@3m.ossature : période de confinement

Confinement. Une nouvelle session organisée par le service des Sports de Neuchâtel commence et voilà que le confinement oblige la plupart de la population à rester chez elle. Flûte ! je n’avais pas prévu cela. Que faire ? Je dois pouvoir faire quelque chose, me dis-je. Me vient l’idée de continuer le cours via les nouvelles technologies. Je fais la proposition aux quatre participantes et trois s’enthousiasment à l’idée de « rester debout » dans une situation si hors du commun, surréaliste dit l’une de mes amies.

Nous optons pour l’application WhatsApp. Heureusement que nous avons eu le temps de faire un cours ensemble et j’ai en mémoire leur corps et la façon dont elles l’utilisent. Autrement, cela aurait été impossible. De plus, le noyau du cours de la matière enseignée est très simple et demande 20 minutes pour l’appliquer une fois qu’on connaît la technique. Ce qui enrichit ce cours, ce sont les métaphores utilisées, les liens du corps avec toute sorte de situations de la vie, de domaines aussi. Ces liens nous éclairent sur la façon dont notre corps réagit.

À ceux qui ne connaissent pas « @3m.ossature », je dirai que je me suis inspirée de Godelieve Denys Struyf, GDS, et que j’ai fait un cours bien à moi. J’en ai parlé avec l’une de ses collaboratrices et elle a trouvé que c’était intéressant. Comme dans toutes mes autres activités, il arrive un moment où on parle de la fonction de la pensée, de la façon dont nous l’utilisons, de ce que nous en faisons. On le sait, tous les chemins mènent à Rome et ce cours va aussi à Rome, au sens figuré, il va sans dire.

Alors, comment donner ce cours ? Si c’est grâce à WhatsApp que je peux donner le cours, il n’en reste pas moins que d’enseigner sans voir les gens reste un exercice ardu. Je me dois de travailler différemment. En principe, je me laisse inspirer par ce que les participants font, disent, montrent ou ne montrent pas, tout cela parce que je les vois et que je sais où je peux intervenir.

Cette fois-ci, c’est donc différent, mais comme je l’ai dit plus haut, j’ai rencontré les participantes une fois et j’ai leur corps en mémoire. Le corps est l’instrument que nous utilisons pour nous exprimer. Je ne pense pas pouvoir donner un tel cours au travers des nouvelles technologies à des personnes que je n’ai jamais rencontrées. Je connais bien la danse classique ainsi que le corps humain. Ce n’est pas pour rien qu’un danseur a toujours besoin d’un maître de ballet. Même lorsqu’on connaît les règles, le corps ne réagit pas toujours comme on le croit. Il y a beaucoup à dire sur le sujet.

L’expérience enrichit mon enseignement. Cela demande une préparation différente. Dans mon studio j’ai beaucoup de matériel sous la main et l’utilise en fonction des situations. Cette fois-ci, je prépare un schéma et écoute ce que les participantes disent. Je suis très attentive au ton, aux respirations, aux silences. Si ces éléments entrent aussi en ligne de compte dans les cours en présence des participants, ici c’est celui qui prime. Ensuite, je chemine et apporte des éléments. Le cours se construit et peu à peu on arrive à plus de la moitié des cours de la session et on se sent comme dans un bateau au large. Alors, même si c’est ardu, c’est fascinant de se dire que l’on ne se connaît pas au sens habituel mais qu’on se connaît quand même. Ce confinement apporte un facteur commun, on est vraiment dans un même bateau et on est resté debout face à la tempête. Pour moi c’est l’une des choses primordiales. Je dis toujours que mes cours sont de prétexte à aller plus profondément en soi. De plus, on est aussi d’accord pour aider l’une ou l’autre d’entre nous si jamais on a besoin d’aide dans cette période. Je trouve cela très émouvant. En effet, c’est dans la difficulté que l’on reconnaît les amis.

Nous traitons bien des sujets, cette fois-ci on a mis l’accent sur les pieds. Voici des images.

On y voit un pied sans cambrure, dit pied plat, un pied avec une cambrure normale et un pied très cambré.

Les participantes ont chacune fait une photo de leur empreinte. Cela donne ceci :

Et nous avons une oeuvre artistique !

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@3m.ossature : apport d’un participant particulier – Freddy Landry

Freddy Landry se trouvait à l’hôpital dans un état de santé passablement compliqué, mais sa tête fonctionnait merveilleusement bien. Je lui ai proposé de pratiquer les percussions osseuses du fait que dans son état il ne bougeait pas beaucoup et que cela lui permettait de remettre de l’ordre dans le corps. Ce n’est pas une illusion, c’est une expérience. Les muscles, tendons et ligaments sortent des os et lorsqu’on percute ces derniers, tout le corps est dynamisé. Je lui ai expliqué la théorie des chaînes articulaires et musculaires de GDS, Godelieve Denys Struyf, et ce que j’en ai fait.

