gong) et quand elle a vu mes poèmes inspirés par des haïkus, elle m’a dit qu’elle en écrivait aussi !

L’horlogerie. Le monde de l’horlogerie fait partie intégrante de ma vie depuis des années. Il se trouve que Kéna et son mari travaillaient dans ce secteur. Monsieur Villard était le propriétaire des montres Villard Watch, fabrique héritée de son père qui l’avait fondée en 1963. Je lui avais acheté des montres une fois ou l’autre dans sa fabrique et lorsque j’ai revu Véronique il y a quelques années, je lui avais dit que le musée du Château des Monts, au Locle, accueillerait volontiers des montres Villard parce qu’il ne possédait pas grand-chose de la période des années 1950 – 1980. La chose est en cours. De plus, j’ai publié sur ma plateforme plusieurs articles sur l’horlogerie et voudrais ajouter l’histoire Villard.

Commentaire de Véronique au sujet du studio :  » Nous nous sommes retrouvées après tant d’années dans cet univers et espace hors du temps que tu as su conserver et embellir. » Je suis à nouveau touchée. Véronique l’a bien senti. Dans ce lieu, je me sens hors du temps ; lorsque j’en sors, je découvre l’heure…

Elle m’a aussi dit qu’elle avait suivi de loin mon travail, en assistant une fois ou l’autre à mes spectacles, et l’histoire avec mon ami, André Oppel, par l’intermédiaire des journaux. Je ne sais que dire. Je n’aurais jamais imaginé une telle chose.

Drôle de période. L’autre jour, j’ai rencontré la maman de Nicole Aegerter, une autre élève. La rencontre a été aussi pleine d’émotion. Aujourd’hui, je vais chez Jumbo pour acheter un support pour l’arrosoir de mon studio et dont un voisin m’a fait cadeau et je rencontre le père de Giliane, une autre élève. Il m’a aidée à trouver le bon support pour le suspendre et aussi à choisir un bon chariot pour porter mon matériel de maquillage fantaisie lorsque je suis appelée à travailler ici ou là. Je lui suis très reconnaissante et il me donne l’occasion de remercier tous les papas de mes élèves. Comme cela, on a un yin et un yang et on reste dans la philosophie chinoise !

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Răzvan Duinea, Liliana Pleșa Iacob, I.C. Brătianu, Zully avec son ami le hasard

Je me demande si le mal de dents qui m’a obligée à aller consulter le dentiste à Bucarest n’a pas été ce qu’on appelle un mal pour un bien ! En tous les cas, mon ami le hasard s’est invité et a inventé de drôles de choses.

Chez Liliana. J’ai donc des problèmes dentaires et seul le dentiste R. Duinea, en Roumanie, me comprend. Je raconte l’affaire à mon amie Liiana qui est une mécène à toute épreuve et elle m’invite chez elle.

Odonyme qui mène de chez Liliana à la station de bus.
Discours, volume I.

I.C.Brătianu. J’ai fait le parcours à pied de bien nombreuses fois et la plaque ne cessait d’attirer mon attention. J’arrive une fois chez le dentiste Duinea et vois un tas de livres sur l’art, l’architecture. Je les laisse là. Une autre fois quelque chose me dit que je dois jeter un coup d’oeil à ces livres. L’un d’eux a presque le même nom que celui sur la plaque. Il contient des discours. Je lis est apprends le rôle fondamental que cet autre Brătianu a eu dans la l’histoire roumaine, dans l’unification du pays.

Lorsque je fais le parcours en sens inverse pour aller chez Liliana, la plaque me sourit. Vous trouvez cela bizarre ? En fait, c’est une traduction émotionnelle de ce que la plaque m’a dit Je pourrais aussi dire qu’elle brillait, maintenant que je savais qui le personnage était. Il était non seulement le père de celui dont on a publié les discours mais il a également été un protagoniste dans l’histoire du pays. Sans lui, pas de Ion I.C. Brătianu et surtout pas de Roumanie. Il a joué un rôle clef dans l’union des principautés, la constitution de l’État roumain et été le fondateur du parti libéral national. Il a été Premier ministre à de nombreuses reprises. Il est un personnage central de l’unité du pays et a contribué tant à sa modernisation qu’à sa consolidation. Mon Dieu, moi qui éprouve une admiration sans bornes pour tous ceux qui font du bien ! Je suis émerveillée et, étant à Bucarest, un sentiment d’unité m’habite.

Le soir-même, j’envoie un mot de remerciements à mon dentiste pour lui dire que grâce à lui, je sais qui est Ion Constantin Brătianu. Il me répond que c’est son arrière-grand-père ! Là, je ne sais quoi dire. J’ai des frissons. Il m’est arrivé d’avoir des coïncidences (on les appelle ainsi), mais là… De plus, le docteur Duinea est le dentiste de la maison royale. Il me dit que pendant dix ans, il n’a rien dit des liens qui l’unissaient à I. C. Brătianu (qui est celui qui a appelé le roi Carol I. en Roumanie). Ils l’ont appris par hasard.

Monsieur Duinea me dit qu’il existait une maison Brătianu à Bucarest mais qu’elle était en mauvais état. Je l’ai trouvée avec peine, un concierge de l’hôtel Sheraton m’a donné un sérieux coup de main. C’est ainsi que j’ai pu me diriger à la rue de l’Église Amzei, no 5-7. L’émotion a été intense. On ne voit pas la maison depuis la rue, elle est en retrait, il faut traverser une cour et ensuite, on la voit. Elle est imposante et a de l’allure malgré le peu de soin dont elle souffre depuis des années.

Les portes. Autre chose qui m’émeut, ce sont les portes et leurs poignées. J’ai l’impression que le locataire de la maison y a laissé son empreinte. La première fois que j’ai eu cette sensation, cela a été avec la porte de la maison Einstein à Berne, la deuxième fois, c’est avec celle d’Henri Poincaré à Paris et maintenant avec celle de Ion I.C. Brătianu. Ici on voit nettement une serrure moderne et que la poignée a été changée. Il n’en reste pas moins que l’entrée de la clef est l’originelle et que la porte l’est aussi. J’ai encore l’impression qu’elle me parle. J’ai voulu entrer dans la maison, mais la porte est scellée. On le voit sur la photo.

