Le marché de Neuchâtel. Le monde de Zully ne saurait exister sans les autres mondes (en cours de rédaction)

C’est une évidence, personne n’existe tout seul. On est tous reliés, interdépendants. Cela me rappelle le professeur Jean-Pierre Gern de l’université de Neuchâtel (faculté des sciences économiques) qui parlait du sujet il y a… des années et nous, les étudiants, on se disait… je ne sais quoi, car il était évident que l’économie se nourrissait de chiffres, de nombres, de pourcentages, de rapports et que les relations humaines ne figuraient qu’à la fin des équations sous forme de résidus… De plus son cours n’était pas une branche principale. Or, la qualité des interactions est l’une des bases de notre économie, un de ses signes de bonne santé. Notre vie, notre instinct nous le dit et pourtant… qu’est-ce qui guide les dirigeants des entreprises ? Qu’est-ce qui fait la puissance d’une nation ? Vous connaissez la réponse. Espérons que cela change.

Toujours est-il qu’au marché de Neuchâtel, je trouve cette interdépendance, de l’amitié, du respect, de la chaleur dans les échanges ; je suis dans mon monde et je peux respirer librement ! Pour moi, le marché est l’une des racines puissantes de la ville. Ce marché, je l’avais toujours vu à la place du Marché. Le nom de la place… On voit dans la première photo du bas qu’il est question de « La Place du Marché » et dans la suivante « Place des Halles »… Après enquête, j’apprends que le marché se tenait tout au début, au Moyen Âge, à la Croix-du-Marché, carrefour de la rue qui mène au Château (autrefois le château seingeurial) et de celle qui mène au centre de la ville basse. Cela s’explique aussi parce que le Seyon et le lac formaient un estuaire. Je n’ai pas trouvé de photo ou image. Dommage.

Mais, comme déjà dit, j’ai toujours connu le marché à la place du Marché et les grands parents de mes amis y allaient là pour acheter des produits frais. Cela fait plus d’un siècle, raison pour laquelle, je sens le marché comme une racine. C’est simple. Si on change d’endroit le marché… Mais, restons encore dans cet environnement et voyons quelques unes des photos des premiers marchés photographiés de la ville :

J’ai agrandi la date : 1901.
On voit qu’il y avait déjà une boulangerie à l’angle de la rue du Coq-d’Inde. Quand je suis arrivée à Neuchâtel, c’était la boulangerie Knecht. Ici, je me demande qui la tenait à cette époque. Je ne peux même pas demander au photographe, son nom est tronqué… bon, même si je l’avais, il y a fort à parier qu’il est dans un autre monde.

Mes ralations au marché. Les stands où je vais sont des stands où je trouve des aliments qui nourrissent mes canaris qui sont chez moi en volière intérieure et extérieure. Mes oiseaux connaissent la pluie, le soleil, la neige qu’ils picorent. Certains ont même dormi sur le balcon par -9° ! Ils ont également des conversations avec des moineaux qui viennent leur rendre visite le matin, la journée et juste avant d’aller se coucher. J’aime mes oiseaux et essaie de leur procurer ce qu’il y a de mieux. Bref, si un stand vend des brocolis, des endives, des salades, du cresson et si en plus il a des fanes de carottes, c’est le rêve (voici une image) ! C’est le premier critère de choix d’un stand. Ensuite viennent des choses pour moi. N’étant pas une cuisinière passionnée, j’achète des légumes que je mets dans ma casserole dans une rosette pour faire cuire à la vapeur et basta. Mais, c’est sans compter avec certains horticulteurs et vendeurs passionnés par leur métier qui me font découvrir des aliments qui me permettent de mieux me nourrir.

Le gingembre : c’est le dernier aliment à être entré dans ma courte liste d’aliments. J’ai rendu je ne sais quel service à Michaël, l’un des horticulteurs dont la famille tient un stand depuis 1900 (!), et il m’a remerciée avec un rhizome de gingembre. Chose curieuse, je venais de découvrir chez Lidl des biscuits au gingembre que j’avais beaucoup aimés et voilà que Michaël m’offre du gingembre. Je ne peux refuser, c’était dans la logique des choses – la vie a des logiques qui nous échappent mais qu’on ferait bien de suivre. Le voici :

Michaël me l’a offert avec un tel sourire (derrière le masque, mais c’était visible) et il me l’a tellement vanté que je me suis dit qu’il me voulait du bien. Alors, j’ai pris.

Gengis Khan ! Le soir, en faisant je ne sais quoi, je me dis que c’est le moment de boire de l’eau chaude avec un peu de citron – cela je le fais souvent – et, suivant le conseil de Michaël, de lui ajouter un tout petit peu de gingembre. J’ai donc râpé un rien de gingembre et j’ai bu. C’est allé. À un certain moment, je laisse passer dans la bouche un rien de gingembre, je le mâche et là… c’est Gengis Khan le conquérant, l’envahisseur asiatique de terres qui envahit mon système lacrimal. Tonneau, que c’est fort ! J’envoie un mot à Michaël pour lui parler de ce conquérant et il m’envoie une description des vertus de la plante. Après quoi je réponds qu’effectivement, ils avaient oublié de parler de Gengis Khan. On a bien rigolé.

Taxe douanière. Maintenant que je sais qui est Gengis Khan déguisé en gingembre ou l’inverse, dès que me dents le trouvent, il passe tout droit sans payer de douane !

Voici quelques unes des têtes des horticulteurs et vendeurs du marché avec lesquels je traite :

Certains horticulteurs n’aimant pas les photos n’y figurent pas. Je les comprends, moi pas toujours non plus.

Au milieu : Michaël. C’est d’abord avec sa grand-mère, Mme Hélène Pellet, que j’ai traité. Avec cette histoire de pandémie, je ne la vois plus et je le regrette. Elle a en tête le nom de chaque client, le prénom du fils ou du petit fils et pense même à mes canaris. J’ai beucoup d’affection pour tous les horticulteurs du marché, mais avec elle c’est particulier.

À droite : Pierre-André. Il y a un humour particulier. J’aurais dû noter « ses sorties ». Il faudra attendre la prochaine. Son stand en période de pandémie est très élégant, de plus c’est lui-même qui l’a construit. Chapeau ! J’ai réussi à faire une photo qui figure en bas de l’article. Les panneaux qu’il y a mis permettent au client de voir les produits mais les empêchent de les toucher. Chose que j’apprécie énormément. Il ne sert à rien de raconter des choses déplaisantes, mais l’hygiène des gens laisse très souvent à désirer. Point.

À gauche : on y voit Steve et Loïc. C’est le stand où travaille Paul, un étudiant toujours souriant, ici sur la photo à droite, portant un bac où il y a un sac avec du cresson et du pourpier qui feront les délices de mes canaris ! La photo est la reproduction fidèle de Paul. Je lui dois de grands services. Le stand où il travaille est le plus grand du marché. Un autre lien s’est établi lorsqu’une partie du personnel de ce stand est venue voir l’un de mes spectacles de danse. J’organise avec une élève des spectacles intimistes pour des amis et j’en ai fait un pour eux. À ce moment-là, Steven (à gauche sur la photo d’en haut) ne faisait pas encore partie du groupe et comme il a manifesté le désir de voir ce que je faisais, j’organise un autre spectacle pour la bande. On verra quand cela sera possible.

La communauté formée par les stands. On peut réellement dire qu’ils forment une communauté. Quand le marché était uniquement à la place du Marché, je voyais l’un des horticulteurs aller vers un autre pour lui dire qu’il lui manquait tel ou tel produit et je voyais qu’il était dépanné. C’était très joli. Il y avait une réelle entraide. C’était plus que joli, c’était magnifique et c’est comme cela que nous devrions tous fonctionner. Maintenant que le marché est dispersé – je présenterai la chose plus loin – l’harmonie et unité qui se dégageait de l’endroit est aussi dispersée. Disons que je ne la sens plus, car je vois quand même aller un horticulteur vers l’autre pour se rendre des services. On me dira que tout change et notre corps, l’air, la nature sont toujours en mouvement, mais on a aussi des choses stables, la main droite reste toujours à droite, par exemple.

Neuchâtel, ma ville, Ma ville, change et la Ville applique une politique regrettable. Comme je le disais plus haut, on me dit que tout change et je répète que si changement nécessaire il y a, des repères, des points stables sont aussi nécessaires, c’est pour cela même que la main droite, une fois de plus, reste à droite. Il devrait en être ainsi de Mon marché. Je n’aime pas les polémiques, mais il y a des constats à faire Je me dis que le marché était là le premier et qu’il devrait y rester. Il apporte une stabilité à cette ville, laquelle – comme bien d’autres – subit de grands changements dans sa zone commerciale et sociale. Ce que j’ai entendu dire de la part de bien des horticulteurs c’est qu’on leur a fait comprendre qu’ils n’étaient que locataires des places occupées. Avec ces changements, ils constatent que s’il y a plus de monde dans la zone piétonne, ils ont aussi moins de clients, donc moins de ventes qu’auparavant. clients peu imaginatifs aussi, faut-il le dire… car ils sont inconséquents.

Clients inconséquents. On le sait, on se fait une clientèle avec le temps. Maintenant qu’il y a ces changements, les horticulteurs et vendeurs remarquent qu’une partie de leur clientèle n’est plus là. Je fais partie de la clientèle d’avant, mais je vais chercher Mes stands, où qu’ils soient ! Ils ne sont plus à la place A, je vais à la place B ou C ou encore ailleurs. Cela me semble logique. Pour bien d’autres, déboussolés, ce n’est pas le cas et doivent avoir trouvé d’autres solutions, je ne sais lesquelles, car aucun des horticulteurs avec lesquels j’ai parlé ne s’en sort mieux qu’avant. C’est ici qu’on rejoint le début de cet article : l’interdépendance. Comment désirer que dans notre vie les choses se déroulent bien si lorsque nos horticulteurs sont dispersés on ne va pas les chercher pour que leur vie continue de bien aller ?

Les restaurateurs ne sont pas en reste ! Je vais dans un supermarché acheter une salade mixte qui plaît spécialement à mes canaris et… en plein après-midi, il n’y en a plus. Je parle avec l’un des vendeurs et il m’explique que des restaurateurs viennent s’en servir. L’endroit où se trouvent les fondues est aussi vide… Même commentaire. Je comprends qu’une fois ou l’autre on procède ainsi par manque de réserves, mais le faire de manière régulière et ne pas acheter au marché, même en cette période et surtout en cette péridode, me semble inélégant. Je discute avec l’un des horticulteurs que je connais bien et il me dit que les restaurants traditionnels neuchâtelois continuent d’acheter chez eux mais que d’autres…

Ces travers me rappellent l’histoire d’une grande usine allemande. Les faits m’ont été rapportés par un ancien professeur d’économie d’entreprise : ladite usine a mis à la porte le personnel dit « ancien », car il « coûtait » plus cher – salaires et peut-être d’autres charges – et a engagé des « jeunes ». Mais, les jeunes ne possédaient pas le savoir-faire des « anciens ». Les dirigeants se sont vus contraints de rappeler les « anciens » qui ont demandé que leur salaire soit versé en intégralité jusqu’à la retraite en échange de leur transmission du savoir. Magnifique ! Belle leçon d’interdépendance. On peut féliciter l’intelligence des uns et des autres.

Les horticulteurs et les sacs à provisions. Les horticulteurs réfléchissent au remplacement des sacs en plastique. En effet, on trouve dans la nature, soit en ville, dans la forêt et au lac un tas de sacs en plastique. Je précise que ce n’est pas le plastique qui est « fautif » en l’occurrence, c’est l’usage que les gens en font ou plutôt, le mésusage. Ici non plus cela ne vaut pas la peine de rappeler les nombreux actes de négligence et de manque de conscience qu’on voit. Le plastique a son utilité.

Voici deux stands :

Autrefois, dans les grands magasins qui vendaient des produits alimenatires frais, il y avait un « étalagiste », il faisait de très jolis montages et un vendeur vous servait. Personne d’autre ne touchait la marchandise. La suppression de ce personnel n’a pas été une bonne décision. Point.

Le stand le plus ancien. Pierre-André l’a repris de son père qui est venu pour la première fois avec son stand à Neuchâtel en 1957. Mais la famille de Pierre-André fait son apparition de l’autre côté du lac en 1537. C’est précis. Comment le sait-il ? À l’époque, ceux qui tenaient des registres étaient les prêtres, les mariages, les baptêmes, les décès, bref, les principales étapes familiales. D’ailleurs, lorsque l’État voudra faire son premier recensement officiel, il va se baser sur les registres tenus par les religieux. Pierre-André dit que depuis cette époque-là, sa famille paternelle a toujours travaillé la terre et son père est le premier à se dédier uniqument à l’horticulture.

L’autre stand, le plus grand du marché est tenu par Xavier et autrefois par M. et Mme Reubi. Ces derniers ont été mes premières amours dans ce marché. Pourquoi ? Parce qu’ils m’amenaient du mouron, plante considérée comme une mauvaise herbe, mais qui doit avoir ses qualités que seuls mes canaris connaissent. Ils se précipitent dessus lorsqu’ils l’aperçoivent. M. et Mme Reubi me l’ont introduite sous son nom allemand « Vogelmiere », très joli. J’avais trois amours : le couple Reubi, Mme Hélène Pellet et Mme Brodard. Cette dernière vient encore au marché avec ses confitures et des fleurs pour mes oiseaux (pas les confitures, les fleurs !). Je note que les Reubi sont venus au marché en 1976.

La photo du stand de Mme Pellet mère me manque. J’en avais avec toute la famille, trois générations, et par de mauvaises manipulations sur mon téléphone, je les ai perdues. Je le regrette à chaque fois que j’y pense.

Une histoire : on le sait, en période de récolte, il y a besoin de main-d’oeuvre et souvent ce sont des étrangers qui viennent. Les expériences des uns et des autres vont dans tous les sens, mais je tiens à relever celle de Mme Hélène Pellet, grand-mère de Michaël. Il s’agit d’un Polonais, Andreas ; il avait une fiancée et voulait arranger la maison en vue de son mariage. Ayant besoin d’argent, il est arrivé chez les Pellet pour travailler. Il a été très soigneux à tout point de vue, tant de sa personne que des autres et du matériel. C’est vrai, on engage quelqu’un qu’on ne connaît pas et les habitudes des uns ne sont pas celles des autres. On le voit avec les clients au marché. Bref, le gaillard a eu un comportement exemplaire dans tous les domaines, il « n’allait même pas aux filles à Fribourg, comme certains ! », commente Michaël. La saison passe et le Polonais rentre chez ; un jour les Pellet reçoivent une invitation pour le mariage d’Andreas. Avec le métier de la terre, difficile de partir en voyage tous ensemble ; alors, c’est Mme Hélène Pellet qui décide d’y aller. Au retour elle a raconté qu’effectivement, Andreas avait bien arrangé sa maison qui, en plus, était la seule, dans son village, à avoir du goudron devant elle ! C’est une belle histoire.