F.L s’est montré curieux et à désiré en savoir davantage. On a rigolé un peu au début, car je cherchais par un raisonnement le côté gauche de son corps ; j’étais quand même devant une personnalité que je connaissais mais que je n’avais pas approchée physiquement autant. Il faut encore ajouter que lorsque j’ai des élèves de danse, elles se trouvent face à moi et que quand je leur dis de faire tel ou tel mouvement à droite, je montre avec la gauche… Il m’est arrivé, une fois ou l’autre, d’indiquer un chemin à un chauffeur et de lui dire de tourner à droite, alors que c’est la gauche et je répète « à droite »… mais sans effet ; aucune dyslexie, mais une habitude, « une translation », dit F.L. dont les cours de géométrie sont présents à son esprit. Je l’ai dit, son esprit était très présent !

Dans un cours, chacun fait ses propres percussions, étant donné la situation, c’est moi qui les lui ai faites.Voici les résultats au fur et à mesure des percussions sur son corps :

  • quand j’ai fini les percussions sur sa jambe gauche, il a senti plus le bas de la jambe que le haut ;
  • quand j’ai fini de percuter les deux jambes, c’est la droite qui a été la plus sensible ;
  • aux bras, quand j’ai fini la main gauche et qu’il l’a comparée à la droite, pas encore percutée, les vibrations étaient, a-t-il dit, extrêmement fortes. Cela a dû lui donner une drôle de sensation, car il l’a frottée avec la droite. Après les percussions dans les bras, c’est l’avant-gauche qu’il a ressenti comme le plus chaud ;
  • dans la partie avant du corps, la sensation a été encore plus prononcée dans le thorax ;
  • le dos, je ne l’ai pas percuté car il était couché et cela représentait une sorte de rupture, mais les percussions se répandent, et alors, on a pu continuer ;
  • les sensations les plus fortes, il les a ressenties dans le crâne.

Au fond, à chaque fois que j’avançais, c’était comme si le chemin avait été ouvert et que les résonances pouvaient s’exprimer avec plus de force.

Puis, il est resté silencieux un moment, les yeux fermés, faisant un voyage intérieur qui lui a fait ressentir une sorte de vibration en même temps qu’une sensation de flottement. Pour montrer cela, il a fait le signe avec les mains d’une expansion en les promenant autour de son corps. J’ai trouvé cela absolument extraordinaire, car en général cette sensation vient avec le temps et seuls les gens très sportifs, parmi ceux avec lesquels j’ai pratiqué la chose, avaient, jusque là, exprimé un tel ressenti la première fois. Nous sommes tous différentes, on le sait, tout de même c’est remarquable.

Le lendemain, lorsque je suis arrivée, il m’a dit qu’il avait fait tout seul et il a souri tout content !

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@3m.ossature : apport des participants 4

Parmi les sujets « secondaires », nous avons parlé du vide. Pourquoi le vide ? Nous sommes faits de matière en apparence. Nos atomes et molécules sont liés, retenus par des forces. En réalité, les scientifiques nous disent que plus on entre dans l’infiniment petit de la matière, moins il y a de matière. La semaine passée, j’ai fait la connaissance d’un scientifique auquel je pose la question qui m’intrigue depuis longtemps : peut-on dire que la matière qui est apparue au début de la création de l’univers est la même que celle qui nous compose ? Qu’elle ne fait que se transformer ? Le scientifique me dit oui, mais il faudrait dire « l’information » ; cela correspond mieux à la réalité.

Voilà donc que pendant le cours, je parle du vide et de l’information qui nous compose, donc de la possibilité que nous avons de la transformer. Cela permet de mieux comprendre comment nous sommes faits dans le ventre de maman, comment nous nous transformons, nous laissons nous transformer, résistons à la transformation et finalement qui nous sommes ou croyons être. L’eau est un élément important dans ce processus, elle en est l’intermédiaire.

Je dynamise l’eau que je bois et à chaque fois que je vois le vortex, cela me met de bonne humeur. Avec les explications reçues par différentes sources, je comprends que l’oxygène passe dans l’eau et l’enrichit. L’eau pourra ainsi mieux permettre les échanges dans les cellules. Je suppose que c’est pour cela que la vision de cette eau qui bouge et s’enrichit me rend de bonne humeur.

La technique de ce cours est facile à assimiler et à pratiquer. Une autre affaire est celle de la comprendre, de la faire sienne, de faire vivre le corps qui est un tout. Tout est lié dans le corps ; c’est comme dans la vie. Il n’y a rien de séparé, C’est très intéressant et plaisant de voir combien les corps ressentent de façon différente des percussions qu’ils reçoivent, combien le ressenti se fait chaque fois plus prononcé. C’est d’autant plus intéressant que les effets sont là mais qu’en général on ne les perçoit pas tout de suite et que peu à peu ils se font présents.

