Célébration avec Roger Peeters au studio la « Cave perdue » (en cours de rédaction)

Mes articles sont de plus en plus fondus les uns dans les autres.

Tout cela parce que si mon intention première avait été la célébration de quelque chose de nouveau en moi, les remerciements sont toujours de mise et que lorsque je commence à décortiquer des remerciements, j’en arrive presque, sinon certainement, à la création de l’univers tellement les choses sont liées les unes aux autres dans ma vision ; que si je ne suis pas petite, Roger, quant à lui, mesure 1 m 89 et ses conseils et avis du haut de ses 1 m 89 si étonnants soient-ils me sont fort utiles ; de plus, les réparations et rangements que je fais en appliquant lesdits avis et conseils, parfois à ma façon, dans mon studio ont une très grande résonance en moi et tout cela me fait me dire qu’une nouvelle ère commence dans mon studio la Cave perdue.

J’invite Roger à boire du Mauler et il demande : que fête-t-on ? Je lui explique que depuis quelques années, au mois de janvier, je sens une nouvelle force arriver en moi. Je me rappelle la première fois que j’en ai été consciente. C’est comme une photo prise dans le temps. Ce jour-là suis allée, je ne sais pourquoi, sur mon balcon et ai constaté que certaines plantes étaient en fleur et que d’autres commençaient leur travail printanier. Je me suis dit que c’était la force du printemps avant la date officielle. Cette année-ci cela n’a pas été le cas – bon, de toutes façons cette année est hors du commun – mais, quand même, les derniers changements que j’ai apportés à mon studio ont commencé cet hiver, ils s’enchaînent les uns aux autres et réellement je me sens différente, neuve, avec des ressources, des voies ouvertes.

Alors, oui, que célébré-je ? Tout plein de choses et elles sont en grande partie liées aux conseils avisés et judicieux de Roger qui est, j’ai l’impression, tout le temps en train de penser. Je l’ai déjà dit, il est ingénieur en mécanique et connaît un tas de choses scientifiques et philosophiques.

Parmi ces choses que je célèbre et donc en grande partie dues à Roger :

  • l’histoire des épingles de sûreté. En bref : une épingle a une certaine utilité, on peut la transformer et elle reste épingle mais a tout à coup d’autres possibiltés. Il en va de même avec nous. Nous avons des capacités d’adaptation absolument étonnantes ; l’histoire a même permis à l’une de mes amies roumaines de mieux comprendre le rôle qu’elle doit endosser ces temps-ci. Magnifique ;
  • mes nouveaux rideaux au studio : ils sont bien suspendus, permettent des variantes lors des spectacles et donnent une autre allure au studio ;
  • mes panneaux décoratifs sont élégamment suspendus ;
  • les magnifiques chaises héritées de Freddy Landry participent d’une atmosphère de château dans mon studio ;
  • le nouveau décor du plafond donne une allure de palais impérial à la scène quand on la regarde de face et de bateau impérial lorsque je fais des exercices au sol ;
  • un renouveau de musiques pour mon usage grâce au conseil donné par un gaillard rencontré, par ce fameux hasard qui me rend si souvent visite, dans un magasin de musique ;
  • une nouvelle vitalité physique. Cette dernière année, à la suite d’une série de difficultés, j’ai peu travaillé, mais ces derniers mois, j’ai repris mon entraînement et je ressens mes muscles d’une telle façon que c’est comme si c’était la première fois. Cela me donne une nouvelle force ;
  • je retrouve ma créativité dans les exercices, les danses, le traitement avec les autres, en bref, dans toutes mes activités et elles sont nombreuses.

Les changements et moi. Ces changements ont demandé du temps, du travail. Ils ont impliqué des difficultés à vaincre, des solutions à trouver, comme tous les parcours normaux mais, enfin, je me suis dit que j’allais arriver au bout et que le temps apporte les récompenses. J’ai aussi appris qu’une certaine tendance que j’ai : revisiter mes affaires, leur trouver de nouvelles places, les réparer autrement, mieux les mettre en évidence correspond à une notion japonaise, kai zen. C’est Roger qui m’en parle. Cela veut dire « amélioration continuelle et à peu de frais ». Je ne suis pas tout le temps en train de me demander comment améliorer mes affaires, mais je m’aperçois que lorsque je les revisite, je trouve toujours de nouvelles formes, solutions, positions et que cela me procure une grande joie, une grande joie parce que je sens qu’en traitant les choses et les autres au mieux de mes possibilités c’est comme si je le faisais avec moi-même, en fait c’est cela, je me le fais à moi-même.

Pause ! Faisons une pause au milieu de ces considérations pour admirer la voiture de Roger et son propriétaire.

Fin de la pause !

Le changement le plus remarquable ou plutôt les deux choses qui me marquent le plus : ce sont les épingles et la décoration du plafond. Les épingles, parce que justement, alors qu’il faut trouver une solution, Roger modifie un outil banal pour lui donner une autre dimension et utilité. Tout à coup, je l’assimile à plein de changements par lesquels je suis passée ou passe et qui font que malgré tout je reste moi-même, redeviens moi-même ou m’améliore. Et la décoration du plafond c’est parce que depuis les nombreuses années que je travaille dans ce studio, personne auparavant n’a eu l’idée de Roger. Une fois installée, elle devient naturelle. Mais voilà, personne n’y a pensé avant lui. Et cela change ma scène, un endroit que je pensais immuable. C’est tellement inattendu que je me dis que tout ce que nous appelons miracle est possible. Illustration :

D’abord la seconde imgage : on voit un ruban. Celui-ci est attaché au rideau de scène qui n’arrive pas jusqu’au bout du mur. Le ruban comble la distance. Maintenant qu’on est en terrain connu, on peut continuer avec l’histoire de l’épingle. L’illustration de l’épingle transformée par Roger permet deux choses : 1. d’enlacer le ruban et l’oeillet ; 2. lorsque j’enlèverai le rideau pour le laver, je n’aurai qu’à ouvrir l’épingle et lorsque je le reposerai, je n’aurai plus besoin de passer du temps à mesurer une fois de plus la bonne distance entre le rideau et l’anneau de l’oeillet. Astucieux !

Je raconte à Roger les considérations que la transformation de l’épingle m’inspirent et il répond : mais cela ne m’a pris qu’un instant. Je ne peux pas dire le contraire, mais justement, cet instant est très porteur et toute chose « parle » si on sait écouter. Je vois, ici aussi, un lien avec la métaphore des miroirs.

Constat : mes articles se fondent de plus en plus les uns dans les autres. La notion du temps s’invite une nouvelle fois. Je comprends de mieux en mieux ce que le physicien Garnier Malet veut dire avec le dédoublement du temps. En effet, les nombreuses années (quelques dizaines, quand même) où j’ai vu le vilain plafond ont disparu, je ne peux même plus m’y transposer et en un instant, pour ainsi dire, j’ai une autre vision. C’est l’illustration du passage d’une dimension temporelle à une autre.

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Tamara ou la rencontre avec mon miroir – rencontre particulière 17

РУССКИЙ ТЕКСТ

Chaque fois que je rencontre Tamara en ville, je suis heureuse.

Aujourd’hui, je me disais que ma vie était quand même quelque peu difficile ; sentiment déjà éprouvé bien des fois et qui, en même temps, me disait aussi que solution il y aurait. Et voilà que je rencontre Tamara, Tamara est une personne fort intéressante. Ainsi que je le dis dans d’autres articles, chaque fois que je renontre des Russes, je sens tout simplement que l’amour descend sur terre !