L’histoire. J’en reviens à mon idée, presque fixe : l’histoire est ce qui fait de nous qui nous sommes et on se doit de la connaître. Ce n’est qu’ainsi qu’on peut éviter des erreurs… Or l’histoire n’est qu’une branche qu’on apprend par coeur… Dommage.

Encore une photo. Celle de l’endroit où Ion I. C. Brătianu se tenait il y a X années lorsqu’on lui a pris la photo qui figure sur son livre. Je pense souvent à ces personnes qui ont le don de se situer à un endroit ou de prendre l’objet d’une personne décédée et de dire comment a été la personne et ce qu’elle a vécu. Il me semble qu’un rien me sépare de cela, mais… rien. Quand même quelque chose se passe en moi.

Mes dents. Je me demande si le problème que j’ai eu avec les dents n’a pas été une raison pour que je vive de telles émotions et pour que je puisse dire : un mal pour un bien !

Suite. Je raconte l’affaire à Liliana qui me dit qu’elle avait eu à l’école une copine de classe qui s’appelait Rodica Brătianu et de sa soeur dont le prénom devait être Delia. Je reprends contact avec le dentiste qui me dit que oui, Rodica avait été sa tante, avec laquelle il avait eu des liens très étroits, et que sa mère était bien Delia.

C’est ainsi que les protagonistes de cette histoire se sont réunis. Je me dis souvent que si on avait inventé une pièce de théâtre avec de tels événements, on aurait dit que dans la réalité de telles choses n’existent pas. On a tort, la réalité dépasse la fiction. Je ne peux m’empêcher de dire que la plaque vue se trouve dans les environs de l’entrée du cimetière et qu’en passant, j’avais une pensée chaleureuse pour ceux qui pouvaient en avoir besoin. De plus, normalement pour aller chez le dentiste, il me fallait prendre deux bus, un métro, encore un bus et marcher quinze minutes. C’est parce que le premier bus avait des horaires fantaisistes que j’ai préféré rajouter quinze autres minutes de marche et que donc, je suis tombée sur la fameuse plaque parlante. Alors, je remercie ce bus et sa fantaisie qui m’ont mise « sur le bon chemin ». Ah, les voies du destin…

Je mets une dernière photo. C’est celle d’un arbre tout à fait à droite de la maison. Il a certainement vu Ion Constantin Brătianu entrer et sortir de la maison. Il doit connaître ses pensées, ses émotions… J’aimerais pouvoir parler avec lui. Mais, il sait que je sais qu’il sait. J’ai un peu arrangé la photo parce que l’arbre, autant que la maison, méritent un meilleur sort.

Voici les dates qui ont ponctué la vie de Ion Constantin Brătianu. On les trouve dans une seconde plaque plus loin dans la rue :

On comprend que I.C. Brătianu a été un révolutionnaire et le fondateur du parti libéral national . Le terme « pașoptist » désigne le mouvement culturel et politique de 1848 ayant pour but la liberté et la nationalité roumaine. C’est rigolo, on voit sur la plaque « n. 1821 – d. 1891) ; « n » voulant dire « né et « d » voulant dire « décédé ». Je n’avais jamais vu ailleurs une telle datation. Monsieur Brătianu est parti au ciel au mois de mai, le jour de mon anniversaire… Cela me fait quelque chose.

Florin Niculescu. De retour en Suisse, je vais rendre visite à Florin, ami ingénieur en mécanique et horloger qui est devenu le patron de Tavannes Watches Co et lui raconte mes péripéties bratianesques à Bucarest. Et là… Il me dit que l’école qu’il a ouverte à Bucarest avec deux autres collègues, le lycée technique (microtechnique) qui forme des horlogers a ses locaux dans le lycée Ion I.C. Brătianu ! Cela ne s’invente pas ! Pour ceux que cela intéresse, je vous mets le lien pour le lycée.

Lien pour : Turneul în România ;

Quelques autres rencontres :

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Convorbiri de pe stradă

Am o secție despre conversațiil pe care le am pe stradă, în magazine, în mijloacele de transport. Fiind la București, scriu pe românește. Am noroc că prietena la care stau, Liliana Iacob, este o stea a limbii române și a corectat textul. Ea n-are vină pentru ceea ce scriu… numai corect să fie.

În mășină. Eram așezată pe primul scaun și s-au urcat o doamnă cu un băiat de vreo 9 ani. El s-a agățat de ușă. I-am spus că era periculos și și-a schimbat punctul de sprijin. Mai târziu, s-a urcat o altă doamnă care s-a ținut și ea tot de la ușă. I-am făcut un semn din ochi băiețelului câtre doamna. Și i-am spus : « Doamna este deja adultă ; sau nu i-a spus nimeni, sau n-a ascultat. Tu ai ascultat. Felicitări ! » În acel moment ochii copilului au strălucit de fericire și am fost pe aceeași dimensiune. I-a venir rândul să coboare, mi-a făcut semn cu mâna și când a fost pe trotuar am « văzut » că-i povestea mamei sale ce se întâmplase. Când mi se întâmplă așa ceva, am impresia că am transmis ceva.

Tot în mașină. Mă întorceam la prietena mea și am vrut să știu la ce oră trecea mâșina. O doamnă a răspuns că la fără 20 de minute. A doua zi am fost la stație la și 27 de minute, în caz… Am așteptat până la și 15. A trecut un domn cu un aparat de fotografiat (prietena mea locuiește pe lângă lacul de nuferi). L-am întrebat pe domnul acela dacă a făcut poze interesante. Mi-a spus că puține, pentru că erau cuiburi și păsări mici cu mamele lor și nu voia să le deranjeze. Mi s-a părut un gest nobil. L-am întrebat la ce oră trecea mășina, dar nu era din zonă. I-am povestit că așteptam de mult și s-a oferit să mă conducă pentru că, a adăugat, nu putea să mă lase în drum. Un om foarte nobil, v-am spus.

