@articulations – jouons avec elles. Groupe.2

No 1 c’est nous avant l’exercice dont traite cet article et No 2 c’est notre corps pendant l’exercice.

La synovie. On le sait, chaque articulation doit être lubrifiée. Ce qui la lubrifie, c’est la synovie et la synovie se produit lorsqu’il y a mouvement. La synovie permet à une articulation de bouger dans toute son amplitude. Elle empêche donc les frottements. On peut avoir une articulation en fort mauvais état et cependant n’avoir aucune douleur ; l’inverse est également valable, on peut avoir une petite déformation dans une articulation et avoir de grandes douleurs. Le mouvement a sa raison d’être et en fait, tout dans notre univers bouge : tant l’infiniment petit que l’infiniment grand.

Notre univers bouge aussi. Je viens de revoir avec un ami passionné de physique le mouvement de la Terre, du Soleil, de notre Galaxie et des autres galaxies. Cela me fascine. Voici le lien avec l’article.

Ici on voit la Terre tourner autour du Soleil, la Lune – dans le cas présent est en éclipse et c’est pour cela qu’on ne la voit pas. Mais, il faut ajouter mentalement toutes les autres planètes et leurs lunes tourner autour du Soleil. Ensuite, il faut imaginer le Soleil tourner autout du centre de notre Galaxie et toutes les autres galaxies tourner aussi. C’est un mouvement infini, une danse extraordinaire.

Dans la session présente, nous traitons de divers sujets et voilà qu’on arrive à faire des cercles avec le corps. En principe, on fait bouger le corps à partir d’une ou deux articulations, mais cette fois-ci, j’ai senti que l’on pouvait aller plus loin et les notions revues avec Knut, le passionné de physique, se sont faites présentes, sont remontées à la surface et ont dit qu’elles avaient une utilité. Alors, on a imaginé que toutes les articulations faisaient un cercle, dessinaient une orbite. Quand je dis toutes, c’est vraiment toutes : dans les chevilles, les genoux, les hanches, entre chaque vertèbre. C’était un vrai univers. Pour la petite histoire, nous avons 360 articulations.

Le nombre de cercles dans notre exercice et les fils dans le qi gong. J’ai fait du qi gong pendant des années et j’ai eu du fil à retordre – expression fort bien venue – avec les fils qui sortaient du dan tian ou centre sous le nombril et qui étaient liés à différents points du corps. Dans la danse classique, on a un univers plus clair, limpide. Tous ces fils brouillaient ma vue… Or, il se trouve que du travail s’est fait et que cette fois-ci, je pouvais voir tous les cercles et tous les fils selon les mouvements de mon corps. Nous sommes tous différents et je n’ai jamais entendu un participant au cours dire que l’histoire des fils leur posait un problème, mais voilà, chez moi maintenant, je peux les suivre même lorsque je suis en train d’écrire cet article. Ils sont harmonieux et pas un ne s’emmêle !

Fin de l’exercice. Il faut dire qu’auparavant, nous avions fait de la réflexologie un long moment. Alors, avec ces cercles en plus, le corps avait besoin de se reposer. C’est ce que nous avons fait. Cela a aussi été le moment d’aller remercier les cellules qui nous composent. Elles travaillent tout le temps. Cela a aussi amené un beau moment de tranquillité mais où l’on sentait tout le corps « vivant », comme dit Anne, l’une des participantes au cours.

Mon cours. Oui, nous avons tous un corps, mais on l’utilise sans y penser la plupart du temps. C’est comme tout notre environnement, notre mère, nos profs, nos affaires. Si on en a besoin et que cela « fonctionne », on « prend », mais si nous avons mal à une dent, à un coude, on se rend compte que tout dans notre corps est important. Aussi, prendre des moments pour le ressentir et le remercier me semblent importants. Le remerciement fait tant de bien !

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Café atomique 1. La vitesse de la Terre (en cours de rédaction)

Comme je le dis dans l’article consacré à Knut : On le sait, l’appétit vient lorsqu’on mange *. Il en va de même dans les relations. Knut est devenu « le » photographe de mon école et ma curiosité pour les sciences, la mathématique en particulier et la physique par conséquent, a trouvé où se nourrir, chez lui, puisque son premier choix d’études fut la physique ! Eh oui ! la photo, la danse, la mathématique, la physique, tout cela va ensemble. La série d’articles commence aujourd’hui.

Café atomique – définition : Knut m’invite à boire un café, en fait c’est lui qui boit le café, moi, je prends de l’eau chaude et on discute physique, atomes, particules, énergie, etc. Spontanément m’est venu le nom de « café atomique » pour désigner nos conversations.

La vitesse de la Terre. Je ne sais plus comment cela s’est fait que j’ai choisi ce premier thème. Il me semble me rappeler que je cherchais à expliquer à une élève que les choses sont relatives et que je me suis dit que c’était curieux que la Terre tourne et que je ne le sente pas.

Raison : nous ne sommes pas sensibles à des vitesses constantes. Je sais bien que la Terre tourne autour du Soleil, etc. Mais, c’est fascinant de voir surgir à mon esprit les astres et galaxies quand Knut les nomme : la Terre, notre planète bleue, tourne autour d’elle-même, à une vitesse = 1 000 km/h ; elle tourne aussi autour du Soleil, notre étoile, à une vitesse supérieure = 107 000 km/h ; le Soleil lui-même tourne autour du centre de notre Galaxie, en même temps que les autres 100 à 200 milliards d’étoiles, à une vitesse encore supérieure à celle de la Terre, soit = 850 000 km/h ; la Galaxie, la nôtre et toutes les autres, tourne à son tour à une vitesse encore plus rapide = 2,3 millions km/h. Cela continue, car notre amas de galaxies tourne lui aussi !

Vitesses constantes : nous ne ressentons donc rien, car ce sont des vitesses contantes. On le remarque lorsqu’on est dans une voiture fermée, immobile ou qui roule à une vitesse constante, on ne ressent rien du tout. C’est quand même fabuleux ! Nous ne sommes sensibles qu’à des accélérations et des descélérations. Au fond, c’est comme dans une relation, un couple, quand tout va bien, on vit tout simplement et quand il y a des disparités, cela tangue…

Remarque : la Terre tourne sur elle-même dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, elle tourne autour du Soleil aussi à gauche. On se demande pourquoi les aiguilles d’une montre tournent à droite. J’ai déjà vu des horloges tourner à gauche. Certains courants philosophiques disent que le temps vient de la gauche, raison aussi pour laquelle, on traite parfois certaines parties du corps d’abord à gauche.

La Lune : on ne la voit pas dans ce dessin car elle est en éclipse. Mais elle est là !

Dans ce dessin, il nous faut ajouter mentalement les planètes et leurs lunes tournant autour du Soleil. C’est vertigineux !

Conséquences de quelques changements. Si la Terre venait à perdre de sa masse, elle serait absorbée par le Soleil. Si elle gagnait en masse, elle irait ailleurs.

Ce qui me fascine : l’harmonie, la mathématique qu’il y a dans cet univers.

Au fond, c’est une danse continuelle : la Lune tourne autour de la Terre, la Terre tourne autour d’elle-même et en même temps autour du Soleil, le Soleil tourne autour de la Galaxie et les galaxies tournent aussi. Quand j’imagine cette danse, elle me procure une immense joie !

Les astres et la langue française. Moi qui aime tant les langues, je ne peux m’empêcher de citer quelques expressions : être dans l’orbite de quelqu’un, par conséquent « être hors orbite », être le soleil de quelqu’un, avoir une place au soleil, être bien luné, être dans la lune. On aura remarqué que l’astre s’écrit avec majuscule et que lorsqu’on en fait un usage dans notre langage courant il est habillé d’une minuscule. Ah oui ! Je demande conseil par moments soutenus à un expert en langue française, Chambaron de son nom de plume, un personnage remarquable, et comme cela faisait un moment que je n’avais plus fait signe il m’a dit « je sais que vous êtes à éclipses ». C’est tellement joli. Heureusement que je ne suis pas tout le temps à me rappeler aux uns et aux autres.

Je me cite : « Eh oui ! la photo, la danse, la mathématique, la physique, tout cela va ensemble. »

Dès que l’occasion se présente… Les notions bien ancrées n’hésitent pas à revenir à la surface à la première occasion. Cette fois-ci, c’est pendant le cours que j’ai créé « @articulations – jouons avec elles ». Nous avons un exercice où l’on fait faire un cercle à une articulation. L’idée m’est venue d’imaginer que toutes les articulations tournaient. En fait, c’est vrai, elles tournent toutes, mais on n’en est pas conscient. Dans le cas présenti, chaque articulation a eu son « orbite » à faire, même celles entre les vertèbres. C’était un spectacle magnifique ! Ici bas, vous avez une vague représentation de ce que nous avons vécu au cours :

  • no 1 le corps avant de partir « en orbite » ;
  • no 2 le corps « en orbite ».

On tourne un certain nombre de fois et ensuite, on se couche par terre pour écouter ce que le corps dit. En plus d’imaginer les articulations tourner, il fallait être conscient que la synovie se répandait dant chaque articulation… Tout aussi vertigineux que les planètes, les lunes, les soleils et les galaxies qui tournent… C’est un moment très intense et particulier pour chacune des personnes qui le fait. Il n’y a pas de règle pour le ressenti.

  • Le dicton est « L’appétit vient en mangeant », or « en mangeant » est un participe présent et ce qui compte est l’action, le fait de manger. Je dois chercher la source de cette explication.

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Confinement et nouveaux métiers de Zully

Tout au début de la pandémie, des gens ont dit « c’est une leçon, on doit changer notre mode de vie », d’autres ont dit « c’est un complot, on veut nous contrôler ». Je ne sais qui a raison, mais j’ai été témoin de personnes qui n’arrivaient pas à se débrouiller et cela m’a permis de développer certaines aptitudes.