On dit que nous ne rencontrons que nos miroirs, on dit aussi que nous connaissons toutes les questions qui se dressent devant nous et leurs réponses, mais que nous ne savons pas toujours les voir, les entendre ; raison pour laquelle, la vie nous aide en nous envoyant des miroirs sous forme de choses, de situations et de rencontres. Aujourd’hui, mon miroir s’appelle Tamara. Tamara est une femme forte, elle essaie toujours de trouver une solution. Elle a baucoup de patience. Elle est aussi persévérante. Elle a des qualités qui me plaisent et nous avons les mêmes valeurs. C’est tellement important ! Dans une famille, tous les membres portent le même nom, ont le même sang, mais ils peuvent être très différents les uns des autres et parfois nous pouvons nous sentir proches de certaines personnes sans raison apparente. C’est ce qui arrive avec Tamara.

De façon générale, il vaut mieux parler de complications, de difficultés, que de problèmes. Pourquoi ? Parce qu’il y a des problèmes sans solution alors qu’une chose lourde peut être soulevée à l’aide d’un levier. C’est bon de le savoir. Comme on le sait, des difficultés, on en a, elles arrivent, parfois, sans invitation. Quand elles sont devant nous ou même dans notre intérieur, il nous faut trouver une solution. Je me rappelle que lorsque mon ami, André Oppel, est parti au ciel, je me suis dit que du temps des pharaons, la femme du pharaon partait avec lui et je me suis dit que je serais aussi bien partie. Pas possible. Maintenant, je me rends compte que depuis lors j’ai appris bien des choses intéressantes, pas seulement intéressantes mais aussi vitales !

Comme déjà dit, il y avait à nouveau des difficultés sur mon chemin. Eh oui ! Une fois de plus, mais, je vois, en même temps, que ma vie change. Comment le sais-je ? Je m’en rends compte parce que lorsque je range des choses chez moi, ou dans mon studio de danse, je leur trouve de nouvelles places et que lorsque j’en répare, je trouve de nouvelles méthodes, de nouvelles solutions, je reçois des aides inattendues, etc. Par exemple : j’ai chez moi des rideaux qui sont suspendus à des anneaux, eux-mêmes suspendus à des petits crochets en plastique. Les premiers crochets que j’ai achetés, il y a des années, étaient solides ; les actuels sont d’une très mauvais qualité – tout comme bien des choses de nos jours – et se cassent rapidement. Cette fois-ci, je les ai remplacés par des rubans et voilà que je n’aurai plus de problème avec des crochets. Ouf ! C’est comme cela que je sais, c’est mon esprit qui me le dit, que de nouvelles solutions sont en chemin et que ma vie va devenir plus simple. Je n’ai pas d’explication pour cela, c’est ainsi. Chez moi tout est lié, l’intérieur comme l’extérieur.

Seulement, dis-je à Tamara, cette fois-ci, je suis quelque peu fatiguée des leçons de la vie. Je trouve que j’ai déjà assez appris et que, tel un bateau, je mérite de voguer au large ! Qu’est-ce que tu racontes ! réplique Tamara – tu as l’air en meilleure forme qu’il y a cinq ans et bien meilleure que lorsque ton ami est parti au ciel. Tamara ne parle jamais en l’air.

Voici le genre de propos qu’elle m’a tenus :

  • « nous devons remercier, chaque jour, ce que nous recevons. Vraiment tous les jours !
  • il faut toujours faire face à ce qui se présente :
  • ceux qui ne nous comprennent pas sont tout simplement autrement, ce n’est pas important ; c’est à nous à faire l’effort de les comprendre » . Cette dernière phrase me rappelle Iossif Leonidovitch , un autre ami russe, qui me disait au sujet du même thème : « Lorsque tu regardes le monde d’en haut, il est tout petit ». Il avait raison.

Au sujet des propos de Tamara, je vous laisse réfléchir. Mes réflexions se réfléchissent dans les articles cités en bas de page.

Voici la rencontre avec Tamara en images. C’est comme dans les réclames : avant et après. Dans le cas présent, avant et après la rencontre avec Tamara.

Avant
Après

Ce qui est certain, c’est qu’une fois que nous avons traversé le tunnel, nous nous apercevons qu’il a valu la peine de tenir debout et on a un sentiment de victoire ! Seul bémol, la durée du tunnel… Mais, la sortie… elle est pleine de lumière !

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Une princesse en détresse…

J’attendais Roger l’ingénieur pour continuer une série de travaux dans mon studio de danse, studio un peu frais, car c’est une cave. Le soleil de ce mois de février m’a conviée dehors pour découdre une jupe héritée de l’Opéra de Bucarest que je voulais transformer pour l’une des danses de mon prochain spectacle. Je vais donc dehors.

Le soleil ensoleillant un endroit où je ne pouvais m’asseoir, je découds ma jupe debout et voilà qu’arrive par les « Escaliers des prisonniers » renommés « Escaliers de la sorcière » un passant. En plaisantant, je lui dis qu’enfin je vais pouvoir demander de l’aide. Il me demande de quel genre et je lui montre en rigolant ma jupe. Il me dit : « Au revoir ! ». Mot un peu court, mais il n’y avait peut-être rien à ajouter.

Un passant romantique. Je continue à découdre ma jupe et apparaît un autre passant auquel je sers la même scène. Il me regarde et s’exclame « Vous êtes une princesse en détresse ! ». Je lui dis qu’enfin quelqu’un a tout compris. Je lui dis qu’en plus en face a habité un ami parti au ciel et que je me sens telle une Roméa en bas du balcon de son Juliet. Le passant dit qu’il n’a malheureusement pas de carrosse magique pour m’emmener au pays des… Il ne trouve pas le mot et j’ajoute « des « rêves », mais qu’il me souhaite une excellente fin de journée. Je lui souhaite la même chose en me disant que ce pays des rêves est peut-être tout proche. C’est quand même beau de rencontrer des passants romantiques !

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Liens vers « Contes »:

De l’art de l’utilisation des épingles de sûreté = rangement en soi et ressources insoupçonnables à notre disposition

Une fois de plus, on retrouve Roger Peeters, l’ingénieur que je qualifie d’ingénieur ingénieux !

C’est bien vrai, ce n’est pas parce que quelqu’un exerce une fonction, un métier et qu’il est professionnellement qualifié qu’il est ingénieux, inventif, réfléchi. Roger est un ingénieur ingénieux.

C’est bien vrai aussi, nous avons parfois des ressouces au-delà de ce que nous croyons avoir.

Mes histoires s’imbriquent les unes dans les autres. J’ai eu l’idée de mettre des rideaux rouges comme fond de scène pour des danses à venir. Le temps que je retourne en Roumanie, que je trouve le bon tissu, que je confectionne les rideaux et que je trouve quelqu’un pour m’aider à les suspendre… a été long. Roger est intervenu dans la dernière étape. Mais, cela fera le sujet d’une histoire séparée. L’objet du jour, pour ainsi dire, est l’utilisation insoupçonable des épingles de sûreté..

Un rideau latéral des deux côtés. J’ai pensé à combler le vide avec des rideaux supplémentaires attachés avec des ficelles afin de pouvoir les enlever facilement lors du nettoyage général du studio. Roger s’est dit qu’il devait exister un système plus simple.

Il m’a demandé si j’avais des trombones, mais je n’en avais pas sur place.

Mes outils. Dans le studio, j’avais étalé mes outils et différentes autres affaires nécessaires à l’accrochage des rideaux et à la couture d’anneaux de suspension. Roger s’est approché de mes épingles de sûreté, en a pris une ainsi que la grande pince, a traficoté l’épingle, est monté sur l’échelle avec le rideau et en a accroché un bout sans peine à l’aide de l’épingle modifiée. Il m’a montré comment faire.