Cette fois-ci, nous avons porté une attention particulière au muscle « psoas » qui joue un rôle important dans la tenue du bassin et de la colonne vertébrale. On a vu que certaines références parlent de la vertèbre D12 comme point d’attache de ce muscle, que d’autres le situent sur la lombaire L5 et qu’il finit sur le petit trochanter en ayant fait un coude sur le bassin ; que pas tout le monde a le petit psoas, celui qui part de D12 – L1 ou L2 et se termine sur le ligament inguinal ; nous avons aussi vu que certains disent que le psoas est un muscle rotateur alors qu’il fait partie de la chaîne respiratoire et qu’il relie le tronc aux membres inférieurs !

À gauche le dessin d’une participante. Au milieu, on voit mieux les extrémités du psoas qui sont des ligaments – en blanc issus des corps vertébraux – et à droite le petit psoas que pas tout le monde a et qui finit sur un ligament qui passe devant le bassin mais qu’on ne voit pas sur l’image.

L’enseignement est une discipline fascinante du fait que les participants sont toujours différents et qu’en les écoutant, en leur apportant des réponses, je m’enrichis !

@3m.ossature : apport des participants.3

Cela se passe au « Festival des sports ». C’est un public spécial qui n’a pas entendu parler de mon cours, ni de la technique. À cela s’ajoute le fait que le programme du festival prévoit 30 minutes par cours, c’est une initiation, on donne donc des rudiments de connaissance.

Il faut s’en accomoder. J’aime prendre mon temps, suivre les gens.

Tout de même, les résultats sont étonnants chez ces participants qui sont soit des personnes seules soit des couples. On sait que le principe est de faire résonner les os et à la fin, on fait un voyage intérieur pour savoir ce que le corps raconte. Voici les résultats ;

  • parmi les couples, soit les deux personnes, l’un a déclaré : picotements au bout des pieds et des mains ; un autre : un semblant de relaxation ; un autre qui est arrivé au dernier quart du cours : mâchoires et têtes relaxées ; le dernier a surtout aimé le travail du dos. Tout ce qu’on peut dire c’est que ces couples sont bien assortis. Ce n’est pas la première fois que cela arrive.
  • un monsieur qui pratique des arts martiaux : sentiment que les jambes n’en finissaient pas de s’allonger et un sentiment de flottement du corps ;
  • un autre monsieur a eu les mêmes sensations ;
  • une dame qui avait de grandes douleurs dans le bas du dos a trouvé la technique étonnante, efficace et se dit enthousiasmée ;
  • les autres personnes ont eu un sentiment de bien-être, de picotements dans les membres, de prise de conscience de certaines parties du corps, il y an a même eu un qui aurait voulu s’endormir après !

Comme dit à maintes reprises, il n’y a pas de « bon » ou « mauvais » ressenti. Nous sommes tous différents et, par conséquence, les réactions ne peuvent qu’être différentes.

Voici la pancarte du lieu sur les Jeunes-Rives de Neuchâtel. Je signale que j’ai partagé l’endroit avec l’équipe du « Dojo de Neuchâtel » et que leur gentillesse et amabilité m’ont bien facilité la tâche. Exemples : ils avaient des tatamis sur le sol en bois et ils les ont laissés pour moi. Cela nous a évités de nous brûler les pieds tellement le soleil tapait fort : voyant qu’au premier cours il n’y avait personne, certains d’entre eux se sont portés volontaires et ont fait que des passants ont rejoint le groupe. Je les remercie !

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@3m. ossature : apport des participants.2

Nous sommes arrivées, c’est un groupe de quatre dames, à la fin d’une des séances. Les participantes avaient les yeux fermés afin de mieux ressentir les effets des percussions sur les os.

Piera dit : « Je ne sais pas comment j’ai eu l’image d’un linge blanc qu’on sort du bac où on l’a lavé, qu’on secoue, qu’on suspend à un fil et qui flotte au gré d’une lègère brise, sous le soleil.  J’ai vraiment l’impression que c’est ce qui m’arrive ! Je me sens libérée, presque comme si j’avais des ailes. »

Effectivement, on ne peut pas dire à quelqu’un de sentir ceci ou cela. Je n’aurais jamais eu l’idée d’une telle image. Il n’y a pas de plus grand bonheur que de pouvoir aider les autres à se sentir mieux. C’est un cadeau !

