@3m.ossature. Cours chez Alfaset

J’ai été invitée à donner un cours au sein de la Fondation Alfaset, partenaire industriel et social qui compte quatre sites de production dans le canton de Neuchâtel ainsi que plusieurs foyers et appartements extérieurs. La fondation pourvoit un emploi et parfois le logement à des personnes présentant un handicap psychologique et ou mental qui sont au bénéfice de l’assurance invalidité. Elle met en valeur leurs qualités personnelles et professionnelles, participe à l’autonomie et à la confiance en soi de chacun.

Au foyer de Neuchâtel travaille une amie qui a été mon élève de danse et qui a suivi, dans le cadre de Midi Tonus, le cours @3m.ossature que j’ai créé. C’est par son intermédiaire que je suis arrivée au foyer. J’ai donné le cours à trois résidents du foyer, à une éducatrice et à l’amie en question.

Ce n’était pas la première fois que je m’adressais à des personnes présentant un handicap, quand même je me demandais comment cela allait se passer. J’ai été surprise en bien ! Certains des participants en savaient long sur les os et l’anatomie en général. C’est la première fois que j’ai des participants forts dans le domaine ! Cela a été une magnifique surprise. Je les félicite d’en savoir autant, tout le monde devrait être sur le même plan qu’eux, car notre corps est le véhicule qui nous permet de nous exprimer.

Une fois de plus, nous avons constaté que nous sommes tous différents et que si nous pratiquons des percussions sur le corps, le ressenti dépend de chacun de nous. Ainsi, pour l’un cela a été une impression de lourdeur, de dépôt sur le sol, pour l’autre des picotements, pour l’autre de la chaleur, voire quelque chose de pas très clair, mais quelque chose qui bouge. C’est cela qui est fascinant. Il y a des disciplines où l’on doit avoir un résultat de telle ou telle façon, avec la pratique des percussions osseuses tous les ressentis sont valables. C’est fabuleux, car on ne doit pas se plier à ce que disent les gens en général, à ce qui est politiquement correct, à ce qui « doit » être, tout est normal. C’est une grande liberté bien accueillie. De plus, cela permet de comprendre que nous avons notre propre façon de voir les choses et qu’on a parfois besoin d’explications pour entrer dans le monde des autres.

À un moment donné, l’un des participants remercie un autre parce qu’il lui a fait un massage et des percussions dans le dos. Pour les remerciements, l’autre répond :

  • De rien.
  • Moi : Qu’est-ce que vous avez dit ?
  • Moi ?
  • Oui,
  • Il cherche dans sa tête ce qu’il a bien pu dire et finalement répète : de rien.
  • Alors, on a dit dans ce cours que les muscles, les mouvements, les mots entrent en nous et se baladent dans notre corps, nos chairs, nos os, tous nos tissus, tout comme nos pensées et nos émotions. Donc, quels sont les mots qui se baladent dans votre corps ?
  • De rien…
  • Ben, voilà. Alors que vous avez fait du bien à l’autre et que vous avez fait quelque chose, votre cerveau enregistre que vous n’avez rien fait. Et là, vous ne l’avez dit qu’une fois, imaginez ce qui se passe dans le corps d’une personne qui travaille dans un magasin et qui dit toute la journée ces mots… Elle se remplit de vide !
  • Il faut savoir que le cerveau répond aux mots, aux pensées que nous avons. Si on dit quelque chose d’agréable, le cerveau nous envoie des hormones de plaisir et le plaisir détend notre corps, nous aide à vivre mieux et plus longtemps.

Après le cours, nous avons pris le repas ensemble. Il y avait les autres résidents et cela a été fort sympathique. À un moment donné mon amie a demandé à l’un des participants du cours de lui passer une boisson, elle l’a remercié et il a répondu, automatiquement : de rien ! Il y eut un silence, comme un arrêt dans le temps , et nous avons tous, lui aussi, éclaté de rire ! Il a ensuite expliqué aux autres de quoi il en retournait.

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Un fémur heureux !

