Cave perdue – visite guidée avec un minimum de commentaires

Cet endroit, témoin de ma vie, m’est arrivé comme un cadeau. J’avais besoin d’un local pour donner mes cours. Ernest Grize, le premier régisseur du Centre culturel neuchâtelois se bat pour que je puisse occuper la Cave perdue, endroit inoccupé après un incendie.

Remerciements à Ernest Grize. Sans lui, je n’aurais pas pu développer mon école, je n’aurais pas pu aider plein d’élèves, de parents, un tas d’autres personnes, et n’aurais pas rencontré le compagnon de ma vie, André Oppel.

Ceux qui ont connu Ernest savent qu’il n’aurait pas été qui il a été sans Mado, sa femme, qui était partie intégrante de toutes ses aventures sur cette terre ! Et Ernest ne se serait pas battu pour moi si Jacques de Montmollin n’était pas tombé amoureux du théâtre, n’avait décidé de créer le TNP à Neuchâtel et si sa mère ne l’avait aidé à avoir le local actuel du Théâtre du Pommier. Et le reste de l’histoire remonte au début des temps. Vertinigeux !

Alors, faisons une visite virtuelle du lieu qui est devenu mon studio de danse, mon atelier, ma Cave perdue. Il se visite comme un musée tant il est changé d’histoire. Une fois qu’on est entré (à droite de la photo) on trouve :

  1. Le mur de droite :
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Théâtre du Passage. Les costumes exposés ont habillé les loges du Théâtre du Passage lors de son inauguration ! Les autres costumes que j’avais prêtés se trouvent aussi à la Cave perdue, on les retrouvera plus loin.

Les fils de suspension. Ils proviennent du magasin Au Pêcheur, de Neuchâtel.

Pressing Blanc-Sec. Cet ancien pressing a aussi participé à mon bien-être. Les housses en plastique qui couvrent tous mes costumes ou qui les empêchent de se salir contre le mur proviennent de ce pressing. Je remercie les patrons qui l’ont tenu.

Mes activités. Se trouve aussi, dans ce mur, un panneau avec mes activités, par ordre alphabétique :

2. On finit le mur de droite et on arrive sur la scène :

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Écriteau composé par André et découvert sur place quand j’en suis devenue la locataire principale. Des chaises héritées de Freddy Landry, un autre être important dans ma vie.

3. Mur de gauche :

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Une porte. Elle se trouve à la fin du mur de gauche.

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L’arcade au-dessus de la porte a été réparée par des travailleurs de l’entreprise Facchinetti. J’ai connu M. Gilbert Facchinetti et une fois que les travailleurs ont su cela, je suis devenue un membre de la famille !

Atelier de menuiserie d’Evologia. Cet atelier fait aussi partie intégrante de ma vie. Je lui dois bien des conseils avisés et des éléments de rangement pour mon local. J’ai rafraîchi cette porte avec une teinture provenant l’atelier. Je viens d’apprendre que son chef et formateur, Claude Lienher, part à la retraite. J’ai pensé qu’il resterait toujours…

Afin de donner un genre à la porte, je l’ai décorée.

L’année passée, j’ai ramené de Paris l’écriteau sur les Champs-Élysées. J’aime Paris, je m’y sens bien. Je crois bien que c’est l’écriteau qui m’a choisie et pas le contraire.

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4. Mur du sud :

On arrive au dernier mur de la salle. J’y ai accroché deux décors faits par André pour des danses de mes spectacles.

On y voit aussi quatre chaises, trouvées en ville lors d’une promenade. On y voit l’un des costumes utilisé pour l’un de mes spectacles intimistes.

Meubles dessinés par André, faits par Ernest et rajeunis par moi grâce aux conseils de M. Schneitter. Diverses peintures, produits de nettoyage, colophane proviennent de la droguerie Scneitter.

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Des éléments incontournables dans mes cours :

Essence : c’est le squelette. Mais, c’est un squelette qui pense. On le voit penser à droite. Il a des pensées plus ou moins en ordre. Ce qu’il y a d’intéressant ce sont les idées très ordonnées à côté, prêtes à entrer dans sa tête alors que dans sa tête il y a une pensée qui… à vous de décider « une idée qui tombe juste à pic » ou « zut, une idée qui s’en va ». C’est le genre de choses que l’on voit dans mon cours « Visitons les chambres du cerveau », cours donné au sein du Passeport Vacances.

Tout un ensemble !

J’ai des choses très diverses dans mon studio et pourtant elles participent de l’atmosphère qui y règne. Il y a une unité. Je suis moi-même un ensemble de connaissances acquises dans divers endroits et provenant de tous ceux qui ont croisé ma vie. Et pourtant, tout ce que je fais porte mon empreinte. Je ne serais pas qui je suis sans les autres et sans les choses qui ont traversé ma route. Je suis de l’avis que tout est important et qu’on doit prendre soin de tout, tant des choses que des gens. Je remercie tous ceux et toutes les choses qui ont traversé ma vie.

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Le coq de mon dentiste : réparations = mettre de l’ordre en soi.5

Je le dis souvent, les choses n’ont pas besoin d’avoir un « propriétaire » pour que je m’intéresse à elles et en prenne soin. Il en va ainsi du coq de mon dentiste.

Je pense encore et toujours que lorsqu’on répare quelque chose, on le fait aussi en soi et cela se traduit par un certain ordre dans notre monde intérieur. Cela fait que les réparations, dans mon monde, doivent se faire au mieux car tout a une résonance en nous.

Chez le dentiste. Les dents, c’est précieux. Tout est précieux dans notre corps, mais les dents… Le hasard, ce fameux hasard qui me suit comme mon ombre et qui en fait n’existe pas, fait que je sois obligée d’aller chez un dentiste de la place, et pas n’importe lequel, car il est excellent. Son nom ? Philippe-Denis Roth. Il ne s’occupe que des cas compliqués. Lorsqu’on a un objet en porcelaine à faire réparer, l’apprenti peut prendre les objets du quotidien, mais le vase ming ou de l’époque Ming sera confié au maître. C’est une image, bien sûr. Pas besoin d’explications. Il me traite avec grand soin et je lui demande s’il a toujours le coq que j’avais vu la dernière fois. Je voudrais le réparer.

Comme dans les réclames pour la lessive ou d’autres produits qui promettent monts et merveilles, on aura une photo de « avant », une autre photo de « pendant » et celle de « après ».

1. AVANT

Le coq. Si on ne peut pas dire qu’il manque de plumes, manque de matière. On observe aussi que les yeux ne sont pas pareils. C’est comme chez l’être humain.

2. PENDANT

Le coq a l’ait tout étonné… comme je le comprends ! Les réparations, remises en état, révisions, sèment souvent le désordre. Quand on va ranger un tiroir, il vaut mieux tout sortir et en apparence il y a plus de désordre que le contraire. Dans la vie c’est pareil. Il faudra que je le dise au coq !

3. APRÈS

Le coq doit se dire que cela valait la peine. En tous les cas, son propriétaire l’a trouvé très beau !

Tout cela pour dire que je prends soin des choses. Il arrive que je me trouve dans un magasin et que des clients remettent mal les choses en place, laissent les vitres coulissantes des frigidaires mal fermées, qu’ils ouvrent les portes, prennent un produit pour lire tout ce qui est écrit, etc. Je me permets de fermer les vitres, d’attirer l’attention sur le fait que toute la marchandise subit des changements de température ; je dis aussi parfois « oh ! le pull est tombé ! », « je crois bien que l’article n’est pas à la bonne place », etc. Je ne me fais pas toujours bien voir et reçois parfois des remarques. De quoi me mêlé-je ? Ben…

Un second conq. Coq no 2 voyant arriver Coq no 1 en si bonne forme lui demande comment il a fait. Celui-ci lui raconte et Coq no 2 se dit prêt à faire de même. Je suis si touchée que je ne peux résister et le prends chez moi.