Nouveaux métiers. De façon générale, j’aime faire beaucoup de choses. En l’occurrence, j’ai proposé mon aide et suis devenue : décrocheuse de rideaux très compliqués, teinturière de cheveux (je sais, le terme n’existe pas, mais si je mets coiffeuse, le compte n’y est pas), coupeuse de cheveux pour dame et pour homme, barbière aussi, de même que régleuse de programmes de TV alors que je n’ai plus de TV et que le système a changé depuis 20 ans…, et dernier en date, régleuse du téléphone sans fil. Pour ces métiers, j’ai eu recours à diverses informations dont celles sur la Toile. Se couper soi-même les cheveux, c’est une chose, les couper, bien les couper à quelqu’un d’autre, c’est différent. Quant au dernier métier, celui de régleuse de téléphone sans fil, il m’a coûté des sueurs, car si le téléphone ne fonctionnait pas, ce n’était visiblement pas une question de batterie. En plus, je voyais ses propriétaires inquiets, se demandant comment ils allaient faire et moi je me disais que ce devait être simple à régler à condition de connaître la logique de celui qui avait conçu l’appareil.

La logique des uns et des autres. Il est évident que celui qui fabrique un appareil, le fait de façon logique et que lorsqu’il le vend, il y a un mode d’emploi logique. Mais, bien des gens savent que les modes d’emploi, souvent des traductions, ne sont pas clairs. Cette fois-ci, j’ai finalement aperçu une clochette (on ne doit pas écrire une petite clochette, mais elle était vraiment petite… même très très petite) barrée sur l’écran. Là, je me suis dit que le contructeur et moi avions la même logique). Je me suis dit que ce devait être la sonnerie qui avait été coupée par on ne sait quelle manoeuvre. Mais, allez trouver le même signe dans le mode d’emploi ! Rien, rien de rien. Le cas n’a visiblement pas été prévu. Finalement, en pressant ici et là, j’ai retrouvé la sonnerie (sans le dessin de la fameuse clochette dans le menu !). Quel soulagement pour les propriétaires et surtout pour moi, car je sais que j’ai rendu service et, surtout, acquis de nouvelles compétences !

Une année plus tard. Je rends service à une voisine qui dit que j’ai l’âme du bricoleur. Je ne l’avais pas remarqué et reste un peu dans une interrogation. Voici que les personnes que j’aide et qui me font découvrir de nouveaux métiers ont un problème avec les lumières de leur cuisinière. Je n’y connais rien, mais je vois se dérouler une sorte de mode d’emploi dans ma tête grâce aux mots de ma voisine et il me dit que ceux qui ont installé le système ont pensé que les utilisateurs seraient des gens simples et que, par conséquent, je dois pouvoir ouvrir la vitre qui protège les ampoules. J’ai pris du temps et poussé à droite, à gauche et encore une fois à droite et à nouveau à droite, poussée par je ne sais quel instinct et finalement, j’ai réussi. Le système était bloqué à cet endroit-là. Ce qui compte le plus c’est le soulagement dans les yeux du locataire de l’appartement ! J’ai un nouveau métier et ce n’est pas fini.

Non, ce n’est pas fini. Je rentre chez moi et entends mon téléphone fixe qui sonne. Ce téléphone, je l’ai uniquement pour les réclames et inscriptions sur des plateformes. Je ne le décroche pratiquement jamais. Il a d’ailleurs une sonnerie qui doit déranger la voisine d’en bas. Forte de tous ces remerciements et de la remarque de ma voisine, je m’essaie une fois de plus avec ce téléphone pour lui faire baisser le son. Dans les réglages normaux ou avancés il n’y a rien. Je ne sais plus quelle rubrique j’ai pressée, je crois bien « sonnerie » et après l’avoir changée, je me dis que j’aurais au moins réussi cela, est apparu… devinez.. le volume ! Non, mais des fois (comme oon dit en bon neuchâtelois) ! Je vous le dis, la logique des uns n’est pas celle des autres. Cela ne fait rien, j’ai réussi (cela faisait quand même quelques années que la sonnerie me tapait sur le système). J’espère que cela me servira à quelque chose quand je serai au ciel même si Einstein dit qu’en dehors de notre planète le temps et l’espace se déforment. Mais, bon, il n’a pas parlé des sonneries, je verrai bien !

Tant qu’on vit… C’est vrai, tant qu’on vit on a de nouvelles expériences. Voici le dernier de mes derniers métiers : réparatrice de guirlande de Noël ! Je sais, on est en plein été et voici que la guirlande que j’ai offerte au couple de personnes que j’aide depuis quelques années (c’est fou ce que le temps passe !) a éteint ses lumières. C’était déjà arrivé au début du printemps lorsque le monsieur, désirant couper les plantes de son bac a malencontreusement coupé le fil de la guirlande. C’est Roger Peeters, un horloger en devenir et protagoniste de quelques unes de mes aventures dans ce monde, qui m’a dit comment faire. J’ai finalement réussi. Il y a quelques jours, le monsieur déplace les lumières et, hop, les lumières n’ont pas aimé. J’ai dû faire bien des essais parce que le système d’allumage est compliqué et qu’on ne sait si c’est allumé ou pas ni si les variantes de jeu de lumières fonctionne ou pas. Mais, j’ai réuissi là aussi. Cela me fait d’autant plus plaisir que j’aime l’électricité. J’aime ce phénomène que l’on voit mais que l’on ne peut toucher.

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La Cave perdue, le CCN, Ernest Grize, Mado Grize, André Oppel, Jacques de Montmollin – leur histoire à travers Zully

Un début. Il faut un début à tout, et je prends celui de mon histoire. J’avais une amie qui me prêtait sa cave, en fait c’était la cave de ses parents ; elle avait un joli sol en bois, sol idéal pour mes cours de danse. C’est comme cela qu’Olivier Soerensen, qui en plus d’avoir été un merveilleux pianiste et doté d’un joyeux caractère, a pris ses seuls cours de danse. Il avait aussi de très jolies jambes, je les vois encore dans le collant noir que je lui avais prêté. Sa carrière de danseur s’est arrêtée assez vite, à mon grand regret, car il a fait une chute dans un escalier… Bref, je donnais mes cours là. Un jour, les parents de mon amie l’apprennent et se fâchent parce que c’était une cave à vin et que la présence de plusieurs personnes augmentait la température… chose nuisible pour le vin. Je me retrouve, pour ainsi dire, à la rue. Cela fait que je marchais dans la rue en pleurant et que je rencontre Ernest Grize.

Un autre bout. J’avais mon diplôme de l’école de Chorégraphie de Bucarest, Roumanie, et donnais des cours de danse à Neuchâtel dans cette cave en même temps que j’allais à l’université, section sciences économiques. Je donnais aussi des cours de danse à l’École Supérieure de Jeunes Filles. C’était la première fois que l’on enseignait de tels sujets à l’école. Madame Lucette Junod dispensait des cours de théâtre et avait organisé un spectacle au Théâtre de Poche, Centre culturel neuchâtelois. Mon groupe de danse y participait. Ernest Grize, le régisseur du théâtre, en avait fait la régie. Voilà le début du commencement, comme l’on dit.

Cave perdue. Je suis donc en train de pleurer dans la rue, Ernest me voit et me demande ce qu’il m’arrive. Je lui raconte. Il me dit que le théâtre a un local qu’ils n’utilisent pas et qu’il va en parler avec ses collègues. Résultat : j’ai pu occuper la Cave perdue et donner un nom à mon école. Mais, ce n’est qu’il y a quelques mois que j’ai su, par Mado, la femme d’Ernest, que cela avait été sur l’insistance de ce dernier que les membres de la direction, Jacques de Montmollin, directeur administratif, et André Oppel, directeur artistique, avaient donné leur accord. Ernest ne m’a jamais dit le rôle qu’il avait joué. Cela me touche profondément et m’incite à être meilleure.

2020, Mado Grize me rend visite. Mado Grize, la femme d’Ernest, est toujours de ce monde et vient passer deux jours chez moi. C’est une fête que de la recevoir. Elle fait partie de mon monde d’avant et elle est la gentillesse même, une joie de vivre aussi. Il n’y a pas de conversation où elle ne fasse entendre son rire si chaleureux. Elle vient à Neuchâtel pour recevoir un don pour son association « Action chèvre de Mado » (ACHEMA).

Mado me raconte l’histoire d’Ernest, l’aventure du CCN, celle de la Cave perdue. Je suis en joie, car cela fait un moment que je cherche des informations sans en trouver. L’ancien directeur du CCN m’avait dit que les archives n’intéressaient personne, s’en était débarrassé et lors de la célébration des 50 ans du CCN… des miettes. Ce jour-là, Jacques de Montmollin, le premier directeur administratif, n’avait pu y assister. La seule survivante de l’équipe des débuts, Mado, qui aurait pu le faire, n’a pas été invitée ; justement, par manque de connaissance de l’histoire du CCN. Il m’arrive souvent de penser que la branche la plus importante à l’école devrait être l’histoire. Si on ne connaît pas son histoire, on passe à côté de bien des choses.

Histoire d’Ernest 1. Il avait été abandonné à la naissance, pas reconnu par son père biologique et placé dans une pouponnière aux Bayards, puis en pension chez Madame Perret à Neuchâtel. Son futur était tracé, il irait dans un asile pour orphelins. Heureusement pour lui, la famille Grize, qui habitait la maison à côté, est tombée sous le charme du bambin et l’a adopté. L’adoption lancée, Ernest vit avec la famille. La procédure pour avoir légalement l’enfant dure quand même trois ans ans avec force péripéties dont la reconnaissance officielle du père biologique. Avec l’adoption, la vie semblait sourire à Ernest, mais, il perd son père adoptif peu après l’adoption officielle , il a 9 ans. Trois ans plus tard, c’est sa mère adoptive qui meurt ; Ernest a 12 ans. Il devient alors un enfant de la Maison de Belmont – institution qui reçoit les enfants qui n’ont plus de famille et il a un tuteur.

