@articulations – jouons avec elles. Apport des participants. 2

Une fois de plus, je ne peux que constater que ce sont les participants qui nourrissent mon cours ! Chacun a son monde et les mondes qui se croisent et se comprennent s’enrichissent.

Encore le confinement. On est encore dans cette drôle de période bien que certaines activités sportives et artistiques aient repris. Il faut quand même respecter un certain nombre de consignes.

Peu d’inscriptions. Je le constate dans divers domaines : bien que les gens se plaignent de ne pouvoir faire ce qui leur plaît, une fois les portes ouvertes par-ci, par-là, il n’y a pas foule. Cela ne fait rien, on va de l’avant.

Une seule participante à mon cours. Est-ce que vous l’annulez ? Me demande-t-on. Non, réponds-je. Si une personne trouve mon cours intéressant, je ne vais pas la décevoir. Je me mets à sa place et je me dis que lorsque cela m’est arrivé de voir supprimé un cours qui aurait pu m’apporter quelque chose, je me suis dit que quelque chose n’allait pas. Bref, ma participante arrive et me demande si cela ne me gêne pas de n’avoir qu’une personne. Je lui explique mon point de vue et on fait le cours.

La fois suivante. Après le premier cours, ma participante en parle à deux de ses proches connaissances et on se retrouve à trois. C’est magnifique !

Extraordinaire. L’une des nouvelles participantes a connu une partie de « mon monde », celle liée au Centre culturel neuchâtelois, à feu mon ami André Oppel et à tous ceux qui travaillaient avec lui dont Jacques de Montmollin, Ernest Grize et Mado Grize ainsi qu’à tous ceux qui gravitaient autour d’eux ; Freddy, Freddy Landry, est inclus dans la liste ! Je n’en reviens pas. Lorsque j’apprends cela, je me dis que tous ces personnages sont là, leur nom flotte dans l’espace, les meubles et divers aménagements de mon studio liés à eux reprennent vie différemment. Là, les temps sont mélangés pour n’en faire qu’un.

Le temps, ma façon de le vivre. Il est à la mode de dire qu’il faut vivre le temps présent. Mais qu’est-ce que le temps ? Je m’aperçois que bien des choses de mon temps présent sont liées à des temps passés qui me semblent si présents… J’en reviens au physicien Garnier Malet qui dit que le présent, le passé et le futur existent en même temps mais dans des dimensions différentes. Peu importe que l’on comprenne ces mots, il y a des moments où j’ai réellement le sentiment que tout est lié.

Le cours continue. Il se passe des choses très intéressantes. On le sait, nous sommes tous différents et avons des façons différentes de vivre et de ressentir les choses. En danse classique, s’il y a différentes écoles, il n’y a qu’une seule façon de faire correctement tel ou tel exercice. Dans le cours sur les articulations, c’est tout autrement : les ressentis sont très différents d’une personne à l’autre.

Un exemple parmi tant d’autres : une exercice passif pour les genoux. Une personne comprend qu’effectivement les muscles ne dirigent pas le mouvement, une autre encore sent que des tensions disparaissent aux genoux et une autre encore sent ses chevilles allégées. Et les trois ont raison ! C’est cela qui est passionnant.

La semaine passée. L’une des participantes me remercie très profondément parce que les exercices destinés à détendre les mâchoires et à faire travailler les gencives tout en ayant une action sur les dents a été une sorte de révélation. Je lui dis que si c’est moi qui lui ai permis de découvrir quelque chose, je l’ai appris de quelqu’un d’autre et que mon cours n’aurait pas été possible sans tant de liens entre des gens et des institutions, que cela forme comme un arbre. Ce qui est intéressant, c’est que je passe par une période où les événements se lient les uns aux autres et la présence de la participante, ainsi que ses mots, en sont une autre preuve. Je lui dis que j’ai écrit un article sur cette plateforme au sujet des remerciements, que cela rejoint ce qu’elle me dit. Voici comment je peux représenter les liens qui se tissent cette fois-ci :

Je précise que Catherine est venue grâce à Anne. Donc, les remerciements qu’elle me donne, incluent aussi Anne. Pour aller plus loin, mon cours n’aurait pas eu lieu sans l’existence du service des Sports. Je n’aurais jamais proposé de cours audit service si M. Thomas Facchinetti ne me l’avait fait connaître. Je n’aurais jamais parlé avec M. Facchinetti si le directeur, à l’époque, du Théâtre du Pommier, ne m’avait pas mise sur une voie qui m’a permis de me diversifier.
Alors voilà, on croit remercier quelqu’un et en fait les remerciements s’étendent ailleurs. Ce qui est beau c’est que – dans cet exemple – Mado n’a jamais pensé que son amour pour Ernest allait permettre à Catherine de faire une découverte ! Elle n’a jamais pensé que j’allais rencontrer André. Ernest n’a jamais pensé que je prendrais un soin infini de la salle qu’il avait remodelée.

Moralité. C’est comme dans les contes, il faut toujours faire bien ce qu’on a à faire, parce que c’est toujours utile pour quelqu’un.

Le CCN. Je cherchais dans mes affaires une carte de membre du ciné-club de l’époque et suis tombée sur la pochette d’allumettes que je garde depuis très longtemps. Vous remarquerez que la pochette est intacte. Je suppose que je l’ai prise parce que je la trouvais belle. C’est touchant de revoir cet objet qui mentionne la danse. Le sigle du CCN était si représentatif… Et que dire du numéro de téléphone, toujours en activité… Je le dis, le temps est « un ».

Je vois sur la Toile que l’entreprise qui fabriquait ces allumettes est toujours en activité. Je vais téléphoner.

Mado est ravie de tout cela. Elle attend que j’écrive un article sur le CCN et diverses faits de l’époque où elle, son mari et mon ami y travaillaient. C’est en cours !

D’autres fils. Je n’aurais pas écrit l’article si Anne n’avait amené Catherine. Et mes participants n’auraient pas fait la découverte de l’exercice sus mentionné si mon dentiste, Răzvan Duinea, ne me l’avait pas montré. Je le dis à Catherine qui me demande où se trouve le dentiste. Je réponds : à Bucarest, en Roumanie. Ah… répond Catherine un peu désarçonnée en pensant à la distance… Alors, ces fils du remerciement sont en quelque sorte les fils de la vie. Je remercie Anne, le docteur Duinea, un homme d’une finesse et d’une délicatesse remarquables, ainsi que tous les autres qui ont traversé ma vie d’une façon ou d’une autre parce qu’ils participent de ma construction.

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Zully photographie des jambes.2

Voilà que je me trouve en ville pour quelques instants et je vois une dame, Christelle, qui bouge ses jambes au bout desquelles elle porte de magnifiques chaussures. Je dis au bout, car ses jambes sont longues et très minces. Une beauté !

J’hésite, puis lui demande si je peux photographier ses pieds. Elle s’y prête volontiers, bien qu’elle n’ait que très peu de temps. Je me dépêche.

Ce n’est pas la première photo, mais c’est la seule où l’on peut apprécier la finesse de la jambe qui va si bien avec ces chaussures. Le fait est que Christelle portait des jeans à la mode, soit déchirés, et que je trouvais que l’élégance du corps et des chaussures n’allait pas ensemble avec cette « mode ».

Pieds fins dans chaussures fines.

Je m’amuse à multiplier les pies

La fontaine de la Justice est devenue la fontaine des la balance de la beauté de pieds chaussés et le pillier estrenforcé par des chaussures…

J’espère revoir Christelle pour finir de lui prendre des photos !

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Spectacles de danse le 6 et le 7 mai 2021

Cela devient un leitmotif dans cette période si compliquée de notre histoire : contre mauvaise fortune bon coeur.

Une ouverture temporelle. Des spectacles peuvent avoir sous certaines conditions et je m’engouffre dans cette ouverture. C’est une chance !

Reprise et renouveau : cela faisait des mois que je n’avais présenté de spectacle. Le spectacle est quand même un exercice différent d’une répétition ou du travail quotidien. J’ai donc repris des numéros, des danses. Ils ont pris du temps à se remettre en place, mais une fois en terrain connu est venue la question d’un renouveau, d’un changement. Pourquoi ? On vit quand même des temps différents et mon public est composé de personnes averties. Il y a aussi le fait que je sens que je peux aller plus loin, et que je sens une certaine unité m’habiter. Une unité entre ce qui m’entoure et moi.