Des plumes à retordre. On sait bien qu’un coq, fût-il celui du Dr Roth, n’a pas de fils (dans le sens de l’expression  » du fil à retordre »), mais des plumes. Cela n’a pas été facile. Une fois un bout réparé, un autre apparaissait ou revenait. C’est aussi mon savoir-faire qui était en jeu et je me suis dit qu’on allait réussir. « On », car c’était le coq et moi.

Remerciements. Je remercie le coq pour sa collaboration et les matériaux utilisés ainsi que tous ceux qui les ont produits, transportés, vendus. C’est vrai, on n’est rien sans les autres.

Shakespeare. Comme le disait mon collègue de banc, William (Shakespeare, de son nom de famille), « Tout est bien qui finit bien ». Quelle chance de l’avoir côtoyé !

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Beaumarchais, homme de génie. Rencontre particulière 18.1

Je suis fascinée par les divers métiers que Beaumarchais a exercés. C’est la preuve que l’on peut être « multiple » sans que cela nuise à la qualité.

Partie 1 – jusqu’à ce que Beaumarchais devienne noble.

J’entends encore la voix de mon professeur de français, M. Roger-Louis Junod, prononcer le nom de l’écrivain que nous allions étudier : Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais. Je ne sais pas ce qui m’a attirée, cela a été comme l’une de ces annonces au cinéma mais sans que je sache à quel film elle allait se rattacher ; c’est un moment qui est resté gravé en ma mémoire : je me revois assise à mon pupitre et revois mon professeur assis devant moi un peu à ma gauche. M. Junod avait une voix douce, une voix que je n’ai jamais pu imaginer fâchée avec un ton élevé.

Ce qui m’intéresse, c’est le parcours de la vie de Beaumarchais, parcours durant lequel il a embrassé divers métiers qui se sont, pour ainsi dire, présentés tout seuls devant lui et qu’il a si bien servis. On ne peut parler de facilité, car il a, à chaque fois, dû s’investir totalement et parfois y mettre sa fortune.

Voici sa vie sous forme de tableaux :

En plus, la mise à l’heure de cette montre-bague se fait à l’aide d’une clef !
* On remarquera l’écriture du nom des rois. En fait le nombre attaché au prénom est un ordinal (il indique la position) alors qu’un cardinal indique une quantité. Le point après le nombre est dit point abréviatif pour « ième ». On trouve cette écriture dans d’anciens documents.

Quelle histoire ! J’ai divers documents sur Beaumarchais et pas des moindres et… devinez ? Les dates ne correspondent pas, les renseignements non plus. Internet n’est pas en reste non plus. Me voilà bonne pour trouver les bonnes dates et l’exactitude des faits rapportés !

Au fond. L’idée de cette école est un complément à celle de Louis XIV qui a fait construire l' »Hôtel des Invalides ». C’est magnifique !

La noblesse et la conception du travail. On le sait, le travail est une occupation qui n’est pas digne du rang de la noblesse et Beaumarchais doit demander à son père, horloger bien connu, de renoncer à son atelier. Ce doit être un grand effort que doit faire le père. Heureusement, l’un de ses gendres, Lépine, reprend l’affaire. Ce dernier continuera à apporter des innovations dans l’horlogerie.

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@articulations – jouons avec elles. Groupe 2.1

Le constat, une fois de plus, est le même : nous sommes tous différents et le cours prend une autre allure !

Nous sommes arrivés au terme de l’exercice et nous avons pu le faire le dernier cours dehors. Nous sommes allés à la collégiale de Neuchâtel. Le chemin pour y aller est fait de pavés et chaque pas a été l’occasion d’épouser leur forme.

Nous avons fait des exercices sur les bancs et sur le bord du mur. Nous avons marché en tenant compte de diverses positions et avons imaginé faire la queue devant un arbre que nous avons dénommé « Arbre du Paradis », mais qui aurait fort bien pu être la porte d’entrée d’un magasin, d’une vente de billets, etc. Chaque instant de notre vie peut être prétexte à travailler notre corps.Tout cela prend du temps et on arrive à la fin du cours.

On entend une magnifique voix qui chante ; on se dit que c’est à l’intérieur de l’église et on décide d’y entrer. Ce sera l’occasion de voir les restaurations qui sont en train d’être faites. En fait, la voix ne vient pas de l’intérieur de la collégiale, mais du cloître. On s’approche et on est sous le charme de la magnifique voix.

La chanteuse finit sa répétion et je la félicite. Le groupe qui l’entoure est ravi de nous avoir eu pour auditeurs et une personne qui doit être l’organisatrice de la manifestation nous remercie avec un très très grand sourire et précise que ce sera un événement privé. Mince ! me dis-je, j’y serais bien allée…

Les observations sont multiples lors des divers exercices. J’en retiens celles-ci :

  • il se trouve que je n’avais pas reconnu la personne qui nous a remerciés ; en fait, je la connais plutôt comme une personne réservée, mais là, son sourire était partout dans son corps. Et sa joie a agrandi la nôtre. C’est comme le phénomène de l’amour quand il est réciproque, mais celui de l’amitié, du plaisir partagé aussi. Il y a plein d’exemples ;
  • nous avons été charmés par la voix si belle. Ce sont nos oreilles qui ont capté l’information, pour ainsi dire, mais lorsque nous étions dans l’église, la voix entrait partout dans notre corps, car la structure de l’église est particulière ;
  • ce qu’il faut retenir de ces deux observations, c’est que notre corps est vivant et qu’il réagit tout le temps, tout le temps, tout le temps. Par conséquent, notre corps est la résultante de notre façon de vivre.

Les poissons dans un bocal. Que viennent faire les poissons ici ? La structure circulaire a la particularité de renvoyer les sons. Les poissons dans un bocal sont en permanence en train de recevoir des échos car les sons leur reviennent tout le temps ; cela les rend fous. On voit parfois des poissons faire des sauts dans un bocal et par ignorance les gens trouvent cela joli. Alors, soyez attentifs au sort des poissons. Voici le conte de Poisson Rouge.

En faisant l’exercice du pèlerin, nous avons fait particulièrement travailler les articulations des chevilles, des hanches. Pour cela nous avons utilisé des marches qui mènent à la collégiale. Dans d’autres exercices, toutes les articulations ont travaillé de façon consciente et active ou consciente et passive. L’image que j’ai eue est celle d’une série de cascades, de fontaines de synovie qui irriguent les articulations. La traduction dans un dessin est compliquée, j’ai dû me limiter à celle-ci.

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Histoires de départ au ciel.2

C’est l’histoire d’un couple, dont le mari part au ciel.

Ils ont vécu longtemps ensemble, dans les 50 ans. Il émanait du monsieur une autorité certaine. Il avait des idées issues de longues recherches dans le domaine ésotérique et il était une bibliothèque ambulante dans divers domaines. Vers la fin de sa vie, il a assisté aux changements que nous voyons et s’est senti désabusé par les voies empruntées par la société actuelle. Il avait espéré apporter un mieux à ce monde…

Il faut ajouter qu’Il s’était toujours senti à part, dans sa famille, dans la vie, et au moment de quitter ce monde, il constate que. certaines de ses convictions sont mises à mal. Cela l’avait destabilité, mais, Il avait fini par en rire et sa phrase favorite était devenue « cela n’a pas d’importance ». J’ai quand même pu le remercier pour tout ce que j’ai appris de lui et pour ce qu’il avait appris aux autres.