Un autre des participantes qui a une sensibilité différente, elle fonctionne beaucoup avec sa tête, a senti l’effet d’un massage sur la tête bien longtemps après que celui-ci ait été fait. Elle a trouvé cela très léger, agréable tant sur le tête elle-même que sur une distance de queque 30 cm. Cela a duré un long moment. Il faut dire qu’on venait de dire que l’on pouvait parler aux cellules. Les sensations sont toujours là, mais c’est notre sensibilité qui se développe ou disons que plus nous lui laissons le champ libre, plus nous la ressentons. Cela est aussi magnifique !

Une autre encore, pour laquelle les sensations sont des vibrations, des fourmillements, a dit que dans son imagination, elle voyait des petits doigts qui tapotaient. C’est tout aussi magnifique !

Ce qui est sûr c’est que les percussions, lorsqu’on les pratique ne serait-ce qu’une fois par semaine, ont un effet et que nos sensations corporelles et énergétiques s’accentuent. C’est ainsi que l’autre jour, au début du cours, nous avons procédé à un massage de la tête, puis nous avons fait le cours et à la fin on a refait un massage de la tête. Eh bien ! la sensation a été bien différente, l’une des participantes a dit qu’elle sentait comme si elle avait plus d’espace tout en précisant que ce n’était pas la tête qui s’était élargie, mais qu’il y avait réellement plus d’espace.

Ce qu’il y a d’intéressant dans l’enseignement c’est l’échange avec les participants aux cours. C’est ainsi qu’arrivant à la fin de l’un d’eux, lorsque le corps avait été parcouru de percussions et qu’il résonnait partout, j’ai demandé à entrer avec l’imaginaire dans ces résonances et « voir » ce qu’elles racontaient. Maryse a dit qu’habituellement elle a des images lors de ces introspections, mais que cette fois-ci cela avait été des phrases du type « je me débarrasse de ce qui ne me concerne pas ». C’est fabuleux de savoir que le corps « parle », et fabuleux aussi qu’on puisse « l’écouter » ! En fait, le corps parle tout le temps et nous devrions prendre le temps de l’écouter.

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@3m.ossature. Cours chez Alfaset

J’ai été invitée à donner un cours au sein de la Fondation Alfaset, partenaire industriel et social qui compte quatre sites de production dans le canton de Neuchâtel ainsi que plusieurs foyers et appartements extérieurs. La fondation pourvoit un emploi et parfois le logement à des personnes présentant un handicap psychologique et ou mental qui sont au bénéfice de l’assurance invalidité. Elle met en valeur leurs qualités personnelles et professionnelles, participe à l’autonomie et à la confiance en soi de chacun.

Au foyer de Neuchâtel travaille une amie qui a été mon élève de danse et qui a suivi, dans le cadre de Midi Tonus, le cours @3m.ossature que j’ai créé. C’est par son intermédiaire que je suis arrivée au foyer. J’ai donné le cours à trois résidents du foyer, à une éducatrice et à l’amie en question.

Ce n’était pas la première fois que je m’adressais à des personnes présentant un handicap, quand même je me demandais comment cela allait se passer. J’ai été surprise en bien ! Certains des participants en savaient long sur les os et l’anatomie en général. C’est la première fois que j’ai des participants forts dans le domaine ! Cela a été une magnifique surprise. Je les félicite d’en savoir autant, tout le monde devrait être sur le même plan qu’eux, car notre corps est le véhicule qui nous permet de nous exprimer.

Une fois de plus, nous avons constaté que nous sommes tous différents et que si nous pratiquons des percussions sur le corps, le ressenti dépend de chacun de nous. Ainsi, pour l’un cela a été une impression de lourdeur, de dépôt sur le sol, pour l’autre des picotements, pour l’autre de la chaleur, voire quelque chose de pas très clair, mais quelque chose qui bouge. C’est cela qui est fascinant. Il y a des disciplines où l’on doit avoir un résultat de telle ou telle façon, avec la pratique des percussions osseuses tous les ressentis sont valables. C’est fabuleux, car on ne doit pas se plier à ce que disent les gens en général, à ce qui est politiquement correct, à ce qui « doit » être, tout est normal. C’est une grande liberté bien accueillie. De plus, cela permet de comprendre que nous avons notre propre façon de voir les choses et qu’on a parfois besoin d’explications pour entrer dans le monde des autres.

