Fête des Vendanges 2024 – maquillages

Il y a des moments de la vie où l’on ne sait que dire ou faire… Mais, comme disait William S., l’un de nos copains d’école, Tout est bien qui finit bien !

Normalement, un article sur les maquillages est passablement court, mais ici c’est tout un pan de ma vie qui a failli passer à la trappe et donc c’est long… même si je n’ai pas pu faire beaucoup de maquillages.

En résumé : c’est bien la première fois qu’au moment où j’ai porté mes affaires à pied pour m’installer (planche, chevalets, chaises, cadres, matériel de maquillage), j’ai reçu de l’aide de la part de passants. Cela ne m’était pas encore arrivé ; j’ai été très touchée. Vendredi soir, j’ai eu quelques clients qui se sont annoncés pour samedi. Malheureusement, mon stand a été fermé par un membre du comité ce samedi après-midi, presque manu militari. Je me suis sentie dévastée. Cela a été tellement inattendu et ferme, que j’ai eu l’impression qu’on m’enlevait une racine de ma vie, une partie de moi. J’ai demandé à l’une de mes bonnes connaissances, l’une de celles du Neuchâtel d’autrefois, à qui je pouvais adresser une lettre expliquant ma situation. En effet, cela fait X années que je travaille à la fête des Vendanges, que je suis invitée ou accueillie par des stands, que mes clients sont clients du stand ou inversement et je me suis retrouvée brutalement hors combat. La personne en question s’est renseignée et mon destin a retrouvé un chemin plus serein : le président administratif du comité m’a téléphoné dimanche matin pour me présenter des excuses et dire que je pouvais passer à l’hôtel de Ville pour m’annoncer afin de me mettre en règle avec le règlement et qu’un collaborateur allait me conduire à ma place. Résultat des courses : dorénavant, je figurerai sur le plan de la fête des Vendanges et cela me donne l’impression d’entrer dans l’histoire de la fête. Je me demande si une nouvelle racine n’est pas en train de pousser parce que j’ai acquis, pour ainsi dire, un droit de cité. Je peux remercier le monsieur à l’origine de la mésaventure qui a tourné en ma faveur.

Mes maquillages sont des prétextes à des rencontres :

  • lors de mon premier voyage, un jeune homme, étudiant en droit de la santé, m’a offert spontanément de l’aide. Il n’avait pas l’intention d’aller jusqu’au stand de Xamax, où je suis installée, mais la conversation s’est engagée et finalement il est arrivé jusqu’au bout. Je lui ai dit que s’il rédigeait un travail de diplôme, je lui donnerais volontiers un coup de main dans la rédaction, ainsi il apprendrait à bien rédiger et moi, j’apprendrais un tas de choses de son domaine. Le droit de la santé est bien compliqué du fait qu’il y a plusieurs interlocuteurs avec des intérêts divers. Chose intéressante, l’une des jeunes femmes qui est venue se faire maquiller travaille dans le domaine et elle a dit qu’elle allait m’envoyer un mel pour que je donne ses coordonnées au jeune homme dont le prénom est Kofi, soit l’enfant du samedi (comme c’est joli ; ainsi Kofi Anan, l’ancien secrétaire des Nations Unies était aussi un enfant du samedi. Je l’ai admiré, maintenant, j’éprouve une certaine affection pour lui) ;
  • Lors de mon installation. Un monsieur s’est approché et m’a dit qu’il faisait la promotion d’artistes neuchâtelois et voudrait faire la mienne. Je lui ai dit qu’il n’avait pas encore vu mon travail. Il m’a dit qu’il sentait les choses et que cela lui suffisait. Il a une plateforme où un certain nombre d’artistes y figurent. Cela, m’a-t-il dit, lui avait pris quelques années, mais cela avait été un très grand désir et finalement il avait réussi. J’ai trouvé l’histoire formidable et lui ai dit que j’avais une plateforme où je ne racontais que des belles histoires. La sienne m’intéresse. Quand je lui ai donné ma carte il a vu que je travaillais dans divers domaines. On verra comment faire après la fête. Je lui ai dit que ces temps-ci je m’étais sentie sur le chemin du paradis et que là, pas de doute, je m ‘en approchais !
  • une jeune dame est venue avec sa fille et m’a dit : « Vous m’avez maquillée lorsque j’étais enfant »… Ciel ! Ce qu’elle est devenue entre temps ? Elle a étudié la biologie et travaille pour la protection des animaux. Je lui ai demandé si elle engageait des personnes qui aimaient les animaux mais n’avaient pas une formation adéquate. Elle a répondu que oui. Cela tombe bien. Je donne des cours dans le cadre de Midi Tonus et l’une des participantes change de cap et voudrait travailler avec des animaux mais n’a pas la formation qu’il faudrait. La dame va me donner des nouvelles ;
  • ensuite, c’est un groupe de jeunes adultes qui vient. Je ne sais jamais pourquoi je pose une question ou une autre ni pourquoi je fais un maquillage plutôt qu’un autre. L’un d’eux travaille dans la finance et se pose des questions existentielles, il sent l’influence des planètes… chose curieuse, mon maquillage était composé de planètes. L’autre travaille dans le même domaine, je lui parle d’un ami qui cherche un investisseur et on se verra aussi après la fête ;
  • Un groupe de trois jeunes femmes vient. L’une d’elles me demande de faire un motif bien précis à toutes les trois. J’explique que je me laisse inspirer par la personne ; que même si je fais dix fois le même motif, il est toujours en relation avec elle. Finalement, je peux faire les maquillages à ma façon. La jeune femme à la forte personnalité m’a dit que je l’avais bien cernée et a déclaré que j’étais voyante !

Un journaliste d’ArcInfo. Lorsque je n’ai pas de monde, je fais ma comptabilité ou lis. À ce moment-là, je lisais l’Autoportrait d’Einstein. Le journaliste, que je connais, m’a dit qu’il m’avait observée lire alors que la musique était tellement forte. Je lui ai dit que je pouvais en faire abstraction lors de la fête, mais que lorsque j’étais chez moi, je ne supportais pas le bruit de voisins inattentifs. Il m’a demandé si le livre était intéressant. J’ai mis un moment à répondre parce que ce n’est pas si simple. Einstein parle de notions scientifiques mais surtout de la façon dont il s’est détaché de certaines d’entre elles pour suivre son intuition. Ce n’est pas parce que tout le monde accepte une théorie, un axiome que c’est vrai. Einstein cherchait une explication universelle aux phénomènes physiques et cela est passionnant. Comme j’étais en plein développement de l’exposé d’Albert, j’ai dû réfléchir pour finalement dire « oui ! ». Il m’a demandé s’il pouvait me prendre en photo, j’ai donné mon accord. À propos du livre d’Einstein, je peux ajouter qu’il est intéressant de suivre ses explications sur la matière, le vide et la façon dont la pensée nous arrive ainsi que sur la façon dont nous nous forgeons des représentations du monde.

Le bruit et la douleur. Oui, je peux m’isoler dans une ambiance bruyante selon les circonstances. Il en va de même avec la douleur physique, je peux aller « ailleurs » dans mon corps lorsqu’une grande douleur l’envahit et je ne la sens pas. Je n’ai pas de recette à transmettre, cela se fait tout seul. Il est clair que je ne pourrais le faire en permanence.

Une fillette. Elle vient avec sa maman qui lui demande ce qu’elle veut. Je dis que je m’inspire de la personne… La fillette s’assied et me demande ce que je vais lui faire. Je lui dis que je ne sais pas, que je ne le saurai que lorsque j’aurai pris mon pinceau. Je lui dis que je ne le sais jamais et lui demande comment elle fait lorsqu’elle fait un dessin. Elle réfléchit et me dit qu’elle ne sait pas non plus. Voilà, nous nous sommes retrouvées dans un même monde ; mon maquillage est parti tout seul et lorsqu’elle s’est regardée dans le miroir, elle a trouvé que c’était très beau. Je lui ai aussi expliqué que le maquillage ne peut jamais être beau chez quelqu’un qui ne va pas bien, profondément bien. Une autre maman qui m’a aussi dit s’être fait maquiller par moi m’a amenée sa fillette. Cette dernière a huit ans et aime les mathématiques. Je lui dis qu’elle a de la chance parce que les mathématiques se retrouvent partout ; même pour créer les couleurs de mes maquillages il faut compter, mesurer. Comme elle sait déjà compter, je lui raconte que le chiffre zéro n’avait pas toujours existé, qu’on savait compter à partir de 1 mais que quand il n’y avait rien… et que ce sont les Indiens qui ont inventé le chiffre 0. J’ai senti la pensée de la fillette entrer dans le monde des mathématiques. J’ai eu l’impression que le temps s’était arrêté.

Au stand de Xamax. Je n’avais pas assez de rallonges pour avoir de l’électricité et vendredi c’est le stand des Scouts qui m’a prêté une rallonge. À ma surprise, en arrivant samedi matin, Christian Sydler, le responsable du stand de Xamax, m’a tendu une très longue rallonge. Cela m’a fait du bien. Lorsque le représentant du comité a coupé court à ma prestation, Christian m’a dit d’aller à un grand stand pour voir s’ils pouvaient me prendre dans leur périmètre. Malheureusement pour moi, il y avait déjà des personnes qui faisaient des choses semblables.

Photos. Je n’ai pas eu le temps d’en faire beaucoup… En voici quelques uns.

Avec les lumières du stand, il est difficile de faire des photos plus nettes la nuit. Il faudra que je trouve une solution

Mes affaires parlent. Après avoir été obligée de fermer mon stand, en rentrant à la maison, je me suis dit que j’allais ranger ma table et les chaises directement à la cave parce que je ne les avais pas beaucoup utilisées. C’est là qu’une voix intérieure s’est faite leur porte-parole : « Tu ne peux pas nous ranger comme cela, on a été dehors, on a passé une nuit presque à l’intempérie (en effet, je n’ai plus d’endroit pour ranger mon matériel les vendredi et samedi soir) et on t’a rendu service. Toutes les années, tu nous laves et répares s’il le faut » Je ne peux que leur donner raison et monte le tout dans mon appartement.

