Moi, la fleur, je vois Zully descendre la rue où le destin m’a mise à terre. Quelle chance ! Elle me voit. J’ai entendu dire que Zully ramasse les fleurs qu’elle trouve par terre. Je me dis que mon destin ne va pas me faire finir n’importe comment, et j’ai eu raison !
Zully me prend, me dit de gentils mots etme dit qu’elle va prendre soin de moi. Elle m’amène à son studio de danse, où elle allait faire ses exercices et répétitions, me met tout de suite dans un verre avec de l’eau et me fait baigner dans de la belle musique dont celle jouée par Gilles Rémy and his Jazz Band. Elle doit l’écouter souvent, car elle connaît les paroles, surtout celles de « Roses de Picardie ».
L’atmosphère est plaisante dans son studio, c’est calme et on est dans un tout autre monde. Tout à coup, elle fait des danses qu’elle prévoit pour un spectacle et je comprends pourquoi elle connaît si bien les paroles de la chanson dont je parle plus haut. Elle fait partie du spectacle.
Le temps passe et elle décide de rentrer. Elle m’enlève du verre, sent mon désarroi parce que ma tige reste en l’air tout sec, réfléchit et décide de me prendre avec le verre. Ouf ! Je suis soulagée.
Dans son bureau, dans sa bibliothèque. Elle me prend en photo et me pose sur un rayon de sa bibliothèque qu’elle vient de nettoyer, d’arranger une nouvelle fois. J’ai vraiment de la chance !
Ma couleur. Oui, je voulais encore dire que ma couleur se mariait bien avec celle des habits que Zully porte aujourd’hui. Nous étions vraiment faites pour nous rencontrer !
Après une nuit de sommeil bien pleine, je me réveille avec le chant des canaris de Zully. Je reviens sur mon sommeil. J’ai pu discuter avec les livres, meubles, décors et les mille et une choses qu’elle a chez elle. J’ai pu aussi entrer dans son ordinateur et lire tout ce qu’elle a écrit. Je peux affirmer que je pars de l’autre côté du miroir avec une culture bien supérieure à celle que j’avais jusqu’ici.
Résultat. Si vous regardez attentivement ma première photo, j’ai un pétale qui se dresse comme une antenne et si vous regardez la photo prise aujourd’hui, tous mes pétales reposent délicieusement sur l’eau. Effectivement, je n’ai plus de tensions et je suis dans une détente qui présage de ce qui m’attend de l’autre côté et tout cela sur le fond du chant des canaris de Zully, car elle m’a installée à côté de leur volière !
Quelle aventure ! Je me réjouis de voir ce que demain va m’apporter. En attendant, je vais dormir. Dans mon rêve, je vais aller dans l’ordinateur de Zully pour choisir les articles qui vont figurer en bas. Dans la catégorie « Mes histoires » elle en a déjà un paquet, mais, je vais faire un tri et demain elle aura les idées claires pour les mettre. Comme vous voyez, le sommeil n’est pas synonyme de repos.
MonsieurCharles Frésard. Les histoires de Zully se lient les unes les autres… « juste comme ça ». Elle va chez monsieur Frésard, l’ancien comptable de monsieur Froidevaux, pour lui montrer comment il pourrait connecter un ordinateur s’il en achetait un et pour lui montrer mon histoire. Quand elle arrive à la photo du zeppelin, elle demande à monsieur Frésard s’il a vu l’aéronef et effectivement, il l’a vu en 1936. C’est fabuleux d’imaginer que le petit André Oppel, le petit Charles Frésard et le jeune René Froidevaux, qui plus tard allaient travailler ensemble, étaient déjà unis par un même événement ! Tout cela, Zully le sait maintenant, grâce à moi. Je suis ravie de lui avoir rendu service. Je quitte ce monde avec plein d’histoires inhabituelles !
Bern. Es ist eine Stadt, die mich mit Freude erfüllt wenn ich da bin. Ich spaziere gern dort. Ausserdem ist es die Stadt wo A. Einstein lebte und, die ihm die nötige Ruhe gab um in Zusammenarbeit mit seiner Frau Milena seine berühmten Gleichungen zu Papier zu bringen !
Kirche des heiligen Geistes. Letzten Freitag verlasse ich den Bahnhof, betrete die Hauptstrasse und sehe die Türe der Kirche geöffnet. Ich war nie drinnen. Die Neugiriegkein siegt und ich sehe Leute, die gesessen sind und ein Mann der ein Papier verteilt. Ich fühle dass etwas geht um und entscheidet mich zusetzen. Das Gewölbe des Kirchenschiffs zieht mich an. Ich finde es sehr schön und mache ein Foto. Ich denke, dass ich es in meinen Knochenkursen benützen verwerden wird. Es ist eine wunderbare Struktur. Ich erfahre, dass die Kirche aus dem Jahre 1729 stammt. Ich mag den Barok und diese Kirche macht mich satt.
Orgelkonzert. Ich habe Glück, es ist eines der Konzerte, die im Rahmen der Veranstaltungen zum 40-jährigen Jubiläum der Orgel organisiert sind. Das Konzert dauert 30 Minuten und wir hören drei Fantasien des Komponisten Krebs, gespielt von einem Konstanzer Organist, Herrn Johannes Bleicher. Musik durchdrignt mein ganzes Wesen. Wir merken es nicht immer, aber alles, was uns umgibt und unsere Sinne berührt, schwingt in uns mit.
Ausstellung. Nachher, der Mann, der die Papiere verteilt hat, das heisst, der Organist der Kirche, Herrn Marc Fitze, der Öffentlichkeit die Funktionsweise einer Orgel erklären wird und dass er auch der Maler der Gemälde, die in die Seitenschiffen ausgestellt sind, und deren Thema die Orgel ist.