À un moment donné, l’un des participants remercie un autre parce qu’il lui a fait un massage et des percussions dans le dos. Pour les remerciements, l’autre répond :

  • De rien.
  • Moi : Qu’est-ce que vous avez dit ?
  • Moi ?
  • Oui,
  • Il cherche dans sa tête ce qu’il a bien pu dire et finalement répète : de rien.
  • Alors, on a dit dans ce cours que les muscles, les mouvements, les mots entrent en nous et se baladent dans notre corps, nos chairs, nos os, tous nos tissus, tout comme nos pensées et nos émotions. Donc, quels sont les mots qui se baladent dans votre corps ?
  • De rien…
  • Ben, voilà. Alors que vous avez fait du bien à l’autre et que vous avez fait quelque chose, votre cerveau enregistre que vous n’avez rien fait. Et là, vous ne l’avez dit qu’une fois, imaginez ce qui se passe dans le corps d’une personne qui travaille dans un magasin et qui dit toute la journée ces mots… Elle se remplit de vide !
  • Il faut savoir que le cerveau répond aux mots, aux pensées que nous avons. Si on dit quelque chose d’agréable, le cerveau nous envoie des hormones de plaisir et le plaisir détend notre corps, nous aide à vivre mieux et plus longtemps.

Après le cours, nous avons pris le repas ensemble. Il y avait les autres résidents et cela a été fort sympathique. À un moment donné mon amie a demandé à l’un des participants du cours de lui passer une boisson, elle l’a remercié et il a répondu, automatiquement : de rien ! Il y eut un silence, comme un arrêt dans le temps , et nous avons tous, lui aussi, éclaté de rire ! Il a ensuite expliqué aux autres de quoi il en retournait.

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Un fémur heureux !

On ne devrait laisser entrer en nous que des belles choses. Elles s’enrichissent en nous et sortent encore plus belles. On devrait aussi ne cultiver que de belles pensées et de beaux sentiments, de belles émotions afin de mieux nourrir les autres.

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@3m.ossature : témoignage

Une des participantes au cours donné dans le cadre du service des Sports de la Ville de Neuchâtel, Marie-Ange, dit qu’elle a « découvert avec plaisir cette technique de résonance, qui a pour but de redynamiser nos os. La pratique est facile à réaliser, donc accessible à tous. Je trouve essentiel d’accorder de l’attention à notre corps et d’en prendre soin. C’est aussi l’occasion de canaliser notre attention sur le moment présent. Personnellement, j’ai pu relâcher des tensions dans certaines parties de mon corps ainsi que distinguer clairement la différence entre mon côté gauche et mon côté droit. Au fil du temps, j’ai également ressenti les résonances plus intensément et profondément. Après les dix cours proposés, j’ai pu les sentir jusque dans ma cage thoracique en partant du dos. Ces cours donnés tout en douceur et bienveillance m’ont apporté un mieux-être. Ce furent des moments de partage riches et paisibles. Merci à ma chère Zully et au destin qui a fait nos chemins se croiser à nouveau ». (Je précise que Marie-Ange a été l’une de mes élèves lorsqu’elle a eu une dizaine d’années. C’est magnifique de se rencontrer plus tard, de voir que le souvenir laissé est bon et de pouvoir encore transmettre quelque chose).

Marie-Ange travaille avec des personnes en situation de handicap et on va organiser une ou deux rencontres afin que je puisse leur transmettre quelques outils qui leur rendront service. C’est un privilège pour moi !

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Rencontres particulières 2 : Gilbert Facchinetti

Les histoires de famille me passionnent. La mienne m’étonne bien des fois. Enfants, mon frère faisait du foot et moi, de la danse classique. Deux mondes.

Le temps passe, passe, passe. Un jour, des ouvriers de l’entreprise Facchinetti refont la façade arrière de la maison où j’ai mon studio de danse. Je parle avec eux. Cela m’intéresse de savoir ce qu’ils font et comment ils le font. J’apprends que la pierre, qui vient d’une carrière proche, quand on la coupe et qu’on la pose dans un mur se couvre d’une couche de protection. Cela fait que je regarde la pierre autrement ; elle est vivante, elle réagit tout comme les gens et cela me fascine. Depuis lors, je regarde les pierres des maisons autrement, j’ai l’impression qu’elles me racontent des choses.

Je dis cela aux travailleurs et les remercie de m’avoir appris un peu de leur savoir. Je leur dis aussi que je connais M. Gilbert Facchinetti et que je suis allée le voir il y a quatre ans environ lorsque mon frère est venu en visite ; étant adolescent, Xamax avait « acheté » mon frère au club de Serrières. Cela resserre les liens avec les travailleurs. J’ai l’impression de rejoindre une communauté.

Un jour, je rencontre l’architecte et le chef du chantier ; je raconte qu’il y aurait peut-être quelque chose à réparer dans mon studio. Le travail effectué est magnifique.

Je savais déjà que M. Facchinetti était dans un home. Cela faisait un moment que je me disais que je ferais bien de lui rendre visite. Le temps est arrivé.