« J’ai assez travaillé !  » Ce sont les mots que la même dame, Hélène Pellet, a dit à la famille il y a quelque temps lorsqu’elle est entrée dans les serres. J’imagine la scène et ma tendresse pour elle ne fait qu’augmenter.

Le temps qui passe… et la vie qui continue… 2023… Cela me fait drôle de voir que des personnes qui étaient à une place pendant des années s’en vont. Mme Pellet ne vient plus au marché, les Reubi et Mme Brodard se sont rendus au ciel. Paul, quant à lui, s’en est allé faire le tour du monde. Mais, la vie continue, bien malgré moi, et la table de mes oiseaux est bien pouvue :

No 1, c’est Michaël, le petit-fils de Mme Hélène Pellet qui me les a vendues en me disant : « C’est comme celles de Blanche Neige ». J’en ai pris cinq, chiffre du changement ; no 2, c’est Peter Künzi qui m’apporte des pieds de salade, en un rien de temps le terrain est… nettoyé par les canaris ; no 3, c’est un nouveau vendeur, Matthieu, du stand de feu les Reubi et où travaillait Paul qui m’a fourni du pourpier ; no 4, c’est au stand où travaille Mme Aubert, la star du stand, que je trouve salades, oeufs, maïs et même un tournesol qui rigole !

Le dieu des oiseaux. C’est à croire qu’il y en a un car il se trouve toujours quelqu’un pour penser à mes oiseaux ! Une personne ne peut remplacer une autre, ni un amour un autre, c’est différent à chaque fois. Je ne le savais pas, je l’ai appris. J’aime tous ceux qui rendent service à mes canaris. Merci à tous les maraîchers d’avant, d’aujourd’hui et d’après !

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Liens vers des articles liés au commerce au centre-ville :

Compte rendu de mon spectacle décembre 2020

Mes spectacles sont des spectacles intimistes et les propos échangés sont toujours liés à la vie personnelle des spectateurs, aux propres expériences. Cela a été une nouvelle fois le cas.

Disons d’emblée que les danses, se sont bien déroulées. Cela faisait des mois que je n’en avais plus présenté publiquement et cela fait toujours une émotion. De plus, étant seule, je dois penser à tout : costumes et chaussons en ordre, musique bien enregistrée, accessoires prêts, tout à la bonne place, impression du programme et de la fiche technique, nettoyage de la salle, disposition des chaises, préparation de la scène, mise en place des lumières, ne pas oublier d’ouvrir la porte d’entrée à la cour intérieure qui mène à mon studio car j’ai des voisins avec un chien et qu’il leur arrive souvent de faire du télétravail – il faut donc éviter de faire du bruit, sans quoi Scooby, le chien avec lequel j’ai un lien particulier, se manifeste bruyamment et interrompt le travail de ses propriétaires, sans parler de bien répéter les chorégraphies et textes de mes danses.

Les spectateurs de ce soir. C’est un couple de personnes, M. et Mme Frésard, qui sont devenus mes amis. Bien des liens de mon histoire se croisent avec les leurs : M. Frésard a été le comptable de la Fabrique d’Horlogerie Froidevaux S.A – Neuchâtel, feu mon ami André Oppel y a travaillé en tant que graphiste a laissé des catalogues et dessins de montres avant de partir au ciel sans que je puisse faire le lien avec l’entreprise, l’un de mes voisins du studio de danse est l’un des fils de l’entrepreneur Froidevaux, et quelque 15 ans après, j’ai aussi fait le lien entre les travaux de mon ami et l’entreprise de son père. René Margot, notre maître boucher qui est notre fournisseur en os pour mes cours liés à l’anatomie, est un ami de toujours du couple Froidevaux. Je l’ai appris il y a un mois. J’ai mis tout cela ensemble et ai pu donner les documents au Musée d’Horlogerie du Locle.

L’ingénieur son et lumières de ce soir, Roger Peeters, travaille dans l’horlogerie et il était la personne idéale pour s’entretenir avec mon public et pendant que je changeais de costume d’une danse à l’autre, il a bavardé avec M. Frésard de leur domaine du travail. Quand êtes-vous entré dans l’entreprise ? En 1949 et y est resté 25 ans. Et après ? Il est allé travailler pour la Confédération à un bureau qui attribuait les certificats de qualité des montres et quand ce bureau a été fermé, il est allé XXX. Combien de personnes travaillaient dans l’entreprise ? 150, dit M. Frésard et on avait plus de mille points de vente en Italie, mais il y avait aussi des relations commerciales avec la Hollande (Roger est néerlandais ; combien de montres fabriquiez-vous ? (il faudra que je demande à nouveau, je ne sais plus). Roger est admiratif. Combien coûtait une montre ? Environ 70.- francs. Combien gagnait un ouvrier ? M. Frésard dit qu’il gagnait Fr. 400.- et qu’un bon ouvrier pouvait arriver à Fr. 1’000.- Pourquoi la faillite ?

Et c’est ici que la magie opère : M. Frésard dit qu’il y avait crise économique. Ce qui était vrai. On m’avait expliqué que M. Froideaux, homme très avisé en matière commerciale avait senti que l’Italie était le marché à viser après la guerre ; raison pour laquelle il y avait ses mille points de vente mais qu’il n’avait pas vu venir la crise. Je me rappelle qu’à l’Uni on nous avait expliqué que l’horlogerie avait dû faire face à la crise pétrolière, aux taux de change et au fait que l’industrie ne s’était pas adaptée aux nouvelles méthodes de production, celles en chaîne. Je viens de lire un article écrit par Pierre-Yves Donzé, journaliste au Temps, et il rappelle les causes de la crise horlogère. Pour information, l’analyse est celle que le professeur René Erbé nous a faite en cours :

  • l’horlogerie suisse est restée cantonnée dans sa technique ancestrale ;
  • l’ignorance de nouvelles technologies, notamment la montre à quartz ;
  • l’introduction tardive des chaînes de montage et surtout uniquement appliquée à des articles de bas de gamme ;
  • la production en masse, notamment au Japon, a « mangé » des parts de marché énormes du secteur d’importation des principaux partenaires commerciaux de la Suisse ;
  • le choc pétrolier ;
  • l’abandon du système de taux de change fixes et par conséquent cherté du franc suisse.

La magie intervient, parce que M. Froidevaux avait anticipé certains de ces écueils : il a été le premier horloger à commander une chaîne de montage (lire l’article) et il a produit des montres de la catégorie haut moyen de gamme. Là où il n’a pu lutter cela a été contre le choc pétrolier, les taux de change et l’indélicatesse de certains de ses proches et de certains concurrents.

Autre renseignement sorti du chapeau du temps : ce soir, je regardais un film de fiction « Des gens s’embrassent » de la réalisatrice Danièle Thomson, 2013. et j’y vois Ivry Gitlis qui fait l’acteur. Ivry, le violoniste, je l’ai rencontré à Bucarest, il y a longtemps, lorsqu’il y est allé pour présenter un concert. Cela avait été une rencontre extrêmement amicale et amusante. Je désire depuis longtemps le revoir et cela n’a pas été possible. Je me rappelle avoir hésité à voir le film car j’avais trouvé le titre bizarre. Ce soir donc, je « vois » Ivry et il parle des montres à quartz qui s’arrêtent lorsqu’on ne les porte pas pendant un certain temps. C’est là que je comprends que M. Froidevaux produisait des montres à quartz, car lorsque j’ai mis sa montre à mon poignet, elle a fonctionné à nouveau. On m’avait dit que c’était probablement une automatique. Je me dis qu’elle était alors une à quartz, mais il semble que non, c’était une automatique, mais d’excellente qualité Cela faisait 47 ans qu’elle n’avait plus fonctionné ! Tout de même, je trouve cela fantastique.

Alors, aujourd’hui le temps a réuni diverses années, diverses personnes ainsi que deux pays : feu mon ami André Oppel sans lequel rien ne se serait produit, M. Froidevaux, Ivry Gitlis, Freddy Landry (pour une raison banale, mais c’est lui qui m’a expliqué quels films étaient les films de fiction. Alors, à chaque fois que je vois ce genre de film, il me semble que Freddy me fait un clin d’oeil et me rappelle son passage lumineux dans ma vie). Quant au pays, c’est la Suisse et la Roumanie, pays où nous deux, M. Froidevaux et moi, avons vécu dans des temps différents.

Je ne l’ai pas fait exprès. La présentation du spectacle était nourrie par le fait que cette année je n’en avais présenté qu’un seul spectacle, mon intention était de pouvoir me dire que je pouvais agir malgré la situation sanitaire, que je pouvais encore faire quelque chose et voilà que j’ai trouvé des réponses qui lient divers fils de mon histoire. Je suis plus que comblée et c’est bien là le sens de mes spectacles. Pas prévisible mais qui arrive tout seul.

Anniversaire de M. Froidevaux. Je viens d’apprendre par sa fille cadette, Danièle, qu’aujourd’hui 18 décembre était l’anniversaire de M. Froidevaux. C’est à peine croyable car à la fin du spectacle j’ai bien dit « M. Froidevaux aurait aimé ce spectacle » et M. Frésard l’a confirmé. Le fameux hasard dont je parle si souvent et qui n’en est pas… Alors, j’ai fini par déboucher, chez moi, une bouteille de Mauler rosé ! J’ai bu à la santé de tout ce monde.

Une fois de plus, on retrouve la Roumanie avec une coupe achetée à Iași avec Ileana Ilisecu, ancienne danseuse étoile. De plus, les dieux de la longévité, de la prospérité et des honneurs nous, vous aussi lecteur, accompagnent.
De plus, la Russie – autre pays que j’aime – n’est pas loin avec une enveloppe d’une plaque de chocolat dont le contenu était aussi bon que l’extérieur est beau !

Programme de ce soir :

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Le Figaro, rencontre particulière 15

Comme on le voit, une rencontre particulière ne se fait pas uniquement avec des êtres, un journal peut tout aussi bien nous faire réagir, nous combler.

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2024. L’histoire ne s’arrête jamais. Cela me fait bizarre de me dire qu’il n’y a pas quatre ans que j’ai écrit cet article et que des choses sont déjà vétustes. En effet, Le Figaro a déménagé, mais je n’arrive pas à supprimer les paragraphes qui montrent l’édifice qui m’a permis d’entrer en contact avec le journal. Je me dis que dans l’histoire du passé il est toujours vivant et que mon article en est le reflet. Alors, je laisse les photos et ajoute en fin d’article celles du nouveau local.

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Le Figaro, journal qui s’est immiscé dans ma vie sans que je m’en rende compte. Tout a commencé parce que je suis allée me promener sur le forum du Figaro et que j’y ai rencontré un traducteur du français en persan. Je raconte l‘histoire ici. Je suis entrée en contact avec l’équipe d’animation du forum et avec un journaliste du secteur immobilier, Jean-Bernard Litzler. J’ai eu de la chance de tomber sur des journalistes ouverts d’esprit et qui ont accepté les suggestions que j’avais au sujet de la langue liées à des annonces ou à quelques-uns des délicieux quiz que Le Figaro publie. Il n’en a pas fallu plus pour que je me sente attachée au Figaro.

Puis, le hasard, ce hasard qui me rend si souvent visite et qui en fait n’existe pas, a fait que par le biais d’une agence de spectacles à laquelle j’avais passé commande de billets pour des spectacles à Paris, il y a plus d’une année, j’obtienne un abonnement gratuit au Figaro pendant six mois. Fabuleux ! Mais, avant cela, la fin du confinement était arrivée et la Suisse et la France avaient ouvert leurs frontières le 15 juin. Le 17, je prenais le train pour aller suivre un cours du physicien Garnier Malet, pour voir quelle tête avait le journaliste et, bien sûr, pour aller voir l’édifice du Figaro.

C’est une grande émotion qui m’envahit, une très grande émotion.

Pour entrer au journal, on passe par la rue arrière :

Je tourne à gauche et prends la rue parallèle au boulevard pour entrer dans le bâtiment. On trouve sur le chemin les plaques suivantes :

Je me dis que Le Figaro est au bon endroit, il a déjà de la matière pour des articles ! Je trouve intéressant de lire les noms de fondateurs, d’inventeurs. On utilise un tas de services et de choses sans toujours remercier ceux qui étaient là au début. La Caisse d’épargne a maintenant un nom dans mon monde !

La première chose que j’ai demandée à Jean Bernard, le journaliste qui a eu l’élégance de répondre à l’une de mes suggestions, a été de me procurer un journal du 15 juin, jour de l’ouverture des frontières après le confinement. Je me propose, lors d’une autre visite, de faire le tour des rédacteurs en chef pour leur demander un autographe.

Mais, j’ai tout de suite voulu savoir un peu plus sur l’histoire du journal. Bien sûr, j’avais entendu parler du journal à l’école. Son nom était resté dans ma mémoire, lié à une façon satirique de dire les choses et de temps à autre, j’entendais parler de lui. Jean Bernard m’apprend que Le Figaro est le journal français le plus ancien. Là, mon émotion augmente. Le journal date de 1826. Il fait même partie des plus anciens journaux encore en activité au monde ! Je me documente encore et apprends que c’est Hippolyte de Villemessant qui donne au Figaro un poids littéraire puisque les rédacteurs engagés sont Balzac, Baudelaire, Dumas et les frères Goncourt et qu’en plus, il a l’audace d’introduire des rubriques que d’autres journaux ont reprises et qui subsistent encore.

Puis en 1866, le journal est devenu un quotidien ; il a aussi été l’un des premiers journaux à publier des grands reportages écrits par ses propres journalistes tant en France qu’à l’étranger ; par la suite, c’est sous l’égide de Pierre Brisson que Le Figaro vit une première époque de gloire et Jean Bernard, sentant que je m’intéresse réellement au journal, me signale certains lieux où Le Figaro a siégé : au 12-14, Rond-point des Champs-Élysées (1922 – 1975) et au 37, rue du Louvre (1975 – 2005). C’est Serge Dassault, le nouveau propriétaire du journal qui, en 2004, achète ce dernier bâtiment. Comme, il aurait fallu faire de grands travaux d’aménagement Dassault le vend et le journal devient locataire du bâtiment actuel, sis au 14, bd Haussmann ; ce dernier siège se trouve tout près de celui que le journal a occupé en 1874 lorsqu’il est devenu un grand quotidien et qui se situait au 26, rue Drouot. C’est une sorte de boucle qui me plaît. Je situe les endroits mentionnés dans ma tête et me propose d’y faire un passage « conscient » un de ces jours. La surface actuelle des locaux du journal est impressionnante, il s’agit de 20′ 000 m2 et ce sur plusieurs étages ! Quant à Serge Dassault, ce fameux hasard, qui croise si souvent ma route, m’avait fait le rencontrer à Genève lorsque je travaillais au Bureau international du Travail. Je garde de lui le souvenir d’un homme à l’écoute et qui souriait volontiers ; cela me fait me sentir encore plus proche du journal. J’ai pris une photo de la maquette qui trône à l’intérieur dudit bâtiment, et que Serge Dassault a dû voir.

