Position des pieds. La danse classique est très exigente et si on ne fait pas attention, on peut porter atteinte au corps. Peu de personnes ont le corps idéal pour la danse classique. J’ai eu la chance d’avoir des professeurs en Roumanie qui ont réfléchi et qui m’ont appris comment travailler pour moi et avec les élèves.
Les fiches. Comme nous n’avons pas de tradition de danse classique à Neuchâtel et pas de danseur professionnel que l’on peut croiser ici ou là, j’ai eu l’idée des fiches avec la position idéale et on les a discutées.
Le pied cambré – le rêve de toute danseuse. J’ai connu des danseuses étoile qui ont toujours regretté de ne pas avoir eu les pieds cambrés et certaines danseuses torturent leurs pieds afin de leur donner une apparence de cambrure… en vain. On peut bien former un pied, lui donner une forme, mais jamais le cambrer. C’est lié à la façon dont on utilise les chaînes musculaires. La première fois que je me suis posé des questions a été lorsque j’ai vu l’un des assistants de l’université, un homme donc, assistant en histoire de la pensée économique, qui avait des pieds tellement cambrés… Je me suis dit que c’était dommage parce que cela ne lui procurait aucun avantage et ai commencé à m’intéresser à l’affaire ; lorsqu’on voit un squelette, aucun, absolument aucun n’a les pieds cambrés. C’est un sujet passionnant dont je discute avec les élèves.
Le talent du danseur. Heureusement qu’il ne se mesure pas à la cambrure du pied ! Lorsqu’on regarde les photos de grands danseurs d’autrefois, peu ont le pied cambré. Il suffisait que le danseur ou la danseuse apparaisse sur scène pour que le miracle opère, cela s’appelle le charisme, l’assurance, la confiance, le talent. Cela ne s’apprend pas non plus, on peut le souligner mais pas l’apprendre.
Je désirais faire savoir aux élèves que chaque domaine, chaque métier, tout comme la danse, a des règles et que la beauté se trouve partout. J’ai aussi organisé des visites dans les commerces locaux et environnants afin qu’ils sachent que nous vivons dans ne comunauté et que les commerçants facilitent notre vie.
Je vais grouper ici les autres rubriques du classeur. Elles sont nées au fil du temps :
la position idéale du corps et celle des élèves (dans un article séparé) ;
la relativité du temps ;
la bonne graphie ;
l’histoire de divers théâtres ;
les fiches relatives aux danses des spectacles de l’école ;
fiches sur la santé d’une danseuse avisée (en collaboration avec le Dr. Nathalie Calame) ;
des histoires sur :
la peinture ;
la mode européenne ;
le monde des champignons ;
une BD des CFF ;
numismatique : billet de 1000 lei roumain – une pièce de monnaie de Hong-Kong ;
éclat d’émeraude et descriptif de la pierre (en collaboration avec la bijoutière Suzanne Dändliker) ;
photo d’une épreuve écrite par Balzac et corrigée par lui;
la beauté se trouve aussi dans les voitures ;
un texte sur l’éducation de Federico Fellini ;
origine de l’Armée du Salut (on avait présenté un spectcle dans leur salle lorsque le Théâtre du Pommier avait été fermé) ;
un masque en papier de l’opéra chinois ;
et tant d’autres choses restées dans le temps…
En regardant mon classeur, j’ai retrouvé ceci :
Je n’y avais plus pensé ; mais elle résume bien ce que j’ai voulu transmettre. Je remercie l’élève. De plus, elle envoie des salutations à André Oppel, (oui, avec deux p !), feu mon ami, qui a joué un si grand rôle dans l’aventure de mon école. Je suis touchée qu’elle ait pensé à lui.
Je ne vais pas tout reprendre, mais voici une sélection :
Aux approches de l’an 2000 on a écrit tout un tas de choses sur cette date, mais…
Ou de la relativité de l’an 2000 ! On félicite le journaliste pour sa pertinence.
Exposition da Vinci. André et moi étions allés voir l’exposition à Zurich. J’ai voulu faire savoir aux élèves qu’il y avait eu un génie universel qui avait imaginé et créé des choses dans divers domaines et dont certaines n’ont vu le jour que des siècles plus tard. Il semble que d’aucuns pensent que le dessin du vélo, trouvé dans les années 1960, soit un faux ; mais un autre recueil de da Vinci parle aussi de la chaîne et en plus il y a un autre dessin d’un tricycle à ressort, ancêtre de l’automobile. Nous avons raconté tout cela aux élèves dont le plaisir n’a pas diminué en découpant et montant le vélo !
Article publié par Le Matin dans les années 1990.
Rlvision de textes. J’ai souvent demandé aux élèves ce qu’ils voudraient être lorsqu’ils seraient grands. Certains le savaient et d’autres disaient , un peu gênés, qu’ils ne le savaient pas encore. C’était le moment que j’attendais pour leur dire que moi non plus, que je cherchais toujours le métier que je ferai quand je serai grande. Là, tout le monde rigolait. Mais, il y a une part de vérité. C’est ainsi que depuis quelques années, j’ai un nouveau métier avec la révision de textes. Comme j’ai une culture assez vaste, je peux me promener dans des textes qui vont de la vulgarisation scientifique au roman historique en passant par des livres consacrés à la langue française. Actuellement, le sort a fait que j’ai rencontré un horloger, Roger Peeters, qui a fait, pour la première fois dans l’histoire de l’horlogerie une montre en forme d’anneau et qui m’a initiée aux rouages de l’horlogerie. Vous voyez…, bon, j’étais déjà une admiratrice d’Abraham-Louis Breguet, mais tout de même…
Révision de textes.2. Je regrette infiniment le relâchement de ce qu’on appelle l’orhtographe. J’ai aussi parlé d’orthographe jusqu’à ce que mon expert, Chambaron, bien connu sur Twitter, que je consulte pour des questions de français me dise que ce mot est mal utilisé. En réalité, on devrait parler plutôt d’orthographie ou de graphie ; car, en effet, ortho en latin signifie « droit, correct ». En plus, on sait que l’on parle de géographie, par exemple, pour l’étude de la terre et de géographe pour celui qui étudie la terre ; en conséquence, on devrait avoir orthographie pour l’étude des signes correctement écrits et avoir une bonne ou mauvaise graphie. Le mot « orthographie » existait déjà en architecture pour désigner la représentation sans perspective de la façade d’un bâtiment. Au moment de l’édition du dictionnaire, l’Académie n’a pas voulu avoir maille à partir avec les architectes. Voici une belle explication du Littré. De plus, en italien, portugais, espagnol, roumain et même en russe, il est question de… Oui, vous avez raison : ortografia !
Les théâtres :
Théâtre Mariinsky avec siganture du photographe ! – Opéra de Bucarest – maquette de l’Opéra de Paris que les élèves ont montée (celle-ci est celle d’André, le même que précédemment).
Le Théâtre du Passage de Neuchâtel a ouvert ses portes en 2000 et j’ai été invitée à « habiller » les loges avec les costumes que j’ai de l’Opéra de Bucarest, du Mariinksy et de mes spectacles ainsi qu’à y faire des maquillages.
Numismatique. Une pièce de monnaie de Hong Kong avant qu’elle rejoigne la Chine. Elle m’a permis de montrer aux élèves que les pièces de monnaie ne sont pas toujours rondes.
Au cours, nous avons fait des exercices, parlé de divers sujets et de danseurs qui ont été importants soit dans l’histoire de la danse soit dans ma vie. Nous avions un classeur divisé en sujets. Voici quelques danseurs.
Les danseurs du classeur de mes élèves. L’idée m’en est venue un jour et j’ai commencé par les deux premières danseuses que j’ai vues sur scène. Il est clair que la vie de chaque danseur mérite un livre. Dans le classeur il y a la photo et un texte racontant des faits de la vie de l’artiste. Ici, je vais rapporter des anecdotes. Pour Danilova et Toumanova, j’ai encore en mémoire leur personnage sur scène en tête. Les autres personnages du monde de la danse, importants pour moi, figurent dans d’autres articles.
Chez elles. Je suis allée , en compagnie de feu mon ami, André Oppel, leur rendre visite alors qu’elles étaient près de quitter ce monde. Cela a été une rencontre très forte. Je leur ai fait revivre une partie de leur vie d’artiste. Pour Danilova, nous sommes allés deux fois chez elle à New York. Nous nous sommes liés d’amitié. Je l’avais cherchée pendant des années et je croyais que je n’allais jamais la revoir jusqu’à ce que je voie une de ses photographies à l’école de Chorégraphie de Saint-Petersbourg avec un autographe récent ! Quand elle ma vue, elle m’a dit que j’étais le portrait de la femme de Fokine ! J’ai eu l’impression de faire partie de la famille ; et lorsqu’elle a raconté les ballets dans lesquels elle avait dansé et dont les décors avaient été conçus par Picasso, André avait dit qu’il avait eu l’impression que Picasso était derrière la porte ! Elle avait aimé les boucles d’oreilles que je portais et dès mon retour à la maison, je me suis procuré une deuxième paire et la lui ai envoyée. Lorsque je lui ai dit que je préparais la variation de la Fée de la grâce avec une élève, elle m’a montré comment surmonter une difficulté technique. Elle se trouvait dans le couloir, a laissé son bâton de côté et s’est mise en 4e position ! Quant à Tamara, le voyage à Hollywood a été aussi inoubliable. Elle nous a remerciés de la visite, a sorti des photos et a raconté que la période était compliquée pour elle parce qu’il y avait eu un tremblement de terre et que ses archives s’étaient éparpillées. J’aurais bien voulu l’aider…
Deux autres danseuses. Marie Taglioni est l’une des premières danseuses à avoir eu une renommée internationale. C’est parce qu’elle avait des bras très longs que son père, Philippe Taglioni, chorégraphe, lui a réglé La Sylphide avec les bras dans la position que l’on connaît. Elle est même devenue la règle, même pour les danseuses qui sont petites. Elle incarne la danseuse romantique. Moira Shaerer a dansé dans le film Les Chaussons rouges. Je ne pourrai l’oublier.