C’est une chance que de pouvoir parler avec quelqu’un qui est près de quitter ce monde et d’avoir un échange de pensées sur une même longueur d’onde. C’est ainsi que nous avons parlé du physicien Jean-Pierre Garnier Malet et que j’ai vu le monsieur devenir plus gai, retrouver une certaine brillance dans le regard.

Le monsieur est maintenant au ciel est il aura découvert les derniers mystères qui lui avaient échappés.

Je rencontre sa femme aujourd’hui, et elle me dit que bien qu’elle soit submergée par un tas de démarches et des papiers à remplir, elle reprend sa personnalité, elle se sent redevenir elle-même.

Comme je le dis plus haut, le monsieur avait une certaine autorité et sa femme lui avait laissé le champ libre. Au moment où elle a vu que son mari perdait pied dans ce monde si irrationnel, elle l’a encore soutenu en s’oubliant. « Mais, ajoute-t-elle, je l’ai fait spontanément, c’est maintenant que je le vois ». Je lui dis que c’est par amour qu’elle a agi ainsi.

Elle me dit aussi qu’elle a trouvé des petits mots qu’il lui avait écrits pour la remercier de tout ce qu’elle faisait pour lui bien qu’il ne les lui ait jamais donnés. Je trouve cela beau. Il arrive, effectivement, qu’après le départ que quelqu’un on trouve une chose ou une autre qui nous apporte une réponse, même des mots rapportés par une personne et c’est une sorte de message direct. Je trouve cela magnifique.

Elle se dit contente d’avoi pu parler avec son mari de façon profonde et claire avant son départ ; elle l’a remercié tant pour les bons que pour les mauvais moments. Elle se dit que tout cela fait grandir. Je lui dis alors que son mari lui a fait le cadeau de partir avant pour qu’elle puisse se retrouver. Je vois alors un sourire, un joli sourire, un sourire plein de lumière, se dessiner sur les lèvres de la dame, laquelle dit : « Je n’avais pas pensé à cela ». Je me dis, voilà pourquoi je me suis arrêtée aujour’hui pour parler avec elle. Ce sont des idées que le monde d’ailleurs m’a transmises pour elle. Nous nous séparons dans une sorte de félicité.

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Cave perdue – visite virtuelle guidée

Cet endroit, témoin de ma vie, m’est arrivé comme un cadeau. J’avais fini mes études de danse à l’École de chorégraphie de Bucarest, suivais les cours d’économie politique à l’université de Neuchâtel et donnais en même temps des cours dans la cave qu’une amie me prêtait. La cave appartenait à ses parents et quand ils ont découvert que j’y donnais des cours et que leurs vins étaient soumis à des hausses de température, j’ai été priée de partir. Bon… Je pleure dans la rue et rencontre Ernest Grize, le premier régisseur du Centre culturel neuchâtelois qui s’appelait à l’époque aussi Théâtre de Poche neuchâtelois (TPN). En plus du bâtiment où était situé le théâtre, il y avait un local un peu plus loin appelé la Cave perdue. Le nom est significatif car il faut savoir où l’endroit se trouve pour y accéder ! À ses débuts, il avait été un endroit pour le bricolage et le dépôt de décors ; puis, des répétitions ont eu lieu. Mais, le lieu est une sous-cave, passablement humide et froide et l’équipe du TPN y avait installé des chauffages roulants. Une fois, ils ont mis une couverture dessus et oublié d’éteindre le chauffage… Alors, elle a retrouvé son vide, si je puis dire. Ernest parle de ma situation, ses collègues hésitent et finalement c’est son point de vue qui l’emporte et le local, retrouve, avec moi, un sens culturel. Encore une fois, c’est à Ernest Grize que je dois d’habiter cet endroit.

Remerciements à Ernest Grize. Sans lui, je n’aurais pas pu développer mon école, je n’aurais pas pu aider plein d’élèves, de parents, un tas d’autres personnes, et n’aurais pas rencontré le compagnon de ma vie, André Oppel. Il n’y aurait pas non plus la reconnaissance posthume d’un des employeurs d’André, M. René Froidevaux, patron de la Fabrique d’Horlogerie Froidevaux S.A Neuchâtel, et il n’y aurait pas eu de documents faits par André pour cette entreprise au musée Des Monts du Locle ni les montres d’André dans ce même musée, ni tant d’autres choses encore. Je trouve cela fantastique. C’est comme des flux qui se lient les uns aux autres. J’essaie d’en faire une image.

Et ceux qui ont connu Ernest savent qu’il n’aurait pas été qui il a été sans Mado, sa femme, qui était partie intégrante de toutes ses aventures sur cette Terre ! Et Ernest ne se serait pas battu pour moi si Jacques de Montmollin n’était pas tombé amoureux du théâtre, n’avait décidé de créer le TNP à Neuchâtel et si sa mère ne l’avait aidé à avoir le local actuel du Théâtre du Pommier. Et le reste de l’histoire remonte au début des temps. Vertigineux !

Le TPN – Centre de culture, 1968, devient en 1971 le Centre culturel neuchâtelois et bien plus tard on y ajoutera Théâtre du Pommier.

Alors, faisons une visite virtuelle du lieu qui est devenu mon studio de danse, mon atelier, ma Cave perdue. Une fois qu’on est entré (à droite de la photo) on trouve :

  1. Le mur de droite :

Le rideau du Théâtre de Poche neuchâtelois. À ses débuts, la scène avait été conçue comme celle d’un théâtre à l’italienne, avec un rideau qu’on ouvrait et fermait. Je me rappelle très bien les mouvements de ce rideau lorsque j’assistais à des spectacles. Puis, il y a eu des transformations et le rideau a disparu. C’est une grande chance que j’aie pu le récupérer. On l’a déjà dit, la Cave perdue est quelque peu fraîche… et le rideau qui était posé à ses débuts n’était pas idéal. C’est Jean-Luc Charpilloz, l’administrateur du CCN qui l’a sorti du sac où il avait séjourné pendant bien des années. Je lui ai donné une seconde vie et suis émue à chaque fois que je le vois, car je le sens porteur d’histoire.

Costumes. J’ai eu la chance d’entrer en possession de costumes qui ont été sur diverses scènes : Bucarest, Saint-Pétersbourg, Moscou. Ils donnent une belle atmosphère à l’endroit.

Décors. André a fait la plupart des éléments de décor de mes spectacles. Je me fais un plaisir d’en exposer quelques-uns.

Photos de Knut. Knut est devenu « le » photographe de l’école et de bien de mes activités.

Théâtre du Passage. Les costumes exposés ont habillé les loges du Théâtre du Passage lors de son inauguration ! Les autres costumes que j’avais prêtés se trouvent aussi à la Cave perdue, on les retrouvera plus loin.

Les fils de suspension. Ils proviennent du magasin Au Pêcheur, de Neuchâtel. Je suis végétarienne et pourtant… je dois une fière chandelle à son aimable patron, M. Demange !

Pressing Blanc-Sec. Cet ancien pressing a aussi participé à mon bien-être. Les housses en plastique qui couvrent tous mes costumes ou qui les empêchent de se salir contre le mur proviennent de ce pressing. Je remercie les patrons qui l’ont tenu.

Mes activités. Se trouve aussi, dans ce mur, un panneau avec mes activités, par ordre alphabétique :

Les activités qui actuellement prennent le plus d’ampleur ce sont les spectacles intimistes que je propose à des petits groupes, les cours pour l’ossature et les articulations ainsi que la révision de textes. Je suis ainsi faite, je m’intéresse à bien des choses, alors, je propose et le destin dispose ! Mais, on retrouve partout le même fil conducteur : apporter quelque chose de nourrissant aux autres.