Mon public : comme je le disais, ce sont des personnes averties, des personnes qui me sont aussi proches et que j’ai invitées séparément. Il y a donc eu un spectacle une invitée et un autre pour une autre. Si c’est en partie pour respecter des normes – je suis quand même allée au-delà – c’est aussi parce que chaque personne est un monde et que ce sont des mondes dans lesquels je me sens bien. Ma représentation traite de thèmes peu usuels dans le cadre d’un spectacle et cela crée une atmosphère intimiste. J’aime cela.

Synchronicité. Il y a aussi le fait que j’ai récemment modifié l’allure de la salle grâce à un ami, Roger Peeters. J’insiste sur son aide, car il y a des changements inattendus dans la vie et parmi eux des heureux. Le changement d’aménagement de ma salle en fait partie et j’avais envie de présenter, dans ce nouveau décor, des spectacles à des gens que j’aime. J’ai toujours eu un public choisi et tous ceux qui sont venus me sont chers, vraiment tous, mais cette fois-ci, j’avais besoin de gens qui connaissaient mon histoire et vivent, en quelque sorte, ce changement avec moi. Il me reste une troisième personne. Alors, les circonstances étaient mûres pour que je puisse présenter des spectacles dans mon nouveau décor d’autant plus que je passe moi-même par des changements intéressants. Tout cela arrive dans une même temporalité.

Les coupes à champagne sont toujours celles achetées avec mon amie Ileana Iliescu, ancienne danseuse étoile de l’Opéra de Bucarest. Chez moi, tout fait partie d’un tout.

Le spectacle a été suivi d’un verre et d’un encas. Je n’ai pas pensé à prendre la photo de la « table » du premier spectacle, et une fois que j’y ai pensé… Le temps ne revient jamais en arrière dans notre dimension… ce n’est pas comme une montre. Mais, c’était semblable et surtout, le Mauler rosé était là aussi. Pour moi, il apporte une note magique.

Spectacle-exercice : comme je le disais, cela faisait un moment que je n’avais présenté de spectacle et l’exercice est quelque peu compliqué du fait que je le présente seule. Pour le premier spectacle, j’ai eu la chance d’avoir Roger, le même Roger Peeters qui m’a aidée à donner un autre aspect à ma salle, et qui cette fois-ci a été l’ingénieur du son. Le second, je l’ai présenté sans lui et il faut tout minuter ! C’est faisable et l’atmosphère est tout aussi détendue et intimiste.

Les yeux. La vue, comment l’améliorer, l’entretenir (en cours de rédaction)

C’est simple : il suffit de bien voir, de savoir voir… tout un savoir !

Regarde ! disent les parents aux enfants, tu vois ceci ? et là ? Je me demande si ce n’est pas comme cela que l’on commence à fixer une chose et à l’isoler du contexte. J’ai lu des livres, des articles sur comment améliorer la vue, mais c’est en allant consulter une spécialiste de la méthode Bates que j’ai appris à voir de façon consciente alors qu’il y a des gens qui savent voir de façon naturelle.

Je vous parle de mon expérience.

Dessin : c’est clair que personne n’a les yeux comme cela. Mais, c’est justement cela qui est intéressant. Notre vue est personnelle, tout comme notre visage, tout comme notre corps, tout comme notre personnalité et tout comme nos empreintes digitales. Nous sommes tous uniques et nous nous devons d’avoir une vue qui nous corresponde.

Pour resituer ce dessin : je donnais un cours de danse à une petite fille qui avait de la peine à savoir où ses genoux allaient lorsqu’elle bougeait. J’ai eu l’idée de dessiner avec elle des yeux et de les lui coller sur les genoux. Les dessins de la fillette avaient des couleurs « traditionnelles » ; lorsqu’elle a vu les miens, elle m’a dit que les yeux n’avaient pas ces couleurs. Je lui ai répondu qu’elle avait tout à fait raison, mais que comme c’était un dessin, on pouvait les dessiner comme on le voulait. Cela a travaillé dans son esprit, car peu après, non seulement elle en a dessiné de très décorés, mais encore elle leur a donné des prénoms. Elle est allée plus loin que moi. Fabuleux ! Je raconte l’histoire ici. Cette histoire semble hors contexte, mais elle est plus profonde qu’il n’y paraît. La fillette a appris à regarder les choses de façon différente et c’est l’un des moteurs de la vue.

La vue en tant que l’un de nos sens : je trouve fabuleux le fait que nous prenions contact avec le monde essentiellement par les yeux. Aucun de nos sens n’est en trop et chacun a son rôle à jouer, c’est comme dans un orchestre. Mais la plupart des choses nous parviennent à travers les yeux. Laissons pour le moment la pensée et son rôle de côté. On n’y échappera pas, mais, pour le moment, on va la laisser de côté. Quand on se réveille le matin, quand on ouvre les yeux, on reprend contact avec le monde : les couleurs, les formes, les attitudes des gens sont décriptées par nos yeux.

Mon expérience.1 : la première fois que j’ai eu des problèmes de vue, je venais de passer à un emploi où il fallait beaucoup lire et écrire. Je suis allée chez le médecin de l’institution qui m’a dit que je devrais porter des lunettes. J’en ai porté un moment, puis j’ai appris que la respiration pouvait faire bien des choses. En effet, lorsque les épaules, la nuque sont tendus, le sang circule moins bien ; j’ai commencé à faire des respirations. Au bout d’une année environ , je ne sais plus, mais bien quelques mois d’exercices, je suis retournée chez le médecin en lui disant que je n’avais plus besoin de lunettes. Il a dit : très bien. Il ne m’a pas posé de questions et mes explications sont passées par la fenêtre (qui était ouverte !).

Mon expérience.2 : bien des années plus tard, j’ai à nouveau eu la vue qui… j’ai eu recours à de l’homéopatie. Cela s’est rétabli.

Mon expérience.3 : je n’avais pas de problème particulier, mais je me suis intéressée à la vue parce que je donne divers cours et que je vois que les élèves et participants ont parfois des problèmes de vue. J’ai eu la grande chance de rencontrer le Dr Eva Lothar. Elle applique la méthode Bates.

L’oeil. Eva me dit que l’oeil est une bille et une bille est faite pour rouler. Elle pèse de 7 à 8 gr et a un diamètre de quelque 2 cm. C’est impressionnant que quelques grammes nous permettent de « voir le monde » ! Cette bille baigne dans du liquide. Ah, l’eau ! Élement précieux de notre vie. Nous sommes composés de beaucoup d’eau. Notre matière, si on la condense correspond à une surface inférieure au pommeau d’une épingle ! En fait, nous sommes essentiellement de l’information. Et la vision c’est de l’information. On retombe, sans le vouloir, dans la pensée.

Fascination pour les yeux et première parenthèse de cet article. En fait mes parenthèses et apartés, on l’a déjà vu, sont liés au sujet mais pas directement : je trouve fascinant qu’un si petit organe laisse passer l’image d’objets, de choses, d’êtres bien plus grands que leur taille et même que la nôtre ! Essayant de faire comprendre à mes petits élèves que nous avons des capacités surprenantes, je leur demandais d’imaginer le soleil, par exemple. Ils pouvaient tous le faire. Venait ensuite la question : pouvez-vous toucher le soleil que vous voyez dans la nature ? C’était souvent un étonnement pour eux de se dire que les choses étaient relatives. On ne peut pas tout toucher. Puis, je leur demandais d’imaginer leur chambre. Ils pouvaient facilement me la décrire. À la suite de quoi, je leur faisais comprendre que tout ce qu’ils avaient décrit était bien plus grand que leur tête et que pourtant c’était là. Je voyais aussi l’étonnement sur leur visage, suivi d’un sourire, d’un air entendu.

Autre chose que je trouve fascinante et belle chez tout le monde : l’iris. Nous n’avons pas tous les mêmes goûts, heureusement, d’ailleurs, et si je peux trouver un être beau, pas beau, l’iris des yeux est, dans mon monde, toujours beau ; il a des couleurs magnifiques, des reflets que je ne saurais reproduire, il se contracte, se dilate et j’y vois des paysages, des mondes, une profondeur fantastique. J’ai aussi eu l’occasion de voir l’oeil d’une personne décédée, il n’est pas du tout la même chose, il n’y a plus de vie, alors que le corps, dans ce même état, peut être beau.