Tot în mașină. Mașina care îmi trebuia tocmai plecase când ajungeam la stație. M-am urcat în următuarea mașină a altei linii și l-am întrebat pe șofer dacă trecea pe la metrou. – « Nu. Dar dacă sunteți pe fază, puteți să-l prindeți pe colegul din față ». Mășina din față era separată de a noastră de un camion lung și de două mașini. I-am răspuns : « Nu știu dacă pot să alerg așa mult până-l prind ». Doar că în acel moment, camionul și-a schimbat culoarul și nu mi-au rămăs în față decât două mășini. « V-am spus să fiți pe fază, adică în gura ușii, gata să coborâți ! ». Atunci am văzut că mașina din față se apropiase de stație… dar a « noastra » nu, pentru că era blocată în trafic. M-am așezat repede « în gura ușii » și șoferul « meu » m-a întrebat : « Dacă vă las aici vă convine ? » A fost o clipă în afăra timpului, pentru că am înțeles că îmi făcea o favoare, că știa că voi prinde mășina din față și am răspuns imediat : « Da ! ». Am alergat și înainte să mă urc în mășina cealaltă, i-am făcut un semn de mulțtumire, el mi-a făcut un semn din cap și am împărțit o clipă în afară timpului.

La un magazin. Căutam ardei verzi pentru prietena mea și-l văd pe un domn care alegea ardei galbeni-albi dintr-o ladă, din alta, din încă una și dintr-o a patra. Când a terminat treaba și voia se plece, l-am întrebat : – « Lăsați lăzile așa ? – Păi, așa le-am găsit. – Ați fi putut să le aranjați. » i-am răspuns. Atunci domnul a aranjat una și a plecat. I-am spus că ar fi putut să facă mai bine, dar n-a mai ascultat. Când m-am apropiat de casă, l-am văzut pe domnul aproape de mine, el m-a văzut, dar ne-am ignorat. Pe urmă m-am dus la stație și am așteptat vreo 20 de minute făra să vină mășina. Dintr-o dată, cine apare ? Domnul ! M-am utat la el, s-a utitat la mine, eu n-am spus nimic și deodată spune el : – « Iar ne întâlnim ! – Este un semn al destinului »- i-am răspuns. I-am povestit că mă întorsesem la sectorul legumelor ca să iau un brocoli pentru prietena mea, că am profitat să golesc o ladă care avea doar trei roșii și că l-am văzut pe un vânzător aranjând lăzile cu ardei. Când l-am întrebat de ce, el a zis : « Ca să arate frumos ». I-am spus că oamenii nu prea sunt atenți… dar el a insistat și mi-a mulțumit pentru că aranjasem roșiile.

Domnul mi-a explicat că înaintea lui o doamnă răsturnase toate lăzile ardeilor. I-am răspuns că nu era un motiv. Domnul a adăugat că noi nu puteam să le aranjăm pe toate. Am replicat că una în plus sau în minus era deja ceva. În acel moment a apărut un băiat de vreo 11 ani care colecta sticlele plastice de la gunoi. Eu aveam una de apă minerală aproape goală și i-am făcut semn că putea s-o ia. A luat-o, a vârsat apa pe jos și a aruncat capacul sticlei printe plantele din stație. M-am dus la el și i-am spus că așa ceva nu se făcea și am vrut să-i au sticlă înapoi. El a rezistat, dar am invins si i-am spus că lucrurile nu mergeau așa și că trebuia să ia capacul. L-a căutat și l-a pus la gunoi. Atunci i-am dat sticla înapoi și el mi-a mulțumit. Domunul asistase la scenă fără să scoată un cuvânt. I -am spus că de acum încolo acest băiat nu va mai azvârli capacele sticlelor oriunde. In creierul domnului ideile își căutau un drum și când m-a înțeles a avut un zâmbet și mi-a urat sănătate și numai bine înainte să se urce în mașina care venise.

La un alt magazin. Este un magazin francez care a suprimat casierele ; tendință de eliminare a locurilor de muncă peste tot, atât în Elveția, cât în Franța și aici. Erau două locuri unde oamenii puteau plăti cu numerar și câteva case unde se putea plăti doar cu card. Proprietarii magazinului, știind că nu toată lumea se descurcă cu asemenea mașini, au pus o casieră-vînzătoare să-i ajute. Dar deja la coadă oamenii o chemau, îi puneau întrebări. Doamna alerga la dreapta, la stânga, jos, sus și m-a ajutat și pe mine. Când am terminat, i-am spus că avea o muncă grea. « De unde știți ? Sunteți șaman ? Nu, i-am zis, doar văd. » Atunci mi-a zâmbit și eu la fel. Ne-am înțeles. Ce bine !

O armată de iubitori ! Care ? Țințarii. Sunt de o generație nouă pentru că nu fac zgomot, doar simți deodată că te-au înțepat. Așa că am picioarele cu mușcături, par că sunt un tablou modern.

Temperatura în București. Majoritatea timpului a fost între 40 °C și 43 °C la umbră. Predicțiile după plecarea mea sunt de 27 °C – 29 °C. Ce se spun… Bucureștiul m-a văzut și s-a înfierbăntat. Dacă mi-a fost cald ? Da, dar am găsit pe drum locuri unde puteam cumpăra apă de izvor și asta a fost foarte bine. Am putut cutreiera străzile de sus in jos și de jos în sus, de la Universitate la Piața Unirii, am fost pe la Bucur Obor și la Dragonul roșu. Am primit alarme de caniculă pe telefonul mobil dar nu mi-a păsat și nu mi s-a întimplat nimic.

Surpriză plăcută ! În câteva locuri am întâlnit niște instalații care împrăștiau pe trotuar un nor de picături fine de apă pentru a răcori trecatorii înfierbântați. M-am scăldat cu voluptate în el minute în șir ! Dacă aș fi putut, aș fi luat una cu mine. Felicitări Primăriei pentru inițiativă. Instalația se găsește pe lângă piața Unirii.

Am făcut un montaj pentru că mereu era un cineva.