Mon destin retrouve son chemin normal. Ainsi que je l’ai mentionné plus haut, dimanche matin, j’ai appris que je pouvais reprendre mon activité. C’est là que j’ai remercié mon matériel de m’avoir fait savoir que je me devais de les traiter comme les autres fois.

Pas beaucoup de maquillages, en fin de compte. J’ai des clients qui viennent samedi et dimanche, d’autres que le samedi ou le dimanche. Afin de les renseigner, samedi, j’avais mis une pancarte. Dimanche a été une journée presque vide. Mais, j’ai quand même eu de belles rencontres.

La jeune femme ci-dessous travaille chez Decathlon. Elle est déjà venue l’année passée et m’avait appris que le magasin a un atelier de réparation. Je vais aller voir parce que je trouve la chose intéressante.

Le monde des enfants est bien différent de celui des adultes. Je suis charmée chaque fois que je les entends faire un commentaire, s’exprimer. Dans le cas présent, j’ai fait un cheval au garçon et quand il a vu le maquillage dans le miroir, il s’est exclamé : « C’est une licorne ! » Je n’ai pas hésité, je lui ai dit de bien regarder le maquillage, que j’allais changer quelque chose et qu’il devrait voir la différence après dans le miroir. J’ai donc ajouté la corne. Ensuite, il s’est regardé dans le miroir et m’a lancé, en souriant des yeux, un regard qui me disait qu’il savait bien que c’était une licorne. Je lui ai alors expliqué que du temps des empereurs chinois, la licorne était le symbole de la sagesse. Il a eu à nouveau le même regard. Ce sont des choses que je ne peux oublier.

Les ados. Je les remercie de me faire confiance. Ici, nous avons un jeune homme et une admiratrice de Xamax.

Parmi les choses qui arrivent à la fête des Vendanges, il y a eu ceci encore :

  • de l’aide. Dimanche, un collaborateur du comité m’a aidée à transporter mes affaires. Christian m’a donné de l’eau pour mes maquillages. Je me suis sentie traitée comme une reine !
  • les remerciements. Je sollicite l’aide d’un bénévole au stand de Xamax pour m’installer dimanche matin et quand je le remercie, il répond : « Avec joie ! ». C’est tellement joli. Je lui dis que grâce à lui, Julien, je vais pouvoir élargir les propositions que je fais aux personnes qui répondent souvent, après les remerciements, « de rien ». Je lui explique que le cerveau de la personne qui répond ainsi enregistre qu’il n’a rien fait et il ne se passe rien. Le personnel de vente, par exemple, qui dit régulièrement « de rien », se sent bien souvent vide à la fin de la journée. En effet, il a enregistré qu’il n’a rien fait alors qu’il y a eu un service rendu. La personne veut dire que ce qu’elle a dit ou fait de lui a pas coûté grand-chose, mais le fait de dire rien fait que le cerveau enregistre ce « rien » et ne fait rien non plus. Alors que dire « Je vous en prie », « Avec plaisir », fait que le cerveau émette des hormones de plaisir, de dopamine, de santé. Maintenant, grâce à Julien, je vais pouvoir ajouter « Avec joie » et c’est tellement joli parce qu’il fait en plus entrer le coeur !
  • le stand de cocktails. Lorsque j’ai rangé mes affaires dimanche soir, je suis passée vers le bar Moka et trois stands avaient une musique assourdissante. J’ai vu un monsieur qui rangeait aussi ses affaires à son stand de cocktails. Je me suis approchée de lui et lui ai demandé pourquoi il n’a pas de musique. Il devait être fatigué parce qu’il a répondu qu’il avait celle des voisins… Nous avons discuté un moment et avant de partir m’a fait cadeau de deux bouteilles où l’on peut mettre une boisson lorsqu’on part en randonnée. Je continue à me sentir comme une reine ;
  • Du pinot blanc et le cyrillique. Lorsque j’étais en train d’effectuer mon dernier trajet avec mes affaires vers la maison, j’ai vu en haut de la rue des Terreaux deux gaillards qui buvaient un verre à côté de deux caisses de vin. Ils attendent le propriétaire des bouteilles. Je ne sais quelle remarque j’ai faite, mais ils m’ont invitée à partager la bouteille avec eux. Je me suis dit que le destin continuait de me faire signe, qu’il fallait célébrer mon droit de cité et j’ai bu du pinot blanc que je n’avais jamais goûté auparavant. Je l’ai trouve bon. L’un des gaillards est bulgare. Je lui ai dit que je connaissais Sofia et Varna et lui ai demandé comment on dit au revoir en bulgare : « довиждане » (dovijdane), répond-t-il. Comme les Bulgarres utilisent le cyrillique, il me demande si je sais qui a l’a inventé. Je dis que c’est un moine, le moine Cyrille. Il ajoute qu’en fait ce sont deux moines, Cyrille et Méthode, son frère, tous deux bulgares. Ah, voilà une belle façon de finir la fête des Vendanges !

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Rendez-vous pour les cours – explications

EXPLICATIONS DU POURQUOI JE DONNE RENDEZ-VOUS DEVANT LA MAISON NO 21 DE LA RUE DU CHÂTEAU :

Le studio « Cave perdue » est mon local de travail et de création. Je suis heureuse de l’occuper et de m’en occuper. Étant donné que pour y accéder il faut  passer par une cour privée dont la porte d’ouverture fait beaucoup de bruit, je me charge de l’ouvrir. Cela évite des désagréments aux voisins. Je suppose que tout le monde comprend cela. La consigne vaut pour toutes les fois. Mais voici un plan :

  1. Photo 1 : mon studio se trouve à Neuchâtel, dans la partie arrière des maisons situées aux nos 21 et 23 de la rue du Château, photo 1 ;
  2. Photo 2 : à côté du 21, il y a une petite cour pavée. On peut facilement se rencontrer à cet endroit. Une fois qu’on se rencontre, on se dirige vers le studio à quelques pas de là ;
  3. Photo 3 : au fond de ladite cour il y a, à droite, quatre marches ;
  • Photo 4 : après avoir descendu les quatre marches, on voit la grande porte grise qui conduit à mon studio :
  • Photo 5 : si on monte les escaliers de la rue du Pommier, on arrive au même endroit.

Précision : il n’y a pas d’écriteau parce que la maison qui permet le passage est un monument historique et qu’une enseigne n’est pas encore envisageable.

J’espère que vous avez compris le soin que je prends des voisins et me réjouis de vous accueillir. Vous avez une visite guidée de l’intérieur ici.

Festival des sports – Neuchâtel – 2024

Le Service des sports propose, une nouvelle fois, le festival aux Jeunes-Rives, les samedi et dimanche 24 et 25 août 2024.

Je suis ravie de participer à nouveau et vous annonce que le programme se compose de 40 sports, c’est énorme ! Parmi ceux-là, j’en propose deux :

  • À vos pieds !
  • @3m.ossature

Heure des cours. Les deux jours, ils ont lieu à 9 h et à 10 h. C’est tôt, mais vous serez en forme pour le reste de la journée !

Ceux qui ont déjà suivi le cours auront la possibilité de revoir les notions acquises ou de les parfaire, poser des questions, revoir des choses qui tout à coup surgissent avec la pratique.

Ceux qui n’ont pas encore suivi le cours apprendront bien des choses et m’apporteront aussi de quoi enrichir mon cours.

Je me réjouis de vous revoir et espère que tout va bien dans votre vie !

Voici le programme officiel pour samedi et dimanche !

Conversations en patchwork.9

Ce sont des scènes qu’on pourrait trouver dans un film

No 1. Sur le trottoir. À propos de trottoir, j’ai appris que le premier trottoir qui a existé à Paris se trouve sur le pont Neuf, celui qui mène à la maison d’Abraham-Louis Breguet. Cela a dû être quelque chose ! Cette fois-ci, je me trouve à Neuchâtel et je traverse au feu vert, près de mon appartement. Un couple, dans la quarantaine, marche sur le trottoir devant moi. Le monsieur avance d’un pas décidé et regarde sa compagne sans rien dire, mais son allure dit qu’il ne va ni l’attendre, ni retourner la chercher. Elle suit, s’arrête… Je continue et la dépasse. Le monsieur continue d’avancer tout en la regardant de temps à autre. Il fait juste un geste de la tête en signalant qu’il va traverser la rue (quand ? je ne sais pas). À un certain moment, la dame me dépasse. Je lui dis : « Il a gagné ! »

J’ai eu l’impression de parler avec un autre moi mais me demande si une telle relation peut durer longtemps…

No2. Scène de cinéma. Je me trouve dans un supermarché ; je fais la queue pour passer à la caisse. Le monsieur devant moi met la séparation, la barre qui sépare ses produits des miens. J’ai envie de le féliciter parce que c’est plutôt rare. Je n’ai pas le temps de le faire parce que sa séparation tombe ou plutôt se couche. Certains magasins n’ont pas assez d’argent pour investir dans du bon matériel… La main du monsieur s’allonge pour la remettre debout. J’admire. Je demande au monsieur dans quel métier il travaille. Il dit qu’il travaille dans le marketing et me demande pourquoi je pose la question. « C’est que vous êtes une personne soigneuse ». Je vois que cela travaille un peu dans sa tête. Pendant ce temps, la caissière, Nathalie, a eu affaire à une cliente un peu inattentive, disons la chose comme cela. Il y a eu un problème avec un produit, mais la caissière a trouvé une solution. La dame paie avec de la petite monnaie. La caissière passe du temps à faire le compte ; il lui manque encore des sous. La dame les lui tend et la caissière commence à ranger chaque pièce à la bonne place dans la caisse. Elle lève la tête et dit en même temps : « Merci beaucoup, bon week-end ! » Quand elle finit de lever la tête, elle voit que la dame était partie et les clients qui étaient avec moi avons tous ri. Elle rit avec nous. Je lui dis que cela a été comme une scène de cinéma.