Utilisation des yeux. Il y a plein d’exercices pour les yeux. Certains de ceux que j’ai pratiqués ne sont en fait pas conseillés. Si on pense à un exercice qui s’appelle le « qi gong des yeux », il ne faudrait pas le pratiquer parce qu’on tombe dans le travers du contrôle, sauf en cas d’astigmatisme, car là, l’exercice peut être bénéfique. Mais, prenons alors les choses par le début :

  • l’oeil est donc une boule et une boule est faite pour rouler ; elle s’adapte aux mouvements de la tête. C’est sa fonction physiologique ;
  • lorsqu’on regarde une chose, nous avons tendance à la fixer et à l’isoler du champ visuel. On fixe un crayon sur le bureau et le reste disparaît. En bref, on contrôle la chose, on contrôle la vue et on contrôle la situation ;
  • la vie actuelle nous contraint à utiliser des ordinateurs, des téléphones portables qui nous obligent à regarder à une distance fixe pendant longtemps ; là aussi, notre environnement tend à disparaître ;
  • si on prête attention, qu’on regarde devant soi et qu’ensuite on tourne la tête à droite, par exemple, la vue balaye le paysage ; on le voit défiler, tout comme si on était dans un train. Avec le temps on sent la présence et le déplacement de cette boule qui forme les yeux, alors que si on laisse la tête immobile et qu’on regarde à droite, à gauche, en haut, dans quelque direction que ce soit, on sent une tension dans les yeux. D’habitude, on ne la sent pas parce qu’on est focalisé sur la chose qu’on regarde ;

L’oeil :

  • il faut savoir que l’oeil n’est pas la vision, il est pareil à un appareil photo, il réagit à la lumière. C’est un récepteur sans sentiments ! Il ne fait que laisser passer la lumière, laquelle pénètre par la pupille, traverse le cristallin (soutenu par deux ligaments et deux muscles) et arrive au fond de l’oeil sur la rétine. C’est là que tous les points sont rassemblés et envoyés, via le nerf optique, vers le cerveau, qui, lui, va faire le travail de la reconnaissance et interprétation de ce que nous « voyons » ;
  • Eva m’explique que la lumière arrive sur les objets, lesquels vont la réfléchir vers nos yeux. Cela fait qu’en fait nous recevons une lumière « incidente ». C’est cette lumière réfléchie qui nous permet de savoir qu’à tel endroit il y a tel ou tel objet ;
  • cette lumière, une fois qu’elle a franchi la limite entre le monde extérieur et nous par la cornée de l’œil et l’humeur acqueuse va traverser l’oeil et arriver sur la rétine ; d’abord, elle va entrer par la pupille, traverser le cristallin, sorte de lentille biconvexe qui concentre toute l’information. L’oeil étant composé d’organes transparents, la lumière peut le traverser. La transparence s’arrête à la rétine. Influencée par un roman que je viens de réviser « Héritage sur ordonnance », de Franck Senninger, je ferai un jeu de mots simpliste en disant que la rétine retient la lumière. Je n’ai pas pu me retenir ! Mais, on n’oubilera pas l’image de la lumière qui arrive à une limite ;
  • la lumière arrive sous la forme d’un pinceau lumineux au centre même de la rétine, qu’on appelle  » la macula « .  Au centre de la macula il y a une petite cuvette, la fovéa, tapissée d’une dizaine de millions de cellules appelées cônes et qui nous donne l’acuité visuelle maximale = la vision centrale. Le trajet entre le trou de la pupuille et le centre de la rétine est direct ; la macula, quant à elle, nous donne la vision des détails en lumière diurne. Si on veut lire, on met le texte face à nous, pas sur le côté.
  • le reste de la lumière est reçu par une autre forme de cellules, les bâtonnets qui tapissent le reste de la rétine. Ce sont ces cellules qui s’occupent de la vision périphérique et qui nous permettent la vision nocturne ou sous faible éclairage ;
  • la rétine reçoit une image inversée de l’objet que nous regardons. Pour moi c’est un mystère, pourquoi ne pas voir directement dans la bonne position ? En fait c’est la trajectoire des rayons lumineux qui veut cela et ensuite le cerveau remet l’image à l’endroit. On le voit bien dans les boîtes obscures qui ont un tout petit trou. La lumière réfléchie par l’objet extérieur passe par le trou et reproduit sur la paroi parallèle une image inversée. C’est l’égal de la rétine. Ensuite, comme déjà dit, le cerveau rétablit l’objet dans la bonne position ;
  • tout cela fait que la rétine est l’équivalent du film des vieux appareils de photographie.

Ce qui améliore la vue :

  • Indéniablement c’est le relâchement de tensions. C’est vrai que personne n’aime se limiter, fait exprès de se limiter, reconnaît qu’il se limite ; mais changeons notre mode respiratoire, nos pensées (ça y est, la voilà, la pensée qui revient déjà) et on sent un mieux être, une relaxation, une légèreté. Cela fait que notre sang circule mieux, que nos voies se dégagent et qu’on retrouve une certaine souplesse. Et qu’est-ce que l’oeil ? Une boule essentiellement composée de liquide et maintenue par six paires de muscles. Qui dit muscle dit aussi mouvement, contraction, relaxation et tension. Le cristallin est lui-même tenu par deux autres muscles et l’on se doit de suivre le même raisonnement ;
  • faisons un aparté d’un autre genre, une digression, en apparence, car ce n’est qu’un parallèle : ce qui se passe avec l’allux valgus ou communément appelé « l’oignon ». C’est une déviation du gros orteil. Souvent il est opéré, l’os raboté. Or, un os ne peut jamais se déplacer tout seul, ce sont les muscles qui se raccourcissant ou s’allongeant permettent le mouvement. C’est sur les muscles qu’il faudrait agir ainsi que sur les causes de la tension, et, en ce sens, le travail sur les chaînes articulaires et musculaires donne des résultats spectaculaires, donc, sans opération. Ma plateforme n’est pas une tribune de querellle d’écoles, c’est simplement un lieu où je présente des réflexions, car, on le sait bien, des opérations sont parfois nécessaires. Ce serait idiot de dire le contraire. Mais, il y a d’autres cas où l’on peut réfléchir différemment. Tout cela pour dire que lorsque des muscles sont impliqués, de tensions et de relaxation il y a lieu de tenir compte ;
  • il en va de même avec les appareils dentaires. Je raconte une histoire ici.

Voici le champ visuel que nous avons devant nous. En réalité chaque oeil a un champ de plus de 90° et les deux ensemble arrivent à avoir plus de 180°, quand la vision est normale. Il faut donc comprendre mon dessin comme le champ visuel en général. Pourquoi plus de 180° ? simplement parce que les yeux sont bombés, avec des yeux plats, le champ aurait été de 180°. La vison centrale se situe devant soi et la vison périphérique est celle qui couvre le reste du champ. Cette dernière est extrêmement importante ; elle indique qu’on n’est pas en train de fixer le regard.

Conditions pour avoir une meilleure vue :

  • voici ce que me dit encore Eva : « Le travail de base de la méthode Bates est d’acquérir et de cultiver un état de conscience, d’attention de façon à utiliser tout ce qui nous tombe sous les yeux littéralement et qui nous servira d’exercice ». Cela tombe bien ! Dans mon monde, j’accorde de l’importance à toute chose qui traverse mon chemin. Je trouve qu’il faut traiter au mieux de ses possibilités tout ce qui vient à nous. Je suis tentée de faire des parenthèses, mais me retiens, car on en aurait pour des pages. En bref : je fais attention non seulement à mes choses mais aussi à celles des autres. Il en va de même avec les personnes. Ce sont deux notions différentes, mais elles feraient bien d’aller ensemble car toutes deux visent un état général ;
  • du contraste : « Les lectures avec un imprimé noir sur du blanc sont les meilleures. Elles permettent le contraste ». Je dis à Eva que lorsque je fais des exercices qui demandent une minute, je feme les yeux et vois défiler les nombres sous différentes formes et divers endroits, dans un noir plus accentué. Elle trouve que c’est excellent parce que cela ravive la réalité du noir ;
  • du mouvement : « Le cillement ( différent du clignotement !) en est la base, mais il y a aussi celui de la tête, du tronc et du corps. L’essentiel est de ne point fixer ». En fait c’est comme si on était tout le temps dans un train et de faire roules les billes que sont les yeux ;
  • de l’oxygène : « La respiration ! Elle est tellement importante. Un ceveau ne survit pas au manque d’oxygène ! »
  • de l’eau : « L »oeil est l’organe le plus liquide. Boire est important » ;
  • tous ces éléments vont ensemble, mais l’eau et l’oxygène vont la main dans la main. Une eau qui stagne ne remplit plus son rôle de transmetteur d’information (cf. Jacques Collin et J.-P. Garnier Malet).

