Nos cours sont le prétexte pour parler de tout. Je suis convaincue que toute chose irrésolue se manifeste dans le corps, qu’on le sache ou pas. On gagne beaucoup en mettant à plat les choses en suspens. Cela permet de voir quelles sont les possibilités de résolution.
Tilana, mon élève, a fait une nouvelle version de nos portraits. C’est son style actuel.
Cette fois-ci, on parle de l’intention. L’intention c’est la motivation, la conviction avec laquelle on fait quelque chose. C’est ainsi qu’il arrive que lorsqu’on veut prouver quelque chose, on se l’imagine tellement que la chose finit par arriver. L’exemple type est la pièce de théâtre « Othello » de Shakespeare. Othello est induit en erreur et voit finalement ce qui n’existe pas.
Au sujet des certitudes. L’intention et la certitude sont cousines et on a parlé de physique, du fait que si pendant des siècles on a dit que l’atome était la plus petite partie de la matière, qu’il était indivisible, on s’aperçoit de plus en plus qu’on n’est composé que de vide, plutôt d’informations sans corps. Une personne, si on ramène sa matière à ses composantes corpusculaires, n’occupe même pas la surface du pommeau d’une épingle. Ce doit être quelque chose pour un scientifique qui s’intéresse à la matière ! Il étudie, par exemple, le bois, ses qualités lorsqu’il est mouillé, lorsqu’il est sec, ses résistances et lorsqu’il entre de plus en plus dans sa composition, il s’aperçoit peu à peu que la matière disparaît, qu’il se trouve face à beaucoup de vide. Il doit faire face à un paradoxe.
Mon élève a toujours été d’une intelligence remarquable. S’il fut un temps où elle m’a trouvée pénible parce que je la reprenais « tous les trois mots » (cf. mon élève), elle s’approprie la langue, les connaissances d’une façon qui fait plaisir.
Mon élève se dit que cela lui rappelle qu’en mathématiques, on prévoit des choses, on fait des hypothèses et on finit par trouver ce qu’on avait prédit. Elle parle d’un travail qu’elle doit rendre à l’école et dont le sujet est « L’Infini selon Cantor ». On verra ce travail en temps opportun.
On parle aussi de la manière d’être, de la marge que nous avons pour interagir avec les autres. Mon élève est très sensible et elle se trouve souvent coincée entre le désir de dire et celui de ne pas dire afin de ne pas heurter l’autre ; heurter, car ses sensations, ses intuitions, ses pensées sont tellement autres, qu’elle préfère se taire. Je propose qu’elle puisse quand même s’exprimer en disant « je fais une parenthèse et me demande si… » ou alors, qu’elle garde ce qu’elle pourrait dire en se disant que la personne n’a pas sa porte ouverte, pour le moment. Mais, il faut, toujours, si possible, rester debout et savoir où l’on en est.
Autre chose dont on a discuté, la liberté. La liberté et avoir le droit de… sont des notions fort utilisées à notre époque. Si mon élève est souvent perplexe devant certains comportements, elle me dit :
Mon élève, que je connais depuis des années, est une fille intelligente – je sais, il est difficile de définir l’intelligence, mais l’intelligence est une capacité à comprendre des choses même si on n’a ni l’âge, ni les mots. Ce qu’elle dit correspond à un très haut niveau de connaissance de la marche de l’évolution. Elle est passée par bien des événements et en l’écoutant, je retrouve la personne que je connais depuis toujours. C’est fabuleux ! Tous les parents, tous les enseignants rêvent de transmettre des valeurs, rêvent d’entendre les enfants ou élèves dire des choses profondes et belles.
Ce qui nous unit c’est la distance qu’on prend face à ce qui nous est proposé que ce soit écrit, dit, suggéré dans notre culture, car, en fait tout est culturel, comme le dit feu mon ami André Oppel dans une courte émission de télévision.
Ce n’est pas parce que la majorité des gens adopte une position qu’on doit l’adopter sans se poser de questions. Ce n’est pas non plus parce que personne ne pense pas à une chose qu’on ne doit pas non plus se poser de questions. J’ai la chance de connaître bien des domaines et de m’intéresser à tout, car dans tous les domaines il y a une structure, des données de départ, une manière de faire, un dessein.
Cela me rappelle un cours public de mathématiques donné par Werner Soerensen où je n’ai pas compris une bonne partie de sa démonstration, mais où j’ai suivi la logique pas à pas et ne pouvais mettre en question ses explications. Voilà, il arrive qu’on ne comprenne pas une chose, mais les explications étant logiques, notre esprit les accepte. C’est aussi ce que dit le physicien Jean-Pierre Garnier Malet quand il explique la théorie du dédoublement du temps et de l’espace à des personnes qui ne sont pas physiciennes.
C’est ainsi qu’aujourd’hui, pour je ne sais quelle raison, je lui parle d’ADN. Elle me dit que c’est justement le sujet qu’elle étudie en ce moment en biologie. Cela fait longtemps, lui dis-je, que lorsque quelqu’un me dit que c’est génétique, que cela a toujours été dans sa famille, que c’est dans l’ADN, je lui dis : alors, Adam et Ève l’avaient aussi, et ils étaient noirs, blancs, roux à la fois, épileptiques, pas épileptiques et j’énumère un tas de caractéristiques « familiales ». Les gens sont interloqués et alors j’explique ce que j’ai compris en lisant je ne sais plus qui – que je remercie au passage pour ses lumières – qu’à un certain moment, une personne vit un événement et réagit de telle façon que son comportement change et le marque physiquement. Ensuite…
En effet, l’information se transmet à certains membres de la famille et pas nécessairement à tous. C’est très intéressant. Et là, il faudrait lire ce que dit le biologiste américain Bruce Lipton qui dit que l’information de l’ADN n’est pas déterminante, que l’environnement est un facteur important et qu’on peut changer nos informations par divers moyens. Elle me demande les références que je lui donne.
Mon élève dit qu’il y a quand même des choses inscrites en nous. Elle parle de la peur instinctive devant certains animaux, les araignées, par exemple. Je lui dis que justement, c’est un excellent exemple que je peux démontrer. Je lui raconte que moi aussi j’avais peur des araignées et que mon ami, toujours en parlant d’André, les prenait dans ses mains. Cela avait été un premier pas. Ensuite, une amie m’a donné un appareil que voici.
L’appareil a un manche et une tête, le haut de la tête est transparent et le dessous, la base en vert, glisse.
Lorsque je vois un hôte indésirable dans mon appartement et qu’il ne vole pas, je prépare l’appareil, pose la tête sur la petite bête, comme cela elle voit son environnement et n’a pas peur. Puis, peu à peu, je glisse la languette en demandant à la visiteuse de monter dessus. Je lui dis que je vais la déposer dans un endroit où elle sera mieux que chez moi et le tour est joué.
Chose curieuse, je n’ai plus eu peur des araignées. Je dis simplement, viens on va déménager et tu seras plus heureuse ailleurs. Je la prends dans l’appareil et nous partons en promenade. Je choisis toujours des endroits où ces petites bêtes ne risquent pas de tomber sur quelqu’un qui les écrase, car je me mets à leur place. Et, dis-je à mon élève, si la scène se présentait et que tu avais une araignée sur toi, je serais capable de la prendre dans mes mains pour que tu n’aies pas peur. Elle reste tout étonnée. Elle dit qu’elle va garder l’histoire.
Je lui dis aussi que j’avais horreur des trucs pourris au frigo. C’est aussi André qui m’a dit une fois « ce ne sont que des champignons ». J’ai, heureusement, la capacité de garder en moi tant les choses qui me rendent service que celles que je ne comprends pas ou ne font pas partie de ma vie. J’ai donc porté le commentaire de mon ami en moi. Là aussi, le temps a passé et je me retrouve à travailler dans un musée dédié aux champignons. Alors, je ne sais pas si ce sont les champignons qui se sont dit que je devais parfaire mon éducation, ou si c’est le hasard, mais plus j’avance et plus je comprends que le hasard n’existe pas. Toujours est-il que j’apprends beaucoup de choses intéressantes sur les champignons. Ils ont leur propre règne et ont des caractéristiques de reproduction, d’existence qui soulèvent mon admiration. On peut se nourrir, s’habiller, écrire, se guérir, s’empoisonner, se désaltérer, s’hydrater, se vacciner rien qu’avec eux. Et voilà donc que lorsque, par malheur, quelque chose pourrit dans mes réserves, je me dis « ah ! voilà une belle culture. Tu vas rejoindre le compost ! ». Mon élève doute qu’elle fera comme moi, elle n’aime pas les trucs pourris.
Bref, c’est un régal que de discuter avec elle. Mais, le temps passe, bien que nous nous soyons étirées, massé le corps, et on se dit qu’on va quand même répéter au moins l’une de nos danses !
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Je le dis comme préambule sur ma plateforme « Tout ce que nous faisons participe d’un tout. Il en va ainsi de mes activités ». Je suis parfois étonnée de voir, de constater que ce que nous disons correspond profondément à qui nous sommes, à la vie que nous menons.
C’est ainsi que des événements fort éloignés les uns des autres possèdent une trame qui les lie et lorsqu’elle nous devient évidente, nous fait voir la magie de la vie (d’autres diraient la logique de la vie).
Après avoir traversé une drôle de période, les choses commencent à reprendre forme, à se lier les unes aux autres. Je n’aurais jamais pensé écrire cet article si l’une de mes amies ne m’avait dit qu’il pouvait apporter quelque chose à ceux qui me liraient.
Chez moi, les choses commencent sans que je ne m’en aperçoive et quand je cherche le début, je vois qu’il était déjà bien avant que je l’aie remarqué : j’ai perdu l’automne dernier un être qui m’est devenu très cher en très peu de temps. Le départ de ce monde est définitif, la rupture implique une frontière spatiale et temporelle. Rien à faire, on ne revoit plus la personne.