Je suis arrivée, comme déjà mentionné, au début du déconfinement, mais il y avait encore bien des personnes qui faisaient du télétravail. Cela a permis que Jean Bernard puisse me promener un peu partout sans déranger grand monde. Je regrette de ne pas avoir pris plus de photos, car si le bâtiment est relativement ancien, le mobilier est moderne et est heureusement marié avec l’architecture. Cela faisait longtemps que je n’avais vu une si grande structure sous un même toit.

Je reprends l’historique du journal. J’ai l’impression d’être au cours de littérature ; en effet, les grandes plumes passent par Le Figaro. À la liste précédente s’ajoutent Émile Zola, Anatole France, Marcel Proust, François Mauriac, Jean Duhamel, Jean d’Ormesson.

La langue française. Ce qui m’a attiré dans Le Figaro, cela a été la langue française. Mon amour pour les langues vient depuis toujours. Mon chemin a été semé de gens qui ont aimé les langues, mes parents, certains professeurs, feu mon ami, et récemment c’est avec le Projet Voltaire, dont je dis un mot ici, que j’ai repris son étude avec un très grand plaisir. Alors, j’étais prête pour rencontrer Le Figaro avec ses quiz, les questions que les journalistes et animateurs se posent, le rappel de mots devenus désuets mais qui représentent si bien certaines situations, la lutte contre les anglicismes, l’explication de certaines expressions. En cherchant des informations sur ce journal, afin d’étoffer mon article et d’en savoir, forcément, plus, je découvre quelqu’un comme Claude Duneton, écrivain, traducteur, historien du langage, un tas d’autres choses, et chroniqueur du Figaro. Je passe commande de ses livres !

Reprenons la visite des lieux. Jean Bernard a été l’un des premiers journalistes à se déplacer à vélo pour aller de chez lui au travail. Au début, il y avait un local intérieur pour laisser son vélo. Actuellement, avec l’histoire du virus, de plus en plus de personnes prennent un vélo et l’intendance a dû aménager trois locaux. Je me dis qu’on peut remercier ce service !

C’est remarquable de voir les changements de comportement. En juin, lorsque je suis allée à Paris, il y avait peu de monde dans le métro, personne pour vous bousculer ou prendre la place convoitée. Cette fois, j’ai plutôt prêté attention au vide, au peu de gens dans la rue, au peu de voitures ; j’ai même eu le plaisir d’avoir un banc pour moi toute seule sur les Champs-Élysées ! C’est inhabituel de voir Paris ainsi. Au mois d’octobre, j’ai vu beaucoup de gens à vélo (on sait bien qu’on ne dit pas « en vélo », tout simplement parce qu’on n’est pas à l’intérieur du vélo, on est dessus, comme « à cheval ») et des parcs de vélos pousser comme des champignons après la pluie. C’est intéressant de constater ce changement d’habitudes, allant dans un bon sens, en peu de temps.

Voir note plus bas au sujet de la statue.

La statue de Figaro. Lors de la visite, on a traversé une cour intérieure et j’ai vu la statue de Figaro.

En fait, le journal doit son nom à la perspicacité d’Étienne Arago, l’un des deux fondateurs de la première version du Figaro. Il a dû se dire que le personnage de Beaumarchais lui permettrait de donner libre voie à sa propre plume pour dire les choses de façon satirique.

Beaumarchais, je l’ai « fréquenté » à l’école et à l’Opéra de Bucarest par ses œuvres de théâtre et adaptations d’opéra. Je pensais ne plus avoir de surprises avec ce personnage. Mais, l’année passée, je suis tombée à Paris sur le livre « Beaumarchais, un aventurier de la liberté », écrit par Erik Orsenna. Je n’ai pas hésité et l’ai acheté. Je venais de m’intéresser à Abraham-Louis Breguet, le fameux horloger, et voilà que j’apprends que Beaumarchais a aussi vécu dans le monde de l’horlogerie, qu’il a même inventé des mécanismes et avait été nommé horloger du roi. J’apprends aussi qu’il a eu de nombreux métiers, tous les uns dans les autres et que sa vie a été toute une aventure. Son personnage Figaro lui permet de dire des choses sans les dire. Et voilà qu’on retombe dans le sujet qui a subjugué Étienne Arago, homme politique et de lettres, et son copain Maurice Alhoy, chansonnier. Je me dis que les deux ont dû se dire que ce serait le bon titre pour leur quotidien de quatre pages. J’ai l’impression d’être présente au moment du choix du nom… Je sens leur enthousiasme.

Abonnement du Figaro. Je rentre de ma visite à Paris, me dis que je vais écrire un article sur le journal sur ma plateforme et voilà que je reçois, comme dit plus haut, par une voie totalement inattendue, l’abonnement au journal pendant six mois. C’est ce fameux hasard qui a fait les choses. Quand de telles aventures m’arrivent, je sais que j’ai franchi une nouvelle étape dans mon existence.

Actuellement, le monde de la presse doit faire face à de grandes difficultés : les difficultés liées au paysage mouvant des nouvelles font que l’on doive chercher des solutions. Non seulement il y a une concurrence déjà entre journaux, mais encore la télévision, les journaux gratuits, les nouvelles électroniques, les réseaux dits sociaux – comme si un journal, un emploi ne formaient pas un réseau social ! – forment un autre paysage où la presse écrite peine, sans parler de l’histoire du virus qui met plein de gens à terre.

Et que dire du public ? Les gens, pas tous bien sûr, se contentent de nouvelles plutôt médiocres, qui n’apportent pas une réelle nourriture, une réflexion. Je dis souvent que si une personne âgée n’a plus que deux francs pour finir le mois et qu’on les lui vole, on en fait un article et tout le monde crie au scandale ; mais si à cette même personne âgée, il lui manque deux francs pour finir le mois et qu’elle les trouve par terre ou qu’on les lui donne, cela n’intéressera personne. C’est là qu’on doit se poser des questions.

Tendance actuelle sur différents places. Je n’en reviens pas que les médias, les politiques demandent aux gens ce qui leur ferait plaisir de lire ou d’entendre. Je me demande alors pourquoi ils se sont formés. De plus, la langue utilisée dans les médias, je parle de façon générale, a bien baissé. C’est pourquoi il faut souligner les qualités de ceux qui s’y tiennent. Le Figaro fait partie de ces derniers. Je me permets d’insister sur l’un des fondateurs du Projet Voltaire, Pascal Hostachy, qui a créé des modules pour les entreprises aussi. C’est le genre de choses à mettre en relief.

André Oppel. Je ne résiste pas à remettre ici une définition de la culture faite par feu mon ami à la télévision suisse romande. Quand ? Il y a des années, mais c’est toujours d’actualité !

Nous étions sur la même longueur d’onde. Et sa remarque sur la culture reste toujours de mise : tout est culturel.

Note sur la statue de Figaro. Selon Le Figaro du 3 et 4 avril 1874, le journal avait lancé un concours au mois de mai de l’année précédente et c’est le projet des sculpteurs Émile Boisseau et Jean Barnabé Amy, sur 52 (!) qui a été retenu. J’aurais bien voulu être dans la tête des scuplteurs quand la statue a été conçue. Nous voyons ici bas une reproduction du premier lieu où la statue a été exposée. Il faut ajouter que ce premier bâtiment avait été construit dans un style de Renaissance espagnole, imaginé par l’architecte AImé Sauffroy. On peut dire que le cadre était idéal pour la statue !

Image à créditer à Paris Musées. On les remercie pour cette pièce historique. Dessin transmis par J. B. Litzler.

Ce que j’aime dans ma vie, ce sont les croisements imprévisibles des divers chemins que je prends. Une fois de plus, c’est le cas avec Le Figaro. En effet, je viens d’apprendre que le journal local de Neuchâtel, ArcInfo, est aussi lié au Figaro ; il publie dans la section « Monde » des articles dudit journal et là… je ne sais plus quoi dire…

Claude Duneton, le personnage polyvalent dont je parle dans le paragraphe « La langue française », a atterri aujourd’hui dans ma boîte aux lettres sous forme de Les Origimots. Il atterrit le jour où je reçois le feu vert de J. B. Litzler pour que je publie l’article. J’ai l’impression que Claude Duneton est aussi de la partie.

Jean-Loup Chiflet. Autre ancien chroniqueur du Figaro. Je ne devrais plus mentionner le hasard, mais, cela faisait un moment que je cherchais à atteindre cet écrivain amoureux de la langue française. Sa rencontre mérite un article entier. Oui, finalement nous nous sommes rencontrés et là aussi, les suggestions au sujet de l’un ou l’autre de ses écrits ont été acceptées. Un rêve ! Ce rêve continue puisque je vais présenter un spectacle-lecture de deux de ses livres. Jean-Loup m’a donné son accord.

David Brunat. C’est le même genre d’aventure ; le point de départ ayant été un article qu’il a écrit sur le footballeur Justo Fontaine et publié par Le Figaro. En plus, une de ses grand-tantes, modèle chez Matisse, a vécu à Neuchâtel, ma ville ! Un autre rêve.

Jean Maillet. Une fois de plus, Le Figaro m’envoie un signe et je tombe sur le livre 100 anglicismes à ne plus jamais utiliser ! J’étais en train d’écrire un article, pour une fois centré sur ma personne, et voilà qu’en ouvrant au hasard le livre, je tombe sur le mot « selfie ». On dira que je n’arrête pas de tomber si je dis que cela tombait à pic : je venais d’utiliser le mot, or je peux très bien dire « autoportrait ». Ce qui est important dans ce livre, qui abonde dans le sens de mes goûts et de ce que je lis chez Duneton et chez Jean-Loup, c’est la beauté du français, sa richesse, sa particularité. Chaque peuple a son charme et une langue lui correspond. C’est comme les gens. L’enthousiasme créé par la lecture du livre m’a obligée à chercher les coordonnées de l’écrivain, à lui envoyer un mot pour lui demander la permission de le citer et voilà qu’il vient de me l’accorder. Je ne fais que vivre dans un rêve ! De plus, il est musicien et il m’a aussi donné son accord pour utiliser des extraits musicaux dans mes cours et spectacles.

2022 et autre suite inattendue. Je reçois un courriel de la part d’une collectionneuse de petites statues dont une du Figaro, copie conforme de celle du journal. Elle a été endommagée et le fondeur qui la répare aurait besoin de photos de l’original (côté droit et arrière parce que c’est l’instrument de musique qui est abîmé). La dame n’arrive pas à rencontrer un interlocuteur au journal malgré ses nombreuses tentatives. Je lui dis que la prochaine fois que j’irai à Paris, je m’en occuperai et raconte l’affaire à Jean Bernard. On se rencontre et je prends une vingtaine de photos. Ne sachant pas exactement ce qu’il faudrait au fondeur, j’essaie de me mettre à sa place. Voici une mosaïque.

Jean Bernard s’est dit qu’il allait mesurer le socle de la statue. Ce qu’on « lit » dans la photo c’est que Jean Bernard est minutieux, précis et attentif. C’est son portrait. Je ne cesse de dire que tout ce que nous faisons parle de nous. Résultat de la mesure : 65,9 cm X 80 cm pour le socle.

Remerciements. La dame dit qu’elle ne sait comment me remercier. Pour moi, le fait d’avoir aidé me suffit. J’aime rendre service. En créant ma plateforme, j’avais dit que j’aimais rendre service. Cette aventure en est une preuve. La statue a finalement été réparée en 2023.

Les choses s’enchaînent les unes aux autres. La dame me dit qu’à l’époque où sa petite statue a été faite, il était coutume d’en faire cadeau dans les entreprises à des personnes méritantes en fin de carrière. En Suisse, à Neuchâtel, on donnait dans les années (?) des pendulelettes neuchâteloises. Je sais aussi que l’on donnait une montre en or pour les 25 ans d’activité dans une entreprise. Il faut que je parte en quête de données. Une amie journaliste me dit que son père a hérité d’une pendulette de ce genre. On va en faire une photo.

Nouveau logis pour Le Figaro. Il se trouve maintenant à la rue de Provence Nos 23-25, pas très loin de son ancien emplacement. Jean-Bernard m’a envoyé deux photos. Je mets celle de l’entrée et me réjouis de pouvoir aller sur place pour voir le reste.

Le lieu et la photo sont magnifiques. On se dirait dans un rêve.

Mars 2024. C’est fait, je suis allée voir le nouveau bâtiment. La photo de Jean Bernard correspond à la réalité. De façon générale, j’aime regarder les reflets dans les miroirs, surtout quand ils s’enfilent les uns dans les autres. Il me semble qu’ils mènent dans d’autres mondes, d’autres dimensions et cela me procure un immense plaisir. C’est une illusion, je sais, mais le symbole est puissant. Dans la photo ci-dessus c’est le plafond en acier inoxydable martelé et poli qui donne cet effet de miroir. Je vogue vers d’autres dimensions en le regardant. Cette photo est complète et pourtant certaines parties, prises séparément, m’inspirent. Si je laisse parler mon inspiration, je vais sortir du sujet. Mais, je vais utiliser la photo que j’ai prise dans deux ateliers que je donne Le mouvement du corps et de l’esprit et Le rêve éveillé. J’aime partir de la réalité et laisser l’imaginaire se dévoiler. En attendant, elle paraît ici dans un autre article (à venir)

Je reprends. Le Figaro loge maintenant dans un bâtiment plus petit dont vous avez une vue générale ici bas. L’extérieur est resté intact et à l’intérieur, entrée rue de Provence, vous avez le bel escalier et au-dessus des bureaux ouverts dénommés open spaces. Avec le télétravail, les habitudes de travail ont changé et de ce fait il y a de la place pour 8/10 employés (ailleurs c’est parfois la moitié) et il y a des petites salles de réunion qu’ils peuvent utiliser pour s’isoler, parler au téléphone, avoir des discussions. Certaines salles sont même équipées d’écrans afin de pouvoir avoir des téléconférences avec l’équipe au complet même quand quelqu’un travaille à la maison.

Le nouveau bâtiment – en fait ce sont deux édifices de 1914 et 1930 respectivement mais déjà unifiés par une petite cour intérieure qui a été revalorisée.

Les sigles F avec la plume croisée en bronze datent du début du journal. Ils sont en pleine forme !

La lumière dans le bâtiment. L’avantage de ce bâtiment dont les fenêtres donnent sur deux rues est que la lumière baigne les fameux open spaces. (Dans l’autre aussi = Q )De plus, la cour intérieure laisse aussi passer la lumière.

