Questions sociales

La vie sociale… je m’interroge bien des fois sur le sens et la valeur qu’on lui accorde. Nous vivons une période de grand changement, c’est vrai, mais nous sommes tous des acteurs et on devrait agir avec conscience – nos actes ont tous une répercussion – et en ayant une vue à long terme. Voici les liens vers les articles de cette rubrique qui concerne le commerce au centre-ville de Neuchâtel, le comportement des clients, les entreprises horlogères et, dernièrement, une imprimerie :

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Rôle du commerce au centre-ville.1 – Michel Vautravers

Une ville, par définition, est un centre urbain comprenant des habitants, des centres administratifs, des représentants politiques, des activités de différents secteurs parmi lesquels le commerce.

Le rôle du commerce au centre de Neuchâtel, ville de 33 000 habitants. Quand j’étais petite, mes camarades de classe avaient, pour la plupart, un membre de leur famille qui était ou avait été dans le commerce, propriétaire ou employé ; le fils du boulanger, par exemple, allait en classe avec la fille de la voisine du troisième étage de la rue parallèle et qui était cliente de la boulangerie. Bref, tout le monde se connaissait.

Début du changement dans les années 1990. Les commerces familiaux ont commencé à disparaître au centre-ville. Un opticien de mes amis me dit un jour qu’il avait voulu remettre son négoce mais qu’il n’avait trouvé personne. Les clients allaient bien chez lui pour lui demander conseil lors de  cas compliqués et allaient ensuite acheter les lunettes dans les grandes enseignes où ils les payaient moins cher. Il a dû changer l’affectation de son local. À la même époque, il y a eu trois opticiens à Lausanne dans le même cas que lui et qui ont dû également fermer faute de repreneur.

Plus récemment, le magasin d’articles ménagers, le magasin Vautravers, a subi le même sort. Son propriétaire, Michel Vautravers, a cherché un repreneur pendant une année. Peine perdue. Il a été fortement secoué par l’affaire, car il a bien pensé à son personnel. Il aurait voulu le replacer. Mais, cela n’a pas été possible non plus. Il en a été tellement affecté qu’il est tombé malade. Cela ne l’a pas empêché d’être d’une élégance rare. Il a fait un 20 % sur les produits lors de la liquidation. Sa marchandise était une marchandise de qualité.

Monsieur Vautravers me rend visite. Chez moi, ma batterie de cuisine était bien au-dessous de la qualité de ses produits. Je l’ai invité chez moi à dîner à condition qu’il me dise ce qui allait et ce qui n’allait pas dans mes affaires. M. Vautravers s’est comporté d’une façon exemplaire. L’une de mes casseroles avait le fond un peu bombé… »dehors », dit-il, une autre avait la poignée à l’envers… « dehors », ajouta-t-il une nouvelle fois ; pour le reste, même si les articles provenaient de grands magasins ou supermarchés, il n’a rien trouvé à redire. Il a ajouté qu’il n’était pas là pour vendre à tout prix. Il a même ajouté que puisque je vivais seule, il ne me fallait pas grand chose ! J’ai pensé que c’était quand même un peu osé, mais je ne pouvais pas non plus le contredire.

Batterie en aluminium. J’avais rapporté de quelques voyages des récipients et casseroles en aluminium. J’aimais leur fonction et leur forme. Vous ne pouvez pas les employer, dit-il. L’aluminium migre dans l’eau pendant la cuisson… Je me suis interrogée sur le commerce de tels objets dans de nombreux pays. L’argent… dit Monsieur Vautravers. Alors, l’âme un peu triste, j’ai dû me séparer de ces objets. Sachant que j’allais m’en défaire, quelqu’un m’a dit que lesdits objets pouvaient rendre service à d’autres personnes (certains étaient neufs) ; mais si je ne m’empoisonne pas, je ne vais pas empoisonner les autres ! ai-je répondu. On m’a aussi dit que je pouvais les utiliser pour y mettre des plantes. Mais, j’ai tenu le même raisonnement : je ne m’empoisonne pas, par conséquent je ne vais pas non plus empoisonner les plantes !

Ibric ou petit récipient  en cuivre servant à faire du café. J’avais envie d’en avoir un même si je ne bois pas de café. Pareil que pour l’aluminium, le cuivre devrait avoir une couche de protection… dit M. Vautravers. Pour moi c’est un autre rêve qui s’en est allé !

La bonne batterie et la bonne température pour la cuisson. J’ai appris qu’il vaut mieux avoir une casserole composée de trois métaux qui couvrent l’entier de la casserole et pas seulement le fond, car ainsi la chaleur se répand plus uniformément. De plus, si le bouton de la cuisinière dont la plaque est en vitrocéramique peut se tourner jusqu’au nombre 10, il vaut mieux le régler à 4 ; cela évite de détruire les aliments. M. Vautravers a dit qu’il se battait avec bien de ses clientes à ce sujet.

Il faut quand même dire que les casseroles à trois couches de métal sont passablement plus lourdes et que les aliments mettent du temps à cuire. Mais, c’est finalement un avantage, car je ne brûle plus mes casseroles ni mes repas !  D’ailleurs, il semble que plus c’est cru, mieux c’est !