Gemälde. Alles ist klar, man braucht keine Erklärungen. Aber in den Bildern sieht man Poesie ; man fülhlt den Wind, die Luft. Man sieht Formen, Leuchter, Schiffe. Man könnte sogar sie verwenden, um Geschichte zu erzählen.
Meine Foto. Die Gemälde sind unter reflektierenden Glas gerahmt und man kann manchmal die Spiegelung der Fenster auf der anderen Seite sehen. Ich weiss nicht, was der Maler davon hält, aber es macht manchmal einen glücklichen Effekt.
Position der Organe in den Gemälden. Ich fragte den Maler warum die Orgel « gekippt » seien. Er erklärte, dass ihn die Leute manchmal kritisierten, aber eine gerade Orgel zu malen sei « langweilig ». Mehr brauchte er nicht sagen, den das ist « le charme » seiner Bilder. Ich wollte nur eine Bestätigun hören. Ich wurde bedient !
Es ist ein Festival, ein Feuerwerk ! Man gratuliert den Organisatoren der Ausstellung und natürlich dem Maler zu diesen ausgestellten Träumen.
Klammer. Herr Wälti hat viel über den Bau einer Orgel und die gewünschten Effekte erzählt. Obwohl die Geschichte auf Schweizerdeutsch war, konnte ich mitverfolgen und mir sagen, dass in den Rohren und und Luftdrücken viel Physik steckt. Aber es waren seine Hände, die meine Aufmerksamkeit erregten. Freundlicherweise posierte er für mich. Was für ein Glück !
Und wir enden mit einem anderen Gemälde mit einer Orgel, die uns einlädt, als ob sie ein Schiff wäre, darauf zu klettern und in eine traumhafte Welt einzutauchen.
Am überraschendsten. Ich lebe eine Zeit meines Lebens, in der viele scheibar unzusammenhängende Dinge zusammen kommen, um ein Ganzes zu ergeben oder mir Antworten geben. Ich verstand nicht, warum mich das Schicksal in diese Ausstellung gedrängt hatte. Ich erinnerte mich, dass ich « Rumänien » hörte aber hatte nicht wirklich verstanden. Ich kehre nach Bern zurück, schaue die Ausstellung noch einmal und verstehe, dass der Orgelbau in Rumänien war und, dass von den zwölf bemalten Orgeln, die Hälfte (Fotos 1, 2, 4 und 6, das letzte ist nicht gezeigt) aus Rumänien sind ! Rumänien erinnert sich an mein Gedächtnis und ich erinnere mich an das erste Mal, als ich in der Kirchen betrat, deren Orgel von Herrn Wälti reproduziert ist. Ich atme als auch diese Austellung ein Teil meines Geschichtes ist ! Rumänien ist meine Ausbildung im klassischen Ballett und viele Dinge, die mich aufgebaut haben.
J’ai, depuis quelque temps, l’impression que ce n’est qu’aujourd’hui que je comprends ceci ou cela. Ce « aujourd’hui », il faut le préciser, se promène avec les dates du calendrier qui avance. C’est ainsi que ce jour a son moment de lumière et que celui d’hier en a eu un autre et que celui d’il y a un mois en a eu un autre et qu’à chaque fois je me dis que c’est celui du jour qui prime ! C’est comme si c’était à chaque fois une nouvelle vie. C’est fascinant.
Je fais de l’ordre dans mes affaires. Mes affaires… j’en ai tellement… j’ai fait différents métiers et tous à fond et je pourrais les reprendre tous sans hésiter et à nouveau changer pour un autre sans m’interroger car, je m’en rends compte aussi, ils se retrouvent tous les uns dans les autres sous différents aspects. Alors, j’ai beaucoup de choses à ranger, régler, réparer, revisiter.
Danse. C’est le titre que j’ai donné à un texte que je viens de retrouver que j’avais mis dans une vitrine de ma banque, bon « ma » n’est qu’une façon de s’exprimer, vous le savez, donc, du temps où « ma » banque exposait des travaux d’artistes. Ce jour-là, je dois m’être dit que j’avais compris ce qu’était le travail du maître de danse, car aujourd’hui, je m’exprimerais à peu de chose près de la même façon.
Pouvoir guider, pouvoir ouvrir des voies. Enseigner c’est cela, rendre service c’est cela. Quand je vois le résultat chez les personnes avec lesquelles j’ai traité, c’est un immense plaisir, car à mon tour, si je sais des choses, si je peux transmettre c’est parce que d’autres ont pris la peine de prendre soin de moi. Je saisis l’occasion pour les remercier tous en même temps.
Alors « ma » banque. Je la remercie de m’avoir offert la possibilité d’exposer, à plusieurs reprises, dans ses locaux.
Liens vers d’autres article liés à « ma » banque :
Je suis toujours émerveillée de voir comment les choses se lient les unes les autres dans ma vie. Toute vie a une trame, mais j’ai l’impression que la mienne prend une réalité à plusieurs dimensions, et que les événements qui viennent la mettre en relief lui donnent un aspect visible, presque tactile.
Ma rencontre avec Martial. C’est le hasard qui a voulu que je fasse sa connaissance. Il faisait partie du groupe d’artistes plasticiens chargé de peindre la rue des Chavannes. J’ai proposé ma collaboration et elle a été acceptée.
Martial expose à la galerie. Hunkeler est son nom de famille et Sial son pseudonyme. Les choses étant claires, on remarque que chez lui aussi le hasard fait bien des choses. Il rencontre un ancien copain d’école dans une gare, puis au tour du canton et ensuite dans des galeries d’art et voilà que le lien écolier devient amical et que la collaboration s’installe tout naturellement. C’est ainsi que Philippe Du Pasquier, le nouveau galeriste de la Galerie 2016 d’Hauterive (NE) a proposé à Martial les dates 21 août – 19 septembre de l’année courante pour qu’il expose ses oeuvres dans la galerie. Martial me dit : « Le genre d’oeuvres que je fais actuellement : tableaux, sculptures, sculptures murales (elles ne peuvent que s’accrocher, tels des tableaux) tout s’est parfaitement encadré. Les volumes de la galerie, son illumination, l’emplacement, tout était parfait. Bien sûr, le savoir-faire de Philippe a été primordial ; c’est un tout ».