On ne devrait laisser entrer en nous que des belles choses. Elles s’enrichissent en nous et sortent encore plus belles. On devrait aussi ne cultiver que de belles pensées et de beaux sentiments, de belles émotions afin de mieux nourrir les autres.

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Le kéfir de fruits – kefir de fructe (en révision)

2024. Je viens de tomber sur un expert absolument remarquable et attends de savoir si je peux lui poser des questions afin de compléter mon article. Je suis déjà passée, pour la première fermentation, à un bocal avec couvercle. Cela évite la possibilité que des bactéries en l’air polluent la boisson.

Rețetă în limbă română

Faire à manger, n’est pas mon fort. Celui qui préparait à manger, c’était feu mon ami, André Oppel. C’était le bon temps ! Mais, voilà qu’en rendant visite à l’un des auteurs pour lesquels je travaille, Michel Gautier, je fais connaissance avec le kéfir de fruits et je l’ai tout de suite adopté. Je connaissais le kéfir de lait, que l’on consomme en Roumanie, mais je n’avais pas goûté au kéfir de fruits ou kéfir d’eau.

Surgissent des questions : d’où vient le nom ? Comment fait-on ? Quels effets ?

Sens du mot : Alain Rey nous dit dans le Dictionnaire historique de la langue française que kéfir, khéphir ou même képhyr, nom masculin, est un emprunt (1885) d’un mot répandu dans plusieurs langues du Caucase (géorgien, arménien) et adopté en russe. Je viens de trouver, 2023, sur la plateforme https://otvet.mail.ru/question/11883639 que le mot serait d’origine turque : kef signifiant santé !

La base pour faire cette boisson ce sont des grains ou agrégats de microorganismes, levures et bactéries vivant en symbiose, c’est-à-dire, de façon intelligente, en donnant et en recevant les uns des autres. C’est à se demander si bien des fois notre société perd en intelligence. On a encore besoin de sucre complet, de jus de citron et d’un fruit sec (j’utilise la figue). Il est important de savoir qu’il existe deux variantes de grains : l’une pour le kéfir lactique (de couleur blanche, qui donne une sorte de yoghourt) et celle du kéfir de fruits (transparent).

Allure et composition du grain de kéfir : Dans « (La) sa structure gélatineuse et visqueuse – constituée de kéfiran (exopolysaccharides) et de protéines – coexistent les bactéries lactiques (pour le défir blanc), les bactéries acétiques (pour le kéfir d’eau), et des levures qui constituent son microbiote ». Information gracieusement obtenue via la plateforme : https://doctonat.com/kefir-bienfaits/. Autre information : les levures provoquent la fermentation des matières organiques animales ou végétales, en l’occurrence les sucres.

Apports du kéfir : selon les sources consultées, le kéfir agit tel un antibiotique, fait disparaître les inflammations et contient les vitamines et minéraux suivants :  A, B1, B2, niancine (forme de B3), B6, B12, C, D, pour les vitamines et calcium, zinc, iode, fluor et du fer, dans le domaine des minéraux. Référence : https://www.culinar.ro/articole/farmacia-verde/ce-este-kefirul. De sa composition, on comprend que le kéfir puisse aussi agir sur la digestion, les os et la circulation. Mon intention n’est pas de jouer au docteur, mais de transmettre des informations. Vous en saurez plus en procédant à des recherches sur la Toile ou mieux auprès de spécialistes de la santé et de l’alimentation car sur la Toile on trouve souvent des informations fallacieuses par ignorance. Je peux simplement ajouter que les hôpitaux en Russie et dans certains pays de l’Est l’utilisent pour des raisons médicales.

Conseils pour les outils que vous emploierez : du verre, de la céramique, du plastique, mais pas de métal.

Recette : je fais du kéfir et le bois, par périodes, depuis quelques années et le trouve délicieux ! Pour voir la recette, cliquer sur Kéfir de fruits.