Passant devant son domicile pour me rendre à mon studio de danse, je vois des déménageurs qui vident le logement de cet ami. Je leur dis bonjour, m’approche, on discute et tout à coup l’un d’eux me demande de monter pour voir. Je me demande bien pourquoi j’y vais, je n’en vois pas la raison, mais j’entre dans cet appartement que je connais. Cela m’arrive parfois de sentir que je dois faire quelque chose alors que je n’en vois pas la raison immédiate. Je vois qu’il y a encore plein de ses archives qu’il avait si bien classées. Je propose de donner un coup de main, car je sais que la déchetterie de Neuchâtel a un endroit pour le recyclage du papier, mais sans trombones. Or, les archives en sont pleines.
Je demande au travailleur d’où il vient, car il a un accent et me demande s’il ne parle pas le russe. Oui, il parle un peu le russe car il a habité à Moscou un temps, mais il est Kurde. Toute l’équipe est kurde. Le fait qu’il parle russe nous rapproche, c’est la magie des choses communes. Il m’invite alors à aller à la cave pour voir le reste des papiers. Il y en a un tas. Là, je vois des belles chaises, des chaises qui iraient si bien dans mon studio de danse… Il me dit qu’elles sont à moi et m’aide à les transporter. Je suis transportée, au sens figuré, de joie. J’ai des chaises qui iraient bien dans un château, or mon studio en a les allures ! Depuis que je suis l’unique locataire de ce studio, je manquais de chaises et celles que je pouvais m’offrir n’étaient pas très belles. Maintenant, je suis comblée.
C’est une vraie chaise de château ou une chaise d’un vrai château… J’en ai sept, sept, nombre magique… De plus, les chandeliers achetés chez Globus vont très bien avec la chaise. Là aussi, les choses se mettent tout à coup ensemble.
Le temps passe, je me pose toujours des questions sur ce départ qui me laisse sur ma faim et, regardant des films à la TV, vois dans l’un d’entre eux des chaises… des chaises sœurs des miennes, enfin, de celles qui sont devenues miennes ou de celles qui sont les « siennes-miennes » ! Puis dans un second et encore dans un troisième. Ce n’est pas une coïncidence… C’est une autre façon de communiquer.
J’en reviens à mon déménagement, puisqu’il est devenu une partie de moi, et à un moment donné, je suis attirée par un endroit où il y a aussi des papiers. Je les prends, les regarde un à un, comme tous les autres. Ce ne sont pas des archives, mais des réserves de papier, de cartes, et trouve sur le dos d’un jeu de cartes postales un très joli mot signé par lui. C’est absolument incroyable, il tombe vraiment à pic ! On dirait que c’est pour moi. C’est le seul écrit de ce genre trouvé dans tous ses papiers et des papiers il en avait !
Toujours en regardant ses papiers, je tombe sur un texte tapé à la machine et je vois que Freddy, c’est son nom, est lié à Laurent de Pauli, mathématicien qui a l’a chargé d’aller à Lugano au congrès où on débattait du programme des mathématiques modernes. Freddy a participé à la rédaction du programme des écoles neuchâteloises. Je prends note de l’information, me propose de la garder, mais disparaît dans le déménagement.
Lors d’une discussion avec l’un des patrons de l’entreprise de déménagement, il remarque que j’aime les mots, la langue. Il me demande si cela m’intéresserait de collaborer avec lui dans les questions administratives. Je n’ai jamais pensé intégrer une telle entreprise, mais j’aime l’ambiance qu’il y a dans son équipe, le monsieur avec lequel je parle fait preuve de beaucoup de sensibilité et de réflexions sur la vie. De plus, je me dis que Freddy se dit ou sait que j’ai besoin de gagner des sous et par son entremise ce sera le cas. Oh, joie !
Cela me fait penser que le même déménageur qui m’a aidée à transporter les chaises a enlevé un adaptateur électrique se trouvant dans un socle mural et m’a dit de le prendre. Je n’ai eu que le temps de le voir entre les mains. C’est un autre moment de ma vie gravé dans ma mémoire, c’est comme une photo temporelle, avant que je ne sois envahie par l’étonnement car je n’ai nul besoin d’une telle fiche. En rangeant l’objet dans mes affaires, j’ai eu l’impression que Freddy me disait qu’on était toujours connectés. Chaque fois que je pense à cela, j’ai une sorte de soupir, le genre de soupir que l’on pousse lorsqu’une chose a trouvé sa place.
Le temps passe et mon élève de 17 ans me dit qu’elle prépare un travail sur l’infini et parle des mathématiques modernes. Je lui parle de Freddy et du document précédent. On parle de la théorie des ensembles et elle me montre son dessin avec des ensembles les uns dans les autres. Je lui parle de la métaphore des poupées russes, les matriochkas. Tout à coup, je fais un lien avec un cours que je donne. C’est un cours sur les résonances osseuses et justement le sujet qu’on allait aborder la semaine d’après était « le corps ». Le corps, comme on le sait est un tout, un tout composé d’un tronc et de membres, de muscles, tendons, ligaments, os, systèmes digestif, vasculaire, nerveux, ganglionnaire, de fascias, de molécules, de cellules, de particules et de vide. Voilà un bel ensemble ! Un ensemble qui devient un sous-ensemble quand on pense à une famille – on est le membre d’un ensemble plus grand – et encore un autre sous-ensemble quand on pense qu’on fait partie d’une société. Cela n’en finit pas et me donne une sensation de vertige très plaisant. Je suis envahie par la joie.
C’est là que je m’émerveille de la trame qui unit Freddy, la mathématique, mon élève, mon cours.
Je m’intéresse à la pensée, à la façon dont les informations nous arrivent, les transmettons, les percevons. Je prends le train pour aller voir Jacques Collin, spécialiste dans la diffusion de l’information que l’eau porte et lui raconte que lorsque je travaillais à Genève, au Bureau international du Travail (BIT), je trouvais sur mon passage des fleurs maltraitées – il y avait un magasin de fleurs à la gare, des voyageurs les achetaient et parfois en perdaient l’une ou l’autre. Les gens ne leur prêtaient pas attention. Je les ramassais et leur disais qu’il fallait tenir le coup et que chez moi j’allais m’occuper d’elles. Le trajet était long mais une fois arrivée chez moi, je leur coupais la tige quand c’était possible et les mettais dans l’eau à une jolie place. Elles reprenaient, toutes, « des couleurs » si on peut dire. C’était à chaque fois une sorte de réussite qui me remplissait de bien-être. Jacques aime mon histoire qui cadre si bien avec les siennes.
Le lendemain de ma visite à Jacques, je trouve par terre trois fleurs, deux pâquerettes et une rose en fort mauvais état. Cela fait des années que ce genre de choses ne m’est plus arrivé et j’ai l’impression de reprendre le cours d’un chemin qui s’était arrêté. C’est, à nouveau, un moment gravé en moi, et ne peux que répéter que c’est comme si on avait pris une photo temporelle. L’image qui me vient à l’esprit pour ce moment particulier, maintenant que j’écris l’article, est celle d’une courbe du temps qui se serait arrêtée et qui reprend du fait que des données s’ajoutent au graphe. Je mets les fleurs dans mon sac et me prépare à faire la même chose qu’avec celles d’autrefois. Cette fois-ci, pourtant, il y a une différence, je vais mettre de l’eau dynamisée. L’eau dynamisée, on le sait est une eau riche en électrons libres, ce qui permet que les liaisons entre cellules se fassent plus vite et mieux.
Je ne me rappelle pas combien de temps les fleurs de mon autre temps duraient, ce qui comptait c’était qu’elles pouvaient vivre leur vie jusqu’au bout. La rose de cette fois, lorsque je l’ai ramassée, avait son milieu si que je me suis demandé comment elle allait s’en sortir. Si j’avais eu à parier, je n’aurais jamais misé sur le résultat obtenu. Voici les photos du 17 (soit quatre jours après son sauvetage), 19, 20, et 23 mars. Si j’avais su, j’aurais pris une photo le premier jour. Mais, finalement, je crois qu’il n’y a rien à regretter, on ne fait pas les choses pour démontrer quelque chose, c’est comme dans les histoires d’amour, c’est l’intuition qui parle.
C’est absolument remarquable, incroyable, même. Je ne sais pas pourquoi quand on assiste à quelque chose de merveilleux on utilise le mot « incroyable ». C’est comme si une voix nous disait de ne pas croire ce qu’on voit, et pourtant… Je me dis que cette rose revigorée est un symbole de ce que nous pouvons être, devenir. Je fais volontairement plus grande la dernière photo, car c’est le reflet de mes yeux lorsque j’ai vu la transformation de la fleur. Je vous laisse tirer vos propres conclusions.
Le temps passe et je reprends la révision d’un livre qui n’a pas encore de titre mais qui traite des fréquences vibratoires. J’ai déjà revu la première moitié, j’ai fait une pause d’un mois et reprends la seconde moitié. Je tombe sur « Si par votre conscience, vous pouviez entrer en contact avec la feuille qui est tombée de l’arbre, elle vous raconterait un voyage extraordinaire qui n’est qu’à son début. Elle anticipe avec grande joie de se déposer sur la terre et de se répandre en mille miettes pour acquérir une autre conscience, celle du ver de terre et des insectes qui vont s’en nourrir, celle de la pluie qui va tomber sur elle, celle de la terre qui va transmuter sa forme, sa matière, pour qu’elle devienne de l’humus pour la terre, pour les arbres » Michel Gautier. Pour ce qui est du voyage de ma rose, elle part avec le plaisir de m’avoir démontré que l’on a toujours des choses à dire, même quand on pense que c’est la fin, le plaisir d’avoir réjoui mes yeux et mon esprit et avec ces mots, si profonds, de Jacques Collin « Zully, merci pour les photos de ta belle fleur. Elle respire la vie, elle montre qu’elle provient de la fondation de la création. On y voit l’intelligence et la parfaite harmonie de la mémoire du monde et de son amour ». La rose s’en est allée avec ces messages qu’elle transmettra lorsque ses particules se transmuteront dans un autre élément de ce monde. C’est ce genre de pensées qui accompagne les choses que je recycle. Toute chose qui est passée entre mes mains est remerciée pour le service qu’elle m’a rendu.