La Galerie 2016 et son attitude en pleine pandémie. En cette période où les entreprises, les commerces et autres acteurs économiques courent après la rentabilité et suppriment des emplois, il faut célébrer la politique de la galerie qui ouvre ses portes à un artiste qui se construit une carrière. En effet, ouverture d’esprit, qualité et rentabilité peuvent faire bon ménage.
Style de Martial. Disons d’emblée que les créations de Martial sont abstraites. En ce qui concerne ses scupltures, il parle de squelette, de structure et de chair suggérée, du rôle de l’imagination à jouer avec les formes de ses oeuvres. Je me dis, en l’entendant me raconter comment son exposition a pris forme, que c’est comme s’il décrivait l’une de ses propres sculptures : les formes, les matériaux, les espaces, la consistance, les rencontres se sont unis pour donner naissance à cette exposition.
Flow W. C’est le nom de l’oeuvre et l’une des dernières créées. C’est aussi celle qui a attiré mon attention. Je la trouve légère, agréable à voir, reposante. L’imagination peut très bien jouer avec elle. On peut l’imaginer volant dans l’espace, un espace indéfini, s’agrandissant, revenant à sa forme, se rapetissant mais gardant toujours sa structure. Que dire d’autre sinon que c’est plaisant. De plus, elle m’inspire. Suite au prochain paragraphe !
Atelier du mouvement pour le corps et l’esprit. Je donne cet atelier dans le cadre de formations continues et me dis que ce tableau irait bien dans mon cours, car justement l’imagination et la vie de chacun peut y trouver sa place. il y a bien des façons d’entrer dans l’oeuvre ou d’interpréter ne serait-ce que le passage d’une couleur à l’autre ; l’oeuvre étant ajourée, on peut jouer avec les jours (rappel pour ceux qui comme moi l’avons oublié : le substantif du verbe ajourer – percé d’ouvertures, de jours – est justement « le jour ». C’est tellement joli… je me dis que se réveiller le matin c’est « voir le jour », c’est avoir une nouvelle ouverture… fascinant !) qui peuvent nous conduire à d’autres dimensions.
Article dans le Bulletin des Communes– dont le nom abrégé est Bulcom (journal régional). La journaliste Céline Smith consacre une page entière à l’exposition. Joli exploit pour Martial ! Voici un de ses commentaires : « Ainsi, ses dessins au crayon métallique semblent littéralement être en relief, et, à suivre la ligne, on se perd dans le trait, on est happé, hypnotisé par le motif qui tourne sur lui-même… Spirale du temps, enchaînement des mouvements, allégorie de la vie, ici encore ».
Le nom des oeuvres de Martial dans cette exposition sont en anglais, mais lorsqu’on va dans son atelier, il y en a aussi en français. Quelle importance ? direz-vous. Je tiens à la langue du pays où l’on vit, mais, il est vrai que l’on peut avoir des résonances avec certains sons ou concepts exprimés dans une autre langue et cela ne s’explique pas. Je fonds lorsque j’entends le russe… alors… Martial me dit que les titres de ses oeuvres lui viennent tout seuls.
Une surprise. Une fois de plus, le hasard, cet ami qui existe sans exister, vient à ma rencontre. Je demande à Philippe si les livres que je vois dans son atelier sont tous liés aux expositions de la galerie. Il répond affirmativement et m’en montre quelques uns. L’un d’entre eux n’a pas le nom de l’artiste. Il trouve cela curieux, car effectivement il n’y a pas de nom, nulle part. Je lui dis que je possède un exemplaire avec la référence Je rentre chez moi et trouve :
Jean-Claude Viellefond et Eva Montgomery. Eva est la femme de Jean-Claude. Nous nous sommes connues à l’époque où nous travaillions à Genève, elle à l’AELE et moi au BIT. Ensuite elle a travaillé à Lausanne où j’allais les mercredis à la séance de rédaction de L’Hebdo, revue pour laquelle je tenais la rubrique des conférences. D’ailleurs c’est moi qui y ai mentionné pour la première fois, hors du canton, les conférences de Frédéric Maire sur le cinéma. Eva et Jean-Claude sont venus chez moi. Jean-Claude a regardé les peintures que je faisais à cette période-là et m’a donné un conseil qui est devenu une partie de moi-même. Je l’applique surtout dans les maquillages fantaisie que je fais. Lorsque je revisite les photos que j’ai prises de mes maquillages, je croise celles que j’ai faites à Eva et une nostalgie m’envahit. Dernièrement, je me suis dit que la nostalgie ne servait à rien, que j’allais appeler Eva, et ai prié pour qu’elle ait conservé un numéro fixe de téléphone. C’est le cas, mais je n’ai pas obtenu de réponse. Pour en revenir au fameux hasard, Philippe pourra compléter ses archives !
Autre pan de mon histoire. Je dis à Philippe Du Pasquier que j’ai connu Alain Petitpierre, le cofondateur de la galerie ; il a été mon professeur de français à l’école. Il me semble le revoir, avec sa tête bien posée sur ses épaules, sa moustache et debout, à côté de sa table. J’aimais bien sa voix, son rire. Il est toujours de ce monde et je voudrais bien le revoir pour le remercier. Il était exigeant en matière de langue.
Moins de dix joura près. Finalement, j’ai retrouvé, en partie grâce à Philippe, mon cher professeur ! Il a la même tête,le même sourire, le même regard. Je le dis souvent, le temps n’existe pas toujours comme on le pense. Et surtout, il se dégage de mon professeur une telle bonté qu’on ne peut que lui répondre de la même façon. C’est magnifique !