Information supplémentaire au sujet de la seconde fermentation du kéfir : rendant visite une nouvelle fois à Michel Gautier, je prends dans mon bagage une bouteille avec la seconde fermentation. Arrivée sur place, on ouvre la bouteille le lendemain et poc, tel un champagne, le liquide fait des bulles, se répand et on doit se dépêcher de mettre un verre dessous ! C’est un vrai régal.  De retour à la maison, il m’a fallu inventer. J’ai laissé fermenter la bouteille, avec le liquide de la seconde fermentation, dans l’armoire. Douze heures après… il y a eu des petites bulles. Aimant les petites bulles, la fois d’après, j’ai agité la bouteille avant de l’ouvrir… j’ai eu du « champagne kéfirien » dans presque toute ma cuisine ! Alors, il faut y aller avec délicatesse !

Les expériences n’en finissent pas ! J’ai apporté une bouteille de kéfir à l’un de mes amis, Freddy Landry. Il n’en avait jamais bu et l’a trouvé très bon. Les circonstances ont fait qu’on en a laissé un reste pendant sept – neuf jours dans son frigo, dans une bouteille fermée, et il était toujours délicieux à boire !

2023. Encore une autre expérience : j’ai laissé les grains de kéfir au frigo, dans un bocal fermé pendant… deux ans. Je viens de les sortir et de préparer à nouveau la boisson. Il a fallu tout de même deux jours, par une température d’été, pour que la première fermentation se fasse. Il est évident que telle la princesse de La Belle au bois dormant, ils ont pris le temps de se réveiller. Il en est allé de même pour la deuxième fois, et la troisième fois il ne leur a fallu qu’un jour ! La preuve qu’ils vont bien, c’est qu’ils se multiplient à grande allure.

La recette : finalement, je la mets ici. Je n’ai pas de réponse de la part de l’expert, mais suis passée d’une fermentation de 24 h à celle de 48 h. L’autre changement majeur a été d’utiliser un bocal à fermeture hermétique pour toutes les fermentations. Une levure est par excellence aérophobe et le contact avec l’air peut amener des bactéries indésirables.

Titres : alcool et sucre. Désirant savoir si ma boisson préférée a de l’alcool et du sucre, j’ai fait faire des mesures au centre viticole proche de chez moi et voici le résumé :

Les mesures ont été faites par une température de 20 °C et pour 100 ml de kéfir.
  • Kéfir 48 h : c’est la première fermentation et qui prend 48 heures ;
  • après les 48 heures, je prépare la seconde fermentation. J’en ai fait une fois avec de la mélasse composée à 91 % de canne à sucre et le reste est du sirop de glucose ; l’autre variante se compose de 30 % de canne à sucre (je dois vérifier la composition). On est alors dans la deuxième fermentation qui dure 24 heures ;
  • Ensuite, on arrive à la troisième fermentation, cette fois-ci sans figue ni rien d’autre et on obtient le kéfir 3 mélasse (celle à 91 % à base de canne à sucre) et le kéfir 3 Migros, parce que c’est dans ce supermarché suisse que je trouve la seconde mélasse.

pH (à suivre).

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Soliloques d’élèves de danse

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Zully photographiée par Knut, version 3.a

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Rencontres particulières 7 : Micha et Olia Verkholantsev

C’est Scooby, le chien de mes voisins anglais du studio de danse qui a favorisé notre rencontre.

Scooby venait d’arriver dans la famille et j’ai demandé à pouvoir le promener. Les promenades se faisaient au Château. Un jour que j’étais en promenade avec lui, j’ai entendu deux personnes d’un certain âge parler en russe ; ils promenaient un bébé dans une poussette. Ni une ni deux, je m’approche et parle avec eux. Ils viennent de Moscou !

C’est une joie immédiate dans mon coeur et dans le leur. Je le sens et cela ne s’explique pas. C’est l’amour qui descend sur Terre ou qui naît dans nos coeurs et nous entoure, c’est manifeste. Il s’établit alors une relation particulière qui me fait me dire qu’on se connaît depuis toujours ! Je les invite à venir à un spectacle que j’organise pour eux avec mon élève adolescente.

Le jour du spectacle, ils me disent qu’en fait leur fille a épousé le monsieur propriétaire du local ! C’est magnifique.

Programme – 2016.02

À la fin du spectacle, Micha me dit : « Вы Мистика!  » (Vous êtes une mystique !)