Moscou. Galina Oulanova, bien que formée à Saint-Pétersbourg, a fait carrière à Moscou et a incarné la première génération de danseuses étoiles du temps du communisme. Maximova est la génération qui lui suit.
Anna Pavlova. Celui qui s’y connaît un peu en danse connaît son nom. Elle est la première danseuse à avoir fait le tour du monde pour faire connaître le ballet classique. Elle est la danseuse classique par excellence. Michel Fokine, le chorégraphe russe, a créé pour elle La Mort du cygne. On ne peut rien ajouter d’autre !
Alla et Irina. J’ai eu la chance d’aller rendre visite à Alla Chelest chez elle à Saint-Pétersbourg. Elle figure ici dans le portrait que lui a fait Viktor M. Oriechnikov. Là non plus, il n’y a rien d’autre à ajouter. Irina, je l’ai rencontrée à Vienne lorsque j’ai rendu visite à l’un de mes anciens maîtres de ballet, Oprea Petrescu qui enseignait à ce moment-là à l’Opéra de Vienne et qui logeait chez Irina et son mari Karl Musil. Irina, on le voit ici était très belle et son âme l’était aussi. Je l’ai revue lorsque je suis retournée à Vienne avec André qui était un peu fatigué d’avoir marché. Elle lui a alors offert de s’allonger sur le lit sur lequel Roudolf Nureiev avait dormi ! André a été aux anges !
Kreutzberg. Il a été le danseur expressionniste par excellence et a donné naissance au style de Martha Graham. J’ai eu la chance d’avoir un cours avec lui et me rappellerai toujours que dans une diagonale, il fallait interpréter un certain personnage, chose que je n’avais jamais faite. Sa photo est tellement belle qu’elle mérite une place à part.
Deux danseurs. Je vais à Berne avec André et entre dans une librairie de livres anciens. Je demande s’il y a quelque chose sur la danse et le vendeur parle de danse avec moi. Il me dit qu’il a dansé au théâtre de Berne et me dédicace sa photo. Pietro Antonio y est magnifique ! Karl Musil était donc le mari d’Irina et danseur étoile à Vienne. Il était venu une fois à Interlaken avec la troupe, je lui avais rendu visite et il m’a offert la chambre de l’un des musiciens de l’orchestre pour la nuit !
Alexandra. Je l’ai connue lorsque je faisais un stage de pédagogie à l’école Vaganova. J’avais eu la permission de faire mes maquillages fantaisie à des élèves de l’école et Alexandra était venue. Je lui avais parlé de sa tenue si belle lorsqu’elle avait le dos droit. Elle m’avait répondu qu’elle était trop grande pour entrer au Mariinsky. Je lui avais dit qu’on ne pouvait jamais savoir. J’ai eu raison, elle a été engagée, est même venue danser avec la troupe à Neuchâtel au théâtre du Passage et fait une magnifique carrière de soliste. Elle est l’une des rares danseuses des années 1990 à encore y danser. Félicitations !
Quand on veut, on peut ! Ces deux danseurs ont rencontré des difficultés au départ de leur carrière, mais chacun est devenu une étoile et c’est ce qu’il faut retenir. Les difficultés sont souvent un moyen pour s’enrichir.
Cette photo exerce une facination sur moi. On n’a pas toujours besoin de faire de la danse classique pour avoir de l’esthétique.
Les années 1990. J’étais retournée à Bucarest à cette période et Magdalena était en pleine ascension. Elle a été une danseuse soliste arrivée à maturité grâce à un grand travail. Quant à Natalia, je l’ai rencontrée un peu plus tard, lors d’un second séjour à Saint-Pétersbourg, en regardant les cours de danse des danseurs du Mariinksy. Elle est aussi venue danser avec Alexandra à Neuchâtel. Elle continue sa carrière à Dresde.
Danseuse étoile. Je ne peux pas ne pas finir avec Ileana Iliescu, la danseuse de l’époque où j’étais à Bucarest, la danseuse dont l’attitude dans la vie et sur scène est visible sur cette photo.
Je le dis souvent, la fin d’un cycle annonce le début d’un autre. Cela me fait bizarre quand je le vis. Je viens de finir les nettoyages annuels des rideaux, tapis, chaises et choses de fond de mon studio de danse et voilà que cela coïncide avec le spectacle proposé au comité du « Passeport-Vacances ». J’aime aussi quand les choses s’enchaînent les unes aux autres.
Le Passeport-Vacances pour les Jeunes de Neuchâtel (PVJ). Cela fait des années que je collabore avec lui. Combien ? Je n’en sais rien, mais beaucoup. J’ai proposé diverses activités et actuellement, j’en ai deux : Réflexologie ou découvrir les lignes de téléphone qui parcourent ton corps et Des oiseaux à la maison.
Pourquoi je participe au PVJ. Le rapport avec les enfants est différent ; ils ne sont pas obligés de venir au cours ; ils choisissent leurs activités en fonction de leurs goûts. Il arrive, bien sûr, que ce soit les parents qui choisissent. La dernière fois, par exemple, l’une des fillettes a dit qu’elle n’avait pas choisi de venir au cours de réflexologie, ses joues se sont faites toutes rondes et sa bouche n’était plus qu’un point lorsqu’elle a fini sa phrase. C’était rigolo. Je lui ai dit que sa maman avait fait ce choix plein d’amour pour sa fille, pour qu’elle apprenne des choses qu’elle pourra pratiquer, qui lui rendront service et qui seront utiles. Au cours de l’après-midi, son attitude a changé, elle a apporté des réponses inattendues et s’est préoccupée d’un garçon, bien plus âgé qu’elle, et qui avait l’air seul. C’était très joli. J’en reviens à ma participation : j’aime apporter quelque chose aux autres et chez les enfants cela va tout seul. Je n’ai jamais eu un enfant qui ait dit qu’il n’a rien appris ou qu’il n’a pas aimé. Je pense que c’est une chance d’apporter quelque chose à quelqu’un. Si je sais des choses, c’est parce que d’autres me les ont enseignées ; à moi de les transmettre plus loin.
Pourquoi j’invite le comité du « Passeport-Vacances« . Cette année, le PVJ a fêté ses 45 ans au restaurant et les personnes qui proposaient des activités ont été conviées. Quelle chance, me suis-je dit ! C’était au printemps et le printemps rime quelques fois avec rhume des foins. Ces dernières années, je ne l’ai pratiquement pas eu, mais cette année… j’ai été mise hors circuit et j’ai laissé passer l’invitation. Flûte et reflûte ! J’avais quand même envie de rencontrer les membres du comité avec lequel j’échange des courriels et me suis dit que j’allais les inviter à l’un de mes spectacles. Huit sur les onze ont pu venir le 24 août à 18 h.
C’est toujours une émotion ! Avoir du public, des gens que l’on connaît ou que l’on ne connaît pas crée un état un peu spécial chez moi. Mes spectacles sont dits intimistes parce que la chose se passe entre nous, que le public est peu nombreux et qu’il est près de la scène. Tout spectacle demande une préparation, mais je venais de rentrer d’une tournée à Cluny et il a fallu me réadapter, en peu de temps, à mon lieu et faire l’électricienne, le technicien de scène, le costumier, le répétiteur, le préparateur du verre après le spectacle, le porteur de vaisselle, le décorateur, le placeur du public, sans oublier l’interprète des morceaux !
Le spectacle se passe bien. Les applaudissements sont nourris et l’une des spectatrices dit : « C’était magique, on se serait dit dans un ailleurs ! » En récompense, je reçois une magnifique plante, un hibiscus. C’est curieux. Je dirai plus bas pourquoi.
On s’installe pour prendre le verre. On discute de choses et d’autres et l’une des dames me demande si j’ai été danseuse étoile et je lui dis que ce n’était pas le cas mais que je cherchais encore le métier que je ferai quand je serai grande. Tout le monde a rigolé. Mais, ce n’est pas vraiment une boutade. J’ai exercé plein de métiers dans ma vie et je continue à en découvrir. Une autre dame a dit qu’en effet, j’étais à part parce que j’avais proposé, tout au long de ma participation au « Passeport-Vacances » diverses activités et que je ne manquais pas d’imagination pour en trouver.
Parmi les divers métiers que j’exerce lorsque je présente mes spectacles, il y a aussi normalement celui de photographe. Cette fois-ci, j’ai oublié de photographier la table prête pour les invitées. Je le regrette parce qu’une autre dame a dit que j’avais bien fait de rater l’invitation au repas du comité parce qu’elles auraient raté le spectacle, l’accueil si chaleureux et le verre ( en plus du Mauler rosé, j’avais aussi préparé du kéfir de fruits) avec une table si appétissante !
Je disais que ce spectacle marquait l’ouverture de la saison de mes représentations. En effet, je venais de finir les grands nettoyages annuels et de trouver enfin une façon de présenter mes activités actuelles sous la forme du tableau qui suit. On a bien rigolé quand elles m’ont demandé comment je faisais pour enlever les tissus du plafond et les rideaux, puis pour les porter… « Ce n’est pas trop lourd ? » J’ai expliqué que je m’étais déjà plainte auprès du destin qui ne m’a pas envoyé des employés pour les charrier jusque chez moi, mais, heureusement, un copain de classe, Albert Einstein, mais aussi de leur propre classe (!), a expliqué que l’espace-temps se courbe en présence d’un corps et alors, je suis un corps dans l’espace-temps qui se courbe quand je me déplace et donc ne sens plus le poids ! Tout le monde a rigolé.