Je téléphone à Wally, sa femme, et on convient d’un jour. Elle me reconnaît et M. Facchinetti, atteint d’Alzheimer sent qu’il peut me faire confiance. Je le remercie parce que grâce à lui, la réparation dans mon studio est très bien faite. Cela lui fait plaisir. J’ajoute que même s’il n’a pas bougé de sa place, il est le moteur de l’entente que j’ai avec les travailleurs et par conséquent de la réparation du studio de danse. Cela aussi me fascine. Effectivement, ce n’est pas la première fois que j’observe qu’il n’y a pas toujours besoin d’être présent ni d’être mobile pour agir.

On discute un moment et je demande, sans trop savoir pourquoi, s’il fait du mouvement dans le home. Pas beaucoup, me dit Wally. Il y a un physiothérapeute pour les 60 pensionnaires… Je parle alors des résonances osseuses et du fait qu’en dynamisant les os, tous les tissus le sont également.

Je propose de montrer comment faire en pensant que Wally pourrait aider son mari et que peu à peu, il pourrait faire sur lui-même. Mais, Wally trouve que je peux le faire. On va se voir pendant près de deux mois à raison de trois fois par semaine. Cela a été fabuleux pour moi.  M. Facchinetti ressentait bien des vibrations sur le corps. C’est un honneur de pouvoir apporter un mieux-être à quelqu’un qui va partir au ciel.

Je peux dire que M. Facchinetti n’avait pas besoin de déambulateur lorsqu’il était avec moi. Peu après nos séances de résonance osseuse, on m’a rapporté qu’on l’avait trouvé une fois ou l’autre dans les escaliers ou en train de marcher dans des endroits où il ne devait pas aller « tout seul » ! J’ai trouvé dommage que le personnel, plein de bonnes intentions, lui dise qu’il risquait une chute. Ce n’est pas le genre de messages qui rassure.

À cette période, M. Facchinetti avait besoin d’une nouvelle paire de pantalons et le hasard, qui n’existe pas, a voulu que je puisse offrir mes services pour raccourcir ceux qu’on venait de lui acheter. Je n’avais jamais vu comment est cousu l’intérieur d’un ourlet de pantalons masculins ; c’est intéressant. Je les lui ai raccourcis en gardant la façon.

Après le départ au ciel de M. Facchinetti, je rends visite à Wally et elle me dit que son mari est parti avec les pantalons que je lui avais arrangés. Cela est peut-être insignifiant, mais me procure une immense joie !

Ce n’est que maintenant, quelques mois après le changement de dimension de M. Facchnetti, que j’ai lu son livre « Les confessions de Facchi », écrit avec l’aide de Valentin Borghini, un autre personnage intéressant de Neuchâtel. C’est un livre passionnant qui dévoile un homme plein de bon sens et qui raconte d’autres facettes de personnalités que j’ai connues. Le plus inattendu, si je puis dire, est que M. André Bourquin a été son professeur de mathématiques, or il a aussi été le professeur de mon ami André Oppel et même le mien ! En plus, il avait été l’un des étudiants de Mademoiselle Sophie Piccard, mathématicienne à l’université de Neuchâtel, femme au caractère très spécial. Elle m’avait dit qu’elle aurait voulu le garder en tant qu’assistant. Elle m’avait raconté cela avec tristesse. Mademoiselle Piccard a été avec moi très ouverte, n’a jamais été « spéciale » avec moi, comme l’on disait qu’elle pouvait l’être, et nous avons passé de très bons moments ensemble. Je lui ai rendu visite régulièrement avant qu’elle ne quitte ce monde ; à ces occasions, elle me donnait des cours de russe. Je ne sais plus quel conseil je lui ai donné et un jour, elle m’a dit qu’elle se sentait libérée. C’est par elle que j’ai appris qu’il n’y a pas d’âge pour changer. Je la remercie. J’ai eu l’honneur de prononcer quelque mots lors de la cérémonie d’au revoir.

Tout cela me donne l’impression qu’on est unis dans une même histoire et cela me remplit de joie.

On est en 2020 et je téléphone à Wally Facchinetti : je lui raconte que quelqu’un est venu sur cette plateforme et a lu l’article sur son mari. Cela lui fait plaisir. Je lui confie que lorsque j’évoque quelqu’un qui est dans une autre dimension, comme c’est le cas aujourd’hui avec M. Facchinetti, j’ai l’impression qu’il est là. Elle me dit que c’est possible. Je lui dis aussi que l’horloger René Froidevaux avait mis, tout comme M. Facchinetti, la piscine au service de ses ouvriers. Wally dit qu’ils avaient été parmi les premiers à avoir une piscine couverte à la maison, qu’il y avait non seulement les hémiplégiques, mais aussi les autistes et leurs accompagnateurs qui y allaient. Le club de natation de Neuchâtel, le Red Fish, y allait également s’entraîner. Cela a duré depuis 1960 jusqu’à la fin des années 1990. Le trou a été comblé et maintenant c’est un fitness.