Un regret. Aici, în București ,ca și la Neuchâtel, magazinele particulare sau mici dispar. Am vrut să mă duc la niște mercerii care erau în Bucureștiul vechi dar s-au desființat. Ce păcat ! Și încă ceva : tare mult îmi plac plăcintele cu brânză dulce sau cu dovleac. Locurile unde le cumpăram sunt mai puține iar cel care le făcea pe cele mai bune este în concediu. Noroc că prietena mea mi-a făcut ieri surpriza de a-mi pregăti o tavă întreagă cu aceste plăcinte minunate din care o parte mi-am pus în bagaje.

Am ajuns la mine cu plăcintele, dar până am făcut poză… aproape un etaj de plăcinte a ales domiciliu în mine !

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Cordonnerie du Trésor (en cours)

Cela fait une dizaine d’années qu’Anis Saadi a repris la cordonnerie de feu monsieur Antonio Boletta, lequel m’a rendu de grands services, et il est toujours aussi passionné par son métier. Il est non seulement habité par la passion du métier, il a aussi le sens du commerce et un esprit d’entrepreneur !

D’abord un mot sur monsieur Boletta . Il aimait aussi son métier et il trouvait des astuces pour réparer des chaussures ou autres affaires qui nous étaient chères. Je lui suis toujours reconnaissante. Nous avons parfois des émotions liées aux choses, aux affaires et monsieur Boletta le comprenait. Quand j’ai dit à Anis que j’allais écrire deux mots sur monsieur Boletta, il a dit : « Ah, monsieur Boletta ! » et j’ai compris qu’il avait du respect pour lui.

Anis est du même cru : il aime la qualité, la qualité sous toutes ses formes : dans sa profession, dans ce qu’il achète, dans les relations avec les autres. L’autre jour, je suis arrivée et une cliente lui racontait ses déboires. Voilà, les commerçants d’autrefois avaient des relations plus profondes que celles d’un vendeur à un acheteur. Le magasin était un vrai réseau social : on connaît le métier de l’autre, ses goûts, sa famille, on sait quelles sont ses préoccupations, etc. Dans son local, on rencontre des habitués et on se rend des services. Chez Anis c’est comme cela. Quelle chance !

Voici l’allure que son magasin a eue au long des années.

2017-2022
2021-2023
2025

Cordonnier et serrurier ! J’avais un problème avec la serrure d’une porte. Seule une clef sur quatre tournait dans le cylindre. Ni une ni deux, il m’explique que si on a des clefs faites sur un gabarit * différent du cylindre d’origine (en Suisse on parle de « chablon », mot issu de l’allemand Schablone), on risque un jour des ennuis du genre de celui que j’avais. J’ouvre une parenthèse : j’ai eu le même problème avec ma machine à coudre Singer. Je lui ai mis des cannettes de toutes sortes et cela a fonctionné pendant des années jusqu’à ce qu’un jour elle en ait eu assez ! J’ai dû m’équiper en cannettes Singer et depuis tout roule ! Fin de la parenthèse. Anis m’a aussi dit que lorsque qu’on a, par exemple, fermé une porte et laissé la clef dedans ou qu’on l’a perdue ou que la serrure a été forcée, des services de dépannage enlèvent le tout et remplacent le cylindre directement pour des sommes assez élevées alors que lui, il sait enlever un cylindre sans l’abîmer. Voilà, la aussi on trouve la notion de probité. C’est beau. Je retrouve feus monsieur Vautravers et monsieur Schneitter. Anis est de leur lignée.

Anis a trouvé chaussure à son pied ! J’aime le français et les expressions sont parfois si représentatives… Alors, trouver chaussure à son pied, c’est le summun pour un pied ; quand celui-ci est à l’aise, il peut aller loin à la ronde. C’est le cas d’Anis qui a trouvé chaussure à son pied en Elena, une jeune femme pleine de gentillesse et d’adresse dans tous les domaines. Ils font une belle paire !

Je parlais de l’esprit d’entrepreneur d’Anis. Il ne se contente pas d’aller regarder sur la Toile ce que les autres font ou proposent, il se déplace en famille aux foires de Paris et de Milan !

Voici les services de la Cordonnerie du Trésor :

Le couple, Anis et Elena, au travail. Anis s’occupe d’une paire de chaussures et Elena répare les anses d’un sac. Elle se sert d’une machine (à compléter).

Anis et les clients ou action sociale. On le constate, la clientèle évite de venir en ville depuis que l’on a supprimé un tas de places de parc à 0,30 centimes la demi-heure. On ne va pas débattre du sujet ici, mais c’est un fait : la clientèle des villages avoisinants, notamment les personnes d’un âge certain ou qui n’ont pas de voiture, sont ennuyées. Ils ont dit leur désarroi à Anis. Celui-ci est à l’écoute et avec Elena, sa femme, sont en train de mettre un système en route. Lorsque Elena aura son permis de conduire, elle ira dans les villages pour chercher et rapporter les chaussures. Une personne qui s’est sentie bien dans ses chaussures, qui désire les garder, va pouvoir les faire réparer grâce au sens entrepreneurial et social d’Anis. C’est magnifique !

Le trésor de la cordonnerie du Trésor : Anaïs, venue au monde en 2021.

Gabarit : c’est mon expert, Chambaron qui m’a expliqué que « chablon » venait de l’allemand. Il me dit encore que les gabarits sont des pièces massivement standardisées en usine et qu’on ne personnalise pour le client qu’au dernier moment. Je cherche alors à savoir ce qu’est une ébauche. Cette dernière est une première version, un début, une esquisse ou un projet initial, souvent imparfait ou sujet à des modifications. Je comprends alors pourquoi certaines entreprises se fournissent des ébauches. Maintenant c’est clair et je me suis enrichie en écrivant cet article.

Pour des articles sur d’autres commerces au centre-ville ou des personnalités de la ville : cliquer ici.

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Pages d’histoire neuchâteloise

Au moment où Alan m’ai aidée à monter ma plateforme, il m’a expliqué que sous « articles », je pourrais publier, comme le nom l’indique, des articles. Je me suis dit que je n’allais jamais en écrire. Or voilà que j’en ai composé plus de 300 maintenant. Je réunis ici ceux qui concernent des faits ou personnes de Neuchâtel.