À son décès, sa maman adoptive lui laisse la somme de presque Fr. 8 000.- sur un compte bancaire. J’ai le relevé. À l’époque c’était une grosse somme. Il devait la toucher à sa majorité. Écolier, Ernest a un rêve, devenir photographe, mais son tuteur ne le suit pas. Il entre alors à l’École des Arts et Métiers pour devenir serrurier constructeur. À l’école, il a un copain de classe dont la maman tient une pension. Ernest devient pensionnaire chez elle. La dame a une amie qui s’appelle Nina – Nina est la dame qui tenait feu le kiosque du Fbg de l’Hôpital (j’ai bien connu Nina, car j’habitais dans la feue maison des Meubles Meyer, à côté du kiosque. Eh oui, tout s’entrecoupe, se mêle pour ne faire qu’un) – et Nina loge dans une pension où Mado, qui était devenue une jeune fille indépendante, et avait donc quitté la maison, louait une chambre. Il n’en faut pas plus pour réunir des protagonistes pour une histoire. Mado va manger tous le dimanches à midi avec Nina dans la pension où Ernest loge.On devine la suite : Ernest et Mado tombent amoureux, vivent ensemble un temps et un jour Ernest se dit qu’il ferait bien d’épouser Mado. Il a bien fait. Il a suivi son intuition. C’est sa chance. La chose arrive en 1957.

Histoire d’Ernest 2. Depuis qu’Ernest a rencontré Mado, il n’a plus été seul pour faire face aux difficultés qui sont venues entraver son chemin. Peu avant son mariage, Ernest est devenu majeur et a pu quitter sa tutelle. Il avait raconté à Mado que sa mère lui avait laissé la somme susmentionnée à la banque ainsi qu’une vigne à Auvernier, mais que le tuteur disait qu’il n’avait que Fr. 1 000.- Mado lui a dit qu’il fallait se renseigner et porter plainte ; ils ont pris un avocat. Celui-ci est arrivé à la conclusion que personne n’allait dénoncer personne ! (cela laissait entrevoir qu’il y avait connivence entre diverses institutions… Pas joli, joli !) Mado et Ernest ont été convoqués par l’Office des tutelles. Proposition : « Si vous acceptez, on oublie tout et on vous donne la somme de Fr. 1 000.- « . À l’époque Ernest et Mado n’avaient pas 20 ans. Ils n’ont eu d’autre choix que d’accepter. Je trouve cela triste. À cela s’ajoute le fait qu’Ernest apprend, peu après son mariage, la façon dont sa mère était morte : elle avait été assassinée.

Ernest et Mado ne font plus qu’un depuis qu’ils se sont rencontrés.

Formation d’Ernest 1. Le rêve d’Ernest aurait été d’aller à l’école de Photographie de Vevey. Son tuteur n’y a pas donné suite. Mais, Ernest ne laisse pas tomber son rêve grâce à Mado qui sait l’épauler au propre comme au figuré. Alors, il s’inscrit à l’école dont la carte d’immatriculation est ici à droite. C’est magnifique d’imaginer Ernest en train de recevoir ses cours par la poste et de poster ses devoirs. Je sens sa joie.

Formation d’Ernest 2. Afin d’en savoir plus, il part à Paris suivre l’École technique de photographie et de cinéma (ETPC). C’est fabuleux. Il transmettra plus tard son savoir puisqu’il formera les premiers régisseurs de la région. Il fallait quand même un caractère particulier. Ernest a dû avoir un sentiment de satisfaction énorme. C’est une reconnaissance professionnelle, reconnaissance officielle, qui doit lui avoir fait beaucoup de bien.

Départ d’Ernest au ciel. Ernest n’a pas prêté grande attention à la vie spirituelle tant qu’il a vécu, mais après avoir fait la connaissance d’une femme pasteur lors d’un spectacle à La Cité universitaire, il a dit à Mado : si je pars avant toi, j’aimerais que ce soit elle qui parle le jour de ma cérémonie ! Mado, quant à elle, a déjà tout proganisé pour son dernier départ. Elle a même pensé à acheter des enveloppes, y inscrire le nom des personnes à avertir et à les affranchir. Comme cela , il n’y aura plus qu’à mettre l’avis de décès, dit Mado ! Elle est décidément impayable !

L’histoire d’Ernest et de Mado se mêlent à d’autres histoires qui font la mienne :

  1. Je travaillais donc à la Cave perdue et présentais mes spectacles au Théâtre de Poche devenu le Théâtre du Pommier, mais toujours aussi Centre culturel neuchâtelois. Je croisais André Oppel, le directeur artistique, forcément. Le destin nous a unis après le décès de sa femme. Cela s’est fait sans qu’on y pense ;
  2. André est parti au ciel et a laissé quelques affaires que je garde avec soin. Je me dis qu’une fois ou l’autre, elles iront à la bonne place. Parmi ces affaires, il y a une montre. De temps en temps, je regarde la montre et la remets dans sa boîte. Un jour, je la montre à Jack Froidevaux (il a travaillé dans l’horlogerie et a connu André qui a été graphiste dans l’entreprise de son père !). En expert, il retourne la montre (ce je n’ai jamais eu l’idée de faire) et il lit « Grize Ernest, Noël 1951 ». Ernest a 16 ans ;
  3. Les choses s’arrangent de telle façon que je peux rendre visite à Jacques de Montmollin , cofondateur du CCN, qui est près de quitter ce monde et qui ne veut voir personne. J’ai de la chance ; on me conduit dans sa chambre et Jacques me salue comme si on s’était quittés la veille. Je lui raconte l’histoire de la montre et dis que je cherche à entrer en contact avec la femme d’Ernest, Mado. Mais son prénom au complet ? Madeleine, me dit Jacques ;
  4. Nouvelle chance, Mado a gardé un téléphone fixe et je peux la localiser via Local.ch. Mado dit qu’elle vit au bout du monde, au Sentier, dans le canton de Vaud. Je me débrouille et des connaissances me conduisent chez elle ;
  5. Mado reçoit la montre d’Ernest. Elle est tout émue mais n’arrive pas à s’expliquer comment Ernest avait pu avoir une telle montre qu’elle ne l’a jamais vue au poignet d’Ernest. À l’époque, elle avait dû coûter fort cher, et en plus elle est gravée à son nom. Le mystère sera résolu quand Mado retrouvera Ernest dans l’autre monde ;
  6. Je dis à Mado que je suis friande d’informations au sujet du CCN. Elle me donne des articles qu’Ernest avati gardés. Je prends ;
  7. Flûte ! me dis-je en parcourant ces articles. Ils ne parlent pas du CCN mais du TPR, du premier Théâtre populaire romand. Je lis quand même parce qu’André y a travaillé en tant que décorateur et acteur dans cette troupe et qu’Ernest y a aussi joué. À ma grande surprise, ces articles sont des commentaires sur le TPR et signés Freddy Landry ;
  8. Décidément, c’est comme si le monde tournait autour de moi et me comprenant avait décidé de m’aider ! Freddy Landry, cela fait des années que je cherche à lui rendre service parce que je le vois bien « décliner ». Mais, rien à faire. Il désire rester indépenant. Je salue son attitude à regret. Les articles de Mado me fournissent un autre angle d’entrée en matière. Cela marche à merveille. On se découvre un tas de gens communs et des passions communes. Freddy illumine ma vie, c’est un miracle ;
  9. Mado revient à Neuchâtel afin de recevoir un don pour son association. Elle me fait l’honneur de loger chez moi et m’apporte encore un dossier d’Ernest. Une fois de plus, j’espère trouver des choses sur le CCN… À leur place, je trouve des documents sur l’histoire personnelle d’Ernest. Une nouvelle fois, je lis quand même et suis récompensée, car, moi qui aime l’histoire et qui aime remercier ceux qui ont participé à ma vie, j’ai de la matière pour remercier Ernest par le biais de cet article. Je suis servie et ravie !
  10. En parlant de la Fabrique d’Horlogerie Froidevaux, Mado me dit que son père, Jules Yerly, y avait travaillé en tant que chef d’équipe dans les années 1945 !

Le désert. Le désert a été un autre ciment entre Mado et Ernest. La toute première fois qu’Ernest y est allé a été pour accompagner dea amis qui voulaient être filmés et Ernest allait en être le réalisateur. Il hésitait, car cela signifiait un long voyage, des frais, mais Mado lui a dit « c’est une expérience formidable, vas-y ! » Ernest – le film terminé – a dû rentrer plus tôt que prévu car il était tombé malade. Il avait attrapé une dysenterie, perdu 20 kilos en 3 jours et avait dû être rapatrié. Il tenait à peine debout, raconte Mado. Le temps passe et Mado lui dit qu’il faudrait retenter l’expérience et mieux s’organiser. Cela a marché et donc, chaque année, ils y sont allés passer les deux mois d’été. Deux ans après le départ d’Ernest au ciel, Mado retourne dans le désert et arrive en Mauritanie, pays qu’ils n’avaient pas visité mais qu’Ernest aurait bien voulu voir. La meilleure ? Elle y reste dix ans (2004 – 2014) ! Sa montre terrestre avait déjà tourné 70 cycles au moment où elle arrive dans ce pays et quand nous discutons elle y retourne tous les ans pour passer trois mois.

Pendant les dix années mentionnées, elle tient une auberge pour étrangers avec un associé mauritanien (c’est magnifique !) et revient en Suisse pendant deux mois afin de vendre les articles artisanaux faits par des femmes mauritaniennes sous sa direction. Elle raconte qu’à l’époque on voyait traîner des sacs en plastique partout. Mado est une personne pratique et sait mettre les autres en évidence. Elle a l’idée de ramasser autant de sacs qu’elle peut, les coupe en fines lanières et enseigne le macramé aux femmes de l’un des quartiers les plus pauvres d’Atar. Ces femmes ont produit des sacs, des sets de table, etc. Je suis admirative.

Un peu de chronologie pour mettre de l’ordre : 2004 – 2014 Mado vit en Mauritanie. De 2004 à 2007, elle tient une auberge pour étrangers avec un associé mauritanien. L’affaire prend fin parce qu’il y a des attentats et que le tourisme chute. La même année, elle rencontre Amiod de Dardel, un autre Neuchâtelois digne d’admiration, député au Grand Conseil dans les années 1970-1980, qui lui donne de l’argent pour aider des personnes en état de détresse. Elle crée son l’association des chèvres, décrite plus bas et dont le premier président est le même A. de Dardel, ouvre un centre de soutien alimentaire pour des enfants et leur fait donner des cours de rattrapage scolaire.