Je reprends la notion d’open space. Je fais partie de la génération où chacun avait son bureau et j’ai de la difficulté à me projeter dans ces bureaux ouverts. Dernièrement, j’ai fait des recherches dans une bibliothèque et les générations actuelles ont un comportement tout autre qui m’a obligée à faire des remarques, à prêter (bon, donner !) des mouchoirs afin d’éviter de drôles de bruits, etc. Il me semble avoir vu des casques sur des bureaux des journalistes ; je me dis que certains d’entre eux y recourent afin d’éviter le bruit des voisins trop voisins… Quand même… en plein xxie siècle… Ces espaces ouverts, qui sont plutôt un bureau commun, me font penser aux fabriques.

Les nouvelles technologies. Elles sont prises en compte : les ordinateurs sont reliés aux imprimantes de n’importe quel étage ; ils permettent de réserver les salles de réunion et à l’entrée de ces salles on peut lire, dans un petit écran les moments où elles sont libres ou occupées. Ce sont les temps modernes.

Deux regrets :

  • il n’y a plus de restaurant, de salle où l’on peut manger ou se retrouver pour prendre un verre. Le fait de se croiser crée une autre dynamique, le hasard fait que l’on tombe à table sur quelqu’un qui vous apporte un autre point de vue, ou le renforce. Lorsque je travaillais au Bureau international du Travail, j’ai fait plein de rencontres au restaurant. Pourtant, au cinquième étage, là où la vue est absolument splendide, il y aurait de la place. Voici la vue (photo de Jean Bernard) où j’ai ajouté celle que je lui ai prise.
En y réfléchissant, Jean Bernard est bien à sa place puisqu’il travaille dans l’immobilier et qu’il a donc un regard particulier sur tous les bâtiments, même sur le Sacré Coeur tout au fond !
Pas moyen de faire une photo de Figaro sans reflets.
  • Où est la statue de Figaro ? Dans l’ancien bâtiment, Figaro était dans la cour où il pouvait être vu de tout le monde et surtout de ceux qui étaient au restaurant, puisqu’ils étaient au même niveau. De plus, la cour était protégée par un toit en verre. Actuellement, la statue se trouve aussi dans la cour, mais on n’y a pas accès et elle se trouve à l’intempérie. Si on veut la voir, il faut aller à droite de l’escalier de l’entrée et entamer la descente à travers une vitre qui a des reflets…

2025, 1909 et 1924. Drôles de dates ! Je commence par 2025 parce que c’est cette année que j’écris un article sur la papaterie Bourquin de Neuchâtel et qu’on y trouve des crayons de la marque Carand’Ache. Or, à l’origine de ce nom on trouve Auguste Bodin, dont le nom pseudonyme était Carand’Ache, nom sous lequel il publiait ses dessins humoristiques dans Le Figaro ! Je suis comblée. C’est en 1924 que l’entreprise adopte le nom de l’humoriste.

La suite est à venir.

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Einstein, la Maison Einstein et « Les Vies d’Einstein » (révisé)

La révision a consisté à mettre en relief le rôle de Mileva Marić, la première femme d’Eisntein ; celle qui l’a aidé à passer ses examens lorsqu’ils étudiaient à l’école polytechnique de Zurich, celle qui passait ses nuits avec lui à faire les calculs. Pourquoi est-ce que je reviens sur le sujet ? Tout simplement parce que j’ai trouvé sur la Toile un article écrit par la physicienne Pauline Gagnon et qu’elle regrette que l’on ait oublié le rôle de Mileva. Je lui ai écrit et, miracle ! elle a répondu. Elle m’a donné la permission de mettre le lien pour sa plateforme, là où se trouve l’article. Les mots écrits par Mme Gagnon m’ont rappelé ceux que j’avais entendus de la part d’un autre professeur de physique que j’ai eu au lycée, M. André Bourquin, qui justement disait en classe que celle qui faisait les calculs était sa femme et que toute sa vie Einstein avait eu besoin de mathématiciens pour ses travaux. Je viens encore de l’entendre de la bouche de l’autre physicien qui retient mon attention, Jean-Pierre Garnier Malet. Seulement, cette information est souvent ignorée. Je fais de mon mieux pour rétablir l’équilibre.

Je suis donc très reconnaissante à la physicienne Pauline Gagnon d’avoir mis en relief le rôle de Mileva dans la vie d’Einstein et de m’accorder sa confiance.

Einstein fait partie de la vie de tout le monde, même si bien d’entre nous l’ignorons. Il a fait irruption dans ma vie, sur la pointe des pieds – pour prendre l’image de l’un de mes mondes – lorsque j’étais à  l’« École supérieure de jeunes filles » de Neuchâtel et que j’ai fait un exposé sur lui dans le cadre du cours de physique. Mon professeur, M. Malki, avait été très satisfait. Puis, à chaque fois que j’ai eu l’occasion d’acheter un livre sur lui expliquant de façon simple ses théories, je l’ai acheté. J’en ai une collection et le moment d’en faire la synthèse est arrivé. À dire vrai, j’ai commencé, l’année passée, à prendre des cours de physique avec Knut, le photographe attitré de mes activités et dont la première passion avait été cette matière avant de se tourner vers la médecine. J’ai intitulé nos rencontres « cafés atomiques », le café c’est lui qui le boit et comme nos discussions tournent autour des atomes et autres particules physiques…

Il faut ajouter qu’une série d’événements se sont, en plus, succédé récemment et qu’ils m’ont conduite à aller revoir la maison d’Einstein ; cette fois-ci de façon consciente, à tel point que j’ai eu l’impression qu’il était là. C’est certainement le produit d’une superposition de temps ou de dimensions temporelles et mon désir de le remercier pour ce qu’il m’apporte via d’autres personnes.

Alors, la Maison Einstein. J’ai une affection particulière pour cette maison : le fait que pareil savant ait vécu à Berne a toujours soulevé une émotion en moi ; les savants célèbres avaient toujours une connotation d’un lieu lointain ; là, j’ai sa maison, son appartement, plus précisément, tout près de ma ville et il a respiré, pour ainsi dire, le même air que moi.

Lors de mon avant-dernière « visite » chez Einstein, les fenêtres étaient ouvertes.
C’est un bon signe !

Pour accéder à ce deuxième étage, on gravit une série de volets de marches. Je suis émue en les gravissant et en pensant qu’Einstein et sa femme les avaient aussi utilisées. Les deux époux les ont gravies, pour la première fois, en 1903.

Ce sont des meubles qu’on trouvait au début des années 1900 ; c’est une reconstitution de l’ambiance mais c’est très touchant. Les tapisseries sont celles de l’époque, restaurées. Le sol est aussi d’origine.

La salle à manger est certainement l’endroit qui a certainement le plus servi aux calculs de Mileva et Albert Einstein parce qu’il y avait de la place pour écrire. Le fils, Hans-Albert, rapporte qu’il se rappelle ses parents travaillant ensemble tard la nuit à la table de la salle à manger !

Toutes les portes sont grises avec des teintes bleutées et des dessins dorés. Ils sont en accord avec ceux du plafond.

Une porte semblable, mais bien plus large conduit du salon à la chambre de l’enfant né à cette période, Hans-Albert et, ensuite, on arrive dans la chambre à coucher du couple Einstein. En fait, on ne s’en rend pas vraiment compte, tellement on est pris par le fait que les Einstein ont habité l’endroit et, de plus, c’est là que se fait l’accueil de la visite, avec les tickets d’entrée et les livres et cartes postales qu’on peut acheter. Mais, si on y prête attention, on est ému de voir qu’on marche sur le plancher d’origine !

Mais, la pièce maîtresse du musée est le bureau d’Einstein ! C’est celui qui se trouvait au Bureau des Brevets. On imagine bien EInstein, entre deux ou trois brevets, s’interroger sur la formule devenue célèbre : E = mc2.

La première de couverture montre Einstein en train de réfléchir.
On a tous entendu parler de la formule E = mc2, même si on n’en connaît pas le sens profond ; mais Einstein a travaillé, cherché, s’est interrogé avant de trouver cette équation si claire et si brève. Le dessin est une pure réussite !
J’ai un peu rétréci les images afin d’enlever les chantiers actuels et quelques voitures. C’est aussi, à peu de chose près, la vue que les Einstein avaient depuis les fenêtres de leur salon. Il faut simplement imaginer les personnes habillées à la façon des années 1900 et les voitures tirées par les chevaux.

On devine aussi, à côté du cadran astronomique, le carillon qui sonne les heures pleines, spectacle qui fait la joie de tous les touristes.

Un mot au sujet du parc des ours. Pendant des années, il y a eu la fosse aux ours et régulièrement, il y avait des remarques au sujet de la détention de ces animaux qu’on ne sentait pas heureux. Je me rappelle que lors de ma première visite à cet endroit, j’avais trouvé triste cette vue. Il y a eu une amélioration au milieu des années 1990 et finalement, en 2004, il y a eu l’aménagement du parc actuel et les ours sont quasiment en liberté. C’est un tout autre paysage et la preuve que l’on peut changer des choses sans violence.

Ce fameux hasard qui n’existe pas a fait qu’au moment où je suis allée à La Maison Einstein pour la troisième fois, il n’y avait pas beaucoup de monde et même si on passe par les mesures inévitables dues au virus qui circule, je suis plus qu’émue en photographiant ce bureau unique et en le touchant. Ce sont des choses qu’on ne peut partager avec autrui, mais je suppose que nous avons tous des moments où les choses nous parlent. Je remercie infiniment le personnel qui m’a si bien accueillie et qui m’a permis d’accomplir une sorte de rêve. Je suppose qu’une même passion nous unit. C’est une très belle chose. De plus, j’ai pu exceptionnellement déposer mes affaires dans la chambre des Einstein pour aller faire un bain dans l’Aar ; chose que je n’avais jamais faite, tout près des ours desquels je viens d’écrire. C’est le genre d’aventures qui me rendent meilleure.

Le livre de Fiami « Les vies d’Einstein » a aussi participé de mon enthousiasme du fait qu’il se situe justement dans la période vécue par Einstein dans cette maison. Désirant en savoir plus, j’ai pris contact avec l’auteur qui a aimablement répondu à mes questions :

  • Non, personne ne m’a proposé d’écrire le livre. Il se trouve que je venais de publier en 2002 la BD « Tous à l’expo »- au moment de notre dernière exposition nationale – et que le responsable de la communication du CERN m’a dit que 2005 serait l’année Einstein en Suisse : on aller fêter les 100 ans de la publication de la théorie de la relativité restreinte. Fiami se dit tout d’abord qu’il n’est pas scientifique, que ce n’est pas son domaine et finalement se dit que s’il arrive à comprendre, il pourra faire que d’autres personnes comme lui s’intéressent à Einstein. On peut très bien suivre le cheminement de la pensée chez Fiami. On pourrait même en faire des images d’une BD !
  • Je pense qu’on peut instruire avec de l’humour, m’explique Fiami et d’ajouter cela m’a incité à continuer sur la lancée et à écrire et publier « Les vies de Galilée » en 2009, année de l’astronomie, « Les vies de Marie Curie » en 2011, année de la chimie et « Les vies de Newton » en 2018, sorte de Post Scriptum aux trois premiers livres, précise Fiami ;
  • Ce dernier livre a été lancé à la fondation Bodmer en présence de Michel Mayor un mois avant qu’il ne reçoive son prix Nobel ! Prix reçu avec Didier Queloz pour avoir découvert en 1995 la première planète hors de notre système solaire et autour d’une étoile de type solaire ;
  • Je dis à Fiami que j’ai été très émue en lisant la reproduction, sous forme de carte postale, de l’annonce d’Einstein dans le journal local : cours privés de physique et de mathématiques pour étudiants et élèves. L’avis finit ainsi « Probestunden – première leçon- séance de mise au point – gratis ». Fiami explique : Einstein se trouvait à cette époque au chômage. Il vivait à la Gerechtigkeitgasse à ce moment-là. Il devait avoir son caractère et personne ne voulait l’avoir auprès de lui. Je sais qu’il est connu qu’Einstein ne voyait pas les choses de la même façon que la majorité et qu’il était « un peu direct…  » Personne n’aime se sentir déstabilisé… Probablement, dit Fiami. Il était donc au chômage avec femme et enfant ! Alors, il donne des cours.

Les mots de Fiami m’ont rendue curieuse et c’est ce qui a fait que je suis retournée une troisième fois à Berne en trois semaines (un ami m’a demandé si j’avais un abonnement de train !) et j’ai retrouvé la maison. La voici :

Peu de gens, même à Berne, connaissent cette maison. Einstein habitait ici au premier étage dans une chambre « parcimonieusement » meublée » – lis-je dans l’un des livres que je consulte. L’adresse est mentionnée au dos de la carte postale reproduisant son annonce. L’annonce du journal local date du 5 février 1902. Sur l’une des colonnes de l’arcade en face de l’immeuble, on trouve un écriteau qui dit que c’est là qu’Einstein écrivit son article sur les forces moléculaires !

Je fais une parenthèse au sujet des portes. Il me semble que peu de gens accordent de l’attention aux portes et c’est le cas de mes élèves de danse. J’ai fini par créer un exercice intitulé « La danse de la porte ». Les portes sont magiques, elles sont témoin de plein d’histoires. Regardant celles de la maison d’Einstein, elles me disent bien choses et me transportent temporellement ! Il faut bien les traiter et surtout ne pas les claquer.

Voulez-vous savoir combien Einstein demandait par heure ? Fr. 3.- et ma source est Fiami. Il est difficile de se faire une idée de la somme demandée, mais on verra un peu plus loin le salaire qu’il a pu avoir lors de son engagement par la Confédération.

Une des choses fascinantes dans ma vie ce sont les coïncidences – sœurs de ce fameux hasard qui n’existe pas – en l’occurrence, cela fait quelques années que je rends visite à Max, propriétaire d’une boutique « Antics und Puppenklinik » à la Gerechtigkeitsgasse 36, soit la maison qui juxtapose celle d’Einstein (où est passé le 34 ? Ce n’est pas important). Le fait est que, je suis passée bien des fois devant cette maison… Maintenant, je sais.

Fiami m’a aussi dit que c’est grâce à une intervention appuyée de son ami Marcel Grossmann qu’Einstein a pu entrer au bureau des Brevets. Je cherche l’adresse et me rends sur place. Tout cela me rend Berne encore plus sympathique. Berne est une belle ville avec de très jolies boutiques, dans de petits locaux, des vitrines extrêmement soignées, une rivière magnifique – je suis très sensible aux cours d’eau – et voilà qu’elle prend une autre dimension pour moi.

Albert Einstein est engagé le 22 juin 1902 et le 16 juillet le Conseil fédéral le nomme fonctionnaire fédéral, expert technique stagiaire de 3e classe. En effet, à l’époque c’est le Conseil fédéral qui nomme les fonctionnaires. Son salaire mensuel était au début de CHF. 290.-, puis quand il est devenu expert technique de 2e classe, en avril 1906, il s’est élevé à CHF. 375.- Comme je le dis plus haut, on ne peut pas dire grand-chose sans approfondir la question, mais ce salaire l’a bien soulagé. Lors de son engagement, il avait écrit à Miléva, qui n’est pas encore sa femme et qui jouera un si grand rôle dans sa vie professionnelle, qu’ils seront riches à Berne.