Conseils pour améliorer ou entretenir la vue. En principe, il ne faudrait rien ajouter à mon article, car tout est dit. Ceux qui ont suivi les cours du Dr Eva Lothar ou d’autres ateliers liés à la méthode Bates, s’y retrouvent. Mais, nous sommes ainsi faits qu’il faut parfois nous rappeler de façon parfois répétitive ou différente les choses. Je me surprends moi-même à mieux comprendre l’utilisation des yeux lorsque j’explique l’une ou l’autre de ces notions dans mes cours et même en écrivant cet article. Mes cours, ainsi que déjà dit, ne sont pas liés à la vue, mais tout fait partie d’un tout.

Il y a des exercices précis, mais difficiles à décrire parce que c’est selon la réponse des gens à une directive ou à une autre qui fait que l’on peut réellement guider quelqu’un. Mais, deux exercices faciles à mettre en oeuvre sans difficulté autune. Ils sont d’une grande aide.

  • Les yeux dans le noir. Ce sont les exercices qu’on appelle « palming ». Vous trouvez les directives d’Eva sur Youtube ;
  • Afin d’ajouter encore du contraste, on peut laisser défiler des figures encore plus noires en gardant toujours les yeux fermés. Dans mon cas, lorsque je fais des exercices d’étirement au sol, je ferme les yeux et les nombres de 1 à 60 défilent. Cela fait que je vois plus noir que noir (tout le contraire des réclames des produits de lessive qui lavent plus bland que blanc !) et cela aide ;
  • Ne jamais forcer la vue. Jamais, jamais. Cela ne fait qu’augmenter les tensions. On regarde et on attend que l’écrit ou la forme apparaisse. Si ce n’est pas le cas, on peut toujours converger la vue ;

En résumé : La question, c’est comment mettre en pratique les conseils qui suivent alors que nous vivons « la vue » autrement… On peut aussi discuter de la place de chaque rubrique, mais elles vont toutes ensemble.

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Fête de la danse 2021 – Neuchâtel

Une fois de plus l’expression « Contre mauvaise fortune bon coeur » est de mise !

Rien ne sert de se plaindre dans une situation, la pandémie, qui nous échappe et avec laquelle il faut composer pour le bien de tous, pas seulement du mien, ni de celui du copain, mais de celui de tous. Une fois de plus, le rôle de la pensée est primordial.

Cela tombe bien, les deux cours que je peux présenter samedi 8 mai au théâtre du Passage se prêtent à l’exercice. En cliquant sur le cours vous avez le descriptif :

1. Atelier de mouvement pour le corps et l’esprit est l’occasion de prendre conscience de la façon dont nous vivons les événements, les choses qui nous arrivent dans la vie. Cette fois-ci, je vais m’inspirer, en plus du poème traditionnel, de deux magasins en ville.

La première image fait partie du cours classique que je donne, un fleuve avec des eaux tranquilles, des turbulences, de la lumière, des ombres, des dégradés de vert. On traverse tout cela en musique et on a un portrait de la façon dont nous vivons la vie. Les images supplémentaires sont une autre façon d’entrer dans la vie. Elles proviennent du magasin de pêche le plus ancien de Suisse Au Pêcheur et d’un autre magasin dont j’attends l’accord pour la publication d’un article que je lui consacre. Ces deux magasins se trouvent au centre-ville de Neuchâtel.

2. La valse comme chemin de vie est un moyen de montrer que nous ne vivons jamais seuls. Les circonstaces par lesquelles nous passons actuellement nous obligeront presque à coup sûr à valser à distance. Mais c’est aussi une chance de devoir imaginer le partenaire.

La valse traditionnelle se danse avec un partenaire masculin et un autre féminin, l’un guide et l’autre suit. Quand même, il ne faut pas croire que l’autre ne fait que suivre. Il est ausi acteur et on le verra au cours. Dans le cas de figure que nous vivons de nos jours, avec la pandémie, il est bon de rappeler que nous ne sommes pas seuls et que dans toute situation nous sommes au moins deux : le magasin et moi – le transport en commun et moi – le journal et moi ; le voisin et moi, etc.

Scène du théâtre du Passage : c’est une chance que d’avoir cette scène pour nous. On pourrait ajouter le couple « le théâtre et moi » ! Si on voulait avoir tous les couples, on n’aurait pas le temps de les « danser », mais on pourrait résumer l’affaire à « le reste de monde et moi » ce qui est déjà mieux que « moi et le reste du monde ». On pourra discuter du sujet. Je me réjouis !

Si la curiosité vous démange, voici l’article Au Pêcheur.

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Тамара или встреча со своём зеркалом – необычная встреча 17

TEXTE EN FRANÇAIS

Каждый раз, когда я встречаюсь с Тамарой, я счастливая.

Сегодня, я чувстввовала жизнь чу-чуть тяжёлая ; ощущение, которое уже ипытала и которое одновременно говорит мне, что решение дудет. И вот, что я встречаюсь с Тамарой. Тамара очень интерезный человек. Так как я разкажу в других статьях, когда я встречаюсь с русскими, я просто чувствую любовь на земле !

Говорят, что мы только встречаемся с нашими зеркалами. Говорят тоже, что у нас все вопросы и ответи бывают, но мы не всегда умеем или слышаить или видеть их ; поэтому жизнь нам помогает через зеркала, котоозые могут быть вещи, ситуации, люди. Вот, что сегодня зерало моё это Тамара. Тамара, она сильный человек, она всегда старается найти решения. У неё терпение есть. Она тоже настойчивая. У неё качествы, которые мне нравиться и у нас одинаковые ценности. Это так важно ! В семье, все члены имеют одинаковое имя, у них одной крови, но они могут сильно отличатся друг от друга и иногда мы чувствуем ближе к определенным людям без видимой причины. Твк случает с Тамарой.

В обше, лучше говорит о осложненях, о трудностях, о тяжелых чем о проблемах. Почему ? Потаму что бывают проблемы без решение когда тяжелую вещь можно поднять рычагом. Это хорошо узнать. Как мы знаем, трудности бывают, они приходют без приглашение. Когда они перед нас, или даже внутри нами, нам нужно найти решение. Помню когда дпуг мои уехал у Бога я подумала, что во время фараонов, великая королевская жена уехала с ним и я бы хотела быть как они. Не возможно. Сейчас думаю, что с того времени я училась много интересны вещи, не только итересны но жизненно важно !

И как я говорила, ещё раз трудности на дорогу. Да, они на дорогу ещё раз, но одновременно вижу, что жизнь моя изменяется. Как я знаю ? Знаю, потоми что когда собиру вещи мой, я найду новые мести для них, илн когда я чиню их, найду новые методи, найду новые решение и тоглале. Напремер : у меня бывают зановески, которые свисают от колец, сами подвешиваются на небольшие пластиковые крючки. Первые крючки, которые я купила были сильные, а сейчас очеть плохое количество ; как и мноко вещи в наши дни. Эти крички легко ломаются. В этот раз, я использовала ленты и у меня больше не будет пробдем с крючками. Уф ! Тогда я знаю, значет, дух мой говорит мне, что приходит другин решеня, что моя жизнь становится также проще. Не могу объяснить, но это так. У меня это всё звязан, внутри и снаружи.

Что касается слов Тамары, я вам дам подумать. Мои мысли отражены в статьях цитируемых внизу страницы.

Только, говорю я Тамару, в этот паз я чу-чуть устала от уроков жизньи ; я подумаю, что я уже мноко училась в жизнь и, как корабля, заслужу пдавать в открытом море ! Но что ты говоришь ! Ты выгадишь в лущей форме чем пять лет назад и совцем луще чем после чего друг твой уехал у Бога. Тамара не зря или бесполезно говорит.

Вот слова её :

  • мы должни благодарить кажды день за, то что мы получаем :
  • нужно всегда держить :
  • эти, которые нам не понимают, они по другомy, но не важна, мы поняем из ; это напоминяет мне другого русского друга, Юсиф Леонидович, который мне говорила, что когда « смотришь мир сверху, он очень маленький ! », Правда.

Вот встреча наша в картинках. Этот как в рекламе : до и после. В этом случае до и после встпечу с Тамарой.

До
После

Но, после чего мы прошли через туннель, мы видем что стоила держить и у нас чувство победи ! Единственный минус продолжительност в туннеля… Но ведь… выход залиться светом !