2. On finit le mur de droite et on arrive sur la scène :

Le sol. Depuis qu’Ernest a posé ce sol, bien des amateurs et professionnels du théâtre, dont Laurent Terzieff, Robert Bouvier, directeur du Théâtre du Passage, ont marché sur ce sol. Je viens d’apprendre que l’actuel directeur du Jardin botanique de Neuchâtel, Blaise Mulhauser, y a également joué ! Des élèves de mon école, de l’École de chorégraphie de Bucarest – dont l’une, Greta Niță, est devenue soliste et vient d’interpréter Giselle pour la première fois (Opéra de Bucarest), dont une autre, Miruna Miciu, est danseuse étoile au théâtre de Zagreb, ont aussi utilisé ce sol. Mais, tous ceux qui l’ont foulé ont gagné quelque chose ; tout le monde a appris quelque chose. Et toujours sur le même sol. Fantastique !

Le miroir. Tout danseur a besoin d’un miroir, non point par besoin narcissique ; tout simplement parce que le miroir lui dit si l’image qu’il donne correspond au mouvement qu’il imagine. Tout danseur a aussi besoin d’un maître de ballet. C’est un avantage par rapport à bien des professions. Les corrections font partie du quotidien d’un danseur et tout avis lui est utile. Cela favorise l’ouverture de l’esprit. J’avais donc besoin d’un miroir, c’est le magasin ABM qui me l’a fourni lors de sa fermeture. Je l’ai transporté avec l’aide d’amis. Avec le temps, l’humidité a déformé le mur en bois de soutien et c’est Jean-Luc Charpilloz qui a eu l’idée de renforcer son armature. Je le remercie.

Les fonds de scène, les rideaux. Le premier rideau avait eu pour fonction de cacher le miroir lors des spectacles et filmages. Puis, je me suis dit que ce serait bien d’avoir un fond de scène. Par la suite, le répertoire s’enrichissant, j’ai eu le besoin et l’idée d’avoir un fond rouge et un fond blanc. De plus, Knut, le photographe, a aussi eu besoin de varier le fond de ses photos. Le premier système c’est aussi Jean-Luc qui l’a posé. Le dernier c‘est Roger, cet ingénieur si pratique qui s’est dévoué. Les rideaux roulent ! pour ainsi dire.

Le plafond de la scène. On retrouve ma vielle compagne : l’humidité. Lorsque je suis arrivée à la Cave perdue, le plafond était celui d’une cave du xviiie siècle, soit poutres visibles et sable. Lorsque le voisin du dessus marchait, le sable tombait sur mes 33 tours… Jean-Luc, le même personnage pratique du CCN déjà mentionné, a alors posé un faux plafond. Mais, l’humidité l’a dégradé. Cela s’est fait peu à peu et personne n’a apporté de solution sans devoir tout démonter et changer ou faire des travaux importants. Voilà que Roger me suggère d’y mettre du tissu. Il aurait voulu un autre système que j’ai trouvé très compliqué et suis arrivée à celui qu’on voit. Cela donne des allures d’un palais impérial, n’est-il pas ? comme diraient les Anglais.

Nouvel éclairage de scène. L’ancien système posé par Ernest revenait vraiment très cher. J’ai demandé à Gilles Pernoud, le patron de Sound Patch, de me donner un coup de main. Il a été remarquable tant avec les idées qu’avec sa manière de procéder. La lumière tamisée trouve son origine chez Ticu, l’un de mes amis à Bucarest. Il voit dans la rue, du temps du socialisme, une dame avec un sac en plastique avec une image de la ville de Zurich. Il lui demande le sac. On ne sait ce que la dame a pensé, mais elle le lui donne. Il le découpe et entoure l’abat-jour de sa lampe. Tous les amis allaient admirer sa lampe. Retour à Neuchâtel, maintenant. J’ai des lampes Ikea que je voudrais rendre plus jolies, reçois un sac en papier de chez Cighélio, le bureau d’impression de Neuchâtel, il est rose… La chose doit travailler dans ma tête car j’en demande un second et habille mes lampes. J’aurais voulu en avoir une réserve, mais il n’y en a plus. Je les traite avec beaucoup de soin.

Les chaises de Freddy Landry :

Lorsque j’ai repris la Cave perdue, il m’a manqué des chaises. Le sort a voulu que j’hérite des chaises de Freddy, des chaises dignes d’un palais. J’en ai sept, nombre magique s’il en est ! Je dois en prendre soin assez constamment car l’humidité, une fois de plus, se fait sentir. Mais, j’ai trouvé une parade grâce à Claude Lienher de l’atelier de menuiserie d’Évologia et les choses vont bien. Les chaises sont contentes d’assister à toute sorte de choses et je suis contente de montrer celles qui sont devenues mes Freddy-chaises !

Un écriteau fait par André :

Écriteau composé par André et découvert sur place quand j’en suis devenue la locataire principale.

Bon, les usagers sont avertis… J’aime cet écriteau parce que le texte abonde dans mon sens et surtout parce que l’écriture est tellement représentative d’André, du graphiste qu’il était, du personnage si présent et dont l’écriture est le portrait.

3. Mur de gauche :

Ileana Iliescu. Elle a été danseuse étoile à Bucarest. Ce qui m’a marqué chez elle, c’est sa présence sur scène, elle la dominait. De plus, elle dansait naturellement. Je dirais aussi qu’elle était une danseuse racée. Le port naturel qu’elle avait sur scène, elle le garde encore aujourd’hui. Elle l’avait de naissance, mais Maître Anton Romanovski, l’avait aussi et il l’a aidée à le mettre en évidence.

Rudolf Noureev. Danseur dont la personnalité prenait toute la scène. Je l’ai aussi vu danser et la netteté de ses pas était le reflet de l’école Vaganova. Sa photo, ainsi que celles d’Ileana Iliescu, ont été « montées » par l’atelier Cighélio.

Photos de Knut. Knut a photographié les danses de ces dernières années et fait de très jolis effets.

Affiches des années 1990. Lorsque j’ai repris le local, j’ai trouvé des affiches de Bernard Haller et d’autres affiches de la Cité universitaire. Il faudra voir à qui je peux les transmettre.

Une porte. Elle se trouve à la fin du mur de gauche.

L’arcade au-dessus de la porte a été réparée par des travailleurs de l’entreprise Facchinetti. J’ai connu M. Gilbert Facchinetti et une fois que les travailleurs ont su cela, je suis devenue un membre de la famille !

Atelier de menuiserie d’Evologia. Cet atelier fait aussi partie intégrante de ma vie. Je lui dois bien des conseils avisés et des éléments de rangement pour mon local. J’ai rafraîchi cette porte avec une teinture provenant de l’atelier. Je viens d’apprendre que son chef et formateur, Claude Lienher, part à la retraite. J’ai pensé qu’il resterait toujours…

Afin de lui donner un genre, je l’ai décorée.

L’année passée, j’ai ramené de Paris l’écriteau sur les Champs-Élysées. J’aime Paris, je m’y sens bien. Je crois bien que c’est l’écriteau qui m’a choisie et pas le contraire.

Je retiens de ce qui est écrit sur le nom de l’avenue de Paris qu’elle « signifie aux promeneurs qu’ils ont le privilège de pouvoir se reposer dans les jardins du roi ». À l’origine, c’est le lieu où les héros et les gens vertueux goûtent au repos après leur trépas. Chez moi, personne n’a trépassé, mais comme la porte mène aux coulisses, on peut dire que là reposent les costumes et décors de mes spectacles. Comme la porte mène aussi à la salle d’eau, tous ceux qui ont fréquenté mon local sont aussi passés par là. C’est en tous les cas un endroit qui respire la tranquillité.