Du renouveau et du kai zen. Le renouveau, on sait ce que c’est ; le kai zen est une notion japonaise qui veut dire amélioration constante. Cette saison est un mélange des deux et ce sont les membres du comité qui sont les premiers à entrer dans mon nouveau cycle. D’abord, en répétant mes danses, j’ai trouvé de nouveaux mouvements. Notamment dans la danse Piano fantasque. Je la présentais d’habitude en me servant d’une barre avec un rideau par-dessus. Un jour, je suis allée en tournée chez un ami et j’ai modifié la danse parce que je ne me voyais pas porter la barre. Ce qui m’a paru, au départ, un ennui, s’est révélé porteur de liberté. Je veux dire que je me suis sentie libre d’occuper l’espace différemment. Cela a été une sensation très forte. Et, lors de la préparation de ce spectacle, la chose est allée encore plus loin. C’est là que la notion de kai zen est entrée en jeu et c’est ici qu’intervient la plante. J’avais décidé de simplifier ma vie et d’avoir moins de plantes dans le passage que mes voisins mettent à disposition pour traverser leur cour privée et accéder à mon studio. Je n’avais gardé que le rosier devant l’entrée et un petit pot de persil pour en mettre dans de l’eau que je bois. Puis, une plante sauvage s’est invitée, elle ne m’a pas donné son nom, mais elle s’est joliment enroulée et pris de la place. Signe du destin, me suis-je dit et je lui ai mis des fils pour qu’elle puisse bien s’étendre. Arrive Mlle Hibiscus. Bon, c’est un autre signe du destin et en plus, ces temps-ci, je porte pas mal d’habits roses et la fleur rose cadre en tous points dans le décor. La fleur vient du magasin « Comme une fleur « et moi qui aime les mots, je me dis qu’elle arrive comme une fleur, que la fleur est un aboutissement, qu’elle embellit la vie, qu’elle est le reflet de ce que nous vivons. Cela cadre tout à fait dans ma vie. Merci pour ce magnifique cadeau !
La nature est vraiment inimitable !
Encore au sujet du renouveau. Je prépare un nouveau genre de spectacle ou une suite logique de ceux que je présente, je ne sais pas encore, mais il s’agit d’une lecture et de réflexions sur les mots, le langage écrit et parlé basé sur un ou des livres de l’écrivain français Jean-Loup Chiflet et des commentaires de Pierre Buffiere de Lair, l’expert que je consulte quand j’ai des doutes ou ne connais pas quelque chose. J’avais prévu de faire un peu de lecture le soir du spectacle, mais le temps est passé très vite et lorsque je m’en suis rendu compte, il n’y avait plus qu’un membre, Anne. Comme je me suis bien entendue avec elle, elle a été mon premier public pour ce genre de spectacle. Elle a aimé. Quelle chance ! C’est vraiment le début d’un cycle nouveau !
Un mot sur le Passeport-Vacances. L’origine de cette association se trouve en Allemagne, à Hambourg en 1969 (j’aimerais bien savoir comment l’idée a surgi) ; puis Bâle et Zurich ont suivi. En Suisse romande, le premier « Passeport-Vacances » a lieu à Fribourg en 1978 et Neuchâtel s’y lance la même année, à la suite de l’initiative de Pro Juventute qui s’est appuyée sur la Jeune Chambre Économique de Neuchâtel (JCÉ). Les pourparlers avaient été entamés 1977, année internationale de la jeunesse. Il s’adresse à des enfants, de 8 à 15 ans, en vacances en période d’été et qui restent à la maison. Le but est de leur proposer, pour un prix très modique, des activités éducatives tout en s’amusant. Le comité oeuvre bénévolement depuis 45 ans. Je leur tire mon chapeau. Comme je le dis plus haut, c’est mangifique d’apporter quelque chose aux autres. Je crois savoir que le comité accueille volontiers de nouveaux membres, alors, si ceux qui lisent ce texte ont du temps, ce serait une excellente façon de l’utiliser !
Aniii trec unul după altul dar nu seamană între ei : trecerea perioada 2021-2022 a fost plină de spectacole, ceea 2022-2023 mi-a dat de înțeles că putea să -mi ofere ocazie de a merge în turnee.
Al doilea are loc la prietena mea Liliana. Aș putea să spun că ea face parte din peisajul meu de totdeauna. De astă dată, o forță mă împinge să merg la București la sfârșitul lui ianuarie, în plină iarnă, și pică bine pentru că atunci este ziua ei ; deci, o bună ocazie să-i prezint spectacolul meu. Ea cunoaște activitățiile mele și este gata să deschidă scena pentru mine !
Sosirea în București. Este adevărat ca la momentul când am făcut rezervarea biletului, m-am gîndit că voi retrăi o adevărată iarnă și m-am bucurat de experiență, întrucât adeseori avem la Neuchâtel ierni fără zapadă. La momentul zborului, meteorologia anunță o temperatură între 1° și 4° . Aoleu ! mi-am zis ; dar plăcerea de a revedea prietenii mei a fost mai puternică. Și, și, și… puteți ghici ? Vremea s-a schimbat brusc și a nins de a acoperit cu nămeți străzile și trotuarele. Mașinele curăță străda dar aruncă zapadă pe trotuar… M-am trezit parcă cu ani în urmă. Bineînțeles, Liliana a văzut că jacheta mea nu se potrivea cu vremea de afară, s-a dus la dulapul ei și a scos o blană cu care am avut mare succes ! Într-adevăr m-am simțit ca acasă. Uneori îmi lipsește această căldură, această bunăvoință spontană. Pe vremuri, când cineva avea nevoie de cinci lei, găsea la prieteni. În Elveția este cu totul altfel. Așa dar am avut o blană superbă cât am fost la București.
Este adevărat că n-am decât să merg la La Chaux-de-fonds sau la Brévine pentru a avea o iarnă adevărată, dar acolo trotuarele nu sunt pline de zapadă și crivățul, văntul care vine din Rusia și care bate uneori cu 30-35 m/s transformând fulgi de zapadă în mici blocuri care biciuie față (când aceastâ este expusă, ar fi adăugat scriitorul Alphonse Allais) nu suflă. Cu toate acestea, am văzut oameni în vârstă, cu pachete în brațe, alergând prin zăpadă pentru a urca în mașina a carei platformă este la înalțimea genunchilor și pe care se urcau cu ușurință ! Mă gândesc că în Europa, unde totul se simplifică și obstacolele sunt suprimați, oamenii numai sunt capabili de asemenea efort.
Teatrul Liliana
Mademoiselle Ming Ming. Strabunică mea mi-a făcut-o la vârstă de 105 ani ! Arătă cam serios dar altfel n-ar fi Mademoiselle Ming Ming. Când a flăt că mergeam la București mi a spus că mergea și ea dar că îi trebuia o haină și n-am avut încotro decât să-i o făc.
Pregătirea scenei. S-a făcut într-o clipă. Făcusem deja un spectacol pe terasa Lilianei și ea păstrăse fundalul care, de dată aceasta, a acoperit fereastra. Luasem cu mine lumine pentru efecte speciale și prizele necesare.
Compania de aviație. Prevăzusem să iau cu mine lumine de 120 cm înalțime dar compania nu acceaptă decât obiecte de cel mult 118 cm : dacă aș fi avut o chitară de 150 m pe 40 cm de lățime, aș fi putut s-o iau, luminiile nefiind pe listă lor … Din ce in ce mai mult mă gândesc că Dürenmatt-ul nostru național n-ar fi trebuit să moară pentru că sunt și azi atât de multe lucruri ne-la- locul lor încât n-ar fi avut nici o problemă pentru a se inspira. Este nevoie doar de puțin autocontrol pentru a le observa, pur și simplu, fără ne împovăra judecata. A trebuit să mă adaptez, și, ghiciți… am câștigat fiindcă am găsit o soluție mai simplă și mai ușoară pentru turneele mele viitoare. Până la urma urmei, îmi trebuie s-o mulțumesc pe companie ! Este o lecție frumoasă.
Un public deosebit. Prietena mea a invitat pe fiul ei, Ion Bogdan Ștefănescu (Ionuț, pentru prieteni), cel mai mare flautist din țară, pe fiica acestuia din urma, Maria, stilistă de modă, pe Ada Vertan, regizoare de emisiuni de televiziune și de filme, pe Mihai Ispirescu, partenerul ei, dramaturg de succès, fost director al Teatrului Național și al renumitei reviste satirice și umouristice Urzică și pe Marie-Louise Svoboda, medic stomatolog. Cât despre Liliana, a avut o primă viață ca secretară și adjunctă a ambasadei Venezuelei și o a doua viață ca traducătoare din spaniolă în română. A tradus vreo douazeci de cărți. Spuneam că o cunosc dintotdeauna, dar doar acum aflu că la liceu a fost tare la fizică, singura elevă care rezolva toate problemele ; iar eu iubesc foarte mult matematica și fizica. Deși suntem prietene de atâta vreme, o privesc cu o altă admirație. Mai mult, ea ar fi ales latina ca prima limbă la facultate, domeniu în care era regină, dar soarta a dus-o către spaniolă. Ada nu e mai prejos, adolescentă a fost pasionată de astronomie și fotografie. Profesorul ei îi făcuseră o lupă, dar la o călătorie în străinatate i-a trebuit să aleagă între o lupă și o cameră de fotografiat. Pentru lupă avea o soluție cu profesorul ei și fotografia este cea care a condus-o de la un lucru la altul către regie de filme. Revin la Liliana care vorbește și franceză. Am avut plăcerea de a-i oferi Ni vent ni nouvelle de Chambaron, și J’ai un mot à vous dire împreuna cu J’ai encore un mot à vous dire de Jean-Loup Chiflet, două persoane care ocupă un loc special în lumea mea. I-am citit începutul primei cărte a lui Jean-Loup și a fost cucerită. V-am spus, am avut un public cu totul deosebit ! Și de asta îmi este dor.
Spectacolul. Lucrurile se construiesc în timp în lumea mea. De asemenea, spectacolele mele de dans sunt în prezent dans-teatru și titlul este « Spectacol intimist al lui Zully ». Dacă este intimist, înseamnă că nu este formal și că intr-un fel suntem ca în familie, iar când suntem în intimitatea unei familii se întâmplă lucruri care rămân « între noi ». Ce se poate întâmpla ? Schimb de costume, plasarea accesorilor și multe altele, inclusiv unele într-o dimensiune imaginairă.