Quatre listes : Commerces de Neuchâtel et questions y relatives – Personnages de Neuchâtel – Articles autres liés à Neuchâtel – Xamax

Commerces de Neuchâtel :

Personnages de Neuchâtel :

Xamax

  • Xamax dans le monde de Zully et Zully dans le monde de Xamax (à venir)

Articles séparés liés à Neuchâtel :

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Pierre Dubois parti au ciel

Je le dis dans l’article que je lui ai consacré il y a quelques années, il était le dernier Neuchâtelois à m’appeler Tsouli. « Salut Tsouli. Merci de ton appel », ont été ses derniers mots pour moi deux soirs avant son départ.

Pierre et son amour pour une belle langue. C’est ce qui nous a réunis, en plus du fait d’avoir des égards pour les autres et un besoin d’aider. En arrière-fond, il y avait tout un pan de l’histoire de Neuchâtel qui nous était familier, on venait du même monde. Dans ce monde, il y avait une culture générale commune à tellement de gens que c’était une norme. Aujourd’hui, je ne m’y retrouve plus.

Dernier au revoir. Je suis allée dire un dernier au revoir à Pierre. Il était très élégant avec son costume, sa chemise blanche, sa cravate bleue et une rose rouge dans la poche passepoilée de sa veste. Entre ses mains, il tenait sa pipe et un sac tout neuf de tabac de sa marque préférée, Virginia. Il ne manquera de rien pendant son voyage !

Avant le dernier au revoir. Je suis allée au funérarium en me disant que je n’avais pas le code d’accès mais que quelque chose allait se passer : une personne y entrerait aussi ou en sortirait. Arrivée sur place, rien, personne. Il y avait des instructions pour appeler ici ou là, mais pas de numéro direct. Alors, je me suis dit que Pierre allait me sortir d’affaire et je lui ai téléphoné. Bon, pas de réponse, mais tout de suite après, c’est Ilir, l’un de ses aides-soignants, qui m’a rappelée pour me dire qu’il avait entendu, par hasard, le téléphone et qui m’a donné le code. Que dire…

Son dernier voyage. Pierre aimait la compagnie et le destin a fait que Jean-Piere Ghelfi, compagnon d’armes socialiste, le précède d’un jour. Alors, lorsque je suis allée dire mon dernier au revoir à Pierre, j’ai fait un détour pour voir aussi Jean-Pierre. Ils font le voyage ensemble. J’aimerais entendre ce qu’ils se racontent…

Cadeau de Pierre J’ai eu la chance de m’asseoir à la Collégiale à côté d’un monsieur qui m’a dit faire partie de la confrérie du Gruyère. C’était tellement inattendu, tellement je ne sais comment… J’ai eu l’impression que Pierre me faisait un cadeau. En effet, lorsque je lui avais fait la présentation de mon premier spectacle « lecture-théâtre », il avait été question du gruyère. On avait discuté parce que pour les Français, le fromage suisse a des trous et il s’appelle gruyère ! Voici la scène du spectacle qui suit celle du syllogisme :

Mon expert en français, Pierre Buffiere de Lair, m’avait dit qu’on pouvait garder la forme dans un spectacle présenté en France mais qu’en Suisse il fallait que je parle d’emmental. Pierre avait été tout à fait d’accord et c’est là qu’il m’avait dit faire partie de la confrérie du Gruyère ! En me faisant m’asseoir à côté de la confrérie, Pierre m’a fait signe.

Dans ce texte, en vert, l’ajout de mon expert et en bleu les mots à remplacer par « de l’emmental » lorsque je présente le spectacle en Suisse. Le monsieur de la confrérie m’a dit que sous l’égide de Pierre, il y avait eu toute une campagne à Paris, dans le métro, qui disait quelque chose comme « Tout ce qui n’a pas de trou est du gruyère! ». Il va m’envoyer des photos. C’est magique ! Ce n’est pas la première fois qu’une personne qui a quitté ce monde me fait signe. Cela va enrichir mon spectacle. C’est magique ! (répétition volontaire, je n’ai pas d’autre mot)

La confrérie du Gruyère. Trois hommes en costume et avec le drapeau de la confrérie ont défilé, déposé le drapeau près du cercueil et ouvert la cérémonie. C’était très touchant.

J’avais fait une photo dans La Collégiale, mais elle est un peu floue. Ici, j’ai dû faire un montage parce qu’avec le téléphone portable, en ce jour très ensoleillé, je ne voyais rien à l’écran et j’ai donc rajouté le drapeau. Finalement, la photo est une composition de celle de l’intérieur et celle de l’extérieur. Tout un symbole de la vie terrestre et de celle d’après.

Ce que Pierre a été et fait à Neuchâtel. Tout le monde s’est accordé pour dire que Pierre avait été un homme avenant, aimable (voici ce qu’écrit Pascal Hofer dans le journal Arcinfo du 11 juin : « Très facile d’accès, simple au sens noble du terme, il jouissait d’une grande popularité. »), cultivé, désireux de faire du bien, passionné de foot (pour lui, il y avait trois sports : le foot, le foot et le foot ! (C’est son ami Bernard Renevey et assistant en informatique lorsque j’étais à l’uni qui l’a rappelé), aimant les formes et donc le français ; le tout avec un humour parfois ironique. Il a fait partie du conseil général (1968-1980), député au Grand conseil (1973-1980) pour devenir ensuite conseiller d’État de 1980 à 1997 ; c’est une longévité peu habituelle. Elle lui a permis de faire nombre de choses dont les Neuchâtelois ont bénéficié et qui ont parfois aussi servi de modèle à d’autres cantons, voire à la Confédération.