Je dis à Nathalie que je ne pourrais pas travailler dans ces conditions. Elle répond qu’elle a travaillé dans une cantine avec des adolescents et qu’elle est vaccinée et rit. Elle a un rire sonore et chaud. Elle me fait du bien. Mon tour arrive et je lui donne un bout d’étiquette qui était collé au tapis. Elle le prend, le lit et dit : « Ah, c’est ce qui manquait à la cliente ! » Je félicite la caissière au si joli prénom parce que malgré que la cliente ne s’est pas bien comportée, elle est toute à son affaire. C’est non seulement une scène de cinéma, mais une scène de vie pleine d’enseignements.

À propos du prénom Nathalie, je viens de voir qu’il vient du latin natalis dies, jour de la naissance, sous-entendu de Jésus. En tous les cas, il est bien porté par le personnage de cet épisode.

Nathalie a beaucoup d’humour. Je vais deux fois de suite au magasin et elle me dit : « Ah, vous ne pouvez plus vous passer de moi ! Je vais vous faire une place ici ! » et on éclate de rire.

No 3. Laboratoire de chimie 1950 et 2024. à l’école de Commerce de Neuchâtel. Je suis allée à la bibliothèque de la Ville et, en passant devant une salle au rez-de-chaussée, j’ai aperçu par une porte ouverte ce qui avait l’air d’être un de laboratoire de chimie. J’ai demandé au monsieur que j’y ai vu avec une blouse blanche si je pouvais entrer : – Oui, bien sûr. – De mon temps, la salle de chimie se trouvait là où il y a actuellement l’atelier de reliure.Cela m’intéresse. J’aime l’histoire. Je suis préparateur et pas professeur. Je travaille ici et à ce qui s’appelait l’école de Commerce. – Ah ? Il y avait des cours de chimie ? – Oui. Le cours consistait en l’analyse des marchandises. – Je n’en reviens pas, je n’ai jamais imaginé une telle chose. Lorsque j’étais à la faculté de commerce extérieur en Roumanie, on avait bien une histoire des marchandises, mais on ne les a jamais analysées. Cela change ma façon de penser aux étudiants neuchâtelois. Il me semble qu’à l’époque, le directeur était M. Richard Meuli. J’ai fréquenté l’école pour suivre des cours de sténo-dactylo. Cela vous intéresserait de revoir les locaux ? On est en train de faire des travaux et tout va changer. J’ai des photos datant de 1950. Elles vous intéresseraient ?Ah, oui !

Je suis ravie. Je n’avais jamais vu ce monsieur et tout à coup le courant passe. Je me rends un matin à l’École de comm, qui va changer de nom. J’ai un peu la nostalgie et même si je n’ai pas réellement fréquenté l’école, elle fait partie de mon paysage, ce paysage change, mais il me fait signe ! Voici les photos que monsieur Mathez, c’est le nom de ce personnage qui aime l’histoire, m’a aimablement transmises :

On est donc en 1950. Les étudiants ont l’air sérieux, ils sont très bien habillés (aujourd’hui, ils seraient en… disons simplement qu’ils auraient une allure différente). Je me demande si j’en ai croisé en ville. Je voudrais les rencontrer, leur parler…
Je ne me rappelle plus à quoi elles correspondent. Il faut que je demande des explications (à suivre)

No 4. Je me trouve une nouvelle fois dans un supermarché. Je fais la queue et devant moi il y a une dame d’un âge respectable et devant elle, un monsieur basané. Il abandonne le grand chariot qu’il a utilisé à côté de lui et continue de faire la queue. Le chemin est étroit et ce n’est pas une bonne idée de le laisser ainsi. Je lui fais signe qu’il pourrait le ranger plus loin. Il ne fait rien. La dame, toujours celle d’un âge respectable, dit que cela ne sert à rien de s’énerver. Je lui dis que le monsieur ne parle peut-être pas le français mais qu’il ne fait pas grand-chose pour comprendre non plus. Il doit nous entendre, mais ne bouge toujours pas. La dame prend le chariot, le soulève et se dirige au bon endroit. Je touche le bras du monsieur et lui dis que la dame, plus âgée que lui, va le mettre à la bonne place. Il ne bouge toujours pas. La dame revient et dit que c’est comme cela et que ce n’est pas important. Je ne suis pas de son avis et lui raconte que lorsque les personnes posent les produits dont ils ne veulent plus n’importe où dans les magasins, je le leur signale. Elle trouve que je suis « sévère ». Ah, mon Dieu ! Il s’agit tout simplement de respecter les choses. Chacun s’attend à ce que sa vie soit simple. Alors, il faudrait aussi penser à simplifier celle des autres. « Vous avez empêché ce monsieur de faire quelque chose, il n’a rien appris » lui dis-je. D’ailleurs, vous voyez, il part et ne remercie même pas la caissière. – « Bon, la prochaine fois que cela se produira, je dirai quelque chose… », me répond la dame et on se quitte avec le sourire.

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Spectacle de danse pour les 50 ans de « La Pesolière »

Je suis fière d’avoir pu apporter quelque chose aux résidents de « La Pesolière ». Mais, je suis aussi sortie gagnante de cette aventure. On verra comment.

Bruna Raccio. Je l’ai rencontrée à l’occasion de la fête des Vendanges il y a quelques années ; elle est venue voir l’un de mes spectacles et s’est dit que je pourrais apporter quelque chose aux résidents de la fondation qui aller fêter ses 50 ans le 15 juin de cette année. En apprenant qu’un Subiérien (cela a été l’occasion de me rappeler que les habitants de Peseux s’appelaient ainsi ! ), monsieur Willy Sieber, avait fait construire les premiers appartements protégés du canton de Neuchâtel, mon thermomètre de l’admiration est sorti de son tiroir pour montrer qu’il était à son maximum. En effet, je suis toujours fascinée par les gens qui pensent aux autres, qui pensent à améliorer la vie des autres et surtout des aînés. Je reviendrai sur le sujet.

La conception de mon spectacle. Il a lieu dans mon studio La Cave perdue qui a est un cadre particulier et où je peux faire la lumière que je veux et jouer avec elle. J’utilise beaucoup celle qu’on dénomme la lumière noire qui permet de faire des effets. Par mesure de précaution, je suis allée voir la salle qui venait d’être rénovée. Elle est très belle mais les murs sont blancs… Les autres membres du comité, Mme Nicole Muhlethaler (je n’en reviens pas, on se connaissait de vue avant de nous rencontrer, elle avec son mari et moi avec feu mon compagnon André Oppel, lors d’un voyage en… Chine !) et madame Marie-Claire Zimmerli (son visage m’était connu, le mien pour elle aussi mais on n’a pas réussi à trouver le départ), les autres membres du comité donc se disent, sans l’ombre d’un doute, qu’on doit trouver une solution. Immédiatement, je pense aux tissus qui recouvrent le plafond de mon studio et à des lattes en bois qui pourraient faire l’affaire. Je trouve fascinant comment les idées germent dans des cerveaux pour trouver une solution. Dans le cas présent trois personnes se disent qu’on doit trouver une solution et le fruit arrive dans mon cerveau. Elles savaient que j’allais trouver la façon de faire, mais sans leur question je n’aurais pas trouvé.

Solution pour l’arrière-fond pendant le spectacle :

Dans la photo 2 on voit le premier tissu décroché du plafond ; il a fallu en prendre deux. Dans la photo 4, les deux tissus sont enroulés.

Transport du matériel pour le spectacle. Il y avait les costumes, les accessoires des danses, la barre avec ses supports, les lumières et les rideaux. Il a fallu deux trajets, l’un avec Bruna et l’autre avec monsieur Zimmerli, le mari de la présidente, qui avait une voiture plus grande pour transporter les lattes. On arrive dans la salle, je commence à redresser les lattes et oh surprise, elles sont plus hautes que le plafond ! C’est là que je découvre les talents de menuisier de monsieur Zimmerli car il dit : « On va chercher une scie et on coupe ! ». Mme Zimmerli trouve cela naturel et on va sur place où je suis émerveillée par toutes les machines de son atelier. « Pas de miracle, me dit-il, mon père était menuisier et à l’âge de 9 ans, j’ai fait mon premier camion en bois ! » Je demande si je peux assister une fois à son travail parce que j’aime bricoler et que j’ai des choses aussi à faire… C’est entendu. On verra le moment venu. En attendant on est retournés à la salle de La Pesolière, M. Zimmerli a mesuré la hauteur du mur, la latte et a décrété qu’on pouvait enlever 11 cm. Sitôt dit, sitôt fait.

Comment faire tenir l’arrière-fond de scène. J’avais pensé demander à deux bénévoles de se tenir chacune à un côté. C’est alors qu’est intervenu le graffeur, Kesh, engagé pour faire une fresque murale. Il m’a demandé comment j’allais faire tenir les tissus de la photo no 1 d’en bas. Je lui ai répondu que j’avais pensé à la force humaine. Il m’a dit qu’il utilisait des étais de soutien (voilà que j’ai appris qu’il existait de telles choses portant ce nom) pour faire tenir le plastique qui l’entoure pendant qu’il travaille. Il me les a proposés pour le lendemain. Il en avait trois, juste ce qu’il fallait pour mes lourds tissus. Voici le résultat :

Photos de Roger Muhlethaler, mari de la vice-présidente

Jour du spectacle. Bruna et madame Zimmerli sont venues me dire que j’allais devoir passer avant le moment prévu parce qu’une autre artiste était malade. J’ai répondu que c’était dans la norme parce que les deux dernières fois que j’ai participé à la fête de la Danse il s’était produit la même chose. Quand une chose arrive une fois, cela n’a pas grande incidence, mais deux et trois… c’est un signe. Je me dis que je dois me dépêcher de ranger un tas d’affaires parce que… ce signe doit avoir un sens. Finalement, je présente la première partie de mon spectacle à la lumière du jour et on voit sur la photo no 1 le fond de scène tout à droite.