Une réponse. J’avais reçu une remarque de la part de mon cher professeur, Alain Petitpierre, au sujet du choix d’un auteur dont j’avais étudié un poème. En bref, il n’avait pas approuvé mon choix et je n’ai pas compris pourquoi. Je lui rappelle l’histoire maintenant et il m’explique l’affaire alors qu’il m’invite sur une terrasse à boire un chocolat chaud. Pour le lecteur, cela n’a pas d’importance ni de qui il s’agit ni du pourquoi. Ce qui est fabuleux c’est que mon professeur m’a apporté la réponse à une question qui date de… quelques années et cela n’a pas de prix ! Toute question qui reste sans solution tourne en nous d’une façon ou d’une autre. Eh bien ! Cette insatisfaction a fait place à de la compréhension, à du plaisir et à une immense reconnaissance pour mon professeur.
Je reprends l’exposition. Voici la présentation qu’en fait Philippe sur la plateforme de la galerie.
Très belles photos de Reto Duriet.
C’est une très jolie composition, pleine de légèreté, de couleurs qui donne une idée des oeuvres de Martial. En regardant celles qui sont exposées, je me dis qu’elles peuvent très bien figurer dans toute sorte de lieux, des salons, des salles d’attente, tellement elles sont agréables à l’oeil en plus d’inviter l’imagination du spectateur à jouer avec les formes. Je l’ai dit plus haut, je pourrais même en utiliser pour mes cours.
Échantillon de visiteurs.
Le public. Les photos ne sont pas toutes claires. Je vous prie d’excuser la qualité, je suppose que c’est sur le coup de l’émotion que j’ai bougé mon appareil. Quoi qu’il en soit, on le voit, le public a réellement investi la galerie et ils ont tous l’air content, même « le studieux », celui qui est concentré sur la liste des oeuvres et des prix, lesquels, il n’est pas inutile de préciser, sont bien plus que modérés. Le plus jeune spectateur, tout en haut à gauche, mange littéralement la liste ! J’ai demandé si c’était sa première exposition, or non, elles se comptent par dizaines. Il sera un connoisseur (le dictionnaire de l’Académie française a accepté le mot ainsi orthographié jusque dans ses 4e et 5e éditions, soit au xviiie (*) siècle, siècle du baroque que j’aime tant ; ce n’est pas étonnant que ce soit cette orthographe qui soit venue automatiquement sous mes doigts.) !
Repas. Comme il se doit, un repas suit le vernissage. J’ai été l’une des heureuses invitées. Cela faisait un bail que je n’étais plus allée au restaurant et, de plus, je n’étais jamais allée au Silex qui est au bord du lac, près du Laténium. On a eu droit à un magnifique repas accompagné par une lune que le soleil a richement coloriée. Pas besoin d’en dire plus, on admire.
Du poisson pour ceux qui en mangent, un café gourmand – absolument gourmand ! – et une mousse caramel au beurre salé comme desserts. J’avais tellement faim que je n’ai pas pris le temps de photographier mon joli plat de quinoa aux fruits confits. Cela a été un festin !
Note (*) : on le sait, les siècles s’écrivent avec des petites capitales, mais malheureusement ma plateforme n’en a pas. Cela ne constitue toutefois pas une raison suffisante pour que j’utilise des capitales. Le lecteur composera avec mes prétentions.
Berne. C’est une ville qui me remplit toujours de joie lorsque je la vois. J’aime m’y promener. En plus, c’est la ville où A. Einstein a vécu et qui lui a donné la tranquillité d’esprit nécessaire pour qu’il mette, en collaboration avec sa femme Mileva, ses fameuses équations sur le papier.
Église du Saint-Esprit. Voilà que vendredi dernier, je sors de la gare, entre dans la rue principale et vois les portes de l’église ouvertes. Je n’y suis jamais entrée. La curiosité l’emporte et je vois des gens assis, ainsi qu’un monsieur qui distribue des papillons. Je me dis que quelque chose se prépare et décide de m’asseoir. Je suis attirée par la voûte de la nef que je trouve très belle. Je la prends en photo et me dis que je vais l’utiliser dans mes cours sur les os, c’est une magnifique structure. J’apprends que l’église date de 1729. J’aime le baroque et cette voûte me comble.
Concert d’orgue. Je suis bien tombée, c’est l’un des concerts prévus dans le cadre des événements organisés pour fêter les 40 ans de l’orgue. Le concert dure 30 minutes et on entend trois fantaisies du compositeur Krebs jouées par un organiste de Constance, M. Stefan Johannes Bleicher. La musique pénètre tout mon être. On ne se rend pas toujours compte, mais tout ce qui nous entoure et touche nos sens résonne en nous.
Exposition. Ensuite, le monsieur qui a distribué les papillons, soit l’organiste de l’église, M. Marc Fitze, annonce qu’un facteur d’orgues, M. Thomas Wälti, va expliquer au public comment fonctionne un orgue et qu’il est aussi l’auteur des peintures exposées dans les nefs latérales et dont le thème est l’orgue.
Tableaux. Il n’y a pas besoin de donner des explications. Le sujet est clair, mais dans ces tableaux y a de la poésie, du rêve, on sent le vent, l’air, l’envol : on voit des formes, des chandeliers, des navires. On pense même à les utiliser pour raconter des histoires.
Mes photos. Les peintures sont encadrées sous verre réfléchissant et on voit parfois le reflet des fenêtres de l’autre côté. Je ne sais pas ce qu’en pense le peintre, mais cela ajoute un effet parfois heureux.
Position des orgues dans les tableaux. J’ai demandé au peintre pourquoi les orgues « penchaient ». Il a dit que parfois les gens le critiquaient pour cela mais que de peindre un orgue tout droit était « langweilig », ennuyeux. Il n’a pas eu besoin de m’en dire plus, car justement c’est le charme de ses tableaux. Je voulais une confirmation. J’ai été servie !