C’est alors qu’il explique qu’il a aimé les couleurs, les idées des danses et que le travail musculaire n’avait aucun secret pour lui parce qu’il était peintre et qu’il a beaucoup étudié l’anatomie. Plus tard, il me fera cadeau de quelques esquisses. En réalité, je l’ai appris plus tard, il est un célèbre peintre-graveur. Il est artiste émérite de Russie. C’est un titre qui veut tout dire ! Il m’a dédié la dernière brochure qu’il venait de préparer. Voici son autographe :

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Il parle en des termes très élogieux du spectacle.

Quand mon élève a su que c’était un personnage célèbre dans toute la Russie, elle s’est exclamée : J’ai cru que tous les gens célèbres étaient morts !

Il y a bien des choses remarquables chez Mikhail, de son prénom de baptême, mais celle qui m’a touchée le plus est d’avoir appris qu’enfant il avait eu une tuberculose osseuse qui l’a fait rester au lit, pendant près de six ans sur son dos, dans des hôpitaux, afin de lui éviter une déformation qui l’aurait rendu bossu. Il a eu affaire à de très bons médecins. Et, curieusement, comme il le dit, sa génération de sous-alimentés a donné de très bons athlètes qui se sont fait remarquer lors des jeux olympiques de 1956. Lui-même est devenu un très bon coureur et il faut voir la forme qu’il tient ! Quant à son caractère, c’est de l’or !

Sa femme, Olga, n’est pas en reste. Ce n’est pas étonnant que Mikhaïl l’ait choisie, elle chante, elle enseigne le chant. Elle est aussi aimable que lui et c’est un plaisir d’être avec eux. Elle a un rire puissant, pas fort, mais on sent sa force de caractère.

Toutes mes rencontres particulières me sont chères et chacune, pour des raisons différentes, devrait être le no 1 ! Celle-ci, liée à Scooby, est très particulière et j’ai dû attendre que les choses s’assoient en moi. Le déclic a été donné il y a quelques semaines. Je montais à mon studio et me disais qu’il fallait peut-être renvoyer mon message de voeux de Noël à Olga car je n’avais pas reçu de réponse (tout le monde n’est pas obligé de répondre, mais chez eux c’est particulier !) et voilà que je vois un visage qui me sourit, c’est Micha qui vient en sens contraire et qui me dit « Какая замечательная встрече ! » (Quelle magnifique rencontre !) et de parler comme si on s’était quittés la veille. On est en janvier 2019 et notre première rencontre a eu lieu en 2016 !

L’aventure, le lien continue. On arrive à 2021 et je reçois ses voeux sous cette forme :

Ангел с лютней, гравюра на дереве символ творчества 2019. Работа сделана для библиотеки Президента Академии художеств Зураба Церетели. Михаил Михайлович  член-корреспондент Академии. Soit, « Ange avec le luth », gravute en bois, symbole de la créativité, 2019. Oeuvre faite pour la bibliothèque du président de l’Académie des arts Zurab Tsereteli dont Mikaïl est membre correspondant.

On y voit de la finesse et de la force, le sens du détail, la précision en même temps que beaucoup de puissance. Je suis comblée !

Je disais que j’avais des esquisses à inclure… Elle vont bientôt venir…

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Rencontres particulières – Scooby

S’il y a un être qui me touche profondément c’est Scooby. Scooby est le chien de mes voisins anglais. Depuis son arrivée dans la famille, il fait partie de ma vie. Ceux qui ont des animaux ou qui les aiment savent que les animaux nous apportent bien des choses et qu’ils communiquent avec nous.

J’ai eu des chiens, mais il me semble qu’étant enfant, je n’ai pas eu la conscience totale de leur apport et Scooby m’a offert la possibilité de le comprendre mieux que je ne l’ai fait auparavant avec les autres, d’avoir la conscience que nous sommes tous les deux des êtres vivants. En outre, il m’a aussi apporté d’autres bienfaits, dont je parle plus bas.