La rencontre avec Jacques est aussi due à un concours de circonstances. Je cherchais ses coordonnées parce que j’étais en train de lire son dernier livre « La Réalité ultime » et avais besoin de parler avec lui. C’est une nouvelle fois le hasard, hasard qui une fois de plus n’existe pas, qui me pousse à entrer en contact avec son éditeur, qui me fait écouter une conférence de Jacques, alors que j’en ai déjà écouté pas mal, et qui fait qu’en plus je puisse trouver ses coordonnées Quand je l’ai eu au téléphone, il a dit que c’était étonnant. Tout cela fait partie de la théorie des ensembles… de l’unité qui nous relie.
En voyant ces événements qui se lient les uns aux autres, je pense aux mots de l’actuelle conseillère culturelle à Neuchâtel, qui m’a dit, dans un autre contexte où les choses se rassemblaient aussi, que cela prouve que je suis dans le juste.
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J’amène une barquette avec des tomates. Je la présente et demande à des élèves de 8 et de 12 ans de me dire ce qu’elles diraient si elles étaient les tomates. Je suis curieuse de savoir comment elles « se vivent » en tant que tomates.
Présentation de toutes les tomates rouges.
Premiers commentaires : Elles ont l’air semblables, mais certaines sont plus rondes, d’autres plus allongées, certaines « grosses dans le ventre ».
Je précise que ce qui m’intéresse ce n’est pas la description, mais ce qu’elles diraient si elles étaient les tomates.
J’ajoute une tomate jaune :
Myriam : cette tomate (jaune) voudrait être comme les autres (rouges).
Fanny : elle est triste.
Sarah : elle est seule.
Zully : Oh ! mais elle se dit qu’elle se sent très bien et qu’elle a plein de place. Elle a de la chance, elle va bien !
Autre présentation : cette fois-ci, les tomates rouges entourent une fraise qui est au milieu
Myriam : Elles voudraient être comme la fraise, elles aiment sa couleur et ses cheveux, elle a de petits cheveux.
Fanny : Elles trouvent rigolo d’avoir une fraise au milieu.
Sarah : C’est drôle d’être en rond, et qu’il y ait une fraise au milieu.
Tilana : Elles sont en colère contre la fraise qui est au milieu et qui prend tant de place alors qu’elles sont toutes serrées.
C’est fascinant d’entendre de tels commentaires. Cela va de soi, ensuite on travaille ces remarques, les émotions, on finit par comprendre qu’être différent n’est pas un problème et que finalement tout le monde a de la place.
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Cela fait… un peu plus d’une année que Zully m’a demandé de faire un dessin de chacune de nous afin de les utiliser lorsqu’elle fait des résumés de nos conversations, échanges verbaux au sujet de ce que je sens, vois, observe, aime, n’aime pas, apprends, comprends, ne comprends pas, fais, ne fais pas, etc.
Zully sait que j’aime dessiner et que je suis passionnée par les mangas. Voilà le pourquoi de ces dessins. Ils permettent aussi de donner un autre ton aux histoires que nous écrivons.
Alors, je vous présente :
L’autre jour, je suis arrivée et lui ai dit « je sais que tu t’intéresses un peu à la langue et j’ai appris que le point sur la lettre « i » s’appelle « iota » !
Au moment de la rédaction de ce « résumé », mon élève a été chargée de raconter au public présent ce qu’elle avait appris. Elle raconte, après quelques explications de ma part, qu’en fait la lettre « i » n’a pas toujours porté un point. Il a été introduit lorsqu’on a commencé à utiliser l’écriture cursive, c’est-à-dire, l’écriture liée parce qu’il était difficile de distinguer un « u » suivi d’un « i » ou si c’était la lettre « m », voire un « n » suivi d’un i ». Bref, il y avait des difficultés et au xie siècle (je sais, les siècles s’écrivent en petites capitales, mais cette plateforme n’en tient pas compte), les copieurs ont décidé de la différencier en lui mettant un signe un peu oblique « í », puis l’imprimerie s’est répandue au xve siècle et le signe a été réduit à un point dans de nombreuses polices de caractères.
Je profite de la situation pour parler du tréma et de l’expression « ne pas bouger d’un iota ». On le sait, cette lettre était tellement petite, la plus petite de l’alphabet grec… qu’il a fallu lui mettre un signe pour la distinguer.
Magnifique !
Le thème étant acquis, on peut passer à autre chose et on danse !
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La série des rencontres particulières n’a concerné jusqu’ici que des personnes que j’ai connues physiquement et avec lesquelles j’ai eu des échanges. Le personnage d’Abraham-Louis Breguet s’est imposé de lui-même. C’est le genre de personne qui m’inspire et qui a toute mon admiration !
Le monde de l’horlogerie est entré dans ma vie de façon inattendue. J’ai voulu rendre hommage à André Oppel, feu mon compagnon, à travers les quelques dessins, catalogues et sigles horlogers qu’il avait faits lorsqu’il avait travaillé dans l’industrie et je me suis prise d’affection pour l’histoire de l’horlogerie qui est l’un des piliers économiques du canton qui m’a adoptée. Je me rends compte que l’horlogerie est devenue une racine puissante dans ma vie. Le nom d’Abraham-Louis Breguet ne m’était pas inconnu, puisque l’une des rues de Neuchâtel porte son nom.
11.2.2024. Je viens d’apprendre que la rue porte ce nom depuis 1940 afin d’honorer les horlogers : en effet, la ville s’était enrichie, cette année-là, d’un bâtiment abritant le Laboratoire suisse de recherches horlogères (LSRH) qui allait se multiplier pour devenir trois autres institutions horlogères, le Centre suisse d’électronique et de microtechnique, le CSEM, l’Association suisse pour la recherche horlogère, la ASRH, et la Fondation suisse pour la recherche en microtechnique, la FSRM où j’ai travaillé en tant qu’assistante du directeur pendant quelques années. J’ai notamment mis en place la bibliothèque et les archives de l’institution.
Je ne connais pas la raison pour laquelle le prénom « Abraham » a été réduit à « Abram ». Manque d’espace ? Effectivement, si on ajoute le « H », il y a de la place, mais plus pour le second « A »… Cela me fait penser à une dame que j’ai connue et qui s’appelait « Dieu-de-Belle-Fontaine », elle était fâchée avec le service des impôts, car il y avait bien de la place pour le montant de la somme à payer, mais pas pour mettre son nom en entier sur les bulletins de paiement ! Ah, les arcanes de l’administration !
Graphie Abram – Abraham : faisant des recherches sur la toile avec l’adresse de la rue ainsi libellée, je trouve trois villes qui portent ce nom en Suisse : Neuchâtel et la Chaux-de-Fonds où c’est la version ci-dessus qui est utilisée et Le Locle qui est la ville qui se distingue avec cette autre graphie « Abraham-Louis Breguet » ! À noter que lorsque j’ai fait des recherches dans l’annuaire électronique, certaines institutions et certains habitants figurent dans les deux catégories car leur adresse est « Rue A.-L. Breguet », c’est ingénieux, même diplomatique !
Pour finir avec cette histoire de rues, à Paris on trouve :
L’odonyme (nom propre désignant une voie de communication) utilisé à Paris… selon Wikipédia, c’est en hommage à Abraham-Louis Breguet. On ne peut pas dire qu’on en voit de toutes les couleurs, mais de toutes les graphies, si ! Celui qui a cru bon de corriger « Breguet » par « Bréguet » a eu tort.
Je viens de trouver une réponse : « Abram » était la graphie en usage à l’époque est c’est celle qui figure sur l’acte de baptême d’Abraham-Louis Breguet. Voilà une question de résolue. Il en surgit immédiatement une autre : quand a-t-il changé son nom ? Elle reste ouverte.
Saut en 2021 : Nous sommes en 2021 et je viens d’apprendre que sur son certificat de baptême, le prénom est, devinez… Abraham. Cela contredit ce qui est écrit dans le paragraphe au-dessus. Bon, on avance, on recule, on verra. Fin du saut et suite de l’article.
Le jour où j’ai remis les documents laissés par André au musée d’Horlogerie des Monts au Locle, j’ai entendu prononcer le nom d’Abraham-Louis Breguet accompagné des inventions qu’il a faites, mon intérêt est immédiatement éveillé.
Je me rends au musée Breguet à Paris, et là, le guide, monsieur Richard Vassor, va alimenter mon admiration pour le personnage Breguet. Il me donne envie le rencontrer… Pure illusion ? Il y a bien des façons de rencontrer quelqu’un, il n’y a pas que la dimension physique. De plus, je suis toujours convaincue qu’il faut célébrer les gens intelligents, fins, ceux qui apportent quelque chose aux autres et Breguet est un champion !
La première chose que me dit monsieur Vassor, est que Breguet est l’une des plus anciennes marques horlogères encore en activité. Il ajoute ensuite que le musée est dû à Nicolas Hayek. Ah ? Je connais le Nicolas Hayek de Swatch. Justement, me dit le guide, monsieur Hayek porte très haut le génie d’Abraham-Louis Breguet, car nul autre horloger n’a fait prospérer autant la branche que lui et sous bien des aspects. On peut le considérer comme le père de l’horlogerie moderne. Je me dis que j’ai eu raison d’être attirée par lui.