Remerciements à Laurent Kurth, ancien conseiller d’État, qui m’a aimablement remis le texte du discours qu’il a prononcé lors de la cérémonie et où il dit : « J’ai eu le privilège d’assister, puis de prendre part à plusieurs des multiples réformes que Pierre Dubois a menées, avec originalité et audace, avec conviction aussi, dans un climat de dialogue et de concertation systématique avec ses partenaires, qu’ils aient été opposants ou favorables à ses projets . Il a toujours soutenu ceux qu’il avait choisis pour mener ces chantiers ». Voici quelques-unes des actions marquantes de Pierre :

  • gestion de crises comme la faillite de Dubied ou la fin des activités de La Neuchâteloise Assurances ;
  • mise en place et développement de la promotion économique avec Francis Sermet et Karl Dobler ; à la suite des crises horlogère et pétrolière, il s’agissait de redonner espoir et d’offrir de nouvelles perspectives aux Neuchâtelois et pour cela susciter, de la part des entreprises neuchâteloises comme des nouvelles venues, l’investissement, l’innovation, la création d’emplois et la diversification des activités. Cela s’est vu notamment dans les domaines de la microtechnique et des entreprises pharmaceutiques. D’autres cantons se sont inspirés de cette politique ;
  • dans le domaine de l’emploi :
    • réorganisation de la Caisse cantonale d’assurance chômage (CCNAC) menée avec Pascal Guillet ;
    • réforme de la médecine du travail, menée avec Pierre Chuat, puis Michel Guenat ;
    • création du Service d’emploi, développement des Offices régionaux de placement (ORP), développement des mesures de crise afin d’entretenir l’espoir et l’activité des chômeurs et de servir de rampe de lancement aux jeunes diplômés ;
    • soutien et développement de l’association Job Service, lancée par Thomas Facchinetti et Michel Roulin à la fin des années 1980 ;
  • création de la première fonction cantonale de délégué aux étrangers – devenue Service de la cohésion multiculturelle – avec Thomas Facchinetti. Ces initiatives originales ont aussi fait école ailleurs en Suisse et inspiré la politique fédérale ;
  • transformation de l’École cantonale d’agriculture, pour donner naissance à Evologia et à l’École cantonale des métiers de la terre et de la nature (ECMTN). Cette réussite est un exemple, parmi d’autres, du flair politique de Pierre Dubois : en confiant à un agriculteur, le libéral Roger Ummel, à un directeur des ressources humaines dans l’industrie, le radical Jean.-Pierre Robert, et à un ingénieur spécialiste des questions d’aménagement du territoire, le socialiste Bernard Soguel – tous trois issus de cette école – le mandat de formuler une proposition pour le devenir du site, il a jeté les bases d’un accord politique pour valoriser les métiers de la terre et constituer un lieu-phare du Val-de-Ruz dédié à la formation, à la réinsertion et à la création culturelle rassemblant l’ensemble du canton.
    • désirant en savoir plus, j’ai téléphoné à Bernard Soguel qui m’a précisé que J.-P. Robert, comme bien d’autres agriculteurs, avait dû se recycler et était devenu directeur des ressources humaines des Câbles de Cortaillod. Au moment du processus mentionné, il était déjà à la retraite ; et que lui-même était entré ensuite à la Haute école d’agronomie de Zollikofen. « Quelle chance, lui ai-je, dit. Vous parlez le suisse allemand ? – Oh, je comprends bien l’allemand. La plupart des enseignants étaient alémaniques et chaque professeur enseignait dans sa langue maternelle. » Je trouve cela fascinant ;
  • réforme de l’organisation du tourisme, menée avec François Jeanneret et Yann Engel. Cela a été la plateforme pour l’exposition nationale dont il a été le vice-président du comité directeur ;
  • au début des années 1990, le nombre de départements de l’administration cantonale a été ramené de dix à cinq ; le tourisme et l’agriculture y sont entrés de plain-pied !
  • constitution de l’Office de l’assurance invalidité (AI), avec Pierre-François Willemin ;
  • équipement des maisons d’enfants, avec Jean-Claude Knutti et Eric Pavillon :
  • modernisation du registre foncier, avec Armand Gugler ;
  • modernisation des mensurations cadastrales, avec Pierre-Alain Trachsel ;
  • privatisation des activités industrielles de l’Observatoire cantonal, avec Giovanni Busca.

La suite. Après son retrait officiel, il a continué à œuvrer dans diverses institutions dont le Conseil de défense de la Confédération. Même des étudiants lui téléphonaient jusqu’à très récemment pour lui demander des informations, des conseils. J’étais en visite une fois lorsque cela s’est produit.

Du sérieux et du jeu. Laurent Kurth dit entre autres :  » (Par jeu, Pierre) s’évertuait à placer une référence à Neuchâtel-Xamax dans ses discours , ses interviews, ses débats télévisés, ses interventions devant le Grand conseil ou les congrès du parti socialiste. […] En résumé, un esprit joyeux, libre et indépendant. » Thomas Facchinetti me dit que lorsque Xamax était à son zénith, Pierre considérait l’équipe comme un ambassadeur tellement l’équipe était connue. Je peux fournir un exemple, car au moment où j’ai passé mes examens de chorégraphe et maître de ballet à Bucarest, l’expert du ministère de la Culture m’a parlé de Xamax !

Mais des colères aussi : « De saintes colères, qui, selon sa propre description, le faisaient devenir tout rouge avec les oreilles toutes blanches ! » C’est tellement joli d’imaginer cet homme si poli sortir de ses gonds…

Pour finir, une anecdote ou l’anecdote, car Laurent Kurth a mentionné celle qui figure tout au début de mon autre article sur Pierre et qui concerne le tunnel de Prébarreau. Voici le lien,

L’histoire. Je le dis souvent, l’histoire est la branche la plus importante de tout ce qu’on apprend. On n’est rien sans ce qui a été fait avant. En faisant la liste de ce que Pierre et ses collaborateurs ont accompli, on se rend compte que la population neuchâteloise et d’ailleurs leur est redevable à bien des égards. On prend pour acquis un tas de choses or il y a toujours un début et un personnage qui le lance et le met en route. Pierre fait partie d’eux. C’est ainsi que Laurent Kurth a bénéficié d’un premier emploi grâce au remaniement de Pierre du Service de l’emploi. J’ai bénéficié des mesures de crise en période de chômage, de l’office d’ORP, de la caisse de chômage et même de son avis sur le gruyère pour mon spectacle !

Un dernier mot. On dit que lorsqu’on part au ciel la nuit, c’est avoir une belle mort. Cela a été le cas de Pierre. Il est parti étant chez lui, dans son lit. C’est Ilir qui me l’a raconté. Je le remercie.