4. Mur du sud :

On arrive au dernier mur de la salle. J’y ai accroché deux décors faits par André pour des danses de mes spectacles.

On y voit aussi quatre chaises, trouvées en ville lors d’une promenade. On y voit l’un des costumes utilisés pour l’un de mes spectacles intimistes.

Meubles dessinés par André, faits par Ernest et rajeunis par moi :

Chaque fois que je vois ces meubles, ils me ramènent dans une dimension où André et Ernest sont présents. J’ai toujours eu soin de toute chose, mais, je me surprends à chaque fois à me dire que ce n’est qu’aujourd’hui que j’en suis vraiment consciente. C’est ainsi qu’au début, afin de protéger la table de divers usages, je l’ai couverte d’une toile noir brillant. Lorsque j’ai repris le local, j’ai enlevé la toile qui avait passablement souffert, j’ai lavé la table et l’ai repeinte. De même que le banc. Je leur ai peint une décoration de mon genre. Aujourd’hui, je les ai cirés et brillés et une fois de plus, je me suis dit que c’était à ce moment-là que je prenais conscience de tout ce qu’ils représentaient.

Droguerie Schneitter. Diverses peintures, produits de nettoyage, colophane, ainsi que des conseils proviennent de chez Schneitter.

Des éléments incontournables dans mes cours :

Essence : c’est le squelette. Mais, c’est un squelette qui pense. On le voit penser à droite. Il a des pensées plus ou moins en ordre. Ce qu’il y a d’intéressant ce sont les idées très ordonnées à côté, prêtes à entrer dans sa tête alors que dans sa tête il y a une pensée qui… à vous de décider « une idée qui tombe juste à pic » ou « zut, une idée qui s’en va ». C’est le genre de choses que l’on voit dans mon cours « Visitons les chambres du cerveau », cours donné au sein du Passeport Vacances.

Tout un ensemble !

J’ai des choses très diverses dans mon studio et pourtant elles participent de l’atmosphère qui y règne. Il y a une unité. Je suis moi-même un ensemble de connaissances acquises dans divers endroits et provenant de tous ceux qui ont croisé ma vie. Et pourtant, tout ce que je fais porte mon empreinte. Je ne serais pas qui je suis sans les autres et sans les choses qui ont traversé ma route. Je suis de l’avis que tout est important et qu’on doit prendre soin de tout, tant des choses que des gens. Nous ne sommes rien sans les autres il n’y a pas besoin de faire appel à des théories philosophiques, le simple bon sens suffit !

5. Après la porte qui mène aux Champs-Élysées.

C’est l’arrière-salle, c’est l’endroit où l’on trouve les costumes utilisés lors des spectacles, les réserves de chaussons, les supports de musique, du matériel divers.

J’ai mis un rideau pour continuer avec une atmosphère de château et aussi, disons-le, pour couper le froid en hiver.

À droite. Divers décors : un poisson qui rêve dans les airs, une jupe de répétition de l’Opéra de Bucarest, des affiches du « Lac des cygnes », dont mon amie, Ileana Iliescu, ancienne danseuse étole de ce même théâtre, a fait la chorégraphie, et divers objets d’autres spectacles.

À gauche. La porte ouvre sur des escaliers que j’ai utilisés pour des rangements de costumes.

À droite, le corps humain. J’ai pu suspendre ces deux affiches inspirée par les systèmes d’accrochage des rideaux par Roger.

À gauche, la salle d’eau. Je l’ai aussi décorée avec une réclame ancienne de savon de Marseille et d’autres éléments de spectacles.

Les costumes, des réserves de tout genre et des décors se trouvent aussi dans l’arrière-salle. Mais, cela prend trop de place ici. Ce sera une autre fois.

Je ferme la boucle : sans le geste d’Ernest, rien de tout cela n’aurait eu lieu. Il n’a pas pensé jouer un tel rôle et c’est cela qui est magnifique. Je le remercie. Prendre conscience de tout cela me force à faire de mon mieux pour que son geste reste vivant.

Articles liés à la Cave perdue :

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Fabrique d’Horlogerie Froidevaux S.A. Neuchâtel – Switzerland (English version)

VERSION FRANÇAISE ICI

Introduction. Stories don’t always have the same way to start. This one is linked to my late friend, André Oppel, graphic designer and artistic director of the Théâtre du Pommier in Neuchâtel, Switzerland, and who left me some affairs that I kept hoping that once they would go to the right place.

My friend and me always lived in the present. We seldom talked about the past, his or mine, not because we desired to avoid something, in fact it didn’t come in our way. He knew a lot of people and among them there was Jack. He greeted him and I greeted him. The hazard, this famous hazard that doesn’t exist, let me to know that Jack’s family name was « Froidevaux ».

For years I told myself that if I had a website I could insert all the works my friend had left in this world. I scanned his drawings and different works, but there was no unity. A friend told me very kindly that it looked like « widow remembrances ». He was right as I had one piece from here and another from there. But, nevertheless, I kept them.

Once, looking at them again, I saw some collages and a catalog from the « Fabrique d’Horlogerie Froidevaux » and remembered that my fried had told me once that Jack’s father had been a manager. Time passes by and today, as I showed the catalog to Jack, he says that it was the catalog of his father’s company ! He says that my friend André had worked for the company as graphic designer. I ignored that and feel richer of a new element of my friend’s life and has the impression that he waves me from the world where he is now. Jack tells me about the story, absolutely fascinating, of his father’s company, Mr. René Froidevaux.

Mr. Froidevaux developed, after the Second War, the small factory that he had bought in 1942. He felt that Italy was going to recover economically and created a lot of watches sold in this country. At that time watches were sold under the name of the traders who had ordered them or under the name of the shops that sold them. That is why his name didn’t appear on the watches. Mr. Froidevaux produced watches of the top of the middle range. Here we have some of his trades : Forte (in Napoli) – Pryngeps – Escudia – Soly (Mr. Froidevaux bought this brand in 1942 but the stopped producing it) – Teseo, etc. (the four late names I got from Antoine (Tony) Simonin, the reference in horology and who has his own edition in Dombresson. They are listed in a book under the years 1949-1955 and mentions that in 1966 he made watches with anchor escapements. Cadola was the trade sold in Switzerland and it is my friend André who designed it and made the graphics !

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What i find remarkable :

  • Mr. Froidevaux watch factory is the first company to have introduced the English week within the work frame, that means that the workers were free on Saturday mornings !
  • Mr. Froidevaux was a manager, a helmsman who cared about the well-being of his workers within and outside his enterprise. He founded a provident found which he endowed of a rental property worth 450’000.- Swiss francs of that time out of his own pocket ! The apartments were rent, in priority, to his workers ;
  • another example : when the company received a letter asking for payroll deductions of a worker due to debts, Mr. Froidevaux asked the worker to come to his office and asked him wether he agreed that he, Mr, Froidevaux, would pay the debt and and offered him a reasonable spread of the debt avoiding him any prosecution and that without interests ! in that way the worker continued to work and his family was safe ;
  • Mr. Froidevaux also felt that his workers deserved a canteen and for this purpose fitted out premises in a building he had constructed opposite the factory ;
  • next to the factory he built a swimming pool which he also made available to his staff ! He makes me think of Mr. Gilbert Facchinetti who also had a similar gesture for people with disabilities ;
  • Mr. Froidevaux used to care of his workers and their family. The caretaker had a disabled son who after compulsory school should have gone to a specialized center far from his family and in an unenviable environment. He asked his foreman what the boy could do. The boy took his time but he became an excellent worker ! So much so that he aroused the jealousy of some of his colleagues who commented that he should not be paid like them !