Encore à propos du comportement élégant  de M. Vautravers lors de la fermeture de son magasin. Il a donc fait une remise de 20 % sur le prix d’achat. Les articles ont été vite épuisés, Si l’un ou l’autre des clients disait qu’il aurait encore voulu en avoir… M. Vautravers en commandait. Il a procédé à des commandes jusqu’à trois semaines avant la fermeture ! Et toujours avec le 20 % de remise alors qu’il payait le prix entier. C’est comme cela que j’ai pu avoir encore deux magnifiques casseroles.

Je suis fière de dire que c’est automatique maintenant, je ne tourne plus le bouton au-delà de 4. J’y ai mis un peu de temps, mais j’y suis arrivée !

Un de ses fournisseurs a dit à M. Vautravers, lors de la liquidation, qu’il lui vendait pour Fr. 200.- (je ne sais plus le montant exact) un stock de marchandises qu’il avait et que M. Vautravers pourrait en tirer un joli bénéfice. Ce dernier lui a répondu qu’il pouvait garder sa marchandise qu’il a qualifiée d’un mot un peu spécial parce que, a-t-il dit, il ne vendait que des articles de qualité !

Retour au rôle du commerce au centre-ville. Les autorités de la ville ont créé au début des années 2000 un groupe de réflexion sur le sujet. J’ai été nommée à la tête du groupe « Animations », sujet délicat. Car, en effet, qu’est-ce qu’une animation ? Le mot vient du latin animare soit donner la vie ; on y reconnaît aussi le mot anima qui est souffle, vie.

On m’a expliqué que si le soir les rues de la ville étaient tranquilles (« désertes » est le mot qui a été employé) c’est parce que la ville était morte. Je n’ai jamais compris. Les gens, quand ils sont chez eux, je les suppose occupés à plein de choses. Quand je suis chez moi, je fais plein de choses, je réfléchis, j’imagine, j’écris, je parle, je fais ceci, j’arrange cela, etc. Il semble que non, qu’il faut apporter de l’animation.

Cela m’interroge sur le phénomène de la propagation des idées. Comment une idée aussi saugrenue peut-elle prendre racine ? Je suppose que c’est une question de conscience.

En plus, pour moi, il y a animation et animation. Les gens confondent animation et bruit. Par ailleurs, ce n’est pas parce qu’on organise une fête, un concert dans la rue que cela amène des clients dans les magasins. Ceux qui s’en sortent le mieux, lorsqu’il y a ce genre d’animations, ce sont les restaurants. Encore que maintenant on voit aussi lors de ces manifestations des stands qui vendent à boire et à manger…

Les choses sont souvent déformées. Ainsi, la musique qui au départ est une expression sonore d’un état d’esprit, est devenu un outil de manipulation, le mot n’est pas trop fort, pour inciter les gens à se sentir bien, donc à acheter et maintenant à faire la fête, à ne plus réfléchir. De plus, le son est parfois tellement fort, que les gens sont obligés de hurler pour se faire entendre. Les magasins, les banques, la poste mettent de la musique. Mais, je vais traiter ce sujet dans un autre article.

Et on en revient au commerce au centre-ville. Bien des magasins, des négoces familiaux qui ont fermé ont été remplacés par des filiales de grandes enseignes qui vendent des lunettes et des appareils auditifs. Très récemment, je suis allée dans un de ces derniers commerces car je révisais un texte sur la fréquence émise par les sons des animaux et le gérant m’a expliqué que bien des jeunes parents y allaient acheter des protège-ouïes pour leurs jeunes enfants… Si on peut féliciter des parents de s’occuper de la santé de leurs enfants, on peut se demander à quoi cela sert de mettre la musique aussi fort si c’est pour ne pas l’écouter. Une logique qui m’échappe !

M. Michel Vautravers est parti au ciel, a quitté ce monde au printemps 2018. L’épreuve a été trop forte pour un homme aussi élégant. Voyez-vous, à l’hôpital, il a encore rédigé une lettre pour ses anciennes employées en leur souhaitant de trouver un nouvel emploi. Il a aussi dit qu’il partait l’âme en paix. C’est absolument remarquable. Je l’ai dit au début, M. Vautravers était d’une élégance rare.

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Les remerciements dans notre société

Remercier, dire merci… Quand j’étais petite, tant la famille, que l’école, que les autres en général nous apprenaient à remercier. On comprenait que lorsqu’on recevait quelque chose, il fallait remercier. En général, c’était pour les choses matérielles, plus rarement pour ce qui était immatériel ou qui faisait partie de la vie. C’était un peu comme dire « bonjour » à quelqu’un. On est poli si on dit bonjour et impoli si on ne le dit pas.

Je pense que dire merci, sans chaleur, sans émotion, n’est pas grand chose. Cependant, il est certain que de demander à quelqu’un d’avoir un sentiment… c’est impossible. Il naît en nous, sort de nous mais ne peut pas s’installer chez l’autre sur demande.

Toutefois, aujourd’hui, les remerciements disparaissent. Je me disais une fois que les mots semblaient vivants et que c’était comme s’ils avaient une mémoire, une vie à eux, une sorte de carte d’identité qui leur donne droit de cité. Certains d’entre eux à force d’être oubliés, comme le droit, la liberté, se rebellent et prennent leur place dans l’histoire à un moment précis, parfois avec force et débordent même de leur place tant ils ont été étouffés ; tout comme des adolescents qui auraient été trop contrôlés. Alors, que le remerciement, à force d’avoir été utilisé, forcé, vidé de son essence, se retire. N’ayant plus de réelles racines, il s’en va.