Ссылки на :

Célébration avec Roger Peeters au studio la « Cave perdue » (en cours de rédaction)

Mes articles sont de plus en plus fondus les uns dans les autres.

Tout cela parce que si mon intention première avait été la célébration de quelque chose de nouveau en moi, les remerciements sont toujours de mise et que lorsque je commence à décortiquer des remerciements, j’en arrive presque, sinon certainement, à la création de l’univers tellement les choses sont liées les unes aux autres dans ma vision ; que si je ne suis pas petite, Roger, quant à lui, mesure 1 m 89 et ses conseils et avis du haut de ses 1 m 89 si étonnants soient-ils me sont fort utiles ; de plus, les réparations et rangements que je fais en appliquant lesdits avis et conseils, parfois à ma façon, dans mon studio ont une très grande résonance en moi et tout cela me fait me dire qu’une nouvelle ère commence dans mon studio la Cave perdue.

J’invite Roger à boire du Mauler et il demande : que fête-t-on ? Je lui explique que depuis quelques années, au mois de janvier, je sens une nouvelle force arriver en moi. Je me rappelle la première fois que j’en ai été consciente. C’est comme une photo prise dans le temps. Ce jour-là suis allée, je ne sais pourquoi, sur mon balcon et ai constaté que certaines plantes étaient en fleur et que d’autres commençaient leur travail printanier. Je me suis dit que c’était la force du printemps avant la date officielle. Cette année-ci cela n’a pas été le cas – bon, de toutes façons cette année est hors du commun – mais, quand même, les derniers changements que j’ai apportés à mon studio ont commencé cet hiver, ils s’enchaînent les uns aux autres et réellement je me sens différente, neuve, avec des ressources, des voies ouvertes.

Alors, oui, que célébré-je ? Tout plein de choses et elles sont en grande partie liées aux conseils avisés et judicieux de Roger qui est, j’ai l’impression, tout le temps en train de penser. Je l’ai déjà dit, il est ingénieur en mécanique et connaît un tas de choses scientifiques et philosophiques.

Parmi ces choses que je célèbre et donc en grande partie dues à Roger :

  • l’histoire des épingles de sûreté. En bref : une épingle a une certaine utilité, on peut la transformer et elle reste épingle mais a tout à coup d’autres possibiltés. Il en va de même avec nous. Nous avons des capacités d’adaptation absolument étonnantes ; l’histoire a même permis à l’une de mes amies roumaines de mieux comprendre le rôle qu’elle doit endosser ces temps-ci. Magnifique ;
  • mes nouveaux rideaux au studio : ils sont bien suspendus, permettent des variantes lors des spectacles et donnent une autre allure au studio ;
  • mes panneaux décoratifs sont élégamment suspendus ;
  • les magnifiques chaises héritées de Freddy Landry participent d’une atmosphère de château dans mon studio ;
  • le nouveau décor du plafond donne une allure de palais impérial à la scène quand on la regarde de face et de bateau impérial lorsque je fais des exercices au sol ;
  • un renouveau de musiques pour mon usage grâce au conseil donné par un gaillard rencontré, par ce fameux hasard qui me rend si souvent visite, dans un magasin de musique ;
  • une nouvelle vitalité physique. Cette dernière année, à la suite d’une série de difficultés, j’ai peu travaillé, mais ces derniers mois, j’ai repris mon entraînement et je ressens mes muscles d’une telle façon que c’est comme si c’était la première fois. Cela me donne une nouvelle force ;
  • je retrouve ma créativité dans les exercices, les danses, le traitement avec les autres, en bref, dans toutes mes activités et elles sont nombreuses.

Les changements et moi. Ces changements ont demandé du temps, du travail. Ils ont impliqué des difficultés à vaincre, des solutions à trouver, comme tous les parcours normaux mais, enfin, je me suis dit que j’allais arriver au bout et que le temps apporte les récompenses. J’ai aussi appris qu’une certaine tendance que j’ai : revisiter mes affaires, leur trouver de nouvelles places, les réparer autrement, mieux les mettre en évidence correspond à une notion japonaise, kai zen. C’est Roger qui m’en parle. Cela veut dire « amélioration continuelle et à peu de frais ». Je ne suis pas tout le temps en train de me demander comment améliorer mes affaires, mais je m’aperçois que lorsque je les revisite, je trouve toujours de nouvelles formes, solutions, positions et que cela me procure une grande joie, une grande joie parce que je sens qu’en traitant les choses et les autres au mieux de mes possibilités c’est comme si je le faisais avec moi-même, en fait c’est cela, je me le fais à moi-même.

Pause ! Faisons une pause au milieu de ces considérations pour admirer la voiture de Roger et son propriétaire.

Fin de la pause !

Le changement le plus remarquable ou plutôt les deux choses qui me marquent le plus : ce sont les épingles et la décoration du plafond. Les épingles, parce que justement, alors qu’il faut trouver une solution, Roger modifie un outil banal pour lui donner une autre dimension et utilité. Tout à coup, je l’assimile à plein de changements par lesquels je suis passée ou passe et qui font que malgré tout je reste moi-même, redeviens moi-même ou m’améliore. Et la décoration du plafond c’est parce que depuis les nombreuses années que je travaille dans ce studio, personne auparavant n’a eu l’idée de Roger. Une fois installée, elle devient naturelle. Mais voilà, personne n’y a pensé avant lui. Et cela change ma scène, un endroit que je pensais immuable. C’est tellement inattendu que je me dis que tout ce que nous appelons miracle est possible. Illustration :

D’abord la seconde imgage : on voit un ruban. Celui-ci est attaché au rideau de scène qui n’arrive pas jusqu’au bout du mur. Le ruban comble la distance. Maintenant qu’on est en terrain connu, on peut continuer avec l’histoire de l’épingle. L’illustration de l’épingle transformée par Roger permet deux choses : 1. d’enlacer le ruban et l’oeillet ; 2. lorsque j’enlèverai le rideau pour le laver, je n’aurai qu’à ouvrir l’épingle et lorsque je le reposerai, je n’aurai plus besoin de passer du temps à mesurer une fois de plus la bonne distance entre le rideau et l’anneau de l’oeillet. Astucieux !

Je raconte à Roger les considérations que la transformation de l’épingle m’inspirent et il répond : mais cela ne m’a pris qu’un instant. Je ne peux pas dire le contraire, mais justement, cet instant est très porteur et toute chose « parle » si on sait écouter. Je vois, ici aussi, un lien avec la métaphore des miroirs.

Constat : mes articles se fondent de plus en plus les uns dans les autres. La notion du temps s’invite une nouvelle fois. Je comprends de mieux en mieux ce que le physicien Garnier Malet veut dire avec le dédoublement du temps. En effet, les nombreuses années (quelques dizaines, quand même) où j’ai vu le vilain plafond ont disparu, je ne peux même plus m’y transposer et en un instant, pour ainsi dire, j’ai une autre vision. C’est l’illustration du passage d’une dimension temporelle à une autre.

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La Cave perdue – plafond et tableaux décoratifs

Ici aussi Roger Peeters, l’ingénieur ingénieux, intervient. Il dit que le plafond mériterait qu’on s’en occupe. J’y avais pensé mais pas trouvé de solution. Je vivais « avec ». Je raconterai une autre fois le bout d’histoire que je connais de mon studio.

Le plafond. Effectivement, sa vue laissait à désirer. Personne n’a proposé de solution. J’avais pensé à le peindre, mais de toutes façons les tâches d’humidité (le studio est taillé dans le rocher et lorsqu’il pleut, la pluie s’invite et laisse des traces), seraient revenues.

Du tissu. Roger fait une proposition pour mettre du tissu. La proposition a été surprenante, mais intéressante. Je réfléchis et de ses idées une autre naît dans mon esprit. Des crochets qui maintiennent le câble qui porte les rideaux, il va accrocher un autre câble et j’étendrai du tissu entre les deux bords. Cela donnera ceci :

Maintenant, je me sens comme dans un palais impérial !