Mr. Froidevaux’s factory was a social model. The Swiss watchmaking federation sent members and visitors so that they could see how the company was operating.

Not so long ago, Mr. Schneeberger, the caretaker we spoke above, left our world. Jack went to the funeral. People went to him and his brother and told them how Mr. Schneeberger had been grateful to Mr. Froidevaux for his attitude and used to tell that he had lived the best time of his life under his leadership This was echoed in the homily. Hats off !

Then came the economic crises of the 1970s. Mr. Froidevaux did not see it coming. The company ceased operations in 1975 as a result of nasty maneuvers of people next to him and to opportunistic competitors. What a pity ! Further information can be found in the last paragraphs on the other article on Mr. Froidevaux. The link is at the bottom of this one.

              Even though Mr.Froidevaux is no longer of this world, I am moved to know who he was. He is the kind of example to follow !

The surviving catalog of its long history has no date, we must be at the end of the 1950s. Here are a few pages.

Froidevaux Catalogue001
The cover ot the catalog by which the story happened. Note that it is in perfect condition. Jack tells me that André disigned this watch. What an emotion !
5. Montres dames or - Froidevaux
1. Montres dames - Froidevaux
2. Montres h non étanches - Froidevaux
3. Montres étanches - Froidevaux
6. Montres diverses - Froidevaux

Watch hands have turned many times since the beginning of this article. Jack and I agreed to met so that he ould retrieve the catalog of his father’s business. It is a moving moment for me, it is a piece of Neuchâtel history to which I am now a part. It fills me with joy. I really admire Mr. René Froidevaux. I have just learned that when he decided, in 1942, to buy the factory from his original owner – the company run buy a couple at the end of the line had then six employees and produced small series – the town hall appreciating an entrepreneur who had the courage to start when there was war and the national economy had some difficulties told him that he could benefit from a tax package to let him grow his business. Obviously they didn’t know Mr. Froidevaux, as if he had a character, let’s say, rather difficult, he had undeniable human qualities and principles ; he did not want to owe anything to anybody and paid his taxes 100 % ! In 30 years he grew from 6 to 150 employees and developed a thousand points of sale in Italy, a country, as mentioned earlier in this article, was developing very well after the War. Magnificent !

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Here we see Jack leafing « his » catalog which looks brand new – we know time doesn’t exist and the 1950s were yesterday !

The article may be getting rather long, but I can’t resist the temptation to add drawings made by André.

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And here is a Cadola arrived by the Web, so to say A gentleman bought a Cadola and sent me his picture. As we can see it is in a very good shape, looks good and looks as a sister of those of our time ! His owner says he wears it « with respect and pleasure » when it is not on display. I often say that the way we treat objects says a lot about us. No need to make a comment on the present case ! Moreover, this gentleman says that he has something in common with Mr. Froidevaux :  » Pleasure at work and respect for collaborators (who give it back to you). In addition, he adds, the model exudes good humor, simplicity and lightness ».

December 2021. I get a Christmas present ! Fabio, an Italian, lets me know that he is passionnated by Italian watches – Mr. Froidevaux exported a lot to Italy – and he sent me two wonderful pictures of the two Cadola of his collection and they are in perfect working order. What can we say ? Time doesn’t stop ! Here they are :

Janvier 2022. Benoît, another watch passionnated.

Benoît tells me that the watch jumped out at him when he saw it at the flea market. I would say that the watch knew that it was going to go to the right place and would find again a part of its past life. So, did Benoît chose the watch or is it the watch that chose Benoît ? Anyway, they are well together ! En tous les cas ils se sont trouvés !

I ask the collector how many watches he possesses : around 300 – 400, he answers. « At home, I always saw watches and I find them a beautiful jewel for men ». Your oldest one ? A Cyma from 1916-1917, he replies. And here is when the magic of life appears : on the very same day I had given a ballet-theater performance to some people I had just met, and one of them was the director of Tavannes Watch Co. In fact, Cyma belonged to the Tavannes manufacture and it is the last one who made the Benoît’s oldest watch. I already had in mind to write an article on this watch makers because the director had told me so many interesting things about his enterprise while we were having a drink on my studio after the performance. Life is telling me now that I am on the right way. Suite, au prochain épisode ! (So, on to the next episode ! )

This watch collector sent me a series of photos that I couldn’t resist. The fact that I saw the watch in this way made me almost feel and even hear all the protagonists to its adventure in this world. Voici donc la même montre dans tous ses états !

June 2023. Time uses watches to let us know that time passes by, here we are in 2023. Some of the threads that weave my life come all together and I don’t know anymore where to put the information I get. On the other article on Mr. Froidevaux, I speak about his accountant, Mr. Charles Frésard. It turns out that if he is still on this world, his wife, Gretel, passed away. And it is the moment he chooses to take out all the watches that have been along with him on his professional life.

Pictures. I was not prepared for that and had not my camera at that moment. Let us remember that Mr. Frésard was the chief accountant of the enterprise and his cells have the chief’s DNA ! Fortunately for me, since Mrs Frésard’s niece had come from England with her son to say her her last goodbye, I asked him, Christopher, to take the photos. Here they are :

Watch received for his good and loyal service when he left the company. Ah, yes, the seconds hand… is not at its place, it moves. Well, you know, time always manages to find a way to mark its movement

Golden watch. In the old good times, employees used to get a golden watch after 25 years of good and loyal service (I have to check). The watch is waterproof and Incabloc, which means that its movement is protected against shocks.

I love this watch with its beautifully drawn ciphers. Its roundness… smiles at me, speaks to me.

Advertisement. Advertisements are made to attract customers. Here there is no need for it at all ; I only have to look at this watch to be completely seduced !

Watch that belonged to Margarethe, known as Gretel, Frésard.

The Cadola watch of Gretel. It looks like her. Gretel had bright blue eyes. She did not take up much space, was very sweet but at the same time strong, as strong as the bracelet of her watch. The latter left to join her family in England, so it remains in the family and finds a new life. I am happy for it. It is also one of the few watches by Mr. Froidevaux where it is stated that the watch was made in Neuchâtel. I am touched.

Time… This common and strange notion… When I gave the documents made by my friend André Oppel to the Watch Museum Château des Monts, Le Locle, I had prepared some kind of glossy cardboard folders with, on the first page, the reproduction of the first page of the catalogue. I had two left. Time, this time that goes along us all the time, indeed, it is so, told me that time had arrived to give them further. This is how Gretel’s niece left with one to England, and her son, Christopher, with the second one to Denmark. If documents are gone, I have the feeling that Mr. Froidevaux must be happy and that my friend is telling me that he is with me. All that thanks to Gretel. I often say, temporal dimension is fascinating.

2024 a Cadola in Riau, Sumatra, Indonesia ! A few days ago, I received a message telling me that he had just bought a Cadola. He is very much surprised to see that it works while other non-Swiss marks don’t because their battery bursted inside. Mr Froidevaux must be very happy ! Here you have the object straight away !

Abi explains that the Cadola 8011 possesses an A. Schild 1291 or 1380 movement.

The story. Abi’s love of watches was passesd down by his grandfather, from his mother’s side, Mr Prihartono Padmowardoyo. For me it is always interesting to know to whom we owe something beautiful of our life and to thank the person. I have the l’impression that Mr Prihartono Padmowardoyo is passing through here. On the other side, his paternal great-grandmother had had a jewellery shop and at that time watches were considered as a jewel. In Switzerland also, jewellery shops used to sell watches.

Abi saw an add for a first 8011 Cadola on a Web site, but he couldn’t grasp the occasion. . Then he had the surprise to see another add in his region, again for a8011 Cadola. There was no doubt, fate wanted him to have it ! Now both are happy. (To be completed).