Un exemple du rôle de Mileva dans la vie d’Einstein. Lorsqu’en 1908 Albert, elle et Conrad Habicht construisent un voltmètre ultrasensible – c’est Mileva qui fait le travail expérimental – Albert en rédige la demande de brevet sous le nom Einstein-Habicht. Ce dernier demande à Mileva si cela ne la dérange pas de ne pas voir son nom et elle répond : « Warum ? Wir beide sind nur ein Stein. » (Pourquoi ? Nous deux ne sommes qu’une seule pierre », signifiant, nous ne faisons qu’un.) Source : Agence Science-Presse, 22.12.2016, article écrit par la physicienne Pauline Gagnon.

En tous les cas, c’est à Berne qu’Einstein dit avoir vécu la période la plus heureuse et la plus productive de sa vie. C’est aussi une période où il ne rend de compte à personne et où il peut suivre son instinct. Liberté de travail et de pensée vont de pair. Nous le savons tous, dès qu’il y a une contrainte, le paysage perd de son harmonie. Voici les mots d’Einstein « La formulation d’actes de brevet fut une bénédiction » et « salutaire pour un homme comme moi ». Remarquons aussi que si Einstein dit avoir eu sa période la plus productive à Berne, c’est aussi celle qu’il a vécue avec Mileva la forte en calculs !

Mais revenons au livre si bien écrit par Fiami. Il m’a donné la permission de reproduire ce qui me semblait intéressant pour mon article et cette liberté inespérée rend la chose difficile tellement il y a des trouvailles. Celle qu’on trouve de prime abord est le nom d’Einstein lui-même :

En suivant la vie d’Einstein dans la BD de Fiami, Einstein passe d’Enalithos à Al’Bhereinstein quand il rencontre le grand mathématicien Al Khawarizmi, Alberto Unsasso lorsque Fiami le fait voyager à Padoue pour rencontrer Galilée ; je ne mentionne pas tout pour vous laisser la surprise, mais Einstein se dit que sans sa femme Miléva, il n’aurait été que « Halbstein ».
Je trouve tout cela ingénieux !

Je ne résiste pas à l’envie de passer par d’autres endroits qui ont « vu » Einstein. Je me suis rendue à l’endroit qui lui a procuré du bien-être financier et intellectuel, car c’est aussi là qu’il a analysé plein d’autres projets et qu’il a affûté son esprit.

Cette idée lui est aussi venue sur le bureau photographié plus haut et qui se trouvait à l’office des brevets devenu l’Office fédéral de la Propriété intellectuelle. Le bureau d’Einstein était au 3e étage, mais on n’arrive pas à le situer… l’imagination remplira ce manque d’information…

Une fois que je me lance dans un sujet, je n ‘arrive plus à m’arrêter ! Il faut quand même penser à une fin. Disons tout de suite que j’ai commandé et reçu les trois BD sur Galilée, Marie Curie et Newton publiées par Fiami. Je ne peux que les recommander, tant les enfants que les adultes de tout ordre s’y retrouveront !

Je voudrais aussi remercier et féliciter le groupe de physiciens qui a eu l’idée de louer cet appartement et d’en faire un musée.

Un mot sur les théories d’Einstein développées à Berne (à suivre).

Pour finir, reprenons une de ces délicieuses pages de Fiami. J’ai reproduit celles où il y a de l’humour, mais il y a celles où on se rappelle ou apprend que les nombres viennent de l’Inde, que ce sont les Arabes qui les ont fait connaître, et que Démocrite parlait des atomes avant que ceux-ci n’entrent officiellement dans la science, 23 siècles plus tard ! On était alors en 400 av. J.-C.

Parenthèse au sujet des chiffres. On parle des chiffres arabes et des chiffres romains. En fait les chiffres arabes sont nés en Inde. C’est à l’Inde que l’on doit les chiffres de notre système décimal, le zéro y compris. Alors, où est la logique ? La graphie a bien changé, mais le système a son origine là-bas. On ne va pas discourir sur le moment où les chiffres sont nés, c’est une nécessité dans notre monde. Il y a une autre curiosité à relever : dans le grec ancien, les lettres servaient tant à écrire qu’à compter, chaque lettre représentait un nombre. Nous en conservons l’expression l’alpha et l’oméga, soit le début et la fin.

Le physicien Jean-Pierre Garnier Malet. C’est en faisant ses calculs sur le dédoublement du temps et de l’espace qu’il a découvert qu’en réalité, l’alphabet grec devait avoir 27 lettres, or l’alphabet grec moderne n’en a que 24. Après des recherches, elles ont été trouvées et GM a reçu une ovation à Athènes !

Fin de la parenthèse et suite et fin avec Fiami :

J’ai dû faire des découpages afin de rendre le texte compréhensible. La qualité n’est pas géniale, car je n’aime pas éventrer les livres et j’ai fait au mieux pour cela.

Je ne peux que vous recommander une visite à La Maison Einstein, la lecture des livres de Fiami dont voici le lien et, bien sûr, l’article de la physicienne Pauline Gagnon qui elle-même recommande la lecture du livre « Mileva Marić Eintein ; ma vie avec Albert Einstein », écrit par le professeur Radmila Milentijevic.

J’ai fini par trouver ces deux timbres que je me fais une joie de mettre ci-dessous. C’est grâce aux bons services de M. Prvoslav Jankovic, Serbie, et de « histoirepostale.83, France, via Ebay que j’ai pu les obtenir. Je les remercie. En plus, tous les deux ont mis de très beaux timbres sur leurs enveloppes. Ah ! la beauté, c’est inestimable !

Ce qui est magnifique c’est que j’ai passé commande des deux timbres à des endroits différents en des temps différents et… qu’ils sont arrivés le même jour ! Si ce n’est pas un signe…

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Autres liens :

Réparations et rangement = de l’ordre en soi.4

Chaque année, je dois revoir de fond en comble les affaires que j’ai dans mon studio de danse du fait qu’il est humide. C’est un exercice quelques fois démoralisant, mais qui me donne, une fois fait, bien du plaisir.

Cette fois-ci, je range mes cartons contenant des costumes et m’aperçois qu’il y a un tas qui ne repose pas sur une surface de même hauteur. Il n’y a pas d’autre endroit pour les cartons. Il faut trouver une solution.

J’ai fait les photos sur le banc fait par Ernest Grize, le premier régissseur du Centre culturel neuchâtelois, et que j’ai repeint à ma façon.
L’alignement est bon, mais, je pourrais mettre encore un petit carton derrière le papier pour lui donner une apparence lisse. Ce sera une autre fois.

Ce qui me semble intéressant dans cette histoire, c’est que le couvercle d’un carton continue son existence sous un tout autre aspect que celui pour lequel il avait été destiné. Il me semble que c’est ce qui nous arrive quelques fois. On pense qu’on est utile ici et finalement c’est ailleurs que nous le sommes.

Dans cette aventure aussi, le bout de carton aurait pu simplement être plié et remplir le nouveau rôle que je lui ai donné, mais, il m’a paru évident de le remercier pour son service en l’emballant avec soin. Ici aussi, ce n’est pas parce que notre rôle n’est pas majeur que l’on ne doive pas prendre soin de ce qu’on a à faire, ou qu’on ne doive pas traiter avec élégance ceux qui nous rendent service.

Personne ni nulle chose n’est insignifiante, peut être la moralité de cette histoire. Et elle me rappelle celle que est arrivée à l’un de mes amis de Bucarest et à un sac de Zurich. Mon ami Ticu se promenait au centre de Bucarest et voilà qu’il croise une dame portant un sac en plastique avec des illustrations de Zurich. Ni une ni deux, il s’approche de la dame et lui demande s’il pourrait avoir le sac. Elle, on ne sait pas ce qu’elle pense, mais lui donne le sac. Arrivé chez lui, Ticu découpe le sac en fait une bande et décore une de ses lampes. L’effet a été somptueux et tous ceux qui allaient en visite chez Ticu admiraient la lampe. Personne, pas même celui qui avait fait l’image de la ville de Zurich, n’aurait pensé que ce sac pourrait avoir un tel destin. Je trouve cela magnifique !

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Liens vers d’autres articles où réparations et rangement = mettre de l’ordre en soi. C’est sûr qu’à chaque fois que nous réparons et rangeons quelque chose, il y a une correspondance en nous :

À quelque chose malheur est bon

Cette drôle d’expression s’applique tout à fait aux deux états par lesquels je suis passée en quelques heures : d’un « mince alors ! Il ne manquait plus que cela », à « quelle chance, maintenant, je sais comment faire ! »

Tout a commencé parce que mon studio de danse a été inondé lors de la dernière grande pluie et que je fais des allers-retours avec des choses pour les laver, sécher au soleil, réparer. À un moment donné, je mets diverses choses dans mon sac, dont une avec de l’eau et vais à mon studio. Je trouve une astuce pour suspendre des cilindres dans une armoire, je trie mon matériel de réparations et me dis qu’il faudrait que j’envoie un message à ma voisine du studio pour savoir si elle a arrosé les plantes ou si je dois le faire. Je regarde dans mon sac, m’aperçois qu’il y a un peu d’eau, sors mon portable ; il a un drôle d’air, il a l’air de sortir du bain et affiche « votre carte Sim est bloquée, veuillez introduire votre code Puck ». Je tapote sur le clavier sans succès. C’est là que je me dis « Il ne manquait plus que cela ! » Sans le vouloir, j’imagine une dépense supplémentaire… un film désagréable.

Je sonne chez ma voisine, lui explique la situation et elle me dit que sa fille a laissé tomber son téléphone dans le lac et qu’elle l’a récupéré avec ses fonctions après l’avoir laissé une nuit dans du riz. C’est vrai, je me rappelle que le riz a des propriétés fantastiques.

Après avoir regardé une vidéo sur la Toile, je réussis à enlever la carte Sim. Je passe ensuite chez mon fournisseur téléphonique et le vendeur me dit que mon téléphone est fichu et que je dois en acheter un autre. Mais, miracle, il le manipule et l’appareil s’allume. Il me dit d’attendre le lendemain pour remettre la carte Sim. Je passe chez les vendeurs d’Inter Discount qui me conseillent la même chose que ma voisine anglaise, à savoir, de le laisser 24 heures dans du riz.

Une lumière s’allume dans mon esprit et je demande à l’un des vendeurs que je connais bien si je peux faire des petits sacs de riz pour absorber l’humidité de mon studio de danse. Il répond affirmativement. Je demande si je peux les faire en plastique, il dit que le riz ne va pas pouvoir agir (c’est évident, ai-je pensé une fois qu’il m’a donné son explication) et que le mieux serait des sacs en papier.

Je passe au supermarché, achète du riz en bonne quantité. J’ai de la chance, il y a une promotion et je bénéficie d’un rabais. La chance tourne !

Je rentre chez moi et plonge mon téléphone dans du riz.

Entre temps, les idées se sont bousculées dans ma tête et j’ai une image pour les sacs ; je cherche la boîte où j’ai rangé un tas de petits bouts de tissu blancs. Je me dis que je vais faire des petits coussins. J’ai besoin d’au moins 50 petits paquets… Je voudrais quand même les faire jolis. Ce n’est pas parce qu’ils ne vont contenir « que du riz », « que personne ne va les voir », qu’ils doivent être faits n’importe comment. Mais, je ne vais pas non plus passer des heures…

Je trouve une solution. Les ciseaux achetés dans un magasin qui n’existe plus en ville coupent en zigzag, les bordures seront ainsi jolies. J’ai coupé et cousu des petits sacs pendant une heure et passé une heure et demie à les remplir et à les fermer à la main. Ce sont deux heures et demie mais je ne vois pas le temps passer car je me dis « quelle chance, avec cette histoire du portable mouillé, j’ai trouvé une solution à mes problèmes d’humidité à bas prix et en plus jolie ! ».

Le hasard, qui, je le dis une fois de plus, n’existe pas, a fait que mes sacs sont en majorité de la bonne grandeur, à savoir qu’ils peuvent contenir les 40 gr de grains de riz recommandés sur la Toile. Pour les petits, j’en mettrai deux selon les endroits. C’est connu, l’appétit vient en mangeant et d’autres idées surgissent pour que des jolies formes avec des grains de riz décorent ma salle, certaines se fondront avec des objets et d’autres seront en relief.

Pour en revenir à l’histoire du hasard. Je ne peux faire autrement que de parler du physicien Jean-Pierre Garnier Malet qui rappelle que nos idées parviennent à notre cerveau 0,7 à 0,5 secondes avant que nous n’en soyons conscients. C’est Benjamin Libet qui l’a démontré. C’est fantastique quand on y pense. Cela explique bien des choses.

Fin de l’histoire et lien avec une autre histoire. En parlant de fin, cela a été la fin de mon téléphone. Il s’est plus ou moins réveillé, mais a décidé de rester endormi. J’ai dû me résoudre à en acheter un autre et je ne me rappelais pas que c’était si compliqué de retrouver les données, les applications, les mots de passe, les codes de ceci et de cela. C’est ici que commence une nouvelle histoire avec « Le rôle du commerce au centre-ville. 5 et Interdiscount ».

Moralité de tout cela : dommage que mon télélphone soit devenu le beau téléphone dormant sur son lit de riz. Je n’ai plus retrouvé le même modèle dans cette société où il faut toujours du neuf, du plus. J’ai un téléphone qui fait de meilleures photos, qui a plus de mémoire et qui prend aussi plus de temps à envoyer mes photos sur mon portable via le courriel. En effet, j’ai un Mac et les Mac ne font pas bon ménage avec les Samsung. Quant à un supplément de mémoire, je n’en avais pas besoin et pour ce qui est de la qualité des photos précédentes, elle était très bonne. De plus, j’ai deux très bons appareils photo, un Canon T 70 avec film argentique et un Sony cyber-shot qui est excellent ! Mais, je n’ai pas le choix, sans téléphone portable aujourd’hui… c’est comme mon Samsung sur son lit de riz !

Surprise ! Je n’arrêtais pas de me dire qu’il devait être possible de récupérer quelque chose de mon téléphone dormant. Je l’ai amené à un réparateur qui a su entrer dans les rêves de mon appareil et récupérer certaines adresses, certains messages et des photos. Le montant à payer a été élevé, mais je me suis dit que le fait de retrouver certaines informations n’avait pas de prix. On le sait, l’annuaire téléphonique est quasiment inutile tellement le téléphone portable est utilisé et plus répertorié. On est presque comme dans un conte où tout finit bien. Avec le temps, cela ira mieux.