Les épingles de sûreté. Voici la tranformation :

Moralité : une épingle peut faire plus qu’une épingle tout en restant une épingle ! C’est-à-dire que l’espace entre les deux barres de l’épingle augmente et permet soit de saisir plus de tissu soit d’embrasser le diamètre d’un câble supérieur à ses capacités originelles – c’est le cas cette fois-ci. C’est ce qui est fabuleux. On pense qu’on n’a pas ce qu’il faut et finalement on a ce qu’il faut.

Système D. On parle du système D ou système de débrouillardise. Ce système fonctionne très bien dans des pays en voie de développement ou anciennement dans les pays de l’Est. C’était presque une norme dans ces derniers pays. Aussi, voir un Hollandais (Roger est hollandais) inventer des choses pratiques est étonnant. On peut dire que son métier l’aide, il est ingénieur en mécanique, mais je sais bien que cela n’explique pas tout ; il faut un certain esprit d’ingéniosité.

Il en va de même avec nous. Il semble que nous n’ayons à faire face qu’à des situations qui sont à notre mesure. Néanmoins, il arrive que nous nous trouvions dans des situations qui semblent nous dépasser, mais tout à coup une solution simple et limpide apparaît. Nous ne nous sommes pas transformés, nous ne sommes pas entrés dans l’habit de quelqu’un d’autre, nous avons simplement eu une éclaircie dans notre esprit et nous trouvons, à l’instar de l’épingle, à faire plus qu’on ne l’avait cru.

La relation avec les autres est toujours porteuse de leçons. Cela me rappelle une leçon de vie d’un de mes autres maîtres de ballet, maître Oprea Petrescu, un jour que je lui posais une question il m’a dit : tu peux apprendre quelque chose de tous les professeurs de danse, même du pire, car tu apprendras au moins à ne pas faire comme lui. C’est une leçon de vie que je porte en moi et que j’ai transposée à tous les domaines.

Merci Roger et merci maître Oprea Petrescu !

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Михаил и Ольга Верхоланцев : необычная встреча 7

У меня есть мечта : совсем хорошо говорить по-русски. Я бы хотела провести несколько месяцев в России (два ?). Я уже там была и каждый раз была рада, но я давно не была и когда появляется какая-то возможность, что-то случает и ничего нет. Если кто-нибудь прочитает эту статью и увидит ошибки, я хотела бы знать. Заранее спасибо !

Эту статью я давно писала на французском языке и только сейчас пробую её перевести. Как случает такая вещь ? Вещи у меня завязанные. Они как дерево с разным ветвями, и несколько раз они пересекаются : у меня было ветка с другом Иосиф Леонидович Прут и только несколько дней назад я умела писать на русском языке – я хотела поблагодарить Иосифа, потому что я у него учился урок жизни и потому что он был моим другом ; искала помощи, но не нашла и вдруг решилась делать самостоятельно с помощью бесплатного онлайн-перевода. Благодарю эту службу и помощь. Прут был таким сильным человеком, что думаю, что тот факт, что я думала о нему, писала о нему, победил во мне силы. Я знаю, что кому-то не обязательно нужно быть рядом, даже нет в нашем мире, чтобы помочь.

Это Scooby, собака моих английских соседей из танцевальной студию, которая сделала нашу встречу возможной. Скуби только приехал в семью, и я попросила если ли я могла погулять с нему, Мы погуляли обычно в дворце города Невшатеь, Швейцаря. Однажды мы гуляли, и вдруг услышала двое людей говорят по русский ; они погуляли с ребёнком в коляске. Ни один, не два, я подхожу и говорю с ними. Они из Москвы !

Сразу радость в моём сердце и в их сердце. Я это чувствую, и не нужно объяснить. Это любовь, которая исходит на Землю или рождается в наших сердцах и окружает нас ; это видно. Затем устанавливается особые отношения, которая составляет меня говорить себе, что мы всегда знали друг друга ! Я приглашаю их прийти на спектакль, который я организовываю для них со своей ученицей подростка.

В день спектакле, они говорят, что на самом деле их дочь вышла замуж за человека, которому принадлежало помещение. Это замечательно !

Программа – 2016.02

В конце спектакле, Миша говорит мне : « Вы Мистика ! « 

Тогда он объяснил мне, что он любил цвети, мысли, темы танцев, и рассказал, что для него в мускулы секретов не было, так как он художник и он много изучал анатомию. Позже, он будет подарить мне эскизы по анатомию. На самом деле, как я узнала позже, он известный художник-гравёр. Он заслуженный артист России ; это говорит само за себя ! Он посвятил мне последнюю брошюру, которую только он опубликовал. Вот автограф его :

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Такой автограф – золото !

Когда ученица мая узнала, что наш зритель был известным персонажам, известен на всю Россию, ученица мая воскликнула : я думала, что вес известные люди мёртвые !

В Михаиле много замечательного, но больше всего меня тронуло то, что я узнала, что в детстве у него был костный туберкулёз, из-за которого он почти шест лет лежал в постели на спине в больницах, чтобы избежать деформацию, которая сделала бы его горбатым. Он имел дело с очень хорошими врачами. И, как это ни странно, по его словам, его недоедающее поколение произвело на свет очень хороших спортсменов, которые выделялись на Олимпийских играх 1956 года. Он сам стал очень хорошим бегунами. Вы должны видеть его форму ! Что касается его характер… золото !

Его жена тоже персонаж, Недаром Михаил её выбрал, Оля поёт и поёт учит. Она такая же милая, как и он, и с ними приятно находится. У неё мощный смех, не сильный, но сила её характера чувствуется,

Все мои необычные встречи мне дороги и каждая по разным причинам должна быть No 1 ! Этот, связанная с собачкой Скубу совсем обычная, и мне пришлась ждать, пока что-то сядет внутри меня. Щелчок был дан несколько недель назад. Я шла в студию, думав, что надо было послать ещё раз рождественское поздравление, потому что я не получила ответ её (знаю, не все должны отвечать, но с их стороны это особенно…) и вот, что вижу какое-то лицо, которое посмотрит на меня с улыбкой. Это Миша, который придёт ко мне в обратном направлении, и который говорит : « Какая замечательная встрече ! » и мы стали говорить, как бы мы расстались накануне. Мы в январе 2019, а наша первая встреча состоялась в 2016 года !

Приключение, ссылка продолжается. Мы приходим в 2021 год, и я получаю пожелания в этой форме :

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Ангел с лютней, гравюра на дереве символ творчества 2019. Работа сделана для библиотеки Президента Академии художеств Зураба Церетели. Михаил Михайлович  член-корреспондент Академии.

Мы видим изящество и силу, внимание к деталям, точность, одновременно с большой мощностью. У меня любовь !

Я сказала, что я буду показать эскизы… Они скоро являются…

Ссылки :

Иосиф Леонидович Прут. Резерв. Понятие о резерве. Необычная встреча 16.

У меня особое отношение к русскому языку. Этот язык вдохновляет меня любовь. Для меня русский язык = любовь. Поэтому я с большим удовольствием переводу свой текст. Не скрываю, что онлайн-перевод очень помогает. Благодарю эту службу.

Понятие резервов в нашем обществе — это понятие скорее часть финансов. Но в восточных странах оно было частью ежедневого. В магазинах не всегда были товары и когда продукты привозили, люди стояли в очереди. Обычно они были длинные. Тогда, люди не выходили из дома без сумки на всякий случай. Сейчас, когда пандемия бывает те, кто жили в этих странах попадают в несколько знакомых пейзаж. Это преимущество сложности, значит очень полезно. Испытания часто оказываются благотворными. Именно этот опыт побудила меня предложить курсы, на которых я даю упражнения, которые мы можем практиковать для нашего здоровья и которые позволяют избежать ненужной нервозности, когда нам приходится ждать своей очереди в магазине.