C’est un festival, un feu d’artifice ! On félicite ceux qui ont organisé l’exposition et, naturellement, le peintre pour ces rêves exposés.
Parenthèse. M. Wälti a raconté bien des choses sur la construction d’un orgue et des effets recherchés. Bien que le récit ait été fait en suisse-allemand, j’ai pu suivre et me dire qu’il y avait beaucoup de physique dans les tuyaux et pressions d’air. Mais, ce sont ses mains qui ont attiré mon attention. Il a aimablement posé pour moi. Quelle chance !
Et on finit avec un autre tableau avec un orgue qui nous invite à monter sur lui, tel un navire, et à partir dans un monde onirique.
Le plus surprenant. Je vis une période de ma vie où bien des choses, en apparence sans lien, s’unissent pour faire un tout ou m’apporter des réponses. Je n’ai pas compris pourquoi le destin m’avait poussée dans cette exposition. J’avais le souvenir d’avoir entendu le mot « Roumanie », mais n’avais pas vraiment compris. Je retourne à Berne et là, je comprends que le facteur d’orgues a été en Roumanie et qu’il y a, sur les douze « orgues » peints, la moitié se trouve en Roumanie (ce sont les photos 1, 2, 4, et 6, l’autre ne figure pas) ! Voilà que la Roumanie se rappelle à ma mémoire et je me rappelle de la première fois où je suis entrée dans l’une des églises dont l’orgue est reproduit par M. Wälti. Là, je respire parce que cette exposition fait partie d’un pan de mon histoire ! La Roumanie c’est ma formation en danse classique et bien des choses qui m’ont construite.
Je rentre après avoir donné mon dernier spectacle intimiste de danse et je vois deux jolies jambes… Ni une ni deux, je demande si je peux les photographier et la jeune fille accepte. Sa copine participe aux poses et finalement, je les prends toutes les deux. Malheureusement, elles avaient rendez-vous et ont dû partir. Mais, elles ont ma carte et on devrait se revoir. Je me réjouis, car le courant était passé.
Arrivée à la maison, je prends mes photos et m’aperçois que je me suis focalisée sur les jambes et que le sol est… plein de taches, de chiclets, de cigarettes, bref, il dépare avec les jolies jambes. J’ai dû faire un montage. Voici ce que cela donne.
Deux genres bien différents et pourtant ils vont bien ensemble !
La photo et le français. Ce qui est passionnant dans ma vie c’est que les domaines qui m’intéressent se recoupent. Dans le cas présent, je vérifie l’orthographe du mot « chiclet, chiclette » et vois que le mot existe en Belgique et en Suisse, mais pas en France. En France, on accepte « chewing-gum ». Je me dis que c’est un mot plus américain que français. En France, toujours, on accepte « gomme à mâcher parfumée », je trouve l’expression tellement jolie que je ne peux l’associer aux vilaines taches qu’on trouve par terre. Ce produit qui dessert la digestion n’est pas coupable de se trouver par terre, se sont les « mâcheurs » qui jettent la chose après usage sans aucune élégance !
Pandémie et fortes pluies. Je reprends mes courses au bord du lac après un relâchement des normes sanitaires et les pluies diluviennes qui ont rendu le bain au lac périlleux.
De prime à bord, je ne vois pas grand différence sinon que le niveau du lac est comme il y a quelques années, assez haut.
La puissance du lac. Je fais comme d’habitude et à un moment donné, je m’éloigne de la rive et là, j’ai une sensation étonnante, je sens la puissance de l’eau, la puissance de l’eau dont le volume a réellement augmenté et qui agit sur moi. Je me dépêche de retourner au bord. Mais, cette puissance continue de m’habiter, même maintenant que j’écris. Je n’avais jamais senti vivre en moi une puissance, c’est chose faite maintenant.
J’avais un sac Ikea pour mettre des graminées qui poussent au bord du lac et qui plaisent tellement à mes canaris. Entre temps, je rencontre Thomas Pohl, un musicien de rue allemand que je n’ai vu depuis longemps. On parle de cette période de pandémie et de tout ce que cela implique dans nos vies. On se donne rendez-vous pour plus tard. Puis je rencontre une jeune maman avec un magnifique bébé qui se trouve sous une tante miniature, je félicite bébé et maman et m’en vais cueillir des graminées plus loin.
Plus de clefs ! En arrivant à la maison… pas de clefs. Me vient une image de sac Ikea ouvert au moment où j’ai voulu y introduire les graminées… Je retourne sur place… rien. Je me dis que je les ai peut-être perdues lorsque j’ai pris mon bain plus loin.
Ma pensée. Je ne cesse de me dire que j’avais fait tout le chemin en pensant à ma pensée, au rôle qu’elle a, à la façon dont je peux l’utiliser et voilà qu’à un moment qui a dû m’échapper la pensée m’a échappé – on le sait la pensée est quasiment instantannée – et les clefs avec. Je me dis que je vais les retrouver. Je ne cesse de me dire que j’ai pensé à ma pensée et que je ne mérite pas un désagrément !
Bébé et sa lolette. Je recroise maman et bébé que papa a rejoint. Je raconte que j’ai perdu mes clefs, je regarde par terre et vois une jolie lolette. Je leur demande si c’est celle de bébé. Effectivement, tout le monde cherchait la fameuse lolette. Je la donne et dis à bébé : tu diras, quand tu seras grand que c’est Zully qui a trouvé ta lolette. Bébé rit de tout son corps. C’est joli à voir. Juste avant de continuer mon chemin je dis :
J’espère que je n’ai pas fait tout ce chemin uniquement pour trouver la lolette de bébé !
Tout le monde rit.