On parle de la quarantaine par laquelle on passe et elle me rapporte qu’elle a dit à des amis voeufs, comme elle, que pour des gens comme elle et eux, qui ont perdu leur être cher depuis longtemps, la quarantaine, ce n’est rien ! C’est tout le portrait de Wally et on comprend bien que Wally et Facchi se soient bien entendus. C’est très joli. Wally n’avait pas voulu que je parle d’elle dans mon article auparavant. Aujourd’hui, elle me l’a permis. Je la remercie.

Mon frère, David Salas, qui a joué chez Xamax*et qui connaît le foot comme sa poche – j’ouvre une parenthèse pour dire un mot au sujet de la mémoire de mon frère : tous ceux qui ont revu mon frère après des années et qui parlent avec lui restent absolument ébahis par sa mémoire. Il parle de choses dont même les protagonistes ne se rappellent pas. Cela a été le cas avec Gilbert Facchinetti et avec Jean-Pierre Egger, l’entraîneur olympique. Fin de la parenthèse – David donc, me dit que lorsque les journaux et les médias en général ont évoqué la carrière de M. Facchinetti, personne n’a eu de commentaire négatif sur lui. Ce n’est pas le cas de tous ceux qui se sont fait un nom, précise-t-il. C’est une magnifique carte de visite pour arriver au ciel, me dis-je.

  • David a joué dans l’équipe des juniors et dans celle de réserve qui jouait en ouverture de la formation qui militait en Ligue Nationale B. C’est là qu’il a eu le plus de contact avec Gilbert Facchinetti et son cousin Jean Claude.

Voir aussi :

@3m.ossature : apport des participants 1

Quel que soit le domaine dans lequel je travaille et-ou m’investisse, je trouve remarquables les apports directs et indirects des participants.

Ainsi, lorsque j’essayais de faire comprendre que nos os sont construits, à leurs extrémités, de sortes d’arches afin de les rendre plus résistants que s’ils avaient été totalement remplis de matière et aussi plus souples, puisqu’ils s’adaptent à nos positions, l’une des participantes, Sophie, a vu surgir en elle une cathédrale. J’ai cherché une image et cela donne :

Diapositive19

J’aurais voulu l’image dune voûte. Je devrai le faire la prochaine fois que j’irai dans une cathédrale.

En sortant du cours et en pensant à mes os, j’avais des cathédrales partout. C’était magnifique.

Aujourd’hui, j’ai mis l’accent sur la façon dont on pouvait entrer dans les os au moment où on fait la résonance. On a parlé d’imagination et d’imaginaire.  La différence ? Il faut savoir que tous les mots qui finissent en « tion » sont en relation avec l’extérieur :

  • L’imagination, on la crée. On fabrique une image. On s’imagine la chose.
  • Imaginaire : elle sort du dedans. Elle nous apparaît sans que la volonté n’intervienne.

Pour la séance, on avait le choix entre plusieurs possibilités :

  • voir l’os tout blanc et imaginer que ses différentes cellules vibrent ;
  • voir l’os en lien avec les différents autres tissus du corps et donc si on fait résonner l’os, le reste va aussi résonner ;
  • laisser venir une image qui va surgir en nous ;
  • imaginer qu’on n’est que du vide, laisser venir une image et la laisser vivre en nous.

Résultat : une des participantes a vu des petites bulles de toutes les couleurs qui se promenaient ; un autre a vu les phrases de son travail qui s’y promenaient. Là on s’est dit qu’il était important qu’elles aient de la place et puissent circuler librement. Chez moi, il y avait ce fameux vide où de touts petits points se promenaient dans le vide et cherchaient leur bonne place. Là, j’avais choisi le mode, car en général, je laisse la chose venir et ce sont des fleurs de différentes couleurs qui apparaissent.

C’est très poétique, ces petites bulles et ces phrases. C’est le genre de choses qu’on ne peut pas inventer tout seul. Cela me comble !

Voici deux illustrations :

Fémur 1003
Fémur 1002

Conscience des os. Quand on donne un cours, on ne sait pas ce que cela peut susciter chez l’autre. C’est ainsi que l’une des participantes a eu une sorte de révélation en prenant conscience que ses os avaient été endormis pendant longtemps et que maintenant ils étaient réveillés. Elle ne peut pas donner une explication claire, elle suppose que c’est lorsqu’elle a procédé à des tapotements sur les os qu’une vibration subtile a fait office de caisse de résonance. C’est beau et cela me fait penser à « La Belle au bois dormant ». En l’occurrence, c’est elle-même qui est son prince !