Abraham-Louis Breguet est né aux Verrières dans le canton de Neuchâtel, Suisse. C’est quand même étonnant, je n’ai jamais entendu autant prononcer le nom des Verrières que depuis que je sais que Freddy Landry y est né. Encore une de ces coïncidences dans ma vie. Monsieur Breguet y est donc né en 1747 et quitte ce monde à Paris en 1823. Il fonde, en 1775, sa manufacture dans cette dernière ville, au Quai de l’Horloge no 39. C’est un endroit que je connais bien, car l’horloge du Palais de Justice, à quelques mètres de là, est la plus ancienne horloge publique de Paris (1370 et en 1418, elle eut un cadran extérieur afin que les habitants puissent régler « leurs affaires de jour comme de nuit »- C’est Jean II., dit Jean le Bon, qui a commandé l’horloge pour que les autres horloges puissent se régler à la même heure, et c’est Henri III., fin du XVIe siècle qui lui en fait donner l’aspect actuel). Je suis même passée devant l’ancienne manufacture sans le savoir.
La liste des inventions et perfectionnements d’A.-L. Breguet est impressionnante. Ce qui m’intéresse ce n’est pas la quantité de ses réussites, mais l’esprit dans lequel il les a faites. C’est un esprit de réflexion, de recherche de solutions pour les clients, d’adaptation aux besoins, le tout accompagné d’astuces techniques en même temps que d’une esthétique qui lui est propre.
À son époque, on est encore dans le baroque, style très chargé pour certains. Quant à moi, j’aime ce style. Les montres de cette période ont donc des aiguilles et des chiffres gros et les décorations ne manquent pas.
Alors, les apports d’Abraham-Louis Breguet :
1. Esthétique : il devient le père de l’esthétique en réunissant simplicité et fonctionnalité. Les aiguilles et chiffres de ses montres seront fins et élégants.
Cette montre a appartenu à James Watt, celui qui révolutionna les transports avec la machine à vapeur ! Je trouve cela fascinant et la montre a l’air tellement moderne…
2. L’art du guillochage : vers 1785-87 Breguet a commencé à utiliser cette façon de faire. Ce sont les petites lignes, figures, qu’il grave d’abord sur les boîtes et ensuite sur le cadran. Le summum c’est de le faire à la main et ainsi chaque montre est unique. L’art perdure jusqu’à nos jours, mais rares sont les artisans à le pratiquer encore.
Ces deux éléments ont amené une révolution dans l’esthétique de l’horlogerie. D’ailleurs, on parlera des « aiguilles Breguet » faites souvent en acier bleu avec, vers la pointe, une pomme évidée, dite pomme excentrée. On parlera également des « chiffres Breguet » du fait de leur finesse. C’est la signature de Breguet !
3. Premier apport technologique, le système à secousses, la montre perpétuelle, la montre automatique : à l’époque on remonte les montres avec une clef et les horlogers cherchaient un autre moyen pour ce faire car le système n’était pas pratique. Si on ne pensait pas à remonter sa montre, si on ne savait où on avait mis la clef, on perdait la notion du temps et pour la retrouver ce n’était pas simple. Breguet est le premier à créer une montre qui se remonte lorsque le porteur de la montre bouge !
Il faut savoir qu’à l’époque on portait les montres en position verticale, dans une poche, Breguet a donc créé un système à secousses qui s’adapte aux mouvements du corps ou au pas de marche de son propriétaire. C’est ce système qui remonte les montres (à compléter, car pas clair… une masse qui tourne à 360° ne sert pas à grand-chose en position verticale. Ici, la masse oscillante est équipée d’un ressort qui la remet en place après le mouvement.)
On l’a compris, il s’agit de la montre dite perpétuelle. Mais, Breguet ne s’attribue ni l’idée ni la dénomination ; il dit que c’est à un moine jésuite allemand du xviie siècle (voir note* en bas de page pour l’écriture des siècles) qu’on les doit. Néanmoins, on n’avait jamais vu une telle montre auparavant !
Ces perfectionnements et inventions vont retenir l’attention du roi et de la reine de France, soit Louis XVI. et Marie-Antoinette. L’une sera attirée par le coup de crayon, si l’on peut dire, et l’autre par le côté technique. Les montres Breguet commencent à être à la mode et Breguet fabrique des montres, toutes différentes, pour les têtes couronnées d’Europe et autres personnages importants. On est autour de 1782.
1783. Un admirateur secret commande à Breguet une montre pour Marie-Antoinette. Elle doit contenir toutes les sophistications de l’époque (en horlogerie, on parle de complications). Ce sera le cas. Il n’y avait aucune limite ni de temps ni d’argent. Ce sont des conditions fabuleuses pour quelqu’un ! La montre sera finie en 1827, trois ans après le départ de ce monde d’A.-L. Breguet. Marie-Antoinette ne l’aura pas vue, mais elle avait plusieurs garde-temps de Breguet dont elle était une admiratrice.
Voici un premier échantillon des clients de Breguet :
La reine Marie-Antoinette ;
Le roi Louis XVI ;
George IV ;
Napoléon ;
L’impératrice Joséphine ;
Charles-Maurice de Talleyrand ;
Sélim III, sultan ottoman ;
Le maréchal Ney ;
Georges Washington ;
La reine Victoria ;
Après la mort de Breguet les personnalités continuent à se suivre : Giacomo Rossini, Winston Churchill, Arthur Rubinstein, etc.
Le prix des montres varie entre 3 et 7 mille francs or… (à vérifier)
Ci-dessous, le tsar Alexandre Ier, un passionné d’horlogerie et très bon client de Breguet.
Il s’agit d’un podomètre. C’est en fait un compteur militaire. Un métronome donne la mesure musicale, le podomètre donne la cadence du pas des soldats. On est autour de 1820.
4. Pare-chute : système qui protège les mouvements de la montre contre les chocs. Breguet est le premier à y penser ! On est en 1790. En bas du texte, on trouvera une anecdote à ce sujet de même qu’un mot à propos de l’orthographe du mot.
5. Les montres de souscription : la somme va tourner autour de 600 francs or, somme déjà importante, mais possible pour la nouvelle classe sociale. Fonctionnement du système : un acompte à la commande, et le solde à la livraison. Les montres de souscription ont le minimum d’éléments, mais elles sont fiables et précises ; si elles n’ont que l’aiguille des heures, le cadran est grand, très bien fait et l’on peut lire l’heure à une ou deux minutes près ! On est vers 1797. De plus, Breguet a conçu une montre réparable par un horloger moyen, ce qui n’était pas le cas des autres articles qu’il produisait.
C’estcurieux, mais la montre s’accommode très bien d’une seule aiguille. Elle donne l’heure à une ou deux minutes près ! Grâce à son nouveau système de paiement, qui lui a assuré des rentrées d’argent plus fréquentes, Breguet a pu continuer à fabriquer des montres à très grande complication– ces dernières lui demandaient bien plus de temps pour la fabrication.
6. Le tourbillon : c’est un système mécanique qui fait rêver tout passionné d’horlogerie, car il améliore la précision de la mesure du temps en annulant les effets de l’attraction terrestre sur la montre. La montre mécanique a son mouvement perturbé par la gravité terrestre. De plus, les mouvements, les déplacements de la personne qui porte la montre participent au dérèglement. Le système du tourbillon centre la montre, si on peut s’exprimer de la sorte, elle n’est plus perturbée et sa précision est améliorée par un système ingénieux (le mécanisme de la montre est à l’intérieur d’une cage mobile).
C’est l’une des rares fois où Breguet dépose un brevet. On est en 1805. À l’époque, il fallait déposer cinq documents et le Musée Breguet de Paris en a un, écrit de la main du fils Breguet.
7. Les montres à tact : il faut se rappeler qu’aux xviie et xviiie siècles (voir note* en bas de page) , les gens vivent dans la pénombre. De plus, une bougie coûtait une semaine de travail d’un ouvrier ! Même les gens fortunés n’avaient que quelques bougies d’allumées et les amenaient avec eux d’une pièce à l’autre. Alors, Breguet a inventé la montre à tact. D’un côté, il y a l’affichage avec l’aiguille ou les aiguilles et de l’autre une aiguille en relief qui donne l’heure par un système assez ingénieux : on fait glisser l’aiguille qui va se bloquer à l’heure affichée sur l’autre côté. Elle est synchronisée à la montre automatique !
Cette invention facilitait la lecture la nuit. Si on se réveillait et qu’on voulait savoir si on devait se lever ou s’il nous restait du temps pour dormir, on « touchait » la montre. De plus, lorsqu’on avait une réunion et qu’on ne voulait pas sembler indélicat, on glissait la main dans sa poche, on touchait la montre et on était fixé, pour ainsi dire. Voici un exemplaire :
C’est la montre médaillon que Joséphine Bonaparte a achetée à A.-L. Breguet.
L’aiguille est en relief, les diamants sont à la place des heures, midi, trois, six et neuf se signalent par de plus gros diamants, midi diffère par la chaînette. Ce système permet de savoir l’heure par le toucher.
Avoir du tact est une expression. Son origine serait due à la montre inventée par A.-L. Breguet et son sens est celui de respecter les règles de la bienséance de la fin du xviiie siècle, où il était inconvenant de regarder l’heure en société. Je suis comblée ! J’aime le français et si A.-L. Breguet y participe, mon admiration pour lui augmente ! D’ailleurs, au paragraphe 9 on va encore parler de la façon de connaître l’heure sans regarder la montre.
8. Les pendulettes de voyage : c’est aussi une invention de Breguet : jusqu’alors, lorsqu’on voyageait, on prenait sa pendule, on arrêtait le mécanisme et le remontait une fois arrivé à destination ; on retrouvait l’heure chez un voisin ou dans sa montre automatique et on la réglait. Breguet invente une pendulette avec un balancier qu’il n’y a plus besoin de régler. La première pendulette de voyage a été vendue au Général Bonaparte, 1798 ! La date à laquelle Bonaparte est allé à la manufacture est trois semaines avant son départ pour la campagne d’Égypte. C’est le jeune général. Le même jour, il acquiert deux montres de poche. Pour la petite histoire, les femmes, la sœur, les frères, bref, toute la famille de Napoléon sera cliente de la maison Breguet.