Anecdotes :

  • Quand Jacques de Montmollin râlait, Mado lui disait qu’il avait une crise de directeur et la chose s’arrangeait !
  • L’histoire du trompettiste oublié. Je la raconte, car ce sont des choses qui arrivent à tout le monde. Un jour, en fin de journée, Mado et Jacques voient arriver un monsieur avec une drôle de valise et il dit « Bonjour, je viens pour le spectacle de ce soir »… C’était un trompettiste dont la présentation était passée à la trappe ! Jaques court à l’hôtel du Marché réserver une chambre et chercher du monde pour le spectacle qui avait été oublié. Quelle chance, tout a bien marché !
  • Mado décide de tester la « solidité » de sa tête dans le désert. Elle demande à un Touareg de la conduire à 150 km de toute civilisation. Elle y est reste deux semaines toute seule. Elle a survécu. Elle n’avait pas pris de livres, seulement des crayons et du papier, un sac de couchage pour dormir à la belle étoile, de l’eau et du bois pour faire du feu. Pour les repas ? Des conserves de sardines, du thon, des potages, des dattes. Pendant ces deux semaines, Mado a consommé 40 l d’eau. Les deux premiers jours, elle s’est demandé ce qu’elle faisait là et puis les choses sont rentrées dans l’ordre. Elle est contente de s’être testée. Cela s’est passé à sa cinquantaine. Pas besoin de commentaires, mais mon admiration arrive tout en haut de l’échelle !
  • André et Ernest avaient une voiture en commun. Chacun l’utilisait à tour de rôle le week-end ! Je trouve cela tellement joli.

Relation Mado – Ernest. Citation : « Depuis que je l’ai rencontré, je ne me suis jamais dit, c’est mon Ernest, et quand on s’est mariés, je ne me suis pas dit ‘ c’est mon mari ‘, c’est Ernest. Il ne m’appartient pas. Les gens disent : c’est ma voiture, c’est mon frigo, c’est mon mari. Alors le mari est comme le frigo ! Ce n’est pas comme cela. Je vis avec Ernest, mais il n’est pas « mon » mari.

Le restaurant brûle et Mado prend la relève. Le restaurant du Marché est entré dans la vie du CCN par Falik, Henry de son prénom, un passioné de théâtre qui plus tard deviendra professeur à l’École de théâtre du CCN. Il en était le tenancier et avec les copains a fondé l’associaion « Mimosa » dont les bénéfices étaient destinés au Théâtre de Poche. J’ouvre une parenthèse pour remercier Henry d’avoir trouvé les fonds nécessaires pour installer une salle d’eau à la Cave perdue ! Quand je suis arrivée, il n’y avait rien. Fin de la parenthèse (l’ouverture et fermeture de la parenthèse, je les emprunte à André qui les utilisait lorsqu’il lisait au public les écrits d’Alphonse Allais. C’était un pur plaisir !). Je reprends l’histoire du restaurant : un jour, il y a un incendie et les habitués ne savent où aller. Mado est là ! Elle raconte qu’elle quittait le bureau du Centre à 11 h, allait chez elle et à 13 h, tout le monde mangeait du frais. Il y avait entre 10 et 15 personnes tous les jours. Je demande à Mado comment elle faisait pour calculer les quantités. Elle demandait aux gens de dire la veille s’ils prenaient le repas et elle multipliait. « C’est tout simple », dit-elle. Je reste admirative, car pour moi cela a l’air très compliqué. Elle ne me comprend pas. Elle préparait une entrée, un plat et le dessert. Elle avait arrangé une grande table pour cela, soit une grande planche sur deux chevalets. Mado avait été très claire : je m’occupe du repas, mais pour les boissons, chacun se débrouille. Cela avait très bien fonctionné. Il faut ajouter que Mado et Ernest habitaient un deuxième étage sans ascenseur. Mado raconte que l’ambiance avait été magnifique pendant les deux mois de l’expérience. Quels bénéfices financiers ? Oh, dit Mado, Ernest et moi avons pu manger gratuitement pendant ce temps. C’est tout.

Quand Mimosa a été liquidée, il restait Fr. 25 000.- Lors de l’assemblée de liquidation, il avait été décidé de donner cet argent à l’association de Mado. Elle ne les a jamais vus… Mais, dit-elle, ce qui compte c’est l’intention.

ACHEMA, l’association de Mado. Voici quelques mots. Mado dit que pendant les premières dix années de son association, elle avait eu tous les ans Fr. 50 000.- sur son compte. Des donateurs sont peu à peu décédés et la situation est devenue plus difficile. Elle doit absolument trouver Fr. 15 000.- par année pour nourrir les 100 enfants de son association (repas du matin et de midi), payer les frais de location, de personnel et pouvoir aussi donner des cours de rattrapage scolaire. Elle me dit que pour obtenir une fois une aide de Fr. 10 000, elle a dû remplir 28 feuilles et y travailler tout un mois. Elle sait aussi qu’après son décès, son association… Cette dernière se situe à Atar, dans un quartier pauvre. Depuis que Mado s’y est installée, il n’y a plus de malnutrition et un infirmier y va tous les mois peser les enfants. Je félicite Mado qui répond que c’est une petite goutte d’eau, mais une goutte d’eau nécessaire.

Mado et la réclame pour son association. Elle a vu sur place, en Mauritanie, à Atar, qu’il y avait des enfants dans un état assez terrible. Mais, dit-elle, « je trouve que ce n’est pas bien de faire de la réclame avec des photos de ce genre. Jamais, je ne ferai une telle chose. Cela a un côté marchand de bas étage ». Mado est classe ! Toujours.

L’association en 2020. Mado vient de confier la démarche des chèvres aux Mauritaniennes. Elle se dit qu’elle a assez fait, que cela roule et estime que les femmes mauritaniennes peuvent prendre la relève.

Mado et sa relation à l’argent. Elle dit qu’elle a vu beaucoup d’argent, mais qu’elle a toujours tout distribué. Elle me dit, en toute confidence, que l’argent de son association est uniquement pour son association. Les voyages annuels qu’elle effectue dans ce pays sont payés de sa poche.

La Cave perdue. Jacques me dit en 2019, le 14 juin, qu’André ne voulait pas de la Cave perdue. C’est Ernest qui connaissait quelqu’un qui connaissait quelqu’un qui l’a fait entrer au bercail. Au début, c’était un lieu de bricolage et de dépôt de décors, puis, elle a été transformée. Je ne sais pas comment elle était au tout début. Quand j’y suis arrivée, il y avait le sol et la scène actuels. C’est Ernest qui les a posés et Alain Jelmi, a été son assistant ! Je suppose que cela a été la première transformation pour qu’il puisse y avoir des répétitions. Puis, il y a eu un incendie. Il faut savoir que ce local est une sous-cave et donc de température « plutôt fraîche ». Alors, il y avait des chauffages mobiles, bruns, et qu’une fois quelqu’un les avait laissés allumés avec une couverture dessus… Pas besoin de dire la suite. La « Cave perdue », ainsi nommée du fait qu’elle se trouve dans un endroit difficile à trouver, a été laissée à son sort. C’est avec ma venue qu’elle a retrouvé un sens culturel.

Le TPN – compagnie Salamalec. Jaques dit « Il y a d’abord la Compagnie Salamalec, ma compagnie de théâtre qui date de 1953. En 1960, je fusionne avec le TPN de Pierre von Allmen, et on arrive au Centre de culture, Théâtre de poche neuchâtelois qui par ma volonté est devenu le Centre culturel neuchâtelois. Le changement de nom s’est fait pour des raisons politiques, parce qu’il y avait le TPR et afin d’éviter les confusions… Nous avons ainsi l’histoire du premier nom du Théâtre du Pommier« . C’est Jacques de Montmollin qui a désiré avoir un théâtre en ville. Sa compagnie amateur était à Peseux où Ernest Grize et Alain Jelmi étaient régisseurs. Jacques me dit que sa mère, Antoinette Freymond, avait une culture considérable. En fait c’est elle qui a fait les démarches nécessaires avec un conseiller d’Etat et le chef des impôts (le local était occupé par les archives du service des Contributions). Cela a pris bien des années avant de pouvoir disposer du local.

André a fait les décors du premier spectacle du CCN. La pièce était « Le Révizor » de Gogol. Or, quand André et moi sommes allés en Union soviétique, à Léningrad, nous sommes entrés chez un antiquaire (contrairement à chez nous, un antiquaire dans les pays de l’Est vendait des livres et des gravures), je suis tombée sur un livre que j’ai voulu acheter « Le Réviseur ». Le livre retrace les 100 ans de mises en scène de la pièce depuis ses débuts. André me dit que c’est la première pièce pour laquelle il a fait les décors au CCN ! La boucle est bouclée. J’achète ou André Achète, à cette époque c’était lui qui achetait pour moi, le livre. Il est tojours avec moi.

Départ 1 du CCN : celui d’Ernest. Ernest a eu tendance à « lever le coude », comme on dit. Il faut dire que dans certains milieux on associe volontiers le plaisir de se réunir à un verre. Mais, je dois préciser que les fois où Ernest s’est occupé de mes spectacles, jamais il n’a commis d’erreur ; jamais, de plus, Ernest a toujours fait une régie très lumineuse de mes spectacles. Ils dégageaient une sorte de soleil. Seulement, certaines personnes du Conseil de fondation ont trouvé à redire et un lundi matin, alors qu’Ernest était rentré de « son » désert, il retourne au travail et tout de go, le directeur administratif lui annonce qu’il n’est plus le bienvenu. Une telle attitude n’a pas d’excuses surtout dans un milieu culturel, où l’on sait, en principe, s’adresser aux autres. C’était aussi oublier qu’il n’y aurait jamais eu de Centre culturel neuchâtelois ni de Conseil de fondation sans le travail accompli par les prédécesseurs dont Ernest avait été un rouage important.

Départ 2 du CCN : celui d’André. Il s’est passé dans des circonstances tout aussi désolantes que celles d’Ernest. Je m’en souviens, car le hasard avait fait que j’aie eu une répétition générale le même soir que le Conseil de fondation se réunissait au centre. André est entré à la séance en ayant eu la promesse que son mandat serait reconduit car on ne voyait personne pouvoir lui succéder et il en est ressorti avec rien du tout. Il n’y a plus jamais eu de directeur artistique d’ailleurs.