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@articulations – jouons avec elles. Groupe.2

No 1 c’est nous avant l’exercice dont traite cet article et No 2 c’est notre corps pendant l’exercice.

La synovie. On le sait, chaque articulation doit être lubrifiée. Ce qui la lubrifie, c’est la synovie et la synovie se produit lorsqu’il y a mouvement. La synovie permet à une articulation de bouger dans toute son amplitude. Elle empêche donc les frottements. On peut avoir une articulation en fort mauvais état et cependant n’avoir aucune douleur ; l’inverse est également valable, on peut avoir une petite déformation dans une articulation et avoir de grandes douleurs. Le mouvement a sa raison d’être et en fait, tout dans notre univers bouge : tant l’infiniment petit que l’infiniment grand.

Notre univers bouge aussi. Je viens de revoir avec un ami passionné de physique le mouvement de la Terre, du Soleil, de notre Galaxie et des autres galaxies. Cela me fascine. Voici le lien avec l’article.

Ici on voit la Terre tourner autour du Soleil, la Lune – dans le cas présent est en éclipse et c’est pour cela qu’on ne la voit pas. Mais, il faut ajouter mentalement toutes les autres planètes et leurs lunes tourner autour du Soleil. Ensuite, il faut imaginer le Soleil tourner autout du centre de notre Galaxie et toutes les autres galaxies tourner aussi. C’est un mouvement infini, une danse extraordinaire.

Dans la session présente, nous traitons de divers sujets et voilà qu’on arrive à faire des cercles avec le corps. En principe, on fait bouger le corps à partir d’une ou deux articulations, mais cette fois-ci, j’ai senti que l’on pouvait aller plus loin et les notions revues avec Knut, le passionné de physique, se sont faites présentes, sont remontées à la surface et ont dit qu’elles avaient une utilité. Alors, on a imaginé que toutes les articulations faisaient un cercle, dessinaient une orbite. Quand je dis toutes, c’est vraiment toutes : dans les chevilles, les genoux, les hanches, entre chaque vertèbre. C’était un vrai univers. Pour la petite histoire, nous avons 360 articulations.

Le nombre de cercles dans notre exercice et les fils dans le qi gong. J’ai fait du qi gong pendant des années et j’ai eu du fil à retordre – expression fort bien venue – avec les fils qui sortaient du dan tian ou centre sous le nombril et qui étaient liés à différents points du corps. Dans la danse classique, on a un univers plus clair, limpide. Tous ces fils brouillaient ma vue… Or, il se trouve que du travail s’est fait et que cette fois-ci, je pouvais voir tous les cercles et tous les fils selon les mouvements de mon corps. Nous sommes tous différents et je n’ai jamais entendu un participant au cours dire que l’histoire des fils leur posait un problème, mais voilà, chez moi maintenant, je peux les suivre même lorsque je suis en train d’écrire cet article. Ils sont harmonieux et pas un ne s’emmêle !

Fin de l’exercice. Il faut dire qu’auparavant, nous avions fait de la réflexologie un long moment. Alors, avec ces cercles en plus, le corps avait besoin de se reposer. C’est ce que nous avons fait. Cela a aussi été le moment d’aller remercier les cellules qui nous composent. Elles travaillent tout le temps. Cela a aussi amené un beau moment de tranquillité mais où l’on sentait tout le corps « vivant », comme dit Anne, l’une des participantes au cours.

Mon cours. Oui, nous avons tous un corps, mais on l’utilise sans y penser la plupart du temps. C’est comme tout notre environnement, notre mère, nos profs, nos affaires. Si on en a besoin et que cela « fonctionne », on « prend », mais si nous avons mal à une dent, à un coude, on se rend compte que tout dans notre corps est important. Aussi, prendre des moments pour le ressentir et le remercier me semblent importants. Le remerciement fait tant de bien !

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Café atomique 1. La vitesse de la Terre (en cours de rédaction)

Comme je le dis dans l’article consacré à Knut : On le sait, l’appétit vient lorsqu’on mange *. Il en va de même dans les relations. Knut est devenu « le » photographe de mon école et ma curiosité pour les sciences, la mathématique en particulier et la physique par conséquent, a trouvé où se nourrir, chez lui, puisque son premier choix d’études fut la physique ! Eh oui ! la photo, la danse, la mathématique, la physique, tout cela va ensemble. La série d’articles commence aujourd’hui.

Café atomique – définition : Knut m’invite à boire un café, en fait c’est lui qui boit le café, moi, je prends de l’eau chaude et on discute physique, atomes, particules, énergie, etc. Spontanément m’est venu le nom de « café atomique » pour désigner nos conversations.

La vitesse de la Terre. Je ne sais plus comment cela s’est fait que j’ai choisi ce premier thème. Il me semble me rappeler que je cherchais à expliquer à une élève que les choses sont relatives et que je me suis dit que c’était curieux que la Terre tourne et que je ne le sente pas.

Raison : nous ne sommes pas sensibles à des vitesses constantes. Je sais bien que la Terre tourne autour du Soleil, etc. Mais, c’est fascinant de voir surgir à mon esprit les astres et galaxies quand Knut les nomme : la Terre, notre planète bleue, tourne autour d’elle-même, à une vitesse = 1 000 km/h ; elle tourne aussi autour du Soleil, notre étoile, à une vitesse supérieure = 107 000 km/h ; le Soleil lui-même tourne autour du centre de notre Galaxie, en même temps que les autres 100 à 200 milliards d’étoiles, à une vitesse encore supérieure à celle de la Terre, soit = 850 000 km/h ; la Galaxie, la nôtre et toutes les autres, tourne à son tour à une vitesse encore plus rapide = 2,3 millions km/h. Cela continue, car notre amas de galaxies tourne lui aussi !

Vitesses constantes : nous ne ressentons donc rien, car ce sont des vitesses contantes. On le remarque lorsqu’on est dans une voiture fermée, immobile ou qui roule à une vitesse constante, on ne ressent rien du tout. C’est quand même fabuleux ! Nous ne sommes sensibles qu’à des accélérations et des descélérations. Au fond, c’est comme dans une relation, un couple, quand tout va bien, on vit tout simplement et quand il y a des disparités, cela tangue…

Remarque : la Terre tourne sur elle-même dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, elle tourne autour du Soleil aussi à gauche. On se demande pourquoi les aiguilles d’une montre tournent à droite. J’ai déjà vu des horloges tourner à gauche. Certains courants philosophiques disent que le temps vient de la gauche, raison aussi pour laquelle, on traite parfois certaines parties du corps d’abord à gauche.

La Lune : on ne la voit pas dans ce dessin car elle est en éclipse. Mais elle est là !

Dans ce dessin, il nous faut ajouter mentalement les planètes et leurs lunes tournant autour du Soleil. C’est vertigineux !

Conséquences de quelques changements. Si la Terre venait à perdre de sa masse, elle serait absorbée par le Soleil. Si elle gagnait en masse, elle irait ailleurs.

Ce qui me fascine : l’harmonie, la mathématique qu’il y a dans cet univers.

Au fond, c’est une danse continuelle : la Lune tourne autour de la Terre, la Terre tourne autour d’elle-même et en même temps autour du Soleil, le Soleil tourne autour de la Galaxie et les galaxies tournent aussi. Quand j’imagine cette danse, elle me procure une immense joie !