Extrait du registre tenu par Abraham-Louis Breguet. On distingue « Général Bonaparte ». C’est la consignation de la vente de l’une des montres mentionnées, celle-ci est à répétition des quarts.
9. Système d’alarme : Breguet perfectionne et adapte à l’utilisateur le système précédent. Dans la vitrine, on voit la montre-bague qui a appartenu au comte Alexandre Demidov, 1832. Non seulement c’est un exploit que de concevoir une montre sur une bague, mais c’est aussi une montre réveil à alarme. Le réglage de l’heure se fait par la couronne à droite, et celui du réveil avec la couronne de gauche. Ce système permettait cu comte de fixer l’alarme à une heure fixe et au moment précis un petit pic s’enfonçait dans le doigt et avertissait son possesseur que le temps était arrivé. C’était très pratique pour les entrevues, les visites. Je me dis qu’encore aujourd’hui ce serait intéressant d’avoir un tel système !
Bague du comte Alexandre Demidov, 1836; (le fond n’est pas uniforme, car la montre se trouve dans son écrin d’origine et je voulais la mettre en valeur). C’est une bague-montre avec des systèmes vraiment extrêmement ingénieux !
Je suis de plus en plus admirative de l’esprit d’Abraham-Louis Breguet. Il s’est réellement demandé comment il pouvait rendre plus simple en même temps que pertinente l’utilisation du garde-temps qu’est la montre. C’est certain qu’il n’a pas seulement appliqué ce que ses prédécesseurs ont inventé, créé, introduit, mais qu’il va aussi prendre chaque élément de la montre et l’amener à une certaine perfection. La preuve, dans certaines montres mécaniques d’aujourd’hui, il y a encore des inventions et perfectionnements introduits par Breguet il y a plus de 200 ans ! Comme déjà dit, pour les montres de souscription, par exemple, les éléments qui la composent sont simples à mettre et à enlever, ce qui fait que si la montre tombe en panne, un horloger moyen, et pas seulement dans sa manufacture, peut facilement la réparer. Breguet a pensé à tout !
10. Monsieur Vassor est passionné par son métier, cela se sent. En l’entendant discourir sur la montre, je comprends que si l’on porte des vêtements, des bijoux et la montre, il y a quand même une différence avec la dernière. Les habits on les change, les bijoux, on oublie même qu’on les porte, la montre on la porte, on la consulte, on l’utilise presque tout au long de la journée ! C’est un objet personnel. Une preuve : Madame Joséphine Bonaparte a commandé une montre en 1800 et lorsqu’elle devient impératrice, elle retourne à la manufacture pour ajuster la taille des diamants. C’était sa montre et ce sera sa montre ! Ensuite, elle la fera personnaliser pour sa fille, Hortense de Beauharnais – qui devient reine des Pays-Bas – en y faisant incruster un H en diamants. Il s’agit de la montre médaillon vue plus haut.
11. Première montre bracelet : c’est encore Breguet qui l’invente pour la sœur de Napoléon, Caroline Bonaparte, qui devient reine consort de Naples. Dans les archives, elle figure comme « montre de bracelet à répétition », « à répétition » voulant dire qu’elle chante l’heure. Dans les registres elle figure ainsi : « Montre de forme oblongue à répétition sur bracelet d’or et de cheveux ». Elle a été vendue en 1810. C’est tout simplement fabuleux de penser à la naissance de cette forme de montre !
On arrive aux montres compliquées (dans le vocabulaire d’A.-L. Breguet) : ce sont des montres à répétition à la demande. C’est-à-dire qu’on a un poussoir sur lequel on appuie et qui va déclencher la sonnerie de l’heure, au quart d’heure ou à la minute près. Et pourtant, extérieurement, ces montres sont aussi esthétiquement épurées que les autres ! En fait, Breguet a déjà inventé, 1783, le ressort-timbre qui remplacera le timbre ou cloche sur les montres. Ce qui a permis de diminuer l’épaisseur des montres à sonnerie. Il perfectionnera le système jusqu’à donner les heures, les quarts et la seconde après le dernier quart. Les autres horlogers vont le suivre.
12. Chronomètre de marine : c’est Louis XVIII. qui nomme Breguet « Horloger de la Marine ». À l’époque un pays fort a une marine forte pour le commerce et les guerres. Avant l’invention du GPS il y a le chronomètre de marine qui permet de savoir où le bateau se trouve sur une carte. Si un navire peut calculer sa position au milieu de l’océan du nord au sud grâce à la position des étoiles et du Soleil, il ne peut le faire de l’ouest à l’est. Dans le domaine du chronomètre, Breguet apporte aussi des innovations aux mécanismes. Il invente le chronomètre à double barillet. Je suppose que les experts savent ce que cela veut dire. On est en 1815, mais Breguet avait déjà construit des chronomètres pour la marine espagnole. La collaboration avec la marine française va durer trois générations.
Le GPS et les téléphones portables d’aujourd’hui font le point de la distance entre trois satellites différents autour de la Terre et c’est grâce à la différence des temps que l’on saura le temps qu’on vit et à quel endroit on est localisé.
1823 décès d’Abraham-Louis Breguet. Mais sa manufacture continuera d’exister pendant près de trois générations dans la famille. En 1870, l’horlogerie change : on sait fabriquer des montres précises et de qualité en plus grand nombre. C’est aussi l’époque de l’électricité et le fils de Breguet va s’y intéresser. C’est également l’époque du télégraphe, du téléphone. Ensuite, Louis-François-Clément, petit-fils, cède la manufacture à son chef d’atelier Edward Brown. La maison Breguet reste chez les Brown pendant près de 100 ans, soit jusque vers 1970. On doit à cette famille le fait que l’entreprise ait survécu à la première guerre mondiale, à la crise de 1929, à la seconde guerre mondiale. Pas facile du tout. Chose formidable, la famille a aussi continué d’alimenter les archives. S’en suivent deux autres investisseurs avant d’arriver en 1999 dans le giron de Swatch Group par Nicolas Hayek.
Après le décès du fondateur de la manufacture, on continue de voir les descendants et alliés jouer un grand rôle dans les changements technologiques.
Horlogerie, télégraphie, téléphonie, aviation : ce sont les domaines où ils brillent. Le fils Antoine Louis a inventé la première montre à remontoir sans clef, le petit-fils Louis-François Clément, celui qui a vendu l’entreprise, est intéressé par l’électricité, l’arrière-petit fils, Antoine Breguet se rend célèbre avec la dynamo électrique et le téléphone. Le premier appel téléphonique fait en France s’est fait entre le 1er et le 3e étage au 39 Quai de l’Horloge ! Ce n’est pas rien ; et Louis-Charles Breguet, fils d’Antoine, (on est donc dans la cinquième génération) est l’ingénieur du premier hélicoptère volant (cela se passe en 1907 il a alors 27 ans) ! il est aussi le fondateur de la « Compagnie des messageries aériennes », origine d’ « Air France » dont il est aussi le fondateur ! En 1930, le premier trajet Paris-New York est effectué par un avion Breguet, le Breguet 19TR Super Bidon (allusion à son grand réservoir et décoré de deux points d’interrogation dans son fuselage, en 37 h 18 min. En 1976 c’est un avion militaire Breguet deux-ponts qui permet à Ramsès ii. d’aller à Paris pour son traitement de beauté à Paris ! Par ailleurs, j’ai une relation particulière avec le journal Le Figaro et il se trouve qu’il appartient au groupe Dassault, que j’ai rencontré Serge Dassault et que c’est son père, Marcel Dassault qui a acheté en 1967 la Breguet Aviation avant de l’intégrer à sa propre entreprise sous le nom Avions Marcel Dassault- Breguet Aviation, ou Dassault- Breguet.
J’en reviens à Abraham-Louis Breguet, car c’est lui qui m’intéresse. Je le trouve fascinant et je crois bien que j’envie un peu M. Richard Vassor de travailler dans un endroit si plein d’histoire et d’êtres qui ont marqué le monde. Je trouve qu’il n’y a rien de plus remarquable que de participer à l’agrément de la vie des autres. On le fait tous, mais certains plus que d’autres. Je salue particulièrement Louis-Abraham Breguet !
Notes :
comment ces différents garde-temps sont-ils arrivées au musée ? C’est Nicolas Hayek et sa famille qui se les sont procurés lors de ventes aux enchères. On les remercie pour cette magnifique action ;
toutes les montres du musée ont été conçues par des Breguet, sauf une, par la famille Brown. L’armée française avait lancé un appel d’offres au sujet d’une montre pour ses pilotes. Breguet l’emporte ! Heureusement que les Brown ont gardé le nom Breguet. Ils sont ses dignes successeurs ;
les montres produites par Breguet portent toutes une signature et un numéro. Ce numéro figure dans les archives Breguet où on trouve également le nom du propriétaire, les spécificités de la montre, la date de fabrication et d’achat. Les archives remontent au xviiie (voir note* en bas de page) siècle et le musée de Paris en est très fier ;
Breguet n’a jamais fait deux montres pareilles*. L’une de celles que j’ai vues a les phases de la lune, c’est la montre personnelle de Marie-Louise, la seconde femme de Napoléon ;
Breguet ne garde pas toutes ses inventions et améliorations pour lui, il les transmet à ses élèves et collaborateurs. Il était convaincu qu’on ne pouvait avancer que par l’échange !
l’anecdote au sujet du système de protection des montres lors d’une chute : Abraham-Louis Breguet se trouvait en visite chez Talleyrand et parle de son système. Afin de prouver ce qu’il dit, il lance sa montre au sol et Talleyrand dit : « Ce diable de Breguet veut toujours faire autrement que mieux ! »
le mot pare-chute n’apparaît pas dans mes dictionnaires. Le plus fiable est celui d’Alain Rey. Il parle de « parachute », construit selon la logique du « parapluie » et qu’il fait remonter à 1784 ; quant au mécanisme horloger il le situe en 1832, soit après la mort d’Abraham-Louis Breguet. Cela va sans dire, je pense qu’A.-L. Breguet a raison car il fait appel au verbe « parer », tout comme on dit « pare-feu » ou « pare-brise », c’est un mécanisme qui protège des chutes, donc « pare-chute ». Je vais faire une recherche et me dis que j’ai un rôle à jouer ici grâce à Breguet ! Décidément, mon intuition et intérêt pour lui sont plus que justifiés ;
Note* liée à l’écriture des siècles. En français, les siècles s’écrivent en petites capitales, or le logiciel de cette plateforme ne connaît pas ce bas de casse. J’ai pensé contourner l’obstacle en faisant un copier-coller à partir de Word – qui, lui, reconnaît les petites capitales, mais une fois le siècle collé, les I en petite capitale sont devenues de « i ». Je me suis dit qu’en PDF l’affaire serait résolue… Même résultat, dommage !