Tous les grands théâtres que je connais ont un directeur artistique et soit un directeur administratif soit un administrateur, car ces deux fonctions demandent des qualités différentes. Il en va de même dans les associations, il y a le président, le meneur et ceux qui s’occupent des comptes. C’est rare de voir ces deux capacités en une seule personne, cela arrive qu’on soit artitste et comptable, mais c’est rare. D’ailleurs, il y a bien des formations commerciales et des formations artistiques. Ou est-ce que je me trompe ?

Départ -1 du CCN : celui de Mado. Je mets « -1 », car ce n’est que maintenant que j’en connais la raison. Mado a vu une certaine passion s’éteindre chez ses collègues. Elle les a vus « assis » alors qu’avant il y avait une « course », une « recherche ». Elle quitte le centre en 1981. Je me dis que le centre des préoccupations avait changé, de lutte pour la survie, ils étaient passés à une situation où il fallait rendre des comptes, faire une programmation et justifier des choix.

Mado est partie à la Cité universitaire (il restait un lien avec le centre puisque la salle de spectacles de la Cité était gérée par le CCN) où elle a pu, à nouveau, reprendre son rôle « d’épaule ». Elle devait se débrouiller pour trouver des logements, des appartements pour les étudiants ; elle était le réconfort de ceux qui avaient des problèmes ; elle était la banque qui avançait les sous lorsque les étudiants n’avaient pas reçu l’argent de la maison et qu’ils devaient payer leur loyer – je demande à Mado si elle a toujours été remboursée et elle répond que c’est le cas. Même le dimanche, alors que tout était fermé, si un étudiant arrivait, elle lui trouvait où loger. Mado me dit que c’était passionnant !

Départ de Mado de la Cité universitaire : les étudiants se sont réunis, des anciens et des nouveaux, environ 150, lui ont fait un magnifique couscous et une soirée dansante formidable !

Il existe un « aprés ici », une autre dimension ; c’est sûr. Toutes ces choses qui se sont réunies pour que je puisse retrouver Mado et tous ces fils qui tissent la trame d’une bonne partie de notre vie… c’est magique. En tous les cas Mado et moi sommes émerveillées.

Quand on quitte ce monde, dit-on, on revoit sa vie. C’est l’impression que j’ai ; je vois et vis tout en même temps.

Finalement, Mado a remis son association ! Je viens de parler avec Mado qui me dit qu’elle a présenté sa démission à l’association et qu’elle part en Mauritanie au mois d’octobre. C’est fantastique ! Il y a moins d’un an elle me disait qu’après son départ, l’association ne survivrait pas… Je lui demande si c’est toujours dans le cadre de l’association – cela m’étonne quand même – et elle dit « Non, c’est fini. Avant, j’ai vécu pour les autres, maintenant, je ne vis que pour moi, très égoïstement ». D’ailleurs, elle vivra dans un tout autre endroit. C’est dire s’il y a un nouveau départ !

Curieuse, je demande à Mado quels ont été ses emplois : régleuse dans l’horlogerie – gérante du feu kiosque près de la Poste (juste avant d’arriver à la Poste quand on va en direction de Marin) – CCN : secrétaire, comptable, barmaid, accueil, billetterie et caisse des spectacles, et Cité universitaire : administratrice du logement des étudiants. À la suite d’autres questions, Mado ajoute : le métier de régleuse était très bien payé, je n’aurais pas pu aider Ernest autrement. Ensuite, j’ai voulu voir autre chose.

Trois jours avant son départ au ciel, Jacques me dit des mots que je ne sais où placer, je le fais ici :

  • Mado était une femme adorable. Je l’auî formée à la comptabilité et à un tas de choses dont le théâtre avait besoin ;
  • Thomas Facchinetti est un très très chic type ;
  • Alain Jelmi est un type adorable, charmant.

Conclusion de Mado. C’est la fin d’un très long chapitre et le commencement d’un autre. La vie c’est une chaîne, parfois il y a des anneaux qui se détachent, il faut espérer qu’ils créent une chaîne ailleurs. C’est l’ensemble des éléments qui fait la solidité d’une chaîne.

Voici Timiane la magnifique !

Timiane. J’avais pensé ne rien devoir ajouter à mon article et voilà qu’en parlant avec le chef d’orchestre neuchâtelois, Valentin Reymond, il me dit qu’Ernest avait un chien du désert. Je profite du fait que Mado ne retourne au désert que demain pour lui demander des détails. Effectivement, une fois qu’ils étaient au Niger, une chienne s’était jointe à eux. Au moment de repartir en Suisse, la chienne se couche, lève les yeux comme seuls les chiens savent le faire. Mado et Ernest demandent si elle a un propriétaire ; personne. On leur dit que s’ils le désirent, ils peuvent la prendre. Il n’en fallait pas plus pour que la chienne fasse partie de leur vie et devienne un membre de leur famille pendant 16 ans. Quel prénom ? Et quand vous retourniez en été au désert ? Demandè-je. Comme on l’a trouvée dans un village du nom de Timian et que c’était une femelle, on l’appelée Timiane et, bien sûr, elle retournait dans le désert avec nous. La race ? Mado doit épeler car je n’en ai jamais entendu parler – sloughi. Mado raconte encore qu’elle avait cherché un maître de chien pour qu’il lui dise comment lui donner une sorte d’éducation et, elle rit en me racontant l’affaire, ce dresseur lui a dit que c’était une race qui n’acceptait aucune sorte de dressage ! Le fait est qu’ils se sont bien entendus.

Le 1er février 2024 Mado s’en est allée rejoindre Ernest ! Mado s’est dit que c’était le moment. On le sait, elle est une personne très organisée et s’est dit que bien que le changement de dimension se fasse rapidement, il vaut mieux être prudente, prendre son temps, même si dans l’autre monde le temps n’existe pas comme ici, afin que le 14 février, jour des amoureux ils soient ensemble ! Le temps étant plus sec, sans neige ni brouillard, en Mauritanie, c’est de là-bas qu’elle partirait. Cela irait plus vite. C’est fait, Mado est partie au ciel depuis la Mauritanie et une autre porte du monde de ma Cave perdue se ferme…

Suite de la Cave perdue. Depuis que je suis entrée à la Cave perdue, j’ai pris autant de soin que possible du local, mais il est clair que depuis que j’en suis la seule locataire, c’est un autre chez-moi. Je peux librement appliquer ma devise « prendre soin des autres et des choses comme de moi-même ». Je remercie tous ceux qui ont permis que je travaille dans cet endroit et espère le rendre dans un bel état le jour de mon départ au ciel. Voici d’autres articles en lien avec la « Cave perdue« .

La notion japonaise de « kai zen » (amélioration continue) de la Cave perdue :

@3m.ossature. Travail avec une participante.

Une seule participante au cours. Dans un tel cas, je me dis que le destin l’a ainsi voulu et donc je prépare le cours. Ce qui est intéressant, c’est que je connais la personne. Elle vient de suivre celui sur les articulations et voulait aller encore un peu plus loin. Commentaire de la participante : « Je suis seule ? C’est dommage pour vous… Mais tout cela de gagné pour moi ! ». J’apprécie.

Mes cours pour Midi Tonus sont complémentaires. Ils apportent chacun des choses différentes, mais en suivant l’autre (peu importe l’autre), on va plus loin. La personne apprend à mieux écouter son corps, à mieux travailler avec lui et tant le ressenti que la compréhension physique et mentale sont meilleurs. Précision : dans les sessions organisées par le service de la Ville, une personne ne peut suivre un cours qu’une seule fois ; ce sont des cours d’initiation destinés à donner des pistes.

Le contenu de mes cours. Chez moi, on ne vient pas pour transpirer, passer un bon moment et ensuite reprendre sa vie. On vient pour apprendre des choses sur soi et les introduire dans son quotidien. Je me dis que nous vivons une époque où les gens zappent beaucoup, changent souvent d’activité et je fais en sorte qu’en quelques fois, les participants apprennent des choses sur eux qui peuvent les aider. Pour bien faire de la danse classique il faut des années et des années, pour bien poser le pied, il faut quelques fois. Ensuite, c’est une question de désir, de prise de conscience et d’autres nuances impliquant un changement dans sa manière de fonctionner.

Cours en présentiel et via WhatsApp. Cette fois-ci, une partie des cours a été faite en présentiel et le reste via WhatsApp car la personne est partie à l’étranger. Mais, on avait déjà travaillé via WhatsApp lors de la dernière session. Tout se passe bien et aujourd’hui, on arrive vers le milieu de la session.

Je demande à la personne de me dire quelles sont les étapes pour faire les résonances dans le corps. Elle se concentre et les donne au fur et à mesure, presque toujours dans l’ordre. Je lui précise que pendant la session, on va suivre un ordre et qu’ensuite, lorsqu’elle pratiquera toute seule, elle pourra écouter son corps qui parfois lui dira de commencer ici ou là et comme elle connaîtra la routine, elle comblera le reste après. Si on change à chaque fois, on sème le désordre et la possibilité de sauter des étapes.

Selon les personnes avec lesquelles je travaille, c’est plutôt un élément ou un autre qui est mis en exergue. Je sens que le moment est venu d’en ajouter une couche, si je puis dire.

De l’air entre les articulations. C’est ce qui me vient à l’esprit. Je demande à la participante d’imaginer que de l’air circule entre les articulations. La consigne est donnée et on continue les diverses étapes de tapotements dans le corps. Je rappelle de temps en temps que de l’air sépare les articulations. Précision : ce qui me vient à l’esprit n’est pas n’importe quoi, c’est ce qu’on appelle l’intuition et qui en fait est une idée adaptée à la circonstance.

Qu’est-ce que je me sens légère ! Voilà la remarque que j’ai entendu après un moment. Et c’est ce qui est fabuleux, je ne lui ai pas dit de se sentir légère. Cela aurait tout aussi bien pu apporter simplement du bien-être, ou même un effort, donc une tension puisqu’il fallait se rappeler les différentes étapes, ressentir le corps et imaginer en plus de l’air. C’est vrai que l’air est léger, mais il aurait tout aussi bien pu ne pas entrer. Il y a toute sorte de scénarios. Cette fois-ci, on était à l’unisson.