Spectacle. J’ai dit un texte où je remerciais les membres du comité pour la confiance déposée en moi et pour l’occasion qui m’était donnée de faire quelque chose pour les aînés. C’était un vœu émis en 2019 (j’ai tendance à écrire 1019…) et voilà que le destin me permettait de le réaliser grâce à elles. Je l’avais émis à ce moment-là parce que la vie venait de me permettre d’être la seule locataire de mon studio de danse. Les aînés ont construit le monde et le Neuchâtel dont j’ai hérité et ma façon de les remercier, m’étais-je dit, serait de leur proposer des spectacles et des ateliers de bien-être afin de leur rendre la vie plus facile et avec un peu de poésie. Il y a tellement de façons de faire les choses…

Le public. J’ai annoncé que mon studio était particulier et que si monsieur Sieber avait fait construire une belle salle pour que 50 ans plus tard je puisse y danser, j’allais leur demander leur concours pour ne voir, lors de certaines danses, que le décor. Ils ont rigolé et ont été d’accord. Au fil des danses je leur ai posé à nouveau la question et la réponse a toujours été la même. Si je leur ai apporté quelque chose de différent dans leur vie, ils m’ont rassurée. Je leur suis profondément reconnaissante.

Surprises. L’une des dames m’a dit qu’elle me connaissait. Elle avait fait partie d’un groupe de théâtre à Peseux, il y avait des années (j’ai dit : « Hier  » et elle a ajouté : « Avant-hier », c’est si joli) et que c’était Philippe Badan qui m’avait présentée. J’avais oublié… Mais, oui, tout à coup le souvenir est venu. Une autre dame parlait et je lui ai demandé quelle était sa langue maternelle : « Le polonais ». –  » По польски ! (Po polski ! ) – « Po polsku » rectifia la dame – « (Ah, oui, en polonais c’est « polsku). Mon maître de ballet, Anton Romanovski, était polonais ». Cela nous a rapprochées. À un moment donné l’une des lumières noires n’a pas voulu s’allumer et j’ai demandé s’il y avait un électricien dans la salle. L’une des dames a répondu : « Ils sont tous partis en vacances ! ». J’ai apprécié sa répartie et l’ai remerciée. Une autre dame, lorsque j’ai fait un geste précis de la main, a fait le même avec moi. Je me suis trouvée une partenaire ! Un monsieur m’a raconté, pendant la pause, qu’il avait émigré au Canada à l’âge de 27 ans et que bien des ses façons d’être étaient marquées par son expérience dans ce pays ; il m’a demandé comment j’allais entrer dans le rideau noir pour ne pas être visible… Je lui ai dit que c’était mon secret !

Encore d’autres surprises : j’ai rencontré pour la première fois la femme de Patrice Neuenschwander, l’ancien chef de la culture de la Ville. Elle donnait un coup de main. J’avais prévu de dire lors de la seconde partie du spectacle combien je devais à Patrice, mais la musique est partie avant que j’ouvre la bouche. Je le fais donc ici. S’il ne m’avait par reçue dans son bureau lorsque je suis passée par une situation difficile, je ne pourrais rendre les services que je propose aujourd’hui ;  une dame a eu un problème d’équilibre et m’a raconté qu’elle avait perdu son mari peu de temps avant ; je lui ai montré un point dans la main pour lui éviter de tels ennuis. La dame qui s’occupait de la tombola a travaillé dans l’horlogerie et comme je fais des recherches sur les horlogers des années 1960-1980 à Neuchâtel, elle va me donner des informations qui vont enrichir le tableau que je fais ! Roger Muhlethaler, le mari de la vice-président, a fait plein de photos et grâce à lui je peux en publier ici certaines.

On a toujours besoin de plus petit que soi. Au moment où j’ai eu le problème avec la lumière noire, un enfant auquel j’avais adressé deux mots durant la pose est venu spontanément avec sa lampe de poche et m’a aidée à voir plus clair et j’ai fini par trouver la solution. Il n’a pas dit un mot, il s’est accroupi sur le sol et a montré sa lampe. Je n’ai eu qu’à lui montrer l’endroit exact. C’était comme dans un film. Je le remercie.

L’aide avec sa mini-lampe en photo !

Le buffet. J’ai présenté le spectacle en deux parties et entre deux, il y a eu un magnifique buffet.

Le support sur lequel sont posés les amuse-bouches est un miroir ! La présentation autant que la qualité ont été remarquables. J’ai rarement vu une aussi jolie composition. Félicitations au restaurateur de Couvet.

Florilège de photos du spectacle faites par Roger Muhlethaler et dont j’ai fait le montage.

Photos de Roger Muhlethaler et montage de Zully

À la fin du spectacle, plusieurs personnes m’ont remerciée. Il y en avait eu une qui était venue pour la musicienne absente et avait voulu repartir. Je lui avais dit que j’allais danser ; elle avait décidé de rester et ne l’a pas regretté. Une autre m’a dit que son coeur avait battu avec Les roses de Picardie et que les larmes lui étaient venues aux yeux. Un monsieur m’a dit que New York New York était sa préférée. Une autre dame m’a dit qu’elle avait aimé mon sourire et qu’elle allait s’en inspirer. Je n’en reviens pas.

Fin. Il a fallu se rendre à l’évidence, la danse était finie mais il fallait ranger mes affaires, démonter les prises, ranger les lumières, rendre les étais et enrouler les tissus. J’ai profité pour les démonter afin de les laver la semaine prochaine. Les membres du comité, les maris et moi avons rangé une chose ou une autre afin de rendre son apparence normale à la salle et on s’est assis pour boire un verre.

Je sors gagnante : j’ai rencontré en les membre du comité et leurs conjoints des personnes pleines de cœur, c’est devenu si rare dans la société actuelle. Madame Zimmerli a dit dans son discours qu’avec les pensionnaires ils formaient une grande famille. C’est ce que j’ai ressenti ; je suis déjà allée en tournée avec mon matériel, mais cette fois j’ai une solution pour des fonds de scène ; j’ai été traitée comme une reine puisque j’ai bénéficié de plusieurs trajets en voiture (celle de monsieur Zimmerli est une hybride et il conduit avec un tel plaisir que les passagers le sentent !) ; je pourrai aller voir un menuisier qui aime faire des travaux, c’est le même monsieur Zimmerli ; je pourrai avoir des informations d’une personne qui a travaillé dans l’horlogerie pour enrichir mes recherches ; j’ai pu remercier des aînés, ceux qui ont construit le Neuchâtel dont j’ai hérité et tout cela parce que j’ai invité à un spectacle Bruna Grazio qui en plus de tout ce qu’elle avait à faire a fait office d’ingénieur du son pendant que je dansais. Je la remercie et remercie toute l’équipe. Au moment du montage, j’ai découvert de nouvelles façons de traiter les images. Il y a encore cette notion d’être prête pour ce qui vient plus vite que prévu que je dois mettre en pratique. Rien ne vient par hasard.

La Pesolière. J’ai appris que le nom est le résultat d’un concours à l’école et qu’il est la contraction de Peseux et écolier = Pesolière. Voilà, vous savez tout… ou presque. L’action de M. Sieber a servi de modèle pour d’autres appartements protégés et les rénovations actuelles lui permettront d’avoir un statut supérieur. Des représentants cantonaux et communaux sont venus et c’est magnifique. M. Sieber doit trinquer là où il se trouve !

Un regret. Les médias, comme on appelle la presse écrite et visuelle, étaient absentes. Pas besoin de commentaire.

Le plus important c’est que monsieur Sieber (vous ai-je déjà parlé de lui ?) a eu une idée, l’a rendue concrète afin d’aider les autres et a pensé que je pourrais apporter, à ces derniers, quelque chose 50 ans plus tard.

Conclusion. Nous avons tous besoin les uns des autres : l’aventure de mon spectacle est un exemple ; tout ce que nous faisons participe d’un tout.

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@articulations-jouons avec elles ! 2024.1

Les cours se suivent et ne se ressemblent pas ! Une fois de plus, ce sont les participants qui enrichissent mon enseignement.

Une fois n’est pas coutume, je vais commencer par des photos :

Ces deux photos sont le résumé du cours.

Pourquoi ces deux images sont le résumé du cours : parce que si chacun vient avec son corps, avec ses articulations au propre, 360 (je sais, certains parlent de 300, de plus de 300, j’aime bien le 360 car c’est comme le nombre de jours de l’année ; mais, ce qui importe c’est qu’elles se portent toutes bien !), comme au figuré (ce sont les articulations de la vie professionnelle, personnelle, sociale, culturelle, etc.). Chacun arrive donc avec son bagage et au fil des cours s’approprie des mouvements pour mieux fonctionner. On le voit dans les photos :

  • photo 1 : dans cette interprétation symbolique on devine dans les taches blanches les personnes qui créent le mouvement, elles sont présentes, elles sont avec leur cors et leur monde ;
  • photo 2 : les mêmes personnes sont devenues presque invisibles et les « yeux » plus présents. Cela veut dire que les mouvements articulaires sont les leurs, ils sont entrés dans les personnes.

Pourquoi je dis que les mouvements sont entrés chez les participants : parce qu’une personne a dit qu’elle avait pris conscience de ses articulations, une autre a dit qu’elle avait assimilé que dans différentes positions ou mouvements qu’elle fait, elle pouvait les faire autrement ou y ajouter des mouvements, une autre encore qu’elle avait compris que le corps est un tout et qu’il faut le travailler en entier. Quant aux sensations éprouvées dans le corps, si chez certaines personnes cela se passe lors de la 2e ou 3e séance, d’autres prennent plus de temps, mais quand elles me disent qu’elles les ressentent, je suis la plus heureuse des personnes. Pour moi, il est clair que chaque mouvement, chaque articulation qui bouge a un effet sur la personne, mais lorsque les participants me disent qu’ils ressentent les effets de tel ou tel mouvement, me fait me sentir aux anges. Je profite pour remercier ceux qui m’ont transmis leur savoir car sans eux, les personnes qui viennent chez moi ne pourraient pas s’enrichir.

Une fois que la chose est acquise, on peut faire mille et une choses !

Yeux par paires.

Ou encore :

Ici aussi tout est dit avec cette forme parfaite qui fait le lien entre le dehors et le dedans.

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À vos pieds.2024.1

L’enseignement est passionnant. Le contenu que je propose est simple, simple parce qu’une fois qu’on a compris une chose, elle devient simple. Ainsi donc, je propose un contenu simple et ce sont les participants qui l’enrichissent par leur corps, leurs attitudes, leurs questions, leurs commentaires.