Voici la photo qui figure dans mon histoire des portes, leur signification dans ma vie :

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Nous voici tous les deux :

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Il est drôle, attendrissant. La porte qui ouvre sur la cour intérieure permettant l’accès à mon studio de danse a un ancien système de serrure et il faut être passablement adroit pour ne pas faire de bruit. Scooby a une ouïe à toute épreuve ! Parfois, distrait, il n’entend pas mon arrivée, mais il me sent et il aboie. Il aboie de telle sorte que ses maîtres savent que c’est moi et pas quelqu’un d’autre. Il finit par apparaître à la porte et nous nous saluons à notre manière.

Quand il est seul à la maison, il a émet un autre son pour me dire « je sais que tu es là, mais ce n’est pas la peine d’en faire un plat, personne ne va ouvrir la porte ! » Alors, je l’embrasse à distance ou je lui dis que je l’aime. Cela lui suffit et il arrête d’aboyer. Il est magnifique !

Je suis aussi très touchée, car il aime boire dans la soucoupe que j’ai mise sous le rosier dans la cour. Je suppose aussi que l’eau qui tombe du rosier a plein de minéraux et que ce n ‘est pas seulement mon intention qui le comble, tout de même c’est touchant car il a fait comprendre à son entourage que c’était l’endroit où il aimait boire de l’eau.  On sait aussi que l’eau de pluie est une eau vivante, par rapport à celle qui sort de nos robinets. Il doit y avoir un mélange de tout cela. Voici la fameuse soucoupe :

Sous-coupe

C’est Scooby qui m’a permis de rencontrer Micha et Olia Verkholantsev. Ce n’est pas rien ! C’est l’un des bienfaits qu’il m’a apportés.

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Le lac de Neuchâtel, mon lac, et mes clefs.

Le lac de Neuchâtel fait partie de moi. Lorsque je suis ailleurs et qu’il n’y a pas « d’eau », je sens plus fortement son absence. Même quand je suis au bord de la mer « mon » lac me manque. Pour moi il est tellement vivant qu’il représente une entité, d’ailleurs la variété de ses tons et forces me « parle » . D’après ce qu’on m’a expliqué, c’est dû au fait qu’il est parcouru par des courants, chose exceptionnelle. Maintenant que j’écris cet article, il faudra que je me renseigne. Mais, une chose est sûre, il change de couleur surtout lorsque le vent et les différents courants d’air le traversent, mais pas uniquement. Sa force et sa beauté me fascinent.

Un autre lien particulier. Je lis passablement de choses sur l’eau et lorsque j’ai pris conscience que j’étais remplie à 60 – 70 % d’eau, j’ai dit au lac qu’au fond j’étais un peu comme lui. Cela crée un lien de complicité. J’ai appris, grâce à Jacques Collin, que nous sommes composés à 99,6 % de molécules d’eau ! C’est fascinant. Ce sujet touche la révision de textes que je fais et les cours de danse que je donne.

Knut, le photographe attitré de ma nouvelle aventure terrestre, m’a passé les dernières photos qu’il en a faites. En voici une :

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En voyant la force qui se dégage dans cette photo, c’est la mienne que je vois. Je me sens comme les héroïnes russes, pleine d’exaltation, de vitalité, de joie. Je n’ai pas réellement de mot, c’est tout cela en même temps.

Cette magnifique photo de Knut me rappelle les nombreuses promenades que j’ai faites lorsque j’étais à l’École sup. et que le lac était agité. C’était dans le même état d’esprit. Une fois, parlant du lac avec l’un des assistants de l’université de Neuchâtel, il m’a dit qu’il n’allait jamais se promener au bord du lac. J’avais trouvé cela incroyable. On peut supposer qu’il devait se demander ce que je pouvais bien trouver à… de l’eau ! Maintenant, je dirais que l’on a des façons différentes de vivre dans un même endroit. Au fond, c’est comme les points de vue !

J’ai aussi un lien particulier avec le lac parce qu’il m’a rendu mon trousseau de clefs !