Это понятие тоже является частью повседневной жизнь армии. Надо быть предусмотрительным дальновидным в жизненно важном.

Иосиф Леонидович Прут, 1986 г. Я познакомился с ним, когда ехала в Москву на курсе русского языка. Однажды вечером, наша группа студентов пошла случать оперетту, Катрин, и я познакомилась с автором : Иосиф Леонидович Прут. Он был в своей театральное ложе. Мы стали друзьями. Это не было сложно. Он был очень открытом и любил артистов.

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Вот первая страница программы с автографом автора сценария и автографом постановщика произведенья.

Понятие резерва. Прут, которого мне представила как генерала Советской Армии и автора сценария разных жанра, сразу подружился со мной. Я вернусь к его деятельности позже. Мы говорили о многом, о его поездке в Польшу после поражения немцев вместе с маршалом Жуковым и другими людьми, которых он знал. Но что отличало меня, даже сегодня, это понятие « резерв ». У меня есть несколько жизненных уроков, который я училась сознательно, и это один из них. Он сказал мне, что у него в ящиках лежали несколько сценариев разных жанров, в зависимости от ситуаций. Он уточнил, что всегда нужны резерва (запас). Это в высшей степени стратегическое понятие. Я вижу его в его кабинете. Я также слышу его голос и его силу исходящую от него. Это понятие проникло в меня, потому что у меня не всегда были средства, чтобы позволить себе что-то, когда появляется возможность, я делаю резервы. Очень часто думаю о нем. Я не такая стратег как он, но может быть, когда у меня жизнь изменяется, я использую разные стратегии, которые мне подсказывает моя интуиция. Я тот, кто делает вещи для удовольствия, а не из благоразумия, расчётов, обязательств. Не всегда жизнь украшена цветами, но я всегда нахожу удовольствия и символы, который меня питают.

В начале 1990-х. Я вернулась в Москву и посетила Иосифа. Мы пошли в магазин, где продавались балетные тапочки. Было лето и я была в сандалях на босу ногу. Не знаю, думала ли я о покупке балетный тапочек до того, как мы вышли из дома или нет, но дело в том, что мне пришлось примерить пуанты, о носков у меня не были. Мой генерал снял свой и отдал его мне. Мы не обменялись словами, это произошло очень естественно, как будто мы репетировали сцену из его сценария. Я смогла купить много пуантов и они уменя ещё остались. Вот пример запасливости.


Танцовщица должна уметь зашивать тапочки, чтобы починить их. Касатетльно этих пуантов, они волшебные. У меня некогда не болели ноги в них и особенно я могла сразу встать на пуанты. Пояснение для тех, кто никогда не носили пуанты : часто необходимо « раздавить » пуанты, чтобы можно было надеть их. Займусь этим делом на днях. Дело в том что эти пуанты очень подходят мне . Они созданы для меня !
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Портрёт Иосифа Леодиновича Прута. Вот он !

Он излучал силу и дружескую симпатию тем кого он любил, и уважение, когда это было необходимо с другими людьми, и что-то ещё, что вдохновляло на выполнение его приказов без обсуждения, в другие времена. Он стоял очень прямо, и у него был живот, которому могут позавидовать мужчины, тренирующие мышцы в спортзалах.

Его живот. Иосиф Леонидович показал мне упражнение, которое он делал каждый день : двумя пальцами одной руки, он поднимал стул. Он заставил меня прикоснуться к его животу, который был твёрдым как камень, и ему было больше 90 лет ! Он тоже показал мне, как защитить себя, если кто-то нападает на меня.

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Вот что он написал мне за верхней фотографией, которую он прислал мне по почте.

Русский язык. Я объясняю в статье, написанной на русском насколько русские используют ласковые слова. Это не случается по-французски. Когда я встречаюсь со своими русскими друзьями, слова любовь всё время расцветает. Прут очень хорошо говорил по-французски так-как мальчиком учился в Швейцарии. Но он имел в виду, что мы очень хорошо поладили и что он может одолжить мне свой носки. Не более того !

Анекдоты. К сожалению, я не всё запомню и некогда не думала писать о Пруте, но в наши дни я очень часто думаю о нему, об уроках, которые я использую в своей жизни ; это мои способ поблагодарить его :

  • Пикассо. Однажды Прут встретил Пикассо в Париже. Он рассказывает ему, что в Москве он видел картину Пикассо, но он не купил её, потому что это была поделка. Ты идиот, Прут, ответил Пикассо. Если бы ты купил её, я бы написал внизу  » Это нет Пикассо », я бы подписал и у тебя был бы Пикассо !
  • это не анекдот, но он общался с деятелями советского режима на вершине пирамиды и сказал мне, что он сожалеет, что у него нет времени рассказать другие стороны Истории ;
  • Он приезжал ко мне в Неашатель, Швейцария, на два дня и я приготовила ему что-нибудь поесть. Я видела у него дома на тарелке была свёкла и приготовила её для него. Когда он увидел свеклу, он сказал « я уже достаточно ем её дома ! »
  • Дома, у Прута, были картины и рисунки известных людей, и он заказал картину у меня. В то время я рисовала картины, подобные показанной ниже. Когда я ему принесла, он сказал :  » Нет народного цвета ! » Я задержалась на секунду и наконец поняла, что не использовала « красный ». Он всё таки нашёл место для моей картины ;
  • Он был благодарен Никите Хрущеву, потому что последний открыл границы, и Прут смог возобновить отношения с родственниками своей семьи ;
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  • Ольга Лепешинская. Я была в гостях у Прута, когда сказала ему, что хотела бы поговорить со знаменитой балериной 1950-х годов. Не один, не два, он ей сразу звонит. К сожалению, она больна. Я спросила своего друга Прут просить ей автограф. Двери балерины были открыты для него, и он принёс дамой автограф. Вот он :

Когда я познакомил Иосиф со своим покойным другом Андре Оппел на середине 1990-х, когда он вернулся в Швейцарию, я представил его как генерал и он сразу заметил, что он не только это. Он также приехал, чтобы его художественный работы были более заметными. В Интернете говорят, что он не был генералом. Это не важно. В Большом Театре он праздновал свое 90-летие, он был известны Персонажем н я носила его носки !

Ссылки на :

Iossif Leonidovitch Prout. Réserves. La notion de réserve. Rencontre particulière 16.

J’ai un rapport particulier avec le russe, c’est une langue qui me fait fondre. Aussi c’est avec un plaisir certain que je me suis efforcée de faire la traduction de mon texte. Je ne cache pas que la traduction en ligne aide énormément. Je remercie ce service.

La notion de « réserves » est plutôt du domaine financier dans notre société. Mais, dans les pays de l’Est, elle faisait partie de la vie quotidienne. Il n’y avait pas toujours des produits dans les magasins et il fallait profiter quand il y avait des arrivages. Là, on faisait la queue. Elles étaient souvent longues. D’ailleurs, on ne sortait jamais de la maison sans un sac à provision pour le cas où. Maintenant que la pandémie est arrivée, ceux qui ont vécu dans ces pays se retrouvent dans un paysage quelque peu familier. Voilà un avantage d’un inconvénient ! Les épreuves sont bien souvent salutaires. C’est d’ailleurs cette expérience qui m’a fait proposer un cours où je donne des exercices qu’on peut pratiquer pour notre santé et qui évitent les énervements inutiles lorsqu’on doit attendre notre tour dans un magasin.

C’est aussi une notion qui fait partie de la vie quotidienne de l’armée. Il est nécessaire d’être prévoyant et se limiter à ce qui est vital.