La simplicité vient toujours quand on a compris une chose. Les gens qui conduisent une voiture vous le diront. Le cours a lieu douze fois et c’est un plaisir de voir les gens s’approprier les mouvements, exercices, conseils donnés. Il y a un exercice avec des cercles et chacun le ressent à sa façon. Il y a parfois des gens qui ne ressentent rien du tout et… au bout de la 8e ou 9e fois, les effets se font ressentir. Cela ne veut pas dire qu’ils n’était pas là, simplement la personne n’avait pas la sensation.

D’autres personnes ont pris conscience qu’il ne faut pas négliger les pieds ; d’autres ont dit qu’elles avaient inclus les exercices des pieds dans leur vie et d’autres encore qu’il y avait des effets dans leur vie quotidienne et qu’elles allaient continuer la pratique. Tout cela est réjouissant.

Commentaires sur mon studio de danse : mon endroit est quelque peu particulier. Vous pouvez faire une visite ici. Une participante m’a dit qu’elle n’avait pas l’habitude d’aller dans un cours où la personne aimait tant l’endroit et ce qu’il y avait et un autre m’a dit que l’endroit était « incroyable », du fait de l’atmosphère, de son emplacement. Comme je le dis dans l’article de la « visite », pour moi tout fait partie d’un tout et il faut prendre soin de chaque chose, tant au propre qu’au figuré.

Les photos ci-dessous sont une illustration de la remarque de l’une des participantes : elle a, depuis un certain temps, une drôle de sensation lorsqu’elle descend les escaliers. Cela explique les légendes.

Je peux descendre tranquillement l’escalier, car j’ai l’assurance (sous forme des pieds sur terre derrière) que tout va bien.
Il arrive parfois que dans la vie, les pieds décident de descendre ou soient obligés de descendre, tout comme nous, dans la vie.
Ah… mais si on descend, on monte aussi et là, c’est le plaisir !
Il semble que toute chose, et donc nos pas, ait une résonance, que l’on soit d’un côté ou de l’autre du monde.
Nous décidons de nous poser…
Ah… à nouveau les résonances…
Quoi qu’il en soit, nous décidons de nous amuser car finalement tout est relatif : quand on descend ici, on monte ailleurs.

Cette photo vient en dernier ; en dernier car lors du dernier cours, une participante m’a fail l’amitié de m’offrir une bougie parfumée dans un joli écrin. Comme elle avait vu dans la 6e photo, un oeil, alors je n’ai plus eu qu’à suivre son idée et la boîte s’est intégrée de façon naturelle. Cela tombe bien. car si comme je le disais au début, le contenu du cours est simple, sa pratique est une réussite quand on la fait de façon naturelle. Là, j’ai réussi avec plusieurs participants qui se sont appropriés des exercices et les pratiquent au gré de leur fantaisie, de ce qui leur tombe sous… les pieds !

L’oeil est aux aguets de tout ce qui pourrait rendre service aux pieds !

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Antoine Simonin or the world of watchmaking, the global watchmaking memory. Peculiar encounter 26.

Mr Antoine Simonin, called Tony by his English speaking friends, left this world last Monday, the 20th of May 2024 and my way of paying tribute to him is to publish this article that we had started some years ago… Time flies so quickly… I always tell myself that there is still time and suddenly it has run out !

En français ici.

I just went to pay him a last visit at the cemetery pavilion and he looks as I remember him : like the one who is peaceful, like the one who understands everything, like the one who deals with what life presents. It is great !

2019. We had met at the bookstore Le Cabinet amateur, Neuchâtel, one day that I was paying a visit to his owner, Marc Mettler. The subject that brought us together was, of course, watchmaking, in the person of Abraham-Louis Breguet. Then, I went to Dombresson to see him in his premises which housed his edition and a huge number of books on horology and I had recorde him.

Things fit together in my life in unexpected ways and when that happens I am delighted. In 2022 I had the privilege of having a new interview with Mr Simonin and meeting his wife, Josiane Simonin. You know that behind every great man there is a woman (quote attributed to Talleyrand). In this case, the Simonin couple has been walking hand in hand for sixty years ! I tell her that I love to forward beautiful things, that I am interested in watchmaking and show her some of the articles I wrote on my Website on the subject. She replies that she likes passionate people and gives me immediately informations that can nourish the one I would like to write about her husband. What I learn about Mr Simonin arouses my admiration and at the same time I realise that his history is linked to mine by two links : the Fabrique d’horlogerie Froidevaux S.A.- Neuchâtel and South Africa ; the last link being associated to the International Labour Organisation, Geneva. You will understand later the why and the how.

Antoine Simonin. He alone represents several facets of the watchmaking world. Indeed, he trained as a watchmaker repairer, became trainer and created workshops and training schools of which he was sometimes the director. Having reached the age when some people say that they will finally be able to rest, have fun, he notices that some books are not any more edited, that they are necessary to learn the job and, as a logical and horological consequence for him, he creates his own edition ! When I think of him, I tell myself that his body cells must run like watches, unless they are already watches…

Anecdote 1. His father wanted him to have a profession, a profession that would protect him from cold and rain, any way not exposed to bad weather. As many fathers, his was a father-protector. He dreams of his son as a watchmaker although himself is an accountant. The first attempt was unsuccessful : he introduces his son to an emigrate Jewish watchmaker. The boy finds the watches nice but nothing more. Some years late, his father sends him to a psychologist in order to know which professional direction he could take. The boy is requested to paint something on the base of a circle. He draws a sun. « Well, bad luck, says the psychologist to the father, your son shall never be a watchmaker. He should have drawn a wheel or a mechanical part ». When I learnt this anecdote, I told myself that this boy already knew that he was going to shine et that he was going to make watchmaking shine.

1938 and the importance of languages. I like languages, their structure, the meaning of words and Mr Simonin speaks some of them. This opens him many doors : French, English, German, Swiss-German, Swahili. You read perfectly well, Swahili, as he was born in Africa. That is something ! His father worked for an import-export enterprise in the Belgian Congo and there is where the little Tony came to the world in 1938 (you understand better the above anecdote !).

Two significant events : he was a scout and his nickname was « Lynx eye ». Did you say « weird » ? He told me that with the scouts he came to learn the meaning of teamwork. As he was ten, he got infantile paralysis which mistreated him. Mr Simonin likes sometimes to contradict those who are not optimistic and put down the doctors’ diagnostic. He told me that he had been the only survivor of the epidemic that affected Elisabethville (today Lumumbashi) en 1948. He reminds me the case of Micha Verkholantsev, a famous Russian engraver who had bone tuberculosis which made him to rest in bed almost six years on his back ; his generation, undernourished, had produced excellent athletes at the Olympic Games of 1956 and himself was a very good runner. There is where we say to ourselves that there is something else than a body…

Anecdote 2. One day, Mr Simonin was brought an old watch to repair the tourbillon. He immediately knows that it is an ancient watch and asks the owner if he wants to sell it. « No, it is an inheritance of an aunt  » was the answer. Mr Antonin takes his time to restore the tourbillon and finally is obliged to give it back. He knew that he was going to take over the management of the WOSTEP in Switzerland and gives his address and telephone number to the watch owner because one never knows… Ten years and three months later, the Apartheid is over and the gentleman has become Mandela’s lawyer ! Mr Simonin went back there and was able to buy the watch !

Initial path in life in summary : childhood and youth in Belgian Congo, professional training in Bienne and professional experience in Ghana where he worked for Omega at the repair workshop.

Travel from Africa to Switzerland. It was in 1955 and the communication routes were not those of today ; after many journeys between Africa and l’Europe, the last one is : Portugal-Switzerland, by taxi ! My goodness ! The same year Antoine Simonin was admitted to the technical school of Bienne, watchmaking section.

Back to Africa in 1962. He went back, newly married, with his wife who had written, as a date of birth, 1961. So the customs asked him where the baby was ! It is in Ghana where he will have the experience described above. Life was not easy (there where periods when there was nothing to buy in shops for two months but potatoes and others when the shops could only offer butter). In his job he had to do all kind of things : repair all brands, make purchases, decorate windows , even buy gold for jewellery. All this match so well with his character !

Bantu school in South Africa – en Afrique du Sud – watchmaking section.

1960-1990. During these years watchmaking schools were installed and newspapers would headline « The presence of Swiss watchmaking in the world » ! Mr Simonin was based in Pretoria where one of these schools had been created for Blacks ; in Johannes Bourg there was a workshop for Whites and Indians where technical and sales seminars used to take place. Similar workshops existed also in neighbouring countries, like Zimbabwe, Northern Rhodesia du Nord, Angola, Congo. In order to open a school there was a contract signed by FH (Federation of Swiss Watch Industry)- Ébauches SA and the host country. The country provided the premisses and Switzerland provided the specialised watchmakers. The program was consistent with that of Swiss watchmaking schools. Work standards were respected. Because in South Africa there were six months of rain and six months of drought. Mr Simonin had the roof of his establishment insulated, the windows welded and the conditioning air installed. In that way he was able to teach his course all year long. New proof of his watchmaking spirit !

Even rains don’t make bend Mr Simonin ! Rains in this country are storms and one morning the students arrived all wet. So Mr Simonin brought them coats (umbrellas did not hold up !) ; in this way they would arrive dry and be able to work at the bench, while his colleague, carpenter, had to give his students time off as they would come all soaked !

The benches (établis). Mr Simonin had provided perfect plans, but the execution did not really correspond. He was lucky as the secretary of the Education Ministry always understood him and finally it is an Italian craftsman who made them perfectly.

1991 – The International Labour Organisation – Zully and Mr Simonin. Here you will find the explanation of how my story is linked to the one of Mr Simonin. From 1989 to 1994, I worked as a translator at the anti-apartheid commission of the International Labour Organisation, Geneva, and I attended the entire processus up to Mandela’s election. I was experiencing this historical period in Geneva while Mr Simonin was taking advantage to teach « the » first cours to both Black and White students in the country !