C’est en vain que je cherche mes clefs. Je rebrousse chemin et recroise pour la troisième fois bébé et sa famille. Bébé suce sa lolette tout content et je dis : pas de clefs, mais si bébé est content…
De l’aide providentielle. En arrivant à l’endroit où j’avais cru avoir perdu mes clefs, je vois trois dames dont l’une avec une robe à dessins. Je la regarde, elle parle.. Je me dis que je vais leur demander de l’aide. On est juste avant un passage de tram et les barrières vont descendre. Je me dis que si les dames passent avant, pour mes clefs c’est cuit, mais j’ai de la chance, elles s’arrêtent. Je leur demande si elles ont un oeil différent du mien pour m’aider à retrouver mes clefs perdues à tel endroit. Deux dames et moi cherchons à l’endroit où j’avais cherché en vain et la troisième, celle avec la robe à dessins, va un peu plus loin. Tout à coup elle dit : « Ce sont ces clefs ? »
Où chercher. La dame qui a trouvé les clefs dit qu’elle connaît l’histoire d’une dame qui cherche ses clefs. On lui demande si elle est sûre de les avoir perdues là et elle répond que non mais que là il y a de la lumière. Je connais une autre version mais je ne me la rappelle pas très bien. Je cherche sur la Toile et tombe sur une autre version encore mais qui explique le pourquoi du comment. Je fais les démarches nécessaire pour entrer en contact avec l’auteur et voir comment je peux le citer.
Trousseau de clefs. Mes clefs ne sont pas en or, mais elles me sont précieuses et c’est pour cela que j’ai composé cette image. Parmi les clefs de ma vie actuelle, il y a aussi des clefs du temps de feu mon ami ou même des clefs actuelles mais qu’il avait utilisées. Irremplaçables !
Fin de l’histoire : j’ai bel et bien fait tout ce chemin pour retrouver la lolette de bébé !
Je n’avais pas l’intention d’avoir une catégorie d’articles sur la santé, mais ce sont les circonstances qui commandent. Ces derniers temps, bien des personnes en ayant besoin ont croisé mon chemin.
Je n’ai rien inventé dans ce domaine. Ce que je transmets c’est le savoir d’un monsieur, monsieur Fr. Marti, qui était un sachant en matière de santé. Je lui dois bien des solutions naturelles pour divers problèmes et lui suis très reconnaissante.
En ce qui concerne les clous de girofle, il les recommandait pour :
améliorer la circulation ;
faire disparaître le diabète à ses débuts ;
enlever les varices ;
dégonfler les jambes ;
faire baisser le cholestérol LDL.
Voici la recette de la macération :
le matin, mettre 5 clous de girofle dans un petit verre d’eau (grandeur du verre à cognac – le mien a 5 cm de diamètre et je le remplis à une hauteur de 2 cm) ;
les laisser macérer 24 h ;
le lendemain, boire l’eau sans les clous (à jeun si possible) ;
recommencer avec des nouveaux clous.
Si on désire l’utiliser en même temps comme antibiotique pour les dents, laisser l’eau ou la promener dans la bouche pendant quelques minutes – le temps de faire autre chose – et ensuite l’avaler. On a l’impression qu’on a été anesthésié, on a des picotements dans la bouche et de plus, la macération entre dans le corps par les canaux qu’on a dans la bouche.
Une de mes amies, Mado. Très récemment, en discutant des clous de girofle, Mado me dit que sa maman lui mettait un clou de girofle dans la bouche lorsqu’elle avait mal aux dents.
Mon ami a vu disparaître un début de diabète après deux ou trois mois de clous de girofle !
En prendre pendant combien de temps ? Cela dépend de chacun. Parfois les résultats sont rapides. On prend la macération pendant trois semaines, un mois et on observe. Je la prends par périodes. On le sait, la vie prend parfois des chemins détournés et comme ces temps-ci, je rencontre bien des personnes qui en ont besoin, je me dis que le message est aussi pour moi et donc je recommence aujourd’hui.
Ceux qui s’intéressent à la santé pourraient lire :
Je pensais que la peinture était derrière moi et voilà que le destin m’offre de nouvelles occasions (on sait qu’on ne dit pas « opportunités » en français, c’est un anglicisme !). On peut néanmoins dire que l’occasion est venue à un moment opportun.
J’ai hésité à introduire cette dernière catégorie parce que j’avais déjà fait le montage des seize autres catégories et que cela m’obligeait à refaire des tableaux. Mais « contra la forza del destino » on ne peut rien ! Je vais reprendre certains des travaux que j’ai encore ou des photos et les introduire dans ma plateforme.
Julien Elzingre. En fait, lorsque j’ai fait la connaissance des trois artistes plasticiens auxquels je me suis jointe pour peindre la rue des Chavannes, Julien m’a demandé si j’avais une plateforme avec mes travaux. C’est comme cela que je me suis dit que j’allais mettre à jour mes activités artitiques.
Voici ce que j’ai fait en peinture :
décors en tissu pour le Bureau international du Travail (Genève). Exposés lors des conférences internationales annuelles 1986 – 2008 ;
décor du rideau de fond de la salle de spectacles du Bureau international du Travail (Genève) ;
écharpes pour homme et foulards pour dame en soie (cousus et peints) ;
t-shirts en coton avec un motif devant et le même ou une variante derrière ;
rue des Chavannes ;
tableaux.
Le destin. Je disais que le destin m’avait offert de nouvelles occasions. Cela s’est fait tout seul et quand les choses viennent, je prends et cela m’amène de jolies choses. Voici les deux événements en question :
Ils ont ma signature en bas, mais ici c’est invisible…
Les dimensions et quelques détails : Ils mesurent 2,5 cm X 18 cm et sont peints sur du carton noir. Il y a deux versions pour chacun : mat et brillant.
Participer une nouvelle fois à la peinture de la rue des Chavannes me fait revivre une ancienne vie et me fait vivre une nouvelle vie. Une fois de plus, la notion du temps se présente : passé et présent = un !
Mes articles sur le commerce au centre-ville ont, jusqu’ici, été liés à des commerçants. Cette fois-ci, c’est l’une des rues qui accueille des commerçants qui en est l’objet.