Un premier août, je suis allée me baigner au bord du lac. En rangeant mon pantalon, mes clefs sont tombées entre les rochers et allées dans le lac… Pas possible de les voir ni bien sûr de les récupérer. Les rares passants qui ont montré de l’empathie n’ont guère été encourageants. Connaissant l’histoire des courants, j’ai prié le lac de ne pas trop bouger et de m’attendre le lendemain. Je ne savais pas très bien comment j’allais m’en sortir, mais il fallait que je trouve une solution. L’idée du coût d’un expert et de nouvelles clefs m’angoissait. Le lendemain, je me suis arrêtée au hangar des trams qui est sur mon chemin quand je vais me baigner et j’ai emprunté une tige en fer avec un crochet. J’ai passé un bon moment à essayer de trouver mes clefs et à chaque fois j’avais peur qu’elles n’aillent plus profondément. Finalement, je les ai vues (ce moment de ma vie est comme une photo, je revois les clefs) et c’est avec la main que je les ai repêchées. Cela a été une grande joie et j’ai éprouvé une immense reconnaissance envers le lac. Je la lui ai manifestée avec des gestes et des mots.

Avant cet incident, j’avais pour principe de ramasser les choses en plastique que les inconscients laissent traîner, de même que les cannettes et bouteilles. Je trouvais que le lac ne méritait pas cela. En effet, les gens qui se promènent sur son bord vont pour y trouver une certaine tranquillité, mais leurs remerciements sont loin d’être équivalents à ce qu’ils en tirent. Il y a quelque deux ou trois ans, une dame m’a dit qu’elle ramassait aussi les couvercles des bouteilles, car elles peuvent blesser les pattes des chiens. J’ai décidé de l’imiter et d’ajouter cet autre déchet à ma liste.

Je me plais à croire que le lac a reçu le message  (une sorte de SMS !) et qu’il s’est dit qu’il allait me remercier pour le soin que je prenais de lui en me rendant mes clefs.

C’est donc avec un sentiment très spécial que je regarde « mon » lac. Je m’y baigne assez souvent, toute saison confondue – moins en été car il y a trop de monde et l’eau est aussi passablement chaude –  à l’endroit « des clefs » et je parle avec l’eau, je joue avec elle et je la remercie pour le bien qu’elle me fait. Je remercie aussi les rochers, le soleil qui vient assez fréquemment quand je me baigne, tout ce qu’il y a autour et tout cela me rend de très bonne humeur.

En observant et ressentant la photo de Knut, je me dis que je vais reprendre un cours que j’ai donné quelques fois et que j’ai intitulé « Rêves éveillés » avant de savoir qu’une technique similaire existait. C’est un autre des bienfaits que le lac me donne. Il faudra que je le lui dise la prochaine fois que j’irai me baigner !

D’autres photos de Knut :

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Cet endroit, la passerelle de l’ « Utopie ». est particulier pour moi. Mon ami, André Oppel, a joué un rôle pour qu’elle subsiste après qu’elle a été construite afin de célébrer, avec onze autres constructions architecturales temporaires, le 700e anniversaire de la Confédération helvétique en 1991.

Voilà que je suis en train de faire mes exercices dans « mon » lac et je perçois un personnage qui fait des photos du lac. Il faut dire que cet hiver 2020 est assez particulier et que le beau temps règne. Cela donne un air assez féerique au lac avec de la brume, de la lumière qui la traverse ou la met en valeur. Je regrette de ne pas avoir mon appareil photo avec moi. Au retour de ma baignade, je revois le photographe et lui demande s’il peut m’envoyer quelques-unes de ses photos par la Toile. Il accepte, c’est un Danois, et je suis ravie.

On dirait trois peintures.

Ces trois magnifiques photos me font penser au peintre Raymond L’Epée par les teintes que l’on y trouve, par la fusion qu’il y a entre les couleurs, par la délicatesse de la composition. La nature est absolument remarquable. D’ailleurs, aujourd’hui, les gens au bord du lac avaient l’air épanoui. Je remercie le photographe et la nature pour ce qu’elle offre.