La spectacol. De fie care datâ când dansez înt-un alt cadru, este o experiență care mă îmbogățește. De data aceasta, publicul este așezat pe două treimi ale încaperii, astfel că a trebuit să mă adaptez la un spațiu diferit de al meu și să mă gândesc în același timp la ceea ce spectatori vedeau. Într-un asemenea gen de spectacol, publicul este aproape de scena, ascult respirațiile, râsetele, plăcerile, tăcerile lui. Perfect, putem auzi tăcerile. Ele spun multe lucruri…
Durată spectacolului și urmarea. Spectacol a durat 45 de minute. Când are loc la studioul meu, rămânem să bem pe loc un pahar. De data aceasta, Liliana a gătit o masă ca pe vremuri. A petrecut ore întregi la bucătărie, și chiar zile. Nu este nimic altceva de spus decât că totul a fost foarte bun. Am băut țuica în timp ce ceilalți beau vin. Îmi place vodca în Rusia și țuica în România. Au un gust particular în locul lor de baștină. Este ceva psihologic, căci acasă la mine, la Neuchâtel, nu pot să le beau. Îmi trebuie atmosfera, și nu oarecare, cea a prietenilor mei de altâ dată. Am terminat cu șampanie, și capul meu mi-a spus că era de ajuns o dată.
Critică spectacolului. Primul care a spus ceva a fost Ionuț : « Data viitoare dansezi pe muzica MEA! » Toți l-au auzit și rîs ; complimentu lui mi a ajuns la suflet. O las pe Liliana să vorbească despre critică : « Bravo! ! A fost un spectacol inedit, o plăcută surpriză pentru musafirii mei, care te-au plăcut foarte mult și te-au aplaudat entuziaști, iar pe mine m-au felicitat pentru surpriza pe care le-am oferit-o. » – îți mărturisesc asta acum, citind textul articolului pe care îl publici. Și, à propos : scrii foarte bine – ți-am mai spus asta, dar ți-o repet, ca să îți intre bine în cap !
Mesele Lilianei.
Cum am ajuns, Liliana a pus tot felul de bunătăți pe masă. În ziua spectacolului a pus pe farfurii monede de ciocolată pe care obișnuiesc să le împart prietenilor și cunoșttiințelor mele la începutul anului.
Când le dau, precisez că nu trebuie amestecate. Cum reacționați… ?
După spectacol. Se leagă o prietenie și Ada mă invită să merg să văd o expoziție de manuscrise inedite ale lui Mircea Iliade la muzeul Literaturii Române. Este impresionant a vedea atât de aproape documente care au aparținut altcuiva din alte timpuri. Noțiunea timpului mă fascinează. El a scris multe lucruri în româna și am putut să-le citesc cu ușurință. Ești tare ! a exclamat Ada. Am avut impresia că am trecut un examen.
După cum vedeți, în lumea mea totul face parte din tot. Vreu să spun că spectacolul meu servește drept legătură penru multe lucruri. De obicei, este conversația după spectacolul cea care permite așa ceva ; de data aceasta, am impresia că tot Bucureștul a fost la spectacolul meu. Nu este doar o imagine, pentru că, așa cum am mai spus, publicul meu era un public deosebit.
Bucureștiul și electricitatea. Știu, sunt nesățioasă și admir istoria în general. Nu pot să las asta de o-parte : plimbându-mă prin București am văzut această placă aproape de universitate.
Sfârșitul turneului. Ionuț are un concert la Sala Radio. Ne invită. Mă pregătesc să merg cu sacoșa mea, cumpărată la Paris, în care pun multe lucruri, printre care și calculatorul meu și care îmi plăce. Îmi aduce aminte de Paris, acest oraș pe care îl iubesc. Liliana se uită la mine și spune : « N-o să-te duci cu plăcinta aia ! » și îmi intinde o geantă de damă adevărată. Am acasă, dar nu m-am găndit că voi merge la un alt spectacol decât al meu… Concertul este formidabil și Ionuț are un mare succes la public. Normal, el cântă așa cum este, o fiinfță cu suflet frumos. Trezește admirație oriunde merge.
Mi-a fost greu să-l prind pe Ionuț în poză pentru că avea microfonul în față.
Avem impresia că Ionuț va vorbi !
Câteva ccuvinte despre Ionuț : am mai spus, este cel mai bun flautist din țară. Liliana, mama lui, a făcut tot ce i-a stat în putere pentru a-i oferi cele mai bune atuuri pentru profesia lui. Și este resplătită prin talentul fiului, un talent recunoscut de cei mai mari, printre care Sir James Galaway, celebrul flautist recunoscut în întreagă lume și cetățean de onoare în Elveția. Nu este nevoie de a spune mai mul. Când cineva a făcut puțin, poate umple cinci pagini de CV, dar cănd omul a ajuns în vârf, este de ajuns să-și apună doar numele. Este și cazul lui Ionuț. Merită spus, totuși, că și-a făcut masterul în Statele Unite, doctoratul la București și că participă la o mulțime de concerte și programe muzicale. Este solistul Filarmonicii din Bucurețti ! Deține catedră de flaut la falcultate. Muza poeziei și-a propus să ajungă la niveulul darurilor lui muzicale inspirându-l în așa fel încât a scris mai multe cărți de poezie printre care ultima face parte din patrimoniul național. Nu vă mai ramâne decât să mergeți pe saitul lui pentru a constata că nu trăiește decât pentru muzică și poezie !
Reiau firul povestirei mele. I spun Lilianei una dintre aventurile mele : am vrut să-i dau un ajutor unui scriitor (printre pasiunile mele este cea a limbii, în particolar a limbii franceze ) pentru a evita câtevea greșeli cu prilejul reeditării unora dintre cărțile lui, dar mi-a spus că editorul n-are timp pentru așa ceva. Îmi este greu să găsesc un răspuns și îi scriu :
« Spuneam că doream să găsesc un scrritor care să dea formă răspunsului meu la anunțul dumneavoastră în legătură cu editarea cărților fără modificări.
« Un spirit care trecea aproape de mine a văzut că putea să mă ajute pentru că și el avea chef să vadă, să vadă, într-adevăr să vadă vibrațiile, informațiile, ideile lui scrise și pe urmă să le audă vibrând !
« Așa că primul lucru pe care mi l-a spus a fost că ar trebui să vă mulțumesc pentru că am învățat multe lucruri citindu-vă și prelucrând textul.
« Mi-a mai spus că dacă mă simt deranjată, descurajată, tristă (aceste emoții nu sunt chiar din domeniul lui și de aceea nu găsesște cuvântul potrivit), într-o altâ lume se va întâmpla și asta ar trebui să-mi aducă ceva liniște în suflet.
« Un alt spirit mi-a spus să continui să citesc una dintre cele 26 de cărți scrise de dumneavoastră pe care le am la mine în afără de celelalte câteva publicate de editoriale dumneavoastră. Mi-a spus că era ceea ce trebuia făcut pentru că trebuie mereu să stau pe picioare. Așa că am început Titlul cărții (pentru a evita de a pune pe cineva într-o situație delicată aici, nu put titul adevărat). Mi-a venit bine. Încă o dată vă găsesd formidabil.
« Același spirit, probabil specializat în emoții, sau altul în speranțe, mi-a spus că vă voi revedea și asta era lucrul cel mai important în dimensiunea aceasta.
« Pe scurt, multe spirite s-au mișcat. »
Comentariul Lilianei : Foarte frumos răspunsul tău. Ești tot timpul bântuită de spirite benefice, care îți ghidează pașii mereu spre alte zone din care te îmbogățești. Ești unică !
Viitorul turneu la București. E deja sigur că printre cei din public se va afla o altă prietenă dintotdeauna, Ileana Iliescu, primă balerină pe vremea mea !
În sfârșit ajungem la sfârșit ! Casa Lilianei este plină de comori : tablouri, sculpturi, obiecte decorative. Iubesc oglinzile, reflectările în oglinzi, icoane. De mult nu mai văzusem asta. Am făcut un montaj.
Totul respiră armonie, frumusețe, lucruri care hrănesc sufletul.
P.S. Cu mare plăcere spun că textul a fost revizuit de Liliana. Noi două avem pasiunea pentru cuvinte, dragul limbilor. Ea este o traducătoare excelentă din spaniolă în română. Nu pentru că e prietena mea, dar asta este ! A recunoscut-o și Uniunea Scriitorilor din România, din partea căreia a primit Premiul „pentru o traducere de vis″ a romanului Colecționarul de sunete al spaniolului Fernando Trías de Bes.
Dacă mai rămâne câte ceva necorect este doar vina mea pentru că ideile vin când vor și trec, cu mult entuziasm, ca vântul pe claviatura !
Mulțumiri speciale pentru Ada care a filmat serată.
Les années se suivent mais ne se ressemblent pas : le passage 2021-2022 a été plein de spectacles, celui 2022-2023 m’a fait comprendre que je pouvais entamer des tournées.
La première tournée en 2023 s’est effectuée chez Alexandre. Je la raconte ici.
La seconde se passe en Roumanie, chez mon amie Liliana. Elle fait partie du paysage de ma vie depuis toujours, pour ainsi dire. Cette fois-ci, une force me pousse à aller à Bucarest en plein hiver, fin janvier, et cela tombe bien, c’est son anniversaire. C’est donc l’occasion de lui présenter mon spectacle. Elle connaît mon travail et déclare sa scène ouverte pour moi !
Arrivée à Bucarest. Au moment où j’ai fait la réservation du billet, je me suis dit que j’allais revivre un de ces vrais hivers et me réjouissais de l’expérience, tant à Neuchâtel on a souvent des hivers sans neige. Au moment du vol, la météo a annoncé une période entre 1° et 4° . Flûte ! me suis-je exclamée, mais le plaisir de revoir mes amis l’a emporté. Et, et, et, devinez ? La météo a soudainement changé et il a neigé au point d’encombrer les rues et les trottoirs. Les machines de nettoyage déblaient la rue et déversent la neige sur le trottoir… Je me suis retrouvée comme il y a des années en arrière. Bien sûr, Liliana a trouvé que ma veste n’allait pas du tout et est allée dans son armoire me choisir une fourrure avec laquelle j’ai eu beaucoup de succès !. J’étais vraiment à la maison. Cette chaleur, cette bienveillance spontanée me manquent parfois. Autrefois, quand quelqu’un avait besoin de cinq lei (le niveau de vie n’était pas le même, aussi vais-je dire, Fr 10.- de nos jours ), les amis étaient là pour aider. En Suisse, c’est différent. J’ai donc eu une magnifique fourrure tout le long de mon séjour.