History of the Wostep and Mr Simonin

1976 Mr Simonin comes back to Switzerland. But let us first speak about 1966 ; 1966 is the year of the creation of the Wostep (Watchmakers of Switzerland Training and Educational Program) centres. The Federation of Swiss Watch Industry had introduced a worldwide training program to train watchmakers-repairers in 22 technical centres : Abijan, Pretoria, Johannes Bourg, Hong Kong, Singapour, Tokio, but the USA because there where already 41 watchmakers at the time. The Wostep’s director, André Farine, had deceased and Mr Simonin took the reins of management in 1976, until 2003. This is how he took care of the coordination of the technical tools, the scheduling of courses and the organisation of the school. It wasn’t easy as he was always attracted by Africa. But if the Wostep still exists is because Mr Simonin and Roland Frey fought for that ; at the moment that the quartz watch was created, there was talk of closing it because it was considered that the mechanical watch was too expensive and it was no more worth producing it. History has shown that the decision would have been a mistake ! Once more Mr Watch-Simonin was right !

The Wostep was financed by the FH and Ébauches SA, following his maintenance, it became an independent non profit company and the president was Mr Roland Frêne ; after Mr Simonin’s departure, the Wostep became a foundation. Other centers Wostep were created abroad in partnership with other watchmaking schools, in total 15. The students had a training and diplomas according to the Swiss level. Teachers had to be (il a fallu) recruted locally. In 1966, the Wostep used to give a course per year ; when Mr Simonin left the center, there were 26 different courses both technical and theoretic.

Among the representatives of the les représentants de la FH in the world, you see André Farine, director of Wostep, André Chappuis (light jacket, black tie, third from the right side or first from the right side of the middle row, chief and master thinking of Mr Simonin. He was a first-class teacher – Mr Simonin’s comment). Mr Simonin stands in the middle of the first row, a little bit behind of two other people in front of him.

Mr Simonin continued to give courses, to be editor, bookseller, to collect watches, to evaluate watchmaking books, becomes lecturer and joins the committee of several museums and institutions linked to horology.

1995. Mr Simonin is the winner of the Gaïa Price, a price created in 1993, which celebrates extraordinary watchmaking personalities.

Sometimes it is at the same time, sometimes it is one after the other, but we can say that Mr Simonin was also member ot the jury of the Geneva Watchmaking Grand prix, president and editor of the Chronométrophilia, the Swiss association which brings together watch enthusiasts and collectors for many years ; he was president of the Technical Commission of the Quality Fleurier Hallmark, collaborated for several years with the International Watchmaking Museum of La Chaux-de-Fonds and campaigned to the conservation of the Neuchâtel observatory. He worked tirelessly to safeguard and transmit watchmaking culture and the watchmaking profession.

I came across Mr Simonin’s name when I approached, for reasons linked to the articles mentioned below, the Château des Monts museum, of Le Locle and the Neuchâtel observatory. Everyone spoke to me in glowing terms of him. That doesn’t happen so often !

I still have a recording that I have to clean up which is related to the actual building of Wostep in Neuchâtel, to the watchmaker Froidevaux and to Paul Ditisheim, the famous chronometer of the beginning of the 19th century.

History made me the favour to meet him.

The funeral ceremony was beautiful. Members of Mr Simonin’s family took part, we heard some music : Vals no. 17 in A minor from Fr. Chopin, sent by one of his nephew and C’est si bon, by Louis Armstrong. Note that the beautiful valse is a posthume Chopin’s composition (although he composed it while he was alive, it took almost 100 years to be attributed to him… As you see, time plays with everything, Mr Simonin knows a bit more about it now !) The ceremony was led by Father Gérard Muanda, originally from Congo (current Democratic Republic of Congo) who played tom-tom ! The atmosphere was alive and warm. Then people was invited for a drink to the restaurant Vignoble, in Peseux.

Some other anecdotes from the moment : Father Gérard recalled Mr Simonin’s attachement to Africa in général and to Congo telling us that for him each African was his brother and that to those who came from Congo he used to ask what tribe they were coming from. The priest informed most of his friends present by telling them that there are 47 tribes (alike Swiss cantons, Zully’s note) in his country and that its area is 2′ 345.410 km2. He repeated this number with his accent, so particular, that nobody in the audience is ready to forget it ! Then he spoke to the scientific minds telling them that if the surface area of France ( 551 695 km2) would go 4,25 times in that of his country, he would let them calculate the result of Switzerland/Congo ! The audience laughed.

Curiosity took advantage in my spirit and we have (area of Switzerland = 41 285 km2 ) :

If modesty is required for Switzerland, we must not neglect the numbers between two digits because we can reach infinity !

Meaning of the tom-tom. I couldn’t remember everything and took contact with the abbot who gave me the information I was looking for ; namely that « tom-tom was an instrument that brings people together through dance during palavers (dialogues between families and tribes), deaths and celebrations. Tom-tom is the symbole of love and fraternity ». That is great and as dance is one of my passions, I am charmed. I asked Father Gérard the meaning of his family name and he answered : Muanda is the holy spirit. Mr Simonin could not be better accompanied !

Pictures : I took quite a few pictures but it was a special moment and ilf some people are full face, for others it is not the case and finally I put those who voluntarily posed. They are on a special background because it was a spécial moment even if there is redundancy ; a special moment remains special.

It is of course a montage but with the sky of the day and at the time of the ceremony. Why heaven ? Because while I was speaking of Mr Simonin with these people I was feeling in heaven !

People on the right picture. It is the famous hazard that so often pays me a visit which made me to speak first to the gentlemen on the left picture. The gentleman with the glasses was a classmate of Mr Simonin during their watchmaking training. He told me that on Sundays his father used to tell him to invite Antoine for lunch as he was alone. Antoine loved being in family and, we can imagine, have a good meal too ! Years later, as he was in Africa, Mr Simonin requested his friend to take care of his two daughters if something would happen to him. This is the sign of total confidence ! The other gentleman was the son of the gentleman and Mr Simonin’s godson.

People on the right picture. Once again, things happened naturally. The three of them came from abroad for the ceremony ; the one on the right came from the USA, the one in the middle came from Canada and the one on the left came from the other side of the Leman lake. The three of them were his students at the Wostep. I’ll have to ask them how to spell their names. The one on the right spoke at the ceremony and think that he said « a watchmaker never breaks his watch, he just looses his balance ». It is a nice play on words meaning that a watchmaker leaves this temporal world for another. The other two sat with me at the restaurant. The one in the middle lives in Vancouver and, as there is no watchmaker school, he is training two apprentices. He told me that when he was student in Neuchâtel he lived in the Maison des jeunes (Youth Center). How wonderful, this center is in front of the building I am living in. I’ll just have to close my eyes and transport myself back to the time when the Wostep students lived there ! The one on the left, an Englishman, reported that once there was a student who showed his work on escapement to Mr Simonin who regularly told him that his work was not yet good. At a certain moment, the student, convinced thar Mr Simonin was not paying attention to his work brought it back without having changed anything in the watch. Mr. Simonin looked at it silently , told him that he hadn’t done anything since last time and put it into a box from which it never came out. Notice to amateurs ! I told you, I felt like in heaven.

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Antoine Simonin ou le monde de l’horlogerie, la mémoire horlogère dans son ensemble. Rencontre particulière 26.

The English version here.

Monsieur Simonin vient de quitter ce monde le 20 mai 2024 et ma façon de lui rendre hommage est de publier l’article que nous avions commencé il y a quelques années… Le temps file si rapidement… Je me dis toujours qu’il y a du temps et voilà qu’il était compté.

Je viens d’aller lui rendre une dernière visite au pavillon du cimetière et il a l’air de toujours, de celui qui est paisible, de celui qui comprend tout, de celui qui fait avec ce qui vient. C’est magnifique !

2019. Nous nous étions rencontrés à la librairie Le Cabinet amateur, Neuchâtel, un jour que je rendais visite à son propriétaire, Marc Mettler. Le sujet qui nous a rapprochés a été, bien sûr, l’horlogerie, en la personne d’Abraham-Louis Breguet. Puis, je suis allée à Dombresson le voir dans son local qui abritait son édition ainsi qu’un nombre impressionnant de livres sur l’horlogerie et je l’avais enregistré.

Les choses s’imbriquent les unes dans les autres dans ma vie de façon inattendue. Elles se présentent toutes seules et cela me ravit. En 2022, j’ai eu le privilège d’avoir un nouvel entretien avec M. Simonin et de rencontrer sa femme, Josiane Simonin. On le sait, derrière chaque grand homme, se cache une femme (citation attribuée à Talleyrand). Dans le cas présent, le couple Simonin marche la main dans la main depuis soixante ans ! Je lui dis que j’aime transmettre des belles choses, que je m’intéresse à l’horlogerie, lui montre quelques-uns de mes articles liés à l’horlogerie, elle répond qu’elle aime les gens passionnés et me donne tout de suite de quoi alimenter celui que je voudrais écrire sur son mari. Ce que j’apprends sur M. Simonin soulève mon admiration en même temps que je me rends compte que son histoire se rattache à la mienne par deux liens : la Fabrique d’horlogerie Froidevaux S.A.- Neuchâtel et l’Afrique du Sud, ce dernier lien étant associé au Bureau international du Travail, Genève. On comprendra en cours de route le pourquoi du comment.

Antoine Simonin. Il représente à lui tout seul plusieurs facettes du monde horloger. En effet, il a une formation d’horloger-rhabilleur, est devenu formateur et créé des ateliers et écoles de formation dont il a parfois été le directeur. Arrivé à un âge où certains se disent qu’ils vont enfin pouvoir se reposer, s’amuser, il remarque que certains ouvrages horlogers ne sont plus édités, qu’ils sont nécessaires pour apprendre le métier et, conséquence logique et horlogère chez lui, il va créer sa propre édition ! Quand je pense à lui, je me dis que les cellules de son corps doivent tourner comme des montres à moins qu’elles soient des montres…

Anecdote 1. Son père voulait lui donner un métier, un métier où il serait à l’abri du froid et de la pluie, en tout cas pas à l’intempérie. Comme beaucoup de pères, c’était un père protecteur. Il le rêve horloger alors que lui-même est comptable. Le premier essai est infructueux parce qu’il présente son fils à un horloger juif émigré. Le garçon trouve les montres belles mais sans plus. Quelques années plus tard, le père l’envoie chez un psychologue pour voir quelle orientation il pourrait prendre. On demande au jeune garçon de peindre quelque chose en se basant sur un cercle. Il dessine un soleil. « Bon, pas de chance, dit le psychologue au père, votre fils ne sera jamais horloger! Il aurait dû dessiner une roue ou une pièce mécanique ». En apprenant cette anecdote, je me dis que ce garçon savait déjà qu’il allait rayonner et faire rayonner l’horlogerie.