Mon lac et le brouillard. Il y a un autre aspect du lac que j’aime et qui me remplit de bonheur. C’est quand il est couvert de brouillard. Je sais, bien des connaissances me disent que le brouillard les déprime. Ce n’est pas mon cas. J’ai toujours aimé le brouillard, il me rappelle les montagnes de mon pays d’origine et depuis toujours je sais que derrière le brouillard il y a le soleil, la lumière, au sens spirituel. Je n’ai pas d’explication, c’est une évidence pour moi. Voici un exemplaire :

Mon lac est en vacances ! Façon de dire, car il est sous le btouillard. C’est comme dans la vie, on croit que parce qu’on ne voit pas quelqu’un ou une chose, il n’y a rien.

2021 Noël. Je reviens de ma baignade traditionnelle et arrivée à la baie de l’Évole, je vois un couple et m’extasie devant la beauté du lac. Je suis bien tombée, ces deux personnes sont du même avis et, en plus, amateurs de photo. Quelle chance ! Je vais avoir une série de photos comme cadeau de Noël. Voici un échantillon. Et ce qui est aussi beau c’est que je ne sais pas comment ils s’appellent, voilà les miracles du lac, de Mon lac !

Il n’y a pas besoin de commentaire, l’âme vous parle tout de suite de beauté !

2022. En sortant de mon studio de danse, je rencontre l’une de mes voisines, Véronique. Elle vient de rentrer de faire un bain dans le lac. Elle est ravie et me montre des photos. Je n’hésite pas à lui demander de me les transmettre. En voici une :

Le lac, Mon lac ne cesse de me surprendre. Du temps a passé depuis que j’ai commencé cet article et j’ai continué à lire des choses sur l’eau, sur son rôle. La photo de Véronique est un résumé : on voit l’eau tranquille, dans le présent, les tourbillons qui permettent à l’eau de se dynamiser et de transporter des informations. En fait, il n’y a pas besoin de commentaire, la photo se suffit à elle-même.

Une courte vidéo de la part de Véronique. Lorsque je la regarde, elle me fait penser au parcours d’une vie. Je vais l’utiliser dans mes cours…

Sans Véronique, pas de vidéo. On est toujours dépendants les uns des autres ; on l’oublie souvent. C’est aussi un sujet que je traite dans mes cours.

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Zully photographie son élève ado.1 et un décor du studio « Cave perdue »

J’ai trouvé deux troncs d’arbre de décoration chez Globus. Je les ai trouvés magnifiques et je me suis dit qu’ils iraient très bien dans mon studio. Pour faire quoi ? Je n’en sais rien. Je savais seulement que leur place était dans mon studio.

Mon élève adolescente est arrivée pour son cours, nous avons discuté de diverses choses et elle a eu besoin de faire des étirements musculaires, ceux que le Dr. Benoît Lesage nous a montrés. Elle les aime beaucoup, elle ressent leur effet. Je l’écoute et nous étirons nos muscles.

Tout à coup, je m’aperçois que les troncs en arrière-plan créent un fond magnifique pour des photos. Je prends mon téléphone portable et prends mon élève en photo. Voici un premier résultat. Les photos ne sont pas toutes très nettes, mais c’est un premier essai.

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Zully photographiée par Knut, version 5.a

Le talent de Knut. Nous avons repris les poses avec le costume de la danse « La Laguna » sur fond noir, cette fois. Je salue le talent de Knut. J’apprends bien des choses à ses côtés.

Pour l’anecdote : les pointes sur lesquelles je danse, proviennent du stock d’un atelier de Saint-Petersbourg, stock datant de l’époque de l’URSS. Ces pointes avaient été faites pour Nina Timofeieva ! danseuse moscovite. Je me les suis procurées à la fin des années 1990. Cependant, elles étaient un peu petites pour moi.

L’année passée, enfin!, j’ai trouvé un atelier de chaussons de danse en Roumanie qui me les a agrandies. Cela a été comme un miracle ! Une fois de plus, je me dis qu’il ne faut pas perdre espoir. Ces pointes sont légères, élégantes. Je précise qu’à ces pointes, j’ai enlevé la semelle intérieure et que je si tiens sur pointe c’est parce que les chaussons sont excellents ! Je parle des pointes blanches.

Les chaussons roses sont d’un autre pays. Ils sont plus lourds, moins esthétiques et mon pied est moins à l’aise.

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