Le phénomène de la rébellion s’accompagne d’innombrables « j’ai le droit », « c’est mon droit », « je suis libre », « je fais ce que je veux » et très souvent employés à tort.

Je me dis que c’est une question de conscience, de ressenti et là, il est difficile de  partager ce genre de choses avec les autres et surtout de l’exporter, car  si nous ne pouvons pas nier que nous sommes tous égaux, on peut quand même dire que nous sommes tous différents.

Et la différence me fait penser à mes petites élèves que je mettais devant le miroir de la salle du cours de danse. Je leur demandais de se regarder et de regarder les autres et ensuite, je posais les questions :

  • est-ce que nous avons toutes une tête ?
  • est-ce que nous avons toutes deux yeux ?
  • est-ce que nous avons toutes un nez ?
  • est-ce que nous avons toutes une bouche ?
  • est-ce que nous avons toutes deux oreilles ?

La réponse était, oui, oui, oui et vers les dernières questions le oui était très sonore, voulant dire : on a compris, oui, nous avons toutes cela ! Alors, sentant le fruit mûr, je posais la dernière question :

Est-ce que nous sommes toutes pareilles ? Et là, elles ne pouvaient que comprendre que nous étions toutes différentes et que notre corps aussi était différent. Cela aidait à mieux comprendre les facilités et les difficultés à exécuter tel ou tel pas, à comprendre telle ou telle chose. J’ai toujours trouvé l’exercice fascinant !

Je reprends les remerciements. Comment cela se fait-il qu’ils disparaissent ? Je n’ai pas la réponse. Je n’ai pas pensé qu’une fois je me dirais qu’il y a tant de choses à améliorer dans notre société. Mais, je vais reprendre l’idée de la vie des mots. Il me semble que tout comme pour l’article que j’ai écrit sur les portes, les mots ont bien des modes. Quant à moi, j’essaie de bien les utiliser, de respecter leur graphie, de leur donner le sens qu’ils ont et parfois de jouer avec eux. C’est quand même l’un de nos moyens de communication.

C’est la raison pour laquelle, j’ai aimé le livre « La grammaire est une chanson douce » de l’académicien Erik Orsenna. Je ne sais plus comment je suis tombée sur ce livre. Je me souviens que j’ai lu un article qui parlait du livre et je me suis dit que quelqu’un d’autre  que moi, et pas n’importe qui ! avait eu la même idée au sujet de la vie des mots. Il ne parle pas des mêmes mots que moi, mais je m’y retrouve.

L’effet salutaire du remerciement. Il se trouve, par ailleurs, que notre cerveau réagit à nos pensées et à nos ressentis. Il est l’autoroute de cela. C’est ainsi que lorsque quelqu’un rend service à une personne et que celle-ci répond « de rien », son cerveau enregistre qu’il n’a rien fait. Celui qui s’exprime ainsi veut dire que son acte ne lui a pas coûté grand-chose, mais voilà, le cerveau ne reconnaît que « rien », l’information que la personne a reçue au moment où il a appris ce mot, c’est que rien est justement rien ; donc, il ne se passera rien dans son cerveau. Alors que, alors que si la personne dit « je vous en prie, avec plaisir, je suis contente de vous avoir rendu service », une sorte de joie fait que le cerveau émet de la dopamine, hormone qui est liée à la joie, à un meilleur état d’esprit et de santé. Et, ici, on peut très bien reprendre le proverbe et titre d’une ancienne émission de la télévision suisse romande, car il tombe à pic « À bon entendeur, salut ! » (au sens de salut du corps).

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Mon style de danse

Actuellement, je pratique une danse issue de ma formation et nourrie par le travail avec mes élèves. Il faut reconnaître que nous ne vivons pas dans un pays à tradition de danse classique. Afin de donner un sens aux mouvements du corps de mes élèves, j’ai eu recours au travail de l’imaginaire, à l’introduction de symboles, à des interventions théâtrales. Cela depuis le début sans que je le remarque tout de suite. C’est ces dernières années que cela est devenu de plus en plus clair.

La danse classique exige un corps particulier. Ce qui n’est pas le cas de tout le monde, mais, comme le disait Maurice Béjart, tout le monde peut danser. Alors comment faire ? Il y a moyen d’utiliser le corps de façon correcte, sans exagération ni torture et de le faire de manière harmonieuse. De même qu’il y a des danseurs classiques lyriques, d’autres héroïques, d’autres encore plastiques, etc. nous avons tous un genre. Il suffit de le trouver et de le mettre en évidence. La beauté n’est pas un modèle, un stéréotype, c’est une notion qui est liée à l’intérieur de la personne.

La base chez moi est la danse classique, l’école Vaganova, soit l’école russe où l’élégance, la rigueur et la technique sont réunies. J’ai eu de la chance que les professeurs qui m’ont formée en Roumaine aient, pour la grande majorité, étudié à Leningrad, redevenue aujourd’hui St-Pétersbourg.