1938 et de l’importance des langues. J’aime les langues, leur structure, le sens des mots et M. Simonin en parle plusieurs. Cela lui ouvre bien des portes : français, anglais, allemand, suisse-allemand, swahili. Vous avez bien lui, le swahili parce qu’il est né en Afrique. Il faut le faire ! Son père travaille pour une entreprise d’import-export au Congo belge et c’est là que le petit Antoine vient au monde en 1938 (on comprend mieux l’anecdote ci-dessus !).

Deux événements marquants : il fait du scoutisme. et son surnom est « Oeil de lynx ». Vous avez dit « bizarre » ? Il me dit que c’est ainsi qu’il a appris le sens du travail en équipe. Puis, à l’âge de dix ans, il a une paralysie infantile qui le malmène. M. Simonin aime parfois contredire ceux qui ne sont pas optimistes et met à terre le diagnostic pessimiste des médecins. Il raconte qu’il est le seul survivant de l’épidémie qui a touché Elisabethville (aujourd’hui Lumumbashi) en 1948. Il me rappelle le cas de Micha Verkholantsev, célèbre graveur russe, qui a eu une tuberculose osseuse qui l’a fait rester au lit, pendant près de six ans sur son dos ; sa génération, sous-alimentée, avait produit d’excellents sportifs aux jeux olympiques de 1956 et lui-même était un très bon coureur. C’est là qu’on se dit qu’il y a autre chose que le corps…

Anecdote 2. Un jour, on apporte à M. Simonin une montre ancienne pour réparer le tourbillon. Il en reconnaît la valeur et demande au propriétaire s’il veut la lui vendre. « Non, elle me vient en héritage d’une tante » répond celui-ci. M. Antonin prend son temps pour restaurer le tourbillon et doit finalement se résoudre à la rendre. Il avait été prévu qu’il prendrait la direction du WOSTEP en Suisse et il laisse son adresse et numéro de téléphone au monsieur parce qu’on ne sait jamais… Dix ans et trois mois après, c’est la fin de l’Apartheid et le monsieur en question était devenu l’avocat de Mandela ! M. Simonin est retourné sur place et a pu acheter la montre !

Parcours initial en résumé : enfance et jeunesse au Congo, formation à Bienne et expérience professionnelle au Ghana où il a travaillé chez Omega dans l’atelier de rhabillage.

Voyage d’Afrique jusqu’en Suisse. C’était en 1955 et les voies de communication n’étaient pas encore celles d’aujourd’hui ; après bien des trajets entre l’Afrique et l’Europe, le dernier est : Portugal-Suisse, en taxi ! Fabuleux ! C’est l’année où Antoine Simonin est entré à l’école technique de Bienne, section horlogerie.

Retour en Afrique en 1962. Il retourne, jeune marié, avec sa femme qui avait indiqué, sous date de naissance, 1961. Ce qui fait qu’à la douane on lui a demandé où était le bébé ! C’est au Ghana qu’il va faire l’expérience mentionnée plus haut. La vie n’a pas été facile (il y avait des périodes où dans les magasins il n’y avait, pendant deux mois, que des pommes de terre et d’autres où il n’y avait que du beurre). Dans son métier il a été amené à faire toute sorte de choses, réparer toutes les marques, faire des achats, décorer les vitrines, même aller acheter de l’or pour faire des bijoux. Cela va si bien avec son caractère !

École bantou en Afrique du Sud – section horlogerie.

1960-1990. Pendant ces années, il y a eu l’installation de ces écoles d’horlogerie et les journaux titraient « La présence de horlogerie suisse dans le monde » ! M. Simonin était basé à Pretoria où on avait créé une école d’horlogerie pour les Noirs, il avait un atelier à Johannes Bourg pour des séminaires techniques et de vente pour les Blancs et les Indiens. Il y en avait aussi dans les pays limitrophes, le Zimbabwe, en Rhodésie du Nord, en Angola, au Congo. L’ouverture d’une école se faisait par un contrat signé FH (Fédération horlogère) – Ébauches SA et le pays hôte. Le pays mettait à disposition les locaux et la Suisse fournissait les horlogers spécialisés. Le programme était conforme à celui des écoles horlogères suisses. Les normes de travail étaient respectées. Du fait qu’en Afrique du Sud il y avait six mois de pluie et six mois de sécheresse. M. Simonin avait fait isoler le toit de son établissement, souder les fenêtres et installer la climatisation. Cela lui a permis de donner son cursus toute l’année. Nouvelle preuve de son esprit horloger !

Même les pluies ne font pas plier M. Simonin ! Les pluies dans ce pays sont des orages et les élèves sont arrivés un matin tout mouillés. Alors, M. Simonin leur a acheté des manteaux (les parapluies ne tenaient pas le coup !) et comme cela ils arrivaient secs et pouvaient travailler à l’établi sans problème, alors que son collègue menuisier devait donner congé à ses élèves parce qu’ils arrivaient trempés !

Les établis. M. Simonin avait fourni des plans parfaits, mais la réalisation avait laissé à désirer. Il a eu de la chance parce que le secrétaire du ministère de l’Éducation l’a toujours compris et finalement c’est un artisan italien qui les a faits à la perfection.

1991 – l’Organisation internationale du travail – Zully et M. Simonin. C’est ici qu’on va trouver l’explication du pourquoi mon histoire se rattache à celle de M. Simonin. De 1989 à 1994, j’ai travaillé en tant que traductrice à la commission anti-apartheid de l’Organisation internationale du travail, Genève, et j’ai suivi tout le processus jusqu’à l’élection de Mandela. Je trouve toujours fantastique comment des personnes peuvent vivre un même événement à des endroits différents et se retrouver un jour. Je vivais cette période historique à Genève et M. Simonin profitait pour donner « le » premier cours du pays à des élèves blancs et noirs sur place !

Histoire du Wostep et M. Simonin

1976 M. Simonin rentre en Suisse. Parlons d’abord de 1966, c’est l’année de la création des centres de formation Wostep (Watchmakers of Switzerland Training and Educational Program). La Fédération horlogère avait introduit un programme de formation mondiale pour former des horlogers-rhabilleurs dans 22 centres techniques : Abijan, Pretoria, Johannes Bourg, Hong Kong, Singapour, Tokio, mais pas aux EEUU parce qu’il y avait 41 écoles d’horlogerie déjà à l’époque. Le directeur du Wostep, André Farine, étant décédé et M. Simonin a pris les rênes en 1976 et les a conservées jusqu’en 2003. C’est ainsi qu’il s’est occupé de la coordination de l’outillage technique, de la programmation des cours et de l’organisation de l’école. Cela n’a pas été facile parce que l’Afrique a toujours exercé un attrait sur lui. Mais, sI le Wostep existe encore c’est parce que M. Simonin et Roland Frey ont lutté pour cela ; en effet, lorsqu’il y a eu passage à la montre à quartz il avait été question de le fermer du fait que l’on considérait que la montre mécanique coûtait trop cher et qu’elle ne valait plus la peine d’être produite. L’histoire a démontré que cela aurait été une erreur ! Une fois de plus la Montre-Simonin a eu raison !

Le Wostep a été financé par la FH et Ébauches SA. À la suite de son maintien, il est devenu une société indépendante à but non lucratif avec comme président M. Roland Frêne ; après le départ de M. Simonin, c’est devenu une fondation. Puis, d’autres centres Wostep sont créés en partenariat avec des ‘écoles horlogères à l’étranger, au total 15. Les élèves avaient une formation et diplôme conformes au niveau suisse. Il a fallu recruter des enseignants sur place. Le Wostep donnait un cours par année en 1966, lorsque M. Simonin quitte le centre, il y a 26 cours différents tant techniques que théoriques.

Parmi les représentants de la FH dans le monde, il y a André Farine, directeur du Wostep, André Chappuis (jaquette claire, cravate noire, troisième depuis la droite ou 1er à droite de la file du milieu , chef et maître à penser d’Antoine Simonin. Il était un enseignant de première classe – commentaire de M. Simonin). M. Simonin est au milieu de la première file un peu en retrait, entre deux autres personnes devant lui.

M. Simonin continue à être donner des cours à l’étranger, à être éditeur, à collectionner des montres, à évaluer des ouvrages horlogers, devient conférencier et entre au comité de plusieurs musées et institutions liés à l’horlogerie.

1995. M Simonin est lauréat du Prix Gaïa, prix créé en 1993, et qui célèbre les personnalités horlogères hors du commun.

Parfois c’est en même temps, parfois c’est après, mis on peut dire que M. Simonin il a aussi été membre du jury du Grand prix d’horlogerie de Genève ; président et rédacteur de Chronométrophilia, l’association suisse qui regroupe des amateurs et des collectionneurs d’horlogerie, durant de nombreuses années ; président de la Commission technique du Poinçon Qualité Fleurier ; qu’il a collaboré plusieurs années avec le Musée international d’horlogerie de La Chaux-de-Fonds et milité pour la conservation de l’observatoire de Neuchâtel. Il a œuvré inlassablement pour la sauvegarde et la transmission de la culture horlogère et du métier d’horloger.

C’est ainsi que j’ai entendu son nom lorsque j’ai approché, pour des raisons liés aux articles mentionnés en bas de page, au musée du Château des Monts, au Locle, et à l’observatoire de Neuchâtel. Tout le monde m’a parlé de lui en des termes élogieux. C’est rare.

J’ai encore un enregistrement que je dois mettre au propre et qui est relatif au bâtiment du Wostep, à l’horloger Froidevaux et à Paul Ditisheim, le chronométrier (je dois aussi faire des recherches parce qu’apparemment les dictionnaires que je connais admettent chronomètre et chronométrer mais pas chronométrier… Affaire à suivre !).

L’Histoire m’a fait la faveur de le rencontrer.