Liens vers d’autres histoires de départ au ciel :

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Papeterie Bourquin – commerce au centre-ville.8

On le sait, le commerce de détail est celui qui est le plus proche de ses clients et par lequel bien des histoires arrivent. On le sait également, j’aime les commerces neuchâtelois qui se transmettent d’une génération à l’autre. C’est le cas de la famille Bourquin.

L’affaire ou l’histoire qui se greffe à la Papeterie Bourquin est celle des reprises du commerce sur terre une fois le propriétaire au ciel. On a eu à Neuchâtel quelques commerces repris par leurs descendants et l’exercice est une réussite. La Papeterie Bourquin est dans la lignée sauf que la situation conjoncturelle est compliquée.

Neuchâtel est ma ville et ma ville se compose de son lac, mon lac, de ses bâtiments, de ses commerces et de ses habitants. Les commerces font partie du paysage. Avant, la plupart de ces commerces étaient tenus par des Neuchâtelois, des gens du terroir. J’ai cru ces commerces immuables. Mais, non, tout change… cela me déstabilise quelque peu. J’ai l’impression qu’une partie de mon moi s’en va.

Mon paysage commercial. Les commerces tenus par des Neuchâtelois sont donc devenus rares : la Boucherie Margot, deuxième génération, la Boulangerie Maeder, deuxième génération, la Droguerie Schneitter, troisième génération qui prépare la quatrième, et la papeterie Bourquin qui est reprise par Nathalie, troisième génération. Sur son enseigne est écrit « Papetier Bourquin », c’est si joli. En fait en un mot il dit que chez Bourquin, on fait le commerce du papier et, par extension, des articles de bureau (Académie française).

La papeterie Bourquin, je me rappelle lorsqu’elle était à la place de la Poste. Arrivée à Neuchâtel, j’ai cru qu’elle avait toujours été là. Puis, en 1996, elle a déménagé à la rue du Seyon, pour s’installer à la place d’un magasin pour vélos. Dans ce cas, elle n’est plus là, mais elle est encore là ! Bon, on sait qu’on trouve aussi dans les grandes surfaces des articles de papeterie mais ils sont de plus en plus normalisés, comme si tout le monde pensait et agissait de la même façon ! Les conseils avisés, les articles particuliers, élégants, pratiques, on ne les trouve que dans les commerces de proximité. Tout dernièrement, en réparant des cartables, je suis allée dans mes réserves chercher une bande collante qui… datait. Je suis allée chez Bourquin, comme on dit à Neuchâtel, et, Nathalie a trouvé ce qu’il me fallait.

Monsieur Jean-Marcel Bourquin, le propriétaire. Il a fait partie de mon environnement commercial et de penser qu’il a quitté ce monde le 29 mai 2021 me fait quelque chose. J’aimais bien rencontrer cette figure, pas toujours expressive, mais calme et polie. Il aurait pu être anglais, tellement il était réservé. Tout comme monsieur Schneitter, il avait toujours la solution qui vous rendait service. C’est ainsi que les livres de ma bibliothèque ont belle allure grâce à des serre-livres qu’il commandait pour moi ; c’est grâce à lui que j’ai les 600 fils de mon atelier de couture dans des sachets Minigrip ; c’est grâce à lui que j’ai des stylos feutres dont la pointe mesure 0,3 mm ; c’est grâce à l’une de ses vendeuses que j’ai acheté une réserve de bande collante pas trop collante pour faire tenir les photos que j’expose dans mon studio de danse ; c’est encore grâce à une autre vendeuse que j’ai un ruban adhésif qui me permet de tenir mes tableaux avec les photos des maquillages contre une surface sans l’abîmer, et ainsi de suite.

Le registre du commerce. Lorsque le propriétaire d’un commerce part au ciel ou lorsqu’il cesse son activité pour une autre raison, l’entreprise est déclarée en liquidation. Lorsqu’il y a succession, l’avis est différent et le commerce entre en succession. Dans le cas du Papetier Bourquin, le notaire s’est trompé et le registre du commerce a mis l’entreprise sous la rubrique « liquidation ». Que dire, tout le monde peut se tromper, mais là… L’annonce est parue dans les journaux et bien des gens ont compris que la papeterie fermait ses portes. Quand Nathalie s’en est rendu compte, cela lui a pris une année et demie pour rectifier le tir. Et encore. Les gens sont aussi très légers. Ils ne vont même pas constater. Nathalie s’est vue dans l’obligation de mettre une annonce devant sa porte expliquant qu’il y avait succession, que cela prenait du temps, mais que l’activité continuait, que la papeterie continuait de vivre ! Même le journal local, Arcinfo, n’a pu aider à rectifier le tir. Il y aurait eu un article s’il y avait effectivement eu fermeture mais pas dans le cas d’une succession (il y a 1’000 commerces dans le canton et le journal ne peut tout traiter).

Pierre Dubois. Je m’intéresse à l’histoire de la papeterie : arriver à une troisième génération dans un commerce c’est quelque chose ! Je me dis que dans le sang des Bourquin il doit y avoir un gène « papeterie ». La personne qui connaît Neuchâtel et son histoire comme sa poche est Pierre Dubois, l’ancien conseiller d’État. Je lui téléphone pour lui demander s’il se rappelle la papeterie.

Quelle mémoire ! J’admire. Maintenant, je me souviens aussi du magasin de fleurs.

2025. Je demande à Nathalie si la succession est terminée. – Hélas non ! dit-elle. Il se trouve que la succession de mon grand-père n’avait pas été réglée et il faut d’abord liquider celle-là avant celle de mon père. Un ami avocat m’explique que lorsqu’un patron d’une boîte quitte ce monde, il y a des impôts à régler avec la ville et le canton, mais que la succession dans la famille peut durer des générations ! C’est le cas qui se présente : une vraie pointe d’iceberg !