Il est vrai que je n’ai qu’à aller à La Chaux-de-fonds ou à la Brévine pour avoir un vrai hiver, mais là les trottoirs ne sont pas pleins de neige et le crivăț, un vent qui vient de Russie et qui souffle parfois à 30-35 m/s et qui transforme les flocons de neige en petits blocs qui vous tapent sur le visage (quand il est à découvert, aurait ajouté l’écrivain Alphonse Allais) ne souffle pas. Malgré cela, j’ai vu des personnes âgées, avec des paquets aux bras, courir en pleine neige pour attraper le bus dont la plateforme se trouve à hauteur des genoux et sur laquelle elles montent avec aisance ! Je me dis qu’en Europe, à force de tout simplifier et de supprimer les obstacles, les gens ne peuvent plus faire d’efforts.
Théâtre Liliana.
Mademoiselle Ming Ming. C’est mon arrière-grand-mère qui me l’a faite à l’âge de 105 ans ! Elle a l’air un peu sérieux, mais sans cela elle ne serait pas Mademoiselle Ming Ming. Quand elle a su que j’allais à Bucarest, elle m’a dit qu’elle serait du voyage mais qu’il lui fallait un manteau et j’ai dû m’exécuter.
Préparation de la scène. Cela s’est fait en un tourne main. J’avais déjà fait un spectacle sur la terrasse de Liliana et elle avait gardé le fond de scène qui cette fois a servi à couvrir la fenêtre. J’avais pris mes lumières d’effets spéciaux et les prises nécessaires.
La compagnie d’aviation. J’avais prévu de prendre d’autres lumières qui mesurent 120 cm de hauteur, mais la compagnie n’admet que des objets d’au plus 118 cm de hauteur. J’ai appris que si j’avais eu une guitare de 150 m par 40 cm de large, j’aurais pu la prendre, mais les lumières ne figurant pas sur la liste… Je me dis de plus en plus souvent que notre Dürenmatt national n’aurait pas dû mourir, parce qu’il y a tellement de choses « drôles » dans les deux sens du terme. Il faut un certain contrôle de soi pour simplement observer sans s’encombrer de jugements. J’ai dû m’adapter et, devinez, je sors gagnante parce que j’ai trouvé une solution plus simple et plus légère pour mes futures tournées. Finalement, je dois remercier la compagnie d’aviation ! C’est une belle leçon.
Un public de choix. Mon amie a invité son fils, Ion Bogdan Ștefănescu (Ionutz, pour ses amis), le meilleur flûtiste du pays, la fille de ce dernier, Maria, styliste de mode, Ada Vertan, productrice d’émissions à la télévision et de films, Mihai Ispirescu, son compagnon, dramaturge à succès, ancien directeur du Théâtre National ainsi que de la très fameuse revue satyrique et d’humour Urzică (L’Ortie) et Marie-Louise Svoboda, un médecin dentiste. Quant à Liliana, elle a eu une première vie en tant que secrétaire et adjointe de l’ambassade du Venezuela à Bucarest et dans une seconde vie est traductrice d’espagnol en roumain. Elle a traduit une vingtaine de livres. Je disais que je la connaissais depuis presque toujours, je viens d’apprendre qu’au lycée était forte en physique, la seule élève qui résolvait tous les problèmes ! J’adore la mathématique et la physique. Bien que nous soyons amies de longue date, je la regarde avec une autre admiration. De plus, elle aurait choisi comme première langue à l’université le latin, car c’était son point fort ; le sort l’a poussée vers l’espagnol. Ada n’est pas en reste, adolescente, elle a été passionnée par l’astronomie et la photographie. Son professeur lui avait fait un télescope, mais c’est lors d’un voyage à l’étranger qu’elle a dû choisir entre un télescope et un appareil photo. Pour le télescope, elle avait, comme déjà dit, une solution et c’est la photographie qui l’a menée de fil en aiguille vers la production de films. J’en reviens à Liliana qui parle aussi le français et à qui j’ai eu le plaisir d’offrir Ni vent ni nouvelle de Chambaron, et J’ai un mot à vous dire ainsi que J’ai encore un mot à vous dire de Jean-Loup Chiflet, deux personnes qui occupent une place de choix dans mon monde. Je lui ai lu un début du premier livre de Jean-Loup et elle a été conquise. Je vous dis, j’ai eu un public de choix ! Cela aussi me manque.
Le spectacle. Les choses se construisent avec le temps dans mon monde. Aussi mes spectacles de danse sont actuellement de la danse-théâtre et le titre est « Spectacle intimiste de Zully ». S’il est intimiste, c’est que ce n’est pas formel et que donc on est pour ainsi dire dans l’intimité d’une famille et en famille il se passe des choses, des histoires qui restent « entre nous ». Que peut-il se passer ? Des changements de costume, des placements d’accessoires et plein d’autres choses dont certaines dans une dimension imaginaire.
Déroulement du spectacle. Chaque fois que je danse dans un autre cadre, c’est une expérience qui m’enrichit. Cette fois, le public était assis en deux tiers de cercle et il a fallu en plus de m’adapter à un espace différent du mien, penser à ce que les spectateurs voyaient. Dans ce genre de spectacle, le public est proche de la scène, j’entends les respirations, les rires, les plaisirs, les silences. Parfaitement, on peut entendre les silences. Ils disent tellement de choses…
Durée du spectacle et suite. Le spectacle a duré 45 minutes. Lorsqu’il se déroule dans mon studio, on se réunit ensuite dans la salle autour d’un verre. Cette fois-ci, c’est Liliana qui a préparé un repas comme on en préparait autrefois. Elle a passé des heures à la cuisine, même des jours. Il n’y a rien d’autre à dire sinon que c’était très bon. J’ai bu de la tsuica alors que les autres ont pris du vin. J’aime la vodka en Russie et la tsuica en Roumanie. Elles ont un goût particulier sur place. C’est psychologique, mais voilà, chez moi, à Neuchâtel, je ne peux les boire. Il me faut l’atmosphère, et pas n’importe laquelle, celle de mes amis d’autrefois. On a fini au champagne et donc ma tête le lendemain m’a quand même fait savoir que c’était bien assez une fois.
Critique du spectacle. Le premier à avoir dit quelque chose a été Ionutz : « La prochaine fois, tu danses sur MA musique ! » Tout le monde l’a entendu et ri ; le compliment m’a portée aux anges. Je laisse Liliana parler : « Bravo! C’est un spectacle qui sort du commun, une surprise agréable pour mes invités qui t’ont beaucoup appréciée et applaudie avec enthousiasme. Ils m’ont félicitée pour la surprise que je leur ai faite. Je peux te le dire maintenant que tu publies l’article. Je voudrais aussi te dire que tu écris très bien, je te l’ai déjà dit, mais je le répète pour que cela entre dans ta tête ! »
Les tables de Liliana.
Dès mon arrivée, Liliana a mis de très bonnes choses sur la table. Le jour de son anniversaire-spectacle, elle a mis sur les assiettes les pièces en chocolat que je distribue à mes amis et connaissances en début d’année.
En les distribuant, je précise bien qu’il ne faut pas les mélanger. À vous de voir ce que cela vous dit…
Après le spectacle. Des amitiés se nouent et Ada m’invite à aller voir une exposition de manuscrits inédits de Mircea Iliade. C’était au musée de la Littérature roumaine. C’est impressionnant de voir de tellement près des documents qui ont appartenu à quelqu’un d’autre dans d’autres temps. La notion du temps me fascine aussi. Il a écrit passablement de choses en roumain et j’ai pu les lire facilement. Ești tare ! (Tu es formidable !) s’est exclamée Ada. Là, j’ai eu l’impression de passer un examen.
Comme vous le voyez, dans mon monde tout fait partie du tout. Je veux dire que mon spectacle sert de lien pour bien des choses. En général, c’est la conversation après le spectacle qui fait cela ; cette fois-ci, j’ai l’impression que c’est tout Bucarest qui a été présent à mon spectacle. Ce n’est pas vraiment une image, car, je vous l’ai dit, mon public était un public de choix.
Bucarest et l’électricité. Je sais, je suis insatiable et admiratrice de l’histoire en général. Je ne peux laisser passer ceci : en me promenant dans Bucarest, je trouve cet écriteau près de l’université.
Fin de la tournée. Ionutz a un concert à la Salle de la Radio. Il nous invite. Je m’apprête à y aller avec le sac acheté à Paris, celui où je mets plein de choses, mon ordinateur compris, et que je trouve beau. Il me rappelle Paris, cette ville que j’aime. Liliana me regarde et me dit : « Tu ne vas quand même pas y aller avec cette plăcintă (il n’y a pas de mot en français, mais c’est comme si on disait ce sac de patates) ! » et elle me donne un vrai sac de dame. J’en ai à la maison, mais n’ai pas pensé à aller à un spectacle autre que le mien… Le concert est magnifique et Ionutz a eu beaucoup de succès auprès du public. C’est normal, il joue comme il est, un être d’une belle âme ! Il soulève l’admiration partout où il va.
J’ai eu de la peine à prendre Ionuț en photo parce qu’il y avait le micro juste devant lui.
On ne peut dire que Ionutz est en chair et en os, mais c’est presque le cas !
Quelques mots au sujet de Ionutz : je l’ai dit, il est le meilleur flûtiste du pays. Liliana, sa mère y est pour beaucoup car elle a fait tout ce qui était en son pouvoir afin de lui donner les meilleurs atouts pour sa profession. Elle est payée en retour par le talent du fils, un talent réel et reconnu par les plus grands dont Sir James Galaway, le fameux flûtiste reconnu mondialement et citoyen d’honneur suisse. Il n’y a pas besoin d’en dire plus. Quand on a fait peu de choses, le CV peut remplir cinq pages, quand on a atteint le sommet, il suffit de donner son nom. C’est aussi le cas de Ionutz, mais cela vaut la peine de dire qu’il a fait son master aux États-Unis, son doctorat à Bucarest et qu’il participe à plein de concerts et programmes de musique. Il est le soliste de La Philarmonique de Bucarest ! Il tient la chaire de flûte à l’université. La muse de la poésie s’est dit qu’elle allait égaler ses dons de musicien en l’inspirant au point qu’il a écrit plusieurs livres de poésie dont le dernier fait déjà partie du patrimoine national. Il ne vous reste qu’à aller sur sa plateforme pour voir qu’il vit pour la musique et la poésie !