Le palais impérial devient un bateau impérial selon où je me trouve. En effet, de loin, on voit une jolie forme convexe. Cela me donne l’impression d’avoir un palais impérial alors que lorsque je fais des exercices au sol et que je regarde le plafond, je vois des voiles car le tissu apparaît gonflé et je me sens dans un bateau impérial ; un bateau impérial qui me donne même la sensation de voguer dans l’univers, ce que tout physicien digne de ce nom ne pourrait nier. En tous les cas c’est un changement formidable et une fois de plus la notion du temps intervient : il me semble que les longues années que j’ai vécu avec un plafond « différent » ne sont plus là, il n’existe que cette voile qui me permet d’aller dans d’autres dimensions emportant le temps passé. Je suis bien dans une nouvelle ère. Je ne peux reprocher à ceux qui n’ont rien vu de ne rien avoir vu et je ne peux que remercier Roger de voir ce que d’autres n’ont pas vu.

Le travail qu’il y a derrière. Ce qui compte est le résultat. Mais pour y arriver, cette fois-ci il a fallu beaucoup de travail. D’abord, il a fallu trouver le tissu en plein confinement. Heureusement que j’avais des réserves du temps où je faisais des expositions avec mes masques et autres travaux artistiques. Il a fallu coudre des bandes de 5 m. J’avais assez de tissu pour trois, puis le miracle s’est produit et j’en avais pour quatre, mais il a fallu coudre des bouts ensemble, faire des ourlets, des angles. Or, la nuit, on le sait, tous les chats sont gris et mes tissus noirs n’étaient pas du même noir. À la lumière du jour… surprise malheureuse ; alors il a fallu découdre, changer des morceaux, les recoudre. Bref, j’en ai eu pour de très longs moments et plus de 1’000 m de fil !

Le travail encore derrière. Il a fallu laver les tissus avant l’emploi. J’en avais partout dans mon appartement en train de sécher. Puis, il a fallu les repasser avant de faire les coutures et pour cela trouver des astuces pour ne pas laisser de plis. Une fois les bandes faites, il a fallu les repasser à nouveau. Tout cela a duré des semaines. Parmi d’autres déplaisirs il y a eu deux aiguilles de la machine à coudre qui se sont cassées et deux fois le fil s’est encastré dans la machine. Cela m’a donné l’occasion de jouer à la réparatrice mécanique. Maintenant, je monte et démonte des parties de la machine quasiment les yeux fermés. Comme vous le voyez, dans la vie on n’arrête pas d’améliorer son CV !

Les tableaux décoratifs. J’avais aussi des planches recouvertes de tissu que j’utilisais pour mes masques, maintenant, j’y accroche des photos. Les photos faites par Knut, d’autres faites par moi et divers éléments décoratifs. Pour suspendre les planches, j’avais des ficelles. Roger a trouvé qu’on pouvait mettre du fil de pêche et cela me conduit Au Pêcheur, le magasin d’articles de pêche le plus ancien, non seulement du canton, non seulement de Suisse romande, mais de la Suisse entière ! Le patron, Denis Demange, est un homme à l’écoute des clients et c’est un plaisir que de parler avec lui. J’ai une rubrique dans ma plateforme qui traite du commerce au centre-ville. Les conversations avec M. Demange se sont transformées, tout naturellement, en un article sur le magasin. Bref, il me sort d’embarras, car le fil nylon de pêche que j’ai utilisé avec succès dans d’autres domaines s’est révélé… très plastique… soit, il n’a cessé de s’allonger et mes tableaux suspendus allaient peu à peu toucher le sol.

M. Demange me procure un autre fil de pêche et voici le magnifique résultat. Je lui suis reconnaissante car dorénavant, je vais avoir recours à cette solution. C’est ainsi que l’on avance dans la vie, on emprunte à droite et à gauche des solutions. Je ne peux que remercier M. Demange.

Le travail derrière, ici aussi. Suivant les conseils reçus, j’avais enlevé les vis à bois sur les panneaux, mis des punaises au dos et là… pour savoir exactement à quel endroit le panneau était suspendu… et quand un côté était fixé, l’autre sautait… mais, une fois de plus, quand le résultat fait plaisir, les déplaisirs précédents disparaissent.

Autres tableaux. On y voit Ileana Iliescu, ancienne danseuse étoile de l’Opéra de Bucarest. (photo à venir)

Un miroir qui me procure de très grands plaisirs.

Un selfie. Une fois n’est pas coutume. C’est le hasard qui l’a voulu. Je voulais prendre les reflets du miroir et me suis photographiée.

Et on revient à la scène avec ses rideaux noirs et ses rideaux rouges.

La morale, le sens, le symbole ? C’est que des changements peuvent surgir alors que l’on ne s’y attend plus ou pas du tout. Je m’étais habituée à un paysage qui n’était pas à mon goût, mais je n’ai pas vu de solution. Il a fallu les ressources innovantes de Roger pour m’aider à voir autrement et le monde change. Cela me rappelle feue Sophie Piccard (je raconte son histoire aux paragraphes 6 et 7 du début de l’article sur Freddy Landry). Cet ancien professeur de mathématiques à l’université de Neuchâtel avait été brillante dans son métier mais avait tellement souffert qu’elle pouvait avoir des comportements que les autres ne pouvaient comprendre. Voilà que nous nous rencontrons pour parler et étudier le russe et qu’un jour – après que je lui ai donné un conseil – elle me dit qu’elle se trouve soulagée. Ce changement a eu lieu alors que son horloge avait fait bien des tours. Personne ne s’y attendait, d’autant plus que l’on dit qu’avec l’âge ceci et cela est difficile. Voilà que des changements inattendus et beaux se produisent quand même ! Ce moment-là est resté gravé en moi comme une leçon de vie. C’est à peu près similaire avec ce qui m’arrive.

Fin du montage ! Il y a eu bien des aventures entre temps : Franco, le papa d’anciens petits élèves est venu à ma rescousse, Martin, mon voisin anglais aussi a dégainé sa perceuse-frappeuse anglaise et j’ai tendu, rélglé le tissu une fois, deux fois, dix fois, et finalement un regard impérial a dit que c’était bon. Toute la scène est couverte et j’ai maintenant l’impression, quand je fais les exercices au sol, que je vogue dans un grand bateau impérial. C’est vraiment une nouvelle ère !

Les choses s’imbriquent de plus en plus les unes dans les autres dans ma vie. Aussi, la photographie – le plaisir de faire une photo pour elle-même – s’invite-t-elle ici.

La photo noir – blanc a un charme certain. Ici, je ne fais pas de montage de miroir, car il n’y en a pas besoin.

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La Cave perdue – fonds de scène et la notion japonaise : « kai zen »

Ces deux mots japonais veulent dire « amélioration » et « travail » ; c’est une notion qui est devenue un mode de gestion dans l’industrie.

En japonais, on voit deux idéogrammes, mais la notion kaizen se présente comme un tout indiquant un processus continu d’améloration et avec des moyens peu onéreux. C’est Roger Peeters, l’ingénieur ingénieux passionné d’horlogerie, qui m’instruit dans ce domaine. En général, je ne me demande pas consciemment comment améliorer telle ou telle chose, simplement, il m’arrive assez souvent de reprendre les choses et de désirer leur rendre plus justice. Parfois cela se passe tout seul et parfois, je cherche une solution. Je veux dire par là qu’on peut toujours traiter mieux les choses, leur donner l’espace qu’il leur faut et – en tout cas dans mon processus – remercier ceux qui ont été les créateurs et intermédiaires de la chose qui est arrivée jusqu’à moi.

Réflexion faite, ce désir d’amélioration, je me dis qu’il vient de l’un de mes métiers, la danse classique. En ces temps de confinement, la réflexion s’invite volontiers et je me rends compte que c’est Maître Oprea Petrescu qui m’a dit un jour qu’on regardait une leçon à l’Opéra de Bucarest : « Tu vois cette danseuse ? Et celle-là ? C’est parce que leur consitution est différente qu’elles font le même mouvement de façon différente. Le mouvement est correct dans les deux cas, mais avec des moyens différents. D’ailleurs, regarde aussi les interprétations des danseurs, chacun a ses qualités qu’il met en avant ». Ces mots sont venus éclairer ce que je voyais sans savoir. Ils sont entrés en moi pour faire partie de ma vie. D’autres notions se sont greffées, mais le départ est là et Roger m’en donne une autre version. Je me dis que je pratique du kai zen mais pas de façon constante ou consciente. SI je regarde les autres articles que j’ai écrits sur le rangement, c’est bien cette notion qu’on y trouve. Cela me fait plaisir de partager quelque chose du monde d’un ingénieur ingénieux.