Le commerce au centre-ville. Je découvre en Nathalie non seulement une digne héritière de monsieur Bourquin (elle connaît ses produits, leur histoire, ses fournisseurs et sa clientèle), mais aussi quelqu’un qui s’intéresse à son environnement local, tant aux clients qu’au commerce en général. Comme bien d’autres commerçants, elle subit les effets des décisions politiques qui vident les villes de voitures et de places de parc. Le paysage commercial change. Si on songe que Migros s’est défait des activités telles que Mi-Casa, Hôtel Plan, Sport X, Bike-World, Mi-Belle et M-Électronics (Ex-Libris et Bestsmile avaient déjà quitté été larguées), pour se concentrer sur le secteur alimentaire, bancaire et de la santé, cela en dit long. De plus, depuis la covid, les gens achètent de plus en plus en ligne. S’il n’y avait qu’un seul élément qui perturbait le paysage commercial, mais, comme vous le voyez, il y en a tout un paquet.

Fin 2024, des commerçants (combien ?) ont envoyé une pétition à la Ville . Ils ont mentionné les problèmes cités avant la votation sur la suppression des places de parc. Il n’y a qu’à se promener en ville pour voir combien de commerces ont fermé et vont le faire avant la fin de l’année. Ce sujet dépassant le cas particulier sera commenté dans un article séparé.

Quand je pense que je n’aime écrire que des belles choses. Cela me rend triste. Alors, je reprends mon entretien avec Nathalie. Ainsi que je le disais plus haut, dans la papeterie de Nathalie, on trouve tous les articles liés au bureau. Pour en savoir plus, il faudrait aller faire un tour sur sa plateforme. Je lui demande de me parler des articles qu’elle vend :

  • dans ma papeterie, je vends des articles qu’on ne trouve pas ailleurs !
    • les stylos et crayons Caran d’Ache ! dit-elle. Cela tombe bien ; j’aime l’histoire de cette fabrique et c’est l’occasion d’en savoir un peu plus. La Fabrique genevoise de crayons Écridor, fondée en 1915 a été rachetée en 1924 par le Saint-Gallois Arnold Schweizer dont la femme avait passé sa jeunesse en Russie. Elle lui a suggéré d’appeler sa fabrique Caran d’Ache. Pourquoi ? La fabrique produisait des crayons et en russe crayon se dit Карандаш (carandache). Or, il se trouve qu’au début du siècle, en 1909, était décédé un dessinateur humoristique français appelé Emmanuel Poiré né à Moscou mais petit-fils d’un officier de Napoléon. Il avait émigré en France, récupéré sa nationalité et entre autres a été dessinateur au Figaro (j’ai une histoire d’amour avec ce journal). Le nom de plume d’Emmanuel Poiré était Caran d’Ache ; comme vous le voyez un jeu de mots et idéal pour la marque helvétique de crayons ! Précisons encore que le mot russe est issu du turc où kara-tash signifie pierre noire pour dire graphite.
    • mais, reprenons les articles Caran d’Ache. Ce sont des articles de qualité connus dans le monde entier. Actuellement c’est la quatrième génération qui tient les rênes. Nathalie me dit que la fabrique a encore un service après vente (SAP). Si un stylo a un problème, le SAP trouve les pièces et répare. Ce service tend à disparaître de plus en plus. Nathalie est aussi attachée à cette maison parce qu’elle a eu des crayons de cette marque étant petite. Les crayons sont faits à la main, il y a 35 étapes pour la fabrication et 50 heures de travail pour chacun. Aussi, lorsqu’elle a su que la gamme 541 allait être supprimée, elle s’est battue pour avoir le reste du stock. Cette marque, tout comme les fabriques horlogères le font avec des montres, produisent des stylos en or et en argent en éditions limitées ;
    • des pinceaux produits par Schminke et Da Vinci ;
    • il est possible d’acheter des fourres au détail ;
    • j’étais la seule à vendre une certaine marque de cahiers ; quand je l’a vue dans d’autres commerces, j’ai changé l’offre ;
    • toute sorte de produits pour le bricolage : encres, sacs, boîtes.
  • services proposés :
    • photocopie, plastification, reliure, (je ne sais où mettre le « carton photo »)
    • la haute écriture : ce sont les stylos et plumes de marque ;
    • des cartes d’invitation personnalisées ;
    • sur le site internet, on peut commander des produits livrables à domicile ou sur place. Si le client trouve finalement que l’article ne lui convient pas, il est repris et le remis en vente ;
  • politique commerciale : elle conseille volontiers ses clients ; quand elle n’a pas un produit, elle envoie le client au bon endroit. Elle dit que la vie commerçante est un aller-retour mais que cette solidarité commerciale se perd.

La première Papeterie Bourquin, place de la Poste. C’est comme si le temps n’était pas passé… une époque bien plus rassurante que la présente.

Photo des archives de la papeterie

De l’élégance : je vois Nathalie qui s’apprête à écrire la commande d’un article que je convoite et ne peux m’empêcher de prendre ses mains en photo. Les mains sont souvent le portrait de la personne. C’est le cas de celles de Nathalie : elles sont bien fermes, ongles soignés et courts, donc pratiques, et elles tiennent une plume ! Nathalie me dit qu’elle ne peut écrire autrement. La sienne est une XXX. Cela m’a donné envie de redonner vie à la mienne qui trône sur mon bureau. Nathalie s’est chargée de la réanimer.

Changement dans la continuité. On se dirait dans le monde de la politique. Ce que je cherche à dire c’est que la papeterie physique ferme ses portes mais qu’elle continuera à rendre service aux clients par la Toile via sa plate-forme. La nouvelle a été annoncée vers le 20 juin et prendra effet le 31 juillet 2025, soit dans près d’un mois. Un mois pour liquider la marchandise et nettoyer le local… tant d’années d’histoire balayées en un rien de temps… Nathalie a bien cherché un autre local, mais les loyers…

Le 31 juillet 2025. Ce sera donc le dernier jour où la papeterie Bourquin aura une présence physique. Je lui ai proposé de boire un verre de Mauler rosé ce jour-là. Il faut toujours garder la tête haute et on ne sait ce que l’avenir nous réserve. Elle a été d’accord.

Liens vers des articles sur le commerce au centre-ville ou des personnalités de la ville :

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