Je ne pourrai pas les citer tous, mais là où ils sont, mes professeurs savent que bien souvent je pense à eux et que si je sais ce que je sais, c’est parce que je leur dois une fière chandelle. Devoir une fière chandelle à quelqu’un, c’est joli et profond comme expression. C’est vrai, je leur dois une partie de ma construction. Il y a des moments où je m’arrête dans ma vie et remercie tous ceux que j’ai rencontrés, ceux que je rencontre et ceux que je vais rencontrer, même ceux que je n’ai pas rencontrés, car finalement nous sommes tous liés. Cela me fait penser à une leçon de vie donnée par Maître Oprea Petrescu lorsqu’il m’enseignait la danse à Bucarest : « Tu peux apprendre de tout le monde,  même du pire tu apprendras au moins à ne pas faire comme lui ! »

Il me disait aussi que lorsqu’on est enfant et qu’on regarde les danseurs étoile, on les imite et que par la suite on trouve son propre style. Il en va de même, je m’en aperçois aujourd’hui, dans l’enseignement. Ma personnalité a toujours pris le dessus sur bien des choses, donc ma tendance à vouloir aider les élèves, à voir que leur vie en dehors des cours est tout aussi sinon plus importante que le moment passé à faire des pas de danse, est toujours sous-jacente. Je le dis dans la rubrique « Danse classique personnalisée » et dans d’autres, mes activités sont « personnalisées ». J’essaie donc de comprendre comment le corps et l’esprit de mes élèves fonctionnent.

Le travail avec les élèves. Travailler avec des enfants, avec des adolescents vous maintient éveillé. J’ai essayé de comprendre mes élèves et de créer des exercices et des danses où ils pouvaient se reconnaître. Il se trouve que je m’y reconnais aussi. C’est assez fabuleux de faire quelque chose pour quelqu’un d’autre et de voir que cela s’applique à soi. Ces dernières années, j’ai travaillé en particulier avec une élève adolescente.J’ai peu à peu trouvé un genre de danse qui est le sien et le mien ou le mien et le sien  ou alors, j’ai lu chez elle ce qu’elle pouvait faire ou elle m’a aidée à sortir ce qui était en moi. De plus, je peux mettre ce style au service d’autres personnes. Cela me fait plaisir de voir tout ce cheminement qui s’est fait tout seul, sans rien forcer.

C’est ainsi que je viens d’avoir, pour la première fois, un cours de danse classique pour adultes. On a toutes, ce sont des dames, beaucoup de plaisir. J’y mêle des exercices de danse classique, des notions d’énergétique chinoise, des notions philosophiques, des réflexions anatomiques, psychologiques… les éléments de la vie. C’est un vrai plaisir ! Les mouvements sont simples, mais riches de signification et la simplicité n’exclue ni la beauté ni la technique. Mon enseignement s’adapte à toute personne.

Mon expérience m’a aussi menée dans divers concours et festivals. Ce qu’il y a d’intéressant c’est qu’on rencontre des élèves, des participants qu’on n’aurait pas vus autrement. C’est très enrichissant pour moi. Me voici lors d’une participation à la « Fête de la danse » à Neuchâtel.

Remerciements. Je saisis l’occasion pour remercier tous mes maîtres et élèves. Ils m’ont tous aidée à construire mon chemin.

Photo Yoan Jeudy. On le remercie pour cet instantané !

Voici un compagnon dans plusieurs de mes activités, Essence :

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Révision de textes 2 : synchronicités

Les choses s’enchaînent toutes seules à nouveau dans ma vie. J’ai vécu longtemps ainsi et puis, je suis passée par une drôle de période, pas uniquement composée de difficultés, mais quand même…

Ma vie reprend du vif et c’est un immense plaisir. Au mois de février, le Théâtre du Pommier, anciennement le Centre culturel neuchâtelois, a fêté ses 50 ans. Mon ami, parti au ciel il y a près de dix ans, André Oppel, a été son premier directeur artistique. Les choses ne se sont pas bien passées lors de son départ à ce qu’on appelle la retraite. Mais, on ne refait pas l’histoire et on prend ce qui est. J’ai été invitée à cette célébration. Il y avait, comme moment théâtral, une conférence extravagante écrite et déclamée par le comédien français Pierre Cleitman. Titre: Quiprocos & Imposteurs divers avariés. C’est tout un jeu entre l’apparence, la méfiance envers les apparences et comment il faut ses méfier de sa propre méfiance, mais même là, des quiprocos peuvent s’installer et des faux faire leur apparition. C’est absolument remarquable. Il y est question de deux hommes avec une barbe, l’un a une longue barbe et l’autre une barbe courte. Pierre dessine les portraits. Lequel des deux personnages a la plus longue barbe ? Il vous faut écouter la conférence pour le savoir.

Bon, quand on sait qu’il faut se méfier des apparences… On se dit que c’est la petite barbe qui est la plus longue (en effet, celui qui apparemment a la plus longue barbe, lorsqu’on le rase a un menton très très long… ) ; puis, on découvre qu’en fait, celui qui porte la petite barbe utilise un postiche ! Absolument remarquable.