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@3m.ossature : période de confinement

Confinement. Une nouvelle session organisée par le service des Sports de Neuchâtel commence et voilà que le confinement oblige la plupart de la population à rester chez elle. Flûte ! je n’avais pas prévu cela. Que faire ? Je dois pouvoir faire quelque chose, me dis-je. Me vient l’idée de continuer le cours via les nouvelles technologies. Je fais la proposition aux quatre participantes et trois s’enthousiasment à l’idée de « rester debout » dans une situation si hors du commun, surréaliste dit l’une de mes amies.

Nous optons pour l’application WhatsApp. Heureusement que nous avons eu le temps de faire un cours ensemble et j’ai en mémoire leur corps et la façon dont elles l’utilisent. Autrement, cela aurait été impossible. De plus, le noyau du cours de la matière enseignée est très simple et demande 20 minutes pour l’appliquer une fois qu’on connaît la technique. Ce qui enrichit ce cours, ce sont les métaphores utilisées, les liens du corps avec toute sorte de situations de la vie, de domaines aussi. Ces liens nous éclairent sur la façon dont notre corps réagit.

À ceux qui ne connaissent pas « @3m.ossature », je dirai que je me suis inspirée de Godelieve Denys Struyf, GDS, et que j’ai fait un cours bien à moi. J’en ai parlé avec l’une de ses collaboratrices et elle a trouvé que c’était intéressant. Comme dans toutes mes autres activités, il arrive un moment où on parle de la fonction de la pensée, de la façon dont nous l’utilisons, de ce que nous en faisons. On le sait, tous les chemins mènent à Rome et ce cours va aussi à Rome, au sens figuré, il va sans dire.

Alors, comment donner ce cours ? Si c’est grâce à WhatsApp que je peux donner le cours, il n’en reste pas moins que d’enseigner sans voir les gens reste un exercice ardu. Je me dois de travailler différemment. En principe, je me laisse inspirer par ce que les participants font, disent, montrent ou ne montrent pas, tout cela parce que je les vois et que je sais où je peux intervenir.

Cette fois-ci, c’est donc différent, mais comme je l’ai dit plus haut, j’ai rencontré les participantes une fois et j’ai leur corps en mémoire. Le corps est l’instrument que nous utilisons pour nous exprimer. Je ne pense pas pouvoir donner un tel cours au travers des nouvelles technologies à des personnes que je n’ai jamais rencontrées. Je connais bien la danse classique ainsi que le corps humain. Ce n’est pas pour rien qu’un danseur a toujours besoin d’un maître de ballet. Même lorsqu’on connaît les règles, le corps ne réagit pas toujours comme on le croit. Il y a beaucoup à dire sur le sujet.

L’expérience enrichit mon enseignement. Cela demande une préparation différente. Dans mon studio j’ai beaucoup de matériel sous la main et l’utilise en fonction des situations. Cette fois-ci, je prépare un schéma et écoute ce que les participantes disent. Je suis très attentive au ton, aux respirations, aux silences. Si ces éléments entrent aussi en ligne de compte dans les cours en présence des participants, ici c’est celui qui prime. Ensuite, je chemine et apporte des éléments. Le cours se construit et peu à peu on arrive à plus de la moitié des cours de la session et on se sent comme dans un bateau au large. Alors, même si c’est ardu, c’est fascinant de se dire que l’on ne se connaît pas au sens habituel mais qu’on se connaît quand même. Ce confinement apporte un facteur commun, on est vraiment dans un même bateau et on est resté debout face à la tempête. Pour moi c’est l’une des choses primordiales. Je dis toujours que mes cours serventt de prétexte à aller plus profondément en soi. De plus, on est aussi d’accord pour aider l’une ou l’autre d’entre nous si jamais on a besoin d’aide dans cette période. Je trouve cela très émouvant. En effet, c’est dans la difficulté que l’on reconnaît les amis.

Nous traitons bien des sujets, cette fois-ci on a mis l’accent sur les pieds. Voici des images.

On y voit un pied sans cambrure, dit pied plat, un pied avec une cambrure normale et un pied très cambré.

Les participantes ont chacune fait une photo de leur empreinte. Cela donne ceci :

Et nous avons une oeuvre artistique !

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René Froidevaux : l’homme, patron de la Fabrique d’Horlogerie Froidevaux S.A. Neuchâtel – Suisse

ENGLISH VERSION HERE

C’est la montre de monsieur René Froidevaux, marque Cadola, la marque vendue en Suisse et dont le graphisme a été fait par André Oppel dans les années 1950.

La montre. On sait qu’un objet n’est qu’un objet, toutefois, quand je me dis que cette montre était au poignet de monsieur Froidevaux et l’a accompagné au moment où il prenait des décisions, où il vivait l’histoire de son entreprise et celle du Jura, cet objet prend une valeur. C’est comme si elle portait une mémoire que je peux toucher ou à tout le moins lire.

Date : 18 décembre 1900. C’est la date de naissance de monsieur René Froidevaux, de celui qui va marquer l’histoire horlogère de Neuchâtel et participer à la naissance du canton du Jura.

Monsieur Froidevaux est né au Noirmont ; cela explique son attachement pour la région du Jura et son activisme pour que le Jura devienne le 23e canton suisse. Il ne suffit pas d’être né sur une terre pour devenir son porte-drapeau, il faut avoir du caractère, avoir le sens de l’organisation, du devoir, être un visionnaire. Ces qualités, on les a déjà remarquées dans l’article que je consacre à son entreprise horlogère. Lorsque j’ai découvert qu’il avait été l’un des moteurs de la naissance du canton du Jura, je n’ai été étonnée qu’à moitié. L’autre moitié, si je puis dire, s’est étonnée de savoir qu’un homme très occupé par son entreprise, un vrai Suisse – c’est-à-dire un Suisse comme on les imagine : calme, neutre, ne désirant rien devoir à personne, respectueux des règlements – se dise qu’il faut se battre pour le droit de naissance du canton du Jura. Je dis une fois de plus « chapeau » !

Monsieur Froidevaux a été un activiste passionné, passionné au point d’amener sa famille tous les dimanches pique-niquer dans le Jura. On ne sait pas si les enfants étaient d’accord, mais c’était sa façon très entière d’être. Son enthousiasme l’a poussé à se dire qu’il fallait un journal pour la question jurassienne, qu’il a combattu pour cela et qu’il fallait forcément des fonds. Le banquier qu’il avait été avait son rôle à jouer et il gardait une comptabilité à cet égard. Les gens qui traitaient avec lui le savaient et y participaient.

Le journal en question est le Jura Libre, toujours en activité.

La Fête des Vignerons de 1977. On le sait, tous les cantons défilent, une personne porte un drapeau de son canton. Cette année-là, monsieur Froidevaux suivait la fête à la télé et il voit le défilé. En dernier il y a un jeune garçon qui porte le drapeau du Jura, de « son » Jura. Cela lui a fait ressentir une très vive émotion. Trois mois après, monsieur Froidevaux partait au ciel d’où il a une meilleure vue de « son » Jura.

Ce qui me plaît aussi dans cette histoire, c’est le recoupement, une fois de plus de tant de pans de mon histoire. Ma formation en danse classique et une partie de mes études d’économie, je les ai faites en Roumanie, à Bucarest, et voilà que Jacques, l’un des fils de monsieur Froidevaux, vient de m’apprendre que son père avait été envoyé par la succursale biennoise de la banque où il travaillait, la Banque cantonale bernoise, à Bucarest dans les années 1925 -1930 pour des questions d’organisation dans le secteur du pétrole. Cela me fait un drôle d’effet, c’est comme si le temps n’existait pas et simultanément, je me sens envahie par une certaine joie.

Monsieur Froidevaux à Neuchâtel. Il déménage de Bienne à Neuchâtel en 1942, puis il fait construire sa maison à la ruelle Vaucher en 1946, et achète le domaine adjacent qui va jusqu’à la gare et y emménage sa fabrique d’horlogerie dans ce qui avait été jusque-là un pensionnat pour jeunes-filles.

No de téléphone. Faisant des recherches sur les horlogers de l’époque, je viens de trouver l’adresse et numéro de téléphone de l’entreprise en 1962 : ruelle Vaucher 22, tél. 032 / 570 21 et le numéro de téléphone que monsieur Froidevaux avait à la maison, ruelle Vaucher 12 : 032 / 5 43 50.

Bâtiment qui abrita la « Fabrique d’Horlogerie Froideaux S.A.
Vue du balcon de l’ancien comptable, Charles Frésard.
Le même bâtiment vu depuis le bas, où il y avait l’atelier de la chaîne de montage.

Chaîne de montage horloger. À propos de l’esprit entrepreneurial de René Froidevaux : avant que d’autres entreprises de Neuchâtel ne commandent ensemble la chaîne de montage Rexa, il avait fait construire une chaîne mécanique par les ateliers Roxer S.A. sis à Saignelégier. Le constructeur avait été Jean von Allmen, patron de l’entreprise et de surplus autre activiste jurassien ainsi que père de Zouc, Zouc que j’ai eu la chance de voir au Théâtre de Neuchâtel ! Je ne peux m’empêcher de trouver curieux comme ces pièces du puzzle se rassemblent pour donner des racines à mon paysage neuchâtelois.

Zouc, Isabelle von Allmen, l’humoriste. Lorsque j’ai vu Zouc au Théâtre de Neuchâtel, je lui ai demandé un autographe. Des années plus tard, le fils d’un de mes amis, François Memminger, me dit qu’il est un admirateur inconditionnel de Zouc. Je réfléchis et me dis que Zouc lui aurait aussi donné un autographe. Je lui donne le mien parce que je sens une réelle admiration. Il y a des artistes qui ont de la chance d’être aimés après qu’ils ne font plus la une, Zouc fait partie de ceux-là. Et, je rencontre François une fois de plus, lui raconte que j’ai écrit cet article, il me dit qu’il peut me rendre l’autographe, mais je lui dis qu’il peut m’envoyer une photo. Là aussi, on reconnaît la qualité de l’âme de François. Réellement, l’autographe est dans de très bonnes mains, je ne me suis pas trompée !

Autographe de Zouc :

Le personnage de Zouc est dans cet autographe !

Jean von Allmen, un ami indéfectible de monsieur Froidevaux. Lorsque la situation est devenue difficile pour l’entreprise, lorsqu’il y a eu sa liquidation, après celle-ci et après le départ au ciel de monsieur Froidevaux, Jean von Allmen a été aux côtés de la famille. Jusqu’à ce que lui-même parte au ciel, il a invité madame Froidevaux et son fils Jacques au buffet de la gare toutes les semaines !

Monsieur Froidevaux et l’AVS. Je ne sais plus comment j’en suis venue à m’intéresser à l’histoire de l’AVS. Mais, j’ai appris que c’est Otto von Bismarck qui instaura les assurances sociales (maladie, accidents, vieillesse et invalidité) en Allemagne entre 1883 et 1889. Cela relève du miracle pour moi. En Suisse, elle est entrée en vigueur le 1er janvier 1948. Cette année-là, monsieur Froidevaux a dit à d’autres patrons qui râlaient devant la charge financière qui leur était imposée qu’il était favorable à son application même si vraisemblablement il n’aurait pas à en bénéficier. C’est le portrait même de monsieur Froidevaux. Je ne connais pas les chiffres de l’époque, mais il est sûr que monsieur Froidevaux s’est rendu compte que cela n’allait pas suffire pour une retraite aisée de ses collaborateurs et c’est pour cela qu’il a créé son propre fonds de pension dont je parle dans l’autre article.

Dans les années 1950, s’installe, au dernier étage de la maison Froidevaux, l’avocat Jules Biétry avec sa famille. Jules Biétry, c’est à peine croyable, Lorsque j’étais enfant, il était le président de la caisse-maladie « Chrétienne sociale » et les bureaux étaient au Faubourg de l’Hôpital ; dans l’immeuble que j’habitais ! Je le revois, avec son chapeau noir et toujours plutôt… distant. Le fait de savoir qu’il a aussi participé au mouvement jurassien me le rend sympathique, chose que je n’aurais jamais crue.

En 1964, monsieur Froidevaux fait des travaux dans son entreprise et transforme les deux derniers étages en logements.

Voilà la piscine construite sur le domaine de M. Froidevaux et mise à disposition de ses employés.

La piscine. En regardant cette piscine, j’imagine la joie des travailleurs et de leurs familles. C’est magnifique d’apporter quelque chose aux autres, de rendre leur vie plus agréable. Je crois que c’est l’une des choses les plus importantes dans ce monde.

Les années 1970. Comme je le dis dans l’autre article, c’est la période de la crise et bien des entreprises horlogères ferment leurs portes. Dans le cas de monsieur Froidevaux, des proches ont participé à la débâcle. Lorsqu’un notaire neuchâtelois a regardé les documents que ces personnes avaient fait signer à monsieur Froidevaux sous prétexte de l’aider à redresser la situation, il a dit à Jacques que c’était fini.

En 1974, le chef comptable de l’entreprise, monsieur Charles Frésard, trouve du travail ailleurs. Monsieur Froidevaux lui fait un certificat en or et il signe. Voici sa signature.

C’est la signature de quelqu’un qui sait ce qu’il veut. La tonalité du caractère est donnée !

Ce qui est aussi remarquable de la part de monsieur Froidevaux c’est qu’il laisse partir le comptable qui a fait partie de son entreprise pendant 25 ans, qu’il comprenne qu’il aille travailler ailleurs et qu’il lui permette de garder le logement qu’il habite dans l’immeuble qu’il a fait construire. Monsieur Frésard dit que lui et sa femme ont été les premiers locataires de cet immeuble si élégant et commode, dont les dessins ont été faits par le fils aîné de monsieur Froidevaux, Philippe.

Quand je rends visite à quelqu’un, je ne regarde pas si le logement est comme ceci ou comme cela, ce qui m’intéresse ce sont les personnes qui l’habitent, mais chez les Frésard, chaque fois que je suis sur leur balcon, je dis : ah, quelle vue ! on se dirait à Monte Carlo. Il faut dire que monsieur Frésard nous offre un verre d’Armagnac dont la bouteille ne ferait pas rougir un lord, fume son cigare et met ses lunettes de soleil. Une vraie scène de cinéma. J’ai une pensée pour monsieur Froidevaux.

À propos d’Armagnac. À Noël, monsieur Froidevaux offrait aux hommes, à choix, une bouteille d’Armagnac ou de la Prunelle de Bourgogne et aux femmes, si elles ne voulaient pas d’alcool, une boîte de chocolats. Je me dis que c’était le bon temps. Cela me rappelle que mon bailleur, Pierre Meyer, offrait à ses locataires une belle boîte de chocolats à Noël aussi. Là, également, les choses ont changé !

Les sorties annuelles de l’entreprise. En plus de la visite à la foire de Bâle des cadres, monsieur Froidevaux organisait une sortie annuelle pour tous les employés et les frais étaient à sa charge. C’est ainsi qu’ils sont allés dans le Valais et au Lac de Constance, par exemple.