Je reprends le fil de mon histoire. Je raconte une de mes aventures à Liliana : je voulais apporter mon concours à un écrivain (parmi mes passions, il y a celle de la langue en général et du français en particulier) afin d’éviter quelques coquilles dans une réédition de quelques-unes de ses oeuvres et il répond que l’éditeur n’a pas le temps. Je peine à trouver une réponse et lui écris :
« Je disais que je cherchais un écrivain pour donner forme à votre annonce au sujet de l’édition de vos livres sans modifications.
« Un esprit qui passait par là s’est dit qu’il allait pouvoir m’aider parce qu’il avait aussi envie de voir, voir, réellement voir ses vibrations, informations, idées, écrites et ensuite les entendre vibrer !
« Voici donc que la première chose qu’il m’a dite c’est qu’il faillait vous remercier parce que j’avais appris pas mal de choses en vous lisant et en révisant le texte.
« Il m’a aussi dit que si je me sentais dépitée, découragée, triste (ces émotions ne sont pas réellement de son domaine et c’est pourquoi il n’arrive pas à trouver le mot juste), dans un autre monde la chose se fait et cela devrait m’apporter une certaine sérénité.
« Un autre esprit m’a dit hier soir de continuer à lire l’un des 26 livres écrits par vous et qui se trouvent chez moi sans compter les quelques autres publiés par vos éditions. Il m’a dit que c’était ce qu’il convenait de faire parce qu’il faut toujours rester debout. J’ai donc commencé Titre du livre (afin d’éviter de mettre qui que ce soit en mauvaise posture dans cet article, je ne donne le vrai titre). J’ai bien fait. Une fois de plus, je vous trouve délicieux.
« Le même esprit, il doit être spécialisé dans les émotions, à moins que ce soit celui spécialisé dans les espoirs, m’a dit que j’allais quand même vous revoir et que c’était cela qui était le plus important dans cette dimension.
« Bref, tout cela a remué bien des esprits. »
Commentaire de Liliana : Très belle réponse. Tu es toujours entourée d’esprits bénéfiques qui guident tes pas dans des dimensions qui t’enrichissent. Tu es vraiment à part !
Prochaine tournée à Bucarest. Il est prévu que la prochaine fois, je danserai pour un public où il y aura, entre autres, une autre amie de longue date, Ileana Iliescu, la danseuse étoile de mon époque !
Fin, enfin ! La maison de Liliana est pleine de trésors : tableaux, sculptures, objets décoratifs. J’aime les miroirs, les reflets dans les miroirs, les icônes. Cela faisait longtemps que je n’en avais vus. Voici un montage.
Tout cela respire l’harmonie, la beauté, choses qui nourrissent l’âme.
Remerciements à Liliana qui a demandé à Ada de filmer la soirée !
On le sait et on l’oublie, la vie est pleine de surprises. Le cours fini, Alexandre, l’un des participants qu’on peut très bien qualifier de grand tant il mesure de cm (196 !), invite le groupe chez lui : promenade à cheval et repas. au menu Je propose mon spectacle. Il vient voir au studio et se dit partie prenante !
Un cercle qui se ferme. Je disais dans un autre article que j’avais l’impression de fermer un cercle. En effet, au début de ma vie d’artiste, j’ai présenté mes spectacles toute seule, puis, longtemps, en compagnie de mes élèves et maintenant, je reprends le même chemin. Il y a du nouveau : les tournées. Bon, c’est la première, mais une autre va suivre à Bucarest.
Des étapes. Il y a bien des étapes à franchir avant d’arriver sur le lieu de la tournée. Je vais simplement mentionner que l’artiste, l’interprète des danses, doit aussi se mettre dans le peau du technicien de scène et penser à prendre les lumières qu’il faut et bien les emballer, du régisseur en préparant la bonne version des numéros sur l’ordinateur, de la couturière en vérifiant que les costumes sont en parfait état, de l’accessoiriste en vérifiant que les accessoires sont aussi en parfait état et que rien ne manque et forcément, recoudre, réparer ou changer ce qu’il faut.
Trajet. Il s’agit d’aller Aux Converts, à Renan, dans le canton de Berne. C’est tout une expédition parce que l’autre participante qui m’amène, Anne, connaît peu cet endroit qui pour elle est presque en Sibérie. Pour moi, en cette fin du mois de janvier, c’est l’occasion de voir de longues étendues de neige et je me dis qu’on est vraiment en hiver. Nous mettons plus de 40 minutes pour y arriver. Pour le retour ce sera 25 parce qu’Alexandre a indiqué à Anne par où il fallait sortir de l’autoroute. J’ai aussi eu l’occasion de rouler dans une voiture moderne, celle où j’avais l’habitude de circuler était celle d’André, feu mon compagnon, une Jaguar. La voiture d’Anne a des programmes et peut même chauffer votre siège et le volant. Je me suis dit que j’avais l’impression d’être au xxie siècle ! Le matériel et nous sommes arrivés en parfait état. On a eu juste le temps de saluer Alexandre, de poser nos affaires et on est allés voir les chevaux. Auparavant, on a fait connaissance avec Bingo, le chien de garde qui est plus que gentil, un amour qui ne demande qu’à être caressé.
Olympiade etAldebaran. J’ai fait connaissance des deux chevaux. Je me suis dit qu’il fallait que je me présente et ai tendu le dos de la main à Olympiade. Elle m’a humée et a léché la main. J’ai eu l’occasion de voir combien un cheval est grand et quelles merveilles la nature, la création s’est donné la peine de faire. C’est un émerveillement partagé par Anne. J’avais aux poignets une sorte de manchons fabriqués maison. Ils sont amovibles et peuvent aussi bien servir de décoration que pour tenir chaud aux poignets ou aux doigts et qui m’évitent de porter des gants, lesquels peuvent parfois être incommodants lorsqu’on doit manipuler des choses. Tant Olympiade que son compagnon en ont aimé la texture. Aldebaran n’a pas léché la main mais l’a mordillée avec les lèvres, je ne peux écrire qu’il m’a pincée ni qu’il m’a mordue ; moi qui aime les mots, il faudra que je voie s’il y a un verbe pour cela, mais mordiller me va pour le moment. J’ai trouvé ce geste, de la part du cheval, attendrissant. Je me demande s’il me disait quelque chose. En tous les cas, j’ai été saluée de façon différente par les deux chevaux.
À cheval. C’est vite dit « à cheval », mais un cheval, comme déjà dit, est grand, très grand et pour le monter… Je suis grimpée sur les barrières de l’enclot et ensuite ai pu m’installer sur Olympiade qui avait une selle anglaise (sans pommeau) et Anne sur Aldebaran qui avait une selle western (avec pommeau). Heureusement qu’Alexandre tenait les chevaux par une bride parce que quand même… on n’a plus les pieds sur terre et on est sur quelqu’un dont ne on connaît pas la langue ! et il a guidé les chevaux. En cours de route, il nous dit que les chevaux aiment galoper dans la neige et j’ai le sentiment qu’il accélère le pas ou est-ce le cheval d’Anne qui a compris les mots d’Alexandre ? En tous les cas, les chevaux sont allés un peu plus vite, surtout Aldebaran, et j’ai vu Anne monter et descendre sur sa selle western. On a bien ri après, mais sur le moment on n’en menait pas large. J’ai demandé à Alexandre si on pouvait rentrer, mais à l’évidence ce n’était pas ce qu’il considérait une promenade et a dit qu’il fallait aller sur d’autres terres… On n’a pas eu le choix que de suivre et tout à coup, il a monté un talus et là, nous nous sommes dit que les chevaux allaient galoper pour de bon… Bref, une vraie aventure.
Descente du cheval. Pour entrer et sortir de l’enclot, il y a une barrière et quand on passe d’un endroit à l’autre, il faut baisser la tête. Anne est entrée avant moi et Alexandre a aidé Anne dont la selle commençait à glisser afin de lui éviter une chute (on disait Western?) ; pendant ce temps, Olympiade est restée devant la barrière. Tout à coup elle a avancé et je n’ai eu le temps que de pencher le corps en arrière pour éviter un choc sur le front. Cela s’est fait tout seul. C’est ce qu’on appelle un mouvement instinctif : on ne réfléchit pas, on fait. Il n’y a pas eu de peur non plus, c’est un moment à part. En y réfléchissant, je me dis que ce mouvement cadre avec la danse que nous avons travaillée au cours : la valse. Il faut toujours un partenaire pour valser. En l’occurrence Olympiade. Il faut aussi un tempo, qui dans le cas que je décris est passé de pause musicale à presto ! Nous sommes restées unies dans les deux et donc nous avons valsé !
Ah, oui la descente. Une fois Anne sur terre, Alexandre vient vers moi et me dit de sortir les pieds de l’étrier. On a bien essayé de pousser Olympiade vers les barrières pour que je puisse descendre seule… mais là, elle n’a plus voulu valser. Bon, Alexandre me dit de m’appuyer sur lui et de me laisser glisser. Je m’exécute, mais il a rigolé en me voyant faire. Anne n’a pas raté l’occasion et a pris une photo. Je me demande si elle n’est pas journaliste dans l’âme !
Ah, les mots ! Je pense me laisser glisser, or pour Alexandre, il aurait fallu que je lève la jambe gauche, la passe au-dessus du cheval et descende avec les deux jambes parallèles au lieu de faire une sorte de grand écart. La seule chose que j’aie sentie, a été le doux frottement de mon pantalon à la selle.
Un escalier solide et plein d’histoire !