Je ne sais pas si j’aurais eu la même idée si j’avais eu un groupe de personnes, mais elle a été la bienvenue. Je remercie l’idée d’être passée par là !

Photo temporaire d’Essence, le squelette qui me tient compagnie dans mes cours. Je dois en avoir une entière dans mon ordi. Mais où ?

J’ai fini par refaire une photo-montage. Il faut ajouter mentalement de l’air à toutes les autres articulations… !

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@articulations – jouons avec elles. Apport des participants. 2

Une fois de plus, je ne peux que constater que ce sont les participants qui nourrissent mon cours ! Chacun a son monde et les mondes qui se croisent et se comprennent s’enrichissent.

Encore le confinement. On est encore dans cette drôle de période bien que certaines activités sportives et artistiques aient repris. Il faut quand même respecter un certain nombre de consignes.

Peu d’inscriptions. Je le constate dans divers domaines : bien que les gens se plaignent de ne pouvoir faire ce qui leur plaît, une fois les portes ouvertes par-ci, par-là, il n’y a pas foule. Cela ne fait rien, on va de l’avant.

Une seule participante à mon cours. Est-ce que vous l’annulez ? Me demande-t-on. Non, réponds-je. Si une personne trouve mon cours intéressant, je ne vais pas la décevoir. Je me mets à sa place et je me dis que lorsque cela m’est arrivé de voir supprimé un cours qui aurait pu m’apporter quelque chose, je me suis dit que quelque chose n’allait pas. Bref, ma participante arrive et me demande si cela ne me gêne pas de n’avoir qu’une personne. Je lui explique mon point de vue et on fait le cours.

La fois suivante. Après le premier cours, ma participante en parle à deux de ses proches connaissances et on se retrouve à trois. C’est magnifique !

Extraordinaire. L’une des nouvelles participantes a connu une partie de « mon monde », celle liée au Centre culturel neuchâtelois, à feu mon ami André Oppel et à tous ceux qui travaillaient avec lui dont Jacques de Montmollin, Ernest Grize et Mado Grize ainsi qu’à tous ceux qui gravitaient autour d’eux ; Freddy, Freddy Landry, est inclus dans la liste ! Je n’en reviens pas. Lorsque j’apprends cela, je me dis que tous ces personnages sont là, leur nom flotte dans l’espace, les meubles et divers aménagements de mon studio liés à eux reprennent vie différemment. Là, les temps sont mélangés pour n’en faire qu’un.

Le temps, ma façon de le vivre. Il est à la mode de dire qu’il faut vivre le temps présent. Mais qu’est-ce que le temps ? Je m’aperçois que bien des choses de mon temps présent sont liées à des temps passés qui me semblent si présents… J’en reviens au physicien Garnier Malet qui dit que le présent, le passé et le futur existent en même temps mais dans des dimensions différentes. Peu importe que l’on comprenne ces mots, il y a des moments où j’ai réellement le sentiment que tout est lié.

Le cours continue. Il se passe des choses très intéressantes. On le sait, nous sommes tous différents et avons des façons différentes de vivre et de ressentir les choses. En danse classique, s’il y a différentes écoles, il n’y a qu’une seule façon de faire correctement tel ou tel exercice. Dans le cours sur les articulations, c’est tout autrement : les ressentis sont très différents d’une personne à l’autre.

Un exemple parmi tant d’autres : une exercice passif pour les genoux. Une personne comprend qu’effectivement les muscles ne dirigent pas le mouvement, une autre encore sent que des tensions disparaissent aux genoux et une autre encore sent ses chevilles allégées. Et les trois ont raison ! C’est cela qui est passionnant.

La semaine passée. L’une des participantes me remercie très profondément parce que les exercices destinés à détendre les mâchoires et à faire travailler les gencives tout en ayant une action sur les dents a été une sorte de révélation. Je lui dis que si c’est moi qui lui ai permis de découvrir quelque chose, je l’ai appris de quelqu’un d’autre et que mon cours n’aurait pas été possible sans tant de liens entre des gens et des institutions, que cela forme comme un arbre. Ce qui est intéressant, c’est que je passe par une période où les événements se lient les uns aux autres et la présence de la participante, ainsi que ses mots, en sont une autre preuve. Je lui dis que j’ai écrit un article sur cette plateforme au sujet des remerciements, que cela rejoint ce qu’elle me dit. Voici comment je peux représenter les liens qui se tissent cette fois-ci :

Je précise que Catherine est venue grâce à Anne. Donc, les remerciements qu’elle me donne, incluent aussi Anne. Pour aller plus loin, mon cours n’aurait pas eu lieu sans l’existence du service des Sports. Je n’aurais jamais proposé de cours audit service si monsieur Thomas Facchinetti ne me l’avait fait connaître. Je n’aurais jamais parlé avec lui si le directeur, à l’époque, Roberto Betti, du Théâtre du Pommier, ne m’avait pas mise sur une voie qui m’a permis de me diversifier.
Alors voilà, on croit remercier quelqu’un et en fait les remerciements s’étendent ailleurs. Ce qui est beau c’est que – dans cet exemple – Mado n’a jamais pensé que son amour pour Ernest allait permettre à Catherine de faire une découverte ! Elle n’a jamais pensé que j’allais rencontrer André. Ernest n’a jamais pensé que je prendrais un soin infini de la salle qu’il avait remodelée.

Moralité. C’est comme dans les contes, il faut toujours faire bien ce qu’on a à faire, parce que c’est toujours utile pour quelqu’un.

Le CCN. Je cherchais dans mes affaires une carte de membre du ciné-club de l’époque et suis tombée sur la pochette d’allumettes que je garde depuis très longtemps. Vous remarquerez que la pochette est intacte. Je suppose que je l’ai prise parce que je la trouvais belle. C’est touchant de revoir cet objet qui mentionne la danse. Le sigle du CCN était si représentatif… Et que dire du numéro de téléphone, toujours en activité… Je le dis, le temps est « un ».

Je vois sur la Toile que l’entreprise qui fabriquait ces allumettes est toujours en activité. Je vais téléphoner.

Mado est ravie de tout cela. Elle attend que j’écrive un article sur le CCN et diverses faits de l’époque où elle, son mari et mon ami y travaillaient. C’est en cours !

D’autres fils. Je n’aurais pas écrit l’article si Anne n’avait amené Catherine. Et mes participants n’auraient pas fait la découverte de l’exercice sus mentionné si mon dentiste, Răzvan Duinea, ne me l’avait pas montré. Je le dis à Catherine qui me demande où se trouve le dentiste. Je réponds : à Bucarest, en Roumanie. Ah… répond Catherine un peu désarçonnée en pensant à la distance… Alors, ces fils du remerciement sont en quelque sorte les fils de la vie. Je remercie Anne, le docteur Duinea, un homme d’une finesse et d’une délicatesse remarquables, ainsi que tous les autres qui ont traversé ma vie d’une façon ou d’une autre parce qu’ils participent de ma construction.

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Autres articles liés au sujet :

Zully photographie des jambes.2

Voilà que je me trouve en ville pour quelques instants et je vois une dame, Christelle, qui bouge ses jambes au bout desquelles elle porte de magnifiques chaussures. Je dis au bout, car ses jambes sont longues et très minces. Une beauté !

J’hésite, puis lui demande si je peux photographier ses pieds. Elle s’y prête volontiers, bien qu’elle n’ait que très peu de temps. Je me dépêche.

Ce n’est pas la première photo, mais c’est la seule où l’on peut apprécier la finesse de la jambe qui va si bien avec ces chaussures. Le fait est que Christelle portait des jeans à la mode, soit déchirés, et que je trouvais que l’élégance du corps et des chaussures n’allait pas ensemble avec cette « mode ».

Pieds fins dans chaussures fines.

Je m’amuse à multiplier les pies

La fontaine de la Justice est devenue la fontaine des la balance de la beauté de pieds chaussés et le pillier estrenforcé par des chaussures…

J’espère revoir Christelle pour finir de lui prendre des photos !

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Spectacles de danse le 6 et le 7 mai 2021

Cela devient un leitmotif dans cette période si compliquée de notre histoire : contre mauvaise fortune bon coeur.

Une ouverture temporelle. Des spectacles peuvent avoir sous certaines conditions et je m’engouffre dans cette ouverture. C’est une chance !

Reprise et renouveau : cela faisait des mois que je n’avais présenté de spectacle. Le spectacle est quand même un exercice différent d’une répétition ou du travail quotidien. J’ai donc repris des numéros, des danses. Ils ont pris du temps à se remettre en place, mais une fois en terrain connu est venue la question d’un renouveau, d’un changement. Pourquoi ? On vit quand même des temps différents et mon public est composé de personnes averties. Il y a aussi le fait que je sens que je peux aller plus loin, et que je sens une certaine unité m’habiter. Une unité entre ce qui m’entoure et moi.

Mon public : comme je le disais, ce sont des personnes averties, des personnes qui me sont aussi proches et que j’ai invitées séparément. Il y a donc eu un spectacle une invitée et un autre pour une autre. Si c’est en partie pour respecter des normes – je suis quand même allée au-delà – c’est aussi parce que chaque personne est un monde et que ce sont des mondes dans lesquels je me sens bien. Ma représentation traite de thèmes peu usuels dans le cadre d’un spectacle et cela crée une atmosphère intimiste. J’aime cela.

Synchronicité. Il y a aussi le fait que j’ai récemment modifié l’allure de la salle grâce à un ami, Roger Peeters. J’insiste sur son aide, car il y a des changements inattendus dans la vie et parmi eux des heureux. Le changement d’aménagement de ma salle en fait partie et j’avais envie de présenter, dans ce nouveau décor, des spectacles à des gens que j’aime. J’ai toujours eu un public choisi et tous ceux qui sont venus me sont chers, vraiment tous, mais cette fois-ci, j’avais besoin de gens qui connaissaient mon histoire et vivent, en quelque sorte, ce changement avec moi. Il me reste une troisième personne. Alors, les circonstances étaient mûres pour que je puisse présenter des spectacles dans mon nouveau décor d’autant plus que je passe moi-même par des changements intéressants. Tout cela arrive dans une même temporalité.