Mes rideaux de fond. Cette fois-ci, j’installe un nouveau rideau de scène et Roger s’occupe des travaux mécaniques. J’ai un fond noir depuis toujours ; j’ai installé, il y a près de deux ans, une partie d’un fond blanc qui suffisait pour faire des photos et cette fois-ci j’ajoute le reste pour en faire un fond de scène et un autre rouge pour compléter le jeu. C’est ici qu’entre en scène cette notion de kai zen qui s’associe chez moi à faire au mieux avec les moyens du bord.

Je reprends le dessin que j’ai fait pour l’article qui parle de la façon inattendue dont Roger utilise les épingles de sûreté.

Le câble d’acier sur lequel je suspendais les rideaux était un peu râpeux et j’en ai trouvé un autre gainé avec du plastique. Les anneaux d’accrochage des rideaux glissent bien mieux. J’ai maintenant trois câbles et trois rideaux de fond.

Les anneaux de suspension : j’en connais un rayon maintenant ! J’avais cinq rideaux supplémentaires à installer et j’ai cousu 23 anneaux à chacun d’eux : 23 X 5 = 115 anneaux. Une fois installés sur le nouveau câble, je me suis aperçue que les anneaux abîmaient la gaîne en plastique… je change les anneaux des trois rideaux noirs et m’aperçois que selon où on se trouve dans la salle, on aperçoit le câble de suspension. Ce n’est pas très joli.

L’aventure aurait pu s’arrêter là, car le public ne vient pas voir comment les rideaux sont suspendus. Mais, je continue à me dire que… Alors, je reprends mon courage à deux mains, tout le monde sait que pour coudre il faut deux mains (!), et découds tous les anneaux, ce qui donne 9 X 23 = 207 et les recouds de façon à couvrir le câble. Cela fait un nombre impressionnant de coutures et de découtures… Mais, avoir un beau résultat n’a pas de prix, sous-entendu « peu importe le temps que cela prend ». C’est un de ces exercices de la vie que la vie aime nous imposer parfois.

À l’origine, il y a une chaîne , je détache les anneaux, les couds, suspends les rideaux et ferme les anneaux.

Alors, combien d’opérations ? Je n’en sais rien. Il a fallu aussi habiller les extrémités des pinces utilisées pour ouvrir et refermer les anneaux avec des bouts de tissu que j’ai cousus sur elles parce qu’autrement, elles abîmaient les anneaux…

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Avoir une plateforme c’est bien, mais pour faire des mises en page c’est compliqué. On est passablement limité. Mais, bon, on a les trois rideaux sur une même image.

Comme je le disais, seul le résultat compte ! Peu importe que les gens qui viennent au studio ne sachent pas le travail que cela a demandé, les choses respirent le bien-être et cela se ressent. C’est le plus important.

Ce n’est pas fini. Le bas des rideaux devrait être aussi plat que le haut. J’ai un système que j’installais au moment où je n’utilisais que le rideau noir pour les spectacles; il prend un certain temps à mettre en place Maintenant que j’ai trois fonds, que je vais les utilser peut-être lors d’un même spectacle, il faudra que je m’invente une façon de faire rapide. Mon esprit travaille. La difficulté vient du fait que le sol n’est pas plat et que lorsque je ramène les rideaux de côté, ils touchent le sol et que quand il pleut dehors… mon local, dont les murs sont de la roche communiquant avec l’extérieur… reçoit aussi de la pluie et les rideaux se mouillent.

Allure du studio lors des cours : on voit combien le rideau rouge donne du relief, de la vie. Le miroir existe, mais ici c’est un montage, car autrement on verrait « la » photographe dont on voit le reflet sur le sol.

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Au Pêcheur – commerce au centre-ville de Neuchâtel 7

Comment j’ai découvert le magasin d’articles de pêche le plus ancien de Suisse, de toute la Suisse ! Il se trouve à Neuchâtel, Ma ville, et il est sis à la rue des Chavannes 3, rue que j’ai peinte il y a longtemps avec feu le peintre neuchâtelois, Anne Monnier.

Je n’aurais jamais pensé que j’entrerais dans un magasin qui vend des articles pour la pêche ! Tout simplement parce que je suis végétarienne et que je ne mange pas de poisson non plus. Mais, pour mes diverses décorations, j’utilise du fil de pêche, ce fil nylon transparent si mince et si résistant ! Et, surprise, je suis tombée sur le propriétaire, monsieur Denis Demange, un personnage comme on en avait avant ; je me suis crue dans un conte de fées, tellement il est aimable, à l’écoute et serviable. Il est l’équivalent de monsieur Vautravers et d’autres personnages dont je parle dans mes articles sur le commerce au centre-ville.

Dans mon studio de danse, que je réaménage à l’aide de l’ingénieur et homme de grande inventivité, Roger Peeters, j’ai suspendu des planches avec des photos, des costumes et des éléments de spectacle. Afin de donner un aspect quelque peu magique, j’ai utilisé du fil de pêche. C’est monsieur Schneitter qui le premier m’en a suggéré l’utilisation. Puis, de fil en aiguille, je l’ai utilisé pour bien des choses.

Formatage général. Vous l’avez certainement remarqué, les choses deviennent standard, formatées, uniformisées et les gens suivent. Cela me fait penser à l’époque du communisme où en Occident les gens disaient « ce n’est pas possible, il n’y a qu’à dire… » et voilà que nous sommes soumis à des normes de formatage qui font qu’on ne trouve plus telle ou telle forme, tel ou tel produit qui nous était cher, pas seulement cher mais aussi utile, tout cela parce qu’une centrale, un centre de décideurs a décidé que… et personne ne dit rien. Ainsi va-t-il avec mon fil de pêche que j’achetais dans les grands magasins. Cette fois-ci, je cherchais un diamètre de 0,35 ou 0,4 mm pour une charge de 10 kg. Pourquoi ? Parce que l’élasticité de ce fil est moindre que celle du fil à 0,7 ou 1 mm. Il faudra que je demande à Roger la formule pour la calculer. Mais il n’y a pas besoin de formule, c’est visible ! Le tableau suspendu à une certaine hauteur il y a un mois ne cesse de descendre…

Au Pêcheur. Je me dis que le seul qui peut me sortir d’affaire est le magasin de pêche de Neuchâtel. J’ai bien fait d’y aller. J’ai été servie par le propriétaire et il a trouvé chaussure à mon pied pour ne pas dire le fil de pêche rêvé ! Le temps qu’il trouve ce qu’il me fallait, j’ai pu me rendre compte que le magasin était très joliment arrangé, avec des meubles pratiques et anciens. C’est là que j’ai appris qu’ils dataient de l’époque de son père. Je lui ai dit qu’il y a un autre magasin qui a des meubles du même genre à Peseux, la Quincaillerie de la Côte. Le hasard a voulu que j’aille ensuite à cette quincaillerie pour acheter des vis à bois à oeillet et j’ai appris que son propriétaire avait aussi vu une fois le magasin de Neuchâtel et remarqué les meubles. C’est normal, quand on a quelque chose de bien chez soi, on regarde chez les autres aussi.

Mon fil de pêche. On continue à discuter, monsieur Demange me montre plusieurs articles et finalement ouvre un tiroir où il a des articles isolés. Tout est magnifiquement classé. Cela tombe bien, j’aime le classement, les choses à leur place. Je lui explique Demange que je suis végétarienne, mais que cela ne m’empêche pas d’apprécier un magasin bien tenu, où les choses sont bien traitées, posées et qu’on y sent le plaisir, le plaisir du patron pour son métier. Et, finalement, il me propose un fil qui fera mon affaire. C’est un cadeau du ciel ! Son diamètre est de 0,3 mm et sa charge de 8 kg, Cela me va parfaitement. Je n’ai pas dû aller à Marin, St-Blaise ou encore ailleurs pour trouver le fil de pêche convoité. C’est un sujet à traiter une fois, le rôle d’une capitale… avant, on y trouvait de tout, maintenant… Mais continuons avec le magasin Au pêcheur.

Le magasin Au Pêcheur date de 1882. Monsieur Demange m’apprend que le magasin date de 1882. Cent ans plus tôt, monsieur Abraham-Louis Breguet (j’ai un faible pour lui), qui a quitté Paris entre 1793 et 1795 pour revenir en Suisse – Genève, Neuchâtel, Le Locle – aurait fort bien pu avoir visité le magasin puisqu’il a passé près d’une année à Neuchâtel. Je suis à la recherche d’autres personnalités qui auraient pu avoir visité ce magasin si plein avec des articles de qualité à des prix raisonnables.