Comme je le disais au début, il faut célébrer les gens qui ont contribué à améliorer notre vie et c’est le cas d’Abraham-Louis Breguet. Il ne me reste plus qu’à montrer le bâtiment de la manufacture où j’ai eu le privilège d’entrer et d’aller m’assoir au salon, d’y passer des moments inoubliables avec l’une de ses descendantes, Claude Nabokoff. Tout cela me donne l’impression que l’esprit de M. Breguet est derrière une porte que je ne vois pas mais que je sens.
On voit les fenêtres allumées, on dirait qu’A.-L. Breguet est à son établi en train de penser à l’une de ses inventions !
Je publie cet article un 1er mars, jour de l’indépendance de la République et canton de Neuchâtel. Jour qu’Abraham-Louis Breguet aurait célébré avec joie s’il avait été de ce monde en 1848, tellement il était un être indépendant. Être indépendant, ingénieux, apporter des innovations nourrissantes, c’est magnifique !
Dans le temps que je vis, j’ai la chance de pouvoir revoir des endroits. Je suis donc retournée au musée Breguet et monsieur Vassor m’a à nouveau accueillie avec son enthousiasme communicant. J’ai donc maintenant une photo du garde-temps d’Antoine Louis Breguet, le fils d’Abraham-Louis Breguet. Montre fabriquée entre 1804 et 1817. Il est indiqué que c’est un garde-temps expérimental, mais c’était aussi sa montre personnelle. Le fils devait avoir entre 30 et 40 ans.
Je suis très reconnaissante à monsieur Vassor pour ses explications et je le remercie de m’avoir permis de faire des photos des pièces du musée.
Le temps… Le temps passe… 2023. Il y a l’exposition Time to Watches à Genève et je m’y trouve à un stand. J’ai la chance de participer à une aventure horlogère neuchâteloise ! Il se trouve que j’ai un ami, Roger Peeters (un Néerlandais qui habite le même canton que feu Abraham Breguet et que moi) qui a créé une montre inhabituelle, jamais faite jusqu’ici, une montre en forme d’anneau, (voir sa plateforme ici) et que parmi les visiteurs il y a des personnes particulières qui, au fil de la conversation me font savoir qu’ils possèdent des Breguet ! Je n’ai pas eu la chance de participer à l’aventure Breguet, mais Roger vient compenser ce manque et je me sens en famille. Les dimensions temporelles se mélangent les unes aux autres. Voici les merveilles :
Voici la montre de Romain, référence : 7067
La beauté des montres parle pour elles !
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Ceux qui suivent l’émission savent que la série continue en 2024 et que les épisodes continuent de nous apporter des informations remarquables, pertinentes et particulières. Je suis toujours sous le charme. Au texte écrit, j’apporte ici des modifications. Les « jupons » appartiennent aussi à d’autres dames de l’Histoire, telles Christine de Suède, Frida Kahlo, et forcément la cuisine et l’origine de certaines expressions que Serge Alzérat rapporte avec le plaisir qu’on lui connaît.
Le hasard, ce fameux hasard qui n’existe pas, m’a fait tomber un jour sur l’une des émissions de la chaîne Chérie 25, « Sous les jupons de l’Histoire », émission de ADLTV et dont la journaliste est Christine Bravo. Pour ceux qui ne connaissent pas l’émission, Christine Bravo, qui est à l’origine de l’idée, revisite l’Histoire de France, essentiellement sous l’angle de femmes qui ont marqué l’Histoire : reines, favorites ou celles qui ont eu destin exceptionnel, comme La Belle Otéro, Colette.
La forme de l’émission fait penser à un magazine de mode, avec diverses rubriques, dont : beauté, mode, santé, cuisine. Chaque rubrique, présentée avec beaucoup d’humour et sous une forme moderne, a un ou des spécialistes qui répondent aux questions de la journaliste. J’ai été fascinée par le cuisinier, Monsieur Serge Alzérat, patron du restaurant « L’Opportun », 62, Boulevard Éduard Quiné, Paris dans le XIVe arrondissement.
Je n’ai pas un attrait particulier pour la cuisine, mais quand j’ai vu et entendu Serge Alzérat… je me suis dit que la prochaine fois que j’irais à Paris, j’irais à son restaurant pour le voir. Je suis toujours attirée par les personnes qui aiment leur métier, cela les rend heureuses et leur rencontre m’a toujours enrichie. C’est le cas, une fois de plus, avec Serge Alzérat.
Nous voici dans son restaurant « L’Opportun » qui ne désemplit pas. Si on veut être sûr d’avoir une place, il vaut mieux la réserver. Précision : c’est une cuisine lyonnaise qui est servie.
Les producteurs de la série ont suivi le choix de Christine Bravo en la personne de Serge Alzérat. Effectivement, il a l’air d’un cuisinier, d’une personne qui aime bien manger, bien faire à manger et qui incarne la jovialité ! Raisons pour lesquelles, je ne résiste pas à mettre la photo avec lui et moi et pas lui tout seul.
Alors, qu’est-ce qui m’a fascinée chez le personnage ? Sa façon de parler des mets de l’époque, de ce que le personnage présenté a apporté à l’art de la table en plus de raconter comment les plats étaient préparés à l’époque. On sent les plats et recettes vivre ! J’ai appris beaucoup de choses en l’écoutant, le samedi en début de soirée. De plus, il explique également certaines expressions liées à la cuisine et qu’on utilise tous les jours sans y penser ; comme je suis sensible au langage, j’ai été transportée ! C’est l’une des caractéristiques des personnes qui aiment leur métier, ils font des liens avec d’autres choses, d’autres domaines.
Alors, qu’est-ce que j’ai appris ? Je précise tout de suite que je n’ai pas vu toutes les émissions, il y en a eu 50. Mais, ce qui est certain c’est qu’elles sont toutes porteuses d’anecdotes, de renseignements qui nous touchent de près, des renseignements sur l’Histoire vue autrement, sur l’histoire culinaire, sur l’origine de certains faits et sur l’origine de plusieurs mots et expressions, sujet qui me passionne !
Voici un échantillon :
La fourchette : c’est Catherine de Médicis qui l’a importée d’Italie. Cela n’a pas été facile. Il y a eu de la résistance car les hommes se tachaient la fraise ou collerette en la maniant. On imagine la scène ! Alors, fine mouche, Catherine de Médicis a instauré la serviette. Il se trouve que certaines personnes avaient les moyens de s’acheter une très grande collerette pour paraître riches, mais plus assez pour s’acheter des serviettes en conséquence. Ces personnes n’arrivaient donc pas à joindre les deux bouts de la serviette ! C’est l’origine de notre expression. Je suis comblée par l’explication !
La pâte à choux : c’est aussi Catherine de Médicis qui l’a introduite en France, ce qui a donné naissance aux gnocchis, à la quenelle ;
Les bombons : Catherine de Médicis, encore elle, donnait aux enfants des pastilles de différentes couleurs et les enfants disaient que c’était bon, bon !
La blanquette de veau : c’est sous Anne de Bretagne. À l’époque, il fallait bouillir la viande très longtemps car elle se mangeait juste après que l’animal avait été tué et la viande était très dure. Aujourd’hui, la viande est prête pour la consommation après 21 jours ;
La meringue : a été faite en l’honneur de Marie Leszczynska ;
Les plaques de marbre dans les crèmeries : c’est l’impératrice Eugénie qui les a instaurées ;
Les écriteaux qu’on met devant la porte de sa chambre d’hôtel, c’est aussi à l’impératrice Eugénie qu’on les doit. En effet, les vendredis soir (il y avait déjà des sorties le vendredi soir !), l’impératrice invitait des hôtes au château de Compiègne. C’était le nec plus ultra. Les invités arrivaient avec leurs valets et servants. C’était des soirées à 800 personnes environ. Afin d’éviter les erreurs, elle a eu la première l’idée de demander aux invités d’accrocher à leur porte leurs désirs pour le petit-déjeuner !
Les glacières : elles sont apparues pour la première fois aussi sous l’impératriceEugénie au château de Compiègne ;
La naissance du champagne : le climat avait permis la culture du vin en Angleterre, puis il a changé ; alors le vin partait de la Seine et arrivait en Angleterre. Mais, durant le trajet, le vin tournait et devenait du vinaigre. Heureusement qu’on a eu l’idée de lui ajouter du sirop, du sucre. Le champagne était né ! On est au xvie (note en bas de page) siècle ;
Le baba au rhum : lorsque le kugelhopf était très dur, les gens, qui avaient souvent des problèmes avec leurs dents, n’arrivaient pas à le manger et on a eu l’idée de l’arroser de rhum ! D’abord, ils l’ont mouillé avec du tokay, puis du marsala et c’est sous Napoléon et Joséphine qu’on l’a mouillé au rhum !