Plusieurs façons de s’adresser au corps. Il est clair qu’il y a bien des techniques et que parfois elles sont complémentaires. Cette fois, l’une des participantes, Nathalie, a parlé de la relaxation que provoquait le fait de mettre un bâton le long des muscles dorsaux. André essaie et cela lui fait travailler le sinus frontal. Il raconte alors les péripéties incroyables qui lui sont arrivées il y a des années et que le bâton va bien pouvoir l’aider. C’est magnifique !

Comment les aubergines s’arrangent pour se faire remarquer J’ai mentionné que j’allais rendre visite à l’un des écrivains pour lequel je travaille, que j’allais y passer quatre jours et qu’il m’avait annoncé qu’il mangeait essentiellement du cru. Nathalie, l’une des participantes a dit qu’elle avait fait une mousse au chocolat sans crème, sans oeufs, sans sucre (j’ai bien cru qu’elle allait dire aussi « sans chocolat » !). Toutefois, la base est l’aubergine. Tout le monde a été curieux d’en goûter… Vendredi suivant, Nathalie arrive avec ses mousses au chocolat. Un délice !

Alors, si je dis que les aubergines se sont arrangées pour se faire remarquer, c’est que les autres participants se sont dit qu’ils allaient faire la mousse à la maison et André a dit qu’il allait planter des aubergines dans son jardin ! Par ailleurs, j’avais raconté à mon élève de quinze ans qui vient à mon cours de danse classique adaptée toute l’histoire. Je n’avais malheureusement pas pensé à lui en garder un peu, mais, elle a dit qu’elle avait dû écrire un texte, je ne me rappelle plus exactement sur quoi, mais son pull dont la couleur était aubergine y était pour quelque chose. Cela lui a rappelé l’affaire aubergine qu’elle a intégrée à son texte. De plus, elle a regardé sur la toile la composition du légume : très riche en vitamines et minéraux. C’est mieux de manger des aubergines que de se mettre de la crème sur le visage ! déclama-t-elle. Alors, qui remercier ? L’écrivain, Nathalie ? Les deux et l’aubergine bien sûr ! Ce qui est aussi sûr, c’est qu’on ne sait jamais à qui on rend service.

Aubergine 2

De mon côté, j’ai aussi acheté une aubergine. Elle vient du marché.

Lien vers :

Journal de l’enseignement de la danse classique adapté à une élève de cinq ans, page 2.

C’est absolument passionnant de voir s’éveiller une intelligence, une compréhension, un monde chez un enfant. Lors de la dernière leçon, on a parlé du corps et de ce qu’on peut faire pour lui.

  • Bien que tu sois petite, tu comprends beaucoup de choses, pas vrai ?
  • Oui.
  • Tu sais que dans presque chaque partie de ton corps tu as des muscles ?
  • Oui.
  • Maintenant, prenons cette chaise. Si elle a trois pattes, que lui arrive-t-il?
  • Elle tombe.
  • Exact. La chaise ne peut pas se réparer toute seule, il lui faut notre aide. Chez nous, lorsque quelque chose ne va pas, il nous faut aussi de l’aide. Mais, nous pouvons aussi faire quelque chose pour nous, pour notre corps. Tu sais que nous avons des cellules ?
  • Oui.
  • Ces cellules sont comme des petits personnages.
  • Mais, ils ne peuvent pas parler. Et puis une cellule n’a pas la forme d’un personnage.
  • Cela dépend. Tu sais, les cellules, ces petits personnages mangent tout comme nous. Ils boivent, ils respirent, ils bougent, ils travaillent, ils se reposent. Tu te rappelles du livre « Le corps humain » où on voit des petits personnages qui travaillent ?
  • Oui. Ils sont là. Il y en a qui tirent ou qui sont fatigués. Il y en a qui naissent et il y en a qui  meurent.
  • Alors, si on va dans notre corps et qu’on frappe à leur porte en faisant toc-toc, ils vont répondre.

On commence une séance de résonances dans le corps. Une fois qu’on a fini les pieds, je demande :

  • Alors, que disent les personnages de ton pied ?
  • Rien.
  • Dans le mien ils sont tout contents. Ils respirent très bien. Mais, je pense que si tu sais écouter, ils vont aussi te dire quelque chose.
  • On continue avec la jambe.
  • Que dit-on dans ta jambe ?
  • Говорят « привет » ! (Ils disent « salut ! » ). Je ne résiste pas à l’envie de l’écrire en russe tellement les mots résonnent encore en moi. Ce moment est gravé en moi comme une photo dans le temps. De plus, j’aime la langue russe !

Quand on arrive à l’autre jambe, la fillette dit spontanément en souriant :

  • Ils disent salut et qu’ils sont contents !

Et voilà comment on commence un voyage dans le corps. Il ne faut nullement croire que la fillette a voulu me faire plaisir en disant des choses qu’elle ne sentait pas. Sa personnalité est très forte et si quelque chose lui échappe, elle le dit.

Liens vers :