Visite de la propriété. On a fait connaissance avec tout un monde animalier : des chèvres, encore d’autres chèvres naines ainsi que du grenier où Alexandre dépose le foin, et pas qu’un peu ! Pour monter à cet endroit, il précise que les jolis escaliers que j’admire avaient fait partie de l’une des fabriques de chocolat Camille Bloch. Cela les rend chères à mon coeur. Tout a une histoire, la moindre particule que nous voyons a été déjà valsé lors de la création du monde, mais savoir que ces escaliers ont appartenu à Camille Bloch me fait presque me promener dans un autre temps. Je viens de voir que la fabrique a été créée en 1929 et qu’elle en est à sa troisième génération de représentants de la famille. C’est absolument fantastique. J’aime les histoires des entreprises familiales d’autant plus si elles sont suisses. C’est comme si je me découvrais une nouvelle racine.
Le spectacle. Nous nous y mettons les trois pour créer une scène de circonstance et je fais mon spectacle. Le hasard, ce hasard qui me suit comme une ombre, fait que la chambre du fils d’Alexandre communique directement avec la « scène » et je peux effectuer mes changements de costume et de mise en scène très simplement. Le spectacle s’est bien déroulé et pour moi l’expérience : danser dans un lieu que je n’ai jamais vu, sur un sol dont je n’ai pas l’habitude et devant un public que je n’ai pas choisi est une expérience qui me fait grandir. De plus, j’ai dû adapter l’une de mes danses parce que je ne peux pas prendre tout le matériel que j’utilise sur ma propre scène. Cette modification me simplifie la vie et me permet d’ajouter d’autres mouvements intéressants. Bref, les variations et changements dans la vie apportent souvent du bon !
Un spectateur inusité. Bingo, le chien a aussi voulu participer et l’a fait savoir. S’il a dormi un moment – quand même, pourquoi me plaindre ? La musique lui a fait du bien au point de pouvoir se laisser à dormir – il a regardé le reste sans bouger. C’est un vrai passeport pour moi !
Le repas. Il a été somptueux. On a eu des chips de choux kale ! Jamais vu auparavant et Anne non plus. L’autre plat est un curry de pois chiches et courge au lait de coco avec du gingembre et du cumin. Un autre délice. Le premier était croquant et le second fondait sous la langue…. Je vous mets les deux photos envoyées par Alexandre. Il y a eu en outre des betteraves rouges avec une crème de vinaigre balsamique, des raisins et je ne sais quoi encore. Anne a bien fait la différence des ingrédients… Je suis admirative.
Montage. J’ai voulu faire un montage et cela a donné…
Une image digne d’oeufs de Pâques russes ! Je ne peux me vanter de rien, je n’ai fait qu’utiliser ce qu’on m’a donné.
Dessert. Un autre délice composé de compote de pommes, des prunes et de séré, avec à chaque fois des subtilités. Pour en savoir plus, il faut vous faire inviter par Alexandre !
Une autre invitée. Parmi les invités, il y avait aussi la fille d’Alexandre. Je trouve intéressant que les enfants connaissent les divers milieux dans lesquels les parents évoluent. Cela donne une autre vision. C’est une adolescente qui s’intéresse au domaine de la santé, qui fait du sport, qui est ouverte et qui aime préparer les repas qu’elle mange quand elle est en formation. On se demande de qui elle peut bien tenir !
Suite et fin. Pas de problème pour trouver des sujets de conversation ! On a continué jusqu’à près de 23 heures et Alexandre devait encore s’occuper de son écurie… Chacun est rentré chez lui plein de bonnes choses tant dans le corps que dans l’esprit.
Image représentative de ces bonnes choses : une très belle photo qu’Alexandre a pris de ses chevaux. Je précise qu’Aldebaran vient d’Irlande. On comprend mieux son tempérament fugueux.
Depuis quelques années, à cette période, je présente une série de spectacles à des amis et connaissances. Cette année est un peu particulière et je me suis trouvée avec moins de spectacles. Les gens sont occupés jusqu’à fin janvier, début février. Cela me fait bizarre et ai l’impression d’être déjà proche du Noël de 2023 alors que celui de 2022 n’est pas encore là !
Le 24 décembre, je me dis que je vais quand même faire mon spectacle, pour ceux qui m’ont aidée dans la vie et qui ont changé de dimension. En y allant, je rencontre un petit garçon qui me parle. Je m’arrête et il me dit « bonjour ». Je lui répods de même et précise ensuite que c’est le soir, qu’on devrait se dire « bonsoir », mais qu’il a raison de dire « bonjour » car dans le coeur c’est toujours « bonjour » ! La maman intervient et j’apprends que c’est une famille polonaise qui habite à Neuchâtel depuis une année. Polonais ? L’un de mes principaux maîtres de ballet était polonais, maître Anton Romanovski, et son anniversaire venait juste de passer, le 21. Pour moi, il me fait signe !
Vous dansez ? me demande la maman.
Oui.
J’ai baucoup joué du piano. Je cherchais un spectacle de danse pour amener mes enfants, mais n’ai rien trouvé.
Ah ? Je vous invite demain à un spectacle. J’ai mon studio tout près. Vous voulez le voir ?
Mon studio. La maman, le papa, la fillette de sept ans et le garçon de quatre ans sont tombés sous le charme. Le papa m’a demandé si le local faisait partie d’un château. Il a dit cela à cause du mobilier, des décors et des murs (du rocher). Les enfants sont allés explorer à droite et à gauche. J’ai raconté l’histoire de mon studio et dit que je les attendais le lendemain à 17 h.
Répétition du spectacle. La chose se vérifie à chaque fois : quand je travaille pour moi, quand je fais mes répétition, tout se passe normalement, mais quand je sais qu’il va y avoir un spectacle… le trac… et forcément, j’oublie une partie de la danse, je ne sais plus où j’en suis et le temps file plus vite que je ne le voudrais ! Bref, 17 h sonnent au clocher et voilà mes ainvités qui arrivent. Je me demande si le petit garçon va pouvoir rester tranquille les 45 minutes du spectacle.
Spectacle. J’ai un avantage, c’est que je peux adapter mon discours ; oui, car pendant mes danses ou avant une danse ou aprés, je parle, je fais des commentaires, donne des pistes et je peux m’adapter à tout public. C’était la première fois, depuis que je présente à nouveau mes spectacles toute seule, que j’avais des enfants.
Danse avec un lotus. Ne sachant pas exactement si la fillette savait ce qu’est un lotus, je lui ai dit que j’allais danser avec une fleur et qu’elle pouvait la voir comme elle voulait et que je lui demanderais après comment elle l’avait vue. La danse finie, je lui demande comment elle était : « Une petite fleur rose ». Je lui dis que le rose est la couleur de l’amour et que je suis contente qu’on partage une telle chose. Maman, qui parle français, dit que sa fleur était violette et papa, qui parle anglais, dit qu’elle était « purple » (violette). Que c’est beau, ces deux personnes sont vraiment faites pour vivre ensemble !
Déroulement du spectacle. Mon spectacle est intimiste et donc le public assiste à la préparation des décors et changements de costume. À aucun moment, je n’ai entendu bouger le petit garçon, sinon papa lui expliquer en polonais ce que je disais tantôt en français, tantôt en anglais.
Ce public m’a ravie. En général, après le spectacle, j’offre un verre et l’on passe directement aux réjouissances terrestres… Je ne demande pas ce qu’il a aimé ou pas. Les gens parlent spontanément. Cette fois-ci, je me sens en pays conquis. Je veux dire que le public des pays dits de l’Est a une forme de culture qui est la mienne et on parle au même niveau.
Joli, magique ! Ce sont les mots du petit garçon à la fin de ma dernière danse. La fillette a aussi dit qu’elle avait aimé la magie – effets de lumière lors des danses. Tous les quatre ont aimé la danse avec les voiles qui les a fait penser à des méduses et celle du piano. Le père a dit que le moment culminant avait été celui des voiles qui pouvaient devenir comme des feux. Les deux enfants ont mis l’accent sur la dernière, celle où je danse avec des gants et où l’on dirait qu’ils dansent tout seuls.
Un verre, des salés et des bisquits. J’avais préparé une bouteille de Mauler rosé, tout le monde finira par savoir que j’ai un faible pour cette boisson… Je me demande si le jour de mon départ de ce monde, je ne vais pas demander de mettre une bouteille (pleine !) à ma droite. Avant de lever le verre, j’ai voulu savoir comment s’appelaient les uns et les autres : maman c’est Karolina, la fillette c’est Helena (prononcer le « H » comme en allemand), le garçonnet c’est « Félix » et papa a un nom qu’il faudrait que je redemande, car long et jamais entendu. À mon tour, j’ai donné le mien. C’était le bon moment pour les présentations ! C’est à l’inverse de l’étiquette, mais quand enfin on se dit les noms, on peut tout de suite leur donner un contenu. J’avais une réserve de salés et une belle boîte de biscuits que les enfants ont portée, ensemble, tellement elle était lourde pour eux.
La voici. Je la trouve très belle.
No 1 ce sont des salés et no 2 les biscuits.
Le petit garçon et la danse des biscuits. Une fois la boîte ouverte, elle s’est trouvée à côté des salés. Le garçonnet passe devant les salés, en prend un et le repose pour se diriger vers les biscuits. Je lui dis que s’il a pris quelque chose, il doit le prendre… et que c’est important de bien regarder d’abord pour choisir. Le petit garçon reprend alors le salé, papa se charge de le manger (magnifique papa) et le garçon regarde les biscuits avant d’en choisir un. Lorsqu’il l’a fini, il a compris comment cela fonctionnait chez moi, il a bien regardé et a fait des choix. À un moment donné, l’un des biscuits était collé à celui d’en dessous. Il le secoue pour le séparer et ne prendre que celui du haut ; mais celui resté dans la boîte n’était plus bien placé. Le garçon le prend alors et le remet en place. Maman me regarde prête à intervenir et je dis, oui, c’est vrai, il a touché le biscuit de la boîte, mais c’était parce qu’il n’était pas en ordre ; cela dénote un fonctionnement intéressant de votre fils, l’ordre pour lui est important. Je partage son point de vue et le félicite. Ce que je m’empresse de dire à ce dernier. C’est alors que papa me dit que le gaçon s’intéresse à la mécanique et qu’il joue avec des kits pour des enfants de 8 ans. Il a tout de suite fait fonctionner un ventilateur ! Je lui parle alors de Roger, l’ingénieur en mécanique qui fait actuellement sa propre marque de montre, à qui je dois de nombreuses solutions dans mon studio, et qu’il serait bien digne d’être son fils.