Un peu d’histoire d’abord. La rue des Chavannes est fort ancienne. Il semble qu’il y ait deux lectures possibles quant à l’origine de son nom :
lorsque l’on a construit la rue des Moulins et ses bâtiments, il a fallu des ouvriers qui se sont installés dans des sortes de cabanes ou baraques et l’endroit a pris le nom de vicus cabannarum (village de cabanes) ;
des granges, des écuries et autres bâtiments du même genre auraient eu la forme de cabanes.
Quoi qu’il en soit, au xive siècle, (voir note plus bas au sujet de l’écriture des siècles) c’est un quartier qui prend forme, les habitations deviennent mitoyennes de part et d’autre de la rue qui porte le nom des Chavannes depuis 1353.
Il faut encore imaginer qu’à l’époque, la ville était entourée d’une enceinte et qu’en haut de la rue il y avait une tour, dite la tour des Chavannes qui a vécu jusqu’en 1864.
Depuis que je suis à Neuchâtel, j’ai vu bien des magasins dans cette rue. Dans les années 1980, Anne Monnier, l’une de mes amies, avec un groupe de jeunes dont je faisais partie, a proposé de peindre la rue. J’ai une photo quelque part, mais n’arrive pas à mettre la main dessus pour le moment, de l’un des projets d’Anne avec moi en train de peindre un motif. (Voir plus bas !)
Cette rue m’est aussi chère parce que Pierre Schwaab, le grand complice d’Anne, et Laurent Perrenoud, le pianiste, habitaient en vis-à-vis dans la rue et avaient suspendu un fil pour se passer des messages. À l’époque, nous étions très liés et le groupe était venu prendre des cours de danse, le dimanche matin, dans ma Cave perdue, tout près du Château.
Actuellement, j’ai un faible pour le magasinAu Pêcheurqui se trouve dans cette rue et où j’ai trouvé un article qui me rend bien service. C’est le magasin de pêche le plus ancien de Suisse et son propriétaire, Denis Demange, est le digne successeur de son fondateur, M. Paul Savoie-Petitpierre. La date ? 1882 !
Il y a quelques jours, en descendant le long de cette rue, je vois un groupe de trois jeunes en train de peindre la rue. Je demande s’ils acceptent une volontaire. Ma demande s’est faite spontanément, réellement, je ne me suis pas posé de question, c’est parti tout seul, et la réponse a été « oui ». J’ai commencé le lendemain.
Le passé et le présent = 1. C’est curieux de revivre certaines situations bien que de façon très différente. Je n’ai pas l’impression de revivre un passé, simplement je sais que j’ai déjà vécu l’histoire, mais en même temps, je la vis comme si c’était la première fois. Cela est bien fascinant pour moi.
Je suis arrivée au moment où le groupe qui peint, soit Jean-Thomas Vannotti, Martial Hunkeler, Julien Elzingre, trois artistes plasticiens, allait rédiger le communiqué de presse et que écrire, composer fait partie de l’un de mes derniers métiers. L’utilisation des mots, leur sens, la structure de la langue, est une passion chez moi. Là aussi la chose s’est passée tout naturellement.
Dans le communiqué envoyé à la presse il est indiqué que « l’oeuvre représente une cascade de carrés qui ondule le long de la rue des Chavannes de façon aléatoire ». C’est vraiment le cas.
Avant d’aller plus loin : le titre de l’oeuvre est Memphis ; elle est un clin d’oeil au mouvement de concepteurs (en anglais « designers ») italiens des années 1980 qui se sert de la couleur comme d’un élément primordial ; Memphis est aussi un clin d’œil au constructivisme russe des années 1910 qui s’inspire souvent du carré.
Tout le monde sait ce qu’est un carré, avec ses quatre côtés égaux et ses quatre angles droits. Cette forme géométrique élémentaire représente l’ordre, la règle, le dépouillement, la stabilité. D’ailleurs le nombre 4 correspond à la structure. C’est intéressant, car on a tous besoin de structure.
La disposition des carrésdans la rue des Chavannes, si carrés soient-ils, mène le promeneur à la rêverie du fait de la composition du dessin ; les enfants, quant à eux, peuvent jouer avec les couleurs, aller d’un carré à l’autre, s’inventer des histoires, des jeux. D’ailleurs, dès qu’un bout de la rue a été rendu au public, les enfants ont tout de suite commencé à jouer. C’est tellement merveilleux, le monde des enfants. Ils ne se posent pas mille et une questions, ils vivent ce qui leur est proposé. Le philosophe ou le scientifique, quant à lui, pourra se dire que s’il entre dans le carré, il trouvera une forme, une matière, des pixels, des atomes et arrivera à une nouvelle dimension. Cela aussi est passionnant.
Et pourquoi le carré ? vous direz-vous. Parce que c’est une forme simple et que notre société tend à tout simplifier. On le constate partout. Mais, l’esprit de l’homme est riche et avec la simplification on peut créer une effervescence, une cascade, un cheminement qui nous mène à l’harmonie. En fait, toute règle, tout problème, une fois bien expliqué est simple.
Jusqu’ici c’était l’association des commerçants qui commanditait l’oeuvre, cette fois-ci, c’est la Ville qui a pris la relève. En cette période si hors du commun de notre histoire, la Ville comprend que les commerçants ne s’en sortent pas avec la pandémie et prévoient de lancer au mois d’août une grande campagne où les musées et les différentes associations de commerçants seront réunis. C’est beau de voir une politique prendre soin des siens.
Reprenons l’oeuvre. La composition, les carrés ne tombent pas tout seuls. Il y a tout un travail derrière ce qui nous est présenté.