J’ai une élève de danse qui a 15 ans et qui aime l’écriture. J’ai demandé à Pierre de me faire parvenir son texte pour qu’on le lise pendant notre cours. J’ai alors appris qu’il présenterait d’autres conférences sur le territoire helvétique ces temps-ci. Je suis donc allée à Lausanne avec mon élève pour écouter L’esprit du labyrinthe dans le cappucino européen et aujourd’hui, je suis allée à Bâle, j’avais pourtant hésité à me déplacer si loin, écouter L’humour du râleur est-il toujours en retard ? Fascinant aussi.

Alors, les synchronicités ? C’est que malgré que le climat ait été quelque peu tendu avec le directeur du CCN, je sois allée à la célébration, que j’y aie rencontré Pierre Cleitman, qu’il écrive des textes intéressants et qu’aujourd’hui, alors que j’avais hésité à aller à Bâle, j’y sois allée en me disant que je devais y aller, que c’était normal d’y aller tout en me disant que c’était curieux que j’y aille… et qu’il me dise, à la fin de la conférence, qu’il va me envoyer ses textes pour que je les révise. C’est magnifique ! Voilà, j’ai la réponse à mon déplacement. De plus, cela tombe bien, je suis en train de finir de réviser un livre sur les fréquences vibratoires.

Autre chose, il n’y avait pas beaucoup de chances pour que Pierre C. écrive sur Jung et la synchronicité. Et pourtant il l’a fait (il se trouve que je suis allée auparavant à Berne dans le but d’écouter Pierre, mais n’ai pas trouvé le bon endroit et donc raté la conférence. Ce sont des choses qui arrivent. Pour la peine, a dit Pierre, quand vous viendrez à Lausanne, je vous donnerai l’un de mes livres !). Donc, de retour de Bâle dans le train, j’ouvre le livre et tombe sur Jung et la synchronicité. Là, je ne me dis pas que c’est curieux, mais que c’est normal d’avoir des synchronicités dans sa vie et que ma vie est sur les bons rails. Je me permets de citer Pierre : « La synchronicité » étant selon le psychologue zurichois Gustave Jung qui en a forgé le concept (il n’était pas cheminot, mais aimait beaucoup voir passer les trains – C’est le moment de préciser que c’est un extrait de la conférence extravagante « L’amour platonique dans les trains », d’où la mention des cheminots -) la perception de coïncidences remarquablement subjectives dégageant un sens remarquablement objectif combinée avec la perception de coïncidences remarquablement objectives engageant un sens remarquablement subjectif. Pour le dire plus simplement c’est quand le réel nous parle à nous personnellement et que ce qu’il nous dit nous sommes littéralement ravis de l’entendre. »

Pourquoi Jung ? Par ce que je suis une formation de dynamique mentale, que son inventeur, Bernard Michel Boissier (BMB), a rencontré Jung et qu’il parle de synchronicités. Lors de la conférence Histoires inédites sur l’alchimie – quand le savoir et la sagesse rejoignent la science, BMB dit que Jung serait allé à un séminaire qui  réunissait les alchimistes héritiers de ceux de la Renaissance, en Bavière, en 1934. Le thème avait été  » Les Trois Mondes » et Jung en est sorti avec les notions suivantes :

  • l’inconscient collectif
  • les archétypes ;
  • la synchronicité ;
  • l’animus et l’anima.

C’est absolument fascinant de connaître l’histoire des gens, des choses (la conférence est actuellement sur youtube). En plus, on vient d’ouvrir le musée Jung dans sa propre maison à Küsnacht. Par ailleurs, le livre sur les fréquences vibratoires que j’ai mentionné plus haut parle du « Soi » au sens jungien et que je me suis plongée chez Jung pour mieux comprendre cette notion qui englobe l’être spirituel, physique et mental. Alors, retrouver Jung via Pierre c’est curieux…

Alors, avec ces synchronicités, je me retrouve, je me retrouve au sens où je me sens à nouveau bien ancrée au sol, moi qui aime faire différentes choses apparemment sans lien entre elles et quand elles se relient sans que je le fasse volontairement, c’est le signe que tout va bien !

Puis, j’ai rencontré le physicien Jean-Pierre Garner Malet qui a une autre façon d’expliquer les synchronicités, il y a une autre dimension qui s’introduit, celle de la pensée et de son rôle créateur. C’est une façon plus logique. Il n’y a pas besoin d’ajouter autre chose.

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Les canaris du monde de Zully : poème

Tout bon comédien et directeur de théâtre connaît ce poème :

« Oiseaux, copeaux de vie envolés de la varlope du Charpentier du monde, parcelle de substance aristocratique, molécules d’être, points d’espace, oiseaux, pollens vivants, véhicules des germes et des causes, lignes d’anges, choeur des coeurs. Je vous aime, oiseaux. » Joseph Delteil (poète et écrivain français)

Ce poème est suspendu à l’un des murs de la chambre où se trouve la volière de mes canaris, volière qui donne aussi à l’extérieur.

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Les canaris du monde de Zully

Ecole de danse Zully Salas : éducation des élèves.1

À tous mes élèves j’accorde la même importance. Je me suis toujours préoccupée de savoir comment ils allaient, comment ils se sentaient à la maison, à l’école, avec les copains, avec leur corps. J’ai toujours encouragé l’apprentissage de toutes les matières, j’ai aidé quand les circonstances l’ont permis en toute sorte de domaines et à différents niveaux.