Les premières cartes de vin : c’est Joséphine de Beauharnais qui les a écrites, elle a classé les vins selon leur provenance, etc. ;
Les verres à vin, les verres à eau et les verres à liqueur : c’est aussi Joséphine qui les a introduits ;
Les premiers restaurants en France : ils s’ouvrent lorsque la Révolution éclate. La noblesse quitte la France et les chefs-cuisiniers n’ont d’autre possibilité d’existence que d’ouvrir des restaurants !
Dans la série de cette année 2024 :
Le nougat. Dans l’épisode sur la reine Christine de Suède on nous rappelle qu’elle était une femme extrêmement cultivée et qu’une fois qu’elle a fait le tour de ce qu’elle pouvait faire pour son pays elle a renoncé à son trône et à sa religion ; qu’elle va s’installer en Italie où elle découvre la cuisine italienne et s’en régale. Lorsqu’on arrive à la rubrique « Cuisine », Serge Alzérat nous dit que les mamies donnaient la friandise aux enfants, ceux-ci disaient : « Tu nous gâtes ! Tu nous gâtes ! », d’où le nougat ! Serge nous dit que la cuisine suédoise n’avait rien de particulier et qu’elle n’avait pas bénéficié du fer de lance que Catherine de Médicis avait représenté pour la cuisine française ;
La cuisine mexicaine : on apprend dans l’épisode sur Frida Kahlo que la cuisine mexicaine figure au patrimoine de l’UNESCO.
Et un autre échantillon couvrant d’autres sujets :
La robe de mariée blanche : c’est la reine Victoria, l’une de mes héroïnes, qui a lancé la mode. C’était dans le but de passer inaperçue aux côtés de son mari, le prince Albert de Saxe, qui n’avait pas de titre anglais et qui portait son uniforme de maréchal. Pour la même raison, elle n’a pas porté de couronne royale, mais un arrangement floral sur la tête ;
Les pommes de terre en robe de chambre : c’est tout simplement que lorsqu’on arrivait à la maison, on mettait sa robe de chambre et qu’on se mettait à table pour manger son repas composé de pommes de terre ! Tout comme Christine Bravo, je me disais que la pelure de la pomme de terre devait évoquer une robe de chambre ou quelque chose de ce genre-là. Me voilà renseignée !
Instauration du métier de chirurgien-dentiste : c’est Louis XIV qui a institué le métier. Auparavant, c’était le barbier qui extrayait les dents. Point. C’est le chirurgien-dentiste Pierre Fauchard qui créa la première école dans ce domaine en France ;
Accouchement dirigé par des chirurgiens : c’est aussi Louis XIV qui instaure cette coutume, auparavant c’étaient les accoucheuses qui officiaient. Louis XIV anoblit le premier accoucheur, Julien Clément, dont ont a gardé le nom car il a fait des interventions qui l’ont rendu célèbre ;
Certificat d’études ménagères : institué au xixe siècle (note en bas de page), époque de George Sand. C’est aussi l’époque où les mères enseignent à leurs filles à faire la cuisine.
Tout cela est magnifique et me donne envie d’écouter les autres émissions. Serge Alzérat dit qu’il a beaucoup appris parce qu’il se devait d’être absolument honnête et que le sujet le passionne. Il m’a aussi dit que les émissions ont souvent servi de référence lors d’examens ou de publications. Je trouve que Serge Alzérat a de quoi être fier.
Il me raconte que pour son apparition dans une émission, apparition qui durait de 5 à 8 minutes, c’était toute une semaine de travail (c’est toujours le cas en 2024) ! Il y avait la recherche, l’écriture, les allers-retours afin d’amener les plats cuisinés de son restaurant à l’endroit du filmage, car il n’était pas permis de faire la cuisine dans les châteaux pour d’éviter tout risque d’incendie… Je suis admirative d’autant plus qu’il a continué à tenir son service dans son restaurant. La cuisine devait être bien encombrée !
Il raconte aussi que certains sujets ont demandé bien de la recherche, mais de façon générale, dit-il, on manque de documents historiques dans l’art culinaire :
Louis XIV. Bien que ce soit le roi français qui ait eu le règne le plus long, qu’il ait eu une reine et bien des maîtresses, sa table n’a pas beaucoup varié. Ce qui changeait c’était l’alimentation aphrodisiaque que la favorite du moment lui donnait afin de lui prouver que c’était elle qui lui donnait le plus de plaisir. Serge Alzérat a dû faire pas mal de chercherches de ce côté-là ;
Sissi impératrice lui a donné du fil à retordre, car anorexique. Alors, il a présenté un petit pois sur une assiette !
la reine Victoria. Quand Serge Alzérat l’a évoquée, je me suis extasiée. Je trouve le personnage fascinant et lui aussi : sa façon d’être, sa gourmandise, son intelligence, son ouverture d’esprit, sa façon d’aimer les hommes qui l’ont accompagnée dans sa vie sont remarquables. Elle jouit de toute mon admiration.
Je dis souvent que l’histoire est la branche la plus importante que l’on apprend à l’école et pourtant elle est reléguée au second plan. L’histoire nous raconte comment les choses se sont passées, ce qu’on doit à qui et ce d’autres nous ont évité. En principe, on devrait pouvoir en tirer des leçons et pourtant… on en est très souvent confronté aux mêmes problèmes : le pouvoir, l’argent.
Il m’arrive de m’arrêter dans ma vie et de remercier celui ou celle qui a inventé telle ou telle chose qui me facilite la vie : une aiguille, une vis, le papier, en fait tout, et avec Serge Alzérat et Christine Bravo, je complète bien des références.
Les émissions continuent d’être diffusées les samedis après-midi et les dimanches matin. Ce sont régulièrement 200 000 personnes qui les regardent.
Précision non anodine : Serge Alzérat est le seul chroniqueur qui a fait toutes les 50 émissions !
Je suis très fière de montrer l’autographe de Serge Alzérat où il m’adresse ses « Amitiés gourmandes » ! C’est le portrait du personnage.
Serge Alzérat, cuisinier lettré. Nous pouvons très bien dire que Serge Alzérat est un cuisinier lettré au sens des Chinois de l’Emprire. À ce propos, j’ai trouvé sur la toile une définition qui s’applique bien ici dans l’article « Les lettrés chinois, une classe d’intellectuels », de Camille Bertrand : D’après le Cihai 辞海, dictionnaire encyclopédique (éd. 1979), le terme wen ren 文人, par lequel on désigne aujourd’hui le lettré en chinois, est une personne versée dans l’étude et la lecture possédant des qualités idéales ainsi qu’un caractère moral.
Note sur l’écriture des siècles : voici l’allure que devrait avoir notre siècle sur ma plateforme si le logiciel le permettait. On le sait, les siècles, en français, s’écrivent en petites capitales et avec la lettre « e » en exposant haut. Précisons, comme le dit notre ami Chambaron, que s’il s’agit d’un titre où tout est en capitales, il va de soi qu’on écrira aussi ainsi les siècles. C’est tout. Certains logiciels, on ne sait qui les a composés, n’ont pas cette option et c’est regrettable. Word sur mon Mac le permet. Je remercie les programmeurs qui y ont pensé.
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Photo d’André sur le plateau de Franc-Parler, émission de la TSR.
Lorsqu’un être cher quitte ce monde, on a parfois de la peine à comprendre ce que cela veut dire et on cherche par tous les moyens à le faire revivre. C’est ce qui m’est arrivé avec André. Maintenant que j’ai une plateforme et que j’ai pu me procurer une copie de l’émission « Franc-Parler » de notre télévision romande, faite le 29.06.1985, je me fais une joie de la mettre ici-bas. Je profite pour remercier le service des archives qui a été d’une efficacité remarquable !
Lien : je n’arrive pas à télécharger l’enregistrement vidéo, aussi, me suis-je rabattue sur un enregistrement audio pour le plaisir d’entendre la voix d’André en plus de ses arguments pertinents !
Au moment où je n’arrivais pas à télécharger la vidéo, j’ai téléchargé l’enregistrement sous forme audio. Je me suis donné tant de peine, que je laisse les deux versions !
Ah, oui, la culture… Tout comme André, sans que nous ne nous soyons jamais concertés à ce sujet – parenthèse, c’est ce qui a été formidable dans notre relation, nous n’avions pas besoin de nous concerter pour être sur la même longueur d’onde. Et quand je ne savais pas quelque chose, et qu’il me l’expliquait, cela allait de soi. Inversement aussi. C’était le bon temps ! Fin de la parenthèse – (à propos de parenthèses, André était un admirateur de l’humoriste Alphonse Allais qui utilisait justement les parenthèses de cette façon-là ; c’est d’ailleurs la seule façon de faire, mais le fait même de dire « parenthèse » était comique, surtout quand André lisait ses textes, et aussi raffiné. Or André était un être très raffiné) – je disais donc, la culture, oui, tout fait partie de la culture, les modes de communication, si à la mode aujourd’hui, la façon de s’habiller, les codes du trafic routier, le commerce, les réclames, tout. Le discours d’André est concis, intelligent et s’applique encore au monde d’aujourd’hui !
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Une nouvelle fois, je me dis que les histoires ne commencent pas toujours de la même façon car celle-ci ne déroge pas à la règle. Depuis que mon ami André Oppel (graphiste et ancien directeur du Centre culturel neuchâtelois) a quitté ce monde, j’ai gardé les quelques affaires qu’il a laissées tout en me disant qu’elles devaient bien aller au bon endroit. On m’avait dit que cela n’intéressait personne… J’ai bien fait d’attendre.