Les astres et la langue française. Moi qui aime tant les langues, je ne peux m’empêcher de citer quelques expressions : être dans l’orbite de quelqu’un, par conséquent « être hors orbite », être le soleil de quelqu’un, avoir une place au soleil, être bien luné, être dans la lune. On aura remarqué que l’astre s’écrit avec majuscule et que lorsqu’on en fait un usage dans notre langage courant il est habillé d’une minuscule. Ah oui ! Je demande conseil par moments soutenus à un expert en langue française, Chambaron de son nom de plume, un personnage remarquable, et comme cela faisait un moment que je n’avais plus fait signe il m’a dit « je sais que vous êtes à éclipses ». C’est tellement joli. Heureusement que je ne suis pas tout le temps à me rappeler aux uns et aux autres.

Je me cite : « Eh oui ! la photo, la danse, la mathématique, la physique, tout cela va ensemble. »

Dès que l’occasion se présente… Les notions bien ancrées n’hésitent pas à revenir à la surface à la première occasion. Cette fois-ci, c’est pendant le cours que j’ai créé « @articulations – jouons avec elles ». Nous avons un exercice où l’on fait faire un cercle à une articulation. L’idée m’est venue d’imaginer que toutes les articulations tournaient. En fait, c’est vrai, elles tournent toutes, mais on n’en est pas conscient. Dans le cas présenti, chaque articulation a eu son « orbite » à faire, même celles entre les vertèbres. C’était un spectacle magnifique ! Ici bas, vous avez une vague représentation de ce que nous avons vécu au cours :

  • no 1 le corps avant de partir « en orbite » ;
  • no 2 le corps « en orbite ».

On tourne un certain nombre de fois et ensuite, on se couche par terre pour écouter ce que le corps dit. En plus d’imaginer les articulations tourner, il fallait être conscient que la synovie se répandait dant chaque articulation… Tout aussi vertigineux que les planètes, les lunes, les soleils et les galaxies qui tournent… C’est un moment très intense et particulier pour chacune des personnes qui le fait. Il n’y a pas de règle pour le ressenti.

  • Le dicton est « L’appétit vient en mangeant », or « en mangeant » est un participe présent et ce qui compte est l’action, le fait de manger. Je dois chercher la source de cette explication.

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Confinement et nouveaux métiers de Zully

Tout au début de la pandémie, des gens ont dit « c’est une leçon, on doit changer notre mode de vie », d’autres ont dit « c’est un complot, on veut nous contrôler ». Je ne sais qui a raison, mais j’ai été témoin de personnes qui n’arrivaient pas à se débrouiller et cela m’a permis de développer certaines aptitudes.

Nouveaux métiers. De façon générale, j’aime faire beaucoup de choses. En l’occurrence, j’ai proposé mon aide et suis devenue : décrocheuse de rideaux très compliqués, teinturière de cheveux (je sais, le terme n’existe pas, mais si je mets coiffeuse, le compte n’y est pas), coupeuse de cheveux pour dame et pour homme, barbière aussi, de même que régleuse de programmes de TV alors que je n’ai plus de TV et que le système a changé depuis 20 ans…, et dernier en date, régleuse du téléphone sans fil. Pour ces métiers, j’ai eu recours à diverses informations dont celles sur la Toile. Se couper soi-même les cheveux, c’est une chose, les couper, bien les couper à quelqu’un d’autre, c’est différent. Quant au dernier métier, celui de régleuse de téléphone sans fil, il m’a coûté des sueurs, car si le téléphone ne fonctionnait pas, ce n’était visiblement pas une question de batterie. En plus, je voyais ses propriétaires inquiets, se demandant comment ils allaient faire et moi je me disais que ce devait être simple à régler à condition de connaître la logique de celui qui avait conçu l’appareil.

La logique des uns et des autres. Il est évident que celui qui fabrique un appareil, le fait de façon logique et que lorsqu’il le vend, il y a un mode d’emploi logique. Mais, bien des gens savent que les modes d’emploi, souvent des traductions, ne sont pas clairs. Cette fois-ci, j’ai finalement aperçu une clochette (on ne doit pas écrire une petite clochette, mais elle était vraiment petite… même très très petite) barrée sur l’écran. Là, je me suis dit que le contructeur et moi avions la même logique). Je me suis dit que ce devait être la sonnerie qui avait été coupée par on ne sait quelle manoeuvre. Mais, allez trouver le même signe dans le mode d’emploi ! Rien, rien de rien. Le cas n’a visiblement pas été prévu. Finalement, en pressant ici et là, j’ai retrouvé la sonnerie (sans le dessin de la fameuse clochette dans le menu !). Quel soulagement pour les propriétaires et surtout pour moi, car je sais que j’ai rendu service et, surtout, acquis de nouvelles compétences !

Une année plus tard. Je rends service à une voisine qui dit que j’ai l’âme du bricoleur. Je ne l’avais pas remarqué et reste un peu dans une interrogation. Voici que les personnes que j’aide et qui me font découvrir de nouveaux métiers ont un problème avec les lumières de leur cuisinière. Je n’y connais rien, mais je vois se dérouler une sorte de mode d’emploi dans ma tête grâce aux mots de ma voisine et il me dit que ceux qui ont installé le système ont pensé que les utilisateurs seraient des gens simples et que, par conséquent, je dois pouvoir ouvrir la vitre qui protège les ampoules. J’ai pris du temps et poussé à droite, à gauche et encore une fois à droite et à nouveau à droite, poussée par je ne sais quel instinct et finalement, j’ai réussi. Le système était bloqué à cet endroit-là. Ce qui compte le plus c’est le soulagement dans les yeux du locataire de l’appartement ! J’ai un nouveau métier et ce n’est pas fini.

Non, ce n’est pas fini. Je rentre chez moi et entends mon téléphone fixe qui sonne. Ce téléphone, je l’ai uniquement pour les réclames et inscriptions sur des plateformes. Je ne le décroche pratiquement jamais. Il a d’ailleurs une sonnerie qui doit déranger la voisine d’en bas. Forte de tous ces remerciements et de la remarque de ma voisine, je m’essaie une fois de plus avec ce téléphone pour lui faire baisser le son. Dans les réglages normaux ou avancés il n’y a rien. Je ne sais plus quelle rubrique j’ai pressée, je crois bien « sonnerie » et après l’avoir changée, je me dis que j’aurais au moins réussi cela, est apparu… devinez.. le volume ! Non, mais des fois (comme oon dit en bon neuchâtelois) ! Je vous le dis, la logique des uns n’est pas celle des autres. Cela ne fait rien, j’ai réussi (cela faisait quand même quelques années que la sonnerie me tapait sur le système). J’espère que cela me servira à quelque chose quand je serai au ciel même si Einstein dit qu’en dehors de notre planète le temps et l’espace se déforment. Mais, bon, il n’a pas parlé des sonneries, je verrai bien !

Tant qu’on vit… C’est vrai, tant qu’on vit on a de nouvelles expériences. Voici le dernier de mes derniers métiers : réparatrice de guirlande de Noël ! Je sais, on est en plein été et voici que la guirlande que j’ai offerte au couple de personnes que j’aide depuis quelques années (c’est fou ce que le temps passe !) a éteint ses lumières. C’était déjà arrivé au début du printemps lorsque le monsieur, désirant couper les plantes de son bac a malencontreusement coupé le fil de la guirlande. C’est Roger Peeters, un horloger en devenir et protagoniste de quelques unes de mes aventures dans ce monde, qui m’a dit comment faire. J’ai finalement réussi. Il y a quelques jours, le monsieur déplace les lumières et, hop, les lumières n’ont pas aimé. J’ai dû faire bien des essais parce que le système d’allumage est compliqué et qu’on ne sait si c’est allumé ou pas ni si les variantes de jeu de lumières fonctionne ou pas. Mais, j’ai réuissi là aussi. Cela me fait d’autant plus plaisir que j’aime l’électricité. J’aime ce phénomène que l’on voit mais que l’on ne peut toucher.

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