Iossif Leonidovitch Prout, 1986. Je l’ai rencontré lorsque je suis allée à Moscou suivre un cours de russe. Un soir, notre groupe d’étudiants est allé écouter une opérette, Catherine, et on m’a présenté l’auteur du scénario : Iossif Leonidovitch Prout. Il était dans sa loge. Nous sommes devenus proches. Ce n’était pas difficile, il avait une ouverture d’esprit peu commune et aimait les artistes.

Voici la première page du programme avec son autographe en tant qu’auteur du scénario accompagné de celui du régisseur de l’oeuvre.

La notion de réserve. Prout, qui m’a été présenté en tant que général de l’Armée soviétique et en tant qu’auteur de scénarios de divers genres, m’a immédiatement adoptée. Je reviendrai sur ses fonctions. Nous avons parlé de bien des choses, de son entrée en Pologne après la défaite des Allemands aux côtés du maréchal Joukov et de diverses autres personnalités qu’il avait côtoyées. Mais, ce qui m’a marquée, encore aujourd’hui, c’est la notion de « réserve ». J’ai quelques leçons de vie que j’ai apprises de façon consciente et celle-ci en est une. Il m’a dit qu’il avait dans ses tiroirs des scénarios de divers genres selon ce qui se présentait. Il a précisé « il faut toujours avoir des réserves  » ! C’est une notion éminemment stratégique. Je revois le moment et son bureau. J’entends aussi sa voix et la puissance qui se dégageait de sa personne. Cette notion a fait son chemin en moi, car je n’ai pas toujours eu les moyens de m’offrir ceci ou cela, et lorsque l’occasion se présente, je fais des réserves. Bien souvent, je pense à lui. Je ne suis pas aussi stratège que lui, mais peut-être que lorsque je prends des virages dans ma vie c’est aussi une certaine stratégie, pas toujours consciente, qui me guide et qui s’approche de l’intuition. Je suis quelqu’un qui fait les choses par plaisir plutôt que par prudence, calcul, obligation. La vie n’est pas toujours semée de fleurs, mais je trouve toujours du plaisir, des symboles qui me nourrissent.

Au début des années 1990. Je suis retournée à Moscou et j’ai rendu visite à Iossif. Nous sommes allés dans un magasin qui vendait des chaussons de danse. C’était en été et j’avais des sandales, je ne portais pas de chaussettes. Je ne sais plus si j’avais pensé acheter les chaussons avant qu’on sorte de la maison ou pas, mais le fait est qu’au magasin il fallait essayer les chaussons et que je n’avais pas de chaussettes. Mon général a enlevé las siennes et me les a passées. Je revois aussi le moment où il a enlevé sa première chaussette et qu’il me l’a donnée. On n’a pas échangé de mots, cela s’est fait d’une façon très naturelle, comme si on répétait une scène de ses scénarios. J’ai ainsi acheté une bonne quantité de chaussons. J’en ai encore. Voici un échantillon.

Une danseuse se doit de pouvoir broder ses chaussons pour les réparer. À propos de ces chaussons, ils sont magiques. Je n’ai jamais eu mal aux pieds avec eux et, surtout, j’étais tout de suite sur pointes. Explication pour ceux qui n’ont jamais porté des pointes : il faut souvent « triturer » les chaussons pour qu’on puisse monter dessus. Je vais traiter le sujet un de ces jours. Le fait est qu’avec eux, il ne fallait pas faire grand-chose. Ils ont été faits pour moi !

Iossif Leonidovitch Prout en portrait. Le voici !

Il dégageait une force qui était pleine d’amabilité avec quelqu’un qu’il aimait bien, de respect et de distance quand il le fallait avec d’autres personnes et de quelque chose de plus qui inspirait l’exécution de ses ordres sans discussion à d’autres moments. Il se tenait très droit et avait un ventre d’une solidité à faire pâlir les hommes qui font des abdos dans les gymnases.

Son ventre. Iossif Prout m’a montré un exercice qu’il faisait tous les jours : avec deux doigts d’une seule main, il soulevait une chaise. Il m’a fait toucher son ventre et on aurait dit du caillou, plusieurs cailloux alors qu’il avait dépassé les 90 ans ! Il m’a aussi montré comment me défendre si quelqu’un venait à m’attaquer.

Un petit mot derrière sa photo. Voici ce qu’il m’a écrit derrière la photo du haut qu’il m’a envoyée par la poste.

Il ne faut pas le prendre à la lettre. Lorsqu’on parle en russe, il y a pleins de mots chaleureux, amicaux qu’on n’utilise pas en français de la même manière. Lorsque je rencontre mes amis russes, des mots d’amour fleurissent à tout bout de champ. Prout parlait le français très bien puisqu’il avait fait ses études en tant que jeune garçon en Suisse, mais ce qu’il a voulu dire ici c’est que nous nous entendions très bien, au point de me passer ses chaussettes. Sans plus !

Des anecdotes. Je n’ai malheureusement pas tout retenu et n’avais jamais pensé écrire sur Prout, mais ces temps-ci, je pense souvent à lui, aux leçons que j’ai apprises dans ma vie et c’est ma façon de le remercier :

  • Picasso. Prout rencontre une fois Picasso à Paris. Il lui dit qu’il a vu à Moscou un tableau signé Picasso mais qu’il ne l’avait pas acheté parce que c’était un faux. Tu es un idiot, Prout, lui répondit Picasso. Si tu l’avais acheté, j’aurais écrit dessous « ceci n’est pas un Picasso », j’aurais signé et tu aurais eu un Picasso !
  • ceci n’est pas une anecdote, mais il avait donc côtoyé des personnalités du régime soviétique, tout en haut de la pyramide et disait qu’il regrettait de ne plus avoir le temps de raconter d’autres versants de l’Histoire ;
  • il est venu me rendre visite à Neuchâtel deux jours et je lui ai fait à manger. J’avais vu chez lui qu’il y avait sur son assiette des betteraves rouges et donc je lui en ai préparé. Lorsqu’il les a vues il m’a dit « j’en mange déjà assez chez moi ! »
  • Prout avait chez lui des tableaux et des dessins de gens célèbres et il m’a commandé un tableau. À l’époque, je faisais des tableaux du genre de celui qui figure plus bas. Lorsque je le lui ai apporté, il a dit : mais il n’y a pas la couleur du peuple ! Je suis restée une seconde suspendue au temps et finalement, j’ai compris que je n’avais pas mis de « rouge ». Il a quand même trouvé une place pour mon tableau ;
  • il était reconnaissant à Nikita Khrouchtchev, car ce dernier avait ouvert les frontières et Prout avait pu renouer les relations avec la Suisse et sa famille par alliance.

Ce qui va suivre pourrait être une anecdote ou un conseil avisé ou un message permanent. Le fait est que lorsque je range mes affaires, je tombe depuis quelque temps sur une lettre que j’avais envoyée à mon ami Prout et dont j’avais gardé un double. Selon ce que j’écris , on devait s’être vus peu avant août 1987 et je devais avoir traversé, une fois de plus, une période compliquée. Voici ce que j’écris : « Pour le moment, je n’ai pas grand-chose à raconter car je n’arrive pas encore à remonter la pente, mais, je suis votre conseil ; je marche la tête haute ! Et… il est drôlement petit…le monde ainsi vu ! » Combien il avait raison. À chaque fois que je tombe sur cette lettre, je ris et me dis que Prout est en train de me prodiguer une fois de plus son conseil. Je ne peux que le remercier.