Photo prise à l’époque où André Oppel travaillait pour l’industrie, 1965. Magnifique photo de Pierre-W. Henry.
Le départ de cette histoire est la « Fabrique d’horlogerie Froidevaux S.A. » où André a travaillé en tant que graphiste ; puis, c’est Roger Peeters, ingénieur travaillant dans l’horlogerie et dont je parle dans deux autres articles (un = danse et mathématiques – deux = cameraman et body painting ), qui me dit qu’il faudrait que j’aille voir le « Musée d’horlogerie du Locle – Château des Monts ». J’y suis allée cet été et l’ai trouvé très beau, complet, harmonieux. J’y ai lu des noms de famille d’anciens amis ou connaissances neuchâtelois. Cela m’a mise un peu en famille. De plus, le personnel est des plus aimable et cela compte. J’ai cru l’histoire finie, si ce n’est que je me disais que la prochaine fois que j’aurais des amis de l’étranger, j’allais les amener à ce musée.
Rôle du Musée de l’horlogerie du Locle. À un moment donné, je me retrouve avec un catalogue de la fabrique Froidevaux en plus. Jack Froidevaux, le fils du fabricant en a déjà un et je pense au musée. Je téléphone. Une aimable archiviste, Mme Marlène Rüfenacht, prend contact avec ses collègues et me répond qu’ils sont intéressés par tout ce qui pourrait concerner des documents horlogers de la période 1950 – 1970. Cette époque a été d’une grande effervescence dans le monde horloger neuchâtelois, mais il y a eu une crise et bien des maisons ont fermé, emportant avec elles les archives. Le musée n’a pas beaucoup de traces de cette période.
J’organise alors la remise de documents au musée. Pour cela, je réunis Knut, le photographe attitré de mes activités, Roger déjà cité et Jack Froideaux, le fils du fabricant. On monte au Locle et on se trouve à l’entrée du musée.
Roger, Jack, Knut.
Musée des Monts au Locle
Puis, le moment tant attendu arrive. Nous sommes reçus par M. François Aubert, président du comité du Musée des Monts et Mme Marlène Rüfenacht, l’archiviste. Se trouve aussi présente « Canal Alpha« , notre télévision locale dont le rédacteur en chef du journal, M. Etienne Arrivé, a pensé que c’était un événement suffisamment important dans l’histoire de l’horlogerie pour en faire mention dans son journal du 13.09.2019. Nous le remercions, ainsi que son équipe, pour cette collaboration. Le reportage, je l’espère, va inciter d’autres personnes possédant des archives ou des pièces horlogères à les remettre au musée. Le journaliste qui a présenté le reportage a aussi émis le même voeu.
L’accueil que nous réserve M. Aubert est chaleureux et nous passons des moments inoubliables en famille horlogère, car M. Aubert a aussi travaillé dans l’horlogerie et est passionné par la branche. C’est un plaisir que d’avoir des échanges avec lui ! De plus, nous avons eu droit à une visite commentée par lui. J’ai appris bien des choses et tout cela me rapproche de ma région d’adoption.
J’avais composé un dossier fait avec la couverture du catalogue. En passant dire bonjour à M.Marc Mettler, le libraire et propriétaire du « Cabinet d’Amateur » à l’Escalier du Château, Neuchâtel, il voit mon dossier, remarque que je ne veux pas l’abîmer et me prête une paire de gants qu’il utilise pour son travail ! Les gants ont fait le voyage jusqu’au musée !
Dossier contenant les dessins et catalogue de la « Fabrique d’Horlogerie Froidevaux S.A. Neuchâtel – Suisse », faits par André Oppel, graphiste à l’époque.
M. François Aubert, M. Jack Froidevaux, moi, Mme Marlène Rüfenacht Montage du catalogue et dessins faits par André Oppel, ainsi qu’une montre Precimax, dont la fabrique se situait à Monruz, Neuchâtel, toujours dans les années 1950-1970.
Ce qu’il y a d’important dans cette histoire, c’est que ce hasard, qui n’existe pas, a permis tellement de choses, que j’en reste étonnée alors que je savais au fond de moi que quelque chose devait arriver avec les documents que mon ami avait laissés. Ainsi :
le Musée d’horlogerie du Locle se trouve enrichi avec des pièces pour ses archives. En effet, le musée n’avait pas entendu parler de la fabrique Froidevaux et les témoignages du fils de l’entrepreneur ont été très bienvenus ;
Jack Froidevaux finit de remplir sa mission auprès de son père (c’est lui qui a représenté l’entreprise lors de la faillite dont les procès auront duré 20 ans !) ;
je participe à l’enrichissement du patrimoine horloger. Cela me procure un très grand plaisir et renforce ma confiance en moi, car j’ai eu raison de garder les documents ;
le plus important : le travail d’Adré Oppel se trouve honoré.
Bref, participer à l’enrichissement du patrimoine horloger est toute une aventure hors du commun !
Toutefois, mon périple horloger ne finit pas là. D’autres éléments vont se greffer :
Je devais aller à Paris et voulais y voir quelque chose en lien avec l’horlogerie. C’est une fois de plus Roger qui me dit d’aller voir le musée Breguet. Breguet… J’ai entendu parler des montres Breguet et de l’esprit très spécial d’Abraham-Louis Breguet au Musée des Monts, lors de la visite commentée par M. Aubert. Je décide d’aller le voir ;
Lors de la visite guidée du musée Breguet à Paris, je demande où se situait la manufacture Breguet car j’ai soudain l’envie d’aller voir l’endroit. C’est au « Quai de l’Horloge » me dit le guide. J’y vais et il se trouve que j’y étais passée la veille et même étais entrée dans la boutique à côté. Je me mets devant la maison qui n’a pas de sonnette en me disant que quelqu’un va bien sortir. J’attends une demi heure. Je racourcis. Finalement, je me trouve devant la descendante de M. Breguet. On convient d’un rendez-vous plus tard dans l’année ;
Je vais revoir le libraire, M. Marc Mettler (le propriétaire des gants !). Un monsieur parle avec lui. Longuement. J’attends. J’attends et j’attends. Finalement, je me dirige vers le rayon d’horlogerie et me demande si je ne vais pas trouver quelque chose sur M. Breguet dont je suis devenue une admiratrice. Arrive Marc avec le monsieur et me le présente. Il s’agit de M. Antoine Simonin, fameux formateur d’horlogers et directeur des « Éditions Simonin » spécialisées dans l’horlogerie. Je lui rends visite à Dombresson. Je lui parle de M. Froidevaux et lui montre la photo du bâtiment qui a abrité sa fabrique d’horlogerie à ses débuts. C’est alors que M. Simonin me dit qu’il a été le directeur du WOSTEP (Centre de perfectionnement horloger) qui se situe à cet endroit même. Il apprend, en quelque sorte, que ce bâtiment a un passé horloger !
Cette aventure où des bouts d’histoire parfois si éloignés les uns des autres se rencontrent sur un même terrain me fait penser aux mots prononcés par la nouvelle déléguée à la culture à Neuchâtel, Mme Gaëlle Métrailler, lorsque je lui ai raconté l’affaire : « Cela prouve que vous êtes dans le juste ».
Effectivement, quelle émotion de voir le périple fini et les documents, ainsi que la montre, commencer une nouvelle vie dans le musée !
Voir le nom d’André et le mien au musée, me provoque une émotion…
Au moment d’apporter la montre au musée, je me suis dit qu’il lui fallait un emballage, un carton, quelque chose. Après plusieurs essais, je me suis dit que j’allais lui fabriquer un « habit » inspiré de celui que je porte le jour de la remise des documents. J’avais un reste de tissu et de dentelle. Le conservateur du musée, M. Morgan Mootoosamy, a trouvé l’idée intéressante et la montre figure ainsi dans la vitrine !
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C’est lors de l’inauguration de la rénovation de l’Hôtel de Ville de Neuchâtel que j’ai pris des photos, certaines sans avoir vraiment de raison et d’autres pour la beauté de la chose. Puis, les choses prennent forme et cela donne, avec Knut, notre photographe attitré ceci :
C’est vrai, Knut passe assez inaperçu malgré son 1,90 et quelques centimètres de hauteur. Il réussit à se fondre dans le paysage. Ici, c’est David de Pury qui le constate dans son tableau suspendu à l’Hôtel de Ville de Neuchâtel. Cette photo peut donc s’appeler David et Knut ou Knut et David.
Cette photo est prise dans le passage entre PKZ et le Temple-du-Bas, Neuchâtel. Knut m’a dit qu’il vaudrait mieux avoir une veste en Gore-Tex si je voulais l’accompagner tôt le matin pour faire des photos. J’ai aimé le mot et il va bien à Knut. Il faut prononcer à la « rrrrussse », avec un accent sur la prmière syllabe – en plus le « o » est une sorte de « ouo » et là… le camarade apparaît !
Je fais des montages pour un article où il sera question de physique (j’ai un faible pour Albert et Mileva Einstein et la première passion de Knut était la phyisique) et me dis que les photos utilisées peuvent aussi venir ici.
On est dans l’espace-temps et les événements épars de ma vie se lient les uns les autres pour former la toile de ma vie.
Ici, des événements liés en attirent d’autres, un monde en attire d’autres.
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Le corps en général dit bien des choses sur les gens. J’ai une section destinée aux mains, cette fois-ci, ce sont des jambes, des chaussures, des pieds qui m’inspirent. Je devrais me promener, tout comme notre ami Knut, avec un appareil photo dans les mains. Heureusement que la qualité des photos prises avec un téléphone portable s’est bien améliorée.
Premier échantillon
Je vais au rendez-vous
Je me demande si je ne tourne pas en rond...
J’avais vu à un cours une jolie fille dont les jambes étaient particulières. Ensuite, ce sont mes mains qui ont trouvé le maquillage qui me permettrait de faire le montage qui suit :