La cérémonie funéraire a été très belle : y ont participé des membres de la famille de M. Simonin, des morceaux de musique ont été joués , la Valse no 17 en la mineur de Chopin, par l’un de ses neveux, et C’est si bon, par Louis Armstrong. À relever que la belle valse de Chopin est une oeuvre posthume (bien qu’écrite de son vivant, elle ne lui est attribuée que près de 100 ans après… Ah, la notion du temps se joue de tout, M. Simonin en connaît maintenant un peu plus !). La cérémonie a été dirigée par l’abbé Gérard Muanda, originaire du Congo (actuelle République démocratique du Congo) qui a joué du tam-tam ! C’était extrêmement vivant et chaleureux. Ensuite, une verrée a eu lieu au restaurant du Vignoble à Peseux.

Encore des anecdotes vécues sur le moment : l’abbé Gérard a rappelé l’attachement de M. Simonin à l’Afrique en général et au Congo en disant que pour lui tout Africain était son frère et qu’à ceux du Congo il demandait de quelle tribu ils provenaient. Le prêtre a instruit la plupart des amis de M. Simonin présents en leur disant qu’il y avait 47 tribus (comme chez nous des cantons, note de Zully) dans son pays qui avait une superficie de 2′ 345.410 km2. Il a répété ce chiffre avec son accent si particulier et de ce fait personne dans l’assistance est prête de l’oublier ! Il s’est aussi adressé aux esprits scientifiques en leur disant si la surface de la France ( 551 695 km2) entrait 4,25 fois dans celle de son pays, il les laissait faire le calcul Suisse/Congo ! L’assistance a ri.

La curiosité l’emporte chez moi et cela donne (la surface suisse = 41 285 km2) :

Si la modestie est de mise pour la Suisse, il ne faut pas négliger les nombres entre deux chiffres parce qu’on peut arriver à l’infini !

Signification du tam-tam. Je n’avais pas tout en tête et ai pris contact avec l’abbé qui m’a donné l’information recherchée ; à savoir que « le tam-tam était un instrument qui réunit les gens par la danse lors de palabres (dialogues entre familles et tribus), les décès et les fêtes. Le tam-tam est un symbole d’amour et de fraternité ». C’est si beau et comme on y trouve la danse, l’une de mes passions, je suis sous le charme. J’ai demandé à l’abbé ce que son nom de famille voulait dire et il a répondu : Muanda est l’esprit saint. M. Simonin ne pouvait pas être mieux accompagné !

Les photos : j’ai pris passablement de photos, mais c’était un moment spécial et si certaines personnes sont de face, d’autres ne le sont pas et finalement, je garde celles des personnes qui ont volontairement posé. Je les mets sur un fond spécial parce que c’était un moment spécial, même s’il y a redondance ; un moment spécial reste spécial.

C’est bien sûr un montage mais sur le ciel du jour et à l’heure de la cérémonie. Le ciel, parce que j’étais au ciel en parlant avec ces personnes de M. Simonin.

Les personnes de la photo de gauche. C’est ce fameux hasard qui me rend souvent visite qui a fait que j’ai parlé d’abord avec les deux messieurs à gauche. Le monsieur avec les lunettes a été copain de classe lors de la formation d’horloger de M. Simonin ! Il m’a dit que le dimanche son père lui disait de prendre Antoine pour le repas de midi parce qu’il était seul. Antoine Simonin aimait être en famille et, on imagine bien, avoir un très bon repas aussi ! Des années plus tard, M. Simonin lui avait demandé de s’occuper de ses deux filles si jamais il lui arrivait malheur. C’est le signe d’une confiance totale ! L’autre monsieur était le fis du monsieur et filleul de M. Simonin.

Les personnes de la photo de droite. Là aussi, les choses se sont passées naturellement. Les trois sont venus de l’étranger pour la cérémonie ; celui de droite est venu des États-Unis, celui du milieu du Canada et celui de gauche, de l’autre côté du lac Léman. Tous les trois ont été élèves du Wostep. Il faudra que je leur demande comment on écrit leur prénom. Celui de droite a parlé à la cérémonie et je crois qu’il a dit « a watchmaker never breaks his watch, he just looses his balance ». C’est un joli jeu de mots pour dire qu’un horloger quitte se monde temporel pour un autre. Les deux autres se sont assis avec moi au restaurant. Celui du milieu habite à Vancouver et comme il n’y a pas d’école d’horlogers, il forme deux apprentis. Il m’a dit qu’il avait habité la Maison des jeunes. Or, cette maison est devant l’immeuble où j’habite. Je n’aurai qu’à fermer les yeux et me transporter à l’époque où les étudiants du Wostep l’habitaient ! Celui de gauche, un Anglais, a rapporté qu’une fois il y avait un étudiant qui apportait son travail, sur l’échappement, à M. Simonin et que régulièrement ce dernier lui disait que ce n’était pas bon. À un moment donné, l’étudiant se dit que M. Simonin ne voit pas bien son travail et sans rien avoir modifié à la montre, la lui rapporte. M. SImonin l’a regardée un moment en silence, lui a dit qu’il n’avait rien fait depuis la dernière fois et l’a mise dans une boîte d’où elle n’est plus ressortie. Avis aux amateurs ! Je vous le dis, j’étais aux anges, donc au ciel.

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Le CCN-la Cave perdue-Zully

Mes remerciements à ceux qui ont imaginé et incarné le Centre culturel neuchâtelois, CCN, et à la Ville de Neuchâtel. Sans eux, pas de Cave perdue et pas d’activités de Zully !

Zully et la Cave perdue (mon studio-atelier de danse). Je voudrais présenter en quelques tableaux mon aventure avec la Cave perdue. Dans un autre article, je raconte comment je suis arrivée à ce lieu et l’histoire des principaux protagonistes. Pour relater les faits, tels qu’ils se sont déroulés, je montre dans l’organigramme de droite la manière dont je me suis représentée, pendant de très longues années, ma relation avec le CCN, jusqu’en 2019 :

Le centre était dirigé, à ses débuts, par Jacques de Montmollin, directeur administratif et André Oppel, directeur artistique. Il y avait également un régisseur, Ernest Grize, et une secrétaire-comptable, Mado Grize. J’ai donc été persuadée que c’était à la direction que je devais mon insertion à la Cave perdue.

Il y a environ trois ans, j’ai appris par Mado, Mado Grize – elle a été, aux premiers temps du CCN, secrétaire, comptable, barmaid, à l’accueil, à la billetterie et à la caisse des spectacles, comment la chose s’était déroulée. Mado était aussi la femme d’Ernest Grize, le premier régisseur du lieu ainsi que personnage clef dans la création du centre. Elle m’a raconté que c’est Ernest qui a insisté pour que je puisse occuper la Cave perdue. Cela change la vision de mon histoire qui devient :

Mado me raconte que c’est Ernest qui a insisté pour que le CCN me loue la Cave perdue.

Autre fait important qui découle de l’action d’Ernest : ma rencontre avec André, le directeur artistique. Cela s’est fait sans qu’on y pense et nous avons vécu dix-sept ans ensemble ; dix-sept ans que je peux représenter ainsi :

J’espère que vous comprendrez si je dis qu’André et moi avons été deux un ou un deux, soit deux personnes, chacune elle-même mais en même temps l’autre ou alors un seul être en deux entités jusqu’au moment de son départ de ce monde.

Je reprends l’histoire de la Cave perdue. Les années passent et les directeurs se suivent, chacun avec un désir de marquer sa période et mon occupation de la Cave perdue s’est vue réduite à une portion congrue jusqu’à ce que le destin tourne et je me trouve seule occupante du lieu sans que j’intervienne. Cela s’est fait tout seul. Cela n’a pas été facile de voir mon temps d’occupation diminuer, mais, finalement, je sors gagnante parce que j’ai développé d’autres cours, pour adultes, et peux les proposer, en majorité, au Service des sports de la Ville. J’ai repris mes spectacles en solo qui sont devenus des spectacles intimistes et qui sont en train de s’enrichir d’un spectacle de lecture-théâtre. Le Service de la culture de la Ville a été sensible à mon parcours et m’octroie une aide.

L’aide de la Ville. Elle n’est pas seulement matérielle. Au moment le plus difficile de ma relation avec le CCN, Patrice Neuenschwander, chef du Service de la culture et Thomas Facchinetti, conseiller communal en charge du dicastère de la culture, m’ont conseillé de m’approcher du Service des sports. C’est comme cela que l’idée de créer des cours pour ce service est née. Voici l’organigramme actuel :

2019 est une année importante de ma vie.

La mémoire. Je sais que nous ne sommes rien sans les autres et j’aimerais aussi être utile aux autres. Lorsque cela arrive, je suis aux anges. Je remercie, tous les jours, ceux qui m’ont formée et aidée. Je reprends le début de cet article pour remercier une fois de plus les protagonistes du CCN qui m’ont accueillie et la Ville de Neuchâtel, au travers du Service de la culture, qui prend soin des siens.

Je précise encore qu’après le départ d’André, il n’y a plus eu de directeur artistique. C’est dommage, ce sont des sensibilités différentes. Jaques de Montmollin a été l’un des rares directeurs que je connaisse à avoir eu une fibre administrative et théâtrale.

2024, le rôle du Service de la culture de Neuchâtel : grâce à l’intervention du même conseiller communal, Thomas Facchinetti, la Bibliothèque publique universitaire de Neuchâtel a créé un fonds André Oppel. Je vais écrire un article sur le sujet, si j’en parle ici c’est parce qu’en revisitant les documents qui pourraient alimenter ce fonds, j’ai découvert une lettre qu’André à envoyée à Mado, le 15 juin 2002, lors du départ au ciel d’Ernest qui avait eu lieu trois jours auparavant où il écrit que c’est « grâce à Ernest qui a accueilli Zully à la Cave perdue » qu’il fait ma connaissance et qu’il a retrouvé goût à la vie. J’ai l’impression qu’ils (Mado, Ernest et André) sont à côté de moi… Le plus fantastique est de voir que c’est l’action de M. Facchinetti, bien actif en ce monde, qui me permet de compléter mon passé. C’est le genre de choses qui m’enracinent encore plus à Neuchâtel et me rendent meilleure.

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