Neuchâtel, ville où j’habite et enseigne, n’a aucune tradition dans le monde de la danse classique, ni danse en général. Aussi, pour faire comprendre aux élèves que la danse a une histoire, que tous les domaines participent à la beauté et à la construction de l’esprit, j’ai distribué des photocopies sur ces sujets afin de constituer un dossier sous forme de classeur.

Voici la liste des danseurs, photo et biographie, et autres sujets. Il n’y a jamais eu d’ordre. Les noms  et sujets venaient au fur et à mesure, selon les circonstances  :

  • Alexandra Danilova ;
  • Anna Pavlova ;
  • Marie Taglioni ;
  • Liudmila Safronova ;
  • Irina Borovska ;
  • Karl Musil ;
  • Vladimir ;
  • Magdalena Rădulescu ;
  • Ilka Dubek ;
  • Muriel Collignon ;
  • Harald Kreutzberg ;
  • Moira Shearer ;
  • Alexandra Iosifidi ;
  • Maia Plissetskaia ;
  • Alla Chelest ;
  • Laura Blică ;
  • L’autographe d’Agathe Rytz Jaggi, pianiste suisse, qui a enregistré de la musique pour l’un de nos spectacles ;
  • Charlotte Kerr-Dürrenmatt a décrypté le texte de la chanson allemande « Der Streuselkuchen » ;
  • Des photos de différentes formes de pied. Les pieds nous portent dans la vie, et dans la danse ils sont très importants.
  • Différentes feuilles avec des nombres ou des figures afin de faire des exercices avec les yeux ;
  • Un article sur l’intention de l’Académie française de supprimer l’accent circonflexe ;
  • Dépliant du musée Bartholdi. Ce dernier fut le sculpteur de la Statue de la Liberté de New York ;
  • Dépliant du musée Jean Tua, musée de l’automobile, de la moto et du cycle, à Genève (il n’existe plus depuis 2005), car il y avait de si belles voitures, qu’il m’a semblé important de dire aux élèves que la beauté était partout ;
  • Comparaison de différents calendriers aux approches de l’an 2000. Cela démontrait que même la mesure du temps était relative. Il y avait aussi la photocopie d’un calendrier perpétuel ;
  • Copie d’une page « Spécial Mycorama » racontant des anecdotes liées aux champignons et recuellies lors d’un tour du monde ;
  • Un court historique avec des questions à la fin sur des émeraudes. L’une des élèves collectionnait des pierres semi-précieuses et j’étais allée en Colombie d’où je leur avais apporté des « morrayas », soit des émeraudes non travaillées ;
  • Carte postale du Théâtre Mariinski, St-Pétersbourg, avec autographe du photographe des années 1960 – 1970, Il y avait également un historique.
  • Un dossier sur les médicaments homéopathiques d’une danseuse avisée. Il avait été révisé et complété par le docteur Liliane Calame.
  • Un petit article sur les monnaies et même une pièce de Hong-Kong avant qu’il ne retourne dans le giron chinois ;
  • Un carton à découper pour monter l’Opéra de Paris ;
  • Un carton à découper pour monter la bicyclette de Da Vinci ;
  • Un carton à découper avec des costumes utilisés à la cour de Russie.

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La danse et le monde de Zully, ou la danse mène à tout.

Ces derniers temps, pour des raisons particulières, je présente des spectacles très souvent et invite des amis, des connaissances, des gens que je trouve intéressants.

Le thème principal est celui de la difficulté. Lorsqu’on se trouve devant l’une d’elles, il y a bien des façons de se comporter, je pense qu’il faut faire face. Ce n’est pas toujours facile, mais il faut quand même se dire qu’on n’est pas né pour être malheureux, qu’il y a toujours une solution. Si je regarde ma vie, je m’en suis toujours sortie et très très souvent à mon avantage bien que parfois j’aie eu l’impression d’avoir laissé des plumes…

Cette semaine, nous avons eu Roger. Un gaillard rencontré au self-service de la Migros, l’un de nos supermarchés. Je l’ai entendu parler avec un ami et j’ai remarqué qu’il parlait très bien. Je suis sensible aux gens qui parlent bien, d’autant plus quand ils sont étrangers, ce qui était son cas. Je le félicite donc et on entre en conversation, on a échangé quelques courriels, puis silence.

Organisant donc mes spectacles, je tombe sur son adresse électronique, reprends contact avec lui et lui demande de venir, avec des amis, si cela lui dit. Il répond qu’il vient seul.

J’ai invité d’autres personnes, neuf, mais… vendredi passé, Roger s’est retrouvé seul dans notre petite salle ; cela ne l’a pas démonté. J’ai expliqué que pour des raisons qui nous échappent, la vie nous réserve des surprises et tant sa présence que l’absence des autres en faisait partie.