J’aime la minutie. Je me dis que tout dans l’univers a un sens et que rien n’est de travers. Je ne comprends pas les gens qui font les choses « à peu près » et qui ajoutent « c’est pas grave ». Déjà, du point de vue de la langue ce n’est pas fameux ! Quant au contenu… c’est simple, il n’y en a pas. J’ai eu beaucoup de plaisir à donner une belle allure au carré. Quelqu’un m’a dit qu’il fallait beacoup de patience pour cela. Je ne sais que dire, la patience c’est justement quand on n’en a pas et qu’il faut recourir à la patience pour faire quelque chose. Dans le cas présent, je ne me pose même pas la question, je fais, je « suis » (du verbe « être ») la forme dont je prends soin. En fait, je prends soin de moi, les autres sont « moi ».
Tout demande du travail, une structure, un savoir.
Comme je le disais, il faut toute une structure pour tout.
De l’aide. Que c’est appréciable d’avoir de l’aide spontannée ! Comment dire la chose sans la dire… Les gens marchent, disons, sans trop regarder où ils marchent. Alors, on (« on » c’est la bande des trois peintres et moi) a mis des rubans de signalisation, mais d’autres gens, disons je ne sais quoi, les arrachent et il faut réparer. Anne-Claude est sortie de la boutique Calamity où elle travaille et Clémentine est sortie de sa boutique Alegria pour m’aider. Une autre commerçante, Laxmi, est aussi sortie de sa boutique Goa et a participé au déplacement des barrières, mais elle a été si rapide que je n’ai pas eu le temps de sortir mon appareil photo.
Javier et le ruban de signalisation. Comme dit plus haut, il y a des gens qui et des gens qui, pas besoin d’explications. Ce dimanche matin, en retournant au « chantier », les barrières étaient par terre et les rubans aussi. C’est normal, disent certains, car samedi soir… Pas besoin d’explications non plus. Bref, je vois un groupe de gens en début d’après-midi qui font des photos de la rue et un jeune homme a le ruban entre les mains. Ne comprenant pas ce qui se passe, je vais vers eux et le jeune homme m’explique qu’il monte la rue et profite pour monter aussi le ruban qui gisait par terre afin que les gens comprennent qu’il ne faut pas marcher sur la peinture. Je n’en reviens pas ! Je le félicite de penser aux autres, c’est si rare, et lui demande de poser pour moi afin de rendre ce moment plus long. Merci Javier !
Ruban de signalisation. Nous n’avons pas assez de ruban de signalisation et j’ai pris contact avec le service de la Voirie qui a délégué l’un de ses employés pour nous l’apporter. C’est tellement inattendu ! Je remercie le Service pour ce service qui nous rend bien service ! Et voilà en une phrase trois des acceptions du mot « service ». Je ne cesse de m’émerveiller de cette si belle langue qu’est le français.
Les escaliers devant l’ABC. Elles ont été modifiées pour faciliter l’installation de la « terrasse »; mais le patron a dit qu’il allait changer le motif qu’on voit sur la photo pour qu’il ressemble aux pavés. il a aussi ajouté que son « agencement » n’abîmait pas les pavés dessous. Il reste que la hauteur des marches modifiées augmente du double…
Les marches d’un escalier ont toutes le même format, le fait de l’avoir changé provoquait des incidents. Maintenant, c’est réglé ! On remercie les services de la VIlle qui ont pris l’affaire en main.
Les terrasses temporaires. On le sait, afin d’aider certains tenanciers, les autorités ont permis que des établissements sans terrasse puissent « agencer » une terrasse provisoire pendant la pandémie. On le voit, il y a différentes façons de procéder. J’ai vu d’autres restaurants qui ont des installations mobiles et tout est rangé en fin de service. Le sujet mérite à lui tout seul un article, car les effets secondaires sont nombreux tant pour les commerces avoisinants que pour les habitants locaux.
C’est Julien qui a pris la photo. Et moi qui disais que je ne figurais nulle part du fait que c’est moi qui ai pris les autres photos de mon article ! En plus, je me trouve devant le magasinAu Pêcheur! Je remercie Julien. Je me trouve avec Jean-Thomas en train de perfectionner certains écarts dus à l’infractuosité du terrain.
Un compliment parmi d’autres. Nous avons reçu bien des compliments, mais il y en a un qui a retenu mon attention parce qu’il était bien tourné et qu’il s’adressait à moi. C’est un passant qui m’a dit : Le carré est aussi bien fait que votre rouge à lèvres est posé… et il a souri. Voilà un compliment que je garde précieusement.
Anecdote. Je passe chez Clémentine pour lui dire que j’ai commencé à écrire un article sur ma plateforme et lui demande si sa patronne est là. Elle répond : la patronne c’est moi ! Je ne sais plus pourquoi l’on parle de ses origines et elle me dit qu’elles sont diverses ; elles vont de l’ancienne Prusse à l’Algérie en passant par le Sud de la France. On parle d’héritages génétiques et de ce que cela implique pour certains. Je lui dis que ce qui importe c’est ce qu’on fait de sa vie et que lorsqu’elle affirme « la patronne c’est moi », elle est prusienne, algérienne et française. Elle éclate de rire et c’est comme si ses branches prusienne, algérienne et française de son ADN se manifestaient à travers son rire. C’est un beau moment.
2024 octobre, je viens de retrouver les diapos des années 1990 ! C’est André Oppel, feu mon compagnon qui avait pris les photos (il m’en manque une… elle va refaire surface…).
On avait soumis nos esquisses à Anne avant de les exécuter sur la rue.
Peindre la rue des Chavannes avec Anne. Comme on le voit, on était beaucoup, chacun avait proposé un projet.
Note au sujet de l’écriture des siècles : on le sait, un siècle s’écrit en petites capitales. Le logiciel de ma plateforme ne connaît pas ce format. C’est dommage, mais ce n’est pas une raison pour que j’utilise des capitales. Pour mémoire, on sait aussi qu’on ne dit pas « écrire en majuscules », puisque la majuscule est la première lettre d’un mot, uniquement.
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