Les coupes à champagne sont toujours celles achetées avec mon amie Ileana Iliescu, ancienne danseuse étoile de l’Opéra de Bucarest. Chez moi, tout fait partie d’un tout.

Le spectacle a été suivi d’un verre et d’un encas. Je n’ai pas pensé à prendre la photo de la « table » du premier spectacle, et une fois que j’y ai pensé… Le temps ne revient jamais en arrière dans notre dimension… ce n’est pas comme une montre. Mais, c’était semblable et surtout, le Mauler rosé était là aussi. Pour moi, il apporte une note magique.

Spectacle-exercice : comme je le disais, cela faisait un moment que je n’avais présenté de spectacle et l’exercice est quelque peu compliqué du fait que je le présente seule. Pour le premier spectacle, j’ai eu la chance d’avoir Roger, le même Roger Peeters qui m’a aidée à donner un autre aspect à ma salle, et qui cette fois-ci a été l’ingénieur du son. Le second, je l’ai présenté sans lui et il faut tout minuter ! C’est faisable et l’atmosphère est tout aussi détendue et intimiste.

Les yeux. La vue, comment l’améliorer, l’entretenir (en cours de rédaction)

C’est simple : il suffit de bien voir, de savoir voir… tout un savoir !

Regarde ! disent les parents aux enfants, tu vois ceci ? et là ? Je me demande si ce n’est pas comme cela que l’on commence à fixer une chose et à l’isoler du contexte. J’ai lu des livres, des articles sur comment améliorer la vue, mais c’est en allant consulter une spécialiste de la méthode Bates que j’ai appris à voir de façon consciente alors qu’il y a des gens qui savent voir de façon naturelle.

Je vous parle de mon expérience.

Dessin : c’est clair que personne n’a les yeux comme cela. Mais, c’est justement cela qui est intéressant. Notre vue est personnelle, tout comme notre visage, tout comme notre corps, tout comme notre personnalité et tout comme nos empreintes digitales. Nous sommes tous uniques et nous nous devons d’avoir une vue qui nous corresponde.

Pour resituer ce dessin : je donnais un cours de danse à une petite fille qui avait de la peine à savoir où ses genoux allaient lorsqu’elle bougeait. J’ai eu l’idée de dessiner avec elle des yeux et de les lui coller sur les genoux. Les dessins de la fillette avaient des couleurs « traditionnelles » ; lorsqu’elle a vu les miens, elle m’a dit que les yeux n’avaient pas ces couleurs. Je lui ai répondu qu’elle avait tout à fait raison, mais que comme c’était un dessin, on pouvait les dessiner comme on le voulait. Cela a travaillé dans son esprit, car peu après, non seulement elle en a dessiné de très décorés, mais encore elle leur a donné des prénoms. Elle est allée plus loin que moi. Fabuleux ! Je raconte l’histoire ici. Cette histoire semble hors contexte, mais elle est plus profonde qu’il n’y paraît. La fillette a appris à regarder les choses de façon différente et c’est l’un des moteurs de la vue.

La vue en tant que l’un de nos sens : je trouve fabuleux le fait que nous prenions contact avec le monde essentiellement par les yeux. Aucun de nos sens n’est en trop et chacun a son rôle à jouer, c’est comme dans un orchestre. Mais la plupart des choses nous parviennent à travers les yeux. Laissons pour le moment la pensée et son rôle de côté. On n’y échappera pas, mais, pour le moment, on va la laisser de côté. Quand on se réveille le matin, quand on ouvre les yeux, on reprend contact avec le monde : les couleurs, les formes, les attitudes des gens sont décriptées par nos yeux.

Mon expérience.1 : la première fois que j’ai eu des problèmes de vue, je venais de passer à un emploi où il fallait beaucoup lire et écrire. Je suis allée chez le médecin de l’institution qui m’a dit que je devrais porter des lunettes. J’en ai porté un moment, puis j’ai appris que la respiration pouvait faire bien des choses. En effet, lorsque les épaules, la nuque sont tendus, le sang circule moins bien ; j’ai commencé à faire des respirations. Au bout d’une année environ , je ne sais plus, mais bien quelques mois d’exercices, je suis retournée chez le médecin en lui disant que je n’avais plus besoin de lunettes. Il a dit : très bien. Il ne m’a pas posé de questions et mes explications sont passées par la fenêtre (qui était ouverte !).

Mon expérience.2 : bien des années plus tard, j’ai à nouveau eu la vue qui… j’ai eu recours à de l’homéopatie. Cela s’est rétabli.

Mon expérience.3 : je n’avais pas de problème particulier, mais je me suis intéressée à la vue parce que je donne divers cours et que je vois que les élèves et participants ont parfois des problèmes de vue. J’ai eu la grande chance de rencontrer le Dr Eva Lothar. Elle applique la méthode Bates.

L’oeil. Eva me dit que l’oeil est une bille et une bille est faite pour rouler. Elle pèse de 7 à 8 gr et a un diamètre de quelque 2 cm. C’est impressionnant que quelques grammes nous permettent de « voir le monde » ! Cette bille baigne dans du liquide. Ah, l’eau ! Élement précieux de notre vie. Nous sommes composés de beaucoup d’eau. Notre matière, si on la condense correspond à une surface inférieure au pommeau d’une épingle ! En fait, nous sommes essentiellement de l’information. Et la vision c’est de l’information. On retombe, sans le vouloir, dans la pensée.

Fascination pour les yeux et première parenthèse de cet article. En fait mes parenthèses et apartés, on l’a déjà vu, sont liés au sujet mais pas directement : je trouve fascinant qu’un si petit organe laisse passer l’image d’objets, de choses, d’êtres bien plus grands que leur taille et même que la nôtre ! Essayant de faire comprendre à mes petits élèves que nous avons des capacités surprenantes, je leur demandais d’imaginer le soleil, par exemple. Ils pouvaient tous le faire. Venait ensuite la question : pouvez-vous toucher le soleil que vous voyez dans la nature ? C’était souvent un étonnement pour eux de se dire que les choses étaient relatives. On ne peut pas tout toucher. Puis, je leur demandais d’imaginer leur chambre. Ils pouvaient facilement me la décrire. À la suite de quoi, je leur faisais comprendre que tout ce qu’ils avaient décrit était bien plus grand que leur tête et que pourtant c’était là. Je voyais aussi l’étonnement sur leur visage, suivi d’un sourire, d’un air entendu.

Autre chose que je trouve fascinante et belle chez tout le monde : l’iris. Nous n’avons pas tous les mêmes goûts, heureusement, d’ailleurs, et si je peux trouver un être beau, pas beau, l’iris des yeux est, dans mon monde, toujours beau ; il a des couleurs magnifiques, des reflets que je ne saurais reproduire, il se contracte, se dilate et j’y vois des paysages, des mondes, une profondeur fantastique. J’ai aussi eu l’occasion de voir l’oeil d’une personne décédée, il n’est pas du tout la même chose, il n’y a plus de vie, alors que le corps, dans ce même état, peut être beau.

Utilisation des yeux. Il y a plein d’exercices pour les yeux. Certains de ceux que j’ai pratiqués ne sont en fait pas conseillés. Si on pense à un exercice qui s’appelle le « qi gong des yeux », il ne faudrait pas le pratiquer parce qu’on tombe dans le travers du contrôle, sauf en cas d’astigmatisme, car là, l’exercice peut être bénéfique. Mais, prenons alors les choses par le début :

  • l’oeil est donc une boule et une boule est faite pour rouler ; elle s’adapte aux mouvements de la tête. C’est sa fonction physiologique ;
  • lorsqu’on regarde une chose, nous avons tendance à la fixer et à l’isoler du champ visuel. On fixe un crayon sur le bureau et le reste disparaît. En bref, on contrôle la chose, on contrôle la vue et on contrôle la situation ;
  • la vie actuelle nous contraint à utiliser des ordinateurs, des téléphones portables qui nous obligent à regarder à une distance fixe pendant longtemps ; là aussi, notre environnement tend à disparaître ;
  • si on prête attention, qu’on regarde devant soi et qu’ensuite on tourne la tête à droite, par exemple, la vue balaye le paysage ; on le voit défiler, tout comme si on était dans un train. Avec le temps on sent la présence et le déplacement de cette boule qui forme les yeux, alors que si on laisse la tête immobile et qu’on regarde à droite, à gauche, en haut, dans quelque direction que ce soit, on sent une tension dans les yeux. D’habitude, on ne la sent pas parce qu’on est focalisé sur la chose qu’on regarde ;

L’oeil :

  • il faut savoir que l’oeil n’est pas la vision, il est pareil à un appareil photo, il réagit à la lumière. C’est un récepteur sans sentiments ! Il ne fait que laisser passer la lumière, laquelle pénètre par la pupille, traverse le cristallin (soutenu par deux ligaments et deux muscles) et arrive au fond de l’oeil sur la rétine. C’est là que tous les points sont rassemblés et envoyés, via le nerf optique, vers le cerveau, qui, lui, va faire le travail de la reconnaissance et interprétation de ce que nous « voyons » ;
  • Eva m’explique que la lumière arrive sur les objets, lesquels vont la réfléchir vers nos yeux. Cela fait qu’en fait nous recevons une lumière « incidente ». C’est cette lumière réfléchie qui nous permet de savoir qu’à tel endroit il y a tel ou tel objet ;
  • cette lumière, une fois qu’elle a franchi la limite entre le monde extérieur et nous par la cornée de l’œil et l’humeur acqueuse va traverser l’oeil et arriver sur la rétine ; d’abord, elle va entrer par la pupille, traverser le cristallin, sorte de lentille biconvexe qui concentre toute l’information. L’oeil étant composé d’organes transparents, la lumière peut le traverser. La transparence s’arrête à la rétine. Influencée par un roman que je viens de réviser « Héritage sur ordonnance », de Franck Senninger, je ferai un jeu de mots simpliste en disant que la rétine retient la lumière. Je n’ai pas pu me retenir ! Mais, on n’oubilera pas l’image de la lumière qui arrive à une limite ;
  • la lumière arrive sous la forme d’un pinceau lumineux au centre même de la rétine, qu’on appelle  » la macula « .  Au centre de la macula il y a une petite cuvette, la fovéa, tapissée d’une dizaine de millions de cellules appelées cônes et qui nous donne l’acuité visuelle maximale = la vision centrale. Le trajet entre le trou de la pupuille et le centre de la rétine est direct ; la macula, quant à elle, nous donne la vision des détails en lumière diurne. Si on veut lire, on met le texte face à nous, pas sur le côté.
  • le reste de la lumière est reçu par une autre forme de cellules, les bâtonnets qui tapissent le reste de la rétine. Ce sont ces cellules qui s’occupent de la vision périphérique et qui nous permettent la vision nocturne ou sous faible éclairage ;
  • la rétine reçoit une image inversée de l’objet que nous regardons. Pour moi c’est un mystère, pourquoi ne pas voir directement dans la bonne position ? En fait c’est la trajectoire des rayons lumineux qui veut cela et ensuite le cerveau remet l’image à l’endroit. On le voit bien dans les boîtes obscures qui ont un tout petit trou. La lumière réfléchie par l’objet extérieur passe par le trou et reproduit sur la paroi parallèle une image inversée. C’est l’égal de la rétine. Ensuite, comme déjà dit, le cerveau rétablit l’objet dans la bonne position ;
  • tout cela fait que la rétine est l’équivalent du film des vieux appareils de photographie.