Bien nous en a pris, car il a amené une façon de voir la vie très intéressante et l’une d’elles concerne les tables de multiplication. L’élève, quinze ans, avec laquelle je présente ces spectacles a maille à partir avec lesdites tables. Mon élève était déjà partie lorsque nous en avons parlé. Il a fait un schéma sur une petite feuille et je me suis dit que j’allais le refaire. C’est fabuleux. Je l’ai fait deux fois et la deuxième fois, j’y ai découvert d’autres choses, j’ai aussi compris une phrase que Roger avait dite lorsqu’il construisait son schéma et que j’ai comprise sur le moment, comme on comprend une phrase qui est logique, mais ce n’est que maintenant que je la vis. Voici le second schéma que j’ai fait et déjà transmis à mon élève. La phrase est en lien avec la confiance. J’en parlerai une autre fois.

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Quand Roger a fait le schéma, il est parti de l’axe des coordonnées pour montrer  la progression logarithmique. Je me suis dit que j’allais faire le prolongement des lignes à gauche parce qu’elles devaient se croiser et que les lignes allaient s’inverser.  C’est magnifique à voir !
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Et voilà ! Ce graphe me donne une immense joie !
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Le premier graphe

Je viens de refaire le premier graphe, sans la prolongation à gauche, et donc sans le point de rencontre. Je ne peux que dire que sa construction me procure une immense joie, comme si je découvrais quelque chose, puis lorsque je regarde l’image et la laisse entrer en moi c’est comme si je rencontrais l’infini.

Lors de la construction, la première fois, j’ai compté les carreaux. En effet, sur l’abcisse, on reporte les tables, celle du deux est la première. Cela veut dire que sur la l’ordonnée on va retrouver les produits : 2, 4, 6, 8, 10 etc. Ensuite, on a la table du 3, puis celle du 4. En dessinant celle du trois, j’ai compté trois carreaux, six carreaux. On s’aperçoit alors, qu’il n’y a pas besoin de les compter, car le premier nombre de chaque table est décalé d’un nombre par rapport au précédent. C’est logique, 2, 3, 4… 9, 10, etc. Puis, lorsqu’on passe au second terme, soit 6 pour le 3, 8 pour le 4, 10 pour le 5, on s’aperçoit qu’il y a décalage de deux carraux entre deux colonnes, que pour le troisième terme il y a trois carreaux et ainsi on trouve une progression logarithmique. C’est moins compliqué à construire qu’on ne le croit.

Ensuite, en regardant le graphe fini, j’ai eu l’impression de contempler la beauté. Je me suis sentie dans la peau d’un Grec qui travaille avec la perspective. C’est une émotion très profonde, une sorte de vertige. Il doit y avoir autre chose à « voir » dans ce graphe, la construction de quelque chose de grand. Tout cela, parce que j’essaie de trouver la porte qui ouvrira l’appétit de mon élève pour les mathématiques !

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Réparations et rangement = mettre de l’ordre en soi.2

Pour moi, lorsque je répare quelque chose, que je range des choses et que donc leur donne la place qui leur correspond dans mon monde, cela équivaut à faire de même en moi, dans mon intérieur. Je n’en ai pas toujours été consciente, mais cela le devient. Aussi, lorsque je fais des petits travaux dans ce domaine pour mes voisins ou amis, je les aide aussi dans leur monde.

J’adore bricoler. Cela va de travaux de couture, au rangement de toute sorte de choses, à la systématisation dans toute sorte de domaines (je ne suis pas maniaque du tout, si j’aime faire de l’ordre, c’est aussi parce que je sème du désordre : un jour, on est pressé, un autre, on doit s’occuper d’un imprévu, un jour, on n’a tout simplement pas envie de ranger, etc.), à des travaux de peinture de murs et plafonds ; j’ai même fabriqué de petites étagères afin d’éviter des ennuis avec la gérance.

En effet, on emménage dans un appartement avec les murs sans presque pas de clous, or dans mon cas, j’ai bien des objets qui les décorent. Ainsi donc, j’avais mis des rayons pour y mettre des livres et autres affaires de bureau. La gérance, je l’ai remarqué lors du départ d’autres voisines, fait payer les soi-disant dégâts causés par les clous. Alors, j’ai réparé les trous, repeint les murs et fabriqué des petites étagères. Voici ce que cela a donné :

Il n’y a plus de trous dans les murs et j’ai des surfaces supplémentaires pour mes affaires !

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Voilà comment j’ai gagné de la place sur mon bureau grâce à mes étagères !

Je répare des objets cassés, en porcelaine, en verre. Ma voisine a cassé la lampe qu’elle avait en souvenir de sa mère. Je l’ai recollée, inventé des motifs qui jouent avec la partie brisée et je l’ai laquée.

Un autre grand plaisir est de mettre de l’ordre dans des bibliothèques en laissant par-ci, par-là des espaces afin que les livres respirent. J’ajoute des demi-rayons, divise l’un en deux, ajoute des plantes, mets en évidence un beau livre, renforce la partie arrière du meuble, etc.

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Liens vers d’autres articles où réparations et rangement = mettre de l’ordre en soi. C’est sûr qu’à chaque fois que nous réparons et rangeons quelque chose, il y a une correspondance en nous :

Journal de l’enseignement de la danse classique adapté à une élève de cinq ans, page 1.