  • Olga Lepechinskaïa. J’étais en visite chez Prout lorsque je lui ai dit que j’aurais voulu m’entretenir avec la célèbre danseuse des années 1950. Ni une ni deux, il lui téléphone tout de suite. Malheureusement, elle était malade et j’ai chargé mon ami Prout de lui faire signer un autographe. Il avait ses entrées chez elle et m’a apporté l’autographe à la maison ! Le voici :

Lorsque j’ai présenté Iossif à feu mon ami André Oppel, vers le milieu des années 1990, lorsqu’il est revenu en Suisse, je le lui ai introduit en tant que général et il s’est empressé de préciser qu’il n’était pas seulement cela. Il était aussi venu pour que ses oeuvres artistiques soient mieux mises en valeur. En cherchant des informations sur la toile, je vois qu’on dit qu’il n’était pas général. Cela n’a pas d’importance. Il a fêté ses 90 ans au Bolchoï, ce n’est pas à n’importe qui qu’une telle chose est possible, il était un personnage connu et j’ai porté ses chaussettes !

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Anton Romanovski – danseur, professeur et maître de ballet

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21 décembre. C’est le jour anniversaire de maître Romanovski et il me donne l’occasion de le remercier pour tout ce qu’il m’a apporté.

MaîtreAnton Romanovski, je l’ai connu vers la fin de sa vie. C’est une de mes amies de l’Opéra de Bucarest qui m’a amenée chez lui, Marta Herzeg, une ballerine qui dansait avec plaisir et qui exécutait chaque pas avec soin. C’était une bonne technicienne, un être fin, chaleureux, une amie. Je ne l’ai jamais vue sans un sourire, peu importe par quels moments elle passait.

Maître Romanovski était à la retraite depuis passablement de temps. Il me recevait à la maison et me donnait des cours, assis sur une chaise, le dos bien droit. Si par malheur, j’avais la jambe droite derrière, il disait : jambe droite devant ! Je n’ai jamais compris comment il pouvait le savoir puisqu’il ne voyait pas très bien ; néanmoins… Il m’a expliqué comment tenir les mains pour qu’elles aient l’air plus belles sur scène : allonger la main, c’est une chose, mais si on tourne les doigts un tout petit peu pour donner l’impression qu’elle va vers l’infini… c’en est une autre ! C’est pour cela qu’Anna Pavlova, qui a dansé avec lui à Londres, lui a dit qu’elle n’avait jamais vu un danseur avec d’aussi belles mains. Il me semble entendre maître Romanovski me rapporter les mots de la célèbre danseuse. Il disait encore « qu’au studio c’était bien de faire trois ou quatre pirouettes, mais sur scène une de moins, question de sécurité » . Une vraie leçon de diplomatie à ne pas oublier. Il m’a encore expliqué que si par hasard quelqu’un criait mon nom, ne jamais me retourner parce que ce n’est pas poli ; et si quelqu’un t’appelle par derrière, ne tourne que la tête, pas plus  » ! Je me rappelle très clairement ses conseils et je les applique. C’est aussi chez lui que j’ai appris la gargouillade, pas qui ne se fait que dans Giselle, acte I. À l’école, à cette époque, on ne l’étudiait pas.

La leçon la plus importante que j’ai apprise chez lui et que, par conséquent, j’applique encore est liée à une variation qu’on exécute sur scène et où on rate quelque chose. Conseil : « Si tu rates quelque chose dans une variation, finis-là avec brio ! Tu vas prouver que tu domines la situation et le public va te suivre ». C’est une leçon que j’applique dans ma vie depuis longtemps sans toutefois en être consciente.

En réalité, ce n’est que maintenant que je comprends que je me suis appropriée de la phrase de maître Romanovski. Au moment où j’écris ces lignes, je me rends compte combien ses mots sont ancrés en moi. Pourquoi ? Parce que à chaque fois que je dois faire face à une situation compliquée, même si au début je suis déroutée, remise en question, voire, complètement retournée, je reste debout. Je fais face. Je me dis que toutes les choses sont liées et la rédaction de cet article en ce moment est un exemple idoine. Cela faisait longtemps que j’avais envie de l’écrire et les souvenirs que je couche sur le papier prouvent ce que je disais plus haut, à savoir que les choses sont liées dans notre vie.

Pourquoi ? Je ne sais combien de fois les gens ont trouvé bizarre que je sois économiste et danseuse en même temps. Cela ne fait pas « sérieux ». En fait, leur réaction ne m’a finalement fait que du bien. Chez moi, les choses vont de soi, elles se présentent, je les prends et les fais miennes sans me demander si c’est utile, si cela vaut la peine, si cela me rapporte quelque chose ou pas. La chose me plaît et je fais, c’est tout. Cette phrase non seulement je l’applique, mais je l’enseigne aussi. Je dis souvent : si tu as une difficulté, quelque chose de compliqué, il te faut rester debout ! Il y a quelque temps, j’ai eu un gros problème avec mon studio de danse et je me suis dit : si je n’ai pas le choix, je ferai comme les autres l’ont décidé mais jusqu’au dernier moment, je danse ! J’ai alors organisé une série de spectacles pour un public restreint, des amis, des connaissances. Le comble a été que la donne a totalement changé et que je suis restée dans le studio. La solution qui vient n’est pas toujours celle qu’on désire, raison pour laquelle il faut rester ouvert et faire ce qui est en notre pouvoir sans compromis, sans tricherie. Autre exemple : j’avais gardé des dessins et catalogues liés à l’horlogerie laissés par feu mon ami. On m’a dit que cela n’intéressait personne et qu’il fallait les jeter. Déjà que je n’aime pas le verbe « jeter »… La vie s’est chargée de me faire croiser quelques personnes qui ont fait que les documents font maintenant partie du patrimoine du Musée d’Horlogerie du Locle et que la télévision locale, Canal Alpha, a fait un compte rendu de la cérémonie. En conclusion, j’applique ce que maître Romanovski m’a enseigné. Je lui dois bien des choses de ma vie.

Je reprends le fil avec maître Romanovski. Je le remercie pour tout ce que j’ai appris de lui, du temps précieux qu’il m’a offert. J’ai eu l’honneur d’avoir été sa dernière élève ! J’étais en Suisse au moment où sa vie est venue à terme sur cette terre, mais quelques jours auparavant, j’avais pensé à lui et avais commencé une lettre. Le lendemain de son départ, Madame Elena Oprescu, la secrétaire de l’Opéra – encore quelqu’un à qui je dois énormément de choses – m’a téléphoné pour me donner la nouvelle. Je me rappelle de ce moment comme d’une photo d’un album temporel. Cela a été comme si j’avais su. De retour à Bucarest, j’ai apporté la lettre à Mme Romanovski, laquelle m’a invitée à passer la nuit chez elle ; j’ai dormi dans le lit de maître Romanovski. Je sais, bien des gens sont superstitieux ou ont peur, mais rien de ce genre ne m’effleure. Le fait est que le lendemain à 7 heures du matin, j’ai entendu un « toc-toc », j’ai dit « oui ? » et à nouveau, j’ai entendu « toc-toc ». Je suis allée à la porte, j’ai ouvert, personne ; je suis allée dans la chambre où dormait Mme Romanovskil, laquelle… dormait. J’ai compris que maître Romanovski me faisait signe. J’ai été très heureuse. Je peux vous dire que je pense à lui à chaque fois que j’ai un spectacle.

Ileana Iliescu est la danseuse qui me rappelle le plus maître Romanovski : son port, sa technique, sa vitesse dans les chaînés, la façon dont elle finit ses variations, son élégance sur scène et dans la vie sont un prolongement des enseignements du maître. J’ai assisté aux leçons qu’elle donne et j’y ai vu le sens artistique et les différentes poses qui font penser à lui. Quand j’ai vu les ballets montés par elle à Iași, j’ai vu que chaque pas classique et de caractère avait de la vie, un sens, une plastique, une harmonie. J’ai toujours eu de la difficulté avec les danses de caractère dans les ballets bien que ce soit une tradition et une obligation. Ce qui leur donnait vie, c’était le plaisir des danseurs. Dans les chorégraphies de Luly, les danseurs jouent visiblement en même temps que les danses gardent leur caractère spécifique. Tout est lié, intéressant, beau, dansant. Luly a appliqué dans son métier de danseuse, de professeur et de chorégraphe tout ce qu’elle s’est appropriée de maître Romanovski.