Articles du magasin en 1882. Je ne dois pas me tromper, monsieur Breguet a fort bien pu entrer dans ce magasin. J’ai d’autant plus raison que ce magasin vendait aussi « des gants, des chapeaux, des corsets, des vêtements en général, des couvertures de lit, des tapis en soie d’Italie, de la soie pour tricoter ». Fait intéressant, afin de promouvoir les articles arrivés par voie maritime, notamment les habits, des défilés étaient organisés au « grand hôtel le Beau-Rivage« .

Le nom du magasin. Monsieur Demange me dit qu’auparavant, les magasins portaient le nom du propriétaire. Cela m’explique bien des choses et donc, tout au début le magasin de pêche s’appelait Savoie-Petitpierre et il se situait à la rue du Seyon 1. Cette habitude perdure de nos jours puisqu’on dit : on va chez Schneitter, chez Wildhaber, chez Margot, chez Walder, etc. Le prénom du premier propriétaire du magasin de pêche était Paul, soit Paul Savoie-Petitpierre. Il était déjà commerçant avant d’acquérir le fonds de commerce – les articles de pêche – de la Maison F. Mack, de Vevey. Dans l’annonce faite par voie de presse, il dit qu’il vendra les articles au même prix que la maison mère. C’est touchant.

Source : Denis Demange
J’ai fait un montage du catalogue de monsieur Savoie-Petitpierre. On voit la couverture à gauche, dessous c’est la date du catalogue qui en fait figure au dos de la page où il y a la photo de droite avec la vitrine du magasin à la rue du Seyon 1. On remarque que le magasin s’appelait déjà Au Pêcheur, mais que sur la vitrine c’est Savoie-Petitpierre qui s’annonce.

Voici le premier numéro de Le Traîneur, 4e trimestre 1953, et le dernier, mars 2021 ; ce dernier réunit sept associations de trois cantons – NE, VD et FR.

Ci-après, la photo du meuble qui permet de si bien ranger les articles. Au-dessus, d’autres articles tout aussi bien rangés. Leur vue me donne un plaisir particulier, c’est que dans le monde, dans l’univers chaque chose a sa place et l’ordre du magasin participe à cet ordre-là. J’aurais bien voulu savoir quel menuisier l’a conçu. Ce doit être le même du joli meuble en cylindre de la Quincaillerie de la Côte, à Peseux ; je reconnais la faction et le bois. En tous les cas, je le félicite.

On finit avec la tête du propriétaire !

Nous avons évoqué d’autres sujets. Je lui ai dit que je m’étais occupée un temps du développement du commerce au centre-ville. C’était vers la fin des années 1990. L’une des personnes travaillant à la Ville avait dit que les commerçants devraient faire des rabais pour attirer les clients et qu’il faillait faire des animations. J’avais répliqué que je ne voyais pas pourquoi les commerçants devaient toujours faire des rabais, et que les animations musicales créaient des agroupements, amenaient parfois du monde dans les restaurants sauf quand il y avait des stands dans la rue et qu’il fallait plutôt des animations particulières. J’en avais un certain nombre à proposer. On ne va pas en débattre ici, mais en cette période si bizarre de notre histoire avec la pandémie, les personnes qui d’habitude jouissent d’un rabais chez les commerçants locaux et particuliers devraient faire l’inverse.

Que dire de la « Black Friday Week » ! On doit déjà se dire que ceux qui utilisent cette terminologie ne parlent pas anglais parce qu’une semaine ne peut être composée de vendredis uniquement, même avec un rabais ! et précisément ce sont huit jours de rabais. En pleine pandémie et confinement, le bon sens aurait voulu que les magasins qui avaient ouvert à Neuchâtel – ailleurs, je ne connais pas la situation – demandent un 10 % de plus pour compenser le manque à gagner, et sans salaire pour beaucoup, dû à la fermeture sanitaire. Je crois qu’un magasin a demandé aux gens de verser un certain pourcentage pour une affaire de bienfaisance. Chapeau ! Mais, quel a été le comportement du public ? Pour ma part, bien que ma situation ne soit pas des plus brillantes, j’ai fait un geste à ceux qui suivaient des cours avec moi dans un domaine sportif. Je ne suis pas commerçante, mais j’avais une commerçante comme élève et cela a été ma façon de lui dire que j’étais à ses côtés.

Les nuisances nocturnes. En sortant du magasin, j’ai remarqué les restes d’une porte en métal que monsieur Demange devait mettre lorsqu’il fermait son magasin. Il m’a dit qu’il avait installé une grille qui avait eu pour fonction d’éviter un certain nombre de désagréments dus à la vie nocturne, mais il y avait tellement de déchets derrière ladite grille qu’il a finalement décidé de l’enlever. La solution avait été pire que le mal. Je connais bien le sujet et je vais le traiter ailleurs. Je trouve dommage que des gens comme lui subissent les effets du manque d’application de lois qui existent. La loi ? Le bon sens, le respect devraient suffire, mais ce sont des notions inconnues dans certains bataillons !

Mon fil de pêche et mes racines à Neuchâtel. On finit sur une bonne note, celle liée à mon fil de pêche qui me sort d’affaire, au fait que j’ai fait la connaissance d’un commerçant très aimable de la place, monsieur Denis Demange, lequel m’a fourni l’article désiré et qui m’a aussi permis d’entrer en contact avec monsieur Paul Savoie-Petitpierre, un contact que je ne peux expliquer mais que je sens. Tout cela renforce mes racines à Neuchâtel et cela me fait respirer mieux !

Une bonne note en appelle une autre ! C’est l’effet bien connu de la résonance. C’est pour cela qu’il faut faire attention à la pensée et aux mots qu’on utilise. J’ai donc soumis mon article à Denis Demange – pour vérification, c’est la moindre des choses – et il répond « Je vous remercie infiniment d’avoir eu un intérêt pour mon petit monde, pas celui de Don Camillo, mais celui qui est le mien, La Pêche. Quand je dis ‘ je ‘, dans ma tête c’est plutôt ‘ nous ‘ ,je pense à tous mes prédécesseurs qui ont mis leur passion dans cette petite boutique qui ne demande qu’à survivre. Alors ‘nous’ vous disons un grand MERCI » . Ces mots sont beaux et représentent bien le patron du magasin !

La fête de la Danse 2021 et le magasin. Quel rapport ? Aucun, si ce n’est que je participe à la fête en proposant deux activités dont l’une est « Atelier de mouvement pour le corps et l’esprit ». L’ordre qui règne dans le magasin de monsieur Demange continue de m’habiter et je me dis que je pourrais prendre une nouvelle photo du meuble avec ses tiroirs et d’autres vitrines afin de les utiliser lors du cours. On parle de l’ordre et il me montre des sachets qu’il a préparés avec divers articles pour la vente. Chacun contient 100 éléments comptés par lui. Je lui dis que je compte les marches de l’escalier étroit qui mène depuis la rue du Pommier à mon studio, situé juste avant la rue du Château. Je lui dis qu’il y en a 52 et que parfois il y en a moins. C’est comme cela. Il s’étonne puis commente : « La nuit, il doit y avoir des gens qui ont besoin d’une marche et hop ! ils la prennent !  » C’est tellement joli… On se dirait dans un conte. Je pars d’excellente humeur.

2023. Suite inattendue de ce commerce dans l’article suivant.

Question. Doit-on écrire : j’ai parlé avec M. Levoisin ou j’ai parlé avec monsieur Levoisin ? Mon expert, Chambaron, m’explique que « monsieur » n’est pas un titre. On n’a pas l’idée d’écrire « Chère Voisine », alors, on n’écrit pas non plus « Cher Monsieur », mais « Cher monsieur », car il fait partie du corps du texte. Par voie de conséquence, on écrira « j’ai vu monsieur Duvoisin marcher dans la rue ». Il n’y a que lorsqu’on adresse un courrier postal qu’on écrit M. ou Monsieur sur l’enveloppe. Inutile de préciser qu’à la fin d’une lettre on n’écrit pas «  Je vous remercie, Cher Monsieur… », mais « Je vous remercie, cher monsieur… ».

Encore des arguments pleins de bon sens de la part de Chambaron. « La philosophie est celle de toutes les abréviations. On ne les utilise que pour une bonne raison : type de texte (M. ou Mme a un aspect administratif), fréquence (s’il y a des dizaines de personnes en jeu, c’est plus intelligent d’abréger), la place disponible (dans un tableau par exemple). Il en va de même avec les unités, les nombres, etc. »

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