On ne peut pas enseigner la danse classique avec ses règles de la même façon à un élève de cinq, sept, dix, quinze ans. Le langage, le sens changent. Pour un enfant de cinq ans, il faut commencer par prendre connaissance de son corps, de la façon dont il est construit et se faire ami avec les jambes, les pieds, les orteils, les jambes, les genoux, les bras, les coudes, les mains, les doigts, les épaules, la tête, le regard, l’espace, la musique.

Janvier 2018 : une nouvelle élève est arrivée à mon école. Petite élève curieuse, fatécieuse et intelligente. Je lui dessine des pierres au sol et lui dis qu’elles sont entourées d’eau et de crocodiles. Cela veut dire qu’il y a danger de sauter d’une pierre à l’autre et qu’il ne faut pas tomber dans l’eau.

J’en dessine des grandes et entre elles, assez loin les unes des autres, de toutes petites. Elles ne permettent de mettre qu’une demi-pointe.

La fillette s’est posé la question de comment y aller et a fini par trouver ! J’ai déjà fait cet exercice avec d’autres enfants. Elle est la seule à avoir trouvé la solution toute seule.

Mars 2018 : j’ai compliqué l’exercice avec d’autres formes et elle trouve toujours quoi faire. Dans les très grandes, elle s’est couchée et elle dit qu’elle se reposait.

On a parlé de résonances dans le corps. J’ai pris un sceau et l’ai rempli avec de l’eau. Ensuite, j’ai donné un petit coup dans l’eau pour qu’elle voie que l’eau bouge. Je lui ai expliqué, que son corps était rempli d’eau. Elle a fait une drôle de mine. Je lui ai dit que si elle était le verre que je tenais dans ma main, l’eau du corps allait très près du bord ! Et que donc, si elle faisait une résonance dans son corps, elle allait faire bouger l’eau du corps et faire bouger le corps. Elle a très bien compris.

Les progrès : c’est surprenant comment en une seule leçon bien des notions se mettent en place et forment une sorte de tableau, comme un puzzle dont on a soudainement trouvé où vont les différentes pièces. Les exercices que la fillette trouvait difficiles (marcher sur une planche du sol en bois sans dépasser les côtés) sont devenus quelque chose de simple. On dirait que c’est son exercice, qu’il lui appartient. Elle a même marché tout de suite sur une seule ligne, une de ces lignes qui séparent deux planches. C’est allé assez vite, elle a douté une fois au début, elle est restée immobile un bon moment, ne m’a pas appelée et a marché sur toute la longueur de la ligne. C’était fabuleux ! Je lui ai dit que c’était une victoire. Une victoire ? demanda-t-elle. Oui, chaque fois que nous réussissons quelque chose, c’est une victoire et tu est pleine de victoires ! Elle a souri. Il en est allé de même avec les sauts. Elle peut maintenant sauter en 6e position sans faire du bruit et quand je la prends par la taille pour faire de grands sauts, elle a les jambes et les pieds tendus en 2e position. Même quand elle sautille, le pied droit est bien tendu, le gauche un peu crochu, mais l’effort est là.

Les progrès en une fois = marcher sur une planche, marcher sur une ligne, tendre les pieds dans le grand saut et les sautillés sauter à pieds joints sans bruit et la position du bassin qui s’approche du sol quand elle fait la grenouille sur le tapis.

La victoire : Il ne suffit pas de dire à quelqu’un qu’il a bien fait et que c’est une victoire. Pour vraiment assimiler la victoire, il faut constater. Mon élève sait que c’est la première fois qu’elle réussit aussi bien et que cela s’appelle une victoire.

De plus, je la vois refaire toute seule des exercices qu’elle trouvait difficiles. C’est vraiment fabuleux ! Plus le temps passe, et plus elle choisit toute seule de refaire certains exercices difficiles et les complique d’elle-même. Celui de marcher sur une ligne, par exemple : cette semaine, elle a mis un pied sur la ligne, a levé l’autre, est restée en équilibre un moment, puis l’a posé par terre, levé à nouveau l’autre, est restée en équilibre et ainsi de suite. Elle sait que lorsque le morceau de musique choisi finit, on ne bouge plus ; cela lui est arrivé lorsqu’elle était en équilibre. Pas de problème ! Elle est restée en équilibre !

Nous sommes allées voir le médecin chez lequel je vais en formation continue en France, le docteur Benoît Lesage. Nous avons enrichi la palette des exercices à faire pour corriger un problème de hanche et nous nous amusons bien. Afin de faire un jeu d’un exercice qui pourrait être ennuyeux, j’ai proposé qu’on dessine des « yeux ». Ensuite,  on les a posés sur le corps de façon qu’ils gardent une certaine position. J’ai dit qu’on pouvait donner un prénom à chaque oeil et la petite élève a très bien compris, d’autant plus qu’elle donne des noms à ses chaussures. Elle ne dit pas, je veux mettre les chaussures blanches ou les rouges, elle les appelle par un prénom ! C’est sa maman qui me l’a raconté par la suite.

À un certain moment, nous avons joué à tapoter les os du corps. Je lui ai dit qu’on pouvait parler avec les cellules du corps, sortes de petits personnages qui travaillent dans le corps. Je lui ai dit qu’en faisant toc-toc-, ces petits personnages pouvaient apparaître sous toute sorte de formes, que chez moi, ils étaient bien souvent des fleurs. Elle a dit que j’en avais, de l’imagination !

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