Une phrase qui revenait comme le pendule d’une horloge pendant les répétitions : « Idiote, la danseuse qui ne tombe jamais ! » C’est vrai, quelques fois, quand on perd l’équilibre on a tendance à vouloir se contrôler et on se blesse au lieu de se laisser aller, tout comme les enfants chez lesquels la chute est quelque chose de naturel. Cette phrase aussi, avec l’accent de la voix de maître Romanovski est dans la mémoire de toutes les danseuses qui ont travaillé avec lui.

Si celui ou celle qui lit cet article a des photos ou des souvenirs de leçons, de répétitions avec maître Romanovski, je serais ravie de les inclure ici.

J’ai toujours aimé avoir des photos. Je regrette que j’en ai donné une avec l’autographe du maître à un étudiant qui ne me l’a jamais rendue. Mais, grâce à Liliana Cojanu, j’ai pu agrandir me collection :

J’aime bien que maître Romanovski et sa femme se regardent.

J’ai la chance d’avoir son tout dernier autographe, 24 janvier 1971, mais je le garde pour moi !

Comme c’est l’anniversaire de maître Romanovski, j’ai bu en son honneur du Mauler rosé dans une flûte à champagne achetée avec Luly.

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Dans le fond, on voit les voeux de Noël et de Nouvel An de Luly. Nous sommes en famille.

J’ai en ma possession toute la biographie du maître et les faits mentionnés ont été comparés à ceux de ses archives personnelles, mais, je trouve plus intéressant de partager avec les lecteurs mes souvenirs liés à lui. Si quelqu’un a une autre opinion…

Bien souvent, j’ai cherché des informations sur la Toile au sujet de maître Romanovski sans rien trouver d’intéressant. Aujourd’hui, j’ai eu de la chance et suis tombée sur une plateforme qui transcrit des témoignages. Les mots qui correspondent le plus à ce que je cherche sont ceux d’Ileana Iliescu. Elle m’a donné la permission de les reproduire ici. Il y avait un numéro de téléphone sur la plateforme, j’ai appelé et suis tombée sur une personne extrêmement chaleureuse et aimable qui m’a aussi accordé sa permission pour les mots de Luly. En fait, cela n’aurait pas pu être autrement parce que ceux qui s’intéressent à connaître l’apport de ceux qui ont construit la danse et notre culture en général sont ouverts et aimables. Je vais lui demander la permission de citer son nom.

Témoignage d’Ileana Iliescu (extrait) :

  • il avait le profil comme celui d’un personnage d’un médaillon et un port impeccable en dépit de son âge. Ce port, je dois le reconnais, je l’ai hérité de lui ; les ports de bras élégants, expressifs aussi, de même que la technique de virtuose qui m’a permis d’aborder des rôles de force. Les succès de ma carrière, je les dois à ce professeur et maître admirable ;
  • je n’oublierai jamais ses conseils dans tous les domaines de la vie et artistiques qui ont été des guides précieux. Il ne parlait pas correctement le roumain et disait « Chère amie, dans la vie ne fais jamais des excès, en aucun genre ; c’est ainsi que que tu auras une belle et longue carrière, jusqu’à arriver à la pointe de la pyramide artistique – pas de petits amis, pas de distractions, seulement le travail, la maison, le repos et une vie équilibrée de tout point de vue » . Cela est devenu mon crédo.
  • c’est lui qui m’a aidée à me perfectionner et à réaliser toutes mes aspirations, jusqu’à devenir danseuse étole sur la scène roumaine et internationale. Je ne peux oublier que maître Romanovski nous faisait faire beaucoup de relevés, ce qu’il considérait comme du ,,pain bénit” pour une danseuse parce qu’ils renforcent les chevilles et qu’ainsi le travail sur pointes devient un jeu.

Cette dernière phrase est particulièrement intéressante et profonde. Le travail, le métier et le plaisir doivent aller main dans la main. Le public le ressent et le public l’a bien senti lorsque Luly était sur scène.

Le destin m’a été favorable et j’ai trouvé dans mes archives encore une photo du maître. Elle date de 1927, ce qui correspond à sa première période professionnelle à l’Opéra Roumaine où il a été engagé en tant que danseur étoile et maître de ballet.

On le voit dans la photo, le maître est en pleine possession de ses moyens. Il est magnifique !

Autographe. On voit l’autographe du maître, écrit en polonais. Cela me donne l’occasion de dire que maître Anton Romanovski est né à Varsovie et donc était polonais. Pour déchiffrer l’autographe, j’ai eu recours à l’amabiité du Premier Secrétaire de l’Ambassade de Pologne à Berne, M. Jakóbiec Wojciech. Il et il est écrit : Na pamiątkę p. Perecia… ofiaruje A. Romanowski. Traduction : En souvenir à M. Perecia (nom incomplet), de la part d’A. Romanowski. On voit aussi que maître Romanovski écrivait son nom avec « w » mais, par la suite on l’a écrit avec « v ».

Il est près de minuit. Bon anniversaire Maître Romanovski !

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Liens pour des articles en roumain sauf l’avant-dernier :

Remerciements I. On ne sait pas toujours qui et combien on aide !

Je vous invite, après lecture de l’article, à une réflexion du genre de la mienne.

Les embranchements des remerciements. Je n’y avait pas pris garde, mais, les remerciements, tels des arbres, ont des embranchements. Lorsqu’un objet me rend service, je le remercie et je me dis que quelqu’un l’a inventé, un autre l’a produit, un autre encore l’a amélioré, ensuite quelqu’un l’a transporté, un autre encore l’a vendu et il se forme toute une chaîne dans le temps et dans l’espace ; c’est vertigineux. En fait, mon remerciement comprend toutes ces étapes qui vont loin dans ces dimensions. C’est l’une des raisons pour lesquelles je trouve qu’il faut faire les choses bien car on ne sait pas qui va les utiliser et, chose curieuse, elles nous reviennent parfois. C’est tant au propre qu’au figuré.

Je suis sidérée bien des fois en me rendant compte des effets qu’un remerciement peut avoir. Si on connaît les travaux du physicien Garnier Malet, on sait que le passé, le présent et le futur existent en même temps bien que dans des espaces différents. Les remerciements me permettent d’entrer en contact, façon de parler, avec des personnes qui ne sont plus de ce monde mais qui pour une raison ou une autre me rendent service. C’est le cas, par exemple, lorsque je me rappelle d’un conseil, d’un commentaire, d’un geste, d’un regard qui, parfois, sur le moment vécu est passé inaperçu ou n’a apparemment été présent que quelques secondes dans mon monde.

Les effets d’un geste, d’un mot, d’un exemple, de tout ce qui nous entoure de façon visible ou non peuvent se manifester de bien des façons et à des moments tout à fait inattendus.

Alan et ma plateforme : un très beau garçon à l’allure d’un poète effilé m’a proposé de m’aider à monter ma plateforme. Depuis des années et des années, j’avais envie d’en avoir une, mais les différentes personnes approchées m’avaient dit qu’il fallait payer ceci et cela et je n’arrivais pas. Le sort a voulu que je rencontre Alan, que j’expose ma situation et immédiatement il a dit qu’il allait m’aider ; il l’a fait. C’est grâce à lui que j’ai une plateforme et que j’ai pu mettre des articles qui rendent service, qui me rendent service et qui rendent service à d’autres. Je le vérifie assez souvent. Je le remercie. En l’occurrence, lorsqu’un article que j’écris rend service à quelqu’un, au début de cette chaîne il y a Alan.