Probité de la fabrique d’horlogerie Froidevaux. Lorsque la situation horlogère suisse a commencé à devenir difficile, il a fallu se résoudre à des réductions de personnel et cela dans les règles de l’art. Toutefois, l’un d’eux s’est fait avoir par un vilain conseiller (il a été incité à attaquer l’entreprise, car, on le sait, tous les patrons profitent des employés… me dit la personne qui me donne le renseignement) et s’est porté partie plaignante pour une somme d’environ Fr. 2 600. –

L’affaire a été réglée au tribunal. Le chef comptable et son apprenti ont, de leur côté, montré leur décompte qui se montait à environ 2 900.-, somme, qui, comme on le voit, est supérieure à celle revendiquée. La juge a demandé au plaignant ce qu’il faisait là ! Le « conseiller » n’a su que dire et l’employé, tout déconfit, a dit qu’il ne savait pas ce qu’il faisait là et qu’il avait toujours eu confiance en l’entreprise Froidevaux.

Je crois qu’il n’y a rien d’autre à ajouter.

La montre Cadola de madame Froidevaux.

La montre du fils Denis, une Froidevaux qui avait un numéro de série derrière.

En montrant cette photo à Jacques, il me dit qu’il avait lui-même fait les plans et le dessin de la montre et qu’il était parti en voyage en Amérique latine avant sa mise en fabrication. Sa surprise a été de taille lorsque, se promenant dans une ville du Nord de l’Argentine, il l’a vue, à 10 heures du soir, dans une vitrine mal éclairée. C’était en juin 1972 ! Denis m’explique ensuite qu’il avait fait faire « sa » montre , sans marque, une fantaisie qui lui était passée par l’esprit. C’est ensuite aux ateliers Descombes, à la ruelle Vaucher, qu’il avait fait ajouter du radium – ce qui a été interdit par la suite – aux aiguilles et un trait aux heures pour voir l’heure la nuit.

J’allais m’arrêter là, mais j’ai rencontré la sœur d’André Oppel, Marie-Claire, qui m’a raconté que leur mère était amie de la femme de monsieur Froidevaux. Voilà encore une autre pièce dans mon tableau.

J’ai désiré faire aussi la photo du dos de la montre de monsieur Froidevaux :

On y voit le numéro de série 85273 No 1ce qui indique que la montre a un calendrier
18 K, 0,750, 180
J’ai tout à coup eu l’idée de refaire une photo de la montre de monsieur Froidevaux sur le couvercle de mon Mac. Je mets trois des photos. Si l’heure reste inchangée, ce sont les reflets sur le bas du cadran qui attestent que du temps est passé. On comprendra le pourquoi dans la suite de l’article.

Une idée a traversé mon esprit et je l’ai rendue réelle dans notre monde. Parfois, on ne sait pas pourquoi on fait telle ou telle chose :

La montre de monsieur Froidevaux sur mon poignet.

J’ai mis la montre de monsieur Froidevaux sur mon poignet. Cela m’a fait une émotion et j’ai pris une sorte de selfie, chose à laquelle je suis plutôt réfractaire. Puis, nous avons continué la conversation, monsieur Frésard, madame Frésard et moi. De temps en temps, je regardais la montre, me sentais émue de la porter et trouvais qu’elle allait bien sur mon poignet… Au moment de prendre congé, je remarque que le garde-temps marque 9 h 39. Je m’étonne qu’elle fonctionne. monsieur Frésard me dit qu’elle doit être automatique. Je fais le lien avec les modifications que l’autre horloger de mon monde, Abraham-Louis Breguet, a apportées aux montres. Cela signifie aussi que j’ai porté la montre une bonne demi-heure. Cela me procure une autre sensation, comme si trois temps s’étaient réunis !

Un autre lien s’invite. Le physicien Garnier Malet, parle des trois temps : le passé, le présent et le futur qui en certaines circonstances n’en font qu’un. Je ne sais quelle sensation on peut éprouver dans une telle situation, mais j’en éprouve une profonde au moment où je me sens unie, dans mon temps à moi, à Abraham-Louis Breguet et à monsieur Froidevaux et tout cela étant parti de documents qu’André Oppel avait faits, alors qu’il travaillait pour monsieur Froidevaux, que j’avais gardés et que le Musée d’Horlogerie Château des Monts du Locle a été heureux de recevoir.

Le téléphone no 6. Si vous aviez vécu dans les années 1930 et que vous aviez voulu téléphoner au grand-père de l’ancien comptable de l’entreprise Froidevaux, monsieur Charles Frésard, vous auriez dû composer le no 6. C’était le 6e téléphone de la région ! Je suis émue, une fois de plus. Voici une réclame qui trône chez monsieur Frésard petit-fils à la retraite.

Le numéro de téléphone figure en haut à gauche : Téléphone no 6.

Surprise ! Le mot est bien significatif et explique mon état. Hier, un 18 décembre, j’invite monsieur et madame Frésard venir voir un de mes spectacles – en tout on sera cinq personnes. Je décris l’événement ici. Mais la surprise vient du fait qu’à la fin du spectacle, je dis à mon public que monsieur Froidevaux aurait aimé le spectacle et qu’aujourd’hui j’apprends par Danièle, dont je parle un peu plus loin, que c’était le jour anniversaire de son père !

Les trois temps : présent – passé – futur. Ils sont une nouvelle fois présents ! Ils existent en même temps mais dans des espaces différents. Cela ne fait rien si vous ne comprenez pas. Mais ne trouvez-vous pas formidable que plus tard, dans la même soirée, regardant un film de fiction « Des gens qui s’embrassent » où joue le violoniste Ivry Gitlis que je connais et que j’aime beaucoup, je l’entende m’apporter une réponse à une question que je ne me suis pas posée ? Il dit dans le film (et donc me dit ce soir) que les montres à quartz s’arrêtaient lorsqu’on ne les portait pas quelque temps. Eh bien ! C’est ce qui est arrivé à la montre de monsieur Froidevaux, je me dis que c’est une montre à quartz qui à mon contact s’est remise en marche. Mais non, disent les fils de monsieur Froidevaux et son comptable. Il n’y a jamais eu de montres à quartz dans l’entreprise, c’était bel et bien une montre automatique. Cela ne fait rien, elle fonctionne après tant d’années et pour moi c’est un miracle.

Freddy Landry. Freddy me fait un clin d’oeil ce soir aussi. Il faut d’abord préciser que Freddy a été le prof de cinéma au gymnase de Danièle, l’une des deux filles de monsieur Froidevaux. Alors, pour en revenir à mon lien avec Freddy, lien lumineux avant son départ au ciel : nous avons longuement parlé et entre autres de films de fiction. Je n’avais aucune idée qu’on appelait ainsi certains films. Je suis maintenant initiée. Voilà pourquoi j’ai pu écrire, tout comme une personne éclairée, qu’il s’agit d’un film de fiction.

La crise horlogère et économique. La crise horlogère des années 1970 est due à plusieurs facteurs : inflation, concentration du capital avec force fusions, avancées technologiques, le choc pétrolier et la dévaluation du dollar. Si monsieur Froidevaux avait devancé ses concurrents suisses avec sa chaîne de production – je salue une fois de plus son esprit entrepreneurial – il reste que les Japonais avaient produit les montres à quartz en masse, que les prix de vente avaient donc baissé et que la conjoncture économique n’était pas en sa faveur. À cela s’est ajouté l’attitude inélégante de plusieurs partenaires et proches. Dommage. On critique souvent l’esprit des Suisses pour être restés fidèles à un genre de production familial. La critique est aisée une fois les choses passées… Mais, voyant le tournant économique de notre monde, je crois bien que la vie sociale s’en portait mieux que la nôtre. Je reste admirative de monsieur Froidevaux.

D’autres informations au sujet de monsieur Frésard : il était un supporter fervent de FC Cantonal – il avait des obligations de Fr. 500.- qu’il a données lorsque le club a fusionné avec FC Xamax – il avait sa tribune au stade, dans la ligne centrale, devant la cabine des reporters. Après, la saucisse de Vaud (je ne sais plus ce que c’est, il faudra que je demande à monsieur Frésard… J’ai oublié de lui demander ! Il faudra que je monte au ciel pour cela.

Il a également été le caissier du Showband les Armourins pendant vingt ans et il a voyagé avec eux en Europe. C’était pendant les week-ends.

2025. Le fils Denis, le propriétaire de la montre sans marque est parti au ciel en ce mois d’août. Il était un homme bon.

Liens :

  1. Fabrique d’Horlogerie Froidevaux, Neuchâtel ;
  2. Documents horlogers, André Oppel et le Musée d’horlogerie du Locle ;
  3. Une montre parmi les affaires d’André ;
  4. André Oppel : ses montres au Musée d’horlogerie du Château des Monts, Le Locle ;
  5. Abraham-Louis Breguet ;
  6. Jean-Pierre Garnier Malet, physicien ;
  7. Freddy Landry ;
  8. Charles Frésard est allé au ciel rejoindre sa Gretel ;
  9. Denis Froidevaux est parti au ciel.

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Dialogue avec une élève de danse de 17 ans.1

Nos cours sont le prétexte pour parler de tout. Je suis convaincue que toute chose irrésolue se manifeste dans le corps, qu’on le sache ou pas. On gagne beaucoup en mettant à plat les choses en suspens. Cela permet de voir quelles sont les possibilités de résolution.

Tilana, mon élève, a fait une nouvelle version de nos portraits. C’est son style actuel.

Cette fois-ci, on parle de l’intention. L’intention c’est la motivation, la conviction avec laquelle on fait quelque chose. C’est ainsi qu’il arrive que lorsqu’on veut prouver quelque chose, on se l’imagine tellement que la chose finit par arriver. L’exemple type est la pièce de théâtre « Othello » de Shakespeare. Othello est induit en erreur et voit finalement ce qui n’existe pas.

Au sujet des certitudes. L’intention et la certitude sont cousines et on a parlé de physique, du fait que si pendant des siècles on a dit que l’atome était la plus petite partie de la matière, qu’il était indivisible, on s’aperçoit de plus en plus qu’on n’est composé que de vide, plutôt d’informations sans corps. Une personne, si on ramène sa matière à ses composantes corpusculaires, n’occupe même pas la surface du pommeau d’une épingle. Ce doit être quelque chose pour un scientifique qui s’intéresse à la matière ! Il étudie, par exemple, le bois, ses qualités lorsqu’il est mouillé, lorsqu’il est sec, ses résistances et lorsqu’il entre de plus en plus dans sa composition, il s’aperçoit peu à peu que la matière disparaît, qu’il se trouve face à beaucoup de vide. Il doit faire face à un paradoxe.

Mon élève a toujours été d’une intelligence remarquable. S’il fut un temps où elle m’a trouvée pénible parce que je la reprenais « tous les trois mots » (cf. mon élève), elle s’approprie la langue, les connaissances d’une façon qui fait plaisir.

Mon élève se dit que cela lui rappelle qu’en mathématiques, on prévoit des choses, on fait des hypothèses et on finit par trouver ce qu’on avait prédit. Elle parle d’un travail qu’elle doit rendre à l’école et dont le sujet est « L’Infini selon Cantor ». On verra ce travail en temps opportun.

On parle aussi de la manière d’être, de la marge que nous avons pour interagir avec les autres. Mon élève est très sensible et elle se trouve souvent coincée entre le désir de dire et celui de ne pas dire afin de ne pas heurter l’autre ; heurter, car ses sensations, ses intuitions, ses pensées sont tellement autres, qu’elle préfère se taire. Je propose qu’elle puisse quand même s’exprimer en disant « je fais une parenthèse et me demande si… » ou alors, qu’elle garde ce qu’elle pourrait dire en se disant que la personne n’a pas sa porte ouverte, pour le moment. Mais, il faut, toujours, si possible, rester debout et savoir où l’on en est.

Autre chose dont on a discuté, la liberté. La liberté et avoir le droit de… sont des notions fort utilisées à notre époque. Si mon élève est souvent perplexe devant certains comportements, elle me dit :

Mon élève, que je connais depuis des années, est une fille intelligente – je sais, il est difficile de définir l’intelligence, mais l’intelligence est une capacité à comprendre des choses même si on n’a ni l’âge, ni les mots. Ce qu’elle dit correspond à un très haut niveau de connaissance de la marche de l’évolution. Elle est passée par bien des événements et en l’écoutant, je retrouve la personne que je connais depuis toujours. C’est fabuleux ! Tous les parents, tous les enseignants rêvent de transmettre des valeurs, rêvent d’entendre les enfants ou élèves dire des choses profondes et belles.

Ce qui nous unit c’est la distance qu’on prend face à ce qui nous est proposé que ce soit écrit, dit, suggéré dans notre culture, car, en fait tout est culturel, comme le dit feu mon ami André Oppel dans une courte émission de télévision.

Ce n’est pas parce que la majorité des gens adopte une position qu’on doit l’adopter sans se poser de questions. Ce n’est pas non plus parce que personne ne pense pas à une chose qu’on ne doit pas non plus se poser de questions. J’ai la chance de connaître bien des domaines et de m’intéresser à tout, car dans tous les domaines il y a une structure, des données de départ, une manière de faire, un dessein.

Cela me rappelle un cours public de mathématiques donné par Werner Soerensen où je n’ai pas compris une bonne partie de sa démonstration, mais où j’ai suivi la logique pas à pas et ne pouvais mettre en question ses explications. Voilà, il arrive qu’on ne comprenne pas une chose, mais les explications étant logiques, notre esprit les accepte. C’est aussi ce que dit le physicien Jean-Pierre Garnier Malet quand il explique la théorie du dédoublement du temps et de l’espace à des personnes qui ne sont pas physiciennes.

C’est ainsi qu’aujourd’hui, pour je ne sais quelle raison, je lui parle d’ADN. Elle me dit que c’est justement le sujet qu’elle étudie en ce moment en biologie. Cela fait longtemps, lui dis-je, que lorsque quelqu’un me dit que c’est génétique, que cela a toujours été dans sa famille, que c’est dans l’ADN, je lui dis : alors, Adam et Ève l’avaient aussi, et ils étaient noirs, blancs, roux à la fois, épileptiques, pas épileptiques et j’énumère un tas de caractéristiques « familiales ». Les gens sont interloqués et alors j’explique ce que j’ai compris en lisant je ne sais plus qui – que je remercie au passage pour ses lumières – qu’à un certain moment, une personne vit un événement et réagit de telle façon que son comportement change et le marque physiquement. Ensuite…

En effet, l’information se transmet à certains membres de la famille et pas nécessairement à tous. C’est très intéressant. Et là, il faudrait lire ce que dit le biologiste américain Bruce Lipton qui dit que l’information de l’ADN n’est pas déterminante, que l’environnement est un facteur important et qu’on peut changer nos informations par divers moyens. Elle me demande les références que je lui donne.