Le garçon n’a pas été perturbé par ces commentaires et est allé inspecter d’autres choses. Il a vu des coussinets sur les chaises héritées de Freddy Landry, en a pris un et est venu me le montrer, j’ai compris qu’il désirait savoir ce qu’il y avait dedans parce que mis sous son nez il n’y avait pas de parfum et je lui ai dit que c’était du riz pour absorber l’humidité. J’ai alors expliqué à Helena que nos sens nous trompaient. Je lui ai montré le mur, la roche, et lui ai dit que nous croyions qu’il était très dur et infranchissable, mais qu’en réalité il y avait plein de trous, plein, plein, tout comme dans notre peau, par exemple et que l’eau de la pluie s’infiltrait dans le studio pour donner de l’humidité. Les petits sacs de riz avaient pour fonction d’absorber cette humidité (en plus d’une bonne couche de fongicide sur le cuir des chaises une seule fois ). J’ai senti les sens de Helena absorber mes mots, tout comme les coussinets absorbent l’humidité.
Les enfants. Cela fait un long moment que je ne travaille plus avec des enfants. Les raisons sont diverses, mais cela s’est fait peu à peu, il ne me reste que les enfants du Passeport Vacances auxquels je donne des cours en été. Je me rends compte que j’aime toujours travailler avec eux et que leur soif de savoir me fascine encore et toujours.
Remerciements. Il est le moment de se séparer. La famille doit encore faire ses bagages pour partir en vacances le lendemain très tôt. Maman me dit que c’était le premier spectacle des enfants, qu’ils en sont heureux et surtout que c’était la première fois que Felix restait si tranquille pendant si longtemps. Je ne pouvais rêver de meilleur compliment !
Les musiciens de rue de Neuchâtel m’ont souvent bien inspirée. C’est le cas avec un musicien que j’ai entendu hier en ville.
Un air de musique populaire, une marche très rapide. Voilà ce que j’entends en allant déposer une partie des costumes de mes spectacles que je viens de laver. Chaque année c’est le même exercice : mon studio est humide et je dois, chaque été, tout sortir, laver, mettre au soleil. Je m’approche du musicien et lui demande s’il a un CD :
Malheureusement pas ici, à la maison, oui.
Avec ce morceau ?
Il y a des musiques populaires, du classique, du clavecin…
Mais pas ce morceau ?
Non.
Vous pourriez l’enregistrer ?
Non… mais si vous avez un téléphone portable…
J’ai un enregistreur. On fait quand ?
Demain ?
Oui.
On se retrouve à cette place à 11 h ?
Parfait !
Le lendemain, soit aujourd’hui, j’arrive avec du retard. J’ai eu beaucoup de travail avec le lavage de mes costumes et ai très peu dormi. Mais, arrivée en ville, j’entends la musique de l’accordéon et me laisse guider par elle. On convient de se retrouver à midi. À 12 h 30, il faut qu’il quitte sa place de parc. C’est calculé un peu juste, me dis-je.
Sur le chemin. Je lui demande comment il en est venu à jouer de l’accordéon. C’est sa mère qui l’a initiié.
Enregistrement. Il entre dans mon studio, a un son d’étonnement et de plaisir en découvrant le lieu ; je lui dis de s’installer sur scène, sur une chaise. Il me demande si je veux le même tempo ou plus lent ou plus rapide que celui d’hier. Je n’y ai pas pensé et lui demande de garder le même. On compte, un, deux, trois et j’enregistre.
Parfait. C’est une musique très entraînante et le musicien est vraiment bon. Je me dis que la même musique un tout petit peu plus lente… Je demande au musicien s’il peut la jouer un peu plus lentement. afin de m’éviter de courir tout le temps sur scène. Il s’exécute et j’enregistre une nouvelle fois. Je lui dis que je me suis inspirée pour bien de mes danses de morceaux interprétés par des musiciens de rue. Je lui dis que je suis à la croisée de chemins et que je reprends mes spectacles intimistes. C’est l’activité qui embrasse tous les domaines de mon existence et qui me permet de communiquer avec plusieurs personnes en même temps.
Je voudrais faire un article sur vous sur ma plateforme. Il faut qu’on se revoie.
Lundi je reviens en ville et vous apporte une biographie. Je prendrai aussi le 45 tours que je vous offre et le CD.
Et pour maintenant ? Je vous dois combien ?
RIen, pour cinq minutes, rien.
Je me dis que je suis bien tombée, qu’on agit de la même façon.
Je voudrais vous faire une photo pour l’article. Au fait, vous vous appelez comment ?
Jean-François,
Zully, enchantée !
Voilà, c’est souvent ainsi que cela se passe ; l’art avant tout. Je dois dire que je connais un tas de monde dont j’ignore le nom. Pour moi, le plus important ce sont les messages que nous nous transmettons à travers des dimensions non tangibles. Il faudra aussi que demande le titre du morceau.
Il trouve qu’il est habillé en touriste… Ce qui m’intéresse c’est sa tête. C’est quelqu’un de franc, de direct et de jovial. Nous sommes devant la porte de mon studio. Je viens de la huiler ce qui explique pourquoi et l’enseigne et les différentes décorations sont absentes.
Curriculum vitae. J’avais demandé à Jean-François de m’apporter un CV pour mettre des informations sur lui sur ma plateforme. Il me l’a déposé à la porte du studio. En lisant la première phrase, je lis un nom. Suite au paragraphe suivant.
Jean-François Beuchat et Michel Dénériaz. Jean-François a fait sa première émission radio avec M. Dénériaz. C’était en 1968.
Michel Dénériaz ! Cela fait un bail que je n’ai entendu prononcer son nom. J’aimais bien cet animateur d’émissions de la Télévision suisse romande (TSR). Il avait une voix profonde, aimait la langue française et les bonnes manières. Je pense parfois à lui, notamment lorsque les gens portent leur parapluie et qu’il ne pleut pas (clin d’oeil à ceux qui connaissent Alphose Allais). Voici l’illustration :
La pluplart des gens portent le parapluie, quand il ne pleut pas, à la façon du no 1 ; or, lorsqu’ils se retournent,parexempl, et qu’il y a quelqu’un derrière… Michel Dénériaz devait être exaspéré au point de mentionner l’affaire dans une émission. Je ne peux oublier ce moment de logique ! Je me permets de temps à autre de transmettre l’information, tout en indiquant la source, à l’un ou l’autre des porteurs de parapluie qui croisent ma route.
Carrière de Jean-François. Il est un musicien accompli : accordéoniste et pianiste avec des diplômes. Non seulement il joue de ces instruments, mais il les enseigne aussi et, de plus, il est compositeur ! Il joue en solo et avec des orchestres. Il est aussi membre de la Société suisse de pédagogie musicale (SSMP) ainsi que de celle qui s’occupe des droits d’auteur d’oeuvres musicales (Suisa). Il a obtenu plusieurs prix et des médailles d’or. Il joue en Suisse et au Portugal. Comme vous le voyez, il ne lui manque rien !
Un 45 tours. Quand j’avais demandé à Jean-François s’il avait un CD, il m’avait dit qu’il avait aussi un 45 tours qu’il allait me donner. Je l’ai reçu et je viens de l’écouter. Que dire sinon que la musique qu’il joue me met de très bonne humeur, me réjouit, me rend gaie ! Je fais une photo-montage avec ce 45 tours.
Ma préférence va pour le premier morceau « La Marche du vingt-troisième canton », composé par… devinez ? Bien sûr, par Jean-François !
Le vingt-troisième canton… ce doit être un hommage au canton du Jura. J’ai, bien sûr, suivi la naissance de ce canton, mais il est entré en moi de façon particulière via René Froidevaux, propriétaire de la « Fabrique d’horlogerie Froidevaux S.A. – Neuchâtel » où feu mon ami avait travaillé. M. Froidevaux avait beaucoup milité pour ce canton, du point de vue politique et financier. Tomber sur Jean-François qui a composé une musique pour lui me donne l’impression d’avoir une nouvelle pièce d’un puzzle d’une autre dimension. Je dois préciser que j’ai mis le disque sur mon tourne-disques sans regarder les titres. Ce n’est qu’après que j’ai fait le lien… C’est fabuleux de voir combien les événements se croisent dans ma vie.
En venant au monde, on a tout un monde de choses à découvrir. C’est le cas de le dire.
Une fillette avait de la difficulté à coordonner des mouvements avec le corps et je lui ai fait une danse sur le sujet. Cela a eu de bons résultats. Voici le texte qu’elle chantait tout en faisant les mouvements appropriés :
Le coude, le coude – le genou, le genou
les poignets, les poignets – les talons, les talons
les bras, les bras – les jambes, les jambes
le tronc, le tronc – la tête, la tête
les épaules, les épautes – le bassin, le bassin
la bouche, la bouche – la langue, la langue
les dents, les dents – les oreilles, les oreilles
le cou, le cou – la nuque, la nuque
Puis, elle ajoutait :
tout cela c’est moi, c’est moi
tout cela c’est moi, c’est moi
tout cela c’est moi, c’est moi
tout cela c’est moi et vous aussi !
Ensuite, je disais au public un certain nombre de choses sur le corps : 206 os au total – 33 vertèbres dont 24 mobiles – 600 muscles – si on met bout à bout notre circuit sanguin, nous avons 150.000 km – l’intestin grêle déroulé mesure 6 m et le côlon 1,5 m !
Le moment d’émerveillement passé, je demandais à l’élève :
Combien d’os dans un pied ? Elle répondait : 26 ! (un jour, lors d’une répétition) elle a dit :
Tu sais pourquoi je m’en rappelle ?
Non…
Parce que mon anniversaire est un 26 ! et elle a éclaté de rire.
Tout cela est inoubliable !
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