Ce qui améliore la vue :

  • Indéniablement c’est le relâchement de tensions. C’est vrai que personne n’aime se limiter, fait exprès de se limiter, reconnaît qu’il se limite ; mais changeons notre mode respiratoire, nos pensées (ça y est, la voilà, la pensée qui revient déjà) et on sent un mieux être, une relaxation, une légèreté. Cela fait que notre sang circule mieux, que nos voies se dégagent et qu’on retrouve une certaine souplesse. Et qu’est-ce que l’oeil ? Une boule essentiellement composée de liquide et maintenue par six paires de muscles. Qui dit muscle dit aussi mouvement, contraction, relaxation et tension. Le cristallin est lui-même tenu par deux autres muscles et l’on se doit de suivre le même raisonnement ;
  • faisons un aparté d’un autre genre, une digression, en apparence, car ce n’est qu’un parallèle : ce qui se passe avec l’allux valgus ou communément appelé « l’oignon ». C’est une déviation du gros orteil. Souvent il est opéré, l’os raboté. Or, un os ne peut jamais se déplacer tout seul, ce sont les muscles qui se raccourcissant ou s’allongeant permettent le mouvement. C’est sur les muscles qu’il faudrait agir ainsi que sur les causes de la tension, et, en ce sens, le travail sur les chaînes articulaires et musculaires donne des résultats spectaculaires, donc, sans opération. Ma plateforme n’est pas une tribune de querellle d’écoles, c’est simplement un lieu où je présente des réflexions, car, on le sait bien, des opérations sont parfois nécessaires. Ce serait idiot de dire le contraire. Mais, il y a d’autres cas où l’on peut réfléchir différemment. Tout cela pour dire que lorsque des muscles sont impliqués, de tensions et de relaxation il y a lieu de tenir compte ;
  • il en va de même avec les appareils dentaires. Je raconte une histoire ici.

Voici le champ visuel que nous avons devant nous. En réalité chaque oeil a un champ de plus de 90° et les deux ensemble arrivent à avoir plus de 180°, quand la vision est normale. Il faut donc comprendre mon dessin comme le champ visuel en général. Pourquoi plus de 180° ? simplement parce que les yeux sont bombés, avec des yeux plats, le champ aurait été de 180°. La vison centrale se situe devant soi et la vison périphérique est celle qui couvre le reste du champ. Cette dernière est extrêmement importante ; elle indique qu’on n’est pas en train de fixer le regard.

Conditions pour avoir une meilleure vue :

  • voici ce que me dit encore Eva : « Le travail de base de la méthode Bates est d’acquérir et de cultiver un état de conscience, d’attention de façon à utiliser tout ce qui nous tombe sous les yeux littéralement et qui nous servira d’exercice ». Cela tombe bien ! Dans mon monde, j’accorde de l’importance à toute chose qui traverse mon chemin. Je trouve qu’il faut traiter au mieux de ses possibilités tout ce qui vient à nous. Je suis tentée de faire des parenthèses, mais me retiens, car on en aurait pour des pages. En bref : je fais attention non seulement à mes choses mais aussi à celles des autres. Il en va de même avec les personnes. Ce sont deux notions différentes, mais elles feraient bien d’aller ensemble car toutes deux visent un état général ;
  • du contraste : « Les lectures avec un imprimé noir sur du blanc sont les meilleures. Elles permettent le contraste ». Je dis à Eva que lorsque je fais des exercices qui demandent une minute, je feme les yeux et vois défiler les nombres sous différentes formes et divers endroits, dans un noir plus accentué. Elle trouve que c’est excellent parce que cela ravive la réalité du noir ;
  • du mouvement : « Le cillement ( différent du clignotement !) en est la base, mais il y a aussi celui de la tête, du tronc et du corps. L’essentiel est de ne point fixer ». En fait c’est comme si on était tout le temps dans un train et de faire roules les billes que sont les yeux ;
  • de l’oxygène : « La respiration ! Elle est tellement importante. Un ceveau ne survit pas au manque d’oxygène ! »
  • de l’eau : « L »oeil est l’organe le plus liquide. Boire est important » ;
  • tous ces éléments vont ensemble, mais l’eau et l’oxygène vont la main dans la main. Une eau qui stagne ne remplit plus son rôle de transmetteur d’information (cf. Jacques Collin et J.-P. Garnier Malet).

Conseils pour améliorer ou entretenir la vue. En principe, il ne faudrait rien ajouter à mon article, car tout est dit. Ceux qui ont suivi les cours du Dr Eva Lothar ou d’autres ateliers liés à la méthode Bates, s’y retrouvent. Mais, nous sommes ainsi faits qu’il faut parfois nous rappeler de façon parfois répétitive ou différente les choses. Je me surprends moi-même à mieux comprendre l’utilisation des yeux lorsque j’explique l’une ou l’autre de ces notions dans mes cours et même en écrivant cet article. Mes cours, ainsi que déjà dit, ne sont pas liés à la vue, mais tout fait partie d’un tout.

Il y a des exercices précis, mais difficiles à décrire parce que c’est selon la réponse des gens à une directive ou à une autre qui fait que l’on peut réellement guider quelqu’un. Mais, deux exercices faciles à mettre en oeuvre sans difficulté autune. Ils sont d’une grande aide.

  • Les yeux dans le noir. Ce sont les exercices qu’on appelle « palming ». Vous trouvez les directives d’Eva sur Youtube ;
  • Afin d’ajouter encore du contraste, on peut laisser défiler des figures encore plus noires en gardant toujours les yeux fermés. Dans mon cas, lorsque je fais des exercices d’étirement au sol, je ferme les yeux et les nombres de 1 à 60 défilent. Cela fait que je vois plus noir que noir (tout le contraire des réclames des produits de lessive qui lavent plus bland que blanc !) et cela aide ;
  • Ne jamais forcer la vue. Jamais, jamais. Cela ne fait qu’augmenter les tensions. On regarde et on attend que l’écrit ou la forme apparaisse. Si ce n’est pas le cas, on peut toujours converger la vue ;

En résumé : La question, c’est comment mettre en pratique les conseils qui suivent alors que nous vivons « la vue » autrement… On peut aussi discuter de la place de chaque rubrique, mais elles vont toutes ensemble.

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Fête de la danse 2021 – Neuchâtel

Une fois de plus l’expression « Contre mauvaise fortune bon coeur » est de mise !

Rien ne sert de se plaindre dans une situation, la pandémie, qui nous échappe et avec laquelle il faut composer pour le bien de tous, pas seulement du mien, ni de celui du copain, mais de celui de tous. Une fois de plus, le rôle de la pensée est primordial.

Cela tombe bien, les deux cours que je peux présenter samedi 8 mai au théâtre du Passage se prêtent à l’exercice. En cliquant sur le cours vous avez le descriptif :

1. Atelier de mouvement pour le corps et l’esprit est l’occasion de prendre conscience de la façon dont nous vivons les événements, les choses qui nous arrivent dans la vie. Cette fois-ci, je vais m’inspirer, en plus du poème traditionnel, de deux magasins en ville.

La première image fait partie du cours classique que je donne, un fleuve avec des eaux tranquilles, des turbulences, de la lumière, des ombres, des dégradés de vert. On traverse tout cela en musique et on a un portrait de la façon dont nous vivons la vie. Les images supplémentaires sont une autre façon d’entrer dans la vie. Elles proviennent du magasin de pêche le plus ancien de Suisse Au Pêcheur et d’un autre magasin dont j’attends l’accord pour la publication d’un article que je lui consacre. Ces deux magasins se trouvent au centre-ville de Neuchâtel.

2. La valse comme chemin de vie est un moyen de montrer que nous ne vivons jamais seuls. Les circonstaces par lesquelles nous passons actuellement nous obligeront presque à coup sûr à valser à distance. Mais c’est aussi une chance de devoir imaginer le partenaire.

La valse traditionnelle se danse avec un partenaire masculin et un autre féminin, l’un guide et l’autre suit. Quand même, il ne faut pas croire que l’autre ne fait que suivre. Il est ausi acteur et on le verra au cours. Dans le cas de figure que nous vivons de nos jours, avec la pandémie, il est bon de rappeler que nous ne sommes pas seuls et que dans toute situation nous sommes au moins deux : le magasin et moi – le transport en commun et moi – le journal et moi ; le voisin et moi, etc.

Scène du théâtre du Passage : c’est une chance que d’avoir cette scène pour nous. On pourrait ajouter le couple « le théâtre et moi » ! Si on voulait avoir tous les couples, on n’aurait pas le temps de les « danser », mais on pourrait résumer l’affaire à « le reste de monde et moi » ce qui est déjà mieux que « moi et le reste du monde ». On pourra discuter du sujet. Je me réjouis !

Si la curiosité vous démange, voici l’article Au Pêcheur.

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