Mais, Alan n’aurait pas traversé ma vie si Philippe Girardin, le luthier, ne l’avait pas amené à l’un de mes spectacles et je n’aurais jamais présenté un spectacle à Philippe si je ne m’étais pas trouvée dans une situation « compliquée » due à une drôle d’intervention de la part d’une connaissance et que pour marquer le fait que je faisais front, je n’avais organisé une série de spectacles pour des amis. Mes remerciements vont à Alan, à Philippe et à celui que j’ai qualifié de « trouble fête » de ma vie alors que, tout compte fait, il m’a rendu service. Suivant la logique présentée, derrière cette dernière personne il y a un tas d’événements et de gens qui y ont aussi participé à leur insu. Je remercie donc tout le monde parce que finalement je sors gagnante !

Pierre Dubois. Je discute avec mon frère qui a joué dans Xamax junior, je lui pose des questions au sujet de M. Gilbert Facchinetti et il me dit que la personne qui peut le mieux me répondre est Pierre Dubois. Je téléphone à ce dernier quelques fois et son répondeur dit toujours la même chose « Vous êtes bien chez-moi, mais pas moi !  » C’est bien lui. Il ajoute « Laissez-moi un message, si vous le voulez bien, et je l’écouterai religieusement ». Une fois de plus, je me dis que c’est bien lui. Cela me rappelle une anecdote que feu mon ami André Oppel m’a racontée à son sujet : Pierre Dubois passe en voiture sous le tunnel de Prébarreau et au lieu de continuer sur le tracé autoroutier, tourne tout de suite à gauche et circule sur la rue de la Promenade noire vers le centre-ville. Il se fait arrêter par un policier qui lui demande s’il n’a pas vu la signalisation. Pierre Dubois répond : oui, c’est vous que je n’ai pas vu ! Je trouve cela magnifique. Mais, je disais donc que Pierre Dubois n’avait pas répondu à mes appels. J’étais un peu perplexe et me demandais comment allait sa santé.

À la suite de ce qui précède, je courais le long du lac, je croise deux personnes, deux hommes, qui parlent et entends « le conseiller d’État Dubois… » Je fais semblant de rien, mais c’est quand même curieux… Cela fait très longtemps que je n’ai pensé à Pierre Dubois et tout à coup son nom me vient par différents biais. Je retourne sur mes pas et demande s’ils parlent de Pierre Dubois. C’est le cas. Ils me racontent des faits de leurs vies, car on se sent en confiance. L’une des personnes a fait le trajet Neuchâtel – Rome à pied l’année précédente, connaît Facchinetti par le biais du football et l’autre a travaillé avec André Facchinetti, l’un des frères de Gilbert Facchinetti, au restaurant Boccalino. Pas de doute, nous faisons partie du même monde. Il me dit que Frédéric Dard, l’auteur de San Antonio, allait souvent chez lui et qu’il a parlé du Boccalino dans l’un de ses livres. Il me dit qu’après le Boccalino il a tenu le Vieux-Vapeur et ensuite le restaurant des Halles, devenu le meilleur restaurant de Neuchâtel. Mes sens s’aiguisent et je lui dis que j’aime écrire ce genre de choses sur ma plateforme et que s’il est d’accord, je vais le faire. Il me répond qu’il a plein d’articles et de choses pour en faire un livre et que si cela me dit… C’est là que le remerciement à Pierre Dubois intervient. L’un de mes derniers métiers est la révision de textes et même leur écriture. Cette histoire est l’exemple même du cas où une personne n’a pas besoin d’être physiquement présente pour qu’elle agisse – en l’occurrence en ma faveur – et que je songe à la remercier. J’ai eu la même aventure avec M. Facchinetti. Cela se passe par des fils invisibles.

Je m’aperçois que ce genre de fils sont nombreux dans ma vie. Je vis une période particulière et je vois des fils partout, des fils qui composent la trame de ma vie. Je viens d’en découvrir un autre avec mon maître de ballet Anton Romanovski. À lui, je dois une leçon de vie. À un autre maître de ballet, Oprea Petrescu, aussi. Finalement, je suis un patchwork. Je comprends mieux que la notion de « hasard » n’est pas la bonne. Une fois de plus Garnier Malet a raison.

Toutes ces situations me font penser à un vortex. Le temps s’écoule tel un vortex et quand je vois un vortex dans les bouteilles qui me servent à dynamiser l’eau, je suis ravie ; ravie au sens ou je me sens prise dans l’espace et aussi envahie de joie.

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Un garçonnet de trois ans et l’eau du lac de Neuchâtel

Je courais le long du lac pour aller me baigner et j’entends une maman dire à son garçonnet d’environ trois ans de ne pas aller dans la flaque d’eau. Je m’arrête et l’enfant montre toujours des signes de vouloir aller vers l’endroit interdit. La maman répète et l’enfant poursuit. Je vais vers le garçon et lui dis que s’il écoute maman, je pourrai alors lui apprendre quelque chose sur l’eau.

L’enfant doit se demander pourquoi j’interviens. On ne se connaît pas. Je lui demande s’il voit l’eau qu’il y a dans le lac (le lac est légèrement agité). Je lui dis que l’eau bouge et que dans le corps on a aussi de l’eau et qu’elle bouge comme celle du lac. En fait on a aussi des lacs qui bougent dans notre corps. Il regarde son corps et fait non de la tête. Je comprends qu’il me dit qu’il ne voit rien bouger. J’explique qu’on ne voit rien parce qu’on a de la peau dessus, mais qu’on est vraiment comme le lac et que même quand on dort, l’eau bouge. L’enfant désigne d’un petit doigt la flaque d’eau. Je comprends qu’il me dit que l’eau de la flaque ne bouge pas et je lui dis, c’est vrai, dans la flaque l’eau ne bouge pas. Il me montre l’eau du lac et je le félicite parce qu’il a compris que l’eau de son corps est comme celle du lac et pas comme celle de la flaque. Je dis au revoir et il fait signe avec la main.

Au revoir avec la main, en fait l’enfant bouge tout son bras. En regardant son geste, je profite pour lui dire que lorsqu’on bouge le corps, l’eau de nos lacs bouge encore plus et lui montre un endroit où le Seyon va se répandre dans le lac et lui dis que c’est comme cela. L’enfant dit quelque chose que la maman interprète et lui répond, non, ici il n’y a pas d’orques. L’enfant dit encore quelque chose et la maman traduit « les orques mangent les phoques ». Je dis au garçon que je ne savais pas que les orques mangeaient des phoques et le remercie de m’avoir appris cela. On le sait, il n’y a pas d’âge ni pour apprendre ni pour enseigner.

Aujourd’hui. Deux jours sont passés et je rencontre le petit gaçon avec sa maman et son papa. Il s’arrête et la maman me sourit. Je lui dis que j’ai pensé à lui et aux lacs de nos corps. Je dis à la maman que grâce à ce que j’ai dit au petit garçon, je vois mieux mes lacs et que c’est pour cela qu’il faut porter une attention particulière lorsqu’on enseigne, car tout nous revient. Il ne faut jamais enseigner juste pour un salaire. Je le sais mais je suis toujours étonnée de la prise de conscience chaque fois plus profonde qui se fait en moi toutes les fois que j’explique quelque chose. D’ailleurs, il en va ainsi de tous les mots et de toutes les pensées que nous avons.

Une boule en chocolat. Le garçonnet ouvre sa main droite et me montre une boule en chocolat enroulée dans du papier alluminium violet. Un magnifique violet. Je le prends comme un signe, lui dis que c’est très beau et on se dit au revoir.

Un de ces jours, je ferai une photo de l’endroit où le Seyon va se jeter dans le lac.

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