Mon élève dit qu’il y a quand même des choses inscrites en nous. Elle parle de la peur instinctive devant certains animaux, les araignées, par exemple. Je lui dis que justement, c’est un excellent exemple que je peux démontrer. Je lui raconte que moi aussi j’avais peur des araignées et que mon ami, toujours en parlant d’André, les prenait dans ses mains. Cela avait été un premier pas. Ensuite, une amie m’a donné un appareil que voici.

L’appareil a un manche et une tête, le haut de la tête est transparent et le dessous, la base en vert, glisse.

Lorsque je vois un hôte indésirable dans mon appartement et qu’il ne vole pas, je prépare l’appareil, pose la tête sur la petite bête, comme cela elle voit son environnement et n’a pas peur. Puis, peu à peu, je glisse la languette en demandant à la visiteuse de monter dessus. Je lui dis que je vais la déposer dans un endroit où elle sera mieux que chez moi et le tour est joué.

Chose curieuse, je n’ai plus eu peur des araignées. Je dis simplement, viens on va déménager et tu seras plus heureuse ailleurs. Je la prends dans l’appareil et nous partons en promenade. Je choisis toujours des endroits où ces petites bêtes ne risquent pas de tomber sur quelqu’un qui les écrase, car je me mets à leur place. Et, dis-je à mon élève, si la scène se présentait et que tu avais une araignée sur toi, je serais capable de la prendre dans mes mains pour que tu n’aies pas peur. Elle reste tout étonnée. Elle dit qu’elle va garder l’histoire.

Je lui dis aussi que j’avais horreur des trucs pourris au frigo. C’est aussi André qui m’a dit une fois « ce ne sont que des champignons ». J’ai, heureusement, la capacité de garder en moi tant les choses qui me rendent service que celles que je ne comprends pas ou ne font pas partie de ma vie. J’ai donc porté le commentaire de mon ami en moi. Là aussi, le temps a passé et je me retrouve à travailler dans un musée dédié aux champignons. Alors, je ne sais pas si ce sont les champignons qui se sont dit que je devais parfaire mon éducation, ou si c’est le hasard, mais plus j’avance et plus je comprends que le hasard n’existe pas. Toujours est-il que j’apprends beaucoup de choses intéressantes sur les champignons. Ils ont leur propre règne et ont des caractéristiques de reproduction, d’existence qui soulèvent mon admiration. On peut se nourrir, s’habiller, écrire, se guérir, s’empoisonner, se désaltérer, s’hydrater, se vacciner rien qu’avec eux. Et voilà donc que lorsque, par malheur, quelque chose pourrit dans mes réserves, je me dis « ah ! voilà une belle culture. Tu vas rejoindre le compost ! ». Mon élève doute qu’elle fera comme moi, elle n’aime pas les trucs pourris.

Bref, c’est un régal que de discuter avec elle. Mais, le temps passe, bien que nous nous soyons étirées, massé le corps, et on se dit qu’on va quand même répéter au moins l’une de nos danses !

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Les événements de la vie forment un tout

Je le dis comme préambule sur ma plateforme « Tout ce que nous faisons participe d’un tout. Il en va ainsi de mes activités ». Je suis parfois étonnée de voir, de constater que ce que nous disons correspond profondément à qui nous sommes, à la vie que nous menons.

C’est ainsi que des événements fort éloignés les uns des autres possèdent une trame qui les lie et lorsqu’elle nous devient évidente, nous fait voir la magie de la vie (d’autres diraient la logique de la vie).

Après avoir traversé une drôle de période, les choses commencent à reprendre forme, à se lier les unes aux autres. Je n’aurais jamais pensé écrire cet article si l’une de mes amies ne m’avait dit qu’il pouvait apporter quelque chose à ceux qui me liraient.

Chez moi, les choses commencent sans que je ne m’en aperçoive et quand je cherche le début, je vois qu’il était déjà bien avant que je l’aie remarqué : j’ai perdu l’automne dernier un être qui m’est devenu très cher en très peu de temps. Le départ de ce monde est définitif, la rupture implique une frontière spatiale et temporelle. Rien à faire, on ne revoit plus la personne.

Passant devant son domicile pour me rendre à mon studio de danse, je vois des déménageurs qui vident le logement de cet ami. Je leur dis bonjour, m’approche, on discute et tout à coup l’un d’eux me demande de monter pour voir. Je me demande bien pourquoi j’y vais, je n’en vois pas la raison, mais j’entre dans cet appartement que je connais. Cela m’arrive parfois de sentir que je dois faire quelque chose alors que je n’en vois pas la raison immédiate. Je vois qu’il y a encore plein de ses archives qu’il avait si bien classées. Je propose de donner un coup de main, car je sais que la déchetterie de Neuchâtel a un endroit pour le recyclage du papier, mais sans trombones. Or, les archives en sont pleines.

Je demande au travailleur d’où il vient, car il a un accent et me demande s’il ne parle pas le russe. Oui, il parle un peu le russe car il a habité à Moscou un temps, mais il est Kurde. Toute l’équipe est kurde. Le fait qu’il parle russe nous rapproche, c’est la magie des choses communes. Il m’invite alors à aller à la cave pour voir le reste des papiers. Il y en a un tas. Là, je vois des belles chaises, des chaises qui iraient si bien dans mon studio de danse… Il me dit qu’elles sont à moi et m’aide à les transporter. Je suis transportée, au sens figuré, de joie. J’ai des chaises qui iraient bien dans un château, or mon studio en a les allures ! Depuis que je suis l’unique locataire de ce studio, je manquais de chaises et celles que je pouvais m’offrir n’étaient pas très belles. Maintenant, je suis comblée.

C’est une vraie chaise de château ou une chaise d’un vrai château… J’en ai sept, sept, nombre magique…
De plus, les chandeliers achetés chez Globus vont très bien avec la chaise. Là aussi, les choses se mettent tout à coup ensemble.

Le temps passe, je me pose toujours des questions sur ce départ qui me laisse sur ma faim et, regardant des films à la TV, vois dans l’un d’entre eux des chaises… des chaises sœurs des miennes, enfin, de celles qui sont devenues miennes ou de celles qui sont les « siennes-miennes » ! Puis dans un second et encore dans un troisième. Ce n’est pas une coïncidence… C’est une autre façon de communiquer.

J’en reviens à mon déménagement, puisqu’il est devenu une partie de moi, et à un moment donné, je suis attirée par un endroit où il y a aussi des papiers. Je les prends, les regarde un à un, comme tous les autres. Ce ne sont pas des archives, mais des réserves de papier, de cartes, et trouve sur le dos d’un jeu de cartes postales un très joli mot signé par lui. C’est absolument incroyable, il tombe vraiment à pic ! On dirait que c’est pour moi. C’est le seul écrit de ce genre trouvé dans tous ses papiers et des papiers il en avait !

Toujours en regardant ses papiers, je tombe sur un texte tapé à la machine et je vois que Freddy, c’est son nom, est lié à Laurent de Pauli, mathématicien qui a l’a chargé d’aller à Lugano au congrès où on débattait du programme des mathématiques modernes. Freddy a participé à la rédaction du programme des écoles neuchâteloises. Je prends note de l’information, me propose de la garder, mais disparaît dans le déménagement.

Lors d’une discussion avec l’un des patrons de l’entreprise de déménagement, il remarque que j’aime les mots, la langue. Il me demande si cela m’intéresserait de collaborer avec lui dans les questions administratives. Je n’ai jamais pensé intégrer une telle entreprise, mais j’aime l’ambiance qu’il y a dans son équipe, le monsieur avec lequel je parle fait preuve de beaucoup de sensibilité et de réflexions sur la vie. De plus, je me dis que Freddy se dit ou sait que j’ai besoin de gagner des sous et par son entremise ce sera le cas. Oh, joie !

Cela me fait penser que le même déménageur qui m’a aidée à transporter les chaises a enlevé un adaptateur électrique se trouvant dans un socle mural et m’a dit de le prendre. Je n’ai eu que le temps de le voir entre les mains. C’est un autre moment de ma vie gravé dans ma mémoire, c’est comme une photo temporelle, avant que je ne sois envahie par l’étonnement car je n’ai nul besoin d’une telle fiche. En rangeant l’objet dans mes affaires, j’ai eu l’impression que Freddy me disait qu’on était toujours connectés. Chaque fois que je pense à cela, j’ai une sorte de soupir, le genre de soupir que l’on pousse lorsqu’une chose a trouvé sa place.

Le temps passe et mon élève de 17 ans me dit qu’elle prépare un travail sur l’infini et parle des mathématiqeus modernes. Je lui parle de Freddy et du document précédent. On parle de la théorie des ensembles et elle me montre son dessin avec des ensembles les uns dans les autres. Je lui parle de la métaphore des poupées russes, les matriochkas. Tout à coup, je fais un lien avec un cours que je donne. C’est un cours sur les résonances osseuses et justement le sujet qu’on allait aborder la semaine d’après était « le corps ». Le corps, comme on le sait est un tout, un tout composé d’un tronc et de membres, de muscles, tendons, ligaments, os, systèmes digestif, vasculaire, nerveux, ganglionnaire, de fascias, de molécules, de cellules, de particules et de vide. Voilà un bel ensemble ! Un ensemble qui devient un sous-ensemble quand on pense à une famille – on est le membre d’un ensemble plus grand – et encore un autre sous-ensemble quand on pense qu’on fait partie d’une société. Cela n’en finit pas et me donne une sensation de vertige très plaisant. Je suis envahie par la joie.

C’est là que je m’émerveille de la trame qui unit Freddy, la mathématique, mon élève, mon cours.

Je m’intéresse à la pensée, à la façon dont les informations nous arrivent, les transmettons, les percevons. Je prends le train pour aller voir Jacques Collin, spécialiste dans la diffusion de l’information que l’eau porte et lui raconte que lorsque je travaillais à Genève, au Bureau international du Travail (BIT), je trouvais sur mon passage des fleurs maltraitées – il y avait un magasin de fleurs à la gare, des voyageurs les achetaient et parfois en perdaient l’une ou l’autre. Les gens ne leur prêtaient pas attention. Je les ramassais et leur disais qu’il fallait tenir le coup et que chez moi j’allais m’occuper d’elles. Le trajet était long mais une fois arrivée chez moi, je leur coupais la tige quand c’était possible et les mettais dans l’eau à une jolie place. Elles reprenaient, toutes, « des couleurs » si on peut dire. C’était à chaque fois une sorte de réussite qui me remplissait de bien-être. Jacques aime mon histoire qui cadre si bien avec les siennes.

Le lendemain de ma visite à Jacques, je trouve par terre trois fleurs, deux pâquerettes et une rose en fort mauvais état. Cela fait des années que ce genre de choses ne m’est plus arrivé et j’ai l’impression de reprendre le cours d’un chemin qui s’était arrêté. C’est, à nouveau, un moment gravé en moi, et ne peux que répéter que c’est comme si on avait pris une photo temporelle. L’image qui me vient à l’esprit pour ce moment particulier, maintenant que j’écris l’article, est celle d’une courbe du temps qui se serait arrêtée et qui reprend du fait que des données s’ajoutent au graphe. Je mets les fleurs dans mon sac et me prépare à faire la même chose qu’avec celles d’autrefois. Cette fois-ci, pourtant, il y a une différence, je vais mettre de l’eau dynamisée. L’eau dynamisée, on le sait est une eau riche en électrons libres, ce qui permet que les liaisons entre cellules se fassent plus vite et mieux.

Je ne me rappelle pas combien de temps les fleurs de mon autre temps duraient, ce qui comptait c’était qu’elles pouvaient vivre leur vie jusqu’au bout. La rose de cette fois, lorsque je l’ai ramassée, avait son milieu bien brun et que je me suis demandé comment elle allait s’en sortir. Si j’avais eu à parier, je n’aurais jamais misé sur le résultat obtenu. Voici les photos du 17 (soit quatre jours après son sauvetage), 19, 20, et 23 mars. Si j’avais su, j’aurais pris une photo le premier jour. Mais, finalement, je crois qu’il n’y a rien à regretter, on ne fait pas les choses pour démontrer quelque chose, c’est comme dans les histoires d’amour, c’est l’intuition qui parle.

C’est absolument remarquable, incroyable, même. Je ne sais pas pourquoi quand on assiste à quelque chose de merveilleux on utilise le mot « incroyable ». C’est comme si une voix nous disait de ne pas croire ce qu’on voit, et pourtant… Je me dis que cette rose revigorée est un symbole de ce que nous pouvons être, devenir. Je fais volontairement plus grande la dernière photo, car c’est le reflet de mes yeux lorsque j’ai vu la transformation de la fleur. Je vous laisse tirer vos propres conclusions.

Le temps passe et je reprends la révision d’un livre qui n’a pas encore de titre mais qui traite des fréquences vibratoires. J’ai déjà revu la première moitié, j’ai fait une pause d’un mois et reprends la seconde moitié. Je tombe sur « Si par votre conscience, vous pouviez entrer en contact avec la feuille qui est tombée de l’arbre, elle vous raconterait un voyage extraordinaire qui n’est qu’à son début. Elle anticipe avec grande joie de se déposer sur la terre et de se répandre en mille miettes pour acquérir une autre conscience, celle du ver de terre et des insectes qui vont s’en nourrir, celle de la pluie qui va tomber sur elle, celle de la terre qui va transmuter sa forme, sa matière, pour qu’elle devienne de l’humus pour la terre, pour les arbres » Michel Gautier. Pour ce qui est du voyage de ma rose, elle part avec le plaisir de m’avoir démontré que l’on a toujours des choses à dire, même quand on pense que c’est la fin, le plaisir d’avoir réjoui mes yeux et mon esprit et avec ces mots, si profonds, de Jacques Collin « Zully, merci pour les photos de ta belle fleur. Elle respire la vie, elle montre qu’elle provient de la fondation de la création. On y voit l’intelligence et la parfaite harmonie de la mémoire du monde et de son amour ». La rose s’en est allée avec ces messages qu’elle transmettra lorsque ses particules se transmuteront dans un autre élément de ce monde. C’est ce genre de pensées qui accompagne les choses que je recycle. Toute chose qui est passée entre mes mains est remerciée pour le service qu’elle m’a rendu.

La rencontre avec Jacques est aussi due à un concours de circonstances. Je cherchais ses coordonnées parce que j’étais en train de lire son dernier livre « La Réalité ultime » et avais besoin de parler avec lui. C’est une nouvelle fois le hasard, hasard qui une fois de plus n’existe pas, qui me pousse à entrer en contact avec son éditeur, qui me fait écouter une conférence de Jacques, alors que j’en ai déjà écouté pas mal, et qui fait qu’en plus je puisse trouver ses coordonnées Quand je l’ai eu au téléphone, il a dit que c’était étonnant. Tout cela fait partie de la théorie des ensembles… de l’unité qui nous relie.

En voyant ces événements qui se lient les uns aux autres, je pense aux mots de l’actuelle conseillère culturelle à Neuchâtel, qui m’a dit, dans un autre contexte où les choses se rassemblaient aussi, que cela prouve que je suis dans le juste.

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